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TERRE DE CASTILLE – Poème de Miguel de Unamuno – Tú me levantas, tierra de Castilla

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Littérature espagnole
Literatura española
Poésie espagnole
Poesía española

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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
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Miguel de Unamuno
29 septembre 1864 Bilbao – 31 décembre 1936 Salamanque, Salamanca

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Miguel de Unamuno en 1925

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TERRE DE CASTILLE
TIERRA DE CASTILLA

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Martín Rico, Puerta de una casa en Toledo, 1878, Museo del Prado, Madrid

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Tú me levantas, tierra de Castilla,
Tu me soulèves, terre de Castille,
en la rugosa palma de tu mano,
dans la paume rugueuse de ta main,
al cielo que te enciende y te refresca,
vers le ciel qui t’incendie et te rafraîchit,
al cielo, tu amo,
au ciel, ton maître,

*

Tierra nervuda, enjuta, despejada,
Terre nerveuse, maigre et dépouillée
madre de corazones y de brazos,
mère des cœurs et des bras,
toma el presente en ti viejos colores
prends le présent dans tes vieilles couleurs
del noble antaño.
du noble passé.

*

Con la pradera cóncava del cielo
Au pré concave du ciel
lindan en torno tus desnudos campos,
bordent tes champs nus,
tiene en ti cuna el sol y en ti sepulcro
le soleil trouve en toi ton berceau et ta tombe
y en ti santuario.
et ton sanctuaire.

*

Es todo cima tu extensión redonda
Elle est toute en haut ta ronde extension
y en ti me siento al cielo levantado,
et en toi je sens le ciel se soulever,
aire de cumbre es el que se respira
c’est l’air des sommets qui se respire
aquí, en tus páramos.
ici, dans tes landes.

*

¡Ara gigante, tierra castellana,
Autel géant, terre castillane,
a ese tu aire soltaré mis cantos,
dans ton air je chanterai mes chansons,
si te son dignos bajarán al mundo
si elles sont dignes de toi, elles descendront du monde
desde lo alto!
d’en haut !

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LA POÉSIE DE MIGUEL DE UNAMUNO
LA POESÍA DE MIGUEL DE UNAMUNO

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L’HYMNE AU FEU – Poème Finlandais d’EINO LEINO (1901) Hymni tulelle

*


EINO LEINO


 6 juillet 1878  Paltamo -10 janvier 1926 Tuusula
Traduction JACKY LAVAUZELLE


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Pyhä kevät
1901


Runous

Hymni tulelle
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L’HYMNE AU FEU

Poésie
1901

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*

Ken tulta on, se tulta palvelkoon.
Ce qui est feu doit servir le feu.
 Ken maata on, se maahan maatukoon.
Ce qui est terre doit retourner à la terre.
Mut kuka tahtoo nousta taivahille,
Mais qui veut monter vers le ciel,
 näin kaikuu kannelniekan virsi sille:
Qu’en lui résonne l’écho du kantele :

*

Väinämöinen jouant du Kantele
Par Robert Wilhelm Ekman
 1866

*

Mit’ oomme me? Vain tuhkaa, tomua?
Que sommes nous ? Seulement des cendres, seulement de la poussière ?
Ei aivan: Aatos nousee mullasta.
Pas exactement : la pensée monte de la terre.
On kohtalosi kerran tuhkaks tulla,
Devenir cendres, tel est ton destin,
mut siihen ast’ on aika palaa sulla.
Il sera donc bien assez tôt de brûler.

*

Mi palaa? Aine. Mikä polttaa sen?
Ce qui brûle ? La substance. Qui la brûle ?
Jumala, henki, tuli ikuinen.
Dieu, l’Esprit, le feu éternel.
On ihmis-onni olla kivihiiltä,
Quelle bonne fortune que d’être cet humain charbon,
 
maan uumenissa unta pitkää piiltä,
D’un si long rêve dans les entrailles de la terre.

*

Herätä hehkuun, työhön, taisteloon,
Réveille l’éclat, le travail, la bataille,
Kun Luoja kutsuu, luottaa aurinkoon,
Quand Dieu appelle, suis le soleil,
Toteuttaa vuosisatain unelmat,
Réalise les rêves des siècles
Joit’ uinuneet on isät harmajat.
Imaginés jadis par nos pères.

*


*

On elon aika lyhyt kullakin.
Qu’il est court le beau temps de la vie.
Siis palakaamme lieskoin leimuvin,
Ainsi, que les flammes nous prennent,
Tulessa kohotkaamme korkealle!
Et que le feu s’élève haut !
 Maa maahan jää, mut henki taivahalle.
La terre reste au sol, l’esprit va dans le ciel.

 

 

 

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EINO LEINO POÈME
POESIE – RUNOUS

34 POEMES D’EMILY DICKINSON DE 1852 A 1886 – Emily Dickinson’s poems

LITTERATURE AMERICAINE

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EMILY DICKINSON
December 10, 1830 – May 15, 1886
10 décembre 1830 – 15 mai 1886
Amherst, Massachusetts

Traduction – Translation

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

French and English text
texte bilingue français-anglais

 


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LES POEMES D’EMILY DICKINSON

Emily Dickinson’s poems

 

 




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1853
ON THIS WONDROUS SEA

On this wondrous sea
Sur cette merveilleuse mer
Sailing silently,
Navigant silencieusement,




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1858
WHEN ROSES CEASE TO BLOOM

When Roses cease to bloom, dear, 
Quand les Roses finiront de fleurir, mon cher,
And Violets are done, 
Et les V
iolettes seront flétries,

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1859
WHOSE CHEEK IS THIS ?

Whose cheek is this ?
A qui est cette joue ?
What rosy face
Quel rose visage

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1860
A LITTLE EAST TO JORDAN

A little East of Jordan,
Un peu à l’est du Jourdain,
Evangelists record,
Les Evangélistes enregistrent,




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1861
POOR LITTLE HEART !

Poor little heart!
Pauvre petit cœur !
Did they forget thee?
T’ont-ils oublié ?

