Archives de catégorie : Traduction

SONNETS SHAKESPEARE Sonnet 19 Devouring Time blunt thou the lion’s paws – Temps insatiable

LES SONNETS SHAKESPEARE THE SONNETS
THE SONNETS – LES SONNETS

Illustration du Phénix par Friedrich Justin Bertuch
*


WILLIAM SHAKESPEARE
[1564 – 1616]

Traduction JACKY LAVAUZELLE

**

SONNET 19

The Sonnets SHAKESPEARE
Les Sonnets SHAKESPEARE
Devouring Time, blunt thou the lion’s paws

 

Temps insatiable

1598 

**

*

Devouring Time, blunt thou the lion’s paws,
Temps insatiable, rogne les griffes du lion,
And make the earth devour her own sweet brood;
Et fais dévorer par la terre sa propre descendance ;
Pluck the keen teeth from the fierce tiger’s jaws,
Déracine les dents acérées des mâchoires du féroce tigre,
And burn the long-liv’d phoenix, in her blood;
Et brûle le séculaire phénix dans son sang ;

*








*

Make glad and sorry seasons as thou fleets,
Fais succéder dans ton vol les belles saisons aux plus désolantes,
And do whate’er thou wilt, swift-footed Time,
Et arrange à ta façon, Temps aux pieds de velours,
To the wide world and all her fading sweets;
Ce grandiose monde et toutes ses précaires douceurs ;
But I forbid thee one most heinous crime:
Mais je te refuse le plus odieux des crimes :

*






*

O! carve not with thy hours my love’s fair brow,
Oh ! Ne marque pas de tes heures le beau front de mon amour,
Nor draw no lines there with thine antique pen;
Ne trace aucune ligne de ton antique plume ;
Him in thy course untainted do allow
Dans ton cours, laisse-le sans tache,

*

For beauty’s pattern to succeeding men.
Comme  un parangon de beauté pour les hommes de demain.
Yet, do thy worst old Time: despite thy wrong,
Ou plutôt, vieux Temps, excite-toi ! malgré tes affronts,
My love shall in my verse ever live young.
Mon amour vivra toujours dans mon verset, jeune à jamais.

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SONNET 19

LES SONNETS SHAKESPEARE THE SONNETS

LUIS DE CAMOES OS LUSIADAS III-50 LES LUSIADES

Luís Vaz de Camões Os Lusiadas Les Lusiades
OS LUSIADAS III-50 LES LUSIADES III-50
LITTERATURE PORTUGAISE

Luis de Camoes Oeuvres obras Artgitato

literatura português

Luis de Camões
[1525-1580]

Tradução – Traduction
texto bilingue

Luis de Camoes Les Lusiades

 

Obra Poética

(1556)

LES LUSIADES III-50

OS LUSIADAS III-50

A Epopeia Portuguesa

 

CHANT III
Canto Terceiro

Traduction Jacky Lavauzelle

verso 50
Strophe 50

III-50

Image illustrative de l'article Vasco de Gama

Vasco de Gama

Vasco da Gama signature almirante.svg

 

******

Luís de Camões Os Lusiadas
OS LUSIADAS III-50
LES LUSIADES III-50

 *****

Précisions historiques

Camoes évoque, par l’intermédiaire de la voix de Vasco de Gama, la guerre entre Thérèse de León – Teresa Alfónsez de León (1080-1130) et son fils Afonso Henriques (1109 Guimarães /Viseu-1185  Coimbra) -Alfonso deviendra le premier roi de Portugal sous le nom d’Alphonse Ier – Alfonso I
Afonso Henriques sera couronné roi de Portugal en 1139 après la bataille d’Ourique.
Nous sommes dans le verset 42 du chant III à la veille de cette bataille entre Alphonse Ier et les maures sur les bords du Tage.
Dans le verset 43, la bataille se prépare et Luis de Camoes insiste sur la disproportion des forces en présence. Les Lusitaniens sont en nombre, dit Camoes, cent fois moins nombreux.
Mais les Chrétiens, « povo batizado« , sont si concentrés et recueillis dans leur foi que tout reste possible.
Dans le verset 44, Camoes présente les forces Maures, les cinq rois Maures Almoravides et notamment Ismar / Esmar.
Sonnet 45, nous étions au petit matin froid de la bataille.
Sonnets 45 & 46, Camoes évoque le miracle d’Ourique, le Christ apparaît dans toute sa splendeur et sa majesté à Alphonse Ier.
Sonnet 47, Camoes compare les stratégies des deux camps à un combat d’animaux : le léger chien agile, les Portugais, contre le gros taureau puissant et lourd, les Sarrasins.
Sonnet 48, l’armée d’Alphonse survolté se met en branle et le combat dans un immense fracas commence.
Sonnet 49, Camoes brosse le portrait d’une campagne en feu faisant fuir les paysans. La place est purifiée par les flammes et prête au dénouement final. La présence de Borée ajoute bien à cette soif du combat, cette envie inextinguible d’en découdre (« l’on regardoit ce vent comme donnant de l’appétit » précise d’Alembert, cf. note ci-dessous)
Sonnet 50, les forces s’affrontent. Malgré la puissance de la cavalerie mauresque, les lances portugaises déciment les positions ennemies.

