PETIT DISCOURS SUR LA PERFECTION – Jacky Lavauzelle

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JACKY LAVAUZELLE

 

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PETIT DISCOURS
SUR
LA PERFECTION

Notre monde exige la perfection totale, l’excellence absolue, le zéro défaut, même si la machine elle-même ne peut être parfaite.

La perfection nous le savons bien n’est pas supportable.
La perfection c’est l’enfer ! au mieux un TOC, un trouble, une maladie.

S’il ne sert à rien d’être parfait, du moins devons-nous toutefois tendre vers la perfection. « Il vaut mieux viser la perfection et la manquer que viser l’imperfection et l’atteindre. » (Bertrand Russell)
Dans un monde binaire, il vaut mieux regarder vers le haut et lever la tête, quitte à marcher dedans, avec une chance sur deux que ce soit le bon pied.

« Ainsi tu m’apparais, incertaine, inconnue,
Beauté, que je cherchai dès l’aube de mes jours !
L’aube a fui !…. de midi l’heure est presque venue,
Et sans t’atteindre, hélas ! je te cherche toujours.
Je ne t’atteindrai point, montagne inaccessible !
Mais, de loin rayonnant, ton front toujours visible,
Sert de but à ma course, et de phare à mes pas ;
Je ne t’atteindrai point !… Mais ta clarté chérie,
Aura du moins doré l’horizon de ma vie,
Et détourné mes yeux des fanges d’ici-bas ! »
Anonyme — Jean Polonius
À la Perfection idéale

Si l’on veut toucher la perfection, il reste les choses simples, les petites choses de la vie, qui elles sont atteignables.  Là nous pouvons pousser le détail, sans s’en rendre malade. Comme le disait Leonard de Vinci  » I dettagli fanno la perfezione e la perfezione non è un dettaglio » , « le détail fait la perfection et la perfection n’est pas un détail. »

Le bonheur est dans les choses simples.

« J’extrairai le bonheur des plus petites choses,
Des rayons, des reflets qui viennent se poser
Légers comme une abeille au cœur ardent des roses ;
Et j’aurai sur la bouche un rêve de baiser ! »
Albert Lozeau – ILLUSION
Le Miroir des jours 1912
Montréal,  

Voici quelques éléments qui permettent peut-être de prendre la perfection de haut, pour ce qu’elle est, un objectif inatteignable et réellement ambitieux, jamais une réalité.

Nous pouvons commencer par la sphère religieuse. Si les dieux ne peuvent pas être parfaits, cela donne à notre humanité bien des consolations. Nous avons trois religions très intéressantes : celle de la Rome antique, de la Grèce antique et celle de l’hindouisme.

L’épisode de Krishna avec les 999.999 gopis ou bergères est révélateur. Krishna dans l’eau d’un lac va satisfaire ces 999.999 gopis et pas une de plus dans un orgasme démesuré et gigantesque. Le chiffre rond, parfait, reviendrait à l’accomplissement définitif, c’est-à-dire à la mort, et Krishna est un bien bon vivant qui se refuse à cette éventualité. Pour que les choses évoluent, avancent, progressent, il faut garder un espace pour l’évolution, la progression, bref, la vie tout simplement.

Il faut donc écarter d’emblée toutes les ambitions exagérées, inhumaines, et se dire que on peut se donner cette ambition, mais que le résultat est bien illusoire : « ne craignez pas d’atteindre la perfection, vous n’y arriverez jamais. » disait Salvador Dali.

Chez nos héros antique, nous avons tant et tant d’exemples. Prenons Achille, héros troyen et son misérable talon, seule minuscule partie de son corps d’athlète à ne pas être protégée. Diderot dans la Première Encyclopédie (1751- Tome 17) : «  Les poètes ont dit qu’Achille n’était vulnérable qu’au talon. Achille est ici le symbole de tous les hommes extraordinaires. Quelque parfaits qu’ils aient été, quelque effort qu’ils aient fait pour s’élever au-dessus de la condition humaine, il leur est toujours resté un endroit vulnérable & mortel ; & c’est toujours un Pâris, quelque âme vile, basse & lâche qui le découvre. »

La perfection est impossible et si elle se présente face à nous, nous pouvons être vigilant, ce n’est qu’une illusion de la perfection. Les peintres italiens du trecento et du quattrocento ont poussé les artifices du trompe l’oeil pour perdre l’oeil  à son plus haut degré : perspective, bleuissement des fonds, superposition de glacis, effets vaporeux, le sfumato, afin de rajouter du contraste avec le premier plan.
L’art ne sert ici qu’à tromper le regard.

Il ne nous reste que la perfection monétaire… Vu l’état des finances, cette perfection reste bien relative.

L’essentiel est bien d’être conscient de notre état et de travailler à l’améliorer sans cesse, sans aucune honte.
« Il est de la nature des êtres intelligents de sentir leurs imperfections : la nature a donc mis en nous la pudeur, c’est-à-dire la honte de nos imperfections. »
(Montesquieu – De l’Esprit des Lois – Livre XVI – Chapitre XII -De la Pudeur naturelle-Editions Garnier 1777)

N’ayons donc plus honte de nos imperfections !

Jacky Lavauzelle

 

CATULLE XVI CATULLUS – Ad Aurelium et Furium – A AURELIUS ET FURIUS

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CATULLE CATULLUS XVI

litterarumLittérature Latine
Catulle

Poeticam Latinam

Traduction Jacky Lavauzelle

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CATULLE – CATULLUS
84 av J.-C. – 54 av J.-C.

POESIE XVI

Ad  Aurelium et Furium

A AURELIUS ET FURIUS

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Pedicabo ego vos et irrumabo,
Allez-vous faire foutre et bien d’autres choses encore
Aureli pathice et cinaede Furi,
Mauviette d’Aurèlius et Furius la lopette,
qui me ex versiculis meis putastis,
Qui pour donner à mes vers libertins quelques sens,
quod sunt molliculi, parum pudicum.
M’accusez vertement de tant d’indécence.
nam castum esse decet pium poetam
Il est vrai que si chaste doit être le poète
ipsum, versiculos nihil necesse est;
Lui-même, il n’en est pas de même pour ses poèmes ;
qui tum denique habent salem ac leporem,
Ses vers ont du goût et de l’attrait
si sunt molliculi ac parum pudici,
S’ils rompent le cou à la belle éducation,
et quod pruriat incitare possunt,
Et s’ils peuvent provoquer quelques excitations,
non dico pueris, sed his pilosis
Non chez le puceau, mais chez le vieux poilu
qui duros nequeunt movere lumbos.
Qui ne peut plus se donner quelques bons coups de reins.
vos, quod milia multa basiorum
Vous, par mes mille baisers déclamés,
legistis, male me marem putatis?
Vous pensez que je suis une poule mouillée ?
pedicabo ego vos et irrumabo.
Je le dis : allez-vous faire foutre et bien d’autres choses encore.

