LE FER A CHEVAL – OSSIP MANDELSTAM – 1923 – НАШЕДШИЙ ПОДКОВУ

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LITTÉRATURE RUSSE
POÉSIE RUSSE
Русская литература
Русская поэзия
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Poésie de Ossip Mandelstam
Поэзии Осип Мандельштам
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Ossip Emilievitch Mandelstam
О́сип Эми́льевич Мандельшта́м
2/3 janvier 1891 Varsovie – 27 décembre 1938 Vladivostok
2/3 января 1891 Варшава — 27 декабря 1938

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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
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LE FER A CHEVAL
1923
НАШЕДШИЙ ПОДКОВУ

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La Surface Rugueuse des Mers – Jacky Lavauzelle

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Глядим на лес и говорим:
Nous regardons la forêt et nous disons :
— Вот лес корабельный, мачтовый,
– Voici une forêt de bateaux, de mâts,
Розовые сосны,
Et les pins roses,
До самой верхушки свободные от мохнатой ноши,
Au sommet d’un fardeau épineux,
Им бы поскрипывать в бурю,
Craquent dans la tempête,
Одинокими пиниями,
Pins solitaires,
В разъяренном безлесном воздухе;
Dans cet air furieux et sans arbres ;
Под соленою пятою ветра устоит отвес, пригнанный к пляшущей палубе,
Sous le pied salé du vent se tient le fil dansant sur le pont du navire,

И мореплаватель,
Et le marin,
В необузданной жажде пространства,
Dans sa soif effrénée d’espace,
Влача через влажные рытвины
Traîne à travers sa cale mouillée
Хрупкий прибор геометра,
Son fragile instrument géométrique,
Сличит с притяженьем земного лона
Comparant à la gravité de terrestre
Шероховатую поверхность морей.
La surface rugueuse des mers.

А вдыхая запах
Tout en inhalant l’odeur
Смолистых слез, проступивших сквозь обшивку корабля,
Des larmes goudronneuses qui traversent la peau du navire,
Любуясь на доски,
Nous admirons les planches
Заклепанные, слаженные в переборки
Rivetées, posées
Не вифлеемским мирным плотником, а другим —
Non pas par un charpentier paisible de Bethléem, mais par un autre :
Отцом путешествий, другом морехода, —
Le père des voyages, un ami du marin,

Говорим:
Nous disons :
— И они стояли на земле,
-Et ils se tenaient sur terre,
Неудобной, как хребет осла,
Aussi désagréablement que sur le dos d’un âne,
Забывая верхушками о корнях
Les sommets leur faisaient oublier leurs racines
На знаменитом горном кряже,
Sur la célèbre chaîne de montagnes,
И шумели под пресным ливнем,
Et ils bruissaient sous une nouvelle averse,
Безуспешно предлагая небу выменять на щепотку соли
Offrant, sans succès, au ciel d’échanger contre une pincée de sel
Свой благородный груз.
Leur noble fardeau.

С чего начать?
Où commencer ?
Все трещит и качается.
Tout éclate et tout oscille.
Воздух дрожит от сравнений.
L’air tremble de comparaisons.
Ни одно слово не лучше другого,
Pas un mot n’est meilleur qu’un autre,
3емля гудит метафорой,
La terre bourdonne de métaphores,
И легкие двуколки
Et des concerts légers
В броской упряжи густых от натуги птичьих стай
Dans le harnais criard d’oiseaux dans l’effort
Разрываются на части,
Explosent en vol,
Соперничая с храпящими любимцами ристалищ.
En concurrençant les favoris ronflants de la course hippique.

Трижды блажен, кто введет в песнь имя;
Trois fois béni est celui qui introduit un nom dans une chanson ;
Украшенная названьем песнь
Le titre ainsi de la chanson décorée
Дольше живет среди других —
Vit plus longtemps que les autres –
Она отмечена среди подруг повязкой на лбу,
Il est marqué parmi ses amis avec un bandage sur le front,
Исцеляющей от беспамятства, слишком сильного одуряющего запаха —
Guérison de l’inconscience, de cette odeur enivrante beaucoup trop forte –
Будь то близость мужчины,
Que ce soit l’intimité d’un homme
Или запах шерсти сильного зверя,
Ou l’odeur de la peau d’une puissante bête,
Или просто дух чобра, растертого между ладоней.
Ou tout simplement la fragrance de la sarriette, frottée entre les paumes.

Воздух бывает темным, как вода, и все живое в нем плавает, как рыба,
L’air est sombre comme l’eau, et toute vie en elle nage comme un poisson,
Плавниками расталкивая сферу,
Ses palmes poussent la sphère
Плотную, упругую, чуть нагретую, —
Dense, élastique, légèrement chauffée, –
Хрусталь, в котором движутся колеса и шарахаются лошади,
Cristal dans lequel les roues bougent et les chevaux se cabrent,
Влажный чернозем Нееры, каждую ночь распаханный заново
Sol noir et humide, labouré à nouveau chaque nuit
Вилами, трезубцами, мотыгами, плугами.
Par les fourches, tridents, houes et charrues.
Воздух замешен так же густо, как земля, —
L’air est aussi épais que la terre,
Из него нельзя выйти, в него трудно войти.
Il est impossible d’en sortir, il est difficile d’y entrer.

