Archives de catégorie : histoire

Monument Vakhtang Gorgasali TBILISSI ვახტანგ გორგასლის ძეგლი – ნარიყალა

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ვახტანგ გორგასლის ძეგლი
TBILISSI –  ნარიყალა

Monument Vakhtang Gorgasali TBILISSI
Géorgie
საქართველო

PHOTO JACKY LAVAUZELLE

Monument Vakhtang Gorgasali TBILISSI

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Monument Vakhtang Gorgasali
ვახტანგ გორგასლის ძეგლი


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LE MONUMENT

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Vakhtang Ier d’Ibérie
ვახტანგ I
გორგასალი
Vakhtang I Gorgasali
Né en 440 – Mort en 502 ou 522
FONDATEUR DE TBILISSI

Vakhtang Gorgasali

L’Ibérie L’Ibérie იბერია recouvrait la partie orientale de l’actuelle Géorgie avec pour capitale Mtskheta მცხეთა– La partie occidentale étant occupée par les Coches de Colchide avec une large façade sur la Mer Noire (partie de la Russie et de la Turquie actuelles)

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Extrait du
Dictionnaire universel d’histoire et de géographie Bouillet Chassang

Fondation de Tiflis vers 469

TIFLIS, ville de la Russie asiatique, chef lieu de la Géorgie et résidence du gouverneur général de la région du Caucase, sur les deux rives du Kour, à 2350 k. S. S. E. de St-Pétersbourg, par 42» 30′ long. E., 41° 41′ lat. N.; env. 30000 hab. avant 1830 (à cette époque, le choléra enleva les deux tiers de la population). Archevêchés grec et arménien, tribunaux, gymnase, école arménienne. Quelques monuments (belle cathédrale; casernes, grand bazar.etc., dans la ville nouvelle). Industrie et commerce assez actifs; bains thermaux sulfureux, d’où le nom de la ville, qui signifie ville chaude. Tiflis est aujourd’hui un passage très-fréquenté pour aller de l’Inde en Europe par terre. — Cette ville, fondée, dit-on, vers l’an 469 de notre ère par le roi Vakhtang, devint importante au ix° s., et fut dès lors la capit. du royaume de Géorgie et la résidence des rois du Karthli. Gen-giskhan au xir’s., Mustapha-Pacha en 1576, la prirent et la ravagèrent; Aga-Mohammed-khan, chah de Perse, la détruisit en 1795; les Russes se la firent céder en 1801 par le dernier roi de Géorgie : sous leur administration elle s’est rapidement relevée. Un traité fut conclu à Tiflis en 1814 entre la Russie et la Perse sous la médiation de l’Angleterre.

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ვახტანგ გორგასლის ძეგლი
TBILISSI –  ნარიყალა

Monument Vakhtang Gorgasali TBILISSI
Géorgie
საქართველო

PHOTO JACKY LAVAUZELLE

Tremblement de Terre LISBONNE de 1755 – LISBOA O Terremoto de 1 de novembro de 1755

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Tremblement de Terre LISBONNE de 1755 - LISBOA Terremoto de 1 de novembro de 1755




LISBOA – LISBONNE
CAMPO GRANDE
MUSEU DA CIDADE
Palácio Pimenta

 Tremblement de Terre LISBONNE de 1755 - LISBOA O Terremoto de 1 de novembro de 1755

Photo Jacky Lavauzelle

 

LE TREMBLEMENT DE TERRE
DU
1er novembre 1755
entre 50 000 et 80 000 victimes

9h36

Tremblement de Terre LISBONNE de 1755 - LISBOA O Terremoto de 1 de novembro de 1755
Tremblement de Terre LISBONNE de 1755 – LISBOA O Terremoto de 1 de novembro de 1755



O TERREMOTO
de 1 de novembro de 1755
entre 50 000 e 80 000 vítimas

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Tremblement de Terre LISBONNE de 1755 - LISBOA O Terremoto de 1 de novembro de 1755
Tremblement de Terre LISBONNE de 1755 – LISBOA O Terremoto de 1 de novembro de 1755

« LISBONNE ETAIT, ELLE N’EST PLUS« 

« Quel crime, quelle faute ont commis ces enfants
Sur le sein maternel écrasés et sanglants ?
Lisbonne, qui n’est plus, eut-elle plus de vices
Que Londres, que Paris, plongés dans les délices :
Lisbonne est abîmée, et l’on danse a Paris. »
Voltaire
Poème sur le désastre de Lisbonne
1756

Tremblement de Terre LISBONNE de 1755 - LISBOA O Terremoto de 1 de novembro de 1755
Tremblement de Terre LISBONNE de 1755 – LISBOA O Terremoto de 1 de novembro de 1755

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25 JOURS DE SECOUSSES SUCCESSIVES
DU 1er NOVEMBRE 9h36 AU 25 NOVEMBRE

« Le 1er novembre 1755. les premières secousses commencèrent à Lisbonne à 9 heures 36 minutes du matin. Elles furent d’abord très-fortes & très-pressées, pendant près de deux minutes. Durant l’espace de 3 à 4 minutes les secousses diminuèrent. Puis elles recommencèrent avec plus de force & durèrent 3 à 4 minutes. Il y eut alors un intervalle de près d’un quart d’heure de repos, pendant lequel on n’aperçut que quelques légères commotions. Il survint après ce tems un troisième tremblement, qui fut moins violent, que les deux précédents, mais qui renversa encore bien des bâtiments ébranlés. Il se fit dans ce moment des fentes à la terre soulevée. D’intervalle en intervalle il revint des secousses plus légères, pendant tout le jour & le lendemain. Le troisième jour, les secousses furent encore moindres. Le 6 & le 7. les secousses furent un peu plus violentes. Le 8 à 5 heures du matin il y eut quelques secousses assez fortes pour renverser encore quelques bâtiments. Il y eut quelques secousses jusqu’au 12. que la terre fut tranquille. Le vent changea : de Nord-Nord-Est, qu’il avait été, il tourna au Nord. Le 13, 14, 15, retour de secousses sur le matin. Le 16, les balancements revinrent sur les trois heures après midi. Les plus violentes commotions, après celles du 1. & du 8 novembre, ont été le 11 & le 15 décembre. Le 21, deux secousses à la même heure que le 1er novembre. Le 25, nouvelles secousses à deux heures du matin. Mon dessein n’est pas de poursuivre ce journal. Ce que j’en ai dit n’est que pour faire voir qu’on ne saurait apercevoir des périodes fixes pour les jours. Seulement un retour plus ordinaire dans les heures de la matinée. »
Élie Bertrand
Mémoires historiques et physiques sur les tremblemens de terre
Les divers phénomènes des tremblemens de Terre

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Tremblement de Terre LISBONNE de 1755 - LISBOA O Terremoto de 1 de novembro de 1755
Tremblement de Terre LISBONNE de 1755 – LISBOA O Terremoto de 1 de novembro de 1755