Jacky Lavauzelle
Camoes Les Lusiades

**

La Bataille d’Ourique
Domingos Sequeira

**

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« Desta arte o Mouro atónito e torvado,
« Au cœur de cette maestria, les Maures étonnés et fébriles,
Toma sem tento as armas mui depressa;
Se saisissent de leurs armes ;
Não foge; mas espera confiado,
Ils ne fuient pas, mais attendent en confiance,
E o ginete belígero arremessa.
Et leurs cavaliers impétueux se jettent dans la bataille.
O Português o encontra denodado,
Les Portugais vaillamment les affrontent,
Pelos peitos as lanças lhe atravessa:
 Transperçant leurs poitrines de leurs lances,
Uns caem meios mortos, e outros vão
Les uns s’effondrent morts, et d’autres appellent
  A ajuda convocando do Alcorão.
A l’aide en convoquant le Coran.

********

La vision de D. Afonso Henriques
Frei Manuel dos Reis

**

Vasco de Gama par Gregorio Lopes

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Luís Vaz de Camões Os Lusiadas Les Lusiades
OS LUSIADAS III-50 CAMOES LUSIADES III-50
Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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White_Fawn_Drawing Faon Diane

LUIS DE CAMOES OS LUSIADAS LES LUSIADES

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LES SONNETS SHAKESPEARE SONNET 18 Shall I compare thee to a summer’s day?

LES SONNETS SHAKESPEARE THE SONNETS
THE SONNETS – LES SONNETS


WILLIAM SHAKESPEARE
[1564 – 1616]

Traduction JACKY LAVAUZELLE

**

SONNET 18

The Sonnets SHAKESPEARE
Les Sonnets SHAKESPEARE
Shall I compare thee to a summer’s day?

Dois-je te comparer à un jour d’été ?

1598 

**

Shall I compare thee to a summer’s day?
Dois-je te comparer à un jour d’été ?
Thou art more lovely and more temperate:
Tu es plus belle et plus tempérée :
Rough winds do shake the darling buds of May,
Les vents rugueux secouent les bourgeons chéris de Mai,
And summer’s lease hath all too short a date:
Et le bail de l’été est décidément bien trop court :

*








Sometime too hot the eye of heaven shines,
Parfois trop brûlant, l’œil du ciel brille intensément,
And often is his gold complexion dimm’d,
Mais souvent son teint d’or s’estompe,
And every fair from fair sometime declines,
Et ainsi toute beauté décline,
By chance, or nature’s changing course untrimm’d:
Par le pur hasard ou par le cours changeant de la nature :






*

But thy eternal summer shall not fade,
Mais ton été éternel ne disparaîtra pas,
Nor lose possession of that fair thou ow’st,
Et ne sera pas dépossédé de tes grâces,
Nor shall death brag thou wander’st in his shade,
La mort ne se targuera de ton errance dans ses ombres,

*

When in eternal lines to time thou grow’st,
Quand, dans les lignes éternelles, tu grandiras,
So long as men can breathe, or eyes can see,
Tant que les hommes respireront ou que les yeux verront,
So long lives this, and this gives life to thee.
Cela durera longtemps et cela te donnera la vie.

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SONNET 18

LES SONNETS SHAKESPEARE THE SONNETS

LUIS DE CAMOES OS LUSIADAS III-49 LES LUSIADES

Luís Vaz de Camões Os Lusiadas Les Lusiades
OS LUSIADAS III-49 LES LUSIADES III-49
LITTERATURE PORTUGAISE

Luis de Camoes Oeuvres obras Artgitato

literatura português

Luis de Camões
[1525-1580]

Tradução – Traduction
texto bilingue

Luis de Camoes Les Lusiades

 

Obra Poética

(1556)

LES LUSIADES III-49

OS LUSIADAS III-49

A Epopeia Portuguesa

 

CHANT III
Canto Terceiro

Traduction Jacky Lavauzelle

verso 49
Strophe 49

III-49

Image illustrative de l'article Vasco de Gama

Vasco de Gama

Vasco da Gama signature almirante.svg

 