Шорох пробегает по деревьям зеленой лаптой,
Un bruissement traverse les arbres avec de vertes chaussures
Дети играют в бабки позвонками умерших животных.
Et les enfants jouent aux osselets avec des vertèbres d’animaux morts.
Хрупкое летоисчисление нашей эры подходит к концу.
Le bilan fragile de notre époque touche à sa fin.
Спасибо за то, что было:
Merci pour tout ce qui a existé :
Я сам ошибся, я сбился, запутался в счете.
J’ai moi-même fait une erreur, je me suis perdu et j’en ai perdu le fil !

Эра звенела, как шар золотой,
L’ère a sonné comme une boule d’or,
Полая, литая, никем не поддерживаемая,
Creuse et moulée, sans le support de personne,
На всякое прикосновение отвечала «да» и «нет».
«Oui» et «non», elle répondait à chaque contact.
Так ребенок отвечает:
Comme un en enfant répondant ainsi :
«Я дам тебе яблоко» — или: «Я не дам тебе яблоко».
« Je te donnerai une pomme » – ou : « Je ne te donnerai pas de pomme.« 
И лицо его — точный слепок с голоса, который произносит эти слова.
Et son visage est l’exacte réplique de la voix qui prononce ces mots.

Звук еще звенит, хотя причина звука исчезла.
Le son continue de sonner, bien que la cause du son ait disparu.
Конь лежит в пыли и храпит в мыле,
Le cheval repose dans la poussière et ronfle dans l’écume,
Но крутой поворот его шеи
Mais un tour brusque de son cou
Еще сохраняет воспоминание о беге с разбросанными ногами, —
Conserve toujours le souvenir des courses avec les membres éparses, –
Когда их было не четыре,
Quand il n’y en avait plus que quatre,
А по числу камней дороги,
Autant que le nombre de pierres sur la route,
Обновляемых в четыре смены,

Multipliées quatre fois,
По числу отталкиваний от земли

Par le nombre de frappes au sol
Пышущего жаром иноходца.

à couper le souffle.

Так
Alors,
Нашедший подкову
Qui trouve un fer à cheval
Сдувает с нее пыль
Souffle la poussière sur lui déposée
И растирает ее шерстью, пока она не заблестит;
Et le frotte avec de la laine jusqu’à ce qu’il scintille ;
Тогда
ensuite,
Он вешает ее на пороге,
Il le pend sur le pas de la porte
Чтобы она отдохнула,
Pour qu’ainsi il repose,
И больше уж ей не придется высекать искры из кремня.
Et n’ait plus à produire des étincelles au silex.

Человеческие губы,
Lèvres humaines,
которым больше нечего сказать,
qui n’ont plus rien à dire
Сохраняют форму последнего сказанного слова,
Gardez la forme du dernier mot prononcé,
И в руке остается ощущение тяжести,
Et la sensation de lourdeur restera dans la main,
Хотя кувшин
Bien que l’eau jaillisse d’une cruche
наполовину расплескался,
à moitié vidée,
пока его несли домой.
alors qu’il s’en retourne chez lui.

То, что я сейчас говорю, говорю не я,
Ce que je dis maintenant, ce n’est pas moi qui le dis,
А вырыто из земли, подобно зернам окаменелой пшеницы.
Mais retrouvé dans le sol, comme des grains de blé pétrifié.
Одни
Certaines
на монетах изображают льва,
Pièces représentent un lion,
Другие —
D’autres –
голову.
une tête.
Разнообразные медные, золотые и бронзовые лепешки
Une variété de pièces de cuivre, d’or et de bronze,
С одинаковой почестью лежат в земле,
Avec le même grandeur, gît dans le sol,
Век, пробуя их перегрызть, оттиснул на них свои зубы.
Le temps, essayant de les ronger, croqua ses dents sur elles.
Время срезает меня, как монету,
Le temps me coupe comme une pièce,
И мне уж не хватает меня самого…
Et il me manque véritablement une partie de moi …


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1923

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AUX ARBRES, TERRIENS ! – L’HYMNE A NOTRE TERRE

AUX ARBRES, TERRIENS !
*
L’HYMNE A NOTRE TERRE

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Chêne des Marais – Photo JL

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Allons, enfants de notre terre,
Le temps des arbres est arrivé !
Contre nous des viles affaires
L’étendard du gland est levé, (bis)
Entendez-vous dans les campagnes
Mugir ces boutures délicates ?
Ils tiennent dans leurs mains
Les semis, les plantes et les grains !

Aux arbres, amis terriens,
Formez vos plantations,
Plantons, plantons!
Qu’une sueur si pure
Abreuve nos sillons !

Que veut cette horde de zouaves
De traders et de fieffés banquiers ?
Pour qui ces ignobles enclaves,
Ces semis récemment qu’ils ont brevetés ? (bis)
Notre terre, pour nous, ah ! quel outrage !
Que de corruption tu as nourrie !
Mais nous nous levons
Pour effacer cet infâme carnage !

Aux arbres, amis terriens,
Formez vos plantations,
Plantons, plantons!
Qu’une sueur si pure
Abreuve nos sillons !

Quoi ! des multinationales
Feraient la loi dans nos prairies !
Quoi ! ces phalanges mercantiles
Terrasseraient nos fières parcelles ! (bis)
Grand Dieu ! par des mains enchaînées
Nos fronts sous le joug se ploieraient !
De vils despotes deviendraient
Les maîtres de nos destinées !

Aux arbres, amis terriens,
Formez vos plantations,
Plantons, plantons!
Qu’une sueur si pure
Abreuve nos sillons !

