Archives par mot-clé : 1933

TRADUCTION RUSSE Jacky Lavauzelle Французский перевод текстов на русском языке

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Traduction Russe Jacky Lavauzelle
Жаки Лавозель
ARTGITATO
Французский перевод текстов на русском языке
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Traductions Artgitato Français Portugais Latin Tchèque Allemand Espagnol

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TRADUCTION RUSSE

Французский перевод текстов на русском языке

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 Анна Ахматова
Anna Akhmatova

Тихо льется тихий Дон Coule tranquillement le calme Don
Любовь – L’Amour (1911)
Музыка – La Musique (1958)

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Alexandre Blok
Алекса́ндр Алекса́ндрович Блок

В море – En Mer (1898)
Девушка пела в церковном хоре – Elle chante dans le chœur de l’Eglise (1905)
По берегу – Sur le Rive (1903)
скифы – les Scythes (1918)

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 Prince Alexandre Chakhovskoy

Le Cosaque poète
Saint-Pétersbourg – 1812

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Sergueï Essénine
Сергей Александрович Есенин

LA POESIE de Sergueï Essénine
поэзия есенина  

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Ivan Krylov

le Magasin à la mode

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Mikhaïl Lermontov
Михаил Юрьевич Лермонтов

La Poésie de Lermontov
Стихи Лермонтова

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Vladimir Maïakovski
Владимир Владимирович Маяковский

Poèmes
Поэмы

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Ossip Mandelstam
О́сип Эми́льевич Мандельшта́м

стихи о сталине
Poème sur Staline
novembre 1933





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B Okoudjava & V Kikabidze

  LES PEPINS DE RAISIN
Виноградную косточку

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Alexandre Pouchkine
Александр Сергеевич Пушкин

Poésie – Поэзия А. С. Пушкина
poemes-de-alexandre-pouchkine-artgitatopushkin-alexander

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 Anton Tchekhov
Антон Павлович Чехов

Les pièces de Théâtre – Театр

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Fiodor Tiouttchev
Федор Тютчев

La poésie de Fiodor Tiouttchev
стихи федор тютчев

Fiodor Tiouttchev Poèmes Poésie Artgitato Les poèmes de Fiodor Tiouttchev

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Ivan Tourgueniev
Иван Сергеевич Тургенев

Собака – Mon Chien (février 1878)
русский язык – La Langue Russe (juin 1882)

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Vladimir Vyssotski
Владимир Семёнович Высоцкий

Les Coupoles – Купола

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Boulat Okoudjova
Булат Шалвович Окуджава

Tant que la terre continue de tourner

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Vladislav Ozerov
Владислав Александрович Озеров

Fingal
Tragédie en trois actes
1805

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 Denis Fonvizine
Денис Иванович Фонвизин

Le Dadais ou l’Enfant gâté
1782

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Французский перевод текстов на русском языке

TRADUCTION RUSSE

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DE L’ART DE TRADUIRE LE RUSSE

Je viens d’indiquer la double valeur des écrits de Pouchkine : l’auteur de Poltava a renouvelé, comme prosateur, la langue russe, en même temps qu’il ouvrait à ses contemporains, comme poète, des sources nouvelles d’inspiration. On sait aussi quel accueil la Russie a fait à cet interprète de la pensée nationale. Quant à l’Europe, il faut le dire, elle est restée trop indifférente au rôle que Pouchkine a joué dans son pays. La France surtout n’a eu longtemps qu’une idée vague de ce grand mouvement littéraire commencé et dirigé par un seul homme. Ici même cependant, une étude biographique sur Pouchkine avait déjà indiqué l’importance de ses travaux. Pendant longtemps, on a pu s’étonner qu’une plume française ne cherchât point à le traduire. Aujourd’hui cette tâche a été abordée ; mais peut-on la regarder comme remplie ? L’auteur de la traduction française de Pouchkine qui vient d’être publiée n’a point paru se douter des difficultés que présentait un pareil travail. Il y avait là des écueils et des obstacles qui imposaient au traducteur un redoublement d’efforts. L’art de traduire, surtout lorsqu’il s’applique à la poésie, suppose une sorte d’initiation qui ne s’achète qu’au prix de veilles laborieuses. Les vulgaires esprits seuls peuvent s’imaginer qu’il suffit, pour traduire un poète, de rendre ses vers dans un autre idiome, sans s’inquiéter d’ailleurs de la physionomie, du mouvement, des nuances infinies de la pensée, des mille finesses du style. Or, ce ne sont point-là des choses qui aient leur vocabulaire écrit et ce sont pourtant des choses qu’il faut traduire, ou du moins indiquer : elles demandent une intelligence vive et délicate pour les saisir, une plume habile et souple pour les rendre. Pour transporter d’ailleurs dans son propre idiome les richesses d’une langue étrangère, il y a une première condition à remplir ; est-il besoin de la rappeler ? C’est la connaissance parfaite de la langue dont on veut révéler à son pays les richesses littéraires. Qu’on y songe, l’idiome russe est le plus difficile des idiomes européens, il est difficile même pour les Russes qui n’en ont pas fait l’objet d’une étude sérieuse. C’est une langue dont le sens positif varie à l’infini et dont le sens poétique varie encore davantage : langue souple et rude, abondante et imagée, dont l’origine, les accidents, l’esprit, l’allure, les procédés, n’offrent aucune analogie avec nos langues d’Occident. Le traducteur français des œuvres de Pouchkine a échoué pour n’avoir point compris les exigences de sa tâche. Il importe qu’on ne l’oublie pas, une traduction de ce poète exige une connaissance intime et approfondie, non-seulement de la grammaire et du vocabulaire russes, mais des finesses et des bizarreries de la langue ; elle exige aussi un long commerce avec ce génie si original, si en dehors de toute tradition européenne. Tant que cette double condition n’aura pas été remplie, notre pays, nous le disons à regret, ne connaîtra qu’imparfaitement la valeur et l’originalité du poète russe.

