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LUIS DE CAMOES LES LUSIADES Chant 3 III-142 OS LUSIADAS

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OS LUSIADAS CANTO 3
LES LUSIADES CHANT 3Os Lusiadas Traduction Jacky Lavauzelle Les Lusiades de Luis de Camoes Os Lusiadas Les Lusiades
OS LUSIADAS III-142 LES LUSIADES III-142
LITTERATURE PORTUGAISE

Os Lusiadas Traduction Jacky Lavauzelle Les Lusiades de Luis de Camoes




Os Lusiadas Canto III Traduction Jacky Lavauzelle Les Lusiades de Luis de Camoes

literatura português

Luis de Camões
[1525-1580]

Tradução – Traduction
texto bilingue




Luis de Camoes Les Lusiades

 

Obra Poética

(1556)

LES LUSIADES III-142




OS LUSIADAS III-142
A Epopeia Portuguesa

 

CHANT III
Canto Terceiro

Traduction Jacky Lavauzelle

verso 142
Strophe 142

III-142

Les Lusiades Camoes os lusiadas canto III

Vasco de Gama

Vasco da Gama signature almirante.svg

 

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Luís de Camões Os Lusiadas
OS LUSIADAS III-142
LES LUSIADES III-142
OS LUSIADAS CANTO III

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« Mas quem pode livrar-se por ventura
 « Mais qui peut s’enfuir d’aventure
  Dos laços que Amor arma brandamente
Des liens qu’Amour déploie savamment
   Entre as rosas e a neve humana pura,
  Parmi les roses et la neige d’une femme pure,
O ouro e o alabastro transparente?
  Sur un corps d’or et l’albâtre transparent ?
  Quem de uma peregrina formosura,
Qui peut rejeter de si parfaite forme,
  De um vulto de Medusa propriamente,
Comme devant une Méduse qui totalement
     Que o coração converte, que tem preso,
Transforme le cœur qu’elle emprisonne,
Em pedra não, mas em desejo aceso?
  Non en pierre, mais en un désir ardent ?

 

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LES LUSIADES CHANT 3

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Précisions historiques
et
Retour sur les versets précédents


Sonnet 1 à Sonnet 94 : la naissance du Portugal – Règnes d’Alphonse I, Sanche I, Alponse II et Sanche II. Le sonnet 94 évoque la passation de pouvoir de Sanche II à Alphonse III en 1247, un an avant la mort de Sanche II.
Sonnet 94 : nous partons pour les 32 années de règne d’Alphonse III qui nous conduirons jusqu’en 1279, date du nouveau règne de Denis Ier.
Sonnet 95 : Camoes évoque les prises guerrières d’Alphonse III en Algarve sur les Maures.
Sonnet 96 : le règne de Denis Ier-  Second fils d’Alphonse III. Son règne s’étalera de 1279 à sa mort, le 7 janvier 1325. Il nomme déjà son successeur Alphonse IV Le Brave qui règnera 32 ans de 1325 à 1357. Denis Ier va pacifier son pays – Poète et troubadour, il laissera de nombreux cantigas : cantigas de amor, cantigas de amigo, cantigas de escarnio y maldecir.
Sonnet 97 : création de l’Université de Coimbra sur les bords du Mondego -A Leiria, Denis Ier signera le Scientiae thesaurus mirabilis. L’université de Coimbra est créée en 1290.
Sonnet 98 : Denis Ier reconstruit et renforce son pays. Atropos, une des trois Moires, coupe son fil de vie en 1325. (les 3 Moires : Clotho, celle qui tisse le fil de la vie, Lachésis, celle qui déroule et qui répare le fil et la dernière Atropos, celle qui coupe). Voici venu le règne d’Alphonse IV.

