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DER TANZ – LA DANSE – FREDRICH SCHILLER (1796)

FRIDRICH SCHILLER
DER TANZ – LA DANSE

DER TANZ Schiller Jacky Lavauzelle Friedrich Schiller
Allegorie des Tanzes, Allégorie de la Danse, William Bouguereau

***
Friedrich Schiller
1759-1805

*Friedrich Schiller Allegorie des Tanzes, Allégorie de la Danse, William Bouguereau Der Tanz Schiller Jacky Lavauzelle



Jacky Lavauzelle Traduction

*
DER TANZ – LA DANSE 


****
Fredrich Schiller


Gedicht -Poème
**

**

« Sieh, wie sie durcheinander in kühnen Schlangen sich winden,
Vois comme, dans de serpentines vagues, ils se vrillent ,
       Wie mit geflügeltem Schritt schweben auf schlüpfrigem Plan.
Comme volent ces pas ailés qui sur le sol glissent.
 Seh’ ich flüchtige Schatten von ihren Leibern geschieden?
Des ombres fugaces de leurs corps sortent-elles ?
   Ist es Elysiums Hain, der den Erstaunten umfängt?
Où sont-ce des esprits qui les enveloppent de leurs ailes ?
 Wie, vom Zephyr gewiegt, der leichte Rauch durch die Luft schwimmt,
Comme, secouée par le Zéphyr, la fumée légère dans l’air se répand,
  Wie sich leise der Kahn schaukelt auf silberner Flut,
Avec la douceur du bateau qui se balance sur une mer d’argent,
 Hüpft der gelehrige Fuß auf des Takts melodischen Wellen,
Le pied docile saute sur les ondes mélodieuses de la cadence,
    Säuselndes Saitengetön hebt den ätherischen Leib. »
Le son de cordes grésillant soulève ces corps éthérés qui dansent.
Keinen drängend, von keinem gedrängt, mit besonnener Eile,
Poussé par une étrange et puissante force,
 Schlüpft ein liebliches Paar dort durch des Tanzes Gewühl.
Un charmant couple ouvre son chemin à travers la danse.
Vor ihm her entsteht seine Bahn, die hinter ihm schwindet,
Cette nouvelle voie disparaît aussitôt  derrière eux,
Leis wie durch magische Hand öfnet und schließt sich der Weg.
Comme par magie, le chemin s’ouvre devant eux puis se referme.
Sieh! jetzt verliert es der suchende Blick. Verwirrt durcheinander
Vois ! maintenant nous l’avons perdu ! Dans cette confusion
Stürzt der zierliche Bau dieser beweglichen Welt.
Gracieusement se déplace ce mystérieux fluide merveilleux.
Nein, dort schwebt es frohlockend herauf. Der Knoten entwirrt sich,
Non ! il flotte et se réjouit. Le nœud se défait,
Nur mit verändertem Reiz stellt sich die Ordnung mir dar.
Muni d’un nouveau charme, il se présente.
Ewig zerstört und ewig erzeugt sich die drehende Schöpfung,
Éternellement détruit et éternellement créé, cette création tournoyante
Und ein stilles Gesetz lenkt der Verwandlungen Spiel.
Et une loi silencieuse dirigent le doux jeu des métamorphoses.
Sprich, wie geschiehts, daß rastlos bewegt die Bildungen schwanken, 
Dis ! comment se fait-il que, continuellement renouvelées, dans ce mouvant tableau,
Und die Regel doch bleibt, wenn die Gestalten auch fliehn?
La règle reste la même alors que la forme se délite ?
Daß mit Herrscherkühnheit einher der einzelne wandelt,
Pourquoi chaque individu réalise ses prouesses,
Keiner ihm sklavisch weicht, keiner entgegen ihm stürmt?
Comment personne n’est asservi, personne ne s’oppose à lui ?
Willst du es wissen? Es ist des Wohllauts mächtige Gottheit,
Veux-tu le savoir ? C’est la divine puissance de l’harmonie !
Die zum geselligen Tanz ordnet den tobenden Sprung,
C’est elle qui donne à la danse la magie de transformer de tels soubresauts,
Die, der Nemesis gleich, an des Rhythmus goldenem Zügel
Qui, comme Némésis, au rythme de ses rênes d’or
Lenkt die brausende Lust, und die gesetzlose zähmt.
Guide le rugissant plaisir et apaise sa vigueur.
Und der Wohllaut der großen Natur umrauscht dich vergebens?
Et le son du grand univers, pour toi, n’est-il donc rien ?
Nicht der begeisternde Takt, den alle Wesen dir schlagen?
N’es-tu pas saisis par la cadence que tous ces êtres te marquent ?
Nicht der wirbelnde Tanz, der durch den ewigen Raum
N’entends-tu pas la danse tourbillonnante qui traverse l’éternel espace ?
Leuchtende Sonnen wälzt in künstlich schlängelnden Bahnen?
Ne vois-tu donc pas les astres brillants qui partent sur de sinueuses pistes ?
Handelnd fliehst du das Maaß, das du im Spiele doch ehrst?
Pourquoi alors fuir la mesure que tu respectes dans le jeu ?