Tremblez, banquiers, et vous, perfides,
Lobbys de tous les partis,
Tremblez ! vos projets écocides
Vont enfin recevoir leurs prix ! (bis)
Tout est là pour vous combattre,
S’ils tombent, nos jeunes héros,
La terre en produira de nouveaux,
Contre vous nous sommes prêts à nous battre !

Aux arbres, amis terriens,
Formez vos plantations,
Plantons, plantons!
Qu’une sueur si pure
Abreuve nos sillons !

Terriens, en guerriers magnanimes,
Portez ou retenez vos coups !
Épargnez ces petites épiceries,
À regret s’acharnant contre nous. (bis)
Mais ces despotes mondialistes,
Mais ces fonds de pensions,
Tous ces tigres qui, sans pitié,
Déchirent le sein de notre mère !

Aux arbres, amis terriens,
Formez vos plantations,
Plantons, plantons!
Qu’une sueur si pure
Abreuve nos sillons !

Amour sacré de nos Prairies,
Conduis, soutiens nos bras vengeurs.
Liberté, Liberté chérie,
Combats avec tes défenseurs ! (bis)
Sous nos frondaisons que la victoire
Accoure à tes racines outragées,
Que tes ennemis expirants
Voient ton triomphe et notre gloire !

Aux arbres, amis terriens,
Formez vos plantations,
Plantons, plantons!
Qu’une sueur si pure
Abreuve nos sillons !

Nous entrerons dans la clairière
Quand nos aînés n’y seront plus,
Nous y trouverons leur poussière
Et la trace de leurs vertus (bis)
Bien moins jaloux de leur survivre
Que de partager leur cercueil,
Nous aurons le sublime orgueil
D’admirer l’éternelle canopée.

Aux arbres, amis terriens,
Formez vos plantations,
Plantons, plantons!
Qu’une sueur si pure
Abreuve nos sillons !

(Texte inspiré des paroles de La Marseillaise de Rouget de Lisle)
Jacky Lavauzelle

LE CHEVALIER A LA PEAU DE PANTHÈRE- CHOTA ROUSTAVÉLI – SHOTA ROUSTAVELI – ვეფხისტყაოსანი, შოთა რუსთაველი – Le prologue დასაწყისი – 26 à 31

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Mihály Zichy, Chota Roustavéli présente son poème à la reine Tamar, vers 1880
*****
SHOTA ROUSTAVELI
CHOTA ROUSTAVÉLI
LITTÉRATURE GÉORGIENNE
ქართული ლიტერატურა
POÉSIE GÉORGIENNE
ქართული პოეზია

LA POÉSIE DE
CHOTA ROUSTAVÉLI
შოთა რუსთაველის პოეზია

GEORGIE – DECOUVERTE DE LA GEORGIE – საქართველოს აღმოჩენა

POEME DE NIKOLOZ BARATACHVILI NIKOLOZ BARATASHVILI
Géorgie
საქართველო

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

 

POEME DE NIKOLOZ BARATACHVILI - POEME DE NIKOLOZ BARATACHVILI NIKOLOZ BARATASHVILI

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POÉSIE GÉORGIENNE
ქართული პოეზია

 


SHOTA ROUSTAVELI
CHOTA ROUSTAVÉLI
vers 1172 – vers 1216

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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

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ვეფხისტყაოსანი
LE CHEVALIER A
LA PEAU DE PANTHÈRE

 

PROLOGUE
დასაწყისი

VERSETS DE 26 à 31
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**

XXVI
N’APPELEZ PAS CELA L’AMOUR

ამა საქმესა მიჯნური ნუ უხმობს მიჯნურობასა:
ama sakmesa mijnuri nu ukhmobs mijnurobasa:
Dans ce cas, le midjnour ne doit pas appeler cela l’Amour :
დღეს ერთი უნდეს, ხვალე სხვა, სთმობდეს გაყრისა თმობასა;
dghes erti undes, khvale skhva, stmobdes gaq’risa tmobasa;
Aujourd’hui, celle-ci, demain, une autre, tour à tour ;
ესე მღერასა ბედითსა ჰგავს, ვაჟთა ყმაწვილობასა.
ese mgherasa beditsa hgavs, vazhta q’mats’vilobasa.
Cette amusement relève des désirs des enfants.
კარგი მიჯნური იგია, ვინ იქმს სოფლისა თმობასა.
k’argi mijnuri igia, vin ikms soplisa tmobasa.
Un bon midjnour est celui qui fait sortir l’amour de son village.

**

XXVII
LE PLUS NOBLE AMOUR

არს პირველი მიჯნურობა არ-დაჩენა ჭირთა, მალვა,
ars p’irveli mijnuroba ar-dachena ch’irta, malva,
Le premier et le plus noble amour, toujours se dissimule,
თავის-წინა იგონებდეს, ნიადაგმცა ჰქონდა ხალვა,
tavis-ts’ina igonebdes, niadagmtsa hkonda khalva,
S’inventant, cachant ses peines et sa tristesse,
შორით ბნედა, შორით კვდომა, შორით დაგვა, შორით ალვა,
shorit bneda, shorit k’vdoma, shorit dagva, shorit alva,
Entre mots et maux, entre les dures flammes et les brûlures d’âme,
დათმოს წყრომა მოყვრისაგან, მისი ჰქონდეს შიში, კრძალვა.
datmos ts’q’roma moq’vrisagan, misi hkondes shishi, k’rdzalva.
Mais jamais ne renonce à sa soif d’amour, sans peur, sans interdit.

