L’ÉTINCELLE DES MOTS – ESSÉNINE (1918) Хорошо под осеннюю свежесть

Littérature Russe
ESSÉNINE POEME 1918

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русский поэт- Poète Russe
русская литература

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стихотворение  – Poésie

***

 

 

Sergueï Essénine
Сергей Александрович Есенин

3 octobre 1895 Konstantinovo (Rybnov) – 28 décembre 1925 à Leningrad
3 октября 1895, Константиново – 28 декабря 1925, Ленинград
TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

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LA POESIE DE SERGUEÏ ESSÉNINE


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Хорошо под осеннюю свежесть
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L’ÉTINCELLE DES MOTS
1918

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Хорошо под осеннюю свежесть
Comme il est bon dans la fraîcheur de l’automne
Душу-яблоню ветром стряхать
De laisser vaquer son âme comme une pomme au vent
И смотреть, как над речкою режет
Et regarder sur le ruisseau
Воду синюю солнца соха.
L’eau bleue se  jouer du soleil.

*

Хорошо выбивать из тела
Comme il est bon de faire sortir de son corps
Накаляющий песни гвоздь
L’étincelle des mots
И в одежде празднично белой
Et dans sa robe blanche de fête
Ждать, когда постучится гость.
Attendre que l’invité nous frappe.

*

Я учусь, я учусь моим сердцем
J’apprends, j’apprends mon âme
Цвет черемух в глазах беречь,
A conserver la couleur des cerisiers ;
Только в скупости чувства греются,
Comme sont pingres les sentiments qui s’échauffent,
Когда ребра ломает течь.
Avec des côtes cassées dans les flancs.

*

Молча ухает звездная звонница,
Silencieusement les étoiles claironnent,
Что ни лист, то свеча заре.
Sur une feuille blanche à l’aube d’une bougie.
Никого не впущу я в горницу,
Personne n’entrera dans la chambre,
Никому не открою дверь.
A personne je n’ouvrirai la porte.

1918

 

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Бабушкины сказки
C. А. Есенин

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LES POEMES DE SERGUEÏ ESSÉNINE

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LA POESIE DE SERGUEÏ ESSÉNINE
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поэзия есенина
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LA NUÉE DE PAPILLONS – POEME DE SERGUEÏ ESSÉNINE (1918) Закружилась листва золотая

Littérature Russe
ESSÉNINE POEME 1918

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русский поэт- Poète Russe
русская литература

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стихотворение  – Poésie

***

 

 

Sergueï Essénine
Сергей Александрович Есенин

3 octobre 1895 Konstantinovo (Rybnov) – 28 décembre 1925 à Leningrad
3 октября 1895, Константиново – 28 декабря 1925, Ленинград
TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

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LA POESIE DE SERGUEÏ ESSÉNINE


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Закружилась листва золотая
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LA NUÉE DE PAPILLONS

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1918

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Закружилась листва золотая.
La feuille d’or file
В розоватой воде на пруду
Sur l’eau rosée du bassin
Словно бабочек лёгкая стая
Comme une nuée de papillons
С замираньем летит на звезду.
Vole naufragée vers les étoiles.
*
Я сегодня влюблён в этот вечер,
Aujourd’hui, j’adore ce soir qui vient
Близок сердцу желтеющий дол.
Au cœur de ce blondissant val.
Отрок-ветер по самые плечи
Le vent passant caresse longuement
Заголил на берёзке подол.
Le bouleau qui se dénude lentement.
*
И в душе и в долине прохлада,
Et dans la fraîcheur de l’âme et de la vallée,
Синий сумрак как стадо овец.
Le bleu crépuscule traverse comme un troupeau.
За калиткою смолкшего сада
Le silence se fait derrière la porte du jardin,
Прозвенит и замрёт бубенец.
Où s’estompe le tintement des cloches.
*
Я ещё никогда бережливо
Je ne me suis jamais tant délecté
Так не слушал разумную плоть.
D’écouter la chair si raisonnable.
Хорошо бы, как ветками ива,
Qu’il serait bon, comme une branche de saule,
Опрокинуться в розовость вод.
De se laisser aller dans l’eau rosée.
*
Хорошо бы, на стог улыбаясь,
Qu’il serait bon de sourire
Мордой месяца сено жевать…
A la lune en mâchant des brindilles de foin…
 Где ты, где, моя тихая радость —
Où es-tu, ma joie, jadis sereine –
Всё любя, ничего не желать?
A tout aimer et ne rien vouloir ?
1918

