三国志演义 LES TROIS ROYAUMES 羅貫中 Luo Guanzhong 罗贯中- I-1


LUO GUANZHONG
罗贯中

[1320年-1400年]

Traduction JACKY LAVAUZELLE

 

**

 三国志演义
I-1

三國志演義
三国志演义
LES TROIS ROYAUMES

Roman Chinois du XIVe siècle
Début dynastie MING
明朝 [
1368-1644]

*

 三国志演义
Sān guó zhì yǎn yì
LES TROIS ROYAUMES

********

話說天下大勢,分久必合,合久必分。
Huà shuō tiān xià dà shì, fēn jiǔ bì hé, hé jiǔ bì fēn.
Abordons le mouvement du monde : une longue période de division, une longue unification, suivie d’une nouvelle division. 
周末七國分爭,併入於秦。
Zhōu mò qī guó fèn zhēng, bìng rù wū qín.
A la fin de la dynastie Zhou [周朝 à partir du XIe siècle avant J.-C.],  les Sept Royaumes Combattants [战国 du Ve au IIIe siècle avant J.-C.] se déchirèrent avant l’unification de la dynastie des Qin [秦  221 à 206 av. J.-C].
及秦滅之後,楚、漢分爭,又併入於漢。
Jí qín miè zhī hòu, chu, hàn fēn zhēng, yòu bìng rù wū hàn.
Et après la dynastie Qin, les Zhou et les Han luttèrent à nouveau et l’unité fut retrouvée ensuite sous les Han.
漢朝自高祖斬白蛇而起義,一統天下。
Hàn cháo zì gāo zǔ zhǎn bái shé ér qǐ yì, yī tǒng tiān xià.
Depuis que Gaozu, le premier empereur Han,  coupa la tête du Serpent Blanc [白蛇 Bai Shé] et, se soulevant, domina le monde.

 


後來光武中興,傳至獻帝,遂分為三國。
Hòu lái guān gwǔ zhōng xìng, chuán zhì xiàn dì, suí fēn wéi sān guó.
Plus tard l’empereur Han Guang Wudi (光武帝 – restauration de la dynastie Han en l’an 25) restaura la dynastie, unification qui dura jusqu’à l’empereur Xiandi [漢獻帝,  汉献帝 – dernier empereur de la dynastie Han], avant une nouvelle division du pays se fit en Trois Royaumes[de 220 à 265 – Royaume de Wei, Cao Wei, 曹魏],

 


推其致亂之由,殆始於桓、靈二帝。
Tuī qí zhì luàn zhī yóu, dài shǐ wū huán, líng èr dì.
Pour trouver l’origine du chaos,  il faut remonter à l’empereur Huan (桓帝 132-168), et à l’empereur Han Lingdi  [ 汉灵帝 ,漢靈帝  156 – 189].
桓帝禁錮善類,崇信宦官。
Huán dì jìn gù shàn lèi, chóng xìn huàn guān.
L’empereur Huan réservait les hautes charges aux eunuques plutôt qu’aux honnêtes gens.
及桓帝崩,靈帝即位,大將軍竇武、太傅陳蕃,共相輔佐。
Jí huán dì bēng, líng dì jí wèi, dà jiàng jūn dòu wǔ, tài fu chén fān, gòng xiāng fǔ zuǒ.
Et au règne de Huan succéda le règne de l’empereur Lingdi accompagné grand général Dou Wu ( 竇武 mort en 168) et du précepteur Chen Fan.

 


時有宦官曹節等弄權,竇武、陳蕃謀誅之,作事不密,反為所害,中涓自此愈橫。
Shí yǒu huàn guān cáo jié děng nòng quán, dòu wǔ, chén fān móu zhū zhī, zuò shì bù mì, fǎn wéi suǒ hài, zhōng juān zì cǐ yù héng.
Alors les eunuques possédaient une grande influence, avec à leur tête Tchao Tsie, Chen Fan et Dou Wu tentèrent de s’y opposer.

 

*

 三国志演义

 

SONNETS SHAKESPEARE traduction du SONNET 20 A woman’s face with nature’s own hand painted – UN VISAGE DE FEMME

LES SONNETS SHAKESPEARE THE SONNETS
THE SONNETS – LES SONNETS

Illustration du Phénix par Friedrich Justin Bertuch
*


WILLIAM SHAKESPEARE
[1564 – 1616]

Traduction JACKY LAVAUZELLE

**

SONNET 20

The Sonnets SHAKESPEARE
Les Sonnets SHAKESPEARE
A woman’s face with nature’s own hand painted

UN VISAGE DE FEMME

1598 

**

*

A woman’s face with nature’s own hand painted,
Un visage de femme peint de la main de la nature,
Hast thou, the master mistress of my passion;
Voilà ce que tu as, maître et maîtresse de ma passion ;
A woman’s gentle heart, but not acquainted
Le cœur tendre d’une femme, mais qui ne connaît pas
With shifting change, as is false women’s fashion:
La versatilité à la mode chez les femmes :

*








*

An eye more bright than theirs, less false in rolling,
Un œil plus brillant que les leurs, mais plus sincère
Gilding the object whereupon it gazeth;
Qui rend étincelant ce qu’il regarde ;
A man in hue all ‘hues’ in his controlling,
Tu prends le teint d’un homme qui contrôle tout éclat,
Which steals men’s eyes and women’s souls amazeth.
Qui captive les yeux des hommes et fascine les âmes des femmes.

*






*

And for a woman wert thou first created;
Et comme femme, tu fus d’abord créée ;
Till Nature, as she wrought thee, fell a-doting,
Jusqu’à ce que la nature, en te forgeant, rêvassant,
And by addition me of thee defeated,
Par addition m’écarta de toi,

*

By adding one thing to my purpose nothing.
En ajoutant une chose superflue.
But since she prick’d thee out for women’s pleasure,
Mais comme elle a pour but le plaisir des femmes,
Mine be thy love and thy love’s use their treasure.
A moi ton amour et à elles l’usage de ton amour comme d’un trésor.