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1861
I’VE KNOW A HEAVEN LIKE A TENT

I’ve known a Heaven, like a Tent – 
J’ai connu un Ciel, comme une Tente –
To wrap its shining Yards – 
 A emballer son éclatante Cour-




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1862
OF BRONZE AND BLAZE

Of Bronze – and Blaze 
De Bronze – et de Feu
The North -tonight! 
Le Nord -ce soir !

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1863
I GAINED IT SO

I gained it so –
Je l’ai gagnée ainsi,
By Climbing slow –
En Escaladant lentement,

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1864
THE SPRY ARMS OF THE WIND

The spry Arms of the Wind
Les vaillants Bras du Vent
If I could crawl between
Si je pouvais ramper entre

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1865
WHAT TWINGS WE HELB BY
LA RIVIERE RAPIDE DE LA VIE

 What Twigs We held by-
Quels Rameaux nous agrippaient ?
Oh the View
Oh cette Vue

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1866
AFTER THE SUN COMES OUT
LA TRANSFORMATION DU MONDE

After the Sun comes out
Une fois le soleil sorti
How it alters the World —
Comme cela transforme le Monde

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1867
THE MURMURING OF BEES
LE MURMURE DES ABEILLES

The murmuring of Bees, has ceased
Le murmure des Abeilles a cessé
But murmuring of some
Mais d’autres s’entendent

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1868
AFTER A HUNDRED YEARS
UN SIECLE APRES

After a hundred years
Un siècle après
Nobody knows the Place
Personne ne connaît le Lieu

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1869
THE DUTIES OF THE WIND ARE FEW
LES DEVOIRS ET LES PLAISIRS DU VENT

The duties of the Wind are few,
Les devoirs du Vent sont peu nombreux :
To cast the ships, at Sea,
Fracasser les navires, en Mer,

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1870
A NOT ADMITTING OF THE WOUND
LA BLESSURE

A not admitting of the wound
Ne pas reconnaître la plaie
Until it grew so wide
Jusqu’à ce qu’elle soit si large

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1870
THAT THIS SHOULD FEEL THE NEAD OF DEATH
LE BESOIN DE LA MORT

That this should feel the need of Death
Que celui qui ressent le besoin de la Mort
 
The same as those that lived
Le même que celui qui vécu

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1871
THE DAYS THAT WE CAN SPARE

The Days that we can spare
Les Jours que nous avons en trop
Are those a Function die
Ensevelissent une Fonction qui meurt

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1872
UNTIL THE DESERT KNOWS
AU GALOP DANS NOS RÊVES

Until the Desert knows
Jusqu’à ce que le Désert sache
That Water grows
Que l’Eau jaillit

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1873
HAD WE OUR SENSES
LA RAISON & LA FOLIE

Had we our senses
Avons-nous notre raison ?
 
But perhaps ’tis well they’re not at Home
Mais peut-être vaut-il mieux que non

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1874
WONDER IS NOT PRECISLY KNOWING
LE PLAISIR DEVENU DOULEUR

Wonder — is not precisely Knowing
 L’Etonnement- n’est pas précisément la Connaissance
 
And not precisely Knowing not
 Ni précisément l’Ignorance –

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1875
THAT SHORT POTENTIAL STIR
L’ECLAT DE LA MORT

That short — potential stir
Ce court – et potentiel émoi
 
That each can make but once
Que chacun peut faire juste une seule fois –

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1876
LONG YEARS APART
L’ABSENCE DE LA SORCIERE

Long Years apart — can make no
Les longues Années d’éloignement- ne peuvent engendrer de
Breach a second cannot fill —
Brèche qu’une seule seconde ne puisse colmater –

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1877
IT WAS A QUIET SEEMING DAY
LE COQUELICOT DANS LE NUAGE

It was a quiet seeming Day —
C’était un Jour en apparence calme –
There was no harm in earth or sky —
Il n’y avait aucun mal ni sur terre ni dans le ciel –

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1878
TO MEND EACH TATTERED FAITH
REPARER LA FOI EN LAMBEAUX

To mend each tattered Faith
Pour réparer chaque Foi en lambeaux
There is a needle fair
Il y a une fine aiguille,

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1879
WE TALKED WITH EACH OTHER
LES SABOTS DE L’HORLOGE

We talked with each other about each other
Nous nous sommes parlés, les uns les autres
Though neither of us spoke —
  Même si aucun de nous n’a parlé –

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1880
GLASS WAS THE STREET
LA RUE DE VERRE

Glass was the Street – in Tinsel Peril
De verre était la rue – dans un Aventureux Crissement
 
Tree and Traveller stood.
Arbre et Voyageur debout se tenaient.

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1881
THE THINGS THAT NEVER CAN COME BACK
LES CHOSES QUI JAMAIS NE REVIENNENT

The Things that never can come back, are several —
Les Choses qui jamais ne reviennent sont multiples –
Childhood — some forms of Hope — the Dead —
L’Enfance – certaines formes d’Espoir – les Morts –

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1882
HE ATE AND DRANK THE PRECIOUS WORDS
LES MOTS PRECIEUX

He ate and drank the precious Words —
Il a mangé et il a bu les Mots précieux –
His Spirit grew robust —
Son Esprit s’est développé –

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1883
No ladder needs the bird but skies
DONNER DES AILES AUX CHERUBINS

No ladder needs the bird but skies
 L’oiseau n’a pas besoin d’échelle mais des cieux
To situate its wings,
Pour placer ses ailes,

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1884
Upon his Saddle sprung a Bird
LA NOTE DE L’OISEAU

Upon his Saddle sprung a Bird
Sur sa selle a bondi l’Oiseau
And crossed a thousand Trees
  S’en est allé traverser un milliers d’Arbres

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1885
Take all away from me, but leave me Ecstasy,
LAISSEZ-MOI L’EXTASE

Take all away from me, but leave me Ecstasy,
Retirez-moi tout, mais laissez-moi l’Extase,
 And I am richer then than all my Fellow Men —
Et plus riche que tous mes Semblables  je deviendrai –

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LES ULTIMES POEMES

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1886
THE IMMORTALITY SHE GAVE
LA FORCE DE L’AMOUR HUMAIN

The immortality she gave
L’immortalité qu’elle a donnée
We borrowed at her Grave —
Nous l’avons emprunté à son Tombeau-

