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LES FLEURS DE LA NUIT -POÈME DE ZINAÏDA HIPPIUS – 1894 – Поэзия Зинаиды Гиппиус – Цветы ночи

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LITTÉRATURE RUSSE
POÉSIE RUSSE
Русская литература
Русская поэзия
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Poésie de Zinaïda Hippius
Поэзия Зинаиды Гиппиус
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Zinaïda Nicolaïevna Hippius
Зинаи́да Никола́евна Ги́ппиус

8 novembre 1869 Beliov Russie – 9 septembre 1945 Paris,
8 ноября 1869 Белёв, Российская империя — 9 сентября 1945 Париж Франция

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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
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LES FLEURS DE LA NUIT
1894
Цветы ночи
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О, ночному часу не верьте!
Ô, je ne crois pas à la nuit !
Он исполнен злой красоты.
Pleine de beauté diabolique.
В этот час люди близки к смерти,
À cette heure-ci, les gens sont proches de la mort,
Только странно живы цветы.
Seules les fleurs étrangement sont en vie.

*

Темны, теплы тихие стены,
Les murs sont sombres et chauds
И давно камин без огня…
Et la cheminée longtemps est restée sans feu …
И я жду от цветов измены, —
Et j’attends des fleurs des trahisons,
Ненавидят цветы меня.
Car les fleurs me détestent.

*

Среди них мне жарко, тревожно,
Parmi elles, je transpire, anxieuse,
Аромат их душен и смел, —
Leur arôme est étouffant et audacieux,
Но уйти от них невозможно,
Mais je ne peux m’éloigner d’elles,
Но нельзя избежать их стрел.
Ne pouvant éviter leurs flèches.

*

Свет вечерний лучи бросает
La lumière du soir jette ses rayons
Сквозь кровавый шелк на листы…
À travers la soie ensanglantée des draps …
Тело нежное оживает,
Le corps tendre prend vie,
Пробудились злые цветы.
Les mauvaises fleurs se sont réveillées.

*

С ядовитого арума мерно
De l’arum toxique quelques
Капли падают на ковер…
Gouttes tombent sur le tapis …
Все таинственно, все неверно…
Tout est mystérieux, tout va mal …
И мне тихий чудится спор.
Une secrète dispute m’apparaît.

*

Шелестят, шевелятся, дышат,
Elles bruissent, bougent, respirent,
Как враги, за мною следят.
Comme des ennemis, elles me surveillent.
Все, что думаю, — знают, слышат
Tout ce que je pense, elles le savent, elles l’entendent
И меня отравить хотят.
Et elles veulent m’empoisonner.

*

О, часу ночному не верьте!
Ô, ne croyez pas l’heure de la nuit !
Берегитесь злой красоты.
Méfiez-vous de ces beautés maléfiques.
В этот час мы все ближе к смерти,
A cette heure nous nous rapprochons de la mort,
Только живы одни цветы.
Seules les fleurs sont vivantes.

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1894

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LES VAGUES DE TON CORPS — Poème de Marina Tsvétaïeva – Марина Ивановна Цветаева- 1923 – О путях твоих пытать не буду

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LITTÉRATURE RUSSE
POÉSIE RUSSE
Русская литература

Русская поэзия


TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE


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Marina Tsvétaïeva – photo de Pierre Choumoff ( Пётр Ива́нович Шу́мов )

Marina Ivanovna Tsvetaïeva
Марина Ивановна Цветаева

poétesse russe
русская поэтесса
Moscou 26 septembre 1892 – Ielabouga 31 août 1941
26 сентября 1892, Москва — 31 августа 1941, Елабуга

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LES VAGUES DE TON CORPS
1923
О путях твоих пытать не буду
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Ramon Casas, Nu féminin, 1894, Sitges, musée Cau Ferrat

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О путях твоих пытать не буду,
Je ne vais pas torturer tes voies
Милая! — ведь всё сбылось.
Mon tendre aimé – tout est devenu réalité.
Я был бос, а ты меня обула
J’étais nue et tu m’as recouverte
Ливнями волос —
De tes cheveux –
И — слёз.
Et – de larmes.

*

Не спрошу тебя, какой ценою
Je ne te demanderai pas à quel prix
Эти куплены масла́.
Furent achetées ces huiles.
Я был наг, а ты меня волною
J’étais nue et tu m’as entourée des vagues
Тела — как стеною
De ton corps – comme une paroi
Обнесла.
Assaillie.

*

Наготу твою перстами трону
Mes doigts habillent ta nudité
Тише вод и ниже трав.
D’eaux calmes et d’herbes basses.
Я был прям, а ты меня наклону
J’étais rigide et tu m’as inclinée
Нежности наставила, припав.
Tendre inclinaison.

*

В волосах своих мне яму вырой,
Je creuse un trou dans tes cheveux,
Спеленай меня без льна.
Ne m’emmitoufle pas trop de lin.
— Мироносица! К чему мне миро?
– Saintes Femmes ! Pourquoi cette myrrhe ?
Ты меня омыла
Tu m’as lavée
Как волна.
Comme une vague.

***

31 августа 1923
31 août 1923

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Marina Tsvétaïeva – Marina Tsvetaeva – en 1924

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Poésie de Marina Tsvétaïéva
Поэзия Марины Чветаевой

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Cathédrale de la Vierge Marie KUALA LUMPUR

Pelancongan di Malaysia
Voyage en Malaisie
PHOTO JACKY LAVAUZELLE

 




 

 Visiter Kuala Lumpur
Meneroka kota Kuala Lumpur
Melawat Kuala Lumpur
吉隆坡
Куала-Лумпур

*








Cathédrale de la Vierge Marie

Construite en 1894
Cathédrale depuis 1983

« Celui que la grandeur remplit de son ivresse,
Relit avec plaisir ses titres de noblesse :
Ainsi le vrai chrétien recueille avec ardeur,
Les preuves de sa loi, titres de sa grandeur.
Lui-même il a besoin d’affermir son courage ;
Il n’est point ici bas de clarté sans nuage :
La colonne qui luit dans ce désert affreux,
Tourne aussi quelquefois son côté ténébreux.
Puissent mes heureux chants consoler le fidèle
Et puissent-ils aussi confondre le rebelle !... »

LA RELIGION
Louis Racine
Chant I

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Cathédrale de la Vierge Marie

« Dans vos vastes déserts il sème la lumière,
Ainsi que dans nos champs il sème la poussière.
Toi qu’annonce l’aurore, admirable flambeau,
Astre toujours le même, astre toujours nouveau,
Par quel ordre, ô soleil, viens-tu du sein de l’onde
Nous rendre les rayons de ta clarté féconde ?
Tous les jours je t’attends, tu reviens tous les jours :
Est-ce moi qui t’appelle, et qui règle ton cours ?
Et toi dont le courroux veut engloutir la terre,
Mer terrible, en ton lit quelle main te resserre ?
Pour forcer ta prison tu fais de vains efforts ;
La rage de tes flots expire sur tes bords…« 

LA RELIGION
Louis Racine
Chant I








« Le roi pour qui sont faits tant de biens précieux,
L’homme élève un front noble, et regarde les cieux.
Ce front, vaste théâtre où l’âme se déploie,
Est tantôt éclairé des rayons de la joie,
Tantôt enveloppé du chagrin ténébreux.
L’amitié tendre et vive y fait briller ces feux ;
Qu’en vain veut imiter dans son zèle perfide
La trahison, que suit l’envie au teint livide.
Un mot y fait rougir la timide pudeur… »

LA RELIGION
Louis Racine
Chant I

« …Mais il n’a plus besoin de foi ni d’espérance :
Un éternel amour en est la récompense.
Sainte religion, qu’à ta grandeur offerts
Jusqu’à ce dernier jour puissent durer mes vers !
D’une muse, toujours compagne de ta gloire,
Autant que tu vivras fais vivre la mémoire.
La sienne… qu’ai-je dit ? Où vais-je m’égarer ?
Dans un cœur tout à toi l’orgueil veut-il entrer ?
Sois de tous mes désirs la règle et l’interprète :
Et que ta seule gloire occupe ton poète. »

LA RELIGION
Louis Racine
Chant VI

*

Cathédrale de la Vierge Marie

МЕДНЫЙ ВСАДНИК LE CAVALIER DE BRONZE POUCHKINE 1ère Partie Часть первая

МЕДНЫЙ ВСАДНИК
Poèsie de Pouchkine

Poème de Pouchkine
1833


Alexandre Pouchkine
русский поэт- Poète Russe
русская литература
Littérature Russe
ALEXANDRE POUCHKINE
Poésie de Pouchkine

pushkin poems
стихотворение  – Poésie
  Пушкин 

 

 

POUCHKINE  Пу́шкин
Алекса́ндр Серге́евич Пу́шкин
1799-1837

[создатель современного русского литературного языка]

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

 

LA POESIE DE POUCHKINE

СТИХИ АЛЕКСАНДРА СЕРГЕЕВИЧА ПУШКИНА
Пушкин 


МЕДНЫЙ ВСАДНИК
Часть первая
1833

 LE CAVALIER DE BRONZE
Première Partie
1833

 

  1833
Le Cavalier de Bronze
Пушкин 

Vas.Surikov. Bronze Horseman on the Senate Square. Rusian Museum

Le Cavalier de bronze
Vassily Ivanovitch Sourikov
Василий Иванович Суриков

*

 МЕДНЫЙ ВСАДНИК
Часть первая
Première Partie

Над омрачённым Петроградом
La grisaille régnait au-dessus de Saint Petersburg
Дышал ноябрь осенним хладом.
Dans le froid de ce mois de novembre.
Плеская шумною волной
Les vagues venaient fortement heurter la rive
В края своей ограды стройной,
Sur le bord de la clôture,
Нева металась, как больной
La Neva sortait comme sort un malade
В своей постеле беспокойной.
De son lit agité.
Уж было поздно и темно;
Qu’il était tard et qu’il faisait sombre ;
Сердито бился дождь в окно,
La pluie furieuse frappait contre la fenêtre,
И ветер дул, печально воя.
Et le vent soufflait, hurlant, presque triste.
В то время из гостей домой
A ce moment dans la maison
 Пришёл Евгений молодой…
Est entré le jeune Eugène …
Мы будем нашего героя
Pour connaître notre héros
Звать этим именем. Оно
Nul besoin de connaître son nom de famille. Il
Звучит приятно; с ним давно
Sonne bien ce prénom ;
Моё перо к тому же дружно.
Ma plume s’en accomode.
Прозванья нам его не нужно,
Il n’a pas besoin de sobriquet,
Хотя в минувши времена
Bien que, dans le passé,
  Оно, быть может, и блистало
Il ait rayonné, consigné
И под пером Карамзина
Par le stylo de Karamzine
В родных преданьях прозвучало;
Et porté par la dévotion de sa famille ;
Но ныне светом и молвой
Mais maintenant, la lumière et la rumeur
Оно забыто. Наш герой
L’ont oublié. Notre héros
Живёт в Коломне; где-то служит,
Vit à Kolomna ; Il travaille quelque part,
Дичится знатных и не тужит
Dans un bureau, ne s’inquiètant
Ни о почиющей родне,
Ni de son arbre généalogique,
Ни о забытой старине.
Ni de l’histoire antique oubliée.

