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The old railway station – Gare de Kuala Lumpur – Stesen keretapi Kuala Lumpur – 吉隆坡火车总站

Pelancongan di Malaysia
Voyage en Malaisie
PHOTO JACKY LAVAUZELLE

 




Gare de Kuala Lumpur

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Melawat Kuala Lumpur
吉隆坡
Куала-Лумпур

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Gare de Kuala Lumpur
Stesen keretapi Kuala Lumpur
吉隆坡火车总站
ستيسين كريتاڤي كوالا لومڤور

Commencée en 1886
Achevée en 1910

Gare de Kuala Lumpur Sentral la remplace en 2001 (Kuala Lumpur Sentral)

La vieille gare de KL ressemble de moins en moins au palais dont parlait l’Edition du Tour du Monde de 1968 : « La gare de Kuala Lumpur, qu’on prendrait aisément pour un palais mongol de cinéma  est dotée, à l’étage supérieur, d’un hôtel confortable et, au rez-de-chaussée, d’un restaurant. Les chemins de fer malais sont gérés avec sagesse. L’express du jour vous conduit en dix heures à Singapour ou à Penang. »

Aujourd’hui, l’agitation frénétique des voyageurs s’est transportée plus au sud vers la Sentral KL. Notre vieille gare reste un joyau improbable à proximité de la mosquée nationale – Masjid Negara – où peuvent se retrouver 15000 fidèles.

Le temps marque son emprise sur ses murs et ses colonnades et ressemble de plus en plus à un superbe navire abandonné dans la ville. Ce qui lui donne aussi tout son charme suranné.  

Aussi résonnent encore les vers de (Œuvres de Émile Verhaeren – Mercure de France, 1933 -IX. Toute la Flandre, II
Les Villes à pignons. Les Plaines) dans son poème La Gare.

***

« Du côté du canal, où ronflent et s’exilent
Les trois usines de la ville,
La gare,
Avec ses coups de trompe et de sifflet,
Avec ses signaux verts dans le soir violet,
Luit et s’effare... » (Emile Verhaeren – La Gare)












[Notre Canal est à Kuala Lumpur le Klang qui y coule à proximité – Les coups de sifflet se sont depuis longtemps éteints, mais des empreintes sonores agitent encore les lieux – J Lavauzelle]

« Elle existe, vivant de peu, très à l’écart ;
Où monte son pignon, montait l’ancien rempart.
Les dimanches, à l’heure où l’on sonne les messes,
Elle écoute de loin le lourd bourdon baller,
Et les cloches, une fois l’an, se quereller,
Toutes ensemble, à la Kermesse. »

Emile Verhaeren – La Gare

« …Mais, dès que le jour tombe, et que s’en vont rentrer
Ceux-ci d’Alost, ceux-là de Deynze et de Courtrai,
La gare,
Une dernière fois, tremble et s’effare,
Et se remplit de bruit ;
Puis, doucement s’enfonce et se clôt dans sa nuit ;
Et l’on n’entend plus rien dans la salle d’attente,
Où seul un bec de gaz reste allumé,
Que le grincement dur d’une plume irritante,
Près d’un guichet fermé. »
Emile Verhaeren – La Gare

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ARKHIP KOUÏNDJI ou LA SENTINELLE DES RÊVES poème de Jacky Lavauzelle

PEINTURE UKRAINIENNE

Arkhip Kouïndji
Куїнджі Архип Іванович
Архип Иванович Куинджи
1842-1910

arkhip-kouindji-poeme-jacky-lavauzelle-portrait-de-viktor-vasnetsov-1869-la-sentinelle-des-reves

LA PEINTURE D’ARKHIP KOUÏNDJI

LA SENTINELLE DES RÊVES
poème de Jacky Lavauzelle




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arkhip-kouindji-nuit-de-lune-1890-1895-elbrus
Эльбрус. Лунная ночь L’Elbrouz
(1890—1895)

