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MEMORIAL TUN ABDUL RAZAK KUALA LUMPUR 纪念敦拉萨

Malaysia
Voyage en Malaisie
PHOTO JACKY LAVAUZELLE

 




 

 

MEMORIAL TUN ABDUL RAZAK

 Visiter Kuala Lumpur
Meneroka kota Kuala Lumpur
Melawat Kuala Lumpur
吉隆坡
Куала-Лумпур

 

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MEMORIAL TUN ABDUL RAZAK
纪念敦拉萨
Tun Abdul Razak bin Haji Dato’ Hussein Al-Haj

Le Mémorial Tun Abdul Razak 敦阿都拉萨 se trouve dans le Jardin Botanique de Kuala Lumpur, Jalan Cenderawasih, Perdana Botanical Gardens.
Tun Abdul Razak est le second premier ministre de la Malaisie indépendante en 1957. Il succède à Tunku Abdul Rahman, 东姑阿都拉曼, premier Premier ministre en 1957 et pendant 13 ans. C’est en 1970 que Tun Abdul Razak prend les rennes du pouvoir. Il gardera cette fonction pendant 6 ans de 1970 à 1976. L’actuel Premier ministre Najib Razak, 纳吉·阿都拉萨 Najib bin Abdul Razak, depuis 2009 est le fils de Tun Abdul Razak.
Tun Abdul Razak est né le 11 mars  1922 et mort en 1976, le 14 janvier, à Londres, alors qu’il était toujours en fonction.
Il a reçu le titre de Bapa Pembangunan, le Père du Développement, 发展之父,

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Tun Abdul Razak Dalam Kenangan
En mémoire de Tun Abdul Razak

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MEMORIAL TUN ABDUL RAZAK
纪念敦拉萨
Tun Abdul Razak bin Haji Dato’ Hussein Al-Haj

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Vergifteten HEINE INTERMEZZO LYRIQUE LII EMPOISONNES

Vergifteten Heine
INTERMEZZO LYRIQUE
Heinrich Heine

Vergifteten HEINE Empoisonnés

INTERMEZZO LYRIQUE HEINE
LITTERATURE ALLEMANDE
intermezzo-lyrique-heine-artgitato-lyrisches-intermezzo-heine-willem-van-aelst-bloemenstilleven-met-horloge



Christian Johann Heinrich Heine
Vergifteten
EMPOISONNES




Deutsch Poesie
 Deutsch Literatur

Heinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich Heine

HEINRICH HEINE
1797- 1856

German poet
Poète Allemand
Deutsch Dichter

Heinrich Heine Oeuvre Poèmes Poésie Gedichte Artgitato

Übersetzung – Traduction
Jacky Lavauzelle




INTERMEZZO LYRIQUE HEINE
LII

Vergifteten

 

Lyrisches Intermezzo
LII
EMPOISONNES

 

1823

INTERMEZZO LYRIQUE
Vergifteten

*

Vergiftet sind meine Lieder;
Empoisonnées sont mes chansons ;
 Wie könnt’ es anders seyn?
Comment pourrait-il en être autrement ?
 Du hast mir ja Gift gegossen
Tu m’as déjà versé le poison
  In’s blühende Leben hinein.
En moi, sur la fleur de ma vie.

*

Vergiftet sind meine Lieder;
Empoisonnées sont mes chansons ;
Wie könnt’ es anders seyn?
Comment pourrait-il en être autrement?
Ich trage im Herzen viel Schlangen,
Je porte tant de serpents dans le cœur,
Und dich, Geliebte mein.
Et toi, ma tendre aimée.

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LII

Vergifteten
INTERMEZZO LYRIQUE

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LA POESIE DE HEINRICH HEINE

A ce point de vue, Heine est traité en privilégié. Les Allemands peuvent bien maudire le pamphlétaire, ils savent par cœur les vers du poète. Éditeurs, biographes, critiques d’outre-Rhin lui ont consacré d’importans travaux. Chez nous, seul entre les poètes allemands, il bénéficie de ce privilège d’avoir un public. Je ne nie pas que nous n’ayons pour quelques autres, et pour Goethe par exemple, un juste respect. Nous admirons Gœthe, nous ne l’aimons pas. Au contraire, l’auteur de l’Intermezzo est pour quelques Français de France un de ces écrivains qui sont tout près du cœur. Cela tient à plusieurs raisons parmi lesquelles il en est d’extérieures. Heine a vécu pendant de longues années parmi nous ; il parlait notre langue, quoique avec un fort accent ; il l’écrivait, quoique d’une façon très incorrecte ; il nous a loués, quoique avec bien de l’impertinence ; il a été mêlé à notre société ; il a été en rapports avec nos écrivains, nos artistes et même nos hommes politiques. Nous nous sommes habitués à le considérer comme un des nôtres, et sa plaisanterie, fortement tudesque, passe encore pour avoir été une des formes authentiques de l’esprit parisien. Notre sympathie pour Heine se fonde d’ailleurs sur des motifs plus valables. Il a quelques-unes des qualités qui nous sont chères : son style est clair ; ses compositions sont courtes. Nous aimons ces lieds dont quelques-uns durent le temps d’un soupir, l’espace d’un sanglot. Leur pur éclat nous semble celui de la goutte de rosée que le soleil taille en diamant, ou d’une larme qui brille dans un sourire. C’est par eux que le meilleur de la sentimentalité allemande est parvenu jusqu’à nous. Ou, pour parler plus exactement, la poésie de Heine représente une nuance particulière de sensibilité, qu’il a créée et que nous avons accueillie. Aussi doit-elle avoir sa place dans une histoire de la poésie lyrique en France. De même qu’il y a une « critique allemande » de l’œuvre de Heine, il convient qu’il y en ait parallèlement une « critique française ».

René Doumic
Revue littéraire
La poésie de Henri Heine d’après un livre récent
Revue des Deux Mondes
4e période
tome 140
1897
pp. 457-468

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INTERMEZZO LYRIQUE
LII
Vergifteten HEINE

LA BOTTEGA DEL CAFFE GOLDONI ATTO PRIMO SCENA quattordicesima- LE CAFE ACTE 1 Scène 14

LA BOTTEGA DEL CAFFE GOLDONI
ATTO PRIMO – Scena quattordicesima
LE CAFE GOLDONI
ACTE I Scène 14
Traduction – Texte Bilingue
Carlo Osvaldo Goldoni

LITTERATURE ITALIENNE

letteratura italiana

La bottega del caffe goldoni le cafe texte et traduction artgitato

CARLO GOLDONI 1707- 1793

 

Traduction Jacky Lavauzelle


La bottega del caffè

LE CA
FE

1750 – 1751

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ATTO PRIMO
ACTE I

Scène 14
Scena quattordicesima

Placida da Pellegrino ed Eugenio
Placida apparaît en pèlerine et Eugenio

PLACIDA
Un poco di carità alla povera pellegrina.
Un peu de charité pour une pauvre pèlerine.

EUGENIO
da sè
à part
Ecco qui; corre la moda delle pellegrine.
Quoi ici ? c’est la mode de la pèlerine qui a cours.

PLACIDA
ad Eugenio
à Eugenio
Signore, per amor del cielo, mi dia qualche cosa.
Seigneur, pour l’amour du Ciel, donnez-moi quelque chose.

EUGENIO
Che vuol dir questo, signora pellegrina?
Que signifie cela, dame pèlerine ?
Si va cosi per divertimento o per pretesto?
Allez-vous comme ceci pour le plaisir ou pour évangéliser ?

PLACIDA
Né per l’uno, né per l’altro.
Ni pour l’un, ni pour l’autre.

EUGENIO
Dunque per qual causa si gira il mondo?
Donc, pour quelle cause parcourez-vous le monde ?

PLACIDA
Per bisogno.
Par besoin.

EUGENIO
Bisogno, di che?
Besoin de quoi ?

PLACIDA
Di tutto.
De tout !

EUGENIO
Anche di compagnia.
Même de compagnie.

PLACIDA
Di questa non avrei bisogno, se mio marito non mi avesse abbandonata.
Je n’aurais pas besoin de cela, si mon mari ne m’avait abandonnée.

EUGENIO
da sé
à part
La solita canzonetta.
L’éternelle ritournelle.
Mio marito mi ha abbandonata.
Mon mari m’a abandonnée.
Di che paese siete, signora?
De quel pays êtes-vous, madame?

PLACIDA
Piemontese.
Piémontaise.

EUGENIO
E vostro marito?
Et votre mari ?

PLACIDA
Piemontese egli pure.
Piémontais lui aussi.

EUGENIO
Che facev’egli al suo paese?
Que faisait-il dans son pays ?

PLACIDA
Era scritturale d’un mercante.
Il tenait les écritures d’un marchand.

EUGENIO
E perché se n’è andato via?
Et pourquoi s’en est-il allé ?

PLACIDA
Per poca volontà di far bene.
Par manque de volonté de bien faire.

EUGENIO
Questa è una malattia che l’ho provata anch’io, e non sono ancora guarito.
Ceci est une maladie que j’ai eue moi-même, et ne suis pas encore guéri !

PLACIDA
Signore, aiutatemi per carità.
Seigneur, aidez-moi s’il vous plaît.
Sono arrivata in questo punto a Venezia.
Je suis arrivé ici à Venise.
Non so dove andare, non conosco nessuno, non ho danari, son disperata.
Je ne sais où aller et ne connais personne, je n’ai pas d’argent, je suis désespérée.

EUGENIO
Che cosa siete venuta a fare a Venezia?
Que cherchez-vous à Venise?

PLACIDA
A vedere se trovo quel disgraziato di mio marito.
Je recherche cette disgrâce qu’est mon mari.

EUGENIO
Come si chiama?
Comment s’appelle-t-il ?

PLACIDA
Flaminio Ardenti.

EUGENIO
Non ho mai sentito un tal nome.
Je n’ai jamais entendu un tel nom.

PLACIDA
Ho timore che il nome se lo sia cambiato.
Je crains que si son nom ne soit changé.

EUGENIO
Girando per la città, può darsi che, se vi è, lo troviate.
Marchez dans la ville, et peut-être le trouverez-vous.

PLACIDA
Se mi vedrà, fuggirà.
S’il me voit, il fuira !

EUGENIO
Dovreste far cosi. 
Vous devriez faire ceci :
Siamo ora di carnovale, dovreste mascherarvi, e così più facilmente lo trovereste.
Nous sommes maintenant en carnaval, portez le masque, et ainsi le trouverez-vous plus facilement.

PLACIDA
Ma come posso farlo, se non ho alcuno che mi assista?
Mais comment puis-je faire, si je ne trouve personne pour m’aider?
Non so nemmeno dove alloggiare.
Je ne sais où me loger.