 

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Бабушкины сказки
C. А. Есенин

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LES POEMES DE SERGUEÏ ESSÉNINE

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LA POESIE DE SERGUEÏ ESSÉNINE
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поэзия есенина
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GIOSUE CARDUCCI – ÇA IRA (1883)- PREMIER SONNET – Lieto su i colli di Borgogna splende

Traduction – Texte Bilingue
CARDUCCI


 

Giosuè Carducci
1835- 1907

Prix Nobel de Littérature 1906

 

Traduction Jacky Lavauzelle

Sélection de poèmes de
Giosuè Carducci
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ÇA IRA
I
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Lieto su i colli di Borgogna splende
Heureux brille sur les collines de Bourgogne
e in val di Marna a le vendemmie il sole:
et sur les vendanges dans la vallée de la Marne le soleil :
il riposato suoI piccardo attende
le sol apaisé de la Picardie attend
l’aratro che l’inviti a nuova prole.
de la charrue une nouvelle invitation à procréer.

*

Ma il falcetto su l’uve iroso scende
Mais la faucille sur les raisins de colère s’abat
come una scure, e par che sangue còle:
telle une hache, d’où semble s’écouler du sang :
 nel rosso vespro l’arator protende
dans ce soir rouge, le paysan observe
l’occhio vago a le terre inculte e sole,
le regard vague les terres incultes et solitaires,

*

ed il pungolo vibra in su i mugghianti
et le fouet claque sur les bêtes mugissantes
  quasi che l’asta palleggiasse, e afferra
comme s’il agitait de sa lance, il empoigne alors
la stiva urlando : Avanti, Francia, avanti!
la charrue en criant : En avant, France, en avant !

*

Stride l’aratro in solchi aspri: la terra
La charrue gémit dans l’âpre sillon ; la terre
  fuma: l’aria oscurata è di montanti
fume ;  l’air est obscurci par l’ombre montante
fantasimi che cercano la guerra.
des fantômes qui cherchent la guerre.


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ÇA IRA
 I

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GIOSUE CARDUCCI

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LE « ÇA IRA »
Le poète Giosuè Carducci
Maurice Muret
Revue des Deux Mondes
Tome 40 – 1907

…Le sonnet est un moule d’une rare plasticité. Il s’est prêté aux mignardises de Joséphin Soulary comme aux visions grandioses de José Maria de Heredia. Dans leur concision lapidaire, leur âpre et sinistre beauté, les douze sonnets de Ça ira brillent d’un éclat tragique.

C’est au sortir d’une lecture de la Révolution française par Carlyle que Carducci les composa. Sans doute il connaissait aussi Thiers, Louis Blanc et Michelet ; mais la lecture de Carlyle donna l’élan décisif. C’est elle qui força l’inspiration. Comme Carlyle, — et comme Joseph de Maistre, — Carducci voit dans la Révolution française un événement proprement « satanique, » mais le rebelle qu’il est attache à ce terme le sens favorable qui se découvre dans son Hymne à Satan. La Révolution française est pour lui une revanche de la raison, de la liberté, de la justice sur les « tyrannies séculaires » de l’Eglise et de la monarchie. Il a protesté contre les critiques qui dénoncèrent ses sympathies terroristes quelque peu excessives ; il a prétendu s’être borné (ou à peu près) au rôle d historiographe. C’est pur paradoxe ! Ça ira prend énergiquement fait et cause pour la Terreur. Carducci condamne Louis XVI et Marie-Antoinette avec une rigueur inconnue des historiens impartiaux. Le sonnet qui retrace le meurtre de la princesse de Lamballe est une apologie déguisée de ce crime. Louis XVI, enfin, dans la prison où il se recueille en attendant la mort, est montré par le poète italien « demandant pardon au ciel pour la nuit de la Saint-Barthélemy. » Que voilà donc un « état d’Ame » peu historique ! N’y a-t-il pas tout lieu de croire que Louis XVI, à la veille de mourir, était à cent lieues de penser qu’il expiait les méfaits de Charles IX ? C’est l’impitoyable logique jacobine qui établit des rapprochements de cette sorte.