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Ad Aurelium et Furium

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Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO












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Catulle – Catullus
XVI

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LA CANAILLE & LES DELICATS
par Ferdinand Brunetière
1882

On a voulu faire de Catulle, sans arguments bien solides, un poète aristocratique, un poète du grand monde, comme de sa Lesbie, sur des inductions plutôt que sur des preuves, ce que Brantôme appelait « une grande et honnête dame. » Je persiste à ne pas croire, pour ma part, que Lesbie fût la célèbre Clodia, mais je crois que bon nombre des fréquentations de Catulle furent parmi la bohème littéraire de Rome. Au surplus, la conciliation n’est pas si difficile. Ce que nous savons, en effet, c’est que, lorsque l’adolescent de Vérone arriva de sa province dans la capitale, il y subsistait, sous le raffinement de quelques habitudes, sous l’étalage du luxe et sous l’apparence de la civilisation, un grand fonds d’antique brutalité romaine. Si nous en pouvions douter, nous rapprendrions au moins de certaines épigrammes de Catulle lui-même, plus grossières que mordantes, et dont l’outrageuse crudité passe tout. C’est bien fait à M. Rostand de nous les avoir traduites. On ne peut pas juger d’un poète en commençant par faire exception de toute une partie de son œuvre, qui peut-être est celle que les contemporains en ont presque le plus goûtée. Là où Catulle est bon, il va jusqu’à l’exquis, et c’est bien de lui que l’on peut dire aussi justement que de personne qu’il est alors le mets des délicats ; mais là où il est grossier, il l’est sans mesure, et c’est bien encore de lui que l’on peut dire qu’il est le charme de la canaille. Or, à Rome, en ce temps-là, dans le sens littéraire de l’un et l’autre mot, la canaille et les délicats, c’était presque tout un. On ne distinguait pas encore, selon le mot d’Horace, la plaisanterie spirituelle de l’insolente rusticité. La curiosité de l’intelligence, vivement éveillée, capable de goûter les finesses de l’alexandrinisme, était en avance, pour ainsi dire, sur la rudesse des mœurs et la vulgarité des habitudes mondaines. Quand on grattait ces soupeurs qui savaient apprécier les jolies bagatelles du poète, on retrouvait le paysan du Latium, qui s’égayait, au moment du vin, à faire le mouchoir. La raillerie, comme à la campagne, s’attaquait surtout aux défauts ou disgrâces physiques. Je sais bien que, jusque dans Horace, la grossièreté du vieux temps continuera de s’étaler, mais ce ne sera plus de la même manière naïvement impudente. Au temps de Catulle, la délicatesse n’avait pas encore passé de l’esprit dans les manières. Quand il s’élevait seulement un nuage sur les amours du poète et de sa Lesbie, le docte traducteur de Callimaque s’échappait en injures de corps de garde. Cette société très corrompue ne s’était pas encore assimilé la civilisation grecque. Elle s’essayait à la politesse, elle n’y touchait pas encore. Et sous son élégance toute superficielle, elle manquait étrangement de goût. — Il me paraît que, si l’on examinée quel moment de notre histoire la plupart de ces traits conviennent, on trouvera que c’est au XVIe siècle, dans le temps précis que le contact des mœurs italiennes opérait sur la cour des Valois le même effet qu’à Rome, sur les contemporains de César, le contact des mœurs de la Grèce.

Ferdinand Brunetière
Revue littéraire
À propos d’une traduction de Catulle
Revue des Deux Mondes
Troisième période
Tome 54 –  1882

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YEATS : THE ONLY JEALOUSY OF EMER L’UNIQUE RIVALE D’EMER (IV)

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LE THEÂTRE DE
WILLIAM BUTTLER YEATS

Plays for Dancers
Pièces pour Danseurs


Traduction Jacky Lavauzelle

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WILLIAM BUTTLER YEATS
(1865–1939)

THE ONLY JEALOUSY OF EMER
(IV)

L’Unique Rivale d’Emer
(IV)

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THE ONLY JEALOUSY OF EMER

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Emer
You people of the wind
Vous, peuples du vent,
Are full of lying speech and mockery.
Êtes plein de discours mensongers et de moqueries.
 I have not fled your face.
Je n’ai pas fui devant ton visage.

Figure of Cuchulain
La forme de Cûchulainn
You are not loved.
Il ne t’aime pas.

Emer
And therefore have no dread to meet your eyes
Je n’ai pas à craindre ainsi ses yeux
And to demand him of you.
Et te le demander.

Figure of Cuchulain
La forme de Cûchulainn
For that I have come.
C’est pour cela que je suis venu.
You have but to pay the price and he is free.
Tu n’as qu’à payer le prix et il sera alors libre.

Emer
Do the Sidhe bargain?
Est-ce que les Sidhes négocient de la sorte ?

Figure of Cuchulain
La forme de Cûchulainn
When they set free a captive
Quand ils libèrent un captif
They take in ransom a less valued thing.
Ils exigent en rançon une chose ayant moins de valeur.
The fisher, when some knowledgeable man
Le pêcheur, quand celui-ci, par exemple,
  Restores to him his wife, or son, or daughter,
Retrouve sa femme, son fils ou sa fille,
Knows he must lose a boat or net, or it may be
Sait qu’il perdra un bateau ou un filet, ou peut être
The cow that gives his children milk ; and some
La vache qui donne à ses enfants du lait ; et certains
Have offered their own lives. I do not ask
Donnent jusqu’à leur propre vie. Je ne te demande ni
Your life, or any valuable thing.
Ta vie ni quelque autre chose précieuse.
  You spoke but now of the mere chance that some day
Tu as parlé qu’un jour tu espérais
You’d sit together by the hearth again :
Pouvoir être réunis ensemble sous le même foyer :
Renounce that chance, that miserable hour,
Renonce à ce souhait,
  And he shall live again.
Et il revivra.

 

*




*

Emer
I do not question
Je ne pose pas de questions
But you have brought ill luck on all he loves ;
Mais tu as apporté de la malédiction à tout ce qu’il aime ;
And now, because I am thrown beyond your power
Et maintenant, comme je suis au-delà de ton pouvoir,
Unless your words are lies, you come to bargain.
À moins que tes mots ne soient que des mensonges, tu cherches à négocier.

Figure of Cuchulain
La forme de Cûchulainn
You loved your power when but newly married,
Tu aimais ton pouvoir quand tu étais jeune mariée,
 And I love mine although I am old and withered.
Et j’aime le mien, même si je suis vieux et flétri.
You have but to put yourself into that power
Tu n’as qu’a t’en remettre à ce pouvoir,
And he shall live again.
Et il revivra.

Enter
No, never, never!
Non, jamais, jamais !

Figure of Cuchulain
La forme de Cûchulainn
You dare not be accursed, yet he has dared.
Tu as peur d’être maudite, mais lui a osé.

Enter
I have but two joyous thoughts, two things I prize —
Je n’ai que deux pensées joyeuses, deux choses importantes,
A hope, a memory; and now you claim that hope.
Un espoir, un souvenir ; Et maintenant, tu réclames cet espoir.

 

 

*








*

Figure of Cuchulain
La forme de Cûchulainn
He’ll never sit beside you at the hearth
Il ne sera jamais assis à côté de toi dans ton foyer
Or make old bones, but die of wounds and toil
Ni ne reposera ses vieux os, mais il mourra de blessures et de fatigue
On some far shore or mountain, a strange woman
Sur une lointaine rive ou sur une montagne, une femme étrangère
Beside his mattress.
A côté de lui.

Emer
You ask for my one hope
Tu me demandes mon seul espoir
That you may bring your curse on all about him.
Et que tu apportes ta malédiction tout autour de lui.

Figure of Cuchulain
La forme de Cûchulainn
You’ve watched his loves and you  have not been jealous
Tu as été témoin de ses amours sans être jalouse
 Knowing that he would tire, but do those tire
Sachant qu’il se fatiguerait, mais qui se fatigue
That love the Sidhe?
De l’amour des Sidhes ?

Emer
What dancer of the Sidhe,
Quelle danseuse des Sidhes,
What creature of the reeling moon has pursued him ?
Quelle créature de la lune l’a poursuivi ?

Figure of Cuchulain
I have but to touch your eyes and give them sight;
Je n’ai qu’à toucher tes yeux et leur donner la vue ;
 But stand at my left side.
Mais reste sur mon côté gauche.