EUGENIO
da sé
à part
Ho inteso, or ora vado in pellegrinaggio ancor io.
J’ai compris, je vais rentrer en pèlerinage moi aussi.

 Se volete, questa è una buona locanda.
Si vous voulez, ceci est une bonne auberge.

PLACIDA
Con che coraggio ho da presentarmi alla locanda, se non ho nemmeno da pagare il dormire?
Comment oserais-je me présenter à cette auberge, où je n’ai même pas de quoi payer mon lit?

EUGENIO
Cara pellegrina, se volete un mezzo ducato, ve lo posso dare.
Chère pèlerine, si vous voulez la moitié d’un ducat, je peux vous le donner.
da sè
à part
Tutto quello che mi è avanzato dal giuoco.
Tout ce que qui me reste du jeu.

PLACIDA
Ringrazio la vostra pietà.
Merci pour votre bonté.
Ma più del mezzo ducato, più di qual si sia moneta, mi sarebbe cara la vostra protezione.
Mais plus de la moitié d’un ducat, plus que de l’argent, j’aurais aimé votre protection.

EUGENIO
da sè
à part
Non vuole il mezzo ducato; vuole qualche cosa di più.
Elle ne veut pas la moitié de mon ducat ; elle veut quelque chose de plus.

 

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 Traduction Jacky Lavauzelle
    ARTGITATO
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la bottega del caffe Goldoni atto primo scena quattordicesima
le café Goldoni acte 1 scène 14

La bottega del caffè

 

WALLENSTEINS LAGER SCHILLER- Le Camp de Wallenstein SCHILLER -11ème tableau 5ème partie – 11 Auftritt – Fünfter Teil

LITTERATURE ALLEMANDE
Dramatische Werke
Théâtre ALLEMAND

Friedrich von Schiller
1759-1805

WALLENSTEINS LAGER SCHILLER
Le Camp de Wallenstein

 

Le Camp de Wallenstein Scène 11 Wallensteins 11 Auftritt Lager Friedrich Schiller par Ludovike Simanowiz Traduction Française Artgitato


LE CAMP DE WALLENSTEIN
1799

Traduction Jacky Lavauzelle

——–

11 Auftritt

Onzième Tableau

Scène 11

Fünfter Teil
Cinquième Partie


Zweiter Jäger
Le Second Chasseur

Alle großen Tyrannen und Kaiser
Tous les grands tyrans et les empereurs
Hielten’s so und waren viel weiser.
Connaissaient ça et ont été beaucoup plus sages !
Alles andre täten sie hudeln und schänden,
Pour tout le reste, ils s’humiliaient et se déshonoraient entre eux,
Den Soldaten trugen sie auf den Händen.
Les soldats, eux ,étaient protégés.
Erster Kürassier
Le Premier Cuirassier
Der Soldat muß sich können fühlen.
Le soldat doit pouvoir se reconnaître.
Wer’s nicht edel und nobel treibt,
Ceux qui ne sont pas nobles et convenables,
Lieber weit von dem Handwerk bleibt.
Qu’ils restent loin de ce métier.
Soll ich frisch um mein Leben spielen,
Si je dois y risquer ma vie,
Muß mir noch etwas gelten mehr.
Ce doit être pour quelque chose de plus précieux.
Oder ich lasse mich eben schlachten
Ou je vais me laisser égorger
Wie der Kroat – und muß mich verachten.
Comme un croate et cela me déshonorerait.

Beide Jäger
Les Deux Chasseurs
Ja, übers Leben noch geht die Ehr!
Oui, avant la vie il y a l’honneur !
Erster Kürassier
Le Premier Cuirassier
Das Schwert ist kein Spaten, kein Pflug,
L’épée est pas ni une faux ni une charrue,
Wer damit ackern wollte, wäre nicht klug.
Ceux qui souhaiteraient labourer avec elle, ne serait pas bien sage.
Es grünt uns kein Halm, es wächst keine Saat,
Il ne verdit aucun épi, il ne pousse aucune semence,
Ohne Heimat muß der Soldat
Sans maison, le soldat doit
Auf dem Erdboden flüchtig schwärmen,
sur la surface de la terre errer constamment,
Darf sich an eignem Herd nicht wärmen,
Il ne peut se réchauffer à aucun poêle,
Er muß vorbei an der Städte Glanz,
Il doit vite sortir des villes qui resplendissent,
An des Dörfleins lustigen, grünen Auen,
Des joyeux villages et des verts pâturages,
Die Traubenlese, den Erntekranz
Des vendangesdes récoltes
Muß er wandernd von ferne schauen.
Il se doit de regarder loin devant en errant.
Sagt mir, was hat er an Gut und Wert,
Dites-moi, ce qu’il a comme bien et comme valeur,
Wenn der Soldat sich nicht selber ehrt?
Si le soldat ne s’honore pas lui-même ?
Etwas muß er sein eigen nennen,
Quelque chose doit lui appartenir en propre,
Oder der Mensch wird morden und brennen.
Sinon l’homme ne serait bon qu’à tuer et à brûler !
Erster Arkebusier
Le Premier Arquebusier
Das weiß Gott, ‘s ist ein elend Leben!
Dieu le sait, c’est une misérable vie !
Erster Kürassier
Le Premier Cuirassier
Möcht’s doch nicht für ein andres geben.
je ne l’échangerais pourtant contre rien au monde !
Seht, ich bin weit in der Welt ‘rum kommen,
Voyez, je suis allé loin dans le monde et revenu,
Hab’ alles in Erfahrung genommen.
J’ai acquis beaucoup d’expérience.
Hab’ der hispanischen Monarchie
J’ai vu la monarchie hispanique
Gedient und der Republik Venedig
Et servi la République de Venise
Und dem Königreich Napoli;
Et le royaume de Naples ;
Aber das Glück war mir nirgends gnädig.
Mais la chance ne m’a été gracieuse nulle part.
Hab’ den Kaufmann gesehn und den Ritter
J’ai vu des marchands et des chevaliers
Und den Handwerksmann und den Jesuiter,
Et des artisans et des jésuites,
Und kein Rock hat mir unter allen
Et rien de tout ça ne m’a été plus plaisant
Wie mein eisernes Wams gefallen.
Que mes justaucorps de fer.
Erster Arkebusier
Le Premier Arquebusier
Ne! das kann ich eben nicht sagen.Ne!
Non ! je ne dirai pas de même
. Non !
Erster Kürassier
Le Premier Cuirassier
Will einer in der Welt was erjagen,
 Si l’on veut dans ce monde devenir quelque chose,
Mag er sich rühren und mag sich plagen;
Il faut se bouger et se donner la peine;
Will er zu hohen Ehren und Würden,
Si l’on veut  des honneurs et des hautes dignités,
Bück’ er sich unter die goldnen Bürden;
Il faut s’incliner sous les charges dorées ;
Will er genießen den Vatersegen,
Si l’on veut profiter de la bénédiction d’être père,
Kinder und Enkelein um sich pflegen,
Des enfants et des petits-enfants se soucier,
 Treib’ er ein ehrlich Gewerb’ in Ruh.
Il faut employer son énergie calmement.
Ich – ich hab’ kein Gemüt dazu.
Moi… Je ne trouve pas de plaisirs à ça !
Frei will ich leben und also sterben,
Libre je veux vivre et libre je veux mourir,
Niemand berauben und niemand beerben
Ne voler personne et n’hériter de personne
Und auf das Gehudel unter mir
Et des futilités en dessous de moi
Leicht wegschauen von meinem Tier.
Il est facile de détourner le regard de mon canasson !
Erster Jäger
Le Premier Chasseur
Bravo! Just so ergeht es mir.
Bravo! Juste ce que je pense !
Erster Arkebusier
Le Premier Arquebusier
Lustiger freilich mag sich’s haben,
C’est certainement amusant d‘avoir,
 Über anderer Köpf’ wegtraben.
Au-dessus de tous une tête de plus !

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Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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Wallensteins Lager Schiller 11 Auftritt Fünfter Teil

DON QUICHOTTE CHAPITRE 2 Traduction Que trata de la primera salida que de su tierra hizo el ingenioso Don Quijote

  DON QUICHOTTE CHAPITRE 2

Don Quijote Don Quichotte Chapitre 2 Miguel de Cervantes Capitulo secundo Chapitre Premier Artgitato Traduction Française

 DON QUIJOTE DE LA MANCHA
El ingenioso hidalgo don Quijote de la Mancha
DON QUICHOTTE de la Manche

Miguel de Cervantès

Capítulo segundo
Chapitre 2

Que trata de la primera salida que de su tierra hizo el ingenioso Don Quijote
Qui traite de la première sortie de sa terre que fit l’ingénieux don Quichotte

Hechas, pues, estas prevenciones, no quiso aguardar más tiempo a poner en efecto su pensamiento, apretándole a ello la falta que él pensaba que hacía en el mundo su tardanza, según eran los agravios que pensaba deshacer, tuertos que enderezar, sinrazones que enmendar, y abusos que mejorar, y deudas que satisfacer;
Ayant fini ses préparatifs, il ne souhaitait pas attendre plus longtemps pour mettre à exécution son idée, sachant que tout retard peinerait le monde, tant il pensait redresser les torts, corriger les injustices et les abus, et honorer les dettes ;
y así, sin dar parte a persona alguna de su intención, y sin que nadie le viese, una mañana, antes del día (que era uno de los calurosos del mes de Julio), se armó de todas sus armas, subió sobre Rocinante, puesta su mal compuesta celada, embrazó su adarga, tomó su lanza, y por la puerta falsa de un corral, salió al campo con grandísimo contento y alborozo de ver con cuánta facilidad había dado principio a su buen deseo.
et ainsi, sans informer personne de son intention, et sans que personne ne le vît, un matin avant le jour (un matin qui était l’un des plus chauds de juillet), il rassembla tout son armure, monta sur Rossinante, assembla son heaume mal composée, embrassa son écu, saisit sa lance, et par la porte arrière d’une basse-cour, pris la clé des champs avec une grande satisfaction et une joie de voir avec quelle facilité tout commençait selon son bon désir.
Mas apenas se vió en el campo, cuando le asaltó un pensamiento terrible, y tal, que por poco le hiciera dejar la comenzada empresa: y fue que le vino a la memoria que no era armado caballero, y que, conforme a la ley de caballería, ni podía ni debía tomar armas con ningún caballero;
Mais à peine était-il à l’extérieur, qu’il fut frappé par une pensée terrible, et une pensée telle qu’il fut à deux doigts de renoncer à son entreprise car il lui était venu à l’esprit qu’il n’avait pas été fait chevalier, et qu’en vertu de la loi cavalerie, ni ne pourrait ni ne devrait prendre les armes contre un chevalier ;
y puesto qeu lo fuera, había de llevar armas blancas, como novel caballero, sin empresa en el escudo, hasta que por su esfuerzo la ganase.
que, même s’il l’avait été, il devrait ne porter qu’un couteau, comme tout chevalier novice, sans armoirie sur le bouclier jusqu’à ce que la victoire ne soit gagné par l’effort.
Estos pensamientos le hicieron titubear en su propósito; mas pudiendo más su locura que otra razón alguna, propuso de hacerse armar caballero del primero que topase, a imitación de otros muchos que así lo hicieron, según él había leído en los libros que tal le tenían.
Ces pensées le firent hésiter dans son dessein ; mais sa folie, étant plus fort que sa raison, il se proposa de le devenir par le premier chevalier qu’il rencontra, en imitant par là ce que beaucoup d’autres avaient fait, comme il l’avait lu dans ses livres.
En lo de las armas blancas pensaba limpiarlas de manera, en teniendo lugar, que lo fuesen más que un armiño:
En ce qui concerne les armes blanches, il pensait les faire luire à la toute première occasion qu’elles deviendraient plus blanches qu’une hermine :
y con esto se quietó y prosiguió su camino, sin llevar otro que el que su caballo quería, creyendo que en aquello consistía la fuerza de las aventuras.
et ce fut ainsi qu’il continua son chemin, sans prendre un autre que celui que son cheval  voulu, croyant que cela constituait la force des aventures.

