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YUE LAO 月老 THE GOD OF MARRIAGE 月下老人 Thean Hou Temple Kuala Lumpur

Malaysia

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PHOTO JACKY LAVAUZELLE

 




 

 

YUE LAO
月老
The God of Marriage
Le Dieu du Mariage

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Thean Hou Temple
Tokong Thean Hou
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YUE LAO
月老
The God of Marriage
Le Dieu du Mariage
The match maker from heaven

Yue Lao (literally means “Old man under the moon”), is regarded as the God of Marriage and Love in Chinese mythology. He is also known as Match Maker from heaven.
He appears as an old man with a romance book in his left hand and a walking stick in his right hand.
The romance book consists of a name list of predestined couples to which Yue Lao shall refer and unite the couples with a silken cord and make all possible matches from all walks of life.

Yue Lao (littéralement signifie « Viel homme sous la lune »), est considéré comme le dieu du mariage et de l’amour dans la mythologie chinoise. Il est également connu comme Le Faiseur de rencontre du ciel.
Il apparaît comme un vieil homme avec un livre romantique dans sa main gauche et un bâton de marche dans sa main droite.
Le livre se compose d’une liste de noms de couples prédestinés auxquels Yue Lao doit se référer et il doit aussi réunir les couples à l’aide d’un cordon soyeux et organiser toutes les rencontres possibles.

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Les premiers récits sur Yue Lao se retrouvent dans la période de la dynastie Tang (唐朝 – 618-907).
Nous suivons les aventures de Wei Gu 魏顾, jeune homme esseulé, à la recherche de son âme sœur. Il trouve dans la ville Song 宋城, un vieil homme capable, grâce à son livre, de lier les hommes et les femmes et de les marier.
Il lui demande donc, avec un tel pouvoir, de lui montrer se future promise.
Le vieil homme lui montre une femme très pauvre avec son enfant de trois ans. Cet enfant sera sa future femme.
En colère, il demande à son domestique de tuer cet enfant. L’enfant ne sera que blessé.
Plusieurs années passèrent et un haut fonctionnaire offrit sa fille en mariage à notre Wei Gu qui accepta avec joie.
La nuit de noces arriva et Wei Gu remarqua une cicatrice entre ses sourcils. Elle lui expliqua alors qu’un homme avait tenté de la tuer dans la ville de Song. Wei Gu compris alors que la vision du vieil homme s’était accomplie malgré sa malheureuse action.












Depuis, dans le mariage traditionnel chinois, les mariés se promènent en se tenant par un ruban rouge. Cela symbolise leur rencontre voulue par Yue Lao.

On retrouve de nombreuses statues de Yue Lao, notamment dans la deuxième ville de Malaisie Johor Bahru, capitale de l’État de Johor.



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Thean Hou Temple
Tokong Thean Hou
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LE MARIAGE
VU PAR
Tcheng Kitong
(1884)