La mort a fait son lit
Ce matin
Sans lumières
J’ai vu l’Elbrouz apparaître
disparaître
Le mont comme un baiser recevait la mort
Il est temps de partir
A la recherche des neiges
En quête de couleurs et de rien
Une ombre m’a suivi ce matin
Je ne lui demandais rien

Un matin
Dans la ville
Frappé dans un cœur vide
Au seuil de la ville
Je quittais à galop
Les bruits sourds de ces pâles couleurs
Qui partout nous frappent
Un matin
La valise à la main
Jeté dans le silence des routes
Tristement je vais

arkhip-kouindji-vue-sur-le-pont-de-la-moskova-moskvoretsky-1882
ARKHIP KOUÏNDJI
Vue sur le pont de la Moskova (Moskvoretsky) (1882)

Une voix inconnue et paisible vide les rêves
A la sortie de la ville
Le pont de la Moskova si fin
On entend et les vagues et les vies
Des deux rives de la ville
En attendant l’orage du monde
En attendant la lune n’est plus
Sans lutte dans le bas du ciel aux portes du cœur
Elle est partie

Moscou au loin brillait
Un nouveau désert dans le monde
Moscou résigné s’effaçait
A chaque seconde une éternité de plus

arkhip-kouindji-moscou-vue-depuis-les-monts-des-moineaux
Moscou vue depuis les monts des moineaux

Le ciel est devenu noir
jusqu’aux os
Le vert saisit son moment de grâce
Les muses en cercle s’affairent
L’enfer dans l’attente ne se voit plus
La lune a-t-elle été ?

arkhip-kouindji-apres-la-pluie-1879ARKHIP KOUÏNDJI  Після дощу – После дождя
Après la pluie
1879

Une corde se tend dans la chair du ciel
Des tonnes de cantiques
Et le mal se dénoue sur les lacs et les êtres
Les choses sont dans l’ordre
Et la maison et le ciel et les arbres
Le noir encore dévore
Un soleil s’étend et la clairière s’enchante
Au bord des morts
Qui s’aiment encore
Comme ces bleus sont trompeurs
Pourquoi la terre ne gronde-t-elle plus

arkhip-kouindji-nuit-de-lune-les-gorges-daryal-1890-1895
ARKHIP KOUÏNDJI  Дарьяльська ущелина. Місячна ніч
Дарьяльское ущелье. Лунная ночь
Nuit de pleine lune
(1890—1895)

Le blanc et le noir s’affrontent
ça se sent
Le vent balaye les premiers réveils et le premier bruit
ça s’entend
La visite des anges et le retour du jour
La planète semble avoir changé de mains
vraiment
La lune signe encore sa place éternelle
Sur le monde en béquilles
Qui prend l’eau
vainement







arkhip-kouindji-nuit-de-lune-sur-le-dniepr-1880
Лунная ночь на Днепре
Nuit de lune sur le Dniepr
(1880)

Le noir est au-dessus et en-dedans
Une vague rivière semble serpenter
Et la lune…
Elle souffle siffle ou se sauve
La noir ou la folie
Tout s’éteint
Une ombre encore se promène
Derrière la mort
Et la lune

arkhip-kouindji-une-soiree-en-ukraine-1878
Вечір на Україні
Вечер на Украине
Nuit en Ukraine
1878

S’aspergent les feux et les fleuves de feuilles
Pas une couleur ne s’étale et toutes glissent
Le point du temps se met à table et s’endort
La nature a vécu
En oubliant ses luttes

Plus de vœux de salut plus de vie en attente
Se délasse et se traîne un rêve
Puis un autre
Puis un autre
Encore

Le noir est superflu
Une chose simple
Indivisible
Le noir s’est pendu
Les couleurs ne peuvent plus partir

Derrière le soleil
Au loin
On l’a jeté à la mer
Avec le noir avec la nuit
Avec les faubourgs et les passants