**

XXVIII
L’AMOUR VÉRITABLE 

ხამს, თავისსა ხვაშიადსა არვისთანა ამჟღავნებდეს,
khams, tavissa khvashiadsa arvistana amzhghavnebdes,
La voix montre le chemin à celui qui entend,
არ ბედითად « ჰაი-ჰაი »-ს ზმიდეს, მოყვარესა აყივნებდეს,
ar beditad « hai-hai »-s zmides, moq’varesa aq’ivnebdes,
Ne vous laissez pas berner par les mots glacés de l’amant léger,
არსით აჩნდეს მიჯნურობა, არასადა იფერებდეს,
arsit achndes mijnuroba, arasada iperebdes,
L’essence est de montrer l’amour vrai, non de le farder,
მისთვის ჭირი ლხინად უჩნდეს, მისთვის ცეცხლსა მოიდებდეს.
mistvis ch’iri lkhinad uchndes, mistvis tsetskhlsa moidebdes.
Que la peste soit sur celui qui le dénature et qu’il soit incendié.

**

XXIX
AVOIR LE CŒUR BRISÉ 

მას უშმაგო ვით მიენდოს, ვინ მოყვარე გაამჩივნოს?
mas ushmago vit miendos, vin moq’vare gaamchivnos?
Comment faire confiance à un amant sans ardeur ?
ამის მეტი რამცა ირგო: მას ავნოს და თვითცა ივნოს.
amis met’i ramtsa irgo: mas avnos da tvittsa ivnos.
Le danger dans tout cela : la blesser et se blesser.
რათამე-ღა ასახელოს, რა სიტყვითა მოაყივნოს?
ratame-gha asakhelos, ra sit’q’vita moaq’ivnos?
Comment aimer tout en médisant, avec quels mots ?
რა ჰგავა, თუ მოყვარესა კაცმან გული არ ატკივნოს!
ra hgava, tu moq’varesa k’atsman guli ar at’k’ivnos!
À quoi cela ressemblerait un homme aimant s’il n’avait le cœur brisé ?

**

XXX
AIMER SANS AIMER

მიკვირს, კაცი რად იფერებს საყვარლისა სიყვარულსა:
mik’virs, k’atsi rad iperebs saq’varlisa siq’varulsa:
Je me demande pourquoi un homme aime sans aimer :
ვინცა უყვარს, რად აყივნებს მისთვის მკვდარი მისთვის წყლულსა?
vintsa uq’vars, rad aq’ivnebs mistvis mk’vdari mistvis ts’q’lulsa?
Celui qui aime ne craint rien, pourquoi la mort lui ferait-elle du mal ?
თუ არ უყვარს, რად არა სძულს? რად აყივნებს, რაც არ სძულსა?!
tu ar uq’vars, rad ara sdzuls? rad aq’ivnebs, rats ar sdzulsa?!
Si vous n’aimez pas, pourquoi ne pas franchement la détester ? la déshonorer ?
ავსა კაცსა ავი სიტყვა ურჩევნია სულსა, გულსა.
avsa k’atssa avi sit’q’va urchevnia sulsa, gulsa.
Le mauvais homme préfère le mot blessant à l’âme et au cœur.

**

XXXI
LA SOLITUDE DU MIDJNOUR

თუ მოყვარე მოყვრისათვის ტირს, ტირილსა ემართლების;
tu moq’vare moq’vrisatvis t’irs, t’irilsa emartlebis;
Si un amant pleure véritablement son amante, nous pleurons avec lui ;
სიარული, მარტოობა ჰშვენის, გაჭრად დაეთვლების;
siaruli, mart’ooba hshvenis, gach’rad daetvlebis;
Marcher, être seul, séparé, voici ce qui l’attend ;
იგონებდეს, მისგან კიდე ნურად ოდეს მოეცლების,
igonebdes, misgan k’ide nurad odes moetslebis,
Jamais il ne se départira de son obsession, solitaire à jamais,
არ დააჩნდეს მიჯნურობა, სჯობს, თუ კაცთა ეახლების.
ar daachndes mijnuroba, sjobs, tu k’atsta eakhlebis.
Le midjnour préfère ne pas montrer d’affection vis à vis des autres hommes.

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FIN DU PROLOGUE

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Bataille navale, Mamouka Tavaqalachvili, 1646
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SIÈCLE – Poème de Ossip MANDELSTAM – 1922 – ВЕК

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LITTÉRATURE RUSSE
POÉSIE RUSSE
Русская литература
Русская поэзия
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Poésie de Ossip Mandelstam
Поэзии Осип Мандельштам
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Ossip Emilievitch Mandelstam
О́сип Эми́льевич Мандельшта́м
2/3 janvier 1891 Varsovie – 27 décembre 1938 Vladivostok
2/3 января 1891 Варшава — 27 декабря 1938

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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
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SIÈCLE 
1922
ВЕК

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(ce poème reflète ce qui s’est passé en Russie après l’arrivée au pouvoir des bolcheviques, la connexion rompue (la crête) entre les deux siècles, le XIXe et le XXe siècle, le pouvoir de l’art (la flûte) pour guérir les blessures, la haine et les blessures fratricides, les haines et l’indifférence, de ce nouveau siècle)

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Le Siècle de Mandelstam
JL


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Век мой, зверь мой, кто сумеет
Mon siècle, ma brutalité, qui peut
Заглянуть в твои зрачки
Regarder dans la prunelle de tes yeux
И своею кровью склеит
Et coller avec son sang
Двух столетий позвонки?
De ces deux siècles les vertèbres ?
Кровь-строительница хлещет
Coule le sang constructeur
Горлом из земных вещей,
Dans la gorge des choses terrestres,
Захребетник лишь трепещет
Le parasite tremble
На пороге новых дней.
Au seuil de l’ère nouvelle.