En Chine, on considère comme des phénomènes le vieux garçon et la vieille fille.
C’est à dessein que je commence ce sujet sous la protection de cette observation : car il me sera plus facile de dire les choses les plus singulières, sans exciter un trop grand étonnement.
Le vieux garçon et la vieille fille sont des produits essentiellement occidentaux, et cette manière d’exister est absolument contraire à nos mœurs.
On dit en Europe que quiconque est bon pour le service est soldat ; chez nous la formule peut rester la même : il suffit de substituer au mot soldat celui de marié.
Très sérieusement on considère le célibat comme un vice. Il faut avoir des raisons pour l’excuser. En Occident, il faut avoir des excuses pour expliquer le mariage. Cette forme est peut-être exagérée, mais elle est parisienne, et quand on parle du mariage en Chine, on se trouve aux antipodes du mariage parisien. Les détails qui vont suivre sont donc nécessairement curieux.
Les Chinois se marient de très bonne heure, le plus souvent avant vingt ans. Il n’est pas rare de voir des jeunes gens de seize ans épouser des jeunes filles de quatorze ans et l’on peut être grand’mère à trente ans ! On chercherait en vain des causes climatologiques dans ces dispositions de nos mœurs. Elles sont une conséquence de l’institution même de la famille et du culte des ancêtres. Au nord ou au sud de la Chine, c’est-à-dire dans des régions où l’on peut éprouver la chaleur des tropiques ou le froid de la Sibérie, ces mœurs sont les mêmes : on se marie jeune dans toutes les provinces de l’Empire.
C’est la première préoccupation des parents : le mariage de l’enfant dès que l’adolescence se manifeste ; longtemps même avant que l’âge ait sonné, les parents font leur choix. Ceux-ci ont déjà fait part à des amis de leur intention d’unir leur fils à leur fille. Ils conviennent entre eux d’en réaliser le projet dès que le temps sera venu. Souvent le choix de l’épouse est fait dans le cercle même de la famille. Il y a enfin les amis des amis qui s’occupent de faire les mariages, qui servent d’intermédiaires…. désintéressés et ont quelquefois la main heureuse. Car, chez nous comme ailleurs, le mariage est une chance et les époux ne se connaissent que lorsqu’ils sont mariés.
Faire sa cour est un devoir inconnu et que nos mœurs du reste rendent irréalisable. En Europe on s’accorde, avant le mariage, quelques semaines pour apprendre à s’aimer. C’est une sorte de stage, de trêve précédant le grand jour, et pendant cet intervalle on donne des fêtes et de grands dîners. C’est une existence charmante qui sert de préface au mariage et dont les souvenirs deviendront plus chers à mesure que croîtront les années de mariage. Il est clair que personne ne veut prendre la responsabilité de l’union projetée. On dit aux jeunes gens : apprenez à vous connaître, vous avez deux mois et alors vous direz oui ou non. Se connaît-on ou plutôt peut-on se connaître ? Évidemment non. Je conclus qu’il vaut mieux que les parents soient les seuls agents matrimoniaux responsables, et que les enfants épousent à l’heure dite.
J’ai entendu citer cette phrase : « Dans le mariage la période la plus heureuse se passe avant le mariage. » Un Parisien jugerait qu’un homme marié seul a pu faire cette déclaration, mais il faut avouer que ces mœurs-là sont bien aussi curieuses que les nôtres !
Les mariages se font par principe, entre familles de même situation sociale. Il y a certainement des mariages excentriques ; mais c’est l’exception.
Lorsque le choix est résolu, c’est-à-dire lorsque la jeune fille a été désignée, les parents du futur font officiellement la demande en mariage. Cette demande est suivie de la cérémonie des fiançailles.
A cette occasion, les parents échangent les contrats de mariage signés par les chefs de famille et les parents. Chez nous les chefs de famille remplacent les officiers de l’état civil et les notaires. Puis le fiancé envoie à sa future deux bracelets en or ou en argent, selon la fortune de la famille. Ce sont les cadeaux de fiançailles. Ces coutumes sont exactement les mêmes qu’en Occident, mais en Chine elles s’accomplissent hors la vue de la fiancée. Les bracelets sont attachés par un fil rouge qui symbolise le lien conjugal.
La remise de la corbeille a lieu quelque temps après et est l’occasion de cérémonies pompeuses.
Le fiancé envoie à sa future plusieurs dizaines de corbeilles richement ornées et contenant la soie, le coton, les broderies, les fleurs, en un mot tout ce qui constitue la toilette de la mariée. A ces cadeaux qui peuvent être d’une grande richesse, se trouvent joints des mets exquis pour la famille et particulièrement des gâteaux de circonstance que la famille de la fiancée doit distribuer à tous ses amis en leur faisant l’annonce officielle du mariage de leur fille. De son côté, la fiancée, après réception de la corbeille, envoie à son futur un costume ou l’uniforme de son rang, s’il est déjà mandarin, costume qui sera porté par le futur le jour de son mariage. Dans chacune des deux familles un grand festin réunit, le jour des fiançailles, les parents et les amis réciproques.
Le mariage doit toujours être célébré dans l’année où a été fait l’envoi de la corbeille. La veille du jour fixé pour la cérémonie, les parents de la jeune fille envoient au futur tout ce qui constitue la dot de sa femme, ses toilettes, l’argenterie, les meubles, le linge, en un mot tout son ménage. L’envoi de ces divers objets se fait toujours avec une grande mise en scène.
Le soir du même jour, à sept heures, la famille du marié envoie à sa fiancée une chaise à porteurs garnie de satin rouge brodé. Cette chaise est conduite par un orchestre de musiciens, des domestiques portant des lanternes ou des torches ; si la famille a un rang officiel, un parapluie rouge, un écran vert (ce sont les insignes officiels), puis les tablettes sur lesquelles sont inscrits tous les titres que la famille possède depuis plusieurs générations. Ce même soir la famille de la mariée donne un grand dîner appelé invitation, et la chaise est exposée au milieu du salon pour être admirée par les invités. Pendant le dîner les musiciens envoyés par le futur font entendre des airs joyeux. La famille du marié donne également le grand dîner de l’invitation et tous les objets constituant la dot de la mariée sont exposés aux regards de tous.
Le jour du mariage, dès le matin, quatre personnes choisies parmi les parents ou les amis du futur se rendent au domicile de la mariée et l’invitent à se rendre chez son fiancé. Elle monte dans sa chaise et est portée par quatre ou huit hommes selon le rang de sa famille ou de celle dans laquelle elle doit entrer. Sa chaise est précédée par celles des quatre envoyés et le cortège ainsi formé se rend vers la maison où habite la famille de son fiancé.
Son arrivée est annoncée par des fanfares joyeuses et des détonations de boîtes d’artifices. Aussitôt après, la chaise est apportée dans le salon où sont rangés les membres de la famille, les amis, les dames d’honneur et les garçons d’honneur. Un de ceux-ci, portant devant sa poitrine un miroir métallique, se présente devant la chaise dont le rideau est encore baissé et salue trois fois. Ensuite une des dames d’honneur entr’ouvrant le rideau invite la mariée (elle est encore voilée) à descendre de sa chaise et à se rendre dans sa chambre où l’attend son fiancé en costume de cérémonie. C’est à ce moment que les époux se voient pour la première fois. Après cette entrevue, ils sont introduits dans le salon, conduits par deux personnes déjà mariées depuis longtemps et ayant eu des enfants du sexe masculin. Ce sont les anciens du mariage et nous les appelons « le couple heureux ».
Au milieu du salon se trouve une table sur laquelle on a disposé un brûle-parfums, des fruits et du vin. Dans notre esprit, cette table est placée à la vue du ciel. Les mariés se prosternent alors devant la table pour remercier l’Être suprême de les avoir créés, la terre de les avoir nourris, l’empereur de les avoir protégés, et les parents de les avoir élevés. Puis le marié présente sa femme aux membres de sa famille et à ses amis présents.
Pendant toute la durée de la cérémonie la musique continue de jouer, et pendant le dîner qui suit cette cérémonie.
On remarquera la simplicité de ces cérémonies. Elles ne sont ni religieuses ni civiles. Aucun prêtre n’y assiste, aucun fonctionnaire ne s’y présente, il n’y a ni consécration, ni acte. Les seuls témoins du mariage sont Dieu, la famille, les amis. Pendant toute la soirée, après le dîner, les portes de la maison restent ouvertes, et tous les voisins, même les passants ont le droit d’entrer dans la demeure et d’y aller voir la mariée qui se tient debout dans le salon, séparée du public par une table sur laquelle sont posés deux chandeliers allumés.
Le lendemain du mariage, c’est au tour de la mariée à conduire son époux dans sa famille, où les mêmes cérémonies s’accomplissent.
Voilà quelles sont, vues d’ensemble, les coutumes du mariage. Elles ne varient que par la splendeur des détails dans les familles riches, et l’on peut aisément se rendre compte de ce qu’il est possible de réaliser avec un tel cadre. Si les mœurs accordaient aux riches de l’Occident la coutume des cortèges, les cérémonies du mariage seraient aussi imposantes que le sont celles des obsèques.
Mais il en est tout autrement : le cérémonial est une coutume qui a passé dans les mœurs occidentales ; on le supprime autant qu’on peut, et il n’y a plus guère que dans les campagnes où les mariages sont encore des noces. On y danse, on y chante, on y fête une grande joie. Les mariages que j’ai vus, dans la société élevée, sont bien la chose la moins gaie du monde. On ne va pas à la célébration du mariage civil ; ceux qui admettent la consécration religieuse se hâtent de sortir de l’église. A peine rentré chez soi, on change de toilette et on prend le chemin de fer. Vraiment on ferait mieux de faire venir le maire et le curé dans un sleeping-car et de procéder rapidement à la célébration du mariage avant le départ du train. Les invités se tiendraient sur le quai de la gare et l’on pourrait même prier les locomotives d’exécuter un chœur, pour impressionner la mariée. Je crois qu’on finira par en arriver là.
J’ai la naïveté de croire à l’influence des cérémonies ; elles obligent au respect de l’acte accompli. Malgré vous, vous sentez la grandeur de quelque chose que vous ne définissez pas, mais qui existe. Les cérémonies font sentir le mystère, et, par elles, nous savons nous élever au-dessus de nos petitesses. Moins les cérémonies sont importantes, moins l’action accomplie paraît importante. C’est pourquoi le mariage a perdu son charme en Europe.
Chose curieuse ! les honneurs rendus aux morts restent les mêmes ; les cérémonies publiques sont respectées et le deuil ne se discute pas. C’est que l’on peut ridiculiser à bon compte les cérémonies des vivants ; mais en présence de la mort, on laisse faire la coutume, et les plus sérieux ne contrôlent pas les cérémonies de la douleur.
Le culte du sérieux a remplacé dans la civilisation moderne tous les autres cultes. Il y en avait jadis de charmants que des livres anciens m’ont appris à connaître. On vivait alors en communication plus directe avec la nature. J’ai retrouvé dans ces anciennes descriptions bien des traits de ressemblance avec nos mœurs actuelles qui me font conclure que les changements ne sont pas des progrès, du moins rarement. Quand je contemple les beaux costumes du temps, les chapeaux à plumes et les manteaux brodés, je ne puis m’empêcher de trouver très laids le tube noir qui sert de couvre-chef et cet habit noir si étrange que tout le monde porte, surtout les domestiques.
Je parierais que, si on faisait l’histoire complète du costume et des coutumes, on remarquerait que leurs changements correspondent avec quelque événement de nature sérieuse. Toutes les coutumes locales entretenaient l’affection du sol natal ; le costume maintenait le rang. Aujourd’hui tout le monde se ressemble dans tous les pays de l’Occident et on ne tient plus à grand’chose. Si c’est là le progrès désiré, il est complet, et j’admire sans envie.