Pouchkine et le mouvement littéraire en Russie depuis 40 ans
Charles de Saint-Julien
Revue des Deux Mondes
Œuvres choisies de Pouchkine, traduites par M. H. Dupont
T.20 1847

CAVAFY POEMS – ΘΕΡΜΟΠΥΛΕΣ – 1903 – LES THERMOPYLES

Cavafy Poems
Κωνσταντίνος Πέτρου Καβάφης

Traduction – Texte Bilingue
Constantin Cavafy poet
ποίημα από Κωνσταντίνος Καβάφης
Θερμοπύλες
ΘΕΡΜΟΠΥΛΕΣ
Poesi
Poésie


LITTERATURE GRECQUE
POESIE GRECQUE

Ελληνική λογοτεχνία
Ελληνική ποίηση

Constantin Cavafy

ΘΕΡΜΟΠΥΛΕΣ

LES THERMOPYLES

Τιμή σ’ εκείνους όπου στην ζωή των
Grandeur à ceux pour qui la vie
ώρισαν και φυλάγουν Θερμοπύλες.
a été de garder et de défendre Thermopyles.
Ποτέ από το χρέος μη κινούντες·
Depuis ce devoir a toujours été honoré ;
δίκαιοι κ’ ίσιοι σ’ όλες των τες πράξεις,
équitables et droits sont-ils dans tous leurs actes
αλλά με λύπη κιόλας κ’ ευσπλαχνία·
mais toujours avec pitié et compassion ;
γενναίοι οσάκις είναι πλούσιοι, κι όταν
courageux quand ils sont riches, et quand

είναι πτωχοί, πάλ’ εις μικρόν γενναίοι,
Ils sont pauvres, un plus petit courage mais loyal,
πάλι συντρέχοντες όσο μπορούνε·
secourables autant qu’ils le peuvent ;
πάντοτε την αλήθεια ομιλούντες,
toujours disant la vérité,
πλην χωρίς μίσος για τους ψευδομένους.
mais sans haine pour les charlatans.
Και περισσότερη τιμή τούς πρέπει
Mais ils doivent plus d’honneurs
όταν προβλέπουν (και πολλοί προβλέπουν)
à prévoir quand (et beaucoup prédisent)
πως ο Εφιάλτης θα φανεί στο τέλος,
Le traître Ephialte reviendra finalement,
κ’ οι Μήδοι επί τέλους θα διαβούνε.
et quand les Mèdes alors traverseront.

Από τα Ποιήματα 1897-1933
Des poèmes 1897 -1933
ποίημα από Κωνσταντίνος Καβάφης
Θερμοπύλες

Komm in den totgesagten park Stefan George poems – Viens voir le parc que l’on dit mort

Stefan George Gedicht
LITTERATURE ALLEMANDE
Komm in den totgesagten
Viens voir le parc que l’on dit mort
Deutsch
Literatur

STEFAN GEORGE

1868 – 1933

 

Traduction Jacky Lavauzelle

——–

Komm in den totgesagten
x

Viens voir le parc que l’on dit mort

Komm in den totgesagten park und schau:
Viens voir le parc que l’on dit mort et regarde :
Der schimmer ferner lächelnder gestade
Le miroitement joyeux des reflets sur la bordure
Der reinen wolken unverhofftes blau
Ce bleu d’un ciel pur inattendu
Erhellt die weiher und die bunten pfade.
Qui éclaircit l’étang et colore les sentiers.

