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NUIT DE PLEINE LUNE – Poème de Goethe – Vollmondnacht

Johann Heinrich Wilhelm Tischbein
Goethe dans la campagne romaine, 1786

LITTERATURE ALLEMANDE
Goethe Traduction
Deutsch Poesie – Poésie Allemande

Traduction Jacky Lavauzelle

Johann Wolfgang von Goethe
1836 – 1870


Portrait de Joseph Karl Stieler – 1828

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VOLLMONDNACHT
NUIT DE PLEINE LUNE

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Albert Aublet, Séléné, 1880
File source: https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Albert_Aublet_-_Selene.jpg

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Herrin, sag, was heißt das Flüstern?
Maîtresse, dis-moi ce que signifie ce chuchotement ?
Was bewegt dir leis die Lippen?
Quels sont ces mouvements sur tes lèvres ?
Lispelst immer vor dich hin,
Murmures toujours
Lieblicher als Weines Nippen!
Plus suaves que le meilleur des vins !
Denkst du deinen Mundgeschwistern
Penses-tu sur les deux lèvres de ta bouche
Noch ein Pärchen herzuziehn?
En attirer une autre paire ?

« Ich will küssen! Küssen! sagt ich. »

« Je veux t’embrasser ! t’embrasser ! te dis-je. »

Schau! Im zweifelhaften Dunkel
Regarde ! Dans cette incertaine obscurité
Glühen blühend alle Zweige,
La lueur éclatante sur toutes les branches,
Nieder spielet Stern auf Stern,
Etoile filante après étoile filante,
Und smaragden durchs Gesträuche
Et ces éclats d’émeraudes à travers les buissons
Tausendfältiger Karfunkel;
mille fois précieux ;
Doch dein Geist ist allem fern.

Mais ton esprit reste si loin de tout ça.

« Ich will küssen! Küssen! sagt ich. »

« Je veux t’embrasser ! t’embrasser ! te dis-je. »

Dein Geliebter, fern, erprobet
Ton amant, si loin, affligé
Gleicherweis im Sauersüßen
De même dans cette douce amertume,
Fühlt ein unglückselges Glück,
Ressent un malheureux bonheur ;
Euch im Vollmond zu begrüßen,
De vous saluer sous la pleine lune,
Habt ihr heilig angelobet,
Vous vous êtes promis,
Dieses ist der Augenblick!
C’est le moment !

« Ich will küssen! Küssen! sagt ich. »

« Je veux t’embrasser ! t’embrasser ! te dis-je. »


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MARIANA – Poème d’Alfred Tennyson – LA MOUCHE BLEUE

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Dante Gabriel Rossetti, The Day Dream, 1880, Londres, Victoria and Albert Museum                                                                (source: http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Dante_Gabriel_Rossetti_-_The_Day_Dream_-_Google_Art_Project.jpg)

 

 

LITTERATURE ANGLAISE
POESIE ANGLAISE
EPOQUE VICTORIENNE


Alfred Tennyson par Julia Margaret Cameron

Alfred Tennyson

6 août 1809 – 6 octobre 1892 

 

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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
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MARIANA
LA MOUCHE BLEUE

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John Everett Millais, Mariana,1851

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« Mariana in the Moated Grange »
(Shakespeare, Measure for Measure)
(William Shakespeare, Mesure pour mesure)

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With blackest moss the flower-plots
D’une mousse si noire, les parcelles de fleurs
Were thickly crusted, one and all:
Se recouvraient comme d’une croûte épaisse :
The rusted nails fell from the knots
Les clous rouillés tombaient des nœuds
That held the pear to the gable-wall.
Qui retenaient l’ensemble contre le mur de la baie.
The broken sheds look’d sad and strange:
Les remises délabrées semblaient si tristes et étranges,
Unlifted was the clinking latch;
Que fermait un vieux verrou cliquetant ;
Weeded and worn the ancient thatch
Fatiguée et usée l’ancienne chaume recouvrait
Upon the lonely moated grange.
La grange solitaire des douves.
She only said, « My life is dreary,
Elle dit seulement : « Ma vie est triste,
He cometh not, » she said;
Il ne vient pas « , dit-elle ;
She said, « I am aweary, aweary,
Elle dit : « Je suis inquiète, si inquiète,
I would that I were dead! »
Je voudrais être morte ! « 

*

Her tears fell with the dews at even;
Ses larmes tombèrent dans la rosée du soir ;
Her tears fell ere the dews were dried;
Ses larmes coulèrent avant que les rosées ne sèchent ;
She could not look on the sweet heaven,
Elle ne pouvait plus regarder le doux ciel,
Either at morn or eventide.
Ni le matin ni le soir.
After the flitting of the bats,
Après le battement d’ailes des chauves-souris,
When thickest dark did trance the sky,
Quand l’obscurité la plus épaisse enveloppe tout à fait le ciel,
She drew her casement-curtain by,
Elle tira son rideau à battants,
And glanced athwart the glooming flats.
Et jeta un coup d’œil à travers les appartements sombres.
She only said, « The night is dreary,
Elle dit seulement : « La nuit est triste,
He cometh not, » she said;
Il ne vient pas « , dit-elle ;
She said, « I am aweary, aweary,
Elle dit : « Je suis inquiète, si inquiète,
I would that I were dead! »
Je voudrais être morte ! « 

*

Upon the middle of the night,
Au cœur de la nuit,
Waking she heard the night-fowl crow:
En se réveillant, elle entendit le chant des oiseaux de nuit :
The cock sung out an hour ere light:
Le coq chanta une heure avant la première lueur :
From the dark fen the oxen’s low
De la sombre tourbière, le mugissement des bœufs
Came to her: without hope of change,
Parvint jusqu’à elle : sans espoir de changement,
In sleep she seem’d to walk forlorn,
Dans le sommeil, elle semblait marcher désespérée,
Till cold winds woke the gray-eyed morn
Jusqu’à ce que des vents froids réveillent le matin aux yeux gris
About the lonely moated grange.
Près de la grange solitaire des douves.
She only said, « The day is dreary,
Elle dit seulement : « La journée est triste,
He cometh not, » she said;
Il ne vient pas « , dit-elle ;
She said, « I am aweary, aweary,
Elle dit : « Je suis inquiète, si inquiète,
I would that I were dead! »
Je voudrais être morte ! « 