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Luís de Camões Os Lusiadas
OS LUSIADAS III-49
LES LUSIADES III-49

 *****

Précisions historiques

Camoes évoque, par l’intermédiaire de la voix de Vasco de Gama, la guerre entre Thérèse de León – Teresa Alfónsez de León (1080-1130) et son fils Afonso Henriques (1109 Guimarães /Viseu-1185  Coimbra) -Alfonso deviendra le premier roi de Portugal sous le nom d’Alphonse Ier – Alfonso I
Afonso Henriques sera couronné roi de Portugal en 1139 après la bataille d’Ourique.
Nous sommes dans le verset 42 du chant III à la veille de cette bataille entre Alphonse Ier et les maures sur les bords du Tage.
Dans le verset 43, la bataille se prépare et Luis de Camoes insiste sur la disproportion des forces en présence. Les Lusitaniens sont en nombre, dit Camoes, cent fois moins nombreux.
Mais les Chrétiens, « povo batizado« , sont si concentrés et recueillis dans leur foi que tout reste possible.
Dans le verset 44, Camoes présente les forces Maures, les cinq rois Maures Almoravides et notamment Ismar / Esmar.
Sonnet 45, nous étions au petit matin froid de la bataille.
Sonnets 45 & 46, Camoes évoque le miracle d’Ourique, le Christ apparaît dans toute sa splendeur et sa majesté à Alphonse Ier.
Sonnet 47, Camoes compare les stratégies des deux camps à un combat d’animaux : le léger chien agile, les Portugais, contre le gros taureau puissant et lourd, les Sarrasins.
Sonnet 48, l’armée d’Alphonse survolté se met en branle et le combat dans un immense fracas commence.
Sonnet 49, Camoes brosse le portrait d’une campagne en feu faisant fuir les paysans. La place est purifiée par les flammes et prête au dénouement final. La présence de Borée ajoute bien à cette soif du combat, cette envie inextinguible d’en découdre (« l’on regardoit ce vent comme donnant de l’appétit » précise d’Alembert, cf. note ci-dessous)

Jacky Lavauzelle
Camoes Les Lusiades

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La Bataille d’Ourique
Domingos Sequeira

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« Bem como quando a flama, que ateada
« Ainsi, lorsque la flamme naît
Foi nos áridos campos (assoprando
Au cœur des champs arides (souffle
O sibilante Bóreas) animada
Puissant de Borée*) animée
Co’o vento, o seco mato vai queimando;
Par les vents, l’herbe sèche brûle aussitôt ;
A pastoral companha, que deitada
La campagne pastorale, sortant
Co’o doce sono estava, despertando
De son doux sommeil, s’effraie
Ao estridor do fogo que se ateia,
Du mur de feu qui embrase l’horizon,
Recolhe o fato, e foge para a aldeia:
Les paysans rassemblent leurs affaires et s’enfuient vers le village :

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NOTES

*Borée : la définition de la Première Encyclopédie

« BORÉE, s. m. (Physiq.) nom dérivé du Grec, & dont on se sert communément pour signifier le vent de nord. Voyez Vent & Nord.
Les étymologistes font venir ce mot du Grec βοὴ, clamor, bruit ; ou de βορὰ, esca, aliment ; soit parce que l’on regardoit ce vent comme donnant de l’appétit, ou parce qu’on le croyoit bon pour les fruits de la terre qui nous donnent la nourriture. D’autres le dérivent de l’Hébreu, biojah, aliment, ou de beri, tranquillité, ou de bor, pureté, ou de bar, blé. Les anciens supposoient que ce vent se faisoit sentir principalement en Thrace. Pezron remarque qu’anciennement borée signifioit le vent de nord, & qu’il souffloit chez ces peuples pendant le solstice d’été. Il ajoûte que ce mot vient du mot Celtique bore, matin, parce que les premiers rayons du soleil se font voir en été au nord-est, & qu’ordinairement c’est de ce point que ce vent commence à souffler. (O) »

Jean le Rond D’Alembert
L’Encyclopédie, Première Edition
Texte établi par D’Alembert – Diderot, 1751 (Tome 2, p. 335).