*

Claude Monet
L’inondation à Giverny
1894

*

Итак, домой пришед, Евгений
Ainsi, après être rentré dans sa maison, Eugène
Стряхнул шинель, разделся, лёг.
Posa son manteau, se déshabilla, se coucha.
Но долго он заснуть не мог
Mais pendant longtemps, il ne put dormir
В волненье разных размышлений.
Par sa pensée en ébullition.
О чём же думал он? о том,
A quoi pensait-t-il donc à ce moment ?
Что был он беден, что трудом
Que, pauvre, il se doit de travailler
Он должен был себе доставить
Pour pouvoir obtenir
 И независимость и честь;
Son indépendance et son honneur ;
Что мог бы Бог ему прибавить
Dieu seul pourrait lui apporter
Ума и денег. Что ведь есть
De l’esprit et de l’argent. Que
Такие праздные счастливцы,
Des repos chanceux,
Ума недальнего, ленивцы,
S’offrent parfois aux paresseux,
Которым жизнь куда легка!
Qui vivent pourtant si facilement !
Что служит он всего два года;
Lui ne travaillait que depuis deux ans ;
Он также думал, что погода
Il pensait aussi que le temps
Не унималась; что река
L’apaiserait ; la rivière
Всё прибывала; что едва ли
Ne cessait de croître ; bientôt
С Невы мостов уже не сняли
Les ponts sur la Néva seraient coupés
И что с Парашей будет он
Et, pour voir Paracha,
Дни на два, на три разлучён.
Deux ou trois jours seraient nécessaires.
Евгений тут вздохнул сердечно
Eugène soupira profondément
  И размечтался, как поэт:
Et rêva, comme un poète :

*

«Жениться? Мне? зачем же нет?
« Se marier?  Moi? pourquoi pas?
« Оно и тяжело, конечно;
« Et ce serait difficile, bien sûr;
Но что ж, я молод и здоров,
 « Mais, je suis jeune et en bonne santé,
день и ночь готов;
 « Je travaille de jour et de nuit ;
Трудиться Уж кое-как себе устрою
« Déjà nous habiterons ensemble
Приют смиренный и простой
  « Dans un abri humble et simple
 И в нём Парашу успокою.
«  Pour vivre avec Parasha.
Пройдёт, быть может, год-другой —
« Il faudra peut-être un an ou deux –
Местечко получу, Параше
 » Pour changer de poste, Parasha
 Препоручу семейство наше
 S’occupera de la famille
 И воспитание ребят…
  « Et de l’éducation des enfants …
И станем жить, и так до гроба
« Et nous nous laisserons vivre, et ainsi jusqu’à la tombe
Рука с рукой дойдём мы оба,
  « Main dans la main, nous vivrons,
И внуки нас похороня́т…»
Et nos petits-enfants nous enterrerons …

*

Так он мечтал. И грустно было
Il rêvait donc. Et lui, si triste
Ему в ту ночь, и он желал,
Ce soir-là ; il aurait voulu
Чтоб ветер выл не так уныло
Que le vent hurlant se calme
  И чтобы дождь в окно стучал
Et que la pluie qui battait la fenêtre
Не так сердито…
Fasse tomber sa colère …
Cонны очи
Les yeux lourds
Он наконец закрыл. И вот
Finalement se fermèrent. et
Редеет мгла ненастной ночи
A travers la nuit pluvieuse
И бледный день уж настаёт…
Le pâle jour s’entrevoyait aussi …
Ужасный день!
Terrible jour !
Нева всю ночь
La Néva, toute la nuit
Рвалася к морю против бури,
Avait lutté contre la mer, contre la tempête,
Не одолев их буйной дури…
Sans gagner cette sauvage lutte …
И спорить стало ей невмочь…
Et, épuisée, s’abandonnant…
Поутру над её брегами
Le matin sur les quais
Теснился кучами народ,
S’entassaient étroitement les badauds,
Любуясь брызгами, горами
Admirant les écumes, les crêtes des vagues
И пеной разъярённых вод.
Et la mousse des eaux furieuses.
Но силой ветров от залива
Mais la force des vents de la baie
Переграждённая Нева
Dominait la Néva
Обратно шла, гневна, бурлива,
Qui recule, par sa colère, sa turbulence,
И затопляла острова,
Et les eaux inondaient les îles,
Погода пуще свирепела,
Et les vents s’engouffraient dans la forêt,
Нева вздувалась и ревела,
La Neva se gonflait et rugissait,
Котлом клокоча и клубясь,
Devant la lutte plus intense,
И вдруг, как зверь остервенясь,
Et tout à coup, comme une bête en rage,
На город кинулась. Пред нею
Dans la ville se précipita. Devant elle
Всё побежало, всё вокруг
Tous s’enfuyaient, tout autour
Вдруг опустело — во́ды вдруг
Soudain était désert- Soudain l’eau
Втекли в подземные подвалы,
S’infiltra dans des caves souterraines,
К решёткам хлынули каналы,
Pour se déverser dans les canaux
И всплыл Петрополь как тритон,
Et Pétropolis a émergé comme un triton,
По пояс в воду погружён.
Au-dessus des eaux.

*

Осада! приступ! злые волны,
Un siège! une attaque! les vagues en colère
Как воры, лезут в окна. Чёлны
Comme des voleurs grimpaient aux fenêtres.
С разбега стёкла бьют кормой.
La poupe des bateaux s’invitaient.
Лотки под мокрой пеленой,
Des plateaux pour linceul humide,
Обломки хижин, брёвны, кровли,
Les huttes en débris, des toitures,
Товар запасливой торговли,
Les marchandises commerciales,
Пожитки бледной нищеты,
Les pauvres possessions des miséreux,
Грозой снесённые мосты,
Des ponts démolis par la tempête,
Гроба́ с размытого кладби́ща
Des cercueils sortis de leur cimetière
  Плывут по улицам!
Nageaient dans les rues !
Народ
Peuple,
Зрит Божий гнев и казни ждёт.
Voit la colère de Dieu et la punition qui t’attend.
всё гибнет: кров и пища!
Tout meurt : le logement et la nourriture !
 Увы! Где будет взять?
Hélas ! Où allez ?
В тот грозный год
Dans cette année terrible
Покойный царь ещё Россией
Le dernier tsar de la Russie régnait
Со славой правил. На балкон,
Avec des règles de gloire. Sur le balcon,
Печален, смутен, вышел он
Triste, gêné, il est sorti
И молвил: «С Божией стихией
Et il a dit : « Contre la volonté de Dieu
Царям не совладеть». Он сел
 Pas un roi ne gouverne.  » Il était assis
  И в думе скорбными очами
Avec, dans les yeux, une pensée douloureuse
На злое бедствие глядел.
Sur le spectacle de ce fléau.
Стояли стогны озера́ми,
Les lacs s’enfonçaient
И в них широкими река́ми
De larges fleuves
Вливались улицы. Дворец
Partaient des rues. Le palais
Казался островом печальным.
Ressemblait à une triste île.
Царь молвил — из конца в конец,
Un mot du tsar- d’un bout à l’autre de la ville,
По ближним улицам и дальным
Dans les hautes et dans les basses rues
  В опасный путь средь бурных вод
Au milieu des eaux tumultueuses
Его пустились генералы
Ses généraux rechercheraient alors
Спасать и страхом обуялый
Et secourraient et sauveraient
И дома тонущий народ.
De la noyades des milliers de personnes.