*****************

SONNET 20

LES SONNETS SHAKESPEARE THE SONNETS

LUIS DE CAMOES OS LUSIADAS III-51 LES LUSIADES

Luís Vaz de Camões Os Lusiadas Les Lusiades
OS LUSIADAS III-51 LES LUSIADES III-51
LITTERATURE PORTUGAISE

Luis de Camoes Oeuvres obras Artgitato

literatura português

Luis de Camões
[1525-1580]

Tradução – Traduction
texto bilingue

Luis de Camoes Les Lusiades

 

Obra Poética

(1556)

LES LUSIADES III-51

OS LUSIADAS III-51

A Epopeia Portuguesa

 

CHANT III
Canto Terceiro

Traduction Jacky Lavauzelle

verso 51
Strophe 51

III-51

Image illustrative de l'article Vasco de Gama

Vasco de Gama

Vasco da Gama signature almirante.svg

 

******

Luís de Camões Os Lusiadas
OS LUSIADAS III-51
LES LUSIADES III-51

 *****

Précisions historiques

Camoes évoque, par l’intermédiaire de la voix de Vasco de Gama, la guerre entre Thérèse de León – Teresa Alfónsez de León (1080-1130) et son fils Afonso Henriques (1109 Guimarães /Viseu-1185  Coimbra) -Alfonso deviendra le premier roi de Portugal sous le nom d’Alphonse Ier – Alfonso I
Afonso Henriques sera couronné roi de Portugal en 1139 après la bataille d’Ourique.
Nous sommes dans le verset 42 du chant III à la veille de cette bataille entre Alphonse Ier et les maures sur les bords du Tage.
Dans le verset 43, la bataille se prépare et Luis de Camoes insiste sur la disproportion des forces en présence. Les Lusitaniens sont en nombre, dit Camoes, cent fois moins nombreux.
Mais les Chrétiens, « povo batizado« , sont si concentrés et recueillis dans leur foi que tout reste possible.
Dans le verset 44, Camoes présente les forces Maures, les cinq rois Maures Almoravides et notamment Ismar / Esmar.
Sonnet 45, nous étions au petit matin froid de la bataille.
Sonnets 45 & 46, Camoes évoque le miracle d’Ourique, le Christ apparaît dans toute sa splendeur et sa majesté à Alphonse Ier.
Sonnet 47, Camoes compare les stratégies des deux camps à un combat d’animaux : le léger chien agile, les Portugais, contre le gros taureau puissant et lourd, les Sarrasins.
Sonnet 48, l’armée d’Alphonse survolté se met en branle et le combat dans un immense fracas commence.
Sonnet 49, Camoes brosse le portrait d’une campagne en feu faisant fuir les paysans. La place est purifiée par les flammes et prête au dénouement final. La présence de Borée ajoute bien à cette soif du combat, cette envie inextinguible d’en découdre (« l’on regardoit ce vent comme donnant de l’appétit » précise d’Alembert, cf. note ci-dessous)
Sonnets 50 & 51, les forces s’affrontent. Malgré la puissance de la cavalerie mauresque, les lances portugaises déciment les positions ennemies.

Jacky Lavauzelle
Camoes Les Lusiades

**

La Bataille d’Ourique
Domingos Sequeira

**

******

« Ali se vêem encontros temerosos,
« Là, vous voyez des téméraires affrontements,
Para se desfazer uma alta serra,
A faire se déplacer une haute montagne,
E os animais correndo furiosos
Et les animaux partent dans de furieuses chevauchées
Que Neptuno amostrou ferindo a terra.
Ceux que Neptune créa en frappant la terre.
Golpes se dão medonhos e forçosos;
Les coups s’échangent en puissance et en force ;
Por toda a parte andava acesa a guerra:
De toutes parts la guerre se déchaîne :
Mas o de Luso arnês, couraça e malha
Mais les armées de Lusus combattent et cognent
Rompe, corta, desfaz, abola e talha.
Frappent, pénètrent mailles, boucliers et armures.

********

La vision de D. Afonso Henriques
Frei Manuel dos Reis

**

Vasco de Gama par Gregorio Lopes

*********************
Luís Vaz de Camões Os Lusiadas Les Lusiades
OS LUSIADAS III-51 CAMOES LUSIADES III-51
Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
*********************

White_Fawn_Drawing Faon Diane

LUIS DE CAMOES OS LUSIADAS LES LUSIADES

LETTRES DE L’ARETIN A MADONNA MARIA DE’ MEDICI A MARIA DE MEDICIS 1526 LETTERE DI ARETINO

PIERRE L’ARETIN – PIETRO ARETINO
LETTERE – Libro I – LETTRES -LIVRE I
A MADONNA MARIA DE’ MEDICI
A MARIA DE MEDICIS

1526

Traduction – Texte Bilingue
LITTERATURE ITALIENNE
Letteratura Italiana

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

Pietro Aretino
Pierre l’Arétin
Arezzo, 20 aprile 1492 – Venezia, 21 ottobre 1556
Arezzo 20 avril 1492 – Venise 21 octobre 1556

——–











 L’ARETIN

LETTERE – Libro I
LETTRES -LIVRE I
A MADONNA MARIA DE’ MEDICI
A MARIA DE MEDICIS
Decembre 1526

 

 

Tiziano – Le Titien
Vers 1548 circa 1548
Frick Collection New York












******

Notes & Précisions historiques

Cette lettre est écrite par Pierre l’Arétin à Mantoue et datée du 10 décembre 1526. L’Arétin présente ses condoléances à Maria de Médicis, suite à la mort du très célèbre candottiere de la famille des Médicis, Jean des Bandes Noires (1498-1526)- Giovanni dalle Bande Nere -mort dans la même ville de Mantoue, une dizaine de jours avant, le 30 novembre de cette année 1526.
Jean des Bandes Noires est le fils de Jean de Médicis. En 1516, il épousa la fille de Jacopo Salviati, Maria ( 1499-1543). Maria avait donc 26 ans à la mort de son époux. Elle descendait des Médicis du côté maternel.