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1886
OF GLORY NOT A BEAM IS LEFT
POUR LES ÉTOILES

Of Glory not a Beam is left
De la Gloire, ne reste pas un seul Faisceau
But her Eternal House —
Mais reste sa Maison Éternelle –

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EMILY DICKINSON

ARKHIP KOUÏNDJI ou LA SENTINELLE DES RÊVES poème de Jacky Lavauzelle

PEINTURE UKRAINIENNE

Arkhip Kouïndji
Куїнджі Архип Іванович
Архип Иванович Куинджи
1842-1910

arkhip-kouindji-poeme-jacky-lavauzelle-portrait-de-viktor-vasnetsov-1869-la-sentinelle-des-reves

LA PEINTURE D’ARKHIP KOUÏNDJI

LA SENTINELLE DES RÊVES
poème de Jacky Lavauzelle




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arkhip-kouindji-nuit-de-lune-1890-1895-elbrus
Эльбрус. Лунная ночь L’Elbrouz
(1890—1895)

La mort a fait son lit
Ce matin
Sans lumières
J’ai vu l’Elbrouz apparaître
disparaître
Le mont comme un baiser recevait la mort
Il est temps de partir
A la recherche des neiges
En quête de couleurs et de rien
Une ombre m’a suivi ce matin
Je ne lui demandais rien

Un matin
Dans la ville
Frappé dans un cœur vide
Au seuil de la ville
Je quittais à galop
Les bruits sourds de ces pâles couleurs
Qui partout nous frappent
Un matin
La valise à la main
Jeté dans le silence des routes
Tristement je vais

arkhip-kouindji-vue-sur-le-pont-de-la-moskova-moskvoretsky-1882
ARKHIP KOUÏNDJI
Vue sur le pont de la Moskova (Moskvoretsky) (1882)

Une voix inconnue et paisible vide les rêves
A la sortie de la ville
Le pont de la Moskova si fin
On entend et les vagues et les vies
Des deux rives de la ville
En attendant l’orage du monde
En attendant la lune n’est plus
Sans lutte dans le bas du ciel aux portes du cœur
Elle est partie

Moscou au loin brillait
Un nouveau désert dans le monde
Moscou résigné s’effaçait
A chaque seconde une éternité de plus

arkhip-kouindji-moscou-vue-depuis-les-monts-des-moineaux
Moscou vue depuis les monts des moineaux

Le ciel est devenu noir
jusqu’aux os
Le vert saisit son moment de grâce
Les muses en cercle s’affairent
L’enfer dans l’attente ne se voit plus
La lune a-t-elle été ?

arkhip-kouindji-apres-la-pluie-1879ARKHIP KOUÏNDJI  Після дощу – После дождя
Après la pluie
1879

Une corde se tend dans la chair du ciel
Des tonnes de cantiques
Et le mal se dénoue sur les lacs et les êtres
Les choses sont dans l’ordre
Et la maison et le ciel et les arbres
Le noir encore dévore
Un soleil s’étend et la clairière s’enchante
Au bord des morts
Qui s’aiment encore
Comme ces bleus sont trompeurs
Pourquoi la terre ne gronde-t-elle plus

arkhip-kouindji-nuit-de-lune-les-gorges-daryal-1890-1895
ARKHIP KOUÏNDJI  Дарьяльська ущелина. Місячна ніч
Дарьяльское ущелье. Лунная ночь
Nuit de pleine lune
(1890—1895)

Le blanc et le noir s’affrontent
ça se sent
Le vent balaye les premiers réveils et le premier bruit
ça s’entend
La visite des anges et le retour du jour
La planète semble avoir changé de mains
vraiment
La lune signe encore sa place éternelle
Sur le monde en béquilles
Qui prend l’eau
vainement







arkhip-kouindji-nuit-de-lune-sur-le-dniepr-1880
Лунная ночь на Днепре
Nuit de lune sur le Dniepr
(1880)

Le noir est au-dessus et en-dedans
Une vague rivière semble serpenter
Et la lune…
Elle souffle siffle ou se sauve
La noir ou la folie
Tout s’éteint
Une ombre encore se promène
Derrière la mort
Et la lune

arkhip-kouindji-une-soiree-en-ukraine-1878
Вечір на Україні
Вечер на Украине
Nuit en Ukraine
1878

S’aspergent les feux et les fleuves de feuilles
Pas une couleur ne s’étale et toutes glissent
Le point du temps se met à table et s’endort
La nature a vécu
En oubliant ses luttes

Plus de vœux de salut plus de vie en attente
Se délasse et se traîne un rêve
Puis un autre
Puis un autre
Encore

Le noir est superflu
Une chose simple
Indivisible
Le noir s’est pendu
Les couleurs ne peuvent plus partir

Derrière le soleil
Au loin
On l’a jeté à la mer
Avec le noir avec la nuit
Avec les faubourgs et les passants

Le noir n’est plus

arkhip-kouindji-automne-1890
«Осінь», до
Automne
1890

L’infini s’est montré pour se faire oublier
Et des pages et des clartés se sont perdues
Sans bruit
Un drame a marché
Ne l’entendez-vous bramer

Là le troupeau des hivers a bousculé la paix
Et du gris au noir c’est le noir qui dévore
Tout étouffe sans un bruit sans un seul
Et des peuples et des vies à jamais disparus

Le noir en force
Revient

arkhip-kouindji-clair-de-lune-dans-une-foret-en-hiver-1898-1908
Плями місячного сяйва у лісі. Зима
Пятна лунного света в лесу. Зима
 Clair de lune dans une forêt, en hiver

Du gris du blanc au blanc du bleu
Se donne et se jette du haut des falaises
Qui s’arrêtent dans la fuite
J’entends un cri qui monte du rivage
Dans le blanc qui s’efface
Le ciel n’est jamais si tendre
Les dieux se jouent de nous
Sur l’instant

arkhip-kouindji-reflets-de-soleil-sur-givre-1876-1890
ARKHIP KOUÏNDJI  Reflets de soleil sur givre (1876-1890) мороз

Dans le blanc qui revient
Un salut nous répond
Sur la pierre qui se casse
Une réponse se livre
Des pas dans la neige
Une femme une flamme
Un duvet sur le cœur des neiges
Un duvet sourd
Avide