les lusiades

Les Moires
Francisco de Goya
1820-1823
Musée du Prado – Madrid

Sonnet 99 : la traditionnelle opposition entre les Castillans et les Lusitaniens. Mais celle-ci n’empêche pas la solidarité et l’entraide, notamment lors de l’invasion Mauritanienne en terre Castillane.
Sonnet 100 : Les troupes d’invasion sont énormes. Camoes évoque la reine légendaire de Babylone, Sémiramis, celle qui créa Babylone et ses fameux jardins suspendus. L’Hydapse décrit est l’actuel Jhelum (Inde & Pakistan). Les Sarrasins se rassemblent dans le Tartèse (Andalousie).
Sonnet 101 : Alphonse XI de Castille est dépassé par l’armée imposante de l’ennemi sarrasin. Il envoie Marie-Constance, sa femme, pour avoir le soutien d’Alphonse IV du Portugal, qui n’est autre que sa propre fille (que celui-ci a eu avec Béatrice de Castille). Ce n’était pas tout à fait « a caríssima consorte » d’Alphonse XI puisqu’il lui préférait sa maîtresse, Leonor de Guzmán.
Sonnet 102 : Arrivée de la belle Marie-Constance en sanglots devant son père Alphonse IV.
Sonnet 103 : Un rassemblement gigantesque d’armées venues d’Afrique sont derrière le grand Roi du Maroc.
Sonnets 104 & 105 : La supplique de Marie-Constance à son père Alphonse IV. S’il ne vient pas à l’aide d’Alphonse XI de Castille, Marie aura tout perdu.
Sonnet 106 : Camoes compare la demande de Marie à celle de Vénus pour Énée devant Jupiter.
Sonnet 107 : Alphonse IV accepte et regroupe ses forces dans les plaines d’Évora.
Sonnet 108 : Alphonse IV à la tête des troupes lusitaniennes pénètre en Castille avec sa fille Marie-Constance.
Sonnet 109 : 1340 La bataille de Tarifa (Province de Cadix) ou bataille du Salado (30 octobre 1340) se prépare entre les deux Alphonse (IV du Portugal et XI de Castille) face aux armées menées par Abu al-Hasan ben Uthman et Yusuf Ier de Grenade.
Sonnet 110 : Camoes évoque les troupes agaréenne (des descendants d’Agar). Agar, servante d’Abraham donne naissance à Ismaël considéré comme Prophète par les musulmans (Cf. la Sourate Ibrahim). Camoes fait un rapprochement audacieux et fallacieux entre les termes Sarrasins et Sarah. On retrouve couramment cette méprise, par exemple chez  Isidore de Séville (VIe et VIIe siècle, Étymologies, IX,2,57.
Sonnet 111 : Comparaison avec David et Goliath. La foi supérieure à la force.
Sonnet 112 : Avec l’aide de Dieu, les Castillans et les Portugais sont prêts à affronter les armées du Roi du Maroc (Abu al-Hasan ben Uthman) et du Souverain de Grenade (Yusuf Ier de Grenade).
Sonnet 113 : Au cœur du combat. 30 octobre 1340, bataille de Tarifa.
Sonnet 114 et Sonnet 115 : Défaite du Río Salado : Alphonse IV bat les armées de Grenade de Yusuf Ier et part ensuite aider son beau-père Alphonse XI de Castille qui lutte encore contre les Mauritaniens et les troupes de Abu al-Hasan ben Uthman.
Sonnet 116 : Camoes fait référence à deux batailles célèbres pour les comparer à la bataille de Salado : la première, la bataille  de Verceil où les Romains, menés par le général Marius  (157 av. J.-C.- 86 av. J.-C.) écrasèrent les Cimbres, originaire du Jutland, le
