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POUR ELLE – ALEXANDRE POUCHKINE – К НЕЙ – 1817

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                                    TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

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POUR ELLE
1817 
К НЕЙ

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Constantin Korovine, Константин Алексеевич Коровин, Gourzouf, Гурзуф, 1914

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В печальной праздности я лиру забывал,
Dans ma triste oisiveté, j’en ai oublié ma lyre,
Воображение в мечтах не разгоралось,
L’imagination dans mes rêves s’est éteinte,
С дарами юности мой гений отлетал,
Avec les dons de la jeunesse, mon génie s’est envolé,
И сердце медленно хладело, закрывалось
Et le cœur s’est refroidit lentement, se refermant ;
Вас вновь я призывал, о дни моей весны,
Je vous ai rappelés, vous, les jours de mon printemps,
Вы, пролетевшие под сенью тишины,
Volant dans l’ombre du silence
Дни дружества, любви, надежд и грусти нежной,
Jours d’amitié, d’amour, d’espoir et de tendre tristesse,
Когда, поэзии поклонник безмятежный,
Quand, adorateur serein de la poésie,
На лире счастливой я тихо воспевал
Sur la lyre heureuse, je scandais intensément
Волнение любви, уныние разлуки —
Les promesses d’amour, les larmes de l’absence –
И гул дубрав горам передавал
  Et le mugissement des forêts dans les montagnes
Мои задумчивые звуки…
Avec mes émouvantes sonorités…
Напрасно! Я влачил постыдной лени груз,
En vain ! J’ai porté cette lourde paresse honteuse,
В дремоту хладную невольно погружался,
Plongé dans un glacial sommeil involontaire,
Бежал от радостей, бежал от милых муз
Fuyant les joies et les ravissantes muses
И — слезы на глазах — со славою прощался!
Et – les larmes aux yeux – dit adieu à la gloire !
Но вдруг, как молнии стрела,
Mais soudain, comme un éclair,
Зажглась в увядшем сердце младость,
  Jeunesse illuminée dans un cœur flétri,
Душа проснулась, ожила,
  Mon âme s’est réveillée, revenant à la vie,
Узнала вновь любви надежду, скорбь и радость.
J’ai retrouvé l’amour, l’espoir, le chagrin et la joie.
Всё снова расцвело! Я жизнью трепетал;
Tout s’est à nouveau épanoui ! J’étais en admiration devant la vie ;
Природы вновь восторженный свидетель,
   Témoin enthousiaste de la nature,
Живее чувствовал, свободнее дышал,
Je me sentais plus vivant, respirais plus librement,
Сильней пленяла добродетель…
Puissamment captivité par toutes ces vertus …
Хвала любви, хвала богам!
   Gloire à l’amour, gloire aux dieux !
Вновь лиры сладостной раздался голос юный,
A nouveau, ma douce lyre accompagne la divine voix,
И с звонким трепетом воскреснувшие струны
Et avec les puissants frémissements des cordes ressuscitées
Несу к твоим ногам!..
Je la porte à tes pieds ! ..

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RETOUR AU PAYS – POÈME DE FRIEDRICH HÖLDERLIN – Rückkehr in die Heimat

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*LITTERATURE ALLEMANDE
Deutsch Literatur

Friedrich Hölderlin
1770-1843

Traduction Jacky Lavauzelle

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die Gedichte
Les Poèmes

 

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RETOUR AU PAYS
Rückkehr in die Heimat
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Albert Flamm, Abendstimmung am Rhein, Ambiance du soir sur le Rhin

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Ihr milden Lüfte! Boten Italiens!
Ô vous doux airs ! Messagers d’Italie !
Und du mit deinen Pappeln, geliebter Strom!
Et toi, avec tes peupliers, ô fleuve bien-aimé !
Ihr wogenden Gebirg! o all ihr
Tes montagnes vallonnées ! ô vous tous
Sonnigen Gipfel, so seid ihrs wieder?
Sommets ensoleillés, vous revoici donc ?

