Archives par mot-clé : Poème de Eduard Mörike

SUR LA TOMBE DE LA MÈRE DE SCHILLER – Poème de MÖRIKE – AUF DAS GRAB VON SCHILLERS MUTTER

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Mörike
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Traduction Jacky Lavauzelle

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LITTÉRATURE ALLEMANDE
Deutsch Literatur

Gedichte – Poèmes

EDUARD MÖRIKE

8. September 1804  Ludwigsburg- 4. Juni 1875 Stuttgart
8 septembre 1804 – 4 juin 1875

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AUF DAS GRAB VON SCHILLERS MUTTER
SUR LA TOMBE DE LA MÈRE DE SCHILLER

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Elisabetha Dorothea Schiller, geb. Kodweiß, auf einem Gemälde von Ludovike Simanowiz – Elisabetha Dorothea Schiller, née Kodweiß, sur un tableau de Ludovike Simanowiz

Cleversulzbach, im Mai
Cleverssulzbach, mai

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Nach der Seite des Dorfs, wo jener alternde Zaun dort
Du côté du village, où cette clôture vieillissante
Ländliche Gräber umschließt, wall ich in Einsamkeit oft.
Encercle les vieilles tombes, je déambule souvent dans la solitude.
Sieh den gesunkenen Hügel; es kennen die ältesten Greise
Voir la colline engloutie ; les personnes âgées s’en souviennent
Kaum ihn noch, und es ahnt niemand ein Heiligtum hier
À peine encore, et personne ne soupçonne un sanctuaire ici
Jegliche Zierde gebricht und jedes deutende Zeichen;
Sans ornements ni signes ;
Dürftig breitet ein Baum schützende Arme umher.
Un arbre écarte mal ses bras protecteurs.
Wilde Rose! dich find ich allein statt anderer Blumen;
Rose sauvage ! Je te trouve seule au lieu d’autres fleurs ;
Ja, beschäme sie nur, brich als ein Wunder hervor!
Oui, fais-leur honte, éclate comme un miracle !
Tausendblättrig eröffne dein Herz! entzünde dich herrlich
Ouvre ton cœur de mille pétales ! Brûle à merveille
Am begeisternden Duft, den aus der Tiefe du ziehst!
Par le parfum inspirant que tu tires des profondeurs !
Eines Unsterblichen Mutter liegt hier bestattet; es richten
Une mère d’un Immortel est enterrée ici ;
. Deutschlands Männer und Fraun eben den Marmor ihm auf.
Les hommes et les femmes allemands viennent de lui préparer un marbre.


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La mère de Friedrich Schiller
Mutter von Friedrich Schiller
Elisabetha Dorothea Schiller
geb. Kodweiß
Née Kodweiß
(13. Dezember 1732 Marbach am Neckar – 29. April 1802 Cleversulzbach), 13 décembre 1732 – 29 avril 1802


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JOIE D’AIMER – Poème de MÖRIKE – LIEBESGLÜCK

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Mörike
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Traduction Jacky Lavauzelle

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LITTÉRATURE ALLEMANDE
Deutsch Literatur

Gedichte – Poèmes

EDUARD MÖRIKE

8. September 1804  Ludwigsburg- 4. Juni 1875 Stuttgart
8 septembre 1804 – 4 juin 1875

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LIEBESGLÜCK
JOIE D’AIMER

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SONNET

Kouzma Petrov-Vodkine, Кузьма Сергеевич Петров-Водкин, Cheval rouge au bain, 1912, Купание красного коня, Третьяковская галерея, Galerie Tretiakov, Moscou

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Wenn Dichter oft in warmen Phantasieen,
Si, souvent, les poètes pris dans de fougueuses imaginations,
von Liebesglück und schmerzlichem Vergnügen,
sur des joies d’amour et sur de douloureuses peines,
sich oder uns, nach ihrer Art, belügen,
se mentent ou nous mentent, selon leur nature,
so sei dies Spielwerk ihnen gern verziehen.
Mais à ce jeu, qu’ils en soient pardonnés.

*

Mir aber hat ein gütger Gott verliehen,
Mais un bon Dieu m’a donné quant à moi
den Himmel, den sie träumen, zu durchfliegen,
la possibilité de voler dans leur rêve et dans le ciel,
ich sah die Anmut mir im Arm sich schmiegen,
J’ai vu la grâce nichée dans mes bras,
der Unschuld Blick von raschem Feuer glühen.
le regard innocent luire dans un prompt feu.