***

DER TANZ – LA DANSE
FRIEDRICH SCHILLER

*Friedrich Schiller Allegorie des Tanzes, Allégorie de la Danse, William Bouguereau Der Tanz Schiller Jacky Lavauzelle


LA PREUVE DE L’EXISTENCE DE DIEU – Jacky Lavauzelle

LA PREUVE DE L’EXISTENCE DE DIEU

La Preuve de l'existence de Dieu Jacky Lavauzelle
Veloso Salgado, Amor e Psyche, Amour et Psyché, MNAC, Lisboa, Lisbonne

*LA PREUVE DE L'EXISTENCE DE DIEU Jacky Lavauzelle





Jacky Lavauzelle Poème

*
L’HYPOTHESE DE L’HOMME


****
LA PREUVE DE L’EXISTENCE DE DIEU

Poème

**

Le monde ignorait le grand désastre
Le monde comme toujours
Aurait détourné la tête
La baissant
En refermant ses yeux
Le printemps déjà avait sonné l’alarme
Par mes fenêtres à petits carreaux
J’avais aperçu des mains tremblantes
Là-bas
Aux confins des espaces incommensurables
J’ai entendu des soupirs grandissants
Et aperçu des âmes en larmes
J’ai vu
Les oiseaux se fracasser
Pénétrer mes entrailles
Et s’écraser
Enfin
Et mes rideaux
Devenir écarlates
Au printemps
J’ai vu tomber la neige
Les pauvres mères du quartier se prostituaient
Pour un quignon de pain
Demandant des choses qu’elles-mêmes ne soupçonnaient pas
J’ai vu des aiguilles desséchées
Pénétrer dans les chairs de poulets innocents
Et les poussins s’esclaffer
Les poursuivre
et les picorer de haine
Tout ça ne semblait pas normal
Me disais-je
En me grattant les couilles
Comme tous les soirs
En regardant la lune
Au printemps
Je sentais que tout cela partait mal
Que rien de bon ne viendrait du ciel
J’ai médité et je me suis secoué
Je devais témoigner
Moi
L’oublié de la nuit
Banni
D’entre les hommes et les femmes
Moi
Le triste sire
Le bouffon du monde
J’ai crié dans les rues
Dans les bordels et les églises
L’on s’est moqué de moi
L’on m’a frappé
Et craché
Copieusement
Mais Il est arrivé
Le créateur solitaire
Plongé dans une profonde mélancolie
Est arrivé nu sur la terre
Après le fracas de l’anéantissement du ciel
Les missionnaires, les anges et les saints
A ses trousses
Criaient Vociféraient Beuglaient
Comme des manants des bandits de grands chemins
Ils parlèrent en chœur
De troubles musculo-spirituels inexcusables
De risques psycho-sociaux intolérables
En un mot
Il avait merdé
Sans aucun mystère
Sans aucun pouvoir
Nu
Il est arrivé
Des erreurs de management
Certainement
Qu’importe
 Il est arrivé homme
Homme seulement
Homme pleinement
Tristement homme
Tout extraordinaire s’était évanoui
Sans force
Sans volonté
Sans intelligence
Sans compréhension
Sans être désemparé
Il est arrivé chez moi
Sans rien ajouter
Sans rien dire
Chez moi
Face à moi
Qui n’était
Rien
Qu’un triste sire
Athée
 Moi
Et lui
Ensemble
Je ne ressentais rien
Puisqu’il n’était rien
Rien qu’un homme
Donc un peu plus que moi
Qui
Je le rappelle
N’étais rien
Lui
N’ayant plus
Ni miséricorde, ni justice, ni bonté
Me parla de substance
Qui englobait toute les perfections
Et j’ai souri
Il m’a parlé de l’être de soi
Des possibles
Du néant et de la plénitude
Et j’ai souri
Encore
Il m’a parlé de ce qui m’échappe
Il m’a parlé de l’inconcevable
A moi qui jamais n’avais rien conçu
Et tout m’a échappé
Il m’a pris les mains
Et nous avons ri
Simplement
Je lui ai dit combien il me gonflait
Avec toutes ses conneries
Il a ri
De lui
Du monde
Et des hommes
Nous nous sommes endormis
Je crois
Que nous nous sommes aimés

****************************

LA PREUVE DE L’EXISTENCE DE DIEU

*********************

Version Italienne

PROVA DELL’ESISTENZA DI DIO

Il mondo non sapeva del grande disastro
Il mondo codardo avrebbe girato la testa
E il mondo avrebbe abbassato i suoi occhi

PROVA DELL'ESISTENZA DI DIO Jacky Lavauzelle**

Version Portugaise

A PROVA DE EXISTÊNCIA DE DEUS

O Mundo não sabia do grande desastre
O mundo teria desviado a cabeça de qualquer maneira
 E o mundo teria baixado os olhos

********************

 

LA PREUVE DE L'EXISTENCE DE DIEU- Jacky Lavauzelle

LA VALLEE DES TROUBLES – Poème d’EDGAR ALLAN POE -The Valley of Unrest

The Valley of Unrest
POEME D’EDGAR POE
LITTERATURE AMERICAINE

Edgar Allan Poe Traduction Jacky Lavauzelle*******

Edgar Poe Poésie Traduction Jacky Lavauzelle Montage

EDGAR ALLAN POE
1809-1849




Traduction – Translation

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

French and English text
texte bilingue français-anglais


****

*********




The Valley of Unrest
LA VALLEE DES TROUBLES

Published in American Review in April 1845
Publié en avril 1845

*

Edgar Allan Poe The Valley of Unrest Trad Jacky Lavauzelle************

Once it smiled a silent dell
Jadis un val silencieux souriait
Where the people did not dwell;
Que les gens avaient déserté ;
They had gone unto the wars,
Ils étaient partis à la guerre,
 Trusting to the mild-eyed stars,
Confiant aux doux yeux des étoiles,
Nightly, from their azure towers,
La nuit tombée, de leurs tours d’azur,
 To keep watch above the flowers,
De surveiller les fleurs,
In the midst of which all day
Au milieu desquelles toute la journée
The red sun-light lazily lay.
Le soleil rouge s’allongeait paresseusement.
Now each visitor shall confess
Maintenant, chaque visiteur avouera
The sad valley’s restlessness.
L’agitation de la triste vallée.
Nothing there is motionless —
Rien n’y est immobile –
Nothing save the airs that brood
Rien ! Rien excepté les airs qui nichent
Over the magic solitude.
Dans la solitude magique.
Ah, by no wind are stirred those trees
Ah ! par aucun vent ces arbres ne sont agités
That palpitate like the chill seas
Qui palpitent comme les mers froides
Around the misty Hebrides!
Autour des Hébrides brumeuses !
Ah, by no wind those clouds are driven
Ah ! par aucun vent ces nuages ne sont conduits
That rustle through the unquiet Heaven
Qui bruissent à travers le paradis inquiet
Uneasily, from morn till even,
Mal à l’aise, du matin jusqu’au soir,
Over the violets there that lie
Sur les violettes là-bas, qui reposent
In myriad types of the human eye —
Dans une myriade de types de l’œil humain
Over three lilies there that wave
Au-dessus de trois lis là-bas qui ondulent
And weep above a nameless grave!
Et pleurent au-dessus d’une tombe sans nom !
They wave: — from out their fragrant tops
Ils ondulent : – de leurs sommets parfumés
Eternal dews come down in drops.
Les rosées éternelles tombent en gouttes.
They weep: — from off their delicate stems
Ils pleurent : – de leurs tiges délicates
Perennial tears descend in gems.
Les larmes éternelles descendent en pierres.