30 juillet de l’an 101 av. J.-C., et la Bataille de Cannes (en Italie, Cannæ en Apulie), une des grandes batailles de la deuxième guerre punique où Hannibal Barca et les Carthaginois démantelèrent les troupes de la République Romaine le 2 août 216 av. J.-C. menés par consuls Caius Terentius Varro et Lucius Æmilius Paullus.
Sonnet 117 : Bataille de Salado Seul Titus a tué autant d’âmes. Titus en 70 détruira Jérusalem et incendiera le Temple d’Hérode. Référence à  Daniel IX – 26 [26 Et après soixante et deux semaines le Christ sera mis à mort ; et le peuple qui le doit renier ne sera point son peuple. Un peuple avec son chef qui doit venir détruira la ville et le sanctuaire ; elle finira par une ruine entière, et la désolation qui lui a été prédite arrivera après la fin de la guerre. – La Sainte Bible traduite par Lemaistre de Sacy]
Le Cocyte :  fleuve des Enfers, affluent de l’Achéron ou du Styx.
Sonnet 118 : Alphonse IV victorieux rentre au Portugal. Début de l’histoire d’Inès de Castro qui deviendra la Reine Morte. Pierre Ier, fils d’Alphonse IV prendra le trône en 1357. En 1360, cinq après la mort d’Inès, Pierre rend public son mariage (par la proclamation de Cantanhede).
Sonnet 119 : Le pouvoir et les actions du cruel et pur Amour.
Sonnet 120 : La jeunesse innocente et paisible d’Inès sur les bords du Mondego.
Sonnets 121 & 122 : L’immense amour qui lie Inès à Pierre. Inquiétudes du père.
Sonnet 123 : Le père, le roi Alphonse IV, se prépare à retourner son glaive et frapper Inés de Castro, afin de rompre le sortilège qui les lie.
Sonnets 124 & 125 : Inès est portée devant Alphonse IV, d’abord saisi de pitié, ensuite, pressé par la foule, la condamnant.
Sonnets 126 & 127 : Début du réquisitoire d’Inès qui argumente sa défense en évoquant les colombes qui sauvèrent Sémiramis, la fondatrice de Babylone, et de la louve qui allaita Rémus et Romulus. Alphonse aurait-il moins de cœur qu’eux et serait-il sans pitié ?
Sonnets 128 & 129 : Inès implore l’exil, même dans les contrées les plus hostiles.
Sonnet 130 : Le roi souhaite le pardon mais il est soumis à la pression et à la colère du peuple qui souhaite qu’une exécution soit prononcée.
Sonnet 131 : Evocation de la digne mort de Polyxène, fille d’Hécube, aimée d’Achille, et tuée par Pyrrhus, le fils d’Achille.
Sonnet 132 : Inès assassinée. Camoes insiste sur le contraste entre la blancheur immaculée et sereine d’Inès et la rage déchaînée des tueurs.
Sonnet 133 : La supplique au Soleil, pour qu’il détourne ses rayons de telles atrocités, comme par le passé avec Thyeste.
Sonnet 134 : Inès tuée  dans l’éclat de sa jeunesse, telle une marguerite coupée prématurément.
Sonnet 135 : Les Nymphes du Mondego célèbrent la Source des Amours en mémoire d’Inès.
Sonnet 136 : Les meurtriers d’Inès sont arrêtés.
Sonnet 137 : Le règne juste et sanguinaire de Pierre Ier de Portugal, (Pedro I de Portugal) dit Pierre le Justicier (Pedro o Justiceiro)
Sonnet 138 : Le règne  désastreux de Ferdinand, le fils de Pierre, qui met en péril l’existence-même du Royaume.
Sonnet 139 : La passion désastreuse de Ferdinand Ier avec Leonor Teles de Meneses la Perfide,  « a aleivosa », qui deviendra par la suite reine consort de Portugal entre 1371 et 1383.

