LE RIONI – რიონი – LA RIVIERE D’OR DE L’ANTIQUITE

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GEORGIE
REGION DE L’IMERETHIE
იმერეთი
KOUTAÏSSI
ქუთაისი
LE RIONI

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FONTAINE DE COLCHIDE A LA DECOUVERTE DE KOUTAISSI ქუთაისი
Géorgie
საქართველო

PHOTO JACKY LAVAUZELLE
Le Rioni à proximité de Koutaïssi
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Rioni A LA DECOUVERTE DE KOUTAISSI ქუთაისი

A LA DECOUVERTE DE
KOUTAÏSSI
ქუთაისი

LE RIONI
რიონი
LA RIVIERE D’OR DE L’ANTIQUITE
 

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LE RIONI
PORTE DE LA MER NOIRE

Après un premier séjour à Tiflis, M. Eichwald alla visiter l’Imérétie et la Mingrélie. L’Imérétie fut longtemps réunie à la Géorgie, puis elle forma un royaume à part. Elle en est séparée par un contre-fort du Caucase, où se trouve la ligne de partage entre les eaux du Kour, qui vont à la mer Caspienne, et celles que le Phase ou Rioni porte à la mer Noire. La religion, la langue, les mœurs, sont à peu près les mêmes dans les deux pays.

Edmond de Cazalès
Établissements russes dans l’Asie occidentale
Revue des Deux Mondes, période initiale
Tome 15
1838
L’entrée du Rioni à Koutaïssi

 

LA QUALITE DU LIN DU RIONI
LE RIONI ANCIENNEMENT LE PHASE
CITE DANS « DE LA CHASSE »
DANS XENOPHON

Il faut qu’un chasseur aux filets aime son art, parle grec, soit âgé d’environ vingt ans, ait le corps souple, robuste, l’âme forte, de manière à surmonter la fatigue et à se plaire à son métier. Les rets, les panneaux et les toiles doivent être de fin lin du Phase ou de Carthage. Les rets ont neuf cordes à trois fils, de neuf brins chacun ; leur grandeur est de cinq empans, avec des mailles larges de deux palmes

Xénophon
DE LA CHASSE
CHAPITRE I
Œuvres complètes de Xénophon
Traduction par Eugène Talbot
Editions Hachette
1859

 

LE RIONI
რიონი
LE FLEUVE QUII TRAVERSE KOUTAÏSSI
AUTREFOIS LE PHASE
ETAIT LA RIVIERE D’OR DE L »ANTIQUITE

Sur une plage, sablonneuse en partie, en partie boueuse, couverte d’herbes de marécage, une forêt épaisse, à moitié plongée dans l’eau, s’éloignait à l’infini dans l’intérieur des terres, en suivant le cours d’un fleuve large, au lit tortueux, plein de roches, de fanges et de troncs d’arbres échoués. C’était le Phase, la rivière d’or de l’antiquité, aujourd’hui le Rioni. Au milieu d’une végétation vigoureuse, ici règne la fièvre, et tout ce qui appartient à la nature mouvante en souffre autant que la nature végétale y prospère. La fièvre a usurpé là en souveraine le sceptre d’Acté et des enfants du Soleil.
***
Ce fut ainsi que Moreno eut des occasions de s’apercevoir que la contrée forestière, traversée par le Rioni, n’est nullement aussi déserte qu’il en avait d’abord eu l’impression. De temps en temps, lui et son camarade voyaient sortir brusquement des fourrés quelques bandes effarées de petits porcs, très-semblables à des marcassins, noirs, avec des soies longues et dures, aux jambes fines, brusques, lestes, agiles et jolis, au point de se faire renier par tous leurs congénères d’Europe.

Arthur de Gobineau
Nouvelles asiatiques
Chapitre I
LA DANSEUSE DE SHAMAKHA
Le Caucase
Editions Didier
1876

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LE RIONI CONTINUE SA COURSE
JUSQU’A POTI
(Mer Noire)
UN DES TROIS GRANDS PORTS DE LA GEORGIE
SUR LA MER NOIRE

Poti était nommé alors Phasis en rapport avec le Phase
« LE PHASE ROULE LES PAILLETTES D’OR »

« Il fallait que la Russie eût réellement bien besoin d’une station sur cette partie de la Mer-Noire pour « décréter » une ville sur un pareil emplacement. Poti, qui est bâti au milieu de l’eau, n’a même pas la consolation d’avoir un port. Situé à 1 kilomètre de la mer sur le Rioni (l’ancien Phase), il n’est accessible qu’aux bâtimens de faible tonnage. Que le vent souffle en tempête, et l’entrée du fleuve est impossible. Il en était déjà ainsi du temps de Jason. Apollonius de Rhodes nous montre les argonautes naviguant « à travers un marais rempli de roseaux. » Il est heureux pour le succès de l’entreprise que leur chef n’ait pas eu la fantaisie de se présenter à la fille d’Eétès sur un vaisseau de haut bord ; autrement tous les artifices de Médée n’eussent pu réussir à leur assurer la conquête de la Colchide. Au dire des habitans, le Phase roule encore des paillettes d’or. Les paysans de l’Imérithie n’en ont pas moins renoncé à se servir de la toison de leurs brebis pour arrêter les pépites aurifères ; ils trouvent plus sage de s’en faire des manteaux ou des bonnets fourrés. Autres temps, autres mœurs. « 

Un voyage d’hiver au Caucase
De la Mer-Noire à la Mer Caspienne
Jules Patrenotre
Revue des Deux Mondes
Tome 6
1874

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REGION DE L’IMERETHIE
იმერეთი
KOUTAÏSSI
ქუთაისი
LE RIONI

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FONTAINE DE COLCHIDE A LA DECOUVERTE DE KOUTAISSI ქუთაისი
Géorgie
საქართველო

LA FONTAINE DE COLCHIDE DE KOUTAÏSSI de David Gogichaishvili – კოლხეთის შადრევანი

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GEORGIE
REGION DE L’IMERETHIE
იმერეთი
KOUTAÏSSI
ქუთაისი
FONTAINE DE COLCHIDE
David Gogichaishvili
ბაგრატის ტაძარი

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FONTAINE DE COLCHIDE A LA DECOUVERTE DE KOUTAISSI ქუთაისი
Géorgie
საქართველო

PHOTO JACKY LAVAUZELLE

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Fontaine de Colchide A LA DECOUVERTE DE KOUTAISSI ქუთაისი

A LA DECOUVERTE DE
KOUTAÏSSI
ქუთაისი

 

LA FONTAINE DE KOUTAÏSSI
LA FONTAINE DE COLCHIDE
Colchis Fountain
კოლხეთის შადრევანი
kolkhetis shadrevani

 

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30 statues colorées forment la Fontaine de Colchide
30 მოოქროვილი კოლხური ქანდაკება
L’architecte est David Gogichaishvili
არქიტექტორი დავით გოგიჩაიშვილია
Symbolise la puissance et la force de la Colchide.
Sur cette place centrale, il n’y a plus de monument dédié à David le Constructeur construit en 1995 sous le nom de David Aghmashenebeli. Ce monument a été transféré à la gare centrale de Koutaïssi.
Les dorures imposantes recouvrant les chevaux marquent les richesses de la Colchide. « Strabon & Justin pensaient que la fable de cette toison était fondée sur ce qu’il y avait dans la Colchide des torrents qui roulaient sur un sable d’or qu’on ramassait avec des peaux de mouton, ce qui se pratique encore aujourd’hui vers le fort Louis, où la poudre d’or se recueille avec de semblables toisons, lesquelles quand elles en sont bien remplies, peuvent être regardées comme des toisons d’or.  » (Louis de Jaucourt – Le Première Edition de l’Encyclopédie – 1751 – Tome 16 – Article Toison)
 

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« CETTE COLCHIDE AUTREFOIS SI RICHE ET SI PEUPLEE »

ARTICLE SUR LA COLCHIDE
DE LA PREMIERE EDITION
DE L’ENCYCLOPEDIE

COLCHIDE, s. f. (Géog. anc.) L’ancienne Colchide, aujourd’hui la Mingrelie, est au fond de la mer Noire, entre la Circassie, la Géorgie, & l’Aladulie.
Ce pays passoit autrefois pour être fertile en poisons ; de-là vient qu’Horace parle souvent des poisons de la Colchide, venena Colcha ou Colchica. Médée, si fameuse par ses vénéfices, étoit de la Colchide : en falloit-il davantage pour donner lieu aux fictions de la Poésie ?
Mais ce qui n’est point une fiction poétique, c’est l’étrange & réelle différence qu’il y a entre la Colchide de nos jours, & cette Colchide d’autrefois si riche & si peuplée ; différence qui n’a point échappé à l’auteur de l’esprit des lois. « A voir, dit-il, liv. XXI. ch. v. aujourd’hui la Colchide, qui n’est plus qu’une vaste forêt, où le peuple qui diminue tous les jours ne défend sa liberté que pour se vendre en détail aux Turcs & aux Persans ; on ne diroit jamais que cette contrée eût été du tems des Romains pleine de villes où le commerce appelloit toutes les nations du monde : on n’en trouve aucun monument dans le pays ; il n’y en a de traces que dans Pline & Strabon ».