*

Тогда, на площади Петровой,
Ensuite, sur la place Saint Pierre
Где дом в углу вознёсся новый,
Où se trouvait une maison bourgeoise,
Где над возвышенным крыльцом
Où sur un porche surélevé
С подъятой лапой, как живые,
Dressés sur leurs pattes, si vivants,
Стоят два льва сторожевые,
Deux lions montaient la garde,
На звере мраморном верхом,
De marbre, la crinière frémissante,
Без шляпы, руки сжав крестом,
Sur l’un d’eux, les mains serrés en croix,
Сидел недвижный, страшно бледный
Il y resta immobile, pâle, il avait si peur
Евгений. Он страшился, бедный,
Eugène. Il avait peur, le pauvre,
Не за себя. Он не слыхал,
Non pour lui-même. Il ne voyait pas,
Как подымался жадный вал,
Ces eaux qui montaient
Ему подошвы подмывая,
Lui lavant ses semelles,
Как дождь ему в лицо хлестал,
Et comme la pluie fouettait son visage,
Как ветер, буйно завывая,
Comme le vent hurlait sauvagement,
С него и шляпу вдруг сорвал.
Et son chapeau fut soudainement arraché.
Его отчаянные взоры
Ses yeux désespérés
На край один наведены
Vers le bord au loin,
Недвижно были. Словно горы,
Restaient immobiles. Comme une montagne,
Из возмущённой глубины
L’eau en furie
Вставали волны там и злились,
Dessinaient des vagues colériques,
Там буря выла, там носились
La tempête hurlait, il flottait
Обломки… Боже, Боже! там —
Des fragments de … Oh, mon Dieu! là !
Увы! близёхонько к волнам,
Hélas! Dans les mains des vagues,
Почти у самого залива —
Presque sur la baie-
Забор некрашеный, да ива
Une clôture non peinte, un saule
 И ветхий домик: там оне,
Et la vieille maison : là vit
Вдова и дочь, его Параша,
La veuve et sa fille, sa Paracha,
Его мечта… Или во сне
Est-ce un rêve … ou dans un rêve
Он это видит? иль вся наша
Les voit-il ? toute notre
 И жизнь ничто, как сон пустой,
Vie est comme un rêve vide,
Насмешка неба над землёй?
Le ciel se moque-t-il au-dessus de la terre ?

*

И он, как будто околдован,
Et Eugène est comme ensorcelé,
Как будто к мрамору прикован,
Au marbre enchaîné,
Сойти не может! Вкруг него
Il ne peut plus descendre ! Autour de lui
Вода и больше ничего!
De l’eau et rien d’autre !
И, обращён к нему спиною,
Et, lui tournant le dos
В неколебимой вышине,
Inébranlable devant lui,
Над возмущённою Невою
Devant cette Néva indignée,
 Стоит с простёртою рукою
Impérieuse, une main tendue
Кумир на бронзовом коне.
Celle de l’idole sur son cheval de bronze.

**

 

*****

 Poésie de Pouchkine
LE CAVALIER DE BRONZE
Часть первая
1833
Пушкин
МЕДНЫЙ ВСАДНИК 

Peñas Arriba José María de Pereda 1894

Espagne – España – 西班牙 -Испания – スペイン
José María de Pereda
Escritor español
Peñas arriba
1894


Photos Jacky Lavauzelle

*




José María de Pereda
Peñas arriba

José María de Pereda y Sánchez Porrúa
6 février 1833 Polanco, Cantabrie -1er mars 1906 Santander
6 de febrero de 1833 Polanco, Cantabria –
1 de marzo de 1906 Santander
jose-maria-de-pereda
**
Peñas arriba

Extraits – Extractos

Dedicatoria

A la santa memoria de mi hijo Jose Manuel
A la sainte mémoire de mon fils José Manuel

 Hacia el último tercio del borrador de este libro, hay una cruz y una fecha entre dos palabras de una cuartilla (no viene en esta edición).
Dans la dernière partie de ce livre, il se trouve une croix et une date entre deux mots d’une page.
Para la ordinaria curiosidad de los hombres, no tendrían aquellos rojos signos gran importancia;
L’ordinaire curiosité des hommes n’aurait pas apporté une grande importance à ces signes rouges ;
y, sin embargo, Dios y yo sabemos que en el mezquino espacio que llenan, cabe el abismo que separa mi presente de mi pasado;
et cependant, Dieu et moi savons que dans ce minuscule interstice correspond à ce qui sépare mon présent de mon passé ;
Dios sabe también a costa de qué esfuerzos de voluntad se salvaron sus orillas para buscar en las serenas y apacibles regiones del arte, un refugio más contra las tempestades del espíritu acongojado;
Dieu sait aussi quels efforts de volonté il a fallu pour rechercher les régions sereines et paisibles de l’art, un abri contre les tempêtes de l’esprit agité ;

por qué, en fin, y para qué declaro yo estas cosas desde aquí a esa corta, pero noble, falange de cariñosos lectores que me ha acompañado fiel en mi pobre labor de tantos años, mientras voy subiendo la agria pendiente de mi Calvario y diciéndome, con el poeta sublime de los grandes infortunios de la vida, cada vez que vacila mi paso o los alientos me faltan:
Enfin, je déclare ces choses à ces rares, mais nobles lecteurs attentionnés, qui m’accompagnent fidèlement dans mon travail depuis tant d’années, en remontant la pente de mon Calvaire et je dis, avec le poète sublime des grandes infortunes de la vie, chaque fois que l’étape vacille et que le courage me manque :

«Dominus dedit; Dominus abstulit.Sicut Domino placuit, ita factum est»*.
J. M. DE PEREDA
Diciembre de 1894.

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*Note Artgitato

Nudus egressus sum de utero matris meae et nudus revertar illuc. Dominus dedit, Dominus abstulit; sicut Domino placuit, ita factum est: sit nomen Domini benedictum.

Job 1:21
Je suis sorti nu du ventre de ma mère, et je retournerai nu dans le sein de la terre. Le Seigneur m’avait tout donné, le Seigneur m’a tout ôté  ; il n’est arrivé que ce qu’il lui a plu  ; que le nom du Seigneur soit béni !

La Sainte Bible
 traduite
 par Lemaistre de Sacy

**************

Capítulo I
Chapitre I

 Mientras anduve ocupado en hacer abundante provisión de ropas de abrigo, calzado recio, armas ofensivas y defensivas, libros de Aimard, de Topffer y de cuantos, incluso Chateaubriand, han escrito cosas amenas a propósito de montañas, de selvas y de salvajes, lo mismo que si proyectara una excursión por el centro de un remoto continente inexplorado, puedo responder de que no me faltó la fiebre.
Alors que je marchais occupé à faire d’abondantes provisions de vêtements chauds, des chaussures robustes, des armes offensives et défensives, des livres de Gustave Aimard [1818-1883], de Rodolphe Töpffer [1799-1846] et d’autres, incluant même Chateaubriand, qui décrivent des choses intéressantes sur les montagnes, jungles et monde sauvage, ou même sur l’excursion du centre d’un continent inexploré, …

*****

Capítulo II
Chapitre II

Con el saboreo de aquellas noticias y de estas «seguridades», sin un astro visible en el cielo, la tierra envuelta en la más cerrada y tenebrosa de las noches, y empezando a lloviznar, me dejé sumir en la barranca que se abría a corta distancia del santuario, encomendando mi alma a Dios y mi vida al instinto del cuadrúpedo que me conducía.
Avec la saveur de ces nouvelles et ces «réconforts» sans une étoile visible dans le ciel, la terre enveloppée dans une des plus ténébreuses et sombres nuits, où tombait un fin crachin, je me laissais descendre dans le canyon qui s’ouvrait à proximité du sanctuaire , offrant mon âme à Dieu et me félicitant de mon instinct de vie de quadrupède.
Y así llegué, sin saber cómo ni por dónde ni a qué hora, al suspirado fin de mi jornada memorable.
Ne sachant, ni comment ni à quel moment se terminerait ma journée mémorable.

*

Capítulo IV
Chapitre IV

Poco tiempo después, encerrado yo en mi cuarto, paseábame a lo largo de él intentando pensar en muchas cosas sin llegar a pensar con fundamento en nada, no sé si porque realmente no quería, o porque no podía pensar de otra manera.
Peu de temps après, enfermé dans ma chambre, marchant en tentant de penser à de nombreuses choses sans pouvoir penser à quoi que ce soit, sans savoir si je ne le voulais pas ou si je n’arrivais pas à penser autrement.
Con esta oscuridad en mi cerebro y el continuo zumbar del río en su cañada, acabé por sentirme amodorrado, y me acosté.
Avec cette obscurité dans mon cerveau et le bourdonnement continu de la rivière dans le canyon, je finis par me sentir somnolent et je suis parti me coucher.

Blanca de ropas y limpia como un sol era mi cama; pero ¡
Des vêtements blancs et propre comme un soleil se trouvaient sur mon lit ;
qué fría… y qué dura me pareció!
mais quel froid … et comme il me paraissait dur !

**

Capítulo V
Chapitre V

Sin embargo, dormí toda la noche de un solo tirón; pero soñando mucho y sobre muchas cosas a cual más extravagante.
Cependant, je dormis cette nuit d’une seule traite ; mais rêvant de nombreuses choses sur beaucoup de choses et chacune plus extravagante les unes que les autres.
Recuerdo que soñé con el oso del Puerto;
Je me souviens que je rêvais de l’ours du Port ;
con desfiladeros y cañadas que no tenían fin, y tan angostas de garganta, que no cabía yo por ellas ni aun andando de medio lado. Obstinado en pasar huyendo de la fiera que me seguía balanceándose sobre sus patas de atrás y relamiéndose el hocico, tanto forzaba la cuña de mi cuerpo, que removía los montes por sus bases y oscilaban allá arriba,
avec des gorges et des ravins qui n’en finissaient jamais, et des crevasses si étroites…

….