*


Тварь, покуда жизнь хватает,
La créature, tant que la vie l’inonde,
Донести хребет должна,
Doit dresser la crête,
И невидимым играет
Et joue et ondule, invisible,
Позвоночником волна.
Telle une vague, sa colonne vertébrale.
Словно нежный хрящ ребенка
Comme un délicat cartilage de nouveau-né
Век младенческой земли —
Le siècle de cette Terre nouvelle-
Снова в жертву, как ягненка,
Encore en sacrifice, comme avec l’agneau,
Темя жизни принесли.
S’offre la vie.

*


Чтобы вырвать век из плена,
Pour sortir le siècle de la captivité,
Чтобы новый мир начать,
Pour démarrer un nouveau monde,
Узловатых дней колена
Afin de lier les genoux de notre époque,
Нужно флейтою связать.
Vous devrons prendre la flûte.
Это век волну колышет
De ce siècle ondule comme une vague
Человеческой тоской,
L’angoisse humaine,
И в траве гадюка дышит
Et, dans l’herbe, la vipère respire
Мерой века золотой.
Les mesures d’or du siècle.

*


И еще набухнут почки,
Et les bourgeons gonflent sans cesse,
Брызнет зелени побег,
Des pousses vertes exploseront,
Но разбит твой позвоночник,
Mais ta colonne vertébrale est cassée,
Мой прекрасный жалкий век!
Ô mon beau siècle misérable !
И с бессмысленной улыбкой
Et, avec un sourire insensé,
Вспять глядишь, жесток и слаб,
Tu regardes en arrière, cruel et faible,
Словно зверь, когда-то гибкий,
Comme une bête jadis féline et agile,
На следы своих же лап.
Sur les traces de tes propres griffes.

*


Кровь-строительница хлещет
Coule le sang constructeur
Горлом из земных вещей,
Dans la gorge des choses terrestres,
И горячей рыбой плещет
Et des éclaboussures de poisson chaud
В берег теплый хрящ морей.
Sur le rivage se retrouvent sur le chaud cartilage des mers.
И с высокой сетки птичьей,
Et dans le haut filet des oiseaux,
От лазурных влажных глыб
De masses humides azurées
Льется, льется безразличье
Se déversent, l’indifférence se déverse
На смертельный твой ушиб.
Sur ta mortelle blessure.

**

1922

*********************

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TRISTIA – POÈME DE OSSIP MANDELSTAM – Русский поэт Осип Эмильевич Мандельштам – 1918

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Ossip Emilievitch Mandelstam
О́сип Эми́льевич Мандельшта́м
2/3 janvier 1891 Varsovie – 27 décembre 1938 Vladivostok
2/3 января 1891 Варшава — 27 декабря 1938

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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
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TRISTIA
1918

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Henri Fantin-Latour, Nyx, 1897

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Я изучил науку расставанья
J’ai étudié la science de la séparation
В простоволосых жалобах ночных.
Dans de nocturnes plaintes ébouriffées.
Жуют волы, и длится ожиданье —
Les bœufs mâchouillent et l’attente s’éternise-
Последний час вигилий городских,
C’est la dernière heure du vigile de la ville,
И чту обряд той петушиной ночи,
Et je révère le rite des coqs cette nuit,
Когда, подняв дорожной скорби груз,
Quand, ayant levé le poids du chagrin vagabond,
Глядели вдаль заплаканные очи
Les yeux larmoyants regardent au loin
И женский плач мешался с пеньем муз.
Et que le cri féminin au chant des muses se confond.

*


Кто может знать при слове «расставанье»
Qui peut savoir quand le mot «séparation» est dit
Какая нам разлука предстоит,
Quelle véritable séparation nous attend,
Что нам сулит петушье восклицанье,
Qui peut savoir ce que nous promet le chant du coq,
Когда огонь в акрополе горит,
Quand le feu dévore l’Acropole ?
И на заре какой-то новой жизни,
Et, à l’aube d’une nouvelle vie,
Когда в сенях лениво вол жуёт,
Quand, dans sa stalle, le bœuf paresseux mâchouille,
Зачем петух, глашатай новой жизни,
Pourquoi le coq, annonciateur d’une nouvelle vie,
На городской стене крылами бьёт?
Bat ses ailes sur le mur de la ville ?

*


И я люблю обыкновенье пряжи:
Comme j’aime la coutume monotone du filage :
Снуёт челнок, веретено жужжит.
Le fil y fait la navette et le fuseau bourdonne.
Смотри, навстречу, словно пух лебяжий,
Regardez ! vers nous comme un duvet de cygne
Уже босая Делия летит!
Déjà pieds nus, Délie s’envole !
О, нашей жизни скудная основа,
Oh ! comme notre vie possède de mauvaises fondations,
Куда как беден радости язык!
Son langage se trouve si démuni en évoquant la joie !
Всё было встарь, всё повторится снова,
Tout était là, tout se reproduit, encore et encore,
И сладок нам лишь узнаванья миг.
Et seul le moment de la reconnaissance nous est doux.

