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34 POEMES D’EMILY DICKINSON DE 1852 A 1886 – Emily Dickinson’s poems

LITTERATURE AMERICAINE

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EMILY DICKINSON
December 10, 1830 – May 15, 1886
10 décembre 1830 – 15 mai 1886
Amherst, Massachusetts

Traduction – Translation

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

French and English text
texte bilingue français-anglais

 


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LES POEMES D’EMILY DICKINSON

Emily Dickinson’s poems

 

 




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1853
ON THIS WONDROUS SEA

On this wondrous sea
Sur cette merveilleuse mer
Sailing silently,
Navigant silencieusement,




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1858
WHEN ROSES CEASE TO BLOOM

When Roses cease to bloom, dear, 
Quand les Roses finiront de fleurir, mon cher,
And Violets are done, 
Et les V
iolettes seront flétries,

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1859
WHOSE CHEEK IS THIS ?

Whose cheek is this ?
A qui est cette joue ?
What rosy face
Quel rose visage

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1860
A LITTLE EAST TO JORDAN

A little East of Jordan,
Un peu à l’est du Jourdain,
Evangelists record,
Les Evangélistes enregistrent,




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1861
POOR LITTLE HEART !

Poor little heart!
Pauvre petit cœur !
Did they forget thee?
T’ont-ils oublié ?

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1861
I’VE KNOW A HEAVEN LIKE A TENT

I’ve known a Heaven, like a Tent – 
J’ai connu un Ciel, comme une Tente –
To wrap its shining Yards – 
 A emballer son éclatante Cour-




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1862
OF BRONZE AND BLAZE

Of Bronze – and Blaze 
De Bronze – et de Feu
The North -tonight! 
Le Nord -ce soir !

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1863
I GAINED IT SO

I gained it so –
Je l’ai gagnée ainsi,
By Climbing slow –
En Escaladant lentement,

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1864
THE SPRY ARMS OF THE WIND

The spry Arms of the Wind
Les vaillants Bras du Vent
If I could crawl between
Si je pouvais ramper entre

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1865
WHAT TWINGS WE HELB BY
LA RIVIERE RAPIDE DE LA VIE

 What Twigs We held by-
Quels Rameaux nous agrippaient ?
Oh the View
Oh cette Vue

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1866
AFTER THE SUN COMES OUT
LA TRANSFORMATION DU MONDE

After the Sun comes out
Une fois le soleil sorti
How it alters the World —
Comme cela transforme le Monde

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1867
THE MURMURING OF BEES
LE MURMURE DES ABEILLES

The murmuring of Bees, has ceased
Le murmure des Abeilles a cessé
But murmuring of some
Mais d’autres s’entendent

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1868
AFTER A HUNDRED YEARS
UN SIECLE APRES

After a hundred years
Un siècle après
Nobody knows the Place
Personne ne connaît le Lieu

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1869
THE DUTIES OF THE WIND ARE FEW
LES DEVOIRS ET LES PLAISIRS DU VENT

The duties of the Wind are few,
Les devoirs du Vent sont peu nombreux :
To cast the ships, at Sea,
Fracasser les navires, en Mer,

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1870
A NOT ADMITTING OF THE WOUND
LA BLESSURE

A not admitting of the wound
Ne pas reconnaître la plaie
Until it grew so wide
Jusqu’à ce qu’elle soit si large

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1870
THAT THIS SHOULD FEEL THE NEAD OF DEATH
LE BESOIN DE LA MORT

That this should feel the need of Death
Que celui qui ressent le besoin de la Mort
 
The same as those that lived
Le même que celui qui vécu

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1871
THE DAYS THAT WE CAN SPARE

The Days that we can spare
Les Jours que nous avons en trop
Are those a Function die
Ensevelissent une Fonction qui meurt

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1872
UNTIL THE DESERT KNOWS
AU GALOP DANS NOS RÊVES

Until the Desert knows
Jusqu’à ce que le Désert sache
That Water grows
Que l’Eau jaillit

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1873
HAD WE OUR SENSES
LA RAISON & LA FOLIE

Had we our senses
Avons-nous notre raison ?
 
But perhaps ’tis well they’re not at Home
Mais peut-être vaut-il mieux que non

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1874
WONDER IS NOT PRECISLY KNOWING
LE PLAISIR DEVENU DOULEUR

Wonder — is not precisely Knowing
 L’Etonnement- n’est pas précisément la Connaissance
 
And not precisely Knowing not
 Ni précisément l’Ignorance –

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1875
THAT SHORT POTENTIAL STIR
L’ECLAT DE LA MORT

That short — potential stir
Ce court – et potentiel émoi
 
That each can make but once
Que chacun peut faire juste une seule fois –

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1876
LONG YEARS APART
L’ABSENCE DE LA SORCIERE

Long Years apart — can make no
Les longues Années d’éloignement- ne peuvent engendrer de
Breach a second cannot fill —
Brèche qu’une seule seconde ne puisse colmater –

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1877
IT WAS A QUIET SEEMING DAY
LE COQUELICOT DANS LE NUAGE

It was a quiet seeming Day —
C’était un Jour en apparence calme –
There was no harm in earth or sky —
Il n’y avait aucun mal ni sur terre ni dans le ciel –

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1878
TO MEND EACH TATTERED FAITH
REPARER LA FOI EN LAMBEAUX

To mend each tattered Faith
Pour réparer chaque Foi en lambeaux
There is a needle fair
Il y a une fine aiguille,

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1879
WE TALKED WITH EACH OTHER
LES SABOTS DE L’HORLOGE

We talked with each other about each other
Nous nous sommes parlés, les uns les autres
Though neither of us spoke —
  Même si aucun de nous n’a parlé –

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1880
GLASS WAS THE STREET
LA RUE DE VERRE

Glass was the Street – in Tinsel Peril
De verre était la rue – dans un Aventureux Crissement
 
Tree and Traveller stood.
Arbre et Voyageur debout se tenaient.