Le noir n’est plus

arkhip-kouindji-automne-1890
«Осінь», до
Automne
1890

L’infini s’est montré pour se faire oublier
Et des pages et des clartés se sont perdues
Sans bruit
Un drame a marché
Ne l’entendez-vous bramer

Là le troupeau des hivers a bousculé la paix
Et du gris au noir c’est le noir qui dévore
Tout étouffe sans un bruit sans un seul
Et des peuples et des vies à jamais disparus

Le noir en force
Revient

arkhip-kouindji-clair-de-lune-dans-une-foret-en-hiver-1898-1908
Плями місячного сяйва у лісі. Зима
Пятна лунного света в лесу. Зима
 Clair de lune dans une forêt, en hiver

Du gris du blanc au blanc du bleu
Se donne et se jette du haut des falaises
Qui s’arrêtent dans la fuite
J’entends un cri qui monte du rivage
Dans le blanc qui s’efface
Le ciel n’est jamais si tendre
Les dieux se jouent de nous
Sur l’instant

arkhip-kouindji-reflets-de-soleil-sur-givre-1876-1890
ARKHIP KOUÏNDJI  Reflets de soleil sur givre (1876-1890) мороз

Dans le blanc qui revient
Un salut nous répond
Sur la pierre qui se casse
Une réponse se livre
Des pas dans la neige
Une femme une flamme
Un duvet sur le cœur des neiges
Un duvet sourd
Avide

Le bleu semble vaincre
Les vieillards sont couchés
Le jour a faim
Du haut de la falaise
Le jour dévore tout

arkhip-kouindji-falaise-1898-1908стрімчак – утес
 Falaise
1898-1908

Au-delà
Une route se dessine
Sans rien
Sans appel
Une ombre nous prend la main
Pour une visite lascive
Des rois sont passés par ici
Je crois

arkhip-kouindji-la-volga
La Volga [Musée national de l’Azerbaïdjan à Bakou]
Волга [Национальный музей искусств Азербайджана, Баку]

Une voie
Une autre encore
Au bout
Nous commande de marcher
Et nous marchons
Mon ombre
Et moi

arkhip-kouindji-le-dniepr-au-petit-matin-1881
Днепр утром (1881 г.)  Дніпро вранці 
Le Dniepr au petit matin

arkhip-kouindji-lac-ladoga-1873

La route s’achève
Affamés debout
Encore
Un sentiment rêvé
Est-ce la lueur au loin
Près du but
Au-dessus des taches de fleurs
Le point entre et ne veut plus sortir
J’ai perdu mon ombre
Je crois

arkhip-kouindji-foret-1887 ліс – Forêt – лес
1887

Le bleu
Plus menaçant encore
Un bateau nous attend
Qui répond à nos premiers désirs
C’est là que les âmes s’échangent
Venues du fond de la mer
La mer est dans le ciel
C’est là qu’elles se vengent aussi
Et la terre s’est oubliée
Le bleu nage
Dans des restes d’Enfer
Le bleu se noie
Nous ne le reverrons plus

arkhip-kouindji-la-cathedrale-saint-isaac-1869 Исаакиевский собор
Ісаакіївський собор
La Cathédrale Saint-Isaac
1869

La terre ne nous fait plus peur
Le regard se promène
Dans l’ordre des lumières
Les couleurs n’en peuvent plus
De tant toucher de ténèbres
Les odeurs sont de retour
Pleines de moisis et de pourritures passagères
La terre ne nous fait plus peur
Dans le vert éternel
Tout s’est arrêté
Tombe une écorce des peupliers en ligne
Tombe un cri Tombe un instant
Que personne ne peut entendre

arkhip-kouindji-la-foret-de-bouleau-1901 Les peupliers – Берёзовая роща -1901 – Березовий гай

arkhip-kouindji-les-bouleaux-1879

Des pierres comme des os
Nul ici n’échappe
Les rêves sont trop fins et nous pensons courir
Qu’importe le temps
Qu’importe l’océan
Qu’importe le désir
Les nuages sont trop grands
Des lames dans le ciel
Nous tailladerons en pièces
Des flammes et des orages
Se sont-ils perdus