*

About a stone-cast from the wall
À un jet de pierre du mur
A sluice with blacken’d waters slept,
  Une écluse aux eaux noircies dormait,
 And o’er it many, round and small,
Et tout au-dessus, rondes et petites,
The cluster’d marish-mosses crept.
  Les mousses marécageuses en grappes glissaient.
Hard by a poplar shook alway,
 Tout à côté, un peuplier toujours s’agitait,
  All silver-green with gnarled bark:
Tout vert argenté avec son écorce noueuse :
  For leagues no other tree did mark
Sur des lieux, aucun autre arbre ne marquait
The level waste, the rounding gray.
  La vaste étendue, le gris environnant.
 She only said, « My life is dreary,
Elle dit seulement : « Ma vie est triste,
He cometh not, » she said;
Il ne vient pas « , dit-elle ;
She said, « I am aweary, aweary,
Elle dit : « Je suis inquiète, si inquiète,
I would that I were dead! »
Je voudrais être morte !

*

And ever when the moon was low,
Et quand la lune fut basse,
And the shrill winds were up and away,
  Et que les vents aigus vinrent de si haut et d’ailleurs,
 In the white curtain, to and fro,
Dans le rideau blanc, de long en large,
 She saw the gusty shadow sway.
Elle vit l’ombre en rafale se balancer.
But when the moon was very low
  Mais quand la lune fut au plus bas
  And wild winds bound within their cell,
Et que les vents sauvages furent engouffrés dans leur cellule,
The shadow of the poplar fell
  L’ombre du peuplier tomba
Upon her bed, across her brow.
  Sur son lit, sur son front.
She only said, « The night is dreary,
Elle dit seulement : « La nuit est triste,
He cometh not, » she said;
Il ne vient pas « , dit-elle ;
She said, « I am aweary, aweary,
Elle dit : « Je suis inquiète, si inquiète,
I would that I were dead! »
Je voudrais être morte ! « 

*

All day within the dreamy house,
Toute la journée dans la maison de rêve,
    The doors upon their hinges creak’d;
Les portes sur leurs gonds grinçaient à l’envi ;
The blue fly sung in the pane; the mouse
  La mouche bleue chantait sur la vitre ; la souris
Behind the mouldering wainscot shriek’d,
  Derrière le lambris s’époumonait,
 Or from the crevice peer’d about.
Ou espionnait de la crevasse où elle se trouvait.
Old faces glimmer’d thro’ the doors
  De vieux visages scintillaient à travers les portes,
Old footsteps trod the upper floors,
  De vieux pas foulaient les étages du dessus,
  Old voices called her from without.
De vieilles voix l’appelaient de l’extérieur.
She only said, « My life is dreary,
Elle dit seulement : « Ma vie est triste,
He cometh not, » she said;
Il ne vient pas « , dit-elle ;
She said, « I am aweary, aweary,
Elle dit : « Je suis inquiète, si inquiète,
I would that I were dead! »
Je voudrais être morte ! « 

*

The sparrow’s chirrup on the roof,
Plus le gazouillement du moineau sur le toit,
 « The slow clock ticking, and the sound
Le tic-tac lent de l’horloge et le son
  Which to the wooing wind aloof
Que le vent produisait au loin
The poplar made, did all confound
  A travers le peuplier, se confondaient
Her sense; but most she loathed the hour
  Dans tous les sens, plus elle maudissait l’heure
When the thick-moted sunbeam lay
  Où le rayon du soleil gisait
  Athwart the chambers, and the day
A travers les chambres et maudissait le jour
Was sloping toward his western bower.

 Qui inondait la tonnelle, celle qui se trouve vers le soleil couchant.
Then said she, « I am very dreary,

Puis elle dit : « Je suis si triste,
He will not come, » she said;
Il ne viendra pas, » dit-elle ;
She wept, « I am aweary, aweary,

Elle pleura, « Je suis inquiète, si inquiète,
Oh God, that I were dead! »

Ô Dieu, comme je voudrais être morte ! « 



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LE MANDARIN – Eça de Queiroz – Eça de Queirós -O Mandarim – 1ère Partie – 4ème section

    LITTERATURE PORTUGAISE
literatura português

Eça de Queirós
Eça de Queiroz
(1845-1900)
Tradução – Traduction
texto bilingue

Eça de Queirós 1882 O Mandarim Le Mandarin

O Mandarim

(1880)

LE MANDARIN

I

Première Partie

Traduction Jacky Lavauzelle

Quatrième Section

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Eu murmurei, com as faces abrasadas:

Je murmurai, les joues rougies :
— Têm.
– Oui
E a sua voz prosseguiu, paciente e suave:
Et sa voix continua, patiente et douce :
— Que me diz a cento e cinco, ou cento e seis mil contos?  
– Que dites-vous de cent cinq ou cent six millions ?
Bem sei, é uma bagatela…
Je sais, c’est une bagatelle …
Mas enfim, constituem um começo; são uma ligeira habilitação pára conquistar a felicidade.
Mais de toute façon, c’est un début ; un moyen pour atteindre le bonheur.
Agora pondere estes factos: o Mandarim, esse Mandarim do fundo da China, está decrépito e está gotoso: como homem, como funcionário do Celeste Império, é mais inútil em Pequim e na humanidade, que um seixo na boca de um cão esfomeado.
Considérez maintenant ces faits : le mandarin, ce mandarin du fond de la Chine, est décrépit et gras : en tant qu’homme, en tant qu’employé de l’empire Céleste, il est plus inutile à Pékin et à l’humanité, qu’un caillou dans la bouche d’un chien affamé.
Mas a transformação da Substância existe: garanto-lha eu, que sei o segredo das coisas…
Mais la transformation de la Substance existe : je vous assure que je connais le secret des choses …
Porque a terra é assim: recolhe aqui um homem apodrecido, e restitui-o além ao conjunto das formas como vegetal viçoso.
Parce que la terre est comme ça : elle recueille ici un homme pourri, et le transforme en un légume luxuriant. 
Bem pode ser que ele, inútil como mandarim no Império do Meio, vá ser útil noutra terra como rosa perfumada ou saboroso repolho.
Il se pourrait bien que ce mandarin, inutile comme mandarin dans l’Empire du Milieu, soit utile dans un autre pays comme la rose parfumée ou le chou savoureux.
Matar, meu filho, é quase sempre equilibrar as necessidades universais.
Tuer, mon fils, en somme, équilibre presque toujours les besoins universels.
É eliminar aqui a excrescência para ir além suprir a falta. 
Il s’agit d’éliminer ici l’excroissance pour là-bas combler un manque.
Penetre-se destas sólidas filosofias.
Pénétrez-vous de ces solides philosophies.
Uma pobre costureira de Londres anseia por ver florir, na sua trapeira, um vaso cheio de terra negra: uma flor consolaria aquela deserdada; mas na disposição dos seres, infelizmente, nesse momento, a Substância que lá devia ser rosa é aqui na Baixa homem de Estado…
Une pauvre couturière londonienne aspire à voir fleurir un vase plein de terre noire dans sa chambre : une fleur réconforterait celle qui est déshéritée ; mais dans la disposition des êtres, malheureusement, à ce moment-là, la Substance qui aurait dû être rose se trouve ici dans la Baixa un homme d’Etat …
Vem então o fadista de navalha aberta, e fende o estadista; o enxurro leva lhe os intestinos; enterram-no, com tipóias atrás; a matéria começa a desorganizar-se, mistura-se à vasta evolução dos átomos – e o supérfluo homem de governo vai alegrar, sob a forma de amor-perfeito, a água-furtada da loura costureira.
Puis vient le brigand avec une lame de rasoir, et frappe cet homme d’État ; sortent les intestins ; ils l’enterrent, avec toute une escorte derrière-lui ; la matière commence à se décomposer, se mêle à la vaste évolution des atomes – et l’homme de gouvernement superflu acclamera, sous forme de pensée, le triste appartement de la blonde couturière.
O assassino é um filantropo!
Le tueur est un philanthrope !
Deixe-me resumir, Teodoro: a morte desse velho Mandarim idiota traz-lhe à algibeira alguns milhares de contos.
Permettez-moi de résumer, Theodoro : la mort de ce stupide vieux mandarin vous apporte quelques millions.
Pode desde esse momento dar pontapés nos poderes públicos: medite na intensidade deste gozo!
A partir de ce moment, vous pouvez renvoyer au diable les pouvoirs publics : méditez sur l’intensité de cette jouissance !
– É desde logo citado nos jornais: reveja-se nesse máximo da glória humana!
– Vous êtes alors immédiatement cité dans les journaux : vous serez à l’apogée de la gloire humaine ! 
E agora note: é só agarrar a campainha, e fazer ti-li-tim.
Et maintenant remarquez : saisissez simplement la cloche et faites du bruit avec.
Eu não sou um bárbaro: compreendo a repugnância de um gentleman em assassinar um contemporâneo: o espirrar do sangue suja vergonhosamente os punhos, e é repulsivo o agonizar de um corpo humano.
Je ne suis pas un barbare : je comprends le dégoût d’un gentleman pour le meurtre d’un contemporain : les éclaboussures de sang souillent honteusement ses poings, et l’agonie d’un corps humain est répugnante. 
Mas aqui, nenhum desses espectáculos torpes…
Mais ici, aucun de ces spectacles sordides… 
É como quem chama um criado…
C’est comme quelqu’un qui appelle un serviteur …
E são cento e cinco ou cento e seis mil contos; não me lembro, mas tenho-o nos meus apontamentos…
Et il y a cent cinq ou cent six millions ; Je ne m’en souviens pas, mais je l’ai dans mes notes …
O Teodoro não duvida de mim.
Théodoro ne doutez pas de moi.
Sou um cavalheiro: – provei-o, quando, fazendo a guerra a um tirano na primeira insurreição da justiça, me vi precipitado de alturas que nem Vossa Senhoria concebe…
Je suis un gentleman : – Je l’ai prouvé, quand, faisant la guerre à un tyran lors de la première insurrection de la justice, je me suis retrouvé précipité des hauteurs que même Votre Seigneurie ne peut concevoir …
Um trambolhão considerável, meu caro senhor! Grandes desgostos!
Une chute considérable, mon cher monsieur ! Et de sérieux problèmes !
O que me consola é que o outro está também muito abalado: porque, meu Amigo, quando um Jeová tem apenas contra si um Satanás, tira-se bem de dificuldades mandando carregar mais uma legião de arcanjos; mas quando o inimigo é um homem, armado de uma pena de pato e de um caderno de papel branco – está perdido…
Ce qui me console, c’est que l’autre est aussi très ébranlé : parce que, mon ami, lorsqu’un Jéhovah n’a qu’un seul Satan contre lui, il s’en sort bien en envoyant contre lui une légion d’archanges ; mais quand l’ennemi est un homme, armé d’une plume d’oie et d’un cahier en papier blanc – il est perdu …
Enfim são seis mil contos.
Bref, c’est cent six millions.
Vamos, Teodoro, ai tem a campainha, seja um homem.
Allez, Teodoro, voici la clochette, soyez un homme !

 

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Eça de Queirós

CURIEUX Poème de POUCHKINE de 1814 – Любопытный

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Alexandre Pouchkine
Александр Сергеевич Пушкин 1799-1837
русский поэт- Poète Russe
русская литература
Littérature Russe
poemes-de-alexandre-pouchkine-artgitatopushkin-alexander
TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

Любопытный 1814 Curieux

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Arkhip Kouïndji, Архип Иванович Куинджи, Clair de lune sur le Dniepr,1880

LA POESIE D’ALEXANDRE POUCHKINE – поэзия Александра Пушкина

— Что ж нового? «Ей-богу, ничего». Quoi de neuf ? « Par Dieu, rien. » — Эй, не хитри: ты верно что-то знаешь.   « Hé, quoi ! tu sais que quelque chose ! » Не стыдно ли, от друга своего, N’est-ce pas dommage mon ami ?…