Le bleu semble vaincre
Les vieillards sont couchés
Le jour a faim
Du haut de la falaise
Le jour dévore tout

arkhip-kouindji-falaise-1898-1908стрімчак – утес
 Falaise
1898-1908

Au-delà
Une route se dessine
Sans rien
Sans appel
Une ombre nous prend la main
Pour une visite lascive
Des rois sont passés par ici
Je crois

arkhip-kouindji-la-volga
La Volga [Musée national de l’Azerbaïdjan à Bakou]
Волга [Национальный музей искусств Азербайджана, Баку]

Une voie
Une autre encore
Au bout
Nous commande de marcher
Et nous marchons
Mon ombre
Et moi

arkhip-kouindji-le-dniepr-au-petit-matin-1881
Днепр утром (1881 г.)  Дніпро вранці 
Le Dniepr au petit matin

arkhip-kouindji-lac-ladoga-1873

La route s’achève
Affamés debout
Encore
Un sentiment rêvé
Est-ce la lueur au loin
Près du but
Au-dessus des taches de fleurs
Le point entre et ne veut plus sortir
J’ai perdu mon ombre
Je crois

arkhip-kouindji-foret-1887 ліс – Forêt – лес
1887

Le bleu
Plus menaçant encore
Un bateau nous attend
Qui répond à nos premiers désirs
C’est là que les âmes s’échangent
Venues du fond de la mer
La mer est dans le ciel
C’est là qu’elles se vengent aussi
Et la terre s’est oubliée
Le bleu nage
Dans des restes d’Enfer
Le bleu se noie
Nous ne le reverrons plus

arkhip-kouindji-la-cathedrale-saint-isaac-1869 Исаакиевский собор
Ісаакіївський собор
La Cathédrale Saint-Isaac
1869

La terre ne nous fait plus peur
Le regard se promène
Dans l’ordre des lumières
Les couleurs n’en peuvent plus
De tant toucher de ténèbres
Les odeurs sont de retour
Pleines de moisis et de pourritures passagères
La terre ne nous fait plus peur
Dans le vert éternel
Tout s’est arrêté
Tombe une écorce des peupliers en ligne
Tombe un cri Tombe un instant
Que personne ne peut entendre

arkhip-kouindji-la-foret-de-bouleau-1901 Les peupliers – Берёзовая роща -1901 – Березовий гай

arkhip-kouindji-les-bouleaux-1879

Des pierres comme des os
Nul ici n’échappe
Les rêves sont trop fins et nous pensons courir
Qu’importe le temps
Qu’importe l’océan
Qu’importe le désir
Les nuages sont trop grands
Des lames dans le ciel
Nous tailladerons en pièces
Des flammes et des orages
Se sont-ils perdus

 

 

  arkhip-kouindji-mer-1898-1908  arkhip-kouindji-nuit-1905-1908    arkhip-kouindji-paysage-de-crimee-1885-1890

Au loin
Qui y a-t-il
Au loin
Un point plus loin que l’horizon

   arkhip-kouindji-voilier-en-mer-1876-1890 парусник в море- Voilier en mer  – парусник в море
(1876-1890)

Il n’y a que l’horizon

arkhip-kouindji-steppe-1890-1895

Sans ombre

TRADUCTION RUSSE Jacky Lavauzelle Французский перевод текстов на русском языке

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Traduction Russe Jacky Lavauzelle
Жаки Лавозель
ARTGITATO
Французский перевод текстов на русском языке
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Traductions Artgitato Français Portugais Latin Tchèque Allemand Espagnol

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TRADUCTION RUSSE

Французский перевод текстов на русском языке

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 Анна Ахматова
Anna Akhmatova

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Alexandre Blok
Алекса́ндр Алекса́ндрович Блок

В море – En Mer (1898)
Девушка пела в церковном хоре – Elle chante dans le chœur de l’Eglise (1905)
По берегу – Sur le Rive (1903)
скифы – les Scythes (1918)

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 Prince Alexandre Chakhovskoy

Le Cosaque poète
Saint-Pétersbourg – 1812

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Sergueï Essénine
Сергей Александрович Есенин

LA POESIE de Sergueï Essénine
поэзия есенина  

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ZINAÏDA HIPPIUS
Зинаи́да Никола́евна Ги́ппиус

Poésie de Zinaïda Hippius
Поэзия Зинаиды Гиппиус

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Ivan Krylov

le Magasin à la mode

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Mikhaïl Lermontov
Михаил Юрьевич Лермонтов

La Poésie de Lermontov
Стихи Лермонтова

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Mirra Lokhvitskaïa
Мирра Лохвицкая

Poésie de Mirra Lokhvitskaïa
Поэзия Мирры Лохвицкой

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Vladimir Maïakovski
Владимир Владимирович Маяковский

Poèmes
Поэмы

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Ossip Mandelstam
О́сип Эми́льевич Мандельшта́м

Poésie de Ossip Mandelstam
Поэзии Осип Мандельштам





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B Okoudjava & V Kikabidze

  LES PEPINS DE RAISIN
Виноградную косточку

**

Sophia Parnok
Поэзия офии Парнок

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Alexandre Pouchkine
Александр Сергеевич Пушкин

Poésie – Поэзия А. С. Пушкина
poemes-de-alexandre-pouchkine-artgitatopushkin-alexander

**

 Anton Tchekhov
Антон Павлович Чехов

Les pièces de Théâtre – Театр

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Fiodor Tiouttchev
Федор Тютчев

La poésie de Fiodor Tiouttchev
стихи федор тютчев

Fiodor Tiouttchev Poèmes Poésie Artgitato Les poèmes de Fiodor Tiouttchev

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Ivan Tourgueniev
Иван Сергеевич Тургенев

Собака – Mon Chien (février 1878)
русский язык – La Langue Russe (juin 1882)

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Marina Tsvétaïéva
Марина Ивановна Цветаева

Poésie de Marina Tsvétaïéva
Поэзия Марины Чветаевой

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Vladimir Vyssotski
Владимир Семёнович Высоцкий

Les Coupoles – Купола

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Boulat Okoudjova
Булат Шалвович Окуджава