 Yendo, pues, caminando nuestro flamante aventurero, iba hablando consigo mismo, y diciendo: 
En avançant ainsi, notre aventurier flamboyant, se parlait à lui-même, en disant :
¿Quién duda sino que en los venideros tiempos, ciando salga a luz la verdadera historia de mis famosos hechos, que el sabio que los escribiere, no ponga, cuando llegue a contar esta mi primera salida tan de mañana, de esta manera?
Qui peut douter que, dans le temps à venir, quand viendra au grand jour la véritable histoire de mes actes chevaleresques, le sage qui écrira, parlera de ma première sortie matinale, de cette manière ?
« Apenas había el rubicundo Apolo tendido por la faz de la ancha y espaciosa tierra las doradas hebras de sus hermosos cabellos, y apenas los pequeños y pintados pajarillos con sus arpadas lenguas habían saludado con dulce y meliflua armonía la venida de la rosada aurora que dejando la blanda cama del celoso marido, por las puertas y balcones del manchego horizonte a los mortales se mostraba, cuando el famoso caballero D. Quijote de la Mancha, dejando las ociosas plumas, subió sobre su famoso caballo Rocinante, y comenzó a caminar por el antiguo y conocido campo de Montiel. »
« A peine le  rutilant Apollo offrait-il à la face de la vaste terre les mèches d’or de ses beaux cheveux, et à peine les petits oiseaux multicolores avaient-ils accueillis dans une douce et harmonieuse mélodie la venue de l’aube rosée, qui, laissant la couche moelleuse d’un mari jaloux, se découvraient aux mortels par les portes et les balcons de l’horizon castillan, lorsque le célèbre chevalier don Quichotte de la Manche, abandonna sa demeure douillette, montant son célèbre cheval Rossinante, et a commencé à parcourir l’antique et célèbre plaine de Montiel. « 
(Y era la verdad que por él caminaba) y añadió diciendo:
(Et, en vérité,  c’est là qu’il chevauchait) et a ajouté en disant:
« dichosa edad, y siglo dichoso aquel adonde saldrán a luz las famosas hazañas mías, dignas de entallarse en bronce, esculpirse en mármoles y esculpirse en mármoles y pintarse en tablas para memoria en lo futuro.
« Heureux âge et heureux siècle qui va voir à la lumière mes célèbres œuvres, dignes d’être immortalisées dans le bronze, sculptées dans le marbre et peintes sur le bois afin qu’elles restent à jamais dans la mémoires des générations futures.
¡Oh tú, sabio encantador, quienquiera que seas, a quien ha de tocar el ser coronista de esta peregrina historia! Ruégote que no te olvides de mi buen Rocinante compañero eterno mío en todos mis caminos y carreras. »
Ô toi, sage enchanteur, qui que tu sois, qui sera le chroniqueur de cette étrange histoire ! Je t’en prie, n’oublie pas mon bon Rossinante éternel compagnon dans mes aventures sur tous les chemins parcourus« .
Luego volvía diciendo, como si verdaderamente fuera enamorado: Puis de nouveau il dit, comme s’il était totalement éperdu :
« ¡Oh, princesa Dulcinea, señora de este cautivo corazón! Mucho agravio me habedes fecho en despedirme y reprocharme con el riguroso afincamiento de mandarme no parecer ante la vuestra fermosura.
« Oh,  princesse Dulcinée, dame de ce cœur captif ! C’est avec une peine immense que vous me fîtes en me renvoyant et me reprochant avec la plus grande rigueur de ne plus me présenter au-devant de votre beauté.
Plégaos, señora, de membraros de este vuestro sujeto corazón, que tantas cuitas por vuestro amor padece. »
Daignez, madame, vous souvenir du cœur de votre sujet, qui dans son amour éprouve tant de souffrances. « 

Description de cette image, également commentée ci-après

Con estos iba ensartando otros disparates, todos al modo de los que sus libros le habían enseñado, imitando en cuanto podía su lenguaje;
Avec ces propos, il débita d’autres absurdités, le tout dans la manière de ses livres qu’il avait appris, en imitant autant leur langue qu’il le pouvait ;
y con esto caminaba tan despaico, y el sol entraba tan apriesa y con tanto ardor, que fuera bastante a derretirle los sesos, si algunos tuviera.
et il continuait son chemin si lentement, et le soleil cognait tellement avec une telle ferveur, que cela aurait suffi à lui fondre la cervelle s’il en eût possédé une.
Casi todo aquel día caminó sin acontecerle cosa que de contar fuese, de lo cual se desesperaba, poerque quisiera topar luego, con quien hacer experiencia del valor de su fuerte brazo.
Presque toute la journée il  voyagea sans rien de remarquable à raconter, ce dont il désespérait, car il aurait tant aimé rencontrer quelqu’un avec qui il eût pu démontrer la valeur de son bras puissant.

Autores hay que dicen que la primera aventura que le avino fue la de Puerto Lápice;
Des auteurs disent que la première aventure qu’il rencontra fut celle de port-Lapice;
otros dicen que la de los molinos de viento; pero lo que yo he podido averiguar en este caso, y lo que he hallado escrito en los anales de la Mancha, es que él anduvo todo aquel día, y al anochecer, su rocín y él se hallaron cansados y muertos de hambre;
d’autres disent que ce sont les moulins à vent ; mais ce que je peux dire dans ce cas, et ce que j‘ai trouvé écrit dans les annales de La Manche, c’est qu’il marchait toute la journée, et qu’à la nuit tombée, son cheval et lui-même se trouvèrent fatigués et affamés ;
y que mirando a todas partes, por ver si descubriría algún castillo o alguna majada de pastores donde recogerse, y adonde pudiese remediar su mucha necesidad, vió no lejos del camino por donde iba una venta, que fue como si viera una estrella, que a los portales, si no a los alcázares de su redención, le encaminaba.
et en regardant tout autour, pour voir s’il ne découvrait pas un  château ou une cabane de berger pour le recueillir, et où il pourrait remédier à son grand besoin, il vit, non loin de la route où il était une auberge, ce fut comme s’il eût vu une étoile qui le guidait jusqu’au portail, sinon peut-être d’agissait-il du palais de sa rédemption.
Dióse priesa a caminar, y llegó a ella a tiempo que anochecía.
Il se pressa, et l’atteignit au crépuscule.
Estaban acaso a la puerta dos mujeres mozas, de estas que llaman del partido, las cuales iban a Sevilla con unos arrieros, que en la venta aquella noche acertaron a hacer jornada;
Ils y avaient à la porte deux jeunes filles, celles que l’on nomme de joie, qui se préparaient à partir vers  Séville avec certains transporteurs, qui s’étaient reposés ce soir-là à l’auberge dans l’attente du jour ;
y como a nuestro aventurero todo cuanto pensaba, veía o imaginaba, le parecía ser hecho y pasar al modo de lo que había leído, luego que vió la venta se le representó que era un castillo con sus cuatro torres y chapiteles de luciente plata, sin faltarle su puente levadizo y honda cava, con todos aquellos adherentes que semejantes castillos se pintan.
et comme tout ce que notre aventurier pensait, voyait ou imaginait, semblait être fait comme ce qu’il avait lu, il vit l’auberge  comme un château avec quatre tours et des flèches d’argent brillant, sans être dépourvu ni de son pont-levis ni de ses fossés creusés profondément à l’image des châteaux quant ils sont peints.

Fuese llegando a la venta (que a él le parecía castillo), y a poco trecho de ella detuvo las riendas a Rocinante, esperando que algún enano se pusiese entre las almenas a dar señal con alguna trompeta de que llegaba caballero al castillo;
Arrivant à l’auberge (qui lui semblait être un château), il arrêta court Rossinante, en espérant que certains nains sortissent d’entre les créneaux avec une trompette afin de signaler que monsieur arrivait au château ;
pero como vió que se tardaban, y que Rocinante se daba priesa por llegar a la caballeriza, se llegó a la puerta de la venta, y vió a las dos distraídas mozas que allí estaban, que a él le parecieron dos hermosas doncellas, o dos graciosas damas, que delante de la puerta del castillo se estaban solazando.
mais comme leurs arrivées tardaient, et que Rossinante se hâtait afin de rejoindre au plus vite l’écurie, il atteignit la porte de l’auberge, et vit les deux filles distraites qui étaient là, qui lui semblait deux belles demoiselles, ou deux gracieuses dames, qui devant la porte du château se délassaient.
En esto sucedió acaso que un porquero, que andaba recogiendo de unos rastrojos una manada de puercos (que sin perdón así se llaman), tocó un cuerno, a cuya señal ellos se recogen, y al instante se le representó a D. Quijote lo que deseaba, que era que algún enano hacía señal de su venida, y así con extraño contento llegó a la venta y a las damas, las cuales, como vieron venir un hombre de aquella suerte armado, y con lanza y adarga, llenas de miedo se iban a entrar en la venta;
arriva un porcher, rassemblant dans ses chaumes un troupeau de cochons (sans pardon, ils s’appellent ainsi),  qui joua du cor, dont le signal signifie qu’ils sont rassemblés ; instantanément, c’était ce que notre Don Quichotte souhaitait : que des nains signalent sa venue, et donc c’est avec contentement qu’il s’approcha de l’auberge et de ces dames, qui, ayant vu venir un homme ainsi armé, avec lance et bouclier, pleines de crainte se réfugièrent apeurées dans l’auberge ;
pero Don Quijote, coligiendo por su huida su miedo, alzándose la visera de papelón y descubriendo su seco y polvoso rostro, con gentil talante y voz reposada les dijo:
mais Don Quichotte, comprenant la peur par leur fuite, la hausse du carton en guise de visière et découvrit son visage sec et poussiéreux, avec douceur sa voix calme  déclara :
non fuyan las vuestras mercedes, nin teman desaguisado alguno, ca a la órden de caballería que profeso non toca ni atañe facerle a ninguno, cuanto más a tan altas doncellas, como vuestras presencias demuestran.
« Demoiselles, ne fuyez donc point, ne craignez nulle offense, car, dans l’ordre de la chevalerie dans lequel je professe, il ne convient dans faire à quiconque, et surtout pas à des demoiselles de votre grandeur, comme l’indique votre présence. »

