Archives par mot-clé : poésie

LE MONUMENT A NIKOLOZ BARATASHVILI – ნიკოლოზ ბარათაშვილი par Boris Tsibadze – 1976

*****
MONUMENT A NIKOLOZ BARATASHVILI
NIKOLOZ BARATACHVILI
ნიკოლოზ ბარათაშვილი
par Boris Tsibadze
LITTERATURE GEORGIENNE
ქართული ლიტერატურა
POESIE GEORGIENNE
ქართული პოეზია

GEORGIE – DECOUVERTE DE LA GEORGIE – საქართველოს აღმოჩენა

LE MONUMENT A NIKOLOZ BARATASHVILI - ნიკოლოზ ბარათაშვილი
Géorgie
საქართველო

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

LE MONUMENT A NIKOLOZ BARATASHVILI - ნიკოლოზ ბარათაშვილი

____________________________________________________________

POESIE GEORGIENNE
ქართული პოეზია

LE MONUMENT A
NIKOLOZ BARATASHVILI
NIKOLOZ BARATACHVILI
ნიკოლოზ ბარათაშვილი

1817 წლის 4 დეკემბერი – 1844 წლის 21 ოქტომბერი
4 décembre 1817 – 21 octobre 1844

Nikoloz Baratachvili

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

__________________________________________________________________

La statue du poète se trouve  sur la place Baratashvili

 ბრინჯაო
Bronze
1976

არქიტექტორი
Arkitektori
Architecte
შ. ყავლაშვილი
Sh. Kavlashvili
sculpture de Boris Tsibadze

BORIS TSIBADZE

მოქანდაკე
Mokandake
Sculpteur
ბორის ციბაძე
Boris Tsibadze
დაბადების თარიღი: 9 სექტემბერი, 1931 (87 წლის). გარდაცვ. თარიღი: 19??
né le 9 septembre 1931 – date décès inconnue
Né à Koutaïssi – ქუთაისი

დაამთავრა თბილისის სამხატვრო აკადემია 1956 წელს
1957 წელს მოსკოვის ახალგაზრდობისა და სტუდენტთა საერთაშორისო ფესტივალის მონაწილე (« ქალიშვილის პორტრეტი », მარმარილო, საქართველოს სურათების გალერეა). ნამუშევრები: ნ. ბარათაშვილის (ბრინჯაო, 1976, თბილისი), ნ. ფიროსმანაშვილის (1961, შავი ქვა, ფიროსმანაშვილის მუზეუმი, მირზაანი), ვაჟა-ფშაველას (ხე, 1963, საქართველოს კულტურის სამინისტრო, თბილისი) ძეგლები, « მშვიდობის სადარაჯოზე » (1965, ტონირებული თაბაშირი, საქართველოს სურათების გალერეა) და სხვა.

Il est diplômé de l’Académie des arts de Tbilissi en 1956.

En 1957, il participe au Festival international de la jeunesse et des étudiants de Moscou (« Portrait de la Vierge », Marbre, Galerie de tableaux de la Géorgie). Travaux :
N. Baratashvili (Bronze, 1976, Tbilissi),
Monuments de Pirosmanashvili (1961, pierre noire, musée Pirosmanashvili, Mirzaani)
Vazha Pshavela (arbre, 1963, ministère de la Culture de Géorgie, Tbilissi)
« Peace Guards » (1965, glossaire de la Géorgie) etc.

***

EXTRAITS DES POEMES
MEDITATION SUR LES BORDS DU MTKVARI
ფიქრნი მტკვრის პირას
&
LA BOUCLE D’OREILLE
LA BOUCLE D’OREILLE
საყურე
O brinco
1839

წარვედ წყალის პირს სევდიანი ფიქრთ გასართველად,
ts’arved ts’q’alis p’irs sevdiani pikrt gasartvelad,
Mes pas lourds m’avaient conduit vers les eaux fraîches,
აქ ვეძიებდი ნაცნობს ადგილს განსასვენებლად;
ak vedziebdi natsnobs adgils gansasveneblad;
Ici, à la recherche d’un lieu pour me détendre.
აქ ლბილს მდელოზედ სანუგეშოდ ვინამე ცრემლით,
ak lbils mdelozed sanugeshod viname tsremlit,
Ici une vive mélancolie me submergeait de larmes pourtant,
აქაც ყოველი არემარე იყო მოწყენით;
akats q’oveli aremare iq’o mots’q’enit;
Partout les flots participaient à ma peine ;
ნელად მოღელავს მოდუდუნე მტკვარი ანკარა
nelad moghelavs modudune mt’k’vari ank’ara
Et dans les eaux profondes du Mtkavari
და მის ზვირთებში კრთის ლაჟვარდი ცისა კამარა.
da mis zvirtebshi k’rtis lazhvardi tsisa k’amara.
Se perdaient même les reflets du ciel d’été.

იდაყვ-დაყრდნობილ ყურს უგდებ მე მისსა ჩხრიალსა
idaq’v-daq’rdnobil q’urs ugdeb me missa chkhrialsa
Agenouillé, ô fleuve, soumis à ton écoute
და თვალნი რბიან შორად, შორად, ცის დასავალსა!
da tvalni rbian shorad, shorad, tsis dasavalsa!
Mes yeux rougis attendent des réponses !
ვინ იცის, მტკვარო, რას ბუტბუტებ, ვისთვის რას იტყვი?
vin itsis, mt’k’varo, ras but’but’eb, vistvis ras it’q’vi?
Mtkvari, que sais-tu donc sur la vie ?
მრავალ დროების მოწამე ხარ, მაგრამ ხარ უტყვი!..
mraval droebis mots’ame khar, magram khar ut’q’vi!..
Toi, qui martyr t’es retrouvé à tant de reprises !

***

MEDITATION SUR LES BORDS DU MTKVARI

POEME DE NIKOLOZ BARATASHVILI (BARATACHVILI) MEDITATION SUR LES BORDS DU MTKVARI ნიკოლოზ ბარათაშვილი

***

LA BOUCLE D’OREILLE
საყურე
O brinco
1839

ვითა პეპელა
vita pepela
Au vif papillon
Uma borboleta rápida,
არხევს ნელნელა
arkhevs nelnela
Fais ralentit son vol
Abrandar o seu voo
სპეტაკს შროშანას, ლამაზად ახრილს,
spetaks shroshanas, lamazad akhrils,
Au pétillant muguet, magnifiquement s’accorde,
No lírio cintilante, concorda lindamente
ასე საყურე,
ase saqure,
La boucle d’oreille,
O brinco,
უცხო საყურე,
utskho saqure,
L’étrange boucle d’oreille,
O estranho brinco
ეთამაშება თავისსა აჩრდილს.
etamasheba tavissa achrdils.
Joue avec les ombres.
Brinque com as sombras.
ნეტავი იმას,
net’avi imas,
Sera bienheureux
Será abençoado, 
ვინც თავისს სუნთქვას
vints taviss suntkvas
Celui qui la touche
Aquele que a toca

POEME DE NIKOLOZ BARATACHVILI (BARATASHVILI)- LA BOUCLE D’OREILLE – 1839 – საყურე – O brinco

***

LA POESIE GEORGIENNE

LITTERATURE GEORGIENNE – LA POESIE GEORGIENNE ქართული პოეზია

***

*****
MONUMENT A NIKOLOZ BARATASHVILI
NIKOLOZ BARATACHVILI
ნიკოლოზ ბარათაშვილი
LITTERATURE GEORGIENNE
ქართული ლიტერატურა
POESIE GEORGIENNE
ქართული პოეზია

GEORGIE – DECOUVERTE DE LA GEORGIE – საქართველოს აღმოჩენა

LE MONUMENT A NIKOLOZ BARATASHVILI - ნიკოლოზ ბარათაშვილი

POESIE DE GIORGI LEONIDZE – NOTES DE VOYAGE – ANANOURI – POESIE GEORGIENNE – ქართული პოეზია

*****
LITTERATURE GEORGIENNE
ქართული ლიტერატურა
POESIE GEORGIENNE
ქართული პოეზია

POESIE DE GIORGI LEONIDZE - NOTES DE VOYAGE - ANANOURI - POESIE GEORGIENNE - ქართული პოეზია
Géorgie
საქართველო

PHOTO JACKY LAVAUZELLE

POESIE DE GIORGI LEONIDZE - NOTES DE VOYAGE - ANANOURI - POESIE GEORGIENNE - ქართული პოეზია

____________________________________________________________

POESIE GEORGIENNE
ქართული პოეზია

GIORGI LEONIDZE
გიორგი ლეონიძე

27 დეკემბერი, 1899 – 9 აგვისტო, 1966
27 septembre 1899 – 9 août 1966

TRADUCTION & PHOTO JACKY LAVAUZELLE

 

****

 

 


LES NOTES DE VOYAGE
მოგზაურობა სამშობლოში
mogzauroba samshobloshi

 

2. ანანური
2. ananuri

ANANOURI

უეცრად წინ გადაგვიდგა
uetsrad tsin gadagvidga
Tout d’un coup nous apercevons,
ორ მთას შუა დამალული,
or mtas shua damaluli,
Cachées au milieu de deux montagnes,
ატყორცნილი ძველ კოშკებით
atqortsnili dzvel koshkebit
Les vieilles tours dépouillées
ვაჟკაცური ანანური.
vazhkatsuri ananuri.
De la brave Ananouri.
რას ფიქრობენ ნანგრევები,
ras pikroben nangrevebi,
Que dire de ces ruines,
ან რა დარჩათ სანანური? ―
an ra darchat sananuri? ―
Que reste-t-il de son ancienne gloire ? –
სდუმს არაგვი, სდუმან მთები,
sdums aragvi, sduman mtebi,
Au-dessus de l’Aragvi et des montagnes silencieuses,
ცა ვარსკვლავით დანალული…
tsa varskvlavit danaluli…
Le ciel constelle d’une multitude d’étoiles…

 

****

Ananouri se situe à 66 kilomètres de la capitale Tbilissi. Il s’agit d’une ancienne forteresse du XIIIe siècle – XVIe. Il s’agit là d’un des sites majeur du Grand Caucase géorgien. En fait cette forteresse est un complexe ecclésiastique fortifié construit par les ducs de l’Aragvi (არგვის ჰერცოგი Argvis Hertsogi).

l’Aragvi, არაგვის,située sur le flan méridional de la chaîne du Grand Caucase, კავკასია kavkasia, est un affluent du fleuve Koura, მტკვარი, Mtkvari. Il offre plusieurs méandres à l’est de la citadelle d’Ananouri.