Tant que la terre continue de tourner

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Vladislav Ozerov
Владислав Александрович Озеров

Fingal
Tragédie en trois actes
1805

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 Denis Fonvizine
Денис Иванович Фонвизин

Le Dadais ou l’Enfant gâté
1782

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Французский перевод текстов на русском языке

TRADUCTION RUSSE

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DE L’ART DE TRADUIRE LE RUSSE

Je viens d’indiquer la double valeur des écrits de Pouchkine : l’auteur de Poltava a renouvelé, comme prosateur, la langue russe, en même temps qu’il ouvrait à ses contemporains, comme poète, des sources nouvelles d’inspiration. On sait aussi quel accueil la Russie a fait à cet interprète de la pensée nationale. Quant à l’Europe, il faut le dire, elle est restée trop indifférente au rôle que Pouchkine a joué dans son pays. La France surtout n’a eu longtemps qu’une idée vague de ce grand mouvement littéraire commencé et dirigé par un seul homme. Ici même cependant, une étude biographique sur Pouchkine avait déjà indiqué l’importance de ses travaux. Pendant longtemps, on a pu s’étonner qu’une plume française ne cherchât point à le traduire. Aujourd’hui cette tâche a été abordée ; mais peut-on la regarder comme remplie ? L’auteur de la traduction française de Pouchkine qui vient d’être publiée n’a point paru se douter des difficultés que présentait un pareil travail. Il y avait là des écueils et des obstacles qui imposaient au traducteur un redoublement d’efforts. L’art de traduire, surtout lorsqu’il s’applique à la poésie, suppose une sorte d’initiation qui ne s’achète qu’au prix de veilles laborieuses. Les vulgaires esprits seuls peuvent s’imaginer qu’il suffit, pour traduire un poète, de rendre ses vers dans un autre idiome, sans s’inquiéter d’ailleurs de la physionomie, du mouvement, des nuances infinies de la pensée, des mille finesses du style. Or, ce ne sont point-là des choses qui aient leur vocabulaire écrit et ce sont pourtant des choses qu’il faut traduire, ou du moins indiquer : elles demandent une intelligence vive et délicate pour les saisir, une plume habile et souple pour les rendre. Pour transporter d’ailleurs dans son propre idiome les richesses d’une langue étrangère, il y a une première condition à remplir ; est-il besoin de la rappeler ? C’est la connaissance parfaite de la langue dont on veut révéler à son pays les richesses littéraires. Qu’on y songe, l’idiome russe est le plus difficile des idiomes européens, il est difficile même pour les Russes qui n’en ont pas fait l’objet d’une étude sérieuse. C’est une langue dont le sens positif varie à l’infini et dont le sens poétique varie encore davantage : langue souple et rude, abondante et imagée, dont l’origine, les accidents, l’esprit, l’allure, les procédés, n’offrent aucune analogie avec nos langues d’Occident. Le traducteur français des œuvres de Pouchkine a échoué pour n’avoir point compris les exigences de sa tâche. Il importe qu’on ne l’oublie pas, une traduction de ce poète exige une connaissance intime et approfondie, non-seulement de la grammaire et du vocabulaire russes, mais des finesses et des bizarreries de la langue ; elle exige aussi un long commerce avec ce génie si original, si en dehors de toute tradition européenne. Tant que cette double condition n’aura pas été remplie, notre pays, nous le disons à regret, ne connaîtra qu’imparfaitement la valeur et l’originalité du poète russe.

Pouchkine et le mouvement littéraire en Russie depuis 40 ans
Charles de Saint-Julien
Revue des Deux Mondes
Œuvres choisies de Pouchkine, traduites par M. H. Dupont
T.20 1847

ANTONIO DE NEBRIJA BNE MADRID – 安东尼内布里哈

BRIXMadrid – Мадрид – 马德里
BIBLIOTECA NACIONAL DE ESPAÑA
LA BIBLIOTHEQUE NATIONALE D’ESPAGNE
BNE MADRID
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Madrid Blason Artgitato  Madrid L'Ours & L'arbousier Artgitato La estatua del oso y del madroño

Photo
Jacky Lavauzelle

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Madrid Drapeau Artgitato










 BNE MADRID
BIBLOTECA NACIONAL DE ESPAÑA
LA BIBLIOTHEQUE NATIONALE D’ESPAGNE
– 西班牙国家图书馆
Национальная библиотека Испании

ANTONIO DE NEBRIJA
Antonio Martínez de Cala y Xarava
安东尼内布里哈
1441-1522

 BNE Biblioteca Nacional de España Biblitothèque Nationale d'Espagne Artgitato Madrid Nebrija

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L’OEUVRE D’ANTONI DE NEBRIJA

ANTOINE de Lebrixa, Antonius Nebrissensis, littérateur espagnol, né en 1444 à Lebrixa, mort en 1522, obtint des succès brillants dans l’enseignement aux universités de Salamanque et d’Al », et fut un des plus utiles collaborateurs de la Bible polyglotte entreprise sous les auspices du cardinal Ximénès. Il a composé un grand nombre d’ouvrages, tous fort rares, dont les principaux sont : Institutio grammaticœ latins ; (Salamanque, 1481, réimpr. à Paris, 1859), où il développe des vues nouvelles sur l’enseignement de la langue latine; Grammatica sobre la lengua castellana, 1492, la première grammaire qui ait paru en espagnol; Lexicon latino-hispanicum et hispanico-latinum, 1492 ; Juris civilis Lexicon,1506, ouvrage qui restaura l’étude du droit en Espagne. On a aussi de lui Rerum in Ilispania gestarum de-cades (Grenade, 1545) : ce c’est que la traduction d’une vieille chronique espagnole. »

Marie-Nicolas Bouillet – Alexis Chassang
Dictionnaire universel d’histoire et de géographie Bouillet Chassang 1878
1878 -1, pp. 1-154

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ANTONIO DE NEBRIJA (LEBRIXA)
A VALENCE

 » Il n’est pas de plus brillante étoile dans l’immortelle pléiade de ces savants hors ligne dont le chef fut Antonio de Lebrixa, et le dernier représentant, Francisco Sanchez de las Brozas, qui mourut entre les griffes de l’inquisition, et qu’un professeur de Berlin a pris à tort pour un jésuite. L’école médicale de Valence a été pendant trois siècles la première de l’Espagne, et l’école poétique a fourni des modèles à la littérature espagnol… »