*

 Dort nimm das tiefe gelb – das weiche grau
Là, tu prendras ce jaune profond ce gris fondant
Von birken und von buchs – der wind ist lau
Des bouleaux et des buis le vent est calme
Die späten rosen welkten noch nicht ganz
Les roses tardives ne sont pas encore tout à fait desséchées
Erlese küsse sie und flicht den kranz.
Embrasse-les et tisse ta guirlande.

*

 Vergiss auch diese letzten astern nicht
N’oublie pas ces derniers asters
Den purpur um die ranken wilder reben
Ni la pourpre attachée aux vrilles des vignes sauvages
Und auch was übrig blieb von grünem leben
Et ce qui reste de cette vie verdoyante
Verwinde leicht im herbstlichen gesicht.
Assemble-là légèrement au visage de l’automne.

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Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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Komm in den totgesagten  Stefan George

Poème de Stefan George
Stefan George Gedicht
Stefan George Poems

Stefan George Poems – Vogelschau – Stefan George – Poème de 1892 – LE SPECTACLE DES OISEAUX

Stefan George Gedicht
LITTERATURE ALLEMANDE
Vogelschau
Deutsch Literatur

 

STEFAN GEORGE

1868 – 1933

 

Traduction Jacky Lavauzelle

——–

Vogelschau
1892

Le Spectacle des Oiseaux

Weisse schwalben sah ich fliegen 
Les blanches hirondelles, je les ai vues voler
Schwalben schnee- und silberweiss 
D’une blancheur de neige et d’un blanc argenté
Sah sie sich im winde wiegen 
Je les ai vues danser dans le vent
In dem winde hell und heiss
Dans les vents chauds et lumineux.

*

Bunte häher sah ich hüpfen 
Les geais colorés, je l’ai ai vus rebondir
Papagei und kolibiri
Les perroquets et aussi les colibris
Durch die wunder-bäume schlüpfen
Glisser à travers les arbres merveilleux
In dem wald der Tusferi.
Dans la forêt de Tusféri.

*

Grosse raben sah ich flattern
Des énormes corbeaux, j’ai vu le vol appesanti
Dohlen schwarz und dunkelgrau
des choucas noirs et gris foncé
Nah am grunde über nattern
Prêts à fondre sur des serpents
  Im verzauberten gehau.
Sur des lisières ensorcelées.

*

Schwalben seh ich wieder fliegen 
Des hirondelles j’ai vu voler à nouveau
Schnee- und silberweisse schar 
Masse blanche neigeuse et argentée
 Wie sie sich im winde wiegen
Comme elles se balançaient dans le vent
In dem winde kalt und klar!
Dans le vent froid et lumineux !

 

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Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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Vogelshau Stefan George 1892 Le Spectacle des oiseaux

Poème de Stefan George
Stefan George Gedicht
Stefan George Poems

MURAILLES – Τείχη καβάφης Poème Grec de Constantin CAVAFY – Κωνσταντίνος Πέτρου Καβάφης – MURAILLES

Grèce – Ελλάδα

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Traduction Jacky Lavauzelle*******

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Constantin Cavafy poèmes
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LITTERATURE GRECQUE
POESIE GRECQUE

Ελληνική λογοτεχνία
Ελληνική ποίηση

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Constantin Cavafy
1863 – 1933

Traduction Jacky Lavauzelle

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Traduction Jacky Lavauzelle


LES POEMES GRECS

 Τείχη

Murailles

 

Χωρίς περίσκεψιν, χωρίς λύπην, χωρίς αιδώ
Sans contrepartie, sans pitié, sans honte
μεγάλα κ’ υψηλά τριγύρω μου έκτισαν τείχη.
de grands et hauts murs se sont construits autour de moi.

*

Και κάθομαι και απελπίζομαι τώρα εδώ.
Et maintenant je suis assis ici et désespéré.
Άλλο δεν σκέπτομαι: τον νουν μου τρώγει αυτή η τύχη·
Je ne pense plus qu’à ceci : mon esprit doit vivre cette infortune ;

*

διότι πράγματα πολλά έξω να κάμω είχον.
car tant de choses m’attendent.
A όταν έκτιζαν τα τείχη πώς να μην προσέξω.
Mais comment ont-ils construis ces murs sans que n’y prête attention ?

*

Aλλά δεν άκουσα ποτέ κρότον κτιστών ή ήχον.
Je n’ai jamais entendu aucun bruit ni mots des maçons.
Aνεπαισθήτως μ’ έκλεισαν από τον κόσμον έξω. 
Petit à petit, ils m’ont isolé du monde extérieur.