José María de Pereda Œuvre Obra

Espagne – España – 西班牙 -Испания – スペイン
José María de Pereda
Escritor español
Ecrivain espagnol

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Photos Jacky Lavauzelle

*




José María de Pereda
Œuvre
Obra

José María de Pereda y Sánchez Porrúa
6 février 1833 Polanco, Cantabrie -1er mars 1906 Santander
jose-maria-de-pereda
**
Monumento a José María de Pereda
Monument à José Maria de Pereda
SANTANDER
Paseo y jardines de Pereda

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Escritos de juventud
Les Ecrits de jeunesse
La gramática del amor
La grammaire de l’amour

la-gramatica-del-amor-jose-maria-de-pereda-la-grammaire-de-lamour-artgitato-gerrit-van-honthorst-granida-en-daifilo-1625

**

Peñas arriba
1894

La librairie Lello & Irmao – Livraria Lello & Irmão – Porto

PORTUGAL
PORTO

 

La librairie Lello & Irmao




Livraria Lello & Irmão
Livraria Chardron

1869
1881 Rue d’Almada
Construction de l’édifice actuel par Francisco Xavier Esteves
Inauguration en 1906




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Teófilo Braga
1843-1924

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Guerra Junqueiro
1850-1923

“A felicidade consiste em três pontos: trabalho, paz e saúde.”
« Le bonheur consiste en trois points ; le travail, la paix et la santé. »
“Toda a alegria vem do amor, e todo o amor inclui o sofrimento.”
« Toute la joie vient de l’amour et tout amour comprend la souffrance. »
“Nas almas medíocres e superficiais actua sobretudo a realidade transitória das linhas e dos sons, das formas e das cores. As naturezas elevadas, ao contrário, são sempre objectivas e metafísicas.”
« Dans les âmes médiocres et superficielles, agit avant tout la réalité transitoire des lignes et des sons, des formes et des couleurs. Les natures élevées, au contraire, sont toujours objectives et métaphysiques. »
“O sorriso que ofereceres, a ti voltará outra vez.”
« Le sourire que vous offrez, vous reviendra en retour. »




la-librairie-lello-irmao-livraria-lello-irmao-porto-artgitato-7

Decus in labore
La fierté dans le travail

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Jose Lello
1861 – 1925
1894 José Pinto de Sousa Lello et son frère Antonio

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Caisse extérieure
Avec peinture de Fernando Pessoa

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La Librairie Lello & Irmao
Porto

Portugal

GUIMET TANG -亚洲艺术国家博物馆 – VIIIe siècle – JOUEUSES DE POLO

JOUEUSES DE POLO
   Guimet Tang
Dynastie Tang
   


Musée national des arts asiatiques – Guimet
National Museum of Asian Arts – Guimet
亚洲艺术国家博物馆 – 集美
Guimet Tang

 

——

Musée Guimet Paris Artgitato

Photos Artgitato
*

 Musée Guimet Paris Artgitato La Chaussée des géants Angkor


 Guimet Tang
Musée national des arts asiatiques – Guimet
National Museum of Asian Arts
亚洲艺术国家博物馆 – 集美
Национальный музей восточных искусств – Гиме




 GUIMET TANG
TREIZIEME DYNASTIE
吉梅博物馆巴黎
музей Гиме Париж
Musée Guimet Dynastie Tang

***********

GUIMET TANG
唐代艺术
CHINE DYNASTIE TANG
唐朝
618-690 & 705-907

Chine du Nord
中国北方
Joueuses de Polo
1ère moitié du VIIIe siècle
公元八世纪
Terre cuite rouge engobe – Polychromie

GUIMET TANG

Joueuses de Polo Musée Guimet Paris Art Tang Artgitato 0

Guimet TangJoueuses de Polo Musée Guimet Paris Art Tang Artgitato 7 Joueuses de Polo Musée Guimet Paris Art Tang Artgitato 6

Guimet Tang

Joueuses de Polo Musée Guimet Paris Art Tang Artgitato 5 Joueuses de Polo Musée Guimet Paris Art Tang Artgitato 4

Guimet Tang

Joueuses de Polo Musée Guimet Paris Art Tang Artgitato 3 Joueuses de Polo Musée Guimet Paris Art Tang Artgitato 2

Guimet Tang

Joueuses de Polo Musée Guimet Paris Art Tang Artgitato 1 Joueuses de Polo Musée Guimet Paris Art Tang Artgitato

 

 

******
FIN DU VIIe siècle
IMPERATRICE WU
[Ou-Heou 684-705]
UN REGNE CRUEL DE VINGT-ET-UN ANS

Cette princesse, aussi artificieuse qu’elle était cruelle, voulut se maintenir dans toute l’autorité que le défunt empereur avait eu la lâcheté de lui confier. Pour y réussir, elle chassa son fils, qui avait été déclaré héritier de la couronne, et lui donna une petite souveraineté dans la province de Hou quang. Elle mit à sa place son troisième fils, qui était fort jeune, et qui n’eut que le titre d’empereur. Elle commença d’abord par se défaire de tous ceux qu’elle soupçonnait de n’être pas dans ses intérêts, et dans un seul jour elle fit mourir quantité de seigneurs des premières familles de l’empire.
L’année quinzième de ce règne, il s’éleva une persécution contre la religion chrétienne, qui dura environ quinze ans. La même année le colao nommé Tié, eut le courage de presser vivement la reine en faveur de son fils, qui avait été nommé héritier de la couronne par Kao tsong, et qu’elle avait exilé depuis quatorze ans. La raison qu’il apporta, c’est qu’il était inouï qu’on mît dans la salle des ancêtres, un nom qui ne serait pas de la famille, et que les descendants ne voudraient jamais le reconnaître.
On rappela donc ce prince de son exil, et il demeura pendant sept ans dans le palais oriental jusqu’à la mort de Vou heou, qu’il monta sur le trône. C’est ce qui arriva l’année quarante-unième du cycle, que mourut cette princesse, âgée de quatre-vingt-un ans.

Jean-Baptiste Du Halde
Description de la Chine
Scheuerleer, 1736
Tome Premier, pp. 392-411
Treizième Dynastie : Tang

****
Tang Xuanzong
唐玄宗
685 – 762
règne de 712 à 756
Un des plus longs règnes
Enterré au mausolée de Tai
泰山
Empereur Tang Minghuang Tang Xuanzong

HIUEN TSONG. Sixième empereur.
A régné quarante-quatre ans.

Le beau naturel de ce prince, sa retenue, sa rare modération, et son zèle pour le bien public, donnèrent d’abord une grande idée du bonheur qu’on espérait goûter sous son règne. Il devint le restaurateur de sa famille, qui était sur le penchant de sa ruine. Mais il fit une faute presque irréparable, en confiant à un des eunuques nommé Kao lie se la charge de maître du palais. Sans doute qu’il ne prévoyait pas les malheurs que la puissance des eunuques attirerait un jour à sa personne et à ses successeurs. La loi chrétienne commença à respirer, et à devenir florissante sous le règne de ce prince, et sous les trois empereurs qui lui succédèrent.
Cycle LII. Année de J. C. 724.
Hiuen tsong regardait le luxe comme la perte des bonnes mœurs, et il lui déclara une guerre ouverte. Il porta un édit, qui interdisait la pêche des perles. Un jour il se fit apporter tous les vases d’or et d’argent, avec tous les habits brodés d’or, et les fit brûler devant la porte de son palais, afin de réprimer par son exemple la cupidité de ses peuples, qui se ruinaient par les inutiles dépenses qu’ils faisaient en des somptuosités superflues.
Il établit dans son palais un collège, composé des quarante plus habiles docteurs de l’empire, qui s’appelle encore aujourd’hui Han lin yuen. C’est ce corps qui fournit les historiographes, les visiteurs des provinces, les gouverneurs, les vicerois etc. Il fit chercher de tous côtés les anciens livres qui traitaient de la science militaire, et il en fit composer de nouveaux pour l’instruction des gens de guerre. Il visita un jour la maison où est né Confucius, et il honora ce grand homme du titre de roi de la littérature.
Il eût été à souhaiter que ce prince eût eu plus de déférence pour les conseils que Yuen tchao son premier ministre lui donna. Dans un mémorial qu’il lui présenta, il lui conseillait entr’autres choses de ne confier aucune charge publique aux eunuques, de ne point donner d’autorité à ses parents, d’abolir les sectes idolâtriques de Fo et de Tao, etc. De si sages avis ne furent point écoutés.
Ce fut cet empereur, qui le premier honora du titre de petit roi ou de souverain, les généraux de ses armées, qui s’étaient le plus distingués, ou qui avaient rendu de plus grands services à l’État, quoiqu’ils ne fussent pas du sang impérial. En visitant son empire, il le partagea en quinze provinces.
Il avait fait placer dans son palais avec beaucoup de pompe, la statue de Lao kiun, auteur d’une des sectes qui se trouvent à la Chine. Les disciples de ce sectaire, de même que les bonzes, avaient accoutumé de brûler aux obsèques, des étoffes de soie, et des lingots d’argent. L’empereur, de l’avis de son frère, nommé Van yu, changea cette coutume, et ordonna que désormais on ne brûlerait que des étoffes ou des habits faits de papier. C’est ce qui est encore en usage parmi les bonzes.
Il y avait près de trente ans que l’empire jouissait d’une paix profonde : mais elle fut enfin troublée par de nouvelles révoltes, et l’armée impériale fut entièrement défaite avec perte de soixante-dix mille hommes. Tout cela se passait à l’insu de l’empereur, parce que toutes les avenues du trône étaient fermées par les eunuques.
Le chef des révoltés était un prince étranger nommé Ngan lo chan, que l’empereur, malgré l’opposition de ses ministres, avait élevé aux premières charges, et à qui il avait même confié le commandement de ses troupes. Ce perfide, enhardi par ses succès, et devenu le maître d’une grande partie du nord, eut l’insolence de prendre le titre d’empereur.
Le dedans du palais n’était guère plus tranquille : l’empereur répudia sa femme, fit mourir trois de ses enfants sans beaucoup de sujet, et épousa sa belle-fille.
Un malheur en attire souvent un autre : les pertes qu’on venait de faire, encouragèrent une foule de brigands qui se rassemblèrent, et qui ayant attaqué l’armée impériale, la défirent et tuèrent quarante mille hommes. L’empereur fut contraint de prendre la fuite, et de se retirer dans la province de Se tchuen.