M. le Chevalier de Jaucourt
Louis de Jaucourt
Première Edition de l’Encyclopédie
Tome 3
Article COLCHIDE

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LE RIONI
LE FLEUVE QUII TRAVERSE KOUTAÏSSI
AUTREFOIS LE PHASE
ETAIT LA RIVIERE D’OR DE L »ANTIQUITE

Sur une plage, sablonneuse en partie, en partie boueuse, couverte d’herbes de marécage, une forêt épaisse, à moitié plongée dans l’eau, s’éloignait à l’infini dans l’intérieur des terres, en suivant le cours d’un fleuve large, au lit tortueux, plein de roches, de fanges et de troncs d’arbres échoués. C’était le Phase, la rivière d’or de l’antiquité, aujourd’hui le Rioni. Au milieu d’une végétation vigoureuse, ici règne la fièvre, et tout ce qui appartient à la nature mouvante en souffre autant que la nature végétale y prospère. La fièvre a usurpé là en souveraine le sceptre d’Acté et des enfants du Soleil.

Arthur de Gobineau
Nouvelles asiatiques
Chapitre I
LA DANSEUSE DE SHAMAKHA
Le Caucase
Editions Didier
1876

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KOUTAÏSSI
ქუთაისი
FONTAINE DE COLCHIDE
ბაგრატის ტაძარი

 

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FONTAINE DE COLCHIDE A LA DECOUVERTE DE KOUTAISSI ქუთაისი

KOUTAÏSSI ქუთაისი- A LA DECOUVERTE DE KOUTAÏSSI – REGION DE L’IMERETHIE

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KOUTAÏSSI
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A LA DECOUVERTE DE KOUTAISSI ქუთაისი
Géorgie
საქართველო

PHOTO JACKY LAVAUZELLE

 

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A LA DECOUVERTE DE KOUTAISSI ქუთაისი

A LA DECOUVERTE DE
KOUTAÏSSI
ქუთაისი

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Drapeau de Kutaïssi
Drapeau de Koutaïssi
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LA VILLE DE KOUTAÏSSI
ქუთაისი

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LE FLEUVE RIONI
LE PHASE
მდინარე რიონი
mdinare Rioni
LA RIVIERE D’OR DE L’ANTIQUITE

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LA CATHEDRALE DE BAGRATI
ბაგრატის ტაძარი
bagrati tamara

cathédrale de Bagrati Photo Jacky Lavauzelle

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LE MONASTERE DE MOTSAMETA
მოწამეთა მონასტერი
 motsameta monasteri

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LE MONASTERE DE GHELATI
გელათის მონასტერი
ghelatis monasteri

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LA FONTAINE DE COLCHIDE
კოლხეთის შადრევანი
de David Gogichaishvili
დავით გოგიჩაიშვილია

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LE JARDIN BOTANIQUE DE KOUTAÏSSI
ქუთაისის ბოტანიკური ბაღი
koutaisis botanikuri baghi
Kutaisi Botanical Garden

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HISTOIRE

KOUTAÏSSI EN 1885 TRAVERSEE PAR LA RIVIERE RIONI

*

LA DECOUVERTE DE KOUTAÏSSI
EN 1892
Par Paul Müller-Simonis

 

La population semble bien clairsemée ; cependant, comme il ne circule qu’un seul train par jour dans chaque direction, la foule est compacte aux stations. La langue étrange, l’aspect bigarré des gens étonnent le voyageur. À l’une de ces stations se promène gravement au milieu de la plèbe, un noble imérétien. Il est vêtu d’un long kaftan et porte comme coiffure le papanaki, curieux petit carré brodé. Sa démarche est majestueuse ; mais la noblesse de son maintien est gâtée par un air de désœuvrement fainéant.

Vom Kaukasus zum Persischen Meerbusen b 025.jpg
Noble imérétien culte du Papanaki.

 Près de Nicolala le train franchit la Natonyeba, l’ancienne Isis, qui jusqu’à la dernière guerre russo-turque formait frontière ; actuellement elle sépare la province de Batoûm-Kars du gouvernement de Kouthaïs.
Nous voici en Iméreth près d’Orpiri, qui est l’extrême limite de la navigation sur le Rion, la ligne franchit cette rivière ; à Samtredi bifurque la ligne de Poti. L’on devine au loin la grande chaîne du Caucase à demi voilée par la brume.
La vallée du Phase est toute verdure ; mais malgré sa fertilité, la population y est pauvre ; les nobles sont, paraît-il, ruinés depuis l’abolition du servage, bien que les droits seigneuriaux aient été rachetés. Beaucoup d’entre eux deviennent cosaques, et sont loin de former l’élément le plus discipliné de l’armée. Quant au paysan, il trouve difficilement un débouché pour ses récoltes, et les transports sont coûteux ; aussi le numéraire est-il rare.
Comme le chemin de fer transcaucasien laisse Kouthaïs à quelque distance au Nord, un embranchement spécial dessert cette ville ; il doit être actuellement prolongé jusqu’aux houillères de Tkvibouli, à peu près les seules qui soient en exploitation dans le Caucase. Nous débarquons vers 2 heures du soir à Kouthaïs, où nous trouvons un hôtel un peu meilleur que celui de Batoùm. Kouthaïs est située à l’endroit où le Rion sortant des montagnes débouche dans la grande plaine d’Iméreth ; au Nord de la ville c’est donc un paysage de haute vallée montagneuse ; au Sud s’étend la plaine que bornent au loin les majestueuses montagnes du Persathi (petit Caucase). Vue de la hauteur, Kouthaïs a cet aspect si reposant de bien des villes d’Orient, une forêt parsemée de toits. Tout y est vert, jusqu’aux coupoles des églises, jusqu’aux toitures des maisons. Pour mieux jouir du paysage, nous nous faisons voiturer — Dieu sait par quels chemins ! — au sommet d’une colline située sur la rive droite du Rion et dominant la ville au Nord (B). À nos pieds s’étend la Kouthaïs moderne, bâtie sur la rive gauche du fleuve. Dans l’antiquité il existait déjà une sorte de faubourg sur l’emplacement actuel de la ville ; il s’appelait Koutatissium ; mais la vraie ville, celle qui commandait le cours du

Vom Kaukasus zum Persischen Meerbusen b 026.jpg
Plan des mines d’Oukhimêrion et d’une partie de Kouthaïs moderne, d’après Dubois de Montpéreux.

Rion, était bâtie sur la colline où nous nous trouvons, et s’appelait Oukhimérion. Procope en parle déjà. Elle garda longtemps son importance, et des ruines intéressantes se trouvent dans son enceinte.
Oukhimérion comprenait une ville haute (B) et une ville basse (C) ; la forteresse était à l’Est de la ville haute (A), à 250 pieds environ au-dessus du fleuve. Totleben la détruisit en 1769 ; depuis, les Russes ont bâti leur citadelle sur le même emplacement, mais avec des dimensions moindres. Une enceinte entourait la ville haute et la reliait à la citadelle. C’est là que se trouve la cathédrale (14), le monument le plus intéressant de Kouthaïs.
Bagrat iii, à la fois souverain de l’Abkhasie et du Kartli, bâtit cette église en 1003 ; le canon des Turcs la ruina en 1690. On

Vom Kaukasus zum Persischen Meerbusen b 027.jpg
Cathédrale d’Oukhimérion.