Il faut tenir compte, dans l’appréciation du Ça ira, de la date où fut publié cet ouvrage. Il parut « pour le 77e anniversaire de la République, » à une époque où la France traversait une nouvelle « année terrible. » Bien que le poète n’y fasse aucune allusion formelle, les événements de 1870-1871 restent toujours présents à son esprit. A l’opprobre de Sedan s’oppose dans sa pensée la gloire de Valmy, de Valmy qui fait l’objet de son dernier sonnet. Plutôt que Sedan, la Terreur ; plutôt Danton que Napoléon III ; plutôt Robespierre que Bazaine, voilà ce qu’on peut lire entre les lignes du Ça ira. Un critique italien a parlé des « Grâces pétrolières » qui avaient servi de marraines à cette poésie. Et ce propos irrita l’auteur. Le mot n’en était pas moins exact.

Indépendamment du Ça ira consacré à un sujet français, Carducci mentionne fréquemment la France dans ses ouvrages. Quel autre pays a été plus étroitement mêlé aux destinées du Risorgimento ? Carducci n’est pas gallophobe, tant s’en faut ; mais c’est exclusivement à la France rouge que vont ses sympathies. Les Iambes et épodes traînent aux gémonies ce peuple devenu infidèle à l’idéal révolutionnaire d’autrefois. Le poète maudit la France impériale « brigande au service du Pape » (masnadière papale). Dans les vers Pour Edouard Corazzini, il invective plus sauvagement encore la « grande nation » au nom de ceux qui crurent en elle, de ceux « qui avaient grandi à ta libre splendeur, de ceux qui t’avaient aimée, ô France ! » Même note dans le Sacre d’Henri V, où il s’élève contre les tentatives de restauration monarchique en France après la chute de l’Empire. Mais c’est surtout contre Bonaparte et le bonapartisme que le poète romain brandit ses foudres vengeresses.

Maurice Muret
Revue des Deux Mondes
Tome 40 – 1907

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LA BLANCHEUR DES POMMIERS SERGUEÏ ESSÉNINE (1921) Не жалею, не зову, не плачу

Littérature Russe
ESSENINE POEME 1921

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русский поэт- Poète Russe
русская литература

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стихотворение  – Poésie

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Sergueï Essénine
Сергей Александрович Есенин

3 octobre 1895 Konstantinovo (Rybnov) – 28 décembre 1925 à Leningrad
3 октября 1895, Константиново – 28 декабря 1925, Ленинград
TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

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LA POESIE DE SERGUEÏ ESSÉNINE
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Не жалею, не зову, не плачу
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LA BLANCHEURS DES POMMIERS
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1921

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Не жалею, не зову, не плачу,
Je ne regrette ni les suppliques ni les douleurs.
Все пройдет, как с белых яблонь дым.
Comme la blancheur des pommiers, tout passe.
Увяданья золотом охваченный,
Avant que l’automne ne flétrisse et ne dore,
Я не буду больше молодым.
Ma jeunesse aussi s’en est allée.
*
Ты теперь не так уж будешь биться,
Tu ne battras plus comme avant
Сердце, тронутое холодком,
Cœur maintenant glacé,
И страна березового ситца
Et là où trône le blanc bouleau
Не заманит шляться босиком.
Je ne marcherai plus nus pieds.
*
Дух бродяжий! ты все реже, реже
Esprit vagabond ! Tu oublies désormais
  Расшевеливаешь пламень уст
D’attiser les braises de ma bouche.
O, моя утраченная свежесть,
Ô, fraîcheur altérée, jadis
Буйство глаз и половодье чувств!
Des regards de feu tu inondais mes sens !
 
*
Я теперь скупее стал в желаньях,
Maintenant, je suis avare de désirs,
Жизнь моя, иль ты приснилась мне?
Ma vie ne fut-elle qu’un songe ?
Словно я весенней гулкой ранью
Comme si dans l’aube sonore du printemps
Проскакал на розовом коне.
Je chevauchais un étalon rose.
*

 

Все мы, все мы в этом мире тленны,
Nous sommes tous éphémères en ce monde
Тихо льется с кленов листьев медь…
Doucement de l’érable le cuivre s’écoule…
Будь же ты вовек благословенно,
Sois à jamais béni
Что пришло процвесть и умереть.
Ce qui vient pour fleurir puis mourir.