He touches her eyes with his left hand, the right being
withered.
Il touche ses yeux avec sa main gauche, le droit étant
flétri.

Emer
My husband there.
Mon mari là-bas !

Figure of Cuchulain
La forme de Cûchulainn
But out of reach — I have dissolved the dark.
Mais hors de portée – j’ai dissous l’obscurité.
That hid him from your eyes, but not that other
Qui le cachait à tes yeux, mais pas celle
That’s hidden you from his.
Qui te cache à lui.

 

*




*

Emer
Husband, husband!
Mon mari, mon mari !

Figure of Cuchulain
La forme de Cûchulainn
Be silent, he is but a phantom now,
Silence ! Ce n’est plus qu’un fantôme maintenant,
 
And he can neither touch, nor hear, nor see.
Qui ne peut ni toucher, ni entendre, ni voir.
The longing and the cries have drawn him hither.
Le désir et les cris l’ont attiré ici.
He heard no sound, heard no articulate sound ;
Il n’entend aucun son ni parole ;
They could but banish rest, and make him dream,
Tu n’as pu que le bannir de son repos et le faire rêver,
 And in that dream, as do all dreaming shades
Et dans ce rêve, comme toutes les esquisses de rêves
Before they are accustomed to their freedom,
Gênées par leur liberté,
 He has taken his familiar form, and yet
Il a pris sa forme familière, et pourtant
He crouches there not knowing where he is
Il s’accroche là-bas sans savoir où il est
Or at whose side he is crouched.
Ni à côté de qui il est agenouillé.

A Woman of the Sidhe has entered, and stands a little
inside the door
Une femme des Sidhes est entrée, et se tient tout à côté de la porte

 

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Emer
Who is this woman?
Qui est cette femme ?

Figure of Cuchulain
La forme de Cûchulainn
She has hurried from the Country-Under-Wave,
Elle est arrivée précipitamment du Royaume des Grands Fonds,
And dreamed herself into that shape that he
Et s’est appropriée cette forme pour
May glitter in her basket ; for the Sidhe
Pouvoir étinceler dans son panier ; les Sidhes
Are fishers also and they fish for men
Sont des pêcheurs aussi et elles pêchent des hommes
With dreams upon the hook.
Avec des rêves sur son crochet.

Emer
And so that woman
Et  cette femme donc
Has hid herself in this disguise and made
Se cache sous un déguisement
Herself into a lie.
Elle est dans le mensonge.

Figure of Cuchulain
La forme de Cûchulainn
A dream is body;
Le rêve prend vie ;
The dead move ever towards a dreamless youth
Les morts se meuvent vers une jeunesse sans rêve
And when they dream no more return no more ;
Et quand ils ne rêvent plus, il n’y a plus de retour possible ;
And those more holy shades that never lived
Tout comme ces saintes ombres qui n’ont jamais vécues
But visit you in dreams.
Mais qui vous rendent visite dans vos rêves.

Emer
I know her sort.
Je connais ces femmes.
They find our men asleep, weary with war,
Elles trouvent nos hommes endormis, fatigués par la guerre,
Or weary with the chase, and kiss their lips
Ou fatigués par la chasse, et embrassent leurs lèvres
And drop their hair upon them. From that hour
Et déposent leurs cheveux sur eux. À partir de cette heure
Our men, who yet knew nothing of it all,
Nos hommes, qui ne savaient rien de ces sentiments,
Are lonely, and when at fall of night we press
Se sentent solitaires, et quand, à l’automne, nous pressons
Their hearts upon our hearts their hearts are cold.
Leurs cœurs sur nos cœurs, leur cœur est devenu froid.

She draws a knife from her girdle.
Elle tire un couteau de sa ceinture.

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Poetry of Yeats La Poésie de Yeats William_Butler_Yeats_by_John_Singer_Sargent_1908

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WILLIAM BUTTLER YEATS
THE ONLY JEALOUSY OF EMER
(IV)

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LA POESIE DE YEATS

PEIRE GODOLIN QUATREN QUATRAIN Poème occitan du XVIIe siècle

PEIRE GODOLIN
LITTERATURE OCCITANE

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PEIRE GODOLIN
Pierre Goudouli
Pierre Goudelin

[1580 Toulouse – 1649 Toulouse]


Traduction JACKY LAVAUZELLE

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Poème occitan




QUATREN QUATRAIN

Jos le nom de Liris ieu canti ma Drolleta
Je chante ma belle sous le nom de Liris
Que pareis sur las flores del  partèrra Mondin
Qui illumine les fleurs du jardin Toulousain
Coma le Liri blanc que sòrt de s’esplandir
Comme le Lys blanc qui s’ouvre aux premiers rayons
Manja sopas sul cap a la Mamòi neneta.
A manger la soupe sur la tête de la fragile Violette.

 




 




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PEIRE GODOLIN

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NOTICES HISTORIQUES
SUR
PIERRE GODOLIN

Pierre de Godolin naquit à Toulouse l’an 1579, dans la maison de la rue Pargaminières, contiguë au coin de celle de Notre-Dame-du-Sac ; élevé au collège des Jésuites, il y étudia les belles-lettres, et se fit remarquer par la vivacité de son esprit, par l’élégance des compositions, et la facilité avec laquelle il était parvenu à placer dans sa mémoire la majeure partie des œuvres de Virgile ; i étudia, hélas ! bien à contre cœur, mais enfin, il étudia jusqu’au bout la jurisprudence, prit la licence, et se fit recevoir avocat au parlement. Arrivé là, les épines que Thémis présente à ses favoris, ne purent convenir à une âme passionnée qui aimait à se perdre dans les rêves de son imagination ; il crut avoir assez montré de courage. Les muses vinrent le prendre, et le bon Godolin s’abandonna à leur aimable séduction. Contemporain du Tasse, il ne suivit pas seulement, comme ce célèbre poète, le penchant de son génie, mais comme lui, il chercha une route nouvelle. La langue d’oc était tombée avec le pouvoir des comtes de Toulouse ; le patois de nos provinces, n’étant plus soutenu ni par la majorité de la nation, ni par l’imprimerie, était devenu le partage du peuple, et cette langue si douce, si harmonieuse, véritable fille de celle que les troubadours avaient parlée, semblait être délaissée pour employer la langue générale du pays. Mais Godolin, qui connaissait les trésors de la linguistique qu’elle renfermait, avant de la laisser se perdre, voulut en sauver les débris ; il la préféra donc à la langue française, qui, froide, sèche et sans charmes, sortait à peine de la grossièreté de son premier âge ; car, suspendue encore aux mamelles de l’antiquité, elle n’était guère alors que du grec ou du latin, traduit en français ; il refusa de jeter ses gracieuses créations dans le moule grec ou romain. Il fallait à son génie un nouvel horizon. Sous la plume de notre compatriote, cette langue parut étincelante de nouvelles beautés ; elle se prêta à tous les tons et devint tour à tour grave, moelleuse, fière ou mélancolique ; son génie lui fit surmonter les difficultés qu’entraîne un dialecte peu usité, et les cordes de sa lyre furent assez dociles pour chanter, avec un talent varié, le ciel, les grands, les bergères et ses amis. Toujours élégant, il a employé avec adresse les fictions et les métaphores les pus ingénieuses. Imitateur heureux de Pindare, d’Horace et d’Anacréon, ses odes sont élevées d’un style noble et soutenu ; ses idylles respirent  la molle délicatesse, la grâce et l’abandon ; ses chansons sont enjouées, élégantes et faciles, et a mélopée, sou ses doigts, se transforme, se module et se ploie à toutes les inspirations, à toutes ses fantaisies. Enfin, tantôt enjoué, tantôt badin, mais toujours énergique, il surprend par la noblesse de ses expressions, dans une langue condamnée à ramper parmi le vulgaire.




