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BAGNARDS DE SIBÉRIE – ALEXANDRE POUCHKINE POÈMES (1927) Во глубине сибирских руд

*

ALEXANDRE POUCHKINE POÈMES

*
1827

Alexandre Pouchkine
русский поэт- Poète Russe
русская литература
Littérature Russe

poemes-de-alexandre-pouchkine-artgitatopushkin-alexander

ALEXANDRE POUCHKINE  1827
pushkin poems
стихотворение  – Poésie
 Пушкин 

 

 

POUCHKINE – Пу́шкин
Алекса́ндр Серге́евич Пу́шкин
1799-1837

[создатель современного русского литературного языка]

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

 

LA POÉSIE DE POUCHKINE

СТИХИ АЛЕКСАНДРА СЕРГЕЕВИЧА ПУШКИНА
Пушкин 


Во глубине сибирских руд
1827

****


BAGNARDS DE SIBÉRIE
****

 

*

Во глубине сибирских руд
Dans les profondeurs des mines de Sibérie
Храните гордое терпенье,
Restez fier, soyez patient,
Не пропадет ваш скорбный труд
Vous n’avez pas disparu dans vos tristes tâches
 И дум высокое стремленье.
Vos hautes aspirations ne s’y sont pas dissoutes.

*

Несчастью верная сестра,
Fidèle compagnon, du malheur,
 Надежда в мрачном подземелье
L’espoir dans votre sombre citadelle
Разбудит бодрость и веселье,
Réveillera la vigueur et la joie,
Придет желанная пора:
Car viendra le temps des retrouvailles :

*

 

Любовь и дружество до вас
L’amour et la communion
Дойдут сквозь мрачные затворы,
Traverseront les portes sombres
Как в ваши каторжные норы
Du bagne et atteindront vos terriers
 Доходит мой свободный глас.
A travers ma libre voix.

*

Оковы тяжкие падут,
Que tombent vos lourdes chaînes,
Темницы рухнут — и свобода
Que s’effondrent vos citadelles- et que la liberté
  Вас примет радостно у входа,
Vous attende gaiement sur le seuil,
И братья меч вам отдадут.
Là où vos frères vous donneront l’épée.

*

 **********
POUCHKINE

 1827 

********

LES JUGEMENTS DE Tolstoï
SUR LES POÈMES DE POUCHKINE

Ayons donc pleine confiance dans le jugement du comte Tolstoï sur les poèmes de Pouchkine, son compatriote ! Croyons-le, encore, quand il nous parle d’écrivains allemands, anglais, et scandinaves : il a les mêmes droits que nous à se tromper sur eux. Mais ne nous trompons pas avec lui sur des œuvres françaises dont le vrai sens, forcément, lui échappe, comme il échappera toujours à quiconque n’a pas, dès l’enfance, l’habitude de penser et de sentir en français ! Je ne connais rien de plus ridicule que l’admiration des jeunes esthètes anglais ou allemands pour tel poète français. Verlaine, par exemple, ou Villiers de l’Isle-Adam. Ces poètes ne peuvent être compris qu’en France, et ceux qui les admirent à l’étranger les admirent sans pouvoir les comprendre. Mais il ne résulte pas de là, comme le croit le comte Tolstoï, qu’ils soient absolument incompréhensibles. Ils ne le sont que pour lui, comme pour nous Lermontof et Pouchkine. Ce sont des artistes : la valeur artistique de leurs œuvres résulte de l’harmonie de la forme et du fond : et si lettré que soit un lecteur russe, si parfaite que soit sa connaissance de la langue française, la forme de cette langue lui échappe toujours.

Léon Tolstoï
Qu’est-ce que l’art ?
Traduction par T. de Wyzewa.
 Perrin, 1918
pp. i-XII

*****

ALEXANDRE POUCHKINE POÈMES

LA RENAISSANCE DU GÉNIE – Poème d’ALEXANDRE POUCHKINE 1819 – Возрождение

*

ALEXANDRE POUCHKINE POÈME

*
1819

Alexandre Pouchkine
русский поэт- Poète Russe
русская литература
Littérature Russe

poemes-de-alexandre-pouchkine-artgitatopushkin-alexander

ALEXANDRE POUCHKINE  1819
pushkin poems
стихотворение  – Poésie
 Пушкин 

 

 

POUCHKINE – Пу́шкин
Алекса́ндр Серге́евич Пу́шкин
1799-1837

[создатель современного русского литературного языка]

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

 

LA POÉSIE DE POUCHKINE

СТИХИ АЛЕКСАНДРА СЕРГЕЕВИЧА ПУШКИНА
Пушкин 


Возрождение
1819

****


LA RENAISSANCE DU GÉNIE
****

 

 

Художник-варвар кистью сонной
Un artiste barbare brosse, lime
Картину гения чернит
Et détruit l’image laissée par un génie
И свой рисунок беззаконный
Et par des pulsions assassines
Над ней бессмысленно чертит.
Blesse et cache la divine harmonie.

*

Но краски чуждые, с летами,
Mais les couleurs étrangères, avec les années,
Спадают ветхой чешуёй;
Tomberont comme de vieilles écailles ;
Созданье гения пред нами
Et la création du génie devant nous, sans faille,
Выходит с прежней красотой.
Ressortira avec la même originelle beauté.