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La vision de D. Afonso Henriques
Frei Manuel dos Reis

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Vasco de Gama par Gregorio Lopes

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Luís Vaz de Camões Os Lusiadas Les Lusiades
OS LUSIADAS III-49 CAMOES LUSIADES III-49
Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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White_Fawn_Drawing Faon Diane

LUIS DE CAMOES OS LUSIADAS LES LUSIADES

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LES SONNETS SHAKESPEARE THE SONNETS SONNET 17 Who will believe my verse in time to come

LES SONNETS SHAKESPEARE THE SONNETS
THE SONNETS – LES SONNETS


WILLIAM SHAKESPEARE
[1564 – 1616]

Traduction JACKY LAVAUZELLE

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SONNET 17

The Sonnets SHAKESPEARE
Les Sonnets SHAKESPEARE
Who will believe my verse in time to come

Qui croira mes versets dans les temps à venir

1598 

**

 

Who will believe my verse in time to come,
Qui croira mes versets dans les temps à venir,
If it were fill’d with your most high deserts?
Si de vos mérites les plus élevés, ils s’en trouvaient saturés ?
Though yet heaven knows it is but as a tomb
Pourtant, le ciel sait que ce n’est qu’un tombeau
Which hides your life, and shows not half your parts.
Qui cache votre vie et ne dévoile que la moitié de vos atours.

*








 If I could write the beauty of your eyes,
Si je pouvais écrire la beauté de vos yeux,
And in fresh numbers number all your graces,
Et lister toutes vos grâces,
The age to come would say ‘This poet lies;
Le futur dirait : « Ce poète ment !
Such heavenly touches ne’er touch’d earthly faces.’
De telles formes célestes ne touchent pas les visages terrestres. »

*

So should my papers, yellow’d with their age,
De même, mes papiers, jaunis par le temps,
Be scorn’d, like old men of less truth than tongue,
Seraient méprisés, comme des vieillards moins vrais que bavards,
And your true rights be term’d a poet’s rage
Et vos véritables mots comme la rage d’un poète

*

And stretched metre of an antique song:
Et le mètre étiré d’une antique chanson :
But were some child of yours alive that time,
Mais si un enfant de vous se retrouvait dans cette époque,
You should live twice,—in it, and in my rhyme.
Vous vivriez deux fois : en lui et dans ma rime.

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SONNET 17

LES SONNETS SHAKESPEARE THE SONNETS

LUIS DE CAMOES OS LUSIADAS III-48 LES LUSIADES

Luís Vaz de Camões Os Lusiadas Les Lusiades
OS LUSIADAS III-48 LES LUSIADES III-48
LITTERATURE PORTUGAISE

Luis de Camoes Oeuvres obras Artgitato

literatura português

Luis de Camões
[1525-1580]

Tradução – Traduction
texto bilingue

Luis de Camoes Les Lusiades

 

Obra Poética

(1556)

LES LUSIADES III-48

OS LUSIADAS III-48

A Epopeia Portuguesa

 

CHANT III
Canto Terceiro

Traduction Jacky Lavauzelle

verso 48
Strophe 48

III-48

Image illustrative de l'article Vasco de Gama

Vasco de Gama

Vasco da Gama signature almirante.svg

 

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Luís de Camões Os Lusiadas
OS LUSIADAS III-48
LES LUSIADES III-48

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Précisions historiques

Camoes évoque, par l’intermédiaire de la voix de Vasco de Gama, la guerre entre Thérèse de León – Teresa Alfónsez de León (1080-1130) et son fils Afonso Henriques (1109 Guimarães /Viseu-1185  Coimbra) -Alfonso deviendra le premier roi de Portugal sous le nom d’Alphonse Ier – Alfonso I
Afonso Henriques sera couronné roi de Portugal en 1139 après la bataille d’Ourique.
Nous sommes dans le verset 42 du chant III à la veille de cette bataille entre Alphonse Ier et les maures sur les bords du Tage.
Dans le verset 43, la bataille se prépare et Luis de Camoes insiste sur la disproportion des forces en présence. Les Lusitaniens sont en nombre, dit Camoes, cent fois moins nombreux.
Mais les Chrétiens, « povo batizado« , sont si concentrés et recueillis dans leur foi que tout reste possible.
Dans le verset 44, Camoes présente les forces Maures, les cinq rois Maures Almoravides et notamment Ismar / Esmar.
Sonnet 45, nous étions au petit matin froid de la bataille.
Sonnets 45 & 46, Camoes évoque le miracle d’Ourique, le Christ apparaît dans toute sa splendeur et sa majesté à Alphonse Ier.
Sonnet 47, Camoes compare les stratégies des deux camps à un combat d’animaux : le léger chien agile, les Portugais, contre le gros taureau puissant et lourd, les Sarrasins.
Sonnet 48, l’armée d’Alphonse survolté se met en branle et le combat dans un immense fracas commence.