*

Auch ich trug einst der Liebe Müh und Lasten,
Moi aussi, j’ai porté une fois le labeur et le fardeau de l’amour,
verschmähte nicht den herben Kelch zu trinken,
sans dédaigner de boire la coupe amère,
damit ich seine Lust nun ganz empfinde.
pour que je puisse enfin ressentir pleinement sa luxure.


*

Und dennoch gleich ich jenen Erzphantasten:
Et pourtant, je suis comme ces grands rêveurs :
mir will mein Glück so unermeßlich dünken,
mon bonheur me semble si incommensurable
daß ich mir oft im wachen Traum verschwinde.
que je disparais souvent dans le rêve éveillé.



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LA COMMISSION – POÈME DE MÖRIKE AUFTRAG

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Mörike
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Traduction Jacky Lavauzelle

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Gedichte – Poèmes

EDUARD MÖRIKE

8. September 1804  Ludwigsburg- 4. Juni 1875 Stuttgart
8 septembre 1804 – 4 juin 1875

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AUFTRAG
LA COMMISSION

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In poetischer Epistel
Dans une épître poétique,
Ruft ein desperater Wicht:
Un désespéré supplie :
Lieber Vetter! Vetter Christel!
– Cher cousin ! Cousin Christian !
Warum schreibt Er aber nicht?
Mais pourquoi n’écris-tu donc pas ?

*

Weiss Er doch, es lassen Herzen,
– Ne sais-tu pas encore que les cœurs
Die die Liebe angeweht,
Qui sont touchés par les flèches de l’Amour
Ganz und gar nicht mit sich scherzen,
Ne plaisantent pas du tout,
Und nun vollends ein Poet!
Et surtout pas le cœur d’un poète !

*

Denn ich bin von dem Gelichter,
– Car je suis du genre
Dem der Kopf beständig voll;
Qui a la tête constamment pleine ;
Bin ich auch nur halb ein Dichter,
Si je ne suis un demi-poète
Bin ich doch zur Hälfte toll.
Je suis aussi à moitié fou.

*

Amor hat Ihn mir verpflichtet,
– Amour me l’a confié,
Seinen Lohn weiss Er voraus,
Tu en connais le prix,
Und der Mund, der Ihm berichtet,
Et la bouche, qui l’aidera,
Geht dabei auch leer nicht aus.
Sera payée en conséquence.

*

Pass Er denn zur guten Stunde,
– Attends la bonne heure,
Wenn Sein Schatz durchs Lädchen schaut,
Quand ton aimée regarde à travers les carreaux,
Lock ihr jedes Wort vom Munde,
Capture chacun des mots
Das mein Schätzchen ihr vertraut.
Que je confierai à celle que j’aime.

*

Schreib Er mir dann von dem Mädchen
– Écris-moi à propos de cette fille
Ein halb Dutzend Bogen voll,
Une demi-douzaine de feuilles pleines,
Und daneben ein Traktätchen,
Et à la manière d’un traité,
Wie ich mich verhalten soll!
Comment je dois me comporter !


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ARTICLES EN VRAC – Poème de MÖRIKE – LOSE WARE

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Mörike
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Traduction Jacky Lavauzelle

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Gedichte – Poèmes

EDUARD MÖRIKE

8. September 1804  Ludwigsburg- 4. Juni 1875 Stuttgart
8 septembre 1804 – 4 juin 1875

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ARTICLES EN VRAC
LOSE WARE

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Colporteur de livres
huile sur toile, XVII s. Anonyme
(école française)

