Archives de catégorie : art

Zheng He Duo Yun Xuan Art Gallery EXHIBITION OF CHINESE FAMOUS PAINTING 中国古代名画

Zheng He Duo Yun Xuan Art Gallery
 42A & 44A, Lorong Hang Jebat

MALACCA – MELAKA

中国古代名画

 

*

 

Malaysia
Voyage en Malaisie
PHOTO DE JACKY LAVAUZELLE




 

 




Chineses Paintings
中国画

  MALACCA
MELAKA

 

 Zheng He Duo Yun Xuan Art Gallery
郑和朵云轩
MALACCA – MELAKA 马六甲
MUSEE D’ART 艺术馆  

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CHINESES PAINTINGS
PEINTURES CHINOISES
中国古代名画
EXHIBITION OF CHINESE FAMOUS PAINTING
MALACCA – MELAKA
中国画

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Ma Yuan
马远
踏歌图
Le Chant des Premières Pouces Printanières Foulées au pied

*

Miao Fu
缪辅
Les Poissons 鱼

Fish and Aquatic
明缪辅“鱼藻图” – 中国古代名画

*




Zhang Zeduan
张择端
(1085-1145)
Le Jour de Qingming au bord de la rivière




清明上河圖

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Peintures chinoises à la Bibliothèque nationale
Par WALTER BENJAMIN
en 1938

« Le renom des peintures qui appartiennent aux époques que nous venons d’indiquer est solidement établi en Chine et au Japon ; mais chez nous, en raison d’un certain parti pris et d’une certaine ignorance, on a surtout prôné la peinture chinoise de l’époque Song (Xe, XIe-XIIe siècles), accordant bien aussi un regard à l’époque Yuan (XIIIe-XIVe) considérée d’ailleurs comme le prolongement de l’époque antérieure. Cette admiration assez confuse pour les « Song-Yuan » se transformait soudain en mépris lorsque l’on prononçait les noms des dynasties Ming et Ts’ing.

Or, il faut d’abord le noter, l’authenticité de beaucoup de peintures prétendument Song ou Yuan est très sujette à caution. M. Arthur Waley, le Dr Sirén, dans leurs ouvrages, ont suffisamment indiqué combien sont rares les tableaux qui peuvent avec certitude être attribués à l’époque dite « classique » de la peinture chinoise. Il apparaît donc que l’on s’est pâmé surtout devant des copies. Mais sans préjuger de la grandeur véritable de la peinture chinoise des époques Song et Yuan, l’exposition de la Bibliothèque nationale nous a permis tout au moins de réviser le jugement qui avait été porté avec beaucoup de désinvolture sur les peintres chinois des dynasties Ming et Ts’ing. À vrai dire, il n’était même pas question de nommer un seul de ces peintres. On n’en prenait pas la peine. La condamnation portait en bloc sur la « peinture Ming », la « peinture Ts’ing » — que l’on plaçait sous le signe de la décadence.

M. Georges Salles, à qui nous sommes reconnaissants de nous avoir présenté la collection de M. Dubosc, insiste cependant sur la permanence de l’ancienne maîtrise chez les peintres plus récents. Il s’agit là, dit-il, d’un « art dont le métier est désormais fixé, — facettes mallarméennes taillées à même le vieil alexandrin ».




Sous un autre aspect, qui se rattache de plus près à la personne du collectionneur même, cette exposition nous a intéressé. M. Dubosc, qui a séjourné près de dix ans en Chine, est devenu un éminent connaisseur d’art chinois en vertu d’une formation esthétique qui, elle, est essentiellement occidentale. Sa préface, discrètement, fait comprendre de quel prix lui a été notamment l’enseignement de Paul Valéry. On apprend dès lors sans surprise que son intérêt se soit porté sur l’état de lettré qui, en Chine, est inséparable de celui de peintre.

C’est un fait capital et assez étrange aux yeux des Européens : le lien qui nous est révélé entre la pensée d’un Valéry, qui parle d’un Léonard de Vinci en disant « qu’il a la peinture pour philosophie » et cette vue synthétique de l’Univers qui caractérise ces peintres-philosophes de la Chine. « Peintre et grand lettré », « calligraphe, poète et peintre », telles sont les désignations courantes des maîtres de la peinture. Les tableaux eux-mêmes en prouvent le bien-fondé.

Un grand nombre de ces peintures portent des légendes importantes. Sans parler de celles qui ont été ajoutées plus tard par des collectionneurs, les plus intéressantes sont celles qui proviennent de la main des artistes eux-mêmes. Multiples sont les sujets de ces calligraphies qui font, en quelque sorte, partie du tableau. On y trouve des commentaires ou des références à d’illustres maîtres. On trouve, plus souvent encore, de simples notations personnelles. En voici qui seraient aussi bien détachées d’un journal intime que d’un recueil de poésies lyriques.




Sur les arbres la neige demeure encore glacée
Tout un jour je ne me lasse pas de ce spectacle.
TS’lEN KIANG.
Dans un pavillon au cœur des eaux nul n’atteint
J’ai fini de lire les chants de « Pin »
Ceux du septième mois.
LIEOU WAN-NGAN.

« Ces peintres sont des lettrés », dit M. Dubosc. Il ajoute : « Leur peinture est cependant à l’opposé de toute littérature. »

L’antinomie qu’il indique en ces termes pourrait bien constituer le seuil qui donnât accès d’une manière authentique à cette peinture — antinomie qui trouve sa « résolution » dans un élément intermédiaire, lequel, bien loin de constituer un juste milieu entre littérature et peinture, embrasse intimement ce en quoi elles paraissent les plus irréductiblement s’opposer, c’est-à-dire la pensée et l’image. Nous voulons parler de la calligraphie chinoise. « La calligraphie chinoise en tant qu’art », dit le savant Lin Yu-tang, « implique… le culte et l’appréciation de la beauté abstraite de la ligne et de la composition dans des caractères assemblés de telle manière qu’ils donnent l’impression d’un équilibre instable… Dans cette recherche de tous les types théoriquement possibles du rythme et des formes de structures qui apparaissent au cours de l’histoire de la calligraphie chinoise, on découvre que pratiquement toutes les formes organiques et tous les mouvements des êtres vivants qui sont dans la nature ont été incorporés et assimilés… L’artiste… s’empare des minces échasses de la cigogne, des formes bondissantes du lévrier, des pattes massives du tigre, de la crinière du lion, de la lourde démarche de l’éléphant et les tisse en un réseau d’une beauté magique. »

La calligraphie chinoise — ces « jeux de l’encre », pour emprunter le mot par lequel M. Dubosc désigne les tableaux eux-mêmes — se présente donc comme une chose éminemment mouvante. Bien que les signes aient un lien et une forme fixés sur le papier, la multitude des « ressemblances » qu’ils renferment leur donne le branle. Ces ressemblances virtuelles qui se trouvent exprimées sous chaque coup de pinceau, forment un miroir où se réfléchit la pensée dans cette atmosphère de ressemblance ou de résonance.