Giorgi Leonidze, Jacky Lavauzelle traduction
Monument à Giorgi Leonidze à Tbilissi
*****
LITTERATURE GEORGIENNE
ქართული ლიტერატურა
POESIE GEORGIENNE
ქართული პოეზია

POESIE DE GIORGI LEONIDZE - NOTES DE VOYAGE - ANANOURI - POESIE GEORGIENNE - ქართული პოეზია
Géorgie
საქართველო

LA BIBLIOTHEQUE Poème de Jacky Lavauzelle

LA BIBLIOTHEQUE
Poésie
*Jacky Lavauzelle La Bibiothèque





Poème Jacky Lavauzelle

L’HYPOTHESE DE L’HOMME
A hipótese do homem


*
LA BIBLIOTHEQUE

Poème

*

****

Que diable as-tu ?
Les secrets moisissent en silence
Dans un long et profond bâillement
Qui endormirait un corsaire et tout son équipage
A en oublier l’abordage
La vie s’est réfugiée dans la ville
Ici
Les phrases aux phrases ne se répondent plus
Sinon pour passer le temps
Passer les vagues
Et se perdre dans une forêt d’ébène
Quelques intentions scrutent des bas de page
Résistantes comme peut être le porphyre
Et des perles de Tolède luttant contre Vulcain lui-même
Ecrasant les récits et les contes de son rouleau d’or
Des vers infinis dansent sur des vers intimes
Mangent les dernières rimes inutiles
Dansent sur les bords de l’étagère épuisée
Ecrasent les passions et les pensées
Il n’y a plus de visages aimés
Il n’y a plus de rouge ni de noir non plus
Mais de splendides squelettes brodés et fauves de jadis
Comme des quatuors paumés et perdus
Annonçant la venue de la dernière des âmes
Dans cette lente et tranquille candeur
Vidés de n’être plus lus
Un reste de vin sur le côté de la tranche
Ils se sont tus
Depuis longtemps les folles écumes des joutes verbales
Se sont tues dans ce jardin d’hiver
Où l’hiver lui-même ne vient plus
Où les yeux eux-mêmes se sont refermés
Joutes d’une jeunesse si courte
Jeux d’une autre syntaxe
Feu d’une autre littérature
Nous n’aurons plus jamais ce fracas des mots
Ce combat des critiques
L’amas des antiques
Les livres ne s’ouvriront plus
A jamais refermés
Les mots  ont bougé
Ils ont bougé une fois encore pourtant à un rythme effréné
Avant de sombrer
Claquant et sombrant
Claquant d’accents vifs
Je n’entends plus ce souffle
Qui touchait nos rêves
Dans ce palais de l’esprit
Où tout est fini
Aux plages des passions
Je n’entends plus les vagues
Aux ressacs des sentiments
Se rend une dernière grâce
Les ondes des âmes sur des rochers écornés
Le sang a coulé
Pourtant
Sur tant de tranches écorchées
Blanchies
Un dernier coucher de rideau
Sur des mémoires tues
Par manque d’amour
Par tant de fatigue
Par tant d’abattements
Sur les rues des pensées
Ont couché les quelques virgules
Tant de trônes détrônés aux tranches se suivent
Dans un silence des cieux
Tant de précipices enjambés
Tant de vies fantasmées
Des rires dehors rattrapant des scènes de vie
La nuit a épousé les crêtes des rayons
Les mots se retirent
Et se couchent
Comme se retire la mer pour se perdre là-bas
Quand elle tombe des falaises
Vous n’entendez plus rien
En tendant l’oreille
Vous ne sentez plus
En ouvrant votre cœur
Que ces pages putréfiées
Vous ne poussez plus que de la poussière étrange
Des bruits accouchés et des larmes éventrées
Les cuirs se sont vidés une nouvelle fois
Les mots gardiens de la prison
Ont livré les sirènes et les dragons d’abord
Les passades et les charmes ensuite
Swann du Jockey, Odette et M. de Norpois enfin
La barbarie a disparu au café du coin
Jamais les mots ne se tuèrent les uns les autres
Ainsi
Ils se sont éteints en ne serrant même plus les points
Ici
Dans l’oubli
D’une si belle journée de printemps

**********************

LA BIBLIOTHEQUE
Poésie – Poesia
*Jacky Lavauzelle La Bibliothèque




INSOMNIE – Poème de Jacky Lavauzelle – Série L’HYPOTHESE DE L’HOMME

INSOMNIE
Poésie
*Jacky Lavauzelle LES THEORIES DU VENT - TEORIAS DO VENTO - Jacky Lavauzelle





Poème Jacky Lavauzelle

L’HYPOTHESE DE L’HOMME
A hipótese do homem


*
INSOMNIE

Poème

*

Photo Jacky Lavauzelle
Photo Jacky Lavauzelle – La Fontaine Bartholdi – Lyon

****

 

Il n’y a pas
Il n’y a plus
De noir cheval et de noir cavalier*
Le dernier est mort
Eventré dans le chaos de la nuit
Noir cheval galopant sans cavalier noir
Restent les tombeaux
L’herbe verte n’est plus
Il y a …
Il y a des ombres
Il y a ces ombres enfantées sur des ombres attelées
Rassasiées de peur
Surgissant des passés
Et me guidant  vers une autre nuit
Vers un autre passage
Vers d’autres délires
Cette autre nuit qui m’attend déjà
Des ombres aux ombres se succèdent
Les paroles ont déserté la chambre
Depuis si longtemps déjà
Il ne reste que les maux
Des maux patients et revanchards
La pièce tombe dans l’épaisseur de la nuit
En un jet rituel
Avec la fidélité d’un chien dressé
Des cris d’enfants sortent de son antre
Des douleurs arrachées
Des joies perdues
Des êtres abattus
Et moi
Au milieu
Je sens un pieu géant au milieu
Me terrasser
Dans les travers des os
Et des branches cassées
Pousser
Sortant tout en me crevant les yeux
Il y a …
Il y a des branches rugueuses
En bois d’amandier
Et des murailles autour
Tout autour
La pièce tombant au milieu du plus ardent désert
Les morts se réveillent
Et se couchent tout contre moi
En m’arrachant la peau
Tout en me souriant
De leurs bouches fétides
Le cavalier noir se met à rire
La monture noire aussi
Et les peines du jour passées
Et les abominations du monde
Dans ma tête
Et ne trouvant plus que ça
Et je n’entends plus
Qu’un interminable bruit de fouet dans l’air
Qui léchent mes gouttes de sang
Le cri vermeil longe l’horizon
Et le bruit de ma dernière goutte
Sur le sol mou
Et putride
Me réveille
Le rayon de lumière
Efface
D’un seul coup
Le noir de lune
Le noir cavalier a retrouvé sa noire monture
Il y a…

**********************

Note *

INSOMNIE DE VICTOR HUGO
(extrait)

Et l’ange étreint Jacob, et l’âme tient le corps ;
Nul moyen de lutter ; et tout revient alors,
Le drame commencé dont l’ébauche frissonne,
Ruy Blas, Marion, Job, Sylva, son cor qui sonne,
Ou le roman pleurant avec des yeux humains,
Ou l’ode qui s’enfonce en deux profonds chemins,
Dans l’azur près d’Horace et dans l’ombre avec Dante ;
Il faut dans ces labeurs rentrer la tête ardente ;
Dans ces grands horizons subitement rouverts,
Il faut de strophe en strophe, il faut de vers en vers,
S’en aller devant soi, pensif, ivre de l’ombre ;
Il faut, rêveur nocturne en proie à l’esprit sombre,
Gravir le dur sentier de l’inspiration,
Poursuivre la lointaine et blanche vision,
Traverser, effaré, les clairières désertes,
Le champ plein de tombeaux, les eaux, les herbes vertes,
Et franchir la forêt, le torrent, le hallier,
Noir cheval galopant sous le noir cavalier.

Victor Hugo
Insomnie
Les Contemplations
Nelson, 

**********************

INSOMNIE
Poésie – Poesia
*Jacky Lavauzelle LES THEORIES DU VENT - TEORIAS DO VENTO - Jacky Lavauzelle





Poème Jacky Lavauzelle

L’HYPOTHESE DE L’HOMME
**


*
INSOMNIE


Poème 

*

****

POEMES SUR LES CHATS ET AUTRES TEXTES

*
POEMES SUR LES CHATS ET AUTRES TEXTES

POEMES SUR LES CHATS ET AUTRES TEXTES Photo Jacky Lavauzelle

POEMES SUR LES CHATS

Textes sur les chats Photo Jacky Lavauzelle









            




POEMES SUR LES CHATS
& AUTRES TEXTES

 

Photos Jacky Lavauzelle

 

*******

TOUS LES PÉCHÉS DU MONDE

Le chat qui descend l’escalier
Vient de saloper les ombres de la lune…

Tous les péchés du monde - Poème Jacky Lavauzelle

*

Version Portugaise

TODOS OS PECADOS DO MUNDO

O gato descendo as escadas
Este gato acaba de poluir as sombras da lua

TODOS OS PECADOS DO MUNDO - Poema Jacky Lavauzelle

Version Italienne

TUTTI I PECCATI DEL MONDO

Il gatto che scende le scale
Ha appena de sporcare le ombre della luna

TUTTI I PECCATI DEL MONDO Poesia di Jacky Lavauzelle
****


UN INSTINCT PERSISTANT
IMPOSSIBLE A TUER

la volonté et la résolution arrêtée d’être libre

Tout animal est supérieur à l’homme par ce qu’il y a en lui de divin, c’est-à-dire par l’instinct. Or, de tous les animaux, le Chat est celui chez lequel l’instinct est le plus persistant, le plus impossible à tuer. Sauvage ou domestique, il reste lui-même, obstinément, avec une sérénité absolue, et aussi rien ne peut lui faire perdre sa beauté et sa grâce suprême. Il n’y a pas de condition si humble et si vile qui arrive à le dégrader, parce qu’il n’y consent pas, et qu’il garde toujours la seule liberté qui puisse être accordée aux créatures, c’est-à-dire la volonté et la résolution arrêtée d’être libre. Il l’est en effet, parce qu’il ne se donne que dans la mesure où il le veut, accordant ou refusant à son gré son affection et ses caresses, et c’est pourquoi il reste beau, c’est-à-dire semblable à son type éternel. Prenez deux Chats, l’un vivant dans quelque logis de grande dame ou de poète, sur les moelleux tapis, sur les divans de soie et les coussins armoriés, l’autre étendu sur le carreau rougi, dans un logis de vieille fille pauvre, ou pelotonné dans une loge de portière, eh bien ! tous deux auront au même degré la noblesse, le respect de soi-même, l’élégance à laquelle le Chat ne peut renoncer sans mourir.

Théodore de Banville
Le Chat
1882

******




******

Photo Jacky Lavauzelle

LES FLEURS DU MAL
LE CHAT

Viens, mon beau chat, sur mon cœur amoureux ;
Retiens les griffes de ta patte,
Et laisse-moi plonger dans tes beaux yeux
Mêlés de métal et d’agate.

Lorsque mes doigts caressent à loisir
Ta tête et ton dos élastique,
Et que ma main s’enivre du plaisir
De palper ton corps électrique,

Je vois ma femme en esprit ; son regard,
Comme le tien, aimable bête,
Profond et froid, coupe et fend comme un dard,

Et des pieds jusques à la tête,
Un air subtil, un dangereux parfum
Nagent autour de son corps brun.

Charles Baudelaire
SPLEEN ET IDÉAL
Les Fleurs du mal -1857
Poulet-Malassis et de Broise, 1857

*******

*******

LE CHAT

Je souhaite dans ma maison :
Une femme ayant sa raison,
Un chat passant parmi les livres,
Des amis en toute saison
Sans lesquels je ne peux pas vivre.

Guillaume Apollinaire
Le Bestiaire, ou Cortège d’Orphée
1911
Notes d’Apollinaire

*****************

LE MAISTRE CHAT
ou
Le Chat botté

Un meusnier ne laissa pour tous biens, à trois enfans qu’il avoit, que son moulin, son asne et son chat. Les partages furent bien-tôt faits ; ny le notaire ny le procureur n’y furent point appellés. Ils auroient eu bien-tost mangé tout le pauvre patrimoine. L’aisné eut le moulin, le second eut l’asne, et le plus jeune n’eut que le chat.
Ce dernier ne pouvoit se consoler d’avoir un si pauvre lot :

« Ne vous affligés point, mon maistre ; vous n’avez qu’à me donner un sac et me faire faire une paire de bottes pour aller dans les broussailles, et vous verez que vous n’êtes pas si mal partagé que vous croyez. »
Quoique le maistre du Chat ne fist pas grand fond là-dessus, il lui avoit veu faire tant de tours de souplesse pour prendre des rats et des souris, comme quand il se pendoit par les pieds ou qu’il se cachoit dans la farine pour faire le mort, qu’il ne desespéra pas d’en estre secouru dans sa misere.
Lorsque le Chat eut ce qu’il avoit demandé, il se botta bravement, et, mettant son sac à son cou, il en prit les cordons avec ses deux pattes de devant, et s’en alla dans une garenne où il y avoit grand nombre de lapins. Il mit du son et des lasserons dans son sac, et, s’estendant comme s’il eut esté mort, il attendit que quelque jeune lapin, peu instruit encore des ruses de ce monde, vint se fourrer dans son sac pour manger ce qu’il y avoit mis.

