Archives par mot-clé : neige

L’AVENT – Poème de Rainer Maria Rilke – ADVENT

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Rainer Maria Rilke
Traduction Jacky Lavauzelle

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LITTERATURE ALLEMANDE
Deutsch Literatur

Gedichte – Poèmes

 

RAINER MARIA RILKE
1875-1926

 Rainer Maria Rilke Portrait de Paula Modersohn-Becker 1906
Portrait de Rainer Maria Rilke
1906
Par Paula Modersohn-Becker

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ADVENT
L’AVENT
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Maslenitsa, Boris Koustodiev, 1916

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Es treibt der Wind im Winterwalde
Le vent souffle dans la forêt d’hiver
die Flockenherde wie ein Hirt
Un blanc troupeau de flocons tel un berger
und manche Tanne ahnt, wie balde
et quelques sapins s’imaginent, combien
sie fromm und lichterheilig wird,
ils deviennent pieux, éclairés d’une sainte lumière,
und lauscht hinaus. Den weißen Wegen
et ils écoutent. Sur les blanches voies
streckt sie die Zweige hin, bereit
ils étendent leurs branches, prêts,
und wehrt dem Wind und wächst entgegen
repoussant le vent et s’étendant
der einen Nacht der Herrlichkeit.
vers cette nuit de Gloire.

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NEIGE – Poème d’Innokenti Annenski – 1910 – Иннокентий Анненский – Снег

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LITTÉRATURE RUSSE
POÉSIE RUSSE
Русская литература
Русская поэзия
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Innokenti Fiodorovitch Annenski
Innokentiy Fyodorovich Annensky

Innokenti Annenski
Иннокентий Анненский

Подражание И. Ф. Анненскому
Инноке́нтий Фёдорович А́нненский
1er septembre 1855 – 13 décembre 1909

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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
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NEIGE
Снег

Publié dans
«Кипарисовый ларец»
(1910)
Le Coffret de cyprès

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Alekseï Savrassov, La Débâcle du printemps, Алексей Саврасов, весенний распад, 1894

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Полюбил бы я зиму,
J’adorerais l’hiver
Да обуза тяжка…
Si son fardeau n’était si sévère …
От нее даже дыму
Même l’épaisse fumée
Не уйти в облака.
Dans les nuages ne peut entrer.

*

Эта резанность линий,
Des lignes si dessinées,
Этот грузный полет,
Ce vol épais
Этот нищенски синий
Ce bleu décharné
И заплаканный лед!
Et de la glace en larmes boursoufflée !

*

Но люблю ослабелый
Mais j’aime les faiblesses
От заоблачных нег —
Du bonheur céleste –
То сверкающе белый,
Soit blanc étincelant
То сиреневый снег…
Soit neige lilas …

*

И особенно талый,
Et surtout la voir fondante,
Когда, выси открыв,
Quand, s’ouvrant à son sommet,
Он ложится усталый
Elle se découvre alors fatiguée
На скользящий обрыв,
Sur une falaise glissante,

*

Точно стада в тумане
Comme des troupeaux dans la nuée,
Непорочные сны —
Des rêves immaculés –
На сомнительной грани
Au bord de l’effacement
Всесожженья весны.
Offerts aux brûlures du printemps.

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1910

LA POÉSIE DE VIATCHESLAV IVANOV – Поэзия Вячеслава Иванова

Sergueï Svetoslavski,  Сергей Иванович Светославский , Vue de la fenêtre de l’Académie des Beaux-Arts de Moscou, 1878

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LITTÉRATURE RUSSE
POÉSIE RUSSE
Русская литература
Русская поэзия
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VIATCHESLAV IVANOV
Вячеслав Иванович Иванов

16 février 1866 Moscou – 16 juillet 1949 Rome
16 февраля 1866 г. Москва – 16 июля 1949 г. Рим

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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
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Poésie de Viatcheslav Ivanov

Поэзия Вячеслава Иванова

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1890

L’ESPRIT RUSSE
Русский ум

Своеначальный, жадный ум, —
L’esprit russe puissant et avide,
Как пламень, русский ум опасен
Dangereux comme une flamme

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Ivan Aïvazovski, Иван Айвазовский, Chaîne du Caucase vue de la mer,Кавказская цепь с моря, 1894

1891

VAGABONDS ET STATUES
Странник и Статуи

« Дети Красоты невинной!
« Enfants à l’innocente beauté !
В снежной Скифии, у нас,
Dans la Scythie enneigée, avec nous,

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Scythian_comb.jpg.
Peigne gréco-scythe en or
Kourgane de Soloha
IVe siècle avant J.-C.
Musée de l’Ermitage

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Панацея
PANACÉE

Кто — скорбит по езуите,
Qui pleurent un Ésus ,
Кто — зовет в страну царей:
Qui appellent le pays des rois :