De fait, ces ressemblances ne s’excluent pas entre elles ; elles s’enchevêtrent et constituent un ensemble que sollicite la pensée comme la brise un voile de gaze. Le nom « hsie-yi », peinture d’idée — que les Chinois réservent à cette notation,. est significatif à cet égard.

Il est de l’essence de l’image de contenir quelque chose d’éternel. Cette éternité s’exprime par la fixité et la stabilité du trait, mais elle peut aussi s’exprimer, de façon plus subtile, grâce à une intégration dans l’image même de ce qui est fluide et changeant. C’est à cette intégration que la calligraphie emprunte tout son sens. Elle part à la recherche de l’image- pensée. « En Chine » — dit M. Salles — « l’art de peindre est avant tout l’art de penser. » Et penser, pour le peintre chinois, veut dire penser par ressemblance. Comme, d’autre part, la ressemblance ne nous apparaît que comme dans un éclair, comme rien n’est plus fuyant que l’aspect d’une ressemblance, le caractère fuyant et empreint de changement de ces peintures se confond avec leur pénétration du réel. Ce qu’elles fixent n’a jamais que la fixité des nuages. Et c’est là leur véritable et énigmatique substance, faite de changement, comme la vie.

Pourquoi les peintres de paysages atteignent-ils une si grande vieillesse ? se demande un peintre philosophe. « C’est que la brume et les nuages leur offrent une nourriture. »

La collection de M. Dubosc suscite ces réflexions. Elle évoque bien d’autres pensées encore. Elle servira prodigieusement la connaissance de l’Est. Elle mérite de durer. Le Musée du Louvre, en l’acquérant, vient de consacrer ce mérite. »

WALTER BENJAMIN
CHRONIQUE ARTISTIQUE
Peintures chinoises à la Bibliothèque nationale
Europe, tome 46
n° 181 – Janvier 1938




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Kitagawa Utamaro 喜多川 歌麿 KYRIELLE D’OISEAUX 百千鳥 – モモチドリ Momochidori

***
日本のアート
POESIE JAPONAISE & ART DU JAPON
詩歌
**
Kitagawa Utamaro
喜多川 歌麿
TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
******
KITAGAWA UTAMARO
V 1753 – 31 octobre 1806




Kyrielle d’oiseaux
百千鳥
モモチドリ
Momochidori
 
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Le Rhipidure hochequeue
[Rhipidura leucophrys]
鶺鴒 Sekirei
まんとくさい
Man to Kusai
LE FAISAN CUIVRE
[Phasianus soemmerringii]
山鳥
Yamadori
もなかのつきまろ
Mo Naka no Tsuki Maro
 



L’ALOUETTE DES CHAMPS
  雲雀
銭屋金埓
Zeniya Kinrachi
1751-1808
江戸時代中期 Epoque Edo (1603-1868)

 **




LA CAILLE
Tsuburi Hikaru
つぶりひかる
Tsuburi-kō
つぶり光
Tsuburi no Hikaru
1754-1796
Fin de la période Edo

***




Des poèmes de forme et de couleur

« Toutes les qualités de vision et d’exécution qui font les grands peintres classiques, ces maîtres japonais les ont possédées à un degré égal. Ils nous ont laissé du monde une image personnelle, vivante, variée. Ils ont eu pour les guider des principes qui nous sont étrangers ; mais leurs yeux n’étaient pas si différents des nôtres qu’il nous soit impossible de recréer les visions qu’ils nous ont si honnêtement traduites. Ils ont compris comme nous la pureté des lignes, l’harmonie des couleurs, les secrets du mouvement. Le dernier élève de nos collèges s’entend mieux qu’ils ne faisaient à tout ce qui est scientifique dans la peinture, l’anatomie, le clair-obscur, la perspective ; mais c’est à peine si les plus grands de nos peintres les égalent pour saisir la fugitive impression d’un moment, pour varier à l’infini les détails d’une composition, pour mettre au service de leurs yeux une main sûre et leste. Ajoutons que, autant que les plus grands d’entre nous, ces maîtres japonais, les Meïcho, les Motonobou, les Itchô et les Hokousaï, ont animé leurs figures d’expressions vivantes et concilié dans leurs paysages la vérité avec le sentiment. L’amour de la nature était si fort dans leurs âmes qu’il y faisait naître une adorable musique ; leurs peintures sont ce que devaient être, suivant un de leurs philosophes, tous les tableaux japonais : « des poèmes de forme et de couleur. » Certes, ces maîtres sont des exceptions et il ne faut pas moins que tout leur génie pour donner du prix à un art si empêtré dans les traditions.




Mais leur génie est l’épanouissement suprême du génie de la race ; c’est par eux que s’est le plus complètement exprimée l’âme du Japon
. »

Théodore de Wyzewa
La Peinture japonaise
Revue des Deux Mondes
 Troisième période
Tome 100 – 

**

UTAMARO
OUTAMARO
dans le journal
des Frères Goncourt
Année 1891

« Mardi 10 mars. — Hayashi m’apporte aujourd’hui une traduction des passages importants des MAISONS VERTES d’Outamaro.

Lundi 20 avril. — Les Japonais même intelligents très intelligents, n’ont pas le sentiment de la construction, de la composition d’un livre historique. Ainsi pour mon travail sur Outamaro, quand j’ai demandé pour la première fois à Hayashi : « Est-ce qu’il existe un portrait d’Outamaro ? — Non, » m’a-t-il répondu tout d’abord. Ce n’est que lorsque je suis revenu à ma demande, qu’une fois il m’a dit : « Mais je crois en avoir vu chez vous, dans un recueil que vous avez. » Et c’est comme cela, que j’arrivais à faire connaître ce fameux portrait de l’artiste, authentiqué par son nom sur sa robe, et par l’inscription du poteau auquel il est adossé et qui porte : Sur une demande, Outamaro a peint lui-même son élégant visage. Dans le livre des MAISONS VERTES, je voyais une planche représentant des femmes du Yoshiwara, en contemplation devant la lune, par une belle nuit d’été, et l’écrivain du livre affirmait que ces femmes avaient un très remarquable sentiment poétique. Cette affirmation m’amenait à demander à Hayashi, si par hasard il n’existerait pas quelque part des poésies imprimées de ces femmes : à quoi il me répondait que si, qu’il y avait un gros recueil très connu, et sur ma demande m’en traduisait quatre ou cinq caractéristiques, — ce qu’il n’aurait jamais songé à faire, si c’était lui qui avait fait le travail que j’ai fait, et ainsi de tout.