*

Du stiller Ort! in Träumen erschienst du fern
Ô lieu silencieux ! dans les rêves tu m’es apparu si loin
Nach hoffnungslosem Tage dem Sehnenden,
Dans ma mémoire, après ce jour désespéré,
Und du mein Haus, und ihr Gespielen,
Et toi ma maison, et vous mes camarades,
Bäume des Hügels, ihr wohlbekannten!
Et vous, les arbres de la colline, que je connais si bien !

*


Wie lang ists, o wie lange! des Kindes Ruh
Comme il y a longtemps, si longtemps ! le repos de l’enfant
Ist hin, und hin ist Jugend und Lieb und Lust;
S’en est allé, comme la jeunesse, l’amour et la luxure ;
Doch du, mein Vaterland! du heilig –
Mais toi, ô ma Patrie ! toi sainte –
Duldendes! siehe, du bist geblieben.
Tolérance ! toi, tu es restée !

*


Und darum, daß sie dulden mit dir, mit dir
Et pour tout ce qu’ils supportent avec toi, mais avec toi
Sich freun, erziehst du, teures! die Deinen auch
Ils se réjouissent que tu préviennes, mon cher !, les tiens aussi
Und mahnst in Träumen, wenn sie ferne
Et que tu les avertisses, quand dans tes rêves au loin tu les aperçois
Schweifen und irren, die Ungetreuen.
Errants et dans l’erreur, eux, les infidèles.

*


Und wenn im heißen Busen dem Jünglinge
Et quand dans la poitrine chaude du jeune homme
Die eigenmächtgen Wünsche besänftiget
Les désirs impétueux se trouvent apaisés
Und stille vor dem Schicksal sind, dann
Et sereins devant le destin, alors
Gibt der Geläuterte dir sich lieber.
L’épure se donne à toi plus volontiers.

*
Lebt wohl dann, Jugendtage, du Rosenpfad
Adieu donc, jours de la jeunesse, et toi chemin parsemé de roses
Der Lieb, und all ihr Pfade des Wanderers,
De l’amour, et vous, tous les chemins des errances,
Lebt wohl! und nimm und segne du mein
Adieu ! et prends et bénis
Leben, o Himmel der Heimat, wieder!
ma vie, ô ciel de ma Patrie, encore et encore !


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KETI DANDUROVI – LE ROMANTISME AUX REFLETS D’INFINI – ქეთი დანდუროვი – Aux sources obscures de l’Être

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ARTISTE GEORGIEN
ქართველი მხატვარი

KETI DANDUROVI
ქეთი დანდუროვი

 

Aux sources obscures de l’Être
LE ROMANTISME AUX
REFLETS D’INFINI

Texte Jacky Lavauzelle

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Huile sur papier
50×70

« Après des siècles de déchirement de l’âme, à l’heure de l’agonie des grandes religions établies, se dressant contre les faciles et déplorablement stériles philosophies de progrès, nées de la jobardise de l’homme émerveillé par ses petites découvertes, voici la réclamation de l’enfant sevré du lait maternel, l’appel de l’homme assoiffé, qui veut retourner aux sources obscures de l’Être : la protestation profonde du Romantisme. Là où certains ne voient que fatras sentimental, nous voyons, nous, l’un des plus grands retournements de l’esprit humain. Le plus sûr mérite à nos yeux du Romantisme, c’est d’avoir contraint l’homme à se tenir à l’extrême-pointe de lui-même. En ouvrant les portes des puissances de l’âme aux profondes inspirations du Rêve, de l’Amour et de la Mort, le Romantisme a rendu à l’homme sa noblesse primitive. « Quand je donne aux choses communes un sens auguste, aux réalités ordinaires un aspect mystérieux, aux objets connus, aux êtres finis un reflet d’infini, je les romantise » (Novalis). »
Le Romantisme allemand
Roger Gilbert-Lecomte
Revue Comœdia n°54 du 4 juillet 1942