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« Tinte! Tinte, wer braucht? Schön schwarze Tinte verkauf ich! »
« Encre ! Encre, qui en a besoin ? Je vends de la belle encre noire !« 
Rief ein Büblein gar hell Straßen hinauf und hinab.
Criait un garçon dans les rues.
Lachend traf sein feuriger Blick mich oben im Fenster,
Son regard enflammé se moqua de moi à la fenêtre,
Eh ich michs irgend versah, huscht er ins Zimmer herein.
Avant que je m’en aperçoive, il se précipita dans la pièce.
Knabe, dich rief niemand! – « Herr, meine Ware versucht nur! »
Eh ! Mon garçon ! personne ne t’a appelé ! – « Monsieur, regardez donc ce que j’ai !« 
Und sein Fäßchen behend schwang er vom Rücken herum.
Et il fit pivoter un baril de son dos.
Da verschob sich das halbzerissene Jäckchen ein wenig
Sa veste à moitié déchirée se déplaça alors légèrement,
An der Schulter und hell schimmert ein Flügel hervor.
Laissant une aile scintiller brillamment sur l’épaule.
Ei, laß sehen, mein Sohn, du führst auch Federn im Handel?
Eh ! voyons, mon garçon, tu vends aussi des plumes ?
Amor, verkleideter Schelm! soll ich dich rupfen sogleich?
Amour, petit farceur déguisé ! dois-je te plumer immédiatement ?
Und er lächelt, entlarvt, und legt auf die Lippen den Finger:
Et il sourit, découvert et mit son doigt sur ses lèvres :
« Stille! sie sind nicht verzollt – stört die Geschäfte mir nicht!
« Chut ! Elles ne sont pas payées !- ne me dérangez pas !
Gebt das Gefäß, ich füll es umsonst, und bleiben wir Freunde! »
Donnez-moi votre encrier, je le remplirai gratuitement et nous resterons amis ! « 
Dies gesagt und getan, schlüpft er zur Türe hinaus. –
Après avoir dit et fait cela, il se glissa dehors. –
Angeführt hat er mich doch: denn will ich was Nützliches schreiben,
Il m’a bien eu en tout cas : car pour écrire quelque chose d’utile
Gleich wird ein Liebesbrief, gleich ein Erotikon draus.
Je ne peux qu’écrire qu’une lettre ou un poème d’amour.


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CHANT DES ELFES – EDUARD MÖRIKE – ELFENLIED

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Mörike
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Traduction Jacky Lavauzelle

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Gedichte – Poèmes

EDUARD MÖRIKE

8. September 1804  Ludwigsburg- 4. Juni 1875 Stuttgart
8 septembre 1804 – 4 juin 1875

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ELFENLIED
LE CHANT DES ELFES

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Tableau Jacky Lavauzelle, Le Chant des Elfes

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Bei Nacht im Dorf der Wächter rief:
La nuit dans le village, le gardien a crié :
Elfe!
Onze !
Ein ganz kleines Elfchen im Walde schlief —
     Une toute petite Elfe dormait dans la forêt –
Wohl um die Elfe! —
Fermement à onze heures ! –
Und meint, es rief ihm aus dem Tal
Et elle pensa que l’appelait de la vallée
Bei seinem Namen die Nachtigall,
Le rossignol par son nom,
Oder Silpelit hätt’ ihm gerufen.
Ou que Silpelit l’appelait peut-être.
Reibt sich der Elf die Augen aus,
Frottant ses yeux d’Elfe,
Begibt sich vor sein Schneckenhaus
S’en retourne à sa coquille
Und ist als wie ein trunken Mann,
Et tel un homme ivre
Sein Schläflein war nicht voll getan,
S’en va finir sa sieste écourtée,
Und humpelt also tippe tapp
En boitant ainsi : tap tap tap !
Durch’s Haselholz in’s Tal hinab,
À travers le bois de noisetier de la vallée,
Schlupft an der Mauer hin so dicht,
Glisse contre le mur,
Da sitzt der Glühwurm Licht an Licht.
Où les vers luisants éclairent lumière sur lumière.
« Was sind das helle Fensterlein?
« Quelles sont ces petites fenêtres lumineuses ?
Da drin wird eine Hochzeit sein:
N’y a-t-il pas un mariage là-dedans :
Die Kleinen sitzen bei’m Mahle,
Les petits sont assis au repas,
Und treiben’s in dem Saale.
Et s’agitent dans le hall.
Da guck’ ich wohl ein wenig ‘nein! »
Je vais regarder un peu plus près « non! »
– Pfui, stößt den Kopf an harten Stein!
Pfui !, frappant sa tête contre la dure pierre !
Elfe, gelt, du hast genug?
Elfe, n’en as-tu donc pas assez ?
Gukuk! Gukuk!
Coucou ! Coucou !