Éléonore Teles de Menezes
Éléonore Teles de Menezes la Perfide  A aleivosa

Sonnet 140 : Camoes évoque dans ce sonnet les personnages illustres qui furent condamnés par la justice divine en raison du péché de luxure :
Le viol de Lucrèce par Sextus Tarquin
Virginie déshonorée par Appius Claudius
(Extrait des Juges La Sainte Bible – traduite
par Le Maistre de Saci – Chapitre XIX)
« 24 : J’ai une fille vierge, et cet homme a sa concubine ; je vous les amènerai, et vous les aurez pour satisfaire votre passion : je vous prie seulement de ne pas commettre à l’égard d’un homme ce crime détestable contre la nature.
25 : Mais le Lévite voyant qu’ils ne voulaient point se rendre à ses paroles, leur amena sa femme, et l’abandonna à leurs outrages ; et ayant abusé d’elle toute la nuit, quand le matin fut venu, ils la laissèrent.
26 : Lorsque les ténèbres de la nuit se dissipaient, cette femme vint à la porte de la maison où était son mari, et y tomba étendue par terre.
27 : Le matin son mari s’étant levé, ouvrit la porte pour continuer son chemin, et il y trouva sa femme couchée par terre, ayant les mains étendues sur le seuil de la porte.
28 : Il crut d’abord qu’elle était endormie, et lui dit : Levez-vous, et allons-nous-en. Mais elle ne répondant rien, il reconnut qu’elle était morte ; et l’ayant prise, il la remit sur son âne, et s’en retourna en sa maison.
29 : Etant venu chez lui, il prit un couteau, et divisa le corps de sa femme avec ses os en douze parts, et en envoya une part en chacune des tribus d’Israël.
30 : Ce que les enfants d’Israël ayant vu, ils crièrent tous d’une voix : Jamais rien de tel n’est arrivé dans Israël, depuis le jour que nos pères sortirent d’Egypte jusqu’aujourd’hui : prononcez là-dessus, et ordonnez tous ensemble ce qu’il faut faire en cette rencontre. »
-David et Bethsabée, qu’il enleva de son mari Urie le Hittite en le faisant mourir au combat
– La vengeance contre les exactions des hommes de la tribu de Benjamin sur la tribu de Lévi
– L’épisode où Pharaon cherche à séduire Sarah, qui lui est présentée comme la sœur d’Abraham (Extrait de la Genèse – La Sainte Bible – traduite par Le Maistre de Saci – Chapitre XII) :
– « 13 : Dites donc, je vous supplie, que vous êtes ma sœur : afin que ces gens-ci me traitent favorablement à cause de vous, et qu’ils me conservent la vie en votre considération.
14 : Abram étant entré ensuite en Egypte, les Egyptiens virent que cette femme était très-belle.
15 : Et les premières personnes du pays en ayant donné avis à Pharaon, et l’ayant fort louée devant lui, elle fut enlevée et menée au palais du roi.
16 : Ils en usèrent bien à l’égard d’Abram à cause d’elle ; et il reçut des brebis, des bœufs, des ânes, des serviteurs et des servantes, des ânesses et des chameaux.  »
Sonnet 141 : les ravages de la passion dans l’histoire sur des cœurs aguerris et forts : Héraclès, Marc-Antoine, Annibal.
Sonnet 142 : les pouvoirs infinis de l’amour.

Jacky Lavauzelle
Camoes Les Lusiades

OS LUSIADAS CANTO 3
LES LUSIADES CHANT 3

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os lusiadas canto 3 les lusiades

Vasco de Gama par Gregorio Lopes

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Luís Vaz de Camões Os Lusiadas Les Lusiades
OS LUSIADAS III-142 CAMOES LUSIADES III-142
Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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Les Lusiades Chant 3 Camoes Canto III

 OS LUSIADAS III CANTO 3
LES LUSIADES CHANT 3
LUIS DE CAMOES LES LUSIADES

Camoes os lusiadas canto III

LA VOIX SECRÈTE DE L’AMOUR OBSCUR -LORCA SONNETS DE L’AMOUR OBSCUR – AY VOZ SECRETA DEL AMOR OSCURO

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FREDERICO GARCIA LORCA SONNETS DE L’AMOUR OBSCUR

lorca sonnets de l'amour obscur

Frederico Garcia Lorca sonnets de l'amour obscur

sonetos del amor oscuro

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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

Federico García Lorca

1898 – 1936

Sonetos del amor oscuro
Sonnets de l’amour obscur



Poèmes de Federico García Lorca
Poesía
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AY VOZ SECRETA DEL AMOR OSCURO
LA VOIX SECRÈTE DE L’AMOUR OBSCUR
****

¡Ay voz secreta del amor oscuro!
Ô voix secrète de l’amour obscur !
 ¡ay balido sin lanas! ¡ay herida!
Ô bêlement sans laine ! ô blessure !
¡ay aguja de hiel, camelia hundida!
Ô aiguille de fiel, camélia écrasé !
  ¡ay corriente sin mar, ciudad sin muro!
Ô courant sans mer, ville sans mur !

*

¡Ay noche inmensa de perfil seguro,
Ô immense nuit au profil assuré,
montaña celestial de angustia erguida!
Montagne céleste d’angoisse érigée !
 ¡ay perro en corazón, voz perseguida!
Ô chien de cœur, voix persécutée !
¡silencio sin confín, lirio maduro!
Silence sans limite, lys mûr !

*

Huye de mí, caliente voz de hielo,
Éloigne-toi de moi, voix chaude de glace,
no me quieras perder en la maleza
Tu ne veux pas me perdre dans ces mauvaises herbes
donde sin fruto gimen carne y cielo.
Où, sans fruit, gémissent la chair et le ciel.

*

*

Deja el duro marfil de mi cabeza,
Laisse l’ivoire dur de ma tête,
apiádate de mí, ¡rompe mi duelo!
Prends pitié de moi, arrête mon duel !
 ¡que soy amor, que soy naturaleza!
Car je suis amour, car je suis nature !