LE TREMBLEMENT DE TERRE DE LISBONNE
VU PAR VOLTAIRE

« Voilà, monsieur, une physique bien cruelle. On sera bien embarrassé à deviner comment les lois du mouvement opèrent des désastres si effroyables dans le meilleur des mondes possibles ; cent mille fourmis, notre prochain, écrasées tout d’un coup dans notre fourmilière, et la moitié périssant sans doute dans des angoisses inexprimables, au milieu des débris dont on ne peut les tirer, des familles ruinées aux bouts de l’Europe, la fortune de cent commerçants de votre patrie abîmée dans les ruines de Lisbonne. Quel triste jeu de hasard que le jeu de la vie humaine ! Que diront les prédicateurs, surtout si le palais de l’inquisition est resté debout ? Je me flatte qu’au moins les révérends pères inquisiteurs auront été écrasés comme les autres. Cela devrait apprendre aux hommes à ne point persécuter les hommes : car, tandis que quelques sacrés coquins brûlent quelques fanatiques, la terre engloutit les uns et les autres. Je crois que nos montagnes nous sauvent des tremblements de terre. »
Voltaire
Correspondance – année 1755
Editions Garnier
(Œuvres complètes de Voltaire, tome 38, p. 511).

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Praça da Patriarchal
Place de la Patriachale

Tremblement de Terre LISBONNE de 1755 - LISBOA O Terremoto de 1 de novembro de 1755
Tremblement de Terre LISBONNE de 1755 – LISBOA O Terremoto de 1 de novembro de 1755

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« Vous êtes, messieurs, trop bons chrétiens, et vous avez malheureusement trop de part à l’aventure de Lisbonne pour n’avoir pas imprimé au plus vite le sermon qui désarmera la vengeance divine, et après lequel il n’y aura jamais de tremblement de terre. Je me flatte que vous aurez eu la bonté d’envoyer les premiers exemplaires au prédicateur ; je vous prie de vouloir bien m’en donner avis, afin que je puisse me vanter à lui d’avoir coopéré à cette œuvre pieuse.
S’il vous manque encore quelque chapitre profane pour compléter certains mélanges, vous n’avez qu’à écrire à un profane, à Monrion, et il sera votre manufacturier. »
Voltaire
Correspondance  : année 1755
Ed. Garnier – Œuvres complètes de Voltaire

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Igreja de São Paulo
Eglise Saint Paul

Tremblement de Terre LISBONNE de 1755 - LISBOA O Terremoto de 1 de novembro de 1755
Tremblement de Terre LISBONNE de 1755 – LISBOA O Terremoto de 1 de novembro de 1755

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« Depois de muito procurar acha emfim o auctor a egreja de Sancta-Maria d’Alcaçova.–Stylo da architectura nacional perdido.–O terremoto de 1755, o marquez de Pombal e o chafariz do Passeio-publico de Lisboa. »
Almeida Garrett
Viagens na Minha Terra

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Igreja de São Nicolau
Eglise de Saint Nicolas

Tremblement de Terre LISBONNE de 1755 - LISBOA O Terremoto de 1 de novembro de 1755
Tremblement de Terre LISBONNE de 1755 – LISBOA O Terremoto de 1 de novembro de 1755

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« LISBONNE ETAIT, ELLE N’EST PLUS« 

« « Lisbonne était ; elle n’est plus », dit une lettre qui nous apprit qu’un tremblement de terre arrivé le premier novembre 1755, en avoit fait une seconde Héraclée ; mais puisqu’on espere aujourd’hui de la tirer de ses ruines, & même de lui rendre sa premiere splendeur, nous laisserons un moment le rideau sur l’affreuse perspective qui l’avoit détruite, pour dire un mot de son ancienneté & des diverses révolutions qu’elle a souffertes, jusqu’à la derniere catastrophe, dont on vient d’indiquer l’époque trop mémorable. »
Charles de Jaucourt
Première Edition de L’Encyclopédie

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Casa da Opera
La Maison de l’Opéra

Tremblement de Terre LISBONNE de 1755 - LISBOA O Terremoto de 1 de novembro de 1755
Tremblement de Terre LISBONNE de 1755 – LISBOA O Terremoto de 1 de novembro de 1755

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UN TREMBLEMENT DE TERRE
QUI DETRUIRA LE PORT DE SETUBAL
à 10 lieues au sud-est de Lisbonne

« Sétubal s’était accrue par la commodité de son port, par la fertilité de son terroir, par la richesse de sa pêche, & par la fécondité de ses salines. Enfin, son commerce florissant avait rendu depuis deux siècles cette ville considérable, lorsqu’elle a été détruite par ce terrible tremblement de terre, du premier novembre 1755, qui a si prodigieusement endommagé Lisbonne. »
Charles de Jaucourt
Première Edition de L’Encyclopédie

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JOSEPH Ier
fait reconstruire LISBONNE
Après le tremblement de terre de 1755
José I
(Lisboa, 6 de junho de 1714 – Sintra, 24 de fevereiro de 1777)
reconstrói Lisboa após o terremoto

Tremblement de Terre LISBONNE de 1755 - LISBOA O Terremoto de 1 de novembro de 1755
Tremblement de Terre LISBONNE de 1755 – LISBOA O Terremoto de 1 de novembro de 1755

Joseph Ier de Portugal
dit Le Réformateur
6 juin 1714-24 février 1777

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Tremblement de Terre LISBONNE de 1755 - LISBOA O Terremoto de 1 de novembro de 1755
Tremblement de Terre LISBONNE de 1755 – LISBOA O Terremoto de 1 de novembro de 1755

LA QUESTION DE
L’ORIGINE DU MAL

« Dans le poème sur le Désastre de Lisbonne M. de Voltaire attaque l’opinion que tout est bien, opinion très répandue au commencement de ce siècle, parmi les philosophes d’Angleterre et d’Allemagne. La question de l’origine du mal a été insoluble jusqu’ici, et le sera toujours. En effet le mal, tel qu’il existe à notre égard, est une suite nécessaire de l’ordre du monde ; mais pour savoir si un autre ordre était possible, il faudrait connaître le système entier de celui qui existe. D’ailleurs, en réfléchissant sur la manière dont nous acquérons nos idées, il est aisé de voir que nous ne pouvons en avoir aucune de la possibilité prise en général, puisque notre idée de possibilité, relative à des objets réels, ne se forme que d’après l’observation des faits existants… Il convient d’abord que nous n’avons aucun moyen d’expliquer l’origine du mal ; et il ajoute qu’il ne croit le système de l’optimisme que parce qu’il trouve ce système très consolant, et qu’il pense qu’on doit déduire de l’existence d’un Dieu juste que tout est bien, et non déduire de la perfection de l’ordre du monde l’existence d’un Dieu juste… »
Avertissement pour les poèmes sur la Loi naturelle et sur le Désastre de Lisbonne de Voltaire

