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LA TERRE PARLE Poème de VIKTOR DYK – ZEMĚ MLUVÍ

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Česká literatura
LITTERATURE TCHEQUE

Český-Francouzský
Texte Tchèque et Traduction Française

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Traduction Jacky Lavauzelle 
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Poème – báseň

VIKTOR DYK

Pšovka u Mělníka  31 décembre 1877 – Lopud  14 mai 1931
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LA TERRE PARLE 
ZEMĚ MLUVÍ

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Viktor Dyk en 1899
Maxmilián Pirner, le ruisseau, potok, 1903

**************

Tvrdá matka byla jsem tobě.
Pour toi, j’étais une mère dure.
Těžce chléb jísti dala.
Je t’ai donné du pain difficile à manger.
Nehýčkala jsem robě,
Jamais je ne te faisais de douces embrassades,
muže jsem zraňovala.
J’ai blessé l’homme.
Když prohlédly poprvé tvé oči vyjevené,
Quand pour la première fois tes yeux étonnés s’ouvrirent,
smutný se obzor před tebou šířil.
un horizon triste s’étendait devant toi.
Mluvila jsem o ráně zasazené,
Je parlais d’une blessure,
které čas neusmířil.
de ce temps-là, qui ne s’est pas refermée.

*

Na nás oba padal těžký stín,
Une lourde ombre est tombée sur nous deux,
matka tvrdá byla jsem, ty tvrdý syn.
Mère dure j’étais, fils dur tu étais.
Nepozdvihl jsi pro mne rámě.
Tu n’as pas levé le bras pour moi.
S láskou jsi nepomyslil na mě.
Ni tu ne pensais pas à moi avec amour.
Když vítr zahučel, zapraštěl mráz,
Alors que le vent tonnait, que le givre grinçait,
neslyšel jsi můj hlas.
tu n’as pas entendu ma voix.
A já přec mluvila, vidouc tvou psotu,
Et j’ai parlé, voyant ta peine,
bídu, jež věčně tě štve.
pauvreté qui toujours te suit.
A z úst mých zamlklých zaznělo tu:
Et ma bouche silencieuse a dit :
Vezmi si své.
Prends ce qui est tien.

*

Těžké břímě nosím.
Je porte un lourd fardeau.
Přichází radost, nebo děs?
La joie ou la terreur arrivent-elles ?
Slyšíš mne dnes?
M’entends-tu aujourd’hui ?
Matka, syna prosím.
Mère, je prie mon fils.
Haj si mne. Braň si mne. Neoslyš matky.
Garde-moi. Défends-moi. Entends ta mère.
Haj si mne. Braň si mne. Ať shoří statky,
Garde-moi. Défends-moi. Laisse la marchandise brûler,
pole ať udupou, zničí.
laisse le champ se noyer, se détruire.
Zítra zas símě vzklíčí.
Demain, les graines germeront.
Chystala jsem ti úděl, děcko.
Je te préparerais ton dû, mon enfant.
Úděl jsem tobě chystala.
Je t’étais destinée.
Chraň si mne. Haj si mne. V moci tvé všecko:
Protége-moi. Garde-moi. En ton pouvoir toutes choses :
aby ztroskotala loď, anebo přistala.
le naufrage ou la terre ferme.

*

Neoslyš slova varující:
N’entends tu pas mes avertissements :
Neprodej úděl za čočovici.
Ne vends pas l’affaire pour quelques lentilles.
Třeba mne opustíš,
Si tu me quittes,
nezahynu.
Je ne périrai pas.
Ale víš,
Mais sais-tu alors
kolik sem přijde stínů?
combien d’ombres arriveront ici ?
Kolikrát pěst bude potomek zatínat
Combien de fois le poing se crispera
a syn tvůj kolikrát bude tě proklínat?
et ton fils, combien de fois te maudira-t-il ?

Nezahynu, věčna jsem,
Je ne périrai pas, je suis éternelle,
ale žít budu s trapným úžasem:
mais je vivrai dans une stupéfaction :
kterak jsi zapomněl dědičný na díl?
comment as-tu oublié tes origines ?
Kterak jsi váhal a kterak jsi zradil?
Comment as-tu pu hésiter et comment as-tu pu trahir ?
Jak možno kletý čin provésti vědomky?
Comment un acte maudit peut-il être accompli consciemment ?
Sebe jsi zradit moh. Ale své potomky?
Tu pourrais te trahir. Mais ta descendance ?
Dokavád dýchal jsi, proč ses vzdal?
Respirant toujours, pourquoi as-tu abandonné ?
Čeho ses bál?
De quoi avais-tu peur ?
Co je to smrt?
Qu’est-ce que la mort ?
Smrt znamená jít ke mně.
La mort signifie venir vers moi.
Tvá matka země
Ta terre mère
otvírá náruč: možno bys jí zhrd?
ouvrant ses bras : peut-être pourrais-tu l’embrasser ?
Pojď, poznáš, jak je náruč země měkká
Allez, tu sauras à quel point les bras de la terre sont doux
pro toho, který splnil, co čeká.
pour celui qui a accompli ce qu’elle attend.
Prosím tě, matka tvá: Braň si mne, synu!
Moi, ta mère, je t’en supplie, protège-moi, fils.
Jdi, třeba k smrti těžko jdeš.
Va, même s’il est difficile d’aller vers la mort.
Opustíš-li mne, nezahynu.
Si tu me quittes, je ne périrai pas.
Opustíš-li mne, zahyneš!
Si tu me quittes, tu périras !