Le marquis, faisant de grandes réverences, accepta l’honneur que luy faisoit le roy, et, dés le même jour, il épousa la princesse. Le Chat devint grand seigneur, et ne courut plus aprés les souris que pour se divertir.
Charles Perrault
Histoires ou Contes du temps passé
Édition de 1697

« Au secours, au secours, voilà Monsieur le marquis de Carabas qui se noie. » Illustration de Gustave Doré – 1867

*****

LE CHAT

Le mien ne mange pas les souris, il n’aime pas ça. Il n’en attrape une que pour jouer avec.
Quand il a bien joué, il lui fait grâce de la vie, et il va rêver ailleurs, l’innocent, assis dans la boucle de sa queue.
Mais, à cause des griffes, la souris est morte.

Jules Renard
Le Vigneron dans sa vigne
Mercure de France, 1914

Photo Jacky Lavauzelle

**

LE CHAT DE NEPTUNE

Sans s’inquiéter davantage des oiseaux épars, avec leurs entrailles de coton pendantes sur le plancher du théâtre de ses ébats, monsieur Tom se glissa dans le couloir obscur qui mène du cabinet des officiers à la chambre du conseil de l’arrière….
Il allait à pas prudents, l’oreille au guet, tressaillant au moindre bruit et partagé entre deux désirs, le désir d’aller surveiller des souris lointaines, dont il entendait les dents fines ronger de vieux morceaux de biscuit de mer dans des entreponts ténébreux, et le désir d’aller voir un peu la cause d’un bruit singulier qui lui arrivait par la porte ouverte de la chambre du conseil et l’intriguait fort…

Ernest d’Hervilly
Le Chat du Neptune
CHAPITRE IV
Voyage de découvertes
1886

*****

LE CHAT

À Léon Cladel
Je comprends que le chat ait frappé Baudelaire
Par son être magique où s’incarne le sphinx ;
Par le charme câlin de la lueur si claire
Qui s’échappe à longs jets de ses deux yeux de lynx,
Je comprends que le chat ait frappé Baudelaire.Femme, serpent, colombe et singe par la grâce,
Il ondule, se cambre et regimbe aux doigts lourds ;
Et lorsque sa fourrure abrite une chair grasse,
C’est la beauté plastique en robe de velours :
Femme, serpent, colombe et singe par la grâce,Vivant dans la pénombre et le silence austère
Où ronfle son ennui comme un poêle enchanté,
Sa compagnie apporte à l’homme solitaire
Le baume consolant de la mysticité
Vivant dans la pénombre et le silence austère.

Tour à tour triste et gai, somnolent et folâtre,
C’est bien l’âme du gîte où je me tiens sous clé ;
De la table à l’armoire et du fauteuil à l’âtre,
Il vague, sans salir l’objet qu’il a frôlé,
Tour à tour triste et gai, somnolent et folâtre.

Maurice Rollinat
LES LUXURES
Les Névroses
Fasquelle, 1917

Photo Jacky Lavauzelle

****

LES CHATS

Le jeune philosophe et la vieille portière
Aiment le chat câlin, pudibond et méchant
Qui vers le pot au lait, tout en se pourléchant,
Descend à pas comptés le long de sa gouttière.

Les plus doux oreillers lui servent de litière,
Fourré, poltron, gourmand grassouillet, pleurnichant,
L’animal paresseux fait gros dos en marchant
Et patte de velours pendant sa vie entière.

La robuste fermière et le rude fermier
Aiment aussi leurs chats, troupeau maigre et farouche
Qui court le long des murs, des souris dans la bouche,

Ils aiment leur matou qui descend du grenier
Pour étrangler les rats qui grouillent dans la grange
Et qui, si ses petits sont trop nombreux, les mange.

Gustave Le Vavasseur
Études d’après nature
CARACTÈRES ET PORTRAITS RUSTIQUES
LES ANIMAUX
Les Chats

Photo Jacky Lavauzelle

*****

LES SOUVENIRS

Il siège au coin du feu, les paupières mi-closes,
Aspirant la chaleur du brasier qui s’éteint ;
La bouilloire bouillonne avec des bruits d’étain ;
Le bois flambe, noircit, s’effile en charbons roses.

Le royal exilé prend de sublimes poses ;
Il allonge son nez sur ses pieds de satin ;
Il s’endort, il échappe au stupide destin,
A l’irrémédiable écroulement des choses.

Les siècles en son cœur ont épaissi leur nuit,
Mais au fond de son cœur, inextinguible, luit
Comme un flambeau sacré, son rêve héréditaire.

Un soir d’or, le déclin empourpré du soleil,
Des fûts noirs de palmiers sur l’horizon vermeil,
Un grand fleuve qui roule entre deux murs de terre.

Hippolyte Taine

photo Jacky Lavauzelle

A une chatte

 Chatte blanche, chatte sans tache,
Je te demande, dans ses vers,
Quel secret dort dans tes yeux verts,
Quel sarcasme sous ta moustache.

Tu nous lorgnes, pensant tout bas
Que nos fronts pâles, que  nos lèvres,
Déteintes en de folles fièvres,
Que nos yeux creux ne valent pas.

Ton museau que ton nez termine,
Rose comme un bouton de sein,
Tes oreilles dont le dessin
Couronne fièrement ta mine.

Pourquoi cette sérénité ?
Aurais-tu la clé des problèmes
Qui nous font, frissonnants et blêmes,
Passer le printemps et l’été ?

Devant la mort qui nous menace,
Chats et gens, ton flair, plus subtil
Que notre savoir, te dit-il
Où va la beauté qui s’efface.

Où va la pensée, où s’en vont
Les défuntes splendeurs charnelles ?
Chatte, détourne tes prunelles ;
J’y trouve trop de noir au fond.

Charles Cros

*****

LA CHASSE DU CHAT

La feuille se cabre et trésaille
Dans un silence de grâce
Les courbes se tendent
La courbure de la voûte s’affaisse
Une flèche, une pyramide
Les nervures des voûtes égyptiennes se diffusent
Deux cercles ravageurs
Dans la nuit
Deux phares hypnotiques
Sur ses robustes piliers
les grandes arcades s’ouvrent
Se déplient et se déploient
Dans un serpentin infini
La feuille d’eau
Lâche son ultime goutte
Sans toucher
Jamais
Le félin
Qui dans le vent s’est perdu.

Jacky Lavauzelle

photo Jacky Lavauzelle

Os Gatos e os Cães
Les Chats et les Chiens

Entretanto, o gato, o bravo vigilante das horas mortas, sentinela perdida da meia-noite, passeando à luz misteriosa do luar com os olhos faiscantes como baionetas, para tranqüilidade dos armários e para desgraça dos roedores caseiros; entretanto, o digno gato, o honrado gato, deixam-no de lado, no esquecimento silencioso das suas passeatas noturnas; caluniam-no, excomungam-no e o desamparam, quando muito, aos esqueléticos carinhos de alguma velha bruxa semifantástica, amiga dos morcegos, dos mochos e das caveiras de burro fatídicas.
Cependant, le chat, le gardien courageux des heures mortes, la sentinelle perdue de minuit, se promène au clair de lune mystérieux avec ses yeux pétillants comme des baïonnettes pour la tranquillité de nos armoires et pour l’enfer des rongeurs de la maison ; cependant, le digne chat, le chat honoré, les laisse de côté, dans l’oubli silencieux de ses déambulations nocturnes  …

Pobre gato!
Pauvre chat !

Os Gatos e os Cães
Raul Pompeia
(1863-1895)

Arreda que lá vai um vate!

Os gatos mostrarei fugindo aos ratos,
Vistosos fructos em arbusto pêco;
Jumentos a voar, touros cantando,
E grandes tubarões nadando em secco!

Luís da Gama
(1830-1882)

******

LE CHAT DE MISERE

L’autre jour, dans un salon qui ouvre de plein pied sur un jardin, on trouva, roulé en boule, un chat, mais quel chat ! Un être efflanqué, galeux, si las de la vie qu’il semblait indifférent à tout, sauf à sa sensation du moment, qui était, fait inespéré, d’avoir réussi à avoir chaud par un jour de pluie. Il avait faim aussi, mais n’étant pas de ces chats qui n’ont qu’à se frotter à leur maîtresse pour obtenir des choses qui se lapent ou des choses qui se mangent, il n’y songeait pas. Son étonnement fut visiblement très grand quand il se vit entouré d’un groupe d’humains qui lui offraient du lait et des gâteaux. Il n’avait pas peur, il était surpris comme nous le serions sur une route déserte, si, ayant soif et faim, une table servie surgissait à nos pieds. Les gens ne l’effrayaient pas parce qu’il n’en avait sans doute encore reçu aucun mal, mais ne l’attiraient pas, parce qu’il n’en avait reçu aucun bien. Les bêtes m’inspirent presque plus de pitié que les hommes, parce qu’elles sont encore plus effarées devant le malheur. Elles n’ont pas la ressource de maudire leurs frères et la société, ce qui est tout de même une distraction. Quelles réflexions un homme n’aurait-il pas faites, réduit à la condition errante et affamée de ce chat de misère ! Je vois cependant un point où la condition du chat était meilleure. Si cela avait été un humain qui se fût glissé dans le salon et se fût affalé sur un fauteuil, il est probable qu’on ne lui eût offert ni lait ni gâteaux et qu’on ne se fût pas penché sur lui pour admirer l’éclat de ses yeux
Remy de Gourmont
Le Chat de misère
1912

***************

POEMES SUR LES CHATS ET AUTRES TEXTES

POEMES SUR LES CHATS ET AUTRES TEXTES Photo Jacky Lavauzelle

*****************

AUSSI LONGTEMPS QUE TU LE PEUX – Poème de Constantin Cavafis Όσο Mπορείς

Grèce – Ελλάδα

***

Traduction Jacky Lavauzelle*******

**
Constantin Cavafy poèmes
**

LITTERATURE GRECQUE
POESIE GRECQUE

Ελληνική λογοτεχνία
Ελληνική ποίηση

**

Constantin Cavafy
Καβάφης
1863 – 1933

Traduction Jacky Lavauzelle

**

Traduction Jacky Lavauzelle


LES POEMES GRECS

 AUSSI LONGTEMPS QUE TU LE PEUX
Όσο Mπορείς
**
1913

**

Périclès Pantazis, Περικλής Πανταζής, Χιονισμένο τοπίο, Paysage enneigé , E. Galerie Averoff, Musée Averoff,, Pinacothèque E. Averoff, Metsovo, Epire

**

Κι αν δεν μπορείς να κάμεις την ζωή σου όπως την θέλεις,
Et si tu ne peux pas avoir la vie que tu désires,
τούτο προσπάθησε τουλάχιστον
tout du moins, essaie
όσο μπορείς: μην την εξευτελίζεις
aussi longtemps que tu le peux de l’avoir : ne te perds pas
μες στην πολλή συνάφεια του κόσμου,
Dans la confusion du monde,
μες στες πολλές κινήσεις κι ομιλίες.
dans des gestes et discours inutiles.

*

Μην την εξευτελίζεις πηαίνοντάς την,
Ne t’égare pas dans des aventures fiévreuses,
γυρίζοντας συχνά κ’ εκθέτοντάς την
en participant à tout et en t’exposant
στων σχέσεων και των συναναστροφών
à d’inutiles relations et contacts
την καθημερινήν ανοησία,
jusqu’à la folie quotidienne,
 ώς που να γίνει σα μια ξένη φορτική.
jusqu’à ce que tu deviennes à toi-même un étrange étranger.