Tremblement de Terre LISBONNE de 1755 - LISBOA O Terremoto de 1 de novembro de 1755
Tremblement de Terre LISBONNE de 1755 – LISBOA O Terremoto de 1 de novembro de 1755

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Tremblement de Terre LISBONNE de 1755 - LISBOA O Terremoto de 1 de novembro de 1755
Tremblement de Terre LISBONNE de 1755 – LISBOA O Terremoto de 1 de novembro de 1755

« ALLEZ INTERROGER LES RIVAGES DU TAGE« 

« C’est l’orgueil, dites-vous, l’orgueil séditieux,
Qui prétend qu’étant mal, nous pouvions être mieux.
Allez interroger les rivages du Tage ;
Fouillez dans les débris de ce sanglant ravage ;
Demandez aux mourants, dans ce séjour d’effroi,
Si c’est l’orgueil qui crie : « O ciel, secourez-moi !
O ciel, ayez pitié de l’humaine misère ! »
« Tout est bien, dites-vous, et tout est nécessaire. »
Quoi ! l’univers entier, sans ce gouffre infernal,
Sans engloutir Lisbonne, eût-il été plus mal ? »
Voltaire
Poème sur le désastre de Lisbonne
1756

 

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Tremblement de Terre LISBONNE de 1755 - LISBOA O Terremoto de 1 de novembro de 1755
Tremblement de Terre LISBONNE de 1755 – LISBOA O Terremoto de 1 de novembro de 1755

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LE TREMBLEMENT DE TERRE LISBONNE 1755

Tremblement de Terre LISBONNE de 1755 - LISBOA Terremoto de 1 de novembro de 1755



Chan She Shu Yuen Clan Ancestral Hall 陈氏书院 – 隆雪陈氏书院宗亲会

Pelancongan di Malaysia
Voyage en Malaisie
PHOTO JACKY LAVAUZELLE

 




 

 Visiter Kuala Lumpur
Meneroka kota Kuala Lumpur
Melawat Kuala Lumpur
吉隆坡
Куала-Лумпур

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Chan She Shu Yuen Clan Ancestral Hall
陈氏书院
隆雪陈氏书院宗亲会

172, Jalan Petaling, City Centre, 50000 Kuala Lumpur
Début des travaux 1887
Durée des travaux : moins de 10 ans
Ouverture en 1896
A 5 minutes à pied de Jalan Petaling 八打灵惹








Le bâtiment est réalisé sur le style méridional de Canton – 广州 où se trouve le Temple ancestral de la famille Chan – dans une taille beaucoup plus modeste. Des 6 cours initiales de Canton, il n’en reste qu’une. 

1 des trois statues de l’autel principal
Au centre de cet autel, se trouve Shun 舜, Dishun 帝舜 (empereur Shun), un des cinq empereurs

Les 4 pères fondateurs de la maison du clan (refuge pour les nouveaux arrivants chinois)
The four founding fathers of this temple
Chan Siow Ling  ou Chan Sow Lin ou  Chen Xiu Ling
陳秀 連 – Investit dans l’extraction minière de l’étain et dans le fer.
1845-1927
Chen – Chan Xin Xi
Chen – Chan Chun
Chen – Chan Zai Tian
Ces 4 hommes étaient de célèbres hommes d’affaires installés à Kuala Lumpur

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Chan She Shu Yuen Clan Ancestral Hall
陈氏书院
隆雪陈氏书院宗亲会

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Gereja St. Francis Xavier Melaka Eglise de Saint François Xavier de Malacca

Pelancongan di Malaysia

Voyage en Malaisie




 

  Church of St. Francis Xavier Malacca
Eglise de Saint François-Xavier
City
Gereja St. Francis Xavier

Gereja St. Francis Xavier Melaka
Jalan Banda Kaba, Bandar Hilir
Maleka – Malacca

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Photos Jacky Lavauzelle

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Saint François Xavier
Saint Francis Xavier
Francisco de Jasso y Azpilicueta
 1506–1552

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A Japanese depiction of Francis Xavier
Représentation japonaise de François Xavier
17th century – 17ème siècle
Kobe City Museum collection.

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St François Xavier et Anjiro ou Yajiro ou Angero ou encore Angeroo, japonais converti au christianisme. (voir texte sur St François Xavier et Anjiro ci-dessous)

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En 1544, François Xavier se retrouve à Malacca. Puis de 1545 à 1547. A sa mort en 1552, sa dépouille se retrouvera un temps à nouveau à Malacca avant d’être transportée à Bon Jésus de Goa.

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FRANÇOIS XAVIER
par
Voltaire
dans son
Dictionnaire Encyclopédique

 Il ne serait pas mal de savoir quelque chose de vrai concernant le célèbre François Xavero, que nous nommons Xavier, surnommé l’apôtre des Indes. Bien des gens s’imaginent encore qu’il établit le christianisme sur toute la côte méridionale de l’Inde, dans une vingtaine d’îles, et surtout au Japon. Il n’y a pas trente ans qu’à peine était-il permis d’en douter dans l’Europe.

Les jésuites n’ont fait nulle difficulté de le comparer à saint Paul. Ses voyages et ses miracles avaient été écrits en partie par Tursellin et Orlandin, par Lucéna, par Bartoli, tous jésuites, mais très-peu connus en France : moins on était informé des détails, plus sa réputation était grande.

Lorsque le jésuite Bouhours composa son histoire, Bouhours passait pour un très-bel esprit ; il vivait dans la meilleure compagnie de Paris ; je ne parle pas de la compagnie de Jésus, mais de celle des gens du monde les plus distingués par leur esprit et par leur savoir. Personne n’eut un style plus pur et plus éloigné de l’affectation : il fut même proposé dans l’Académie française de passer par-dessus les règles de son institution pour recevoir le père Bouhours dans son corps.

Il avait encore un plus grand avantage, celui du crédit de son ordre, qui alors, par un prestige presque inconcevable, gouvernait tous les princes catholiques.

La saine critique, il est vrai, commençait à s’établir ; mais ses progrès étaient lents : on se piquait alors en général de bien écrire plutôt que d’écrire des choses véritables.

Bouhours fit les Vies de saint Ignace et de saint François Xavier sans presque s’attirer de reproches ; à peine releva-t-on sa comparaison de saint Ignace avec César, et de Xavier avec Alexandre : ce trait passa pour une fleur de rhétorique.

J’ai vu au collège des jésuites de la rue Saint-Jacques un tableau de douze pieds de long sur douze de hauteur, qui représentait Ignace et Xavier montant au ciel chacun dans un char magnifique, attelé de quatre chevaux blancs ; le Père éternel en haut, décoré d’une belle barbe blanche, qui lui pendait jusqu’à la ceinture ; Jésus-Christ et la vierge Marie à ses côtés, le Saint-Esprit au-dessous d’eux en forme de pigeon, et des anges joignant les mains et baissant la tête pour recevoir père Ignace et père Xavier.

Si quelqu’un se fût moqué publiquement de ce tableau, le révérend P. La Chaise, confesseur du roi, n’aurait pas manqué de faire donner une lettre de cachet au ricaneur sacrilège.