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Taranis avec roue et foudre
Musée d’Archéologie nationale
Saint-Germain en Laye

1901

Любовь
AMOUR

Мы — два грозой зажженные ствола,
Nous sommes deux troncs éclairés par l’orage,
Два пламени полуночного бора;
Au cœur de la forêt, deux flammes de minuit ;

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1902

L’ESPRIT
Дух

Над бездной ночи Дух, горя,
L’Esprit, au-dessus de l’abîme misérable de la nuit,
Миры водил Любви кормилом;
Sur les mondes laisse conduire l’Amour ;

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1906

LA PÊCHE
Улов

Обнищало листье златое.
Dorée se trouvait la feuille mendiante et appauvrie.
Просквозило в сенях осенних
A travers la canopée d’automne

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est La-Pêche-1024x750.jpg.
Arkhip Kouïndji, Архип Куинджи, Coucher de soleil rouge, Красный закат ou Красный закат на Днепре, 1908

1909

APOLLON
APOLLINI

Когда вспоит ваш корень гробовой
Quand ta racine s’est nourrie
Ключами слез Любовь, и мрак суровый,
De lourdes larmes d’Amour et de sombres ténèbres,

Apollon et Daphné, Piero Pollaiuolo, 1470, 1480, National Gallery, Londre
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Вячеслав Иванов с Лидией Зиновьевой-Аннибал. Фото из Римского архива Вяч. Иванова
Ivanov avec Lydia Zinovieva-Annibal
Photo de l’archive romaine Vyach. Ivanova
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VAGABONDS ET STATUES – 1891 – Poème de Viatcheslav Ivanov – Поэзия Вячеслава Иванова – Странник и Статуи

Peigne gréco-scythe en or
Kourgane de Soloha
IVe siècle avant J.-C.
Musée de l’Ermitage

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L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Symbole-Artgitato.jpg.

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LITTÉRATURE RUSSE
POÉSIE RUSSE
Русская литература
Русская поэзия
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Poésie de Viatcheslav Ivanov
Поэзия Вячеслава Иванова


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VIATCHESLAV IVANOV
Вячеслав Иванович Иванов

16 février 1866 Moscou – 16 juillet 1949 Rome
16 февраля 1866 г. Москва – 16 июля 1949 г. Рим

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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
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VAGABONDS ET STATUES
1891
Странник и Статуи

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Из цикла «Парижские Эпиграммы»
Dans la série « Épigrammes de Paris »

Ивану Михайловичу Гревсу
A Ivan Mikhailovich Grevs

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« Дети Красоты невинной!
« Enfants à l’innocente beauté !
В снежной Скифии, у нас,
Dans la Scythie enneigée, avec nous,
Только вьюги ночи длинной
Seuls les blizzards de la nuit
Долго, долго рушат вас.
Longtemps, longtemps vous épuisent.
Здесь на вас, — бегите Галлов! —
Ici sur vous – courez ô Gaulois ! –
В бунте новом опьянев,
Ivres dans une nouvelle émeute,
Чернь рушителей-вандалов
Les vaillants et mobiles Vandales
Изливает буйный гнев.»
Éliminent leur puissante et violente colère.« 
— «Славны, странник, эти раны:
«Glorieuses, vagabond, sont ces blessures :
На живых то гнев живых!
Sur le vivant s’abat la colère du vivant !
Ах! мы вечно бездыханны
Ah ! Mais nous, nous sommes pour toujours sans vie
В саркофагах снеговых!« 
Dans des sarcophages de neige ! »



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1891

Вячеслав Иванов с Лидией Зиновьевой-Аннибал. Фото из Римского архива Вяч. Иванова
Ivanov avec Lydia Zinovieva-Annibal
Photo de l’archive romaine Vyach. Ivanova
L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Symbole-Artgitato.jpg.

SOUVENIR DE LI YI SOUS LA NEIGE – poème de WANG WEI – 王維 – 雪中憶李楫

LITTERATURE CHINOISE
中国文学

WANG WEI
王維

(701-761)

 Traduction

Wang Wei artgitato



texte bilingue

 

雪中憶李楫

SOUVENIR DE LI YI (李楫)        SOUS LA NEIGE ()

Traduction Jacky Lavauzelle

積雪滿阡陌。
La neige (雪) a complétement effacé le sentier.

故人不可期。
Elle m’empêche de retrouver mon ami.

長安千門複萬戶。
Chang’an
(長安) ville aux mille portes et aux dix mille familles.

何處躞蹀黃金羈。
En marchant pied-à-terre peut-être verrons-nous son licol d’or ().