**********************
Καβάφης
Traduction Jacky Lavauzelle

ARTGITATO
**********************

LA POESIE GRECQUE EN GRECE 

Le langage est ce qu’il y a en Grèce de plus antique. C’est un grand charme pour celui qui a voué un culte à l’antiquité grecque d’entendre parler grec autour de lui, de reconnaître dans les conversations d’un guide ou d’un marinier tel mot qu’il n’avait jusque-là rencontré que dans Homère. Il semble alors qu’on est réellement transporté dans la Grèce antique ; on est tenté de dire aux passans, comme Philoctète à ses compatriotes retrouvés dans Lemnos : je veux vous entendre, et de s’écrier comme lui, ô langage bien aimé ! Mais, pour se livrer à ce transport, il faudrait, dira-t-on, que ce langage fût celui des anciens Hellènes, et non pas un dérivé imparfait que défigure une prononciation bizarre. A cela on peut répondre : Quant à la prononciation, il n’y a pas de raison pour que les descendans de Périclès adoptent le système qu’un savant Hollandais a imaginé au XVIe siècle. Du reste la question est délicate et ne saurait être traitée ici. Qu’il suffise d’affirmer que plusieurs règles de prononciation, adoptées par les Grecs modernes, remontent à la plus haute antiquité, et que l’on trouve déjà dans le second siècle de notre ère des exemples de l’iotacisme, c’est-à-dire de ê, ei, oi, prononcés i, bien que l’iotacisme ne paraisse avoir été définitivement et complètement constituée qu’au Xe ou XIe siècle.

Dans le langage populaire de certaines parties de la Grèce, on retrouve quelques vestiges des dialectes qui y furent parlé autrefois. En général, les anciens dialectes grecs ont péri par suite de la conquête, qui les a éteints avec la vie locale des pays subjugués. Cependant ils n’ont pas disparu entièrement ; on retrouve des traces assez nombreuses du dialecte œolien dans la Béotie et la Phocide, et dans un canton montagneux du Péloponèse, la Tzaconie, le dialecte dorien s’est merveilleusement conservé un certain nombre de mots grecs oubliés par le temps ont été remplacés dans l’usage par une autre expression : ainsi, trecho, courir, au lieu de dremo ; au lieu d’artos, pain, psomi. Eh bien ! il arrive que le vieux mot grec oublié se retrouve dans un coin de la Grèce, par exemple dremo dans les villages du Parnasse…

Jean-Jacques Ampère
La poésie grecques en Grèce
Seconde Partie
Revue des Deux Mondes, tome 7, 1844

***

Καβάφης
Constantin Cavafy
Έλληνα ποιητή
Cavafy Poèmes

Constantin Cavafy – En attendant les barbares – Περιμένοντας τους Βαρβάρους

Grèce – Ελλάδα

***

Traduction Jacky Lavauzelle*******

**
Constantin Cavafy poèmes
**

LITTERATURE GRECQUE
POESIE GRECQUE

Ελληνική λογοτεχνία
Ελληνική ποίηση

**

Constantin Cavafy
1863 – 1933

Traduction Jacky Lavauzelle

**

Traduction Jacky Lavauzelle


LES POEMES GRECS

 Περιμένοντας τους Βαρβάρους 

En attendant les Barbares
1904

**

Traduction Jacky Lavauzelle
Les Huns à la bataille de Chalons, Alphonse de Neuville

***

-Τι περιμένουμε στην αγορά συναθροισμένοι;
-Ensemble, qu’attendons-nous sur l’agora ?
 Είναι οι βάρβαροι να φθάσουν σήμερα.
Aujourd’hui, il paraît qu’une bande de barbares bientôt déferlera.

*

-Γιατί μέσα στην Σύγκλητο μιά τέτοια απραξία;
-Pourquoi rien ne vient du Sénat ?
Τι κάθοντ’ οι Συγκλητικοί και δεν νομοθετούνε;
Pourquoi nos sénateurs ne légifèrent donc pas ?

*

-Γιατί οι βάρβαροι θα φθάσουν σήμερα.
– Car les barbares aujourd’hui arriveront.
Τι νόμους πια θα κάμουν οι Συγκλητικοί;
Quelles lois peut-on faire maintenant ?
Οι βάρβαροι σαν έλθουν θα νομοθετήσουν.
Les barbares à leur tour légiféreront.

*

-Γιατί ο αυτοκράτωρ μας τόσο πρωί σηκώθη,
-Pourquoi notre empereur s’est-il ce matin levé,
και κάθεται στης πόλεως την πιο μεγάλη πύλη
et est parti à la plus grande porte et s’est assis tout devant,
  στον θρόνο επάνω, επίσημος, φορώντας την κορώνα;
sur le trône,  avec sa tête couronnée ?

*

-Γιατί οι βάρβαροι θα φθάσουν σήμερα.
– Car les barbares arriveront aujourd’hui.
Κι ο αυτοκράτωρ περιμένει να δεχθεί
Et l’empereur attend de recevoir ici
τον αρχηγό τους. Μάλιστα ετοίμασε
avec les honneurs leur chef. Il a rédigé pour l’occasion
για να τον δώσει μια περγαμηνή. Εκεί
un parchemin à lui remettre. Là s’y trouvent les fonctions
 τον έγραψε τίτλους πολλούς κι ονόματα.
et les titres des dignitaires.

*

-Γιατί οι δυό μας ύπατοι κ’ οι πραίτορες εβγήκαν
-Nos deux consuls et nos préteurs se sont présentés
σήμερα με τες κόκκινες, τες κεντημένες τόγες·
aujourd’hui accoutrés de leurs toges rouges brodées ;
γιατί βραχιόλια φόρεσαν με τόσους αμεθύστους,
les bracelets avec grande ostentation étaient par eux portés ,
και δαχτυλίδια με λαμπρά γυαλιστερά σμαράγδια·
et des anneaux avec des émeraudes brillantes par eux affichés ;
γιατί να πιάσουν σήμερα πολύτιμα μπαστούνια
des bâtons de valeur aujourd’hui sont présentés
 μ’ ασήμια και μαλάματα έκτακτα σκαλισμένα;
d’argent et d’or extraordinairement sculptés ?

*

Γιατί οι βάρβαροι θα φθάσουν σήμερα·
Car ils arriveront aujourd’hui les barbares
και τέτοια πράγματα θαμπόνουν τους βαρβάρους.
et de telles choses impressionneront nos barbares.

*

-Γιατί κ’ οι άξιοι ρήτορες δεν έρχονται σαν πάντα
-Pourquoi ne viennent-ils pas comme toujours, nos orateurs de renom
να βγάλουνε τους λόγους τους, να πούνε τα δικά τους;
faire leurs propres sermons ?

*

Γιατί οι βάρβαροι θα φθάσουν σήμερα·
Car les barbares arriveront aujourd’hui
κι αυτοί βαριούντ’ ευφράδειες και δημηγορίες.
et  leur éloquence et de leur sermon les ennuient.

*

-Γιατί ν’ αρχίσει μονομιάς αυτή η ανησυχία
-Pourquoi cette inquiétude d’emblée
κ’ η σύγχυσις. (Τα πρόσωπα τι σοβαρά που έγιναν).
et cette confusion. Que de personnes tracassées !
Γιατί αδειάζουν γρήγορα οι δρόμοι κ’ οι πλατέες,
Pourquoi les rues et les places se vident-elles si précipitamment,
κι όλοι γυρνούν στα σπίτια τους πολύ συλλογισμένοι;
et pourquoi tous rentrent-ils dans leurs maisons comme absents ?

*

Γιατί ενύχτωσε κ’ οι βάρβαροι δεν ήλθαν.
Cette nuit, en fait, les barbares ne sont pas venus.
Και μερικοί έφθασαν απ’ τα σύνορα,
Et certains, qui venaient de la frontière,
και είπανε πως βάρβαροι πια δεν υπάρχουν.
ont dit que les barbares n’existaient plus.

*

Και τώρα τι θα γένουμε χωρίς βαρβάρους.
Et maintenant, qu’arrivera-t-il sans les barbares ?
Οι άνθρωποι αυτοί ήσαν μιά κάποια λύσις.
Eux qui étaient une solution !

**********************
Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
**********************

LA POESIE GRECQUE EN GRECE 

Le langage est ce qu’il y a en Grèce de plus antique. C’est un grand charme pour celui qui a voué un culte à l’antiquité grecque d’entendre parler grec autour de lui, de reconnaître dans les conversations d’un guide ou d’un marinier tel mot qu’il n’avait jusque-là rencontré que dans Homère. Il semble alors qu’on est réellement transporté dans la Grèce antique ; on est tenté de dire aux passans, comme Philoctète à ses compatriotes retrouvés dans Lemnos : je veux vous entendre, et de s’écrier comme lui, ô langage bien aimé ! Mais, pour se livrer à ce transport, il faudrait, dira-t-on, que ce langage fût celui des anciens Hellènes, et non pas un dérivé imparfait que défigure une prononciation bizarre. A cela on peut répondre : Quant à la prononciation, il n’y a pas de raison pour que les descendans de Périclès adoptent le système qu’un savant Hollandais a imaginé au XVIe siècle. Du reste la question est délicate et ne saurait être traitée ici. Qu’il suffise d’affirmer que plusieurs règles de prononciation, adoptées par les Grecs modernes, remontent à la plus haute antiquité, et que l’on trouve déjà dans le second siècle de notre ère des exemples de l’iotacisme, c’est-à-dire de ê, ei, oi, prononcés i, bien que l’iotacisme ne paraisse avoir été définitivement et complètement constituée qu’au Xe ou XIe siècle.

Dans le langage populaire de certaines parties de la Grèce, on retrouve quelques vestiges des dialectes qui y furent parlé autrefois. En général, les anciens dialectes grecs ont péri par suite de la conquête, qui les a éteints avec la vie locale des pays subjugués. Cependant ils n’ont pas disparu entièrement ; on retrouve des traces assez nombreuses du dialecte œolien dans la Béotie et la Phocide, et dans un canton montagneux du Péloponèse, la Tzaconie, le dialecte dorien s’est merveilleusement conservé un certain nombre de mots grecs oubliés par le temps ont été remplacés dans l’usage par une autre expression : ainsi, trecho, courir, au lieu de dremo ; au lieu d’artos, pain, psomi. Eh bien ! il arrive que le vieux mot grec oublié se retrouve dans un coin de la Grèce, par exemple dremo dans les villages du Parnasse…

Jean-Jacques Ampère
La poésie grecques en Grèce
Seconde Partie
Revue des Deux Mondes, tome 7, 1844

***

Constantin Cavafy
Έλληνα ποιητή
Cavafy Poèmes

Constantin Cavafy La Ville – Η Πόλις – Κωνσταντίνος Πέτρου Καβάφης

Grèce – Ελλάδα

***

Traduction Jacky Lavauzelle*******

**
Constantin Cavafy poèmes
**

LITTERATURE GRECQUE
POESIE GRECQUE

Ελληνική λογοτεχνία
Ελληνική ποίηση

**

Constantin Cavafy
1863 – 1933

Traduction Jacky Lavauzelle

**

Traduction Jacky Lavauzelle


LES POEMES GRECS

 Η Πόλις 

La Ville
Από τα Ποιήματα 1897-1933

**

Traduction Jacky Lavauzelle
Ioannis Altamouras – Ιωάννης Αλταμούρας  (1852-1878) Marine (1875)