Il faut avouer que François Xavier est comparable à Alexandre en ce qu’ils allèrent tous deux aux Indes, comme Ignace ressemble à César pour avoir été en Gaule ; mais Xavier, vainqueur du démon, alla bien plus loin que le vainqueur de Darius. C’est un plaisir de le voir passer, en qualité de convertisseur volontaire, d’Espagne en France, de France à Rome, de Rome à Lisbonne, de Lisbonne au Mozambique, après avoir fait le tour de l’Afrique. Il reste longtemps au Mozambique, où il reçoit de Dieu le don de prophétie : ensuite il passe à Mélinde, et dispute sur l’Alcoran avec les mahométans, qui entendent sans doute sa langue aussi bien qu’il entend la leur ; il trouve même des caciques, quoiqu’il n’y en ait qu’en Amérique. Le vaisseau portugais arrive à l’Ile Zocotora, qui est sans contredit celle des Amazones ; il y convertit tous les insulaires ; il y bâtit une église : de là il arrive à Goa ; il y voit une colonne sur laquelle saint Thomas avait gravé qu’un jour saint Xavier viendrait rétablir la religion chrétienne qui avait fleuri autrefois dans l’Inde. Xavier lut parfaitement les anciens caractères, soit hébreux, soit indiens, dans lesquels cette prophétie était écrite. Il prend aussitôt une clochette, assemble tous les petits garçons autour de lui, leur explique le Credo, et les baptise. Son grand plaisir surtout était de marier les Indiens avec leurs maîtresses.

On le voit courir de Goa au cap Comorin, à la côte de la Pêcherie, au royaume de Travancor ; dès qu’il est arrivé dans un pays, son plus grand soin est de le quitter : il s’embarque sur le premier vaisseau portugais qu’il trouve ; vers quelque endroit que ce vaisseau dirige sa route, il n’importe à Xavier : pourvu qu’il voyage, il est content. On le reçoit par charité ; il retourne deux ou trois fois à Goa, à Cochin, à Cori, à Negapatan, à Méliapour. Un vaisseau part pour Malaca : voilà Xavier qui court à Malaca avec le désespoir dans le cœur de n’avoir pu voir Siam, Pégu, et le Tonquin.

Vous le voyez dans l’île de Sumatra, à Bornéo, à Macassar, dans les îles Moluques, et surtout à Ternate et à Amboyne. Le roi de Ternate avait dans son immense sérail cent femmes en qualité d’épouses, et sept ou huit cents concubines. La première chose que fait Xavier est de les chasser toutes. Vous remarquerez d’ailleurs que l’île de Ternate n’a que deux lieues de diamètre.

De là, trouvant un autre vaisseau portugais qui part pour l’île de Ceilan, il retourne à Ceilan ; il fait plusieurs tours de Ceilan à Goa et à Cochin. Les Portugais trafiquaient déjà au Japon ; un vaisseau part pour ce pays, Xavier ne manque pas de s’y embarquer ; il parcourt toutes les îles du Japon.

Enfin, dit le jésuite Bouhours, si on mettait bout à bout toutes les courses de Xavier, il y aurait de quoi faire plusieurs fois le tour de la terre.

Observez qu’il était parti pour ses voyages en 1542, et qu’il mourut en 1552. S’il eut le temps d’apprendre toutes les langues des nations qu’il parcourut, c’est un beau miracle ; s’il avait le don des langues, c’est un plus grand miracle encore. Mais malheureusement, dans plusieurs de ses lettres, il dit qu’il est obligé de se servir d’interprète, et dans d’autres il avoue qu’il a une difficulté extrême à apprendre la langue japonaise, qu’il ne saurait prononcer.

Le jésuite Bouhours, en rapportant quelques-unes de ses lettres, ne fait aucun doute que saint François Xavier n’eut le don des langues ; mais il avoue « qu’il ne l’avait pas toujours. Il l’avait, dit-il, dans plusieurs occasions : car sans jamais avoir appris la langue chinoise, il prêchait tous les matins en chinois dans Amanguchi » (qui est la capitale d’une province du Japon).

Il faut bien qu’il sût parfaitement toutes les langues de l’Orient, puisqu’il faisait des chansons dans ces langues, et qu’il mit en chanson le Pater, l’Ave Maria, et le Credo, pour l’instruction des petits garçons et des petites filles.

Ce qu’il y a de plus beau, c’est que cet homme, qui avait besoin de truchement, parlait toutes les langues à la fois comme les apôtres ; et lorsqu’il parlait portugais, langue dans laquelle Bouhours avoue que le saint s’expliquait fort mal, les Indiens, les Chinois, les Japonais, les habitants de Ceilan, de Sumatra, l’entendaient parfaitement.








Un jour surtout qu’il parlait sur l’immortalité de l’âme, le mouvement des planètes, les éclipses de soleil et de lune, l’arc-en-ciel, le péché et la grâce, le paradis et l’enfer, il se fit entendre à vingt personnes de nations différentes.

On demande comment un tel homme put faire tant de conversions au Japon ? Il faut répondre simplement qu’il n’en fit point ; mais que d’autres jésuites, qui restèrent longtemps dans le pays, à la faveur des traités entre les rois de Portugal et les empereurs du Japon, convertirent tant de monde qu’enfin il y eut une guerre civile qui coûta la vie, à ce que l’on prétend, à près de quatre cent mille hommes. C’est là le prodige le plus connu que les missionnaires aient opéré au Japon.

Mais ceux de François Xavier ne laissent pas d’avoir leur mérite.

Nous comptons dans la foule de ses miracles huit enfants ressuscités.

« Le plus grand miracle de Xavier, dit le jésuite Bouhours, n’était pas d’avoir ressuscité tant de morts, mais de n’être pas mort lui-même de fatigue. »

Mais le plus plaisant de ses miracles est qu’ayant laissé tomber son crucifix dans la mer près l’île de Baranura, que je croirais plutôt l’île de Barataria, un cancre vint le lui rapporter entre ses pattes au bout de vingt-quatre heures.

Le plus brillant de tous, et après lequel il ne faut jamais parler d’aucun autre, c’est que dans une tempête qui dura trois jours, il fut constamment à la fois dans deux vaisseaux à cent cinquante lieues l’un de l’autre, et servit à l’un des deux de pilote ; et ce miracle fut avéré par tous les passagers, qui ne pouvaient être ni trompés ni trompeurs.

C’est là pourtant ce qu’on a écrit sérieusement et avec succès dans le siècle de Louis XIV, dans le siècle des Lettres provinciales, des tragédies de Racine, du Dictionnaire de Bayle, et de tant d’autres savants ouvrages.