***

Federico García Lorca Sonetos del amor oscuro
Sonnet de l’amour obscur

lorca sonnets de l'amour obscur

L’ESPRIT D’AMOUR – SONNETS DE SHAKESPEARE SONNET 56 – LVI – Sweet love, renew thy force

SONNET de SHAKESPEARE
SHAKESPEARE SONNETS
THE SONNETS
THE SONNETS – LES SONNETS

Illustration du Phénix par Friedrich Justin Bertuch
*


WILLIAM SHAKESPEARE
[1564 – 1616]

Traduction JACKY LAVAUZELLE


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SONNET 56

The Sonnets SHAKESPEARE
Les Sonnets de SHAKESPEARE
***
Sweet love, renew thy force
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L’ESPRIT D’AMOUR
***

1598 

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 Sweet love, renew thy force; be it not said
Doux amour, renouvelle ta force ! Qu’il ne soit pas dit
Thy edge should blunter be than appetite,
Que ton ardeur est plus faible que ton appétit,
Which but to-day by feeding is allay’d,
Qui est aujourd’hui par un banquet apaisé,
To-morrow sharpened in his former might:
Mais qui, demain, de toute son ancienne force sera aiguisé :

*

So, love, be thou, although to-day thou fill
Alors, fais-en de même, mon amour,
Thy hungry eyes, even till they wink with fulness,
Tes yeux affamés, même s’ils sont contentés ce jour,
 To-morrow see again, and do not kill
Demain, qu’ils admirent encore, afin que ne meurt
The spirit of love, with a perpetual dulness.
L’esprit d’amour d’une perpétuelle langueur.

*


*

Let this sad interim like the ocean be
Que ce triste intérim soit comme l’océan
 Which parts the shore, where two contracted new
Qui séparent deux fiancés sur deux rivages opposés
Come daily to the banks, that when they see
Et qui viennent chaque jour, afin que, quand viendra

*

Return of love, more blest may be the view;
Le retour de l’amour, plus belle soit la rencontre ;
Or call it winter, which being full of care,
Ou soit comme l’hiver plein d’un interminable ennui,
Makes summer’s welcome, thrice more wished, more rare. 
Rendant l’été, trois fois plus souhaité et plus rare.

*


 

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SHAKESPEARE SONNETS
SONNET LVI

LES SONNETS DE SHAKESPEARE SONNETS

LES ULTIMES POEMES D’EMILY DICKINSON (1886) THE IMMORTALITY SHE GAVE & OF GLORY NOT A BEAM IS LEAFT

POEME D’EMILY DICKINSON 1886
LES ULTIMES POEMES
LITTERATURE AMERICAINE

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EMILY DICKINSON
December 10, 1830 – May 15, 1886
10 décembre 1830 – 15 mai 1886
Amherst, Massachusetts




Traduction – Translation

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

French and English text
texte bilingue français-anglais

The immortality she gave
&
Of Glory not a Beam is left

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LA FORCE DE L’AMOUR HUMAIN
&
POUR LES ÉTOILES

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1886

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THE IMMORTALITY SHE GAVE
LA FORCE DE L’AMOUR HUMAIN

The immortality she gave
L’immortalité qu’elle a donnée
We borrowed at her Grave —
Nous l’avons emprunté à son Tombeau-
For just one Plaudit famishing,
Assoiffée d’un unique Applaudissement,
The Might of Human love —
La Force de l’amour Humain –

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OF GLORY NOT A BEAM IS LEFT
POUR LES ÉTOILES

Of Glory not a Beam is left
De la Gloire, ne reste pas un seul Faisceau
But her Eternal House —
Mais reste sa Maison Éternelle –
The Asterisk is for the Dead,
L’Astérisque est pour les Morts,
The Living, for the Stars —
Les Vivants, pour les Étoiles-




 

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POEME D’EMILY DICKINSON

LE CHANSONNIER SONNET 165 (Première Partie) CANZONIERE PETRARCA 165 – SONNET CLXV

*

FRANCESCO PETRARQUE

Francesco PETRARCA
1304 – 1374

Traduction Jacky Lavauzelle

——–


Canzoniere Petrarca  Sonetto 165

LE CHANSONNIER PETRARQUE Sonnet 165
CLXV

Rerum vulgarium fragmenta

Fragments composés en vulgaire

Rime In vita di Madonna Laura

PRIMA PARTE
Première Partie

165/263

Dante Boccace Petrarque Guido Cavalvanti Cino da Pistoia Guittone dArezzo Trecento Italien 1544 Giorgio Vasari