***************

LES PERSONNAGES DE POE
PAR
CHARLES BAUDELAIRE

Les personnages de Poe, ou plutôt le personnage de Poe, l’homme aux facultés suraiguës, l’homme aux nerfs relâchés, l’homme dont la volonté ardente et patiente jette un défi aux difficultés, celui dont le regard est tendu avec la roideur d’une épée sur des objets qui grandissent à mesure qu’il les regarde, — c’est Poe lui-même. — Et ses femmes, toutes lumineuses et malades, mourant de maux bizarres et parlant avec une voix qui ressemble à une musique, c’est encore lui ; ou du moins, par leurs aspirations étranges, par leur savoir, par leur mélancolie inguérissable, elles participent fortement de la nature de leur créateur. Quant à sa femme idéale, à sa Titanide, elle se révèle sous différents portraits éparpillés dans ses poésies trop peu nombreuses, portraits, ou plutôt manières de sentir la beauté, que le tempérament de l’auteur rapproche et confond dans une unité vague mais sensible, et où vit plus délicatement peut-être qu’ailleurs cet amour insatiable du Beau, qui est son grand titre, c’est-à-dire le résumé de ses titres à l’affection et au respect des poëtes.

Charles Baudelaire
Edgar Poe, sa vie et ses œuvres
1856
Histoires extraordinaires
Michel Lévy fr.
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The Valley of Unrest
POEME D’EDGAR POE

Poésie Traduction Jacky Lavauzelle Edgar Allan Poe

TOUS LES PÉCHÉS DU MONDE – Poème de Jacky Lavauzelle

TOUS LES PÉCHÉS DU MONDE

Tous les péchés du monde Poème Jacky Lavauzelle
Photo Jacky Lavauzelle

*A hipótese do homem TOUS LES PÉCHÉS DU MONDE Jacky Lavauzelle





Jacky Lavauzelle Poème

*
L’HYPOTHESE DE L’HOMME


****
TOUS LES PÉCHÉS DU MONDE

Poème

**

Le chat qui descend l’escalier
Vient de saloper les ombres de la lune
Ce soir
C’est lui !
C’est lui qui s’est pris pour un agneau de Dieu !
Une pantoufle est tombée puis un opulent craquement
Une première et innocente gouttelette
Sur mon front
Tous les péchés du monde se sont ensuite déversés
D’une hauteur infinie
Dans un fracas du diable
De tempête sacrée et de foudre suppliciée
Comme ça !
 Un clown et un cygne ont refermé la marche
Une araignée au chapelet pendu a retissé la toile
Avec deux ou trois nuages qui passaient par là
 Il ne restait plus rien
Un ciel vide
Sans aucune obscurité
Ni angoisse
 Un ciel qui se rendait compte que tout ça allait bien trop loin
Que ça finirait mal
Mais que faire ?
 Le chat a sali les ombres de la lune
A ruiné le ciel
Vidé les phobies du monde et des cœurs
Vidé les troubles obsessionnels compulsifs
Et s’est recouché
Paisiblement
Sans d’autres paniques que de paresser ensuite
 Les romans sont redevenus des arbres
Ou des papillons de candeur
Les conserves des fringants poissons
Ou des cœurs d’azur
Nos cœurs sont redevenus des âmes
Ou des vauriens mal peignés
A la passion de travers
Le chat remonte l’escalier
Que peut-il encore se passer ?

******************

TOUS LES PÉCHÉS DU MONDE
*

Version Portugaise

TODOS OS PECADOS DO MUNDO

TODOS OS PECADOS DO MUNDO - Poema Jacky Lavauzelle

Version Italienne

TUTTI I PECCATI DEL MONDO

TUTTI I PECCATI DEL MONDO Poesia di Jacky Lavauzelle
****TOUS LES PÉCHÉS DU MONDE- Jacky Lavauzelle

UN CORPS PARFAIT- POEME – JACKY LAVAUZELLE

Un corps parfait Jacky Lavauzelle
Photo Jacky Lavauzelle – Lisbonne

Un Corps Parfait
*A hipótese do homem Un corps Parfait- Jacky Lavauzelle





Jacky Lavauzelle Poème

*
L’HYPOTHESE DE L’HOMME


****
UN CORPS PARFAIT

UM CORPO PERFEITO
****

*

**

Poème et traduction Jacky Lavauzelle
D’après Victor Meirelles Moema

****

Le sable sous l’abîme trembla de mille ondulations
A areia sob o abismo tremeu com milhares de ondulações

Un sultan de corail sorti le premier
Um sultão de coral lançado primeiro
Des prunelles de marbre sortaient quelques larmes
Lágrimas saíram dos grandes olhos de mármore

Les geôliers ont ouvert les dômes bleutés des derniers jours
Os carcereiros abriram as cúpulas azuladas dos últimos dias
Les pas du condamné se sont arrêtés
Os degraus do condenado pararam