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LE FILS PRODIGUE – Poème de Valéri BRIOUSSOV – Валерий Брюсов – Блудный сын – 1903

*

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LITTÉRATURE RUSSE
POÉSIE RUSSE
Русская литература
Русская поэзия
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Poésie de Valéri Brioussov


Portrait de Valéri Brioussov par Mikhaïl Vroubel (1906)
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VALERI BRIOUSSOV
Валерий Яковлевич Брюсов

1er décembre 1873- 9 octobre 1924
1 декабря 1873 г. – 9 октября 1924 г.

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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
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LE FILS PRODIGUE
1903
Блудный сын

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Retour du fils prodigue, Pompeo Batoni

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Так отрок Библии, безумный расточитель…
                                                 Пушкин
Pouchkine


******

Ужели, перешедши реки,
Après avoir traversé la rivière,
Завижу я мой отчий дом
  Je revois ma maison
И упаду, как отрок некий,
  Et je tombe comme un jeune garçon
Повергнут скорбью и стыдом!
  Renversé par le chagrin et la honte !

*

Я уходил, исполнен веры,
  Je suis parti, plein de foi,
 Как лучник опытный на лов,
Comme un archer expérimenté,
Мне снились тирские гетеры
  J’ai rêvé des courtisanes de Tyr
  И сонм сидонских мудрецов.
D’être l’hôte des sages de Sion.

*

И вот, чтб грезилось, все было:
  Et de ce rêve tant désiré
 Я видел все, всего достиг.
J’ai tout vu, tout réalisé.
  И сердце жгучих ласк вкусило,
J’ai goûté aux caresses brûlantes, ivre
 И ум речей, мудрее книг.
De l’esprit des discours, plus sages que les livres.

*
Но, расточив свои богатства
Mais j’ai gaspillé mes richesses
  И кубки всех отрав испив,
Et j’ai bu tant de coupes empoisonnées,
Как вор, свершивший святотатство,
  Comme un voleur, accomplissant un sacrilège,
Бежал я в мир лесов и нив,
  J’ai fui dans le monde des forêts et des champs,

*

Я одиночество, как благо,
J’ai vécu dans la solitude, comme une bénédiction,
Приветствовал в ночной тиши,
  Dans le recueillement du silence de la nuit,
И трав серебряная влага
  Et les herbes que la rosée argente
  Была бальзамом для души.
Sont devenues un baume pour mon âme.

*

И вдруг таким недостижимым
  Et soudain, cette maison qui paraissait inaccessible
Представился мне дом родной,
  Se présente devant moi,
  С его всходящим тихо дымом
Avec cette fumée silencieuse qui monte
  Над высыхающей рекой!
Accrochée au bord de la rivière !

*

Где в годы ласкового детства
Où pendant les années de ma douce enfance
Святыней чувств владел и я, –
  j’ai erré dans le sanctuaire des sens, –
Мной расточенное наследство
  Mon héritage somptueux gaspillé
  На ярком пире бытия!
À la fête lumineuse de l’être !

*

О, если б было вновь возможно
  Oh ! s’il était encore possible
На мир лицом к лицу взглянуть
De regarder le monde face à face
И безраздумно, бестревожно
  Et, sans réfléchir, anxieusement,
  В мгновеньях жизни потонуть!
Me noyer dans le courant de la vie !


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PIERRES – Poème de Valéri BRIOUSSOV – Валерий Брюсов – КАМЕНЩИК – 1903

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LITTÉRATURE RUSSE
POÉSIE RUSSE
Русская литература
Русская поэзия
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Poésie de Valéri Brioussov


Portrait de Valéri Brioussov par Mikhaïl Vroubel (1906)
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VALERI BRIOUSSOV
Валерий Яковлевич Брюсов

1er décembre 1873- 9 octobre 1924
1 декабря 1873 г. – 9 октября 1924 г.

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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
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PIERRES
1903
КАМЕНЩИК

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Камни, полдень, пыль и молот,
Pierres, midi, poussière et marteau,
Камни, пыль, и зной.
Pierres, poussière et chaleur.
Горе тем, кто свеж и молод,
Malheur à ceux qui sont frais et jeunes
Здесь в тюрьме земной!
Ici dans cette prison terrestre !