Lundi 27 avril – C’est amusant ce travail japonais d’Outamaro, ce transport de votre cervelle, au milieu d’êtres, aux habitudes d’esprit, aux histoires, aux légendes d’une autre planète : du travail ressemblant un peu à un travail fait dans l’hallucination d’un breuvage opiacé.

Mardi 16 juin – Aujourd’hui a paru Outamaro, le peintre des MAISONS VERTES.« 

Edmond de Goncourt et Jules de Goncourt
Journal des Goncourt  : Mémoires de la vie littéraire
Année 1891
Bibliothèque-Charpentier, 1895 (5e mille)
Huitième Tome – 1889-1891

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MA YUAN 马远 Le chant des premières pousses printanières foulées au pied

Le Chant des Premières Pouces Printanières Foulées au pied

*

 

Malaysia
Voyage en Malaisie
PHOTO DE JACKY LAVAUZELLE




 

 




Chineses Paintings
中国画

  MALACCA
MELAKA

 

 Zheng He Duo Yun Xuan Art Gallery
郑和朵云轩
MALACCA – MELAKA 马六甲
MUSEE D’ART 艺术馆  

****








CHINESES PAINTINGS
PEINTURES CHINOISES
EXHIBITION OF CHINESE FAMOUS PAINTING
MALACCA – MELAKA
中国画

*******

Ma Yuan
Qinsshan
1160 – 1225
马远
1160年-1225年
——–
DYNASTIE DES SONG DU SUD
1127–1279


《踏歌图》
Le Chant des Premières Pouces Printanières Foulées au pied
北京故宫博物院藏
Le Musée national du Palais
Gúolì Gùgōng Bówùyùan
Cité Interdite

 

Début du XIIIe siècle
Rouleau vertical
Encre et Couleurs sur Soie

Le Chant des Premières Pouces Printanières
Poème de Jacky Lavauzelle

Pointes de gris et impassibles vides
Lignes au-dessus des pierres
Dents acérées
Mâchoires d’ombres
Calme confus fracassé sur des mers de rochers
Une étendue sommeille dans le creux d’une feuille
L’homme naufragé
Dans l’immensité des gouffres
Dans une sourde mêlée d’insectes et de souffles
Surnage.
Pointes au-dedans du vide
Flots de pierres au-dessus des têtes
Bouches ouvertes en armures
Brisants dans l’attente des fracas
L’homme dans le large
S’écrase
Passe
Etranger
A quelques ondes des vides.

 

*
L’ODEUR DE LA MONTAGNE
de Renée Vivien

Le soir, désaltérant la soif de la campagne,
Coule, froidement vert comme un fleuve du Nord,
Et voici que descend l’odeur de la montagne.

Consolant la tristesse et ranimant l’effort,
La fraîcheur des sommets se répand dans la plaine.

On voit de loin, jetant des flammes sur les fleurs,
Le ver luisant et la luciole incertaine ;
Et la bruine déferle, éteignant les couleurs
Et noyant d’infini les pâles paysages.
L’or du couchant jaillit, tel le vin du pressoir,
Et s’attarde, empourpré, sur les divins visages

De l’Ombre et de la Mort, qui passent dans le soir…

Renée Vivien
L’Odeur de la Montagne
Évocations, Alphonse Lemerre, éditeur-  

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MAÎTRISE LOGIQUE DE SONG

La scène est pleine d’expression et déborde d’enseignement : L’Empereur, à demi étendu sur ce lit de repos, montre une bouche grave, un sourcil lourd de pensers philosophiques. Il admoneste le Prince Héritier debout, par déférence, à quelques pas de Lui.

Mais la leçon de chaque jour dépasse l’enseignement d’un Père à son fils. Des deux côtés, recueillant les deux flots du manteau de paroles, voyez le Grand Protecteur civil et le Général d’Armée. Comme s’éduque l’enfant, s’instruisent les Ministres et, par eux, le peuple entier.

L’Empereur explique :
« Que l’Univers, et tous les êtres qu’il contient, sont issus de deux Principes, coéternels, infinis, distingués, mais inséparables, norme et matière.
« Qu’il n’y a pas, entre ces deux Principes, antécédence ou postériorité d’origine, mais de Raison, — et une dignité. (La Norme ne tombant point sous les sens, la Matière les supportant.)
« Que l’une et l’autre, sans âme ni contour, s’individualisent dans la chair dont chacun de nous est fait, et qui, pour un temps, limite une portion de Norme, laquelle, à son heure, s’en retourne à l’infini quand le fini dans la chair se dissout, se décompose.

L’Empereur examine :
« S’il faut nier le Néant primordial, — et, certain de l’Éternité de Norme et Matière, décerner à celle-ci un titre tel : « Grande Raréfaction », ou bien « Grande Harmonie », afin de conférer à l’union de l’une et l’autre ce rang suprême : « Grande Unité », « Grand Commencement », « Grande Mutation », « Grand Être Réalisé ».

L’Empereur daigne commenter :
« Norme et Matière ont existé de tous les temps. Tout être est donc fait de Norme et Matière. Norme ne fut pas avant Matière. Norme, plus noble que Matière, ne peut exister sans elle ; et pourtant unique, se dénombre en la diversité. Norme éternelle s’incarne dans l’éphémère. Norme et Matière étaient avant que Ciel et Sol ne fussent. Ciel et Sol sont Norme et Matière. Norme et Matière sont autres que Ciel et Sol.

Et l’Empereur décide enfin :
« Que le Monde est vraiment un tourbillon, rare dans son noyau central, — de plus en plus dense, compact et formel à sa périphérie ; concrété comme la coquille autour de l’œuf mou. »

Dès lors,
« Que l’on n’enseigne point, par une méprise absurde, que les neuf sphères dans les cieux s’enveloppent comme les écailles concentriques de l’oignon, — mais bien qu’elles forment, en se déroulant du centre à l’étendue et dans tous les plans à la fois, les Neuf Volutes enspiralées du tourbillon de l’Univers, — et il n’y a pas de rayon. »

Et c’est ainsi que, négligeant l’odeur des festins, souriant de loin aux concours d’hommes et de femmes, l’Empereur s’enivre de sa seule pensée, et jouit du pur embrassement de ses concepts : pénétré, mieux qu’un Général d’Armée, des trente-deux principes de Bataille, il les emploie à la défense ou à l’assaut de ses seuls Palais de Logique.
Il gagnera la question de savoir si la Raison est antérieure aux sentiments, ou ceux-ci à la Raison. Il résoudra si le Grand Vide au bout du monde est dur en fonction de sa vitesse ou de sa définition.