Tcheng Kitong
Les Chinois peints par eux-mêmes
Editions Calmann Levy
1884

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ALI BEBIT : GLURP…GLURP…GLURP (CRITICAL CYBER – 2017) BALAI SENI VISUAL NEGARA – Kuala Lumpur

  

« Ils luisent bleus parmi le fard et les onguents,
Cependant que la tête et le buste, élégants,
Se balancent sur l’arc paradoxal des jambes. »
Paul Verlaine – Le Clown – Jadis et Naguère – Léon Vanier, 1884

Malaysia
Voyage en Malaisie
PHOTO JACKY LAVAUZELLE
 




 

 

Balai Seni Visual Negara
BSVN
ALI BEBIT
Mohd Ali Azraie Bebit 
GLURP…GLURP…GLURP
2017

 

 


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Balai Seni Visual Negara
LA GALERIE NATIONALE DES ARTS VISUELS DE KUALA LUMPUR
国家视觉艺术画廊在吉隆坡
National Visual Arts Gallery

ALI BEBIT
GLURP…GLURP…GLURP
2017

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Wood, aquarium, steel, fiber glass, fish & electronic device
Bois, aquarium, acier, fibre optique, poisson et appareil électronique

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Ali Rebit cite B.C. Forbes à la Balai Seni Visual Negara de Kuala Lumpur : « The man who has won millions at the cost of his conscience is a failure. » (L’homme qui a gagné des millions au prix de sa conscience a échoué.)
Ali Rebit place la conscience au cœur de son œuvre. Mais avec toujours un second voire un troisième degré. Et beaucoup d’humour aussi. Comme dans ses compositions précédentes.
Dans A.W.A.S (Anti war, Anti Strife) en 2012, il compose un soldat ailé avec des palmes rouges comme celles d’une éolienne. Bebas, en 2012 aussi, est une autre représentation métallique d’un grand échalas, avec de grandes ailes dorées. Dans Parasit, il nous montre encore un solide robot dans une position burlesque, pied levé, cherchant son équilibre. Still Fight, en 2012, propose une autre approche basée sur le déséquilibre et l’opposition des masses.
C’est toute l’ambivalence qui se retrouve dans son oeuvre humour-tragédie / légèreté – épaisseur / techologie -humanité. Mais c’est ce que l’on retrouve dans la vie, poussé dans ses retranchements avec le clown : « L’art du clown va bien au-delà de ce qu’on pense. Il n’est ni tragique, ni comique ; il est le miroir comique de la tragédie et le miroir tragique de la comédie » soulignait André Suarès dans ses Essais sur le clown.
Les œuvres sont parfois totalement humoristiques comme son travail de 2008  quand il réalise les Playing Series (Fun 1 par exemple), en positionnant un soldat, bouclier en main, perdu sur son rocher. 2008   Nothing en 2009 propose un robot à hélices sur la tête totalement hilare.
Dans toutes ces œuvres, Ali Bebit humanise la machine qui nous entoure. Ou plutôt, Ali cherche à lui donner une vie. Dans Makhluk Biru (Créature Bleue), il s’agit plus d’un robot-lapin bleu que d’un humanoïde.
Mais cette ironie s’accompagne d’un désir de légèreté en attribuant à ses créatures des hélices ou des ailes. Notre œuvre du Balai Seni de Kuala Lumpur n’y échappe pas. Il va même jusqu’à proposer des robots volants dans le style de Hayao Miyazaki quand il proposa, en 2012, Voyager: I Want to Fly.
Ce désir d’envol et de légèreté du lourd et du massif semble représenter un désir de dépassement, une morale à l’épreuve du vivant. Ici, les ailes sont présentes bien qu’inutiles. Notre clown est là, la couleur et les yeux exorbités. La table tachetée d’une chambre d’enfant. Le titre lui aussi prend même une connotation humoristique presque enfantine en utilisant des onomatopées.
Notre clown prend l’eau et il est emprisonné. Il navigue entre la Red Zone, la ligne route, attention danger présent, et la Yellow Zone, attention danger imminent, la Zone Jaune. Nous sommes quoi qu’il puisse arriver dans une zone de danger, voire de mort imminente.
Le sujet redevient grave ou alors il marque le côté grotesque et dérisoire du clown qui est, qui peut être, l’homme moderne. Il semble que nous soyons devant une sorte de chaise électrique ou plutôt de chaise de noyade.
Je repense au passage de Paul Acker (Humour et humoristes – H. Simonis Empis, 1899 qui traite de cette thématique : « Dans chaque clown, digne de ce nom, se cache, voyez-vous, un philosophe — sans le savoir — peut-être. À force de dire des folies et d’en faire, de lancer à travers les airs des chapeaux pointus qui tournoient, ou d’appliquer sur la face du voisin des claques trop sonores, de se rouler sur le dos, et de marcher sur la tête, ils arrivent à se former du monde une conception assez juste : une grande arène de cirque, pleine de clowns et de « gugusses » qui jouent ensemble. Les clowns giflent et rient, les gugusses sont giflés et rient. La vie n’est qu’une cabriole, mais une cabriole immense et d’une fantaisie sans cesse renouvelée. Rappelez-vous certains de leurs actes, certains de leurs discours. Ces êtres enfarinés, au nez peint de rouge, aux yeux cernés de noir, perdus dans un long vêtement flottant et multicolore, ou étriqués dans un sinistre habit, ont un sens admirable du ridicule ; peu savent aussi bien dégager de toute chose le grotesque qui s’y renferme. »
Ou juste après, soulignant que la simplicité des spectacles comme le précise à un autre moment Paul Acker ne va jamais sans une certaine gravité. L’œuvre, la vie, si elle n’est pas sérieuse ne nous empêche pas, bien au contraire, de la regarder avec nos yeux « ni trop fats, ni trop modestes » mais légèrement « cabotins« .

Jacky Lavauzelle

Mohd Ali Azraie Bebit

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POEME D’EMANUEL GEIBEL Auferstehung RESURRECTION

LITTERATURE ALLEMANDE
Deutsch Literatur

Auferstehung Emanuel Geibel

Emanuel Geibel
1815-1884

 

Traduction Jacky Lavauzelle

——–

die Gedichte
Les Poèmes

 


Résurrection
Auferstehung
Emanuel Geibel

 

 

 

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Wenn einer starb, den du geliebt hienieden,
Quand la mort dérobe l’être aimé,
So trag hinaus zur Einsamkeit dein Wehe,
Pour supporter la solitude de votre malheur,
Dass ernst und still es sich mit dir ergehe
Partez, grave et calme,
Im Wald, am Meer, auf Steigen längst gemieden.
Dans la forêt, au bord de mer, marchez lentement.

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Da fühlst du bald, dass jener, der geschieden,
Là vous sentirez vos premiers souvenirs
Lebendig dir im Herzen auferstehe;
Vivants ressusciter dans votre cœur ;
  In Luft und Schatten spürst du seine Nähe,
Dans l’air et les ombres, vous sentirez sa proximité,
Und aus den Tränen blüht ein tiefer Frieden.
Et des larmes fleuriront une profonde paix.

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Ja, schöner muss der Tote dich begleiten,
Oui, votre mort adoré vous accompagnera,
Ums Haupt der Schmerzverklärung lichten Schein,
La douleur se transfigurera en une lueur brillante,
Und treuer – denn du hast ihn alle Zeiten.
Et fidèle – avec vous pour toujours.

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Das Herz auch hat sein Ostern, wo der Stein
Le cœur a aussi ses Pâques où la pierre
Vom Grabe springt, dem wir den Staub nur weihten;
S’écarte de la tombe et où nous consacrons la poussière ;
 Und was du ewig liebst, ist ewig dein.
Et ce que vous aimez pour toujours, est à jamais éternel.

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LA POESIE D’EMANUEL GEIBEL
par
Saint-René Taillandier
1847

Il ne faut pas demander à M. Emmanuel Geibel la forte et vivace inspiration de M. Hartmann : M. Geibel est un poète aimable, d’une humeur facile, d’une verve brillante et légère. Né dans l’Allemagne du nord, aux bords de la mer, il a écouté de bonne heure les invitations des flots voyageurs qui l’ont porté vers des régions plus douces ; c’est en Grèce et en Espagne que s’est épanouie sa muse. Quand il vivait à Lubeck, il chantait bien çà et là, comme il convient à tout poète allemand, le Rhin et ses légendes : mais ce qui le frappait surtout, c’étaient les tableaux des contrées méridionales ; le bohémien aux cheveux noirs, le petit joueur de castagnettes, tous les frères errans de Mignon qu’il rencontrait sur sa route, lui faisaient voir en rêve les pays du soleil. Il avait d’ailleurs tous les instincts d’une autre patrie ; nul n’était plus insouciant ; paresseux avec délices, ainsi que Figaro, il célébrait la fainéantise d’une façon assez avenante, avec toute sorte de bonnes raisons et de gracieux argumens, à peu près comme l’a fait M. Théophile Gautier dans sa jolie pièce à un jeune Tribun. Aussi, quand il aura vu l’Espagne, quand il se sera couché sous les lauriers-roses de l’Ilyssus, il se sentira plus à l’aise, et de charmans motifs abonderont sous sa plume. Jusque-là, de Lubeck à Berlin, et en attendant mieux, il jettera par centaines des chansons amoureuses, sans trop se soucier de la fidélité promise et des plus simples vertus du foyer. L’éternelle fiancée, que chantent depuis cinquante ans toutes les lyres germaniques, n’importunera guère ici ceux qui trouvaient cet épithalame un peu trop long ; la fiancée classique a disparu ; M. Geibel en a mille, mille e tre, comme don Juan. Je n’affirmerai pas que cette légèreté soit toujours de très bon goût, ni surtout qu’elle ait l’excuse de l’entraînement naïf et de la verve sincère. Je crois entrevoir bien des imitations, médiocrement dissimulées, dans les meilleures fantaisies de M. Geibel. Je citais tout à l’heure M. Gautier ; l’auteur de la Comédie de la Mort n’est pas le seul à qui l’écrivain allemand ait emprunté ses capricieuses folies. M. Geibel a lu tous nos poètes, il les connaît très bien et les aime, si je ne me trompe, un peu plus qu’il ne conviendrait. Il a écrit un récit fort gai, assez spirituel, qui n’existerait pas si M. Alfred de Musset n’avait raconté les aventures de Mardoche : 