*

Нам дана любовь — как цепи,
L’amour nous a été donné – telles des chaînes,
И нужда — как плеть…
Et l’indigence – tels des fouets…
Кто уйдёт в пустые степи
Qui partira sur les steppes vides
Вольно умереть!
Est libre de mourir !

*

Камни, полдень, пыль и молот,
Pierres, midi, poussière et marteau,
Камни, пыль и зной…
Pierres, poussière et chaleur …
Камень молотом расколот,
La pierre est taillée au burin,
Длится труд дневной.
Toute la journée durant.

*

Камни бьём, чтоб жить на свете,
Nous taillons des pierres pour survivre,
И живём, — чтоб бить…
Et nous vivons – pour frapper…
Горе тем, кто ныне дети,
Malheur à nos enfants,
Тем, кто должен быть!
À ceux qui devraient être !

*

Камни, полдень, пыль и молот,
Pierres, midi, poussière et marteau,
Камни, пыль и зной…
Pierres, poussière et chaleur …
Распахнёт ли смертный холод
Le froid mortel ouvrira
Двери в мир иной!
Les portes vers un autre monde !


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Декабрь 1903
Décembre 1903

LA POÉSIE DE VALÉRI BRIOUSSOV – Валерий Брюсов – Стихи

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POÉSIE RUSSE
Русская литература
Русская поэзия
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Poésie de Valéri Brioussov


Portrait de Valéri Brioussov par Mikhaïl Vroubel (1906)
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VALERI BRIOUSSOV
Валерий Яковлевич Брюсов

1er décembre 1873- 9 octobre 1924
1 декабря 1873 г. – 9 октября 1924 г.

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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
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LA POÉSIE DE VALÉRI BRIOUSSOV 
Валерий Брюсов
Стихи

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Mon Rêve
1895

Моя мечта

Le rêve de l’eunuque  – Jean-Jules-Antoine Lecomte du Nouÿ

Моей мечте люб кругозор пустынь,
Mon rêve aime l’horizon des déserts,
Она в степях блуждает вольной серной.
Où il peut errer dans les steppes sans soufre.

**

Le Maçon
1901
Каменщик


 — Каменщик, каменщик в фартуке белом,
– Hé ! toi, le maçon, le maçon en tablier blanc !
Что ты там строишь? кому?
Que construis-tu là-bas ? pour qui ?

**

L’ESCALIER
1902
Лестница

Всё каменней ступени,
Plus hautes, ces marches, avec plus de pierres,
Всё круче, круче всход.
Plus raides, plus resserrées.

PIERRES
1903
КАМЕНЩИК

Камни, полдень, пыль и молот,
Pierres, midi, poussière et marteau,
Камни, пыль, и зной.
Pierres, poussière et chaleur.

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LE FILS PRODIGUE
1903
Блудный сын

Ужели, перешедши реки,
Après avoir traversé la rivière,
Завижу я мой отчий дом
  Je revois ma maison

Retour du fils prodigue, Pompeo Batoni

ORPHEE ET EURYDICE
1904
ОРФИЯ И ЭВРИДИКА

Jean-Baptiste Camille Corot, Orphée ramène Eurydice des Enfers

Орфей
Orphée
Слышу, слышу шаг твой нежный,
J’entends, j’entends ton pas doux,

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LE MOINE
1906
Монах

Saint François, Francisco de Zurbarán

На поле жизненного боя,
Sur le champ de bataille de la vie
Где Рок влечет нас, как самум, –
Où la Fatalité nous attire dans un déluge –

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La Poésie d’Innokenti Annenski – Поэзия Иннокенти Анненски

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LITTÉRATURE RUSSE
POÉSIE RUSSE
Русская литература
Русская поэзия
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Innokenti Fiodorovitch Annenski
Innokentiy Fyodorovich Annensky

Innokenti Annenski
Иннокентий Анненский

Подражание И. Ф. Анненскому
Инноке́нтий Фёдорович А́нненский
1er septembre 1855 – 13 décembre 1909

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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
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La Poésie d’Innokenti Annenski
Поэзия Иннокенти Анненски

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NOTTURNO
1890

Тёмную выбери ночь и в поле, безлюдном и голом,
Choisissez une nuit noire et sur un terrain, désert et nu,
В сумрак седой окунись… пусть ветер, провеяв, утихнет,
Plongez dans la grise obscurité … laissez le vent souffler et s’apaiser,

**

SUR L’EAU
1900
На воде

То луга ли, скажи, облака ли, вода ль
Des prairies, des nuages,de l’eau
Околдована жёлтой луною:
Envoûtés par la lune jaune :

**

LYS D’HIVER
1901
Зимние лилии

Зимней ночи путь так долог,
Nuit d’hiver, le chemin est si long,
Зимней ночью мне не спится:
Nuit d’hiver, je ne peux pas dormir :

**

CIEL D’HIVER
1901
Зимнее небо

Талый снег налетал и слетал,
La neige fondue volait de tous côtés,
Разгораясь, румянились щеки.
S’embrasant, les joues rougirent.

