Archives par mot-clé : 1842

Pour la fille de Karađorđe – Pour la fille de Karageorges – ALEXANDRE POUCHKINE – Дочери Карагеоргия – 1820

**

poemes-de-alexandre-pouchkine-artgitatopushkin-alexander
                                    TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

________________________________________________________

Pour la fille de Karađorđe
ou
Pour la fille de Karageorges 
Дочери Карагеоргия
1820

________________________________________________________

Stevan Todorović, La bataille de Negotin et la mort de Hajduk Veljko


**********

Note sur Karageorges et sa dynastie
Georges Pétrovitch 
Đorđe Petrović 
Karađorđe 
Karageorges 
 Viševac -14 septembre 1752- Radovanje 24 juillet 1817
Militaire et homme d’état serbe
Chef de la première révolte serbe contre les Turcs
 (du 14 février 1804 au 7 octobre 1813)
Prélude à l’autonomie de la Serbie
*
Fondateur de la dynastie Dynastie Karađorđević
1842 à 1858 Principauté de Serbie
1903 à 1918 : Royaume de Serbie
A partir de 1918 : Yougoslavie

*****

Note sur le poème

Впервые напечатано в сборнике стихотворений 1826 г. Написано в Кишиневе 5 октября 1820. Семья сербского вождя Карагеоргия (Георгия Черного, см. «Песни Западных славян») жила в Хотине, недалеко от Кишинева.
Publié pour la première fois dans un recueil de poèmes de 1826.
Écrit à Chisinau le 5 octobre 1820.
La famille du chef serbe Karageorgi (voir «Chants des Slaves occidentaux») vivait à Khotin, non loin de Chisinau.


*************

Гроза луны, свободы воин,
Guerrier de la liberté, foudroyant la lune des Turcs,
Покрытый кровию святой,
Couvert du sang d’un saint,
Чудесный твой отец, преступник и герой,
Voilà ton merveilleux père, criminel et héros
И ужаса людей, и славы был достоин.
Digne tant de l’horreur que de la gloire.
Тебя, младенца, он ласкал
Il t’a caressé petit enfant
На пламенной груди рукой окровавленной;
Sur une poitrine ardente, d’une main ensanglantée ;
Твоей игрушкой был кинжал,
Ton jouet : un poignard,
Братоубийством изощренный…
Par un fratricide sophistiqué …
Как часто, возбудив свирепой мести жар,
Combien de fois, provoquant une fièvre de vengeance féroce,
Он, молча, над твоей невинной колыбелью
Silencieusement, au-dessus de ton innocent berceau,
Убийства нового обдумывал удар
Il ruminait un nouveau coup dur
И лепет твой внимал, и не был чужд веселью!
Et le babillage qu’il entendait n’était pas étranger à son plaisir !
Таков был: сумрачный, ужасный до конца.
Ainsi était-il : sombre et terrible, jusqu’à la fin.
Но ты, прекрасная, ты бурный век отца
Mais toi, ô belle, l’âge orageux de ce père
Смиренной жизнию пред небом искупила:
Avec cette vie humble devant le ciel, tu as racheté :
С могилы грозной к небесам
De la tombe menaçante au paradis
Она, как сладкий фимиам,

Un doux nuage d’encens,
Как чистая любви молитва, восходила.

Comme une prière d’amour pur, s’est exhaussé.

**

5 октября 1820
5 octobre 1820


****************************

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est image.png.

DES TEMPÊTES DÉMENTIELLES – OS LUSIADAS V-43- LES LUSIADES – LUIS DE CAMOES – Sabe que quantas naus esta viagem

Turner, Joseph Mallord William Turner,
Snow Storm,Steam-Boat off a Harbour’s Mouth, Tempête de neige en mer, 1842

*

Ferdinand de Portugal traduction Jacky Lavauzelle

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Symbole-Artgitato.jpg.

OS LUSIADAS CAMOES CANTO V
Os Lusiadas Les Lusiades
OS LUSIADAS V-43 LES LUSIADES V-43
*

LITTERATURE PORTUGAISE

Ferdinand de Portugal Os Lusiadas Traduction Jacky Lavauzelle Les Lusiades de Luis de Camoes

literatura português
Luis de Camões
[1525-1580]
Tradução – Traduction
Jacky Lavauzelle
texto bilingue

Traduction Jacky Lavauzelle

*

***********


-« Sabe que quantas naus esta viagem
« Sachez ici combien les navires,
Que tu fazes, fizerem de atrevidas,
Qui après vous viendront,
Inimiga terão esta paragem
Connaîtront un arrêt soudain
Com ventos e tormentas desmedidas.
Et subiront des vents et des tempêtes démentielles.
E da primeira armada que passagem
Et la première armada qui passera
Fizer por estas ondas insofridas,
Sera frappée par des vagues immenses,
Eu farei d’improviso tal castigo,
Et je produirai un tel carnage,
Que seja mor o dano que o perigo.
Que les dégâts seront bien supérieurs au danger.