Ce serait une espèce de miracle qu’un homme d’esprit tel que Bouhours eût fait imprimer tant d’extravagances, si on ne savait à quel excès l’esprit de corps et surtout l’esprit monacal emportent les hommes. Nous avons plus de deux cents volumes entièrement dans ce goût, compilés par des moines ; mais ce qu’il y a de funeste, c’est que les ennemis des moines compilent aussi de leur côté. Ils compilent plus plaisamment, ils se font lire. C’est une chose bien déplorable qu’on n’ait plus pour les moines, dans les dix-neuf vingtièmes parties de l’Europe, ce profond respect et cette juste vénération que l’on conserve encore pour eux dans quelques villages de l’Aragon et de la Calabre.

Il serait très-difficile de juger entre les miracles de saint François Xavier, Don Quichotte, le Roman comique, et les convulsionnaires de Saint-Médard.

Après avoir parlé de François Xavier, il serait inutile de discuter l’histoire des autres François : si vous voulez vous instruire à fond, lisez les Conformités de saint François d’Assise.

Depuis la belle Histoire de saint François Xavier par le jésuite Bouhours, nous avons eu l’Histoire de saint François Régis par le jésuite Daubenton, confesseur de Philippe V, roi d’Espagne ; mais c’est de la piquette après de l’eau-de-vie : il n’y a pas seulement un mort ressuscité dans l’histoire du bienheureux Régis.

Voltaire
Dictionnaire Philosophique
Editions Garnier – Tome 19

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LA RENCONTRE D’ANJIRO ET DE FRANCOIS XAVIER A MALACCA ET LE BAPTEME

Pierre-François-Xavier de Charlevoix

Les trois Portugais ne furent pas longtemps à Cangoxima sans y nouer des relations de commerce et d’amitié avec les habitants. Ils firent surtout connaissance d’un nommé Angeroo, homme riche et d’extraction noble, qui se lia intimement avec eux, et qui ne tarda pas à leur confier que le souvenir des dérèglements de sa jeunesse lui causait de violents et continuels remords ; pour les apaiser, il s’était retiré dans une maison de bonzes, mais ce remède n’avait fait qu’empirer le mal. Deux ans après, un autre marchand portugais, nommé Alvar Vaz, étant allé trafiquer à Cangoxima, Angeroo lui fit les mêmes confidences ; Vaz, qui connaissait le P. François Xavier, et qui avait conçu une grande idée de sa sainteté et de son pouvoir auprès de Dieu, engagea le gentilhomme japonnais à l’aller trouver. Les dangers de la navigation firent d’abord hésiter Angeroo ; mais, quelque temps après, il lui arriva de tuer un homme dans une rencontre, et la crainte d’être poursuivi par la justice le détermina à s’embarquer sur le premier navire qui fit voile vers Malaca. Malheureusement il ne trouva pas le saint apôtre à Malaca, et il s’embarqua pour la Chine, avec l’intention de retourner de là dans sa patrie. Il fut quelque temps à errer dans ces mers, arrêté par les vents contraires et ses irrésolutions ; enfin il rencontra, dans le port de Chincheo, Alvare Vaz, qui le ramena à Malaca, où le P. Xavier était revenu. Les premiers embrassements du saint produisirent dans l’âme d’Angeroo un effet si merveilleux, que le Japonnais se trouva tout changé, et sentit renaître en lui une tranquillité d’esprit qu’il ne connaissait presque plus. L’apôtre, de son côté, à la vue d’un prosélyte venu de si loin, ressentit une joie dont les cœurs apostoliques sont seuls capables. Il simaginait déjà renfermer dans son sein toute cette nation dont on publiait tant de grandes choses, et pour laquelle il conçut dès lors une tendresse qui alla toujours croissant.

Le saint quitta presque toute autre occupation pour instruire Angeroo, qui demandait le baptême avec les plus pressantes instances ; mais une affaire l’ayant appelé à la Pescherie, il envoya Angeroo et deux domestiques qui l’avaient accompagné, au séminaire de Goa, où ils arrivèrent au commencement de mars 1568. À son retour, le P. Xavier fut extrêmement surpris des progrès qu’ils avaient faits, et le jour de la Pentecôte de la même année, les trois Japonnais furent régénérés dans les eaux sacrées du baptême, par les mains de l’évêque des Indes, D. Jean d’Albuquerque. La grâce du sacrement fut surtout sensible dans l’âme d’Angeroo, où elle établit d’abord cette paix après laquelle il soupirait depuis tant d’années. Il souhaita de porter le nom de Paul de Sainte-Foi ; l’un de ses domestiques fut nommé Jean, et l’autre Antoine.

 Histoire et description du Japon
Pierre-François-Xavier de Charlevoix
Ad Mame & Cie
1842
Tours

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  Church of St. Francis Xavier Malacca
Eglise de Saint François-Xavier
City
Gereja St. Francis Xavier

MALACCA MEMORIAL DE LA PROCLAMATION DE L’INDEPENDANCE MELAKA Memorial Pengisytiharan Kemerdekaan

Pelancongan di Malaysia
Voyage en Malaisie

Photos Jacky Lavauzelle




  Memorial Pengisytiharan Kemerdekaan
Le Mémorial de la Proclamation de l’Indépendance

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Bangunan ini dibina pada tahun 1911
Bâtiment construit en 1911
Memorial ini ditubuhkan untuk mengambil dokumen tentang kemerdekaan negara
Le mémorial recueille l’ensemble des documents photographiques, sonores, vestimentaires, et propose des maquettes reconstituant les évènements en rapport avec l’indépendance.












Tunku Abdul Rahman
« The Tunku »
1903-1990
Bapak Kemerdekaan
le père de l’indépendance
Bapak Malaysia
le père de la Malaise
Premier 1er Ministre de la Malaisie de 1957 à 1970

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Jour de l’indépendance
31 août 1957
Ogos 31, 1957

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La Procession historique de 1956
pengumuman Kemerdekaan di Padang Banda Hilir
Melaka Malacca
The historic procession
20 Februari 1956
20 février 1956

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UMNO
Pekembar
United Malays National Organisation
Pertubuhan Kebangsaan Melayu Bersatu
ڤرتوبوهن کبڠساءن ملايو برساتو

Première élection de 1959
Coalition UMNO : 51,8% des suffrages avec 74 sièges sur 104 soit plus de 71% des sièges attribués.