Signature de Miguel de Cervantes

Mirábanle las mozas y andaban con los ojos buscándole el rostro que la mala visera le encubría; mas como se oyeron llamar doncellas, cosa tan fuera de su profesión, no pudieron tener la risa, y fue de manera, que Don Quijote vino a correrse y a decirles:
Les filles l’examinèrent et tentèrent de chercher ses yeux que la mauvaise visière cachait ; mais comme elles furent appelées demoiselles, un nom si éloigné de leur profession, qu’elles partirent dans un éclat de rire, et il en fut ainsique Don Quichotte en vint à se fâcher et dit :
Bien parece la mesura en las fermosas, y es mucha sandez además la risa que de leve causa procede; pero non vos lo digo porque os acuitedes ni mostredes mal talante, que el mío non es de al que de serviros.
« 
Il semble que la mesure sied aux belles, et c’est également beaucoup de désagrément le rire qui est provoqué par des choses légères ;  mais ces propos n’ont pas pour objet de vous mettre de mauvaise humeur, car mon seul devoir est de vous servir. »

El lenguaje no entendido de las señoras, y el mal talle de nuestro caballero, acrecentaba en ellas la risa y en él el enojo;
Cette langue que ne comprenaient pas ces dames, et la dégaine de notre chevalier, augmentaient leur rire et sa colère à lui;
y pasara muy adelante, si a aquel punto no saliera el ventero, hombre que por ser muy gordo era muy pacífico, el cual, viendo aquella figura contrahecha, armada de armas tan desiguales, como eran la brida, lanza, adarga y coselete, no estuvo en nada en acompañar a las doncellas en las muestras de su contento;
et cela aurait mal tourné, si à ce moment n’était pas sorti l’aubergiste, un homme qui était si gros qu’il ne pouvait qu’être très calme, qui, voyant que la figure difforme, fagoté de ces armes inégales, comme l’étaient la bride, la lance,  le bouclier et le corselet, qu’un rien aurait suffi pour qu’il accompagne les jeunes filles dans leur fou rire ;
mas, en efecto, temiendo la máquina de tantos pertrechos, determinó de hablarle comedidamente, y así le dijo:
De plus, en fait, craignant toute cette machinerie, il se résolu à lui parler poliment, et ainsi il dit:
si vuestra merced, señor caballero, busca posada, amén del lecho (porque en esta venta no hay ninguno), todo lo demás se hallará en ella en mucha abundancia.
si votre grâce, seigneur chevalier, recherche un gîte, à l’exception du lit (parce que dans cette auberge il n’y a plus rien), tout le reste sera pour lui en grande abondance.
Viendo Don Quijote la humildad del alcaide de la fortaleza (que tal le pareció a él el ventero y la venta), respondió: para mí, señor castellano, cualquiera cosa basta, porque mis arreos son las armas, mi descanso el pelear, etc.
Don Quichotte voyant l’humilité du gardien de la forteresse (c’est ainsi qui lui semblaient être l’aubergiste et l’auberge), lui répondit ; « seigneur châtelain, cela me suffira parce que mes parures sont mes armes, mon repos le combat, etc. »

Pensó el huésped que el haberle llamado castellano había sido por haberle parecido de los senos de Castilla, aunque él era andaluz y de los de la playa de Sanlúcar, no menos ladrón que Caco, ni menos maleante que estudiante o paje.
L’aubergiste pensa que celui qu’il avait appelé le châtelain car il semblait venir de Castille, bien qu’il dut andalous et de la plage Sanlúcar, pas moins voleur que Cacus ou moins voyou qu’un  étudiant ou un page.
Y así le respondió:
Et il répondit:
según eso, las camas de vuestra merced serán duras peñas, y su dormir siempre velar; y siendo así, bien se puede apear con seguridad de hallar en esta choza ocasión y ocasiones para no dormir en todo un año, cuanto más en una noche.
« après cela, vos lits de votre grâce ne sont que de durs rochers, et votre sommeil toujours en veille ;  et s’il en est ainsi, vous trouverez la sécurité de pouvoir dormir pendant une année entière, et non pas une nuit seulement.
Y diciendo esto, fue a tener del estribo a D. Quijote, el cual se apeó con mucha dificultad y trabajo, como aquel que en todo aquel día no se había desayunado. Dijo luego al huésped que le tuviese mucho cuidad de su caballo, porque era la mejor pieza que comía pan en el mundo.
Ce disant, il alla prendre l’étrier à Don Quichotte, qui descendit avec beaucoup de difficulté et d’efforts, comme celui qui, toute la journée, n’avait pas eu de petit déjeuner. Il dit à l’aubergiste qu’il se devait d’avoir de nobles intentions pour son cheval, parce que c’était la meilleure bête qui mangeait du foin de par ce monde.

Miróle el ventero, y no le pareció tan bueno como Don Quijote decía, ni aun la mitad;
L’aubergiste l’examina, et il ne semblait pas aussi bon que ne le disait Don Quichotte, ni même la moitié ;
y acomodándole en la caballeriza, volvió a ver lo que su huésped mandaba;
et le conduit à l’écurie, puis retourna voir son invité ;
al cual estaban desarmando las doncellas (que ya se habían reconciliado con él), las cuales, aunque le habían quitado el peto y el espaldar, jamás supieron ni pudieron desencajarle la gola, ni quitarle la contrahecha celada, que traía atada con unas cintas verdes, y era menester cortarlas, por no poderse queitar los nudos;
que les filles se pressaient de désarmer (qui s’étaient déjà réconciliées avec lui), qui, bien qu’elles aient enlevé le plastron et le dos, ne savaient pas venir à bout du hausse-col de la gorge, ou lui faire quitter son semblant de casque, tenu par un ruban vert qu’il devenait nécessaire de couper, car impossible à dénouer ;
mas él no lo quiso consentir en ninguna manera; y así se quedó toda aquella noche con la celada puesta, que era la más graciosa y extraña figura que se pudiera pensar;
mais il n’y consentait pas du tout ; et il resta toute la nuit avec son casque, ce qui était des plus drôles et des plus étranges qu’on ne puisse penser ;
y al desarmarle (como él se imaginaba que aquellas traídas y llevadas que le desarmaban, eran algunas principales señoras y damas de aquel castillo), les dijo con mucho donaire:
et tandis qu’elle le désarmait (comme il imaginait encore que celles  qui le désarmaient, étaient de grandes dames du château), dit avec beaucoup de grâce :

Nunca fuera caballero
de damas tan bien servido,
como fuera D. Quijote
cuando de su aldea vino;
doncellas curaban dél,
princesas de su Rocino.
Il n’a jamais été de chevalier
par des dames ainsi choyé,
comme ne le fut Don Quichotte
lorsque de son village il arriva;
des demoiselles en prenaient grand soin,
les princesses de son Roussin.

O Rocinante, que este es el nombre, señoras mías, de mi caballo, y Don Quijote de la Mancha el mío;
« Ou Rossinante, tel est le nom, dames,  de mon cheval, et Don Quichotte de la Manche est le mien ;
que puesto que no quisiera descubrirme fasta que las fazañas fechas en vuestro servicio y pro me descubrieran, la fuerza de acomodar al propósito presente este romance viejo de Lanzarote, ha sido causa que sepáis mi nombre antes de toda sazón;
que je ne me suis pas découvert avant que la force de mes exploits pour vous servir ne s’imposent à moi-même, ainsi je suis la ligne que chante cette vieille romance de Lancelot, qui vous a fait connaître mon nom qu’après tout ce temps ;
pero tiempo vendrá en que las vuestras señorías me manden, y yo obedezca, y el valor de mi brazo descubra el deseo que tengo de serviros.
mais le temps viendra où vos Seigneuries me manderont, et je obéirai, et la valeur de mon bras découvrira le désir que j’ai à vous servir. »
Las mozas, que no estaban hechas a oír semejantes retóricas, no respondían palabra;
Les filles, qui n’étaient pas habituées à entendre ce genre de discours, restèrent muettes ;
sólo le preguntaron si quería comer alguna cosa.
Elles lui demandèrent seulement s’il voulais manger quelque chose.
Cualquiera yantaría yo, respondió D. Quijote, porque a lo que entiendo me haría mucho al caso.
« Tout me conviendra« , répondit Don Quichotte, « parce tout fera mon affaire. »
A dicha acertó a ser viernes aquél día, y no había en toda la venta sino unas raciones de un pescado, que en Castilla llaman abadejo, y en Andalucía bacalao, y en otras partes curadillo, y en otras truchuela.
Ce jour-là, par bonheur un vendredi,  il n’y avait en tout et pour tout dans l’auberge, que quelques portions de poisson qu’en Castille on appelle l’aiglefin, la morue en Andalousie, et ailleurs truitelle et autres merluche.
Preguntáronle si por ventura comería su merced truchuela, que no había otro pescado que darle a comer.
On lui demanda si par hasard sa grâce ce contenterait de truitelles, puisqu’il n’y avait pas d’autres poissons à lui donner.
Como haya muchas truchuelas, respondió D. Quijote, podrán servir de una trueba;
« Comme il y a beaucoup de truitelles« , répondit don Quichotte, « si vous me serviez une truite » ;
porque eso se me da que me den ocho reales en sencillos, que una pieza de a ocho. Cuanto más, que podría ser que fuesen estas truchuelas como la ternera, que es mejor que la vaca, y el cabrito que el cabrón.
« car que l’on me donne huit réaux en piécettes ou une pièce de huit réaux, cela m’est égal. Et même, il se pourrait que les truitelles aient le même avantage qu’avec le veau, plus goûteux et tendre que le bœuf, ou le chevreau par rapport au bouc. »
Pero sea lo que fuere, venga luego, que el trabajo y peso de las armas no se puede llevar sin el gobierno de las tripas.
« Mais quoi qu’il en soit, servez vite, le travail et le poids des armes ne peuvent être supportés sans nourrir le gouvernement des tripes. »
Pusiéronle la mesa a la puerta de la venta por el fresco, y trájole el huésped una porción de mal remojado, y peor cocido bacalao, y un pan tan negro y mugriento como sus armas.
On installa sa table à la porte de l’auberge pour sa fraicheur, et l’aubergiste lui apporta  de la merluche mal détrempée et plus mal, encore assaisonnée et du pain aussi noir et crasseux que ses armes.
Pero era materia de grande risa verle comer, porque como tenía puesta la celada y alzada la visera, no podía poner nada en la boca con sus manos, si otro no se lo daba y ponía;
Mais c’était à éclater de rire de le voir manger avec son casque et visière levée, car il ne pouvait rien mettre dans sa bouche avec ses mains, si un autre ne l’aidât ;
y así una de aquellas señoras sería de este menester;
et ainsi l’une de ces dames s’en chargea ;
mas el darle de beber no fue posible, ni lo fuera si el ventero no horadara una caña, y puesto el un cabo en la boca, por el otro, le iba echando el vino.
lui donner un verre n’était de même pas possible, si le propriétaire n’avait coupé un roseau afin de mettre une extrémité dans sa bouche, et  l’autre plongée dans le vin.
Y todo esto lo recibía en paciencia, a trueco de no romper las cintas de la celada.
Et il supporta tout cela avec beaucoup de patience, tout plutôt que de couper les rubans de son casque.