Jacky Lavauzelle
Camoes Les Lusiades

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La Bataille d’Ourique
Domingos Sequeira

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« Tal do Rei novo o estâmago acendido
« Ainsi le nouveau Roi porté
Por Deus e pelo povo juntamente,
Tant par Dieu et que par son peuple,
O Bárbaro comete apercebido,
 Se dirige vers les Barbares,
 
Co’o animoso exército rompente.
Au devant de sa courageuse armée.
Levantam nisto os perros o alarido
Se lève alors une agitation parmi les Chiens
Dos gritos, tocam a arma, ferve a gente,
Des cris, des bruits d’armes, de la confusion,
 
As lanças e arcos tomam, tubas soam,
Les lances et les arcs sont pris, sonnent les trompettes,
Instrumentos de guerra tudo atroam.
Les instruments de guerre s’affrontent.

La vision de D. Afonso Henriques
Frei Manuel dos Reis

**

Vasco de Gama par Gregorio Lopes

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Luís Vaz de Camões Os Lusiadas Les Lusiades
OS LUSIADAS III-48 CAMOES LUSIADES III-48
Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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White_Fawn_Drawing Faon Diane

LUIS DE CAMOES OS LUSIADAS LES LUSIADES

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Lettere di Aretino – Les Lettres de l’Arétin

PIERRE L’ARETIN – PIETRO ARETINO

Traduction – Texte Bilingue
LITTERATURE ITALIENNE
Letteratura Italiana

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

Pietro Aretino
Pierre l’Arétin
Arezzo, 20 aprile 1492 – Venezia, 21 ottobre 1556
Arezzo 20 avril 1492 – Venise 21 octobre 1556

——–



 L’ARETIN








LETTERE  DI ARETINO
LETTRES DE L’ARETIN

 

Arezzo, 20 aprile 1492 – Venezia, 21 ottobre 1556
Tiziano – Le Titien
Vers1548 circa
Frick Collection New York

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LIVRE I – LIBRO I

AU CONTE DE SAN SECONDO
AL CONTE DI SAN SECONDO
1537

Andate piano con il farmi piacere, ch’io non voglio che mi incalziate tanto con la loro abondanza che, volendo far de l’uomo in sodisfarvigli e non potendo, vi paresse poi una bestia.








Allez-y modérément avec vos largesses, car je ne veux pas être pourvu par tant d’abondance ; je voudrais vous rendre la pareille que je ne le pourrai, je ressemblerai alors à une bête.

Di Venezia, il 24 giugno 1537
Venise, le 24 juin 1537

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L’ARETIN
par
Philarète Chasles
(1834)

« Arétin ! — L’infamie de ce nom m’arrêtait. — J’hésitais à tracer des lettres obscènes, symboles d’impureté : mais cet impur, fils d’un un impur, soulève un coin de l’histoire des hommes.
C’est la civilisation dépravée de l’Italie, et le premier excès de la presse vénale. C’est la plume devenue marchandise, et l’éloge et le blâme achetés lâchement par les rois, vendus lâchement par un misérable, à travers l’Europe, sa tributaire. C’est Venise savante, impudique, artiste, indépendante, asile des proscrits, des savants, des exilés, des penchants pervers et des arts brillants ; Venise riche et puissante, offrant toutes les libertés du vice à qui veut bien se passer des autres libertés. Vous ne voyez en lui qu’un type ignoble ? Il a dominé le XVIe siècle littéraire. François Ier l’honorait. Arioste l’appelait divin. Charles-Quint causait familièrement avec lui. De niveau avec toutes les puissances, ami de Titien, correspondant de Michel-Ange, bravant les foudres papales, plus riche qu’un prince, plus insolent qu’un condottiere, plus admiré que le Tasse, plus célèbre que Galilée, qu’était donc cet homme ?
D’où lui venait sa puissance ?
De quelle force disposait-il ?
Quelle terreur et quelle tyrannie se concentraient dans ces taches d’encre calomniatrices et immondes qui dégouttaient de sa plume ?Que résumait-il ? — Que représentait-il ? —
Il représentait la Presse. Il fut terrible comme elle. Né au moment précis où cette Force inattendue sortait des langes, se développait, grandissait, devenait redoutable, étendait son influence : il comprit le premier quel levier ce serait que l’injure de la Presse.
La calomnie, multipliée, impérissable !
La crainte lancée par cette calomnie !
Instrument, pouvoir, levier immense, qu’il devina ; instrument que son abus n’avait pas affaibli, que son excès n’avait pas usé. Arétin s’en saisit ; — il mit son siècle à ses pieds, — un grand siècle ! »

Philarète Chasles
L’Arétin, sa vie et ses œuvres
Première Partie
Revue des Deux Mondes
Période Initiale
Tome 4 – 1834








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LETTRES DE L’ARETIN : AU CONTE DE SAN SECONDO Pietro Aretino Al conte di San Secondo (Venise-24 juin 1537)