Les urnes des premières élections de 1959

Tidak boleh memancing undi di antara tempat ini dan tempat mengundi
No canvassing between this point and the polling station
Pas d’échanges entre ce point et l’urne de vote

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DRAPEAU DE L’UMNO
Bandera Umno
Bendera « Sang Saka Bangsa »

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(KRISS) KERIS « HANG TUA »

Keris « Hang Tuah » dihadiahkan kedapa Tunku Abdul Rahman, 1956
The « Hang Tuah » Kris presented to Tunku Abdul Rahman, 1956
Le Kriss « Hang Tuah » qui a été présenté à Tunku Abdul Rahman en 1956

Keris ini diberi nama Keris Hang Tuah sempena dengan nama searang pahlawan Melayu yang meninggalkan banyak jasa dizaman pemerintahan Kesultanan Melayu Melaka dalam abad 15 dan 16.
Named after the great Malay warrior who served with devotion during the Malaccan Sultanate in the 15th and the 16th century
Du nom du grand combattant malais qui servi avec dévotion durant le Sultanat de Malacca au 15ème et au 16ème siècle

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PEDRO VELARDE : PLAZA DE VELARDE o PLAZA DE PORTICADA SANTANDER

PEDRO VELARDE
PLAZA DE VELARDE
PLAZA PORTICADA
Espagne – España – 西班牙 -Испания – スペイン
communauté autonome de Cantabrie
Cantabria

PEDRO VELARDE
Cantabrie 19 octobre 1779 – Madrid 2 mai 1808

SANTANDER
桑坦德
サンタンデル
Сантандер

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Photos Jacky Lavauzelle

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SANTANDER
PEDRO VELARDE
PLAZA DE VELARDE
O
PLAZA DE PORTICADA

Pedro Velarde
Santander
LA CELEBRATION DU 2 MAI 1808 à MADRID

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pedro-velarde-2-mai-1808-madrid-joaquin-sorollaLa mort de Pedro Velarde
 Parc d’Artillerie de Monteleón
2 mai 1808
Joaquín Sorolla

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L’ENTERREMENT D’APRES GOYA
de Luis Daoíz & Pedro Velarde
par Théophile Gautier

Une simple couche de chaux remplaçait sur la muraille le papier et la tenture ; un miroir dont l’étamage rayé ne reflétait que fort imparfaitement la charmante figure qui le consultait ; une statuette en plâtre de saint Antoine, accompagnée de deux vases de verre bleu contenant des fleurs artificielles ; une table de sapin, deux chaises et un petit lit recouvert d’une courtepointe de mousseline avec des volants découpés en dents de loup, formaient tout l’ameublement. N’oublions pas quelques images de Notre-Dame et des saints, peintes et dorées sur verre avec une naïveté byzantine ou russe, une gravure du Deux-Mai, l’enterrement de Daoiz et Velarde, un picador à cheval d’après Goya, plus un tambour de basque faisant pendant à une guitare : par un mélange du sacré et du profane, dont l’ardente foi des pays vraiment catholiques ne s’alarme pas, entre ces deux instruments de joie et de plaisir s’élevait une longue palme tire-bouchonnée, rapportée de l’église le jour de Pâques fleuries.

Théophile Gautier
Militona
1847
Hachette 1860

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L’OBELIQUE DU 2 MAI A MADRID
vue par John Lemoinne en 1858

Au printemps, on se promène avant dîner, vers six ou sept heures ; l’été, on dîne à six heures pour aller ensuite au Prado jusqu’à dix ou onze heures. De l’autre côté du Prado sont les jardins du Buen-Retiro ; pour y aller, on passe auprès d’un obélisque appelé le monument du 2 mai, élevé à la mémoire des hommes qui, le 2 mai 1808, donnèrent le premier signal de la guerre de l’indépendance. Le dos de mayo est fidèlement observé à Madrid ; il est désigné dans le calendrier sous le titre de aniversario por los difuntos primeros martires de la libertad española, fête nationale, deuil de cour. Ce jour-là aussi, les journaux paraissent encadrés de noir. Je connais des Parisiens à qui le monument du 2 mai déplaît, et qui n’ont pas l’air de se douter que toutes les rues neuves de Paris et la noblesse neuve de France portent des noms destinés à rappeler des victoires et des conquêtes dont le souvenir est probablement fort peu agréable aux étrangers.— Un peu plus loin encore est le musée ; en continuant, on arrive à la gare du chemin de fer, près de l’église et du couvent d’Atocha, où il y a une Vierge miraculeuse très renommée, et où les reines d’Espagne vont faire leurs relevailles.

John Lemoinne
Quelques Jours en Espagne
Revue des Deux Mondes
 2e période, tome 16, 1858
pp. 423-445

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Les Jardins du Musée National Soares dos Reis – Os jardins do Museu Nacional Soares dos Reis

PORTUGAL
PORTO
Museu Nacional Soares dos Reis

 

 




Photo Jacky Lavauzelle

LES JARDINS DU MUSEE

Musée national
Soares dos Reis 

Les Jardins du Musée National Soares dos Reis
Os jardins do Museu Nacional Soares dos Reis

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Les Jardins du Musée National Soares dos Reis

Rotunda da Boavista – Praça de Mouzinho de Albuquerque – La Place d’Albuquerque PORTO

PORTUGAL
PORTO
Rotunda da Boavista

Photo Jacky Lavauzelle




Praça de Mouzinho de Albuquerque

Place d’Albuquerque

Rotunda da Boavista

sculpteur Alves de Sousa

Hommage à
Joaquim Augusto Mouzinho de Albuquerque
1855-1902




Monument représentant
la Guerre d’indépendance espagnole
1808 – 1814

L’Angleterre vient en aide au Portugal contre les troupes françaises de Napoléon Ier Bonaparte
Coalition anglo-portugaise menée par Arthur Wellesley Wellington contre l’armée Française menée par André Masséna (1758-1817)

Quelques batailles :
Bataille de Talavera en juillet 1809
la Bataille de Fuentes de Oñoro en mai 1811
le siège de Ciudad Rodrigo en 1812

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Le lion anglais terrassant l’aigle napoléonien

 

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Rotunda da Boavista

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Rotunda da Boavista





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Rotunda da Boavista

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VIE DE MASSENA

duc de Rivoli, prince d’Essling, maréchal de France, né à Nice en Piémont le 6 mai 1758. Orphelin dès l’enfance, embarqué comme mousse sur un navire marchand, il s’engagea à 17 ans. Il devint sous-officier dans le régiment Royal-Italien et y était encore quatorze ans après, au moment de la Révolution. Il fit la première campagne du Piémont dans les armées de la République, et parvint rapidement au grade de général de brigade qui lui fut conféré en 1793. Général de division en 1795, il commanda l’aile droite de l’immortelle armée d’Italie, où il mérita le surnom d’enfant chéri de la victoire. On lui doit le gain de la célèbre bataille de Loano, dont nous allons tracer une courte esquisse.

Envoyé en Portugal en 1810 pour en chasser les Anglais, il échoua comme avaient échoué Junot et Soult ; mais il faut dire que les forces qu’il commandait étaient fort inégales, qu’il manquait de munitions et qu’il fut mal secondé.

Rentré en France, il fut mal accueilli par Napoléon qui ne l’employa pas dans les fameuses campagnes de 4812 et de 1813 ; mais, après la bataille de Leipzig, l’Empereur lui confia la 8e division militaire.

Louis XVIII le maintint dans ce poste, le fit commandeur de Saint-Louis et lui octroya des lettres de naturalisation, formalité passablement ridicule à l’égard du vainqueur de Zurich.