 

 

  arkhip-kouindji-mer-1898-1908  arkhip-kouindji-nuit-1905-1908    arkhip-kouindji-paysage-de-crimee-1885-1890

Au loin
Qui y a-t-il
Au loin
Un point plus loin que l’horizon

   arkhip-kouindji-voilier-en-mer-1876-1890 парусник в море- Voilier en mer  – парусник в море
(1876-1890)

Il n’y a que l’horizon

arkhip-kouindji-steppe-1890-1895

Sans ombre

TRADUCTION BULGARE JACKY LAVAUZELLE – превод

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Traduction Bulgare Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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Traductions Artgitato Français Portugais Latin Tchèque Allemand Espagnol

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превод

 

 

 




TRADUCTION BULGARE

превод

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Dimcho Debelyanov
Димчо Дебелянов

Черна песен -Chanson Noire (1910)

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Ivan Vazov
Иван Вазов

Les Poèmes d’Ivan Vazov – Лес стихотворения д иван Вазов
Ivan Vazov Les poèmes d'Ivan Vazov Poésie d'Ivan Vazov

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Peyo Yavorov
Пейо Яворов

Арменци- Arméniens – (en Mémoire aux victimes du Génocide Arménien)

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Traduction Bulgare

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LE CANDIDE DE VOLTAIRE

CHAPITRE II

ce que devint candide parmi les bulgares.

Candide, chassé du paradis terrestre, marcha longtemps sans savoir où, pleurant, levant les yeux au ciel, les tournant souvent vers le plus beau des châteaux qui renfermait la plus belle des baronnettes ; il se coucha sans souper au milieu des champs entre deux sillons ; la neige tombait à gros flocons. Candide, tout transi, se traîna le lendemain vers la ville voisine, qui s’appelle Valdberghoff-trarbk-dikdorff, n’ayant point d’argent, mourant de faim et de lassitude. Il s’arrêta tristement à la porte d’un cabaret. Deux hommes habillés de bleu[1] le remarquèrent : « Camarade, dit l’un, voilà un jeune homme très-bien fait, et qui a la taille requise ; ils s’avancèrent vers Candide, et le prièrent à dîner très-civilement. — Messieurs, leur dit Candide avec une modestie charmante, vous me faites beaucoup d’honneur, mais je n’ai pas de quoi payer mon écot. — Ah ! monsieur, lui dit un des bleus, les personnes de votre figure et de votre mérite ne paient jamais rien : n’avez-vous pas cinq pieds cinq pouces de haut ? — Oui, messieurs, c’est ma taille, dit-il en faisant la révérence. — Ah ! monsieur, mettez-vous à table ; non-seulement nous vous défrayerons, mais nous ne souffrirons jamais qu’un homme comme vous manque d’argent ; les hommes ne sont faits que pour se secourir les uns les autres. — Vous avez raison, dit Candide ; c’est ce que M. Pangloss m’a toujours dit, et je vois bien que tout est au mieux. » On le prie d’accepter quelques écus, il les prend et veut faire son billet ; on n’en veut point, on se met à table. « N’aimez-vous pas tendrement ?… — Oh ! oui, répond-il, j’aime tendrement Mlle Cunégonde. — Non, dit l’un de ces messieurs, nous vous demandons si vous n’aimez pas tendrement le roi des Bulgares ? — Point du tout, dit-il, car je ne l’ai jamais vu. — Comment ! c’est le plus charmant des rois, et il faut boire à sa santé. — Oh ! très-volontiers, messieurs. » Et il boit. « C’en est assez, lui dit-on, vous voilà l’appui, le soutien, le défenseur, le héros des Bulgares ; votre fortune est faite, et votre gloire est assurée. On lui met sur-le-champ les fers aux pieds, et on le mène au régiment. On le fait tourner à droite, à gauche, hausser la baguette, remettre la baguette, coucher en joue, tirer, doubler le pas, et on lui donne trente coups de bâton ; le lendemain, il fait l’exercice un peu moins mal, et il ne reçoit que vingt coups ; le surlendemain, on ne lui en donne que dix, et il est regardé par ses camarades comme un prodige.