PIERRE L’ARETIN – PIETRO ARETINO
LETTERE – Libro I – LETTRES -LIVRE I
AU CONTE DE SAN SECONDO
AL CONTE DI SAN SECONDO
1537

Traduction – Texte Bilingue
LITTERATURE ITALIENNE
Letteratura Italiana

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

Pietro Aretino
Pierre l’Arétin
Arezzo, 20 aprile 1492 – Venezia, 21 ottobre 1556
Arezzo 20 avril 1492 – Venise 21 octobre 1556

 

——–











 L’ARETIN

LETTERE – Libro I
LETTRES -LIVRE I
AU CONTE DE SAN SECONDO
AL CONTE DI SAN SECONDO

 

Tiziano – Le Titien
Vers 1548 circa 1548
Frick Collection New York












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Andate piano con il farmi piacere, ch’io non voglio che mi incalziate tanto con la loro abondanza che, volendo far de l’uomo in sodisfarvigli e non potendo, vi paresse poi una bestia.
Allez-y modérément avec vos largesses, car je ne veux pas être pourvu par tant d’abondance ; je voudrais vous rendre la pareille que je ne le pourrai, je ressemblerai alors à une bête.
A me è troppo che, scrivendo al signor Cosimo dei Medici per alte vostre faccende, me gli ricordiate, senza così caldamente, qual mi scrivete, mandare a Fiorenza a posta.
Pour moi, c’est déjà inespéré que vous écriviez au seigneur Cosme de Médicis, afin de lui rappeler mon bon souvenir, mais aller jusqu’à le lui rappeler en lui envoyant spécialement une missive à Florence, aussi chaleureuse que celle que vous m’écrivez.
Ma ogni altra cosa è ciancia, eccetto l’avere addosso quel diavolo d’amore che, non perdonando a la vecchiezza mia, è da credere che non perdoni anco a la gioventù vostra.
Mais tout le reste est absurdité, sauf ce diable d’amour, qui ne m’oublie pas dans ma vieillesse, et tout me laisse à penser qu’il ne passe pas à côté de votre jeunesse.
Che crudeli notti, che fieri giorni si trapassano, bontà de le sue ribalderie!
Que de nuits cruelles, que de jours inquiets, nous subissons sa fourberie! Io mi aveva scemato la metà di ciò ch’io mangiava per ismagrare (che certo non il cibo ma l’ozio di questa città m’ha ingrassato tanto che ne vivo in continua rabbia), e non giovava.
Pour maigrir, je m’étais forcé à manger deux fois moins (ce qui est certainement pas de la responsabilité de la nourriture, mais l’oisiveté dans cette ville m’a engraissé, ce qui m’a conduit dans une colère constante), et pour tout dire n’a rien donné.
Occorsami la perdita di una mia già donna, e ora d’altri;
Seulement la cause en est la perte de ma femme, qui à cette heure est avec un autre ;
onde io per tal cagione divenni come un di quegli che trafugano la vita di mano a la peste o a la fame, che sono simili a l’ombre di loro stessi.

de sorte que, pour cette raison, je suis devenu semblable à ceux qui échappent des mains de la peste ou de la famine, et qui ne ressemblent plus qu’à l’ombre d’eux-mêmes.
Veramente ch’io ho più compassione a chi pate amando che a chi si muor di fame o a chi va a la giustizia a torto:
En fait, j’ai plus de compassion pour ceux qui se meurt d’amour que pour ceux qui meurt de faim ou ceux qui sont condamnés à tort par la justice :
perché il morirsi di fame procede da la dapocaggine, e l’esser giustiziato a torto nasce da la mala sorte;
parce que mourir de faim procède de la lâcheté, et être condamné à tort procède de malchance ;
ma la crudeltà che cade sopra a un innamorato è uno assassinamento fattogli da la fede, da la sollecitudine e da la servitù de la bontà propria.