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1881
THE THINGS THAT NEVER CAN COME BACK
LES CHOSES QUI JAMAIS NE REVIENNENT

The Things that never can come back, are several —
Les Choses qui jamais ne reviennent sont multiples –
Childhood — some forms of Hope — the Dead —
L’Enfance – certaines formes d’Espoir – les Morts –

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1882
HE ATE AND DRANK THE PRECIOUS WORDS
LES MOTS PRECIEUX

He ate and drank the precious Words —
Il a mangé et il a bu les Mots précieux –
His Spirit grew robust —
Son Esprit s’est développé –

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1883
No ladder needs the bird but skies
DONNER DES AILES AUX CHERUBINS

No ladder needs the bird but skies
 L’oiseau n’a pas besoin d’échelle mais des cieux
To situate its wings,
Pour placer ses ailes,

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1884
Upon his Saddle sprung a Bird
LA NOTE DE L’OISEAU

Upon his Saddle sprung a Bird
Sur sa selle a bondi l’Oiseau
And crossed a thousand Trees
  S’en est allé traverser un milliers d’Arbres

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1885
Take all away from me, but leave me Ecstasy,
LAISSEZ-MOI L’EXTASE

Take all away from me, but leave me Ecstasy,
Retirez-moi tout, mais laissez-moi l’Extase,
 And I am richer then than all my Fellow Men —
Et plus riche que tous mes Semblables  je deviendrai –

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LES ULTIMES POEMES

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1886
THE IMMORTALITY SHE GAVE
LA FORCE DE L’AMOUR HUMAIN

The immortality she gave
L’immortalité qu’elle a donnée
We borrowed at her Grave —
Nous l’avons emprunté à son Tombeau-

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1886
OF GLORY NOT A BEAM IS LEFT
POUR LES ÉTOILES

Of Glory not a Beam is left
De la Gloire, ne reste pas un seul Faisceau
But her Eternal House —
Mais reste sa Maison Éternelle –

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EMILY DICKINSON

THOMAS MOORE A Canadian Boat Song 1805 Chanson du Voyageur Canadien

*THOMAS MOORE




Traduction – Texte Bilingue

Traduction Jacky Lavauzelle








Thomas Moore
1779-1852

 

 





Poem by Thomas Moore


Poème de Thomas Moore

Chanson du voyageur canadien

1805

A Canadian Boat Song

 

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Faintly as tolls the evening chime,
Solennellement le carillon en éclairant le soir,
Our voices keep tune, and our oars keep time;
Harmonise nos voix dans le cadencement de nos rames ;
Soon as the woods on shore look dim,
Dès que le sombre recouvre le bois,
We’ll sing at St. Ann’s our parting hymn.
À Sainte-Anne s’entonne l’hymne du départ.
Row, brother, row, the stream runs fast,
Ramons, mes frères, ramons, le courant court si vite,
The rapids are near, and the daylight’s past.
Les rapides se rapprochent et la lumière s’éloigne.

*








*

Why should we yet our sails unfurl?
Pourquoi déployer nos voiles ?
There’s not a breath the blue wave to curl;
Aucun souffle ne frôle l’onde bleue ;
But when the wind blows off the shore,
Mais quand le vent sur la rive s’abattra,
Oh, sweetly we’ll rest our weary oar.
Oh, doucement, nous dormirons épuisés sur notre aviron.
Row, brother, row, the stream runs fast,
 Ramons, mes frères, ramons, le courant court si vite,
The rapids are near, and the daylight’s past.
Les rapides se rapprochent et la lumière s’éloigne.

*








*

Untawa’s tide, this trembling moon,
Fier Ottawa, grâce à cette pâle lueur tremblante
Shall see us flow o’er thy surges soon;
Nous glisserons plus vite ;
Saint of this green isle! hear our prayers,
Patronne de cette île verte ! Entends nos prières,
Grant us cool heavens And fav’ring airs.
Accorde-nous le ciel frais et des vents favorables.
Row, brother, row, the stream runs fast,
 Ramons, mes frères, ramons, le courant court si vite,
The rapids are near, and the daylight’s past.
Les rapides se rapprochent et la lumière s’éloigne.

 

*

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Thomas Moore

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Thomas Moore
La Revue des Deux Mondes
1843

Si la force ou la grâce prédomine chez Moore, c’est là une question que l’on n’a guère pris la peine d’examiner, ébloui qu’on était par l’éclat d’un autre génie dont l’énergie formait le caractère distinctif. Byron a exercé une action sociale trop vaste et trop féconde pour que de son temps on ait pu le juger sainement comme artiste ou comme penseur ; maintenant que cette première effervescence s’est calmée, il serait peut-être possible de démontrer que d’autres poètes, ses contemporains, privés d’une popularité aussi exagérée par le but moins sympathique aux passions humaines qu’ils avaient poursuivi savaient déployer, pour atteindre à ce but, des moyens aussi vrais et aussi grands que le poète qui dans sa gloire a pu se croire sans rival.

On découvre chez Moore deux individus, deux talents différents, d’où naissent deux réputations également distinctes, et dont l’une absorbe l’autre. Il est arrivé à Moore ce qui arrive à bon nombre des écrivains qui obtiennent un grand succès de vogue ; il est devenu principalement célèbre par ses qualités secondaires. Né à Dublin, en 1780, il fit paraître sa traduction d’Anacréon en 1800, avant d’avoir atteint l’âge de vingt ans, et publia l’année suivante les Poèmes de Little. Dès ce moment, le siècle assigna une place définitive au poète ; il devint tout de suite le lion à la mode ; on chanta ses chansons et on les lui fit chanter ; on le fêta, on le choya, on le combla d’attentions, mais le comprit-on bien ? Tout en appréciant ce que renfermait de charmant, de gracieux, de raffiné, ce remarquable talent, on ne reconnut pas assez ce qu’il contenait de fort et de viril ; dans ses productions, qui se distinguent avant tout par leur énergie, on se plaisait à admirer le sujet, le story, comme disent les Anglais, les brillantes images, la perfection du vers, et Anacréon Moore fut le nom dont ses contemporains persistèrent à décorer l’auteur de Lalla Rookh.

Pour bien apprécier le talent de Moore, il est nécessaire de diviser ses ouvrages en deux classes, de placer d’un côté les œuvres sérieuses, les chants inspirés qui lui assurent une célébrité durable, de l’autre les mille petites créations élégantes et spirituelles qui lui valurent les applaudissements et les caresses de son temps Parmi les premières, il faut nommer Lalla Rookh, les Mélodies irlandaises, certaines odes et épîtres, et les Rimes sur la route. Aux secondes appartiennent les Poèmes de Little, les innombrables épigrammes et ballades, les chansons érotiques, les chansons de table, les Fables de la Sainte-Alliance, et les autres satires, tableaux parfaits de mœurs contemporaines. Comme les odes d’Anacréon, à titre de traductions, n’entrent point dans les inspirations originales de Moore, elles ne doivent être considérées que du point de vue de l’exécution pure, et, quant au poème célèbre des Amours des Anges, on éprouve un très grand embarras à lui trouver une place. Trop frivole pour être classé parmi les œuvres sérieuses, et trop sérieux pour se ranger parmi les poésies légères, ce poème est d’une nature aussi intermédiaire que son sujet, et, comme les anges, semble destiné flotter incessamment entre les deux sphères.