Είπες· «Θα πάγω σ’ άλλη γη, θα πάγω σ’ άλλη θάλασσα.
Tu as dit ceci : « Je vais vers un autre pays, vers une autre mer.
 « Μια πόλις άλλη θα βρεθεί καλλίτερη από αυτή.
Où, une ville différente, une ville meilleure, je trouverai.
Κάθε προσπάθεια μου μια καταδίκη είναι γραφτή·
 Une peine et une douleur, chaque effort que je fais ;
κ’ είν’ η καρδιά μου — σαν νεκρός — θαμένη.
mon cœur est mort – mort et enterré.
Ο νους μου ως πότε μες στον μαρασμόν αυτόν θα μένει.
Mon esprit quand je suis ici se retrouve au cœur de ce lieu désolé.
Όπου το μάτι μου γυρίσω, όπου κι αν δω
Partout où mon œil se pose, partout je vois
ερείπια μαύρα της ζωής μου βλέπω εδώ,
les tristes et sombres ruines de ma vie, où ma foi
που τόσα χρόνια πέρασα και ρήμαξα και χάλασα.»
j’ai passé tant d’années, où je l’ai ruinée, où je l’ai brisée. »

*

Καινούριους τόπους δεν θα βρεις, δεν θάβρεις άλλες θάλασσες.
D’autres lieux, d’autres mers, tu ne trouveras.
Η πόλις θα σε ακολουθεί. Στους δρόμους θα γυρνάς
La ville te poursuivra. Au travers des rues, tu erreras
τους ίδιους. Και στες γειτονιές τες ίδιες θα γερνάς·
Et dans tes quartiers tu vieilliras ;
και μες στα ίδια σπίτια αυτά θ’ ασπρίζεις.
et dans ces mêmes maisons, grisonnant, tu deviendras.
Πάντα στην πόλι αυτή θα φθάνεις. Για τα αλλού — μη ελπίζεις—
Toujours, dans cette ville, tu reviendras. Pour les autres villes, n’espère pas –
 δεν έχει πλοίο για σε, δεν έχει οδό.
car de bateau pour toi, de traversée, pour toi, il n’y aura.
Έτσι που τη ζωή σου ρήμαξες εδώ
Alors ta vie, celle que tu as brisée en ce lieu,
στην κώχη τούτη την μικρή, σ’ όλην την γη την χάλασες.
dans cette petite maison, tu l’as brisée en tout lieu.

**********************
Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
**********************

LA POESIE GRECQUE EN GRECE 

Le langage est ce qu’il y a en Grèce de plus antique. C’est un grand charme pour celui qui a voué un culte à l’antiquité grecque d’entendre parler grec autour de lui, de reconnaître dans les conversations d’un guide ou d’un marinier tel mot qu’il n’avait jusque-là rencontré que dans Homère. Il semble alors qu’on est réellement transporté dans la Grèce antique ; on est tenté de dire aux passans, comme Philoctète à ses compatriotes retrouvés dans Lemnos : je veux vous entendre, et de s’écrier comme lui, ô langage bien aimé ! Mais, pour se livrer à ce transport, il faudrait, dira-t-on, que ce langage fût celui des anciens Hellènes, et non pas un dérivé imparfait que défigure une prononciation bizarre. A cela on peut répondre : Quant à la prononciation, il n’y a pas de raison pour que les descendans de Périclès adoptent le système qu’un savant Hollandais a imaginé au XVIe siècle. Du reste la question est délicate et ne saurait être traitée ici. Qu’il suffise d’affirmer que plusieurs règles de prononciation, adoptées par les Grecs modernes, remontent à la plus haute antiquité, et que l’on trouve déjà dans le second siècle de notre ère des exemples de l’iotacisme, c’est-à-dire de ê, ei, oi, prononcés i, bien que l’iotacisme ne paraisse avoir été définitivement et complètement constituée qu’au Xe ou XIe siècle.

Dans le langage populaire de certaines parties de la Grèce, on retrouve quelques vestiges des dialectes qui y furent parlé autrefois. En général, les anciens dialectes grecs ont péri par suite de la conquête, qui les a éteints avec la vie locale des pays subjugués. Cependant ils n’ont pas disparu entièrement ; on retrouve des traces assez nombreuses du dialecte œolien dans la Béotie et la Phocide, et dans un canton montagneux du Péloponèse, la Tzaconie, le dialecte dorien s’est merveilleusement conservé un certain nombre de mots grecs oubliés par le temps ont été remplacés dans l’usage par une autre expression : ainsi, trecho, courir, au lieu de dremo ; au lieu d’artos, pain, psomi. Eh bien ! il arrive que le vieux mot grec oublié se retrouve dans un coin de la Grèce, par exemple dremo dans les villages du Parnasse…

Jean-Jacques Ampère
La poésie grecques en Grèce
Seconde Partie
Revue des Deux Mondes, tome 7, 1844

***

Constantin Cavafy
Έλληνα ποιητή
Cavafy Poèmes

LA PESTE DE BERGAME – Pesten i Bergamo – DE JENS PETER JACOBSEN – 1882

Denmark– Danemark – Danmark
arbejde Jens Peter JACOBSEN

***

Traduction Jacky Lavauzelle*******

Traduction – Texte Bilingue

Jens Peter JACOBSEN

Poésie
Poesi


LITTERATURE DANOISE
POESIE DANOISE

dansk litteratur
dansk poesi
danske digte

Jens Peter JACOBSEN
1847-1885

Traduction Danois Jacky Lavauzelle

Traduction Jacky Lavauzelle


LES POEMES & NOUVELLES
DE JENS PETER JACOBSEN

LA PESTE DE BERGAME
Pesten i Bergamo
1882
(Mogens og andre Noveller)

KJØBENHAVN – GYLENDALSKE BOGHANDELS FORLAG (F HEGEL & SØN) – THIELES BOGTRYKKERI

**

Traduction Jacky Lavauzelle
Nicolas Poussin, La Peste à Ashdod, 1630-1631, Musée du Louvre

**

Der var Gammel-Bergamo oppe paa Toppen af et lavt Bjærg, i Hegn bag Mure og Porte, og der var det nye Bergamo nede ved Bjærgets Fod, aabent for alle Vinde.
Si le vieux Bergame se dressait au sommet d’un vallon, derrière une muraille, le nouveau Bergame tapissait le pied d’une colline offerte à tous les vents.

En Dag brød Pesten ud dernede i den nye By og greb frygteligt om sig;
Un jour, la peste s’est abattue terriblement sur la nouvelle ville ;
der døde en Mængde Mennesker og de andre flygtede bort udover Sletten, ad alle Verdens fire Hjørner til.
Nombreux périrent et d’autres fuirent au delà de la plaine, aux quatre coins du monde.
Og Borgerne i Gammel-Bergamo stak Ild paa den forladte By for at rense Luften, men det hjalp ikke, de begyndte ogsaa at dø oppe hos dem, først en om Dagen, saa fem, saa ti og saa en Snes, og da det var paa sit Højeste mange fler endnu.
Et les citoyens du Vieux Bergame incendièrent la ville abandonnée afin d’y purifier l’air, mais cela fit rien, car ils commencèrent à leur tour à mourir, d’abord au rythme d’un par jour, puis de cinq à dix, et puis plus encore les jours qui suivirent.

Og de kunde ikke flygte saadan som de i den nye By havde gjort.
Et eux ne pouvaient pas s’échapper comme l’avaient fait ceux de la ville nouvelle.

Der var jo de, der forsøgte det, men de kom til at leve et Liv som det jagede Dyrs, med Skjul i Grøfter og Stenkister, under Hegn og inde i de grønne Marker;
Il y avait ceux qui le tentèrent, mais vécurent une vie d’animal traqué, se cachant dans les fossés et les grottes, derrière les barrières et errant à travers les verts pâturages ;
for Bønderne, der baade det ene Sted og det andet havde faaet Pesten bragt i Gaarde af de første Flygtninge, de stenede hver fremmed Sjæl, de traf, bort fra deres Enemærker, eller slog dem ned som gale Hunde uden Naade eller Barmhjærtighed, i retfærdigt Nødværge som de mente.
car les paysans les pourchassaient inlassablement en les battant comme des chiens enragés, sans aucune pitié ni humanité.

De maatte blive hvor de var de Folk fra Gammel-Bergamo, og Dag for Dag blev det varmere i Vejret og Dag for Dag blev den gruelige Smitte gridskere og gridskere i sit Tag.
Ils devaient donc rester là, dans le vieux Bergame, où de jour en jour la température devenait plus chaude et l’horrible contamination s’étendait inéxorablement.
Forfærdelsen steg op som til Galenskab, og hvad der havde været af Orden og ret Regimente, det var som om Jorden havde slugt det og sendt det Værste istedet.
La panique et la déraison régnaient, et tout ce qui ressemblait à de la justice et à de la raison semblait avoir été avalé et échangé à la place par le pire mal de la pire espèce.

Lige i Begyndelsen, da Pesten kom paa, havde Folk sluttet sig sammen i Enighed og Samdrægtighed, havde været paa Vagt efter at Ligene blev ordenlig og godt begravede, og havde hver Dag sørget for, at der blev tændt store Baal af Ild paa Torve og Pladser, at den sunde Røg kunde drive gjennem Gaderne.
Au début de la peste, les gens étaient unis et raisonnés, vigilants à bien enterrer corps, et organisaient chaque jour de grands feux à travers les rues.
Enebær og Eddike var der bleven delt ud til de Fattige, og fremfor Alting havde Folk søgt til Kirkerne aarle og silde, enkeltvis og i Optog, hver Dag havde de været inde for Gud med deres Bønner, og hver Aften, naar Solen gik i Bjærge, havde alle Kirkernes Klokker raabt klagende imod Himlen fra deres hundrede svingende Svælg. 
Des mûres et du vinaigre étaient distribués aux plus pauvres, mais surtout, les gens se ruaient dans les églises, seuls ou en groupe, chaque jour, pour prier Dieu et chaque soir, quand le soleil déclinait derrière les montagnes, toutes les cloches de l’église claironnaient vigoureusement comme des suppliques qu’elles adressaient au ciel.
Og Faster var der bleven paabudt og Relikvierne havde hver Dag staaet stillet frem paa Altrene.
Et désormais le jeûne était de rigueur, et de nouvelles reliques étaient présentées tous les jours sur les autels.

Endelig en Dag, de ikke vidste mere at gjøre, havde de fra Raadhusets Altan, under Basuners og Tubers Klang, udraabt den hellige jomfru til Podesta eller Borgmester over Byen, nu og evindelig.
Enfin, un jour, ne sachant plus quoi faire de plus, à l’hôtel de ville, du balcon, au son des trompettes et des tambours, ils proclamèrent la sainte Vierge grande protectrice de la cité, maintenant et pour toujours.

Men det hjalp Altsammen ikke; der var Ingenting der hjalp.
Mais cela resta sans effets ; Il n’y avait donc plus rien à espérer.

Og da Folk fornam det og efterhaanden blev faste i den Tro, at Himlen enten ikke vilde hjælpe eller ikke kunde, da ikke blot lagde de Hænderne i Skjødet, sigende, at Alting maatte komme som det komme skulde, nej, men det var som om Synden fra en dulgt og snigende Sot var bleven en ond og aabenbar, rasende Pest, der Haand i Haand med den legemlige Farsot higed efter at slaa Sjælen ihjel, ligesom denne efter at lægge deres Kroppe øde.
Mais quand les gens comprirent que l’aide ne viendrait pas du ciel, peut-être parce qu’il ne pouvait rien y faire ou bien parce qu’il ne le voulait pas, ils décidèrent de prendre leur destinée en main ; et alors, tout le péché enseveli et hideux ressurgit et devint un fléau si furieux et une peste nouvelle si violente qu’elle ravagea les âmes aussi bien que la première avait détruit leurs corps.
Saa utrolige vare deres Gjerninger, saa uhyre deres Forhærdelse.
La malédiction planait sur chacune de leurs œuvres .
Luften var fuld af Bespottelse og Ugudelighed, af Fraadseres Stønnen og Drankeres Hyl, og den vildeste Nat var ikke sortere af Uteerlighed end deres Dage var det.
L’air s’emplissait de moquerie blessante et de méchanceté, de gémissements orgiaques et du beuglement des ivrognes, et la nuit la plus folle et insensée n’était rien en comparaison de ces jours.