Come ’l candido pie’ per l’erba fresca
Quand son pied candide se pose sur l’herbe fraîche,
i dolci passi honestamente move,
ses doux pas se déplaçant délicatement,
vertú che ’ntorno i fiori apra et rinove,
une vertu ouvre les fleurs nouvelles pleinement,
de le tenere piante sue par ch’esca.
qui de sa plante semble émaner.

**

Amor che solo i cor’ leggiadri invesca
Amour qui aux seuls cœurs gracieux se montre
né degna di provar sua forza altrove,
et ne daigne forcer ailleurs sa puissance,
da’ begli occhi un piacer sí caldo piove
aux beaux yeux extrait tant d’ardentes pluies
ch’i’ non curo altro ben né bramo altr’ésca.
que je ne cherche ni d’autres biens ni d’autres appâts.

**


**

Et co l’andar et col soave sguardo
Et à ce doux regard, à cette silhouette
s’accordan le dolcissime parole,
s’accordent des douces paroles soyeuses,
et l’atto mansüeto, humile et tardo.
et une démarche de bonté, humble et délicate.

**

Di tai quattro faville, et non già sole,
De ces quatre étincelles, et non seulement,
nasce ’l gran foco, di ch’io vivo et ardo,
naît le grand feu dont je vis et brûle,
che son fatto un augel notturno al sole.
moi qui suis devenu oiseau nocturne sous le soleil.

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CANZONIERE PETRARCA
Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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Ritratto_di_francesco_petrarca,_altichiero,_1376_circa,_padova

canzoniere Petrarca 165
le chansonnier Pétrarque Sonnet 165
canzoniere poet

FRANCESCO PETRARQUE

LE CHANSONNIER Francesco Pétrarque Sonnet 102-CANZONIERE PETRARCA Sonetto 102 – CII

*

FRANCESCO PETRARQUE

Francesco PETRARCA
1304 – 1374

Traduction Jacky Lavauzelle

——–


Canzoniere Petrarca  Sonetto 102

LE CHANSONNIER PETRARQUE Sonnet 102
CII

Rerum vulgarium fragmenta

Fragments composés en vulgaire

Rime In vita di Madonna Laura

PRIMA PARTE
Première Partie

102/263

Dante Boccace Petrarque Guido Cavalvanti Cino da Pistoia Guittone dArezzo Trecento Italien 1544 Giorgio Vasari

Cesare, poi che ’l traditor d’Egitto
César, alors que le traître d’Egypte Ptolémée
 
 li fece il don de l’onorata testa,
Lui fit don de la tête honorée de Pompée,
 celando l’allegrezza manifesta,
Sa liesse manifeste dissimulant,
pianse per gli occhi fuor sí come è scritto;
Comme l’écrit Lucain,  pleura abondamment ;

**

et Hanibàl, quando a l’imperio afflitto
Et Hannibal, lorsque l’empire ployait,
vide farsi Fortuna sí molesta,
Voyant sa Fortune tant molestée,
  rise fra gente lagrimosa et mesta
Rit entouré de gens en pleurs et en cri
 per isfogare il suo acerbo despitto.
Afin de chasser son acerbe dépit.

**


**

Et cosí aven che l’animo ciascuna
Et ainsi va notre âme, pour chacune
sua passïon sotto ’l contrario manto
De ses passions qu’un vêtement
  ricopre co la vista or chiara or bruna: 
Couvre tantôt clairement tantôt sombrement :

**

però, s’alcuna volta io rido o canto,
Alors, si je ris ou si je chante,
 facciol, perch’i’ non ò se non quest’una
Si je suis ainsi, c’est que c’est mon unique remède
 via da celare il mio angoscioso pianto.
Pour cacher mes larmes d’angoisse.

