Archives par mot-clé : amour

CATULLUS VIII- CATULLE A LUI-MÊME – Ad Se Ipsum

*

CATULLE CATULLUS VIII

litterarumLittérature Latine
Catulle

Poeticam Latinam

Traduction Jacky Lavauzelle

IMG_4840

CATULLE – CATULLUS
84 av J.-C. – 54 av J.-C.

POESIE VIII

Ad Se Ipsum

CATULLE A LUI-MÊME

Catullus Building desinas ineptire,
Pauvre Catulle, cesse d’être stupide,
Perditum ducas quod inane pereundum.
Ce qui est perdu est mort à jamais .
Fulsere quondam candidi tibi soles
Jadis le soleil lumineux brillait
Quum ventitabas quo puella ducebat
Quand une belle t’appelait
Amata nobis quantum amabitur nulla.
Plus chérie qu’aucune autre fille.
Ibi illa multa cum jocosa fiebant,
Que de beaux moments tu passais,
Quae tu volebas nec puella nolebat,
Alors, ce que tu voulais, ta belle le voulait aussi,
Vere Candidi Fulsere Tibi soles.
Oui, vraiment, comme ces jours éclataient !
Nunc iam illa non vult; tu quoque, cæcos, claudos Noli,
Désormais, elle ne veut plus ; mais toi, aveugle, cesse de vouloir !
Nec quae fugit sectare nec bet vivere,
Ne poursuit plus celle qui prend la fuite,
Sed mente obstinatâ Perfer, obdura.
Que ton esprit reste ferme !
Vale, puella, jam Catullus obdurat,
Adieu, jeune fille, Catulle est décidé ;
Nec te requiret nec rogabit invitam.
Il ne regardera plus de beauté fugitive.
Nonne tu dolebis, quum rogaberis nulla.
Car toi aussi, belle, tu te désoleras quand tu te tarira.
Scelesta, vae te! Quae tibi manet vita?
Malheur à toi ! Que sera ta vie alors ?
Quis nunc te adibit? Cui videberis bella?
Qui  alors te regardera ? Pour qui te feras-tu belle ?
Quem nunc amabis? Cujus esse diceris?
Qui t’aimera alors ? Quel sera ton amant ?
Quem basiabis? Cui labella mordebis?
Pour qui tes baisers ? Pour qui tes morsures ?
Tu, Catulle, destinatus obdura.
Toi, Catulle, reste fort !

**********************
Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO












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Catulle – Catullus
Catulli Carmen V

LES SONNETS SHAKESPEARE THE SONNETS SONNET 15 When I consider every thing that grows

LES SONNETS SHAKESPEARE THE SONNETS
THE SONNETS – LES SONNETS


WILLIAM SHAKESPEARE
[1564 – 1616]

Traduction JACKY LAVAUZELLE

**

SONNET 15

The Sonnets SHAKESPEARE
Les Sonnets SHAKESPEARE
When I consider every thing that grows
Quand je considère que tout ce qui se développe
 

1599 

**

**

When I consider every thing that grows
Quand je considère que tout ce qui se développe
Holds in perfection but a little moment,
Ne se tient dans la perfection qu’un si court moment,
That this huge stage presenteth nought but shows
Que cette énorme scène ne représente que des spectacles
Whereon the stars in secret influence comment;
Influencés secrètement par les astres ;

*

When I perceive that men as plants increase,
Quand je vois que les hommes comme plantes croissent,
Cheered and checked even by the self-same sky,
Nourris et illuminés par le même ciel,
Vaunt in their youthful sap, at height decrease,
Leur jeune sève arrivée à sa plénitude commençant déjà à décroître,
And wear their brave state out of memory;
Et portent leur brave posture jusqu’à l’oubli ;

*

Then the conceit of this inconstant stay
Alors la vanité de ce séjour inconstant
Sets you most rich in youth before my sight,
Dans la plénitude de la jeunesse à mes yeux vous fait apparaître
Where wasteful Time debateth with decay
Là où le Temps destructeur débat avec le déclin

*

To change your day of youth to sullied night,
Pour changer la journée de votre jeunesse en une sombre nuit,
And all in war with Time for love of you,
Et je déclare la  guerre au Temps par amour pour vous,
As he takes from you, I engraft you new.
A mesure qu’il vous enlève, je vous greffe de nouveau.