« Aux bords de la Sprée, en Prusse, s’élève la ville de Berlin, célébrée dans tous les journaux, fameuse par son grand Frédéric, par sa poussière de sable et par ses milliers de poètes, dont personne ne sait le nom. C’est là que vivait récemment, fort inconnu, mais bien digne que vous fassiez connaissance avec lui, un jeune étudiant ; et, puisque je n’ai pas d’autre héros sous la main, je vais vous conter l’histoire de mon ami Clotaire.

« Singulier personnage ! à moitié homme, à moitié enfant. Je croirais volontiers qu’il était le fils aîné du mois d’avril. Tantôt hardi comme un héros, plein d’entrain, prompt à agir ; tantôt rêvant à l’aventure et perdu dans le monde des songes ; aujourd’hui, mélancolique, inquiet ; demain, inaccessible aux moindres soucis ; parfois languissant et sentimental, une heure après ferme et résolu ; jamais le même ; enfin, d’un seul mot, un fragment de poète. 

L’auteur continue ainsi avec beaucoup de gaieté, sa plume court légèrement, finement ; mais il est trop visible que Mardoche a passé par là. Une autre fois, il dérobera sans façon M. Victor Hugo ; cette belle captive, ravie par le spectacle des contrées splendides où elle est emprisonnée, et qui n’ose admirer pourtant, car elle voit dans l’ombre le sabre des spahis, la captive des Orientales est devenue chez M. Geibel ce jeune esclave qui rêve en de très beaux vers et se croit le maître du palais des rois maures. Je signale au hasard quelques emprunts de M. Geibel ; j’en pourrais citer beaucoup d’autres. Pardonnons-lui : jusqu’au jour où il ira s’inspirer au soleil, il a voulu connaître au moins par ses confrères ces plages étincelantes, et il a pris le souvenir de ses lectures pour l’impression des lieux qu’il invoquait en songe.

 Rien n’est plus charmant que l’impression du Midi sur les hommes du Nord, mais il la faut sincère et née spontanément sous l’influence de ces contrées heureuses. L’Espagne, la Grèce surtout, dès qu’il les eut visitées, inspirèrent à M. Geibel des compositions plus franches que tous ses vers datés d’Allemagne. C’est une bonne fortune pour le jeune poète de Lubeck d’avoir habité Athènes pendant une année entière. Cette mer divine dont parle l’Iliade, les rossignols de l’OEdipe à Colonne, les dieux de Phidias, le chœur des Grace : entrevu au penchant des collines sacrées, et particulièrement tout ce qu’il y a de plus léger, de plus indulgent, de plus abandonné dans les mœurs antiques, tout cela se joue avec un charme vrai dans les poésies de M. Geibel. Ce n’est pas sans doute la grace suprême d’André Chénier, la pure inspiration grecque miraculeusement retrouvée ; l’auteur, qui ne pouvait lutter avec le poète de l’Aveugle, a cherché plutôt un mélange très habile de la simplicité athénienne et de toutes les coquetteries, de toutes les subtilités modernes. De là un composé qui ne manque pas d’une certaine saveur. On pouvait craindre, je l’avoue, que le jeune écrivain, une fois descendu sur ces terres païennes, ne s’abandonnât trop aisément aux déesses effrénées, mais il s’est placé dès le premier pas sous la protection de Minerve.

 « Toi qui habites les hauteurs de ces monts, Pallas aux yeux bleus, jette un regard ami sur le poète. Eros m’a bien accueilli sans doute, et le rouge Bacchus me sourit gaiement ; mais toi, ô déesse ! donne au plaisir la mesure, la sagesse ; rends mon humeur paisible, et règle la jouissance. Quand la jeunesse se livre à ses transports de feu, elle paie cher, hélas ! ses fugitives voluptés. Au contraire, si tu apaises le tumulte de ton regard à la fois sévère et souriant, comme Orphée, avec la lyre bénie, domptait les lions farouches, jamais alors, jamais la coupe renversée ne déshonore le festin, jamais la jeune fille, rouge de honte, ne détourne les yeux ; Vénus, parée de fleurs, se promène au milieu de l’assemblée, et la danse des Graces se déroule autour de la fête charmante. »

 C’est aussi Minerve, je pense, qui a révélé à M. Geibel la grace de ces poètes anciens qu’il célèbre avec des impressions toutes neuves, et sans rien emprunter à l’enthousiasme convenu des commentateurs. J’aime que dans l’un de ses plus vifs sonnets il interpelle brusquement tous les philologues, tous les faiseurs de notes, tous les lexicographes de son pays, et les invite à venir fouler le sol de la Grèce moderne. Une matinée aux bords de la mer, une soirée sur la place publique, leur expliqueront mieux Sophocle et Aristophane que tout l’indigeste fatras des érudits allemands. M. Geibel aurait pu même consacrer plus de quatorze vers à ce sujet ; je m’assure qu’il y a là matière pour une belle et bonne satire. Cette répétition éternelle de choses cent fois redites, cette accumulation de notes inutiles, ces surcharges épaisses qui déshonorent les plus beaux livres, c’est bien certainement une des plus grandes plaies de l’Allemagne lettrée ; et, pour un Heyne, pour un Ottfried Muller, pour un Welcker, on sait quelle est la formidable armée de ces travailleurs acharnés à défigurer les maîtres. M. Geibel pouvait écrire cette satire de ce ton vif et ingénieux qui lui sied, et il s’y serait joué avec esprit. Il comprend avec un rare bonheur tout le mérite de la forme, et il est vraiment homme du sud par bien des côtés ; il craint les nuages, il a horreur des inventions pénibles ; la clarté élégante de l’art grec le jette dans des ravissemens sans fin. Quand son ame est plus tournée aux choses mystiques, ce n’est pas en Allemagne, ce n’est pas chez Goethe, chez Jean-Paul, qu’il va chercher ses plaisirs ; il s’adresse, comme Schlegel, aux drames sacrés de Calderon. 