From love letters
De lettres d’amour
150×110
huile sur toile

Keti Dandurovi marche ainsi constamment à l’extrême pointe de la réalité, toujours proche de l’infini. Elle marche un pied dans le néant et l’autre dans la passion. Entre le rouge et le noir. Un long et fragile balancement continu où les êtres se rencontrent et s’accrochent désespérément.
Elle porte le plus vieux secret du monde et la plus lourde histoire des hommes. Elle plonge dans les failles quand le monde croit s’évader dans la technique et le divertissement. Elle plonge dans les failles, au creux de l’arbre que tout le monde croit mort mais qui ne fait que se poser un peu dans la folie du présent.
Il lui faut une grande maîtrise pour ne pas plonger un peu plus dans les arcanes de l’infini et de ses rivières longues et pénétrantes et de ces arbres qui longent son entrée magistrale.
Mais elle en revient avec le noir qu’un soleil fulgurant lui a dévoilé.

« une synthèse des deux états précédents et éclairer ainsi le devenir de l’humanité, célébrer à nouveau les épousailles mystiques de l’homme et de la nature, non plus dans l’innocence primitive, mais avec l’expérience douloureuse de l’enfantement de la conscience. » Roger Gilbert-Lecomte

« La Poésie est le réel absolu…Le sens de la poésie est proche parent de la divination et, d’une façon générale, du sens religieux, de l’intuition du voyant. » soulignait Novalis. La peinture de Keti Dandurovi est aussi essentiellement poétique. Elle écrit avec les plaies du monde, les absences et les manques. Elle écrit comme elle peint et peint comme elle souffre. Elle rentre dans ce monde où elle aperçoit la réalité augmentée, non fractionnée mais unifiée. Dans l’absolu de cette vision, elle se regarde en nous regardant. Elle peint comme un moine en transe peindrait son ultime icône, source et océan à la fois, l’alpha et l’oméga.

Farewell – Adieu
Acrylique
150×150

 » La seule liberté possible pour un homme lucide jusqu’à la voyance étant d’agir dans le sens du devenir du monde. » (Le Romantisme allemand
Roger Gilbert-Lecomte)
Aux premières lueurs de l’aube, Keti Dandurovi arrache peu à peu les secrets des mondes et nous les montre dans leur vérité nue. Les danses redoutables des morceaux de vie continuent devant nos yeux étonnés. Des restes de voyages que nous continuons alors. Nous les gardons longtemps comme les trésors qu’un explorateur du lointain a bien voulu nous laisser en témoignage.

JL

Keti Dandurovi dans son atelier
My depressed daughters
Mes filles déprimées
Huile sur toile

200×200
Mistake
Erreur
130×90
Self-love

LE PLEIN & LE VIDE – SONNET DE SHAKESPEARE XLV -So are you to my thoughts as food to life

SONNET de SHAKESPEARE
THE SONNETS
THE SONNETS – LES SONNETS

Illustration du Phénix par Friedrich Justin Bertuch
*


WILLIAM SHAKESPEARE
[1564 – 1616]

Traduction JACKY LAVAUZELLE




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SONNET 75

The Sonnets SHAKESPEARE
Les Sonnets de SHAKESPEARE

So are you to my thoughts as food to life

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LE PLEIN & LE VIDE
*****

1598 

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*

So are you to my thoughts as food to life,
Ainsi tu es à mes pensées comme la nourriture à la vie,
Or as sweet-season’d showers are to the ground;
Ou comme les pluies de la saison douce à la terre ;
And for the peace of you I hold such strife
Et pour ta paix, je suis en lutte
As ‘twixt a miser and his wealth is found.
Comme un avare inquiet qui admire ses richesses.