 

*****************

SONNET 15

LES SONNETS SHAKESPEARE THE SONNETS

POEME DE NIKOLAUS LENAU Der Seelenkranke 1836

LITTERATURE ALLEMANDE
Deutsch Literatur

Der Seelenkrank NIKOLAUS LENAU

NIKOLAUS LENAU
Poète Autrichien
Österreichische Dichter
1802-1850

 

 

Traduction Jacky Lavauzelle

——–

die Gedichte
Les Poèmes


Der Seelenkranke
1836
Nikolaus LENAU

**

Der Seelenkranke

Ich trag im Herzen eine tiefe Wunde
Je porte une blessure profonde dans le cœur
 Und will sie stumm bis an mein Ende tragen;
Et je désire la conserver jusqu’à ma fin ;
Ich fühl ihr rastlos immer tiefres Nagen,
Je sens qu’elle me ronge toujours un peu plus profondément,
 Und wie das Leben bricht von Stund zu Stunde.
Comme la vie qui passe d’heure en heure.

*

  Nur eine weiß ich, der ich meine Kunde
Je sais seulement qu’à une seule personne
Vertrauen möchte und ihr alles sagen;
Je pourrais faire confiance et tout lui dire ;
 Könnt ich an ihrem Halse schluchzen, klagen!
J’aimerais sangloter à son cou, me consoler !
 Die eine aber liegt verscharrt im Grunde.
Mais malheureusement, elle repose dans la tombe.

*

O Mutter, komm, laß dich mein Flehn bewegen!
O Mère, viens, écoute mes prières
Wenn deine Liebe noch im Tode wacht,
Si ton amour vit encore dans la mort,
Und wenn du darfst, wie einst, dein Kind noch pflegen,
Et si tu veux, comme avant, protéger ton enfant,

*

So laß mich bald aus diesem Leben scheiden.
Alors laisse-moi bientôt quitter cette vie.
Ich sehne mich nach einer stillen Nacht,
Je me languis d’une tranquille nuit,
   O hilf dem Schmerz, dein müdes Kind entkleiden.
O aide à ôter la douleur de ton enfant fatigué.

 

**

**************************

NIKOLAUS LENAU

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(EXTRAIT)
LE MARTYRE D’UN POETE
d’ADOLPHE BOSSERT

« Cela me fit oublier mon ressentiment, car je vis, ce que j’aurais dû penser d’abord, que quelque chose de plus fort qu’elle et moi avait traversé son cœur et le mien. » Le voilà encore une fois en lutte avec « quelque chose de plus fort que lui ; » il ne résistera pas. Cinq jours après, il entend la prima donna dans le Bélisaire de Donizetti. « C’est une femme merveilleuse, écrit-il. Jamais, depuis que j’ai descendu ma mère dans la tombe, je n’ai tant sangloté. Ce n’était pas son rôle qu’elle chantait, c’était tout le destin tragique de l’humanité qui éclatait dans ses cris de désespoir. Une douleur sans nom me saisit. J’en tremble encore. » Il ne pouvait manquer de la complimenter. Elle, de son côté, lui assura que l’effet qu’elle avait produit sur lui était son plus beau triomphe. Les jours suivants, il va la voir après le théâtre, il dîne chez elle, et il trouve que la grande artiste est en même temps une femme distinguée. « Elle est très aimable en société, écrit-il à Sophie, et elle a des attentions particulières pour moi : il faudra que tu la connaisses. »

Le martyre d’un poète
Nicolas Lenau et Sophie Lœwenthal
Adolphe Bossert
Revue des Deux Mondes
Tome 37
1907

SHAKESPEARE SONNET 3 Look in thy glass REGARDE TON MIROIR

WILLIAM SHAKESPEARE
THE SONNETS – LES SONNETS


WILLIAM SHAKESPEARE
[1564 – 1616]

Traduction JACKY LAVAUZELLE

**

SONNET 3

The Sonnets
Les Sonnets

1609 

**

La Femme au miroir
Titien
1515
Musée du Louvre

**

Look in thy glass, and tell the face thou viewest
Regarde ton miroir, et dis au visage que tu regardes
Now is the time that face should form another;
Qu’il est venu le temps où ce visage doit devenir autre ;
Whose fresh repair if now thou not renewest,
La fraîche réparation doit maintenant s’opérer,
Thou dost beguile the world, unbless some mother.
Sinon, tu leurres le monde et tu dérobes la bénédiction à une mère.