Portrait de Jean des Bandes Noires

L’Arétin évoque la personne de Giullio di Raffaello dans cette lettre. [E sarei morto, mentre ho visto esalargli lo illustre spirito, e nel formargli del volto, che fece Giulio di Rafaello, e nel chiuderlo io ne la sepoltura.Il s’agit du peintre Jules Romain, élève de Raphaël, Giulio di Pietro di Filippo de Gianuzzi, Giulio Pippi ou  Giulio Romano,  qui aussi mourut à Mantoue le premier novembre 1546. Il est connu pour avoir réalisé des dessins érotiques qui lui valurent de nombreux ennuis et condamnations papales, notamment de la part d’Adrien VI. L’érotisme qui se dégage des dessins de Giullio di Raffaello se retrouve dans les I Sonneti lussuriosi de l’Arétin.

Giulio Romano par Jean-Louis Potrelle (1825)

Frédéric Gonzague est cité aussi dans notre lettre : « E il marchese, con tutta la nobiltà di casa Gonzaga e de la corte sua, con la folta del popolo dietro e la turba de le donne su per le finestre, conversa in stupore, ha riverito il tremendo corpo di lui che a voi fu sposo e a me signore, affermando di non veder mai più essequie di maggior guerriero. » Il s’agit de Frédéric II Gonzague, Frederico II Gonzaga, Frédérique II de Mantoue, né en 1500 à Mantoue. En 1526, il est auréolé de la prise de Parme,  avec le marquis de Pescara et Prospero Colonna, survenue 5 ans plus tôt en 1521, tenue par les armées de François Ier.

Il est question aussi de la blessure de Jean des Bandes Noires, survenue quelques jours avant, le 18 février 1525, qui l’empêche de participer à la Bataille de Pavie qui se déroula le 24 février 1525. [«Se il signor Giovanni non era ferito, la fortuna non mi faceva prigione?] François Ier fort de ses victoires en Provence en 1523, la conquête de Milan, continue sa progression avant d’échouer à Pavie où un siège commence le commence le 27 octobre 1524François Ier sera arrêté par César Hercolani et fait prisonnier par Charles Quint.

Jacky Lavauzelle

*****************************

A MADONNA MARIA DE’ MEDICI
A MARIA DE MEDICIS

MARIA SALVIATI

 

Io non voglio, signora, contendere con voi di dolore.
Je n’entends pas, Madame, ici opposer nos douleurs.
Non che io non vincessi per dolermi la morte del vostro marito più che a persona che viva;
Non que je puisse vaincre, car je pleure la mort de votre mari plus qu’aucune autre personne vivante ;
ma perché la vincita mi saria perdita, essendogli voi moglie, perché tutti i duoli, nel mancar dei consorti, si dànno a loro.
mais ce serait perdre inéluctablement, car sa femme vous êtes et le malheur suprême revient toujours inéluctablement au conjoint.
E non è perciò che la mia passione non preceda a la vostra, perché il vezzo, che vi domesticò a star senza, aveva indurato l’amore, tanto più tenero in me quanto non un’ora, non un momento, non un attimo ho saputo né potuto stargli assente, e più son note le vertù sue a me che a voi.
Mais mon affliction surpasse la vôtre, car l’habitude de vivre sans l’être chéri, a durci votre amour, alors que, pour moi, elle est tellement tendre que pas une heure, pas une seconde, pas un instant, je n’ai été en mesure de vivre cette absence, et, je l’avoue aussi, ses vertus me sont plus connus qu’à vous.
E mi si debbe credere, avendole io sempre vedute e voi sempre udite;
Et je crois que je les ai toujours vues, vous qui les connaissez par la rumeur ;
onde altri si compiace più ne la vertù degli occhi propri che nei gridi de la fama.
et nous préférons contempler la vertu de nos yeux plutôt que d’entendre courir les cris de la renommée.
E, caso che io ceda con la passione al vostro patire, do cotal preminenza al valore e a la saviezza di che sète piena, di maniera che è più capacità de le cose in voi donna che in me uomo.
Et, si je cède à l’intensité de votre souffrance, c’est que vous êtes la gardienne de la sagesse et de la grandeur de cet homme, et que vous les ressentez plus fortement qu’un homme tel que moi.
E, essendo così, il duolo è maggiore dal lato che più sa che da quello che men conosce.
Mais, ceci étant, le deuil est plus grand du côté de celui qui sait que que de celui qui ignore.