Revue des Deux Mondes tome 71, 1885
J.-M. Guardia
Une excursion aux îles Baléares
Valence

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La contagion s’était manifestée de bonne heure : elle vint d’abord de l’Italie, C’est là en effet que les écrivains connus sous le nom d’humanistes, qui inaugurèrent en Espagne la renaissance des lettres, cherchèrent dès la fin du XVe siècle leurs inspirations. Antonio de Lebrixa est le représentant le plus remarquable de cette classe de penseurs et d’érudits. À leur approche, la vieille scolastique frémit. Le célèbre savant Louis Vivès raconte qu’à Valence, sa patrie, son vieux maître, dévoué à la routine de l’école, faisait déclamer ses élèves contre les novateurs ; lui-même avoue qu’il avait composé contre Antonio de Lebrixa des déclamations détestables et vivement applaudies. Des succès de ce genre ne pouvaient séduire un homme tel que Vivès, l’esprit le plus judicieux de son temps. De bonne heure il quitta l’Espagne, et profita si bien de son séjour dans les universités du nord, qu’il ne tarda point à prendre rang lui-même parmi les plus illustres humanistes ; il figura, malgré sa jeunesse, entre Érasme et Budée, dans ce glorieux triumvirat du XVIe siècle, où il brilla par le jugement autant que ses deux rivaux par l’éloquence et l’invention. Vivès devina mieux que nul autre le rôle souverain qui était réservé à l’érudition, c’est-à-dire au savoir joint à l’esprit de libre recherche. Il est un de ses écrits surtout qui atteste combien ce génie étendu et pénétrant comprenait l’état et les tendances de son époque : c’est le Traité des causes de la décadence des études, son chef-d’œuvre peut-être. Dès le début de sa carrière, il s’était fait connaître par son Commentaire sur la Cité de Dieu de saint Augustin. La préface de cette œuvre est un modèle de bon sens et de fine raillerie. On y voit mise à nu l’ignorance prétentieuse de la scolastique monacale ; les franciscains et les dominicains y sont vigoureusement raillés : on bat avec leurs propres armes ces infatigables ergoteurs, on les confond avec des citations empruntées à leurs propres ouvrages : jamais Érasme n’a porté de tels coups. Vivès aimait et vénérait comme un maître l’auteur de l’Éloge de la Folie ; nul plus que lui ne contribua à répandre ses écrits en Espagne. Cette propagande ne dura guère cependant. Les moines détestaient Érasme, ils abhorraient Vivès. Ce dernier était plus particulièrement l’objet de la haine des ordres mendians, les dominicains et les franciscains, dont il avait démasqué la crasse ignorance et l’insatiable avidité. Vaincus un moment, les moines ressaisirent le sceptre de la scolastique et rentrèrent dans les chaires des universités. Quant aux jésuites, ils n’avaient pas attendu, pour mettre Érasme et Vivès hors de leurs bibliothèques, que le saint-office eût interdit la lecture de leurs écrits ; ils les rangeaient parmi les suspects : autores de sospechosa doctrina, dit le père Mariana dans une lettre inédite à don Gaspar de Quiroga, inquisiteur général et archevêque de Tolède.

Plus libéral et plus instruit que le clergé régulier, le clergé séculier en vint à s’indigner de ces rancunes monacales. On a conservé d’un chanoine de Salamanque un mot qui est passé en proverbe : Quien dice mal de Erasmo, o es fraile, o es asno. Il n’en est pas moins vrai que les moines, insensibles à ces épigrammes, eurent raison des humanistes en proscrivant leurs écrits. Telle est la ténacité des préjugés qu’à la fin du siècle dernier, lorsque la munificence d’un prélat ami des lettres permit enfin de donner une édition des œuvres de Vivès, les Commentaires sur la Cité de Dieu furent exclus de la collection. « Notre temps, disait Vivès, ne manque pas de vils parasites et d’insignes flagorneurs, dont les douces flatteries fomentent des énormités : blandis adulationibus facinora fovent. » Ces courtisans sans vergogne, instigateurs de tant de crimes et de tant de sottises, n’étaient autres que les moines ; ils avaient l’oreille des rois, qu’ils gouvernaient par la confession, et diriger la conscience des princes, c’était exercer la puissance suprême.

Vivès n’était pas uniquement un homme d’étude, un humaniste : c’était aussi un penseur, un politique, un publiciste éminent. Un autre enfant de Valence, Federico Furio Sériol, était de la même école. Comme Vivès, il quitta Valence de bonne heure ; il alla continuer ses études à Paris, et les acheva à Louvain. Dépassant Érasme, il soutint contre les théologiens catholiques une thèse tout à fait protestante, la convenance et la nécessité des traductions de la Bible en langue vulgaire. Ce qu’il avait publiquement soutenu, il l’imprima, et pour avoir osé écrire ce qu’il pensait, Sériol fut en danger de perdre la vie. Il ne se sauva que par la protection spéciale de Charles-Quint. Son génie politique plaisait à l’empereur, qui l’estimait aussi pour son caractère droit et ferme. Il l’envoya auprès de son fils comme un conseiller dont les lumières pouvaient éclairer sa conduite. En effet, l’influence de Sériol ne contribua pas médiocrement à la pacification des premiers troubles des Pays-Bas. Son crédit se maintint tant qu’il vécut ; mais après sa mort l’inquisition lui fit son procès, et Philippe II n’y trouva point à redire.

Vives et Sériol appartiennent à la réforme, sinon par leur profession de foi, du moins par leurs idées libérales et hardies, leurs tendances avouées et leurs théories politiques. Ils ne séparent point l’ordre social de l’ordre religieux ; ils veulent un gouvernement animé de l’esprit véritablement chrétien, conforme à l’Évangile. L’un et l’autre ont recours à la logique et à l’exposition savante, à la méthode sévère d’argumentation qu’ils ont puisée, non pas dans l’arsenal de la scolastique, mais dans l’étude de l’antiquité, la méditation des saintes Écritures, et surtout dans leurs convictions intimes. Là est le secret de leur force. La critique des humanistes ne suffisait point cependant pour régénérer l’Espagne. Telle était du moins l’opinion des réformateurs religieux qui leur succédèrent, et dont les tentatives datent de la même époque que le grand mouvement qui éclata en Allemagne. De la période de satire et d’ironie, l’idée de réforme entra avec ces hommes hardis dans sa période militante.