Le Ministre civil, bien éduqué, s’incline, vaincu par la logomachie du Maître qui vient précisément de le complimenter sur son zèle intelligent. Le Guerrier, un peu à l’écart, tremble de tous ses gros membres. Plus forts que les béliers de sièges, les Mots frappent à lui crever le front.
Il n’ose point approuver trop haut. Il n’oserait surtout contredire. Mais, tandis que le Philosophe mène au combat ses idées bien rangées, le Militaire, inquiet malgré lui, se souvient que les Hordes Nord tiennent déjà les provinces du froid ; qu’ils sont là-bas plus d’un million, menaçants et mobiles. Il sait que depuis deux cents ans la Dynastie recule et se dérobe vers le Sud, abandonnant les villes, les canaux, les rivières et les champs dont les sillons transverses, disposés contre les chars antiques, n’ont pas pu retarder les foulées du galop Mongol…

Et que l’on s’en ira bientôt finir parmi les sauvages tout crus !

Mais telle est la vertu logique et l’imposante majesté des Mots, que le soudard renfrogne son inquiétude, écoute plus fort, feint de comprendre et se tient toujours coi.

Victor Segalen
Peintures
Georges Crès et Cie – 1916

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MA YUAN

Kitagawa Utamaro 喜多川 歌麿 LE RHIPIDURE HOCHEQUEUE 鶺鴒 & LE FAISAN CUIVRE 山鳥

***

日本のアート
POESIE JAPONAISE & ART DU JAPON
詩歌

**

Kitagawa Utamaro
喜多川 歌麿

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

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KITAGAWA UTAMARO
V 1753 – 31 octobre 1806




Kyrielle d’oiseaux

Le Rhipidure Hochequeue 鶺鴒
&
Le Faisan Cuivré 山鳥

POEMES DE
まんとくさい
Mantokusai
&
もなかのつきまろ
Monaka no Tsukimaro

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Le Rhipidure hochequeue
[Rhipidura leucophrys]
鶺鴒 Sekirei

まんとくさい
Man to Kusai

 あふた夜にむねのおどりはなほりても
A futa yoru ni mune no odori wana horite mo
Mon cœur enfin se calme depuis la nuit de nos premiers feux
いまに人目のせきれいはうし
ima ni hitome no sekirei wa ushi
Mais comme le hochequeue, je ne supporte pas les autres yeux

 




 

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LE FAISAN CUIVRE
[Phasianus soemmerringii]
山鳥
Yamadori

もなかのつきまろ
Mo Naka no Tsuki Maro

山鳥のほろほろなみだせきわびぬ
Yamadori no horohoro namidaseki wabinu
Criaille le faisan cuivré en pleurs
 いく夜かがみのかげもみせねば
 iku yoru kagami no kage mo miseneba
Le miroir désormais a effacé ton reflet

[Le faisan cuivré ou Phasianus soemmerringii ne se trouve qu’au Japon]

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Des poèmes de forme et de couleur

« Toutes les qualités de vision et d’exécution qui font les grands peintres classiques, ces maîtres japonais les ont possédées à un degré égal. Ils nous ont laissé du monde une image personnelle, vivante, variée. Ils ont eu pour les guider des principes qui nous sont étrangers ; mais leurs yeux n’étaient pas si différents des nôtres qu’il nous soit impossible de recréer les visions qu’ils nous ont si honnêtement traduites. Ils ont compris comme nous la pureté des lignes, l’harmonie des couleurs, les secrets du mouvement. Le dernier élève de nos collèges s’entend mieux qu’ils ne faisaient à tout ce qui est scientifique dans la peinture, l’anatomie, le clair-obscur, la perspective ; mais c’est à peine si les plus grands de nos peintres les égalent pour saisir la fugitive impression d’un moment, pour varier à l’infini les détails d’une composition, pour mettre au service de leurs yeux une main sûre et leste. Ajoutons que, autant que les plus grands d’entre nous, ces maîtres japonais, les Meïcho, les Motonobou, les Itchô et les Hokousaï, ont animé leurs figures d’expressions vivantes et concilié dans leurs paysages la vérité avec le sentiment. L’amour de la nature était si fort dans leurs âmes qu’il y faisait naître une adorable musique ; leurs peintures sont ce que devaient être, suivant un de leurs philosophes, tous les tableaux japonais : « des poèmes de forme et de couleur. » Certes, ces maîtres sont des exceptions et il ne faut pas moins que tout leur génie pour donner du prix à un art si empêtré dans les traditions.




Mais leur génie est l’épanouissement suprême du génie de la race ; c’est par eux que s’est le plus complètement exprimée l’âme du Japon
. »

Théodore de Wyzewa
La Peinture japonaise
Revue des Deux Mondes
 Troisième période
Tome 100 – 

**

UTAMARO
OUTAMARO
dans le journal
des Frères Goncourt
Année 1891

« Mardi 10 mars. — Hayashi m’apporte aujourd’hui une traduction des passages importants des MAISONS VERTES d’Outamaro.

Lundi 20 avril. — Les Japonais même intelligents très intelligents, n’ont pas le sentiment de la construction, de la composition d’un livre historique. Ainsi pour mon travail sur Outamaro, quand j’ai demandé pour la première fois à Hayashi : « Est-ce qu’il existe un portrait d’Outamaro ? — Non, » m’a-t-il répondu tout d’abord. Ce n’est que lorsque je suis revenu à ma demande, qu’une fois il m’a dit : « Mais je crois en avoir vu chez vous, dans un recueil que vous avez. » Et c’est comme cela, que j’arrivais à faire connaître ce fameux portrait de l’artiste, authentiqué par son nom sur sa robe, et par l’inscription du poteau auquel il est adossé et qui porte : Sur une demande, Outamaro a peint lui-même son élégant visage. Dans le livre des MAISONS VERTES, je voyais une planche représentant des femmes du Yoshiwara, en contemplation devant la lune, par une belle nuit d’été, et l’écrivain du livre affirmait que ces femmes avaient un très remarquable sentiment poétique. Cette affirmation m’amenait à demander à Hayashi, si par hasard il n’existerait pas quelque part des poésies imprimées de ces femmes : à quoi il me répondait que si, qu’il y avait un gros recueil très connu, et sur ma demande m’en traduisait quatre ou cinq caractéristiques, — ce qu’il n’aurait jamais songé à faire, si c’était lui qui avait fait le travail que j’ai fait, et ainsi de tout.