En 1815, il resta fidèle aux Bourbons aussi longtemps qu’il le put, n’accepta aucun service pendant les Cent-Jours, commanda la garde nationale sous le gouvernement provisoire, refusa de faire partie du conseil de guerre appelé à juger le maréchal Ney, fut dénoncé aux Chambres comme coupable de félonie au 20 mars, se justifia de cette calomnie et en mourut de chagrin le 4 avril 1817, âgé de 59 ans.

« Général d’un rare courage et d’une ténacité si remarquable, dont le talent croissait par l’excès du péril, qui, vaincu, était toujours prêt à recommencer comme s’il eût été vainqueur. »

{Mémorial de Sainte-Hélène.)

« Masséna était fortement constitué, infatigable, nuit et jour à cheval parmi les rochers et dans les montagnes. C’était le genre de guerre qu’il entendait spécialement. Il était décidé, brave, intrépide, plein d’ambition et d’amour-propre ; son caractère distinctif était l’opiniâtreté ; il n’était jamais découragé ; il négligeait la discipline ; soignait mal l’administration, et, par cette raison, était peu aimé du soldat. Il faisait assez mal les dispositions d’une attaque. Sa conversation était peu intéressante ; mais au premier coup de canon, au milieu des boulets et des dangers, sa pensée acquérait de la force et de la clarté. Était-il battu, il recommençait comme s’il eût été vainqueur. » (MONTHOLON.)

« Masséna était un homme d’un talent supérieur. Néanmoins, il faisait de mauvaises dispositions avant une bataille ; et ce n’était que lorsque les hommes tombaient de tous côtés qu’il commençait à agir avec le jugement qu’il aurait dû montrer auparavant. Au milieu des morts et des mourants, de la grêle de’ balles qui moissonnaient tout autour de lui, Masséna était toujours lui-même ; il donnait ses ordres et faisait ses dispositions avec le plus grand sang-froid. Voilà la vera nobilità di sanque. On disait avec vérité de Masséna qu’il ne commençait à agir avec discernement, que lorsque la chance d’une bataille se déclarait contre lui. C’était néanmoins un grand pillard. Il était toujours de moitié avec les fournisseurs et les commissaires de l’armée. Je lui dis plusieurs fois que, s’il voulait cesser ses spéculations, je lui ferais présent de 800,000 francs ou d’un million ; mais il en avait tellement pris l’habitude, qu’il ne pouvait s’empêcher de se mêler de ces sales intrigues pécuniaires. Il était haï, pour cela, par les soldats, qui se révoltèrent plusieurs fois contre lui. Cependant, c’était un homme précieux, et il eût été un grand homme, si ces qualités n’eussent été obscurcies par le vice honteux de l’avarice. » (O’MÉARA.)

Masséna
Biographie des célébrités militaires des armées de terre et de mer de 1789 à 1850
C. Mullié
M

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« Or cette classe ne comprend et ne croit à la longue, que ce qu’elle lit imprimé ; les bruits de société expirent avant de lui arriver ou s’effacent bientôt de sa mémoire. Il n’y avait au monde qu’un moyen de la rendre sensible à ce qu’elle ne lit pas imprimé ; c’était de l’alarmer sur les biens nationaux. Quant à Moreau, il fallait employer ce général, le mettre dans des circonstances où sa faiblesse parût dans tout son jour. Par exemple, lui faire perdre sa gloire par quelque expédition dans le genre de celle de Masséna en Portugal. »

Stendhal
Vie de Napoléon
Texte établi par Henri Martineau, Le Livre du divan, 1930 (Napoléon. Tome I, pp. 102-104).

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Rotunda da Boavista

ARNALDO GAMA – PORTO – PORTUGAL

PORTUGAL
PORTO

1828 Porto – 1869 Porto (Cemitério da Lapa – Cimetière de Lapa)

Arnaldo GAMA

Arnaldo de Sousa Dantas da Gama

Escritor e poeta português
Ecrivain et poète portugais

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arnaldo-gama-artgitato-porto 

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Volto ao Camões
por  Lima Barreto

Todos estes, para não falar em alguns outros mais, como Arnaldo Gama, Antero de Quental, Antônio Nobre, Pinheiro Chagas, Ramalho Ortigão; todos esses dizia são criadores, de algum modo originais, muitos deles concorreram para reformar a música do período português, deram-lhe mais números, mais plasticidade, inventaram muitas formas de dizer; mas, esses dois senhores a que aludi mais acima, sem concepção própria da vida, do mundo e da história do seu país, não vêm fazendo mais do que repetir o que já foi dito com tanta força de beleza pelos velhos mestres em glosar episódios de alcova da história anedótica portuguêsa, para gáudio das professoras públicas aliteratadas.

 

AUSTERLITZ SLAVKOV u BRNA 奥斯特利茨 Аустерлиц アウステルリッツ- Le Château – Les Jardins – La Bataille d’Austerlitz

Slavkov u Brna Austerlitz Tchéquie République Tchèque Artgitato (3)TCHEQUIE – Česká republika
AUSTERLITZ
SLAVKOV u BRNA
奥斯特利茨
アウステルリッツ
Аустерлиц

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La Bataille d'Austerlitz Par François Gérard

La Bataille d’Austerlitz par François Gérard

La Capitulation du général Mack et le défilé des troupes autrichiennes devant Napoléon Charles Thévenin
La Capitulation du général Mack et le défilé des troupes autrichiennes devant Napoléon
, par Charles Thévenin

Les Bivouacs d'Austerlitz par Louis-François LejeuneLes Bivouacs d’Austerlitz par Louis-François Lejeune

 

 

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Photos de Slavkov u Brna Jacky Lavauzelle
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AUSTERLITZ
アウステルリッツ
Аустерлиц
奥斯特利茨
SLAVKOV u BRNA

Le Château d’Austerlitz et son parc
Slavkovský zámek Zámecký park

La Ville de Slavkov u Brna
La Bataille d’Austerlitz
Bitva u Slavkova

Photos Jacky Lavauzelle
Artgitato





Slavkov u Brna Austerlitz Tchéquie République Tchèque Artgitato (2)
Letecký pohled na centrum Slavkova

Vue aérienne du centre de Slavkov u Brna

Slavkov u Brna Austerlitz Tchéquie République Tchèque Artgitato Eglise (1) Slavkov u Brna Austerlitz Tchéquie République Tchèque Artgitato Eglise (2) Slavkov u Brna Austerlitz Tchéquie République Tchèque Artgitato Eglise (3)

kaple sv. Jana Křtitele
Chapelle saint Jean-Baptiste

Slavkov u Brna Austerlitz Tchéquie République Tchèque Artgitato Eglise (4) Slavkov u Brna Austerlitz Tchéquie République Tchèque Artgitato Le Jardin du Château d'Austerlitz (1) Slavkov u Brna Austerlitz Tchéquie République Tchèque Artgitato Le Jardin du Château d'Austerlitz (2)

 

Slavkovský zámek – pohled z parku
Château de Slavkov – Vue du Parc

Slavkov u Brna Austerlitz Tchéquie République Tchèque Artgitato Le Jardin du Château d'Austerlitz (3)