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Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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LA POESIE GRECQUE EN GRECE 

Le langage est ce qu’il y a en Grèce de plus antique. C’est un grand charme pour celui qui a voué un culte à l’antiquité grecque d’entendre parler grec autour de lui, de reconnaître dans les conversations d’un guide ou d’un marinier tel mot qu’il n’avait jusque-là rencontré que dans Homère. Il semble alors qu’on est réellement transporté dans la Grèce antique ; on est tenté de dire aux passans, comme Philoctète à ses compatriotes retrouvés dans Lemnos : je veux vous entendre, et de s’écrier comme lui, ô langage bien aimé ! Mais, pour se livrer à ce transport, il faudrait, dira-t-on, que ce langage fût celui des anciens Hellènes, et non pas un dérivé imparfait que défigure une prononciation bizarre. A cela on peut répondre : Quant à la prononciation, il n’y a pas de raison pour que les descendans de Périclès adoptent le système qu’un savant Hollandais a imaginé au XVIe siècle. Du reste la question est délicate et ne saurait être traitée ici. Qu’il suffise d’affirmer que plusieurs règles de prononciation, adoptées par les Grecs modernes, remontent à la plus haute antiquité, et que l’on trouve déjà dans le second siècle de notre ère des exemples de l’iotacisme, c’est-à-dire de ê, ei, oi, prononcés i, bien que l’iotacisme ne paraisse avoir été définitivement et complètement constituée qu’au Xe ou XIe siècle.

Dans le langage populaire de certaines parties de la Grèce, on retrouve quelques vestiges des dialectes qui y furent parlé autrefois. En général, les anciens dialectes grecs ont péri par suite de la conquête, qui les a éteints avec la vie locale des pays subjugués. Cependant ils n’ont pas disparu entièrement ; on retrouve des traces assez nombreuses du dialecte œolien dans la Béotie et la Phocide, et dans un canton montagneux du Péloponèse, la Tzaconie, le dialecte dorien s’est merveilleusement conservé un certain nombre de mots grecs oubliés par le temps ont été remplacés dans l’usage par une autre expression : ainsi, trecho, courir, au lieu de dremo ; au lieu d’artos, pain, psomi. Eh bien ! il arrive que le vieux mot grec oublié se retrouve dans un coin de la Grèce, par exemple dremo dans les villages du Parnasse…

Jean-Jacques Ampère
La poésie grecques en Grèce
Seconde Partie
Revue des Deux Mondes, tome 7, 1844

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Constantin Cavafy
Έλληνα ποιητή
Cavafy Poèmes

 

Til dig Olaf Bull – Poème norvégien d’Olaf BULL – Pour Toi

Olaf Bull
oversettelse-traduction

Traduction – Texte Bilingue
Olaf Bull
Poésie
Poesi

LITTERATURE NORVEGIENNE
norsk litteratur
POESIE NORVEGIENNE
norsk poesi

Olaf BULL
1883-1933

norsk poet
poète norvégien

Traduction Jacky Lavauzelle

Til dig

POUR TOI

Til dig, du kjæreste, kun dig,
Pour toi, ma très chère, seulement pour toi,
min deilige vår, min ungdom,
mon beau printemps, ma jeunesse,
mit følge på somrens vei – !
suis-moi sur cette route estivale !

*

Husker du forårets tid dér,
Te souviens-tu du temps l’année dernière,
 hvor veien kom gjennem parken
sur cette route à travers le parc
under de solblå trær ?
sous les arbres ensoleillés ?

*

Det bugned og sprak i ru mark,
Tant de maux et de mots,
 og stammerne drak af solen
et devant nous ce soleil sur les troncs
gjennem den brustne bark!
à travers l’écorce ouverte !

*

Du bar med et trodsigt og blankt smil
Avec ton éclatant sourire brillant et déterminé
din herlige dronningkappe,
ta belle robe de reine,
overgydt af April !
qu’Avril avait laissé là !

*

Dit hår var en skinnende ung fest,
De tes cheveux ensoleillés et éclatants,
 hvor blomsterne slang og svinget
les fleurs se développaient et pivotaient
slig som de kunde det best –
autant qu’elles le pouvaient …

*

Da syntes vi begge, vor blå vår
Alors nous réalisions tous deux que notre printemps bleuté
burde jo ha som sommer
durerait cet été
alle de kommende år !
tout le reste de l’année !