*

Так исчезают заблужденья
Ainsi, mes délires disparaissent
С измученной души моей,
Dans mon cœur tourmenté et détruit,
И возникают в ней виденья
Et là, dans mes visions, apparaissent
Первоначальных, чистых дней.
Alors les pures et nettes images de jadis.

 

*

 

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POUCHKINE
 1819 

********

LES JUGEMENTS DE Tolstoï
SUR LES POEMES DE POUCHKINE

Ayons donc pleine confiance dans le jugement du comte Tolstoï sur les poèmes de Pouchkine, son compatriote ! Croyons-le, encore, quand il nous parle d’écrivains allemands, anglais, et scandinaves : il a les mêmes droits que nous à se tromper sur eux. Mais ne nous trompons pas avec lui sur des œuvres françaises dont le vrai sens, forcément, lui échappe, comme il échappera toujours à quiconque n’a pas, dès l’enfance, l’habitude de penser et de sentir en français ! Je ne connais rien de plus ridicule que l’admiration des jeunes esthètes anglais ou allemands pour tel poète français. Verlaine, par exemple, ou Villiers de l’Isle-Adam. Ces poètes ne peuvent être compris qu’en France, et ceux qui les admirent à l’étranger les admirent sans pouvoir les comprendre. Mais il ne résulte pas de là, comme le croit le comte Tolstoï, qu’ils soient absolument incompréhensibles. Ils ne le sont que pour lui, comme pour nous Lermontof et Pouchkine. Ce sont des artistes : la valeur artistique de leurs œuvres résulte de l’harmonie de la forme et du fond : et si lettré que soit un lecteur russe, si parfaite que soit sa connaissance de la langue française, la forme de cette langue lui échappe toujours.

Léon Tolstoï
Qu’est-ce que l’art ?
Traduction par T. de Wyzewa.
 Perrin, 1918
pp. i-XII

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ALEXANDRE POUCHKINE POÈMES

UN VÉRITABLE AMI POÈME D’ALEXANDRE POUCHKINE (1829) Когда твои младые лета

*

ALEXANDRE POUCHKINE POÈME

*
1829

Alexandre Pouchkine
русский поэт- Poète Russe
русская литература
Littérature Russe

poemes-de-alexandre-pouchkine-artgitatopushkin-alexander

ALEXANDRE POUCHKINE  1829
pushkin poems
стихотворение  – Poésie
 Пушкин 

 

 

POUCHKINE – Пу́шкин
Алекса́ндр Серге́евич Пу́шкин
1799-1837

[создатель современного русского литературного языка]

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

 

LA POÉSIE DE POUCHKINE

СТИХИ АЛЕКСАНДРА СЕРГЕЕВИЧА ПУШКИНА
Пушкин 


Когда твои младые лета
1829

****


UN VÉRITABLE AMI
****

 

Когда твои младые лета
Lorsque tu es malade
Позорит шумная молва,
De la honteuse rumeur
 И ты по приговору света
Et que la lumière devient fade
На честь утратила права;
Et n’éclaire plus ton honneur ;

*

Один, среди толпы холодной,
Un seul, dans le froid de la foule,
Твои страданья я делю
Partagera ta douleur
 И за тебя мольбой бесплодной
Et écoutera ta plainte
Кумир бесчувственный молю.
Insensible aux échos.

*

Но свет… Жестоких осуждений
Mais le monde… dans sa cruauté
Не изменяет он своих:
Ne change pas : sans cœur,
Он не карает заблуждений,
S’il ne punit pas ses erreurs,
 
Но тайны требует для них.
Il en exige le secret.  

*

Достойны равного презренья
Il ne mérite qu’un digne mépris
Его тщеславная любовь
Son vain retour d’intérêt,
И лицемерные гоненья:
Et pour ces persécutions infinies :
К забвенью сердце приготовь;
Que ton cœur à l’oubli soit prêt ;

*

Не пей мутительной отравы;
Que ce poison, ton esprit libre, l’oublie ;
Оставь блестящий, душный круг;
Laisse ces cercles sulfureux ;
 Оставь безумные забавы:
Laisse ces badinages fumeux :
 Тебе один остался друг.
Tu as trouvé un ami.

1829

*

 

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POUCHKINE
 1829 

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LES JUGEMENTS DE Tolstoï
SUR LES POEMES DE POUCHKINE

Ayons donc pleine confiance dans le jugement du comte Tolstoï sur les poèmes de Pouchkine, son compatriote ! Croyons-le, encore, quand il nous parle d’écrivains allemands, anglais, et scandinaves : il a les mêmes droits que nous à se tromper sur eux. Mais ne nous trompons pas avec lui sur des œuvres françaises dont le vrai sens, forcément, lui échappe, comme il échappera toujours à quiconque n’a pas, dès l’enfance, l’habitude de penser et de sentir en français ! Je ne connais rien de plus ridicule que l’admiration des jeunes esthètes anglais ou allemands pour tel poète français. Verlaine, par exemple, ou Villiers de l’Isle-Adam. Ces poètes ne peuvent être compris qu’en France, et ceux qui les admirent à l’étranger les admirent sans pouvoir les comprendre. Mais il ne résulte pas de là, comme le croit le comte Tolstoï, qu’ils soient absolument incompréhensibles. Ils ne le sont que pour lui, comme pour nous Lermontof et Pouchkine. Ce sont des artistes : la valeur artistique de leurs œuvres résulte de l’harmonie de la forme et du fond : et si lettré que soit un lecteur russe, si parfaite que soit sa connaissance de la langue française, la forme de cette langue lui échappe toujours.