Candide, tout stupéfait, ne démêlait pas encore trop bien comment il était un héros. Il s’avisa un beau jour de printemps de s’aller promener, marchant tout droit devant lui, croyant que c’était un privilège de l’espèce humaine, comme de l’espèce animale, de se servir de ses jambes à son plaisir. Il n’eut pas fait deux lieues que voilà quatre autres héros de six pieds qui l’atteignent, qui le lient, qui le mènent dans un cachot. On lui demanda juridiquement ce qu’il aimait le mieux d’être fustigé trente-six fois par tout le régiment, ou de recevoir à la fois douze balles de plomb dans la cervelle. Il eut beau dire que les volontés sont libres, et qu’il ne voulait ni l’un ni l’autre, il fallut faire un choix : il se détermina, en vertu du don de Dieu qu’on nomme liberté, à passer trente-six fois par les baguettes ; il essuya deux promenades. Le régiment était composé de deux mille hommes ; cela lui composa quatre mille coups de baguette, qui, depuis la nuque du cou jusqu’au cul, lui découvrirent les muscles et les nerfs. Comme on allait procéder à la troisième course, Candide, n’en pouvant plus, demanda en grâce qu’on voulût bien avoir la bonté de lui casser la tête ; il obtint cette faveur ; on lui bande les yeux ; on le fait mettre à genoux. Le roi des Bulgares passe dans ce moment, s’informe du crime du patient ; et comme ce roi avait un grand génie, il comprit, par tout ce qu’il apprit de Candide, que c’était un jeune métaphysicien fort ignorant des choses de ce monde, et il lui accorda sa grâce avec une clémence qui sera louée dans tous les journaux et dans tous les siècles. Un brave chirurgien guérit Candide en trois semaines avec les émollients enseignés par Dioscoride. Il avait déjà un peu de peau, et pouvait marcher, quand le roi des Bulgares livra bataille au roi des Abares.

Voltaire
Candide, ou l’Optimisme
Garnier, 1877
Œuvres complètes de Voltaire
tome 21
pp. 139-141

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Traduction Bulgare

44 et Dernier Sonnet Portugais Elizabeth Browning Sonette aus dem Portugiesischen Rilke 44 Sonnets from the Portuguese

Sonnets from the Portuguese Elizabeth Browning
Sonette aus dem Portugiesischen Rilke
Dernier Sonnet Portugais
44

Rainer Maria Rilke
1875-1926
Rainer Maria Rilke Portrait de Paula Modersohn-Becker 1906

Elizabeth Barrett Browning
1806-1861

 

 

Elizabeth Barrett Browning

*

Sonnets from the Portuguese
1850

XLIV


Rainer Maria Rilke
Sonette aus dem Portugiesischen Rilke
1908
XLIV

Traduction Française
Jacky Lavauzelle
Sonnets Portugais
XLIV

Dernier Sonnet Portugais

*

Sonnets from the Portuguese Elizabeth Browning
sonette aus dem portugiesischen Rilke
Dernier Sonnet Portugais

Elizabeth-Barrett-Browning Sonnets from the Portuguese Elizabeth Barrett Browning Sonette aus dem Portugiesischen RILKE

XLIV
Quarante-Quatrième Sonnet

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Sonnets from the Portuguese Elizabeth Browning
sonette aus dem portugiesischen Rilke
Dernier Sonnet Portugais