Jean-Baptiste Du Halde
Description de la Chine
Scheuerleer, 1736
Tome Premier, pp. 392-411
Treizième Dynastie : Tang

*******

LA DYNASTIE TANG
PAR ELISEE RECLUS

« Les Tang régnèrent de 619 à 906; leur plus illustre représentant fut Taï-Tsang, 627−650, qui recula les limites de l’empire jusqu’à la Caspienne et aux solitudes glacées du Nord, conquit la Corée et menaça l’Inde. De 907 à 960, cinq dynasties se succédèrent au milieu de bouleversements auxquels se mêlèrent les Khitan de la Terre des herbes ; puis la régularité des successions fut rétablie par les Sung, 960−1280, restreints, depuis 1127, aux provinces méridionales de la Chine. »

Élisée Reclus
L’Homme et la Terre
Librairie universelle, 1905
Tome quatrième – pp. 161-212
Livre Troisième
TURCS, TARTARES, MONGOLS ET CHINOIS
NOTICE HISTORIQUE

**********************
Guimet Tang

**********************

LE MUSEE GUIMET EN 1894

« Il m’a été donné de parcourir plusieurs fois au musée Guimet les salles silencieuses où s’entassèrent les trésors de l’Inde, de la Chine et du Japon afin de commémorer en plein Paris les légendes du plus grand d’entre les hommes, de celui qui, autant que le Christ, illumina Tolstoï, et qui triomphe aujourd’hui dans les âmes intellectuelles et curieuses autant peut-être qu’a Bénarès, il y a plus de deux mille ans. La raison de cette victoire du Bouddhisme au fond de nos intelligences blasées de notre époque, M. Guimet l’a découverte, je crois, en nous racontant dans ses Promenades Japonaises ce que lui avoua un vieux prêtre de là-bas : « Le Bouddhisme accepte dans les autres croyances tout ce qui est grand, moral et bon, car le bien est toujours inspiré par le sacré cœur de Bouddha. Nous trouvons souvent chez les autres plus de vérités que nous n’en apportons, mais tout ce qui est bien émane du sacré cœur de Bouddha, » — salutaire tolérance, qu’ignorèrent toujours les sectes despotiques d’Occident.
J’ai visité d’abord M. de Milloué, le conservateur du musée Guimet, rue Mazarine, dans son logis tranquille et laborieux.
— Mon Dieu, m’a-t-il avoué, je ne crois pas beaucoup au sérieux des bouddhistes parisiens. Je crois au bouddhisme qui nous vient des terres autochtones ; en ce moment, nous avons la chance inespérée de posséder chez nous un des plus remarquables pontifes de cette religion, M. Horiou-Toki, bouddhiste ésotérique. Vous l’avez vu officier au musée Guimet. Qu’il fut supérieure en gravité et en science aux deux autres prêtres qui le précédèrent, de cette secte Sin-Siou, qu’un prince de la famille impériale déforma, selon ses goûts, en supprimant l’abstinence de la viande et le célibat ! M. Horiou-Toki, qui nous arrive du Congrès de Chicago, travaille pour le musée Guimet à l’explication dos quatre cents gestes, « ésotériques », c’est-à-dire inexpliqués pour les profanes, gestes qu’il accomplit pendant son office sous cette sorte de chasuble qui le voile. Je ne veux vous parler que d’un seul. Grâce à ce geste invisible, le Bouddha descend dans son prêtre. De même que l’hostie, aux paroles du sacrificateur catholique, devient le corps de Jésus-Christ, — à cette prière muette, le prêtre bouddhique devient une sorte de dieu, et il peut, par sa volonté ardente, faire communier tous les assistants à sa divinité… Bien plus, les vrais croyants aperçoivent, à ce moment, sur le front de l’officiant, cinq flammes de couleurs différentes qui sont son âme délivrée… »

Jules Bois
Les Petites Religions de Paris
Léon Chailley, 1894 -pp. 45-57
I -LE BOUDDHISME ORTHODOXE

********

Guimet Tang
LE MUSEE GUIMET
Paris – Парис – 巴黎
Musée national des arts asiatiques – Guimet
National Museum of Asian Arts – Guimet
亚洲艺术国家博物馆 – 集美
Национальный музей восточных искусств – Гиме

******

ART TANG
MATCH DE POLO SOUS LES TANG

Tang court playing Polo Courtisans chinois jouant un match de polo, dynastie Tang 706

Courtisans chinois jouant un match de polo
Dynastie Tang
706

 

ART TANG – MUSEE GUIMET 亚洲艺术国家博物馆 CHEVAL BONDISSANT – VIIIe siècle

CHEVAL BONDISSANT
  Art Tang
Dynastie Tang
   


Musée national des arts asiatiques – Guimet
National Museum of Asian Arts – Guimet
亚洲艺术国家博物馆 – 集美

 

——

Musée Guimet Paris Artgitato

Photos Artgitato
*

 Musée Guimet Paris Artgitato La Chaussée des géants Angkor


 Art Dynastie Tang
Musée national des arts asiatiques – Guimet
National Museum of Asian Arts
亚洲艺术国家博物馆 – 集美
Национальный музей восточных искусств – Гиме




LE MUSEE GUIMET DYNASTIE TANG
TREIZIEME DYNASTIE
吉梅博物馆巴黎
музей Гиме Париж
Musée Guimet Dynastie Tang

***********

ART TANG
唐代艺术
CHINE DYNASTIE TANG
唐朝
618-690 & 705-907

Chine du Nord
中国北方
Cheval bondissant
VIIIe siècle
公元八世纪
Terre cuite polychrome

 

Cheval Bondissant Art Tang Dynastie Tang Musée Guimet Paris Artgitato 2 Cheval Bondissant Art Tang Dynastie Tang Musée Guimet Paris Artgitato

 

 

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FIN DU VIIe siècle
IMPERATRICE WU
[Ou-Heou 684-705]
UN REGNE CRUEL DE VINGT-ET-UN ANS

Cette princesse, aussi artificieuse qu’elle était cruelle, voulut se maintenir dans toute l’autorité que le défunt empereur avait eu la lâcheté de lui confier. Pour y réussir, elle chassa son fils, qui avait été déclaré héritier de la couronne, et lui donna une petite souveraineté dans la province de Hou quang. Elle mit à sa place son troisième fils, qui était fort jeune, et qui n’eut que le titre d’empereur. Elle commença d’abord par se défaire de tous ceux qu’elle soupçonnait de n’être pas dans ses intérêts, et dans un seul jour elle fit mourir quantité de seigneurs des premières familles de l’empire.
L’année quinzième de ce règne, il s’éleva une persécution contre la religion chrétienne, qui dura environ quinze ans. La même année le colao nommé Tié, eut le courage de presser vivement la reine en faveur de son fils, qui avait été nommé héritier de la couronne par Kao tsong, et qu’elle avait exilé depuis quatorze ans. La raison qu’il apporta, c’est qu’il était inouï qu’on mît dans la salle des ancêtres, un nom qui ne serait pas de la famille, et que les descendants ne voudraient jamais le reconnaître.
On rappela donc ce prince de son exil, et il demeura pendant sept ans dans le palais oriental jusqu’à la mort de Vou heou, qu’il monta sur le trône. C’est ce qui arriva l’année quarante-unième du cycle, que mourut cette princesse, âgée de quatre-vingt-un ans.

Jean-Baptiste Du Halde
Description de la Chine
Scheuerleer, 1736
Tome Premier, pp. 392-411
Treizième Dynastie : Tang

****
Tang Xuanzong
唐玄宗
685 – 762
règne de 712 à 756
Un des plus longs règnes
Enterré au mausolée de Tai
泰山
Empereur Tang Minghuang Tang Xuanzong

HIUEN TSONG. Sixième empereur.
A régné quarante-quatre ans.

Le beau naturel de ce prince, sa retenue, sa rare modération, et son zèle pour le bien public, donnèrent d’abord une grande idée du bonheur qu’on espérait goûter sous son règne. Il devint le restaurateur de sa famille, qui était sur le penchant de sa ruine. Mais il fit une faute presque irréparable, en confiant à un des eunuques nommé Kao lie se la charge de maître du palais. Sans doute qu’il ne prévoyait pas les malheurs que la puissance des eunuques attirerait un jour à sa personne et à ses successeurs. La loi chrétienne commença à respirer, et à devenir florissante sous le règne de ce prince, et sous les trois empereurs qui lui succédèrent.
Cycle LII. Année de J. C. 724.
Hiuen tsong regardait le luxe comme la perte des bonnes mœurs, et il lui déclara une guerre ouverte. Il porta un édit, qui interdisait la pêche des perles. Un jour il se fit apporter tous les vases d’or et d’argent, avec tous les habits brodés d’or, et les fit brûler devant la porte de son palais, afin de réprimer par son exemple la cupidité de ses peuples, qui se ruinaient par les inutiles dépenses qu’ils faisaient en des somptuosités superflues.
Il établit dans son palais un collège, composé des quarante plus habiles docteurs de l’empire, qui s’appelle encore aujourd’hui Han lin yuen. C’est ce corps qui fournit les historiographes, les visiteurs des provinces, les gouverneurs, les vicerois etc. Il fit chercher de tous côtés les anciens livres qui traitaient de la science militaire, et il en fit composer de nouveaux pour l’instruction des gens de guerre. Il visita un jour la maison où est né Confucius, et il honora ce grand homme du titre de roi de la littérature.
Il eût été à souhaiter que ce prince eût eu plus de déférence pour les conseils que Yuen tchao son premier ministre lui donna. Dans un mémorial qu’il lui présenta, il lui conseillait entr’autres choses de ne confier aucune charge publique aux eunuques, de ne point donner d’autorité à ses parents, d’abolir les sectes idolâtriques de Fo et de Tao, etc. De si sages avis ne furent point écoutés.
Ce fut cet empereur, qui le premier honora du titre de petit roi ou de souverain, les généraux de ses armées, qui s’étaient le plus distingués, ou qui avaient rendu de plus grands services à l’État, quoiqu’ils ne fussent pas du sang impérial. En visitant son empire, il le partagea en quinze provinces.
Il avait fait placer dans son palais avec beaucoup de pompe, la statue de Lao kiun, auteur d’une des sectes qui se trouvent à la Chine. Les disciples de ce sectaire, de même que les bonzes, avaient accoutumé de brûler aux obsèques, des étoffes de soie, et des lingots d’argent. L’empereur, de l’avis de son frère, nommé Van yu, changea cette coutume, et ordonna que désormais on ne brûlerait que des étoffes ou des habits faits de papier. C’est ce qui est encore en usage parmi les bonzes.
Il y avait près de trente ans que l’empire jouissait d’une paix profonde : mais elle fut enfin troublée par de nouvelles révoltes, et l’armée impériale fut entièrement défaite avec perte de soixante-dix mille hommes. Tout cela se passait à l’insu de l’empereur, parce que toutes les avenues du trône étaient fermées par les eunuques.
Le chef des révoltés était un prince étranger nommé Ngan lo chan, que l’empereur, malgré l’opposition de ses ministres, avait élevé aux premières charges, et à qui il avait même confié le commandement de ses troupes. Ce perfide, enhardi par ses succès, et devenu le maître d’une grande partie du nord, eut l’insolence de prendre le titre d’empereur.
Le dedans du palais n’était guère plus tranquille : l’empereur répudia sa femme, fit mourir trois de ses enfants sans beaucoup de sujet, et épousa sa belle-fille.
Un malheur en attire souvent un autre : les pertes qu’on venait de faire, encouragèrent une foule de brigands qui se rassemblèrent, et qui ayant attaqué l’armée impériale, la défirent et tuèrent quarante mille hommes. L’empereur fut contraint de prendre la fuite, et de se retirer dans la province de Se tchuen.