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Бабушкины сказки
C. А. Есенин

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LES POEMES DE SERGUEÏ ESSENINE

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LA POESIE DE SERGUEÏ ESSÉNINE
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поэзия есенина
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CONFESSION D’UN VOYOU d’ESSENINE (Novembre 1920) Исповедь хулигана

Littérature Russe
ESSENINE POEME 1920

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русский поэт- Poète Russe
русская литература

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стихотворение  – Poésie

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Sergueï Essénine
Сергей Александрович

3 octobre 1895 Konstantinovo (Rybnov) – 28 décembre 1925 à Leningrad
3 октября 1895, Константиново – 28 декабря 1925, Ленинград
TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

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LA POESIE DE SERGUEÏ ESSÉNINE
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Исповедь хулигана
CONFESSION D’UN VOYOU
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ноябрь 1920
Novembre 1920

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Не каждый умеет петь,
Tout le monde ne sait pas chanter,
Не каждому дано яблоком
Tout le monde ne peut pas être une pomme
Падать к чужим ногам.
D’automne tombant à vos pieds.
*
Сие есть самая великая исповедь,
C’est la plus grande confession,
  Которой исповедуется хулиган.
Professée par un voyou.
*

Я нарочно иду нечёсаным,
Je vais délibérément les cheveux au vent,
С головой, как керосиновая лампа, на плечах.
Avec cette tête comme une lampe à pétrole sur mes épaules.
Ваших душ безлиственную осень
Vos âmes d’automne sans feuillage,
Мне нравится в потёмках освещать.
J’aime dans leur obscurité les illuminer.
Мне нравится, когда каменья брани
J’aime que les pierres des insultes
Летят в меня, как град рыгающей грозы,
Volent sur moi comme des tempêtes de grêlons,
Я только крепче жму тогда руками
Je serre alors ma main fortement
Моих волос качнувшийся пузырь.
La vessie oscillante de mes cheveux.

*

Так хорошо тогда мне вспоминать
Si bien alors que je me souviens
Заросший пруд и хриплый звон ольхи,
D’un étang verdi et des rauques sonneries de l’aulne,
Что где-то у меня живут отец и мать,
Je me souviens que quelque part vivent mon père et ma mère,
Которым наплевать на все мои стихи,
Qui ne se soucient nullement de mes poèmes,
 Которым дорог я, как поле и как плоть,
Qui m’aiment comme leur champ, comme leur chair,
Как дождик, что весной взрыхляет зеленя.
Comme cette pluie du printemps qui fortifie les champs.
 Они бы вилами пришли вас заколоть
Ils viendraient armés de fourches pour vous étriper
За каждый крик ваш, брошенный в меня.
Pour chaque cri que vous me lanceriez.

*

Бедные, бедные крестьяне!
Pauvres, pauvres paysans !
Вы, наверно, стали некрасивыми,
Vous êtes probablement devenus laids,
Так же боитесь бога и болотных недр.
Vous devez être toujours dans la peur de Dieu et du cœur du marais.
О, если б вы понимали,
Oh ! si vous saviez
Что сын ваш в России
Que votre fils en Russie
Самый лучший поэт!
Est le meilleur poète !
Вы ль за жизнь его сердцем не индевели,
Vous, au cœur pur, qui craigniez pour sa vie,
Когда босые ноги он в лужах осенних макал?
Quand, pieds nus, il jouait dans les flaques d’eau des pluies d’automne ?
А теперь он ходит в цилиндре
Et maintenant, il porte haut de formes
И лакированных башмаках.
Et chaussures laquées.

*

 

*
Я люблю родину.
J’adore ma patrie.
Я очень люблю родину!
J’adore infiniment ma patrie !
Хоть есть в ней грусти ивовая ржавь.
Bien que la rouille de la tristesse tombe sur elle comme un saule.
Приятны мне свиней испачканные морды
Que j’aime  y voir les sales groins des cochons souillés
И в тишине ночной звенящий голос жаб.
Et dans le silence les croassements nocturnes des crapauds.
Я нежно болен вспоминаньем детства,
A me rendre délicieusement malade de revoir mon enfance,
Апрельских вечеров мне снится хмарь и сырь.
De revoir les nuits d’avril brumeuses et moites.
Как будто бы на корточки погреться
Comme pour nous réchauffer, je revois
Присел наш клён перед костром зари.
Notre érable s’asseoir devant le feu de l’aube.
О, сколько я на нём яиц из гнёзд вороньих,
Ô combien de fois ai-je pour dénicher les œufs des nids de corbeaux,
Карабкаясь по сучьям, воровал!
Grimper sur tes rameaux, voleur !
Все тот же ль он теперь, с верхушкою зелёной?
Est-il toujours aussi vert notre érable ?
По-прежнему ль крепка его кора?
Est-il toujours armé de sa puissante écorce ?
*
А ты, любимый,
Mais toi, mon ami,
Верный пегий пёс?!
Mon fidèle chien moucheté ?!
От старости ты стал визглив и слеп
La vieillesse t’a rendu aveugle
И бродишь по двору, влача обвисший хвост,
Et tu erres désormais autour de la cour, traînant ta queue affaissée,
Забыв чутьём, где двери и где хлев.
Et ton flair est parti, loin des portes, loin des granges.
О, как мне дороги все те проказы,
Oh, combien me sont chers nos jeux,
у матери стянув краюху хлеба,
Lorsque à ma mère je dérobais du  pain,
Кусали мы с тобой её по разу,
Nous croquions ensemble notre trésor,
 Ни капельки друг другом не погребав.
Sans dégoût l’un de l’autre.
*

