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POEMES ET AUTRES TEXTES SUR LES CHATS

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TEXTES SUR LES CHATS

POEMES SUR LES CHATS

Textes sur les chats Photo Jacky Lavauzelle









            




POEMES ET AUTRES TEXTES
SUR LES CHATS

 

Photos Jacky Lavauzelle

 

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UN INSTINCT PERSISTANT
IMPOSSIBLE A TUER

la volonté et la résolution arrêtée d’être libre

Tout animal est supérieur à l’homme par ce qu’il y a en lui de divin, c’est-à-dire par l’instinct. Or, de tous les animaux, le Chat est celui chez lequel l’instinct est le plus persistant, le plus impossible à tuer. Sauvage ou domestique, il reste lui-même, obstinément, avec une sérénité absolue, et aussi rien ne peut lui faire perdre sa beauté et sa grâce suprême. Il n’y a pas de condition si humble et si vile qui arrive à le dégrader, parce qu’il n’y consent pas, et qu’il garde toujours la seule liberté qui puisse être accordée aux créatures, c’est-à-dire la volonté et la résolution arrêtée d’être libre. Il l’est en effet, parce qu’il ne se donne que dans la mesure où il le veut, accordant ou refusant à son gré son affection et ses caresses, et c’est pourquoi il reste beau, c’est-à-dire semblable à son type éternel. Prenez deux Chats, l’un vivant dans quelque logis de grande dame ou de poète, sur les moelleux tapis, sur les divans de soie et les coussins armoriés, l’autre étendu sur le carreau rougi, dans un logis de vieille fille pauvre, ou pelotonné dans une loge de portière, eh bien ! tous deux auront au même degré la noblesse, le respect de soi-même, l’élégance à laquelle le Chat ne peut renoncer sans mourir.

Théodore de Banville
Le Chat
1882

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Photo Jacky Lavauzelle

LES FLEURS DU MAL
LE CHAT

Viens, mon beau chat, sur mon cœur amoureux ;
Retiens les griffes de ta patte,
Et laisse-moi plonger dans tes beaux yeux
Mêlés de métal et d’agate.

Lorsque mes doigts caressent à loisir
Ta tête et ton dos élastique,
Et que ma main s’enivre du plaisir
De palper ton corps électrique,

Je vois ma femme en esprit ; son regard,
Comme le tien, aimable bête,
Profond et froid, coupe et fend comme un dard,

Et des pieds jusques à la tête,
Un air subtil, un dangereux parfum
Nagent autour de son corps brun.

Charles Baudelaire
SPLEEN ET IDÉAL
Les Fleurs du mal -1857
Poulet-Malassis et de Broise, 1857

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LE CHAT

Je souhaite dans ma maison :
Une femme ayant sa raison,
Un chat passant parmi les livres,
Des amis en toute saison
Sans lesquels je ne peux pas vivre.

Guillaume Apollinaire
Le Bestiaire, ou Cortège d’Orphée
1911
Notes d’Apollinaire

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LE MAISTRE CHAT
ou
Le Chat botté

Un meusnier ne laissa pour tous biens, à trois enfans qu’il avoit, que son moulin, son asne et son chat. Les partages furent bien-tôt faits ; ny le notaire ny le procureur n’y furent point appellés. Ils auroient eu bien-tost mangé tout le pauvre patrimoine. L’aisné eut le moulin, le second eut l’asne, et le plus jeune n’eut que le chat.
Ce dernier ne pouvoit se consoler d’avoir un si pauvre lot :

« Ne vous affligés point, mon maistre ; vous n’avez qu’à me donner un sac et me faire faire une paire de bottes pour aller dans les broussailles, et vous verez que vous n’êtes pas si mal partagé que vous croyez. »
Quoique le maistre du Chat ne fist pas grand fond là-dessus, il lui avoit veu faire tant de tours de souplesse pour prendre des rats et des souris, comme quand il se pendoit par les pieds ou qu’il se cachoit dans la farine pour faire le mort, qu’il ne desespéra pas d’en estre secouru dans sa misere.
Lorsque le Chat eut ce qu’il avoit demandé, il se botta bravement, et, mettant son sac à son cou, il en prit les cordons avec ses deux pattes de devant, et s’en alla dans une garenne où il y avoit grand nombre de lapins. Il mit du son et des lasserons dans son sac, et, s’estendant comme s’il eut esté mort, il attendit que quelque jeune lapin, peu instruit encore des ruses de ce monde, vint se fourrer dans son sac pour manger ce qu’il y avoit mis.

Le marquis, faisant de grandes réverences, accepta l’honneur que luy faisoit le roy, et, dés le même jour, il épousa la princesse. Le Chat devint grand seigneur, et ne courut plus aprés les souris que pour se divertir.
Charles Perrault
Histoires ou Contes du temps passé
Édition de 1697

« Au secours, au secours, voilà Monsieur le marquis de Carabas qui se noie. » Illustration de Gustave Doré – 1867

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LE CHAT

Le mien ne mange pas les souris, il n’aime pas ça. Il n’en attrape une que pour jouer avec.
Quand il a bien joué, il lui fait grâce de la vie, et il va rêver ailleurs, l’innocent, assis dans la boucle de sa queue.
Mais, à cause des griffes, la souris est morte.

Jules Renard
Le Vigneron dans sa vigne
Mercure de France, 1914

Photo Jacky Lavauzelle

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LE CHAT DE NEPTUNE

Sans s’inquiéter davantage des oiseaux épars, avec leurs entrailles de coton pendantes sur le plancher du théâtre de ses ébats, monsieur Tom se glissa dans le couloir obscur qui mène du cabinet des officiers à la chambre du conseil de l’arrière….
Il allait à pas prudents, l’oreille au guet, tressaillant au moindre bruit et partagé entre deux désirs, le désir d’aller surveiller des souris lointaines, dont il entendait les dents fines ronger de vieux morceaux de biscuit de mer dans des entreponts ténébreux, et le désir d’aller voir un peu la cause d’un bruit singulier qui lui arrivait par la porte ouverte de la chambre du conseil et l’intriguait fort…

Ernest d’Hervilly
Le Chat du Neptune
CHAPITRE IV
Voyage de découvertes
1886

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LE CHAT

À Léon Cladel
Je comprends que le chat ait frappé Baudelaire
Par son être magique où s’incarne le sphinx ;
Par le charme câlin de la lueur si claire
Qui s’échappe à longs jets de ses deux yeux de lynx,
Je comprends que le chat ait frappé Baudelaire.Femme, serpent, colombe et singe par la grâce,
Il ondule, se cambre et regimbe aux doigts lourds ;
Et lorsque sa fourrure abrite une chair grasse,
C’est la beauté plastique en robe de velours :
Femme, serpent, colombe et singe par la grâce,Vivant dans la pénombre et le silence austère
Où ronfle son ennui comme un poêle enchanté,
Sa compagnie apporte à l’homme solitaire
Le baume consolant de la mysticité
Vivant dans la pénombre et le silence austère.