*

For where is she so fair whose unear’d womb
Car où est-elle la dame si belle dont la matrice stérile
Disdains the tillage of thy husbandry?
Dédaigne les sillons du labourage ?
Or who is he so fond will be the tomb,
Ou est-il celui assez fou pour être le tombeau,
Of his self-love, to stop posterity?
De son amour-propre et arrêter sa postérité ?

*

Thou art thy mother’s glass, and she in thee
Tu es le miroir de ta mère, et elle, en toi,
Calls back the lovely April of her prime;
Verra le bel avril à son apogée ;
So thou through windows of thine age shalt see,
Pareillement, à travers les vitres de ton âge, tu verras,

*

Despite of wrinkles, this thy golden time.
Malgré les rides, ton âge d’or.
But if thou live, remember’d not to be,
Mais si tu vis pour que l’on ne se souvienne pas,
Die single, and thine image dies with thee.
Meurs alors solitaire, et que ton image meurt avec toi.

**

SONNET 3
Look in thy glass
REGARDE TON MIROIR

WILLIAM SHAKESPEARE

Shakespeare
The Droeshout portrait
1623

**

SHAKESPEARE SONNET 3 Look in thy glass
REGARDE TON MIROIR

P. RAMLEE CHANSON MALAISIENNE Dimana Kan Ku Cari Ganti

Malaisie – The best songs of Malaysia
LAGU LAGU TERBAIK
Les Plus belles Chansons Malaisiennes

Terjemahan Traduction Jacky Lavauzelle








Tan Sri Dr P. RAMLEE
Teuku Zakaria Teuku Nyak Puteh
1929 – 1973

*****

P. RAMLEE
Dimana Kan Ku Cari Ganti
Où puis-je trouver quelqu’un d’autre ?

Hendak ku nangis
Je veux pleurer
Tiada berair mata
Mais je suis sans larmes
Hendak ku senyum
Je veux sourire
Tiada siapa nak teman
Mais personne n’est mon ami
Kalaulah nasib
Si le sort a
Sudah tersurat
Été écrit
Begini hebat
Ainsi :
  Apa nak buat
Que faire  ?
*
Di mana kan ku cari ganti
Où chercher quelqu’un
Serupa dengan mu
Qui te ressemble ?
Tak sanggup ku berpisah
Je ne peux pas supporter
Dan berhati patah, hidup gelisah
Cette séparation, ce trouble.
*








Alangkah pedih rasa hati
Comme mes sentiments sont douloureux
Selama kau pergi
Depuis ton départ
 Tinggal ku sendirian
Je vis seul
Tiada berteman dalam kesepian
Sans amis dans la solitude.
*
Dunia terang menjadi gulita
La lumière du monde se trouve dans les ténèbres
Cahaya indah tiada berguna
La belle lumière n’est plus utile
Keluhan hatiku menambah derita
A ma plainte s’ajoute la souffrance
Namun kau jua tak kunjung jelma
Car jamais tu ne reviendras
****

LE DEMON LERMONTOV Демон II-11

стихотворение Лермонтова
Демон Михаил Лермонтов
LE DEMON LERMONTOV
Poème de Mikhaïl Lermontov

1841

русский поэт- Poète Russe
русская литература
Littérature Russe
Михаил Лермонтов
Poésie Poème de Lermontov

стихотворение  – Poésie

 

 

Михаил Юрьевич Лермонтов
Mikhaïl Lermontov

1814-1841

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
стихотворение Лермонтова

 

LA POESIE DE LERMONTOV
Poème de Mikhaïl Lermontov

Демон
LE DEMON
1841

**

LE DEMON LERMONTOV
Михаил Лермонтов
ЧАСТЬ II
SECONDE PARTIE
стихотворение Лермонтова