Lundi 27 avril – C’est amusant ce travail japonais d’Outamaro, ce transport de votre cervelle, au milieu d’êtres, aux habitudes d’esprit, aux histoires, aux légendes d’une autre planète : du travail ressemblant un peu à un travail fait dans l’hallucination d’un breuvage opiacé.

Mardi 16 juin – Aujourd’hui a paru Outamaro, le peintre des MAISONS VERTES.« 

Edmond de Goncourt et Jules de Goncourt
Journal des Goncourt  : Mémoires de la vie littéraire
Année 1891
Bibliothèque-Charpentier, 1895 (5e mille)
Huitième Tome – 1889-1891

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Kitagawa Utamaro 喜多川 歌麿 LA CAILLE 鶉 (Tsuburi Hikaru) et L’ALOUETTE DES CHAMPS 雲雀 (Zeniya Kinrachi)

***

日本のアート
POESIE JAPONAISE & ART DU JAPON
詩歌

**

Kitagawa Utamaro
喜多川 歌麿

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

******

KITAGAWA UTAMARO
V 1753 – 31 octobre 1806




Kyrielle d’oiseaux

La Caille  鶉
&
L’Alouette des champs  雲雀

POEMES DE
Tsuburi Hikaru
& Zeniya Kinrachi

 

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L’ALOUETTE DES CHAMPS 雲雀

 銭屋金埓
Zeniya Kinrachi
1751-1808
江戸時代中期 Epoque Edo (1603-1868)

大空におもひあがれるひばりさへ
Ōzora ni o mo hiagareru hibari-sa e
Si au firmament l’alouette se glisse
ゆふべは落ちるならひこそあれ
Yu fu be wa ochirunara hi koso are
Elle revient à la nuit sur les plis de la terre




 ****************




LA CAILLE

Tsuburi Hikaru
つぶりひかる
Tsuburi-kō
つぶり光
Tsuburi no Hikaru
1754-1796
Fin de la période Edo

 うずらふのまだらまだらとくどけども
Uzura fu no madara madara to kudokedomo
Mélancolique, comme une caille diaprée, majestueux
栗の初穂のおちかぬる君
Kuri no hatsuho no o Chika nuru kimi
Mais vous, altière, ne me jetez qu’un seul air dédaigneux

***




Des poèmes de forme et de couleur

« Toutes les qualités de vision et d’exécution qui font les grands peintres classiques, ces maîtres japonais les ont possédées à un degré égal. Ils nous ont laissé du monde une image personnelle, vivante, variée. Ils ont eu pour les guider des principes qui nous sont étrangers ; mais leurs yeux n’étaient pas si différents des nôtres qu’il nous soit impossible de recréer les visions qu’ils nous ont si honnêtement traduites. Ils ont compris comme nous la pureté des lignes, l’harmonie des couleurs, les secrets du mouvement. Le dernier élève de nos collèges s’entend mieux qu’ils ne faisaient à tout ce qui est scientifique dans la peinture, l’anatomie, le clair-obscur, la perspective ; mais c’est à peine si les plus grands de nos peintres les égalent pour saisir la fugitive impression d’un moment, pour varier à l’infini les détails d’une composition, pour mettre au service de leurs yeux une main sûre et leste. Ajoutons que, autant que les plus grands d’entre nous, ces maîtres japonais, les Meïcho, les Motonobou, les Itchô et les Hokousaï, ont animé leurs figures d’expressions vivantes et concilié dans leurs paysages la vérité avec le sentiment. L’amour de la nature était si fort dans leurs âmes qu’il y faisait naître une adorable musique ; leurs peintures sont ce que devaient être, suivant un de leurs philosophes, tous les tableaux japonais : « des poèmes de forme et de couleur. » Certes, ces maîtres sont des exceptions et il ne faut pas moins que tout leur génie pour donner du prix à un art si empêtré dans les traditions.




Mais leur génie est l’épanouissement suprême du génie de la race ; c’est par eux que s’est le plus complètement exprimée l’âme du Japon
. »

Théodore de Wyzewa
La Peinture japonaise
Revue des Deux Mondes
 Troisième période
Tome 100 – 

**

UTAMARO
OUTAMARO
dans le journal
des Frères Goncourt
Année 1891

« Mardi 10 mars. — Hayashi m’apporte aujourd’hui une traduction des passages importants des MAISONS VERTES d’Outamaro.

Lundi 20 avril. — Les Japonais même intelligents très intelligents, n’ont pas le sentiment de la construction, de la composition d’un livre historique. Ainsi pour mon travail sur Outamaro, quand j’ai demandé pour la première fois à Hayashi : « Est-ce qu’il existe un portrait d’Outamaro ? — Non, » m’a-t-il répondu tout d’abord. Ce n’est que lorsque je suis revenu à ma demande, qu’une fois il m’a dit : « Mais je crois en avoir vu chez vous, dans un recueil que vous avez. » Et c’est comme cela, que j’arrivais à faire connaître ce fameux portrait de l’artiste, authentiqué par son nom sur sa robe, et par l’inscription du poteau auquel il est adossé et qui porte : Sur une demande, Outamaro a peint lui-même son élégant visage. Dans le livre des MAISONS VERTES, je voyais une planche représentant des femmes du Yoshiwara, en contemplation devant la lune, par une belle nuit d’été, et l’écrivain du livre affirmait que ces femmes avaient un très remarquable sentiment poétique. Cette affirmation m’amenait à demander à Hayashi, si par hasard il n’existerait pas quelque part des poésies imprimées de ces femmes : à quoi il me répondait que si, qu’il y avait un gros recueil très connu, et sur ma demande m’en traduisait quatre ou cinq caractéristiques, — ce qu’il n’aurait jamais songé à faire, si c’était lui qui avait fait le travail que j’ai fait, et ainsi de tout.

Lundi 27 avril – C’est amusant ce travail japonais d’Outamaro, ce transport de votre cervelle, au milieu d’êtres, aux habitudes d’esprit, aux histoires, aux légendes d’une autre planète : du travail ressemblant un peu à un travail fait dans l’hallucination d’un breuvage opiacé.