Я всё такой же.
Je suis toujours le même.
Сердцем я все такой же.
Mon cœur est toujours le même.
Как васильки во ржи, цветут в лице глаза.
Comme des bleuets dans le seigle, mes yeux fleurissent mon visage
Стеля стихов злачёные рогожи,
Nappant les nattes de mes poèmes,
Мне хочется вам нежное сказать.
Je tenais à vous dire que je n’avais pas changé.

 *

Спокойной ночи!
Bonne nuit !
Всем вам спокойной ночи!
A vous tous bonne nuit !

Мне сегодня хочется очень
Aujourd’hui, je voudrais tant
Из окошка луну обоссать
Par la fenêtre pisser sur la lune

*
Синий свет, свет такой синий!
La lumière bleue, si bleue !
В эту синь даже умереть не жаль.
Dans ce bleu, même mourir ne m’inquiète pas.
*
Я хочу быть жёлтым парусом
Je veux être une voile jaune
В ту страну, куда мы плывём.
Dans ce pays où nous naviguons.

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Бабушкины сказки
C. А. Есенин

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LA POESIE DE SERGUEÏ ESSÉNINE
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LES RÊVES BLEUS – Poème de Sergueï ESSENINE – 1925 – Вижу сон

Littérature Russe
ESSENINE POEME 1925

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русский поэт- Poète Russe
русская литература

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стихотворение  – Poésie

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Sergueï Essénine
Сергей Александрович

 

3 octobre 1895 Konstantinovo (Rybnov) – 28 décembre 1925 à Leningrad
3 октября 1895, Константиново – 28 декабря 1925, Ленинград
TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

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LA POESIE DE SERGUEÏ ESSÉNINE
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Вижу сон
LES RÊVES BLEUS
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2 июля 1925
2 juillet 1925

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Вижу сон. Дорога чёрная.
Je rêve. La route est noire.
Белый конь. Стопа упорная.
Le cheval blanc. Il avance.
И на этом на коне
Et sur ce cheval
Едет милая ко мне.
Mon aimée qui vient me retrouver.
Едет, едет милая,
Là voilà, là voilà qui arrive
Только не любимая.
Mais je ne l’aime plus.
*
Эх, берёза русская!
Ah ! bouleau russe !
Путь-дорога узкая.
Sur les sentiers étroits.
Эту милую как сон
Je rêve que doucement
Лишь для той, в кого влюблён,
Pour cette autre que j’aime,
Удержи ты ветками,
Tes branches la retiennent,
Как руками меткими.
Comme des mains assurées.
*
Светит месяц. Синь и сонь.
La lune brille. Rêves bleus.
Хорошо копытит конь.
J’entends les sabots.
Свет такой таинственный,
Dans une mystérieuse lumière,
Словно для Единственной —
Pour elle, pour la seule, pour l’unique –
Той, в которой тот же свет
Qui est elle-même lumière
И которой в мире нет.
Mais qui n’est pas de ce monde.
*
Хулиган я, хулиган.
Vaurien ! je suis un vaurien !
От стихов дурак и пьян.
Fou et ivre de vers !
Но и всё ж за эту прыть,
Mais tous s’agitent tant,
Чтобы сердцем не остыть,
Mon cœur n’est pas mort,
За берёзовую Русь
Pour le bouleau-Russie,
С нелюбимой помирюсь.
Qu’avec  ma mal-aimée je vais me réconcilier.