Léon Tolstoï
Qu’est-ce que l’art ?
Traduction par T. de Wyzewa.
 Perrin, 1918
pp. i-XII

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ALEXANDRE POUCHKINE POÈMES

LE RÊVEUR POÈME D’ALEXANDRE POUCHKINE (1818) Мечтателю

*

ALEXANDRE POUCHKINE POÈME

*
1818

Alexandre Pouchkine
русский поэт- Poète Russe
русская литература
Littérature Russe

poemes-de-alexandre-pouchkine-artgitatopushkin-alexander

ALEXANDRE POUCHKINE  1818
pushkin poems
стихотворение  – Poésie
 Пушкин 

 

 

POUCHKINE – Пу́шкин
Алекса́ндр Серге́евич Пу́шкин
1799-1837

[создатель современного русского литературного языка]

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

 

LA POÉSIE DE POUCHKINE

СТИХИ АЛЕКСАНДРА СЕРГЕЕВИЧА ПУШКИНА
Пушкин 


Мечтателю
1818

****


LE RÊVEUR
****

 

Ты в страсти горестной находишь наслажденье;
‎Tu trouves du plaisir dans une triste passion,
Тебе приятно слезы лить,
Tu te montres joyeux en versant des larmes,
Напрасным пламенем томить воображенье
En vain, tu laisses brûler la flamme de ton imagination
И в сердце тихое уныние таить.
Et tu caches dans ton cœur un calme désespoir.
Поверь, не любишь ты, неопытный мечтатель.
Tu n’aimes pas ! crois-moi, jeune rêveur, tu n’aimes pas !
О если бы тебя, унылых чувств искатель,
Tu n’as pas souffert dans tes recherches les douloureuses
Постигло страшное безумие любви;
Souffrances de l’amour dans sa terrible folie ;
Когда б весь яд ее кипел в твоей крови;
Ce poison n’a pas mis ton sang en ébullition,
Когда бы в долгие часы бессонной ночи,
Dans de longues heures d’une nuit sans sommeil,
На ложе, медленно терзаемый тоской,
Étendu sur ton lit, tourmenté par l’angoisse,
Ты звал обманчивый покой,
‎N’attendant plus le repos trompeur,
Вотще смыкая скорбны очи,
En vain, refermant des yeux éplorés et tristes,
Покровы жаркие, рыдая, обнимал
Remontant ta couverture en pleurant, la serrant comme ton unique étreinte
И сохнул в бешенстве бесплодного желанья, —
Et consumé finalement dans les feux d’inutiles désirs, –
Поверь, тогда б ты не питал
‎Crois-moi, tu n’as pas encore livré ton cœur
Неблагодарного мечтанья!
A ces rêves ingrats !
‎Нет, нет! в слезах упав к ногам
‎Non, non ! Tes larmes ne sont pas encore tombées aux pieds
Своей любовницы надменной,
D’une altière maîtresse,
Дрожащий, бледный, исступленный,
‎Frissonnant, pâle et soumis,
Тогда б воскликнул ты к богам:
Non, tes pleurs n’ont jamais imploré ensuite les dieux :
«Отдайте, боги, мне рассудок омраченный,
« Pitié, ô dieux, soulagez mon esprit assombri,
Возьмите от меня сей образ роковой!
Retirez cette image de ma vue !
Довольно я любил; отдайте мне покой!»
Je ne veux plus aimer ; rendez-moi la paix ! »
Но мрачная любовь и образ незабвенный
‎Mais le règne de ce sombre amour sera tyrannique,
Остались вечно бы с тобой.
Souverain à jamais sur ton cœur.

1818

*

 

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POUCHKINE
 1818 

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LES JUGEMENTS DE Tolstoï
SUR LES POEMES DE POUCHKINE

Ayons donc pleine confiance dans le jugement du comte Tolstoï sur les poèmes de Pouchkine, son compatriote ! Croyons-le, encore, quand il nous parle d’écrivains allemands, anglais, et scandinaves : il a les mêmes droits que nous à se tromper sur eux. Mais ne nous trompons pas avec lui sur des œuvres françaises dont le vrai sens, forcément, lui échappe, comme il échappera toujours à quiconque n’a pas, dès l’enfance, l’habitude de penser et de sentir en français ! Je ne connais rien de plus ridicule que l’admiration des jeunes esthètes anglais ou allemands pour tel poète français. Verlaine, par exemple, ou Villiers de l’Isle-Adam. Ces poètes ne peuvent être compris qu’en France, et ceux qui les admirent à l’étranger les admirent sans pouvoir les comprendre. Mais il ne résulte pas de là, comme le croit le comte Tolstoï, qu’ils soient absolument incompréhensibles. Ils ne le sont que pour lui, comme pour nous Lermontof et Pouchkine. Ce sont des artistes : la valeur artistique de leurs œuvres résulte de l’harmonie de la forme et du fond : et si lettré que soit un lecteur russe, si parfaite que soit sa connaissance de la langue française, la forme de cette langue lui échappe toujours.