1814

AU CLAIR DE LUNE – Poème de Marina Tsvétaïeva – Марина Ивановна Цветаева- 1916 – Соперница, а я к тебе приду

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LITTÉRATURE RUSSE
POÉSIE RUSSE
Русская литература

Русская поэзия


TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE


L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Par-Pierre-Choumoff.jpg.
Marina Tsvétaïeva – photo de Pierre Choumoff ( Пётр Ива́нович Шу́мов )

Marina Ivanovna Tsvetaïeva
Марина Ивановна Цветаева

poétesse russe
русская поэтесса
Moscou 26 septembre 1892 – Ielabouga 31 août 1941
26 сентября 1892, Москва — 31 августа 1941, Елабуга

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AU CLAIR DE LUNE
1916
Соперница, а я к тебе приду
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Arkhip Kouïndji, Архип Иванович Куинджи,
Clair de lune sur le Dniepr, Місячна ніч на Дніпрі, 1880

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Соперница, а я к тебе приду
Rivale, je viendrai à toi
Когда-нибудь, такою ночью лунной,
Un jour, par une nuit au clair de lune,
Когда лягушки воют на пруду
Quand les grenouilles font vibrer l’étang
И женщины от жалости безумны.
Et quand les femmes sont folles de pitié.

*

И, умиляясь на биенье век
Et, touchée par le battement des paupières
И на ревнивые твои ресницы,
Et jalouse de tes longs cils,
Скажу тебе, что я — не человек,
Je te dirai que je ne suis personne,
А только сон, который только снится.
Seulement un rêve qui ne fait que rêver.

*

И я скажу: — Утешь меня, утешь,
Et je dirai : – Réconforte-moi, réconforte-moi,
Мне кто-то в сердце забивает гвозди!
Quelqu’un m’enfonce des clous dans le cœur !
И я скажу тебе, что ветер — свеж,
Et je te dirai que le vent est frais,
Что горячи — над головою — звёзды…
Et que sont brûlantes – au-dessus de ma tête – les étoiles …

*****

8 сентября 1916
8 septembre 1916

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L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est En-1924.jpg.
Marina Tsvétaïeva – Marina Tsvetaeva – en 1924

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Poésie de Marina Tsvétaïéva
Поэзия Марины Чветаевой

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MONUMENT SHOTA RUSTAVELI TBILISSI შოთა რუსთაველი – Le Chevalier à la peau de panthère (Extrait)

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  MONUMENT SHOTA RUSTAVELI TBILISSI შოთა რუსთაველი

თბილისის ქანდაკებები
Sculptures Tbilissi

MONUMENT SHOTA RUSTAVELI
შოთა რუსთაველი
TBILISSI
MONUMENT SHOTA RUSTAVELI TBILISSI შოთა რუსთაველი

 


 PHOTO  JACKY LAVAUZELLE

 

SHOTA RUSTAVELI
შოთა რუსთაველი
vers 1172 – vers 1216


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TBILISSI

MONUMENT SHOTA RUSTAVELI

MONUMENT SHOTA RUSTAVELI TBILISSI შოთა რუსთაველი

ბრინჯაო
BRONZE
1965

SCULPTEUR
მოქანდაკე
mokandake

Merab Berdzenishvili
მერაბ ბერძენიშვილი
დ. 10 ივნისი, 1929, თბილისი — გ. 17 სექტემბერი, 2016, სტამბოლი, თურქეთი
Né le 10 juin 1929 Tbilissi – 17 septembre 2016 Istanbul (Turquie)

Plaque sous le monument Shota Rustaveli de Tbilissi

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Extrait de
Le Chevalier à la peau de panthère
ვეფხისტყაოსანი
de Shota Rustaveli
(Fin XIIe – Début XIIIe siècle)

De Mihály Zichy, Shota Rustavéli présente son poème à la reine Tamar, vers 1880

1

რომელმან შექმნა სამყარო ძალითა მით ძლიერითა,
romelman shekmna samq’aro dzalita mit dzlierita,
Celui qui a créé le monde avec le pouvoir de la volonté,
ზეგარდმო არსნი სულითა ყვნა ზეცით მონაბერითა,
zegardmo arsni sulita q’vna zetsit monaberita,
Qui a répandu la sagesse l’Esprit céleste,
ჩვენ, კაცთა, მოგვცა ქვეყანა, გვაქვს უთვალავი ფერითა,
chven, k’atsta, mogvtsa kveq’ana, gvakvs utvalavi perita,
Donna aux humains un monde aux innombrables couleurs,
მისგან არს ყოვლი ხელმწიფე სახითა მის მიერითა.
misgan ars q’ovli khelmts’ipe sakhita mis mierita.
Il est celui qui détient le pouvoir suprême sur toute autre autorité.

2

ჰე, ღმერთო ერთო, შენ შეჰქმენ სახე ყოვლისა ტანისა,
he, ghmerto erto, shen shehkmen sakhe q’ovlisa t’anisa,
Ô, mon Dieu, toi qui as créé à ton image toutes choses,
შენ დამიფარე, ძლევა მეც დათრგუნვად მე სატანისა,
shen damipare, dzleva mets datrgunvad me sat’anisa,
protège-moi en éloignant Satan
მომეც მიჯნურთა სურვილი, სიკვდიდმდე გასატანისა,
momets mijnurta survili, sik’vdidmde gasat’anisa,
Inonde-moi de cet amour qui perdure  au-delà de la mort,
ცოდვათა შესუბუქება, მუნ თანა წასატანისა.
tsodvata shesubukeba, mun tana ts’asat’anisa.
et absous mes péchés, en te conduisant près de moi.

3

ვის ჰშვენის, – ლომსა, – ხმარება შუბისა, ფარ-შიმშერისა,
vis hshvenis, – lomsa, – khmareba shubisa, par-shimsherisa,
Guerriers porteurs de lance, lion rugissant, soleil levant,
– მეფისა მზის თამარისა, ღაწვ-ბადახშ, თმა-გიშერისა, –
– mepisa mzis tamarisa, ghats’v-badakhsh, tma-gisherisa, –
-gardiens de la reine Tamar  aux longs cheveux éclatants, –
მას, არა ვიცი, შევჰკადრო შესხმა ხოტბისა, შე, რისა?
mas, ara vitsi, shevhk’adro sheskhma khot’bisa, she, risa?
Comment être digne de toi et porter ton message ?
მისთა მჭვრეტელთა ყანდისა მირთმა ხამს მართ, მი, შერისა.
mista mch’vret’elta q’andisa mirtma khams mart, mi, sherisa.
La plus grande joie vient d’une si douce voie.