Tour à tour triste et gai, somnolent et folâtre,
C’est bien l’âme du gîte où je me tiens sous clé ;
De la table à l’armoire et du fauteuil à l’âtre,
Il vague, sans salir l’objet qu’il a frôlé,
Tour à tour triste et gai, somnolent et folâtre.

Maurice Rollinat
LES LUXURES
Les Névroses
Fasquelle, 1917

Photo Jacky Lavauzelle

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LES CHATS

Le jeune philosophe et la vieille portière
Aiment le chat câlin, pudibond et méchant
Qui vers le pot au lait, tout en se pourléchant,
Descend à pas comptés le long de sa gouttière.

Les plus doux oreillers lui servent de litière,
Fourré, poltron, gourmand grassouillet, pleurnichant,
L’animal paresseux fait gros dos en marchant
Et patte de velours pendant sa vie entière.

La robuste fermière et le rude fermier
Aiment aussi leurs chats, troupeau maigre et farouche
Qui court le long des murs, des souris dans la bouche,

Ils aiment leur matou qui descend du grenier
Pour étrangler les rats qui grouillent dans la grange
Et qui, si ses petits sont trop nombreux, les mange.

Gustave Le Vavasseur
Études d’après nature
CARACTÈRES ET PORTRAITS RUSTIQUES
LES ANIMAUX
Les Chats

Photo Jacky Lavauzelle

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LES SOUVENIRS

Il siège au coin du feu, les paupières mi-closes,
Aspirant la chaleur du brasier qui s’éteint ;
La bouilloire bouillonne avec des bruits d’étain ;
Le bois flambe, noircit, s’effile en charbons roses.

Le royal exilé prend de sublimes poses ;
Il allonge son nez sur ses pieds de satin ;
Il s’endort, il échappe au stupide destin,
A l’irrémédiable écroulement des choses.

Les siècles en son cœur ont épaissi leur nuit,
Mais au fond de son cœur, inextinguible, luit
Comme un flambeau sacré, son rêve héréditaire.

Un soir d’or, le déclin empourpré du soleil,
Des fûts noirs de palmiers sur l’horizon vermeil,
Un grand fleuve qui roule entre deux murs de terre.

Hippolyte Taine

photo Jacky Lavauzelle

A une chatte

 Chatte blanche, chatte sans tache,
Je te demande, dans ses vers,
Quel secret dort dans tes yeux verts,
Quel sarcasme sous ta moustache.

Tu nous lorgnes, pensant tout bas
Que nos fronts pâles, que  nos lèvres,
Déteintes en de folles fièvres,
Que nos yeux creux ne valent pas.

Ton museau que ton nez termine,
Rose comme un bouton de sein,
Tes oreilles dont le dessin
Couronne fièrement ta mine.

Pourquoi cette sérénité ?
Aurais-tu la clé des problèmes
Qui nous font, frissonnants et blêmes,
Passer le printemps et l’été ?

Devant la mort qui nous menace,
Chats et gens, ton flair, plus subtil
Que notre savoir, te dit-il
Où va la beauté qui s’efface.

Où va la pensée, où s’en vont
Les défuntes splendeurs charnelles ?
Chatte, détourne tes prunelles ;
J’y trouve trop de noir au fond.

Charles Cros

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LA CHASSE DU CHAT

La feuille se cabre et trésaille
Dans un silence de grâce
Les courbes se tendent
La courbure de la voûte s’affaisse
Une flèche, une pyramide
Les nervures des voûtes égyptiennes se diffusent
Deux cercles ravageurs
Dans la nuit
Deux phares hypnotiques
Sur ses robustes piliers
les grandes arcades s’ouvrent
Se déplient et se déploient
Dans un serpentin infini
La feuille d’eau
Lâche son ultime goutte
Sans toucher
Jamais
Le félin
Qui dans le vent s’est perdu.

Jacky Lavauzelle

photo Jacky Lavauzelle

Os Gatos e os Cães
Les Chats et les Chiens

Entretanto, o gato, o bravo vigilante das horas mortas, sentinela perdida da meia-noite, passeando à luz misteriosa do luar com os olhos faiscantes como baionetas, para tranqüilidade dos armários e para desgraça dos roedores caseiros; entretanto, o digno gato, o honrado gato, deixam-no de lado, no esquecimento silencioso das suas passeatas noturnas; caluniam-no, excomungam-no e o desamparam, quando muito, aos esqueléticos carinhos de alguma velha bruxa semifantástica, amiga dos morcegos, dos mochos e das caveiras de burro fatídicas.
Cependant, le chat, le gardien courageux des heures mortes, la sentinelle perdue de minuit, se promène au clair de lune mystérieux avec ses yeux pétillants comme des baïonnettes pour la tranquillité de nos armoires et pour l’enfer des rongeurs de la maison ; cependant, le digne chat, le chat honoré, les laisse de côté, dans l’oubli silencieux de ses déambulations nocturnes  …

Pobre gato!
Pauvre chat !

Os Gatos e os Cães
Raul Pompeia
(1863-1895)

Arreda que lá vai um vate!

Os gatos mostrarei fugindo aos ratos,
Vistosos fructos em arbusto pêco;
Jumentos a voar, touros cantando,
E grandes tubarões nadando em secco!

Luís da Gama
(1830-1882)

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LE CHAT DE MISERE

L’autre jour, dans un salon qui ouvre de plein pied sur un jardin, on trouva, roulé en boule, un chat, mais quel chat ! Un être efflanqué, galeux, si las de la vie qu’il semblait indifférent à tout, sauf à sa sensation du moment, qui était, fait inespéré, d’avoir réussi à avoir chaud par un jour de pluie. Il avait faim aussi, mais n’étant pas de ces chats qui n’ont qu’à se frotter à leur maîtresse pour obtenir des choses qui se lapent ou des choses qui se mangent, il n’y songeait pas. Son étonnement fut visiblement très grand quand il se vit entouré d’un groupe d’humains qui lui offraient du lait et des gâteaux. Il n’avait pas peur, il était surpris comme nous le serions sur une route déserte, si, ayant soif et faim, une table servie surgissait à nos pieds. Les gens ne l’effrayaient pas parce qu’il n’en avait sans doute encore reçu aucun mal, mais ne l’attiraient pas, parce qu’il n’en avait reçu aucun bien. Les bêtes m’inspirent presque plus de pitié que les hommes, parce qu’elles sont encore plus effarées devant le malheur. Elles n’ont pas la ressource de maudire leurs frères et la société, ce qui est tout de même une distraction. Quelles réflexions un homme n’aurait-il pas faites, réduit à la condition errante et affamée de ce chat de misère ! Je vois cependant un point où la condition du chat était meilleure. Si cela avait été un humain qui se fût glissé dans le salon et se fût affalé sur un fauteuil, il est probable qu’on ne lui eût offert ni lait ni gâteaux et qu’on ne se fût pas penché sur lui pour admirer l’éclat de ses yeux
Remy de Gourmont
Le Chat de misère
1912

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TEXTES SUR LES CHATS

Textes sur les chats Photo Jacky Lavauzelle

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POEMAS João da Cruz e Sousa – Poésie de Cruz e Sousa

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Traduction Jacky Lavauzelle João da Cruz e Sousa

João da Cruz e Sousa Traduction Jacky Lavauzelle Literatura Brasileira




Traduction du Brésilien Jacky Lavauzelle
João da Cruz e Sousa


João da Cruz e Sousa
poète brésilien

Dante Negro – Cisne Negro




 Obra Poética 





 

João da Cruz e Sousa
POEMAS
POEMES

 

Traduction Jacky Lavauzelle

 

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HUMILIDADE SECRETA
HUMILITE SECRETE
1900

Fico parado, em êxtase suspenso,
Je reste immobile, en suspens extatique,
  Às vezes, quando vou considerando
Parfois, quand je considère

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DIVINA
DIVINE
1900

Eu não busco saber o inevitável
Je ne cherche pas à connaître l’inévitable
Das espirais da tua vi matéria.
Des spirales de ta vie matérielle.