« Les alouettes babillent dès le matin, et le ciel étend sa belle clarté bleue sur les cimes de la riche vallée. Oh ! que l’aimable limpidité d’Homère me réjouit alors ! comme la majesté de Sophocle touche mon cœur ! Mais si, dans la nuit, bien tard, la lune parait au milieu des nuages et que la flamme de mon imagination s’agite, alors, oh ! je salue Arioste, le poète des contes aux couleurs brillantes, et Calderon me berce de ses rêves fantastiques. » 

Tout cela est dit avec une finesse et une grace assez rares en Allemagne, et qui font de ce recueil une lecture piquante. Par malheur, le livre ne finit pas là, M. Geibel revient à Berlin, et la Prusse lui sera aussi funeste que la Grèce lui a été favorable. On conçoit, en effet, que ce poète aimable, que cet insouciant dilettante, sera fort dépaysé quand il reviendra sur la terre natale. Il trouvera une transformation déjà bien sérieuse, des émotions nouvelles et profondes, de graves problèmes bruyamment agités ; or, paresseux comme il l’est, je crains bien qu’il ne sache guère prendre sa place au milieu de cette foule tumultueuse. Je conçois le rôle d’un poète qui maintiendrait fermement l’indépendance de l’art, et qui tâcherait de s’élever au-dessus des questions du jour par le culte passionné de l’idéal ou les ravissemens gracieux de la fantaisie. Ce que je ne puis admettre, c’est l’indécision, l’embarras, la gaucherie provinciale de M. Geibel, quand il revient en Allemagne. Il ne sait que faire, il n’ose se décider. Rien ne l’obligeait sans doute à prendre parti dans le grand débat politique de son pays ; son rôle, au contraire, était tracé d’avance ; il devait continuer à prodiguer sans souci ses élégantes chansons et tout au plus à railler doucement les tribuns, comme l’a fait M. Gautier dans maintes pièces épicuriennes et sceptiques. Mais non, M. Geibel se laisse entraîner partout où souffle le vent : tantôt il enfle sa voix, il s’efforce d’être bien noir, bien lugubre, et, voulant donner un vigoureux symbole du temps où nous sommes, il chante les trois forgerons qui forgent, à l’endroit le plus sombre de la forêt, la formidable épée du peuple. Vous croyez que M. Geibel s’est rallié à la phalange de M. Herwegh ? Tournez la page, vous trouverez M. Geibel dans des dispositions toutes différentes. Le voilà qui fait reparaître, pour la centième fois, l’inévitable héros de la poésie allemande, Frédéric Barberousse en personne ! et pourquoi, je vous prie ? Jusqu’ici, lorsque le grand empereur souabe, interprété par les poètes, se réveillait dans les cavernes du mont Kyffhaeuser, c’était pour encourager l’Allemagne, pour exciter les vieux sentimens teutoniques, pour exalter la loyauté et l’héroïsme ; M. Geibel lui a donné un rôle nouveau. Il le force à débiter une déclamation, un sermon méthodiste qui pourrait trouver place dans le moniteur officiel de Berlin ou dans la Gazette évangélique. Décidément, les poètes allemands feraient bien de s’interdire pendant long-temps cette solennelle figure de Barberousse ; ils n’en ont que trop abusé. Quand M. Henri Heine, il y a deux ans, renvoyait si plaisamment le vieil empereur barbu au fond de sa caverne, la satire ne s’adressait pas au puissant héros de la maison de Souabe ; elle frappait les rimeurs ou les tribuns dont la lourde emphase évoquait ridiculement ces gothiques souvenirs. Je regrette que M. Geibel ne se soit pas rappelé cette vive et spirituelle leçon ; il aurait pu s’épargner des vers médiocres et de fâcheuses palinodies. En vérité, on ne comprend pas que le jeune poète se soit laissé entraîner à de pareilles fautes ! Comment expliquer ces doubles déclamations, cette double emphase en sens contraire, chez un écrivain qui fait profession de scepticisme et qui doit au far niente de la fantaisie ses œuvres les plus aimables ? Voilà un gracieux livre gâté comme à plaisir et de propos délibéré. M. Geibel est digne toutefois de prendre une belle revanche, et j’espère qu’il ne tardera pas ; il abandonnera à de plus forts que lui les dangereuses arènes, il relira Théocrite et Calderon, et, dans le cadre qu’il s’est choisi, viendront se ranger sans prétention les ébauches légères, les dessins vivement enlevés, les fines et brillantes aquarelles.

Saint-René Taillandier
De l’état de la poésie en Allemagne
Revue des Deux Mondes
Période Initiale, tome 17
1847

********

ДРУЗЬЯМ Пушкин POUCHKINE 1822 – A DES AMIS

 ДРУЗЬЯМ Пушкин  –  1822 
Alexandre Pouchkine
русский поэт- Poète Russe
русская литература
Littérature Russe

poemes-de-alexandre-pouchkine-artgitatopushkin-alexander

ALEXANDRE POUCHKINE 1822
pushkin poems
стихотворение  – Poésie
ДРУЗЬЯМ Пушкин

 

 

POUCHKINE – Пу́шкин
Алекса́ндр Серге́евич Пу́шкин
1799-1837

[создатель современного русского литературного языка]

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

 

LA POESIE DE POUCHKINE

СТИХИ АЛЕКСАНДРА СЕРГЕЕВИЧА ПУШКИНА
Пушкин 


ДРУЗЬЯМ Пушкин
A DES AMIS
 1822

 

a-nos-amis-1822-poeme-de-pouchkine-la-jeunesse-de-bacchus-william-bouguereau-1884La jeunesse de Bacchus
William Bouguereau
1884

**

ДРУЗЬЯМ Пушкин

Вчера был день разлуки шумной,
Hier fut le jour d’une bruyante séparation,
Вчера был Вакха буйный пир,
Hier fut le lieu d’une exubérante bacchanale,
При кликах юности безумной,
Quand la folle jeunesse trinquait
При громе чаш, при звуке лир.
Quand le tonnerre des bols au son des lyres se mêlaient.

*

Так! Музы вас благословили,
Là ! les muse vous ont bénis,
Венками свыше осеня,
En vous couronnant tous,
Когда вы, други, отличили
Lorsque vous, mes amis, me distinguiez
Почетной чашею меня.
En me présentant un verre.

*

Честолюбивой позолотой
Ces ambitieuses dorures
Не ослепляя наших глаз,
N’aveuglaient pas nos yeux,
Она не суетной работой,
Ni la minutie de ces dorures ,
Не резьбою пленяла нас;
Rien de tout cela ne nous séduisait ;

*

Но тем одним лишь отличалась,
Mais la seul chose étrange,
Что, жажду скифскую поя,
Pour assouvir notre soif de scythes,
Бутылка полная вливалась
C’est que la bouteille pleine
 В ее широкие края.
Disparut jusqu’à son large bord.

*

Я пил — и думою сердечной
Je buvais – et par le cœur je rejoignais
Во дни минувшие летал
Les derniers jours de l’été
И горе жизни скоротечной,
Survolant les malheurs de la vie éphémère,
И сны любви воспоминал;
Et des souvenirs des rêves d’amour ;

*

Меня смешила их измена:
Leurs trahisons m’amusaient désormais :
И скорбь исчезла предо мной,
Et toute douleur avait disparu en moi,
Как исчезает в чашах пена
Comme cette mousse disparaît dans les bols
Под зашипевшею струей.
Sous le jet chantant de l’alcool.

 ДРУЗЬЯМ Пушкин  

**********

POUCHKINE ДРУЗЬЯМ Пушкин

 

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LES JUGEMENTS DE Tolstoï
SUR LES POEMES DE POUCHKINE

Ayons donc pleine confiance dans le jugement du comte Tolstoï sur les poèmes de Pouchkine, son compatriote ! Croyons-le, encore, quand il nous parle d’écrivains allemands, anglais, et scandinaves : il a les mêmes droits que nous à se tromper sur eux. Mais ne nous trompons pas avec lui sur des œuvres françaises dont le vrai sens, forcément, lui échappe, comme il échappera toujours à quiconque n’a pas, dès l’enfance, l’habitude de penser et de sentir en français ! Je ne connais rien de plus ridicule que l’admiration des jeunes esthètes anglais ou allemands pour tel poète français. Verlaine, par exemple, ou Villiers de l’Isle-Adam. Ces poètes ne peuvent être compris qu’en France, et ceux qui les admirent à l’étranger les admirent sans pouvoir les comprendre. Mais il ne résulte pas de là, comme le croit le comte Tolstoï, qu’ils soient absolument incompréhensibles. Ils ne le sont que pour lui, comme pour nous Lermontof et Pouchkine. Ce sont des artistes : la valeur artistique de leurs œuvres résulte de l’harmonie de la forme et du fond : et si lettré que soit un lecteur russe, si parfaite que soit sa connaissance de la langue française, la forme de cette langue lui échappe toujours.