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 Elizabeth Browning Sonette aus dem Portugiesischen Rilke 44 Sonnets from the Portuguese Vassily Kandinsky Amazona 1911


Vassily
Kandinsky – Amazone – 1911

 

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 Beloved, thou hast brought me many flowers
Du hast gewußt mir, mein Geliebter, immer
Bien-Aimé, tu m’as apporté beaucoup de fleurs
Plucked in the garden, all the summer through
zu allen Zeiten Blumen herzulegen;
Cueillies dans le jardin, tant en été 
And winter, and it seemed as if they grew
als brauchten sie nicht Sonne und nicht Regen,
Qu’en hiver, et il semblait qu’elles croissaient
In this close room, nor missed the sun and showers.
gediehen sie in meinem engen Zimmer.
Dans cette salle étroite, sans soleil ni pluies.

*

So, in the like name of that love of ours,
Nun laß mich dir unter dem gleichen Zeichen
Ainsi, au nom d’un amour comme le nôtre,
Take back these thoughts which here unfolded too,
die hier erwachsenen Gedanken reichen,
Reprends  ces pensées qui ont ici éclos,
And which on warm and cold days I withdrew
die ich in meines Herzens Jahreszeiten
Et que, les jours chauds comme les jours froids, je retirai
From my heart’s ground. Indeed, those beds and bowers
aufzog und pflückte. In den Beeten streiten
De la terre de mon cœur. En effet, ces lits et tonnelles  

*

Be overgrown with bitter weeds and rue,
Unkraut und Raute. Du hast viel zu jäten;
Sont envahis par les mauvaises herbes amères et sans valeurs,
And wait thy weeding; yet here’s eglantine,
doch hier ist Efeu, hier sind wilde Rosen.
Qui attendent que tu les arrachent ; encore voici l’églantine,
Here’s ivy!—take them, as I used to do
Nimm sie, wie ich die deinen nahm, als bäten
Voici le lierre ! — Prends-les, comme j’ai l’habitude de faire   

*




Thy flowers, and keep them where they shall not pine.
sie dich, in deine Augen sie zu schließen.
Avec tes fleurs, et garde-les où elles ne flétriront pas.
 Instruct thine eyes to keep their colours true,
Und sage deiner Seele, daß die losen
Que tes yeux conservent leurs vraies couleurs,
And tell thy soul, their roots are left in mine. 
in meiner Seele ihre Wurzeln ließen.
Et dis à ton âme que leurs racines sont dans la mienne. 

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Sonnets from the Portuguese Elizabeth Browning

sonette aus dem portugiesischen Rilke

Elizabeth Barrett Browning Robert Browning 1865 photogravure Julia Margaret Cameron

Robert Browning
photogravure de 1865
De Julia Margaret CameronAlbert Chevallier Tayler Elizabeth Barrett Browning 1909
Peinture d’Elizabeth Barrett Browning
Par Albert Chevalier Tayler
1909

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sonette aus dem portugiesischen Rilke
Dernier Sonnet Portugais

43 Sonnets from the Portuguese – 43ème sonnet Portugais Elizabeth Browning – Sonette aus dem Portugiesischen Rilke

Sonnets from the Portuguese Elizabeth Browning
Sonette aus dem Portugiesischen Rilke

Rainer Maria Rilke
1875-1926
Rainer Maria Rilke Portrait de Paula Modersohn-Becker 1906

Elizabeth Barrett Browning
1806-1861

 

 

Elizabeth Barrett Browning

*

Sonnets from the Portuguese
1850

XLIII


Rainer Maria Rilke
Sonette aus dem Portugiesischen Rilke
1908
XLIII

Traduction Française
Jacky Lavauzelle
Sonnets Portugais
XLIII

 

*

Sonnets from the Portuguese Elizabeth Browning
sonette aus dem portugiesischen Rilke