 

1925

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C. А. Есенин

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LES POEMES DE SERGUEÏ ESSENINE

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LA POESIE DE SERGUEÏ ESSÉNINE
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DÉMONS- Poème de Pouchkine (1830) Бесы

*

ALEXANDRE POUCHKINE POEME

*
1830
 

Alexandre Pouchkine
русский поэт- Poète Russe
русская литература
Littérature Russe

poemes-de-alexandre-pouchkine-artgitatopushkin-alexander

ALEXANDRE POUCHKINE  1830
pushkin poems
стихотворение  – Poésie
 Пушкин 

 

 

POUCHKINE – Пу́шкин
Алекса́ндр Серге́евич Пу́шкин
1799-1837

[создатель современного русского литературного языка]

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

 

LA POESIE DE POUCHKINE

СТИХИ АЛЕКСАНДРА СЕРГЕЕВИЧА ПУШКИНА
Пушкин 


Бесы 
1830

****


DÉMONS
****

 

Мчатся тучи, вьются тучи;
Les nuages se précipitent, les nuages planent ;
Невидимкою луна
Sous l’invisible lune
Освещает снег летучий;
La neige couvre son vol ;
Мутно небо, ночь мутна.
Se noircit le ciel, se noircit la nuit.
Еду, еду в чистом поле;
Mon traîneau avance dans le vent ;
Колокольчик дин-дин-дин…
Les grelots entonnent des din-din-din …
Страшно, страшно поневоле
Qui terribles, terribles retentissent
Средь неведомых равнин!
Au milieu des plaines inconnues !

*

« Эй, пошел, ямщик!.. » – « Нет мочи:
« Hé, va, cocher..! » – « Impossible :
Коням, барин, тяжело;
Les chevaux, monsieur, sont épuisés ;
Вьюга мне слипает очи;
Le blizzard m’aveugle ;
Все дороги занесло;
Toutes les routes ont disparu ;
Хоть убей, следа не видно;
Nous avons perdu la piste ;
Сбились мы. Что делать нам!
Nous sommes perdu ! Que pouvons-nous faire !
В поле бес нас водит, видно,
Le démon nous conduit, il est clair
Да кружит по сторонам.
Que nous tournons en rond.

*

Посмотри: вон, вон играет,
Regarde : il est là-bas qui joue,
Дует, плюет на меня;
Qui maintenant me crache dessus ;
Вон – теперь в овраг толкает
Regarde – il nous attire près du ravin
Одичалого коня;
Pour y plonger nos chevaux ;
Там верстою небывалой
Regarde, le vois-tu
  Он торчал передо мной;
Droit devant moi ;
Там сверкнул он искрой малой
Il illumine comme une étincelle
И пропал во тьме пустой ».
Qui disparaît dans l’obscurité du vide « .

*

Мчатся тучи, вьются тучи;
Les nuages se précipitent, les nuages planent ;
Невидимкою луна
Sous l’invisible lune
Освещает снег летучий;
La neige couvre son vol ;
Мутно небо, ночь мутна.
Se noircit le ciel, se noircit la nuit.
Сил нам нет кружиться доле;
Mon traîneau s’arrête net ;
Колокольчик вдруг умолк;
Les grelots sont devenus muets ;
Кони стали… « Что там в поле? » –
Tout se pose… « Qu’est-ce donc ? » –
«  « Кто их знает? пень иль волк? »
« Qui sait ? Un tronc d’arbre ou une bête ? »

*

Вьюга злится, вьюга плачет;
Déferle le blizzard , déferle la tempête ;
Кони чуткие храпят;
Ronflement de nos montures ;
Вот уж он далече скачет;
Le démon galope au loin ;
Лишь глаза во мгле горят;
Seuls ses yeux dans l’obscurité apparaissent ;
Кони снова понеслися;
Les chevaux reprennent leur course ;
Колокольчик дин-дин-дин…
Les grelots entonnent à nouveau les din-din-din …
Вижу: духи собралися
Vois donc : les esprits là-bas se sont réunis
Средь белеющих равнин.
Au milieu des plaines blanchies.

*

 

Бесконечны, безобразны,
De nombreux démons, laids et terrifiants,
В мутной месяца игре
Flottant, éructant…
Закружились бесы разны,
Une ronde de démons tourbillonnants,
Будто листья в ноябре…
Comme les feuilles de novembre …
Сколько их! куда их гонят?
Comme ils sont nombreux ! D’où viennent-ils ?
Что так жалобно поют?
Pourquoi leurs chants sont-ils si plaintifs ?
Домового ли хоронят,
Enterrent-ils un farfadet ?
 Ведьму ль замуж выдают?
Est-ce le mariage d’une sorcière ?