 

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Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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Til dig Olaf Bull – Poème Norvégien
pour toi Olaf Bull
  Olaf Bull  poesi
poésie de  Olaf Bull

Olaf Bull oversettelse

стихи о сталине мандельштама- Poème sur Staline de MANDELSTAM

ARTGITATO
MANDELSTAM poems
Мандельшта́м стихи
стихи о сталине мандельштама

русский поэт- Poète Russe
русская литература
Littérature Russe

OSSIP MANDELSTAM
О́сип Эми́льевич Мандельшта́м

 

Мандельшта́м
1880-1921

 


Стихи о Сталине
[
стихотворение]
Poème sur Staline
[Poème]


*

Ноябрь 1933, Москва
Novembre 1933, Moscou

Мы живем, под собою не чуя страны,
Nous vivons mais sous nos pas le pays ne vit plus,
Наши речи за десять шагов не слышны,
Nos discours chuchotés ne sont plus entendus,

А где хватит на полразговорца, 
Et où se trouve une langue bien pendue,
Там припомнят кремлевского горца.
on entend les échos du montagnard du Kremlin.

Его толстые пальцы, как черви жирны,
Ses gros doigts comme des vers, graisseux,
А слова, как пудовые гири верны.
Et des mots lourds et précis comme une enclume.

Тараканьи смеются усища,
Des cafards s’agitent quand sa moustache rit,
И сияют его голенища.
Et ses bottes semblent des phares.

А вокруг его сброд тонкошеих вождей,
Et autour des dirigeants s’agitent comme des poulets,
Он играет услугами полулюдей.
Lui joue au milieu de ces portions.

Кто свистит, кто мяучит, кто хнычет,
L’un qui siffle, l’autre qui miaule, celui-ci qui pleurniche,
Он один лишь бабачит и тычет.
Il est le seul qui vocifère et qui exige.

Как подковы кует за указом указ —
Quant aux fers il les forge décret après décret…
Кому в пах, кому в лоб, кому в бровь, кому в глаз.
Dans le flanc, dans le front, dans le poitrail et dans l’œil.

Что ни казнь у него, — то малина
Quelle que soit la souffrance il s’en délecte comme avec des framboises
И широкая грудь осетина.
L’Ossète à large poitrine.

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Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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Стихи о Сталине Мандельштáма 1933
 Poème sur Staline Ossip Mandelstam 1933

стихи о сталине мандельштама

THE FOLLY OF BEING COMFORTED Yeats Texte Bilingue – LA FOLIE D’ÊTRE RECONFORTE – VERSIONS 1902 & 1933

ARTGITATO

William Butler Yeats
Irish poet – Poète Irlandais
English literature English poetry
Littérature Anglaise – Poésie Anglaise
The Folly of Being Comforted Yeats 1904
VERSION 1902 & VERSION 1933

 

the folly of being comforted yeats Traduction Artgitato & Texte anglais

YEATS
1865-1939

[In the Seven Woods- 1904]

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE


THE FOLLY OF BEING COMFORTED
poem
La Folie d’être réconforté
[Poème]

VERSION 1902

 One that is ever kind said yesterday:  
Une femme qui a toujours été bienveillante m’a déclaré hier:
“Your well beloved’s hair has threads of grey, 
« Les cheveux de votre bien-aimée ont des fils gris,
And little shadows come about her eyes; 
Et de petites ombres apparaissent autour de ses yeux;
Time can but make it easier to be wise,  
Le temps ne peut que rendre plus facile d’être sage,
Though now it’s hard, till trouble is at an end;    




Bien que maintenant ce soit difficile, jusqu’à ce que ce que le trouble se termine ;
And so be patient, be wise and patient, friend.”  
Mais sois patient, sois sage et patient, ami. « 
But heart, there is no comfort, not a grain; 
Mais pour le cœur, il n’y a pas de réconfort, pas un grain;
Time can but make her beauty over again:
 Le temps peut faire que sa beauté renaisse :
 Because of that great nobleness of hers; 
En raison de cette grande noblesse qui est la sienne;
The fire that stirs about her, when she stirs     
Le feu qu’elle suscite autour d’elle, quand elle se meut,
Burns but more clearly. O she had not these ways,  
N’en brûlera que plus clairement. O elle n’avait pas ces manières
When all the wild Summer was in her gaze.  





Quand toute l’ardeur de l’été était dans son regard.
O heart! O heart! If she’d but turn her head,
cœur! O cœur! Si elle tournait la tête,
You’d know the folly of being comforted.
Tu saurais la folie d’être réconforté.