Œuvres Complètes de Pierre Godolin
Notes historiques et littéraires par J.-M. Cayla et Paul Cléobule
Editeur Delboy à Toulouse en 1843

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PEIRE GODOLIN

L’ART DE LA GUERRE 孙子兵法 DE SUN TZU 孫子 Traduction Chapitre Premier Le Diagnostic

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 孫子




SUN TZU
孙武
SUN WU
544–496 av. J.-C.




 TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

 孙子兵法
L’ART DE LA GUERRE

CHAPITRE I




始計第一
LE DIAGNOSTIC

***

孫子曰:
Sun Tzu dit :
兵者,國之大事,死生之地,存亡之道,不可不察也。
Bīng zhě, guó zhī dà shì, sǐ shēng zhī dì, cún wáng zhī dào, bù kě bù chá yě.
la guerre est une affaire de la plus haute importance pour l’État, il ne s’agit rien d’autre que de sa mort et de sa survie, il faut donc être extrêmement prudent.
故經之以五(事),校之以計,而索其情:
Gù jīng zhī yǐ wǔ (shì), xiào zhī yǐ jì, ér suǒ qí qíng:
Sur ce sujet, cinq domaines sont à prendre en compte avant toute chose :
一曰道,二曰天,三曰地,四曰將,五曰法。
Yī yuē dào, èr yuē tiān, sān yuē de, sì yuē jiāng, wǔ yuē fǎ.
le premier : la voie à suivre, le second : le temps, le troisième : l’espace, le quatrième  : l’autorité et la cinquième : la méthode.

道者,令民與上同意,可與之死,可與之生,而不畏危也。
Dào zhě, lìng mín yǔ shàng tóngyì, kě yǔ zhī sǐ, kě yǔ zhī shēng, ér bù wèi wēi yě.
La voie permet d’unifier le peuple, de cimenter une communauté autour de la vie et de la mort, sans la crainte du danger.
天者,陰陽、寒暑、時制也。
Tiān zhě, yīnyáng, hánshǔ, shízhì yě.
Le temps, c’est le yin et le yang, le froid et la chaleur, les grands principes du système aussi.
地者,高下、遠近、險易、廣狹、死生也。
De zhě, gāo xià, yuǎnjìn, xiǎn yì, guǎng xiá, sǐshēng yě.
L’espace, c’est la distance, la hauteur, le positionnement, la suprématie territoriale, c’est la vie et la mort aussi.
將者,智、信、仁、勇、嚴也。
Jiàng zhě, zhì, xìn, rén, yǒng, yán yě.
L’autorité, c’est la sagesse et la confiance, la bienveillance, le courage et la rigueur aussi.
法者,曲制、官道、主用也。
Fǎ zhě, qū zhì, guān dào, zhǔ yòng yě.
La méthode, c’est la préparation, la connaissance, la hauteur de vue aussi.
凡此五者,將莫不聞,知之者勝,不知者不勝。
Fán cǐ wǔ zhě, jiāng mò bù wén, zhī zhī zhě shèng, bù zhì zhě bù shèng.
Suivez ces cinq principes fondamentaux, la victoire s’ensuivra, égarez-vous, vous irez vers de graves déconvenues.
故校之以計,而索其情,曰:
gù xiào zhī yǐ jì, ér suǒ qí qíng, yuē:
Par conséquent, suivez celui qui correspond à ces principes en vous posant les questions suivantes :
主孰有道?
Zhǔ shú yǒu dào?
Quel est le seigneur qui suit le plus cette voie ?
將孰有能?
Jiāng shú yǒu néng?
Qui a le plus de volonté pour y arriver ?
天地孰得?
Tiāndì shú dé?
Qui est le plus prompt et avisé dans ses décisions ?








法令孰行?
Fǎlìng shú xíng?
Qui a le plus de méthode ?
兵眾孰強?
Bīng zhòng shú qiáng?
Qui a les meilleurs soldats ?
士卒孰練?
Shìzú shú liàn?
Comment se comporte-t-il avec ses soldats ?
賞罰孰明?
Shǎngfá shú míng?
Quelles sont ses forces et ses faiblesses ?




吾以此知勝負矣。
Wú yǐ cǐ zhī shèngfù yǐ.
Avec les réponses, vous prendrez la bonne décision.

將聽吾計,用之必勝,留之;
Jiāng tīng wú jì, yòng zhī bì shèng, liú zhī;
Prendre le temps d’écouter, c’est ouvrir le chemin de la victoire ;
將不聽吾計,用之必敗,去之。
jiāng bù tīng wú jì, yòng zhī bì bài, qù zhī.
Ne pas écouter, c’est aller droit vers la déroute.
計利以聽,乃為之勢,以佐其外。
Jì lì yǐ tīng, nǎi wéi zhī shì, yǐ zuǒ qí wài.
Analysez le terrain et le contexte.
勢者,因利而制權也。
Shì zhě, yīn lì ér zhì quán yě.
Connaissez vos points forts et vos points faibles et ceux de vos ennemis.
 兵者,詭道也。
Bīng zhě, guǐ dào yě.
Afin de bien conduire vos soldats, agissez dans cette voie.
故能而示之不能,用而示之不用,近而示之遠,遠而示之近。
Gù néng ér shì zhī bùnéng, yòng ér shì zhī bùyòng, jìn ér shì zhī yuǎn, yuǎn ér shì zhī jìn.
Sachez dissimuler, utilisez des leurres, montrez des fausses faiblesses, provoquez-le où vous souhaitez qu’il s’engage.




利而誘之,亂而取之,實而備之,強而避之,怒而撓之,卑而驕之,佚而勞之,親而離之。
Lì ér yòu zhī, luàn ér qǔ zhī, shí ér bèi zhī, qiáng ér bì zhī, nù ér náo zhī, bēi ér jiāo zhī, yì ér láo zhī, qīn ér lí zhī.
Apportez le chaos chez l’ennemi, épuisez-le, renforcez vos alliances, peaufinez votre préparation, restez toujours actif.
攻其無備,出其不意。
Gōng qí wú bèi, chūqíbùyì.
Attaquez par surprise votre ennemi qui se prépare, divisez-le.
此兵家之勝,不可先傳也。
Cǐ bīngjiā zhī shèng, bùkě xiān chuán yě.
Tout cela facilitera votre victoire militaire, prenez garde de bien respecter ces règles.

夫未戰而廟算勝者,得算多也;
Fū wèi zhàn ér miào suàn shèngzhě, dé suàn duō yě;
Avant le combat, retrouvez-vous au temple, et concentrez votre pensée ;
未戰而廟算不勝者,得算少也。
 wèi zhàn ér miào suàn bù shèng zhě, dé suàn shǎo yě.
Partagez vos avis nés dans le temple, qui considèrent l’état des forces en présence.
多算勝,少算不勝,而況於無算乎?
Duō suàn shèng, shǎo suàn bù shèng, érkuàng yú wú suàn hū?
Réalisez de nombreux plans, éloignez la facilité ; sinon quelle serait votre chance de l’emporter ?
吾以此觀之,勝負見矣。
Wú yǐ cǐ guān zhī, shèngfù jiàn yǐ.
Dans cette perspective, le résultat attendu sera grandement facilité.