*

Мчатся тучи, вьются тучи;
Les nuages se précipitent, les nuages planent ;
Невидимкою луна
Sous l’invisible lune
Освещает снег летучий;
La neige couvre son vol ;
Мутно небо, ночь мутна.
Se noircit le ciel, se noircit la nuit.
Мчатся бесы рой за роем
Une foule de démons s’est rassemblée
В беспредельной вышине,
Dans les hauteurs infinies,
Визгом жалобным и воем
Cette plainte qui hurle à travers la plaine
Надрывая сердце мне…
Déchire mon coeur …

 

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POUCHKINE
 1830  

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LES JUGEMENTS DE Tolstoï
SUR LES POEMES DE POUCHKINE

Ayons donc pleine confiance dans le jugement du comte Tolstoï sur les poèmes de Pouchkine, son compatriote ! Croyons-le, encore, quand il nous parle d’écrivains allemands, anglais, et scandinaves : il a les mêmes droits que nous à se tromper sur eux. Mais ne nous trompons pas avec lui sur des œuvres françaises dont le vrai sens, forcément, lui échappe, comme il échappera toujours à quiconque n’a pas, dès l’enfance, l’habitude de penser et de sentir en français ! Je ne connais rien de plus ridicule que l’admiration des jeunes esthètes anglais ou allemands pour tel poète français. Verlaine, par exemple, ou Villiers de l’Isle-Adam. Ces poètes ne peuvent être compris qu’en France, et ceux qui les admirent à l’étranger les admirent sans pouvoir les comprendre. Mais il ne résulte pas de là, comme le croit le comte Tolstoï, qu’ils soient absolument incompréhensibles. Ils ne le sont que pour lui, comme pour nous Lermontof et Pouchkine. Ce sont des artistes : la valeur artistique de leurs œuvres résulte de l’harmonie de la forme et du fond : et si lettré que soit un lecteur russe, si parfaite que soit sa connaissance de la langue française, la forme de cette langue lui échappe toujours.

Léon Tolstoï
Qu’est-ce que l’art ?
Traduction par T. de Wyzewa.
 Perrin, 1918
pp. i-XII

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ALEXANDRE POUCHKINE POEME

DÉMONS
1830
Пушкин 

LE FRISSON Poème de SERGUEÏ ESSENINE 1924 Мы теперь уходим понемногу

Littérature Russe
ESSENINE POEME 1924

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русский поэт- Poète Russe
русская литература

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стихотворение  – Poésie

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Sergueï Essénine
Сергей Александрович Есенин

3 octobre 1895 Konstantinovo (Rybnov) – 28 décembre 1925 à Leningrad
3 октября 1895, Константиново – 28 декабря 1925, Ленинград
TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

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LA POESIE DE SERGUEÏ ESSÉNINE
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Мы теперь уходим понемногу
LE FRISSON
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1924
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Мы теперь уходим понемногу
Maintenant, nous partons là-bas
В ту страну, где тишь и благодать.
Dans un pays de paix et de sérénité.
Может быть, и скоро мне в дорогу
Peut-être bientôt mon chemin
Бренные пожитки собирать.
Recueillera mes mortels effets.

*

Милые березовые чащи!
Forêt épaisse de bouleaux !
Ты, земля! И вы, равнин пески!
Toi, terre ! Et toi, dune de sable !
Перед этим сонмом уходящих
Avant de vous quitter, à vous
Я не в силах скрыть моей тоски.
Je ne peux cacher mon angoisse.

*

Слишком я любил на этом свете
Moi aussi j’ai aimé ce monde
 
Все, что душу облекает в плоть.
Qui enveloppa de chair mon âme.
Мир осинам, что, раскинув ветви,
Trembles réunis aux branches déployées
Загляделись в розовую водь!
Contemple encore nos rivières !

*

Много дум я в тишине продумал,
Tant de pensées méditées en silence,
Много песен про себя сложил,
Tant de chansons chantées dans mon cœur,
И на этой на земле угрюмой
Tout cela sur ce sol sombre,
Счастлив тем, что я дышал и жил.
Heureux que je respirais et ou j’ai vécu.