peut la considérer comme le meilleur type de l’architecture géorgienne ; j’en donne une vue prise du côté du chœur et un petit plan emprunté à Brosset. La décoration de la façade extérieure des trois absides est très remarquable au lieu de laisser se dessiner sur des plans différents les convexités des absides dont les raccords sont souvent si disgracieux, l’architecte a donné aux absides latérales la même profondeur qu’à l’abside centrale ; il les a noyées toutes trois dans un mur plan ; comme ce mur eut, sans utilité aucune, atteint une très grande épaisseur entre les absides, il y creusa des niches à section triangulaire, terminées au sommet par des coquilles de saint Jacques. Ces niches forment le centre d’une ornementation de colonnettes et d’arceaux du meilleur goût, et où l’on rencontre exclusivement le chapiteau géorgien. Ce chapiteau est fort simple, mais assez élégant : les colonnes se terminent par un petit tore au-dessus duquel se développe un renflement ovoïde surmonté d’une abaque qui déborde, et reproduit exactement le tore inférieur ; c’est là tout le chapiteau. Le style géorgien est d’ailleurs très étroitement apparenté au style arménien.
Kouthaïs a une population de 12 à 15 000 habitants parmi lesquels un assez grand nombre d’Arméniens. Beaucoup d’entre eux étaient autrefois catholiques, et une mission de capucins était établie dans la ville. Dubois de Montpéreux, voyageur protestant, bien que l’accueil assez froid des capucins l’ait mal disposé en leur faveur, rend hommage à la salutaire influence des missionnaires et à la supériorité morale conquise par les Arméniens catholiques (1833). En 1845 le gouvernement russe a impitoyablement détruit la mission malgré la généreuse opposition du général en chef, Neidgard.
Le climat de Kouthaïs est chaud et humide ; les vents d’Ouest y apportent de très fortes pluies, et la chaleur y est intense en Juillet et Août. Quand le scirocco du Sud-Est venant des steppes de l’Asie, franchit le col de Souram, la température s’élève jusqu’à 42 degrés centigrades ; il souffle pendant 3 jours, brûlant

Du Caucase au Golfe Persique p 029.jpg
RUINES DE LA CATHÉDRALE D’OUKHIMERION.

et desséchant tout ; généralement la pluie lui succède. Octobre et Novembre sont, dit-on, de beaux mois.

Paul Müller-Simonis
Du Caucase au Golfe Persique
De Constantinople à Tiflis
Université catholique d’Amérique
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LE CAUCASE ET KOUTAÏSSI
VU PAR JULES VEREN
dans KERABAN-LE-TÊTU

Le Caucase est cette partie de la Russie méridionale, faite de hautes montagnes et de plateaux immenses, dont le système orographique se dessine à peu près de l’ouest à l’est, sur une longueur de trois cent cinquante kilomètres. Au nord s’étendent le pays des Cosaques du Don, le gouvernement de Stavropol, avec les steppes des Kalmouks et des Nogaïs nomades ; au sud, les gouvernements de Tiflis, capitale de la Géorgie, de Koutaïs, de Bakou, d’Élisabethpol, d’Érivan, plus les provinces de la Mingrélie, de l’Iméréthie, de l’Abkasie, du Gouriel. À l’ouest du Caucase, c’est la mer Noire ; à l’est, c’est la mer Caspienne.

Jules Verne
Kéraban-le-Têtu
Editions Hetzel
1883
Tome 1
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GEORGIE
KOUTAÏSSI
ქუთაისი

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A LA DECOUVERTE DE KOUTAISSI ქუთაისი
Géorgie
საქართველო

PHOTO JACKY LAVAUZELLE

LA CATHEDRALE DE BAGRATI – KOUTAÏSSI – ბაგრატის ტაძარი

GEORGIE
REGION DE L’IMERETHIE
იმერეთი
KOUTAÏSSI
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FONTAINE DE COLCHIDE
ბაგრატის ტაძარი

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FONTAINE DE COLCHIDE A LA DECOUVERTE DE KOUTAISSI ქუთაისი
Géorgie
საქართველო

PHOTO JACKY LAVAUZELLE
PHOTO JACKY LAVAUZELLE
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Cathédrale de Bagrati ბაგრატის ტაძარი A LA DECOUVERTE DE KUTAISSI ქუთაისი

A LA DECOUVERTE DE
KOUTAÏSSI
ქუთაისი

LA CATHEDRALE DE BAGRATI
ბაგრატის ტაძარი
bagrati tadzari

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Chef-d’œuvre de « l’âge d’or »
de la Géorgie médiévale

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CATHEDRALE DU début XIe SIECLE
Construite sous le règne de BAGRAT III
d’où son nom de CATHEDRALE DE BAGRATI

***

BAGRAT III
ბაგრატ III
vers 960 – 7 mai 1014
Fondateur du Royaume Unifié de Géorgie

***

1106
Achèvement de la construction de la Cathédrale
LE RENFORCEMENT DE LA
FACADE SUD EN 1930
ბაგრატის ტაძრის სამხრეთი ფასადი 30-იანი წლების გამაგრებითი სამუშაოების შემდგომ

*

LE RENFORCEMENT DE
LA FACADE SUD EN 1950
ბაგრატის ტაძრის სამხრეთი ფასადი 50-იანი წლების სარეკონსტრუქციო სამუშაოების შემდგომ

*
1994
Inscription  sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO

*

2010
Inscription sur  la Liste du patrimoine mondial en péril de l’UNESCO
*
2 juillet 2017
Retrait de la Liste du Patrimoine mondial en péril
Décision prise lors du Comité du patrimoine mondial, réuni à Cracovie

 

saint George terrassant le dragon

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LA CATHEDRALE DE KOUTAÏSSI
EN 1892

À nos pieds s’étend la Kouthaïs moderne, bâtie sur la rive gauche du fleuve. Dans l’antiquité il existait déjà une sorte de faubourg sur l’emplacement actuel de la ville ; il s’appelait Koutatissium ; mais la vraie ville, celle qui commandait le cours du

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Plan des mines d’Oukhimêrion et d’une partie de Kouthaïs moderne, d’après Dubois de Montpéreux

Rion, était bâtie sur la colline où nous nous trouvons, et s’appelait Oukhimérion. Procope en parle déjà. Elle garda longtemps son importance, et des ruines intéressantes se trouvent dans son enceinte.
Oukhimérion comprenait une ville haute (B) et une ville basse (C) ; la forteresse était à l’Est de la ville haute (A), à 250 pieds environ au-dessus du fleuve. Totleben la détruisit en 1769 ; depuis, les Russes ont bâti leur citadelle sur le même emplacement, mais avec des dimensions moindres. Une enceinte entourait la ville haute et la reliait à la citadelle. C’est là que se trouve la cathédrale (14), le monument le plus intéressant de Kouthaïs.

Bagrat iii, à la fois souverain de l’Abkhasie et du Kartli, bâtit cette église en 1003 ; le canon des Turcs la ruina en 1690. On

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Cathédrale d’Oukhimérion

peut la considérer comme le meilleur type de l’architecture géorgienne ; j’en donne une vue prise du côté du chœur et un petit plan emprunté à Brosset. La décoration de la façade extérieure des trois absides est très remarquable au lieu de laisser se dessiner sur des plans différents les convexités des absides dont les raccords sont souvent si disgracieux, l’architecte a donné aux absides latérales la même profondeur qu’à l’abside centrale ; il les a noyées toutes trois dans un mur plan ; comme ce mur eut, sans utilité aucune, atteint une très grande épaisseur entre les absides, il y creusa des niches à section triangulaire, terminées au sommet par des coquilles de saint Jacques. Ces niches forment le centre d’une ornementation de colonnettes et d’arceaux du meilleur goût, et où l’on rencontre exclusivement le chapiteau géorgien. Ce chapiteau est fort simple, mais assez élégant : les colonnes se terminent par un petit tore au-dessus duquel se développe un renflement ovoïde surmonté d’une abaque qui déborde, et reproduit exactement le tore inférieur ; c’est là tout le chapiteau. Le style géorgien est d’ailleurs très étroitement apparenté au style arménien.