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Visão
VISION
1900

Noiva de Satanás, Arte maldita,
Epouse de Satan, Art maudit,
Mago Fruto letal e proibido,
 Fruit mortel magique et interdit,

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O SONETO
LE SONNET
1905

Nas formas voluptuosas o Soneto
Des formes voluptueuses, le Sonnet
Tem fascinante, cálida fragrância
A cette douce et fascinante fragrance

Traduction Jacky Lavauzelle

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DE ALMA EM ALMA
D’ÂME EN ÂME
1905

Tu andas de alma em alma errando, errando,
Errant, tu marches d’âme en âme, errant,
Como de santuario em santuario.
Comme de sanctuaire en sanctuaire.

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Dilacerações
Déchirements

Ó carnes que eu amei sangrentamente,
Ô chairs que j’aimais ensanglantées,
  ó volúpias letais e dolorosas,
O voluptés mortelles et douloureuses,

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Siderações
Sidérations
1893

Para as Estrelas de cristais gelados
Pour les étoiles de cristaux glacés
  As ânsias e os desejos vão subindo,
Les envies et les désirs croissent,

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OCASO NO MAR
COUCHER DE SOLEIL EN MER
1893

Num fulgor d’ouro velho o sol tranqüilamente desce para o ocaso, no limite extremo do mar, d’águas calmas, serenas, dum espesso verde pesado, glauco, num tom de bronze.
Dans une lueur de vieil or, le soleil descend tranquillement pour un coucher à la limite extrême de la mer, sur des eaux calmes, sereines, d’un épais et pesant vert, glauque, d’un ton de bronze.

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O simbolismo no Brasil

« No Brasil, a lírica simbolista sente diretamente as influências da França, sem passar pela experiência portuguesa, como aconteceu nas escolas literárias anteriores. Em 1891, um grupo de poetas do Rio de Janeiro, reunido em torno da Folha Popular, introduz a nova moda poética. Entre eles se destaca a figura de João da Cruz e Sousa (1861–1897). Podemos distinguir duas fases no seu itinerário poético: com a publicação de Missal e Broquéis (1893), Cruz e Sousa imita o gosto baudelairiano pelo erotismo e o satanismo; mais tarde, na fase da maturidade, ele repudia a atitude decadente, estranha à realidade brasileira, enveredando pelo filão do lirismo metafísico, místico, religioso. Simbolista mais fecundo é o mineiro Alphonsus de Guimaraens (1870–1921). Ele soube conciliar o anseio de transcendência, característica essencial do Simbolismo, com a sua fé católica, sublimizando o esoterismo no cristianismo. Usando com uma certa parcimônia as inovações técnicas da estética simbolista — rimas internas, aliterações, assonâncias, extrema preocupação com o ritmo do verso, léxico requintado, frouxidão sintática, metáfora sinestética —, Guimaraens constrói uma poesia altamente melódica. Antológico é o seu poema Ismália, onde a « Lua », a « torre », a « loucura » são símbolos da alma humana, dividida entre o mundo da realidade, da sombra, e o mundo do sonho, da verdade transcendental. »

Dicionário de Cultura Básica por Salvatore D’ Onofrio
Simbolismo
Symbolisme

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Cruz e Sousa & Alphonsus Guimaraens
LA LITTERATURE SYMBOLISTE AU BRESIL

Au Brésil, les symbolistes tirent directement leurs influences de la France, sans passer par une expérience portugaise, comme cela est arrivé dans les écoles littéraires précédentes. En 1891, un groupe de poètes de Rio de Janeiro, se réunissent autour de la Folha Popular, la « Feuille Populaire », qui représente cette nouvelle mode poétique. Parmi eux se trouve la figure de João da Cruz e Sousa (1861-1897). On peut distinguer deux phases dans son parcours poétique : avec la publication du Missal et Broquéis (1893), Cruz e Sousa imite le goût baudelairien pour l’érotisme et le satanisme ; plus tard, dans sa maturité, il répudiera cette attitude décadente, étrangère à la réalité brésilienne en se lançant dans un lyrisme métaphysique, mystique, religieux.
Un symbolisme plus fécond se retrouve chez Alphonsus Guimaraens (1870-1921). Il savait concilier la transcendance du désir, caractéristique essentielle du symbolisme, avec sa foi catholique, en sublimant l’ésotérisme dans le christianisme. Il utilisa certaines innovations techniques de l’esthétique symboliste : rime interne, allitération, assonance, extrême préoccupation au rythme des vers, lexique raffiné, le laxisme syntaxique, métaphore synesthésique – Guimaraens construit une poésie très mélodique. Anthologique est son poème Ismaïlia, où la « Lua« , la « torre« , la « loucura » (« Lune », la « tour », la « folie ») sont des symboles de l’âme humaine, séparant monde de la réalité, obscur, et le monde du rêve, de la vérité transcendantale.
Dictionnaire de la culture de base par Salvatore D ‘Onofrio
Symbolisme

Trad. (JL) du texte de Salvatore D’ Onofrio

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POEMAS  João da Cruz e Sousa
Poésie de Cruz e Sousa

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Traduction Jacky Lavauzelle João da Cruz e Sousa

João da Cruz e Sousa Traduction Jacky Lavauzelle Literatura Brasileira

La Poésie de Federico García Lorca – Los Poemas de Federico García Lorca

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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

Federico García Lorca

1898 – 1936



Poèmes de Federico García Lorca
Poesía
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 LA COGIDA Y LA MUERTE
LE COUP DE CORNE ET LA MORT

A las cinco de la tarde.
Cinq heures de l’après-midi.
Eran las cinco en punto de la tarde.
Il était cinq heures cet après-midi.

Tolède les arenes Las Arenas de Toledo Artgitato 4**

ODA A SALVADOR DALI
ODE A SALVADOR DALI

Una rosa en el alto jardín que tú deseas.
Une rose dans le haut jardin que tu désires.
 Una rueda en la pura sintaxis del acero.
Une roue dans la pure syntaxe de l’acier.