Il ne manquait rien
Nada estava faltando
Pas même un millionième de millimètre
Nem mesmo um milionésimo de milímetro
Pas même un paradoxe
Nem mesmo um paradoxo
Juste un royaume à étendre
Apenas um reino para expandir

 Pas même une aiguille au bout du tunnel
Nem mesmo uma agulha no final do túnel

Chaque atome de  xénon rayonnait 
Cada átomo de xenônio irradiado
Sur une gaufrette de dioxyde de silicium
Em uma bolacha de dióxido de silício

Un corps parfait dans un cœur endurci
Um corpo perfeito em um coração endurecido
A bouleversé le monde et les femmes
Aborreceu o mundo e as mulheres
A embaumé toutes les tempêtes
Embalsaçou todas as tempestades
Et ta petite tête
E sua cabecinha
Et le petit matin
E o amanhecer

 Un corps parfait sans étoile et sans voile
Um corpo perfeito sem estrela e sem véu
Juste dans sa grâce et une totale nudité
Apenas em sua graça e total nudez
A brisé la tempête la plus hurlante 
Quebrou a tempestade mais uivante
Comme un voleur de violettes
Como um ladrão de violetas

 Les ardeurs éphémères salies par les hommes
O ardor efêmero sujado pelos homens
Embaument son âme dans son étui de feu
Embelezar sua alma em seu coldre de fogo
D’une secrète rage aux sommets des montagnes
De uma fúria secreta aos topos das montanhas
Monte l’étrange et chaude pudeur des anges
Monte a estranha e calorosa modéstia dos anjos
De la sublime Sphère
Da Esfera sublime
Montent au temple les arômes des anges
Suba ao templo o aroma dos anjos
Et l’amour qui se répand
E o amor que está se espalhando
 De son ombre effacée
Na sua sombra clareou
Ne se voit plus qu’en Dieu
Apenas visto em Deus
Qu’en Dieu seulement
Isso só em Deus

Et des anges indignés dans l’absolu
E anjos indignados no absoluto
Absolument cruels et absolument beaux
Absolutamente cruel e absolutamente lindo
Se suicident tous ensemble
Cometer suicídio juntos
Bel effroi absolu dans un regard
Lindo absoluto pavor em um olhar
Lui
Ele
Garde son univers et trace le trait idéal

Mantenha seu universo e trace o traço ideal
De l’homme parfait
Do homem perfeito
Dans les méandres
Nos meandros
Du petit matin
De manhã cedo

Il ne manquait rien
Nada estava faltando
Pa même un millionième de millimètre
Pa até um milionésimo de milímetro
Pas même un paradoxe
Nem mesmo um paradoxo
Juste un royaume à étendre
Apenas um reino para expandir

 Pas même une aiguille au bout de l’enfer
Nem mesmo uma agulha no final do inferno

Les ondes au-delà des cieux tremblèrent de mille ondulations
As ondas além dos céus tremeram com mil ondulações

**********************

UN CORPS PARFAIT
*Un corps parfait- Jacky Lavauzelle

LA BIBLIOTHEQUE Poème de Jacky Lavauzelle

LA BIBLIOTHEQUE
Poésie
*Jacky Lavauzelle La Bibiothèque





Poème Jacky Lavauzelle

L’HYPOTHESE DE L’HOMME
A hipótese do homem


*
LA BIBLIOTHEQUE

Poème

*

****

Que diable as-tu ?
Les secrets moisissent en silence
Dans un long et profond bâillement
Qui endormirait un corsaire et tout son équipage
A en oublier l’abordage
La vie s’est réfugiée dans la ville
Ici
Les phrases aux phrases ne se répondent plus
Sinon pour passer le temps
Passer les vagues
Et se perdre dans une forêt d’ébène
Quelques intentions scrutent des bas de page
Résistantes comme peut être le porphyre
Et des perles de Tolède luttant contre Vulcain lui-même
Ecrasant les récits et les contes de son rouleau d’or
Des vers infinis dansent sur des vers intimes
Mangent les dernières rimes inutiles
Dansent sur les bords de l’étagère épuisée
Ecrasent les passions et les pensées
Il n’y a plus de visages aimés
Il n’y a plus de rouge ni de noir non plus
Mais de splendides squelettes brodés et fauves de jadis
Comme des quatuors paumés et perdus
Annonçant la venue de la dernière des âmes
Dans cette lente et tranquille candeur
Vidés de n’être plus lus
Un reste de vin sur le côté de la tranche
Ils se sont tus
Depuis longtemps les folles écumes des joutes verbales
Se sont tues dans ce jardin d’hiver
Où l’hiver lui-même ne vient plus
Où les yeux eux-mêmes se sont refermés
Joutes d’une jeunesse si courte
Jeux d’une autre syntaxe
Feu d’une autre littérature
Nous n’aurons plus jamais ce fracas des mots
Ce combat des critiques
L’amas des antiques
Les livres ne s’ouvriront plus
A jamais refermés
Les mots  ont bougé
Ils ont bougé une fois encore pourtant à un rythme effréné
Avant de sombrer
Claquant et sombrant
Claquant d’accents vifs
Je n’entends plus ce souffle
Qui touchait nos rêves
Dans ce palais de l’esprit
Où tout est fini
Aux plages des passions
Je n’entends plus les vagues
Aux ressacs des sentiments
Se rend une dernière grâce
Les ondes des âmes sur des rochers écornés
Le sang a coulé
Pourtant
Sur tant de tranches écorchées
Blanchies
Un dernier coucher de rideau
Sur des mémoires tues
Par manque d’amour
Par tant de fatigue
Par tant d’abattements
Sur les rues des pensées
Ont couché les quelques virgules
Tant de trônes détrônés aux tranches se suivent
Dans un silence des cieux
Tant de précipices enjambés
Tant de vies fantasmées
Des rires dehors rattrapant des scènes de vie
La nuit a épousé les crêtes des rayons
Les mots se retirent
Et se couchent
Comme se retire la mer pour se perdre là-bas
Quand elle tombe des falaises
Vous n’entendez plus rien
En tendant l’oreille
Vous ne sentez plus
En ouvrant votre cœur
Que ces pages putréfiées
Vous ne poussez plus que de la poussière étrange
Des bruits accouchés et des larmes éventrées
Les cuirs se sont vidés une nouvelle fois
Les mots gardiens de la prison
Ont livré les sirènes et les dragons d’abord
Les passades et les charmes ensuite
Swann du Jockey, Odette et M. de Norpois enfin
La barbarie a disparu au café du coin
Jamais les mots ne se tuèrent les uns les autres
Ainsi
Ils se sont éteints en ne serrant même plus les points
Ici
Dans l’oubli
D’une si belle journée de printemps