« Idag ville vi æde, thi imorgen skulle vi dø! » 
« Aujourd’hui ripaillons, car demain nous allons mourir ! »
— Det var som havde de sat det ud efter Noder, at spille paa mangfoldige Instrumenter i een uendelig Helvedeskoncert.
Cette ritournelle s’entendait constamment dans un interminable et infernal concert.
 Ja, havde ikke alle Synder forud været opfundne, saa var de blevet det her, for der var ikke den Vej, de jo vendte sig hen i deres Forkerthed.
Oui, si tous les péchés n’avaient pas été inventés auparavant, ils auraient été inventés pendant cette trouble période.
De unaturligste Laster florerede iblandt dem, og selv saadanne sjældne Synder som Nekromantia, Troldom og Djævlepaakaldelse var dem velbekjendte, thi de vare mange, som tænkte hos Helvedes Magter at faa den Beskyttelse, Himlen ikke havde villet yde.
Les pratiques surnaturelles fleurissaient parmi eux, et même des péchés aussi rares que la nécromancie, la sorcellerie et le satanisme leur étaient désormais bien connus, car nombreux se soumettaient aux pouvoirs de l’enfer afin d’avoir la protection que le ciel leur refusait.

Alt hvad der hed Hjælpsomhed eller Medlidenhed var forsvundet af Sindene, Enhver havde kun Tanke for sig selv.
Tout ce qu’on appelait bienveillance ou compassion avait disparu des esprits, tout le monde ne pensait qu’à lui-même.
Den Syge blev set paa som Alles fælles Fjende, og hændte det en Stakkel, at han faldt om paa Gaden, mat af Pestens første Febersvimmel, der var ikke en Dør, der aabnede sig for ham, men med Spydestik og med Stenkast blev han tvungen til at slæbe sig bort fra de Sundes Vej.
Le malade était considéré comme un ennemi commun, et si un malheureux tombait dans la rue, ressentant la première fièvre de la peste, plus une porte ne s’ouvrait à lui ; bien au contraire, il se trouvait écarté à l’aide d’une lance et par un jet de pierre forcé à faire demi-tour.

Og Dag for Dag tog Pesten til, Sommersolen brændte ned over Byen, der faldt ikke en Regndraabe, der rørte sig ikke en Vind, og af Lig, der laa og raadnede i Husene, og af Lig, der var ilde skjult i Jorden, avledes der en kvælende Stank, som blandede sig med Gadernes stillestaaende Luft og lokked Ravne og Krager til i Sværme og i Skyer, saa der var sort af dem paa Mure og paa Tage.
Et de jour en jour, la peste croissait et faisait des ravages, le soleil d’été inondait et brûlait la ville, il ne pleuvait plus depuis bien longtemps, le vent ne soufflait plus, la lumière pénétrait dans les maisons sur des corps qui jonchaient à même la terre. Il y avait une puanteur incommensurable qui se mêlait à l’air fétide des ruelles et attirait des nuées d’innombrables corbeaux, noircissant les toits des maisons.
Og rundt omkring paa Stadens Ringmur sad der enkeltvis underlige, store, udenlandske Fugle, langvejs fra, med rovlystne Næb og forventningsfuldt krummede Kløer, og de sad og saae med deres rolige, gridske Øjne indover, som biede de kun paa, at den ulykkelige By skulde blive een stor Aadselkule.
Autour des murailles de la ville, il y avait des d’étranges oiseaux, immenses, venus de loin, aux becs démesurés et aux puissantes serres largement incurvées, et ils regardaient, les yeux déterminés et songeurs, comme s’ils attendaient que tombe cette malheureuse ville comme tomberait un fruit totalement pourri.

Saa var det Elleveugersdagen efter at Pesten var udbrudt, at Taarnvægterne og andre Folk, der var tilvejrs paa høje Steder, kunde se et sælsomt Tog bugte sig fra Sletten ind igjennem den nye Byes Gader, mellem de røgsværtede Stenmure og Træskurenes sorte Askedynger.
Puis, onze semaines après, la peste régnait encore, les vigiles, qui se trouvaient sur les hauteurs, aperçurent un étrange phénomène qui rampait de la plaine à travers les rues de la nouvelle ville, entre les murs de pierre calcinés et les restes de déchets noircis.
En Mængde Mennesker!
Une foule de gens !
vist henved de sekshundrede eller fler, Mænd og Kvinder, Gamle og Unge, og de havde store, sorte Kors imellem sig og brede Bannere over sig, røde som Ild og Blod.
Peut-être six cents personnes, voire plus, hommes, femmes, vieux et jeunes, et qui portaient de grandes croix noires et de larges bannières rouges, comme peintes de feu et de sang.
De synger imens de gaar, og sære fortvivlelsesfuldt klagende Toner bæres op igjennem den stille, lummervarme Luft.
Ils chantaient d’étranges et tragiques complaintes qui se faisaient entendre dans ce pesant air silencieux et torride.

Brune, graa, sorte er deres Dragter, men Alle har de et rødt Mærke paa Brystet.
Marrons, gris, noirs étaient leurs costumes, mais tous portaient une marque rouge sur leur poitrine.
Et Kors er det da de kommer nærmere.
Une croix se dessinait à mesure qu’ils se rapprochaient.
For de kommer stadigt nærmere.
Ils se rapprochaient toujours et encore de la vieille ville.
De presser sig op ad den stejle, murindhegnede Vej, som fører op til den gamle By.
Ils se faufilaient sur la route escarpée qui y mène.
Der er et Mylder af deres hvide Ansigter, de har Svøber i Hænderne, der er en Ildregn malet af paa deres røde Faner.
Il y avait une multitude de visages livides et pâles, qui tenaient dans leurs mains des fanions rouges où figuraient des torrents de feu.
Og de sorte Kors svinger til den ene Side og til den anden i Trængslen.
Et des croix noires se balançaient d’un côté et de l’autre en détresse au-dessus des têtes.

En Lugt stiger op fra den sammenstuvede Hob, af Sved, af Aske, af Vejstøv og gammel Kirkerøgelse.
Une odeur émergeait de ce bloc compact, une odeur de sueur et de cendres, de poussière et des fragrances d’église.
De synger ikke mer, de taler ikkeheller, blot den samlede trippende, hjordeagtige Lyd af deres nøgne Fødder.
Ils ne chantaient plus, ils ne parlaient pas, ils s’étaient tus et il ne restait que le bruit de leurs pieds nus sur la terre.

Ansigt ved Ansigt dukker ind i Taarnportens Mørke, og kommer ud i Lyset igjen paa den anden Side, med lystrætte Miner og halvvejs lukkede Laag.
Un face à face se fit entre l’obscurité de la porte de la tour d’un côté et la lumière des torches de l’autre côté.

Saa begynder Sangen igjen:
Puis la chanson recommença :
et Miserere, og de knuger Svøben og gaar stærkere til som ved en Krigssang.
un Miserere, et ils serraient leur fléau fermement et marchaient comme s’il s’agissait d’une chanson guerrière.

Som de kom fra en udhungret By ser de ud, Kinderne er hule paa dem, deres Kindben staar frem, der er ingen Blod i deres Læber og de har mørke Ringe under Øjnene.
Comme s’ils venaient d’une ville surpeuplée, joues creuses et pommettes décharnées, le sang ne semblait plus couler dans leurs lèvres, au-dessus desquels se dessinaient de larges yeux noirs creusés.

De fra Bergamo er stimlet sammen og ser paa dem med Forundring og med Uro.
Ceux de Bergame tremblaient et les regardaient avec effroi et agitation.
Røde, forsvirede Ansigter staa mod disse blege;
Leurs visages rouges et avinés s’opposaient à l’extrême à ces pâles visages carnassiers ;
sløve, utugtsmatte Blikke sænkes for disse hvasse, flammende Øjne;
Leurs yeux fatigués et repus se baissaient devant ces yeux pâles et intenses ;
grinende Bespottere glemme Munden aaben over disse Hymner.
Leurs rires bâtards s’évanouissaient devant ces hymnes pleines de foi.

Og der er Blod paa alle de Svøber af deres!
Et il y avait du sang sur tous les fléaux !

Folk blev ganske underlig tilmode over disse Fremmede.
Les deux populations ne pouvaient pas être plus étranges l’une à l’autre.

Men det varede ikke længe, før man fik det Indtryk rystet af sig.
Mais il ne fallut pas longtemps avant que le calme ne soit ébranlé. Der var Nogle, der havde kjendt en halvgal Skomager fra Brescia igjen iblandt Korsdragerne, og straks var den hele Skare bleven til Latter ved ham.
On reconnu un cordonnier de Brescia parmi ceux qui portaient les croix, et tout de suite la foule devint moqueuse.
Imidlertid var det jo dog noget Nyt, en Adspredelse fra det dagligdags, og da de Fremmede marcherede afsted efter Domkirken, saa fulgte man efter, som man vilde fulgt efter en Bande Gjøglere eller efter en tam Bjørn.
Cependant, comme il s’agissait d’un spectacle bien étrange, ils suivirent des yeux les étrangers qui marchaient pour se rendre à la cathédrale, ils les suivaient, comme s’il s’agissait de forains ou de montreur d’ours apprivoisé.

Men alt som man gik og skubbedes, blev man forbitret, man følte sig saa nøgtern overfor disse Menneskers Højtidelighed, og man forstod jo meget godt, at disse Skomagere og Skrædere var kommet her for at omvende En, bede for En, og tale de Ord, man ikke vilde høre.
Mais comme chacun se bousculait, le foule de la vieille ville semblait insatisfaite et démunie devant la sobre assurance, la solennité de ces personnes et ils comprirent bien que ces cordonniers et ces tailleurs étaient venus ici pour les convertir, prier pour eux, pour prononcer des mots qu’ils ne voulaient pas entendre
Og der var to magre, graahaarede Filosofer, som havde sat Ugudeligheden i System, de hidsede Mængden og æggede den ret af deres Hjærters Ondskab, saa for hvert Skridt det gik mod Kirken, blev Mængdens Holdning mere truende, deres Vredesudbrud vildere, og der var kun lidt igjen, saa havde de lagt voldsom Haand paa disse fremmede Svøbeskrædere.

Et il y avait deux philosophes maigres aux cheveux gris, qui avaient pensé l’impiété en système, et avec toute  leur noire malice qui logeait dans leur cœur, excitèrent la populace de sorte qu’à mesure qu’ils approchaient de l’église l’attitude des habitants de la vieille ville devenait de plus en plus menaçante, prête à exploser dans une noire et sauvage colère, qu’il se fallut de rien pour que cela ne tourne au drame.
Men saa aabnede, ikke hundrede Skridt fra Kirkedøren, et Værtshus sine Døre, og en hel Flok Svirebrødre styrtede ud, den ene paa Ryggen af den anden, og de satte sig i Spidsen for Processionen og førte den syngende og vrælende med de naragtigst andægtige Gebærder, undtagen en af dem, som vendte Mølle indtil helt op ad Kirketrappens græsgroede Trin.
A cent pas de la porte de l’église, s’ouvrit la porte de la taverne, et un groupe de compagnons avinés se précipita en s’asseyant devant la procession en imitant leur chant et beuglant des gestes solennels de manière grotesque.
Saa lo man jo, og Alle kom fredeligt ind i Helligdommen.
Alors l’atmosphère se détendit, et tout vint plus paisible dans le sanctuaire.