Slavkov u Brna Austerlitz Tchéquie République Tchèque Artgitato Le Jardin du Château d'Austerlitz (4) Slavkov u Brna Austerlitz Tchéquie République Tchèque Artgitato Le Jardin du Château d'Austerlitz (5) Slavkov u Brna Austerlitz Tchéquie République Tchèque Artgitato Le Jardin du Château d'Austerlitz (6) Slavkov u Brna Austerlitz Tchéquie République Tchèque Artgitato Le Jardin du Château d'Austerlitz (7) Slavkov u Brna Austerlitz Tchéquie République Tchèque Artgitato Le Jardin du Château d'Austerlitz (8)

pohled z parku
Vue du Parc du Château

 

Slavkov u Brna Austerlitz Tchéquie République Tchèque Artgitato Le Jardin du Château d'Austerlitz (9) Slavkov u Brna Austerlitz Tchéquie République Tchèque Artgitato Le Jardin du Château d'Austerlitz (10) Slavkov u Brna Austerlitz Tchéquie République Tchèque Artgitato Le Jardin du Château d'Austerlitz (11) Slavkov u Brna Austerlitz Tchéquie République Tchèque Artgitato Le Jardin du Château d'Austerlitz (12) Slavkov u Brna Austerlitz Tchéquie République Tchèque Artgitato Le Jardin du Château d'Austerlitz (13)

Zámecký park
Parc du Château
Slavkov u Brna Austerlitz Tchéquie République Tchèque Artgitato Le Jardin du Château d'Austerlitz (14)
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La Bataille d’Austerlitz

AVANT LA BATAILLE

Soldats, l’armée russe se présente devant vous pour venger l’armée autrichienne d’Ulm. Ce sont ces mêmes bataillons que vous avez battus à Hollabrunn, et que depuis vous avez constamment poursuivis jusqu’ici.

Les positions que nous occupons sont formidables; et, pendant qu’ils marcheront pour tourner ma droite, ils me présenteront le flanc.

Soldats, je dirigerai moi-même tous vos bataillons ; je me tiendrai loin du feu, si, avec votre bravoure accoutumée, vous portez le désordre et la confusion dans les rangs ennemis ; mais, si la victoire était un moment incertaine, vous verriez votre Empereur s’exposer aux premiers coups, car la victoire ne saurait hésiter, dans cette journée surtout où il y va de l’honneur de l’infanterie française, qui importe tant à l’honneur de toute la nation.

Que, sous prétexte d’emmener les blessés, on ne dégarnisse pas les rangs, et que chacun soit bien pénétré de cette pensée, qu’il faut vaincre ces stipendiés de l’Angleterre qui sont animés d’une si grande haine contre notre nation.

Cette victoire finira notre campagne, et nous pourrons reprendre nos quartiers d’hiver, où nous serons joints par les nouvelles armées qui se forment en France; et alors la paix que je ferai sera digne de mon peuple, de vous et de moi.

Proclamation au bivouac avant la bataille d’Austerlitz
Napoléon Bonaparte
1er décembre 1805

*

APRES LA BATAILLE

Soldats,
Je suis content de vous. Vous avez à la journée d’Austerlitz justifié tout ce que j’attendais de votre intrépidité. Vous avez décoré vos aigles d’une immortelle gloire. Une armée de cent mille hommes commandée par les empereurs de Russie et d’Autriche a été en moins de quatre heures ou coupée ou dispersée. Ce qui a échappé à votre fer s’est noyé dans le lac. 40 drapeaux, les étendards de la Garde impériale de Russie, 120 pièces de canon, vingt généraux, plus de trente mille prisonniers sont le résultat de cette journée à jamais célèbre. Cette infanterie tant vantée et en nombre supérieur n’a pas résisté à votre choc, et désormais vous n’avez plus de rivaux à redouter, ainsi en deux mois cette troisième coalition a été vaincue et dissoute. La paix ne peut plus être éloignée, mais, comme je l’ai promis à mon peuple, avant de passer le Rhin, je ne ferai qu’une paix qui nous donnera une garantie et amènera des récompenses à nos alliés.

Soldats, lorsque le Peuple français plaça sur ma tête la Couronne impériale, je me confiais à vous pour la maintenir toujours dans ce haut éclat de gloire qui seul pouvait lui donner du prix à mes yeux. Mais dans le même moment nos ennemis pensaient à la détruire et à l’avilir, & cette Couronne de fer conquise par le sang de tant de Français, ils voulaient m’obliger à la placer sur la tête de vos plus cruels ennemis, projets de souverains et insensés que le jour même de l’anniversaire du Couronnement de votre Empereur, vous avez anéantis et confondus. Vous leur avez appris qu’il est plus facile de vous braver et de vous menacer que de vous vaincre.

Soldats, lorsque tout ce qui est nécessaire pour assurer le bonheur & la prospérité de notre patrie sera accompli, je vous renverrai en France ; là, vous serez l’objet de ma plus tendre sollicitude. Mon peuple vous reverra avec des transports de joie, et il vous suffira de dire : j’étais à la bataille d’Austerlitz pour que l’on réponde : voilà un brave.
De notre camp impérial d’Austerlitz le 12 frimaire an 14.
Napoléon.

Napoléon Bonaparte
Proclamation après la bataille d’Austerlitz
3 décembre 1805

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Les positions françaises (en blanc) et austro-russes (en noir) à la veille de la bataille
Les positions françaises (en blanc) et austro-russes (en noir) à la veille de la bataille

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NAPOLEON A AUSTERLITZ

 En l’année 1804, Napoléon fut élu empereur par le peuple français. Comme les Autrichiens étaient encore en guerre avec nous, il voulut aller les battre dans leur pays.
Il les attaqua près d’Austerlitz. Vous le voyez sur son cheval ; quelques officiers sont derrière lui.
Il est coiffé d’un petit chapeau sans galons, ni dorure.
Il est vêtu d’une simple redingote grise. Il regarde au loin ses soldats qui attaquent les ennemis rangés sur une colline.
Il écoute le bruit des coups de fusil et des coups de canon, et la voix de ses soldats qui chantent :
« On va leur percer le flanc. Ra ta plan, tire lire lire. »
Les musiques accompagnent la chanson des soldats.
C’est un bruit d’enfer. Il est content, l’Empereur. Nos soldats ont escaladé la colline, baïonnette en avant ; les ennemis se sauvent.
Il est content.
Il lève le bras. Savez-vous pour quoi faire ?
Il va priser. Toutes les fois qu’il était content, il prenait prise sur prise de tabac.
Le lendemain, il dit à ses soldats : « Soldats, je suis content de vous ! Quand vous serez retournés en France, il vous suffira de dire : « J’étais à Austerlitz », pour qu’on vous réponde : « Voilà un brave ».

Ernest Lavisse
Histoire de France 
Cours élémentaire
Armand Colin
1913 pp. 146-152