********************
Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
*********************

Ritratto_di_francesco_petrarca,_altichiero,_1376_circa,_padova

canzoniere Petrarca 102
le chansonnier Pétrarque Sonnet 102
canzoniere poet

FRANCESCO PETRARQUE

LE CHANSONNIER Pétrarque Sonnet 143-CANZONIERE PETRARCA Sonetto 143 – CXLIII

*

PETRARQUE

Francesco PETRARCA
1304 – 1374

Traduction Jacky Lavauzelle

——–


Canzoniere Petrarca  Sonetto 143

LE CHANSONNIER PETRARQUE Sonnet 143
CXLIII

Rerum vulgarium fragmenta

Fragments composés en vulgaire

Rime In vita di Madonna Laura

PRIMA PARTE
Première Partie

143/263

Dante Boccace Petrarque Guido Cavalvanti Cino da Pistoia Guittone dArezzo Trecento Italien 1544 Giorgio Vasari

Quand’io v’odo parlar sí dolcemente
Quand si suavement je vous entends parler
com’Amor proprio a’ suoi seguaci instilla,
De ce qu’Amour distille à ses suivants,
l’acceso mio desir tutto sfavilla,
Mon désir tout scintillant s’embrase
 tal che ’nfiammar devria l’anime spente.
Tant qu’il en enflammerait les âmes éteintes.

**

Trovo la bella donna allor presente,
Je retrouve cette belle dame alors présente,
 ovunque mi fu mai dolce o tranquilla
Partout où elle me fut douce et tranquille
ne l’habito ch’al suon non d’altra squilla
Dans sa demeure qui non par des éclats
ma di sospir’ mi fa destar sovente.
Mais par ses soupirs souvent me réveille.

**


**

Le chiome a l’aura sparse, et lei conversa
La couronne éparse de ses cheveux [à Laure], et se retournant
indietro veggio; et cosí bella riede
Je vois ; et si belle rouvre
nel cor, come colei che tien la chiave.
Mon cœur, comme celle qui en détient la clé.

**

Ma ’l soverchio piacer, che s’atraversa
Mais l’excès de plaisir, qui traverse
 a la mia lingua, qual dentro ella siede
Ma langue, qu’en moi elle se trouve,
  di mostrarla in palese ardir non ave.
Ne peut avoir l’audace de se montrer publiquement.

********************
Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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Ritratto_di_francesco_petrarca,_altichiero,_1376_circa,_padova

canzoniere Petrarca 143
le chansonnier Pétrarque Sonnet 143
canzoniere poet

SONNET SHAKESPEARE 31 Thy bosom is endeared with all hearts – Ton sein s’est embelli de tous les cœurs

LES SONNETS DE SHAKESPEARE THE SONNETS
THE SONNETS – LES SONNETS

Illustration du Phénix par Friedrich Justin Bertuch
*


WILLIAM SHAKESPEARE
[1564 – 1616]

Traduction JACKY LAVAUZELLE

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SONNET 31

The Sonnets SHAKESPEARE
Les Sonnets de SHAKESPEARE
 Thy bosom is endeared with all hearts

Ton sein s’est embelli de tous les cœurs

1598 

**

*

Thy bosom is endeared with all hearts,
Ton sein s’est embelli de tous les cœurs
Which I by lacking have supposed dead;
Qui me manquaient, les croyant morts ;
And there reigns Love, and all Love’s loving parts,
Il y règne l’Amour, et toutes les douces sympathies,
And all those friends which I thought buried.
Et tous ces amis que je pensais ensevelis.

*







*

How many a holy and obsequious tear
Combien de pleurs saints et obséquieux
Hath dear religious love stol’n from mine eye,
Ce cher amour dévot n’a-t-il pas cachés à mes yeux,
As interest of the dead, which now appear
Pour tous ces morts qui m’apparaissent désormais
But things remov’d that hidden in thee lie!
Comme autant de créatures en toi dissimulées !

*

Thou art the grave where buried love doth live,
Tu es la tombe où l’amour séjourne,
Hung with the trophies of my lovers gone,
Enterré avec les trophées de mes amis absents,
Who all their parts of me to thee did give,
Qui t’ont tous livrée leur partie de moi,

*






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That due of many now is thine alone:
Tout cela est à toi seul à présent :
Their images I lov’d, I view in thee,
Leurs images que j’ai adorées, en toi je les vois,
And thou—all they—hast all the all of me.
Et toi, avec cet ensemble, représente tout mon moi.