Le patriotisme de Moore est un fait individuel, isolé ; loin de se présenter comme la conséquence nécessaire de ses idées philosophiques ou politiques, il s’en écarte et ressemble bien plutôt l’amour que ressentent certains hommes pour une seule femme, tandis que le sexe en général ne leur inspire que de l’aversion. Moore aime l’Irlande comme une maîtresse ; tout ce qu’elle demande et tout ce qu’elle veut, il le veut et le demande. Il ne voit qu’elle au monde, et ce n’est pas lui qu’on accuserait jamais de sacrifier au sentiment cosmopolite, ou de perdre un seul instant de vue les intérêts de son propre pays, pour se plonger dans des rêveries plus ou moins stériles sur les besoins et les destinées de l’humanité. Lui-même l’a dit, le seul reproche que pourront lui adresser les ennemis de l’Irlande sera d’avoir, comme Othello, — « aimé non point sagement, mais trop bien. On se persuade trop facilement, en lisant certaines poésies de Moore, que l’homme qui les a écrites appartient au parti ultra-radical, erreur qui a causé plus d’un mécompte parmi certains esprits exaltés. Il y a chez le barde d’Erin une élégance innée, a native elegance, comme disent nos voisins d’outre-Manche, qui s’oppose instinctivement aux mœurs républicaines, et c’est encore un trait distinctif du caractère irlandais, qui, au milieu des complots, des émeutes et de tous les plus funestes excès d’une guerre civile continuelle, trouve moyen de conserver toujours ses allures chevaleresques, cette insouciance de grand seigneur qui ont fait si souvent comparer l’Irlande et la France. Tant et si bien existent chez Moore ces goûts aristocratiques, cet éloignement pour les aspérités et les incorrections si je puis employer le mot, d’une société primitive, que lorsqu’en 1803 les whigs lui donnèrent la place de régistrateur de l’amirauté aux Bermudes, le séjour qu’il fit aux États-Unis, avant de se rendre à son poste, ne lui laissa que des souvenirs pleins d’amertume et de dégoût. L’aspect de ce peuple enfant, de cette nationalité ébauchée, ne le frappa par aucun de ses côtés vraiment grands ; il en saisit toutes les imperfections et les vices, comme plus tard mistriss Trollope en a saisi les incohérences et les ridicules : « J’allai en Amérique, dit Moore dans la préface des Odes et Epîtres, publiées en 1806, sans aucune prévention défavorable ; au contraire, je me livrais à certaines illusions touchant la pureté du gouvernement et le bonheur primitif du peuple… Mon attente fut entièrement trompée, et j’avais envie de dire à l’Amérique comme Horace à sa maîtresse : Intentata nites. » On devine à ce début le ton que prendra Moore plus tard vis-à-vis de cette race factieuse, pauvre d’esprit et prodigue de paroles, née pour être esclave et ambitieuse du pouvoir. » Oubliant sans doute que l’Amérique était la sœur légitime de l’Irlande, qu’elle s’était courbée sous le même joug et qu’elle l’avait secoué, qu’elle avait souffert les mêmes injustices et qu’elle venait de les venger ; oubliant enfin que, si le peuple irlandais avait su en profiter, la capitulation de York-Town ouvrait à la malheureuse Erin le chemin de la liberté, Moore, dans la VIIIe épître adressée à M. Spencer, s’exprime de la manière suivante sur la patrie de Washington : « Tout ce que la création éternellement variée contient de grand ou d’aimable fleurit et se développe ici ; les montagnes s’élèvent avec fierté, les jardins s’épanouissent dans leur éclatante richesse ; de beaux lacs s’étendent, de grands fleuves roulent leurs ondes victorieuses. L’âme (the mind), l’âme seule, sans laquelle le monde n’est qu’un désert, l’homme que de la boue ; l’âme, l’âme seule, enfouie dans un repos stérile, ne fleurit ni ne s’élève, ne s’épand ni ne brille ! Prenez-les tous, chrétiens, mohawks et démocrates, depuis le wigwam jusqu’à la chambre du congrès, depuis l’homme sauvage (esclave ou libre) jusqu’à l’homme civilisé, moins apprivoisé que lui, ce n’est partout que même chaos ténébreux, que même lutte inféconde entre la vie à moitié civilisée et moitié barbare, où tous les maux de l’ancien monde se mêlent à toutes les grossièretés du monde nouveau, tout pervertit, bien que peu de choses séduisent, et où du luxe rien n’est connu que le vice. »

POETES ET ROMANCIERS MODERNES
DE LA GRANDE-BRETAGNE
Signé R. S.
Revue des Deux Mondes
Tome 2
1843

Bizkaia Delegation Palace – Palais du Conseil général – El palacio de la Diputación Provincial de Bilbao

Euskal Herria
Pays Basque
EUSKADI

BILBAO
毕尔巴鄂
ビルバオ
билбао
——

Visite de BILBAO
Visita a Bilbao
Визит в Бильбао
参观毕尔巴鄂
ビルバオをご覧ください

Photos Jacky Lavauzelle
*

Bizkaia Delegation Palace
El palacio de la Diputación Provincial de Bilbao
Le Palais du Conseil général
Palacio de la Diputación Foral de Vizcaya

*

Bizkaia Delegation Palace

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*

bizkaia-delegation-palace-bilbao-espagne-artgitato-2

*

bizkaia-delegation-palace-bilbao-espagne-artgitato-1

*

Construit entre 1890 et 1900
Avenue Gran Vía de Don Diego López de Haro

*
Architecte Luis Aladren
Arquitecto
Nacido en Zaragoza en 1852 y fallecido en 1902
1852-1902

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Bizkaia Delegation Palace

OPHÉLIE ARTHUR RIMBAUD

Ophélie Arthur Rimbaud John Everett Millais Ophelia La Mort d'Ophélie 1852John Everett Millais –  Ophelia  (La Mort d’Ophélie) 1852

*

OPHÉLIE ARTHUR RIMBAUD
POESIE FRANCAISE

Arthur Rimbaud poésies artgitato

ARTHUR RIMBAUD
1854-1891

Arthur Rimbaud Poésies Oeuvre Poèmes Poésie Artgitato

 

*

Œuvres d’Arthur RIMBAUD
 


OPHÉLIE Arthur Rimbaud
Poésies

*

I

Sur l’onde calme et noire où dorment les étoiles,
La blanche Ophélia flotte comme un grand lys,
Flotte très lentement, couchée en ses longs voiles…
— On entend dans les bois lointains des hallalis…

Voici plus de mille ans que la triste Ophélie
Passe, fantôme blanc, sur le long fleuve noir ;
Voici plus de mille ans que sa douce folie
Murmure sa romance à la brise du soir.