Jean-Baptiste Du Halde
Description de la Chine
Scheuerleer, 1736
Tome Premier, pp. 392-411
Treizième Dynastie : Tang

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LA DYNASTIE TANG
PAR ELISEE RECLUS

« Les Tang régnèrent de 619 à 906; leur plus illustre représentant fut Taï-Tsang, 627−650, qui recula les limites de l’empire jusqu’à la Caspienne et aux solitudes glacées du Nord, conquit la Corée et menaça l’Inde. De 907 à 960, cinq dynasties se succédèrent au milieu de bouleversements auxquels se mêlèrent les Khitan de la Terre des herbes ; puis la régularité des successions fut rétablie par les Sung, 960−1280, restreints, depuis 1127, aux provinces méridionales de la Chine. »

Élisée Reclus
L’Homme et la Terre
Librairie universelle, 1905
Tome quatrième – pp. 161-212
Livre Troisième
TURCS, TARTARES, MONGOLS ET CHINOIS
NOTICE HISTORIQUE

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Art Tang

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LE MUSEE GUIMET EN 1894

« Il m’a été donné de parcourir plusieurs fois au musée Guimet les salles silencieuses où s’entassèrent les trésors de l’Inde, de la Chine et du Japon afin de commémorer en plein Paris les légendes du plus grand d’entre les hommes, de celui qui, autant que le Christ, illumina Tolstoï, et qui triomphe aujourd’hui dans les âmes intellectuelles et curieuses autant peut-être qu’a Bénarès, il y a plus de deux mille ans. La raison de cette victoire du Bouddhisme au fond de nos intelligences blasées de notre époque, M. Guimet l’a découverte, je crois, en nous racontant dans ses Promenades Japonaises ce que lui avoua un vieux prêtre de là-bas : « Le Bouddhisme accepte dans les autres croyances tout ce qui est grand, moral et bon, car le bien est toujours inspiré par le sacré cœur de Bouddha. Nous trouvons souvent chez les autres plus de vérités que nous n’en apportons, mais tout ce qui est bien émane du sacré cœur de Bouddha, » — salutaire tolérance, qu’ignorèrent toujours les sectes despotiques d’Occident.
J’ai visité d’abord M. de Milloué, le conservateur du musée Guimet, rue Mazarine, dans son logis tranquille et laborieux.
— Mon Dieu, m’a-t-il avoué, je ne crois pas beaucoup au sérieux des bouddhistes parisiens. Je crois au bouddhisme qui nous vient des terres autochtones ; en ce moment, nous avons la chance inespérée de posséder chez nous un des plus remarquables pontifes de cette religion, M. Horiou-Toki, bouddhiste ésotérique. Vous l’avez vu officier au musée Guimet. Qu’il fut supérieure en gravité et en science aux deux autres prêtres qui le précédèrent, de cette secte Sin-Siou, qu’un prince de la famille impériale déforma, selon ses goûts, en supprimant l’abstinence de la viande et le célibat ! M. Horiou-Toki, qui nous arrive du Congrès de Chicago, travaille pour le musée Guimet à l’explication dos quatre cents gestes, « ésotériques », c’est-à-dire inexpliqués pour les profanes, gestes qu’il accomplit pendant son office sous cette sorte de chasuble qui le voile. Je ne veux vous parler que d’un seul. Grâce à ce geste invisible, le Bouddha descend dans son prêtre. De même que l’hostie, aux paroles du sacrificateur catholique, devient le corps de Jésus-Christ, — à cette prière muette, le prêtre bouddhique devient une sorte de dieu, et il peut, par sa volonté ardente, faire communier tous les assistants à sa divinité… Bien plus, les vrais croyants aperçoivent, à ce moment, sur le front de l’officiant, cinq flammes de couleurs différentes qui sont son âme délivrée… »

Jules Bois
Les Petites Religions de Paris
Léon Chailley, 1894 -pp. 45-57
I -LE BOUDDHISME ORTHODOXE

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Art Tang
LE MUSEE GUIMET
Paris – Парис – 巴黎
Musée national des arts asiatiques – Guimet
National Museum of Asian Arts – Guimet
亚洲艺术国家博物馆 – 集美
Национальный музей восточных искусств – Гиме

ART TANG

TROIS MUSICIENNES ASSISES -ART DYNASTIE TANG – MUSEE GUIMET 亚洲艺术国家博物馆 – 集美

TROIS MUSICIENNES ASSISES
 Art Dynastie Tang
Dynastie Tang
   


Musée national des arts asiatiques – Guimet
National Museum of Asian Arts – Guimet
亚洲艺术国家博物馆 – 集美

 

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Musée Guimet Paris Artgitato

Photos Artgitato
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 Musée Guimet Paris Artgitato La Chaussée des géants Angkor


 Art Dynastie Tang
Musée national des arts asiatiques – Guimet
National Museum of Asian Arts
亚洲艺术国家博物馆 – 集美
Национальный музей восточных искусств – Гиме




LE MUSEE GUIMET DYNASTIE TANG
TREIZIEME DYNASTIE
吉梅博物馆巴黎
музей Гиме Париж
Musée Guimet Dynastie Tang

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ART DYNASTIE TANG
唐代艺术
CHINE DYNASTIE TANG
唐朝
618-690 & 705-907

Chine du Nord
中国北方

Trois musiciennes assises
Milieu du
VIIe siècle
公元七世纪

Terre cuite engobée et peinte
Collection Robert Rousset 1978

 Trois Musiciennes Assises Dynastie Tang Musée Guimet Paris Artgitato 2

Art DYNASTIE TANG

Trois Musiciennes Assises Dynastie Tang Musée Guimet Paris Artgitato 1

ART DYNASTIE TANG

Trois Musiciennes Assises Dynastie Tang Musée Guimet Paris Artgitato

 

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FIN DU VIIe siècle
IMPERATRICE WU
[Ou-Heou 684-705]
UN REGNE CRUEL DE VINGT-ET-UN ANS

Cette princesse, aussi artificieuse qu’elle était cruelle, voulut se maintenir dans toute l’autorité que le défunt empereur avait eu la lâcheté de lui confier. Pour y réussir, elle chassa son fils, qui avait été déclaré héritier de la couronne, et lui donna une petite souveraineté dans la province de Hou quang. Elle mit à sa place son troisième fils, qui était fort jeune, et qui n’eut que le titre d’empereur. Elle commença d’abord par se défaire de tous ceux qu’elle soupçonnait de n’être pas dans ses intérêts, et dans un seul jour elle fit mourir quantité de seigneurs des premières familles de l’empire.
L’année quinzième de ce règne, il s’éleva une persécution contre la religion chrétienne, qui dura environ quinze ans. La même année le colao nommé Tié, eut le courage de presser vivement la reine en faveur de son fils, qui avait été nommé héritier de la couronne par Kao tsong, et qu’elle avait exilé depuis quatorze ans. La raison qu’il apporta, c’est qu’il était inouï qu’on mît dans la salle des ancêtres, un nom qui ne serait pas de la famille, et que les descendants ne voudraient jamais le reconnaître.
On rappela donc ce prince de son exil, et il demeura pendant sept ans dans le palais oriental jusqu’à la mort de Vou heou, qu’il monta sur le trône. C’est ce qui arriva l’année quarante-unième du cycle, que mourut cette princesse, âgée de quatre-vingt-un ans.