II-11

И он слегка
Et doucement,
Коснулся жаркими устами
Il posa ses lèvres enflammées
Её трепещущим губам;
Sur ses lèvres tremblantes ;
Соблазна полными речами
Par des mots si séduisants,
Он отвечал её мольбам.
Il répondait à ses prières.
Могучий взор смотрел ей в очи!
Son puissant regard plongeait dans ses yeux !
Он жег её. Во мраке ночи
Il la consumait. Dans l’obscurité de la nuit
Над нею прямо он сверкал,
Au-dessus d’elle, il illuminait,
Неотразимый, как кинжал.
Irrésistible comme un poignard.
Увы! злой дух торжествовал!
Hélas! le mauvais esprit triompha !
Смертельный яд его лобзанья
Le mortel poison de ses baisers,
Мгновенно в грудь её проник.
Instantanément, pénétra dans sa poitrine.
Мучительный, ужасный крик
Un douloureux cri terrible,
Ночное возмутил молчанье.
Outragé, fracassa le silence de la nuit.
В нем было всё: любовь, страданье,
Il y avait tout : l’amour, la souffrance,
Упрёк с последнею мольбой
Le reproche dans une dernière prière
И безнадёжное прощанье —
Et un adieu désespéré –
Прощанье с жизнью молодой.
Un adieu à la jeunesse.

*******

Poème de Mikhaïl Lermontov
LE DEMON  LERMONTOV
Лермонтов Демон

Лермонтов Демон
стихотворение Лермонтова
Poème de Mikhaïl Lermontov
Михаил Лермонтов

PHILISTER HEINE INTERMEZZO LYRIQUE XXXVII LES BOURGEOIS OBTUS

PHILISTER INTERMEZZO LYRIQUE
Heinrich Heine

INTERMEZZO LYRIQUE HEINE
LITTERATURE ALLEMANDE
intermezzo-lyrique-heine-artgitato-lyrisches-intermezzo-heine-willem-van-aelst-bloemenstilleven-met-horloge



Christian Johann Heinrich Heine
PHILISTER – LES BOURGEOIS OBTUS




Deutsch Poesie
 Deutsch Literatur

Heinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich Heine

HEINRICH HEINE
1797- 1856

German poet
Poète Allemand
Deutsch Dichter

Heinrich Heine Oeuvre Poèmes Poésie Gedichte Artgitato

Übersetzung – Traduction
Jacky Lavauzelle




INTERMEZZO LYRIQUE HEINE
XXXVII

 PHILISTER

 

Lyrisches Intermezzo
XXXVII
LES BOURGEOIS OBTUS

 

1823

INTERMEZZO LYRIQUE
PHILISTER
Heinrich Heine

*

XXXVII

Philister in Sonntagsröcklein
Des bourgeois obtus en tenue du dimanche
Spazieren durch Wald und Flur;  
Déambulent à travers bois et champs;
Sie jauchzen, sie hüpfen wie Böcklein,
S’esclaffent, bondissent tels des chevreaux,
Begrüßen die schöne Natur.
En hommage à belle nature.

*

Betrachten mit blinzelnden Augen
Ebahis, clignant des yeux
Wie Alles romantisch blüht;
Devant toutes ses éclats romantiques ;
Mit langen Ohren saugen
Suçant avec leurs longues oreilles
Sie ein der Spatzen Lied.
La chanson des moineaux.

*

Ich aber verhänge die Fenster
J’ai posé à la fenêtre
Des Zimmers mit schwarzem Tuch;
De ma chambre un tissu noir ;
Es machen mir meine Gespenster
Me visitent ainsi mes fantômes
Sogar einen Tagesbesuch.
Même en plein jour..

*

Die alte Liebe erscheinet,
Le vieil amour m’apparaît,
Sie stieg aus dem Todtenreich,
Revenant du royaume des morts
Sie setzt sich zu mir und weinet,
Il se pose devant moi et pleure,
Und macht das Herz mir weich.
A rendre mon cœur tendre.