Le vent baise ses seins et déploie en corolle
Ses longs voiles bercés mollement par les eaux ;
Les saules frissonnants pleurent sur son épaule,
Sur son grand front rêveur s’inclinent les roseaux.

Les nénuphars froissés soupirent autour d’elle ;
Elle éveille parfois, dans un aune qui dort,
Quelque nid, d’où s’échappe un petit frisson d’aile.
— Un chant mystérieux tombe des astres d’or.

II

Ô pâle Ophélia ! belle comme la neige !
Oui, tu mourus, enfant, par un fleuve emporté !
— C’est que les vents tombant des grands monts de Norwège
T’avaient parlé tout bas de l’âpre liberté !

C’est qu’un souffle inconnu, fouettant ta chevelure,
À ton esprit rêveur portait d’étranges bruits ;
Que ton cœur écoutait la voix de la Nature
Dans les plaintes de l’arbre et les soupirs des nuits !

C’est que la voix des mers, comme un immense râle,
Brisait ton sein d’enfant, trop humain et trop doux ;
C’est qu’un matin d’avril, un beau cavalier pâle,
Un pauvre fou s’assit, muet, à tes genoux !

Ciel ! Amour ! Liberté ! Quel rêve, ô pauvre Folle !
Tu te fondais à lui comme une neige au feu.
Tes grandes visions étranglaient ta parole :
— Un Infini terrible effara ton œil bleu !

III

— Et le Poète dit qu’aux rayons des étoiles
Tu viens chercher, la nuit, les fleurs que tu cueillis ;
Et qu’il a vu sur l’eau, couchée en ses longs voiles,
La blanche Ophélia flotter, comme un grand lys.

*

OPHÉLIE Arthur Rimbaud

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Arthur Rimbaud Poésies
Arthur Rimbaud Poésies

Palacio de Velázquez – PALAIS DE VELASQUEZ – MADRID -Дворец Веласкеса – 宫贝拉斯克斯 –

Madrid – Мадрид – 马德里
——

Madrid Blason Artgitato  Madrid L'Ours & L'arbousier Artgitato La estatua del oso y del madroño

Photos Jacky Lavauzelle
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Madrid Drapeau Artgitato


PARQUE DE EL RETIRO
Palacio de Velázquez
Velázquez Palace
Palais Vélasquez
宫贝拉斯克斯

Дворец Веласкеса

 

Construit de 1881 à 1883
Exposición Nacional de Minería
architecte

Ricardo_Velázquez_Bosco
Ingénieur Alberto Palacio
Alberto de Palacio y Elissague
(1856-1939)

ceramiste Daniel Zuloaga
Daniel Zuloaga y Boneta
1852 –1921

Palacio de Velázquez Velasquez Palace Palais de Vélasquez Madrid Artgitato 0 Palacio de Velázquez Velasquez Palace Palais de Vélasquez Madrid Artgitato 1 Palacio de Velázquez Velasquez Palace Palais de Vélasquez Madrid Artgitato 2 Palacio de Velázquez Velasquez Palace Palais de Vélasquez Madrid Artgitato 3 Palacio de Velázquez Velasquez Palace Palais de Vélasquez Madrid Artgitato 4 Palacio de Velázquez Velasquez Palace Palais de Vélasquez Madrid Artgitato 5 Palacio de Velázquez Velasquez Palace Palais de Vélasquez Madrid Artgitato 6 Palacio de Velázquez Velasquez Palace Palais de Vélasquez Madrid Artgitato 7 Palacio de Velázquez Velasquez Palace Palais de Vélasquez Madrid Artgitato 8 Palacio de Velázquez Velasquez Palace Palais de Vélasquez Madrid Artgitato 9 Palacio de Velázquez Velasquez Palace Palais de Vélasquez Madrid Artgitato 12 Palacio de Velázquez Velasquez Palace Palais de Vélasquez Madrid Artgitato 13 Palacio de Velázquez Velasquez Palace Palais de Vélasquez Madrid Artgitato 15 Palacio de Velázquez Velasquez Palace Palais de Vélasquez Madrid Artgitato 17 Palacio de Velázquez Velasquez Palace Palais de Vélasquez Madrid Artgitato 23 Palacio de Velázquez Velasquez Palace Palais de Vélasquez Madrid Artgitato 31 Palacio de Velázquez Velasquez Palace Palais de Vélasquez Madrid Artgitato 81 Andres Eloy Blanco Palacio de Velázquez Velasquez Palace Palais de Vélasquez Madrid Artgitato 82

RUBENS Deposizione nel Sepolcro – Le Saint-Sépulcre – La Mise au Tombeau – Sepoltura Borghese – 沉积在圣墓 – GALLERIA BORGHESE – 博吉斯画廊

ROME – ROMA – 罗马
沉积在圣墓
Rubens Deposizione nel Sepolcro
LA VILLA BORGHESE
博吉斯画廊

Armoirie de Rome

 Photos  Jacky Lavauzelle

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Flag_of_Lazio


GALLERIA BORGHESE
博吉斯画廊
La Galerie Borghèse

Pianto sul Cristo Morto Pier Peter Paul Rubens 1602 artgitato Galleria Borghese

PIERRE PAUL RUBENS
PETER PAUL RUBENS
彼得·保罗·鲁本斯
PIETER PAUL RUBENS
1577-1640

Sepoltura Borghese
Compianto sul corpo di Cristo deposto
Lamentation sur le corps du Christ
1605 – 1606
Deposizione nel sepolcro
Déposition dans le sépulcre

沉积在圣墓

Tableau probablement élargi à la fin du XVIIIe siècle
Ampliato presumibilmente alla fine del XVIII secolo

Peinture Huile sur Toile
dipinto a olio su tela
180×137

 » Raphaël, Rubens ne cherchaient pas les idées ; elles venaient à eux d’elles-mêmes, et même en trop grand nombre. Le travail ne s’applique guère à les faire naître, mais à les rendre le mieux possible par l’exécution. »
15 février 1852
Journal d’Eugène Delacroix
Texte établi par Paul Flat, René Piot
Plon, 1893
Tome 2 Pages 82-83

 

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TERTULLIEN
De la Chair de Jésus-Christ
Traduction par  Antoine-Eugène Genoud
Œuvres complètes de Tertullien
Louis Vivès, 1852, Tome 1  – pp. 389-433