Elizabeth-Barrett-Browning Sonnets from the Portuguese Elizabeth Barrett Browning Sonette aus dem Portugiesischen RILKE

XLIII
Quarante-Troizième Sonnet

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Sonnets from the Portuguese Elizabeth Browning
sonette aus dem portugiesischen Rilke

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sonette aus dem portugiesischen Rilke Elizabeth Barrett Browning Artgitato Vassily Kandinsky 1910 the Cow La Vache

Vassily Kandinsky La Vache 1910

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How do I love thee? Let me count the ways.
Wie ich dich liebe? Laß mich zählen wie.
Comment puis-je t’aimer ? Permets-moi d’en compter les façons.
I love thee to the depth and breadth and height
Ich liebe dich so tief, so hoch, so weit,
Je t’aime en profondeur, en largeur et en hauteur
My soul can reach, when feeling out of sight
als meine Seele blindlings reicht, wenn sie
Mon âme aspire, quand elle est hors de la vue,
For the ends of Being and ideal Grace.
ihr Dasein abfühlt und die Ewigkeit.
Aux extrémités de l’Être et de la Grâce idéale.

*

I love thee to the level of everyday’s
Ich liebe dich bis zu dem stillsten Stand,
Je t’aime d’une affection quotidienne
Most quiet need, by sun and candle-light.
den jeder Tag erreicht im Lampenschein
Sereine, au soleil et à la chandelle.
I love thee freely, as men strive for Right;
oder in Sonne. Frei, im Recht, und rein
Je t’aime librement, comme on aspire à la Justice ;
 I love thee purely, as they turn from Praise.
wie jene, die vom Ruhm sich abgewandt.
Je t’aime purement, me détournant des Louanges.  

*

I love thee with a passion put to use
Mit aller Leidenschaft der Leidenszeit
Je t’aime avec la passion
In my old griefs, and with my childhood’s faith.
und mit der Kindheit Kraft, die fort war, seit
De mes chagrins anciens, et avec la foi de mon enfance.
I love thee with a love I seemed to lose
ich meine Heiligen nicht mehr geliebt.
Je t’aime d’un amour qui me semblait perdu    

*

With my lost saints, — I love thee with the breath,
Mit allem Lächeln, aller Tränennot
Avec mes saints perdus,  je t’aime avec le souffle,
Smiles, tears, of all my life! — and, if God choose,
und allem Atem. Und wenn Gott es giebt,
 Les sourires, les larmes de toute ma vie ! — Et, si Dieu le veut,
I shall but love thee better after death.
will ich dich besser lieben nach dem Tod.
Je t’aimerai mieux après la mort.  

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Sonnets from the Portuguese Elizabeth Browning

sonette aus dem portugiesischen Rilke

Elizabeth Barrett Browning Robert Browning 1865 photogravure Julia Margaret Cameron

Robert Browning
photogravure de 1865
De Julia Margaret CameronAlbert Chevallier Tayler Elizabeth Barrett Browning 1909
Peinture d’Elizabeth Barrett Browning
Par Albert Chevalier Tayler
1909

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sonette aus dem portugiesischen Rilke

La Poésie d’Almqvist – Poesi Almqvist – Carl Jonas Love Almqvist

Almqvist dikter
Dikter av Carl Jonas Love Almqvist

Traduction – Texte Bilingue
Carl Jonas Love Almqvist dikter
Almqvist poet
Poesi
Poésie


LITTERATURE SUEDOISE
POESIE SUEDOISE

Svensk litteratur
svensk poesi –

Traduction Jacky Lavauzelle

Carl Jonas Love Almqvist
1793- 1866

översättning – Traduction
Poesi Poésie de Carl Jonas Love Almqvist Dikter Artgitato1835 Carl Peter Mazer 2
1835
Carl Peter Mazer
(1807–1884)

 

La Poésie d’Almqvist
Poetry of Almqvist


Poesi Almqvist
Carl Jonas Love Almqvist

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Den lyssnande Maria
L’écoute de Marie