Léon Tolstoï
Qu’est-ce que l’art ?
Traduction par T. de Wyzewa.
 Perrin, 1918
pp. i-XII

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ALEXANDRE POUCHKINE POÈMES

LE CHAR DE LA VIE – POÈME D’ALEXANDRE POUCHKINE (1823) Телега жизни

*

ALEXANDRE POUCHKINE POÈME

*
1823

Alexandre Pouchkine
русский поэт- Poète Russe
русская литература
Littérature Russe

poemes-de-alexandre-pouchkine-artgitatopushkin-alexander

ALEXANDRE POUCHKINE  1823
pushkin poems
стихотворение  – Poésie
 Пушкин 

 

 

POUCHKINE – Пу́шкин
Алекса́ндр Серге́евич Пу́шкин
1799-1837

[создатель современного русского литературного языка]

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

 

LA POÉSIE DE POUCHKINE

СТИХИ АЛЕКСАНДРА СЕРГЕЕВИЧА ПУШКИНА
Пушкин 


Телега жизни
1823

****


LE CHAR DE LA VIE
****

 

Хоть тяжело подчас в ней бремя,
Bien que son fardeau soit lourd,
Телега на ходу легка;
La manœuvre reste toujours aisée ;
Ямщик лихой, седое время,
Le fringant cocher, temps au tempes grises,
Везет, не слезет с облучка.
Conduit, sans jamais décoller de son siège.

*

С утра садимся мы в телегу;
Le matin, nous sommes assis sur le siège ;
Мы рады голову сломать
Nous sommes heureux de nous y briser le cou
  И, презирая лень и негу,
Méprisant la paresse, dédaignant le bonheur,
Кричим: пошёл, ебёна мать!
Nous crions : « Fonçons ! »

*

Но в полдень нет уж той отваги;
Mais à midi, s’altère le courage ;
  Порастрясло нас; нам страшней
Nous avons un peu peur des secousses
И косогоры и овраги;
peur des collines, peur des ravins ;
  Кричим: полегче, дуралей!
Nous crions : « Attention, imbécile ! »

*

Катит по-прежнему телега;
Nous avons toujours autant de soubresauts ;
 Под вечер мы привыкли к ней
Mais le soir, nous y sommes habitués
 И, дремля, едем до ночлега —
Et, assoupis, nous rentrons dans la nuit –
А время гонит лошадей.
Et c’est le temps qui conduit les chevaux.

1823

*

 

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POUCHKINE
 1823 

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LES JUGEMENTS DE Tolstoï
SUR LES POEMES DE POUCHKINE

Ayons donc pleine confiance dans le jugement du comte Tolstoï sur les poèmes de Pouchkine, son compatriote ! Croyons-le, encore, quand il nous parle d’écrivains allemands, anglais, et scandinaves : il a les mêmes droits que nous à se tromper sur eux. Mais ne nous trompons pas avec lui sur des œuvres françaises dont le vrai sens, forcément, lui échappe, comme il échappera toujours à quiconque n’a pas, dès l’enfance, l’habitude de penser et de sentir en français ! Je ne connais rien de plus ridicule que l’admiration des jeunes esthètes anglais ou allemands pour tel poète français. Verlaine, par exemple, ou Villiers de l’Isle-Adam. Ces poètes ne peuvent être compris qu’en France, et ceux qui les admirent à l’étranger les admirent sans pouvoir les comprendre. Mais il ne résulte pas de là, comme le croit le comte Tolstoï, qu’ils soient absolument incompréhensibles. Ils ne le sont que pour lui, comme pour nous Lermontof et Pouchkine. Ce sont des artistes : la valeur artistique de leurs œuvres résulte de l’harmonie de la forme et du fond : et si lettré que soit un lecteur russe, si parfaite que soit sa connaissance de la langue française, la forme de cette langue lui échappe toujours.

Léon Tolstoï
Qu’est-ce que l’art ?
Traduction par T. de Wyzewa.
 Perrin, 1918
pp. i-XII

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ALEXANDRE POUCHKINE POÈMES

 

CHANT DE MORT – POUCHKINE POEMES- LES CHANSONS DES SLAVES DE L’OUEST – ПЕСНИ ЗАПАДНЫХ СЛАВЯН

POUCHKINE POEMES
1935

Alexandre Pouchkine
русский поэт- Poète Russe
русская литература
Littérature Russe

poemes-de-alexandre-pouchkine-artgitatopushkin-alexander

ALEXANDRE POUCHKINE 1835
pushkin poems
стихотворение  – Poésie
 Пушкин 

 

 

POUCHKINE – Пу́шкин
Алекса́ндр Серге́евич Пу́шкин
1799-1837

[создатель современного русского литературного языка]

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

 

LA POESIE DE POUCHKINE

СТИХИ АЛЕКСАНДРА СЕРГЕЕВИЧА ПУШКИНА
Пушкин 


1835
LES CHANSONS DES SLAVES DE L’OUEST
****
CHANT DE MORT
****

  ПЕСНИ ЗАПАДНЫХ СЛАВЯН
****
Похоронная песня Иакинфа Маглановича
*****

***

Похоронная песня Иакинфа Маглановича
Chant de mort d’Hyacinthe Maglanovitch

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Hyacinthe Maglanovitch
Joueur de Guzla – Instrument de musique d’Illyrie

La Guzla était utilisée pendant les funérailles
(Cf. texte de Mérimée)
Narrateur
présumé de La Guzla

Canular littéraire de Prosper Mérimée – 1827

*********

С Богом, в дальнюю дорогу!
Que Dieu t’accompagne dans ce voyage !
А Путь найдешь ты, слава Богу.
Et que tu trouves ta voie, par la grâce de Dieu.
Светит месяц; ночь ясна;
Va, la lune est claire et brillante,
Чарка выпита до дна.
Et tu as bu ta coupe jusqu’à la lie.