Statue de Federico García Lorca Estatua Federico García Lorca Plaza Santa Ana Madrid Artgitato 3**

Sonetos del amor oscuro
Sonnets de l’amour obscur

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Ay Voz secreta del Amor oscuro
La Voix secrète de l’Amour obscur

¡Ay voz secreta del amor oscuro!
Ô voix secrète de l’amour obscur !
 ¡ay balido sin lanas! ¡ay herida!
Ô bêlement sans laine ! ô blessure !

*

El Amor duerme en el pecho del Poeta
L’Amour sommeille sur la poitrine du Poète

Tú nunca entenderás lo que te quiero
Tu ne sauras jamais comme je t’aime,
 porque duermes en mí y estás dormido.
Car tu es endormi et en moi tu sommeilles.

*

El Poeta dice la Verdad
Le Poète dit la Vérité

Quiero llorar mi pena y te lo digo
Je veux pleurer ma douleur et te le dire
para que tú me quieras y me llores
Afin que tu m’aimes, afin que tu pleures

*

El Poeta habla por teléphono con el Amor
Le Poète par avec l’Amour au téléphone

Tu voz regó la duna de mi pecho
Ta voix irrigue la dune de ma poitrine
en la dulce cabina de madera.
Dans la douce cabane en bois.

*

El Poeta pide a su amor que le escriba
Le poète demande à son amour de lui écrire

Amor de mis entrañas, viva muerte,
Amour de mes entrailles, vive mort,
en vano espero tu palabra escrita
J’espère un mot de toi en vain

*

El Poeta pregunta a su Amor por la ciudad encantada de Cuenca
La ville enchantée de Cuenca

¿Te gustó la ciudad que gota a gota
As-tu aimé la ville que, goutte à goutte,
labró el agua en el centro de los pinos?
Traverse l’eau au centre des pins ?

*

Llagas de Amor
Plaies d’amour

Esta luz, este fuego que devora.
Cette lumière, ce feu qui dévore.
Este paisaje gris que me rodea.
Ce paysage gris tout autour de moi.

*

Noche del amor insomne
Nuit de l’amour insomniaque

Noche arriba los dos con luna llena,
Nuit de pleine lune au-dessus de nous deux,
yo me puse a llorar y tú reías.
Je commençais à pleurer et toi, tu riais.

*

Soneto de la Dulca Queja
Sonnet de la Douce Plainte

Tengo miedo a perder la maravilla
J’ai peur de perdre l’émerveillement
de tus ojos de estatua y el acento
De tes yeux de statue et l’accent

*

Soneto de la Guirnalda de Rosas
Sonnet de la Guirlande de Roses

¡Esa guirnalda! ¡pronto! ¡que me muero!
Cette guirlande ! vite ! que je meurs !
¡Teje deprisa! ¡canta! ¡gime! ¡canta!
Fais-la vite ! chante ! gémis ! chante !

*

Soneto Gongorino en que el Poeta manda a su Amor una Paloma
Sonnet dans le style de Gongora
dans lequel le Poète envoie une Colombe à son Aimée

Este pichón del Turia que te mando,
Ce pigeon de Turia que je t’envoie,
de dulces ojos y de blanca pluma,
Aux yeux doux et aux plumes blanches,

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SUITES

Suite de los espejos
Suite des miroirs

SÍMBOLO
Symbole

EL GRAN ESPEJO
Le Grand Miroir

REFLEJO
Reflet

RAYOS
Rayons

RÉPLICA
Réplique

TIERRA
Terre

CAPRICHO
Caprice

SINTO
Shinto

LOS OJOS
Les Yeux

INITIUM

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Sur Federico García Lorca

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Madrid L'Ours & L'arbousier Artgitato La estatua del oso y del madroñoMADRID

Statue Estatua de Federico García Lorca Santa Ana
费德里科·加西亚·洛尔卡的雕像
Статуя Федерико Гарсиа Лорки –

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LA TROMPETTE D’UNE PROPHETIE – POEME SHELLEY – The trumpet of a prophecy – ODE AU VENT D’OUEST V

 LITTERATURE ANGLAISE

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PERCY BYSSHE SHELLEY
4 August 1792 – 8 July 1822
4 août 1792 – 8 jullet 1822

Traduction – Translation

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

French and English text
texte bilingue français-anglais

 


LES POEMES
DE PERCY BYSSHE SHELLEY
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Shelley’s poems
POEMS
POEMES

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*

ODE TO THE WEST WIND
ODE AU VENT D’OUEST

V
The trumpet of a prophecy

LA TROMPETTE D’UNE PROPHETIE

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Make me thy lyre, even as the forest is:
Que je sois ta lyre à l’instar de la forêt
What if my leaves are falling like its own!
Même si mes feuilles doivent tomber comme les siennes !
 The tumult of thy mighty harmonies
Le tumulte de tes profondes harmonies

*

Will take from both a deep, autumnal tone,
De nous deux donnera un son profond, automnal,
Sweet though in sadness. Be thou, Spirit fierce,
Suave bien que triste. Sois, Esprit tumultueux,
My spirit! Be thou me, impetuous one!
Mon esprit ! Sois moi, ô impétueux !

*

*

Drive my dead thoughts over the universe
Dirige mes pensées mortes dans l’univers
Like wither’d leaves to quicken a new birth!
Telles ces feuilles mortes pour une renaissance !
And, by the incantation of this verse,
Et, par l’incantation de ce poème,

*

Scatter, as from an unextinguish’d hearth
Disperse, comme d’un foyer inextinguible
Ashes and sparks, my words among mankind!
Les cendres et les étincelles, mes paroles à l’humanité !
Be through my lips to unawaken’d earth
Sois à travers mes lèvres à la terre endormie

*

The trumpet of a prophecy! O Wind,
La trompette d’une prophétie ! Ô Vent,
If Winter comes, can Spring be far behind?
Si l’Hiver arrive, le Printemps peut-il être loin derrière ?

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ODE TO THE WEST WIND
ODE AU VENT D’OUEST
POESIE DE SHELLEY

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SHELLEY INCOMPRIS

Les deux proscrits étaient morts. Il semblait que la poésie, alors incomprise, de Shelley devait laisser aussi peu de trace dans le souvenir de ses contemporains que son frêle corps dans les flots de la Méditerranée. Il semblait au contraire que la renommée de Byron, délivrée des calomnies qu’elle avait soulevées autour d’elle et purifiée par une mort héroïque, allait rentrer triomphante en Angleterre, portée par l’admiration de toute l’Europe. Il n’en fut pas ainsi. Tandis que la voix éloquente de M. Tricoupi, célébrait la louange du poète dans cette langue sonore qui avait retenti, plus de vingt siècles auparavant, aux mêmes lieux, pour les soldats de Marathon, le nom du poète resta exilé de l’Angleterre. À peine au contraire la cendre de Shelley était-elle refroidie, qu’une nouvelle école littéraire saluait en lui son chef, et élevait sa renommée au- dessus de celle de Byron. Il ne faut point s’en étonner : il est plus facile de revenir de l’obscurité que de l’impopularité. Autant et plus que Byron, Shelley avait jeté le gant à la société anglaise ; mais il n’avait pas été discuté : il n’avait eu ni admirateurs ni détracteurs, il avait été simplement incompris et rejeté. Byron au contraire avait eu ses partisans et ses adversaires ; la voix publique était fatiguée de crier son nom. L’admiration ou le mépris de sa poésie n’avait pas la saveur de la nouveauté. Son nom appartenait à l’histoire, il ne pouvait être le drapeau d’une coterie ; il était de ceux qu’on pouvait copier désormais sans avouer ses emprunts.