La réforme et les réformateurs en Espagne
H.-M. Guardia
Revue des Deux Mondes T.28, 1860

Il Vittoriano -Le Victorien – MONUMENT A VICTOR-EMMANUEL II – PIAZZA VENETIA – 维托里亚诺,意大利统一的象征

    Les Places de Rome
le Piazze di Roma
ROME – ROMA

Armoirie de Rome

 Photos Jacky Lavauzelle

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Ritratto_di_S_M__Vittorio_Emanuele_II Portrait de Victor Emmanuel II

Flag_of_Lazio

Il Vittoriano – Le Victorien
Monument à
Victor-Emmanuel II
PIAZZA VENETIA
维托里亚诺,意大利统一的象征

Célébration des Cinquante ans de l’Unité Italienne
Monument construit entre 1885 et 1911
Architecte Giuseppe Sacconi
(1854-1905)

Giuseppe Sacconi (1854-1905) Vittoriano Monument à Victor-Emmanuel II artgitato Rome

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« Tout se hâte dans ce siècle affairé et déclinant. La figure du monde change, ceux qui ont été les grands acteurs de la scène publique s’en vont, et s’il est certes une image expressive de la rapidité avec laquelle tout se renouvelle, c’est la disparition soudaine de ce souverain populaire entre tous, qui vient de s’éteindre à Rome, au Quirinal. Le premier roi d’Italie, Victor-Emmanuel II, a cessé de vivre à l’improviste, prématurément. Il n’a pas été, lui, vaincu par l’âge : la veille encore il était plein de santé et de force, il portait vertement ses cinquante-huit ans et le poids d’un règne laborieux ; le lendemain il était terrassé par le mal, il a été enlevé en quelques jours, on pourrait dire en quelques heures. Il disparaît à son tour comme a disparu il y a des années Cavour, son grand conseiller politique, comme disparaissait il y a une semaine, à Florence, le fidèle Alphonse de La Marmora, son compagnon de guerre, comme s’en sont allés déjà beaucoup de ceux qui sont entrés avec lui dans la carrière ; mais avec tous ces hommes qui ont partagé ses épreuves, qui ont été pour lui des ministres, des lieutenans ou des amis, il a le bonheur de laisser une œuvre achevée. Victor-Emmanuel meurt en possession paisible de la couronne qu’il a conquise, qu’il peut transmettre sans trouble, au sein d’une nation qu’il a élevée à l’indépendance, et, par un dernier privilège de cette destinée royale, une telle mort n’est pas seulement un deuil national pour l’Italie, elle est ressentie en France comme au-delà des Alpes, elle a excité partout l’émotion ; elle est un événement européen de plus dans un moment où tant de questions obscures s’agitent, où tous les regards se tournent plus que jamais vers cet Orient ensanglanté d’où peuvent venir les orages. »
Chronique de la quinzaine – 14 janvier 1878
Charles de Mazade
Revue des Deux-Mondes 1878

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« Les rois et les peuples ont leur destin. Lorsque Victor-Emmanuel naissait en 1820 de celui qui s’appelait encore Carignan et d’une archiduchesse d’Autriche, rien n’aurait pu faire augurer qu’à cet enfant d’un prince suspect, bientôt compromis par la révolution éphémère de 1821, était réservée cette étrange fortune d’agrandir la maison de Savoie, de créer une nation de 25 millions d’hommes, de régner à Naples comme à Turin, à Venise comme à Palerme, et d’aller mourir au Quirinal en souverain reconnu par l’univers, par l’Autriche elle-même. C’est pourtant ce qui a rempli cette existence, c’est ce qui imprime le caractère d’un événement européen à la fin d’un roi qui a vécu assez pour conduire jusqu’au bout cette immense révolution, pour être la personnification vivante et régulière d’une puissance nouvelle appelée désormais à jouer son rôle dans toutes les combinaisons de la politique. »

Chronique de la quinzaine – 14 janvier 1878
Charles de Mazade
Revue des Deux-Mondes 1878

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« Ce qui est certain, c’est que dans cette série d’entreprises, de guerres, de négociations, de combinaisons diplomatiques, d’expéditions qu’il a pu voir pendant vingt ans se dérouler autour de lui, Victor-Emmanuel n’a cessé d’être le personnage essentiel autour duquel s’est noué le grand drame. Ce n’est pas lui qui a tout fait, c’est par lui que tout a été possible. Il a porté à l’œuvre commune un mélange original de sagacité et de force, d’entrain guerrier et d’habileté prudente, de bonne humeur familière et de brusquerie impétueuse. C’était, à tout prendre, un vrai prince de Savoie à la physionomie accentuée, alliant le sentiment moderne à la sève de sa race, toujours prêt à l’action, prompt à monter a cheval sous l’uniforme ou à quitter les palais pour s’en aller chasser dans les montagnes, se délassant du règne par les plaisirs de son choix. »

Chronique de la quinzaine – 14 janvier 1878
Charles de Mazade
Revue des Deux-Mondes 1878

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Photos Jacky Lavauzelle
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Monument à Victor Emmanuel II

MONUMENT A HUMBERT Ier – MONUMENTO A UMBERTO I – VILLA BORGHESE

ROME – ROMA
LA VILLA BORGHESE

Armoirie de Rome

 Photos  Jacky Lavauzelle

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MONUMENT A HUMBERT Ier MONUMENTO A UMBERTO I

Humbert Ier
UMBERTO I
(1844-1900)
Roi d’Italie (1878-1900)