Jean-Baptiste Du Halde
Description de la Chine
Scheuerleer, 1736
Tome Premier, pp. 392-411
Treizième Dynastie : Tang

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SECOND EMPEREUR DE LA DYNASTIE TANG
TANG TAIZONG
Le restaurateur des sciences et des lettres
唐太宗
600-649
Règne de 629-649
TangTaizong Tông-thài-tsong Lí Sè-bîn

Ce fut la vingt-quatrième année du cycle que Tai tsong gouverna l’empire ; il est regardé des Chinois comme un des plus grands empereurs que la Chine ait jamais eu. Ils louent surtout sa sagesse, le favorable accès que trouvaient auprès de sa personne tous ceux qui étaient capables de lui donner de sages conseils, ou qui étaient assez courageux pour l’avertir de ses défauts ; sa modération et sa frugalité, qui étaient si grandes, qu’il ne permit jamais qu’on servît plus de huit mets à sa table, et qu’il chassa presque toutes les concubines de son palais. Mais ce qu’il y a eu de plus heureux pour ce prince, c’est que sous son règne la religion chrétienne ait pénétré dans son empire, comme on le verra dans la suite.
Il fit venir de tous côtés les meilleurs livres, et il devint en quelque sorte le restaurateur des sciences par le soin qu’il prit de rétablir dans son palais une académie pour les lettres. On y comptait huit mille disciples, parmi lesquels il y avait plusieurs enfants des princes étrangers. Il leur donna d’habiles maîtres, et entre ceux-là il y en avait dix-huit des plus excellents, qui présidaient aux études, et qu’on appelait Che pa hio sseë.
Il établit pareillement une académie militaire, où l’on s’exerçait à tirer de l’arc et il assistait lui-même très souvent à ces exercices. C’est ce qui ne fut pas du goût des ministres, qui ne pouvaient approuver que l’empereur parût dans cette académie. Ils lui en représentèrent l’indécence, et le danger qu’il y avait pour sa personne. « Je me regarde dans mon empire, répondit Tai tsong, comme un père dans sa famille, et je porte dans mon sein tous mes sujets, comme s’ils étaient mes enfants : qu’aurais-je à craindre ? »
Cette affection pour les sujets, lui faisait dire qu’il voulait que son peuple eût abondamment tout ce qui était nécessaire à la vie. « Le salut de l’empire ajouta-t-il, dépend du peuple. Un empereur qui foule et épuise son peuple pour s’enrichir est semblable à un homme qui couperait sa chair en petits morceaux pour s’en remplir l’estomac : il se remplit, il est vrai, mais il faut qu’en peu de temps tout le corps périsse. Combien d’empereurs dont la cupidité a causé leur perte ! Que de dépenses pour la satisfaire ! Pour fournir à ces dépenses, que d’impôts dont on surcharge le pauvre peuple ! Le peuple étant vexé et opprimé, que devient l’empire ? N’est-il pas sur le penchant de sa ruine ? Et l’empire périssant, quel est le sort de l’empereur ? Ce sont ces réflexions ajouta-t-il, qui me servent de frein pour modérer mes désirs. »
Il avait défendu aux magistrats, sous peine de la vie, de recevoir des présents. Pour s’assurer de l’exécution de ses ordres, il fit tenter un mandarin par un homme qu’il aposta pour lui faire un présent : ce mandarin le reçut, et l’empereur en étant informé, le condamna à mort.
Sur quoi son colao lui dit : « Grand prince, votre arrêt est juste, et le mandarin mérite la mort : mais vous, qui lui avez tendu un piège pour le faire tomber dans la faute qu’il a commise, êtes-vous tout à fait innocent, et ne participez-vous pas à son crime ? » Cette remontrance eut son effet, et l’empereur pardonna au coupable.
L’année suivante un des plus grands mandarins de guerre, reçut pareillement un habit de soie, dont on lui fit présent. L’empereur, qui en fut averti, lui envoya aussitôt quantité d’étoffes de soie. Ceux de la cour qui en furent témoins, ne purent retenir leur indignation et s’écrièrent que ce mandarin méritait le châtiment porté par la loi, et non pas une récompense. « La confusion dont il sera couvert, répondit l’empereur, sera pour lui une peine plus sensible, que le plus cruel supplice : ces étoffes que je lui envoie, loin de l’honorer, lui reprocheront continuellement sa faute. »
Toutes les fois qu’on était menacé de disette, ou par la sécheresse, ou par des pluies trop abondantes, à l’exemple des anciens empereurs, il publiait un édit, par lequel il ordonnait qu’on l’avertît des fautes dans lesquelles il aurait pu tomber, afin qu’il pût s’en corriger, et apaiser le courroux du Ciel.
Il n’ajoutait aucune foi aux augures. Un jour que des cigognes faisant leur nid en sa présence, s’arrêtèrent, et battirent des ailes, ses courtisans lui en témoignèrent leur joie, sur ce que ce battement des ailes pronostiquait quelque bonheur auquel il ne s’attendait pas. L’empereur ayant souri à leur discours flatteur, Choui tsai te hien, dit-il, ce qui signifie : un présage heureux pour moi, c’est d’être environné de sages ; et à l’instant il fit abattre le nid.
La seconde année de son règne, les campagnes furent couvertes de sauterelles, qui, par le ravage qu’elles faisaient, menaçaient d’une grande famine. « Malheureux insectes, s’écria l’empereur avec un profond soupir, en ruinant les moissons, vous ôtez la vie à mon peuple ; ah ! j’aimerais beaucoup mieux que vous dévorassiez mes entrailles ; » et en disant ces paroles, il avala une sauterelle toute vive.
En lisant les livres de médecine, composés par l’empereur Hoang ti, il y trouva que quand on meurtrit ou qu’on blesse les épaules d’un homme, les parties nobles du dedans en sont offensées. Dès lors il fit une loi, qui ordonnait de ne plus donner la bastonnade sur le dos des coupables : mais plus bas, et de la manière qu’elle se pratique encore aujourd’hui dans tout l’empire.
Il avait coutume de dire, qu’un empereur est semblable à un architecte : quand un édifice est bien construit, et appuyé sur de solides fondements, si l’architecte s’avisait d’y faire de nouveaux changements, il l’exposerait à une ruine certaine. Il en est de même de l’empire : quand il est une fois bien établi, et gouverné par de sages lois, il faut bien se donner de garde d’y introduire aucune nouveauté.
« C’est un commun proverbe, dit-il une autre fois, qu’un empereur est craint de tout le monde, et qu’il n’a rien à craindre. Ce n’est pas là mon sentiment : je crains sans cesse, et la providence de l’empereur du Ciel, à qui rien n’échappe, et les yeux de mes sujets, qui sont continuellement attachés sur moi ; c’est pour cela que je veille à tout moment sur moi-même, pour ne rien faire qui ne soit conforme aux volontés du Ciel et aux désirs de mes peuples. »
Pour consoler son peuple dans un temps de sécheresse, il donna la liberté aux prisonniers, et accorda une amnistie générale, en ajoutant néanmoins que c’était une indulgence dont un prince devait user sobrement, de crainte que l’impunité des méchants ne fut préjudiciable aux gens de bien, et qu’il fallait arracher l’ivraie, de peur qu’elle ne nuisît au bon grain.
L’année septième de son règne, il visita en personne les prisons publiques. Il y avait trois cent quatre-vingt-dix prisonniers, qui tous méritaient la mort : il leur fit ouvrir les prisons, avec ordre d’y revenir aussitôt après la récolte. Tous, sans qu’un seul y manquât, s’y rendirent au temps marqué.
L’empereur fut tellement surpris de leur fidélité à garder leur parole, la joie qu’il en eut, fut si grande, qu’il leur accorda à tous la vie et la liberté.
Les annales chinoises rapportent, que la huitième année de ce règne, on vit arriver à la Chine des ambassadeurs des nations éloignées, dont l’air, la figure, et les habillements étaient tout à fait étrangers aux Chinois, qui n’en avaient jamais vu de semblables ; que l’empereur même s’applaudit, de ce que sous son règne, des hommes qui avaient les cheveux blonds et les yeux bleus, eussent pénétré dans son empire. Il paraît certain que ces étrangers sont ceux, dont on lit les noms sur le monument de pierre trouvé en 1625 à Si ngan fou dans la province de Chen si. On y voit la croix, un abrégé de la loi chrétienne, les noms de soixante-douze prédicateurs de cette loi, gravés en caractères syriaques, et la date qui marque l’année huitième du règne de Tai tsong.
On conserve dans la bibliothèque du roi un vieux manuscrit arabe, où on lit que c’est en ce même temps qu’un patriarche catholique des Indes envoya à la Chine des prédicateurs de l’Évangile. On les reçut avec honneur dans la ville impériale, où ils furent introduits par Fan hiuen ling, colao de l’empire.
Ce fut vers ce temps-là que l’empereur fît choix de treize personnes les plus distinguées par leur mérite, et par leur intégrité, pour visiter toutes les parties de son empire ; et en les envoyant, il leur donna plein pouvoir d’exercer souverainement la justice, et de punir sévèrement les gouverneurs des villes, et les vicerois des provinces, dont la conduite serait répréhensible.
Il fut sensiblement affligé l’année dixième de son règne par la perte qu’il fit de l’impératrice nommée Tchang sun. C’était une princesse, qui joignait à une rare prudence, une capacité peu ordinaire aux personnes de son sexe. On a remarqué que tant qu’elle vécut, de cette multitude d’officiers qui servent dans le palais, il n’y en eut aucun qu’on ait puni avec sévérité, ce qui est presque sans exemple.
L’empereur s’étant lassé des avis fréquents et importuns que lui donnait son colao nommé Guei tching lui défendit de paraître en sa présence. L’impératrice, qui en fut informée, prit aussitôt ses plus riches parures, et alla trouver son mari. « Prince, lui dit-elle, j’ai souvent ouï dire que quand un empereur a de la sagesse et de la pénétration, ses sujets ont de la droiture, et ne craignent point de dire la vérité. Vous avez un colao d’un esprit droit et incapable de dissimuler ; c’est ce qui me fait juger quelle est votre sagesse, et combien elle mérite d’être applaudie ; et c’est pourquoi je viens vous en féliciter, et vous en témoigner ma joie. » Ce compliment apaisa l’empereur, et le ministre fut rétabli dans sa première faveur.
Cette princesse avait composé un livre divisé en trente chapitres, sur la manière dont on doit se gouverner dans l’appartement intérieur des femmes. L’empereur le tenant entre ses mains, et fondant en larmes : « Voilà, dit-il, des règlements qui devraient s’observer dans tous les siècles. Je sais, ajouta-t-il, que l’affliction où je suis, m’est venue du Ciel, et qu’il n’y a point de remède. Mais quand je pense à la perte que j’ai faite d’une compagne si fidèle et si accomplie, que je me vois privé pour toujours de ses sages conseils, m’est-il possible de retenir mes larmes ? » Il voulut laisser un monument éternel de sa douleur, et pour cela il lui fit élever un mausolée, beaucoup plus magnifique que celui qu’il avait ordonné pour son père, qui était mort l’année précédente.
Un jour se trouvant avec son colao sur une éminence, d’où l’on apercevait ce mausolée, et le lui ayant fait remarquer, le colao fit semblant de ne pas l’apercevoir. « Prince, lui dit-il, je croyais que vous me montriez le sépulcre de votre père ; car pour celui de votre épouse, il y a longtemps que je l’ai vu. »
A ce discours, le prince ne put s’empêcher de pleurer, et touché du secret reproche que lui faisait son ministre, il fit abattre le mausolée. Tant il est vrai que parmi les Chinois la piété filiale l’emporte sur l’amour conjugal.
L’année onzième de son règne, il admit dans le palais une jeune fille de quatorze ans, nommée Vou chi, qui était d’une rare beauté, et qui brillait encore davantage par les agréments de son esprit. C’est cette fille qu’on verra dans la suite usurper la souveraine puissance, et gouverner tyranniquement l’empire.
L’année douzième l’empereur permit de publier la loi chrétienne dans son empire ; il accorda même un emplacement dans la ville impériale, pour y élever un temple au vrai Dieu.
Guei tching, colao de l’empire, mourut l’année 17e extrêmement regretté de l’empereur. Ce prince écrivit lui-même son éloge, et le fit graver sur son tombeau. Ensuite se tournant vers ses courtisans : « Nous avons, dit-il, trois sortes de miroirs, l’un est d’acier qui sert aux dames à orner leur tête et à se parer. Le second que j’appelle ainsi sont les anciens livres où on lit la naissance, le progrès et la décadence des empires. Enfin le troisième, ce sont les hommes mêmes : pour peu qu’on étudie leurs actions, on voit ce qu’il faut éviter et ce qu’il faut pratiquer. J’avais ce dernier miroir dans la personne de mon colao, et malheureusement je l’ai perdu, sans que j’espère en retrouver un semblable. »
Une autre fois qu’il entretenait ses courtisans : « Un prince, leur dit-il, n’a qu’un cœur, et ce cœur est continuellement assiégé par ceux qui l’environnent. Il y en a qui l’attaquent par l’amour de la vaine gloire qu’ils s’efforcent de lui inspirer ; d’autres par la mollesse et les délices ; quelques-uns par les caresses et la flatterie ; quelques autres ont recours à la ruse et au mensonge pour le surprendre ; et toutes ces machines qu’ils font jouer, n’ont d’autre but que de s’insinuer dans les bonnes grâces du prince, de gagner sa faveur, et de s’élever aux charges et aux dignités de l’empire. Pour peu qu’un prince cesse de veiller sur son cœur, que n’a-t-il pas à craindre ? »
L’année vingt-unième il épousa la fille de son colao, nommée Sin hoei, et lui donna le titre de sage. Cette princesse était célèbre par la beauté de son génie, et par son habileté dans les sciences chinoises. On raconte qu’à cinq mois elle commença à parler ; qu’à quatre ans elle avait appris par cœur les livres de Confucius ; et qu’à huit ans elle faisait des compositions savantes sur toutes sortes de sujets. Ce qu’il y a de certain, c’est qu’elle ne quittait pas les livres, et qu’elle employait presque tout son temps à la lecture.
L’empereur se disposait à envoyer une armée formidable pour réduire les Coréens, qui s’étaient révoltés : mais sa mort étant survenue, cette expédition fut différée à un autre temps.
On aurait peine à croire l’attention et le soin que prenait ce prince de l’éducation de ses enfants. Tout ce qui se présentait à ses yeux, servait de matière à ses instructions. Si par exemple il mangeait du riz, il leur faisait sentir combien ce riz avait coûté de sueurs et de fatigues aux pauvres laboureurs. Un jour qu’il se promenait avec eux sur l’eau : « Vous le voyez, mes enfants, leur disait-il, c’est l’eau qui porte cette barque, et qui peut en même temps la submerger. Songez que le peuple ressemble à cette eau, et l’empereur à cette barque. »
Un an avant sa mort, il donna à celui de ses enfants qu’il avait déclaré son héritier, les douze avis suivants, qui étaient exprimés en vingt-quatre caractères. « Rendez vous le maître de votre cœur et de ses mouvements. N’élevez aux charges et aux dignités que des gens de mérite. Faites venir les sages à votre cour. Veillez sur la conduite des magistrats. Chassez loin de votre présence les langues médisantes. Soyez ennemi de tout faste. Vivez avec économie. Que vos récompenses et vos châtiments soient proportionnés au mérite ou à la faute de celui que vous récompensez, ou que vous punissez. Ayez un soin particulier de faire fleurir l’agriculture, l’art militaire, les lois, et les sciences. Cherchez dans les anciens empereurs des modèles sur lesquels vous vous formiez au gouvernement ; car je ne mérite pas que vous jetiez les yeux sur moi, j’ai fait trop de fautes depuis que je gouverne l’empire. Visez toujours à ce qu’il y a de plus parfait, sans quoi vous n’atteindrez jamais à ce juste milieu en quoi consiste la vertu. Enfin prenez garde que l’éclat de votre rang ne vous enfle d’orgueil, ou ne vous amollisse par les délices d’une vie voluptueuse, car si cela était vous perdriez l’empire, et vous vous perdriez vous-même. »
Tai tsong mourut la quarante-sixième année du cycle à la cinquante-troisième année de son âge, et l’année suivante son fils Kao tsong fut reconnu empereur.