Herre Gud vad det är vackert
Seigneur Dieu qu’il est beau
att höra toner av en salig ängels mun
d’entendre les tonalités de la bouche d’un ange glorieux

Den lyssnande Maria L'Ecoute de Marie Carl Jonas Love Almqvist Artgitato Raphael La Madone du Grand-Duc

*

Hjärtats blomma
Fleur de Cœur

[Ur Songes, smådikter, tonsatta av författaren]
[De Songes, petits poèmes mis en musique par l’auteur]

En blomma står i hjärtats hem,
Une fleur se trouve dans le cœur,
  hon har ingen färg ännu;
elle n’a pas encore de couleur ;

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

*

Marias häpnad
L’étonnement de Marie

Lammen så vita på ängen beta;
Les agneaux sont si blancs dans la prairie ;
 men barnet Jesus ut med dem går.
mais l’enfant Jésus s’amuse avec eux.

Marias häpnad Carl Jonas Love Almqvist L'étonnement de Marie Artgitato La Vierge au Chardonneret Raphaël

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Il vaut mieux voler avec une aile blessée

« Dans ses études sur les Vérités fondamentales du Christianisme, j’ai cru distinguer l’âme inquiète et tourmentée d’un poète lyrique. Il comparait le croyant au nageur dont le corps plonge dans l’élément terrestre, mais dont la tête, au-dessus des eaux, respire déjà l’atmosphère de l’éternité. Et il disait encore aux âmes meurtries : « Il vaut mieux voler avec une aile blessée. » Nobles images : elles me rappellent le passage où Almqvist soutient que l’esprit des Suédois participe de la nature des poissons qui remontent leurs torrens et des oiseaux sauvages ! Mais les Vikner ne font que raffermir ou consoler des cœurs solitaires. Leur parole meurt tout près du rivage. »

Voyage en Suède
André Bellessort
La Revue des Deux Mondes
tome 58  – 1910

Черна песен – Димчо Дебелянов – Poème Bulgare de Dimcho Debelyanov – Chanson Noire (1910)

България – Български
Dimcho Debelyanov
Черна песен – Димчо Дебелянов

Traduction – Texte Bilingue
Превод – показване на два текста


LITTERATURE BULGARE
POESIE BULGARE

българската поезия
българска литература

Димчо Дебелянов
Dimcho Debelyanov
1887 – 1916

Черна песен
Chanson Noire
1910

Аз умирам и светло се раждам –
Je meurs et renais à la lumière
разнолика, нестройна душа, 
éclatée, mon âme est en vrac,
през деня неуморно изграждам,
la journée sans relâche je construis,
през нощта без пощада руша.
la nuit sans pitié je détruis.

*

Призова ли дни светло-смирени, 
Je désire une journée simple,
гръмват бури над тъмно море,
le
s orages couvrent la mer assombrie,
а подиря ли буря – край мене 
Je cherche une tempête à moi
всеки вопъл и ропот замре.
des cris et le murmure des morts.

*

За зора огнеструйна копнея, 
je désire des aubes ardentes
а слепи ме с лъчите си тя, 
mais leurs lumières m’aveuglent,
в пролетта като в есен аз крея, 
au printemps et à l’automne, je languis,
в есента като в пролет цъфтя.
à l’automne et au printemps, j’espère.

*

На безстрастното време в неспира
Sur impassible fuite incessante du temps
гасне мълком живот неживян 
ma vie non vécue s’estompe en silence
и плачът ми за пристан умира,
et mon cri meurt sur le quai
низ велика пустиня развян. 
et dans un grand désert plonge.

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Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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Dimcho Debelyanov
Димчо Дебелянов

Излиза за пръв път в сп. « Съвременник »,
г. II, кн. 6 от 15.V.1910 г.

Première parution dans le magazine « Contemporain »
sur II, Vol. 6, le 15 mai 1910