Edmond de Guerle
Byron, Shelley et la Littérature anglaise, d’après les Souvenirs des derniers Jours, de E.-J. Trelawny
Revue des Deux Mondes
Deuxième période
Tome 19
1859

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POEME DE PERCY BYSSHE SHELLEY

 

 

LES EPINES DE LA VIE – POEME DE SHELLEY – ODE AU VENT D’OUEST – IV -If I were a dead leaf

LITTERATURE ANGLAISE

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PERCY BYSSHE SHELLEY
4 August 1792 – 8 July 1822
4 août 1792 – 8 jullet 1822

Traduction – Translation

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

French and English text
texte bilingue français-anglais

 


LES POEMES
DE PERCY BYSSHE SHELLEY
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Shelley’s poems
POEMS
POEMES

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ODE TO THE WEST WIND
ODE AU VENT D’OUEST

IV
If I were a dead leaf

LES EPINES DE LA VIE

 

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If I were a dead leaf thou mightest bear;
Si j’étais une feuille morte que tu puisses transporter ;
If I were a swift cloud to fly with thee;
Si j’étais un véloce nuage et que je vole à tes côtés ;
A wave to pant beneath thy power, and share
Une vague palpitant sous ton pouvoir et partageant

*

The impulse of thy strength, only less free
L’impulsion de ta force, seulement moins libre
Than thou, O uncontrollable! If even
Que toi, O incoercible ! Si même
I were as in my boyhood, and could be
J’étais comme dans mon enfance et si je pouvais être

*

*

The comrade of thy wanderings over Heaven,
Le camarade de tes errances dans le Ciel,
As then, when to outstrip thy skiey speed
Quand surpasser ta célérité
Scarce seem’d a vision; I would ne’er have striven
Semblait à peine un songe, je n’aurais jamais tenté

*

As thus with thee in prayer in my sore need.
De m’immiscer avec toi dans ma douloureuse prière.
Oh, lift me as a wave, a leaf, a cloud!
O souleve-moi comme une vague, une feuille, un nuage !
Je saigne!I fall upon the thorns of life! I bleed!
Je tombe sur les épines de la vie ! Je saigne !

*

 A heavy weight of hours has chain’d and bow’d
La lourde fardeau des heures a enchaîné et ployé
One too like thee: tameless, and swift, and proud.
Un être qui te ressemble : libre, rapide et fier.

*

**************************

ODE TO THE WEST WIND
ODE AU VENT D’OUEST
POESIE DE SHELLEY

************************************

SHELLEY INCOMPRIS

Les deux proscrits étaient morts. Il semblait que la poésie, alors incomprise, de Shelley devait laisser aussi peu de trace dans le souvenir de ses contemporains que son frêle corps dans les flots de la Méditerranée. Il semblait au contraire que la renommée de Byron, délivrée des calomnies qu’elle avait soulevées autour d’elle et purifiée par une mort héroïque, allait rentrer triomphante en Angleterre, portée par l’admiration de toute l’Europe. Il n’en fut pas ainsi. Tandis que la voix éloquente de M. Tricoupi, célébrait la louange du poète dans cette langue sonore qui avait retenti, plus de vingt siècles auparavant, aux mêmes lieux, pour les soldats de Marathon, le nom du poète resta exilé de l’Angleterre. À peine au contraire la cendre de Shelley était-elle refroidie, qu’une nouvelle école littéraire saluait en lui son chef, et élevait sa renommée au- dessus de celle de Byron. Il ne faut point s’en étonner : il est plus facile de revenir de l’obscurité que de l’impopularité. Autant et plus que Byron, Shelley avait jeté le gant à la société anglaise ; mais il n’avait pas été discuté : il n’avait eu ni admirateurs ni détracteurs, il avait été simplement incompris et rejeté. Byron au contraire avait eu ses partisans et ses adversaires ; la voix publique était fatiguée de crier son nom. L’admiration ou le mépris de sa poésie n’avait pas la saveur de la nouveauté. Son nom appartenait à l’histoire, il ne pouvait être le drapeau d’une coterie ; il était de ceux qu’on pouvait copier désormais sans avouer ses emprunts.

Edmond de Guerle
Byron, Shelley et la Littérature anglaise, d’après les Souvenirs des derniers Jours, de E.-J. Trelawny
Revue des Deux Mondes
Deuxième période
Tome 19
1859

*************************************
POEME DE PERCY BYSSHE SHELLEY

PERCY BYSSHE SHELLEY – ODE AU VENT D’OUEST – III – ODE TO THE WEST WIND

LITTERATURE ANGLAISE

*******

 

PERCY BYSSHE SHELLEY
4 August 1792 – 8 July 1822
4 août 1792 – 8 jullet 1822

Traduction – Translation

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

French and English text
texte bilingue français-anglais

 


LES POEMES
DE PERCY BYSSHE SHELLEY
*******

Shelley’s poems
POEMS
POEMES

*******
*

ODE TO THE WEST WIND
ODE AU VENT D’OUEST

III
Thou  who didst waken from his summer dreams

LES IMPASSIBLES ONDES DES COURANTS CRISTALLINS

****

 

Thou who didst waken from his summer dreams
Toi qui as réveillé de ses rêves estivaux
 
The blue Mediterranean, where he lay,
La Méditerranée indigo, allongée
Lulled by the coil of his crystalline streams,
Dans les impassibles ondes de ses courants cristallins,

*

Beside a pumice isle in Baiæ’s bay,
A côté d’une île volcanique à Naples dans la baie de Baïes,
And saw in sleep old palaces and towers
Qui a vu dans le sommeil de vénérables palais et citadelles
Quivering within the wave’s intenser day,
Tremblant dans la lueur plus intense de la vague,

*

*

All overgrown with azure moss and flowers
Tout envahis de mousses et de fleurs azurées
  So sweet, the sense faints picturing them! Thou
Si douces que les sens ne peuvent les peindre ! Toi,
  For whose path the Atlantic’s level powers
Par le passage duquel s’offrent les puissances de l’Atlantique

*

Cleave themselves into chasms, while far below
S’ouvrent les abysses, s’ouvrent au-dessous
  The sea-blooms and the oozy woods which wear
Les floraisons marines et les bosquets aquatiques
  The sapless foliage of the ocean, know
Le feuillage sans sève de l’océan, reconnaissent

*

Thy voice, and suddenly grow grey with fear,
Ta voix, et soudainement gris de peur,
And tremble and despoil themselves: O, hear!
Frissonnent et se dénudent : O, écoute !