Ma diamisi il secondo luogo ne la doglia, la quale è sì giunta al sommo nel mio core, che non ha di che più dolersi.
Mais donnez-moi alors la seconde place dans cette échelle de la douleur, douleur qui se positionne au sommet de mon cœur, que rien ne plus déchirer davantage.
E sarei morto, mentre ho visto esalargli lo illustre spirito, e nel formargli del volto, che fece Giulio di Rafaello, e nel chiuderlo io ne la sepoltura.
J’aurais pu mourir quand Giulio Raffaello a terminé son moulage avant son enterrement, comme s’il venait à l’instant de nous quitter.
Ma il conforto, che mi ha dato la eternità de la sua memoria, mi ha sostenuto in vita.
Mais le réconfort que m’apportait la présence éternelle de sa mémoire, m’a soutenu en vie.
La publica voce de le sue vertù, le quali saranno le gioie e gli ornamenti de la vedovanza vostra, mi ha asciutto il pianto.
La connaissance publique de ses vertus qui réjouit et calme votre veuvage, assèche aussi mes larmes.
L’istorie dei suoi fatti mi tolgono non pur la maninconia, ma fannomi lieto.
Les histoires des ses actions balaient non seulement ma mélancolie mais aussi me rendent joyeux.
E mi pasco di udir da le gran persone:
Et je me nourris en entendant des gens formidables dire :
“Egli è morto uno sforzo di natura.
« Cette force de la nature est morte.
Egli è finito l’essempio de la fede antica.
Il s’est éteint ce parangon de la foi antique.
Egli è sparito il vero braccio di battaglia”.
Il a disparu ce bras vigoureux dans la bataille ».
E certo non fu mai chi levasse a tanta speranza l’arme italiane.
Il n’y a certainement jamais eu d’autre personne capable de faire lever ainsi les bras italiens.
E che più bel vanto può avere uno tolto a le cose umane che la ricordanza del re Francesco, da la cui bocca s’è udito più volte:
Quelle plus belle fierté que de recevoir du roi François, de sa bouche  même, et à maintes reprises, les propos suivants :
«Se il signor Giovanni non era ferito, la fortuna non mi faceva prigione?”
« Si le Seigneur Jean n’avait pas été blessé, la fortune m’aurait-elle conduit en prison ? “

Eccolo a pena sotterra che gli orgogli barbari, sollevandosi al cielo, spaventano i più coraggiosi;
Ici, à peine enterré, l’orgueil des barbares s’élève vers le ciel, effrayant les plus courageux ;
e già la paura signoreggia Clemente, che impara a desiderar il morire a chi era atto a sostenerlo vivo.
et maintenant la peur envahit Clément, qui désire la mort de ceux qui étaient là pour le garder en vie.
Ma l’ira di Dio, che vòl procedere sopra i falli altrui, ce l’ha tolto.
Mais la colère de Dieu, qui châtie les fautes des autres, nous l’a enlevé.
La Maestà Sua l’ha tirato a sé per gastigar gli erranti.
Sa Majesté l’a tiré vers elle afin de juger les offenses.
Perciò consentiamo a la volontà divina, senza più trafiggerci l’animo, dando orecchie a l’armonia de la sua lode.
Par conséquent, remettons-nous à la volonté divine, ne nous martyrisons plus l’âme, tendons l’oreille à l’harmonie de ses louanges.
Ristringasi il cor nostro nei diletti dei suoi onori.
Que notre cœur se remplisse des honneurs attachés à notre bien-aimé.
E, ragionando de le sue vittorie, facciamoci lume con i raggi de la sua gloria, la quale è andata inanzi al feretro, mentre la pompa funebre stupiva nel vedersi splendere nel mezzo dei capitani famosi, che l’hanno portato a seppellire su le loro spalle onorate.
Et, en pensant à ses victoires, réchauffons-nous à la lumière des rayons de sa gloire, qui cheminait au-devant du cercueil, tandis que la cérémonie funèbre s’émerveillait de briller au milieu des célèbres capitaines qui le portaient sur leurs nobles épaules.

E il marchese, con tutta la nobiltà di casa Gonzaga e de la corte sua, con la folta del popolo dietro e la turba de le donne su per le finestre, conversa in stupore, ha riverito il tremendo corpo di lui che a voi fu sposo e a me signore, affermando di non veder mai più essequie di maggior guerriero.
Et le marquis Frédéric Gonzague, avec toute la noblesse de la famille Gonzague et de sa cour, avec le peuple derrière lui et la foule des femmes aux fenêtres, qui conversaient avec étonnement, vénérait le corps majestueux de votre époux et de mon Seigneur, déclamait qu’on ne verrait jamais plus de funérailles d’un aussi grand guerrier.
Sì che riposate la mente nel grembo dei suoi meriti, e mandate Cosimo a Sua Eccellenza, che così mi comandò che io vi scrivesse, perché quella vòl succedergli in luogo del padre, che gliene ha lasciato per figliuolo.
Oui, calmez votre esprit dans le sein de ses mérites, et envoyait Cosme à Son Excellence, qui m’a commandé ce que je devais écrire, car pour père il en souhaite la charge, puisqu’il lui a laissé un fils.
E, se io credessi che Iddio non gli rendesse con doppia usura la copia de le degnità tolte al mio idolo da la invidia del destino e de la morte, mi gittarei ne le braccia de la disperazione.
Et, si je ne croyais que Dieu ne lui accorde pleinement, avec usure même, une quantité de bienfaits que l’envie du destin et de la mort a privé votre mari, je me jetterais dans les bras du désespoir.
Ma viviamo, ché così sarà, perché non pò esser che non sia.
Mais vivons, qu’il en soit ainsi et que différemment cela ne peut être.

Di Mantova, il 10 di decembre 1526
De Mantoue, le 10 décembre 1526

******




Pierre l’Arétin
A MADONNA MARIA DE’ MEDICI
A MARIA DE MEDICIS
1526

董永 DONG YONG L’ENFANT PERDU SECOURU Thean Hou Temple Kuala Lumpur

Malaysia
董永

Voyage en Malaisie
二十四孝
PHOTO JACKY LAVAUZELLE
Twenty-four Paragons of Filial Piety in China
Les 24 modèles de piété filiale en Chine

天后宫

 

 




 

 

THEAN HOU TEMPLE
天后宫外观
Les 24 enfants Chinois exemplaires
The Twenty-four Chinese Filial Exemplars
8 董永 DONG YONG

二十四孝


 Visiter Kuala Lumpur
Meneroka kota Kuala Lumpur
Melawat Kuala Lumpur
吉隆坡
Куала-Лумпур