*

Пуля легче лихорадки;
La balle est plus franche que la fièvre ;
Волен умер ты, как жил.
Tu es libre dans la mort comme tu l’étais dans ta vie
Враг твой мчался без оглядки;
Ton ennemi s’est enfui lamentablement,
Но твой сын его убил.
Ton fils l’a abattu équitablement.

*

Вспоминай нас за могилой,
Rappelle-toi de nous dans ta tombe,
Коль сойдетесь как-нибудь;
Si tu rencontres dans l’au-delà
От меня отцу, брат милый,
Mon père ou mon frère
Поклониться не забудь!
N’oublie pas de les saluer pour moi !

*

 

 

*

Ты скажи ему, что рана
Dis-leur que ma plaie
У меня уж зажила;
Désormais s’est apaisée ;
Я здоров, — и сына Яна
Je suis en bonne santé – Et mon fils Jean
Мне хозяйка родила.
M’a été donné par ma femme.

*

Деду в честь он назвав Яном;
Il porte le même prénom que son grand-père ;
Умный мальчик у меня;
Qu’il est éveillé dans notre maison !
Уж владеет атаганом
Il possède déjà son yatagan
И стреляет из ружья.
Et sait tirer avec une arme.

*

Дочь моя живет в Лизгоре;
Ma fille,elle, vit à Lizgor
С мужем ей не скучно там.
Avec son mari et ne s’ennuie pas.
Тварк ушел давно уж в море;
Tvark a disparu en pleine mer ;
Жив иль нет, — узнаешь сам.
Vivant ou mort ? Je te le dirai.

 

*

 

*

С Богом, в дальнюю дорогу!
Que Dieu t’accompagne dans ce voyage !
А Путь найдешь ты, слава Богу.
Et que tu trouves ta voie, par la grâce de Dieu.
Светит месяц; ночь ясна;
Va, la lune est claire et brillante,
Чарка выпита до дна.
Et tu as bu ta coupe jusqu’à la lie.

 Библиотеке для чтения
1835 г. – кн. 15
Publié dans la Bibliothèque pour la lecture 
1835 – volume 15

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Вурдалак
LE MORT-VIVANT

ALEXANDRE POUCHKINE
1835  

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LES JUGEMENTS DE Tolstoï
SUR LES POEMES DE POUCHKINE

Ayons donc pleine confiance dans le jugement du comte Tolstoï sur les poèmes de Pouchkine, son compatriote ! Croyons-le, encore, quand il nous parle d’écrivains allemands, anglais, et scandinaves : il a les mêmes droits que nous à se tromper sur eux. Mais ne nous trompons pas avec lui sur des œuvres françaises dont le vrai sens, forcément, lui échappe, comme il échappera toujours à quiconque n’a pas, dès l’enfance, l’habitude de penser et de sentir en français ! Je ne connais rien de plus ridicule que l’admiration des jeunes esthètes anglais ou allemands pour tel poète français. Verlaine, par exemple, ou Villiers de l’Isle-Adam. Ces poètes ne peuvent être compris qu’en France, et ceux qui les admirent à l’étranger les admirent sans pouvoir les comprendre. Mais il ne résulte pas de là, comme le croit le comte Tolstoï, qu’ils soient absolument incompréhensibles. Ils ne le sont que pour lui, comme pour nous Lermontof et Pouchkine. Ce sont des artistes : la valeur artistique de leurs œuvres résulte de l’harmonie de la forme et du fond : et si lettré que soit un lecteur russe, si parfaite que soit sa connaissance de la langue française, la forme de cette langue lui échappe toujours.

Léon Tolstoï
Qu’est-ce que l’art ?
Traduction par T. de Wyzewa.
 Perrin, 1918
pp. i-XII

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POUCHKINE POEMES
А.С. Пушкин

PRESAGES Poème d’Alexandre POUCHKINE (1829) Приметы

*

ALEXANDRE POUCHKINE POEME

*
1829
 

Alexandre Pouchkine
русский поэт- Poète Russe
русская литература
Littérature Russe

poemes-de-alexandre-pouchkine-artgitatopushkin-alexander

ALEXANDRE POUCHKINE  1829
pushkin poems
стихотворение  – Poésie
 Пушкин 

 

 

POUCHKINE – Пу́шкин
Алекса́ндр Серге́евич Пу́шкин
1799-1837

[создатель современного русского литературного языка]

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

 

LA POESIE DE POUCHKINE

СТИХИ АЛЕКСАНДРА СЕРГЕЕВИЧА ПУШКИНА
Пушкин 


Приметы
1829

****


PRESAGES
****

 

Я ехал к вам: живые сны
Je suis allé à vous : des rêves vifs
 
За мной вились толпой игривой,
Espiègles, m’envahissaient,
И месяц с правой стороны
Et la lune sur ma droite
Сопровождал мой бег ретивый.
Accompagnait ma course débridée.