mais la cruauté qui tombe sur un amant est un assassinat contre sa foi, sa sollicitude et sa propre bonté.
Io mi son ritrovato e trovo e trovarò sempre, per la grazia di Dio e mia, senza danari, a perder padroni, amici e parenti, a esser in caso di morte, ad aver nimicizia, debiti a le spalle, e in mille altre rovine;
 Je me suis retrouvé et je me retrouverai toujours, par la grâce de Dieu et la mienne, sans argent, sans protecteur, ni amis et ni famille, comme mort, ayant des inimitiés, des dettes sur les épaules, et au milieu de mille autres ruines ;
e conchiudo che son zuccaro i fastidi predetti a comparazione del martello de la gelosia, de l’aspettare, de le bugie, degli inganni, con cui sei crocifisso dì e notte.
et je conclus qu’ils ne sont tous rien que des douceurs comparés au marteau de la jalousie, de l’attente, des mensonges, de la tromperie, qui te crucifient continuellement.
Il desinare ti si fa tosco, la cena assenzio, il letto di sasso, l’amicizia odio, e sempre la fantasia è fitta in colei;
Le déjeuner t’empoisonne, le dîner est immangeable, le lit dur comme de la roche, l’amitié en haine se transforme, et ton cerveau se bloque toujours sur elle ;
onde stupisco come è possibile che la mente sia in una continua tempesta e come ella non dimentichi se medesima ne l’essere sempre sempre combattuta dai pensieri che gli fan seguitare la cosa amata, strascinandosi dietro il core.
je me demande aussi comme est-il possible que l’esprit résiste tant dans cette tempête constante et qu’il ne perde pas sa raison dans cette violente lutte contre les pensées qui suivent la chose aimée, avec le cœur en lambeaux derrière lui.
E tutto sarebbe spasso se ne le donne fusse qualche pochetto di conoscenza del meglio.
Et tout ne serait qu’amusement si les femmes avaient quelque peu de bienveillance.
Apunto viola esse, giocando a la ronfa amorosa, scartano ogni volta gli assi e i re.
En jouant à la prime (ronfa), elles se débarrassent des as et des rois. 
Ma si doveria sculpire in lettre d’oro ciò che disse un perugino.
Mais il serait nécessaire de sculpter en or ces mots de Pérugin :
Egli cavò de l’amor d’una amica tanto mal francioso che avrebbe fatto disperare il legno d’India;
L’amour de sa bien-aimée lui a donné un mal français à désespérer le bois d’Inde [permettant de combattre la syphilis] ;
onde se ne coperse dal capo ai piedi pur troppo bestialmente.
donc il se couvrit de la tête aux pieds, mais si bestialement.
Ne aveva ricamate le mani, smaltata la faccia, ingemmato il collo e coniata la gola, talché pareva composto di musaico.
Il se retrouva avec les mains scarifiées et le visage glacé brodé, le cou et la gorge marqués, de sorte qu’il ressemblait à une mosaïque.
Ed essendo così malconcio, ecco che lo guarda uno di quegli voi mi intendete;
Et étant ici, c’est l’un de ces regards…vous me comprenez ;
e doppo le meraviglie e i conforti, disse:
qui lui dit afin de le consoler :
« Fratello, ella si coglie al nascere, e bisogna che chi può ce la mandi buona.
« Frère, cela vient à la naissance, et nous avons besoin de ceux qui peuvent nous donner du bien.
Ma buon per te, se tu avessi imparato l’arte mia! ».
Mais il eût été préférable pour vous, d’avoir appris mon art. »
« Volesse Cristo », rispose egli, che si faria per questa pelle ch’io ho abotitacento volte al vostro santo Arcolano;
« Plût au Christ !» répondit-il, que pour cette peau, j’ai prié tant de fois notre saint Herculan de Pérouse [Saint Herculan de Pérouse fut mis à mort, écorché et décapité sur les remparts de Pérouse en 547 par le roi Ostrogoth Totila] ;
ma perché non faria un piacere a Dio col pegno, sto come tu vedi ».
mais il ne plaît pas à Dieu, je suis comme tu le vois. »
E nel fin di cotal parabola mi raccomado a la vostra signoria.
Et comme je termine cette parabole, je me recommande à vous, Monseigneur.

Di Venezia, il 24 giugno 1537
Venise, le 24 juin 1537

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Pierre l’Arétin

 


LES SONNETS SHAKESPEARE THE SONNETS SONNET 16 But wherefore do not you a mightier way

LES SONNETS SHAKESPEARE THE SONNETS
THE SONNETS – LES SONNETS


WILLIAM SHAKESPEARE
[1564 – 1616]

Traduction JACKY LAVAUZELLE

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SONNET 16

The Sonnets SHAKESPEARE
Les Sonnets SHAKESPEARE
But wherefore do not you a mightier way

Mais pourquoi n’avez-vous pas de manière plus puissante

1599 

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 But wherefore do not you a mightier way
Mais pourquoi n’avez-vous pas de manière plus puissante
Make war upon this bloody tyrant, Time?
Pour guerroyer contre ce tyran sanguinaire : le Temps ?
And fortify your self in your decay
Et pourquoi ne pas vous fortifiez contre votre décadence
With means more blessed than my barren rhyme?
Avec des moyens plus heureux que ma rime stérile ?