Mardi 16 juin – Aujourd’hui a paru Outamaro, le peintre des MAISONS VERTES.« 

Edmond de Goncourt et Jules de Goncourt
Journal des Goncourt  : Mémoires de la vie littéraire
Année 1891
Bibliothèque-Charpentier, 1895 (5e mille)
Huitième Tome – 1889-1891

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Miao Fu -POISSONS – Fish and Aquatic 明缪辅“鱼藻图” – 中国古代名画 – XVe siècle

Miao Fu
缪辅
Fish and Aquatic

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Malaysia
Voyage en Malaisie
PHOTO & POEME LE POISSON DE MIAO FU
DE JACKY LAVAUZELLE




 

 




Chineses Paintings
中国画

  MALACCA
MELAKA

 

 Zheng He Duo Yun Xuan Art Gallery
郑和朵云轩
MALACCA – MELAKA 马六甲
MUSEE D’ART 艺术馆  

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CHINESES PAINTINGS
PEINTURES CHINOISES
EXHIBITION OF CHINESE FAMOUS PAINTING
MALACCA – MELAKA
中国画

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DYNASTIE MING
明朝

1368–1644
Miao Fu
缪辅
Les Poissons 鱼

Fish and Aquatic
明缪辅“鱼藻图” – 中国古代名画

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LE POISSON DE MIAO FU

Il descend dans la nuit plus noire que l’esprit
Longe les bleus, longe les gris et les nénuphars inertes
Il descend dans le repos plus long que la mort
Longe l’onde éternelle depuis l’imperceptible rivière

Il descend dans le cœur d’un océan trop large
Plonge dans les algues plus hautes que des peines
Il descend dans un temps où de longues vagues pleines
Plongent comme si chacune n’était qu’une goutte de pluie.

Jacky Lavauzelle

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Les poissons que nous regardons nous paraissent tellement disproportionnés les uns avec les autres, que nous nous demandons comment l’harmonie et l’équilibre peuvent ainsi régner.
Il s’agit peut-être du poisson fabuleux de Tchouang-Tseu (IVe siècle avant Jésus-Christ) qui réunit la mer et le ciel.

Tchouang-Tseu raconte que « s’il faut en croire d’anciennes légendes, dans l’océan septentrional vit un poisson immense, qui peut prendre la forme d’un oiseau. Quand cet oiseau s’enlève, ses ailes s’étendent dans le ciel comme des nuages. Rasant les flots, dans la direction du Sud, il prend son élan sur une longueur de trois mille stades, puis s’élève sur le vent à la hauteur de quatre-vingt-dix-mille stades, dans l’espace de six mois. — Ce qu’on voit là-haut, dans l’azur, sont-ce des troupes de chevaux sauvages qui courent ? Est-ce de la matière pulvérulente qui voltige ? Sont-ce les souffles qui donnent naissance aux êtres ? Et l’azur, est-il le Ciel lui-même ? Ou n’est-ce que la couleur du lointain infini, dans lequel le Ciel, l’être personnel des Annales et des Odes, se cache ? Et, de là-haut, voit-on cette terre ? et sous quel aspect ? Mystères ! — Quoi qu’il en soit, s’élevant du vaste océan, et porté par la grande masse de l’air, seuls supports capables de soutenir son immensité, le grand oiseau plane à une altitude prodigieuse. » (Œuvre de Tchouang-Tseu  莊子- 南 華 眞 經 – Chapitre Premier – Vers l’idéal – Traduction Léon Wieger – 1913)

Car les poissons de Miao Fu ne se voient car travers le poisson gigantesque qui s’offre à nous se tordant vers le bas. Mais l’équilibre vient du poisson plus petit qui se plie vers le haut.

 Et il y a cet œil gigantesque aussi, globuleux, qui nous attire. Le poisson si calme si glissant peut se transformer en une bête féroce. Les nageoires acérées se dressent piquantes. Le poisson devient dragon et ne se laissera pas prendre.

« Lorsque Confucius eut quitté Lao-tseu, il dit à ses disciples : « Je sais que les oiseaux volent dans l’air, que les poissons nagent, que les quadrupèdes courent. Ceux qui courent peuvent être pris avec des filets ; ceux qui nagent avec une ligne ; ceux qui volent avec une flèche. Quant au dragon qui s’élève au ciel, porté par les vents et les nuages, je ne sais comment on peut le saisir. J’ai vu aujourd’hui Lao-tseu : il est comme le dragon ! » » (Sima Qian  司马迁 -Lao-tseu traduit par Jules Besse – Traduction par Stanislas Julien . Ernest Leroux, 

 

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Le Jour de Qingming au bord de la rivière (XIIe) Zhang Zeduan

Le Jour de Qingming au bord de la rivière

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PHOTO JACKY LAVAUZELLE




 

 





中国画

 

  MALACCA
MELAKA

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Chineses Paintings

 Zheng He Duo Yun Xuan Art Gallery
郑和朵云轩
MALACCA – MELAKA 马六甲
MUSEE D’ART 艺术馆  

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CHINESES PAINTINGS
PEINTURES CHINOISES
EXHIBITION OF CHINESE FAMOUS PAINTING
MALACCA – MELAKA
中国画

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DYNASTIE DES SONG
宋朝 [960 -1279]
Peinture du XIIe siècle
Le Jour de Qingming au bord de la rivière

清明上河圖
[Qīng míng shàng hé tú]
Zhang Zeduan
张择端
(1085-1145)





类型 全景 – Type panoramique
Original exposé à Beijing – 中国北京故宫博物院

La journée de Qing Ming 清 明 signifie 清 la clarté et 明 la brillance, la luminosité du soleil – Il est de coutume de visiter et de nettoyer les tombes familiales début avril de chaque année.

« D’abord, savez-vous ce qui se montre ici et pour quoi se tient cette PARADE ? Ce sont des Peintures Chinoises ; de longues et sombres peintures soyeuses, chargées de suie et couleur du temps des premiers âges… Ce sont des Peintures Magiques. Une autre, seule, s’étalera entre les deux mains qui en disposent : c’est le défilé des Cortèges et le Trophée des Tributs des Royaumes…Et résolument, ne comptez sur aucun « effet » prévu ; aucun de ces mirages fuyants dont la « perspective » occidentale joue et décide avec sécurité : si les parallèles se joignent ou non à l’infini… (médiocre infini que deux traits piquent sur un point) : si les personnages dessinés ont une dimension dans l’espace, ou deux ou trois… Ce sont des Peintures parlées. Ne croyez pas à des mots sans justification. Même les plus anciennes et les plus classiques Peintures dans l’Empire calligraphique et littéraire, ne s’accommodent point de l’arrêt, — qui, devant tout, est le maintien de l’ignorance. Mais avant de livrer ses couleurs, chacune d’entre elles a déjà provoqué sa glose : les marges se couvrent, sous un style élégant, de descriptions, de commentaires, d’enthousiasmes lyriques… Il se fait un enveloppé de paroles. Ces Peintures sont donc bien « littéraires », comme j’ai promis dans la dédicace. Imaginaires aussi. »
Victor Segalen – Peintures – Georges Crès et Cie, 1916




