*

Я ехал прочь: иные сны…
Je suis allé loin : d’autres rêves …
Душе влюбленной грустно было,
Mon âme amoureuse s’affligeait,
И месяц с левой стороны
Et la lune sur la gauche
Сопровождал меня уныло.
Tristement m’accompagnait.

*

Мечтанью вечному в тиши
Silencieusement, dans des rêves éternels
  Так предаемся мы, поэты;
S’abandonnent les poètes ;
Так суеверные приметы
Aux superstitieux présages
 Согласны с чувствами души.
Ils accordent les sentiments de l’âme.

 

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POUCHKINE
 1829  

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LES JUGEMENTS DE Tolstoï
SUR LES POEMES DE POUCHKINE

Ayons donc pleine confiance dans le jugement du comte Tolstoï sur les poèmes de Pouchkine, son compatriote ! Croyons-le, encore, quand il nous parle d’écrivains allemands, anglais, et scandinaves : il a les mêmes droits que nous à se tromper sur eux. Mais ne nous trompons pas avec lui sur des œuvres françaises dont le vrai sens, forcément, lui échappe, comme il échappera toujours à quiconque n’a pas, dès l’enfance, l’habitude de penser et de sentir en français ! Je ne connais rien de plus ridicule que l’admiration des jeunes esthètes anglais ou allemands pour tel poète français. Verlaine, par exemple, ou Villiers de l’Isle-Adam. Ces poètes ne peuvent être compris qu’en France, et ceux qui les admirent à l’étranger les admirent sans pouvoir les comprendre. Mais il ne résulte pas de là, comme le croit le comte Tolstoï, qu’ils soient absolument incompréhensibles. Ils ne le sont que pour lui, comme pour nous Lermontof et Pouchkine. Ce sont des artistes : la valeur artistique de leurs œuvres résulte de l’harmonie de la forme et du fond : et si lettré que soit un lecteur russe, si parfaite que soit sa connaissance de la langue française, la forme de cette langue lui échappe toujours.

Léon Tolstoï
Qu’est-ce que l’art ?
Traduction par T. de Wyzewa.
 Perrin, 1918
pp. i-XII

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ALEXANDRE POUCHKINE POEME

 PRESAGES
1829
Пушкин 

LE DESIR DE GLOIRE (1825) ALEXANDRE POUCHKINE POEME – ЖЕЛАНИЕ СЛАВЫ

*

ALEXANDRE POUCHKINE POEME

*
1825
 

Alexandre Pouchkine
русский поэт- Poète Russe
русская литература
Littérature Russe

poemes-de-alexandre-pouchkine-artgitatopushkin-alexander

ALEXANDRE POUCHKINE  1825
pushkin poems
стихотворение  – Poésie
 Пушкин 

 

 

POUCHKINE – Пу́шкин
Алекса́ндр Серге́евич Пу́шкин
1799-1837

[создатель современного русского литературного языка]

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

 

LA POESIE DE POUCHKINE

СТИХИ АЛЕКСАНДРА СЕРГЕЕВИЧА ПУШКИНА
Пушкин 


ЖЕЛАНИЕ СЛАВЫ
1825

****


LE DESIR DE GLOIRE
****

 

Когда, любовию и негой упоенный,
Quand, enivré d’amour et de bonheur,
Безмолвно пред тобой коленопреклоненный,
À genoux devant toi, silencieux,
Я на тебя глядел и думал: ты моя, —
Je te regardais et pensais : tu es mienne –
Ты знаешь, милая, желал ли славы я;
Tu sais, mon aimée, comme à la gloire j’étais indifférent ;
Ты знаешь: удален от ветреного света,
Tu sais : loin des artifices je me trouvais,
Скучая суетным прозванием поэта,
La vanité habitait le nom même de poète,
Устав от долгих бурь, я вовсе не внимал
Fatigué de trop de tempêtes, je n’écoutais
 Жужжанью дальному упреков и похвал.
Ni les reproches ni les louanges.

 

 Могли ль меня молвы тревожить приговоры,
Devais-je m’alarmer de ces inquiétantes rumeurs
Когда, склонив ко мне томительные взоры
Quand, sur moi se posèrent tes yeux fatigués
 И руку на главу мне тихо наложив,
Et quand délicatement glissant ta main sur ma tête,
Шептала ты: скажи, ты любишь, ты счастлив?
Tu chuchotas : dis-moi que tu m’aimes, es-tu heureux ?
Другую, как меня, скажи, любить не будешь?
D’autres, comme moi, dis-moi, as-tu aimé ?
Ты никогда, мой друг, меня не позабудешь?
Toi, mon ami, m’oublieras-tu ?
А я стесненное молчание хранил,
Et j’ai gardé le silence, gêné,
Я наслаждением весь полон был, я мнил,
j’appréciais cette plénitude, je me figurais
Что нет грядущего, что грозный день разлуки
Qu’il n’y avait pas d’avenir, que ce jour de la terrible séparation
Не придет никогда… И что же? Слезы, муки,
Ne viendrait jamais … Eh quoi ? Les larmes, la douleur,
Измены, клевета, всё на главу мою
La trahison, la calomnie, que tout sur ma tête
  Обрушилося вдруг… Что я, где я? Стою,
S’abatte d’un coup … Qui suis-je ? où suis-je ? Debout,
Как путник, молнией постигнутый в пустыне,
Je voyage à travers la foudre dans le désert ,
И все передо мной затмилося! И ныне
Et devant moi tout s’éclipse ! et maintenant
Я новым для меня желанием томим:
Je suis à nouveau tourmenté par un désir :
Желаю славы я, чтоб именем моим
Je veux la gloire, que mon nom
Твой слух был поражен всечасно, чтоб ты мною
A ton oreille te caresse, je veux
Окружена была, чтоб громкою молвою
T’inonder, que cette forte rumeur
 Все, все вокруг тебя звучало обо мне,
Tout autour de toi t’assaille,
Чтоб, гласу верному внимая в тишине,
Alors tu écouteras ma voix fidèle
Ты помнила мои последние моленья
Qui te rappelleras mon dernier vœu
   В саду, во тьме ночной, в минуту разлученья.
Dans le jardin, dans l’obscurité de la nuit, au moment de notre séparation.