************

LA POÉSIE DE NIKOLOZ BARATACHVILI – ნიკოლოზ ბარათაშვილი –

Photo JL
LE MONUMENT A NIKOLOZ BARATASHVILI NIKOLOZ BARATACHVILI
ნიკოლოზ ბარათაშვილი
sculpture de Boris Tsibadze
L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Symbole-Artgitato-6.jpg.

*****
POÈME DE NIKOLOZ BARATASHVILI
POÈME DE NIKOLOZ BARATACHVILI
ნიკოლოზ ბარათაშვილი
LITTERATURE GEORGIENNE
ქართული ლიტერატურა
POESIE GEORGIENNE
ქართული პოეზია

GEORGIE – DECOUVERTE DE LA GEORGIE – საქართველოს აღმოჩენა

POEME DE NIKOLOZ BARATACHVILI NIKOLOZ BARATASHVILI
Géorgie
საქართველო

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

 

POEME DE NIKOLOZ BARATACHVILI - POEME DE NIKOLOZ BARATACHVILI NIKOLOZ BARATASHVILI

____________________________________________________________

POÉSIE GEORGIENNE
ქართული პოეზია

NIKOLOZ BARATASHVILI
NIKOLOZ BARATACHVILI
ნიკოლოზ ბარათაშვილი

1817 წლის 4 დეკემბერი – 1844 წლის 21 ოქტომბერი
4 décembre 1817 – 21 octobre 1844

Nikoloz Baratachvili

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

__________________________________________________________________

LA POÉSIE DE
NIKOLOZ BARATACHVILI
ნიკოლოზ ბარათაშვილის პოეზია
___________________________

MEDITATION SUR LES BORDS DU MTKVARI
ფიქრნი მტკვრის პირას
1837

წარვედ წყალის პირს სევდიანი ფიქრთ გასართველად,
Mes pas lourds m’avaient conduit vers les eaux fraîches,
აქ ვეძიებდი ნაცნობს ადგილს განსასვენებლად;
Ici, à la recherche d’un lieu pour me détendre.

Le Mtkvari – Photo JL

NAPOLÉON
ნაპოლეონ
1838

ნაპოლეონმა გარდმოავლო თვალი ფრანციას,
Napoléon tourna ses yeux vers la France,
და თქვა: „აბაო ხელმწიფებამ რა შემიძინა?“
Et dit : « Mon règne, qu’a-t-il réalisé ?« 

Bonaparte franchissant le Grand-Saint-Bernard, Jacques-Louis David, musée du château de Malmaison

LA BOUCLE D’OREILLE
საყურე
O brinco
1839

ვითა პეპელა
Au vif papillon
Uma borboleta rápida, 
არხევს ნელნელა
Fais ralentit son vol
Abrandar o seu voo

BLEU
ცისა ფერს, ლურჯსა ფერს…
1841

ცისა ფერს, ლურჯსა ფერს,
Le ciel a sa couleur, la couleur bleue,
პირველად ქმნილსა ფერს
La première couleur de la création

Ivan Aïvazovski, Débarquement de la flotte de Raïevski à Soubashi,1839

JE VEUX ÊTRE LE SOLEIL
არ უკიჟინო, სატრფოო
1841

არ უკიჟინო, სატრფოო, შენსა მგოსანსა გულისთქმა:
Ne blâme pas, aimée, la folle inspiration du poète :
მოკვდავსა ენას არ ძალუძს უკვდავთა გრძნობათ გამოთქმა!
  Le langage d’un mortel ne peut éclairer les sentiments immortels !

Tableau de Nana Lagidze

LE TOMBEAU DU ROI EREKLE
საფლავი მეფის ირაკლისა
1842

მოვიდრეკ მუხლთა შენს საფლავს წინ, გმირო მხცოვანო,
Je viens à ta tombe à genoux, mon cher héros,
და ცრემლთ დავანთხევ შენს სახელზე, მეფევ ხმოვანო!
Et mes larmes baignent ton nom, ô mon roi !

Heraclius II de Géorgie

LA RIVIERE MTKVARI
ჩინარი
1844

RESHKA
Trilogie Partie I – « Trilogy part – I  » – « ტრილოგია ნაწილი – I » Reshka 05.19.2019
Oil on banner: 80 x 50 cm.
ზეთი ფირფიცარი: 80 x 50 სმ.