Estando en esto, llegó acaso a la venta un castrador de puercos, y así como llegó sonó su silbato de cañas cuatro o cinco veces, con lo cual acabó de confirmar Don Quijote que estaba en algún famoso castillo, y que le servían con música, y que el abadejo eran truchas, el pan candeal, y las rameras damas, y el ventero castellano del castillo;
Là-dessus arriva un châtreur de porcs, et comme il souffla à quatre à cinq reprises dans son sifflet de roseaux qui termina de confirmer à Don Quichotte qu’il demeurait bien dans quelque célèbre château, et qu’on lui servait le repas en musique, et que la morue était de la truite, le vieux pain du pain blanc, les dames pour les prostituées, et le châtelain pour l’aubergiste ;
y con esto daba por bien empleada su determinación y salida.
et cela a été bien utile tant pour sa résolution que pour sa sortie.
Mas lo que más le fatigaba era el no verse armado caballero, por parecerle que no se podría poner legítimamente en aventura alguna sin recibir la órden de caballería.
Mais ce qui l’inquiétait bien le plus profondément était de ne pas être armé chevalier, car il lui semblait qu’il ne pouvait pas légitimement avoir des aventures sans recevoir l’ordre de chevalerie.

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Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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DON QUICHOTTE Chapitre 1 Traduction Française Capítulo primero

 DON QUICHOTTE CHAPITRE 1

Don Quijote Don Quichotte Chapitre Premier Miguel de Cervantes Capitulo 1 Chapitre Premier Artgitato Traduction Française

 DON QUIJOTE DE LA MANCHA
El ingenioso hidalgo don Quijote de la Mancha
DON QUICHOTTE de la Manche

Miguel de Cervantès

Capítulo primero
Chapitre Premier

 Que trata de la condición y ejercicio del famoso y valiente hidalgo don Quijote de la Mancha
Qui traite de la condition et des activités du célèbre et brave hidalgo Don Quichotte de la Manche

En un lugar de la Mancha, de cuyo nombre no quiero acordarme, no ha mucho tiempo que vivía un hidalgo de los de lanza en astillero, adarga antigua, rocín flaco y galgo corredor.
Dans un village de la Manche, dont je ne veux pas me souvenir le nom, il y a encore peu de temps vivait un hidalgo, de ceux qui vivent avec lance au râtelier et bouclier antique, bidet maigre et lévrier.
Una olla de algo más vaca que carnero, salpicón las más noches, duelos y quebrantos los sábados, lantejas los viernes, algún palomino de añadidura los domingos, consumían las tres partes de su hacienda. 
Un pot avec plutôt plus de boeuf que du mouton, une salade presque toutes les nuits, des morceaux de viande les samedis, des lentilles les vendredis, et quelques pigeonneaux en supplément le dimanche, tout ça faisant disparaître les trois quarts de son revenu.
El resto della concluían sayo de velarte, calzas de velludo para las fiestas, con sus pantuflos de lo mesmo, y los días de entresemana se honraba con su vellorí de lo más fino.
Le reste partait dans l’achat d’une tunique, des culottes de velours pour les jours de fête, de chaussons, et pour les jours de semaine il honorait de la serge la plus fine qui se puisse trouver.
Tenía en su casa una ama que pasaba de los cuarenta y una sobrina que no llegaba a los veinte, y un mozo de campo y plaza que así ensillaba el rocín como tomaba la podadera.
Il avait dans sa maison une gouvernante d’une bonne quarantaine d’années, une nièce qui n’avait pas encore vingt ans, et un garçon à tout faire autant pour les travaux des champs, pour seller la rosse que  pour manier la serpe.

Frisaba la edad de nuestro hidalgo con los cincuenta años. Era de complexión recia, seco de carnes, enjuto de rostro, gran madrugador y amigo de la caza.
 Notre hidalgo, lui, frisait la cinquantaine. Il était de construction robuste, sec de corps, la figure maigre, matinal et ami de la chasse.
Quieren decir que tenía el sobrenombre de «Quijada», o «Quesada», que en esto hay alguna diferencia en los autores que deste caso escriben, aunque por conjeturas verisímiles se deja entender que se llamaba «Quijana».
On dit qu’il avait le surnom de « Quixada » ou « Quesada », les auteurs qui écrivent à son sujet sont en désaccord, mais de vraisemblables conjectures donnent un  avantage à « Quijana. »
Pero esto importa poco a nuestro cuento: basta que en la narración dél no se salga un punto de la verdad.

Mais cela n’a que peu d’importance pour la suite de notre histoire : il suffit, en tous points, que la narration ne s’écarte pas d’un cheveu de la vérité.

 

Es, pues, de saber que este sobredicho hidalgo, los ratos que estaba ocioso —que eran los más del año—, se daba a leer libros de caballerías, con tanta afición y gusto, que olvidó casi de todo punto el ejercicio de la caza y aun la administración de su hacienda;
Il est, ensuite, nécessaire  de savoir que cet hidalgo, chaque fois qu’il était inactif, ce qui était le cas une grande partie de l’annéese consacrait à dévorer des livres de chevalerie avec tant d’ardeur et d’avidité qu’il en oubliait ce qui concerne la pratique de la chasse et tout ce qui touche à l’administration de son hacienda ;
y llegó a tanto su curiosidad y desatino en esto, que vendió muchas hanegas de tierra de sembradura para comprar libros de caballerías en que leer, y, así, llevó a su casa todos cuantos pudo haber dellos;
et sa curiosité et son engouement atteignirent un tel point qu’il vendit plusieurs parcelles de bonne terres afin d’acheter des livres de chevalerie à lire, et ramena à la maison tout ce qu’il put trouver ;
y, de todos, ningunos le parecían tan bien como los que compuso el famoso Feliciano de Silva, porque la claridad de su prosa y aquellas entricadas razones suyas le parecían de perlas, y más cuando llegaba a leer aquellos requiebros y cartas de desafíos, donde en muchas partes hallaba escrito: «La razón de la sinrazón que a mi razón se hace, de tal manera mi razón enflaquece, que con razón me quejo de la vuestra fermosura».

et, de tous les livres qu’il possédait, aucun ne lui paraissait mieux fait que ceux écrits par le célèbre Félicien de Silva, tant pour la clarté de sa prose que pour ces arguties alambiquées comme autant de perles, et surtout quand il vint à lire ces lettres d’amour et de défis chevaleresques  et où il put lire à plusieurs reprises : « la raison de la déraison qui est ma raison, en affaiblit ma raison, qu’avec raison, je me plains de votre beauté.« 
Y también cuando leía: «Los altos cielos que de vuestra divinidad divinamente con las estrellas os fortifican y os hacen merecedora del merecimiento que merece la vuestra grandeza…»
Ou encore, « des hauts cieux, ceux de votre divinité, vous fortifient divinement avec les étoiles et vous rendent digne du mérite que mérite votre grandeur ... »

Con estas razones perdía el pobre caballero el juicio, y desvelábase por entenderlas y desentrañarles el sentido, que no se lo sacara ni las entendiera el mesmo Aristóteles, si resucitara para solo ello.
Avec ces raisonnements, le pauvre gentilhomme en perdit la tête, et se trouva fort interrogé par eux afin d’en comprendre le sens, ce qu’Aristote lui-même n’aurait pu comprendre, s’il fût ressuscité à cette occasion.
No estaba muy bien con las heridas que don Belianís daba y recebía, porque se imaginaba que, por grandes maestros que le hubiesen curado, no dejaría de tener el rostro y todo el cuerpo lleno de cicatrices y señales.
Il critiquait les blessures que don Bélianis donnait et prenait, car il imaginait que, malgré ces grands maîtres qui l’avaient guéri, il devait porter tant sur le visage que sur tout le corps plein de cicatrices et de stigmates.
Pero, con todo, alababa en su autor aquel acabar su libro con la promesa de aquella inacabable aventura, y muchas veces le vino deseo de tomar la pluma y dalle fin al pie de la letra como allí se promete; y sin duda alguna lo hiciera, y aun saliera con ello, si otros mayores y continuos pensamientos no se lo estorbaran.
Mais encore, il louait cet auteur qui, à la fin de son livre,  avec la promesse d’achever cette aventure interminable, et il lui venait souvent le désir de prendre la plume et de la terminer ; et certainement il l’eût fait, et ne s’en serait pas si mal sorti, si des pensées de plus en plus absorbantes ne l’en avait empêché.
Tuvo muchas veces competencia con el cura de su lugar —que era hombre docto, graduado en Cigüenza— sobre cuál había sido mejor caballero: Palmerín de Ingalaterra o Amadís de Gaula; mas maese Nicolás, barbero del mesmo pueblo, decía que ninguno llegaba al Caballero del Febo, y que si alguno se le podía comparar era don Galaor, hermano de Amadís de Gaula, porque tenía muy acomodada condición para todo, que no era caballero melindroso, ni tan llorón como su hermano, y que en lo de la valentía no le iba en zaga.
Il avait, à plusieurs reprises , ergoté avec le curé de la contrée qui était un savant, un diplômé de Sigüenza- sur celui qui avait été le meilleur chevalier, Palmérin d’Angleterre ou Amadis de Gaule ; maître Nicolas, le barbier du village, déclara qu’aucun n’avait atteint le chevalier de Phébus, et que si quelqu’un pouvait lui être comparé, il ne pouvait s’agir que de don Galaor, frère d’Amadis de Gaule, parce qu’il était très accommodant et qui n’était pas grincheux ou larmoyant comme son frère, et que, pour ce qui touche à la question de la bravoure, il n’était pas derrière lui.