I. Ceux qui, cherchant à ébranler la foi à la résurrection, que l’on avait crue fermement jusqu’à ces modernes Sadducéens, prétendent que cette espérance n’appartient point à la chair, ont raison de mettre en question la chair de Jésus-Christ, et de soutenir ou qu’elle n’existe pas, ou qu’elle est tout autre chose que la chair de l’homme. Ils craignent que s’il est prouvé une fois que cette chair est semblable à la nôtre, il n’en sorte contre eux la présomption que cette chair, ressuscitée en Jésus-Christ, ressuscitera infailliblement dans les hommes. Il faut donc soutenir la réalité de la chair avec les mêmes arguments qui servent à la renverser. Examinons quelle est la substance corporelle du Seigneur. Quant à sa substance spirituelle, tout le monde est d’accord. Il ne s’agit que de sa chair. On dispute de sa vérité, de sa nature, de son existence, de son principe, de ses qualités. Sa réalité deviendra le gage de notre résurrection. Marcion, voulant nier la chair du Christ, a nié aussi sa naissance : ou, voulant nier sa naissance, a nié également sa chair, sans doute de peur que la naissance et la chair ne se rendissent témoignage dans leur mutuelle correspondance, puisqu’il n’y a point de naissance sans la chair, ni de chair sans la naissance ! Comme si, en vertu des droits que s’arroge l’hérésie, il n’avait pas pu, ou nier la naissance en admettant la chair, ainsi que l’a fait Apelles, son disciple, et depuis son déserteur ; ou bien, tout en confessant la chair et la naissance, leur donner une autre interprétation, avec Valentin, autre disciple et déserteur de Marcion. Mais qui a pu soutenir le premier, que la chair de Jésus-Christ était imaginaire, a bien pu supposer aussi que sa naissance n’était qu’un fantôme ; de même que la conception, la grossesse, l’enfantement d’une vierge, et successivement toute la vie de cet enfant, une chimère. Toutes ces circonstances auraient trompé les mêmes yeux et les mêmes sens qu’avait déjà fermés l’illusion de la chair.

 Pierre Peter Pieter Rubens_Deposition nel sepolcro - Déposition dans le sépulcre

Emile Verhaeren
Les Héros
Deman – 1808 Pages 67-73

Rubens

 

Ton art énorme est tel qu’un débordant jardin
— Feuillages d’or, buissons en sang, taillis de flamme —
D’où surgissent, d’entre les fleurs rouges, tes femmes
Tendant leur corps massif vers les désirs soudains

Et s’exaltant et se mêlant, larges et blondes,
Au cortège des Ægipans et des Sylvains
Et du compact Silène enflé d’ombre et de vin
Dont les pas inégaux battent le sol du monde.

Ô leurs bouquets de chair, leurs guirlandes de bras,
Leurs flancs fermes et clairs comme de grands fruits lisses
Et le pavois bombé des ventres et des cuisses
Et l’or torrentiel des crins sur leurs dos gras !

Que tu peignes les amazones des légendes
Ou les reines ou les saintes des paradis,
Toutes ont pris leur part de volupté, jadis,
Dans la balourde et formidable sarabande.

Le rut universel que la terre dardait
Du fond de ses forêts au vent du soir pâmées
À ses tisons rôdeurs les avait allumées
En ses taillis profonds ou ses antres secrets.

Et tes bourreaux et tes martyrs et ton Dieu même
Semblent fleuris de sang, et leurs muscles tordus
Sont des grappes de force à leurs gibets pendus
Sous un ouragan fou de pleurs et de blasphèmes.

Si bien que grossissant la vie, et l’ameutant
Du grand tumulte clair des couleurs et des lignes,
Tu fais ce que jamais tes émules insignes
N’avaient osé faire ou rêver, avant ton temps.

Oh ! le dompteur de joie épaisse, ardente et saine,
Oh ! l’ivrogne géant du colossal festin
Où circulaient les coupes d’or du vieux destin
Serrant en leurs parois toute l’ivresse humaine.

Ta bouche sensuelle et gourmande, d’un trait,
Avec un cri profond les a toutes vidées,
Et les œuvres naissaient du flux montant d’idées
Que ces vins éternels vers ton cerveau jetaient.

II

Tu es celui — le tard venu — parmi les maîtres
Qui d’une prompte main, mais d’un fervent regard,
D’abord demande à tous une fleur de leur art
Pour qu’en ton œuvre à toi tout l’art puisse apparaître.

Mais si tu prends, c’est pour donner plus largement :
Aux horizons pleins de roses que tu dévastes,
Lorsque tu t’es conquis enfin, ton geste vaste
Soudain, au lieu de fleurs, allume un firmament.

Les rois aiment ton goût de richesse ordonnée.
Tu l’imposes puissant, replet, fouillé, profond
Et Versailles le tord encor en ses plafonds
Où sont peintes, lauriers au front, les Destinées.

Il déborde, il perdure excessif et charmant ;
Il s’installe, parmi les bois et les terrasses,
Et les femmes de joie élégantes et grasses
En instruisent Watteau, au bras de leurs amants.

Et te voici parti vers les Londres funèbres.
En des palais obscurs dont a peur le soleil,
Pour y fixer cet art triomphal et vermeil
Comme une vigne d’or sur des murs de ténèbres.

Et quand tu t’en reviens vers ta vieille cité,
Le front déjà marqué par le destin suprême.
Nul ne peut plus douter que tu ne sois toi-même
L’infaillible ouvrier de ton éternité.

III

Alors la gloire entière est ton bien et ta proie,
Tu la domptes, tu la lèches et tu la mords ;
Jamais un tel amour n’a angoissé la mort
Ni tant de violence enfanté de la joie.

Tu rentres comme un roi en ta large maison,
Toute la Flandre est tienne, ainsi qu’est tien le monde ;
Tu lui prends pour l’aimer sa fille la plus blonde
Dont le nom est doré comme un flot de moisson.

Tu ressuscites tout : l’Empyrée et l’Abîme ;
Et les anges, pareils à des thyrses d’éclairs ;
Et les monstres aigus, rongeant des blocs de fer ;
Et tout au loin, là-bas, les Golgothas sublimes ;

Et l’Olympe et les Dieux, et la Vierge et les Saints ;
L’Idylle ou la bataille atroce et pantelante ;
Les eaux, le sol, les monts, les forêts violentes
Et la force tordue en chaque espoir humain.

Ton grand rêve exalté est comme un incendie
Où tes mains saisiraient des torches pour pinceaux
Et capteraient la vie immense en des réseaux
De feux enveloppants et de flammes brandies.

Que t’importe qu’aux horizons fous et hagards,
Tel autre nom, jadis fameux et clair, s’efface,
Pour toi, c’est à jamais que le temps et l’espace
Retentissent des bonds dont les troua ton art.

Conservateur fougueux de ta force première,
Rien ne te fut ruine, ou chute, ou désavœu ;
Toujours tu es resté trop sûrement un Dieu
Pour que la mort, un jour, éteigne ta lumière.