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MON FLEUVE – Poème de Eduard MÖRIKE – Mein Fluß

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Mörike
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Traduction Jacky Lavauzelle

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Gedichte – Poèmes

EDUARD MÖRIKE

8. September 1804  Ludwigsburg- 4. Juni 1875 Stuttgart
8 septembre 1804 – 4 juin 1875

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Mein Fluß
MON FLEUVE

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Isaac Levitan, L’Appel du soir, 1892

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O Fluß, mein Fluß im Morgenstrahl!
Ô fleuve, mon fleuve dans le rayon du matin !
Empfange nun, empfange
Reçois maintenant, reçois
Den sehnsuchtsvollen Leib einmal,
Mon corps impatient tout entier,
Und küsse Brust und Wange!
Et baise ma poitrine et baise ma joue !
– Er fühlt mir schon herauf die Brust,
– Il monte déjà à ma poitrine,
Er kühlt mit Liebesschauerlust
Sa fraîcheur déjà m’apporte un frisson d’amour
Und jauchzendem Gesange.
Et des doux chants.

*


Es schlüpft der goldne Sonnenschein
Les raies dorées du soleil
In Tropfen an mir nieder,
Glissent en gouttes sur mon corps,
Die Woge wieget aus und ein
La vague qui va et vient caresse
Die hingegebnen Glieder;
Mes membres dévoués ;
Die Arme hab ich ausgespannt,
J’étends mes bras,
Sie kommt auf mich herzugerannt,
La vague arrive en courant vers moi
Sie faßt und läßt mich wieder.
M’attrape et, à nouveau, me quitte.

*


Du murmelst so, mein Fluß, warum?
Tu marmonnes ainsi, mon fleuve, ô pourquoi ?
Du trägst seit alten Tagen
Tu portes depuis le temps
Ein seltsam Märchen mit dir um,
Un étrange conte de fées en toi
Und mühst dich, es zu sagen;
Et tu luttes pour le conter ;
Du eilst so sehr und läufst so sehr,
Tu te dépêches tant et tu cours tant,
Als müßtest du im Land umher,
Comme si tu devais faire le tour du pays
Man weiß nicht wen, drum fragen.
Sans que tu saches à qui parler.

*


Der Himmel, blau und kinderrein,
Le ciel, bleu et pur, comme un enfant,
Worin die Wellen singen,
Où les vagues chantent,
Der Himmel ist die Seele dein:
Le ciel est ton âme :
O laß mich ihn durchdringen!
Ô laisse-moi le pénétrer !
Ich tauche mich mit Geist und Sinn
Je plonge avec mon esprit et mes sens
Durch die vertiefte Bläue hin,
À travers le bleu profond,
Und kann sie nicht erschwingen!
Sans pouvoir vibrer !

*


Was ist so tief, so tief wie sie?
Quoi de si profond, d’aussi profond que lui ?
Die Liebe nur alleine.
Seulement l’amour, l’amour seul.
Sie wird nicht satt und sättigt nie
Il n’emplit pas, ni ne sature jamais
Mit ihrem Wechselscheine.
Avec ses changements d’impression.
– Schwill an, mein Fluß, und hebe dich!
– Gonfle-toi, ô mon fleuve, et lève-toi!
Mit Grausen übergieße mich!
Enveloppe-moi d’horreur !
Mein Leben um das deine!
Ma vie contre la tienne !

*

Du weisest schmeichelnd mich zurück
Tu me rejettes d’une façon si douce
Zu deiner Blumenschwelle.
À ton seuil fleuri.
So trage denn allein dein Glück,
Alors porte seul ta chance,
Und wieg auf deiner Welle
Et reflète sur ta vague
Der Sonne Pracht, des Mondes Ruh:
La splendeur du soleil, la paix de la lune :
Nach tausend Irren kehrest du
Tu reviens après mille détours
Zur ewgen Mutterquelle!
A ta maternelle source éternelle !


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DANS LA VIGNE – Poème de Eduard MÖRIKE – IM WEINBERG

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Mörike
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Traduction Jacky Lavauzelle

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LITTÉRATURE ALLEMANDE
Deutsch Literatur