*

**************************

ODE TO THE WEST WIND
ODE AU VENT D’OUEST
POESIE DE SHELLEY

************************************

SHELLEY INCOMPRIS

Les deux proscrits étaient morts. Il semblait que la poésie, alors incomprise, de Shelley devait laisser aussi peu de trace dans le souvenir de ses contemporains que son frêle corps dans les flots de la Méditerranée. Il semblait au contraire que la renommée de Byron, délivrée des calomnies qu’elle avait soulevées autour d’elle et purifiée par une mort héroïque, allait rentrer triomphante en Angleterre, portée par l’admiration de toute l’Europe. Il n’en fut pas ainsi. Tandis que la voix éloquente de M. Tricoupi, célébrait la louange du poète dans cette langue sonore qui avait retenti, plus de vingt siècles auparavant, aux mêmes lieux, pour les soldats de Marathon, le nom du poète resta exilé de l’Angleterre. À peine au contraire la cendre de Shelley était-elle refroidie, qu’une nouvelle école littéraire saluait en lui son chef, et élevait sa renommée au- dessus de celle de Byron. Il ne faut point s’en étonner : il est plus facile de revenir de l’obscurité que de l’impopularité. Autant et plus que Byron, Shelley avait jeté le gant à la société anglaise ; mais il n’avait pas été discuté : il n’avait eu ni admirateurs ni détracteurs, il avait été simplement incompris et rejeté. Byron au contraire avait eu ses partisans et ses adversaires ; la voix publique était fatiguée de crier son nom. L’admiration ou le mépris de sa poésie n’avait pas la saveur de la nouveauté. Son nom appartenait à l’histoire, il ne pouvait être le drapeau d’une coterie ; il était de ceux qu’on pouvait copier désormais sans avouer ses emprunts.

Edmond de Guerle
Byron, Shelley et la Littérature anglaise, d’après les Souvenirs des derniers Jours, de E.-J. Trelawny
Revue des Deux Mondes
Deuxième période
Tome 19
1859

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POEME DE PERCY BYSSHE SHELLEY

POEMES DE SHELLEY – SHELLEY’S POEMS

LITTERATURE ANGLAISE

*******

 

PERCY BYSSHE SHELLEY
4 August 1792 – 8 July 1822
4 août 1792 – 8 jullet 1822

 

 

Traduction – Translation

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

French and English text
texte bilingue français-anglais

 


LES POEMES
DE PERCY BYSSHE SHELLEY
*******

Shelley’s poems
POEMS
POEMES

*******
*

 

ODE TO THE WEST WIND
ODE AU VENT D’OUEST

I
O, wild West Wind, thou breath of Autumn’s being
Insoumis Vent d’Ouest

O, wild West Wind, thou breath of Autumn’s being,
O, insoumis Vent d’Ouest, souffle de l’être de l’Automne,
 
Thou, from whose unseen presence the leaves dead
Toi, présence invisible dispersant les feuilles mortes

*
II
Thou on whose Stream
Les Branches entremêlées du Ciel et de la Terre

Thou on whose stream, ‘mid the steep sky’s commotion,
 Toi dont le courant, dans les hauteurs du ciel agité,
Loose clouds like earth’s decaying leaves are shed,
 Se joue des nuages comme des feuilles pourries gisant sur la terre,

*
III
Thou who didst waken from his summer dreams
Les Impassibles ondes des courants cristallins

Thou who didst waken from his summer dreams
Toi qui as réveillé de ses rêves estivaux
  
The blue Mediterranean, where he lay,
La Méditerranée indigo, allongée

*
IV
If I were a dead leaf
Les épines de la vie

If I were a dead leaf thou mightest bear;
Si j’étais une feuille morte que tu puisses transporter ;
If I were a swift cloud to fly with thee;
Si j’étais un véloce nuage et que je vole à tes côtés ;

*
V
The trumpet of a prophecy
La Trompette d’une prophétie

Make me thy lyre, even as the forest is:
Que je sois ta lyre à l’instar de la forêt :
What if my leaves are falling like its own!
Même si mes feuilles doivent tomber comme les siennes !

 

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POESIE DE SHELLEY

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SHELLEY UNE ANOMALIE INTELLECTUELLE