« — Un Maître-Peintre, sous le temps de Song, avait coutume d’aller aux pentes des coteaux, muni d’un flacon de vin, et de passer le jour dans un peu d’ivresse, en regardant et en méditant. Savez-vous ce qu’il observait ? Un spectacle évidemment, puisqu’il était Maître, et Peintre. Les commentateurs ont traduit : « Qu’il cherchait le lien de lumière unissant enfin à jamais joie et vie, vie et joie, » et ils se sont moqués comme d’un ivrogne et d’un fou.
Et pourtant, cette vision enivrée, ce regard pénétrant, cette clairvoyance peut tenir lieu pour quelques-uns, — dont vous êtes ? — de toute la raison du monde, et du dieu.
Je vous convie donc à voir seulement. Je vous prie de tout oublier à l’entour ; de ne rien espérer d’autre ; de ne regretter rien de plus. »
Victor Segalen – Peintures – Georges Crès et Cie, 1916

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Jerusalino V Araos BARONG-BARONG ASEAN GARDEN 1987 Jerry Araos à KUALA LUMPUR

Malaysia



Voyage en Malaisie
PHOTO JACKY LAVAUZELLE

 




 

 

Jerusalino V Araos
Jerry Araos
BARONG-BARONG

 

 Visiter Kuala Lumpur
Meneroka kota Kuala Lumpur
Melawat Kuala Lumpur
吉隆坡
Куала-Лумпур

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Jerusalino V. Araos
BARONG-BARONG
1987

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A proximité du Tugu Negara, le Monument National, dans l’ASEAN Garden du Perdana Botanical Garden, nous observons une oeuvre de Jerusalino V. Araos, plus connu souvent sous le nom de Jerry Araos, une des grandes fiertés de l’art Philippin.

Cette œuvre a été réalisée en 1987, comme la plupart des compositions de l’Asean Garden. Comme l’oeuvre de Han Sai Por 韩少芙 Towards Peace créée pour la commémoration des vingt ans de la création de l’ASEAN.

Jerusalino V Aros nous propose une sorte d’immense lego, un jeu de construction. En fait un Barong-Barong. Celui-ci représente des maisons ou des mobiliers pouvant être construits et assemblés rapidement notamment après un tremblement de terre, un tsunami, un incendie, etc.
Ces constructions se retrouvent dans les zones touchées par ces évènements ou dans les zones pauvres urbanisées ou non. Ces constructions sont légères et facilement recyclables. Elles peuvent aussi servir à des usages quotidiens.

Jerusalino V Aros travaille l’interchangeabilité dans le cadre d’un développement durable plus respectueux de la planète. Mais l’esthétique au travers des tiges élancées et du patchwork n’est pas oubliée.








Jerry Araos a depuis longtemps travaillé les matériaux résistants aux intempéries que son pays connaît tous les ans. Les typhons Nock-Ten en 2016, Nalgae en 2014, Koppu en 2015…La liste est tellement longue et tous les ans se rajoutent de nouvelles catastrophes.

Jerry a depuis Barong-Barong dessiné des mobiliers en bois résistant aux intempéries et a réutilisé des débris de troncs morts pour donner de magnifiques et sensuelles créations : luklukan, laklakan, Dining Table …ou a sculpté de magnifiques corps comme dans Body in flight où il joue avec le bois comme il dessinerait des muscles.

Jerry est dans la continuité resté un militant du quotidien qui cherche constamment à magnifier la vie de son peuple malgré ses épreuves et les déchaînements de la nature.

Jacky Lavauzelle

« Konsep : pentafsiran moden bentuk senibina lama yang wujud di serata Rantau ASEAN. Sebagai tempat yang mesti digunakan, tempat permainan, tempat tidur,meja dan kerusi untuk menghasilkan tindak-balas di kalangan masyarakat. »
« Concept : A modern interpretation of old type architecture in the whole of ASEAN Region. This must be used as a bed, toy, table and chair to actualize interaction among the people. »
« Concept: interprétation moderne d’une architecture de type ancien que l’on retrouve dans l’ensemble des pays de l’ASEAN. Ils peuvent être utilisés comme lit, jouet, table et chaise pour permettre aux personnes d’interagir.« 

 

Jerusalino V Araos

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Jerusalino V Araos
BARONG-BARONG
1987

 

LE PROGRES ITTHI KHONGKHAKUL อิทธิ คงคากุล PROGRESS KEMAJUAN ความคืบหน้า Kuala Lumpur

Malaysia

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Itthi Khongkhakul
อิทธิ คงคากุล
PROGRESS – PROGRES
KEMAJUAN
ความคืบหน้า

 

 Visiter Kuala Lumpur
Meneroka kota Kuala Lumpur
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吉隆坡
Куала-Лумпур

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อิทธิ คงคากุล
Itthi Khongkhakul
ความคืบหน้า
PROGRESS-PROGRES
KEMAJUAN
进度

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En 2003 (2546 année Thaïlandaise) Itthi Khongkhakul proposait une sculpture monumentale en bronze appelée Relation Durable, สัมพันธภาพที่ยั่งยืน , montrant deux clous enlacés se tenant en équilibre. Torsadées, les pointes se terminaient en deux jambes, sortes de danseurs enlacés. Les têtes des clous symbolisaient pour Itthi l’esprit de son peuple. La force était multipliée avec les deux clous torsadés. Bien que posée sur des pointes, la force du couple est incontestable. C’est un équilibre dans la puissance et la jonction des forces. Dans la solidarité invulnérable des individus qui s’assemblent.
La proposition qu’il nous fait à Kuala Lumpur sera multipliée par 3.