*

Now proud as an enjoyer, and anon
Là, il est fier de le posséder, et ensuite
Doubting the filching age will steal his treasure;
Il redoute les morsures des âges qui lui voleront son trésor ;
Now counting best to be with you alone,
Maintenant, je souhaite profiter seul de ta présence,
Then better’d that the world may see my pleasure:
Puis je préfère que le monde soit témoin de mon plaisir :

*

Sometime all full with feasting on your sight,
Parfois, je suis rassasié de ta vue,
And by and by clean starved for a look;
Et parfois, j’ai faim d’un seul de tes regards ;
Possessing or pursuing no delight
Ne poursuivant et ne cherchant d’autres plaisirs

*

Save what is had, or must from you be took.
Que ceux que j’ai trouvés en toi, ou ceux que je peux encore trouver.
Thus do I pine and surfeit day by day,
Ainsi, je dépéris ou je me repais jour après jour,
Or gluttoning on all, or all away.
Dans une pleine orgie ou dans une complète abstinence.

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SHAKESPEARE SONNET
SONNET LXXV

LES SONNETS DE SHAKESPEARE THE SONNETS

LA POÉSIE DE VIATCHESLAV IVANOV – Поэзия Вячеслава Иванова

Sergueï Svetoslavski,  Сергей Иванович Светославский , Vue de la fenêtre de l’Académie des Beaux-Arts de Moscou, 1878

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LITTÉRATURE RUSSE
POÉSIE RUSSE
Русская литература
Русская поэзия
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VIATCHESLAV IVANOV
Вячеслав Иванович Иванов

16 février 1866 Moscou – 16 juillet 1949 Rome
16 февраля 1866 г. Москва – 16 июля 1949 г. Рим

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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
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Poésie de Viatcheslav Ivanov

Поэзия Вячеслава Иванова

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1890

L’ESPRIT RUSSE
Русский ум

Своеначальный, жадный ум, —
L’esprit russe puissant et avide,
Как пламень, русский ум опасен
Dangereux comme une flamme

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Ivan Aïvazovski, Иван Айвазовский, Chaîne du Caucase vue de la mer,Кавказская цепь с моря, 1894

1891

VAGABONDS ET STATUES
Странник и Статуи

« Дети Красоты невинной!
« Enfants à l’innocente beauté !
В снежной Скифии, у нас,
Dans la Scythie enneigée, avec nous,

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Scythian_comb.jpg.
Peigne gréco-scythe en or
Kourgane de Soloha
IVe siècle avant J.-C.
Musée de l’Ermitage

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Панацея
PANACÉE

Кто — скорбит по езуите,
Qui pleurent un Ésus ,
Кто — зовет в страну царей:
Qui appellent le pays des rois :

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Panacée-707x1024.jpg.
Taranis avec roue et foudre
Musée d’Archéologie nationale
Saint-Germain en Laye

1901

Любовь
AMOUR

Мы — два грозой зажженные ствола,
Nous sommes deux troncs éclairés par l’orage,
Два пламени полуночного бора;
Au cœur de la forêt, deux flammes de minuit ;

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1902

L’ESPRIT
Дух

Над бездной ночи Дух, горя,
L’Esprit, au-dessus de l’abîme misérable de la nuit,
Миры водил Любви кормилом;
Sur les mondes laisse conduire l’Amour ;

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Costume_of_Cleopatra_for_Ida_Rubinstain-815x1024.jpg.

1906

LA PÊCHE
Улов

Обнищало листье златое.
Dorée se trouvait la feuille mendiante et appauvrie.
Просквозило в сенях осенних
A travers la canopée d’automne

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est La-Pêche-1024x750.jpg.
Arkhip Kouïndji, Архип Куинджи, Coucher de soleil rouge, Красный закат ou Красный закат на Днепре, 1908

1909

APOLLON
APOLLINI

Когда вспоит ваш корень гробовой
Quand ta racine s’est nourrie
Ключами слез Любовь, и мрак суровый,
De lourdes larmes d’Amour et de sombres ténèbres,

Apollon et Daphné, Piero Pollaiuolo, 1470, 1480, National Gallery, Londre
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Вячеслав Иванов с Лидией Зиновьевой-Аннибал. Фото из Римского архива Вяч. Иванова
Ivanov avec Lydia Zinovieva-Annibal
Photo de l’archive romaine Vyach. Ivanova
L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Symbole-Artgitato.jpg.