 

*******

XXXVII
PHILISTER
HEINRICH HEINE
INTERMEZZO LYRIQUE

********

*********
LA POESIE DE HEINRICH HEINE

A ce point de vue, Heine est traité en privilégié. Les Allemands peuvent bien maudire le pamphlétaire, ils savent par cœur les vers du poète. Éditeurs, biographes, critiques d’outre-Rhin lui ont consacré d’importans travaux. Chez nous, seul entre les poètes allemands, il bénéficie de ce privilège d’avoir un public. Je ne nie pas que nous n’ayons pour quelques autres, et pour Goethe par exemple, un juste respect. Nous admirons Gœthe, nous ne l’aimons pas. Au contraire, l’auteur de l’Intermezzo est pour quelques Français de France un de ces écrivains qui sont tout près du cœur. Cela tient à plusieurs raisons parmi lesquelles il en est d’extérieures. Heine a vécu pendant de longues années parmi nous ; il parlait notre langue, quoique avec un fort accent ; il l’écrivait, quoique d’une façon très incorrecte ; il nous a loués, quoique avec bien de l’impertinence ; il a été mêlé à notre société ; il a été en rapports avec nos écrivains, nos artistes et même nos hommes politiques. Nous nous sommes habitués à le considérer comme un des nôtres, et sa plaisanterie, fortement tudesque, passe encore pour avoir été une des formes authentiques de l’esprit parisien. Notre sympathie pour Heine se fonde d’ailleurs sur des motifs plus valables. Il a quelques-unes des qualités qui nous sont chères : son style est clair ; ses compositions sont courtes. Nous aimons ces lieds dont quelques-uns durent le temps d’un soupir, l’espace d’un sanglot. Leur pur éclat nous semble celui de la goutte de rosée que le soleil taille en diamant, ou d’une larme qui brille dans un sourire. C’est par eux que le meilleur de la sentimentalité allemande est parvenu jusqu’à nous. Ou, pour parler plus exactement, la poésie de Heine représente une nuance particulière de sensibilité, qu’il a créée et que nous avons accueillie. Aussi doit-elle avoir sa place dans une histoire de la poésie lyrique en France. De même qu’il y a une « critique allemande » de l’œuvre de Heine, il convient qu’il y en ait parallèlement une « critique française ».

René Doumic
Revue littéraire
La poésie de Henri Heine d’après un livre récent
Revue des Deux Mondes
4e période
tome 140
1897
pp. 457-468

***************************

INTERMEZZO LYRIQUE
XXXVII
HEINRICH HEINE

Lyrisches Intermezzo Mein süßes Lieb HEINE XXX

INTERMEZZO LYRIQUE
Lyrisches Intermezzo

Heinrich Heine
Mein süßes Lieb HEINE
MON TENDRE AMOUR

INTERMEZZO LYRIQUE HEINE
LITTERATURE ALLEMANDE
intermezzo-lyrique-heine-artgitato-lyrisches-intermezzo-heine-willem-van-aelst-bloemenstilleven-met-horloge



Lyrisches Intermezzo
Christian Johann Heinrich Heine
Mein süßes Lieb HEINE
MON TENDRE AMOUR




Deutsch Poesie
 Deutsch Literatur

Heinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich Heine

HEINRICH HEINE
1797- 1856

German poet
Poète Allemand
Deutsch Dichter

Heinrich Heine Oeuvre Poèmes Poésie Gedichte Artgitato

Übersetzung – Traduction
Jacky Lavauzelle




INTERMEZZO LYRIQUE HEINE
XXX

Mein süßes Lieb

 

Lyrisches Intermezzo
XXX
MON TENDRE AMOUR

1823

INTERMEZZO LYRIQUE
Mein süßes Lieb Heine

*

XXX

Mein süßes Lieb, wenn du im Grab,
Mon tendre amour, quand dans ta tombe,
Im dunkeln Grab wirst liegen,
Ta sombre tombe, tu seras,
Dann steig’ ich langsam zu dir hinab,
Je me poserai lentement tout contre toi
Und will mich an dich schmiegen.  
Et je me cramponnerai à toi.

*

Ich küss’, ich umschlinge, ich presse dich wild,
Je te baise et t’étreins, je te presse sauvagement,
Du Stille, du Kalte, du Bleiche!
Toi silencieuse, toi froide, toi livide !
Ich jauchze, ich zitt’re, ich weine mild,
Je crie, je tremble, je pleure,
Ich werde selber zur Leiche.
Je deviens cadavre.

*

Die Todten stehn auf, die Mitternacht ruft,
Les morts se relèvent à l’appel de minuit,
Sie tanzen im luftigen Schwarme;
Ils dansent en essaim aérien;
Wir beide bleiben in der Gruft,
Tous deux nous restons dans la tombe,
Ich liege in deinem Arme.
Je repose dans tes bras.