**********************

LA BIBLIOTHEQUE
Poésie – Poesia
*Jacky Lavauzelle La Bibliothèque




INSOMNIE – Poème de Jacky Lavauzelle – Série L’HYPOTHESE DE L’HOMME

INSOMNIE
Poésie
*Jacky Lavauzelle LES THEORIES DU VENT - TEORIAS DO VENTO - Jacky Lavauzelle





Poème Jacky Lavauzelle

L’HYPOTHESE DE L’HOMME
A hipótese do homem


*
INSOMNIE

Poème

*

Photo Jacky Lavauzelle
Photo Jacky Lavauzelle – La Fontaine Bartholdi – Lyon

****

 

Il n’y a pas
Il n’y a plus
De noir cheval et de noir cavalier*
Le dernier est mort
Eventré dans le chaos de la nuit
Noir cheval galopant sans cavalier noir
Restent les tombeaux
L’herbe verte n’est plus
Il y a …
Il y a des ombres
Il y a ces ombres enfantées sur des ombres attelées
Rassasiées de peur
Surgissant des passés
Et me guidant  vers une autre nuit
Vers un autre passage
Vers d’autres délires
Cette autre nuit qui m’attend déjà
Des ombres aux ombres se succèdent
Les paroles ont déserté la chambre
Depuis si longtemps déjà
Il ne reste que les maux
Des maux patients et revanchards
La pièce tombe dans l’épaisseur de la nuit
En un jet rituel
Avec la fidélité d’un chien dressé
Des cris d’enfants sortent de son antre
Des douleurs arrachées
Des joies perdues
Des êtres abattus
Et moi
Au milieu
Je sens un pieu géant au milieu
Me terrasser
Dans les travers des os
Et des branches cassées
Pousser
Sortant tout en me crevant les yeux
Il y a …
Il y a des branches rugueuses
En bois d’amandier
Et des murailles autour
Tout autour
La pièce tombant au milieu du plus ardent désert
Les morts se réveillent
Et se couchent tout contre moi
En m’arrachant la peau
Tout en me souriant
De leurs bouches fétides
Le cavalier noir se met à rire
La monture noire aussi
Et les peines du jour passées
Et les abominations du monde
Dans ma tête
Et ne trouvant plus que ça
Et je n’entends plus
Qu’un interminable bruit de fouet dans l’air
Qui léchent mes gouttes de sang
Le cri vermeil longe l’horizon
Et le bruit de ma dernière goutte
Sur le sol mou
Et putride
Me réveille
Le rayon de lumière
Efface
D’un seul coup
Le noir de lune
Le noir cavalier a retrouvé sa noire monture
Il y a…

**********************

Note *

INSOMNIE DE VICTOR HUGO
(extrait)

Et l’ange étreint Jacob, et l’âme tient le corps ;
Nul moyen de lutter ; et tout revient alors,
Le drame commencé dont l’ébauche frissonne,
Ruy Blas, Marion, Job, Sylva, son cor qui sonne,
Ou le roman pleurant avec des yeux humains,
Ou l’ode qui s’enfonce en deux profonds chemins,
Dans l’azur près d’Horace et dans l’ombre avec Dante ;
Il faut dans ces labeurs rentrer la tête ardente ;
Dans ces grands horizons subitement rouverts,
Il faut de strophe en strophe, il faut de vers en vers,
S’en aller devant soi, pensif, ivre de l’ombre ;
Il faut, rêveur nocturne en proie à l’esprit sombre,
Gravir le dur sentier de l’inspiration,
Poursuivre la lointaine et blanche vision,
Traverser, effaré, les clairières désertes,
Le champ plein de tombeaux, les eaux, les herbes vertes,
Et franchir la forêt, le torrent, le hallier,
Noir cheval galopant sous le noir cavalier.

Victor Hugo
Insomnie
Les Contemplations
Nelson, 

**********************

INSOMNIE
Poésie – Poesia
*Jacky Lavauzelle LES THEORIES DU VENT - TEORIAS DO VENTO - Jacky Lavauzelle





Poème Jacky Lavauzelle

L’HYPOTHESE DE L’HOMME
**


*
INSOMNIE


Poème 

*

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LE VIEIL HOMME poème de Constantin Kavafis Καβάφης – 1897 – Ένας Γέρος

Poème de Constantin Cavafis
Gr
èce – Ελλάδα

***

Traduction Jacky Lavauzelle*******

**
Constantin Cavafy poèmes
**

LITTERATURE GRECQUE
POESIE GRECQUE

Ελληνική λογοτεχνία
Ελληνική ποίηση

**

Constantin Cavafy – Constantin Cavafis
Καβάφης
1863 – 1933

Traduction Jacky Lavauzelle

**

Traduction Jacky Lavauzelle


LES POEMES GRECS

Ένας Γέρος
LE VIEIL HOMME

**

**

Jacky Lavauzelle Traduction Constantin Cavafis
Γεώργιος Ιακωβίδης, Georgios Jakobides, Ο κακός εγγονός, 1884, Wiesbaden, Museum, Musée de Wiesbaden, détail du tableau de Jakobides

**

Στου καφενείου του βοερού το μέσα μέρος
Dans la café, au fond,
σκυμένος στο τραπέζι κάθετ’ ένας γέρος·
un vieil homme courbé sur la table ;
με μιαν εφημερίδα εμπρός του, χωρίς συντροφιά.
un journal devant lui, seul.