განმარტოებულს ფრიალოს კლდეზე სდგას ალვის ხისა ნორჩი ახალი,
Sur la falaise se dresse le long peuplier,
მრავალ-შტოვანი, მაგრილობელი, ჰაეროვანი, ტურფა, მაღალი.
Dont les innombrables branches se balancent, aériennes.

******

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Symbole-Artgitato-6.jpg.

LE MONUMENT A NIKOLOZ BARATACHVILI
ნიკოლოზ ბარათაშვილი
Boris Tsibadze
TBILISSI
1976

Nikoloz Baratachvili – Photo JL

En 1957, Boris Tsibadze participe au Festival international de la jeunesse et des étudiants de Moscou (« Portrait de la Vierge », Marbre, Galerie de tableaux de la Géorgie). Travaux :
N. Baratashvili (Bronze, 1976, Tbilissi),
Monuments de Pirosmanashvili (1961, pierre noire, musée Pirosmanashvili, Mirzaani)
Vazha Pshavela (arbre, 1963, ministère de la Culture de Géorgie, Tbilissi)
« Peace Guards » (1965, glossaire de la Géorgie)

LE TOMBEAU DU ROI ERAKLE- POÈME DE NIKOLOZ BARATACHVILI – ნიკოლოზ ბარათაშვილი – საფლავი მეფის ირაკლისა – 1842

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Symbole-Artgitato-6.jpg.
*****
POÈME DE NIKOLOZ BARATASHVILI
POÈME DE NIKOLOZ BARATACHVILI
ნიკოლოზ ბარათაშვილი
LITTERATURE GEORGIENNE
ქართული ლიტერატურა
POESIE GEORGIENNE
ქართული პოეზია

GEORGIE – DECOUVERTE DE LA GEORGIE – საქართველოს აღმოჩენა

POEME DE NIKOLOZ BARATACHVILI NIKOLOZ BARATASHVILI
Géorgie
საქართველო

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

 

POEME DE NIKOLOZ BARATACHVILI - POEME DE NIKOLOZ BARATACHVILI NIKOLOZ BARATASHVILI

____________________________________________________________

POÉSIE GEORGIENNE
ქართული პოეზია

NIKOLOZ BARATASHVILI
NIKOLOZ BARATACHVILI
ნიკოლოზ ბარათაშვილი

1817 წლის 4 დეკემბერი – 1844 წლის 21 ოქტომბერი
4 décembre 1817 – 21 octobre 1844

Nikoloz Baratachvili

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

__________________________________________________________________

LE TOMBEAU DU ROI EREKLE
საფლავი მეფის ირაკლისა
1842

___________________________

*****************

Heraclius II de Géorgie


მოვიდრეკ მუხლთა შენს საფლავს წინ, გმირო მხცოვანო,
Je viens à ta tombe à genoux, mon cher héros,
და ცრემლთ დავანთხევ შენს სახელზე, მეფევ ხმოვანო!
Et mes larmes baignent ton nom, ô mon roi !
ახ, რად არ ძალუძს განცოცხლება წმიდას აჩრდილსა,
Maintenant, il n’est plus possible de faire revivre ta sainte présence,
რომ გარდმოხედო ახალს ქართლსა, შენს პირმშოს შვილსა!
Pour que tu regardes à nouveau cette terre, ta patrie tant aimée !

*

თაყვანსვსცემ შენსა ნაანდერძებს, წინასწარად თქმულს!
Je loue désormais longuement ton testament !
გახსოვს, სიკვდილის ჟამს რომ უთხარ ქართლს დაობლებულს?
Te souviens-tu de ce que tu dis à un parent ?
აჰა აღსრულდა ხელმწიფური აწ აზრი შენი,
Voici, ce que ta main a désiré s’accomplit,
და ვსჭამთ ნაყოფსა მისგან ტკბილსა აწ შენნი ძენი.
Et nous en mangeons les doux fruits, nous, tes fils.

*

ჟამ-ვითარებით გარდახვეწილთ შენთ შვილთ მიდამო
Voici qu’ils reviennent de tant de lieux
მოაქვთ მამულში განათლება და ხმა საამო;
Apportant leur savoir et leurs voix à cette terre ;
მათი ცხოველი, ტრფიალებით აღსავსე სული
Une énergie, un esprit exalté
უდნობს ყინულსა ჩრდილოეთსა, განცეცხლებული.
A faire fondre la glace du nord.

*

და მუნით ჰზიდვენ თესლთა ძვირფასთ მშობელს ქვეყანად,
Et ils arrivent ensemençant le pays,
მხურვალეს ცის ქვეშ მოსამკალთა ერთი ათასად!
Que le ciel bienfaisant va multiplier à l’infini !
სადაც აქამდინ ხმლით და ძალით ჰფლობდა ქართველი,
Si par l’épée s’est forgée la force des Géorgiens,
მუნ სამშვიდობო მოქალაქის მართავს აწ ხელი!
La main pacifique doit écrire une nouvelle épopée !