AMOUR – 1901 – Poème de Viatcheslav Ivanov – Поэзия Вячеслава Иванова – Любовь

Bonaparte devant le Sphinx ,Jean-Léon Gérôme, 1868 – détail

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L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Symbole-Artgitato.jpg.

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LITTÉRATURE RUSSE
POÉSIE RUSSE
Русская литература
Русская поэзия
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Poésie de Viatcheslav Ivanov
Поэзия Вячеслава Иванова


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VIATCHESLAV IVANOV
Вячеслав Иванович Иванов

16 février 1866 Moscou – 16 juillet 1949 Rome
16 февраля 1866 г. Москва – 16 июля 1949 г. Рим

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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
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Любовь
AMOUR
1901

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Мы — два грозой зажженные ствола,
Nous sommes deux troncs éclairés par l’orage,
Два пламени полуночного бора;
Au cœur de la forêt, deux flammes de minuit ;
Мы — два в ночи летящих метеора,
Nous sommes deux météores planant dans la nuit,
Одной судьбы двужалая стрела!
Un destin avec une double flèche !

*

Мы — два коня, чьи держит удила
Nous sommes deux chevaux aux rênes
Одна рука, — одна язвит их шпора;
Dans une seule main tenues, saignés par un unique éperon ;
Два ока мы единственного взора,
Les deux yeux d’un même regard,
Мечты одной два трепетных крыла.
D’une unique rêverie deux ailes vibrantes.

*

Мы — двух теней скорбящая чета
Nous sommes deux ombres d’un couple en deuil
Над мрамором божественного гроба,
Au-dessus du marbre du tombeau divin
Где древняя почиет Красота.
Où l’ancienne Beauté repose.

*

Единых тайн двугласные уста,
Nous sommes le mystère d’une bouche à deux voix,
Себе самим мы — Сфинкс единый оба.
Pour nous-mêmes, nous sommes le Sphinx, à nous deux.
Мы — две руки единого креста.
Nous sommes les deux mains d’une même croix.


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1901

Вячеслав Иванов с Лидией Зиновьевой-Аннибал. Фото из Римского архива Вяч. Иванова
Ivanov avec Lydia Zinovieva-Annibal
Photo de l’archive romaine Vyach. Ivanova
L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Symbole-Artgitato.jpg.

LES BLESSURES DE L’AMOUR – LE CHANSONNIER PÉTRARQUE SONNET 216 (Première Partie) CANZONIERE – CCXVI -Tutto ’l dí piango

*

FRANCESCO PETRARQUE SONNETS

Francesco PETRARCA
1304 – 1374

Traduction Jacky Lavauzelle

——–


Canzoniere Petrarca  Sonetto 216

LE CHANSONNIER PETRARQUE
Sonnet 216
CCXVI

Rerum vulgarium fragmenta

Fragments composés en vulgaire

Rime In vita di Madonna Laura

PRIMA PARTE
Première Partie

216/263

Dante Boccace Petrarque Guido Cavalvanti Cino da Pistoia Guittone dArezzo Trecento Italien 1544 Giorgio Vasari

Tutto ’l dí piango; et poi la notte, quando
Tout le jour je pleure ; et puis la nuit, quand
prendon riposo i miseri mortali,
les pauvres mortels se reposent,
trovomi in pianto, et raddoppiansi i mali:
je me retrouve toujours à pleurer et mes maux sont d’autant amplifiés :
cosí spendo ’l mio tempo lagrimando.
ainsi je passe mon temps à pleurer.

**

In tristo humor vo li occhi comsumando,
Dans une triste humeur, se consument mes yeux,
 e ’l cor in doglia; et son fra li animali
et mon cœur s’endolorit ; et je suis parmi tous les animaux
 l’ultimo, sí che li amorosi strali
le dernier, car les blessures de l’amour
mi tengon ad ogni or di pace in bando.
me tiennent loin de toute paix.