Paul Müller-Simonis
Du Caucase au Golfe Persique
De Constantinople à Tiflis
Université catholique d’Amérique

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KOUTAÏSSI ქუთაისი- A LA DECOUVERTE DE KOUTAÏSSI – REGION DE L’IMERETHIE

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CATHEDRALE DE BAGRATI
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Cathédrale de Bagrati ბაგრატის ტაძარი A LA DECOUVERTE DE KUTAISSI ქუთაისი
Géorgie
საქართველო

 

TBILISSI – Poème de Paolo Iashvili პაოლო იაშვილი

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POEME DE PAOLO IASHVILI
პაოლო იაშვილი
LITTERATURE GEORGIENNE
ქართული ლიტერატურა
POESIE GEORGIENNE
ქართული პოეზია

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TBILISSI - Poème de Paolo Iashvili პაოლო იაშვილი
Géorgie
საქართველო

GEORGIE – DECOUVERTE DE LA GEORGIE – საქართველოს აღმოჩენა

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

TBILISSI - Poème de Paolo Iashvili პაოლო იაშვილი

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POESIE GEORGIENNE
ქართული პოეზია

PAOLO IASHVILI
პაოლო იაშვილი

29 juin 1894 – 22 juillet 1937
29 ივნისი 1894 –  22 ივლისი 1937

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

Paolo Iashvili Trad Jacky Lavauzelle

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TBILISSI
თბილისი

Les Bains de Tbilissi – Photo J L

 

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მინდა ავვარდე მამადავითზე,
minda avvarde mamadavitze,
Je voudrais partir,
იქ აირჩიე, სულო ბინა შენ;
ik airchie, sulo bina shen;
Trouver un refuge ;
მინდა უეცრად მუხლზე დავეცე
minda uetsrad mukhlze davetse
Je veux soudainement m’agenouiller
ჩემი თბილისის და მზის წინაშე.
chemi tbilisis da mzis ts’inashe.
Devant toi, Tbilissi, et devant le soleil.
ჩემო ქალაქო! არ დამაკელი
chemo kalako! ar damak’eli
Ma ville ! Tu ne m’as rien caché
შენ სიხარული მზისგან ფერილი,
shen sikharuli mzisgan perili,
Tu es la joie qu’apporte le soleil,
თავზე გადგია, როგორც კანკელი,
tavze gadgia, rogorts k’ank’eli,
Sur le dessus de la croix,
ცა მოელვარე და აჟღერილი.
tsa moelvare da azhgherili.
Ton ciel est brillant et vibrant.
ვხედავ, ურმები ლორთქა თივებით
vkhedav, urmebi lortka tivebit
Je vois les charrettes chargées de foin
გზას ახარებენ აჭრიალებით;
gzas akhareben ach’rialebit;
Enthousiasmer ce chemin de terre ;
მტკვარს მოჰყვებიან ფიჭვის ტივები,
mt’k’vars mohq’vebian pich’vis t’ivebi,
La Mtkvari charrie ses lourds chargements de pin,
ვით მოცურავე თეთრი ქალები.
vit motsurave tetri kalebi.
Comme des femmes blanches qui nagent.
სდუღან ოქროს და წითელ ღვარებად
sdughan okros da ts’itel ghvarebad
De fortes rouges vagues d’or
კვირა დღეებით შენი ქუჩები,
k’vira dgheebit sheni kuchebi,
Egaient tes ruelles dominicales,
და იცვლებიან ოხშივარებად
da itsvlebian okhshivarebad
Et les brumes partent en paix
შენს გარეშემო მთები თუჯების.
shens gareshemo mtebi tujebis.
Au-delà des montagnes qui t’entourent.
შენს ალაყაფთან მსურს დავალაგო
shens alaq’aptan msurs davalago
C’est en ton cœur, Ma ville, que les vers
ლექსები, როგორც სისხლის წვეთები…
leksebi, rogorts siskhlis ts’vetebi…
De mes poèmes ressemblent aux gouttes de sang …
მილიონ ხმებით სავსე ქალაქო,
milion khmebit savse kalako,
Ô ville pleine de ces millions de voix,
დიდი სატახტო ხარ პოეტების.
didi sat’akht’o khar p’oet’ebis.
Tu es le grand maître des poètes.
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POEME DE PAOLO IASHVILI
პაოლო იაშვილი
LITTERATURE GEORGIENNE
ქართული ლიტერატურა
POESIE GEORGIENNE
ქართული პოეზია

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TBILISSI - Poème de Paolo Iashvili პაოლო იაშვილი

 

LA STATUE DE MEDEE BATUMI -მედეა- SCULPTURE DE DAVID KHMALADZE დავით ხმალაძე

STATUE DE MEDEE BATUMI
მედეა
დავით ხმალაძე – David Khmaladze

GEORGIE – DECOUVERTE DE LA GEORGIE – საქართველოს აღმოჩენა

GEORGIE
საქართველო
Sakartvelo
République autonome d’Adjarie
აჭარის ავტონომიური რესპუბლიკა
Acharis Avtonomiuri Respublika 
Médée Batumi A LA DECOUVERTE DE BATUMI
BATUMIბათუმი

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Médée Batumi - Photo Jacky Lavauzelle
Géorgie
საქართველო

PHOTO JACKY LAVAUZELLE

MEDEE BATUMI

A LA DECOUVERTE DE
BATUMI
ბათუმი

MEDEE BATUMI
დავით ხმალაძე
Davit Khmaladze
MEDEE BATUMI

LA STATUE DE MÉDÉE
ET LA CONQUËTE DE LA TOISON D’OR
PAR JASON ET LES ARGONAUTES

____________________________________________________________

Statue inaugurée par le président de la Géorgie, Mikheil Saakashvili,  მიხეილ სააკაშვილი,  le 6 juillet 2007 (6 ივლისი)

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MÉDÉE est la fille du roi de Colchide (Région occidentale de l’actuelle Géorgie (Svanétie, Ratcha, Abkhazie, Iméréthie, Gourie, Adjarie), la dépassant sur le sud actuellement Turc (Trabzon -Trébizonde Arvin) et sur le nord Russe). Elle a pour tante la magicienne Circé que l’on retrouve chez Ulysse, experte en poisons. Médée est aussi magicienne comme sa tante.

Le Roi usurpateur d’Iolcos, Pélias, qui a subtiliser le trône à son frère Aeson, père de Jason, conçoit une expédition vers la Colchide pour conquérir la fameuse Toison d’Or. La Colchide est gouvernée par le père de Médée,  Éétès. L’expédition impossible et suicidaire est forcément vouée à l’échec et permettra à Pélias d’éliminer Jason qui revendique naturellement le trône d’Ioclos.
La Toison d’Or provient de la fourrure d’un bélier nommé Chrysomallos

Trois épreuves impossibles seront proposées à Jason. Jason réussira les épreuves grâce au concours de Médée, amoureuse de notre Jason.

Cf. ci-dessous les détails (Première Encyclopédie)

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MEDEE BATUMI
LA STATUE DE MEDEE BATUMI

    MEDEE BATUMI

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LE NAVIRE ARGO

 Une cinquantaine d’équipiers accompagne Jason dans sa quête. Le navire se nommera Argo, « le rapide », et ses compagnons, les Argonautes, dont Orphée lemusicien, Pélée le père d’Achille, Castor et Pollux, Hercule, Thésée, …

MEDEE BATUMI

« Plût aux dieux que le navire Argo n’eût pas volé par-delà les Symplégades bleu sombre vers la terre de Colchide, que dans les vallons du Pélion le pin ne fût jamais tombé sous la hache et n’eût armé de rames les mains des héros valeureux qui allèrent chercher pour Pélias la Toison toute d’or ! « 

(Discours de la Nourrice)
Euripide
Médée
traduction Henri Berguin

** 

**




LA PUISSANCE
DE MEDEE LA MAGICIENNE

Dieux ! Que fera Médée, et quel affreux courroux
Ne l’enflammera point contre un parjure époux ?
Si vous l’abandonnez, redoutez sa vengeance.
Vous savez de son art jusqu’où va la puissance.
La nature est soumise à ses commandements :
Elle trouble le Ciel, l’Enfer, les Éléments ;
Elle arrête, à son gré, les Astres dans leur course.
Les torrents les plus fiers remontent vers leur source.
La Lune sort du Ciel, les Mânes des tombeaux :
Elle lance la foudre, et change en sang les eaux.
Iphite à Jason dans l’Acte I Scène 1
Médée d’Hilaire de Longepierre
Rien ne peut m’enlever à ma belle Princesse.
Je défie, à la fois, les Mortels et les Dieux,
Et tout l’art de Médée, et l’Enfer, et les Cieux.
Jason à Créuse dans l’Acte I Scène 2
Médée d’Hilaire de Longepierre

**

LE SERPENT
GARDIEN DE LA TOISON D’OR

Jason réussit les épreuves demandées, aidé par Médée, notamment la maîtrise des deux taureaux aux sabots d’airain et crachant le feu, et l’ensemencement d’un champ avec des dents de dragons qui se transforment en Spartes, c’est-à-dire en guerriers redoutables. Il arrive pour récupérer son trophée. Mais un puissant serpent garde la fameuse Toison d’Or.
Pour la récupérer, Médée fera des incantations qui endormiront le serpent.