En resolución, él se enfrascó tanto en su letura, que se le pasaban las noches leyendo de claro en claro, y los días de turbio en turbio; y así, del poco dormir y del mucho leer, se le secó el celebro de manera que vino a perder el juicio.
En bref, il devint tellement absorbé dans sa lecture, qu’il passa ses nuits à lire jusqu’à la lumière du jour, et ses journées à lire jusqu’à la tombée de la nuit, qu’il s’en sécha le cerveau jusqu’à en perdre son jugement.
Llenósele la fantasía de todo aquello que leía en los libros, así de encantamentos como de pendencias, batallas, desafíos, heridas, requiebros, amores, tormentas y disparates imposibles;
Sa fantaisie grandit avec tout ce qu’il lût dans des livres, enchantements, querelles, batailles, défis, blessures, galanteries, amours, tempêtes et absurdités impossibles ;
y asentósele de tal modo en la imaginación que era verdad toda aquella máquina de aquellas soñadas invenciones que leía, que para él no había otra historia más cierta en el mundo.
et il pensait qu’étaient vraies toutes les inventions qu’il lisait, si tant est que, pour lui, il n’y avait pas d’autres histoires plus véridiques dans le monde.
 Decía él que el Cid Ruy Díaz había sido muy buen caballero, pero que no tenía que ver con el Caballero de la Ardiente Espada, que de solo un revés había partido por medio dos fieros y descomunales gigantes.
Il disait que le Cid Ruy Diaz était sans aucun doute un très bon chevalier, mais qu’il n’égalait en rien le Chevalier de l’Epée Ardente qui avec seulement un revers avait réduit de moitié deux féroces géants monstrueux.
Mejor estaba con Bernardo del Carpio, porque en Roncesvalles había muerto a Roldán, el encantado, valiéndose de la industria de Hércules, cuando ahogó a Anteo, el hijo de la Tierra, entre los brazos. 
Meilleur était Bernardo del Carpio, car à Roncevaux il tua Roland, l’enchanté, en utilisant l’artifice d’Hercule quand il  étrangla Antée, fils de la Terre, dans ses bras.
Decía mucho bien del gigante Morgante, porque, con ser de aquella generación gigantea, que todos son soberbios y descomedidos, él solo era afable y bien criado.
Il a approuvé l’éloge du géant Morgant, parce que, bien que de la race des géants, qui sont tous arrogants et peu commodes, lui seul était affable et bien élevé.
Pero, sobre todos, estaba bien con Reinaldos de Montalbán, y más cuando le veía salir de su castillo y robar cuantos topaba, y cuando en allende robó aquel ídolo de Mahoma que era todo de oro, según dice su historia. 
Mais, surtout, il y avait Renaud de Montauban, surtout quand il sortait de son château et qu’il volait tous ceux qu’il rencontrait, et qu’il déroba cette image de Mahomet qui était toute en or, selon son histoire.
Diera él, por dar una mano de coces al traidor de Galalón, al ama que tenía, y aun a su sobrina de añadidura.
Il aurait donné, pour frapper ce Ganelon de traître, sa femme de ménage, et même sa nièce, dans l’affaire.

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En efeto, rematado ya su juicio, vino a dar en el más estraño pensamiento que jamás dio loco en el mundo, y fue que le pareció convenible y necesario, así para el aumento de su honra como para el servicio de su república, hacerse caballero andante y irse por todo el mundo con sus armas y caballo a buscar las aventuras y a ejercitarse en todo aquello que él había leído que los caballeros andantes se ejercitaban, deshaciendo todo género de agravio y poniéndose en ocasiones y peligros donde, acabándolos, cobrase eterno nombre y fama.
En effet, ayant perdu ses esprits, il en vint à donner dans la notion plus étrange que jamais, en pensant qu’il serait  juste et nécessaire, tant pour son honneur que pour servir son pays, à devenir un chevalier errant, à aller partout dans le monde avec ses armes et son cheval à la recherche d’aventures, à mettre en œuvre tout ce qu’il avait pu lire sur les chevaliers errants, défaisant toutes sortes de périls afin qu’il récolte une renommée et une gloire éternelle.
Imaginábase el pobre ya coronado por el valor de su brazo, por lo menos del imperio de Trapisonda; y así, con estos tan agradables pensamientos, llevado del estraño gusto que en ellos sentía, se dio priesa a poner en efeto lo que deseaba.
Il s’imaginait, le pauvre, couronné par la valeur de son bras, au moins de par l’empire de Trébizonde [Trabzon] ; et ainsi, dans le flux de ses pensées, mené par cette jouissance intense qu’il ressentait, il se hâta de mettre son projet en œuvre.
 Y lo primero  que hizo fue limpiar unas armas que habían sido de sus bisabuelos, que, tomadas de orín y llenas de moho, luengos siglos había que estaban puestas y olvidadas en un rincón.
Et la première chose qu’il fit fut de nettoyer une armure qui avait appartenue à ses grands-parents, qui, prise par la rouille et couverte de moisissures  depuis les siècles où elle reposait, oubliée dans un coin.
Limpiólas y aderezólas lo mejor que pudo; pero vio que tenían una gran falta, y era que no tenían celada de encaje, sino morrión simple; mas a esto suplió su industria, porque de cartones hizo un modo de media celada que, encajada con el morrión, hacían una apariencia de celada entera.
Il la dégraissa et la nettoya du mieux qu’il put ; mais il s’aperçut qu’il manquait quelque chose et qu’au lieu du heaume complet, il ne possédait qu’un simple casque. Mais il le compléta ingénieusement avec des cartons en guise de visière et le tout donna l’apparence d’un heaume complet.
Es verdad que, para probar si era fuerte y podía estar al riesgo de una cuchillada, sacó su espada y le dio dos golpes, y con el primero y en un punto deshizo lo que había hecho en una semana;
Il est vrai que, pour tester la force de sa composition et son aptitude à essuyer des coupures, il tira son épée et lui a donné deux coups de tranchant ;  le premier coup détruisit ce qu’il avait fait en une semaine ;
y no dejó de parecerle mal la facilidad con que la había hecho pedazos, y, por asegurarse deste peligro, la tornó a hacer de nuevo, poniéndole unas barras de hierro por de dentro, de tal manera, que él quedó satisfecho de su fortaleza y, sin querer hacer nueva experiencia della, la diputó y tuvo por celada finísima de encaje.
et cette facilité avec laquelle il l’avait brisé, et, pour à coup sûr se protéger d’un éventuel danger, il retourna à l’ouvrage, mis des barres de fer à l’intérieur, de sorte qu’il était satisfait de sa force et sans le soumettre à une nouvelle expérience, il déclara qu’il possédait-là un heaume de la plus fine perfection et finesse.

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Fue luego a ver su rocín, y aunque tenía más cuartos que un real y más tachas que el caballo de Gonela, que «tantum pellis et ossa fuit», le pareció que ni el Bucéfalo de Alejandro ni Babieca el del Cid con él se igualaban.
Il est ensuite allé voir sa monture, et même si celle-ci avait plus de tares que de parties et plus de défauts que le cheval de Gonèle qui  «tantum pellis et ossa fuit » [il n’avait plus que la peau et les os], il lui  semblait que ni le Bucéphale d’Alexandre ni le Babiéca  du Cid ne pouvaient l’égaler.
Cuatro días se le pasaron en imaginar qué nombre le pondría; porque —según se decía él a sí mesmo— no era razón que caballo de caballero tan famoso, y tan bueno él por sí, estuviese sin nombre conocido;
Quatre jours passèrent en pensant au nom qu’il lui donnerait ; car, dit-il en lui-même- il est nécessaire que la monture d’un si fameux cavalier, et aussi bon par lui-même, porte un nom distinctif ;
y ansí procuraba acomodársele, de manera que declarase quién había sido antes que fuese de caballero andante y lo que era entonces;
et ainsi il chercha un nom qui indiquerait le chevalier errant qu’il était ;
pues estaba muy puesto en razón que, mudando su señor estado, mudase él también el nombre, y le cobrase famoso y de estruendo, como convenía a la nueva orden y al nuevo ejercicio  que ya profesaba;
car il est raisonnable que son maître changeant d’état, il devait prendre un nom, plus célèbre et pompeux, comme le voulait l’étiquette associée à son nouvel ordre et à sa nouvelle profession ;
y así, después de muchos nombres que formó, borró y quitó, añadió, deshizo y tornó a hacer en su memoria e imaginación, al fin le vino a llamar «Rocinante», nombre, a su parecer, alto, sonoro y significativo de lo que había sido cuando fue rocín, antes de lo que ahora era, que era antes y primero de todos los rocines del mundo.
et ainsi, après de nombreux noms formés, effacés puis éliminés, ajoutés, construits et déconstruits dans sa mémoire et son imagination, finalement il vint à l’appeler «Rossinante» nom, à son avis, noble, sonore et qui signifiait ce qu’elle avait été quand elle était une rosse avant et ce qu’elle était maintenant, elle était d’abord, et avant tout, la première de toutes les rosses du monde.

Puesto nombre, y tan a su gusto, a su caballo, quiso ponérsele a sí mismo, y en este pensamiento duró otros ocho días, y al cabo se vino a llamar «don Quijote»;
Depuis qu’il donnât un nom, à son goût, à son cheval, il était impatient de s’en donner un à lui-même, et cette pensée dura huit jours, après lesquels il s’arrêta sur « Don Quichotte« ;
de donde, como queda dicho, tomaron ocasión los autores desta tan verdadera historia que sin duda se debía de llamar «Quijada» , y no «Quesada», como otros quisieron decir.
où, comme indiqué ci-dessus, les auteurs de cette histoire vraie ont pris l’habitude de l’appeler « Quijada » et non « Quesada » comme d’autres l’auraient fait croire.
Pero acordándose que el valeroso Amadís no sólo se había contentado con llamarse «Amadís» a secas, sino que añadió el nombre de su reino y patria, por hacerla famosa, y se llamó «Amadís de Gaula», así quiso, como buen caballero, añadir al suyo el nombre de la suya y llamarse «don Quijote de la Mancha», con que a su parecer declaraba muy al vivo su linaje y patria, y la honraba con tomar el sobrenombre della.
Mais se souvenant que le valeureux Amadis ne se contentait pas de simplement s’être appelé «Amadis» tout simplement, mais avait ajouté le nom de son royaume et pays pour le rendre plus célèbre encore, et s’était appelé « Amadis de Gaule », il souhaitait, comme tout bon chevalier, ajouter le nom de la sienne et s’appeler ainsi « Don Quichotte de la Manche« , ce qui, à son avis, décrivait avec précision son origine et le pays, et qu’il lui faisait honneur de le prendre comme nom de famille.