Gedichte – Poèmes

EDUARD MÖRIKE

8. September 1804  Ludwigsburg- 4. Juni 1875 Stuttgart
8 septembre 1804 – 4 juin 1875

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IM WEINBERG
DANS LA VIGNE
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Droben im Weinberg, unter dem blühenden Kirschbaum saß ich
Dans le vignoble, j’étais assis sous le cerisier en fleurs
Heut, einsam in Gedanken vertieft; es ruhte das Neue
Aujourd’hui, solitaire dans mes pensées ; avec le Nouveau
Testament halboffen mir zwischen den Fingern im Schoße,
Testament ouvert à moitié entre les doigts, sur mes genoux,
Klein und zierlich gebunden: (es kam vom treuesten Herzen –
Avec une petite et délicate reliure : (elle venait de ton cœur si fidèle –
Ach! du ruhest nun auch, mir unvergessen, im Grabe!)
Hélas ! tu reposes maintenant, inoubliable, dans la tombe !)
Lang so saß ich und blickte nicht auf; mit einem da läßt sich
Je suis resté assis longtemps sans jamais lever les yeux ; c’est alors
Mir ein Schmetterling nieder aufs Buch, er hebet und senket
Que se posa un papillon sur mon livre, soulevant et abaissant
Dunkele Flügel mit schillerndem Blau, er dreht sich und wandelt
Ses sombres ailes d’un bleu irisé, se tournant et marchant
Hin und her auf dem Rande. Was suchst du, reizender Sylphe?
D’avant en arrière sur le bord. Que cherches-tu, belle Sylphe ?
Lockte die purpurne Decke dich an, der glänzende Goldschnitt?
La couverture pourpre t’a-t-elle attirée, avec ses imprimés en or brillant ?
Sahst du, getäuscht, im Büchlein die herrlichste Wunderblume?
As-tu vu une fleur miraculeuse la plus merveilleuse à travers ce livre ?
Oder zogen geheim dich himmlische Kräfte hernieder
Ou secrètement as-tu succombé aux pouvoirs célestes
Des lebendigen Worts? Ich muß so glauben, denn immer
De cette vivante parole ? Je dois bien le croire, car, toujours,
Weilest du noch, wie gebannt, und scheinst wie trunken, ich staune!
Tu sembles si envoûtée et ivre, que j’en suis étonné !
Aber von nun an bist du auf alle Tage gesegnet!
Mais à partir de maintenant, tu es bénie pour tous les jours !
Unverletzlich dein Leib, und es altern dir nimmer die Schwingen;
Ton corps est inviolable et tes ailes ne vieilliront plus jamais ;
Ja, wohin du künftig die zarten Füße wirst setzen,
Oui, où tu mettras tes pieds tendres à l’avenir,
Tauet Segen von dir. Jetzt eile hinunter zum Garten,
Tu parsèmeras tes bénédictions. Dépêche-toi maintenant au jardin,
Welchen das beste der Mädchen besucht am frühesten Morgen,
Quand la meilleure des jeunes filles le visite dès la première heure,
Eile zur Lilie du – alsbald wird die Knospe sich öffnen
Vole vers le lis – alors le bourgeon s’ouvrira
Unter dir; dann küsse sie tief in den Busen: von Stund an
Sous toi ; puis tu l’embrasseras profondément dans sa poitrine : qui, dès cet instant,
Göttlich befruchtet, atmet sie Geist und himmlisches Leben.
Sera divinement fécondé, il respirera l’esprit et la vie céleste.
Wenn die Gute nun kommt, vor den hohen Stengel getreten,
Maintenant, quand la chère enfant arrivera, debout devant la grande tige,
Steht sie befangen, entzückt von paradiesischer Nähe,
Elle sera surprise et enchantée par cet environnement paradisiaque,
Ahnungsvoll in den Kelch die liebliche Seele versenkend.
Avec de lourds pressentiments, elle plongera sa belle âme dans le calice.


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POUR LE 10 DECEMBRE – Poème de EDUARD MÖRIKE – Zum zehnten Dezember

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Mörike
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Traduction Jacky Lavauzelle

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Deutsch Literatur

Gedichte – Poèmes

EDUARD MÖRIKE

8. September 1804  Ludwigsburg- 4. Juni 1875 Stuttgart
8 septembre 1804 – 4 juin 1875

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Zum zehnten Dezember
POUR LE 10 DÉCEMBRE
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Anna Bilińska-Bohdanowicz, Portrait d’une jeune femme tenant une rose, Portrait de Mlle R., 1892, musée national de Varsovie

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« Sie ist mündig! » Sagt mir, Leute,
« Elle est majeure ! » Dites-moi,
Wie versteh ich dieses Wort?
Comment puis-je comprendre ce mot ?
Ach ein Kind war sie bis heute,
Ah, elle était enfant jusqu’à maintenant,
Bleibt sie das nicht immerfort?
Ne peut-elle pas rester toujours ainsi ?