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****

LA TOISON D’OR
Dans la Première Edition de l’Encyclopédie
1751

Médée que Jason avoit promis d’épouser & d’emmener dans la Grece, sollicitée encore par Calciope sa sœur, veuve de Phryxus, qui voyoit ses enfans en proie à l’avarice d’un roi cruel, aida son amant à voler les trésors de son pere, soit en lui donnant une fausse clé ou de quelqu’autre maniere, & s’embarqua avec lui. Cette histoire étoit écrite en phénicien, que les poëtes qui sont venus longtems après, n’entendoient que très-imparfaitement ; & les mots équivoques de cette langue donnerent lieu aux fables qu’on en a racontées. En effet, dans cette langue le mot syrien gaza signifie également un trésor ou une toison ; sam qui veut dire une muraille, désigne aussi un taureau ; & on exprime dans cette langue de l’airain, du fer & un dragon par le mot nachas ; ainsi au lieu de dire que Jason avoit enlevé un trésor que le roi de la Colchide tenoit dans un lieu bien fermé, & qu’il faisoit garder soigneusement, on a dit que pour enlever une toison d’or, il avoit fallu dompter des taureaux, tuer un dragon, &c.




L’amour de Médée pour Jason, ce grand ressort qu’Œlien croit avoir été inventé par Eurypide dans sa tragédie de Médée faite à la priere des Corinthiens n’a rien d’extraordinaire ; & cette princesse qui abandonna son pere & sa patrie pour suivre Jason, montre assez par sa conduite qu’elle en étoit amoureuse, sans qu’il soit besoin de faire intervenir Junon& Minerve dans cette intrigue qui fut l’ouvrage de Calciope. Cette femme pour venger la mort de son mari, & sauver ses enfans qu’Aëtès avoit résolu de faire mourir à leur retour de la guerre où il les avoit envoyés, favorisa de tout son pouvoir la passion que sa sœur avoit conçue pour Jason. On peut ajouter que les quatre jeunes princes que Jason avoit ramenés,& qui se voyoient exposés à la fureur de leur grand-pere, si les Grecs étoient vaincus, les secoururent de tout leur pouvoir.

LOUIS DE JAUCOURT
PREMIERE EDITION DE L’ENCYCLOPEDIE
1751
TOME 16

***

MEDEE
Dans la Première Edition de l’Encyclopédie
1751

Cette fille d’Hécate & d’Aëtes, roi de Colchide, joue un trop grand rôle dans la fable, dans l’histoire & dans les écrits des poëtes, pour supprimer entierement son article.

Pausanias, Diodore de Sicile, & autres historiens nous peignent cette princesse comme une femme vertueuse, qui n’eut d’autre crime que d’aimer Jason, qui l’abandonna lâchement, malgré les gages qu’il avoit de sa tendresse, pour épouser la fille de Créon ; une femme qui, étant en Colchide, sauva la vie de plusieurs étrangers que le roi vouloit faire périr, & qui ne s’enfuit de sa patrie que par l’horreur qu’elle avoit des cruautés de son pere ; enfin, une reine abandonnée, persécutée, qui, après avoir eu inutilement recours aux garants des promesses de son époux, fut obligée de passer les mers pour chercher un asile dans les pays éloignés.

Les Corinthiens inviterent Médée à venir prendre chez eux possession d’un trône qui lui étoit dû ; mais ces peuples inconstans, soit pour venger la mort de Créon dont ils accusoient cette princesse, ou pour mettre fin aux intrigues qu’elle formoit pour assurer la couronne à ses enfans, les lapiderent dans le temple de Junon, où ils s’étoient refugiés. Ce fait étoit encore connu de quelques personnes, lorsque Euripide entreprit de l’altérer faussement en donnant sa tragédie de Médée. Les Corinthiens lui firent présent de cinq talens, pour l’engager de mettre sur le compte de Médée, le meurtre des jeunes princes dont leurs aïeux étoient coupables. Ils se flatterent avec raison, que cette imposture s’accréditeroit par la réputation du poëte, & prendroit enfin la place d’une vérité qui leur étoit peu honorable : en effet, les tragiques qui suivirent se conformant à Euripide, inventerent à l’envi tous les autres crimes de l’histoire fabuleuse de Médée ; les meurtres d’Absyrtes, de Pélias, de Créon & de sa fille, l’empoisonnement de Thésée, &c.

Cependant ceux qui ont chargé cette reine de tant de forfaits, n’ont pu s’empêcher de reconnoître que née vertueuse, elle n’avoit été entraînée au vice que par une espece de fatalité, & par le concours des dieux, sur-tout de Vénus, qui persécuta sans relâche toute la race du Soleil, pour avoir découvert son intrigne avec Mars. De-là ces fameuses paroles d’Ovide : Vidco meliora, proboque, deteriora sequor : paroles que Quinault a si bien imitées dans ces deux vers :

Le destin de Médée est d’être criminelle ;
Mais son cœur étoit fait pour aimer la vertu.

Outre Euripide qui choisit pour sa premiere piece de présenter sur la scène la vengeance que Médée tira de l’infidélité de Jason, Ovide avoit composé une tragédie sur ce sujet, qui n’est pas venue jusqu’à nous, & dont Quintilien nous a conservé ce seul vers si connu :

Servare potui, perdere an possins, rogas ?

« Si j’ai pu le sauver, ne puis-je le détruire ? »

On dit que Mécénas avoit aussi traité ce sujet à sa maniere ; mais il ne nous reste que la Médée de Séneque. Nous avons parmi les modernes la tragédie de Louis Dolce en italien, & en françois celle du grand Corneille. (D. J.)

LOUIS DE JAUCOURT
PREMIERE EDITION DE L’ENCYCLOPEDIE
1751
TOME 10

*****
STATUE DE MEDEE BATUMI
დავით ხმალაძე – David Khmaladze
GEORGIE
საქართველო
Sakartvelo
République autonome d’Adjarie
აჭარის ავტონომიური რესპუბლიკა
Acharis Avtonomiuri Respublika 
Médée Batumi A LA DECOUVERTE DE BATUMI
BATUMIბათუმი

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Médée Batumi - Photo Jacky Lavauzelle

LA MORT GLORIEUSE DU HEROS- OS LUSIADAS IV-50 LES LUSIADES LUIS DE CAMOES – Não consentiu a morte tantos anos

*

traduction Jacky LavauzelleOS LUSIADAS CAMOES CANTO IV
Os Lusiadas Les Lusiades
OS LUSIADAS IV-50 LES LUSIADES IV-50
LITTERATURE PORTUGAISE

Os Lusiadas Traduction Jacky Lavauzelle Les Lusiades de Luis de Camoes




Os Lusiadas Traduction Jacky Lavauzelle Les Lusiades de Luis de Camoes

literatura português

Luis de Camões
[1525-1580]

Tradução – Traduction
texto bilingue




Luis de Camoes Les Lusiades Trad Jacky Lavauzelle

 Obra Poética  (1556)




OS LUSIADAS IV-50
A Epopeia Portuguesa

 

Traduction Jacky Lavauzelle

Camoes Traduction Jacky Lavauzelle
Vasco de Gama

 

Traduction Jacky Lavauzelle

 

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LA MORT GLORIEUSE DU HEROS

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« Não consentiu a morte tantos anos

« La mort ne donna pas tant d’années
  Que de Herói tão ditoso se lograsse
A un tel héros pour la défense du blason
Portugal, mas os coros soberanos
Du Portugal, et ce sont les chœurs souverains
Do Céu supremo quis que povoasse.
Du ciel suprême qui vinrent le guider.
Mas para defensão dos Lusitanos
Mais pour la défense des Lusitaniens
  Deixou, quem o levou quem governasse,
Il est parti, en laissant des hommes aptes à gouverner,
  E aumentasse a terra mais que dantes,
Et pour accroître ses territoires,
Inclita geração, altos Infantes. 
Une génération et des enfants prometteurs.

**

Traduction Jacky Lavauzelle
Nuno Álvares Pereira

****

OS LUSIADAS CANTO IV

****

Traduction Jacky Lavauzelle

Vasco de Gama par Gregorio Lopes

**************

**

LA MORT DU VETERAN CAMOES

Et puis, pour qu’un royaume ait des gens de lettres, il lui faut de l’argent pour les pensionner. Le Portugal, qui épuisait son épargne en flottes, en armées, en constructions de citadelles, ne pouvait avoir dans son budget un chapitre d’encouragemens aux lettres et aux arts. Bientôt même l’état ruiné par ses conquêtes, obéré par la victoire, n’eut plus de quoi suffire aux besoins de ses armées : il finit par ne pouvoir plus nourrir ceux qui l’avaient servi. Camoens mourut à l’hôpital, ou à-peu-près ; mais ce ne fut pas comme poète ; ce ne fut pas comme Gilbert et Maifilâtre à côté d’autres écrivains largement rentes: ce fut comme un vétéran dont la solde manque, ou dont la pension de retraite est suspendue.il mourut comme beaucoup de ses compagnons d’armes, comme mouraient les vice-rois eux-mêmes, qui n’avaient pas toujours (témoin dom Joâo de Castro) de quoi acheter une pouie dans leur dernière maladie.