Et tu dors à Saint Jacque, au bruit des lourds bourdons ;
Et sur ta dalle unie ainsi qu’une palette,
Un vitrail criblé d’or et de soleil, projette
Encor des tons pareils à de rouges brandons.

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L’article de la Première édition de l’Encyclopédie sur Rubens
*

Le Blond, Jaucourt, d’Alembert, Mallet, Boucher d’Argis, Blondell, Bourgelat, Pâris de Meyzieu
L’Encyclopédie Première édition – 1751 – Tome 5 pp. 303-337 

Rubens (Pierre-Paul) originaire d’Anvers, d’une très-bonne famille, naquit à Cologne en 1577, & mourut à Anvers en 1640. C’est le restaurateur de l’école flamande, le Titien & le Raphael des Pays-bas. On connoît sa vie privée ; elle est illustre, mais nous la laissons à part.

Un goût dominant ayant porté Rubens à la Peinture, il le perfectionna en Italie, & y prit une maniere qui lui fut propre. Son génie vaste le rendit capable d’exécuter tout ce qui peut entrer dans la riche composition d’un tableau, par la connoissance qu’il avoit des Belles Lettres, de l’Histoire & de la Fable. Il inventoit facilement, & son imagination lui fournissoit plusieurs ordonnances également belles. Ses attitudes sont variées, & ses airs de têtes sont d’une beauté singuliere. Il y a dans ses idées une abondance, & dans ses expressions une vivacité surprenante. Son pinceau est moëlleux, ses touches faciles & legeres ; ses carnations fraîches, & ses draperies jettées avec art.

Il a traité supérieurement l’Histoire ; il a ouvert le bon chemin du coloris, n’ayant point trop agité ses teintes en les mêlant, de peur que venant à se corrompre par la grande fonte de couleurs, elles ne perdissent trop leur éclat. D’ailleurs la plûpart de ses ouvrages étant grands, & devant par conséquent être vus de loin, il a voulu y conserver le caractere des objets & la fraîcheur des carnations. Enfin on ne peut trop admirer son intelligence du clair-obscur, l’éclat, la force, l’harmonie & la vérité qui regnent dans ses compositions.

Si l’on considere la quantité étonnante de celles que cet homme célebre a exécutées, & dont on a divers catalogues, on ne sera pas surpris de trouver souvent des incorrections dans ses figures ; mais quoique la nature entraînât plus Rubens que l’antique, il ne faut pas croire qu’il ait été peu savant dans la partie du Dessein ; il a prouvé le contraire par divers morceaux dessinés d’un goût & d’une correction que les bons peintres de l’école romaine ne desavoueroient pas.

Ses ouvrages sont répandus par-tout, & la ville d’Anvers a mérité la curiosité des étrangers par les seuls tableaux de ce rare génie. On vante en particulier singulierement celui qu’elle possede du crucifiement de Notre Seigneur entre les deux larrons.

Dans ce chef-d’œuvre de l’art, le mauvais larron qui a eu sa jambe meurtrie par un coup de barre de fer dont le bourreau l’a frappé, se soûleve sur son gibet ; & par cet effort qu’a produit la douleur, il a forcé la tête du clou qui tenoit le pié attaché au poteau funeste : la tête du clou est même chargée des dépouilles hideuses qu’elle a emportées en déchirant les chairs du pié à-travers lequel elle a passé. Rubens qui savoit si-bien en imposer à l’œil par la magie de son clair-obscur, fait paroître le corps du larron sortant du coin du tableau dans cet effort, & ce corps est encore la chair la plus vraie qu’ait peint ce grand coloriste. On voit de profil la tête du supplicié, & sa bouche, dont cette situation fait encore mieux remarquer l’ouverture énorme ; ses yeux dont la prunelle est renversée, & dont on n’apperçoit que le blanc sillonné de veines rougeâtres & tendues ; enfin l’action violente de tous les muscles de son visage, font presque oüir les cris horribles qu’il jette. Reflex. sur la Peint. tome I.

Mais les peintures de la galerie du Luxembourg, qui ont paru gravées au commencement de ce siecle, & qui contiennent vingt-un grands tableaux & trois portraits en pié, ont porté la gloire de Rubens par tout le monde ; c’est aussi dans cet ouvrage qu’il a le plus développé son caractere & son génie. Personne n’ignore que ce riche & superbe portique, semblable à celui de Versailles, est rempli de beautés de dessein, de coloris, & d’élégance dans la composition. On ne reproche à l’auteur trop ingénieux, que le grand nombre de ses figures allégoriques, qui ne peuvent nous parler & nous intéresser ; on ne les devine point sans avoir à la main leur explication donnée par Félibien & par M. Moreau de Mautour. Or il est certain que le but de la Peinture n’est pas d’exercer notre imagination par des énigmes ; son but est de nous toucher & de nous émouvoir. Mon sentiment là-dessus, conforme à celui de l’abbé du Bos, est si vrai, que ce que l’on goûte généralement dans les galeries du Luxembourg & de Versailles, est uniquement l’expression des passions. « Telle est l’expression qui arrête les yeux de tous les spectateurs sur le visage de Marie de Medicis qui vient d’accoucher ; on y apperçoit distinctement la joie d’avoir mis au monde un dauphin, à-travers les marques sensibles de la douleur à laquelle Eve fut condamnée ».

Au reste M. de Piles, admirateur de Rubens, a donné sa vie, consultez-la.

 

GOGOL A LA VILLA BORGHESE – Николай Гоголь -GOGOL ROME – GOGOL VILLA BORGHESE – MONUMENTO A NICOLAJ GOGOL

ROME – ROMA
Nicolas Vassiliévitch Gogol
Gogol Rome
Nicolas Gogol Villa Borghese

LA VILLA BORGHESE

Armoirie de Rome

 Photos  Jacky Lavauzelle

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Flag_of_Lazio

Nikolai Gogol par F Moller 1840 Otto Friedrich von Möller Tretyakov gallery


La Villa Borghèse
Villa Borghèse

Nicolas GOGOL
1809-1852

MONUMENTO A NICOLAJ GOGOL

Николай Васильевич Гоголь

Nikolaï Gogol
Микола Васильович Гоголь

Nikolai Gogol Nicolas Gogol Rome Roma Villa Borghese artgitato 2

« Cette vie consacrée à la contemplation de la nature, des antiquités, des œuvres de l’art, éveilla en lui, plus vif que jamais, le désir d’approfondir l’histoire de l’Italie, la connaissance fragmentaire qu’il en avait lui faisant paraître le présent incomplet. Il se rua donc avidement sur les archives, les chroniques, les mémoires. Il pouvait maintenant les lire non plus comme un Italien casanier qui se donne corps et âme à la lecture et, pressé par la foule des personnages et des épisodes, distingue mal l’ensemble des événements, cet ensemble qu’il était donné au prince de contempler comme d’une fenêtre du Vatican. Son séjour hors d’Italie, face au bruit et à l’agitation des nations agissantes, avait accentué la portée et l’acuité de son coup d’œil et lui permettait maintenant un contrôle sévère de toutes les déductions des historiens. Plus il lisait, plus il admirait – et cela en toute impartialité – le lustre et la grandeur de l’Italie d’autrefois. »