********

VOCABULAIRE




Bīng – militaire
國之 guó zhī – le pays – l’état
Sǐ – la mort
Dào – la voie – la route
Tiān  – le jour, le temps
– De – le sol – l’espace
– Jiāng – la volonté – l’autorité
方法 -Fāng fǎ- la méthode
Shǎng – récompense
– fá – punition

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L’ART DE LA GUERRE

LUIS DE CAMOES OS LUSIADAS III-61 LES LUSIADES

*Luís de Camões Os Lusiadas Les Lusiades
OS LUSIADAS III-61 LES LUSIADES III-61
LITTERATURE PORTUGAISE

Luis de Camoes Oeuvres obras Artgitato

literatura português

Luis de Camões
[1525-1580]

Tradução – Traduction
texto bilingue

Luis de Camoes Les Lusiades

 

Obra Poética

(1556)

LES LUSIADES III-61

OS LUSIADAS III-61

A Epopeia Portuguesa

 

CHANT III
Canto Terceiro

Traduction Jacky Lavauzelle

verso 61
Strophe 61

III-61

Image illustrative de l'article Vasco de Gama

Vasco de Gama

Vasco da Gama signature almirante.svg

 

******

Luís de Camões Os Lusiadas
OS LUSIADAS III-61
LES LUSIADES III-61

 *****

Précisions historiques

Camoes a évoqué du verset 42 au verset 54 la bataille d’Ourique qui sera gagné par le premier roi de Portugal sous le nom d’Alphonse Ier – Alfonso I – Afonso Henriques (1109 Guimarães /Viseu-1185  Coimbra) –
Alfonso sera couronné roi de Portugal en 1139 après la bataille d’Ourique.
Dans le sonnet, Camoes évoque la séquence suivante à partir de la bataille de Leiria. Cette bataille n’a pas la même portée symbolique d’Ourique qui méritait une dizaine de sonnets, il s’agissait de la Grande Victoire, grão vitória. Nous nous trouvons à 7 kilomètres du Campo de Ourique. Nous sommes ici à la limite entre le nouveau royaume et les possessions des musulmans Almohades. D’où les premiers vers de Camoes sur la conquête récente de la ville par les Mahométans. Paio Guterres da Cunha, un noble portugais, se fera remarquer à plusieurs reprises dans la défense du château de Leiria Nous le retrouverons aussi dans le siège par les maures de Lisbonne.
Les autres villes citées dans le sonnet 55 sont Arronches, petite ville de l’Alentejo, située à proximité de l’actuelle frontière avec l’Espagne et Scabelicastro – nommée Scalabis par les Romains, puis Shantarin par les Maures – s’appelle aujourd’hui Santarém et se trouve au nord de Lisbonne, dans le Ribatejo.
Sonnet 56, Alphonse Ier continue ses conquêtes avec Sintra et Mafra situées à une vingtaine de kilomètres au nord de Lisbonne. Sintra tombe en 1147. Les Monts de Sintra sont nommés les Montagnes de la Lune, serras da Lua ; lien fait entre Sintra et Cynthie. Cynthie est associée à Diane, la déesse de la Lune (Première Encyclopédie – Diderot – 1751 – Tome 4 : CYNTHIUS & CYNTHIA, surnoms d’Apollon & de Diane, ainsi appelés du mont Cynthie situé au milieu de l’île de Délos où ils avoient pris naissance.)
Sonnet 57, voici la ville de Lisbonne et des références à sa fondation par Ulysse. Dans la Première Encyclopédie, en 1765 (Tome 11), Louis de Jaucourt souligne à la définition Olysippo : « c’est ainsi que plusieurs auteurs écrivent le nom d’une ville très-ancienne, située à l’embouchure du Tage, & qui est aujourd’hui Lisbonne. Elle est si ancienne, que Solin a cru qu’elle avoit été fondée par Ulysse ; & Strabon même ne juge pas impossible qu’Ulysse ait été en Espagne. Dans le passage de Solin on lit : Ibi oppidum Olysipone Ulyxi conditum. Solin met ici un ablatif pour un nominatif ; car, selon l’usage de son tems, les noms de ville se mettoient à l’ablatif, & étoient regardés comme indéclinables. Ainsi Vopiscus dans la vie d’Aurelien dit, Copto & Plotemaïde urbes cepit. Dans Antonin, les noms sont de même à l’ablatif, tandis que chez les Grecs ils sont au génitif. » »
La Dardanie d’Asie Mineure est dans l’actuelle Anatolie du nord-ouest. Les Dardaniens et les Troyens sont ici confondus.
Les troupes qui viennent des régions boréales sont les troupes croisées des régions nordiques venues à la rescousse d’Alphonse Ier.
Sonnet 58 : 1147- Siège de Lisbonne -O Cerco de Lisboa –  précisions sur les troupes venues en renfort du nord de l’Europe, notamment la Germanie et la Grande-Bretagne actuelle, « la froide Bretagne« .
Sonnet 59 : 1147 – Siège de Lisbonne – précisions sur la durée du siège avec les indications lunaires – Le siège a duré presque cinq mois du 1er juillet au 25 octobre 1147.
Sonnet 60 – Lisbonne est libérée – Rappel de la résistance de cette courageuse cité. Nous parlons ici des guerriers Scythes. « On donna anciennement le nom de Scythes à tous les peuples du septentrion, principalement à ceux du septentrion de l’Asie ; car quoique plusieurs auteurs marquent des Scythes en Europe, & que Pline les donne pour des peuples limitrophes du Pont, conjointement avec les Dardaniens, les Triballiens, les Mœsiens & les Thraces ; ces Scythes sont plus souvent appelés Getes ou Sarmates, quand on veut les prendre dans un sens plus étendu. Presque toujours par le nom de Scythes, on entend des peuples Asiatiques. Aussi Pomponius Mela, lib. III. c. iv. après avoir dit que la Sarmatie était limitrophe de la Germanie, dont elle était séparée par la Vistule, ajoute, chap. v. que les confins de l’Asie se prennent à la Sarmatie, si ce n’est dans les pays perpétuellement couverts de neige, & où il faisait un froid insupportable ; pays qui étaient habités par les Scythes. » (Louis de Jaucourt & Diderot -L’Encyclopédie, Première Edition de 1751 Tome 14)
Le Bætis, ou Betis est le Guadalquivir d’aujourd’hui et représente, par extension, la province de l’Andalousie. Le texte suggère un rapprochement entre le nom Andalousie et Vandalie. C’est la thèse d’André de Resende, restaurateur des études classiques du Portugal.
Sonnet 61 – Nous restons dans la même séquence de la conquête d’Alphonse avec l’aide des troupes étrangères du nord de l’Europe. Après Lisbonne, les autres villes de l’Estrémadure, au nord de Lisbonne, moins protégées, ne pouvaient que succomber :
Óbidos (District de Leiria), Alenquer (District de Lisbonne) et Torres Vedras (District de Lisbonne).

Jacky Lavauzelle
Camoes Les Lusiades

****

Le siège de Lisbonne
O Cerco de Lisboa

Alfredo Roque Gameiro
1917

******

« Que cidade tão forte por ventura
« Quelle ville, si forte fût-elle,
 
Haverá que resista, se Lisboa
Pouvait donc résister, si Lisbonne elle-même
Não pôde resistir à força dura
N’avait  pu tenir tête à la force guerrière
Da gente, cuja fama tanto voa?
De ces hommes dont la renommée n’était plus à faire ?
Já lhe obedece toda a Estremadura,
Voici que déjà tombent l’Estrémadure :
 Óbidos, Alenquer, por onde soa
Óbidos, Alenquer, où l’on entend les symphonies
O tom das frescas águas, entre as pedras,
Des fraîches eaux sur les rochers,
Que murmurando lava, e Torres Vedras.
Qu’elles lavent dans un chuchotement, et Torres Vedras.