**

LA DEVISE MYSTERIEUSE
1904
Девиз Таинственной похож

Девиз Таинственной похож
La devise mystérieuse est similaire
На опрокинутое 8:
Au chiffre 8 renversé :

**

PARMI LES ETOILES
1909
Среди миров

Среди миров, в мерцании светил
Parmi les mondes, dans le scintillement des étoiles,
Одной Звезды я повторяю имя…
D’une Etoile, je répète le nom …

**

Poèmes publiés dans
«Кипарисовый ларец»
(1910)
Le Coffret de cyprès

Le Coffret de cyprès est le second recueil de poésie d’Innocenti Annenski, publié à titre posthume et préparé pour publication par le fils du poète, Valentin.
C’est cette parution qui a rendu célèbre Annenski.

LES COQUELICOTS
Маки

Веселый день горит… Среди сомлевших трав
Un radieux jour brûlant … Parmi les herbes somnolentes
Все маки пятнами – как жадное бессилье,
Tous les coquelicots tachés comme une impuissance gourmande,

**

NEIGE
Снег

Полюбил бы я зиму,
J’adorerais l’hiver
Да обуза тяжка…
Si son fardeau n’était si sévère …

**

EN MARS
В марте

Позабудь соловья на душистых цветах,
Oubliez le rossignol sur les fleurs parfumées
Только утро любви не забудь!
N’oubliez pas les matins d’amour !

**

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Autour d’Innokenti ANNENSKI

Imitation de Innokenti Annenski 
POÈME ANNA AKHMATOVA 
1911
Подражание И. Ф. Анненскому

И с тобой, моей первой причудой,
Et avec toi, mon premier caprice,
Я простился. Восток голубел.
Nous nous sommes séparés. L’est est devenu bleu.

LYS D’HIVER – Poème d’Innokenti Annenski – 1901 – Иннокентий Анненский – Зимние лилии

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LITTÉRATURE RUSSE
POÉSIE RUSSE
Русская литература
Русская поэзия
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Innokenti Fiodorovitch Annenski
Innokentiy Fyodorovich Annensky

Innokenti Annenski
Иннокентий Анненский

Подражание И. Ф. Анненскому
Инноке́нтий Фёдорович А́нненский
1er septembre 1855 – 13 décembre 1909

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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
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LYS D’HIVER
1901
Зимние лилии

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Зимней ночи путь так долог,
Nuit d’hiver, le chemin est si long,
Зимней ночью мне не спится:
Nuit d’hiver, je ne peux pas dormir :
Из углов и с книжных полок
Des coins et des étagères
Сквозь ее тяжелый полог
À travers la lourde verrière
Сумрак розовый струится.
Le rose crépuscule coule.


*

И из кубка их живого
Et dans cette tasse vivante
В поэтической оправе
Dans un cadre poétique
Рад я сладостной отраве
Heureux je bois dans ce doux poison
Напряженья мозгового…
Les tensions cérébrales …

*

В белой чаше тают звенья
Fondent dans ce bol blanc
Из цепей воспоминанья,
Des chaînes de souvenirs
И от яду на мгновенье
Et du poison pendant un instant
Знаньем кажется незнанье.
L’ignorance semble une connaissance.

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1901

*

 

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LES ARAIGNÉES – POÈME DE ZINAÏDA HIPPIUS – 1903- Поэзия Зинаиды Гиппиус – Пауки

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LITTÉRATURE RUSSE
POÉSIE RUSSE
Русская литература
Русская поэзия
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Poésie de Zinaïda Hippius
Поэзия Зинаиды Гиппиус
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Zinaïda Nicolaïevna Hippius
Зинаи́да Никола́евна Ги́ппиус

8 novembre 1869 Beliov Russie – 9 septembre 1945 Paris,
8 ноября 1869 Белёв, Российская империя — 9 сентября 1945 Париж Франция

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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
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LES ARAIGNÉES
1903
Пауки   
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*

Я в тесной келье – в этом мире
Je suis dans une cellule étroite, dans ce monde
И келья тесная низка.
Ma cellule est très basse.
А в четырех углах – четыре
Et dans les quatre coins : quatre
Неутомимых паука.
Araignées infatigables.

*

Они ловки, жирны и грязны,
Elles sont adroites, grasses et sales,
И все плетут, плетут, плетут…
Et sans cesse tissent, tissent, tissent …
И страшен их однообразный
Et la monotonie fait peur
Непрерывающийся труд.
De ce travail ininterrompu.

*

Они четыре паутины
Les quatre toiles terminées
В одну, огромную, сплели.
Elles tissent une plus large encore.
Гляжу – шевелятся их спины
Je regarde – leur dos bouge
В зловонно-сумрачной пыли.
Dans une poussière fétide et sombre.