*

 

Счастлив тем, что целовал я женщин,
Heureux j’ai embrassé les femmes
Мял цветы, валялся на траве
Ecrasant les fleurs, nous couchant sur l’herbe
И зверье, как братьев наших меньших,
Heureux d’avoir été le frère des bêtes,
Никогда не бил по голове.
Heureux de n’avoir blessé quiconque.

*

Знаю я, что не цветут там чащи,
Je sais que ne fleurissent pas de broussailles là-bas,
Не звенит лебяжьей шеей рожь.
Là-bas ni seigle, ni cou de cygne.
Оттого пред сонмом уходящих
Comme un hôte avant le départ
Я всегда испытываю дрожь.
Je sens ce frisson qui me saisit.

*

Знаю я, что в той стране не будет
Je sais que je ne verrai pas non plus
Этих нив, златящихся во мгле…
Ces champs de maïs plongés dans la brume …
Оттого и дороги мне люди,
Voilà pourquoi vous m’êtes chers
Что живут со мною на земле.
Hommes et femmes de ce pays.

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Бабушкины сказки
C. А. Есенин

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LES POEMES DE SERGUEÏ ESSENINE

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LA POESIE DE SERGUEÏ ESSÉNINE
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поэзия есенина
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AU REVOIR MON AMI ESSENINE 1925 – До свиданья, друг мой, до свиданья…

Littérature Russe
ESSENINE POEME 1925

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русский поэт- Poète Russe
русская литература

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стихотворение  – Poésie

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Sergueï Essénine
Сергей Александрович Есенин

3 octobre 1895 Konstantinovo (Rybnov) – 28 décembre 1925 à Leningrad
3 октября 1895, Константиново – 28 декабря 1925, Ленинград
TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

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LA POESIE DE SERGUEÏ ESSÉNINE
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AU REVOIR MON AMI

До свиданья, друг мой, до свиданья…

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LE DERNIER POEME

1925
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До свиданья, друг мой, до свиданья.
Au revoir mon ami, au revoir.
Милый мой, ты у меня в груди.
Mon ami, tu es dans mon cœur.
Предназначенное расставанье
La séparation est naturelle
Обещает встречу впереди.
Et reste une promesse de nous revoir ailleurs.

*
До свиданья, друг мой, без руки, без слова,
Au revoir, mon ami, sans une poignée de mains, sans un mot,
Не грусти и не печаль бровей, —
Sans tristesse ni froncement de sourcils-
В этой жизни умирать не ново,
Dans cette vie, mourir n’est pas nouveau,
Но и жить, конечно, не новей.
Mais vivre, aussi, n’est pas nouveau.
1925

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LES POEMES DE SERGUEÏ ESSENINE

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LA POESIE DE SERGUEÏ ESSÉNINE
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поэзия есенина
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LE TRAÎNEAU – ESSENINE Poème 1925 Слышишь – мчатся сани, слышишь – сани мчатся

Littérature Russe
ESSENINE POEME 1925

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русский поэт- Poète Russe
русская литература

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стихотворение  – Poésie

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Sergueï Essénine
Сергей Александрович Есенин

3 octobre 1895 Konstantinovo (Rybnov) – 28 décembre 1925 à Leningrad
3 октября 1895, Константиново – 28 декабря 1925, Ленинград
TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

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LA POESIE DE SERGUEÏ ESSÉNINE
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LE TRAÎNEAU

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Слышишь – мчатся сани, слышишь – сани мчатся

1925
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Слышишь – мчатся сани, слышишь – сани мчатся.
Écoute ! Écoute le chant du traîneau dans sa course.
Хорошо с любимой в поле затеряться.
Partons nous perdre là-bas au loin !
*
Ветерок веселый робок и застенчив,
La brise timide nous caresse,
По равнине голой катится бубенчик,
Laissant tinter la cloche dans les airs,

*

Эх вы, сани, сани! Конь ты мои буланый!
Va, traîneau, va traîneau ! Toi ma jument isabelle!
Где-то на поляне клен танцует пьяный.
Va rejoindre dans le pré l’érable ivre qui danse.

*

Мы к нему подъедем, спросим – что такое?
Allons lui demander- quelle est donc cette danse ?
И станцуем вместе под тальянку трое.
Et nous danserons tous les trois ensemble.

1925

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Бабушкины сказки
C. А. Есенин

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LES POEMES DE SERGUEÏ ESSENINE

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LA POESIE DE SERGUEÏ ESSÉNINE
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поэзия есенина
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