*******

Vasco de Gama par Gregorio Lopes

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Luís Vaz de Camões Os Lusiadas Les Lusiades
OS LUSIADAS III-61 CAMOES LUSIADES III-61
Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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White_Fawn_Drawing Faon Diane

LUIS DE CAMOES OS LUSIADAS LES LUSIADES

CATULLE CATULLUS XV Ad Aurelium A AURELIUS

*

CATULLE CATULLUS XV

litterarumLittérature Latine
Catulle

Poeticam Latinam

Traduction Jacky Lavauzelle

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CATULLE – CATULLUS
84 av J.-C. – 54 av J.-C.

POESIE XV

Ad Aurelium

A AURELIUS

***

Commendo tibi me ac meos amores,
Je te confie mes amours en Juventius,
 Aureli. veniam peto pudentem,
Aurélius. Je te demande seulement une faveur ;
ut, si quicquam animo tuo cupisti,
Si ton âme veux conquérir
quod castum expeteres et integellum,
Le pur et le vrai,
conserves puerum mihi pudice,
Qu’elle se garde modestement de mon enfant ;
non dico a populo—nihil veremur
Je ne dis pas les gens, nullement je ne crains
istos, qui in platea modo huc modo illuc
Ceux-ci, qui dans la rue, cherchent tantôt ici, tantôt là,
 
in re praetereunt sua occupati—
Tout occupés à leurs affaires-
verum a te metuo tuoque pene
Ce que je crains, c’est ton pénis
infesto pueris bonis malisque.
A la recherche d’enfants bons ou mauvais.
quem tu qua lubet, ut lubet moveto
Qu’il aille où il veut, comme il lui plaît,

quantum vis, ubi erit foris paratum:
Tant qu’il veut, quand il sera prêt pour les plaisirs extérieurs :
hunc unum excipio, ut puto, pudenter.
Je te fais cette simple demande :
quod si te mala mens furorque vecors
Si de mauvaises pensées et une insensée
in tantam impulerit, sceleste, culpam,
Pulsion te pousse, scélérat, à la faute,
ut nostrum insidiis caput lacessas.
Jusqu’à me trahir,
a tum te miserum malique fati!
Dans ce cas, que tu sois damné et misérable !
quem attractis pedibus patente porta
Avec les pieds attaché à la porte
percurrent raphanique mugilesque.
Tu seras traversé par les radis et les muges.  

*****

*************

Ad Aurelium

**********************
Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO












**********************
Catulle – Catullus
XV

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LA CANAILLE & LES DELICATS
par Ferdinand Brunetière
1882

On a voulu faire de Catulle, sans arguments bien solides, un poète aristocratique, un poète du grand monde, comme de sa Lesbie, sur des inductions plutôt que sur des preuves, ce que Brantôme appelait « une grande et honnête dame. » Je persiste à ne pas croire, pour ma part, que Lesbie fût la célèbre Clodia, mais je crois que bon nombre des fréquentations de Catulle furent parmi la bohème littéraire de Rome. Au surplus, la conciliation n’est pas si difficile. Ce que nous savons, en effet, c’est que, lorsque l’adolescent de Vérone arriva de sa province dans la capitale, il y subsistait, sous le raffinement de quelques habitudes, sous l’étalage du luxe et sous l’apparence de la civilisation, un grand fonds d’antique brutalité romaine. Si nous en pouvions douter, nous rapprendrions au moins de certaines épigrammes de Catulle lui-même, plus grossières que mordantes, et dont l’outrageuse crudité passe tout. C’est bien fait à M. Rostand de nous les avoir traduites. On ne peut pas juger d’un poète en commençant par faire exception de toute une partie de son œuvre, qui peut-être est celle que les contemporains en ont presque le plus goûtée. Là où Catulle est bon, il va jusqu’à l’exquis, et c’est bien de lui que l’on peut dire aussi justement que de personne qu’il est alors le mets des délicats ; mais là où il est grossier, il l’est sans mesure, et c’est bien encore de lui que l’on peut dire qu’il est le charme de la canaille. Or, à Rome, en ce temps-là, dans le sens littéraire de l’un et l’autre mot, la canaille et les délicats, c’était presque tout un. On ne distinguait pas encore, selon le mot d’Horace, la plaisanterie spirituelle de l’insolente rusticité. La curiosité de l’intelligence, vivement éveillée, capable de goûter les finesses de l’alexandrinisme, était en avance, pour ainsi dire, sur la rudesse des mœurs et la vulgarité des habitudes mondaines. Quand on grattait ces soupeurs qui savaient apprécier les jolies bagatelles du poète, on retrouvait le paysan du Latium, qui s’égayait, au moment du vin, à faire le mouchoir. La raillerie, comme à la campagne, s’attaquait surtout aux défauts ou disgrâces physiques. Je sais bien que, jusque dans Horace, la grossièreté du vieux temps continuera de s’étaler, mais ce ne sera plus de la même manière naïvement impudente. Au temps de Catulle, la délicatesse n’avait pas encore passé de l’esprit dans les manières. Quand il s’élevait seulement un nuage sur les amours du poète et de sa Lesbie, le docte traducteur de Callimaque s’échappait en injures de corps de garde. Cette société très corrompue ne s’était pas encore assimilé la civilisation grecque. Elle s’essayait à la politesse, elle n’y touchait pas encore. Et sous son élégance toute superficielle, elle manquait étrangement de goût. — Il me paraît que, si l’on examinée quel moment de notre histoire la plupart de ces traits conviennent, on trouvera que c’est au XVIe siècle, dans le temps précis que le contact des mœurs italiennes opérait sur la cour des Valois le même effet qu’à Rome, sur les contemporains de César, le contact des mœurs de la Grèce.

Ferdinand Brunetière
Revue littéraire
À propos d’une traduction de Catulle
Revue des Deux Mondes
Troisième période
Tome 54 –  1882

***********************

SONNET SHAKESPEARE 29 When in disgrace with fortune and men’s eyes

LES SONNETS DE SHAKESPEARE THE SONNETS
THE SONNETS – LES SONNETS

Illustration du Phénix par Friedrich Justin Bertuch
*


WILLIAM SHAKESPEARE
[1564 – 1616]

Traduction JACKY LAVAUZELLE

**

SONNET 29

The Sonnets SHAKESPEARE
Les Sonnets de SHAKESPEARE
When in disgrace with fortune
and men’s eyes

Mon malheur avec la fortune
et dans les yeux des hommes

1598 

**

*

When in disgrace with fortune and men’s eyes
Quand, dans mon malheur avec la fortune et dans les yeux des hommes,
 I all alone beweep my outcast state,
Je suis seul face à mon désarroi,
And trouble deaf heaven with my bootless cries,
Et que je trouble le ciel sourd avec mes cris absurdes,
 And look upon myself, and curse my fate,
Et quand je me vois et que je maudis ma destinée,

*







*

Wishing me like to one more rich in hope,
Quand je jalouse des sorts plus engageants,
Featur’d like him, like him with friends possess’d,
Des traits plus enviables, des amis enjoués,
 Desiring this man’s art, and that man’s scope,
Je désire leurs aisances et leurs rayonnements,
With what I most enjoy contented least;
Avec ce que je possède sans en jouir vraiment ;

*

Yet in these thoughts my self almost despising,
Pourtant, par ces pensées, je me méprise,
Haply I think on thee,—and then my state,
Et là, parfois, je pense à toi, et mon état,
Like to the lark at break of day arising
Telle l’alouette à l’aube

*






*

From sullen earth, sings hymns at heaven’s gate;
Sur une morne terre, chante des hymnes à la porte du ciel ;
For thy sweet love remember’d such wealth brings
Car ton délicieux amour m’apporte tant d’abondances
That then I scorn to change my state with Kings.
Que ne souhaite changer ma place avec celles des rois.