« Qu’y a-t-il de plus déplorable que de voir un si grand génie si mal récompensé ? Je l’ai vu mourir dans un hôpital de Lisbonne, sans avoir un drap pour se couvrir, lui qui avait si bravement combattu dans l’Inde orientale et qui avait fait cinq mille cinq cents lieues en mer. Grande leçon pour ceux qui se fatiguent à travailler nuit et jour et aussi vainement que l’araignée qui ourdit sa toile pour y prendre des mouches. »
Il peut résulter de cette apostille que José Indio a vu Camoens à l’hôpital, sans qu’il faille prendre à la lettre les mots je l’ai vu mourir.
Ce fut dans ces circonstances que le désastre d’AIkacer Kébir (4 août 1578) frappa de mort le Portugal. Il restait encore à Camoens une larme pour sa patrie : Ah ! s’écria-t-il, du moins je meurs avec elle ! Il répéta la même pensée dans la dernière lettre qu’il ait écrite. « Enfin, disait-il, je vais sortir de la vie, et il sera manifeste à tous que j’ai tant aimé ma patrie, que non-seulement je me trouve heureux de mourir dans son sein, mais encore de mourir avec elle. »
Il ne survécut que peu de mois à ce désastre, et mourut au commencement de 1579, à l’âge de cinquante-cinq ans.
Il fut enterré très pauvrement dans l’église de Santa Anna, dit Pedro de Mariz, à gauche en entrant et sans que rien indiquât sa sépulture. Ses malheurs firent une impression si profonde, que personne ne voulut plus occuper la maison qu’il avait habitée. Elle est restée vide depuis sa mort. Les prévisions de Camoens ne tardèrent pas à s’accomplir. Le Portugal, ce royaume né d’une victoire et mort dans une défaite, tomba bientôt sous le joug de Philippe IL Ce monarque visitant ses nouvelles provinces, s’informa du poète, et, en apprenant qu’il n’existait plus, il témoigna un vif regret….

Charles Magnin
Luiz de Camoëns
Revue des Deux Mondes
Période Initiale, tome 6

*********************

Traduction Jacky Lavauzelle

ARTGITATO
*********************


Camoes Os Lusiadas IV Traduction Jacky Lavauzelle

 OS LUSIADAS IV

LUIS DE CAMOES LES LUSIADES

Camoes Canto III

L’AIGLE არწივი Poème Géorgien de VAJA-PCHAVELA ვაჟა ფშაველა DER ADLER – A ÁGUIA – L’AQUILA

 

*****
POEME DE VAJA-PCHAVELA
ვაჟა ფშაველა
LITTERATURE GEORGIENNE
ქართული ლიტერატურა
POESIE GEORGIENNE
ქართული პოეზია

******

Vaja-Pchavela
Géorgie
საქართველო

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

Poème de vaja-pchavela

____________________________________________________________

POESIE GEORGIENNE
ქართული პოეზია

VAJA-PCHAVELA
ვაჟა ფშაველა

 26 juillet 1861 – 10 juillet 1915
26 ივლისი, 1861 – 10 ივლისი, 1915

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

__________________________________________________________________

L’AIGLE
არწივი
Artsavi

არწივი ვნახე დაჭრილი,
Artsivi vnakhe dachrili,
Un aigle se débattait, blessé,
ყვავ-ყორნებს ეწოდათ,
Qvav-qornebs etsodat,
Parcourant les champs de fleurs,
ეწვია ბეჩავს ადგომა,
Etsvia bechavs adgoma,
Voulant regagner son ciel,
მაგრამ ვეღარა დგებოდა,
Magram veghara dgeboda,
Mais je ne supporte plus
ცალმხრივ მხარს მიწაზე მიტევევს,
Tsalmkhriv mkhars mitsaze mitevevs,
De le voir ainsi clouer au sol, inexorablement,
გულისპირს სისხლი სცხე.
Gulispirs siskhli stskhe.
Le sang au coeur.
ვაჰ, დედას თქვენი, ყოვებო,
Vah, dedas tkveni, qovebo,
Ah ! Notre mère à nous tous,
ცუდი დრო ჩაგიგდათ ხელადა,
Tsudi dro chagigdat khelada,
Le temps mauvais est pour toi venu,
თორო ვნახავდი თქვენს ბუმბულს
Toro vnakhavdi tkvens bumbuls
Jamais plus je ne verrai tes larges plumes
გაშლილს, გაფანტავს
Gashlils, gapantav
S’étendre sur le ciel et glisser vers l’infini.

****

A ÁGUIA

Uma águia lutou, feriu,
Vagando pelos campos de flores,
Desejando retornar ao céu,
Mas eu não aguento mais
Para vê-lo assim pregado ao chão,
Inexoravelmente, o sangue no coração.
Ah! Nossa mãe,
O mau tempo é para você vir
Nunca mais vou ver suas penas largas
Espalhadas pelo céu e deslizar para o infinito.

**

L’AQUILA

Un’aquila lottò, ferì, vagando
Per i campi di fiori,
Desiderando tornare ai suoi cieli,
Ma non sopporto più
Per vederlo così inchiodato a terra,
Inesorabilmente, il sangue nel cuore.
Ah! Nostra madre,
Il maltempo è per te, vieni
Non vedrò mai più le tue penne
Sparse nel cielo e scivolare verso l’infinito.

**

DER ADLER

Ein Adler kämpfte, verwundet,
Durchstreifte die Blumenfelder und wünschte,
Zu seinen Himmeln zurückzukehren,
Aber ich kann es nicht mehr aushalten
Ihn zu sehen, so unentrinnbar das Blut im Herzen
Auf den Boden genagelt.
Ah! Unsere Mutter,
Das schlechte Wetter ist für dich gekommen,
Nie wieder werde ich deine breiten Federn über den Himmel
Streichen sehen und in die Unendlichkeit gleiten.

*****
POEME DE VAJA-PCHAVELA
ვაჟა ფშაველა
LITTERATURE GEORGIENNE
ქართული ლიტერატურა
POESIE GEORGIENNE
ქართული პოეზია

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Vaja-Pchavela
Géorgie
საქართველო

PRISE DE CEUTA ET DU MONT ABYLA- OS LUSIADAS IV-49 LES LUSIADES LUIS DE CAMOES – Eis mil nadantes aves pelo argento

*

traduction Jacky LavauzelleOS LUSIADAS CAMOES CANTO IV
Os Lusiadas Les Lusiades
OS LUSIADAS IV-49 LES LUSIADES IV-49
LITTERATURE PORTUGAISE

Os Lusiadas Traduction Jacky Lavauzelle Les Lusiades de Luis de Camoes




Os Lusiadas Traduction Jacky Lavauzelle Les Lusiades de Luis de Camoes

literatura português

Luis de Camões
[1525-1580]

Tradução – Traduction
texto bilingue




Luis de Camoes Les Lusiades Trad Jacky Lavauzelle

 Obra Poética  (1556)




OS LUSIADAS IV-49
A Epopeia Portuguesa

 

Traduction Jacky Lavauzelle

Camoes Traduction Jacky Lavauzelle
Vasco de Gama

 

Traduction Jacky Lavauzelle

 

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PRISE DE CEUTA ET DU MONT ABYLA

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« Eis mil nadantes aves pelo argento

« Mille oiseaux nagent sur les flots argentés
Da furiosa Tethys inquieta
De Téthys furieuse et agitée
Abrindo as pandas asas vão ao vento,
Ouvrant leurs ailes face aux caprices des vents,
Para onde Alcides pôs a extrema meta.
Vers les lieux où Alcide a mis un point extrême .
O monte Abila e o nobre fundamento
Le Mont Abiya et la noble fondation
De Ceita toma, e o torpe Mahometa
De Ceuta, le Roi s’en empare et déloge ainsi le Mahométan
Deita fora, e segura toda Espanha 
Protégeant ainsi toute l’Espagne
 Da Juliana, má, e desleal manha. 
De Julienne, mauvaise et infidèle.