4

თამარს ვაქებდეთ მეფესა სისხლისა ცრემლ-დათხეული,
tamars vakebdet mepesa siskhlisa tsreml-datkheuli,
La grande Tamar règne aussi sur mes larmes,
ვთქვენი ქებანი ვისნი მე არ-ავად გამორჩეული.
vtkveni kebani visni me ar-avad gamorcheuli.
Même si je ne suis pas le meilleur, je veux lui rendre hommage.
მელნად ვიხმარე გიშრის ტბა და კალმად მე ნა რხეული,
melnad vikhmare gishris t’ba da k’almad me na rkheuli,
Mon encrier est ce doux lac doux et que ma plume
ვინცა ისმინოს, დაესვას ლახვარი გულსა ხეული.
vintsa isminos, daesvas lakhvari gulsa kheuli.
soit cette lance qui touche en plein cœur.

5

მიბრძანეს მათად საქებრად თქმა ლექსებისა ტკბილისა,
mibrdzanes matad sakebrad tkma leksebisa t’k’bilisa,
On me demande des poèmes en son honneur,
ქება წარბთა და წამწამთა, თმათა და ბაგე-კბილისა,
keba ts’arbta da ts’amts’amta, tmata da bage-k’bilisa,
de louer ses paupières et ses cils, ses cheveux et sa bouche,
ბროლ-ბადახშისა თლილისა, მის მიჯრით მიწყობილისა.
brol-badakhshisa tlilisa, mis mijrit mits’q’obilisa.
La splendeur de ses dents et l’éclat de son sourire.
გასტეხს ქვასაცა მაგარსა გრდემლი ტყვიისა ლბილისა.
gast’ekhs kvasatsa magarsa grdemli t’q’viisa lbilisa.
Une tige flexible peut briser bien des pierres.

6

აწ ენა მინდა გამოთქმად, გული და ხელოვანება, –
ats’ ena minda gamotkmad, guli da khelovaneba, –
Je veux exprimer la langue, le cœur et l’art, –
ძალი მომეც და შეწევნა შენგნით მაქვს, მივსცე გონება;
dzali momets da shets’evna shengnit makvs, mivstse goneba;
Donne-moi de Ta force et insuffle-moi Ton esprit;
მით შევეწივნეთ ტარიელს, ტურფადცა უნდა ხსენება,
mit shevets’ivnet t’ariels, t’urpadtsa unda khseneba,
Louons le beauté de Tariel par les cieux et les océans,
მათ სამთა გმირთა მნათობთა სჭირს ერთმანერთის მონება.
mat samta gmirta mnatobta sch’irs ertmanertis moneba.
Les trois seigneurs à l’amitié éternelle.

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თბილისის ქანდაკებები
Sculptures Tbilissi

MONUMENT SHOTA RUSTAVELI
შოთა რუსთაველი
TBILISSI
JAN HUS L'HERETIQUE de Taras Chevtchenko - Trad Jacky Lavauzelle - Вірші Тараса Шевченка

 


 PHOTO  JACKY LAVAUZELLE

 

SHOTA RUSTAVELI
შოთა რუსთაველი
vers 1172 – vers 1216


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LA RUE DE VERRE – Poème d’EMILY DICKINSON (1880) Glass was the Street – in Tinsel Peril

POEME D’EMILY DICKINSON
LITTERATURE AMERICAINE

*******

 

EMILY DICKINSON
December 10, 1830 – May 15, 1886
10 décembre 1830 – 15 mai 1886
Amherst, Massachusetts




Traduction – Translation

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

French and English text
texte bilingue français-anglais

Glass was the Street
****

 

*********




LA RUE DE VERRE
****

 

*****

1880

********

Glass was the Street – in Tinsel Peril
De verre était la rue – dans un Aventureux Crissement
 
Tree and Traveller stood.
Arbre et Voyageur debout se tenaient.
Filled was the Air with merry venture
Rempli était l’Air d’une douce aventure
Hearty with Boys the Road.
Amicale avec les Garçons de la Route.

*

Shot the lithe Sleds like Shod vibrations
Traversaient de légers Traîneaux en vibrantes Trainées
Emphacized and gone
Qui s’amplifiaient et disparaissaient
It is the Past’s supreme italic
C’est la typographie suprême du Passé
Makes the Present mean –
Qui rend le Présent insignifiant-




 

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POEME D’EMILY DICKINSON

34 POEMES D’EMILY DICKINSON DE 1852 A 1886 – Emily Dickinson’s poems

LITTERATURE AMERICAINE

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EMILY DICKINSON
December 10, 1830 – May 15, 1886
10 décembre 1830 – 15 mai 1886
Amherst, Massachusetts

Traduction – Translation

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

French and English text
texte bilingue français-anglais

 


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LES POEMES D’EMILY DICKINSON

Emily Dickinson’s poems

 

 




**

1853
ON THIS WONDROUS SEA

On this wondrous sea
Sur cette merveilleuse mer
Sailing silently,
Navigant silencieusement,




**

1858
WHEN ROSES CEASE TO BLOOM

When Roses cease to bloom, dear, 
Quand les Roses finiront de fleurir, mon cher,
And Violets are done, 
Et les V
iolettes seront flétries,

**

1859
WHOSE CHEEK IS THIS ?

Whose cheek is this ?
A qui est cette joue ?
What rosy face
Quel rose visage

**

1860
A LITTLE EAST TO JORDAN

A little East of Jordan,
Un peu à l’est du Jourdain,
Evangelists record,
Les Evangélistes enregistrent,




**

1861
POOR LITTLE HEART !

Poor little heart!
Pauvre petit cœur !
Did they forget thee?
T’ont-ils oublié ?