En ayant parcouru la Jalan Parlimen pour rejoindre  le Monument National, le Perdana Garden accueille en dessous du grand monument, de nombreuses sculptures dont cette création d’Itthi : le Progrès  (Progress, Kemajuan, ความคืบหน้า).
Il est indiqué sur une grande pancarte bleue en anglais et en malais ceci :
« Stainless steel is an industrial material which emphasises the industrial progress of ASEAN. Stainless steel pipes, despite their limitations, can be handled in creative manner and made to look beautiful. »
« Stainless steel ialah bahan industri yang menegaskan kemajuan di Rantau ASEAN. Paip stainless steel itu sungguh pun ada sekatannya boleh digunakan dengan kreatif dan menghasilkan sesuatu yang indah. »












« L’acier inoxydable est un matériau industriel qui met l’accent sur le progrès industriel de l’ASEAN. Les tuyaux en acier inoxydable, en dépit de leurs limites, peuvent être manipulés de manière créative et conçus pour être très beaux. »

Une sculpture à côté de celle d’Itthi, est celle de la singapourienne Han Sai Por 韩少芙 (TOWARDS PEACE – VERS LA PAIX – MENUJU KEAMANAN -1987) qui commémore les vingt ans de la création de l »ASEAN. Nous restons avec Itthi dans cet intérêt pour la puissance de cet ensemble majeur qui a participé à la modernisation rapide pour l’ensemble des pays signataires. En 1967, nous avions 5 pays signataires : Malaisie, Indonésie, Philippines, Thaïlande et Singapour. En 1984, vient se rajouter le petit état puissant de Brunei.

6 pays donc à partir de cette date. Itthi représente des séries de 6 tubes (un par pays) décalées ou assemblées. Toujours solidaires, ensembles ou complémentaires. C’est toute la symbolique de cette sculpture qui semble tourner telle une roue. Dans sa fixité, dans sa solidité, elle avance, vers le futur et le progrès. Et en même temps, il nous semble voir la structure d’une grande et immense bâtisse avec ses chevrons enchevêtrés et puissants.

Une bâtisse lisse sans aspérités, technologique. Le poli de l’ensemble brille dès que nous arrivons à la colline et illumine le décor déjà majestueux du parc. Edmund Burke soulignait déjà qu’ « une autre propriété qu’on remarque toujours dans les beaux corps, c’est l’uni ou le poli ; qualité si essentielle à la beauté, que je ne sache pas qu’il existe aucune belle chose qui n’en soit douée. » (Edmund Burke – On the Sublime and Beautiful – Traduction par E. Lagentie de Lavaïsse.Pichon et Depierreux, 1803.

Jacky Lavauzelle




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HAN SAI POR 韩少芙 : TOWARDS PEACE – VERS LA PAIX – MENUJU KEAMANAN -1987- ASEAN Garden KUALA LUMPUR

Malaysia

Voyage en Malaisie
PHOTO JACKY LAVAUZELLE

 




 

 

HAN SAI POR
韩少芙
TOWARDS PEACE
1987

 

 Visiter Kuala Lumpur
Meneroka kota Kuala Lumpur
Melawat Kuala Lumpur
吉隆坡
Куала-Лумпур

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HAN SAI POR
韩少芙
TOWARDS PEACE
VERS LA PAIX
MENUJU KEAMANAN
迈向和平
1987

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Partons vers un lieu de mémoire, vers un lieu de commémoration, de souvenirs. “La mémoire est la sentinelle de l’esprit” disait Shakespeare. Rentrons dans l’esprit du lieu.
Au bout de la Jalan Parliemen, en pénétrant le grand parc de Kuala Lumpur, et avant l’imposant Monument National, nous découvrons un ensemble de sculptures en pierre posées comme des dolmens. Il s’agit du Towards Peace d’Han Sai Por, commémorant le 20ème anniversaire de l’ASEAN.

On ne présente plus Han Sai Por et l’ensemble de ses créations à travers Singapour et la Malaisie notamment. Ces créations, dans la pierre, le marbre ou le granit, brutes s’exposent dans toutes leurs puissances. Elle soulignait déjà en 1993 : « a force or inner life inside struggling to get out » (Four Dimensions: A Sculptural Installation, Singapore: Sheen’s Gallery, p. 6).
Cette puissance, cette force, cette lutte intérieure sont mises ici, en cercle, au service de la paix. Même si le titre n’est pas un aboutissement, « towards« , il en reste le but ultime.
Se regrouper, se voir, se parler, s’écouter et se comprendre.
La symbolique du cercle recouvre immédiatement les notions de perfection, de protection, d’égalité, d’équité, d’infini et d’éternité. Il symbolise avant tout l’alliance, la concorde et l’entente.
Il n’y a pas de reconnaissance immédiate de tel ou tel pays, même si chacun est différent. La finalité n’est pas là. La taille importe peu, chacun à son importance et son rôle. Chacun à son histoire et sa mémoire mais chacun a souhaité construire cette histoire collective et ce vivre ensemble par le biais de l’ASEAN, qui ne doit pas rester qu’un seul regroupement d’intérêts économiques.
Le fait de proposer son ensemble en dehors de la ville, au milieu de l’Asean Garden, montre aussi que les défis à venir sont autant d’ordre économique que d’ordre écologique. Le parc à l’est de Kuala Lumpur, le Perdana Botanical Garden, est son poumon vert où viennent se reposer les citadins et permet aussi de s’échapper de la pollution du centre.
Mais le groupe des 6 sculptures repose dans un lieu extrêmement symbolique. Juste à côté se dresse le Tugu Negara, le Monument National, qui commémore la libération de la Malaisie contre l’occupation nippone lors de la Seconde Guerre Mondiale.
Et c’est la force du symbole que reprend Han Sai Por dans la sérénité du lieu, un lieu de mémoire pour devenir un lieu d’avenir.
Le général Français Ferdinand Foch soulignait qu' »un homme sans mémoire est un homme sans vie, un peuple sans mémoire est un peuple sans avenir.”

Jacky Lavauzelle









Création en 1987
Commémoration du 20ème anniversaire de l’ASEAN (Association des Nations de l’Asie du Sud-Est : fondation en 1967 à Bangkok entre 5 pays : Indonésie, Malaisie, les Philippines, Singapour et Thaïlande.
Created in 1987 to commemorate the 20th anniversary of ASEAN (the Association of South-East Asian Nations)

Concept
« Enam bahan-bahan arca ini melambangkan kemajuan di dalam perkembangan penyatuan keamanan dan harmoni di Rantau Asean. »
The six sculptures symbolise the progress in growth, unity, peace and harmony of ASEAN.
Les six sculptures symbolisent les progrès de la croissance, de l’unité, de la paix et de l’harmonie de l’ASEAN.

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Les six pays représentés
A set of 6 sculptures that were created to present  ASEAN countries
Indonesia, Singapore, Thailand, Brunei Darussalam, Phillippines and Malaysia
L’Indonésie, Singapour, la Thaïlande, Brunei, les Philippines et la Malaisie




Sculpteur
Han Sai Por
(Singapour – Singapore – 新加坡)
1943年7月19日
Née le 19 juillet 43

     

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HAN SAI POR
KUALA LUMPUR