**


**

Lasso, che pur da l’un a l’altro sole,
Hélas, car d’un soleil à l’autre,
 et da l’una ombra a l’altra, ò già ’l piú corso
et d’une ombre à l’autre, j’ai traversé déjà le plus clair
di questa morte, che si chiama vita.
de cette mort, qui s’appelle la vie.

**

P iú l’altrui fallo che ’l mi’ mal mi dole:
Je souffre plus d’autrui que de mon propre mal :
 ché Pietà viva, e ’l mio fido soccorso,
car la vivante Piété, mon fidèle secours,
vèdem’ arder nel foco, et non m’aita.
me voit plonger au feu mais jamais ne me vient en aide.

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Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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Ritratto_di_francesco_petrarca,_altichiero,_1376_circa,_padova

canzoniere Petrarca 216
le chansonnier Pétrarque Sonnet 216
canzoniere poet

FRANCESCO PETRARQUE SONNETS

*

LES SENS & LA RAISON – LE CHANSONNIER PÉTRARQUE SONNET 211 (Première Partie) CANZONIERE – CCXI

*

FRANCESCO PETRARQUE SONNETS

Francesco PETRARCA
1304 – 1374

Traduction Jacky Lavauzelle

——–


Canzoniere Petrarca  Sonetto 211

LE CHANSONNIER PETRARQUE
Sonnet 211
CCXI

Rerum vulgarium fragmenta

Fragments composés en vulgaire

Rime In vita di Madonna Laura

PRIMA PARTE
Première Partie

211/263

Dante Boccace Petrarque Guido Cavalvanti Cino da Pistoia Guittone dArezzo Trecento Italien 1544 Giorgio Vasari

Voglia mi sprona, Amor mi guida et scorge,
Envie m’éperonne, Amour me guide et me dirige,
 Piacer mi tira, Usanza mi trasporta,
Plaisir me tire, Coutume me transporte,
Speranza mi lusinga et riconforta
Espérance me flatte et me réconforte
et la man destra al cor già stanco porge;
et donne sa main droite à mon cœur déjà fatigué ;

**

e’l misero la prende, et non s’accorge
et le malheureux la prend, et sans remarquer
di nostra cieca et disleale scorta:
notre escorte aveugle et déloyale :
regnano i sensi, et la ragion è morta;
les sens règnent et la raison est morte ;
de l’un vago desio l’altro risorge.
d’un vague désir un autre se lève.

**


**

Vertute, Honor, Bellezza, atto gentile,
Vertu, Honneur, Beauté, actes bienveillants,
dolci parole ai be’ rami m’àn giunto
les douces paroles m’ont atteint
 ove soavemente il cor s’invesca.
là où mon cœur s’agite doucement.

**

Mille trecento ventisette, a punto
En mille trois cent vingt-sept, à
su l’ora prima, il dí sesto d’aprile,
la première heure, le six avril,
 nel laberinto intrai, né veggio ond’esca.
je pénétrai dans le labyrinthe sans voir aucune issue.

********************
Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
*********************

Ritratto_di_francesco_petrarca,_altichiero,_1376_circa,_padova

canzoniere Petrarca 211
le chansonnier Pétrarque Sonnet 211
canzoniere poet

FRANCESCO PETRARQUE SONNETS

OBÉISSANT – 1908 – POÈME DE MIKHAIL KOUZMINE – Михаи́л Алексе́евич Кузми́н – Если мне скажут…

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*Антология русской поэзии
Anthologie de la Poésie Russe
*

Кузмин на портрете Ю. П. Анненкова (1919)
Portrait de Kouzmine par Georges Annenkov en 1919


LITTERATURE RUSSE
русская литература

стихотворение  – Poèmes

Traduction Jacky Lavauzelle 

MIKHAÏL KOUZMINE

 Михаи́л Алексе́евич Кузми́н

 

 6 octobre 1872 Iaroslavl – 1er mars 1936 Leningrad

 

Поэзия Михаила Кузьмина

LA POÉSIE DE MIKHAÏL KOUZMINE

 

OBÉISSANT
1908
Если мне скажут

*******************

Если мне скажут: «Ты должен идти на мученье», —
S’ils me disent: «Tu dois aller au supplice»
С радостным пеньем взойду на последний костер,
Avec des chants joyeux, je monterai sur l’échafaud,
  Послушный.
Obéissant.