*


Да будет так: прозрачная фигурка
Qu’il en soit ainsi : une figure transparente
На чистом блюде глиняном лежит,
Sur un plat d’argile immaculé se trouve là,
Как беличья распластанная шкурка,
Comme la peau de l’écureuil écartelée,
Склонясь над воском, девушка глядит.
Penchée sur la cire, la fille regarde.
Не нам гадать о греческом Эребе,
Ce n’est pas à nous de deviner tel un Érèbe grec,
Для женщин воск, что для мужчины медь.
Pour les femme la cire, pour les hommes le bronze.
Нам только в битвах выпадает жребий,
Les hommes ne connaissent leur sort que dans le combat,
А им дано гадая умереть.
Et les femmes meurent par divination.


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SUR LA TOMBE DE LA MÈRE DE SCHILLER – Poème de MÖRIKE – AUF DAS GRAB VON SCHILLERS MUTTER

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Mörike
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Traduction Jacky Lavauzelle

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LITTÉRATURE ALLEMANDE
Deutsch Literatur

Gedichte – Poèmes

EDUARD MÖRIKE

8. September 1804  Ludwigsburg- 4. Juni 1875 Stuttgart
8 septembre 1804 – 4 juin 1875

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AUF DAS GRAB VON SCHILLERS MUTTER
SUR LA TOMBE DE LA MÈRE DE SCHILLER

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Elisabetha Dorothea Schiller, geb. Kodweiß, auf einem Gemälde von Ludovike Simanowiz – Elisabetha Dorothea Schiller, née Kodweiß, sur un tableau de Ludovike Simanowiz

Cleversulzbach, im Mai
Cleverssulzbach, mai

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Nach der Seite des Dorfs, wo jener alternde Zaun dort
Du côté du village, où cette clôture vieillissante
Ländliche Gräber umschließt, wall ich in Einsamkeit oft.
Encercle les vieilles tombes, je déambule souvent dans la solitude.
Sieh den gesunkenen Hügel; es kennen die ältesten Greise
Voir la colline engloutie ; les personnes âgées s’en souviennent
Kaum ihn noch, und es ahnt niemand ein Heiligtum hier
À peine encore, et personne ne soupçonne un sanctuaire ici
Jegliche Zierde gebricht und jedes deutende Zeichen;
Sans ornements ni signes ;
Dürftig breitet ein Baum schützende Arme umher.
Un arbre écarte mal ses bras protecteurs.
Wilde Rose! dich find ich allein statt anderer Blumen;
Rose sauvage ! Je te trouve seule au lieu d’autres fleurs ;
Ja, beschäme sie nur, brich als ein Wunder hervor!
Oui, fais-leur honte, éclate comme un miracle !
Tausendblättrig eröffne dein Herz! entzünde dich herrlich
Ouvre ton cœur de mille pétales ! Brûle à merveille
Am begeisternden Duft, den aus der Tiefe du ziehst!
Par le parfum inspirant que tu tires des profondeurs !
Eines Unsterblichen Mutter liegt hier bestattet; es richten
Une mère d’un Immortel est enterrée ici ;
. Deutschlands Männer und Fraun eben den Marmor ihm auf.
Les hommes et les femmes allemands viennent de lui préparer un marbre.


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La mère de Friedrich Schiller
Mutter von Friedrich Schiller
Elisabetha Dorothea Schiller
geb. Kodweiß
Née Kodweiß
(13. Dezember 1732 Marbach am Neckar – 29. April 1802 Cleversulzbach), 13 décembre 1732 – 29 avril 1802


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LE CHEVALIER A LA PEAU DE PANTHÈRE- CHOTA ROUSTAVÉLI – SHOTA ROUSTAVELI – ვეფხისტყაოსანი, შოთა რუსთაველი – Le prologue დასაწყისი – 21 à 25

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Le-Chevalier-à-la-peau-de-panthère-920x1024.jpg.
Mihály Zichy, Chota Roustavéli présente son poème à la reine Tamar, vers 1880
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SHOTA ROUSTAVELI
CHOTA ROUSTAVÉLI
LITTÉRATURE GÉORGIENNE
ქართული ლიტერატურა
POÉSIE GÉORGIENNE
ქართული პოეზია

LA POÉSIE DE
CHOTA ROUSTAVÉLI
შოთა რუსთაველის პოეზია

GEORGIE – DECOUVERTE DE LA GEORGIE – საქართველოს აღმოჩენა

POEME DE NIKOLOZ BARATACHVILI NIKOLOZ BARATASHVILI
Géorgie
საქართველო

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

 

POEME DE NIKOLOZ BARATACHVILI - POEME DE NIKOLOZ BARATACHVILI NIKOLOZ BARATASHVILI

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POÉSIE GÉORGIENNE
ქართული პოეზია

 


SHOTA ROUSTAVELI
CHOTA ROUSTAVÉLI
vers 1172 – vers 1216

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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

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ვეფხისტყაოსანი
LE CHEVALIER A
LA PEAU DE PANTHÈRE

 

PROLOGUE
დასაწყისი

VERSETS DE 21 à 25
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XXI
LES SAGES INCULTES EN LA MATIÈRE

მას ერთსა მიჯნურობასა ჭკვიანნი ვერ მიჰხვდებიან,
mas ertsa mijnurobasa ch’k’vianni ver mihkhvdebian,
Cet amour ne sera pas compris par les sages,
ენა დაშვრების, მსმენლისა ყურნიცა დავალდებიან;
ena dashvrebis, msmenlisa q’urnitsa davaldebian;
La langue s’évanouira, l’oreille de l’auditeur s’endormira ;
ვთქვნე ხელობანი ქვენანი, რომელნი ხორცთა ჰხვდებიან;
vtkvne khelobani kvenani, romelni khortsta hkhvdebian;
J’ai évoqué les tribulations et les floraisons qui rencontrent la chair ;
მართ მასვე ჰბაძვენ, თუ ოდენ არ სიძვენ, შორით ბნდებიან.
mart masve hbadzven, tu oden ar sidzven, shorit bndebian.
Qui également imite cet amour mais qui s’assombrit avec le temps.