*

Мои глаза – под паутиной.
Mes yeux vont sous la toile.
Она сера, мягка, липка.
Une toile grisâtre, douce et collante.
И рады радостью звериной
Et exprimant une allégresse animale
Четыре толстых паука.
Mes quatre araignées grasses.

*****

1903

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LA POÉSIE RUSSE – LA LITTÉRATURE RUSSE

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Traduction Russe Jacky Lavauzelle
Жаки Лавозель
ARTGITATO
Французский перевод текстов на русском языке
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Traductions Artgitato Français Portugais Latin Tchèque Allemand Espagnol

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TRADUCTION RUSSE

Французский перевод текстов на русском языке

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**

 Анна Ахматова
Anna Akhmatova

**

Innokenti Annenski
Иннокентий Анненский
La Poésie d’Innokenti Annenski
Поэзия Иннокенти Анненски

**
Alexandre Blok
Алекса́ндр Алекса́ндрович Блок

LA POÉSIE DE BLOK

**

VALÉRI BRIOUSSOV
ВАЛЕРИЙ БРЮСОВ 

LA POÉSIE DE VALÉRI BRIOUSSOV
ВАЛЕРИЙ БРЮСОВ
СТИХИ

**

Prince Alexandre Chakhovskoy

Le Cosaque poète
Saint-Pétersbourg – 1812

**

Gavrila Derjavine

Le Fleuve du temps
РЕКА ВРЕМЁН В СВОЁМ СТРЕМЛЕНЬИ…
1816

**

Sergueï Essénine
Сергей Александрович Есенин

LA POESIE de Sergueï Essénine
поэзия есенина  

**

AFANASSI FET
Афана́сий Афана́сьевич Шенши́н

LA POÉSIE D’AFANASSI FET 
Поэзия Афанасси Фета 

**


ZINAÏDA HIPPIUS
Зинаи́да Никола́евна Ги́ппиус

Poésie de Zinaïda Hippius
Поэзия Зинаиды Гиппиус

**

VIATCHESLAV IVANOV
Вячеслав Иванович Иванов

LA POÉSIE DE VIATCHESLAV IVANOV
ПОЭЗИЯ ВЯЧЕСЛАВА ИВАНОВА

**

VLADISLAV KHODASSEVITCH
VLADISLAV KHODASEVICH
ПОЭЗИЯ ВЛАДИСЛАВА ХОДАССЕВИЧА

Poésie

**

Mikhaïl Kouzmine
Михаи́л Алексе́евич Кузми́н

Poésie- Poèmes

**

Ivan Krylov

le Magasin à la mode

**

Mikhaïl Lermontov
Михаил Юрьевич Лермонтов

La Poésie de Lermontov
Стихи Лермонтова

**

Mirra Lokhvitskaïa
Мирра Лохвицкая

Poésie de Mirra Lokhvitskaïa
Поэзия Мирры Лохвицкой

**

Vladimir Maïakovski
Владимир Владимирович Маяковский

Poèmes
Поэмы

**

Ossip Mandelstam
О́сип Эми́льевич Мандельшта́м

Poésie de Ossip Mandelstam
Поэзии Осип Мандельштам





**

B Okoudjava & V Kikabidze

  LES PEPINS DE RAISIN
Виноградную косточку

**

Caroline Pavlova
Кароли́на Ка́рловна Па́влова

Poésie

**

Sophia Parnok
Поэзия офии Парнок

**

Alexandre Pouchkine
Александр Сергеевич Пушкин

Poésie – Поэзия А. С. Пушкина
poemes-de-alexandre-pouchkine-artgitatopushkin-alexander

**

Constantin SLOUTCHEVSKI 
Константин Константинович Случевский
Poèmes 

**

 Anton Tchekhov
Антон Павлович Чехов

Les pièces de Théâtre – Театр

**

Fiodor Tiouttchev
Федор Тютчев

La poésie de Fiodor Tiouttchev
стихи федор тютчев

Fiodor Tiouttchev Poèmes Poésie Artgitato Les poèmes de Fiodor Tiouttchev

**

Ivan Tourgueniev
Иван Сергеевич Тургенев

Собака – Mon Chien (février 1878)
русский язык – La Langue Russe (juin 1882)

**

Marina Tsvétaïéva
Марина Ивановна Цветаева

Poésie de Marina Tsvétaïéva
Поэзия Марины Чветаевой

**

Vladimir Vyssotski
Владимир Семёнович Высоцкий

Les Coupoles – Купола

**





Boulat Okoudjova
Булат Шалвович Окуджава

Tant que la terre continue de tourner

**

Vladislav Ozerov
Владислав Александрович Озеров

Fingal
Tragédie en trois actes
1805

**

 Denis Fonvizine
Денис Иванович Фонвизин

Le Dadais ou l’Enfant gâté
1782

*****

Французский перевод текстов на русском языке

TRADUCTION RUSSE

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DE L’ART DE TRADUIRE LE RUSSE