**

1861
I’VE KNOW A HEAVEN LIKE A TENT

I’ve known a Heaven, like a Tent – 
J’ai connu un Ciel, comme une Tente –
To wrap its shining Yards – 
 A emballer son éclatante Cour-




**

1862
OF BRONZE AND BLAZE

Of Bronze – and Blaze 
De Bronze – et de Feu
The North -tonight! 
Le Nord -ce soir !

**





1863
I GAINED IT SO

I gained it so –
Je l’ai gagnée ainsi,
By Climbing slow –
En Escaladant lentement,

**

1864
THE SPRY ARMS OF THE WIND

The spry Arms of the Wind
Les vaillants Bras du Vent
If I could crawl between
Si je pouvais ramper entre

**

1865
WHAT TWINGS WE HELB BY
LA RIVIERE RAPIDE DE LA VIE

 What Twigs We held by-
Quels Rameaux nous agrippaient ?
Oh the View
Oh cette Vue

**





1866
AFTER THE SUN COMES OUT
LA TRANSFORMATION DU MONDE

After the Sun comes out
Une fois le soleil sorti
How it alters the World —
Comme cela transforme le Monde

*

1867
THE MURMURING OF BEES
LE MURMURE DES ABEILLES

The murmuring of Bees, has ceased
Le murmure des Abeilles a cessé
But murmuring of some
Mais d’autres s’entendent

**





1868
AFTER A HUNDRED YEARS
UN SIECLE APRES

After a hundred years
Un siècle après
Nobody knows the Place
Personne ne connaît le Lieu

**

1869
THE DUTIES OF THE WIND ARE FEW
LES DEVOIRS ET LES PLAISIRS DU VENT

The duties of the Wind are few,
Les devoirs du Vent sont peu nombreux :
To cast the ships, at Sea,
Fracasser les navires, en Mer,

**

1870
A NOT ADMITTING OF THE WOUND
LA BLESSURE

A not admitting of the wound
Ne pas reconnaître la plaie
Until it grew so wide
Jusqu’à ce qu’elle soit si large

**

1870
THAT THIS SHOULD FEEL THE NEAD OF DEATH
LE BESOIN DE LA MORT

That this should feel the need of Death
Que celui qui ressent le besoin de la Mort
 
The same as those that lived
Le même que celui qui vécu

**

1871
THE DAYS THAT WE CAN SPARE

The Days that we can spare
Les Jours que nous avons en trop
Are those a Function die
Ensevelissent une Fonction qui meurt

**

1872
UNTIL THE DESERT KNOWS
AU GALOP DANS NOS RÊVES

Until the Desert knows
Jusqu’à ce que le Désert sache
That Water grows
Que l’Eau jaillit

**

1873
HAD WE OUR SENSES
LA RAISON & LA FOLIE

Had we our senses
Avons-nous notre raison ?
 
But perhaps ’tis well they’re not at Home
Mais peut-être vaut-il mieux que non

**

1874
WONDER IS NOT PRECISLY KNOWING
LE PLAISIR DEVENU DOULEUR

Wonder — is not precisely Knowing
 L’Etonnement- n’est pas précisément la Connaissance
 
And not precisely Knowing not
 Ni précisément l’Ignorance –

**

1875
THAT SHORT POTENTIAL STIR
L’ECLAT DE LA MORT

That short — potential stir
Ce court – et potentiel émoi
 
That each can make but once
Que chacun peut faire juste une seule fois –

**

1876
LONG YEARS APART
L’ABSENCE DE LA SORCIERE

Long Years apart — can make no
Les longues Années d’éloignement- ne peuvent engendrer de
Breach a second cannot fill —
Brèche qu’une seule seconde ne puisse colmater –

**

1877
IT WAS A QUIET SEEMING DAY
LE COQUELICOT DANS LE NUAGE

It was a quiet seeming Day —
C’était un Jour en apparence calme –
There was no harm in earth or sky —
Il n’y avait aucun mal ni sur terre ni dans le ciel –

**

1878
TO MEND EACH TATTERED FAITH
REPARER LA FOI EN LAMBEAUX

To mend each tattered Faith
Pour réparer chaque Foi en lambeaux
There is a needle fair
Il y a une fine aiguille,

**

1879
WE TALKED WITH EACH OTHER
LES SABOTS DE L’HORLOGE

We talked with each other about each other
Nous nous sommes parlés, les uns les autres
Though neither of us spoke —
  Même si aucun de nous n’a parlé –

**

1880
GLASS WAS THE STREET
LA RUE DE VERRE

Glass was the Street – in Tinsel Peril
De verre était la rue – dans un Aventureux Crissement
 
Tree and Traveller stood.
Arbre et Voyageur debout se tenaient.

**

1881
THE THINGS THAT NEVER CAN COME BACK
LES CHOSES QUI JAMAIS NE REVIENNENT

The Things that never can come back, are several —
Les Choses qui jamais ne reviennent sont multiples –
Childhood — some forms of Hope — the Dead —
L’Enfance – certaines formes d’Espoir – les Morts –

**

1882
HE ATE AND DRANK THE PRECIOUS WORDS
LES MOTS PRECIEUX

He ate and drank the precious Words —
Il a mangé et il a bu les Mots précieux –
His Spirit grew robust —
Son Esprit s’est développé –

**

1883
No ladder needs the bird but skies
DONNER DES AILES AUX CHERUBINS

No ladder needs the bird but skies
 L’oiseau n’a pas besoin d’échelle mais des cieux
To situate its wings,
Pour placer ses ailes,

**

1884
Upon his Saddle sprung a Bird
LA NOTE DE L’OISEAU

Upon his Saddle sprung a Bird
Sur sa selle a bondi l’Oiseau
And crossed a thousand Trees
  S’en est allé traverser un milliers d’Arbres

**

1885
Take all away from me, but leave me Ecstasy,
LAISSEZ-MOI L’EXTASE

Take all away from me, but leave me Ecstasy,
Retirez-moi tout, mais laissez-moi l’Extase,
 And I am richer then than all my Fellow Men —
Et plus riche que tous mes Semblables  je deviendrai –

**

LES ULTIMES POEMES

**

1886
THE IMMORTALITY SHE GAVE
LA FORCE DE L’AMOUR HUMAIN

The immortality she gave
L’immortalité qu’elle a donnée
We borrowed at her Grave —
Nous l’avons emprunté à son Tombeau-