*








天后宫
Thean Hou Temple

Tokong Thean Hou
乐圣岭天后宫

*************************

二十四孝

天后宫

**************************

董永
Dong Yong
L’ENFANT PERDU SECOURU

Dynastie des Han de l’Est ou Han Orientaux
(25-220)

Dong Yong est traditionnellement placé à la sixième place des tables des vingt-quatre personnages reconnus pour leur piété filiale et pour leur dévouement avec leurs proches ; il porte au Temple Thean Hou de Kuala Lumpur le numéro huit.
Voici les inscriptions de la plaque 8 en malaisien, en anglais :
« 8 Cerita kelapan ketaatan anak
Menjuat diri untuk mengembumikan ayah
Dong Yong hidup pada zaman Han Timur. Ibu bapa meninggal dunia ketika beliau masih kecil. Beliau menjual diri untuk mendapatkan Wang untuk mengebumikan mereka. Mahadewa Syurga terharu dengan undakan beliau. Dewi sy urga turun ke bum i untuk berkawin dengan Dong Yong dan membant u beliau untuk mengembalik kebebasan.
Story 8 He soldhimself for his father’s funeral
Dong Yong libed during the Eastern Han Period. His parents died when he was young. He sold himself in exchange for the money to bury them. The heavenly God was touched by his action. The Heaven Maiden descended to earth to marry him and help him to gain back his freedom. »

Dong Yong a donc vécu pendant la période des Han Orientaux東漢 ou Han de l’Est. Cette période se déroule sur deux siècles, de l’an 25 à l’an 220 ap. J.-C. Les premières années de cette dynastie furent prospères et l’autorité impériale se consolida, notamment grâce aux préceptes du Confucianisme. Les empereurs, autant le fondateur de la dynastie en l’an 25, Liu Xiu – Han Guang Wudi 光武帝 – que ses successeurs, endossaient une posture quasi prophétique. L’empereur Mingdi – Han Mingdi 汉明帝 漢明帝, le second de la dynastie, fonda une école confucéenne en l’an 66 dans la capitale du royaume Luoyang 洛阳市. Le troisième, l’empereur Han Zhangdi 汉章帝 (57 -88) aurait, devant 100 000 sujets, au Collège Impérial, participé à des échanges avec des lettrés sur les classiques confucéens.

Dong Yong sans argent, encore enfant, afin de payer une sépulture descente à ses parents, s’est vendu lui-même. Le dieu céleste, touché par son abnégation et sa piété filiale, est intervenu afin de le libérer de son esclavage.

La piété filiale décrite dans les vingt quatre tableaux de personnages chinois est la transcription pour le peuple chinois d’une des premières vertus du Confucianisme :
 » Lou Tzeu dit : « Parmi les hommes naturellement enclins à respecter leurs parents, à honorer ceux qui sont au-dessus d’eux, peu aiment à résister à leurs supérieurs. Un homme qui n’aime pas à résister à l’autorité, et cependant aime à exciter du trouble, ne s’est jamais rencontré. Le sage donne son principal soin à la racine. Une fois la racine affermie, la Voie peut naître. L’affection envers nos parents et le respect envers ceux qui sont au-dessus de nous sont comme la racine de la vertu. » (traduction Séraphin Couvreur – I-2  -Les Entretiens de Confucius 孔子)
La piété filiale 孝顺 [Xiàoshùn] est donc le socle sur lequel peut se bâtir une société. Le respect que l’on porte à ses parents 顺从父母的, donnera des citoyens obéissants tant vis à vis de leur supérieur que de l’empereur.

Jacky Lavauzelle

*******

Tableau 8
董永 DONG YONG
二十四孝

 

 

*********************

Tableau 8
Les 24 enfants modèles de piété filiale Chinois
The Twenty-four Chinese Filial Exemplars, story 8

*********************

董永 DONG YONG
二十四孝

*****************************************

SONNETS SHAKESPEARE Sonnet 19 Devouring Time blunt thou the lion’s paws – Temps insatiable

LES SONNETS SHAKESPEARE THE SONNETS
THE SONNETS – LES SONNETS

Illustration du Phénix par Friedrich Justin Bertuch
*


WILLIAM SHAKESPEARE
[1564 – 1616]

Traduction JACKY LAVAUZELLE

**

SONNET 19

The Sonnets SHAKESPEARE
Les Sonnets SHAKESPEARE
Devouring Time, blunt thou the lion’s paws

 

Temps insatiable

1598 

**

*

Devouring Time, blunt thou the lion’s paws,
Temps insatiable, rogne les griffes du lion,
And make the earth devour her own sweet brood;
Et fais dévorer par la terre sa propre descendance ;
Pluck the keen teeth from the fierce tiger’s jaws,
Déracine les dents acérées des mâchoires du féroce tigre,
And burn the long-liv’d phoenix, in her blood;
Et brûle le séculaire phénix dans son sang ;

*








*

Make glad and sorry seasons as thou fleets,
Fais succéder dans ton vol les belles saisons aux plus désolantes,
And do whate’er thou wilt, swift-footed Time,
Et arrange à ta façon, Temps aux pieds de velours,
To the wide world and all her fading sweets;
Ce grandiose monde et toutes ses précaires douceurs ;
But I forbid thee one most heinous crime:
Mais je te refuse le plus odieux des crimes :

*






*

O! carve not with thy hours my love’s fair brow,
Oh ! Ne marque pas de tes heures le beau front de mon amour,
Nor draw no lines there with thine antique pen;
Ne trace aucune ligne de ton antique plume ;
Him in thy course untainted do allow
Dans ton cours, laisse-le sans tache,

*

For beauty’s pattern to succeeding men.
Comme  un parangon de beauté pour les hommes de demain.
Yet, do thy worst old Time: despite thy wrong,
Ou plutôt, vieux Temps, excite-toi ! malgré tes affronts,
My love shall in my verse ever live young.
Mon amour vivra toujours dans mon verset, jeune à jamais.