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DOWN BY THE SALLEY GARDENS Yeats Texte et Traduction – PAR LES JARDINS DE SAULES

ARTGITATO

William Butler Yeats
English literature English poetry
Littérature Anglaise – Poésie Anglaise
 

 

YEATS
1865-1939

[The Wanderings of Oisin and Other Poems-  1889]


DOWN BY THE SALLEY GARDENS
poem
Par les Jardins de Saules
poème

DOWN BY THE SALLEY GARDENS Yeats Traduction Artgitato & Texte anglais Par le jardin de saules

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Down by the salley gardens my love and I did meet;
Par les jardins de saules, mon amour et moi sommes rencontrés ;
She passed the salley gardens with little snow-white feet.
Elle passa les jardins de saules de ses petits pieds blancs comme neige.
She bid me take love easy, as the leaves grow on the tree;
Elle me demanda de prendre l’amour simplement, comme les feuilles qui poussent sur l’arbre ;
But I, being young and foolish, with her would not agree.
Mais moi, étant jeune et stupide, avec elle je n’étais pas d’accord.

In a field by the river my love and I did stand,
Dans un champ près de la rivière mon amour et moi nous posâmes,
And on my leaning shoulder she laid her snow-white hand.
Et sur mon épaule penchée elle posa sa main blanche comme neige.
She bid me take life easy, as the grass grows on the weirs;
Elle me demanda de prendre la vie simplement, comme l’herbe qui pousse sur les barrages;
But I was young and foolish, and now am full of tears.
Mais je suis jeune et stupide, et maintenant suis plein de larmes.

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Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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Down by the salley gardens Yeats

 

THE CHIMNEY SWEEPER William Blake Traduction et Texte anglais LE RAMONEUR

The Chimney Sweeper William Blake Le Ramoneur par Thomas Phillips Traduction Artgitato française

LITTERATURE ANGLAISE
Poésie anglaise – English poetry
Songs of Experience
The Chimney Sweeper William Blake

poèmes – poems

WILLIAM BLAKE
1757-1827

 

THE CHIMNEY SWEEPER

Le Ramoneur
[1794]

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A little black thing among the snow,
Une petite chose noire dans la neige,
Crying « ‘weep! ‘weep! » in notes of woe!
Pleure : «Ramoneur ! » Ramoneur! « dans des notes de malheur !
« Where are thy father and mother? Say! »–
« Où sont ton père et ta mère ? Dis ! »
« They are both gone up to the church to pray.
« Ils sont tous les deux montés à l’église pour prier.

« Because I was happy upon the heath,
« Parce que j’étais heureux sur la lande,
  And smiled among the winter’s snow,
 Et que je souriais dans la neige de l’hiver,
 They clothed me in the clothes of death,
Ils m’ont habillé avec les vêtements de la mort,
  And taught me to sing the notes of woe.
 Et m’ont appris à chanter ces notes de malheur.

« And because I am happy and dance and sing,
« Et parce que je suis heureux et que je danse et que je chante,
 They think they have done me no injury,
Ils pensent qu’ils ne m’ont fait aucun mal,
  And are gone to praise God and his priest and king,
 Et sont allés à la louange de Dieu et de son prêtre et de son roi,
 Who make up a heaven of our misery. »
Qui constituent un ciel de notre misère « .

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Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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1795 The Chimney Sweeper William Blake Le Ramoneur Songs of Experience Artgitato Traduction

LU XUN – SOUS LA VOÛTE GLACEE DE LA MORT

LU XUN
鲁迅
Lu Xun Sous la voûte glacée de la mort Artgitato Le Monde illustré 1858 Supplice du lingtchi

 

 

 

 

 

SOUS LA VOÛTE
GLACEE DE LA MORT
Lu Xun la mort

Lu Xun écrit pour le présent. La postérité, il n’y pense pas. Tout au plus  il l’aborde comme quelque chose de tellement  loin. Ce n’est pas son but. Einstein disait que « celui qui ne peut plus éprouver ni étonnement ni surprise est pour ainsi dire mort : ses yeux sont éteints. »

MON LANGAGE EST CELUI DES COLPORTEURS ET DES TIREURS DE POUSSE-POUSSE

Lu Xun a les yeux constamment ouverts. Ouverts sur son époque et ses contemporains. Il pose les problèmes et cherche à apporter des solutions. « J’ai longtemps hésité, ce qui prouve que je ne suis pas de ceux qui écrivent pour passer à la postérité. Le pinceau immortel ne travaille que pour un homme immortel, dit-on…Un écrivain célèbre peut se permettre bien des choses que je ne puis me permettre… Mais mon style est grossier, que mon langage est celui des colporteurs et des tireurs de pousse-pousse, je n’osais adopter un titre aussi ronflant. » (La véritable histoire de Ah Q, 阿Q正传, chapitre 1) Son langage marque, frappe. I