Shelley est encore un proscrit de la société anglaise, si l’on peut appeler proscrit un homme dont le cœur et l’esprit semblaient n’avoir pas de patrie. Shelley est une véritable anomalie intellectuelle, un phénomène aussi curieux de l’infatuation de l’esprit que l’est Byron de l’infatuation du cœur. À voir ce visage enfantin et rougissant comme celui d’une jeune fille, ces grands yeux limpides et rêveurs, ce corps frêle enfermé dans une veste noire trop étroite, il n’était point aisé de reconnaître au premier abord l’homme en guerre ouverte avec toute la société et avec toutes les idées de l’Angleterre. Cette nature si délicate en apparence, si vigoureuse en réalité, allait exercer cependant sur la nature plus souple de Byron une influence puissante, qui devait aussi plus tard dominer la poésie contemporaine de l’Angleterre.
Né en 1792, quatre ans après Byron, Shelley n’avait pas eu de jeunesse. Il vécut et mourut isolé. Comme tous les esprits absolus, il commença par repousser avant de dominer. Il appartenait à une famille ancienne et considérée, et devait être un jour baronet d’Angleterre. On le mit au collège d’Eton ; mais la liberté presque excessive des écoles anglaises était encore une contrainte pour cette âme aventureuse. Au lieu de suivre les cours, il travaillait solitairement, ne frayait point avec ses camarades, dont il était détesté, et s’enfermait des journées entières dans un laboratoire de chimie, où il faillit un jour sauter avec tous ses appareils. Il passa de l’enfance à la jeunesse, d’Eton à Oxford, sans assouplirent aucune façon cette humeur indépendante. Il avait seize ans quand il publia le livre qu’il avait intitulé modestement la Nécessité de l’athéisme. Ce fut un scandale inouï dans la docte université. Sans se laisser troubler par l’orage qui gronde sur sa tête, Shelley adresse poliment son ouvrage à tous les évêques d’Angleterre, et quand il est appelé pour être censuré auprès des chefs de University Collège, il leur propose tranquillement d’argumenter contre eux en faveur de sa thèse. On ne pouvait guère espérer de ramener un esprit de cette trempe. L’exclusion fut prononcée, et de ce jour commença pour Shelley une vie errante qui ne devait se terminer qu’avec la mort. On se demande avec un étonnement douloureux quelles sont les bornes de la présomption humaine, si un écolier de seize ans peut se figurer de bonne foi qu’il a résolu à lui seul le problème de notre destinée. La même audace réfléchie l’entraîna bientôt dans les liens d’un mariage inégal, à la suite duquel il fut renié par tous les siens et déshérité par son père. Puis le scandale vint s’ajouter au scandale. Une union si imprudente (les époux avaient à eux deux trente-deux ans) devait avoir les conséquences les plus malheureuses. Shelley se sépara violemment de sa femme, qui mourut plus tard de douleur dans son abandon. Cette âme errante ne pouvait cependant rester sans attache ici-bas. Un nouveau mariage l’unit à miss Mary Wolstoncraft Godwin, fille d’un père et d’une mère également célèbres dans la littérature de leur pays. Il fallut cependant de pressantes sollicitations pour l’engager à donner à cette union une consécration civile et religieuse. Avec bien d’autres idées excentriques, Shelley avait devancé l’auteur de Jacques dans ses libres opinions sur le mariage. Il erra longtemps de lieu en lieu, fort gêné dans ses moyens d’existence. Il alla se jeter au milieu de l’insurrection irlandaise pour pacifier les partis, qu’il haranguait éloquemment dans des discours et des brochures, se replaçant ainsi sur le terrain naturel du génie anglais, la politique.
Comment s’amalgamèrent dans un pareil esprit les éléments nécessaires de toute poésie, c’est ce qu’il est difficile de comprendre. Certes, s’il suffisait de vastes conceptions pour ouvrir les ailes de la poésie, jamais sujets plus grands que ceux auxquels s’attaqua Shelley ne tentèrent le génie d’un poète. Sans parler de la Révolte d’Islam, où le poète athée développait par une heureuse contradiction le dogme de la perfectibilité humaine, un autre poème, la Reine Mab, embrassait dans une fantaisie aérienne toutes les questions qui intéressent la destinée, humaine, et le char brillant de la reine des fées poursuivait son voyage fantastique en traînant péniblement de lourdes citations empruntées à d’Holbach et à La Mettrie. Prométhée déchaîné ne semblait-il pas l’inspiration naturelle de ce génie révolté, parcelle d’esprit divin égarée dans un corps ? Mais la philosophie n’est point la poésie. La poésie, c’est l’homme tout entier dans l’infinie variété de ses sentiments et de ses affections. Quiconque en cherche le principe dans l’abstraction risquera fort de n’être ni philosophe ni poète. Toute la philosophie d’Hamlet, toute sa folie est née d’une passion : elle est humaine, et c’est pour cela qu’elle nous émeut. Shelley était poète cependant, il l’était trop peut-être, car les images s’entassent et se pressent dans la trame de ses vers, au point d’intercepter l’air et la lumière. Chaque mot y semble ciselé à part, poli comme la pierre dure d’une marqueterie, tant il a sa valeur, sa force et sa couleur propres. La poésie de Shelley ressemble à ces idoles orientales, ensevelies sous les diamants : elle frappe et n’émeut pas ; elle reste dans le souvenir comme une vision brillante, mais fantastique, qui s’évanouit au réveil.
Les plus difficiles parmi les critiques anglais font pourtant grâce à la tragédie des Cenci, dans laquelle Shelley essaya de faire vibrer des cordes plus humaines. Et cependant les Cenci sont une tragédie d’enfant écrite avec la plume d’un homme. Le vêtement brillant dont il l’a revêtue ne peut dissimuler la nudité des sentiments. Les méchants y grincent des dents comme le démon dans les contes de nourrice, ou bien ils font des plaisanteries qui font dresser les cheveux sur la tête, de sorte que les bons ne peuvent que pousser des exclamations d’horreur fort justifiées par le tissu d’abominations qui se déroule sous leurs yeux. Béatrice Cenci, toute pure et vaillante qu’elle est, n’a point et ne peut avoir de paroles pour exprimer la honte de sa flétrissure, elle ne trouve son éloquence que devant ses bourreaux. Où sont ces contrastes d’horreur et de poésie, ces élans de la conscience bourrelée de remords, ces alternatives de bons et de mauvais instincts qui nous émeuvent jusque sur les forfaits de Macbeth ? Pour peindre la nature humaine, il faut sentir comme tous les hommes et les observer. Shelley avait l’âme aussi solitaire que l’esprit ; son imagination était naturellement fantastique, non pas de cette fantaisie brillante qui n’est que l’exubérance de la vie, de cette fantaisie de Shakespeare que Coleridge a comparée au sifflement d’une badine agitée dans l’air par un joyeux et vigoureux garçon un beau matin de printemps, mais de cette fantaisie qui naît et s’éteint dans le vide, et ne s’aventure que dans les régions inexplorées. L’intelligence nette et sensée de l’Angleterre a mis longtemps à comprendre Shelley, et tel l’imite aujourd’hui qui aurait peut-être de la peine à l’expliquer.
Tel est l’étrange talent dont l’influence développa tout un côté nouveau dans le génie de Byron. Byron n’admirait cependant de tous les vers de Shelley qu’un fragment terne et insignifiant ; mais il subit la domination de son esprit. Un grand charme l’attira d’abord vers Shelley. Shelley avait pour lui la plus précieuse des qualités sociales, une absence complète de préoccupation personnelle. Il n’y avait rien à graver sur le marbre lisse et poli de son âme. Byron se laissa prendre tout doucement à cette facile bonhomie. M. Trelawny n’hésite point à déclarer que Shelley était le plus aimant et le plus sensible des hommes ; mais j’ai peine à croire à une sensibilité sur laquelle la douleur vient s’émousser sans laisser ni trace ni blessure. Renié par les siens, banni de son pays, Shelley n’avait point l’ombre d’amertume contre personne. C’est qu’en réalité il n’était guère plus occupé des autres que de lui-même. C’était un pur esprit égaré dans un corps. Il faisait mieux que mépriser la guenille que son esprit avait revêtue ici-bas, il n’y pensait pas. Il était un parfait modèle de l’ataraxie stoïcienne. Un pareil caractère était et devait être d’une parfaite égalité. Comme on l’a dit de Napoléon,
Sans haine et sans amour, il vivait pour penser….

Edmond de Guerle
Byron, Shelley et la Littérature anglaise, d’après les Souvenirs des derniers Jours, de E.-J. Trelawny
Revue des Deux Mondes
Deuxième période
Tome 19
1859

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SHELLEY’S POEM : ODE AU VENT D’OUEST – II – ODE TO THE WEST WIND – Thou on whose stream

LITTERATURE ANGLAISE

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PERCY BYSSHE SHELLEY
4 August 1792 – 8 July 1822
4 août 1792 – 8 jullet 1822

Traduction – Translation

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

French and English text
texte bilingue français-anglais

 


LES POEMES
DE PERCY BYSSHE SHELLEY
*******

Shelley’s poems
POEMS
POEMES

*******
*

ODE TO THE WEST WIND
ODE AU VENT D’OUEST

II
Thou on whose stream

LES BRANCHES ENTREMÊLEES DU CIEL ET DE L’OCEAN

****

 Thou on whose stream, ‘mid the steep sky’s commotion,
Toi dont le courant, dans les hauteurs du ciel agité,
Loose clouds like earth’s decaying leaves are shed,
Se joue des nuages comme des feuilles pourries gisant sur la terre,
  Shook from the tangled boughs of Heaven and Ocean,
Sur les branches entremêlées du Ciel et de l’Océan,

*

 Angels of rain and lightning: there are spread
Anges de pluie et de foudre : tu inondes
  On the blue surface of thine airy surge,
A la surface bleue de ta vague aérienne,
  Like the bright hair uplifted from the head
Comme de brillants cheveux ondulant sur la tête

 *

*

 Of some fierce Mænad, even from the dim verge
De quelque féroce Ménade, posée sur la ligne
Of the horizon to the zenith’s height,
De l’horizon à la hauteur du zénith,
The locks of the approaching storm. Thou dirge
Les boucles de l’orage qui approche. Toi, chant

*

 Of the dying year, to which this closing night
De l’année finissante, sur laquelle la nuit de referme,
  Will be the dome of a vast sepulchre,
Dôme d’un vaste sépulcre
Vaulted with all thy congregated might
Voûté de toutes tes forces rassemblées

*

 Of vapours, from whose solid atmosphere
De vapeurs, dont l’atmosphère solide
Black rain, and fire, and hail will burst: O, hear!
En pluie noire, en feu, et en grêle explosera :   O, écoute !