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XXII
L’AMANT FOU ou MIDJNOUR

მიჯნური შმაგსა გვიქვიან არაბულითა ენითა,
mijnuri shmagsa gvikvian arabulita enita,
« Midjnour », en arabe, désigne l’amant « fou »
მით რომე შმაგობს მისისა ვერ-მიხვდომისა წყენითა;
mit rome shmagobs misisa ver-mikhvdomisa ts’q’enita;
Plus il est insatisfait, plus il devient dément ;
ზოგთა აქვს საღმრთო სიახლე, დაშვრების აღმაფრენითა,
zogta akvs saghmrto siakhle, dashvrebis aghmaprenita,
Certains ont des visions divines, usés par cette terrible ascension,
კვლა ზოგთა ქვე უც ბუნება კეკლუცთა ზედა ფრფენითა.
k’vla zogta kve uts buneba k’ek’lutsta zeda prpenita.
D’autres quettent la beauté, portés par cette aile supérieure.

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XXIII
LES VERTUS DU MIDJNOUR

მიჯნურსა თვალად სიტურფე ჰმართებს მართ ვითა მზეობა,
mijnursa tvalad sit’urpe hmartebs mart vita mzeoba,
Pour le midjnour, il se doit de posséder les vertus suivantes :
სიბრძნე, სიუხვე, სიმდიდრე, სიყმე და მოცალეობა,
sibrdzne, siukhve, simdidre, siq’me da motsaleoba,
La sagesse, l’abondance, la richesse, la jeunesse et l’insouciance,
ენა, გონება, დათმობა, მძლეთა მებრძოლთა მძლეობა.
ena, goneba, datmoba, mdzleta mebrdzolta mdzleoba.
Le langage, l’esprit, la patience et l’endurance des puissants guerriers.
ვისცა ეს სრულად არა სჭირს, აკლია მიჯნურთ ზნეობა.
vistsa es srulad ara sch’irs, ak’lia mijnurt zneoba.
Ceux qui n’ont pas toutes ces qualités, manquent complètement de morale.

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XXIV
AMOUR & LIBERTINAGE

მიჯნურობა არის ტურფა, საცოდნელად ძნელი გვარი;
mijnuroba aris t’urpa, satsodnelad dzneli gvari;
Aimer est chose fragile, difficile à aborder ;
მიჯნურობა სხვა რამეა, არ სიძვისა დასადარი:
mijnuroba skhva ramea, ar sidzvisa dasadari:
Aimer est une belle affaire, si différente du libertinage :
იგი სხვაა, სიძვა სხვაა, შუა უზის დიდი ზღვარი,
igi skhvaa, sidzva skhvaa, shua uzis didi zghvari,
Différent de la luxure, car ils sont séparés par un gouffre immense,
ნუვინ გაჰრევთ ერთმანერთსა, გესმას ჩემი ნაუბარი!
nuvin gahrevt ertmanertsa, gesmas chemi naubari!
Ne laissez personne vous tromper, écoutez mes paroles !

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XXV
LA CONSTANCE DE L’AMANT

ხამს მიჯნური ხანიერი, არ მეძავი, ბილწი, მრუში,
khams mijnuri khanieri, ar medzavi, bilts’i, mrushi,
La constance est la marque de l’amant, dépourvu d’intempérances,
რა მოჰშორდეს მოყვარესა, გაამრავლოს სულთქმა, უში,
ra mohshordes moq’varesa, gaamravlos sultkma, ushi,
Loin de sa bien-aimée, il soupire, s’apitoie et se lamente,
გული ერთსა დააჯეროს, კუშტი მიჰხვდეს, თუნდა ქუში;
guli ertsa daajeros, k’usht’i mihkhvdes, tunda kushi;
Il ne croit qu’en un seul cœur, et concentre toute sa vitalité ;
მძულს უგულო სიყვარული, ხვევნა, კოცნა, მტლაში-მტლუში.
mdzuls ugulo siq’varuli, khvevna, k’otsna, mt’lashi-mt’lushi.
Je déteste l’amour sans cœur, les embrassades et les baisers.

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L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Le-chevalier-à-la-peau-de-panthere2.jpg.
Bataille navale, Mamouka Tavaqalachvili, 1646
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MES PENSÉES MUETTES – SONNET DE SHAKESPEARE LXXXV – SONNET 85 -My tongue-tied Muse in manners holds her still

SONNET de SHAKESPEARE
THE SONNETS
THE SONNETS – LES SONNETS

Illustration du Phénix par Friedrich Justin Bertuch
*


WILLIAM SHAKESPEARE
[1564 – 1616]

Traduction JACKY LAVAUZELLE




**

SONNET 85
LXXXV

The Sonnets SHAKESPEARE
Les Sonnets de SHAKESPEARE


 

My tongue-tied Muse in manners holds her still
MES PENSÉES MUETTES

 

1598 

**

*

My tongue-tied Muse in manners holds her still,
Ma muse muette sobrement reste calme,
While comments of your praise richly compiled,
Alors que les commentaires de vos riches éloges sont compilés,
Reserve thy Character with golden quill,
Marqués pour toujours par une plume d’or,
And precious phrase by all the Muses filed.
Avec de précieuses phrases façonnées par toutes les muses.