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Traduction Jacky Lavauzelle
Nuno Álvares Pereira

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OS LUSIADAS CANTO IV

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Traduction Jacky Lavauzelle

Vasco de Gama par Gregorio Lopes

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LA MORT DU VETERAN CAMOES

Et puis, pour qu’un royaume ait des gens de lettres, il lui faut de l’argent pour les pensionner. Le Portugal, qui épuisait son épargne en flottes, en armées, en constructions de citadelles, ne pouvait avoir dans son budget un chapitre d’encouragemens aux lettres et aux arts. Bientôt même l’état ruiné par ses conquêtes, obéré par la victoire, n’eut plus de quoi suffire aux besoins de ses armées : il finit par ne pouvoir plus nourrir ceux qui l’avaient servi. Camoens mourut à l’hôpital, ou à-peu-près ; mais ce ne fut pas comme poète ; ce ne fut pas comme Gilbert et Maifilâtre à côté d’autres écrivains largement rentes: ce fut comme un vétéran dont la solde manque, ou dont la pension de retraite est suspendue.il mourut comme beaucoup de ses compagnons d’armes, comme mouraient les vice-rois eux-mêmes, qui n’avaient pas toujours (témoin dom Joâo de Castro) de quoi acheter une pouie dans leur dernière maladie.

« Qu’y a-t-il de plus déplorable que de voir un si grand génie si mal récompensé ? Je l’ai vu mourir dans un hôpital de Lisbonne, sans avoir un drap pour se couvrir, lui qui avait si bravement combattu dans l’Inde orientale et qui avait fait cinq mille cinq cents lieues en mer. Grande leçon pour ceux qui se fatiguent à travailler nuit et jour et aussi vainement que l’araignée qui ourdit sa toile pour y prendre des mouches. »
Il peut résulter de cette apostille que José Indio a vu Camoens à l’hôpital, sans qu’il faille prendre à la lettre les mots je l’ai vu mourir.
Ce fut dans ces circonstances que le désastre d’AIkacer Kébir (4 août 1578) frappa de mort le Portugal. Il restait encore à Camoens une larme pour sa patrie : Ah ! s’écria-t-il, du moins je meurs avec elle ! Il répéta la même pensée dans la dernière lettre qu’il ait écrite. « Enfin, disait-il, je vais sortir de la vie, et il sera manifeste à tous que j’ai tant aimé ma patrie, que non-seulement je me trouve heureux de mourir dans son sein, mais encore de mourir avec elle. »
Il ne survécut que peu de mois à ce désastre, et mourut au commencement de 1579, à l’âge de cinquante-cinq ans.
Il fut enterré très pauvrement dans l’église de Santa Anna, dit Pedro de Mariz, à gauche en entrant et sans que rien indiquât sa sépulture. Ses malheurs firent une impression si profonde, que personne ne voulut plus occuper la maison qu’il avait habitée. Elle est restée vide depuis sa mort. Les prévisions de Camoens ne tardèrent pas à s’accomplir. Le Portugal, ce royaume né d’une victoire et mort dans une défaite, tomba bientôt sous le joug de Philippe IL Ce monarque visitant ses nouvelles provinces, s’informa du poète, et, en apprenant qu’il n’existait plus, il témoigna un vif regret….

Charles Magnin
Luiz de Camoëns
Revue des Deux Mondes
Période Initiale, tome 6

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Traduction Jacky Lavauzelle

ARTGITATO
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Camoes Os Lusiadas IV Traduction Jacky Lavauzelle

 OS LUSIADAS IV

LUIS DE CAMOES LES LUSIADES

Camoes Canto III

LE FIRMAMENT DU CAUCASE – LADO GUDIASHVILI ლადო გუდიაშვილი

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LADO GUDIASHVILI
ლადო გუდიაშვილი

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LADO GUDIASHVILI ლადო გუდიაშვილი PEINTRE GEORGIEN -TBILISSI - ნარიყალა PEINTRE GEORGIEN TBILISSI - ნარიყალა
Géorgie
საქართველო

PHOTO JACKY LAVAUZELLE

LADO GUDIASHVILI ლადო გუდიაშვილი PEINTRE GEORGIEN -TBILISSI - ნარიყალა

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ARTISTE GEORGIEN
ქართველი მხატვარი





LADO GUDIASHVILI
ლადო გუდიაშვილი

Lado Gudiashvili en 1925
30 mars 1896 à Tbilissi – 20 juillet 1980 à Tbilissi
30 მარტი, 1896 – 20 ივლისი, 1980

LE FIRMAMENT DU CAUCASE


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1910 -1914 Etude à l’École de peinture et de sculpture de Tbilissi à la Société des beaux-arts du Caucase
1914  დაამთავრა თბილისის სამხატვრო სასწავლებელი.
1914 Premières publications de dessins dans le magazine « თეატრი და ცხოვრება » Théâtre et Vie

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Une année avant, en 1919, la fameuse Galerie de la Renommée, ou Galerie de la Gloire, დიდების ტაძარში (musée historique, musée militaire d’État, galerie des artistes géorgiens) de la nouvelle Géorgie, organise une exposition de jeunes peintres Géorgiens. Y participent notamment trois artistes qui deviendront inséparables Lado Gudiashvili თავგადასავალი, David Kakabadze ლადო გუდიაშვილი, , Shalva Kikodze შალვა ქიქოძე. Ils comptent bien s’immerger dans cette fusion mondiale, mais souhaitent ne pas perdre leurs propres racines géorgiennes.
La Galerie de la Gloire est désormais la Galerie Nationale D. Shevardnadze du Musée national.
((დღეს – ეროვნული მუზეუმის დ. შევარდნაძის სახელობის ეროვნული გალერეა)

L’année 1919, est une année de chamboulement dans cette jeune République Démocratique de Géorgie. Le 21 mars, Noé Jordania, social-démocrate, prendre la tête du troisième gouvernement. Un traité d’alliance militaire est signé avec la jeune République démocratique d’Azerbaïdjan, avant son renversement par les bolchéviques russes. Les troupes britanniques, à l’exception de Batoumi, évacue le territoire géorgien. Tout semble aller dans le bon sens de l’histoire pour cette nouvelle République.

C’est dans ce contexte d’effervescence, de nouveautés et de créations, que nos trois compères vont découvrir les nouveautés artistiques.

Paris, entre 1919 et 1920, dans ces années qui suivirent la Terrible Grande Guerre, est un chaudron intellectuel et un lieu de rencontre bouillonnant d’artistes venus du monde entier. Pour autant, cela peut sembler contradictoire avec la vraie image de Paris et ce qu’elle renvoie dans le monde, suite à l’arrivée de VanGogh et du succès grandissant des impressionnistes. Jean Cassou dans Une Vie pour la Liberté, paru en 1981, l’exprime précisément : « Comment se fait-il que ce soit (…) en France, dans le pays le plus fermé sur lui-même, le plus indifférent à tout ce qui est étranger (…), comment se fait-il que ce soit dans ce pays le plus manifestement bourgeois que soit née à la fin du XIXe siècle et au cours du XXe cette Internationale qu’a été la révolution de l’art moderne, ou, d’un mot plus précis encore, l’école de Paris ? Paris, oui, capitale de la France bourgeoise, de la France officielle et pompière, a été le point du monde vers lequel, par l’effet d’un mirage, ont afflué d’innombrables artistes, venant de partout, Espagne, Italie, pays germaniques et pays scandinaves, Russie, Pologne, Europe centrale, Balkans, Amérique anglo-saxonne et latine, Japon. Certains arrivaient parce qu’ils étaient juifs et qu’on ne voulait pas de juifs chez eux. Mais d’autres sans aucune raison de force majeure comme celle-là, et seulement parce que, naguère, Van Gogh avait eu besoin de la lumière de la France et parce que les plus surprenantes inventions de l’art, dont l’impressionnisme, s’étaient produites en France

Ceci étant, le monde de la peinture se retrouve à Paris, en pleine explosion du cubisme synthétique avec Braque, Picasso, Fernand Léger, Juan Gris, Albert Gleizes, Marcel Duchamp et d’innombrables autres artistes dans les années 1920.

Les trois artistes sont très jeunes dans ce monde chamboulé par la guerre et les nouvelles idées. Shalva, né en 1894, a 25 ans, David Kakabadze დავით კაკაბაძე né en 1889 est le plus âgé des trois, avec ses trente ans, et Lado Gudiashviali ლადო გუდიაშვილი né en 1896 est le benjamin de l’équipe avec ses 23 ans. Leurs jeunesses et leurs envies de découvertes vont profiter pleinement de toutes ces nouveaux apports.