*

აწ არღა ერჩის ქართლის გულსა კასპიის ღელვა,
Là, le cœur de la Karthli vers la Caspienne
ვერღა ურყევს მას განსვენებას მისი აღტყველვა;
N’a plus rien à craindre et à redouter ;
შავის ზღვის ზვირთნი, ნაცვლად ჩვენთა მოსისხლე მტერთა,
La mer Noire, au lieu de nos ennemis jurés,
აწ მოგვიგვრიან მრავალის მხრით ჩვენაწ არღა ერჩის ქართლის გულსა კასპიის ღელვა,
Apporte enfin son flot de cœurs et d’âmes fraternels,

*

მშვიდობა შენსა წმიდას აჩრდილს, გმირო განთქმულო,
Paix à ta sainte âme, célèbre héros,
უკანასკნელო ივერიის სიმტკიცის სულო!
Âme de l’ultime force des Ibères !
აწ მიხვდა ქართლი შენსა ქველსა ანდერძნამაგსა,
Maintenant, la Géorgie réalise ton testament,
და თაყვანსა სცემს შენსა საფლავს, ცრემლით აღნაგსა!
Et vénère ta tombe avec ses larmes !


*************

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Symbole-Artgitato-6.jpg.

SI J’ÉTAIS UN MENDIANT – Poème de Clemens BRENTANO – Wenn ich ein Bettelmann wär

****************
LITTERATURE ALLEMANDE


Deutsch Poesie –  Deutsch Literatur

Clemens Brentano

9 septembre 1778 – 28 juillet 1842
9. September 1778 Ehrenbreitstein (Koblenz)- 28. Juli 1842 Aschaffenburg

German poet – Poète Allemand – Deutsch Dichter

Übersetzung
Traduction Jacky Lavauzelle

LA POESIE DE
CLEMENS BRENTANO

Heinrich Deiters, Der Waldsee

_____________________

SI J’ÉTAIS UN MENDIANT
Wenn ich ein Bettelmann wär

_____________________

**********************

Wenn ich ein Bettelmann wär
Si j’étais un mendiant
Käm ich zu Dir,
Qui venait vers toi
Säh Dich gar bittend an
Te regardant d’un air suppliant,
Was gäbst Du mir? –
Que lui donnerais-tu ?

*

Der Pfennig hilft mir nicht
L’argent, je n’en veux
Nimm ihn zurück,
Reprends-le,
Goldner als golden
Plus brillant que l’or
Glänzt allen Dein Blick;
Brille ton regard !

*

Und was Du allen gibst
Ce qu’à tous tu donnerais,
Gebe nicht mir
Jamais ne me donnerait
Nur was mein Aug begehrt
Ce que mon œil seulement
Will ich von Dir.
Veut de toi.

*

Bettler wie helf ich Dir? –
Mendiant, comment puis-je t’aider ?
Sprächst Du nur so,
Si ainsi tu me parlais,
Dann wär im Herzen ich

Alors nagerait mon cœur
Glücklich und froh.

Dans la joie et le bonheur.

*

Laufst auf Dein Kämmerlein
Regarde dans ton armoire
Holst ein Paar Schuh
Attrape une paire de chaussures
Die sind mir viel zu klein,

Elles sont trop petites pour moi,
Sieh einmal zu. –

Tu vois.

*

Sieh nur wie klein sie sind
Vois comme elles sont petites
Drücken mich sehr,
Et comme elles me serrent ainsi,
Jungfrau süß lächelst Du

Fillette tu me souris
O gib mir mehr.

Mais donne-moi plus !

************

*******


L’ASCÈTE et LE RELIGIEUX EXTATIQUE

On a dit de Brentano qu’il n’avait qu’à ouvrir ses poches pour que des légions d’anges et de gnomes s’en échappassent ; le mot est vrai. En revanche, les pures préoccupations d’artiste n’occupèrent jamais qu’une place bien mince dans son cerveau. Tout entier aux caprices du moment, à ses boutades, il ne se doute point de ces sollicitudes curieuses dont certains lettrés entourent la chère œuvre, de ces soins paternels qu’on apporte si volontiers à la protéger aux débuts. Ce n’est pas lui dont le cœur eût bondi de joie à l’aspect du précieux volume. Au contraire, il avait horreur de se voir imprimé. « C’est pour moi une douleur insupportable, répétait-il souvent ; figurez-vous une jeune fille forcée d’exécuter pour divertir les gens une danse qu’elle aurait apprise aux dépens de son innocence et de son repos. J’ai écrit au moins autant de livres que ma sœur, mais je garde sur elle l’avantage de les avoir tous jetés au feu. » Parfois il lui arrivait de s’enfermer chez lui, d’allumer des cierges, et de se mettre ensuite à prier des nuits entières pour ceux qui souffrent. Singulière chose que cette fusion de l’esprit méridional et du génie du nord, dont cet homme offre le phénomène. J’ai dit qu’il y avait de l’ascète chez Brentano, du religieux extatique des bords du Nil, du thaumaturge ; il y avait aussi du don Quichotte.