——

VERSION 1933

 One that is ever kind said yesterday:  
Une femme qui a toujours été bienveillante m’a déclaré hier:
“Your well beloved’s hair has threads of grey, 
« Les cheveux de votre bien-aimée ont des fils gris,
And little shadows come about her eyes; 
Et de petites ombres apparaissent autour de ses yeux;
Time can but make it easier to be wise,  
Le temps ne peut que rendre plus facile d’être sage,
Though now it seems impossible, and so
Bien que maintenant cela semble impossible, et ainsi 
All that you need is patience.’
Tout ce dont vous avez besoin : c’est la patience. « 
     Heart cries, `No,




Le cœur crie : `Non,
I have not a crumb of comfort, not a grain.
Je n’ai pas une miette deconfort, pas un grain.
Time can but make her beauty over again:
Le temps peut faire que sa beauté renaisse :
Because of that great nobleness of hers




En raison de cette grande noblesse qui est la sienne
The fire that stirs about her, when she stirs,
Le feu qu’elle suscite autour d’elle, quand elle se meut,
Burns but more clearly. O she had not these ways
N’en brûlera que plus clairement. O elle n’avait pas ces manières
When all the wild summer was in her gaze.’




Quand toute l’ardeur de l’été était dans son regard. »

O heart! O heart! If she’d but turn her head,
cœur! O cœur! Si elle tournait la tête,
You’d know the folly of being comforted.
Tu saurais la folie d’être réconforté.

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Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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the foly of being comforted Yeats 1904

Henriette CHARASSON – EN CHEMIN DE FER – Le Déraillement des êtres

HENRIETTE CHARASSON
EN CHEMIN DE FER

LE DERAILLEMENT
DES ÊTRES

En Chemin de fer Henriettre Charasson Artgitato

Pièce en un acte

Henriette Charasson décrit dans son En chemin de fer le hasard des vies et des rencontres dans le cadre rigide du temps inchoatif. Rien n’est plus sûr que la matérialité, la linéarité et la régularité de la voie du chemin de fer et de sa direction claire et précise. Rien n’est plus hasardeux que nos vies. Et le hasard lui-même n’est rien. Il y a les incompréhensions et les solitudes. Toutes nos conduites s’étalent et se répandent dans le temps. Mais nos sens nous trompent et nos mémoires aussi.

ENCORE SEDUISANT

La première représentation d’En Chemin de fer a lieu le 30 septembre 1933 au Théâtre du Grand-Guignol à Paris. Deux hommes occupent un wagon de première classe, Louis Taillandier, 45 ans, qui sera joué par R. de Névry et M. Bouchaud, 50 ans, joué par Pierre Assy. Louis est présenté comme « un monsieur « bien », rasé, grand, minces ; des cheveux qui grisonnent aux tempes, quelques rides nettes. En somme, élégant et encore séduisant. » L’espérance de vie en 1933, pour un homme, était de 54 ans et 59 ans pour une femme. Les âges de notre quadragénaire et de notre quinqua prennent une importance majeure dans la tenue des propos de notre pièce.

Le train fonctionne comme une linéarité temporaire. Il est le temps qui passe. Le présent reste ce qui défile, comme ces arbres qui rayent le paysage. Le présent n’est donc pas saisissable. La première action de Louis : regarder sa montre. Sa première réplique : « –Nous n’en avons plus pour longtemps. » A cela, M. Bouchaud répond, en riant, « -Vous, un peu plus que moi, tout de même. »

UNE NUQUE QUI PIQUE

Bien sûr, Louis descendra avant, mais il est aussi plus vieux et la mort s’approche. Mais, si entre les deux, il n’y a que « douze minutes », Henriette Charasson marque aussi la relativité du temps sur terre. Louis, dit-elle, est encore séduisant, et c’est sur ce point qu’insiste M. Bouchaud : « – Vous plaisez beaucoup aux femmes et que vous n’avez jamais l’air de vous en apercevoir. Parce que, tout ‘quadragénaire’ que vous êtes…vous plaisez en particulier aux jeunes filles. » Louis semble s’en être détaché, «je n’ai pas de plaisir à voir les genoux de mon interlocutrice – et même parfois plus haut – et je n’ai pas envie de poser mes lèvres sur une nuque qui pique. Une jeune fille, pour moi, c’était autre choses que ces copains effrontés et autoritaires. »

Le temps court de la vie correspond au temps rapide du parcours en train avec des arrêts qui se succèdent et des personnages qui se rencontrent. Ce temps court est matérialisé aussi par la durée courte de la pièce, saynète présentée au Grand-Guignol. Marcelle Maurette dans La Rampe soulignait que cette pièce et deux autres, sont « trois petits instantanés « à la manière de Becque…En Chemin de Fer, Une Robe de soie, …Deux minutes d’une vie, mais deux minutes à prolongements, sensibles, profondes. Un ancien amoureux dédaigné qu’on prend pour un autre, adoré jadis, au hasard d’une rencontre en wagon…Deux minutes, je vous dis. Elles font penser… »

AU REVOIR SEDUCTEUR

Henriette Charasson nous montre un personnage qui ne correspond pas avec son image. Il n’est pas l’amoureux que voit M. Bouchaud, mais il souhaiterait avoir été l’amoureux de la dame qui rentre après la sortie de ce dernier, qui part avec un «- Au revoir, séducteur ! ».