**

1886
OF GLORY NOT A BEAM IS LEFT
POUR LES ÉTOILES

Of Glory not a Beam is left
De la Gloire, ne reste pas un seul Faisceau
But her Eternal House —
Mais reste sa Maison Éternelle –

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EMILY DICKINSON

ARKHIP KOUÏNDJI ou LA SENTINELLE DES RÊVES poème de Jacky Lavauzelle

PEINTURE UKRAINIENNE

Arkhip Kouïndji
Куїнджі Архип Іванович
Архип Иванович Куинджи
1842-1910

arkhip-kouindji-poeme-jacky-lavauzelle-portrait-de-viktor-vasnetsov-1869-la-sentinelle-des-reves

LA PEINTURE D’ARKHIP KOUÏNDJI

LA SENTINELLE DES RÊVES
poème de Jacky Lavauzelle




**

arkhip-kouindji-nuit-de-lune-1890-1895-elbrus
Эльбрус. Лунная ночь L’Elbrouz
(1890—1895)

La mort a fait son lit
Ce matin
Sans lumières
J’ai vu l’Elbrouz apparaître
disparaître
Le mont comme un baiser recevait la mort
Il est temps de partir
A la recherche des neiges
En quête de couleurs et de rien
Une ombre m’a suivi ce matin
Je ne lui demandais rien

Un matin
Dans la ville
Frappé dans un cœur vide
Au seuil de la ville
Je quittais à galop
Les bruits sourds de ces pâles couleurs
Qui partout nous frappent
Un matin
La valise à la main
Jeté dans le silence des routes
Tristement je vais

arkhip-kouindji-vue-sur-le-pont-de-la-moskova-moskvoretsky-1882
ARKHIP KOUÏNDJI
Vue sur le pont de la Moskova (Moskvoretsky) (1882)

Une voix inconnue et paisible vide les rêves
A la sortie de la ville
Le pont de la Moskova si fin
On entend et les vagues et les vies
Des deux rives de la ville
En attendant l’orage du monde
En attendant la lune n’est plus
Sans lutte dans le bas du ciel aux portes du cœur
Elle est partie

Moscou au loin brillait
Un nouveau désert dans le monde
Moscou résigné s’effaçait
A chaque seconde une éternité de plus

arkhip-kouindji-moscou-vue-depuis-les-monts-des-moineaux
Moscou vue depuis les monts des moineaux

Le ciel est devenu noir
jusqu’aux os
Le vert saisit son moment de grâce
Les muses en cercle s’affairent
L’enfer dans l’attente ne se voit plus
La lune a-t-elle été ?

arkhip-kouindji-apres-la-pluie-1879ARKHIP KOUÏNDJI  Після дощу – После дождя
Après la pluie
1879

Une corde se tend dans la chair du ciel
Des tonnes de cantiques
Et le mal se dénoue sur les lacs et les êtres
Les choses sont dans l’ordre
Et la maison et le ciel et les arbres
Le noir encore dévore
Un soleil s’étend et la clairière s’enchante
Au bord des morts
Qui s’aiment encore
Comme ces bleus sont trompeurs
Pourquoi la terre ne gronde-t-elle plus

arkhip-kouindji-nuit-de-lune-les-gorges-daryal-1890-1895
ARKHIP KOUÏNDJI  Дарьяльська ущелина. Місячна ніч
Дарьяльское ущелье. Лунная ночь
Nuit de pleine lune
(1890—1895)

Le blanc et le noir s’affrontent
ça se sent
Le vent balaye les premiers réveils et le premier bruit
ça s’entend
La visite des anges et le retour du jour
La planète semble avoir changé de mains
vraiment
La lune signe encore sa place éternelle
Sur le monde en béquilles
Qui prend l’eau
vainement







arkhip-kouindji-nuit-de-lune-sur-le-dniepr-1880
Лунная ночь на Днепре
Nuit de lune sur le Dniepr
(1880)

Le noir est au-dessus et en-dedans
Une vague rivière semble serpenter
Et la lune…
Elle souffle siffle ou se sauve
La noir ou la folie
Tout s’éteint
Une ombre encore se promène
Derrière la mort
Et la lune

arkhip-kouindji-une-soiree-en-ukraine-1878
Вечір на Україні
Вечер на Украине
Nuit en Ukraine
1878

S’aspergent les feux et les fleuves de feuilles
Pas une couleur ne s’étale et toutes glissent
Le point du temps se met à table et s’endort
La nature a vécu
En oubliant ses luttes

Plus de vœux de salut plus de vie en attente
Se délasse et se traîne un rêve
Puis un autre
Puis un autre
Encore

Le noir est superflu
Une chose simple
Indivisible
Le noir s’est pendu
Les couleurs ne peuvent plus partir

Derrière le soleil
Au loin
On l’a jeté à la mer
Avec le noir avec la nuit
Avec les faubourgs et les passants

Le noir n’est plus

arkhip-kouindji-automne-1890
«Осінь», до
Automne
1890

L’infini s’est montré pour se faire oublier
Et des pages et des clartés se sont perdues
Sans bruit
Un drame a marché
Ne l’entendez-vous bramer

Là le troupeau des hivers a bousculé la paix
Et du gris au noir c’est le noir qui dévore
Tout étouffe sans un bruit sans un seul
Et des peuples et des vies à jamais disparus

Le noir en force
Revient

arkhip-kouindji-clair-de-lune-dans-une-foret-en-hiver-1898-1908
Плями місячного сяйва у лісі. Зима
Пятна лунного света в лесу. Зима
 Clair de lune dans une forêt, en hiver

Du gris du blanc au blanc du bleu
Se donne et se jette du haut des falaises
Qui s’arrêtent dans la fuite
J’entends un cri qui monte du rivage
Dans le blanc qui s’efface
Le ciel n’est jamais si tendre
Les dieux se jouent de nous
Sur l’instant

arkhip-kouindji-reflets-de-soleil-sur-givre-1876-1890
ARKHIP KOUÏNDJI  Reflets de soleil sur givre (1876-1890) мороз