par Henri Blaze
Clément brentano
Lettres de jeunesse de Clément à Bettina
Revue des Deux Mondes
période initiale, tome 9, 1845



*************************

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Symbole-Artgitato.jpg.

DOUCEMENT – Poème de Clemens BRENTANO – Singet leise

****************
LITTERATURE ALLEMANDE


Deutsch Poesie –  Deutsch Literatur

Clemens Brentano

9 septembre 1778 – 28 juillet 1842
9. September 1778 Ehrenbreitstein (Koblenz)- 28. Juli 1842 Aschaffenburg

German poet – Poète Allemand – Deutsch Dichter

Übersetzung
Traduction Jacky Lavauzelle

LA POESIE DE
CLEMENS BRENTANO

Heinrich Deiters, Der Waldsee

_____________________

DOUCEMENT
Singet leise

_____________________

*******

Singet leise, leise, leise,
Chante doucement, doucement, doucement,
Singt ein flüsternd Wiegenlied
Chante cette berceuse murmurée
Von dem Monde lernt die Weise,
Le sage apprend de la lune,
Der so still am Himmel zieht.
Qui va si doucement dans le ciel.

*

Singt ein Lied so süsz gelinde,
Chante une chanson si douce,
Wie die Quellen auf den Kieseln,
Comme la source sur les galets
Wie die Bienen um die Linde
Comme les abeilles autour du tilleul
Summen, murmeln, flüstern, rieseln.
Bourdonnement, murmure, chuchotement, ruissellement.

**********

*******


L’ASCÈTE et LE RELIGIEUX EXTATIQUE

On a dit de Brentano qu’il n’avait qu’à ouvrir ses poches pour que des légions d’anges et de gnomes s’en échappassent ; le mot est vrai. En revanche, les pures préoccupations d’artiste n’occupèrent jamais qu’une place bien mince dans son cerveau. Tout entier aux caprices du moment, à ses boutades, il ne se doute point de ces sollicitudes curieuses dont certains lettrés entourent la chère œuvre, de ces soins paternels qu’on apporte si volontiers à la protéger aux débuts. Ce n’est pas lui dont le cœur eût bondi de joie à l’aspect du précieux volume. Au contraire, il avait horreur de se voir imprimé. « C’est pour moi une douleur insupportable, répétait-il souvent ; figurez-vous une jeune fille forcée d’exécuter pour divertir les gens une danse qu’elle aurait apprise aux dépens de son innocence et de son repos. J’ai écrit au moins autant de livres que ma sœur, mais je garde sur elle l’avantage de les avoir tous jetés au feu. » Parfois il lui arrivait de s’enfermer chez lui, d’allumer des cierges, et de se mettre ensuite à prier des nuits entières pour ceux qui souffrent. Singulière chose que cette fusion de l’esprit méridional et du génie du nord, dont cet homme offre le phénomène. J’ai dit qu’il y avait de l’ascète chez Brentano, du religieux extatique des bords du Nil, du thaumaturge ; il y avait aussi du don Quichotte.

par Henri Blaze
Clément brentano
Lettres de jeunesse de Clément à Bettina
Revue des Deux Mondes
période initiale, tome 9, 1845



*************************

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Symbole-Artgitato.jpg.

LE ROSSIGNOL & LA FILEUSE – Poème de Clemens BRENTANO – Es sang vor langen Jahren – 1802

****************
LITTERATURE ALLEMANDE


Deutsch Poesie –  Deutsch Literatur

Clemens Brentano

9 septembre 1778 – 28 juillet 1842
9. September 1778 Ehrenbreitstein (Koblenz)- 28. Juli 1842 Aschaffenburg

German poet – Poète Allemand – Deutsch Dichter

Übersetzung
Traduction Jacky Lavauzelle

LA POESIE DE
CLEMENS BRENTANO

Heinrich Deiters, Der Waldsee

_____________________

LE ROSSIGNOL & LA FILEUSE
Es sang vor langen Jahren

_____________________

***************************

Es sang vor langen Jahren
Il a chanté il y a longtemps
Wohl auch die Nachtigall.
Aussi le rossignol.
Das war wohl süßer Schall,
Quel doux son doux assurément,
Da wir zusammen waren.
Quand nous étions ensemble.