*

Και μες στων άθλιων γηρατειών την καταφρόνεια
Et, dans sa misérable vieillesse,
σκέπτεται πόσο λίγο χάρηκε τα χρόνια
il pense combien il a si peu apprécié les années
που είχε και δύναμι, και λόγο, κ’ εμορφιά.
où encore il possédait l’énergie, la raison et la beauté.

*

Ξέρει που γέρασε πολύ· το νοιώθει, το κυττάζει.
Il sait qu’il est très vieux, il le sent et le voit.
Κ’ εν τούτοις ο καιρός που ήταν νέος μοιάζει
Pourtant, le temps où jeune encore il était, lui semble
σαν χθές. Τι διάστημα μικρό, τι διάστημα μικρό.
juste hier. Quel espace dérisoire, quel espace dérisoire.

*

Και συλλογιέται η Φρόνησις πώς τον εγέλα·
Et il repense encore à cette Sagesse qui l’a trompé ;
« και πώς την εμπιστεύονταν πάντα – τι τρέλλα ! –
et toute la confiance qu’il avait en elle – quelle folie ! –
την ψεύτρα που έλεγε· «Αύριο. Εχεις πολύν καιρό.»
la tricheuse lui disait : « Demain ! tu as tant de temps ! »

*

Θυμάται ορμές που βάσταγε· και πόση
Il se souvient des pulsions qu’il bridait, et de combien
χαρά θυσίαζε. Την άμυαλή του γνώσι
de plaisirs il a sacrifié. Combien son esprit,
κάθ’ ευκαιρία χαμένη τώρα την εμπαίζει.
pour toutes ces occasions perdues, se désole furieusement.

*

… Μα απ’ το πολύ να σκέπτεται και να θυμάται
… Mais à penser et se souvenir
ο γέρος εζαλίσθηκε. Κι αποκοιμάται
le vieil homme s’est épuisé. Et il dort désormais
  στου καφενείου ακουμπισμένος το τραπέζι
reposant sur la table du café.

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Καβάφης
Traduction Jacky Lavauzelle

ARTGITATO
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LA POESIE GRECQUE EN GRECE 

Le langage est ce qu’il y a en Grèce de plus antique. C’est un grand charme pour celui qui a voué un culte à l’antiquité grecque d’entendre parler grec autour de lui, de reconnaître dans les conversations d’un guide ou d’un marinier tel mot qu’il n’avait jusque-là rencontré que dans Homère. Il semble alors qu’on est réellement transporté dans la Grèce antique ; on est tenté de dire aux passans, comme Philoctète à ses compatriotes retrouvés dans Lemnos : je veux vous entendre, et de s’écrier comme lui, ô langage bien aimé ! Mais, pour se livrer à ce transport, il faudrait, dira-t-on, que ce langage fût celui des anciens Hellènes, et non pas un dérivé imparfait que défigure une prononciation bizarre. A cela on peut répondre : Quant à la prononciation, il n’y a pas de raison pour que les descendans de Périclès adoptent le système qu’un savant Hollandais a imaginé au XVIe siècle. Du reste la question est délicate et ne saurait être traitée ici. Qu’il suffise d’affirmer que plusieurs règles de prononciation, adoptées par les Grecs modernes, remontent à la plus haute antiquité, et que l’on trouve déjà dans le second siècle de notre ère des exemples de l’iotacisme, c’est-à-dire de ê, ei, oi, prononcés i, bien que l’iotacisme ne paraisse avoir été définitivement et complètement constituée qu’au Xe ou XIe siècle.

Dans le langage populaire de certaines parties de la Grèce, on retrouve quelques vestiges des dialectes qui y furent parlé autrefois. En général, les anciens dialectes grecs ont péri par suite de la conquête, qui les a éteints avec la vie locale des pays subjugués. Cependant ils n’ont pas disparu entièrement ; on retrouve des traces assez nombreuses du dialecte œolien dans la Béotie et la Phocide, et dans un canton montagneux du Péloponèse, la Tzaconie, le dialecte dorien s’est merveilleusement conservé un certain nombre de mots grecs oubliés par le temps ont été remplacés dans l’usage par une autre expression : ainsi, trecho, courir, au lieu de dremo ; au lieu d’artos, pain, psomi. Eh bien ! il arrive que le vieux mot grec oublié se retrouve dans un coin de la Grèce, par exemple dremo dans les villages du Parnasse…

Jean-Jacques Ampère
La poésie grecques en Grèce
Seconde Partie
Revue des Deux Mondes, tome 7, 1844

***

*

Καβάφης
Constantin Cavafy – Constantin Cavafis
Έλληνα ποιητή
Poème de Cavafy

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AUSSI LONGTEMPS QUE TU LE PEUX – Poème de Constantin Cavafis Όσο Mπορείς

Grèce – Ελλάδα

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Traduction Jacky Lavauzelle*******

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Constantin Cavafy poèmes
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LITTERATURE GRECQUE
POESIE GRECQUE

Ελληνική λογοτεχνία
Ελληνική ποίηση

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Constantin Cavafy
Καβάφης
1863 – 1933

Traduction Jacky Lavauzelle

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Traduction Jacky Lavauzelle


LES POEMES GRECS

 AUSSI LONGTEMPS QUE TU LE PEUX
Όσο Mπορείς
**
1913

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Périclès Pantazis, Περικλής Πανταζής, Χιονισμένο τοπίο, Paysage enneigé , E. Galerie Averoff, Musée Averoff,, Pinacothèque E. Averoff, Metsovo, Epire

**

Κι αν δεν μπορείς να κάμεις την ζωή σου όπως την θέλεις,
Et si tu ne peux pas avoir la vie que tu désires,
τούτο προσπάθησε τουλάχιστον
tout du moins, essaie
όσο μπορείς: μην την εξευτελίζεις
aussi longtemps que tu le peux de l’avoir : ne te perds pas
μες στην πολλή συνάφεια του κόσμου,
Dans la confusion du monde,
μες στες πολλές κινήσεις κι ομιλίες.
dans des gestes et discours inutiles.