Det var underligt at være der igjen, at skride hen igjennem dette store, kølige Rum, i denne Luft, der var ram af gammel Os fra Vokslystander, over disse indsunkne Fliser, Foden kjendte saa godt, og over disse Sten, hvis slidte Ornamenter og blanke Inskriptioner Tanken saa tidt havde trættet sig med.
Comme cela paraissait étrange d’être encore là, d’être là pour traverser cet espace large et frais, de baigner dans cet air saturé de vieux parfums de cire fondue, de marcher sur ces pierres où les pieds foulaient les ornements et inscriptions effacés.
Og medens nu Øjet halvt nysgjerrigt, halvt uvilligt lod sig lokke til Hvile i det bløde Halvlys under Hvælvingerne, eller gled hen over den dæmpede Brogethed af støvet Guld og tilrøgede Farver, eller kom til at fordybe sig i Alterkrogenes sære Skygger, saa kom der et Slags Længsel op, der ikke var til at holde nede.
L’œil curieux tentait soit de se reposer dans cette douce pénombre sous les voûtes, soit de parcourir les peintures aux couleurs estompées, soit de s’immerger dans les ombres particulières de l’autel.

Imidlertid drev de fra Værtshuset deres Uvæsen oppe ved selve Hovedalteret, og en stor og kraftig Slagter iblandt dem, en ung Mand, havde løst sit hvide Forklæde af og bundet sig det om Halsen, saa det hang som en Kaabe nedad hans Ryg, og saaledes holdt han Messe deroppe med de vildeste, vanvittigste Ord, fulde af Utugt og af Bespottelse;
Cependant, parmi ceux qui sortirent précédemment de la taverne, un grand et puissant jeune homme, avait dressé son tablier blanc de boucher et l’avait attaché au cou, de sorte qu’il pendait comme un chasuble dans son dos, et se tenait là qui, dans une mascarade, clamait les mots les plus fous, pleins de malice et de blasphème ;
 og en halvgammel lille Tyksak vims og væver, skjønt han var saa tyk, med et Ansigt som et flaaet Græskar;
et un petit homme plus âgé l’accompagnait et répondait à ses litanies grotesques par des chants plus odieux encore ;
 han var Degn og responderede med alle de liderligste Viser, der drev over Lande, og han knælede og han knigsede og vendte Bagdelen til Alteret og ringede med Klokken, som med en Narrebjælde, og slog Hjul om sig med Røgelsekarret;
il répondait tout en marchant de long en large, s’agenouillant, se retournant, sonnant la cloche comme un fléau de terreur, et tournant largement l’encensoir qui décrivait des volutes de fumée ;
og de andre Drukne laa langs ad Knæfaldet saa lange de var, brølende af Latter, hikkende af Drik.
et les autres, avinés, se tordaient de rire tout en beuglant des mots incompréhensibles.

Og hele Kirken lo og hujede, og hoverede over de Fremmede, og raabte til dem om at se godt efter, at de kunde blive kloge paa, hvad man regnede deres Vorherre for her i Gammel-Bergamo.
Et toute l’église se moquait devant les étrangers, les appelant à voir comment, dans le vieux Bergame, le bon Dieu était bien servi.
For det var jo ikke saa meget fordi man vilde Gud noget, at man jublede over Optøjerne, som fordi man glædede sig ved, hvad for en Braad i Hjærtet paa disse Hellige hver Bespottelse maatte være.
Ce n’était pas tellement contre Dieu qu’on en voulait et qu’étaient dirigées ces pitreries, mais on souhaitait toucher le moral et le cœur de ces saints qui venaient en pèlerinage.

Midt i Skibet holdt de Hellige sig, og de stønnede af Kvide, deres Hjærter kogte i dem af Had og Hævntørst, og de bad med Øjne og Hænder op til Gud, at han dog vilde hævne sig for al den Haan, der blev vist ham her i hans eget Hus, de vilde saa gjærne gaa til Grunde sammen med disse Formastelige, blot han vilde vise sin Magt;
Au milieu de la nef, les saints hommes se tenaient debout, gémissant, et dans leurs cœurs bouillonnaient en eux la haine et le ressentiment, et ils priaient avec des yeux et des mains levés vers Dieu, demandant à être vengé de toutes ces impiétés, ici, dans sa propre maison, afin de montrer sa toute puissance ;
med Vellyst vilde de knuses under hans Hæl, blot han vilde triumfere, og at Forfærdelse og Fortvivlelse og Anger, der var for silde, maatte komme til at skrige ud ad alle disse ugudelige Munde.
c’est avec félicité, qu’ils acceptaient eux aussi d’être écrasés sous son talon, car ainsi il triompherait, et ainsi l’horreur et le désespoir sortiraient en vociférant de ces bouches mauvaises.

Og de istemte et Miserere, der i hver Tone klang som et Raab efter den Ildregn, der kom ned over Sodoma, efter den Magt Samson havde, da han tog om Filisterhusets Søjler.
Et, quand ils entonnèrent un Miserere, chaque note sonnait comme un appel, une supplique à cette pluie de feu semblable à celle qui était descendue sur Sodome, avec la puissance de Samson quand il détruisit les colonnes du temple Philistin.
De bad med Sang og med Ord, de blottede Skuldrene og bad med deres Svøber.
Ils priaient autant avec des chants qu’avec des paroles, découvrant leurs épaules.
Der laa de knælende Række for Række, blottede til Bæltestedet, og svang de braaddede Rebknuder mod deres blodstrimede Rygge.
Là s’étendaient des rangées de pèlerins agenouillés, flagellant avec des cordes acérées et ferrées leurs dos nus.
Vilde og rasende huggede de til, saa Blodet stod i Stænk fra de hvinende Svøber.
Sauvages et furieux, alors qu’ ils intensifiaient leurs frappes, le sang coulait de plus en plus fort tintant de rouge vif les tourbillons des lannières.
Hvert Slag var et Offer til Gud.
Chaque frappe était un sacrifice à Dieu.
At de anderledes kunde slaa, at de kunde rive sig i tusinde blodige Stykker her for hans Øjne!
S’ils avaient pu se découper en des milliers de morceaux sanglants ici-même devant leurs yeux !

 Dette Legeme, hvormed de havde syndet imod hans Bud, det skulde straffes, pines, gjøres til Intet, at han kunde se, hvor de hadede det, at han kunde se, hvor de var Hunde for at tækkes ham, ringere end Hunde under hans Vilje, det laveste Kryb, der aad Støv under hans Fodsaal!
Que ce corps avec lequel ils avaient péché contre sa loi soit puni, torturé, annihilé, afin qu’il voit combien ils le détestaient, qu’il voit à quel point ils n’étaient plus que des chiens, moins que des chiens en réalité, et qu’ils ne valaient pas plus que le misérable insecte qui rampait dans cette poussière sous leur tabouret !

Og Slag paa Slag, til Armene faldt ned eller Krampen knytted dem i Knude. 
Et des coups aux coups répondaient, jusqu’à ce que les bras retombent comme retombent leurs fouets repus de sang.
Der laa de Række for Række, med vanvidsfunklende Øjne, med Fraadeskyer for deres Munde, med Blodet rislende ned ad deres Kjød.
Ils restaient immobiles, les yeux hagards, des filets de baves retombant de leurs bouches entrouvertes, avec ce sang qui recouvrait leur chair.

 Og de, som saae paa dette, følte med Et deres Hjærter banke, mærkede Varmen stige op i deres Kinder, og havde tungt ved at aande.
Et, ceux qui regardaient sentirent leur cœur battre, ressentant la chaleur monter sur leurs joues et devant faire de plus en plus d’effort pour respirer.
Det var ligesom om noget Koldt strammede sig hen under deres Hovedhud, og deres Knæ blev saa svage.
Quelque chose de froid parcourut leur tête, et leurs faibles genoux chancelèrent.
For dette greb dem;
Quelque chose se passait ;
der var et lille Vanvidspunkt i deres Hjærner, som forstod denne Galskab.
leur cœur comprenait cette folie.

Dette at føle sig som den vældige haarde Guddoms Træl, at sparke sig selv hen for hans Fødder, at være Hans, ikke i stille Fromhed, ikke i blide Bønners Uvirksomhed, men være det rasende, i en Selvfornedrelsens Rus, i Blod og Hyl og under vædeblinkende Svøbetunger, det var de oplagt til at forstaa, selv Slagteren blev stille, og de tandløse Filosofer dukkede deres graa Hoveder for de Øjne, de saae omkring sig.
Tout ceci pour ressentir ce Dieu ardent et puissant, ceci pour se soumettre à lui et à sa volonté, pour être sien, non pas dans le silence, non dans l’affliction des douces prières, mais au travers d’une furieuse souffrance, afin de trouver un abandon dans le sang et dans les chants, rougis sous les coups répétés de ces flagellations, même le boucher restait silencieux, et les philosophes édentés inclinèrent leurs têtes grises devant les yeux qui les observaient.

Og der blev ganske stille derinde i Kirken, kun en sagte Bølgen gik igjennem Hoben.
Alors le calme régna à nouveau dans l’église, seule une douce vague ondulante la traversa.

Da stod en iblandt de Fremmede, en ung Munk, op over dem og talte.
Puis, parmi les étrangers, un jeune moine se leva et parla.
Han var bleg som et Lagen, hans sorte Øjne glødede som Kul, der er ved at slukkes, og de mørke, smertehærdede Træk om hans Mund var som var de skaaret med en Kniv i Træ og ikke Folder i et Menneskes Ansigt.
Il était pâle comme un linceul, ses yeux noirs brillaient comme du charbon, et les traits sombres et douloureux de sa bouche étaient comme marqués profondément par un couteau de bois.

Han strakte de tynde, forlidte Hænder op mod Himlen i Bøn, og de sorte Kutteærmer gled ned om hans hvide, magre Arme.
Il étendit ses fines mains vers le ciel, et les manches noires de sa tenues glissèrent tout autour laissant apparaître de malingres bras blancs cadavériques.

Saa talte han.
Puis il parla.

Om Helvede, talte han, om at det var uendeligt som Himlen er uendelig, om den ensomme Verden af Pine, hver af de Fordømte har at gjennemlide og at fylde med sine Skrig, Søer af Svovl var der, Marker af Skorpioner, Flammer, der lagde sig om ham, som en Kaabe den lægger sig, og stille, hærdede Flammer, der borede sig ind i ham som et Spydsblad, der drejes rundt i et Saar.
Il parla de l’Enfer, il dit combien il était infini car le ciel lui-même est infini, il ajouta que chaque damné devra y pénétrer et se remplir, jusqu’au dégoût, de ses cris, traverser des lacs de soufre, marcher sur des nuées de scorpions, bloqué entre de gigantesques flammes qui prendront bien soin de lui, et le brûleront tout doucement et le perceront comme des lances qui s’enfoncent tranquillement mais profondément dans les plaies toujours ouvertes.

Der var ganske stille, aandeløse lyttede de efter hans Ord, for han talte, som havde han set det med sine egne Øjne, og de spurgte sig selv, er ikke denne en af de Fordømte, som er sendt til os op af Helvedes Gab for at vidne for os.
Ils restaient silencieux, écoutaient ses paroles, car, quand il parlait, il semblait avoir vécu ça de ses propres yeux, et ils se demandaient, s’il ne s’agissait pas en fait de l’un des damnés, renvoyé par l’Enfer, afin de porter témoignage au peuple.