*

Ich sing und kann nicht weinen
Je chante et je ne peux pas pleurer
Und spinne so allein.
Et seule je tourne mon rouet.
Den Faden klar und rein,
Comme son fil est clair et pur,
Solang der Mond wird scheinen.
Tant que la lune brillera.

*

Da wir zusammen waren,
Quand nous étions ensemble
Da sang die Nachtigall.
Le rossignol chantait.
Nun mahnet mich ihr Schall,
Maintenant sans son chant je sais,
Dass du von mir gefahren.
Je sais que tu m’as chassé.

*

So oft der Mond mag scheinen,
Aussi souvent que la lune brille,
So denk ich dein allein.
Je pense à toi seul.
Mein Herz ist klar und rein,
Mon cœur est clair et pur,
Gott wolle uns vereinen.
Que Dieu nous réunisse.

*

Seit du von mir gefahren,
Quand tu m’accompagnais,
Singt stets die Nachtigall.
Chantait toujours le rossignol.
Ich denk bei ihrem Schall,
Je pense à son chant,
Wie wir zusammen waren.
Comme quand nous étions ensemble.

*

Gott wolle uns vereinen.
Que Dieu nous réunisse.
Hier spinn ich so allein.
Ici, je file seule.
Der Mond scheint klar und rein.
La lune brille claire et pure.
Ich sing und möchte weinen.
Je chante et je veux pleurer.


********************

*******


L’ASCÈTE et LE RELIGIEUX EXTATIQUE

On a dit de Brentano qu’il n’avait qu’à ouvrir ses poches pour que des légions d’anges et de gnomes s’en échappassent ; le mot est vrai. En revanche, les pures préoccupations d’artiste n’occupèrent jamais qu’une place bien mince dans son cerveau. Tout entier aux caprices du moment, à ses boutades, il ne se doute point de ces sollicitudes curieuses dont certains lettrés entourent la chère œuvre, de ces soins paternels qu’on apporte si volontiers à la protéger aux débuts. Ce n’est pas lui dont le cœur eût bondi de joie à l’aspect du précieux volume. Au contraire, il avait horreur de se voir imprimé. « C’est pour moi une douleur insupportable, répétait-il souvent ; figurez-vous une jeune fille forcée d’exécuter pour divertir les gens une danse qu’elle aurait apprise aux dépens de son innocence et de son repos. J’ai écrit au moins autant de livres que ma sœur, mais je garde sur elle l’avantage de les avoir tous jetés au feu. » Parfois il lui arrivait de s’enfermer chez lui, d’allumer des cierges, et de se mettre ensuite à prier des nuits entières pour ceux qui souffrent. Singulière chose que cette fusion de l’esprit méridional et du génie du nord, dont cet homme offre le phénomène. J’ai dit qu’il y avait de l’ascète chez Brentano, du religieux extatique des bords du Nil, du thaumaturge ; il y avait aussi du don Quichotte.

par Henri Blaze
Clément brentano
Lettres de jeunesse de Clément à Bettina
Revue des Deux Mondes
période initiale, tome 9, 1845



*************************

LE SOUPER – Poème de Clemens BRENTANO – AM TAGE VOR DEM ADENDMAHL

****************
LITTERATURE ALLEMANDE


Deutsch Poesie –  Deutsch Literatur

Clemens Brentano

9 septembre 1778 – 28 juillet 1842
9. September 1778 Ehrenbreitstein (Koblenz)- 28. Juli 1842 Aschaffenburg

German poet
Poète Allemand
Deutsch Dichter

Übersetzung
Traduction Jacky Lavauzelle

 


LA POESIE DE
CLEMENS BRENTANO

Heinrich Deiters, Der Waldsee

_____________________

 

LE SOUPER
AM TAGE VOR DEM ADENDMAHL

_____________________

*******

Was ich tue, was ich denke,
Pour tout ce que je fais, ce que je pense
Alles, was mit mir geschieht,
Ce qui m’arrive,
Herr! nach deinem Auge lenke,
Seigneur ! dirige Ton regard
Das auf meine Wege sieht.
Sur mon chemin.