UNE FOIS ECRIT, C’EST TERMINE

Lu Xun a donc un regard critique sur son œuvre. Il sait que son style n’est pas des plus précieux et que ces formules ne sont pas des plus recherchées. Mais qu’importe ? Il veut être efficace avant tout. Il est écrivain par nécessité. Il n’en tire nulle gloire. Il écrit et ce qui est écrit tombe comme une chose morte. Mes œuvres, dit-il, dans Non pas du bavardage (1925), « sont donc tout juste des ‘avortements’, ou tout au plus, ‘un chat en fait de prince’. Car, je cesse d’écrire dès que c’est terminé ! Que m’importe de savoir comment les éditeurs piratent mes livres ou ce qu’en disent les lettrés, je ne m’en soucie pas…Cela signifie-t-il que je ne suis pas sérieux quand j’écris ? Certainement pas… Dès que j’ai fini d’écrire, je ne me préoccupe guère de ce que j’ai fait, je ne veux pas ‘prendre mon balai cassé pour un trésor’. Car, je l’ai déjà expliqué, une fois écrit, c’est terminé ! Que m’importe ? Qui tient à perdre son temps avec des choses mortes et enterrées ? »

Lu Xun

Une nuance toutefois sur certains écrits  comme Le cri ou La véritable histoire de Ah Q. Il y reviendra à plusieurs reprises, les expliquant, les commentant et y apportant des conseils pour des adaptations théâtrales.

C’ETAIT UNE NUIT MORNE ET NOIRE

Dans ces nouvelles, Lu Xun décrit ces nuits agitées et cauchemardesques. La fantasmagorie et la poésie illuminent alors le récit. Lu Xun sort de son analyse et de la critique de la société.  C’est souvent du peu, du morne que surgit la beauté et le charme. « C’était une nuit morne, noire…Et c’est dans cet état somnolent que j’entrevis un joli récit. Il était beau, charmant, captivant…Je me souviens encore du joli récit de cette nuit morne et noire… » (Un joli récit) Le voilà parti, se détachant enfin de la réalité, souvent tout aussi morne.

J’AI A ME COLLETER AVEC LA NUIT NOIRE

Mais là, l’homme, le créateur reste dans sa solitude. Entre espoir, désespoir. « Mon cœur est singulièrement seul. Et cependant, il est en paix, sans amour ni haine, sans joie ni tristesse, sans couleur et sans bruit…Seul dans le vide, j’ai à me colleter avec la nuit noire…Le désespoir n’est que vanité, comme l’espoir. » (Espoir)

TOUT ETAIT D’UN FROID DE GLACE, TOUT ETAIT BLAFARD

L’écrivain reste cet homme qui court le long des montagnes de glace. Qui court et qui tombe. La chute est là. « Je rêvais que je courais le long des montagnes de glace. Elle était immense…Et tout était d’un froid de glace, tout était blafard. Soudain, je tombai dans la vallée des glaces. En haut, en bas, autour de moi, tout était d’un froid glacial, tout était blafard. Cependant, par-dessus la glace livide gisaient d’innombrables ombres rouges, entrelacées comme un filet de corail. Je regardai à mes pieds, il y avait un feu. C’était un feu mort. » (Le feu mort)

LES PAUVRES DAMNES ONT PERDU LEUR BEL ENFER

Parfois la mort et la porte de l’enfer. Tout à côté. Quelqu’un est là. A côté. C’est le diable qui nous regarde. « Je rêvais que j’étais allongé sur mon lit dans la solitude, du côté de l’enfer… Un homme se tenait devant moi, grand, beau, l’air bienveillant, et de la lumière rayonnait de tout son être ; mais je savais que c’était le démon. – C’est la fin! La fin de tout ! Les pauvres damnés ont perdu leur bel enfer. » (Le bel enfer perdu)

POUSSIERE, POUSSIERE…DE LA POUSSIERE

L’être est seul, entouré d’autres solitudes. Et l’être se désagrège. Pour finir à la poussière et revenir à la nature. Ce qui se lève ne tardera pas à retomber. « Je longe un haut mur croulant et chemine dans la fine poussière. D’autres vont seuls. La brise se lève et, tout en haut du mur, les branches des grands arbres aux feuilles encore souples remuent au-dessus de ma tête. La bise se lève, la poussière est partout…Le vent se lève, la poussière est partout. D’autres personnes vont seules. Poussière, poussière……….De la poussière… » (Les mendiants)

C’est la mort qui est au bout. « Dans cette plaine sans fin, sous la céleste voûte glacée, cette apparition étincelante et spiralée est comme le spectre de la pluie…Oui, cette neige solitaire est de la pluie morte, le spectre de la pluie… » (Neige)

*******LuXun1930