Léon Tolstoï
Qu’est-ce que l’art ?
Traduction par T. de Wyzewa.
 Perrin, 1918
pp. i-XII

*****

 ДРУЗЬЯМ Пушкин

HENRIK IBSEN Œuvre Arbeid

LITTERATURE NORVEGIENNE
norsk litteratur




POESIE NORVEGIENNE
norsk poesi

Henrik IBSEN
20 mars 1828 Skien Norvège –  23 mai 1906 Oslo





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Edda Gabler

Drame en quatre actes
(1891)
Les insurmontables couleurs du chaos

Hedda est avant tout cette femme insatisfaite, « horriblement lâche » (Acte II),  et perdue. En se perdant, elle est cette femme qui entraînera les autres dans la déchéance, « le ridicule et la bassesse atteignent comme une malédiction tout ce que j’ai touché » (Acte IV).





******

Le Canard sauvage
(VILDANDEN)
Copenhague, 11 novembre 1884
Nationale Scene de Bergen
Le Mikado  du mensonge et de la vérité




le-canard-sauvage-vildanden-artgitato-henrik-ibsen

Dans Vildanden, nous avons d’abord la Volonté, la volonté de puissance, Vil. Rien n’est dû au hasard. Ce que va nous présenter Ibsen vient de l’homme non par innocence mais par le souhait d’avoir et de posséder, d’être et de paraître, de vouloir.

*********

Une Maison de Poupée

La METAMORHOSE  du MOINEAU
Et dukkehjem
(1879)
 Et dukkehjem Henrik Ibsen Une Maison de poupée

Dans ses notes d’Hedda Gebler, Ibsen notait que « hommes et femmes n’appartiennent pas au même siècle ». Nora ne sera jamais dans le même temps que son mari, l’avocat Torvald Helmer.

*******

POESIE

Med en vandlilje

Avec un Lys d’Eau

Se, min bedste, hvad jeg bringer ;
Vois, ma douce, ce que je t’apporte ;
blomsten  med de hvide vinger.
la fleur avec les blanches ailes.

 



 

 

LES EFFARÉS Arthur RIMBAUD (1870)

Les effarés Arthur Rimbaud Artgitato John George Brown Coming up Short 1884D’après Coming up Short 
John George Brown 1884

LES EFFARÉS ARTHUR RIMBAUD
POESIE FRANCAISE

Arthur Rimbaud poésies artgitato

ARTHUR RIMBAUD
1854-1891

 

Arthur Rimbaud Poésies Oeuvre Poèmes Poésie Artgitato

 

*

Œuvres d’Arthur RIMBAUD
 


LES EFFARÉS Arthur Rimbaud
Poésies

***********************

20 septembre 1870

*****

Noirs dans la neige et dans la brume,
Au grand soupirail qui s’allume,
Leurs culs en rond,

À genoux, cinq petits, — misère ! —
Regardent le boulanger faire
Le lourd pain blond…

Ils voient le fort bras blanc qui tourne
La pâte grise, et qui l’enfourne
Dans un trou clair.

Ils écoutent le bon pain cuire.
Le boulanger au gras sourire
Chante un vieil air.

Ils sont blottis, pas un ne bouge,
Au souffle du soupirail rouge,
Chaud comme un sein.

Et quand, pendant que minuit sonne,
Façonné, pétillant et jaune,
On sort le pain ;

Quand, sous les poutres enfumées,
Chantent les croûtes parfumées,
Et les grillons ;

Quand ce trou chaud souffle la vie ;
Ils ont leur âme si ravie
Sous leurs haillons,

Ils se ressentent si bien vivre,
Les pauvres petits pleins de givre !
— Qu’ils sont là, tous,

Collant leurs petits museaux roses
Au grillage, chantant des choses,
Entre les trous,

Mais bien bas, — comme une prière…
Repliés vers cette lumière
Du ciel rouvert,

— Si fort, qu’ils crèvent leur culotte,
— Et que leur lange blanc tremblotte
Au vent d’hiver…

*

LES EFFARÉS Arthur Rimbaud

Arthur Rimbaud Poésies
Arthur Rimbaud Poésies

Les Poèmes d’Ivan Vazov – Лес стихотворения д иван Вазов

България – Български – Bulgarie
Ivan Vazov
Иван Вазов
Ivan Vazov Poème – Ivan Vazov poems


Traduction – Texte Bilingue
Превод – показване на два текста


LITTERATURE BULGARE
POESIE BULGARE
Ivan Vazov Les poèmes d'Ivan Vazov Poésie d'Ivan Vazov

българската поезия
българска литература

IvanVazovIvanVazovIvanVazovIvanVazovIvanVazovIvanVazov

Иван Вазов
IVAN VAZOV
1850-1921

български поет
Poète Bulgare

Лес стихотворения д иван Вазов

Les Poèmes d’Ivan Vazov

 

На Пиер Лоти
A Pierre Loti

Пет века ужаси, убийства и кланета,
Cinq siècles d’horreurs, d’assassinats et de massacres

пет века в дим и смрад потънали светини,
cinq siècles dans la fumée et la puanteur de sanctuaires ensevelis,
пет века с топла кръв обливани полета
cinq siècles avec des champs gorgés de sang chaud
и земни раеве превръщани в пустини,
 de paradis terrestres transformés en déserts

Ivan Vazov A Pierre Loti Pierre Loti caricaturé par Jean-Baptiste Guth pour Vanity Fair 1895

 

**

Devant le buste de Dante à Pincio
Пред бюста на Данте в Пинчио Иван Вазов 1884

 О, мисъл, твойте вихрени крила
Ô, Pensée, aux ailes redoutables
 не знаят бездни, висоти, прегради!
je n’en connais ni les profondeurs, ni les cimes, ni les frontières !

**
Devant le Mont Athos
Срещу Атон

Корабът дреме. Тихи са вълните.
Le navire dort. Pacifiques sont les vagues.
Спи Бяло море в нощний мир и хлад.
il dort dans la mer banche, paisible et fraîche.

**
En Matinée
Сутринта
1892

Дигнaх завесата таз сутрин ясна –
En levant les rideaux ce clair matin
картина прелестна ми се откри.
quelle belle image j’aperçus.

**
Italie
Италия
Sonnet – сонет

В земята на сонетите сме ние:
Dans le pays des sonnets nous sommes :
сонети, музо, нека правим днес.
sonnets, Muse, laisse-nous faire maintenant.

**
Où est la Bulgarie ?
Де е България ?

Où est la Bulgarie Poème d'Ivan Vazov The_defeat_of_Shipka_Peak,_Bulgarian_War_of_Independence

Питат ли ме де зората
Si on me demande où l’aube
ме й огряла първи път,
m’a réchauffé la première fois
питат ли ме де й земята,
Si on me demande où est la terre
що най-любя на светът.
que j’aime le plus au monde

**
La langue Bulgare
Extrait
Българският език
екстракт

1883
Пловдив, година

Език свещен на моите деди,
Langue sacrée de mes ancêtres,

език на мъки, стонове вековни,
langue de tourments, gémissements des siècles ,

***********

Les Poèmes d’Ivan Vazov – Лес стихотворения д иван Вазов

*******************

Ivan Vazov Les poèmes d'Ivan Vazov Poésie d'Ivan Vazov

 

 

La Poésie de Mihai Eminescu – Poezia lui Mihai Eminescu

România – textul în limba română
Mihai Eminescu

EminescuEminescu

Traduction – Texte Bilingue
Traducerea Text bilingvă

Traduction Jacky Lavauzelle


LITTERATURE ROUMAINE
POESIE ROUMAINE

Literatura Română
Romanian Poetry

Mihai Eminescu
1850 – 1889

poet roman
Poète Roumain

Poésie de Mihai Eminescu

 Poezia lui Mihai Eminescu

Când amintirile
Quand les souvenirs …

Când amintirile-n trecut
Lorsque les souvenirs au passé
Încearcă să mă cheme,
se connectent,
Când amintirile Quand les souvenirs Mihai Eminescu Artgitato Caspar David Friedrich Falaises de craie sur l'île de Rügen 1818
**

Ce-ţi doresc eu ţie, dulce Romanie
Douce Roumanie, ce que je te souhaite

Ce-ţi doresc eu ţie, dulce Românie, 
Ce que je te souhaite, douce Roumanie,
Ţara mea de glorii, ţara mea de dor?
Pays de gloire, pays langoureux ?