*********

*******


L’ASCÈTE et LE RELIGIEUX EXTATIQUE

On a dit de Brentano qu’il n’avait qu’à ouvrir ses poches pour que des légions d’anges et de gnomes s’en échappassent ; le mot est vrai. En revanche, les pures préoccupations d’artiste n’occupèrent jamais qu’une place bien mince dans son cerveau. Tout entier aux caprices du moment, à ses boutades, il ne se doute point de ces sollicitudes curieuses dont certains lettrés entourent la chère œuvre, de ces soins paternels qu’on apporte si volontiers à la protéger aux débuts. Ce n’est pas lui dont le cœur eût bondi de joie à l’aspect du précieux volume. Au contraire, il avait horreur de se voir imprimé. « C’est pour moi une douleur insupportable, répétait-il souvent ; figurez-vous une jeune fille forcée d’exécuter pour divertir les gens une danse qu’elle aurait apprise aux dépens de son innocence et de son repos. J’ai écrit au moins autant de livres que ma sœur, mais je garde sur elle l’avantage de les avoir tous jetés au feu. » Parfois il lui arrivait de s’enfermer chez lui, d’allumer des cierges, et de se mettre ensuite à prier des nuits entières pour ceux qui souffrent. Singulière chose que cette fusion de l’esprit méridional et du génie du nord, dont cet homme offre le phénomène. J’ai dit qu’il y avait de l’ascète chez Brentano, du religieux extatique des bords du Nil, du thaumaturge ; il y avait aussi du don Quichotte.

par Henri Blaze
Clément brentano
Lettres de jeunesse de Clément à Bettina
Revue des Deux Mondes
période initiale, tome 9, 1845



*************************

MADEMOISELLE DIENCHEN – Poème de Clemens BRENTANO – Kennt ihr das Fräulein Dienchen nicht – 1797

****************
LITTERATURE ALLEMANDE


Deutsch Poesie –  Deutsch Literatur

Clemens Brentano

9 septembre 1778 – 28 juillet 1842
9. September 1778 Ehrenbreitstein (Koblenz)- 28. Juli 1842 Aschaffenburg

German poet
Poète Allemand
Deutsch Dichter

Übersetzung
Traduction Jacky Lavauzelle

 


LA POESIE DE
CLEMENS BRENTANO

Heinrich Deiters, Der Waldsee

_____________________

 

MADEMOISELLE DIENCHEN
Kennt ihr das Fräulein Dienchen nicht

Entstanden um 1797
Ecrit vers 1797

_____________________

**************

Kennt ihr das Fräulein Dienchen nicht.
Vous ne connaissez pas Mademoiselle Dienchen.
Sie hat ein Tabaksdosengesicht
Elle a un visage en forme de tabatière
So etwas wie ’ne Nase drinne
Comme si elle avait un nez à l’intérieur
Und den Charakter einer Spinne.
Et le caractère d’une araignée.
Hat man mit dem Vergrößrungsglase
Vous aurez besoin d’une loupe
Endlich gefunden ihre Nase
Si vous voulez trouver son nez
So mußt du Mikroskope brauchen
Vous aurez besoin d’un microscope
So findst du nie die Katzenaugen.
Car vous ne trouverez jamais ses yeux de chat comme ça.
Ihr dickes Haar ist tölpisch aufgebaut
Ses cheveux épais sont fragiles
Doch niemand schimpfe ihre Haut
Mais personne ne songe à critiquer sa peau
Sie ist so fein so zart so weiß
Si fine, si délicate et si blanche
Als wie ein alter Hühnersteiß.
Comme une vieille croupe de poulet.

Schad’ daß ein Hügelchen den schönen Wuchs befleckt
C’est dommage qu’une colline tache la belle croissance
Das erst vor kurzer Zeit ein Kenneraug’ entdeckt.
Qu’a récemment découvert l’œil d’un connaisseur.
In ihrem magern Unterleib
Dans son ventre amaigri
Brummt oft ein Wind zum Zeitvertreib.
Un vent bourdonne souvent pour passer le temps.

***********

*******


L’ASCÈTE et LE RELIGIEUX EXTATIQUE

On a dit de Brentano qu’il n’avait qu’à ouvrir ses poches pour que des légions d’anges et de gnomes s’en échappassent ; le mot est vrai. En revanche, les pures préoccupations d’artiste n’occupèrent jamais qu’une place bien mince dans son cerveau. Tout entier aux caprices du moment, à ses boutades, il ne se doute point de ces sollicitudes curieuses dont certains lettrés entourent la chère œuvre, de ces soins paternels qu’on apporte si volontiers à la protéger aux débuts. Ce n’est pas lui dont le cœur eût bondi de joie à l’aspect du précieux volume. Au contraire, il avait horreur de se voir imprimé. « C’est pour moi une douleur insupportable, répétait-il souvent ; figurez-vous une jeune fille forcée d’exécuter pour divertir les gens une danse qu’elle aurait apprise aux dépens de son innocence et de son repos. J’ai écrit au moins autant de livres que ma sœur, mais je garde sur elle l’avantage de les avoir tous jetés au feu. » Parfois il lui arrivait de s’enfermer chez lui, d’allumer des cierges, et de se mettre ensuite à prier des nuits entières pour ceux qui souffrent. Singulière chose que cette fusion de l’esprit méridional et du génie du nord, dont cet homme offre le phénomène. J’ai dit qu’il y avait de l’ascète chez Brentano, du religieux extatique des bords du Nil, du thaumaturge ; il y avait aussi du don Quichotte.