Je viens d’indiquer la double valeur des écrits de Pouchkine : l’auteur de Poltava a renouvelé, comme prosateur, la langue russe, en même temps qu’il ouvrait à ses contemporains, comme poète, des sources nouvelles d’inspiration. On sait aussi quel accueil la Russie a fait à cet interprète de la pensée nationale. Quant à l’Europe, il faut le dire, elle est restée trop indifférente au rôle que Pouchkine a joué dans son pays. La France surtout n’a eu longtemps qu’une idée vague de ce grand mouvement littéraire commencé et dirigé par un seul homme. Ici même cependant, une étude biographique sur Pouchkine avait déjà indiqué l’importance de ses travaux. Pendant longtemps, on a pu s’étonner qu’une plume française ne cherchât point à le traduire. Aujourd’hui cette tâche a été abordée ; mais peut-on la regarder comme remplie ? L’auteur de la traduction française de Pouchkine qui vient d’être publiée n’a point paru se douter des difficultés que présentait un pareil travail. Il y avait là des écueils et des obstacles qui imposaient au traducteur un redoublement d’efforts. L’art de traduire, surtout lorsqu’il s’applique à la poésie, suppose une sorte d’initiation qui ne s’achète qu’au prix de veilles laborieuses. Les vulgaires esprits seuls peuvent s’imaginer qu’il suffit, pour traduire un poète, de rendre ses vers dans un autre idiome, sans s’inquiéter d’ailleurs de la physionomie, du mouvement, des nuances infinies de la pensée, des mille finesses du style. Or, ce ne sont point-là des choses qui aient leur vocabulaire écrit et ce sont pourtant des choses qu’il faut traduire, ou du moins indiquer : elles demandent une intelligence vive et délicate pour les saisir, une plume habile et souple pour les rendre. Pour transporter d’ailleurs dans son propre idiome les richesses d’une langue étrangère, il y a une première condition à remplir ; est-il besoin de la rappeler ? C’est la connaissance parfaite de la langue dont on veut révéler à son pays les richesses littéraires. Qu’on y songe, l’idiome russe est le plus difficile des idiomes européens, il est difficile même pour les Russes qui n’en ont pas fait l’objet d’une étude sérieuse. C’est une langue dont le sens positif varie à l’infini et dont le sens poétique varie encore davantage : langue souple et rude, abondante et imagée, dont l’origine, les accidents, l’esprit, l’allure, les procédés, n’offrent aucune analogie avec nos langues d’Occident. Le traducteur français des œuvres de Pouchkine a échoué pour n’avoir point compris les exigences de sa tâche. Il importe qu’on ne l’oublie pas, une traduction de ce poète exige une connaissance intime et approfondie, non-seulement de la grammaire et du vocabulaire russes, mais des finesses et des bizarreries de la langue ; elle exige aussi un long commerce avec ce génie si original, si en dehors de toute tradition européenne. Tant que cette double condition n’aura pas été remplie, notre pays, nous le disons à regret, ne connaîtra qu’imparfaitement la valeur et l’originalité du poète russe.

Pouchkine et le mouvement littéraire en Russie depuis 40 ans
Charles de Saint-Julien
Revue des Deux Mondes
Œuvres choisies de Pouchkine, traduites par M. H. Dupont
T.20 18

POESIE GRECQUE TRADUCTION GREC JACKY LAVAUZELLE μετάφραση των ελληνικών κειμένων

POESIE GRECQUE
Gr
èce – Ελλάδα

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Traduction Jacky Lavauzelle*******

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Traduction Grec Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
μετάφραση των ελληνικών κειμένων
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Traductions Artgitato Français Portugais Latin Tchèque Allemand Espagnol

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TRADUCTION POESIE GREQUE

μετάφραση των ελληνικών κειμένων

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Constantin Cavafy
Constantin Cavafis
Κωνσταντίνος Πέτρου Καβάφης

Traduction Jacky Lavauzelle

Τείχη – Murailles
Θερμοπύλες – Les Thermopyles (1903)
La Ville –  Η Πόλις
Traduction Jacky Lavauzelle En attendant les barbares – Περιμένοντας τους Βαρβάρους

Traduction Jacky Lavauzelle

AUSSI LONGTEMPS QUE TU LE PEUX
Όσο Mπορείς

Traduction Jacky Lavauzelle

LES FENÊTRES
Τα Παράθυρα

Traduction Jacky Lavauzelle

ITHAQUE
Ιθάκη

Traduction Jacky Lavauzelle

Thémistocle à la cour d’Artaxerxés Ier
(La Satrapie) 
Η Σατραπεία

Traduction Jacky Lavauzelle

LES PAS 
Τα Βήματα
1911

Traduction Jacky Lavauzelle

LE POETE INCONNU
Ούτος Εκείνος

Traduction Jacky Lavauzelle

LA MORT DE MARC ANTOINE
Απολείπειν ο θεός Aντώνιον

Traduction Jacky Lavauzelle

Ô terre d’Ionie
(IONIEN)
Ιωνικόν
Traduction Jacky Lavauzelle
LA BEAUTE
Έτσι πολύ ατένισα