Mihai Eminescu Douce Roumanie Ce que je te souhaiteStefan Luchian Intérieur 1913

**
De ce nu-mi vii ?
Pourquoi ne reviens-tu pas ?

Vezi, rândunelele se duc,
Les hirondelles vont,
 Se scutur frunzele de nuc,
Se décrochent les feuilles de noyer,

Stefan Luchian Portrait d'une femme 1901
**

Despărţire
Séparation

Să cer un semn, iubito, spre-a nu te mai uita? 
Exiger un signe, chérie, pour me souvenir de toi ?
Te-aş cere doar pe tine, dar nu mai eşti a ta;
Je voudrais juste te le demander, mais tu n’es plus à toi ;

Separation Mihai Eminescu Artgitato Nicolae Tonitza Nicolae Tonitza - Jardin à Valeni Musée d'Art de Targu Mures
**

Diana
Diane
1884

Ce cauți unde bate luna
Que fais-tu là où la lune
Pe-un alb izvor tremurător
laisse un rayon fragile sur l’onde

Diane Diana Mihai Eminescu Artgitato Diane chasseresse et ses nymphes Pierre Paul Rubens Madrid.
**

Din valurile vremii…
Des Flots du temps

Din valurile vremii, iubita mea, răsai
Les flots du temps, mon amour, se montrent
Cu braţele de marmur, cu părul lung, bălai –
Avec tes bras de marbre, avec ta longue blonde chevelure  –

Din valurile vremii... Des Flots du Temps Mihai Eminescu Artgitato la-verità-bernini-La-Vérité-Bernin-Villa-Borghese-galleria-galerie-borghese-artgitato
**

Dorinţa
Désir

Vino-n codru la izvorul
Viens à la source au cœur de la forêt
Care tremură pe prund,
Sur les graviers tremblant,

Désir Mihai Eminescu Artgitato Nicolae Grigorescu

**

Floare albastra
Fleur Bleue

« Iar te-ai cufundat în stele
« Dans les étoiles, es-tu
Si în nori si-n ceruri nalte ?
Et dans les nuages et dans le haut du ciel ?

Floare albastra Fleur Bleue Mihai Eminescu Artgitato Van Gogh Saint-Rémy Les Iris mai 1889

**

Împărat şi proletar
Empereur et Prolétaire

I – prima parte

Pe bănci de lemn, în scunda tavernă mohorâtă,
Sur les bancs de bois, dans la profonde et basse taverne,
Unde pătrunde ziua printre fereşti murdare,
Les rayons du jour se fraient un passage à travers la crasse des fenêtres,

 II – a doua parte

Pe malurile Senei, în faeton de gală,
En phaéton de gala, sur les rives de la Seine
Cezarul trece palid, în gânduri adâncit;
César va pâle, seul dans ses pensées ;

 III – terță parte

Parisul arde-n valuri, furtuna-n el se scaldă,
Brûle Paris dans les ondes, s’y baigne la tempête,
Turnuri ca facle negre trăsnesc arzând în vânt –
Des torches noires tournoient dans le vent –

IV – părții a patra

Scânteie marea lină, şi placele ei sure
Lisse, la mer étincelle, et des plaques
Se mişc una pe alta ca pături de cristal
Se déplacent les unes sur les autres comme du cristal

MIHAI EMINESCU Împarat si proletar Empereure et Prolétaire Artgitato Gustave_Moreau_-_Phaeton,_1878
**
Înger de pază
Ange Gardien

Când sufletu-mi noaptea veghea în estaze,
Quand mon âme en extase veillait ,
Vedeam ca în vis pe-al meu inger de paza,
Mon ange gardien je voyais ,

Mihai Eminescu Artgitato Ange gardien Pietro da Cortona, 1656

 **
Lacul
Le Lac

Lacul codrilor albastru
Au lac des forêts bleus
Nuferi galbeni îl încarcă,
Scintillent de jaunes nénuphars,

Lacul Le LacMihai Eminescu Artgitato Claude Monet Les Nymphéas 1904

**
La Steaua
A l’Etoile
1886

La steaua care-a rasarit
L’étoile qui a jailli
E-o cale-atât de lunga, 
Depuis une longue route a parcouru ,

La Steaua L'étoile Poésie Mihai Eminescu Artgitato Van Gogh nuit étoilée

 **
Lubind in taina
T’aimer en secret

 Iubind în taina am pastrat tacere,
T’aimer en secret, garder le silence,
Gindind ca astfel o să-ti placa tie,
Penser ce que tu pensais en lisant,

Lubind in taina T'aimer en secret Mihai Eminescu Artgitato Nicolae Tonitza Femme

 **
Noaptea
La Nuit

Noaptea potolit și vânăt arde focul în cămin;
Pendant la nuit calme le feu crépite;
Dintr-un colț pe-o sofă roșă eu în fața lui privesc,
Lové dans mon canapé je l’observe.

Noaptea La Nuit Mihai Eminescu Artgitato Rembrandt Paysage d'Orage

**
Oda în metru antic
Ode en mètre antique

Nu credeam sa-nvat a muri vrodata;
Pour apprendre à mourir, jamais je ne fis d’étude;
Pururi tânar, înfasurat în manta-mi, 
Toujours jeune, enveloppé dans ma toile,

Oda în metru antic Ode en mètre antique Mihai Eminescu Artgitato Nicolae Tonitza

**
Şi dacă…
Et si…

Şi dacă ramuri bat în geam
Si la fenêtre par les branches est frappée 
Şi se cutremur plopii,
Si les peupliers ont frissonné,

Et si Poésie de Mihai Eminescu Artgitato Stefan Luchian Salciile de la Chiajna

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LE PLUS GRAND POETE DE SA GENERATION

La civilisation tout entière des Roumains continua cependant à subir une influence française, qui se mélangeait de plus en plus heureusement au propre fonds national, plein d’originalité et de vigueur. Si le plus grand poète de cette génération, Michel Eminescu, n’a rien de français dans ses morceaux lyriques si profondément vibrants ni dans ses envolées philosophiques — il a traduit cependant du français sa pièce Laïs, — si la seule note populaire distingue les nouvelles du grand conteur Jean Creanga et de Jean Slavici, le principal dramaturge de l’époque, Jean L. Caragiale, fut, jusque vers la fin de sa vie, un lecteur passionné des modèles français, auxquels il emprunta sa délicate analyse psychologique, son inimitable sens de la précision et de la mesure.

Histoire des relations entre la France et les Roumains
La guerre de Crimée et la fondation de l’Etat roumain

GIOVANNI PRATI 乔瓦尼·普拉蒂 VILLA BORGHESE – 贝佳斯别墅 – ROME – ROMA – 罗马

ROME – ROMA – 罗马
LA VILLA BORGHESE
贝佳斯别墅

Armoirie de Rome

 Photos  Jacky Lavauzelle

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Flag_of_Lazio

Giovanni_Prati 2
Les Bustes de la Villa Borghèse
贝佳斯别墅
I busti della villa Borghèse

GIOVANNI PRATI
乔瓦尼·普拉蒂
1815 – 1884 Roma Rome
Giovanni_Prati 1815 1884

*

  Giovanni_Prati 1815 1884 Villa Borghese Rome Roma artgitato

Les Italiens d’aujourd’hui
RENE BAZIN
REVUE DES DEUX MONDES
Tome 118, 1893 

« Trente a Giovanni Prati ; Trieste possède Gazzoletti et Francesco dall’Ongaro,.. »

ed. Real Circolo Bellini 1878, vers de Giovanni Prati, Musique de Francesco Paolo Frontini

EROS

Nell’ora che un velo
Rabbruna gli obbietti,
Si parlano in cielo
Le stelle e l’amor.