Monument à Humbert Ier Monumento a Umberto I Villa borghese rome roma artgitato 0 Monument à Humbert Ier Monumento a Umberto I Villa borghese rome roma artgitato 1 Monument à Humbert Ier Monumento a Umberto I Villa borghese rome roma artgitato 2 Monument à Humbert Ier Monumento a Umberto I Villa borghese rome roma artgitato 3  Monument à Humbert Ier Monumento a Umberto I Villa borghese rome roma artgitato 11 Monument à Humbert Ier Monumento a Umberto I Villa borghese rome roma artgitato 20 Monument à Humbert Ier Monumento a Umberto I Villa borghese rome roma artgitato 45 Monument à Humbert Ier Monumento a Umberto I Villa borghese rome roma artgitato plaque

« Pourtant, les rois assassinés, même les meilleurs, comme Alexandre II et Humbert, étaient auteurs ou complices du meurtre de milliers et de milliers d’hommes qui périrent sur les champs de bataille ; quant aux souverains mauvais, c’est par centaines de mille et par millions qu’ils ont fait périr les hommes…
L’assassinat des souverains, tel celui tout récent du roi Humbert, n’est pas horrible par la cruauté du fait lui-même. Les actes commis dans le passé par les rois et empereurs : la Saint-Barthélémy, les guerres de religion, la répression impitoyable des révoltes de paysans, autant que les exécutions gouvernementales actuelles, le martyre subi dans les prisons cellulaires et les compagnies de discipline, la pendaison, la guillotine, la fusillade et le carnage pendant les guerres, ne sauraient, par leur cruauté, être comparés aux attentats commis par les anarchistes.
Les crimes des anarchistes ne sont pas précisément effrayants, parce que ceux qui en sont victimes n’ont pas mérité leur sort. Si Alexandre II ou Humbert n’ont pas mérités d’être assassinés, les milliers de Russes qui ont péri sous Plevna, et d’Italiens en Abyssinie, l’avaient encore moins mérités. »
Léon Tolstoï
Tu Ne Tueras Point
Traduction parue en 1914

 

LES PONTS DE ROME : Ponte Vittorio Emanuele II – Pont Victor-Emmanuel II

ROME – ROMA
PONTS DE ROME
Ponti Roma

Armoirie de Rome

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PONT VICTOR-EMMANUEL II

Ponte Vittorio Emanuele II

VICTOR-EMMANUEL II
1820-1878
LE PONT
Longueur de 108 mètres
trois arcsConstruit  en 1886 par l’architecte Ennio De Rossi et inauguré en 1911
Ponte Vittorio Emanuele II - Pont Victor-Emmanuel II -1 Ponte Vittorio Emanuele II - Pont Victor-Emmanuel II -2 Ponte Vittorio Emanuele II - Pont Victor-Emmanuel II -3 Ponte Vittorio Emanuele II - Pont Victor-Emmanuel II -5 Ponte Vittorio Emanuele II - Pont Victor-Emmanuel II -6 Ponte Vittorio Emanuele II - Pont Victor-Emmanuel II -7 Ponte Vittorio Emanuele II - Pont Victor-Emmanuel II -8 Ponte Vittorio Emanuele II - Pont Victor-Emmanuel II -9 Ponte Vittorio Emanuele II - Pont Victor-Emmanuel II -10 Ponte Vittorio Emanuele II - Pont Victor-Emmanuel II -11 Ponte Vittorio Emanuele II - Pont Victor-Emmanuel II -12 Ponte Vittorio Emanuele II - Pont Victor-Emmanuel II -13 Ponte Vittorio Emanuele II - Pont Victor-Emmanuel II -14 Ponte Vittorio Emanuele II - Pont Victor-Emmanuel II -15 Ponte Vittorio Emanuele II - Pont Victor-Emmanuel II -16 Ponte Vittorio Emanuele II - Pont Victor-Emmanuel II -17 Ponte Vittorio Emanuele II - Pont Victor-Emmanuel II -18
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Photos Jacky Lavauzelle
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MON CHIEN (1878) Poème d’Ivan TOURGUENIEV – Иван Сергеевич Тургенев – Собака

русский поэт- Poète Russe
русская литература
Littérature Russe

IVAN TOURGUENIEV
Иван Сергеевич Тургенев

TOURGUENIEV
1818-1883

Подпись

стихотворение
Poème

Traduction Jacky Lavauzelle

——– Poemes en prose de Tourgueniev Texte et Traduction Artgitato


Собака

Mon Chien

 

Февраль, 1878 г.
Février 1878

Hас двое в комнате: собака моя и я. На дворе воет страшная, неистовая буря.
Deux, nous sommes deux dans la pièce : mon chien et moi. Dans la cour, l’hurlement terrible d’une violente tempête.

Собака сидит передо мною — и смотрит мне прямо в глаза.
Le chien est assis en face de moi Il me regarde droit dans les yeux.

И я тоже гляжу ей в глаза.
Et moi aussi, je le regarde dans ses yeux.

Она словно хочет сказать мне что-то. Она немая, она без слов, она сама себя не понимает — но я ее понимаю.
Elle semble vouloir me dire quelque chose. Elle est silencieuse. Elle reste là sans mots ; elle-même ne comprend pas mais moi, je la comprends.

Я понимаю, что в это мгновенье и в ней и во мне живет одно и то же чувство, что между нами нет никакой разницы. Мы тожественны; в каждом из нас горит и светится тот же трепетный огонек.
Je comprends que, en ce moment, elle vit le même sentiment et qu’entre nous il n’y a pas de différence. Nous sommes identiques ; Chacun de nous est éclairé par une même lumière vacillante.

Смерть налетит, махнет на него своим холодным широким крылом…
La mort remuera son aile froide et large

И конец!
Et tout sera fini !

Кто потом разберет, какой именно в каждом из нас горел огонек?
Qui comprendra alors exactement ce qu’était la flamme qui brûlait en chacun de nous ?

Нет! это не животное и не человек меняются взглядами…
Non ! Ce n’est pas un homme qui regarde un animal

Это две пары одинаковых глаз устремлены друг на друга.
Ce sont deux paires identiques d’yeux fixées l’une sur l’autre.

И в каждой из этих пар, в животном и в человеке — одна и та же жизнь жмется пугливо к другой.
Dans chacun de ces deux couples, chez l’animal et chez l’homme une seule et même vie fébrilement attachée l’une à l’autre.

 

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Traduction Jacky Lavauzelle
Artgitato
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автор Иван Сергеевич Тургенев

Sans titre 1