*


Hingen denn vor einem Jahre
Il y a encore un an à peine,
Um dies Morgenangesicht
Ce visage frais du matin
Kindlicher die blonden Haare
Aux si blonds cheveux enfantins
Und in goldenerem Licht?
Ne baignait-il pas dans une lumière dorée ?

*


Zögen heut zu diesem Herzen,
Dans ce cœur aujourd’hui
Fromm geartet, hold und rein,
Passionné, aimable et pur,
Andre Freuden, andre Schmerzen,
D’autres joies, d’autres douleurs,
Ganz ein neues Wesen ein?
En feraient-elle un tout nouvel être ?

*


Und zu glänzen allerorten,
Et pour briller partout,
Würde sie der großen Welt,
Serait-elle, devant le grand monde
An Gebärde, Sitt und Worten
Avec des gestes, des manières et des mots
Ihren Schwestern gleichgestellt?
Égale à ses sœurs ?

*


Nein! ein Engel dieser Erden
Non ! ange sur ces terres,
Ohne Wandel bleibet sie.
Elle reste immuable.
Eine Fürstin kann sie werden,
Elle peut devenir une princesse
Eine Dame wird sie nie!
Mais ne deviendra jamais une dame !


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LE CHANT D’UN OISEAU – POÈME DE MÖRIKE – VOGELLIED

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Mörike
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Traduction Jacky Lavauzelle

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Gedichte – Poèmes

EDUARD MÖRIKE

8. September 1804  Ludwigsburg- 4. Juni 1875 Stuttgart
8 septembre 1804 – 4 juin 1875

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VOGELLIED
LE CHANT D’UN OISEAU
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Gustave Courbet, La Femme au perroquet, 1866

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Es ist zwar sonsten nicht der Brauch,
Ce n’est pas la coutume,
Daß man ‘s Nestchen baut,
Que de construire un nid
Bevor man erst ein Weiblein auch
Avant d’avoir une femelle
Sich angetraut
Pour s’unir !
Zirri Zirrli!
Zirri Zirrli !
Erst ein Schätzchen,
D’abord un bébé
Dann ein Plätzchen,
Puis un nid !
Zirri!
Zirri !
Am Birnbaum oder am Haselstrauch.
Sur le poirier ou sur le noisetier !

*

Allein ich dacht, du baust einmal
Je pensais que tu construirais
Auf gut Glück.
Au petit bonheur la chance.
Schaden kann es auf keinen Fall;
Cela ne peut nuire à personne !
Zirrwick Zirrliwick!
Zirrwick Zirrliwick !
Gefällt’s Ihr nicht, meine Jungfer Braut,
Si tu ne l’aimes pas, ô ma jeune mariée,
Es ist gleich wieder umgebaut.
Il sera vite reconstruit !


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PAPILLON EN AVRIL – Poème de MÖRIKE – ZITRONENFALTER IM APRIL

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Mörike
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Traduction Jacky Lavauzelle

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EDUARD MÖRIKE

8. September 1804  Ludwigsburg- 4. Juni 1875 Stuttgart
8 septembre 1804 – 4 juin 1875

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Zitronenfalter im April
PAPILLON EN AVRIL
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Note
Zitonenfalter
en français un Citron (papillon)
ou Limon ou Piéride du Nerprun
(Gonepteryx rhamni)
est un papillon de la famille des Pieridae.
(en anglais common brimstone)

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Grausame Frühlingssonne,
Cruel soleil de printemps,
Du weckst mich vor der Zeit,
Tu me réveilles bien trop tôt,
Dem nur im Maienwonne
Les plaisirs de Mai seuls
Die zarte Kost gedeiht!
M’offrent un régime délicat !
Ist nicht ein liebes Mädchen hier,
Si aucune douce fille ici,
Das auf der Rosenlippe mir
Sur sa lèvre rose, ne m’apporte
Ein Tröpfchen Honig beut,
Une seule goutte de miel,
So muss ich jämmerlich vergehn
Je disparaîtrai pitoyablement
Und wird der Mai mich nimmer sehn
Et je ne me reverrai plus jamais en mai
In meinem gelben Kleid.
Dans ma robe jaune.



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