*

I think good thoughts, whilst others write good words,
Je pense de bonnes pensées, quand d’autres écrivent de bons mots,
And like unlettered clerk still cry ‘Amen’
Et comme un clerc illettré, je crie toujours ‘Amen
To every Hymn that able spirit affords,
À chaque hymne qui émane de l’esprit habile,
In polished form of well-refined pen.
Sous la forme parfaite d’une plume ô combien raffinée.

*

Hearing you praised, I say tis so, ’tis true,’
En vous entendant louer, je clame : « c’est ça ! c’est vrai !« 
And to the most of praise add something more;
Et à l’éloge, j’ajoute quelque chose de plus ;
But that is in my thought, whose love to you,
Mais c’est dans ma pensée, où l’amour que j’ai pour vous,

*

Though words come hindmost, holds his rank before.
Malgré les mots qui arrivent encore, tient son rang comme avant.
Then others, for the breath of words respect,
Des autres, respectez le souffle des mots,
Me for my dumb thoughts, speaking in effect.
De moi, appréciez mes pensées muettes qui s’expriment dans les actes.

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SHAKESPEARE SONNET
SONNET LXXXV

LES SONNETS DE SHAKESPEARE THE SONNETS

LA PLUME & SON SUJET- SONNET DE SHAKESPEARE LXXXIV – SONNET 84 – Who is it that says most

SONNET de SHAKESPEARE
THE SONNETS
THE SONNETS – LES SONNETS

Illustration du Phénix par Friedrich Justin Bertuch
*


WILLIAM SHAKESPEARE
[1564 – 1616]

Traduction JACKY LAVAUZELLE




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SONNET 84
LXXXIV

The Sonnets SHAKESPEARE
Les Sonnets de SHAKESPEARE


 

Who is it that says most
LA PLUME ET SON SUJET

 

1598 

**

*

Who is it that says most, which can say more,
Qui est celui qui en dit le plus ? qui peut dire plus
Than this rich praise, that you alone are you,
Que ce riche éloge, que vous seul vous êtes ?
In whose confine immured is the store
Dans quelle cachette se trouve le trésor
Which should example where your equal grew?
Qui montrerait où grandit votre égal ?

*

Lean penury within that Pen doth dwell
La pénurie indigente habite la Plume
That to his subject lends not some small glory;
Qui pour son sujet ne prête la moindre gloire ;
But he that writes of you, if he can tell
Mais celui qui écrit sur vous, s’il peut dire
That you are you, so dignifies his story.
Que vous êtes vous, rend alors digne son histoire.

*

Let him but copy what in you is writ,
Laissez-le, mais qu’il copie qui est écrit en vous,
Not making worse what nature made so clear,
Sans dénaturer ce que la nature a rendu si clair,
And such a counterpart shall fame his wit,
Et une telle copie apportera la renommée à son esprit,

*

Making his style admired every where.
Et son style sera alors admiré partout.
You to your beauteous blessings add a curse,
A vos belles bénédictions, ajoutez-y une malédiction,
Being fond on praise, which makes your praises worse.
Vous, friands de louanges, et vos louanges s’en trouveront dégradées.


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SHAKESPEARE SONNET
SONNET LXXXIV

LES SONNETS DE SHAKESPEARE THE SONNETS

NUL BESOIN DE FARD – SONNET DE SHAKESPEARE LXXXIII – SONNET 83 -I never saw that you did painting need

SONNET de SHAKESPEARE
THE SONNETS
THE SONNETS – LES SONNETS

Illustration du Phénix par Friedrich Justin Bertuch
*


WILLIAM SHAKESPEARE
[1564 – 1616]

Traduction JACKY LAVAUZELLE




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SONNET 83
LXXXIII

The Sonnets SHAKESPEARE
Les Sonnets de SHAKESPEARE


 

NUL BESOIN DE FARD
I never saw that you did painting need

 

1598 

**

*

I never saw that you did painting need,
Je n’ai jamais vu que vous eussiez besoin de fard,
And therefore to your fair no painting set;
Et donc à votre beauté, l’ajout est inutile ;
I found, or thought I found, you did exceed
J’ai trouvé, ou j’ai pensé que vous dépassiez
The barren tender of a Poet’s debt:
L’offre stérile d’une quelconque dette de Poète :

*

And therefore have I slept in your report,
Et donc j’ai dormi en vous évoquant,
That you yourself, being extant, well might show
Afin que vous-même, étant là, puissiez démontrer
How far a modern quill doth come too short,
Jusqu’où une plume moderne est par trop restreinte
Speaking of worth, what worth in you doth grow.
A évoquer la valeur qui en vous fleurit.

*

This silence for my sin you did impute,
Ce silence, en crime vous me l’avez imputé,
Which shall be most my glory being dumb;
Mais ce sera ma plus gloire d’être resté muet ;
For I impair not beauty being mute,
Car je n’altère pas votre beauté dans mon mutisme,

*

When others would give life, and bring a tomb.
Quand d’autres voulant donner la vie ne porte que la tombe.
There lives more life in one of your fair eyes
Il y a plus de vie dans l’un de vos beaux yeux
Than both your Poets can in praise devise.
Que vos deux poètes ne peuvent en faire l’éloge.

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SHAKESPEARE SONNET
SONNET LXXXIII

LES SONNETS DE SHAKESPEARE THE SONNETS

artgitato@yahoo.com