Nicolas Vassiliévitch GOGOL
Rome
Traduction par Henri Mongault

Nikolai Gogol Nicolas Gogol Rome Roma Villa Borghese artgitato 3

« Plus le prince poursuivait ses investigations, plus la fertilité de cette superbe époque le stupéfiait. « Où donc ont-ils trouvé le temps de produire tous ces chefs d’œuvre ? » s’exclamait-il. Ce côté admirable de Rome s’amplifiait tous les jours devant ses yeux. Les galeries se succédaient sans fin ; ici, cette église conservait une merveille de la peinture ; là, sur cette muraille qui s’effritait, une fresque à demi effacée captivait encore le regard ; plus loin, au-dessus de ces marbres, de ces colonnes, dépouilles d’anciens temples païens, resplendissait un plafond d’une immarcescible fraîcheur. Le prince ressemblait à un chercheur d’or qui découvre un gisement sous une couche de terre fort ordinaire. Et combien le sentiment de plénitude, de sérénité qu’il éprouvait en regagnant son palais différait du tumulte d’impressions qui l’assaillait à Paris quand il rentrait chez lui exténué, recru, impuissant le plus souvent à mettre de l’ordre dans ce chaos ! »

Nicolas Vassiliévitch GOGOL
Rome
Traduction par Henri Mongault

Nikolai Gogol Nicolas Gogol Rome Roma Villa Borghese artgitato

« Il traversa ensuite les Apennins, toujours dans une excellente disposition d’esprit et quand, après six jours de voyage, il vit onduler au loin la célèbre coupole, une foule de sentiments l’assaillirent qu’il eût été bien impuissant à exprimer. Il contemplait avidement chaque colline, chaque pli de terrain. Enfin, après avoir franchi le Ponte Molle et les portes de la ville, la belle adorable qu’est la Piazza del Popolo lui ouvrit ses bras sous les regards du Monte Pincio, de ses terrasses, de ses escaliers, de ses statues, de ses promeneurs. Dieu, que son cœur battit fort ! Cependant le vetturino l’entraînait dans ce Corso où, jadis, il flânait avec son abbé, alors qu’innocent, ingénu, il savait pour tout potage que la langue latine est la mère de la langue italienne…
« Ce n’est pas une femme, c’est la lueur fulgurante de la foudre », s’allait-il répétant, en ajoutant chaque fois non sans orgueil : « C’est une Romaine ; pareille femme ne peut naître qu’à Rome. Il me faut à tout prix la revoir, sinon pour l’aimer du moins pour la contempler à loisir, sinon pour l’embrasser du moins pour repaître mon regard de ses yeux, de ses bras, de ses doigts, de sa chevelure flamboyante. Il en doit être ainsi, la nature l’exige. La beauté parfaite s’incarne à seule fin que chacun puisse la voir et en conserver à jamais l’idée dans son cœur. Si cette femme n’était point le comble de la perfection, elle aurait le droit d’appartenir à un seul homme, de se laisser entraîner par lui loin de tous yeux humains. Mais une beauté accomplie doit se laisser voir à tous. Un architecte dissimule-t-il le plus beau des temples au fond d’une ruelle ? Non, il l’édifie sur une grande place où chacun peut l’admirer sous toutes ses faces. Allume-t-on une lampe pour la mettre sous le boisseau ? a dit le divin Maître.  »
Nicolas Vassiliévitch GOGOL
Rome
Traduction par Henri Mongault

Ján Kollár – Slávy dcera – La Fille de Slava

LITTERATURE TCHEQUE
Ján Kollár
(1793-1852)
Idéologue slovaque du Panslavisme

Český-Francouzský
Texte Tchèque et Traduction Française

Traduction Jacky Lavauzelle – artgitato

Un chevalier à la croisée des chemins par Victor Vasnetsov Jan Kollar Artgitato La Fille de Slava

Slávy dcera

LA FILLE DE SLAVA

Traduction Jacky Lavauzelle

(extraits du Prologue)

Předzpěv
Prologue

Ai, zde leží zem ta, před okem mým selzy ronícím,
Ah, ici se trouve cette terre et je ne peux maîtriser mes larmes,
někdy kolébka, nyní národu mého rakev.
Autrefois berceau, devenue maintenant tombeau de ma race.
Stůj noho! posvátná místa jsou, kamkoli kráčíš,
Attention ! Les lieux sont sacrés partout où vous marchez,
k obloze, Tatry synu, vznes se, vyvýše pohled.
Vers le ciel, fils de Tatras,  ton regard devient exalté.
Neb raději k velikému přichyl tomu tam se dubisku,
Là-bas tes yeux s’inclineront devant l’ancien et puissant chêne,
jenž vzdoruje zhoubným až dosaváde časům.
qui résiste à la perfidie du temps jusqu’ici destructeur.
 Však času ten horší je člověk, jenž berlu železnou
Pire que le temps, se tient l’homme au sceptre de fer,
 v těchto krajích na tvou, Slávie, šíji chopil.
Slavia, tords-lui le cou, sur ces terres qui nous ont été volées ;
 Horší nežli divé války, hromu, ohně divější,
Pire que la férocité et la sauvagerie des guerres, plus que la foudre, plus que le feu
 zaslepenec na své když zlobu plémě kydá.
celui qui, aveuglé de colère, recouvre sa descendance de honte.
 O, věkové dávní, jako noc vůkol mne ležící,
Ô! Jadis ! Combien de nuits se sont couchées avec moi,
 o, krajino, všeliké slávy i hanby obraz!
Ô ! mon pays ! chaque paysage reflète et la gloire et la honte !
Od Labe zrádného k rovinám až Visly nevěrné,
De l’Elbe perfide à la plaine de l’infidèle Vistule,
od Dunaje k heltným Baltu celého pěnám:
du Danube jusqu’à l’écume de la Baltique :
krásnohlasý zmužilých Slavianů kde se někdy ozýval,
Où la mélodie de la langue des vaillants et robustes Slaves de jadis retentit.
  ai, oněmělť už, byv k ourazu zášti, jazyk.
Maintenant, hélas! elle se trouve désormais réduite au silence.
A kdo se loupeže té, volající vzhůru, dopustil?
Qui est l’auteur de ce vol, qui demande une vengeance du ciel ?
  kdo zhanobil v jednom národu lidstvo celé?
Qui en humiliant une nation a déshonorée  l’humanité toute entière ?
Zardi se, závistná Teutonie, sousedo Slávy,
Rougis de honte, glouton Teuton, voisin de Sláva,
 tvé vin těchto počet zpáchali někdy ruky.
Nombre de ces méfaits ont été l’œuvre de tes mains
 Neb kreve nikde tolik nevylil černidlaže žádný
Jamais aucun autre ennemi n’a fait verser tant de sang
 nepřítel, co vylil k záhubě Slávy Němec.
que l’Allemand pour faire disparaître le Slave.
Sám svobody kdo hoden, svobodu zná vážiti každou,
N’est digne d’être libre que celui qui respecte la liberté de tous,
ten, kdo do pout jímá otroky, sám je otrok.
Celui qui menotte son esclave, reste lui aussi un esclave.
 Nechť ruky, nechťby jazyk v okovy své vázal otrocké,
Qu’ainsi il se lie et les mains et la langue,
jedno to, neb nezná šetřiti práva jiných.
 Peu m’importe, car il ne respecte aucune autre loi que la sienne.
Ten, kdo trůny bořil, lidskou krev darmo vyléval,
 Celui qui a renversé les trônes, et versé en vain le sang humain,
po světě nešťastnou války pochodmi nosil:
 et porté les malheurs de la guerre tout autour de lui :
  Ten porobu slušnou, buď Goth, buď Skýta, zasloužil,
ne kdo divé chválil příkladem ordě pokoj.