*

Die Todten stehn auf, der Tag des Gerichts
Les morts se relèvent au Jour du Jugement
Ruft sie zu Qual und Vergnügen;
Les attendent l’agonie et la joie ;
Wir beide bekümmern uns um nichts,
Nous deux, nous inquiétons de rien,
Und bleiben umschlungen liegen.
Et enlacés nous restons. 

*

 

 

*******

Lyrisches Intermezzo
XXX
Mein süßes Lieb
HEINRICH HEINE
INTERMEZZO LYRIQUE

********

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LA POESIE DE HEINRICH HEINE

A ce point de vue, Heine est traité en privilégié. Les Allemands peuvent bien maudire le pamphlétaire, ils savent par cœur les vers du poète. Éditeurs, biographes, critiques d’outre-Rhin lui ont consacré d’importans travaux. Chez nous, seul entre les poètes allemands, il bénéficie de ce privilège d’avoir un public. Je ne nie pas que nous n’ayons pour quelques autres, et pour Goethe par exemple, un juste respect. Nous admirons Gœthe, nous ne l’aimons pas. Au contraire, l’auteur de l’Intermezzo est pour quelques Français de France un de ces écrivains qui sont tout près du cœur. Cela tient à plusieurs raisons parmi lesquelles il en est d’extérieures. Heine a vécu pendant de longues années parmi nous ; il parlait notre langue, quoique avec un fort accent ; il l’écrivait, quoique d’une façon très incorrecte ; il nous a loués, quoique avec bien de l’impertinence ; il a été mêlé à notre société ; il a été en rapports avec nos écrivains, nos artistes et même nos hommes politiques. Nous nous sommes habitués à le considérer comme un des nôtres, et sa plaisanterie, fortement tudesque, passe encore pour avoir été une des formes authentiques de l’esprit parisien. Notre sympathie pour Heine se fonde d’ailleurs sur des motifs plus valables. Il a quelques-unes des qualités qui nous sont chères : son style est clair ; ses compositions sont courtes. Nous aimons ces lieds dont quelques-uns durent le temps d’un soupir, l’espace d’un sanglot. Leur pur éclat nous semble celui de la goutte de rosée que le soleil taille en diamant, ou d’une larme qui brille dans un sourire. C’est par eux que le meilleur de la sentimentalité allemande est parvenu jusqu’à nous. Ou, pour parler plus exactement, la poésie de Heine représente une nuance particulière de sensibilité, qu’il a créée et que nous avons accueillie. Aussi doit-elle avoir sa place dans une histoire de la poésie lyrique en France. De même qu’il y a une « critique allemande » de l’œuvre de Heine, il convient qu’il y en ait parallèlement une « critique française ».

René Doumic
Revue littéraire
La poésie de Henri Heine d’après un livre récent
Revue des Deux Mondes
4e période
tome 140
1897
pp. 457-468

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INTERMEZZO LYRIQUE
XXVII
Mein süßes Lieb HEINRICH HEINE
Lyrisches Intermezzo

LE DIEU GERMAIN NOUVEAU POEME

LE DIEU GERMAIN NOUVEAU
LITTERATURE FRANCAISE
SYMBOLISME

germain-nouveau-poemes-poesie-artgitato

Germain Nouveau

31 juillet 1851 Pourrières (Var) – 4 avril 1920 Pourrières

——–


POEMES
VALENTINES ET AUTRES VERS

LA POESIE DE
GERMAIN NOUVEAU
LE DIEU

Valentines et autres vers

Texte établi par Ernest Delahaye
Albert Messein, 1922
*
le-dieu-germain-nouveau-artgitato-desnudo-de-mujer-1902-joaquin-sorollaJoaquin Sorolla
Desnudo de mujer

1902
*

GERMAIN NOUVEAU

LE DIEU

N’est pas athée qui veut.

Napoléon

Je vous dis un soir une chose
Dont vous fûtes peut-être cause :
J’ai découvert un nouveau Dieu.
« Nous irons le prêcher ensemble »,
Me répondîtes-vous ; j’en tremble
Car… vous vous avanciez un peu.