*

**************************

ODE TO THE WEST WIND
ODE AU VENT D’OUEST
POESIE DE SHELLEY

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SHELLEY INCOMPRIS

Les deux proscrits étaient morts. Il semblait que la poésie, alors incomprise, de Shelley devait laisser aussi peu de trace dans le souvenir de ses contemporains que son frêle corps dans les flots de la Méditerranée. Il semblait au contraire que la renommée de Byron, délivrée des calomnies qu’elle avait soulevées autour d’elle et purifiée par une mort héroïque, allait rentrer triomphante en Angleterre, portée par l’admiration de toute l’Europe. Il n’en fut pas ainsi. Tandis que la voix éloquente de M. Tricoupi, célébrait la louange du poète dans cette langue sonore qui avait retenti, plus de vingt siècles auparavant, aux mêmes lieux, pour les soldats de Marathon, le nom du poète resta exilé de l’Angleterre. À peine au contraire la cendre de Shelley était-elle refroidie, qu’une nouvelle école littéraire saluait en lui son chef, et élevait sa renommée au- dessus de celle de Byron. Il ne faut point s’en étonner : il est plus facile de revenir de l’obscurité que de l’impopularité. Autant et plus que Byron, Shelley avait jeté le gant à la société anglaise ; mais il n’avait pas été discuté : il n’avait eu ni admirateurs ni détracteurs, il avait été simplement incompris et rejeté. Byron au contraire avait eu ses partisans et ses adversaires ; la voix publique était fatiguée de crier son nom. L’admiration ou le mépris de sa poésie n’avait pas la saveur de la nouveauté. Son nom appartenait à l’histoire, il ne pouvait être le drapeau d’une coterie ; il était de ceux qu’on pouvait copier désormais sans avouer ses emprunts.

Edmond de Guerle
Byron, Shelley et la Littérature anglaise, d’après les Souvenirs des derniers Jours, de E.-J. Trelawny
Revue des Deux Mondes
Deuxième période
Tome 19
1859

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POEME DE SHELLEY

LA POESIE DE SIR THOMAS WYATT – SIR THOMAS WYATT’S POEMS

LITTERATURE ANGLAISE

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SIR THOMAS WYATT
1503 – 11 octobre 1542
1503 – 11 October 1542

 

Traduction – Translation

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

French and English text
texte bilingue français-anglais

 


LES POEMES
DE THOMAS WYATT

Thomas Wyatt’s poems

MADAM, WITHOUTEN MANY WORDS
SANS DE TROP LONGS DISCOURS

AND WILT THOU LEAVE ME THUS ?
ME QUITTERAS-TU AINSI ?
**
WHOSO LIST TO HUNT
POUR QUI VEUT CHASSER
*****************

VIE DE THOMAS WYATT

Poète anglais, né en 1503 dans le comté de Kent, m. en 1541, fut très-aimé de Henri VIII, puis tomba dans la disgrâce et fut mis à la Tour de Londres ; il rentra enfin en faveur auprès du roi qui avait reconnu son innocence et fut nommé ambassadeur en Espagne, mais il mourut au moment de s’embarquer. Ses poésies consistent en odes, sonnets, ballades, satires, etc. Ce poëte a donné plus de souplesse et d’harmonie à la langue anglaise, mais ses poésies pèchent par affectation et obscurité. Elles ont été publiées avec celles de Surrey en 1557 et 1812, et à part en 1855, par R. Bell. – Son fils, nommé aussi Thomas Wyatt, zélé protestant, joua un des premiers rôles dans le complot de Suffolk contre la reine Marie, et se vit un instant à la tête de 15 000 hommes ; mais, abandonné des siens, il fut pris et périt de la main du bourreau (1554).

Dictionnaire universel d’histoire
et de géographie Bouillet Chassang
Lettre W
1878

 

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SIR THOMAS WYATT

POEMES DE JAMES SHIRLEY – JAMES SHIRLEY’S POEMS

LITTERATURE ANGLAISE

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JAMES SHIRLEY
Londres, septembre 1596 – Londres, octobre 1666

Traduction – Translation

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

French and English text
texte bilingue français-anglais


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LES POEMES
DE JAMES SHIRLEY

James Shirley’s poems

 

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The Contention of Ajax and Ulysses
La discorde d’Ajax et d’Ulysse
1659
The glories of our blood and state
Les Gloires de notre sang et de notre état

***

The glories of our blood and state
Les gloires de notre sang et de notre état
Are shadows, not substantial things;
Sont des ombres, des choses non substantielles;

 


TO A LADY UPON A LOOKING-GLASS SENT
LE MIROIR

When this crystal shall present
Quand ce miroir présentera
Your beauty to your eye,
Votre beauté à vos yeux,




 

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LE DERNIER DRAMATURGE DE LA GRANDE EPOQUE

par Émile Montégut

Un autre de ses-protégés fut James Shirley, le dernier dramaturge de la grande époque et l’auteur à la mode des divertissements de la cour sous Charles Ier. Shirley avait dédié à Newcastle un de ses meilleurs drames, le Traître, dont le sujet, par parenthèse, est le même que celui du Lorenzaccio, d’Alfred de Musset, et la petite préface par laquelle il lui adressa son drame indique, à ne pas s’y tromper, que la générosité du grand seigneur avait de beaucoup précédé la dédicace. Anthony Wood, cité par M. Edmond Gosse, dans une substantielle préface dont il a l’ait précéder un choix récemment publié des œuvres de Shirley, nous apprend que cette générosité avait été assez loin pour que Shirley, qui était d’ailleurs ardent royaliste, crût devoir s’enrôler dans l’armée de son patron. Il fit donc sous Newcastle les premières campagnes de la guerre civile, et le suivit après Marston-Moor sur le continent, d’où il revint furtivement en Angleterre quelques années après, lorsqu’il fut évident que la cause du roi était définitivement perdue.
Shirley n’était pas le seul poète dramatique que Newcastle eût enrôlé dans son armée. Dans la liste donnée par la duchesse des officiers composant l’état-major de son mari, je relève le nom de son lieutenant général d’artillerie, sir William Davenant, le poète lauréat de l’époque.

Émile Montégut
Curiosités historiques et littéraires
La Duchesse et le Duc de Newcastle
Revue des Deux Mondes
Troisième période, tome 100
1890

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JAMES SHIRLEY