Kde ste se octli, milé zde bydlivších národy Slávů,
Qu’êtes-vous advenus ,ici,  chers peuples Slaves
národy, jenž Pomoří tam, tuto Sálu pili?
peuples, se désaltérant là sur les rivages de la Poméranie, là sur les rives de la Saale ?

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traduction Artgitato
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La Valse Royale ou LE PARTI DES INTEGRES

JEAN GREMILLON
LA VALSE ROYALE
(1935)
Le parti des intègres 1

Le Parti des
Intègres

 Jean Grémillon a découvert le cinéma en jouant le piano qui accompagnait le passage des films muets de ce début du XXème siècle. En1935, il met donc en scène naturellement Valse Royale, univers muscal et chantant, suivrons en une petite décennie quatre films importants du cinéma français : Gueule d’amour (1937), Remorques (1939), Lumière d’Eté (1942) et Le Ciel est à vous (1943).

EPIER ET COLPORTER LES RUMEURS

Munich, 1852. Le fils de l’ambassadeur d’Autriche, Michel de Thalberg (Henri Garat), en déplacement à Munich, rencontre Annie Tomasini (Mila Parély). Cet épisode dans un jardin au pied d’une statue est mal compris, mal interprété et surtout colporté dans toute la ville par un membre influent du Parti des Intègres.

Annie n’est pas la femme que Michel aime, mais sa sœur Thérèse (Renée Saint-Cyr). Le ‘scandale’ l’oblige de l’épouser pour l’avoir ainsi ‘compromise’…

D’UNE AFFAIRE DE BAISER A UNE AFFAIRE D’ETAT

L’amplification qu’apporte ce Parti va faire d’un banal baiser une scène de déshonneur pour le père et une véritable affaire d’Etat entre l’Autriche et la Bavière qui va occuper toute la vie de la Cité.

Nous sommes à quatre ans de la Révolution de 1848, qui, en février, éclata en France en donnant la République, et s’étendit rapidement sur toute l’Europe. La nouvelle de cette Révolution provoqua un véritable enthousiasme dans toute l’Allemagne. Les européens attendaient de nouvelles libertés, dont celle de la presse, et, avant tout, l’élection d’un Parlement allemand. En Bavière, le Roi Louis Ier abdiqua en faveur de Maximilien II. Ce pays entouré de deux géants la Prusse et l’Autriche, pour exister par l’union des petits Etats allemands morcelés et disséminés.

 

En 1852, toutefois, l’Autriche ouvrira des négociations avec les Etats de l’Allemagne du Sud pour constituer une union douanière…

LE PARTI DES INTEGRES VEILLE !

C’est là que Jean Grémillon situe son imbroglio amoureux. Le déclencheur et l’élément intriguant restant ce Parti des Intègres. Intriguant dans les cafés, répétant et se rassurant sans cesse « Le parti des Intègres est là !… le parti des Intègres est là !»
Défenseurs de la morale bourgeoise, ils sont à l’affût d’une histoire croustillante qui permettrait de mettre du sel à des discussions stériles. A l’annonce de la fin des tribulations amoureuses, l’un d’entre eux soupire : « c’est dommage, un si beau scandale ! ». C’est dire l’étendue et la profondeur de leurs idées politiques.

 LE VRAI SOUTIEN DES FONDS DE COMMERCE !

Ils ‘défendent’ égoïstement les droits de corporations bourgeoises en clamant leur programme : « Les bourgeois sont la force des cités et le soutien des fonds de commerce. » Ils sont jaloux des fêtes, des bals, des lumières déployés par le Roi et son aristocratie : « Il y avait longtemps que nous n’avions pas eu notre petit scandale, messieurs ! C’est un coup de poing brutal donné par l’aristocratie en plein nez de la bourgeoisie ! »

PAR LA VOLONTE DU PEUPLE !

Essayant de reprendre maladroitement des dithyrambes classiques et mobilisateurs, ils s’étouffent dans un silence perplexe et une attitude peureuse et égoïste : « Nous sommes ici par la volonté du peuple, euh…les fiancés au bacon ! » … «  Messieurs, nous sommes floués !  …hourra ! »

LA VERTU IGNORE LES PASSE-DROITS !

Forts dans le café, ils haranguent M Tomasini : « Vous déguisez vos sentiments ! Vous pactisez avec le Pouvoir ! Nous n’irons pas comme ça ramper aux pieds du Roi ! » Devant des faux principes de la morale, « la galanterie est la pire ennemie de la morale ! »… « La vertu ignore les passe-droits ! », ils se veulent les soutiens de la veuve et de l’opprimé.
Ils clament que « cette affaire sera éclaircie publiquement », et se retrouvent comme des girouettes et des pantins dans le hall du château du Roi, complètement manipulés et soumis.

 TOUT FINIT PAR UNE VALSE.
A MUNICH COMME A VIENNE.

La valse emportera enfin ces pantins et ces tristes clowns dans un mouvement continu : « Dans un tour de valse on peut trouver l’amour, un amour ardent sincère et sans détour, Et quand la valse s’achève, c’est le début d’un beau rêve, Dans un tour de valse on a trouvé l’amour. » 

Jacky Lavauzelle