Puisque, jusqu’à preuve apportée,
Je ne veux être qu’un athée
Qui ne peux croire qu’en l’Amour,
Quel Dieu, répondez-moi, quel diable
De Dieu né mort ou né viable
Avais-je bien pu mettre au jour ?

Mais… j’avais dit vrai… sans blasphème,
Vous allez voir… cherchez vous-même…
Vous ne trouvez pas ? non ? vraiment !
Je vais vous mettre sur la route :
C’est un Dieu bon… alors… nul doute
Que ce ne soit un Dieu charmant ;

Voyons !… le mot du… théorème,
C’est ?… c’est ?… mais c’est Vous, Vous que j’aime,
Que j’aime avec âme, avec feu ;
Mais c’est ton corps, mais c’est ton âme,
Mais c’est Toi, ma petite femme,
Toi, cet adoré petit Dieu ;

C’est ta raison et ton ivresse,
C’est ton esprit et ta caresse ;
Mais c’est Toi, c’est Toi, c’est Toi, Toi,
Toi… ce n’est pas une autre femme,
Toi… mais… pardonnez-moi, Madame,
J’ai l’air… d’un grand effronté, moi.

Depuis qu’en Vous j’ai voulu vivre,
L’amour de sagesse m’enivre,
De sagesse ?… tiens !… c’est curieux !
C’est la sagesse qui m’enflamme !
Mais, c’est assez causé, Madame,
Maintenant, soyons sérieux !

Nous allons arpenter le globe,
Dépêchons ! Mettez votre robe
Et votre chapeau préféré…
J’ai votre parole, il me semble ?
Nous allons vous prêcher ensemble,
Vous-même Vous Vous prêcherez !

*

Le Dieu Germain Nouveau

*

LA STATUE GERMAIN NOUVEAU POEME

LA STATUE GERMAIN NOUVEAU
LITTERATURE FRANCAISE
SYMBOLISME

germain-nouveau-poemes-poesie-artgitato

Germain Nouveau

31 juillet 1851 Pourrières (Var) – 4 avril 1920 Pourrières

——–


POEMES
VALENTINES ET AUTRES VERS

LA POESIE DE
GERMAIN NOUVEAU
LA STATUE

Valentines et autres vers

Texte établi par Ernest Delahaye
Albert Messein, 1922
*
la-statue-germain-nouveau-artgitato-apollo-and-daphne-apollon-et-daphne-apollo-e-dafne-galerie-borghese-galleria-borghese-artgitato-2-768x1024
Apollon et Daphné
Apollo and Daphne
Galerie Borghèse
Rome
Photo Jacky Lavauzelle
*

LA STATUE

Parmi les marbres qu’on renomme
Sous le ciel d’Athène ou de Rome,
Je prends le plus pur, le plus blanc,
Je le taille et puis je l’étale
Dans ta pose d’Horizontale
Soulevée… un peu… sur le flanc…

Voici la tête qui se dresse,
Qu’une ample chevelure presse,
Le cou blanc, dont le pur contour
Rappelle à l’œil qui le contemple
Une colonne, au front d’un temple,
Le plus beau temple de l’Amour !

Voici la gorge féminine,
Le bout des seins sur la poitrine
Délicatement accusé,
Les épaules, le dos, le ventre
Où le nombril se renfle et rentre
Comme un tourbillon apaisé.

Voici le bras plein qui s’allonge,
Voici, comme on les voit en songe,
Les deux petites mains d’Éros,
Le bassin immense, les hanches,
Et les adorablement blanches
Et fermes fesses de Paros.

Voici le mont au fond des cuisses
Les plus fortes pour que tu puisses
Porter les neuf mois de l’enfant ;
Et voici tes jambes parfaites…
Et, pour les sonnets des poètes,
Voici votre pied triomphant.

Pas plus grande que Cléopâtre
Pour qui deux peuples vont se battre,
Voici la Femme dont le corps
Fait sur les gestes et les signes
Courir la musique des lignes
En de magnifiques accords.

Je m’élance comme un barbare,
J’abats la tête, le pied rare,
Les mains… et puis… au bout d’un an…
Lorsque sa gloire est colossale,
Je la dispose en une salle,
La plus riche du Vatican.

**********

LA STATUE GERMAIN NOUVEAU