Pour autant, malgré son jeune âge, Lado a déjà une œuvre personnelle puissante et construite, lumineuse. Shalva va trouver un rythme puissant dans son passage à Paris et va se perdre. Lado continue son chemin.

Avant 1920, de 1910 à 1920, Tbilissi a mené une vie créative étonnamment intéressante. La ville de l’Est et de l’Ouest, avec son charme exotique de différents pays, où l’on peut croiser des européens, des russes, des azéris, kurdes, arméniens ou juifs,  a attiré des artistes exceptionnels de la Première Guerre mondiale. On y croise les pas de Sergueï Essenine,  Vladimir Maïakovski est né à Baghdati (Géorgie) en 1893, ou encore ceux de Vassili Kamenski.

Lado Gudiashvili était l’une des figures principales avant 1920 de ce foisonnant environnement artistique de Tbilissi.
Ilia (et Kirill) Zdanevich, revenu à Tbilissi,  fonde avec d’autres artistes le groupe futuriste de l’université du Degré 41,  aux côtés de David Kakabadze et Sergei Sudikekin, qui ont travaillé sur les murs du café artistiqe « Kimerioni » .

De nombreuses toiles à cette époque représentent l’univers des Kintos, ces petits marchands vivant dans les rues de Tbilissi. Lado a toujours su resté fidèle au sujet. Il a crée une iconographie propre et des lignes fortes et généreuses dans son dessin tout en préservant les caractéristiques de ses personnages. Lado a toujours affectionné les dimensions hors normes et nous retrouvons ce plaisir de travailler les formes dans un allongement, parfois proche d’une stylisation à la Modigliani. Il est aussi important de noter l’influence qu’a pu lui apporter le travail de Pirosmani sur ses formes et sur ses propres couleurs.

Lado Gudiashviali ლადო გუდიაშვილი) (1896- 1980) fera plusieurs expositions à Paris et reviendra en Géorgie en 1926, désormais soviétique. Géorgie soviétique. Dans ces années, il travaillera dans le théâtre et la peinture de cinéma.

A partir de 1932, l’art devient un outil de propagande essentiellement. Cette période sera difficile pour un artiste-poète avec une nature aussi libre que celle de Gudiashviali.

À partir des années 1940, la peinture de Gudiashvili s’inspire du folklore historique géorgien. En 1946, le patriarche de Géorgie, Kalistrate Tsintsadze, proposa à Lado Gudiashvili de peindre le temple de la cathédrale Saint George. Sur le fond de l’unification du jardin d’Eden dans la cathédrale, Gudiashvili a exprimé le sacrement de la Mère de Dieu et des Apôtres, ainsi que sur les murs adjacents – l’Archange Gabriel et la Mère de Dieu.
Il se rapprochera alors des traditions caucasiennes et persanes. Il restera proche des symboliques chrétiennes et peindra de nombreux thèmes religieux ; il peindra notamment l’église Kashueti.

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სადღეგრძელო გარიჟრაჟზე
sadghegrdzelo garizhrazhze
TOAST A L’AUBE
TOAST AT DAWN
1920

ტილო, ზეთი
Huile sur toile
Oil on convas
99×80
Georgian National Museum
shalva amiranashvili museum of fine arts
შალვა ამირანაშვილის სახვითი ხელოვნების მუზეუმი

***

თეზი ცოცხალი
tezi tsotskhali
POISSON TSOTSKHALI
Fish Tsotskhali
1920

ტილო, ზეთი
Huile sur toile
Oil on convas
177×114
Georgian National Museum
shalva amiranashvili museum of fine arts
შალვა ამირანაშვილის სახვითი ხელოვნების მუზეუმი

***

იდილია
Idilia
IDYLLE
IDYLL
1920

ტილო, ზეთი
Huile sur toile
Oil on convas
107×71
Georgian National Museum
shalva amiranashvili museum of fine arts
შალვა ამირანაშვილის სახვითი ხელოვნების მუზეუმი

***

სამი მოქალაქე
Sami Mokalake
TROIS CITOYENS
THREE CITIZENS
1920

ტილო, ზეთი
Huile sur toile
Oil on convas
81×60
Georgian National Museum
shalva amiranashvili museum of fine arts
შალვა ამირანაშვილის სახვითი ხელოვნების მუზეუმი

***

სტუმრები ორთაჭალაში
VISITEURS A ORTACHALA
Visitors to Ortachala
1921

***

პარიზის მოქალაქეები
Parizis Mokalakebi
CITOYENS DE PARIS
Citizens of Paris
1921

ტილო, ზეთი
Huile sur toile
Oil on convas
28×42
Georgian National Museum
shalva amiranashvili museum of fine arts
შალვა ამირანაშვილის სახვითი ხელოვნების მუზეუმი

***

ოცნების მერანი
Otsmebis Merani
Dream Pegasus
1920

ტილო, ზეთი
Huile sur toile
Oil on convas
54×46
Georgian National Museum
shalva amiranashvili museum of fine arts
შალვა ამირანაშვილის სახვითი ხელოვნების მუზეუმი

***

ქინტოების ქეიფი
LA FÊTE DES KINTOS
FEAST OF « KINTOS »
1920

ტილო, ზეთი
Huile sur toile
Oil on convas
72.5×91
Georgian National Museum
shalva amiranashvili museum of fine arts
შალვა ამირანაშვილის სახვითი ხელოვნების მუზეუმი

***

ქეიფი ფაეტონით
Keipi Paetonit
FÊTE DANS LE PHAETON
FEAST IN THE PHAETON
1920

ტილო, ზეთი
Huile sur toile
Oil on convas
79×70
Georgian National Museum
shalva amiranashvili museum of fine arts
შალვა ამირანაშვილის სახვითი ხელოვნების მუზეუმი

***

კინტოების ქეიფი ქალითან
Kintoebis Keipi Kalitan
LA FÊTE DES KINTOS AVEC UNE FEMME
FEAST OF « KINTOS » WITH A WOMAN
1919

ტილო, ზეთი
Huile sur toile
Oil on convas
137×104
Georgian National Museum
shalva amiranashvili museum of fine arts
შალვა ამირანაშვილის სახვითი ხელოვნების მუზეუმი

***

FÊTE AVEC DES AMIS, THE ET SOUPE AUX TRIPES
Feast with friends, tea and tripe soup
1919

ტილო, ზეთი
Huile sur toile
Oil on convas
139×113
Georgian National Museum
shalva amiranashvili museum of fine arts
შალვა ამირანაშვილის სახვითი ხელოვნების მუზეუმი

***

სტეპკუას დუქანი
Stepkuas Dukani
LE DUKHAN DE STEPKUA
(CAVERNE CAUCASIENNE)
STEPKUA’S DUKHAN
(CAUCASIAN TAVERN)
1919

ტილო, ზეთი
Huile sur toile
Oil on convas
52×68
Georgian National Museum
shalva amiranashvili museum of fine arts
შალვა ამირანაშვილის სახვითი ხელოვნების მუზეუმი

***

ქრისტინე
Kristini
KRISTINE
1919

***

მერანი
Merani
PEGASE
PEGASUS
1919

ტილო, ზეთი
Huile sur toile
Oil on convas
154×107
Georgian National Museum
shalva amiranashvili museum of fine arts
შალვა ამირანაშვილის სახვითი ხელოვნების მუზეუმი

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ავტოპორტრეტი
Avtoportraiti
AUTOPORTRAIT
SELF-PORTRAIT
1919

ტილო, ზეთი
Huile sur toile
Oil on convas
90×72
Georgian National Museum
shalva amiranashvili museum of fine arts
შალვა ამირანაშვილის სახვითი ხელოვნების მუზეუმი

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პირიმზისა
PIRIMZISA
1917

ტილო, ზეთი
Huile sur toile
Oil on convas
136×106
Georgian National Museum
shalva amiranashvili museum of fine arts
შალვა ამირანაშვილის სახვითი ხელოვნების მუზეუმი

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LES ARTISTES GEORGIENS : Peintres Géorgiens & Sculpteurs Géorgiens- ქართველი მხატვრები

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LADO GUDIASHVILI
ლადო გუდიაშვილი

LADO GUDIASHVILI ლადო გუდიაშვილი PEINTRE GEORGIEN -TBILISSI - ნარიყალა PEINTRE GEORGIEN TBILISSI - ნარიყალა
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