par Henri Blaze
Clément brentano
Lettres de jeunesse de Clément à Bettina
Revue des Deux Mondes
période initiale, tome 9, 1845



*************************

LA POÉSIE DE CLEMENS BRENTANO – Gedichte Clemens Brentano

****************
LITTERATURE ALLEMANDE


Deutsch Poesie –  Deutsch Literatur

Clemens Brentano

9 septembre 1778 – 28 juillet 1842
9. September 1778 Ehrenbreitstein (Koblenz)- 28. Juli 1842 Aschaffenburg

German poet
Poète Allemand
Deutsch Dichter

Übersetzung
Traduction Jacky Lavauzelle


LA POESIE DE
CLEMENS BRENTANO

Heinrich Deiters, Der Waldsee

_____________________

LA POESIE DE CLEMENS BRENTANO

Gedichte Clemens Brentano

_____________________

L’AMOUR M’ENSEIGNE
Die Liebe lehrt

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Lamour-menseigne.jpg.
Photographie de Michèle Morgan

Die Liebe lehrt
L’amour m’enseigne
Mich lieblich reden,
à parler aimablement,

**

CUEILLIR DES ETOILES DANS LE CIEL
Hörst du wie die Brunnen rauschen

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Cueillir.jpg.
Albert Flamm, Golf von Neapel , Golfe de Naples

Hörst du wie die Brunnen rauschen,
Entends-tu le gémissement des fontaines,
Hörst du wie die Grille zirpt?
Entends-tu le chant des grillons ?

**

MADEMOISELLE DIENCHEN
Kennt ihr das Fräulein Dienchen nicht
1797

Kennt ihr das Fräulein Dienchen nicht.
Vous ne connaissez pas Mademoiselle Dienchen.
Sie hat ein Tabaksdosengesicht
Elle a un visage en forme de tabatière

**

LE SOUPER
AM TAGE VOR DEM ADENDMAHL

Was ich tue, was ich denke,
Pour tout ce que je fais, ce que je pense
Alles, was mit mir geschieht,
Ce qui m’arrive,

**

LE ROSSIGNOL & LA FILEUSE
Es sang vor langen Jahren
1802

Es sang vor langen Jahren
Il a chanté il y a longtemps
Wohl auch die Nachtigall.
Aussi le rossignol.

**

DOUCEMENT
Singet leise

Singet leise, leise, leise,
Chante doucement, doucement, doucement,
Singt ein flüsternd Wiegenlied
Chante cette berceuse murmurée

**

SI J’ÉTAIS UN MENDIANT
Wenn ich ein Bettelmann wär

Wenn ich ein Bettelmann wär
Si j’étais un mendiant
Käm ich zu Dir,
Qui venait vers toi

**

*******


L’ASCÈTE et LE RELIGIEUX EXTATIQUE

On a dit de Brentano qu’il n’avait qu’à ouvrir ses poches pour que des légions d’anges et de gnomes s’en échappassent ; le mot est vrai. En revanche, les pures préoccupations d’artiste n’occupèrent jamais qu’une place bien mince dans son cerveau. Tout entier aux caprices du moment, à ses boutades, il ne se doute point de ces sollicitudes curieuses dont certains lettrés entourent la chère œuvre, de ces soins paternels qu’on apporte si volontiers à la protéger aux débuts. Ce n’est pas lui dont le cœur eût bondi de joie à l’aspect du précieux volume. Au contraire, il avait horreur de se voir imprimé. « C’est pour moi une douleur insupportable, répétait-il souvent ; figurez-vous une jeune fille forcée d’exécuter pour divertir les gens une danse qu’elle aurait apprise aux dépens de son innocence et de son repos. J’ai écrit au moins autant de livres que ma sœur, mais je garde sur elle l’avantage de les avoir tous jetés au feu. » Parfois il lui arrivait de s’enfermer chez lui, d’allumer des cierges, et de se mettre ensuite à prier des nuits entières pour ceux qui souffrent. Singulière chose que cette fusion de l’esprit méridional et du génie du nord, dont cet homme offre le phénomène. J’ai dit qu’il y avait de l’ascète chez Brentano, du religieux extatique des bords du Nil, du thaumaturge ; il y avait aussi du don Quichotte.

par Henri Blaze
Clément brentano
Lettres de jeunesse de Clément à Bettina
Revue des Deux Mondes
période initiale, tome 9, 1845



*************************

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Symbole-Artgitato.jpg.