Jean-Baptiste Du Halde
Description de la Chine
Scheuerleer, 1736
Tome Premier, pp. 392-411
Treizième Dynastie : Tang

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LA DYNASTIE TANG
PAR ELISEE RECLUS

« Les Tang régnèrent de 619 à 906; leur plus illustre représentant fut Taï-Tsang, 627−650, qui recula les limites de l’empire jusqu’à la Caspienne et aux solitudes glacées du Nord, conquit la Corée et menaça l’Inde. De 907 à 960, cinq dynasties se succédèrent au milieu de bouleversements auxquels se mêlèrent les Khitan de la Terre des herbes ; puis la régularité des successions fut rétablie par les Sung, 960−1280, restreints, depuis 1127, aux provinces méridionales de la Chine. »

Élisée Reclus
L’Homme et la Terre
Librairie universelle, 1905
Tome quatrième – pp. 161-212
Livre Troisième
TURCS, TARTARES, MONGOLS ET CHINOIS
NOTICE HISTORIQUE

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Art Dynastie Tang

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LE MUSEE GUIMET EN 1894

« Il m’a été donné de parcourir plusieurs fois au musée Guimet les salles silencieuses où s’entassèrent les trésors de l’Inde, de la Chine et du Japon afin de commémorer en plein Paris les légendes du plus grand d’entre les hommes, de celui qui, autant que le Christ, illumina Tolstoï, et qui triomphe aujourd’hui dans les âmes intellectuelles et curieuses autant peut-être qu’a Bénarès, il y a plus de deux mille ans. La raison de cette victoire du Bouddhisme au fond de nos intelligences blasées de notre époque, M. Guimet l’a découverte, je crois, en nous racontant dans ses Promenades Japonaises ce que lui avoua un vieux prêtre de là-bas : « Le Bouddhisme accepte dans les autres croyances tout ce qui est grand, moral et bon, car le bien est toujours inspiré par le sacré cœur de Bouddha. Nous trouvons souvent chez les autres plus de vérités que nous n’en apportons, mais tout ce qui est bien émane du sacré cœur de Bouddha, » — salutaire tolérance, qu’ignorèrent toujours les sectes despotiques d’Occident.
J’ai visité d’abord M. de Milloué, le conservateur du musée Guimet, rue Mazarine, dans son logis tranquille et laborieux.
— Mon Dieu, m’a-t-il avoué, je ne crois pas beaucoup au sérieux des bouddhistes parisiens. Je crois au bouddhisme qui nous vient des terres autochtones ; en ce moment, nous avons la chance inespérée de posséder chez nous un des plus remarquables pontifes de cette religion, M. Horiou-Toki, bouddhiste ésotérique. Vous l’avez vu officier au musée Guimet. Qu’il fut supérieure en gravité et en science aux deux autres prêtres qui le précédèrent, de cette secte Sin-Siou, qu’un prince de la famille impériale déforma, selon ses goûts, en supprimant l’abstinence de la viande et le célibat ! M. Horiou-Toki, qui nous arrive du Congrès de Chicago, travaille pour le musée Guimet à l’explication dos quatre cents gestes, « ésotériques », c’est-à-dire inexpliqués pour les profanes, gestes qu’il accomplit pendant son office sous cette sorte de chasuble qui le voile. Je ne veux vous parler que d’un seul. Grâce à ce geste invisible, le Bouddha descend dans son prêtre. De même que l’hostie, aux paroles du sacrificateur catholique, devient le corps de Jésus-Christ, — à cette prière muette, le prêtre bouddhique devient une sorte de dieu, et il peut, par sa volonté ardente, faire communier tous les assistants à sa divinité… Bien plus, les vrais croyants aperçoivent, à ce moment, sur le front de l’officiant, cinq flammes de couleurs différentes qui sont son âme délivrée… »

Jules Bois
Les Petites Religions de Paris
Léon Chailley, 1894 -pp. 45-57
I -LE BOUDDHISME ORTHODOXE

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Art Dynastie Tang
LE MUSEE GUIMET
Paris – Парис – 巴黎
Musée national des arts asiatiques – Guimet
National Museum of Asian Arts – Guimet
亚洲艺术国家博物馆 – 集美
Национальный музей восточных искусств – Гиме

ART DYNASTIE TANG