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POUCHKINE
 1825  

********

LES JUGEMENTS DE Tolstoï
SUR LES POEMES DE POUCHKINE

Ayons donc pleine confiance dans le jugement du comte Tolstoï sur les poèmes de Pouchkine, son compatriote ! Croyons-le, encore, quand il nous parle d’écrivains allemands, anglais, et scandinaves : il a les mêmes droits que nous à se tromper sur eux. Mais ne nous trompons pas avec lui sur des œuvres françaises dont le vrai sens, forcément, lui échappe, comme il échappera toujours à quiconque n’a pas, dès l’enfance, l’habitude de penser et de sentir en français ! Je ne connais rien de plus ridicule que l’admiration des jeunes esthètes anglais ou allemands pour tel poète français. Verlaine, par exemple, ou Villiers de l’Isle-Adam. Ces poètes ne peuvent être compris qu’en France, et ceux qui les admirent à l’étranger les admirent sans pouvoir les comprendre. Mais il ne résulte pas de là, comme le croit le comte Tolstoï, qu’ils soient absolument incompréhensibles. Ils ne le sont que pour lui, comme pour nous Lermontof et Pouchkine. Ce sont des artistes : la valeur artistique de leurs œuvres résulte de l’harmonie de la forme et du fond : et si lettré que soit un lecteur russe, si parfaite que soit sa connaissance de la langue française, la forme de cette langue lui échappe toujours.

Léon Tolstoï
Qu’est-ce que l’art ?
Traduction par T. de Wyzewa.
 Perrin, 1918
pp. i-XII

*****

ALEXANDRE POUCHKINE POEME

 LE DESIR DE GLOIRE
1825
Пушкин 

LE MORT-VIVANT- Вурдалак – POEME DE POUCHKINE (1935) А.С. Пушкин

*

Alexandre Pouchkine
русский поэт- Poète Russe
русская литература
Littérature Russe

poemes-de-alexandre-pouchkine-artgitatopushkin-alexander

ALEXANDRE POUCHKINE 1835
pushkin poems
стихотворение  – Poésie
 Пушкин 

 

 

POUCHKINE – Пу́шкин
Алекса́ндр Серге́евич Пу́шкин
1799-1837

[создатель современного русского литературного языка]

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

 

LA POESIE DE POUCHKINE

СТИХИ АЛЕКСАНДРА СЕРГЕЕВИЧА ПУШКИНА
Пушкин 


1835
LES CHANSONS DES SLAVES DE L’OUEST
****
LE MORT-VIVANT
****

  ПЕСНИ ЗАПАДНЫХ СЛАВЯН
****
Вурдалак
*****

***

 

Трусоват был Ваня бедный:
Vanya était un pauvre lâche:
Раз он позднею порой,
Une nuit, très tard,
Весь в поту, от страха бледный,
Transpirant, vert de peur,
Чрез кладбище шел домой.
Il rentra chez lui et coupa par le cimetière.

*

Бедный Ваня еле дышит,
Pauvre Vanya respirant à peine,
Спотыкаясь, чуть бредёт
Tomba sans prendre garde
По могилам; вдруг он слышит,
Dans une tombe ; Soudain, il entendit
-Кто то кость, ворча, грызет.
grogner et ronger des os.

*


*

Ваня стал; – шагнуть не может.
Vanya était tétanisé ; – ne pouvant plus faire un pas.
 « Боже! – думает бедняк, –
« Dieu – pensa le pauvre homme 
Это верно кости гложет
Celui qui tant dévore les os
Красногубый вурдалак.
Doit être un mort-vivant !

*

Горе! малый я не сильный;
Malheur, Petit ! Je ne suis pas assez fort ;
Cъест упырь меня совсем,
le mort-vivant me gobera tout cru,
 Если сам земли могильной
Si de la terre dans la tombe
Я с молитвою не съем. »
Je ne mange pas tout à ma dernière prière « .  

*

Что же? Вместо вурдалака –
Quoi ? Au lieu du mort-vivant-
(Вы представьте Вани злость!)
(Vous imaginez bien la colère de Vanya !)
В темноте пред ним собака
Dans l’obscurité, devant lui, un cabot
На могиле гложет кость.
Qui dans la tombe rogne son os.