*****************

SONNET 19

LES SONNETS SHAKESPEARE THE SONNETS

LUIS DE CAMOES OS LUSIADAS III-50 LES LUSIADES

Luís Vaz de Camões Os Lusiadas Les Lusiades
OS LUSIADAS III-50 LES LUSIADES III-50
LITTERATURE PORTUGAISE

Luis de Camoes Oeuvres obras Artgitato

literatura português

Luis de Camões
[1525-1580]

Tradução – Traduction
texto bilingue

Luis de Camoes Les Lusiades

 

Obra Poética

(1556)

LES LUSIADES III-50

OS LUSIADAS III-50

A Epopeia Portuguesa

 

CHANT III
Canto Terceiro

Traduction Jacky Lavauzelle

verso 50
Strophe 50

III-50

Image illustrative de l'article Vasco de Gama

Vasco de Gama

Vasco da Gama signature almirante.svg

 

******

Luís de Camões Os Lusiadas
OS LUSIADAS III-50
LES LUSIADES III-50

 *****

Précisions historiques

Camoes évoque, par l’intermédiaire de la voix de Vasco de Gama, la guerre entre Thérèse de León – Teresa Alfónsez de León (1080-1130) et son fils Afonso Henriques (1109 Guimarães /Viseu-1185  Coimbra) -Alfonso deviendra le premier roi de Portugal sous le nom d’Alphonse Ier – Alfonso I
Afonso Henriques sera couronné roi de Portugal en 1139 après la bataille d’Ourique.
Nous sommes dans le verset 42 du chant III à la veille de cette bataille entre Alphonse Ier et les maures sur les bords du Tage.
Dans le verset 43, la bataille se prépare et Luis de Camoes insiste sur la disproportion des forces en présence. Les Lusitaniens sont en nombre, dit Camoes, cent fois moins nombreux.
Mais les Chrétiens, « povo batizado« , sont si concentrés et recueillis dans leur foi que tout reste possible.
Dans le verset 44, Camoes présente les forces Maures, les cinq rois Maures Almoravides et notamment Ismar / Esmar.
Sonnet 45, nous étions au petit matin froid de la bataille.
Sonnets 45 & 46, Camoes évoque le miracle d’Ourique, le Christ apparaît dans toute sa splendeur et sa majesté à Alphonse Ier.
Sonnet 47, Camoes compare les stratégies des deux camps à un combat d’animaux : le léger chien agile, les Portugais, contre le gros taureau puissant et lourd, les Sarrasins.
Sonnet 48, l’armée d’Alphonse survolté se met en branle et le combat dans un immense fracas commence.
Sonnet 49, Camoes brosse le portrait d’une campagne en feu faisant fuir les paysans. La place est purifiée par les flammes et prête au dénouement final. La présence de Borée ajoute bien à cette soif du combat, cette envie inextinguible d’en découdre (« l’on regardoit ce vent comme donnant de l’appétit » précise d’Alembert, cf. note ci-dessous)
Sonnet 50, les forces s’affrontent. Malgré la puissance de la cavalerie mauresque, les lances portugaises déciment les positions ennemies.

Jacky Lavauzelle
Camoes Les Lusiades

**

La Bataille d’Ourique
Domingos Sequeira

**

******

« Desta arte o Mouro atónito e torvado,
« Au cœur de cette maestria, les Maures étonnés et fébriles,
Toma sem tento as armas mui depressa;
Se saisissent de leurs armes ;
Não foge; mas espera confiado,
Ils ne fuient pas, mais attendent en confiance,
E o ginete belígero arremessa.
Et leurs cavaliers impétueux se jettent dans la bataille.
O Português o encontra denodado,
Les Portugais vaillamment les affrontent,
Pelos peitos as lanças lhe atravessa:
 Transperçant leurs poitrines de leurs lances,
Uns caem meios mortos, e outros vão
Les uns s’effondrent morts, et d’autres appellent
  A ajuda convocando do Alcorão.
A l’aide en convoquant le Coran.

********

La vision de D. Afonso Henriques
Frei Manuel dos Reis

**

Vasco de Gama par Gregorio Lopes

*********************
Luís Vaz de Camões Os Lusiadas Les Lusiades
OS LUSIADAS III-50 CAMOES LUSIADES III-50
Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
*********************

White_Fawn_Drawing Faon Diane

LUIS DE CAMOES OS LUSIADAS LES LUSIADES

******

Ce siècle est grand et fort VICTOR HUGO 1837 VS L’époque est faible et lâche JACKY LAVAUZELLE 2017

VICTOR HUGO
REVISITE

Ce siècle est grand et fort
Victor Hugo

 

L’Epoque est faible et lâche
Jacky Lavauzelle
2017

En gras le poème Ce siècle est grand et fort de Victor Hugo paru dans Les Voix intérieures (15 avril 1837 -Œuvres complètes : Les Feuilles d’automne. Les Chants du crépuscule. Les Voix intérieures. Les Rayons et les Ombres, Editions Ollendorf, 1909, 17 (pp. 361-362))
En dessous, un Victor Hugo revisité, l’Epoque est faible est lâche.

*******

Ce siècle est grand et fort. Un noble instinct le mène.
L’époque est faible et lâche. Plus rien ne la porte.
Partout on voit marcher l’idée en mission ;
Rien ne s’éclaire, rien n’illumine ;
Et le bruit du travail, plein de parole humaine,
Le malheur sort du travail plein d’une effroyable détresse
Se mêle au bruit divin de la création
Et se mélange aux pleurs d’une guerre ce matin déclarée.