  Limpias, pues, sus armas, hecho del morrión celada, puesto nombre a su rocín y confirmándose a sí mismo, se dio a entender que no le faltaba otra cosa sino buscar una dama de quien enamorarse, porque el caballero andante sin amores era árbol sin hojas y sin fruto y cuerpo sin alma. Decíase él:
Ayant donc nettoyé les armes, et fait un heaume du morion, mis un nom à a monture et confirmé le mien, laissant entendre qu’il ne manquait rien mais seulement une dame et d’en tomber amoureux, parce qu’un chevalier errant sans amour serait comme un arbre sans feuilles ni fruits et un  corps sans âme. Il se dit :
—Si yo, por malos de mis pecados, o por mi buena suerte, me encuentro por ahí con algún gigante, como de ordinario les acontece a los caballeros andantes, y le derribo de un encuentro, o le parto por mitad del cuerpo, o, finalmente, le venzo y le rindo, ¿no será bien tener a quien enviarle presentado, y que entre y se hinque de rodillas ante mi dulce señora, y diga con voz humilde y rendida:
Si moi, par mes péchés, ou par ma bonne fortune, je me trouve devant un géant, comme il arrive souvent aux chevaliers de mon espèce, et que je le démolisse, ou que je le fende par la moitié de son corps, ou finalement qu’il m’implore une reddition, il serait souhaitable de l’envoyer en offrande, afin qu’il se présente et tombe à genoux devant ma douce dame, et lui dise d’une voix humble et soumise :
«Yo, señora, soy el gigante Caraculiambro, señor de la ínsula Malindrania, a quien venció en singular batalla el jamás como se debe alabado caballero don Quijote de la Mancha, el cual me mandó que me presentase ante la vuestra merced, para que la vuestra grandeza disponga de mí a su talante»?
«Moi, madame, je suis Caraculiambro le géant, seigneur de l’île Malindrania, qu’ a vaincu, en combat singulier, le chevalier jamais suffisamment vanté Don Quichotte de la Manche, qui m’a ordonné de me présenter devant Votre Grâce, que Votre Altesse dispose de moi selon son bon plaisir ? »

¡Oh, cómo se holgó nuestro buen caballero cuando hubo hecho este discurso, y más cuando halló a quien dar nombre de su dama!
Oh, combien notre chevalier jouissait quand il fit ce discours, et plus particulièrement quand il trouva comment appeler sa Dame!
Y fue, a lo que se cree, que en un lugar cerca del suyo había una moza labradora de muy buen parecer, de quien él un tiempo anduvo enamorado, aunque, según se entiende, ella jamás lo supo ni le dio cata dello.
Et c’était, à ce qu’on croit, dans un lieu proche sien que vivait une paysanne de très bonne apparence, de qui, un temps, il fut amoureux, même si, comme de bien entendu, elle n’en su jamais rien.
Llamábase Aldonza Lorenzo, y a esta le pareció ser bien darle título de señora de sus pensamientos;
Elle s’appelait Aldonza Lorenzo, c’est à elle qu’il jugea bon de lui conférer le titre de Dame de ses pensées ;
y, buscándole nombre que no desdijese mucho del suyo y que tirase y se encaminase al de princesa y gran señora, vino a llamarla «Dulcinea del Toboso» porque era natural del Toboso : nombre, a su parecer, músico y peregrino y significativo, como todos los demás que a él y a sus cosas había puesto.
et la recherche d’un nom en harmonie avec le sien, se devait de suggérer et d’indiquer une princesse et une grande dame, il  décida de l’appeler « Dulcinée du Toboso » parce qu’elle était originaire du village de Toboso, et qui, à son avis, était musical, rare et distingué, comme toutes les choses qui formaient son équipage.

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Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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Le Brave soldat Chvéïk Chapitre I Traduction Française Jaroslav Hašek Dobrý voják Švejk

LITTERATURE TCHEQUE
Česká literatura

Jaroslav Hašek
1883-1923

Dobrý voják Švejk
Le Brave Soldat Chvéïk
1921-1923

Jaroslav Hašek Dobrý voják Švejk Le Brave Soldat Chvéïk Chapitre 1Traduction Artgitato

Osudy dobrého vojáka
Švejka za světové války
Jaroslava Haška

 

1. kapitola
Chapitre 1
Zasáhnutí dobrého vojáka ŠŠvejka do světové války
Intervention du Brave Soldat Chvéïk dans la Grande Guerre

„ »Tak nám zabili Ferdinanda, »“ řekla posluhovaèka panu ŠŠvejkovi, který opustiv před léty vojenskou služžbu, kdyžž byl definitivně prohlᚹen vojenskou lékařskou komisí za blba, žživil se prodejem psů, oššklivých nečistokrevných oblud, kterým padělal rodokmeny.
« Ils ont tué notre Ferdinand ! »  déclara  la logeuse de Chvéïk, qui, il y a des années, avait arrêté son service militaire, après avoir été
déclaré profondément demeuré par la commission médicale, et qui, désormais, gagnait sa vie en vendant des chiens,  bâtards monstrueux, dont il en sortait des pedigrees.

 Kromě tohoto zaměstnání byl stižžen revmatismem a mazal si právě kolena opodeldokem.
En dehors de cette occupation, il soignait aussi les rhumatismes et, justement, à ce moment-là, il massait les genoux avec du baume d’opodeldoch [à base de savon, d’ammoniaque, de camphre et d’alcool].

„Kterýho Ferdinanda, paní Müllerová?“ otázal se ŠŠvejk,nepřestávaje si masírovat kolena, « „já znám dva Ferdinandy.
« Quels Ferdinand, Mme Müller ? » demanda  Chveïk, en massant ses genoux, « J’en connais deux Ferdinand ! »
Jednoho, ten je sluhou u drogisty Průšši a vypil mu tam jednou omylem láhev nějakého mazání na vlasy, a potom znám ješště Ferdinanda Kokoššku, co sbírá ty psí hovínka.  »
L’un est le commis du droguiste Prousha chimiste, c’est celui qui a bu par erreur une lotion capillaire. Et puis il y a l’autre, le Ferdinand Kokoska, celui qui enlève les crottes de chien.
Vobou není žžádná šškoda.“
Si c’est l’un de ces deux gars-là, il n’y a pas grand dommage ! »

« Ale, milostpane, pana arcivévodu Ferdinanda, toho z Konopišště, toho tlustýho, nábožžnýho. »
« Oh non, monsieur ! C’est Ferdinand, l’archiduc , celui du château de Konopiště [à Benešov, à quelques kilomètres au sud-est de Prague] Vous voyez bien ! »

« „Ježžíššmarjá,“ vykřikl ŠŠvejk, „to je dobrý. A kde se mu to, panu arcivévodovi, stalo?“ »
« Jésus Marie ! » s’écria Chvéïk, « mais où est-ce donc arrivé à l’archiduc ?« 

 « Práskli ho v Sarajevu, milostpane, z revolveru, vědí. Jel tam s tou svou arcikněžnou v automobilu » 
«Ils l’ont assassiné à Sarajevo, monsieur, avec un revolver, vous voyez ! Il y était avec son archiduchesse en voiture »
« Tak se podívejme, paní Müllerová, v automobilu.  »
« 
Voyons, Mme Müller, dans une voiture ? »
Jó, takovej pán si to mùže dovolit, a ani si nepomyslí, jak taková jízda automobilem mùže nešt’astně skončit.
Ouais, un monsieur comme lui peut se le permettre, mais il n’a jamais imaginé qu’il pouvait finir ainsi.
A v Sarajevu k tomu, to je v Bosně, paní Müllerová.
Et à Sarajevo, par dessus le marché. C’est en Bosnie, Madame Müller !

To udìlali asi Turci.
C’est probablement un fait des Turcs.
My holt jsme jim tu Bosnu a Hercegovinu neměli brát.
Vous savez, nous avons pris la Bosnie et l’Herzégovine. Nous aurions dû  nous abstenir de les prendre.
Tak vida, paní Müllerová.

Vous voyez, madame Müller.
On je tedy pan arcivévoda už na pravdì boží.
 L’archiduc est donc déjà en route vers la vérité de Dieu.
Trápil se dlouho? »
A-t-il souffert longtemps ? « 

« Pan arcivévoda byl hned hotovej, milostpane.
«Monsieur l’archiduc est maintenant mort, monsieur.
To vědí, že s revolverem nejsou žádný hračky.

Vous voyez, les revolvers ne sont pas seulement des jouets.
Nedávno taky si hrál jeden pán u nás v Nuslích s revolverem a postřílel celou rodinu i domovníka, kterej se šel podívat, kdo to tam střílí ve třetím poschodí »
Récemment,  un monsieur jouait ici à Nusle avec un revolver et a liquidé toute la famille, avec le gardien, qui venait voir ce qui provoquait ce boucan au troisième étage « 

  « Někerej revolver, paní Müllerová, vám nedá ránu, kdybyste se zbláznili. 
J’ai vu des revolvers, Mme Müller, qui ne partent pas.
Takovejch systémù je moc.
Le système s’est enraillé.

Ale na pana arcivévodu si koupili jisté nìco lepšího, a taky bych se chtěl vsadit, paní Müllerová, že ten člověk, co mu to udělal, se na to pěkně voblík.
Mais pour Son Altesse Impériale il faut acheter certainement  quelque chose de mieux, et je pourrais parier, Mme Müller, que l’homme qui lui a fait ça, s’est habillé en conséquence.
To vědí, střílet pana arcivévodu, to je moc těžká práce.
Vous savez, tirez sur l’archiduc, c’est un travail très dur.
To není, jako když pytlák střílí hajnýho.

Ce n’est pas comme un braconnier qui tire sur un garde-chasse.
Tady jde vo to, jak se k němu dostat, na takovýho pána nesmíte jít v nìjakých hadrech.