 

*****************

SHAKESPEARE SONNET 29

LES SONNETS DE SHAKESPEARE THE SONNETS

Sri Mahamariamman Temple Kuala Lumpur 马里安曼兴都庙

L’entrée du plus vieux temple hindou de Kuala Lumpur situé dans le Centre de la vieille ville, Jalan Tun H S Lee.

Malaysia
Voyage en Malaisie
PHOTO JACKY LAVAUZELLE

 




 

 

Sri Mahamariamman Temple

 Visiter Kuala Lumpur
Meneroka kota Kuala Lumpur
Melawat Kuala Lumpur
吉隆坡
Куала-Лумпур

 Fondé par Thambusamy Pillai
1873 

****








Sri Mahamariamman Temple
ஸ்ரீ மகாமாரியம்மன் திருக்கோவில்
கோலா லம்பூர்
马里安曼兴都庙

**

Ganesha, le protecteur du foyer, le seigneur des catégories, appelé aussi Ganapati dans le sud de l’Inde
« Nous voyons les autels des dieux moindres avant de pénétrer dans le saint des saints. C’est d’abord l’idole-Éléphant au fond d’un réduit noirâtre. Elle est noire elle-même avec sa trompe, et des obscénités s’entrelacent autour d’elle en nimbe infâme. Heureusement qu’il faut être familier avec les symboles hindous pour comprendre. Et pourtant il ne s’agit que du dieu de la sagesse, le bon Ganesh ! …

…Les Européennes qui nous accompagnent s’étonnent, leurs robes, tirées par les doigts précautionneux afin d’éviter les salissures. Elles ne voient que des courbes dans les ténébreuses lueurs. Les autres autels sont distants, enfoncés dans des sanctuaires qu’un pied d’Européen contaminerait à jamais. Moi, je devine là-bas Krisna et Rada enlacés, dans l’ombre abjecte…  »
Jules Bois
Visions de l’Inde
Chapitre I
La Cité aux nuits terribles
Société d’Editions Littéraires et Artistiques 1903

« Quelques prêtres hindous viennent prier quotidiennement devant le Dieu Ganesh, qui est respectueusement placé à l’entrée de l’escalier. Il a la tête d’un éléphant et le corps d’un homme, il est peint d’un rouge écarlate et couvert de parures de fleurs blanches très odorantes. Les Hindous le considèrent comme leur porte-bonheur. Ils le placent généralement au-dessus de la porte d’entrée, persuadés qu’ils seront protégés contre toutes les méchancetés et qu’il leur fera prévoir tout ce qui peut leur arriver dans l’avenir.  »
Anita Delgado
Notre Visite au Palais
Impressions de mes voyages aux Indes
Sturgis & Walton company – 1915

Les sept chevaux conduit par Aruna ou Arun, la Rose ou l’Aurore, sur le char de Surya

« 11. Enfin Aruṇa et d’autres solitaires, les plus nobles parmi les Rǐchis des Dêvas, des Brâhmanes et des rois : à la vue de tant de personnages, chefs de nombreuses familles de Rǐchis, le roi se prosterna devant eux et toucha la terre de son front. »
Le Bhâgavata Purâna, ou Histoire poétique de Krichna
Traduction par Eugène Burnouf .
Chapitre XIX – ARRIVÉE DE ÇUKA
Imprimerie royale, 1840 -tome 1

« Sûryâ fit cabrer les sept Cavales rousses,
Rétives sous le mors, au zénith enflammé ;
Et l’Aurore arrêta dans le ciel parfumé
Les Vaches du matin, patientes et douces »
Leconte de Lisle
La Vision de Brahma – Poèmes antiques
Alphonse Lemerre, éditeur, s.d.
après 1886 ou 1891

Le joyeux Nandi avec un corps d’homme et une tête de taureau.
Le fabuleux Garuda गरुड ,homme-oiseau, fils de Kashyapa et de Vinatâ.
Le « sombre » dieu Krishna   कृष्ण, bleu-noir, huitième avatar (incarnation) de Vishnou

Le dieu créateur en rouge sur la gauche : Brahmā  ब्रह्मा
Dieu à quatre têtes et quatre bras
Une tête pour chacun des quatre Veda
Une tête représente le Manas मनस् = l’esprit
Une autre le Buddhi  बुद्धि = l’intellect
Une troisième l’Ahaṃkāra  अहंकार = l’égo
la dernière la Chitta चित्त = le cœur la conscience

« Tandis qu’enveloppé des ténèbres premières,
Brahma cherchait en soi l’origine et la fin,
La Mâyâ le couvrit de son réseau divin,
Et son cœur sombre et froid se fondit en lumières.

Mais Brahma, dès qu’il vit l’Être-principe en face,
Sentit comme une force irrésistible en lui,
Et la concavité de son crâne ébloui
Reculer, se distendre, et contenir l’espace.

Un vaste étonnement surgit ainsi de tout
Quand Brahma se fut tu dans l’espace suprême :
Le Géant affamé, le Destructeur lui-même,
Interrompit son œuvre et se dressa debout. »

Leconte de Lisle
La Vision de Brahma -Poèmes antiques
Alphonse Lemerre, éditeur, s.d.
après 1886 ou 1891

La déesse MāriMariamman
La Mère Mari
மாரியம்மன்
Déesse-mère
Déesse de la pluie, de la fertilité et des maladies

Durga  दुर्गा
Assise sur son lion qui symbolise le courage et munie d’un trident
Est associée à Mariamman la déesse de la fertilité-
La déesse Māri –  மாரி

 

« — Va, répondit Priyamvada, sois terrible comme Durga plongeant son trident au cœur du vice, féroce comme Narsingha, l’homme-lion, déchirant les entrailles d’Hiranyacasipu. »
Théophile Gautier
Les Deux Étoiles
Chapitre XIII
Librairie de Tarride – 1848

Elle eDurga sur son fidèle lion chasse le mal.
Durga possède les dix bras que des divinités lui ont donnée.
Vishnu विष्णु   விஷ்ணு  , dieu de la stabilité du monde, lui a donnée le disque chakra aux six rayons
Le fulgurant Shiva शिव, celui qui porte bonheur,  lui a donnée un trident – Trishula  त्रिशूल,  » trois pointes  »
Sūrya सूर्य,, le dieu soleil, législateur de l’humanité et père de Manu le premier homme, lui a donnée un arc avec ses flèches
La lumineuse Chandra, déesse lunaire, lui a donnée une hache
Karttikeya ou Kumara, qui monte Paranî le paon, a donné une lance
Vâyu, le dieu du vent, une conque
.

Karttikeya, le Fils des Krittikâ, ou Skanda, la descendance du Feu, ou Murugan, « la semence », sorti du Gange, fils de Shiva et de Parvatî
Skanda est le dieu de la guerre et de la chasteté, alors que la paix revient à son demi-frère de Ganesha (fils de Parvati).
Il tient d’une main sa lance, Sakti
Il est accompagné de Parvani le paon

« 312. Ô les plus grands des rois, ayant mis ce roi à la tête de l’armée, la victoire peut être obtenue par nous, comme elle le fut par les dieux (quand ils eurent choisi pour chef) l’invincible Skanda. »
Le Mahâbhârata
Chapitre VI – DISCOURS DE DOURYODHANA
Traduction L. Ballin
Paris E. Leroux – 1899

Une autre référence intéressante se trouve dans le XIIIe chapitre du Mahâbhârata, महाभारत, La Grande Guerre des Bhārata.