Partout, dans les cités et dans les solitudes,
Au cœur des cités, au cœur des solitudes
L’homme est fidèle au lait dont nous le nourrissions ;
L’homme est perdu sans cap ni missions
Et dans l’informe bloc des sombres multitudes
Au cœur des blocs tremblent d’étranges maléfices
La pensée en rêvant sculpte des nations.
Les piqûres en pénétrant nourrissent les mirages.

L’échafaud vieilli croule, et la Grève se lave.
Les prisons croulent, les grèves perlent
L’émeute se rendort. De meilleurs jours sont prêts.
Les émeutes se lèvent. Que les beaux jours sont loin !
Le peuple a sa colère et le volcan sa lave
Le peuple ne décolère plus et sa langue explose
Qui dévaste d’abord et qui féconde après.
En dévastant tout pour que plus rien ne vienne.

Des poëtes puissants, têtes par Dieu touchées,
Des slameurs impuissants tentent de toucher Dieu
Nous jettent les rayons de leurs fronts inspirés.
Nous jetant des mots à nos fronts fatigués.
L’art a de frais vallons où les âmes penchées
Les artistes n’ont plus les routes où des âmes s’épanchent
Boivent la poésie à des ruisseaux sacrés.
Noyant des soirées par des cocktails de cordes.

Pierre à pierre, en songeant aux vieilles mœurs éteintes,
Article après article après une ultime étreinte
Sous la société qui chancelle à tous vents,
De cette société disparue dans un si petit trou d’égout,
Le penseur reconstruit ces deux colonnes saintes,
L’artiste puceau voit dans sa nuit deux pierres peintes
Le respect des vieillards et l’amour des enfants.
Un vieillard en lambeaux et des étreintes d’enfance

Le devoir, fils du droit, sous nos toits domestiques
Le droit domestiquant le devoir
Habite comme un hôte auguste et sérieux.
Domine comme un maître son chien.








Les mendiants groupés dans l’ombre des portiques
Les SDF inanimés contre des bouches utopiques
Ont moins de haine au cœur et moins de flamme aux yeux.
N’ont même plus une seule haine et une lueur dans les yeux.

L’austère vérité n’a plus de portes closes.
La vérité s’est perdue dans la dernière maison close
Tout verbe est déchiffré. Notre esprit éperdu,
Le verbe s’est fait déchiré. Notre esprit s’est perdu,
Chaque jour, en lisant dans le livre des choses,
Pendu au petit jour par les choses pendantes
Découvre à l’univers un sens inattendu.
Il pense à cet univers qui jadis devait avoir un sens.

O poëtes ! le fer et la vapeur ardente








Ô chanteurs ! la peur amère suffocante
Effacent de la terre, à l’heure où vous rêvez,
Sort de la terre, là où vos entrailles et votre cœur
L’antique pesanteur, à tout objet pendante,
Paniquent dans l’horreur, toute langue pendante,
Qui sous ses lourds essieux broyait les durs pavés.
Qui, par de trop lourds aveux, a broyé sa mâchoire.

L’homme se fait servir par l’aveugle matière.
L’homme n’est plus rien, qu’une matière aveugle.
Il pense, il cherche, il crée ! A son souffle vivant
Il se bat, bande et butte ! De son souffle fétide
Les germes dispersés dans la nature entière
Les germes eux-mêmes se meurent
Tremblent comme frissonne une forêt au vent !
En tremblant comme frissonne une verge qui s’égoutte !

Oui, tout va, tout s’accroît. Les heures fugitives
Oui, tout ploie ici-bas. Une lueur fugitive
Laissent toutes leur trace. Un grand siècle a surgi.
Ne laisse aucune trace. Le temps s’est enfui.
Et, contemplant de loin de lumineuses rives,
En marchant dans la nuit de la nuit
L’homme voit son destin comme un fleuve élargi.
L’homme avance dans le fleuve étourdi.

Mais parmi ces progrès dont notre âge se vante,
Mais parmi ces douleurs au milieu de ces râles
Dans tout ce grand éclat d’un siècle éblouissant,
Dans ce qui semble se terminer dans un immense pet
Une chose, ô Jésus, en secret m’épouvante,
Une chose, ô Humain, une chose me questionne
C’est l’écho de ta voix qui va s’affaiblissant
C’est pourquoi avoir fait tout ça pour ça !

15 avril 1837
20 avril 2017

Ce siècle est grand et fort
Victor Hugo

HUGO REVISITE
L’Epoque est faible et lâche
Jacky Lavauzelle

LES SONNETS SHAKESPEARE SONNET 18 Shall I compare thee to a summer’s day?

LES SONNETS SHAKESPEARE THE SONNETS
THE SONNETS – LES SONNETS


WILLIAM SHAKESPEARE
[1564 – 1616]

Traduction JACKY LAVAUZELLE

**

SONNET 18

The Sonnets SHAKESPEARE
Les Sonnets SHAKESPEARE
Shall I compare thee to a summer’s day?

Dois-je te comparer à un jour d’été ?

1598 

**

Shall I compare thee to a summer’s day?
Dois-je te comparer à un jour d’été ?
Thou art more lovely and more temperate:
Tu es plus belle et plus tempérée :
Rough winds do shake the darling buds of May,
Les vents rugueux secouent les bourgeons chéris de Mai,
And summer’s lease hath all too short a date:
Et le bail de l’été est décidément bien trop court :

*








Sometime too hot the eye of heaven shines,
Parfois trop brûlant, l’œil du ciel brille intensément,
And often is his gold complexion dimm’d,
Mais souvent son teint d’or s’estompe,
And every fair from fair sometime declines,
Et ainsi toute beauté décline,
By chance, or nature’s changing course untrimm’d:
Par le pur hasard ou par le cours changeant de la nature :






*

But thy eternal summer shall not fade,
Mais ton été éternel ne disparaîtra pas,
Nor lose possession of that fair thou ow’st,
Et ne sera pas dépossédé de tes grâces,
Nor shall death brag thou wander’st in his shade,
La mort ne se targuera de ton errance dans ses ombres,

*

When in eternal lines to time thou grow’st,
Quand, dans les lignes éternelles, tu grandiras,
So long as men can breathe, or eyes can see,
Tant que les hommes respireront ou que les yeux verront,
So long lives this, and this gives life to thee.
Cela durera longtemps et cela te donnera la vie.