Ingres Cavafy Trad Jacky Lavauzelle

LE VIEIL HOMME
Ένας Γέρος

Jacky Lavauzelle Constantin Cavafis

ENDYMION
(Devant une statue d’Endymion)
ΕΝΩΠΙΟΝ ΤΟΥ ΑΓΑΛΜΑΤΟΣ ΤΟΥ ΕΝΔΥΜΙΩΝΟΣ
1916

Traduction Jacky Lavauzelle

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Kostas Karyotákis
Κώστας Καρυωτάκης

Traduction Jacky Lavauzelle

TOUT LE MONDE EST MORT 
Θέλω να φύγω πια από δω…

Traduction Jacky Lavauzelle

SOIREE
Βράδυ

Traduction Jacky Lavauzelle

LES DON QUICHOTTE
ΔΟΝ ΚΙΧΩΤΕΣ

Traduction Jacky Lavauzelle Kostas Karyotakis

CE QUELQUE CHOSE QUI DONNE DE LA COULEUR AUX CHOSES 
Όταν κατέβουμε τη σκάλα τι θα πούμε

Traduction Jacky Lavauzelle

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 Ioannis Polemis
Ιωάννης Πολέμης
Traduction Jacky Lavauzelle

Confession
Εξομολόγηση 

Traduction Jacky Lavauzelle
Le vieux violon
Τὸ παλιὸ βιολί 

Traduction Jacky Lavauzelle

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Níkos Papázoglou
Νίκος Παπάζογλου

Paroles de Αύγουστος (Août)

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VOIR AUSSI

LES PLUS BELLES CHANSONS GRECQUES
Γιατί αδειάζουν γρήγορα οι δρόμοι κ’ οι πλατέες

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Burnouf
Méthode pour étudier la langue grecque
1836

PRÉFACE
DE LA PREMIÈRE ÉDITION
1813


Nous ne ferons point ici l’éloge de la langue grecque ; tout le monde convient que c’est la plus belle que les hommes aient jamais parlée, et l’Université de France la regarde avec raison comme un des objets les plus importants de son enseignement. Tout ce qui peut en faciliter l’étude est donc un service rendu à l’instruction publique, et ne peut manquer d’être accueilli favorablement par les Maîtres et par les Disciples. C’est cette idée qui m’enhardit à publier cette nouvelle Grammaire Grecque. Les principes en ont paru simples et clairs aux Elèves de l’Ecole Normale, devant qui j’ai l’honneur de les développer tous les jours dans leurs intéressantes conférences. M. le Conseiller titulaire Gueroult, Chef de cette école, qui honore souvent de sa présence nos studieux exercices, a bien voulu me prodiguer les encouragements et me donner les conseils les plus utiles. C’est sur le plan de ses Méthodes latine et française que j’ai composé cette Méthode grecque. J’ai tâché d’appliquer à la langue de Démosthène ces excellents principes de Grammaire générale qu’il a le premier rendus classiques, et qui éclairent le jugement de l’Éléve, en même temps qu’on exerce sa mémoire. Enfin, dans tout ce qui tient au raisonnement, je l’ai fidèlement suivi, autant du moins que peut le faire un de ses anciens élèves, qui s’estime heureux de recevoir encore de ses leçons. Si le Public ne juge pas mon travail trop indigne d’être mis à côté du sien, cette Grammaire sera comme le complément de ses deux Grammaires, et toutes trois ensemble formeront un corps complet de doctrine pour les trois langues qui font la base de l’enseignement dans nos Lycées.

Quant à ce qui regarde proprement la langue grecque, je n’ai pas non plus manqué de modèles….

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LA POESIE GRECQUE EN GRECE 

Le langage est ce qu’il y a en Grèce de plus antique. C’est un grand charme pour celui qui a voué un culte à l’antiquité grecque d’entendre parler grec autour de lui, de reconnaître dans les conversations d’un guide ou d’un marinier tel mot qu’il n’avait jusque-là rencontré que dans Homère. Il semble alors qu’on est réellement transporté dans la Grèce antique ; on est tenté de dire aux passans, comme Philoctète à ses compatriotes retrouvés dans Lemnos : je veux vous entendre, et de s’écrier comme lui, ô langage bien aimé ! Mais, pour se livrer à ce transport, il faudrait, dira-t-on, que ce langage fût celui des anciens Hellènes, et non pas un dérivé imparfait que défigure une prononciation bizarre. A cela on peut répondre : Quant à la prononciation, il n’y a pas de raison pour que les descendans de Périclès adoptent le système qu’un savant Hollandais a imaginé au XVIe siècle. Du reste la question est délicate et ne saurait être traitée ici. Qu’il suffise d’affirmer que plusieurs règles de prononciation, adoptées par les Grecs modernes, remontent à la plus haute antiquité, et que l’on trouve déjà dans le second siècle de notre ère des exemples de l’iotacisme, c’est-à-dire de ê, ei, oi, prononcés i, bien que l’iotacisme ne paraisse avoir été définitivement et complètement constituée qu’au Xe ou XIe siècle.