*

 

 Библиотеке для чтения
1835 г. – кн. 15
Publié dans la Bibliothèque pour la lecture 
1835 – volume 15

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Вурдалак
LE MORT-VIVANT

ALEXANDRE POUCHKINE
1835  

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LES JUGEMENTS DE Tolstoï
SUR LES POEMES DE POUCHKINE

Ayons donc pleine confiance dans le jugement du comte Tolstoï sur les poèmes de Pouchkine, son compatriote ! Croyons-le, encore, quand il nous parle d’écrivains allemands, anglais, et scandinaves : il a les mêmes droits que nous à se tromper sur eux. Mais ne nous trompons pas avec lui sur des œuvres françaises dont le vrai sens, forcément, lui échappe, comme il échappera toujours à quiconque n’a pas, dès l’enfance, l’habitude de penser et de sentir en français ! Je ne connais rien de plus ridicule que l’admiration des jeunes esthètes anglais ou allemands pour tel poète français. Verlaine, par exemple, ou Villiers de l’Isle-Adam. Ces poètes ne peuvent être compris qu’en France, et ceux qui les admirent à l’étranger les admirent sans pouvoir les comprendre. Mais il ne résulte pas de là, comme le croit le comte Tolstoï, qu’ils soient absolument incompréhensibles. Ils ne le sont que pour lui, comme pour nous Lermontof et Pouchkine. Ce sont des artistes : la valeur artistique de leurs œuvres résulte de l’harmonie de la forme et du fond : et si lettré que soit un lecteur russe, si parfaite que soit sa connaissance de la langue française, la forme de cette langue lui échappe toujours.

Léon Tolstoï
Qu’est-ce que l’art ?
Traduction par T. de Wyzewa.
 Perrin, 1918
pp. i-XII

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А.С. Пушкин

ALEXANDRE POUCHKINE (1830) AU POETE – Поэту

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Alexandre Pouchkine
русский поэт- Poète Russe
русская литература
Littérature Russe

poemes-de-alexandre-pouchkine-artgitatopushkin-alexander

ALEXANDRE POUCHKINE 1830
pushkin poems
стихотворение  – Poésie
 Пушкин 

 

 

POUCHKINE – Пу́шкин
Алекса́ндр Серге́евич Пу́шкин
1799-1837

[создатель современного русского литературного языка]

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

 

LA POESIE DE POUCHKINE

СТИХИ АЛЕКСАНДРА СЕРГЕЕВИЧА ПУШКИНА
Пушкин 


1830
AU POETE

  1830
Поэту
*****

***

 

Поэт! не дорожи любовию народной.
Poète ! Détache-toi de l’amour d’autrui
Восторженных похвал пройдет минутный шум;
Les louanges ne sont qu’un bruit que la minute efface
Услышишь суд глупца и смех толпы холодной,
Tu entendras la moquerie et tu sentiras la foule glaciale
Но ты останься тверд, спокоен и угрюм.
Mais tu resteras fort, calme et pensif.

*

Ты царь: живи один. Дорогою свободной
Tu es roi. Ta voie est libre,
Иди, куда влечет тебя свободный ум,
Va où le désir libère ton esprit,
Усовершенствуя плоды любимых дум,
Goûte aux fruits qui poussent sur le malheur,
Не требуя наград за подвиг благородный.
Sans exiger jamais nulle récompense.

 

*

Они в самом тебе. Ты сам свой высший суд;
Tu es toi-même ta seule cour suprême ;
Всех строже оценить умеешь ты свой труд.
Evalue justement le fruit de ton travail.
Ты им доволен ли, взыскательный художник?
As-tu la satisfaction exigeante de l’artiste ?

*

Доволен? Так пускай толпа его бранит
Satisfait ? Laisse la cohue te balloter
И плюет на алтарь, где твой огонь горит,
Laisse cracher sur l’autel où le feu brûle,
И в детской резвости колеблет твой треножник.
Et, dans leur espiègleries d’enfant, laisse-les secouer ton trépied.

 июля 1830
Juillet 1830

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Поэту
AU POETE
ALEXANDRE POUCHKINE
1830  

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LES JUGEMENTS DE Tolstoï
SUR LES POEMES DE POUCHKINE

Ayons donc pleine confiance dans le jugement du comte Tolstoï sur les poèmes de Pouchkine, son compatriote ! Croyons-le, encore, quand il nous parle d’écrivains allemands, anglais, et scandinaves : il a les mêmes droits que nous à se tromper sur eux. Mais ne nous trompons pas avec lui sur des œuvres françaises dont le vrai sens, forcément, lui échappe, comme il échappera toujours à quiconque n’a pas, dès l’enfance, l’habitude de penser et de sentir en français ! Je ne connais rien de plus ridicule que l’admiration des jeunes esthètes anglais ou allemands pour tel poète français. Verlaine, par exemple, ou Villiers de l’Isle-Adam. Ces poètes ne peuvent être compris qu’en France, et ceux qui les admirent à l’étranger les admirent sans pouvoir les comprendre. Mais il ne résulte pas de là, comme le croit le comte Tolstoï, qu’ils soient absolument incompréhensibles. Ils ne le sont que pour lui, comme pour nous Lermontof et Pouchkine. Ce sont des artistes : la valeur artistique de leurs œuvres résulte de l’harmonie de la forme et du fond : et si lettré que soit un lecteur russe, si parfaite que soit sa connaissance de la langue française, la forme de cette langue lui échappe toujours.

Léon Tolstoï
Qu’est-ce que l’art ?
Traduction par T. de Wyzewa.
 Perrin, 1918
pp. i-XII

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