Il pense avoir retrouvé un de ses premiers flirts. D’abord distante. Elle ne « tient pas à prolonger l’entretien » Elle a 42 ans. L’âge est là mais un âge assumé. « Les yeux sont cernés, les paupières un peu flétries, comme une soie trop portée. Un visage émouvant par le contraste de ce qu’il garde d’éternellement jeune avec ce que la vie a dû lui apporter de science et de douleur. Quarante-deux ans élégants, distingués, séduisants encore, mais sans beaucoup d’apprêts : la femme « installée » dans la vie et qui ne cherche plus à plaire, qui n’est plus coquette que par ce qu’elle doit à sa situation mondaine. »

ET PUIS LES MAINS

En enlevant son chapeau, il la reconnaît. Pour Louis, elle reste toujours la même que dans sa jeunesse. Comme si le temps n’avait pas d’influence. « Vous n’avez pas changé ! Je vous ai reconnue dès que vous avez défait votre col. Et puis à la silhouette. Vous êtes aussi mince qu’autrefois. » Madeleine est consciente de sa ligne préservée, mais reconnaît aussi que le ravage du temps se voit sur son visage. Louis la rassure : «- C’est pourtant au visage que j’ai su avec certitude que c’était vous. Les yeux et …tout. Et puis les mains. »

LE COEUR EN EMOI

Elle ne se souvient pas de Louis, mais les efforts de Louis, lui font revenir la mémoire. Elle reconnaît M. Taillandier. Mais elle pense au frère de Louis. Un frère qu’elle a aimé.

Le quiproquo est installé. Arrive une phase d’exaltation et d’excitation. Sous le coup de cette foudroyante hypermnésie, les souvenirs s’accumulent avec une étonnante richesse. Les deux êtres se rapprochent. Le cœur est en émoi.

J’APERCEVAIS VOTRE ROBE AVANT TOUTES LES AUTRES

Louis qui pense être celui-là se lâche et avoue son amour de jeunesse : « Je vous ai aimée, Madeleine. Je vous ai aimée de tout mon cœur. Vous étiez tellement différentes des autres, tellement tout ce que je rêvais ! Je n’ai jamais pu me décider à me marier, parce que la seule femme que j’aurais pu aimer tout à fait, c’était vous. Et, vous voyez…c’était un amour bien sincère et bien solide puisque je suis ému devant vous vingt ans comme je l’étais là-bas, quand j’arrivais et que j’apercevais votre robe avant toutes les autres. » Madeleine qui pense qu’il s’agit de son frère avoue aussi, à l’époque, qu’elle était amoureuse, « mais j’avais peur de vous. Je vous aimais tellement voyez-vous ; je vous ai aimé comme vous m’aimiez ! … J’attendais toujours ; et je me disais : « Peut-être va-t-il se mettre à m’aimer ! »

LES VOIES S’ECARTENT DEFINITIVEMENT

Les mains se prennent et un amour semble renaître. Jusqu’au moment où elle l’appelle Pierre. Son frère, le « spirituel ». Lui, Louis, restait ce frère qui à l’époque l’ « l’agaçait ». La rencontre se termine avec deux adieux embarrassés.

Dans l’œuvre, les êtres ne sont jamais sur la même voie. Quand ils se rencontrent, les voies, qui semblaient se rapprocher, s’écartent brusquement. Et les êtres déraillent. Même le mariage de Madeleine n’est pas une rencontre. « Pour faire plaisir à mon père. J’avais vingt-trois ans, vous comprenez, et il était malade. Oh ! Mon mari est bon, dévoué, honnête… »

LA VIE A CÔTE

Les êtres en sortant du train sortent du temps. Le quotidien est là, plus fort. « Madeleine écrase une larme au coin de ses yeux du bout du doigt et reprend sa revue avec un soupir. » La vie est passée à côté.

Jacky Lavauzelle

Première le 30 septembre 1933
Au Théâtre du Grand-Guignol

La Petite Illustration n°652 du 9 décembre 1933
Lors de la première :
R. DE NEVRY dans le rôle de Louis Taillandier, 45 ans
Pierre ASSY dans le rôle de Monsieur Bouchaus, 50 ans
Andrée MERY dans le rôle de Madeleine, 42 ans.

Photo Artgitato avec la photo de G.L. Manuel Frères parue dans la Petite Illustration.

 

Man’s Castle : SPENCER TRACY MET DES VOILES DANS LES YEUX DE LORETTA YOUNG (Man’s Castle 1933)

Frank Borzage

 Ceux de la zone
(Man’s Castle – 1933)

Man's Castle Frank Borzage Artgitato 2

 SPENCER TRACY
met des voiles
dans les yeux de
LORETTA YOUNG

 LES PIGEONS NON PLUS, MAIS ILS MANGENT !