 

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SHAKESPEARE SONNET 31

LES SONNETS DE SHAKESPEARE THE SONNETS

CATULLUS VIII- CATULLE A LUI-MÊME – Ad Se Ipsum

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CATULLE CATULLUS VIII

litterarumLittérature Latine
Catulle

Poeticam Latinam

Traduction Jacky Lavauzelle

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CATULLE – CATULLUS
84 av J.-C. – 54 av J.-C.

POESIE VIII

Ad Se Ipsum

CATULLE A LUI-MÊME

Catullus Building desinas ineptire,
Pauvre Catulle, cesse d’être stupide,
Perditum ducas quod inane pereundum.
Ce qui est perdu est mort à jamais .
Fulsere quondam candidi tibi soles
Jadis le soleil lumineux brillait
Quum ventitabas quo puella ducebat
Quand une belle t’appelait
Amata nobis quantum amabitur nulla.
Plus chérie qu’aucune autre fille.
Ibi illa multa cum jocosa fiebant,
Que de beaux moments tu passais,
Quae tu volebas nec puella nolebat,
Alors, ce que tu voulais, ta belle le voulait aussi,
Vere Candidi Fulsere Tibi soles.
Oui, vraiment, comme ces jours éclataient !
Nunc iam illa non vult; tu quoque, cæcos, claudos Noli,
Désormais, elle ne veut plus ; mais toi, aveugle, cesse de vouloir !
Nec quae fugit sectare nec bet vivere,
Ne poursuit plus celle qui prend la fuite,
Sed mente obstinatâ Perfer, obdura.
Que ton esprit reste ferme !
Vale, puella, jam Catullus obdurat,
Adieu, jeune fille, Catulle est décidé ;
Nec te requiret nec rogabit invitam.
Il ne regardera plus de beauté fugitive.
Nonne tu dolebis, quum rogaberis nulla.
Car toi aussi, belle, tu te désoleras quand tu te tarira.
Scelesta, vae te! Quae tibi manet vita?
Malheur à toi ! Que sera ta vie alors ?
Quis nunc te adibit? Cui videberis bella?
Qui  alors te regardera ? Pour qui te feras-tu belle ?
Quem nunc amabis? Cujus esse diceris?
Qui t’aimera alors ? Quel sera ton amant ?
Quem basiabis? Cui labella mordebis?
Pour qui tes baisers ? Pour qui tes morsures ?
Tu, Catulle, destinatus obdura.
Toi, Catulle, reste fort !

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Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO












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Catulle – Catullus
Catulli Carmen V

LES SONNETS SHAKESPEARE THE SONNETS SONNET 15 When I consider every thing that grows

LES SONNETS SHAKESPEARE THE SONNETS
THE SONNETS – LES SONNETS


WILLIAM SHAKESPEARE
[1564 – 1616]

Traduction JACKY LAVAUZELLE

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SONNET 15

The Sonnets SHAKESPEARE
Les Sonnets SHAKESPEARE
When I consider every thing that grows
Quand je considère que tout ce qui se développe
 

1599 

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When I consider every thing that grows
Quand je considère que tout ce qui se développe
Holds in perfection but a little moment,
Ne se tient dans la perfection qu’un si court moment,
That this huge stage presenteth nought but shows
Que cette énorme scène ne représente que des spectacles
Whereon the stars in secret influence comment;
Influencés secrètement par les astres ;

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When I perceive that men as plants increase,
Quand je vois que les hommes comme plantes croissent,
Cheered and checked even by the self-same sky,
Nourris et illuminés par le même ciel,
Vaunt in their youthful sap, at height decrease,
Leur jeune sève arrivée à sa plénitude commençant déjà à décroître,
And wear their brave state out of memory;
Et portent leur brave posture jusqu’à l’oubli ;

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Then the conceit of this inconstant stay
Alors la vanité de ce séjour inconstant
Sets you most rich in youth before my sight,
Dans la plénitude de la jeunesse à mes yeux vous fait apparaître
Where wasteful Time debateth with decay
Là où le Temps destructeur débat avec le déclin

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To change your day of youth to sullied night,
Pour changer la journée de votre jeunesse en une sombre nuit,
And all in war with Time for love of you,
Et je déclare la  guerre au Temps par amour pour vous,
As he takes from you, I engraft you new.
A mesure qu’il vous enlève, je vous greffe de nouveau.

 

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SONNET 15

LES SONNETS SHAKESPEARE THE SONNETS