*

Если б пришлось навсегда отказаться от пенья,
Si je devais arrêter de chanter pour toujours,
Молча под нож свой язык я и руки б простер, —
Silencieusement sous le couteau ma langue et mes mains, j’offrirai,
Послушный.
Obéissant.

*

Если б сказали: «Лишен ты навеки свиданья»,
Si vous me dîtes : « Vous êtes à jamais privé d’adieu« 
Вынес бы эту разлуку, любовь укрепив, —
Je supporterais cette séparation, renforçant mon amour –
Послушный.
Obéissant.

*

Если б мне дали последней измены страданья,
Si l’on me forçait aux tourments de la trahison,
Принял бы в плаваньи долгом и этот пролив,
Je prendrais ce détroit avec une grande voile,
Послушный.
Obéissant.

*

Если ж любви между нами поставят запрет,
Mais si l’amour devenait interdit entre nous
Я не поверю запрету и вымолвлю: «нет».
Je ne pourrais supporter cette interdiction et je dirai : «Non !».

*********************

1908

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Кузмин на портрете Н. Радлова (1926)Николай Эрнестович Радлов
Portrait de 1926 de Kouzmine par
Nikolai Ernestovich Radlov
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L’AMOUR EST UN – POEME DE ZINAÏDA HIPPIUS – Поэзия Зинаиды Гиппиус – ЛЮБОВЬ – ОДНА – 1896

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L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Symbole-Artgitato.jpg.

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LITTÉRATURE RUSSE
POÉSIE RUSSE
Русская литература
Русская поэзия
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Poésie de Zinaïda Hippius
Поэзия Зинаиды Гиппиус
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Zinaïda Nicolaïevna Hippius
Зинаи́да Никола́евна Ги́ппиус

8 novembre 1869 Beliov Russie – 9 septembre 1945 Paris,
8 ноября 1869 Белёв, Российская империя — 9 сентября 1945 Париж Франция

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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
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L’AMOUR EST UN
1896
ЛЮБОВЬ – ОДНА 
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Единый раз вскипает пеной
Elle bouillonne dans sa glaciale écume
И рассыпается волна.
La vague qui se brise.
Не может сердце жить изменой,
Le cœur ne peut pas vivre en trompant,
Измены нет: любовь – одна.
Il ne peut y avoir de trahison : l’amour est un.

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Мы негодуем иль играем,
Nous sommes parfois indignés, parfois nous jouons,
Иль лжем – но в сердце тишина.
Parfois nous mentons – mais dans le cœur, quel silence.
Мы никогда не изменяем:
Nous ne changeons jamais :
Душа одна – любовь одна.
L’âme est une – l’amour est un.

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Однообразно и пустынно,
Monotonie et vide,
Однообразием сильна,
La monotonie est puissante,
Проходит жизнь… И в жизни длинной
La vie passe … Et dans notre longue vie
Любовь одна, всегда одна.
L’amour est un, toujours un.

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Лишь в неизменном – бесконечность,
L’infini n’est que dans l’immuable,
Лишь в постоянном – глубина.
Uniquement dans une constante profondeur.
И дальше путь, и ближе вечность,
Et plus loin est le chemin, et plus l’éternité est proche,
И всё ясней: любовь одна.
Et tout est plus clair : l’amour est un.

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Любви мы платим нашей кровью,
L’amour nous le payons avec notre sang
Но верная душа – верна,
Mais l’âme est fidèle – fidèle
И любим мы одной любовью…
Et nous aimons d’un amour unique …
Любовь одна, как смерть одна.
L’amour est un, comme la mort.

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