     

 

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LUIS DE CAMOES OS LUSIADAS III-60 LES LUSIADES

*Luís de Camões Os Lusiadas Les Lusiades
OS LUSIADAS III-60 LES LUSIADES III-60
LITTERATURE PORTUGAISE

Luis de Camoes Oeuvres obras Artgitato

literatura português

Luis de Camões
[1525-1580]

Tradução – Traduction
texto bilingue

Luis de Camoes Les Lusiades

 

Obra Poética

(1556)

LES LUSIADES III-60

OS LUSIADAS III-60

A Epopeia Portuguesa

 

CHANT III
Canto Terceiro

Traduction Jacky Lavauzelle

verso 60
Strophe 60

III-60

Image illustrative de l'article Vasco de Gama

Vasco de Gama

Vasco da Gama signature almirante.svg

 

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Luís de Camões Os Lusiadas
OS LUSIADAS III-60
LES LUSIADES III-60

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Précisions historiques

Camoes a évoqué du verset 42 au verset 54 la bataille d’Ourique qui sera gagné par le premier roi de Portugal sous le nom d’Alphonse Ier – Alfonso I – Afonso Henriques (1109 Guimarães /Viseu-1185  Coimbra) –
Alfonso sera couronné roi de Portugal en 1139 après la bataille d’Ourique.
Dans le sonnet, Camoes évoque la séquence suivante à partir de la bataille de Leiria. Cette bataille n’a pas la même portée symbolique d’Ourique qui méritait une dizaine de sonnets, il s’agissait de la Grande Victoire, grão vitória. Nous nous trouvons à 7 kilomètres du Campo de Ourique. Nous sommes ici à la limite entre le nouveau royaume et les possessions des musulmans Almohades. D’où les premiers vers de Camoes sur la conquête récente de la ville par les Mahométans. Paio Guterres da Cunha, un noble portugais, se fera remarquer à plusieurs reprises dans la défense du château de Leiria Nous le retrouverons aussi dans le siège par les maures de Lisbonne.
Les autres villes citées dans le sonnet 55 sont Arronches, petite ville de l’Alentejo, située à proximité de l’actuelle frontière avec l’Espagne et Scabelicastro – nommée Scalabis par les Romains, puis Shantarin par les Maures – s’appelle aujourd’hui Santarém et se trouve au nord de Lisbonne, dans le Ribatejo.
Sonnet 56, Alphonse Ier continue ses conquêtes avec Sintra et Mafra situées à une vingtaine de kilomètres au nord de Lisbonne. Sintra tombe en 1147. Les Monts de Sintra sont nommés les Montagnes de la Lune, serras da Lua ; lien fait entre Sintra et Cynthie. Cynthie est associée à Diane, la déesse de la Lune (Première Encyclopédie – Diderot – 1751 – Tome 4 : CYNTHIUS & CYNTHIA, surnoms d’Apollon & de Diane, ainsi appelés du mont Cynthie situé au milieu de l’île de Délos où ils avoient pris naissance.)
Sonnet 57, voici la ville de Lisbonne et des références à sa fondation par Ulysse. Dans la Première Encyclopédie, en 1765 (Tome 11), Louis de Jaucourt souligne à la définition Olysippo : « c’est ainsi que plusieurs auteurs écrivent le nom d’une ville très-ancienne, située à l’embouchure du Tage, & qui est aujourd’hui Lisbonne. Elle est si ancienne, que Solin a cru qu’elle avoit été fondée par Ulysse ; & Strabon même ne juge pas impossible qu’Ulysse ait été en Espagne. Dans le passage de Solin on lit : Ibi oppidum Olysipone Ulyxi conditum. Solin met ici un ablatif pour un nominatif ; car, selon l’usage de son tems, les noms de ville se mettoient à l’ablatif, & étoient regardés comme indéclinables. Ainsi Vopiscus dans la vie d’Aurelien dit, Copto & Plotemaïde urbes cepit. Dans Antonin, les noms sont de même à l’ablatif, tandis que chez les Grecs ils sont au génitif. » »
La Dardanie d’Asie Mineure est dans l’actuelle Anatolie du nord-ouest. Les Dardaniens et les Troyens sont ici confondus.
Les troupes qui viennent des régions boréales sont les troupes croisées des régions nordiques venues à la rescousse d’Alphonse Ier.
Sonnet 58 : 1147- Siège de Lisbonne -O Cerco de Lisboa –  précisions sur les troupes venues en renfort du nord de l’Europe, notamment la Germanie et la Grande-Bretagne actuelle, « la froide Bretagne« .
Sonnet 59 : 1147 – Siège de Lisbonne – précisions sur la durée du siège avec les indications lunaires – Le siège a duré presque cinq mois du 1er juillet au 25 octobre 1147.
Sonnet 60 – Lisbonne est libérée – Rappel de la résistance de cette courageuse cité. Nous parlons ici des guerriers Scythes. « On donna anciennement le nom de Scythes à tous les peuples du septentrion, principalement à ceux du septentrion de l’Asie ; car quoique plusieurs auteurs marquent des Scythes en Europe, & que Pline les donne pour des peuples limitrophes du Pont, conjointement avec les Dardaniens, les Triballiens, les Mœsiens & les Thraces ; ces Scythes sont plus souvent appelés Getes ou Sarmates, quand on veut les prendre dans un sens plus étendu. Presque toujours par le nom de Scythes, on entend des peuples Asiatiques. Aussi Pomponius Mela, lib. III. c. iv. après avoir dit que la Sarmatie était limitrophe de la Germanie, dont elle était séparée par la Vistule, ajoute, chap. v. que les confins de l’Asie se prennent à la Sarmatie, si ce n’est dans les pays perpétuellement couverts de neige, & où il faisait un froid insupportable ; pays qui étaient habités par les Scythes. » (Louis de Jaucourt & Diderot -L’Encyclopédie, Première Edition de 1751 Tome 14)
Le Bætis, ou Betis est le Guadalquivir d’aujourd’hui et représente, par extension, la province de l’Andalousie. Le texte suggère un rapprochement entre le nom Andalousie et Vandalie. C’est la thèse d’André de Resende, restaurateur des études classiques du Portugal.

Jacky Lavauzelle
Camoes Les Lusiades

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Le siège de Lisbonne
O Cerco de Lisboa

Alfredo Roque Gameiro
1917

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« Desta arte enfim tomada se rendeu
« Par cet art, elle se rendit finalement
Aquela que, nos tempos já passados,
Celle qui, dans les temps anciens,
A grande força nunca obedeceu
Ne s’est jamais soumise à la force
Dos frios povos Cíticos ousados,
Des braves Scythes venus du froid
Cujo poder a tanto se estendeu
Dont la puissance à la fois s’étendait tant
Que o Ibero o viu e o Tejo amedrontados;
Que l’Ebre les vit et le Tage s’effraya ;
E enfim co’o Bétis tanto alguns puderam
Et aussi le Betis, traversé par quelques-uns,
Que à terra de Vandália nome deram.
Que la terre de Vandalie lui donna son nom.

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Vasco de Gama par Gregorio Lopes

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Luís Vaz de Camões Os Lusiadas Les Lusiades
OS LUSIADAS III-60 CAMOES LUSIADES III-60
Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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White_Fawn_Drawing Faon Diane

LUIS DE CAMOES OS LUSIADAS LES LUSIADES

"podrá no haber poetas; pero siempre habrá poesía" Gustavo Adolfo Bécquer