Saa prædikede han længe om Loven og Lovens Strænghed, om at hver Tøddel i den skulde opfyldes, og om at hver Overtrædelse, hvori de havde gjort sig skyldig, skulde regnes dem lige indtil Lod og til Unze. 
Puis il a prêché longuement sur la loi et sur le pouvoir de la loi, qu’en tous points, elle devait être respectée, et que toute transgression serait condamnée.
Men Kristus er død for vore Synder, sige I, vi ere ikke mere under Loven.
-Mais Christ est mort pour nos péchés, vous dites vous, nous ne sommes plus sous le coup de sa Loi.
Men jeg siger Eder, at Helvede skal ikke blive bedraget for een af Eder og ikke een af Jærntænderne paa Helvedes Marterhjul skal gaa udenfor Eders Kjød.
– Mais, je vous le dis que l’enfer ne trichera pour aucun d’entre vous, et aucune des dents de la roue de la torture de l’Enfer n’oubliera aucune partie de votre chair.
I stoler paa Golgathas Kors,
– Vous faites confiance à la croix du Golgotha.
kom, kom! kom at se det!
– Venez ! venez ! venez la voir!
jeg skal føre Jer lige til dets Fod.
– Je vais vous y amener, je vais vous conduire directement à ses pieds.

Det var en Fredag, som I vide, at de stødte ham ud igjennem en af deres Porte og lagde den tungeste Ende af et Kors paa hans Skuldre, og lod ham bære det til en gold og nøgen Lerbanke udenfor Byen, og de fulgte hobetals med og rørte Støvet med deres mange Fødder, saa der stod som en rød Sky der over Stedet.
– Ce fut un vendredi, comme vous le savez tous qu’ils le chassèrent par l’une de leurs portes et posèrent à la fin la lourde croix sur ses épaules, ils l’ont laissé la porter sur cette colline aride et inféconde en dehors de la ville, et la foule a suivi et leurs pieds ont soulevé une telle poussière qu’un nuage rouge recouvrit les lieux.
Og de rev hans Klæder af ham og blottede hans Legeme, saaledes som Lovens Herrer lader en Misdæder blotte for Alles Blikke, at Alle kan se det Kjød, som skal overantvordes til Pine, og de slængte ham ned paa hans Kors at ligge, og strakte ham der paa og hug en Nagle af Jærn gjennem hver af hans modstridende Hænder og en Nagle gjennem hans korslagte Fødder, med Køller hug de Naglerne i lige til Hovedet.
-Et ils déchirèrent ses vêtements et mirent son corps à nu, comme les font les juges exposant un brigand à la vue du public, afin que tous voient la chair qui allait être mise à mal par la torture et ils le jetèrent de force sur la croix de mentir, et l’étendirent et lui clouèrent un clou de fer à travers chacune de ses mains et un clou à travers ses pieds croisés.
Og de rejste Korset i et Hul i Jorden, men det vilde ikke staa fast og lige, og de rokkede det til og fra og drev Kiler og Pløkke ned rundt om det, og de, som gjorde det, slog deres Hatte ud, at Blodet fra hans Hænder ikke skulde dryppe dem i Øjnene.
-Et ils soulevèrent la croix dans un trou creusé dans le sol, mais, comme elle ne tenait pas droite, et ils la secouèrent et la fixèrent en y apposant des coins et des chevilles tout autour de l’assise, et ceux qui œuvraient se couvrirent d’un couvre-chef afin de ne pas être souillé par le sang qui dégoulinait de ses mains sur leurs yeux.
Øg han deroppe saae ned for sig paa Soldaterne, som spillede om hans usyede Kjortel, og paa hele denne hujende Hob, som han led for, at den kunde frelses, og der var ikke et medlidende Øje i den hele Hob,
En ouvrant ses yeux, il vit les soldats jouer pour savoir qui gagnerait sa tunique, et sur la colline cette foule qui le conspuait, foule pour laquelle il souffrait afin qu’elle soit sauvée , et il ne trouva pas un seul œil compatissant dans toute cette assemblée.
Og de dernede saae igjen paa ham, som hang der lidende og svag, de saae paa det Brædt over hans Hoved, hvorpaa der var skrevet Jødernes Konge, og de spottede ham og raabte op til ham: 
-Et ils regardèrent celui qui souffrait et qui s’affaiblissait, et regardèrent l’inscription qui précisait qu’il s’agissait du Roi des Juifs et il lui crièrent moqueur :
« Du som nedbryder Templet og bygger det op paa tre Dage, frels nu Dig selv;
« Sauve-toi toi-même désormais ! Sauve-toi, toi qui détruisis le Temple et le reconstruisis en trois seuls jours? Sauve-toi maintenant;
er Du Guds Søn, da stig ned fra dette Kors. »
et descends de ta Croix !  »
Da fortørnedes Guds højbaarne Søn i sit Sind, og saae de var ikke Frelse værd, de Hobe, der opfylder jorden, og han rev sine Fødder ud over Naglens Hoved, og han knytted sine Hænder om Hændernes Nagler og drog dem ud, saa Korsets Arme spændtes som en Bue, og han sprang ned paa Jorden og rev sin Kjortel til sig, saa Terningerne raslede nedover Golgathas Skrænt, og han slyngede den om sig med en Konges Vrede og foer op til Himlen.
– Alors le Fils de Dieu constata que ces hommes qui peuplaient la terre ne méritaient pas le salut et il déposa le clous de ses pieds et ceux qui retenaient ses mains, si bien que ses bras se tendirent  comme un arc, et il sauta à terre et reprit sa tunique aux soldats, et les dés qu’il jeta comme un roi courroucé, dévalèrent la colline de Golgotha.
Og Korset stod tomt tilbage, og det store Forsoningens Værk blev aldrig fuldbragt.
– Dans sa colère, il monta au ciel, et la croix resta vide, et le grand travail de Rédemption ne fut jamais achevé.
Der er ingen Mægler mellem Gud og os; der er ingen Jesus død for os paa Korset, der er ingen Jesus død for os paa Korset, der er ingen Jesus død for os paa Korset. »
– Il n’y a pas de médiateur entre Dieu et nous ! Il n’y a pas de Jésus-Christ mort sur la croix pour nous, non, il n’y a pas de Christ mort pour nous sur la croix !

an tav.
Il resta silencieux.

Ved de sidste Ord havde han bøjet sig frem over Mængden og baade med Læber og Hænder ligesom kastet sit Udsagn ned over deres Hoveder, og der var gaaet en Stønnen af Angst igjennem Kirken, og i Krogene var de begyndt at hulke.
Aux derniers mots, il s’était penché sur la foule et porta ses lèvres et ses mains comme si sa proclamation était tombée sur leurs têtes, et il y eut un bruit de peur qui traversa l’église, et dans les coins certains commencèrent à se blottir les uns contre les autres.

Da trængte Slagteren sig frem med opløftede, truende Hænder, bleg som et Lig, og han raabte:
Puis le boucher se leva, les mains levées et menaçantes, et il s’écria : « Munk, Munk, vil Du nagle ham til Korset igjen, vil Du. »
«¨Moine, moine, veux-tu donc encore le clouer à la croix, c’est ce que tu veux ?»
 Og bagved ham lød det hvæsende hæst: 
Et derrière lui, plus fort encore, on entendit :
« ja, ja, korsfæst, korsfæst ham! »
«Oui, oui, crucifiez-le, crucifiez-le !  »
Og fra alle Munde igjen truende, tryglende, rungede det i en Storm af Raab op imod Hvælvingerne:
Et de toutes les bouches enfin, menaçantes, déchaînèrent en chœur dans une tempête de râles sous les voûtes de l’église la même demande :
« korsfæst, korsfæst ham. »
 » Crucifiez-le, crucifiez-le ! « .

Og klart og lyst en enkelt bævende Røst:
Et, clairement, d’une voix tremblante, on entendit :
« korsfæst ham! »
« Crucifiez-le ! »

Men Munken saae ned over dette Flagr af opstrakte Hænder, mod disse fortrukne Ansigter, med de raabende Mundes mørke Aabninger, hvor Tandrækkerne lyste hvidt som Tænderne paa tirrede Rovdyr, og han bredte Armene i et Øjebliks Ekstase op mod Himlen og lo.
Mais le moine regardait cette marée de mains tendues contre ces visages désespérés, observant les ouvertures sombres de ces bouches enragées, où les dents luisantes brillaient comme celles des prédateurs ; il écarta les bras dans un moment d’exaltation vers le ciel et souriant descendit vers la foule.
Saa steg han ned, og hans Folk løftede deres Ildregnsbannere og deres tomme, sorte Kors, og trængte ud af Kirken, og atter drog de syngende henover Torvet og atter hen gjennem Taarnportens Gab.
Et ses gens levèrent leurs bannières de feu, et leur croix noires et vides, et sortirent de l’église, et de nouveau reprirent leurs chants à travers les chemins qui mènent aux portes de la ville.

Og de fra Gammel-Bergamo stirrede efter dem, mens de gik ned ad Bjærget.
Et ceux du Vieux Bergame les virent alors redescendre la colline.
Den stejle, murindhegnede Vej var taaget af Lys fra Solen, som sank derude over Sletten, og de var halvt at se kun nu for alt det Lys, men paa Byens røde Ringmur tegned Skyggerne sig sort og skarpt af deres store Kors, der svinged fra den ene Side og til den anden Side i Trængslen.
La route escarpée était inondée par un puissant soleil qui recouvrait la plaine, et qui, dans éblouissement, effaçait de nombreux détails, mais sur les murs rouges de la ville, les ombres noires et contrastées de leurs grandes croix, qui se balançaient d’un côté et de l’autre de la foule, permettaient de bien suivre l’avancée du cortège.

Fjærnere blev Sangen;
Au loin désormais s’entendait une chanson ;
rødt glimted endnu et Banner eller to fra den nye Byes brandsorte Tomt, saa blev de borte i den lyse Slette.
Le rouge des bannières scintillait des braises de la ville, puis tout disparu dans l’éclatant effacement lumineux du coucher de soleil.

**************************

Jens Peter Jacobsen

TOUTES LES OMBRES – Alle de voksende Skygger – JENS PETER JACOBSEN

Denmark– Danemark – Danmark
arbejde Jens Peter JACOBSEN

***

Traduction Jacky Lavauzelle*******

Traduction – Texte Bilingue

Jens Peter JACOBSEN

Poésie
Poesi


LITTERATURE DANOISE
POESIE DANOISE

dansk litteratur
dansk poesi
danske digte

Jens Peter JACOBSEN
1847-1885

Traduction Danois Jacky Lavauzelle

Traduction Jacky Lavauzelle


LES POEMES
DE JENS PETER JACOBSEN

Alle de voksende Skygger
TOUTES LES OMBRES

**

Alle de voksende Skygger
Toutes les ombres croissantes
Har vævet sig sammen til en,
Se sont tissées ensemble une à une,
Ensom paa Himmelen lyser
Solitaire dans le brillant du ciel
  En Stjærne saa straalende ren,
Une étoile pure illumine,
Skyerne have saa tunge Drømme,
Les nuages rêvent profondément,
Blomsternes Øjne i Duggraad svømme,
Les yeux des fleurs flottent dans des larmes de rosée,
Underligt Aftenvinden
Le vent étrange du soir, lui,
Suser i Linden.
Chante dans le tilleul.

**********************
Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
***********************

BERNHARD KELLERMANN & JACOBSEN

Qu’on songe maintenant aux fosses de Germinal ou à l’alambic de l’Assommoir. C’est le même art, les mêmes procédés, la même personnification de la matière, la même vue par l’énorme, la même poésie grandiloquente, qui confine à l’épopée et à l’amphigouri. Cet exemple suffit ; on pourrait en réunir beaucoup d’autres, sans, par là, vouloir autrement s’exagérer les analogies entre deux œuvres aussi différentes. Il y a entre elles l’abîme qui sépare le génie latin du génie germanique, et c’est chez les plus septentrionaux des écrivains allemands et jusque dans les littératures danoises et scandinaves, chez les J. V. Jensen et les Jacobsen, qu’il faudrait probablement aller chercher les origines de la lignée intellectuelle à laquelle appartient Kellermann.

Gaston Monod
L’Œuvre de Bernhard Kellermann
La Revue Mondiale, 1914

 

**************************

Jens Peter Jacobsen