*

Μην την εξευτελίζεις πηαίνοντάς την,
Ne t’égare pas dans des aventures fiévreuses,
γυρίζοντας συχνά κ’ εκθέτοντάς την
en participant à tout et en t’exposant
στων σχέσεων και των συναναστροφών
à d’inutiles relations et contacts
την καθημερινήν ανοησία,
jusqu’à la folie quotidienne,
 ώς που να γίνει σα μια ξένη φορτική.
jusqu’à ce que tu deviennes à toi-même un étrange étranger.

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Καβάφης
Traduction Jacky Lavauzelle

ARTGITATO
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LA POESIE GRECQUE EN GRECE 

Le langage est ce qu’il y a en Grèce de plus antique. C’est un grand charme pour celui qui a voué un culte à l’antiquité grecque d’entendre parler grec autour de lui, de reconnaître dans les conversations d’un guide ou d’un marinier tel mot qu’il n’avait jusque-là rencontré que dans Homère. Il semble alors qu’on est réellement transporté dans la Grèce antique ; on est tenté de dire aux passans, comme Philoctète à ses compatriotes retrouvés dans Lemnos : je veux vous entendre, et de s’écrier comme lui, ô langage bien aimé ! Mais, pour se livrer à ce transport, il faudrait, dira-t-on, que ce langage fût celui des anciens Hellènes, et non pas un dérivé imparfait que défigure une prononciation bizarre. A cela on peut répondre : Quant à la prononciation, il n’y a pas de raison pour que les descendans de Périclès adoptent le système qu’un savant Hollandais a imaginé au XVIe siècle. Du reste la question est délicate et ne saurait être traitée ici. Qu’il suffise d’affirmer que plusieurs règles de prononciation, adoptées par les Grecs modernes, remontent à la plus haute antiquité, et que l’on trouve déjà dans le second siècle de notre ère des exemples de l’iotacisme, c’est-à-dire de ê, ei, oi, prononcés i, bien que l’iotacisme ne paraisse avoir été définitivement et complètement constituée qu’au Xe ou XIe siècle.

Dans le langage populaire de certaines parties de la Grèce, on retrouve quelques vestiges des dialectes qui y furent parlé autrefois. En général, les anciens dialectes grecs ont péri par suite de la conquête, qui les a éteints avec la vie locale des pays subjugués. Cependant ils n’ont pas disparu entièrement ; on retrouve des traces assez nombreuses du dialecte œolien dans la Béotie et la Phocide, et dans un canton montagneux du Péloponèse, la Tzaconie, le dialecte dorien s’est merveilleusement conservé un certain nombre de mots grecs oubliés par le temps ont été remplacés dans l’usage par une autre expression : ainsi, trecho, courir, au lieu de dremo ; au lieu d’artos, pain, psomi. Eh bien ! il arrive que le vieux mot grec oublié se retrouve dans un coin de la Grèce, par exemple dremo dans les villages du Parnasse…

Jean-Jacques Ampère
La poésie grecques en Grèce
Seconde Partie
Revue des Deux Mondes, tome 7, 1844

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Καβάφης
Constantin Cavafy
Έλληνα ποιητή
Cavafy Poèmes

Constantin Cavafy – En attendant les barbares – Περιμένοντας τους Βαρβάρους

Grèce – Ελλάδα

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Traduction Jacky Lavauzelle*******

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Constantin Cavafy poèmes
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LITTERATURE GRECQUE
POESIE GRECQUE

Ελληνική λογοτεχνία
Ελληνική ποίηση

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Constantin Cavafy
1863 – 1933

Traduction Jacky Lavauzelle

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Traduction Jacky Lavauzelle


LES POEMES GRECS

 Περιμένοντας τους Βαρβάρους 

En attendant les Barbares
1904

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Traduction Jacky Lavauzelle
Les Huns à la bataille de Chalons, Alphonse de Neuville

***

-Τι περιμένουμε στην αγορά συναθροισμένοι;
-Ensemble, qu’attendons-nous sur l’agora ?
 Είναι οι βάρβαροι να φθάσουν σήμερα.
Aujourd’hui, il paraît qu’une bande de barbares bientôt déferlera.

*

-Γιατί μέσα στην Σύγκλητο μιά τέτοια απραξία;
-Pourquoi rien ne vient du Sénat ?
Τι κάθοντ’ οι Συγκλητικοί και δεν νομοθετούνε;
Pourquoi nos sénateurs ne légifèrent donc pas ?

*

-Γιατί οι βάρβαροι θα φθάσουν σήμερα.
– Car les barbares aujourd’hui arriveront.
Τι νόμους πια θα κάμουν οι Συγκλητικοί;
Quelles lois peut-on faire maintenant ?
Οι βάρβαροι σαν έλθουν θα νομοθετήσουν.
Les barbares à leur tour légiféreront.

*

-Γιατί ο αυτοκράτωρ μας τόσο πρωί σηκώθη,
-Pourquoi notre empereur s’est-il ce matin levé,
και κάθεται στης πόλεως την πιο μεγάλη πύλη
et est parti à la plus grande porte et s’est assis tout devant,
  στον θρόνο επάνω, επίσημος, φορώντας την κορώνα;
sur le trône,  avec sa tête couronnée ?