*








Now stand you on the top of happy hours,
Maintenant, vous vous tenez au sommet des heures heureuses,
And many maiden gardens, yet unset,
Et de nombreux jardins, encore vierges,
With virtuous wish would bear you living flowers,
Avec une vertueuse envie, porteraient vos fleurs vivaces,
Much liker than your painted counterfeit:
Vous ressemblant beaucoup plus que votre portrait peint :

*

So should the lines of life that life repair,
Ainsi, les lignes de vie reviendraient dans votre vie,
Which this, Time’s pencil, or my pupil pen,
Ce que ni le crayon ni la plume de l’élève,
Neither in inward worth nor outward fair,
Ni en vertu intérieure ni en grâces extérieures,

*

Can make you live your self in eyes of men.
Ne pourraient faire vivre aux yeux des hommes.
To give away yourself, keeps yourself still,
En vous donnant vous-même, vous vous conserverez toujours,
And you must live, drawn by your own sweet skill.
Et vous vivrez dans un doux portrait réalisé par votre propre talent.

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SONNET 16

LES SONNETS SHAKESPEARE THE SONNETS

LUIS DE CAMOES OS LUSIADAS III-47 LES LUSIADES

Luís Vaz de Camões Os Lusiadas Les Lusiades
OS LUSIADAS III-47 LES LUSIADES III-47
LITTERATURE PORTUGAISE

Luis de Camoes Oeuvres obras Artgitato

literatura português

Luis de Camões
[1525-1580]

Tradução – Traduction
texto bilingue

Luis de Camoes Les Lusiades

 

Obra Poética

(1556)

LES LUSIADES III-47

OS LUSIADAS III-47

A Epopeia Portuguesa

 

CHANT III
Canto Terceiro

Traduction Jacky Lavauzelle

verso 47
Strophe 47

III-47

Image illustrative de l'article Vasco de Gama

Vasco de Gama

Vasco da Gama signature almirante.svg

 

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Luís de Camões Os Lusiadas
OS LUSIADAS III-47
LES LUSIADES III-47

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Précisions historiques

Camoes évoque, par l’intermédiaire de la voix de Vasco de Gama, la guerre entre Thérèse de León – Teresa Alfónsez de León (1080-1130) et son fils Afonso Henriques (1109 Guimarães /Viseu-1185  Coimbra) -Alfonso deviendra le premier roi de Portugal sous le nom d’Alphonse Ier – Alfonso I
Afonso Henriques sera couronné roi de Portugal en 1139 après la bataille d’Ourique.
Nous sommes dans le verset 42 du chant III à la veille de cette bataille entre Alphonse Ier et les maures sur les bords du Tage.
Dans le verset 43, la bataille se prépare et Luis de Camoes insiste sur la disproportion des forces en présence. Les Lusitaniens sont en nombre, dit Camoes, cent fois moins nombreux.
Mais les Chrétiens, « povo batizado« , sont si concentrés et recueillis dans leur foi que tout reste possible.
Dans le verset 44, Camoes présente les forces Maures, les cinq rois Maures Almoravides et notamment Ismar / Esmar.
Sonnet 45, nous étions au petit matin froid de la bataille.
Sonnets 45 & 46, Camoes évoque le miracle d’Ourique, le Christ apparaît dans toute sa splendeur et sa majesté à Alphonse Ier.
Sonnet 47, Camoes compare les stratégies des deux camps à un combat d’animaux : le léger chien agile, les Portugais, contre le gros taureau puissant et lourd, les Sarrasins.

Jacky Lavauzelle
Camoes Os Lusiadas

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La Bataille d’Ourique
Domingos Sequeira

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« Qual co’os gritos e vozes incitado,
« Comme les cris et les voix galvanisent,
 Pela montanha o rábido Moloso,
Dans la montagne, le molosse enragé
  Contra o touro remete, que fiado
Contre le taureau, qui lui se fie
Na força está do corno temeroso:
   A la force de ses cornes téméraires :
  Ora pega na orelha, ora no lado,
Tantôt attrapant l’oreille, tantôt le flanc,
 Latindo mais ligeiro que forçoso,
Il aboie plus léger que féroce,
  Até que enfim, rompendo-lhe a garganta,
 Jusqu’à ce qu’enfin il lui broie la gorge,
Do bravo a força horrenda se quebranta:
Et que cette puissance effrayante s’abatte :    

La vision de D. Afonso Henriques
Frei Manuel dos Reis

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Vasco de Gama par Gregorio Lopes

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Luís Vaz de Camões Os Lusiadas Les Lusiades
OS LUSIADAS III-47 CAMOES LUSIADES III-47
Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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White_Fawn_Drawing Faon Diane

LUIS DE CAMOES OS LUSIADAS LES LUSIADES

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