L’Amérique compte 12 millions de chômeurs. Spencer Tracy, un brin racaille, dans le rôle de Bill, balade sa superbe dans un New-York en crise. Il nourrit les pigeons.
Regardez les pigeons qui volent autour des deux corps qui se rapprochent. « Je n’ai pas d’argent ! » « Les pigeons non plus mais ils mangent ! », et invite la belle Trina (Loretta Young) dans un des plus chics restaurants de la ville. Sans un sou en poche. Ce qui le sauve : son bagou. Il n’hésite pas une seconde à prendre de face le patron du restaurant et d’improviser un speech grandiloquent sur la crise. Ils sortiront en seigneur et maître sans n’avoir rien payé.

Bill utilise la force de ces mots, plus que ces poings. Il nomme chacun des pigeons, « c’est Oliver Twist, il en redemande toujours. »

Trina, plus apeurée qu’un pigeon, affamée,  esseulée, se laisse conduire par les mots convaincants de Bill.

ALORS, C’EST VOUS QUI REGALEZ !

Quand il appelle ce patron, c’est avec nœud papillon blanc et cigare au bec. Ecoutez la diatribe de Bill, en avocat des plus malheureux : « Prenez cette jeune femme, il y a une heure, elle mourait de faim, alors je l’ai emmenée ici. Elle dit qu’elle n’a jamais aussi bien mangé. Le plus drôle, c’est qu’elle n’a pas un sou. Et moi non plus. Alors, c’est vous qui régalez ! Alors, il y a plusieurs solutions. Vous pouvez appeler les flics et on ira en taule. On sera nourris par l’Etat pendant trente jours minimum. Plus on sera nourris, plus vous paierez d’impôts. J’ai pas fini ! Ce restaurant jette en une semaine de quoi nourrir mille personnes. Alors vous pouvez régaler de temps en temps. J’ai tort ? »

POURRIR, VOILA CE QUI ARRIVE QUAND ON SE POSE !

  • Regardez ! Le toit s’ouvre. Les nuages s’effilent dans le sifflement d’un train. Les yeux de Loretta Young attendent la bouche de Spencer Tracy. Rien n’est ce qu’il paraît. Regardez les bateaux. Regardez-les là bas, flottants. Loretta voit des bateaux majestueux et paisibles, une entrée dans le bonheur, quand Spencer lui découvre la mort et la pourriture. « Ils sont là depuis des années à pourrir ! Voilà ce qui arrive quand on se pose ! ».

  QUAND ON EST VIVANT, ON VEUT UN BOUT DE CIEL !

  • Spencer monte à toucher le ciel aux prix de gigantesques échasses. Il monte. Il est libre. Libre dans les yeux de Loretta. Libre dans nos yeux. Attaché à la paillasse. Rivé à la mansarde. « Pourquoi tu regardes toujours ce trou ? » « Quand on est vivant, on veut un bout de ciel. C’est tout ce que j’ai dans la vie, ce ciel bleu ! » « Il ne peut y avoir de plus beau paradis qu’ici, quand on est calmes et qu’on est proches ! » « Je n’avais jamais remarqué, mais t’as les yeux couleurs ciel ! T’as du bleu dans les yeux ! »

 L’HOMME EST IMPREVISIBLE

Regardez ! C’est le vent contre le fourneau. Pas en opposition. Non, tout contre. Il se tient chaud le vent ! Il bouge, nos narines frémissent. Il passe dans le dos. Au fond de nos corps. Regardez, les deux qui se tiennent. Elle le maîtrise. Elle l’adopte. Elle le domestique. Elle n’a plus peur. Ni peur de ses folies. Ni de son rugissement. « L’homme est imprévisible. Il se réveille un matin et met les voiles ».

  • Regardez, comme elle l’aime !Un plus un égal trois. « Et maintenant, on est trois ! Tu ne pourras jamais me quitter. Même si tu pars, je te tiens. Où que tu ailles, je te tiens. Tu es prisonnier ! »

Regardez comme ils se tiennent. Il part pour mieux revenir. Ils se sont emprisonnés dans un nouvel amour, dans un cœur neuf, dans le vent, dans le rameau qui tangue, dans le long sifflement du wagon où ils ne font plus qu’un.

Mais un en mouvement, jamais en arrêt. Toujours dans la vie. Plus grande et plus forte que tout. L’essentiel reste l’espoir. Et de l’espoir Bill en a pour trois, et pour bien plus encore.

Il vaut mieux partir gonflé à bloc. La crise n’est pas finie.

 

Jacky Lavauzelle