*****************

SONNET 18

LES SONNETS SHAKESPEARE THE SONNETS

LUIS DE CAMOES OS LUSIADAS III-49 LES LUSIADES

Luís Vaz de Camões Os Lusiadas Les Lusiades
OS LUSIADAS III-49 LES LUSIADES III-49
LITTERATURE PORTUGAISE

Luis de Camoes Oeuvres obras Artgitato

literatura português

Luis de Camões
[1525-1580]

Tradução – Traduction
texto bilingue

Luis de Camoes Les Lusiades

 

Obra Poética

(1556)

LES LUSIADES III-49

OS LUSIADAS III-49

A Epopeia Portuguesa

 

CHANT III
Canto Terceiro

Traduction Jacky Lavauzelle

verso 49
Strophe 49

III-49

Image illustrative de l'article Vasco de Gama

Vasco de Gama

Vasco da Gama signature almirante.svg

 

******

Luís de Camões Os Lusiadas
OS LUSIADAS III-49
LES LUSIADES III-49

 *****

Précisions historiques

Camoes évoque, par l’intermédiaire de la voix de Vasco de Gama, la guerre entre Thérèse de León – Teresa Alfónsez de León (1080-1130) et son fils Afonso Henriques (1109 Guimarães /Viseu-1185  Coimbra) -Alfonso deviendra le premier roi de Portugal sous le nom d’Alphonse Ier – Alfonso I
Afonso Henriques sera couronné roi de Portugal en 1139 après la bataille d’Ourique.
Nous sommes dans le verset 42 du chant III à la veille de cette bataille entre Alphonse Ier et les maures sur les bords du Tage.
Dans le verset 43, la bataille se prépare et Luis de Camoes insiste sur la disproportion des forces en présence. Les Lusitaniens sont en nombre, dit Camoes, cent fois moins nombreux.
Mais les Chrétiens, « povo batizado« , sont si concentrés et recueillis dans leur foi que tout reste possible.
Dans le verset 44, Camoes présente les forces Maures, les cinq rois Maures Almoravides et notamment Ismar / Esmar.
Sonnet 45, nous étions au petit matin froid de la bataille.
Sonnets 45 & 46, Camoes évoque le miracle d’Ourique, le Christ apparaît dans toute sa splendeur et sa majesté à Alphonse Ier.
Sonnet 47, Camoes compare les stratégies des deux camps à un combat d’animaux : le léger chien agile, les Portugais, contre le gros taureau puissant et lourd, les Sarrasins.
Sonnet 48, l’armée d’Alphonse survolté se met en branle et le combat dans un immense fracas commence.
Sonnet 49, Camoes brosse le portrait d’une campagne en feu faisant fuir les paysans. La place est purifiée par les flammes et prête au dénouement final. La présence de Borée ajoute bien à cette soif du combat, cette envie inextinguible d’en découdre (« l’on regardoit ce vent comme donnant de l’appétit » précise d’Alembert, cf. note ci-dessous)

Jacky Lavauzelle
Camoes Les Lusiades

**

La Bataille d’Ourique
Domingos Sequeira

**

******

« Bem como quando a flama, que ateada
« Ainsi, lorsque la flamme naît
Foi nos áridos campos (assoprando
Au cœur des champs arides (souffle
O sibilante Bóreas) animada
Puissant de Borée*) animée
Co’o vento, o seco mato vai queimando;
Par les vents, l’herbe sèche brûle aussitôt ;
A pastoral companha, que deitada
La campagne pastorale, sortant
Co’o doce sono estava, despertando
De son doux sommeil, s’effraie
Ao estridor do fogo que se ateia,
Du mur de feu qui embrase l’horizon,
Recolhe o fato, e foge para a aldeia:
Les paysans rassemblent leurs affaires et s’enfuient vers le village :

******

NOTES

*Borée : la définition de la Première Encyclopédie

« BORÉE, s. m. (Physiq.) nom dérivé du Grec, & dont on se sert communément pour signifier le vent de nord. Voyez Vent & Nord.
Les étymologistes font venir ce mot du Grec βοὴ, clamor, bruit ; ou de βορὰ, esca, aliment ; soit parce que l’on regardoit ce vent comme donnant de l’appétit, ou parce qu’on le croyoit bon pour les fruits de la terre qui nous donnent la nourriture. D’autres le dérivent de l’Hébreu, biojah, aliment, ou de beri, tranquillité, ou de bor, pureté, ou de bar, blé. Les anciens supposoient que ce vent se faisoit sentir principalement en Thrace. Pezron remarque qu’anciennement borée signifioit le vent de nord, & qu’il souffloit chez ces peuples pendant le solstice d’été. Il ajoûte que ce mot vient du mot Celtique bore, matin, parce que les premiers rayons du soleil se font voir en été au nord-est, & qu’ordinairement c’est de ce point que ce vent commence à souffler. (O) »

Jean le Rond D’Alembert
L’Encyclopédie, Première Edition
Texte établi par D’Alembert – Diderot, 1751 (Tome 2, p. 335).

********

La vision de D. Afonso Henriques
Frei Manuel dos Reis

**

Vasco de Gama par Gregorio Lopes

*********************
Luís Vaz de Camões Os Lusiadas Les Lusiades
OS LUSIADAS III-49 CAMOES LUSIADES III-49
Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
*********************

White_Fawn_Drawing Faon Diane

LUIS DE CAMOES OS LUSIADAS LES LUSIADES

******