*

-Γιατί οι βάρβαροι θα φθάσουν σήμερα.
– Car les barbares arriveront aujourd’hui.
Κι ο αυτοκράτωρ περιμένει να δεχθεί
Et l’empereur attend de recevoir ici
τον αρχηγό τους. Μάλιστα ετοίμασε
avec les honneurs leur chef. Il a rédigé pour l’occasion
για να τον δώσει μια περγαμηνή. Εκεί
un parchemin à lui remettre. Là s’y trouvent les fonctions
 τον έγραψε τίτλους πολλούς κι ονόματα.
et les titres des dignitaires.

*

-Γιατί οι δυό μας ύπατοι κ’ οι πραίτορες εβγήκαν
-Nos deux consuls et nos préteurs se sont présentés
σήμερα με τες κόκκινες, τες κεντημένες τόγες·
aujourd’hui accoutrés de leurs toges rouges brodées ;
γιατί βραχιόλια φόρεσαν με τόσους αμεθύστους,
les bracelets avec grande ostentation étaient par eux portés ,
και δαχτυλίδια με λαμπρά γυαλιστερά σμαράγδια·
et des anneaux avec des émeraudes brillantes par eux affichés ;
γιατί να πιάσουν σήμερα πολύτιμα μπαστούνια
des bâtons de valeur aujourd’hui sont présentés
 μ’ ασήμια και μαλάματα έκτακτα σκαλισμένα;
d’argent et d’or extraordinairement sculptés ?

*

Γιατί οι βάρβαροι θα φθάσουν σήμερα·
Car ils arriveront aujourd’hui les barbares
και τέτοια πράγματα θαμπόνουν τους βαρβάρους.
et de telles choses impressionneront nos barbares.

*

-Γιατί κ’ οι άξιοι ρήτορες δεν έρχονται σαν πάντα
-Pourquoi ne viennent-ils pas comme toujours, nos orateurs de renom
να βγάλουνε τους λόγους τους, να πούνε τα δικά τους;
faire leurs propres sermons ?

*

Γιατί οι βάρβαροι θα φθάσουν σήμερα·
Car les barbares arriveront aujourd’hui
κι αυτοί βαριούντ’ ευφράδειες και δημηγορίες.
et  leur éloquence et de leur sermon les ennuient.

*

-Γιατί ν’ αρχίσει μονομιάς αυτή η ανησυχία
-Pourquoi cette inquiétude d’emblée
κ’ η σύγχυσις. (Τα πρόσωπα τι σοβαρά που έγιναν).
et cette confusion. Que de personnes tracassées !
Γιατί αδειάζουν γρήγορα οι δρόμοι κ’ οι πλατέες,
Pourquoi les rues et les places se vident-elles si précipitamment,
κι όλοι γυρνούν στα σπίτια τους πολύ συλλογισμένοι;
et pourquoi tous rentrent-ils dans leurs maisons comme absents ?

*

Γιατί ενύχτωσε κ’ οι βάρβαροι δεν ήλθαν.
Cette nuit, en fait, les barbares ne sont pas venus.
Και μερικοί έφθασαν απ’ τα σύνορα,
Et certains, qui venaient de la frontière,
και είπανε πως βάρβαροι πια δεν υπάρχουν.
ont dit que les barbares n’existaient plus.

*

Και τώρα τι θα γένουμε χωρίς βαρβάρους.
Et maintenant, qu’arrivera-t-il sans les barbares ?
Οι άνθρωποι αυτοί ήσαν μιά κάποια λύσις.
Eux qui étaient une solution !

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Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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LA POESIE GRECQUE EN GRECE 

Le langage est ce qu’il y a en Grèce de plus antique. C’est un grand charme pour celui qui a voué un culte à l’antiquité grecque d’entendre parler grec autour de lui, de reconnaître dans les conversations d’un guide ou d’un marinier tel mot qu’il n’avait jusque-là rencontré que dans Homère. Il semble alors qu’on est réellement transporté dans la Grèce antique ; on est tenté de dire aux passans, comme Philoctète à ses compatriotes retrouvés dans Lemnos : je veux vous entendre, et de s’écrier comme lui, ô langage bien aimé ! Mais, pour se livrer à ce transport, il faudrait, dira-t-on, que ce langage fût celui des anciens Hellènes, et non pas un dérivé imparfait que défigure une prononciation bizarre. A cela on peut répondre : Quant à la prononciation, il n’y a pas de raison pour que les descendans de Périclès adoptent le système qu’un savant Hollandais a imaginé au XVIe siècle. Du reste la question est délicate et ne saurait être traitée ici. Qu’il suffise d’affirmer que plusieurs règles de prononciation, adoptées par les Grecs modernes, remontent à la plus haute antiquité, et que l’on trouve déjà dans le second siècle de notre ère des exemples de l’iotacisme, c’est-à-dire de ê, ei, oi, prononcés i, bien que l’iotacisme ne paraisse avoir été définitivement et complètement constituée qu’au Xe ou XIe siècle.

Dans le langage populaire de certaines parties de la Grèce, on retrouve quelques vestiges des dialectes qui y furent parlé autrefois. En général, les anciens dialectes grecs ont péri par suite de la conquête, qui les a éteints avec la vie locale des pays subjugués. Cependant ils n’ont pas disparu entièrement ; on retrouve des traces assez nombreuses du dialecte œolien dans la Béotie et la Phocide, et dans un canton montagneux du Péloponèse, la Tzaconie, le dialecte dorien s’est merveilleusement conservé un certain nombre de mots grecs oubliés par le temps ont été remplacés dans l’usage par une autre expression : ainsi, trecho, courir, au lieu de dremo ; au lieu d’artos, pain, psomi. Eh bien ! il arrive que le vieux mot grec oublié se retrouve dans un coin de la Grèce, par exemple dremo dans les villages du Parnasse…

Jean-Jacques Ampère
La poésie grecques en Grèce
Seconde Partie
Revue des Deux Mondes, tome 7, 1844

***

Constantin Cavafy
Έλληνα ποιητή
Cavafy Poèmes