Dans le blanc qui revient
Un salut nous répond
Sur la pierre qui se casse
Une réponse se livre
Des pas dans la neige
Une femme une flamme
Un duvet sur le cœur des neiges
Un duvet sourd
Avide

Le bleu semble vaincre
Les vieillards sont couchés
Le jour a faim
Du haut de la falaise
Le jour dévore tout

arkhip-kouindji-falaise-1898-1908стрімчак – утес
 Falaise
1898-1908

Au-delà
Une route se dessine
Sans rien
Sans appel
Une ombre nous prend la main
Pour une visite lascive
Des rois sont passés par ici
Je crois

arkhip-kouindji-la-volga
La Volga [Musée national de l’Azerbaïdjan à Bakou]
Волга [Национальный музей искусств Азербайджана, Баку]

Une voie
Une autre encore
Au bout
Nous commande de marcher
Et nous marchons
Mon ombre
Et moi

arkhip-kouindji-le-dniepr-au-petit-matin-1881
Днепр утром (1881 г.)  Дніпро вранці 
Le Dniepr au petit matin

arkhip-kouindji-lac-ladoga-1873

La route s’achève
Affamés debout
Encore
Un sentiment rêvé
Est-ce la lueur au loin
Près du but
Au-dessus des taches de fleurs
Le point entre et ne veut plus sortir
J’ai perdu mon ombre
Je crois

arkhip-kouindji-foret-1887 ліс – Forêt – лес
1887

Le bleu
Plus menaçant encore
Un bateau nous attend
Qui répond à nos premiers désirs
C’est là que les âmes s’échangent
Venues du fond de la mer
La mer est dans le ciel
C’est là qu’elles se vengent aussi
Et la terre s’est oubliée
Le bleu nage
Dans des restes d’Enfer
Le bleu se noie
Nous ne le reverrons plus

arkhip-kouindji-la-cathedrale-saint-isaac-1869 Исаакиевский собор
Ісаакіївський собор
La Cathédrale Saint-Isaac
1869

La terre ne nous fait plus peur
Le regard se promène
Dans l’ordre des lumières
Les couleurs n’en peuvent plus
De tant toucher de ténèbres
Les odeurs sont de retour
Pleines de moisis et de pourritures passagères
La terre ne nous fait plus peur
Dans le vert éternel
Tout s’est arrêté
Tombe une écorce des peupliers en ligne
Tombe un cri Tombe un instant
Que personne ne peut entendre

arkhip-kouindji-la-foret-de-bouleau-1901 Les peupliers – Берёзовая роща -1901 – Березовий гай

arkhip-kouindji-les-bouleaux-1879

Des pierres comme des os
Nul ici n’échappe
Les rêves sont trop fins et nous pensons courir
Qu’importe le temps
Qu’importe l’océan
Qu’importe le désir
Les nuages sont trop grands
Des lames dans le ciel
Nous tailladerons en pièces
Des flammes et des orages
Se sont-ils perdus

 

 

  arkhip-kouindji-mer-1898-1908  arkhip-kouindji-nuit-1905-1908    arkhip-kouindji-paysage-de-crimee-1885-1890

Au loin
Qui y a-t-il
Au loin
Un point plus loin que l’horizon

   arkhip-kouindji-voilier-en-mer-1876-1890 парусник в море- Voilier en mer  – парусник в море
(1876-1890)

Il n’y a que l’horizon

arkhip-kouindji-steppe-1890-1895

Sans ombre

POÉSIE PORTUGAISE & BRÉSILIENNE ET LITTÉRATURE PORTUGAISE & BRÉSILIENNE

PORTUGAL & BRESIL

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Fernando Pessoa

_______________

 

Traduction Jacky Lavauzelle
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Traductions Artgitato Français Portugais Latin Tchèque Allemand Espagnol

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POESIES PORTUGAISES
LITTERATURES PORTUGAISES
TEXTES PORTUGAIS & BRESILIENS

Tradução francesa de textos em português

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Luis de Camões

Vie & Œuvre de Luis de Camões
Vida e Obra de Luis de Camões
Luis de Camoes Oeuvres obras Artgitato

**

Miguel Araujo

Le Mari des autres
Os Maridos das outras


**

Susana Felix

Canção de Madrugar
Rua da Saudade  

**



Pedro Abrunhosa

Será
Eu nao sei quem te perdeu – Je ne sais pas qui te perd
Beijo – Baiser
Momento
Pontes entre nos – Un Pont entre nous
Agarra-me esta noite – Retiens-moi cette nuit

**

Brésil
Vicente de Carvalho

Poemas – Poèmes

Traduction Jacky Lavauzelle

**

Brésil
 João da Cruz e Sousa

Poemas – Poèmes

**

 

Almeida Garrett

Poésie

**

Brésil
Cécilia MEIRELES

La Poésie de Cécilia Meireles – A poesia de Cecília Meireles
Cecilia Meireles a poesia de Cecilia Meireles la poésie de Cécilia Meireles Artgitato

**

Brésil
Gonçalves DIAS

Mon Chant de Mort
Meu canto de morte

Meu canto de morte Mon Chant de Mort Gonçalves Dias Poemas Poèmes Artgitato Femme Tupi**

FLORBELA ESPANCA

POÉSIE – POESIA

**





Brésil
Alphonsus de GUIMARAENS

A Poesia de Alphonsus de Guimaraens
La Poésie d’Alphonsus de Guimaraens

Alphonsus_de_Guimaraens_(facing_left)
**

Brésil
MACHADO DE ASSIS
Joaquim Maria Machado de Assis

Œuvre

joaquim-maria-machado-de-assis-artgitato**

António Nobre

Obras – Œuvre

**





Fernando Pessoa

Poesia e Prosa – Poésie & Prose
Fernando Pesso Literatura Português Poesia e Prosa Poésie et Prose Artgitato**

Brésil
Jorge Ben Jor

Chove Chuva
Il pleut des cordes

**

Eça de Queiroz

O Mandarim – Le Mandarin (1880)

**

ANTERO DE QUENTAL

Poésie

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Tradução francesa de textos em português
Traduction Portugais
Jacky Lavauzelle

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