Dans le langage populaire de certaines parties de la Grèce, on retrouve quelques vestiges des dialectes qui y furent parlé autrefois. En général, les anciens dialectes grecs ont péri par suite de la conquête, qui les a éteints avec la vie locale des pays subjugués. Cependant ils n’ont pas disparu entièrement ; on retrouve des traces assez nombreuses du dialecte œolien dans la Béotie et la Phocide, et dans un canton montagneux du Péloponèse, la Tzaconie, le dialecte dorien s’est merveilleusement conservé un certain nombre de mots grecs oubliés par le temps ont été remplacés dans l’usage par une autre expression : ainsi, trecho, courir, au lieu de dremo ; au lieu d’artos, pain, psomi. Eh bien ! il arrive que le vieux mot grec oublié se retrouve dans un coin de la Grèce, par exemple dremo dans les villages du Parnasse…

Jean-Jacques Ampère
La poésie grecques en Grèce
Seconde Partie
Revue des Deux Mondes, tome 7, 1844

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POESIE GRECQUE

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ELIZABETH BROWNING Sonnets from the Portuguese X Sonette aus dem Portugiesischen X (RILKE) Sonnets du Portugais X

Elizabeth Browning – Rainer Maria Rilke

Rainer Maria Rilke
1875-1926
Rainer Maria Rilke Portrait de Paula Modersohn-Becker 1906

Elizabeth Barrett Browning
1806-1861
Elizabeth Barrett Browning

 

 

Elizabeth Browning

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Sonnets from the Portuguese
1850

X


Rainer Maria Rilke
Sonette aus dem Portugiesischen
1908
X

Traduction Française
Jacky Lavauzelle
Sonnets Portugais
X

 

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Elizabeth Browning

Elizabeth-Barrett-Browning Sonnets from the Portuguese Elizabeth Barrett Browning Sonette aus dem Portugiesischen RILKE

X
Dixième Sonnet

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Elizabeth Browning Sonnets Portugais Rainer Maria Rilke Kandinsky Dame mit Fächer Femme avec un éventail 1903Vassily Kandinsky
Dame à l’Eventail – Dame mit Fächer – Lady with fan
1903

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Yet, love, mere love, is beautiful indeed
Doch Liebe, einfach Liebe, ist sie nicht
Pourtant, l’amour, le simple amour, est vraiment magnifique
And worthy of acceptation. Fire is bright,
schön und des Nehmens wert? Es strahlt die Flamme
Et digne d’acceptation. Le feu est lumineux ;
Let temple burn, or flax; and equal light
ob Tempel brennen oder Werg. Es bricht
Laisse le temple ou le lin brûler : la lumière est la même
Leaps in the flame from cedar-plank or weed:
Licht aus dem Abfall und dem Zedernstamme.
Qu’elle émane d’un cèdre planche ou de simples herbes :

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Elizabeth Barrett Browning with her son Pen avec son fils 1860

And love is fire. And when I say at need
Liebe ist Feuer. Und: ich liebe dich –
L’amour est feu. Et quand je dis 
I love thee … mark! … I love thee—in thy sight
– gib acht -: ich liebe dich – wenn ich das sage,
Je t’aime … point ! … Je t’aime — à tes yeux
I stand transfigured, glorified aright,
steh ich verwandelt nicht mit einem Schlage
Je reste transfigurée, glorifiée,
With conscience of the new rays that proceed
verklärt vor dir? Ich fühle selbst, wie ich
Avec la conscience des nouveaux rayons qui émanent

*

Albert Chevallier Tayler Elizabeth Barrett Browning 1909

Out of my face toward thine. There’s nothing low
anscheine dein Gesicht. Wo Liebe je
De mon visage vers toi. Il n’y a rien de faible
In love, when love the lowest: meanest creatures
sich niedrig macht, kann sie nicht niedrig werden:
En amour, même dans l’amour le plus humble : des créatures les plus vils
Who love God, God acceps while loving so.
Gott nimmt Geringe an, die sich gebärden
Qui aiment Dieu, Dieu les accepte tout autant.

*

And what I feel, across the inferior features
so wie sie sind. Das, was ich fühle, blendet,
Et ce que je ressens, à travers les faibles caractéristiques 
Of what I am, doth flash itself, and show
über dem Dunkeln, das ich bin: ich seh
De ce que je suis, illumine et démontre
How that great work of Love enhances Nature’s.
wie Liebe wirkend die Natur vollendet.
Combien l’Amour ennoblit la Nature

 

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Elizabeth Browning

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Robert Browning
Photogravure de 1865
Par Julia Margaret Cameron

Robert Browning 1865 photogravure Julia Margaret Cameron

Elizabeth Barrett Browning