Nell’ora che rade
La rondine i tetti,
Le fresche rugiade
Favellano ai fior.

Nell’ora che i balli
Del mondo son chiusi,
Le perle e i coralli
Si parlano in mar.

E noi, mia fanciulla,
Frementi e confusi
Col Tutto e col Nulla
Torniamci a baciar. —

PIAZZALE DEI MARTIRI ROMA – LE CARRE DES MARTYRS ROME : Damiano Chiesa, Francesco Rismondo, Cesare Battisti, Nazario Sauro, Fabio Filzi

ROME – ROMA- 罗马
PIAZZALE DEI MARTIRI ROMA
LA VILLA BORGHESE
贝佳斯别墅

 

Armoirie de Rome

 Photos  Jacky Lavauzelle

——-

Flag_of_Lazio


Les Bustes de la Villa Borghèse
I busti della villa Borghèse
PIAZZALE DEI MARTIRI
Le Carré des Martyrs

PIAZZALE DEI MARTIRI ROMA - LE CARRE DES MARTYRS ROME artgitato

***
Damiano Chiesa
1894-1916
Militaire & Patriote Italien
Militare & Patriota Italiano

 PIAZZALE DEI MARTIRI ROMA - LE CARRE DES MARTYRS ROME artgitato Damiano Chiesa artgitato

***

Francesco Rismondo
1885-1915
Patriote Italien
Patriota Italiano

PIAZZALE DEI MARTIRI ROMA - LE CARRE DES MARTYRS ROME artgitato Franceso Rismondo

***
Cesare Battisti
1875-1916
Journaliste & homme politique
Giornalista & politico
Révolutionnaire irrédentiste
Irredentista italiano
Il a consacré sa vie à sa région, le Trentin
Dedicò la vita alla causa della sua regione, il Trentino

PIAZZALE DEI MARTIRI ROMA - LE CARRE DES MARTYRS ROME artgitato Cesare Battisti

 

***
Nazario Sauro
1880-1916
Patriote Irredentiste Italien
Patriote Irredentista Italiano

Nazario_Sauro

PIAZZALE DEI MARTIRI ROMA - LE CARRE DES MARTYRS ROME artgitato Nazario Sauro

****
Fabio Filzi
1884-1916
Patriote Irredentiste Italien
Patriota Irredentista Italiano

Fabio_FilziPIAZZALE DEI MARTIRI ROMA - LE CARRE DES MARTYRS ROME artgitato Fabio Filzi

L’Irrédentisme

FRANCIS CHARMES
Chronique de la quinzaine, histoire politique
14 juin 1903
LA REVUE DES DEUX MONDES
Tome 15 – 1903

« L’Italie vient de traverser une crise d’irrédentisme qui a éclaté subitement, et n’est peut-être pas encore tout à fait terminée. Elle n’en est pas loin toutefois. Le gouvernement devait prendre, et a pris effectivement des mesures pour en empêcher le développement. Si peu qu’elle ait duré, elle a suffi à jeter des lumières dans les profondeurs de l’opinion italienne. Ce mot est peut-être excessif. Nous ne savons pas au juste si l’irrédentisme est aujourd’hui chez nos voisins un sentiment vraiment profond ; mais il est à coup sûr très vif. On aurait tort de croire que le feu soit éteint ; il est seulement assoupi.
Malgré la révolution prodigieuse qui s’y est faite depuis moins de cinquante ans et qui a créé son unité, l’Italie ne regarde pas ses destinées comme accomplies. Tout le monde sait que certaines provinces autrichiennes sont considérées par elle comme lui appartenant. Ce sont : le Tyrol, que la géographie semble lui attribuer en effet, et Trieste où la majorité de la population est italienne. C’est donc à la fois au nom de la géographie et au nom de la race que l’Italie forme à l’endroit de ces parties du territoire autrichien comme une revendication secrète, mais qui se réveille à l’occasion, comme le fait l’a montré. »

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Fiume, l’Adriatique et les rapports franco-italiens
LA REVUE DES DEUX MONDES
Tome 1 – 1921

« C’est qu’en avril 1915 il n’existait en Italie ni mouvement d’opinion, ni tradition politique en faveur de l’annexion de Fiume. Aucun Italien n’en parlait et très rares devaient être ceux qui y pensaient. Trente et Trieste résumaient pour la masse l’irrédentisme national. Le nom de Fiume n’avait à aucun degré la même signification, n’exerçait nullement le même pouvoir d’attraction. Au-dessus de la foule, une élite étendait sans doute son irrédentisme aux peuplements italiens de la rive orientale de l’Adriatique ; entendait, en même temps que la voix du sang, celle des souvenirs historiques, qui lui parlaient de l’empire de Venise et même de l’Empire romain ; faisait enfin entrer en ligne de compte des considérations politiques, stratégiques et économiques. Mais c’était là un irrédentisme principalement intellectuel. Les noms de Fiume et de Dalmatie n’étaient évocateurs d’italianité et de domination ancienne qu’à l’esprit d’un petit nombre d’Italiens. Économiquement, Trieste paraissait une aubaine suffisante à satisfaire les plus difficiles. Stratégiquement, le port commercial de Fiume ne présentait aucun intérêt ; Pola et Vallona semblaient devoir, avec Tarente, assurer la maîtrise de l’Adriatique : la possession ou la simple neutralisation du littoral et des îles dalmates achèveraient de garantir la sécurité de la côte italienne. Politiquement, personne ne s’attendait à l’entière dislocation de l’Empire austro-hongrois ; et laisser un débouché sur l’Adriatique à la Croatie, province de la Hongrie ou partie d’une monarchie trialiste, paraissait une concession logique et dépourvue d’inconvénient. Tel est l’état d’esprit qui a été celui des négociateurs italiens de la Convention de Londres, d’où est résultée la rédaction même de l’acte, et qui leur a permis d’avoir, en le signant, la conscience en repos. La plus exigeante des consciences italiennes s’en fût satisfaite alors comme celle de ces grands Italiens, les Sonnino, les Salandra. »

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FRANCESCO CRISPI (1819-1901), TRIPLE ALLIANCE ET IRREDENTISME

CHARLES DE MAZADE
CHRONIQUE DE LA QUINZAINE
HISTOIRE POLITIQUE ET LITTERAIRE
14 OCTOBRE 1890
LA REVUE DES DEUX MONDES
TOME 1
« M. Crispi, en habile homme, a surpris un peu son monde ; il a prononcé un discours qui est tout à la fois une déclaration de guerre à tout ce qui est révolutionnaire, à l’irrédentisme, c’est-à-dire à la revendication des terres italiennes séparées encore du royaume, — et une profession de foi en faveur de la monarchie, surtout en faveur de la triple alliance. La guerre à l’irrédentisme, la monarchie, la triple alliance, tout cela se tient ! Sans doute, il y a longtemps déjà que M. Crispi a rompu ses vieux liens républicains, qu’il n’a point hésité à déclarer que la monarchie était la plus sûre gardienne, la seule garantie de l’unité italienne ; il n’avait pas à renouveler sa profession de foi. Il y a moins longtemps, il faut l’avouer, qu’il s’est décidé contre l’irrédentisme ; sa conversion est même d’une date assez récente, et en vérité il n’est rien de tel que d’avoir été un fougueux irrédentiste pour exécuter d’anciens amis devenus gênants, M. Crispi a fait son exécution avec dextérité, sans regarder derrière lui. Il a désavoué l’irrédentisme parce qu’il ne pouvait pas faire autrement, sans rompre avec l’Autriche, — et le premier objet qu’il se proposait était justement l’apologie de la triple alliance. »

 

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Piazzale dei Martiri Roma