La question est de savoir comment l’atteindre comme ça,  monsieur ne doit pas se promener comme n’importe qui.
To musíte jít v cylindru, aby vás nesebral dřív policajt. »   
Il faut se mettre le cylindre, sinon la police ne tarde pas à vous mettre le grappin dessus. »

« Vono prej jich bylo víc, milostpane » 
« Pensez ! monsieur ! Ils se sont mis à plusieurs. »

« To se samo sebou rozumí, paní Müllerová, » řekl Švejk, konče masírování kolen, « kdybyste chtěla zabít pana arcivévodu, nebo císaře pána, tak byste se jistě s někým poradila.
« C’est tout à fait raisonnable, Mme Müller« , dit Chvéïk, finissant de masser ses genoux,  » Si vous voulez tuer l’archiduc ou sa Majesté l’Empereur, vous auriez certainement besoin de conseils. »
Víc lidí má víc rozumu.
Plus on est nombreux plus on réfléchit.
Ten poradí to, ten vono, a pak se dílo podaří, jak je to v tej naší hymně.
Celui-ci vous conseille ceci, cet autre cela et ainsi l’ouvrage se fait comme le chante notre hymne national.
Hlavní věcí je vyčíhat na ten moment, až takovej pán jede kolem.
La principale chose dans cette affaire est de choisir le moment opportun.
Jako, jestli se pamatujou na toho pana Lucheniho, co probod naši nebožku Alžbětu tím pilníkem.
Voyez, vous vous rappelez de ce monsieur Luigi Lucheni l’assassin de notre impératrice Sissi.

***
TRADUCTION Jacky Lavauzelle
ARTGITATO

 

Le Brave Soldat Chvéïk – Avant-Propos -Traduction Française (Dobrý voják Švejk) de Jaroslav Hašek

LITTERATURE TCHEQUE
Česká literatura

Jaroslav Hašek
1883-1923

Dobrý voják Švejk
Le Brave Soldat Chvéïk
1921-1923

Osudy dobrého vojáka
Švejka za světové války
Jaroslava Haška

ÚVOD Jaroslav Hašek Le Brave Soldat Chvéïk Avant-Propos Traduction Artgitato

 

ÚVOD
AVANT-PROPOS

Veliká doba žžádá velké lidi.
Les grands moments exigent des gens formidables.
Jsou nepoznaní hrdinové, skromní,bez slávy a historie Napoleona.
Il y a ces inconnus, des héros sans prétention, sans la notoriété et l’histoire de Napoléon.
Rozbor jejich povahy zastínil by i slávu Alexandra Macedonského.
Pourtant, l’analyse de leur caractère pourrait occulter la gloire-même d’Alexandre.
Dnes můžžete potkat v pražžských ulicích oššumělého mužže, který sám ani neví, co vlastně znamená v historii nové velké doby. Aujourd’hui, vous pouvez rencontrer dans les rues de Prague un homme débraillé qui ne sait même pas lui-même ce qu’il signifie dans l’histoire de la grande époque nouvelle.
Jde skromné svou cestou, neobtěžuje nikoho, a není t龞 obt잾o ván žžurnalisty kteří by ho prosili o interview.
Il suit son chemin humblement, sans déranger personne, sans que ses œuvres ne soient mentionnées par les journalistes qui ne  lui demandent aucune interview.
Kdybyste se ho otázali, jak se jmenuje, odpověděl by vám prostince a skromně: „Já jsem ŠŠvejk . . .“
Si vous lui demandiez quel était son nom, il vous répondait avec simplicité enfantine et avec modestie  : « Je suis Chvéïk … »

A tento tichý skromný oššumělý mužž jest opravdu ten starý dobrý voják ŠŠvejk, hrdinný, statečný, který kdysi za Rakouska
byl v ústech vššech občanů Českého království a jehožž sláva
nezapadne ani v republice.
Et cet homme tranquille et sans prétention n’est en effet que le vieux brave soldat Chvéïk,  héroïque, courageux ; homme dont le nom, sous l’Autriche, était dans toutes les bouches des citoyens du royaume de Bohème et dont la célébrité ne se faiblira pas non plus dans notre nouvelle République.

Mám velice rád toho dobrého vojáka sŠvejka, a podávaje jeho osudy za světové války jsem přesvìdčen, žže vy vššichni budete
sympatizovat s tím skromným, nepoznaným hrdinou.
J’aime vraiment beaucoup ce bon soldat Chvéïk, et en vous contant son sort pendant la Grande Guerreje sais que toutes les sympathies seront avec ce modeste héros méconnu. 
On nezapálil chrám bohyně v Efesu, jako to udělal ten hlupák Hérostrates, aby se dostal do novin a šškolních čítanek.
Il n’a pas, lui, avec sa torche, mis le feu au Temple de la Déesse Artémis à Ephèse, comme l’a fait Erostrate, cet idiot, pour entrer dans les journaux et la postérité.

A to stačí.
Et cela suffit.

AUTOR
L’AUTEUR

1923

****

Francouzský Překlad
TRADUCTION Française Jacky Lavauzelle
ARTGITATO

Auguste Quercy : MOUNT-ALBA A BISTO DE NAS

LITTERATURE OCCITANE
CAMROSOS – Carsinolos

MOUNT-ALBA A BISTO DE NAS
par AUGUSTE QUERCY
(1853-1899)

(Ed MOUNT-ALBA
Paul Massoun – Librari Editour – MCMXI)

auguste quercy Artgitato Mount-Alba a bisto de nas

MOUNT-ALBA
à bisto de nas

A tout lou brabe mounde adissias pla, moussus.
– Se me troumpi, escusas, bouldrioi facha digus. –
Me recounessès be ? Soui Jan de Sant-Soumplici,
Ja…an…atchi !…Mercio, e à bostre serbici,
Prèst à bous fa plaser. Soui lou nebout d’Arnaud,
ço qu’abian de pus fièr al tour de Binharnaud.
Sèn sourtits de Requièn ; ma maire es uno Mèrlo,
Cousino de Tres-Pans, filholo de Tintèrlo.
Me recounessès pas ? L’efant de Ramounet !
Aco rai, quand partigui, èri tout pichounet.
Ai pla grandit despéi. N’abioi pas maissant aire.
Lous Pount-Nous, sèn benents. Counessès be moun paire ?
T-t-net, Ramounet, re-t-t-t-t-nou,
Diurio fa, m’es abis, Ramounet de Pount-Nou.
O ! per ma fe, cadun à sa faissou s’agrafo ;
Me bau pas cura ‘n èl s’estroupii l’ortografo :
Uni letro de mai, de trabèrs o de mens !…
Apéi, coumo se dis, lous que soun pas countents,
Lour pagarai sul degt ço que lour podi diure.
N’ai planis counescuts de madurs per escriure,
Aco n’empacho pas que tant pla soun ficuts.
Soui pas cap de flambèu ; mès, ambe mous escuts,
En fasquent rèn-trèn-trèn, la me passi dousseto ;
E s’abioi pas ajut d’argent dins me falseto,
Siousquéssi estat coumoul jusc’as èls d’estrucciu,
Moun saber m’aurio pas balhat d’embucaciu.
Me parlès pas, tenès, de ransi dins l’escolo :
Estourris lou cerbèl amai la dinhèirolo.
Rouinas-bous per un drolle, e, quand lou creirés fort,
N’aurès qu’un tros d’ingrat o’n foutut cap de porc.
Blami pas l’estrucciu, loun boun Diu me n’ presèrbe :
Ne cal. Prou, mès pas trop, ça dis lou reproubèrbe.
Al loc de nous gari d’un defaut, l’endenhan :
Saren, un pople estruit, mès glourious e fenhant.
Praco, s’abioi apres un brigal d’escrituro,
Lou que m’aurio julhat sario estat fi, sang-duro !
Se cauqu’un me marcabo, èri lèu rebirat.
Un cop mal, un cop pla, me n’ soui prou pla tirat.
Mes que mourigue pas e que res la tracasse,
Ambe l’temps, coumo on dis, la garroulho ben casse.
Pastourèl à dets ans, ai trimat, ai patit,
Ai ris amai plourat, ai crescut, ai grandit.
A bendemios que ben ne finirai sèptanto ;
Soui del mes d’ost ; tirèri en dèts e ouèit cent cranto.
Rro ! …quand abioi bint ans ! Un cop, sautèri un riu
Qu’abio be, sans menti, trento e cinc pans de priu,
Mès, priudou à l’espart, n’abio be bint de bouco.
Preni bans ; en sautent, trabuqui à-m-uno souco,
E tout douple pel mèch ! Sans un punhat de bins,
Lou diables s’escanès ! m’i negabi dedins.
Ari, tabé, bounjourn ! n’es qu’un carbot la busco.
O soui pas aclinat, al mens…èm ! i a de rusco !
Aprèp lou cop del mèch, pendent l’esprantina,
Ne faren peta uno abans de nou’ n’ ana.

 

AS FRANCIMANDS par Auguste Quercy

LITTERATURE OCCITANE
CAMROSOS
Carsinolos

AS FRANCIMANDS
par AUGUSTE QUERCY
(1853-1899)
(Ed MOUNT-ALBA
Paul Massoun – Librari Editour – MCMXI)

A Moussu Jordi Leygues

Auguste Quercy As Francimands Artgitato

Moussu, n’ai qu’uno maire,
E quand, dins la lengo qu’endorm,
Lausi lou Carsi boultat d’or,
L’aunour del Grand Pais e l’aunour del Terraire
Pariu fan trefana ma pensado e moun cor.

Ma maire a dous parlas,
Douos lengos sorres, bessounetos.
Lou debenguèt mèstro, e l’autro, cacarlas,
Ambe’s roussinhoulets fargo de cansounetos.

E la maire a douos poupos ;
Mès l’astre-dius es mais audous,
Même lou lach pus aboundous,
Siès la sorre que canto, en fuselent d’estoupos,
Al mitan de prats berds, jous un cèl clar et dous.

O Pats ! gardo l’oustal.
Nostre bèl Mèjourn es tout amo ;
Un amour sant, frairal, lou cramo ;
Lauro supèrboment, e troubas dins soun tal,
Dubert à tout benent, de  gra, de flours, de ramo.

Cresès-ne nostros boucos,
Benès, grands artistes, ournal
Des Arts, de l’Esprit, del Journal,
Benès ! Faren raja lou chuc de nostros soucos,
E bous enraissaren de soulel mèjournal.

Oc, sèn pla del Mèjourn,
Terro de fe, de gauch, d’abounde,
Païs, malgrat Mounfort, indounde,
Afric de libertat ; mès, de nèch e de journ,
Ufrissen tout ço nostre à tout lou brabe mounde.

Noys-austris, sans caimados
E franc, trincarian, capdedis !
A l’ifèr o al paradis.
Per que festarias pas, am sas beutats aimados,
La Sorre del Mèjourn en bèl abroundadis ?

La Franco es un jardi
Poulit aimat de l’auselino,
Que coumo pod s’i abelino.
Despèi quouro, mardiu ! lou cap-rouge cardi
Es tengut de couaca Coumo la gourpalino ?

Nostre parla derengo !
El fach de gracios e d’amour,
Lempent dins l’amo de m’amour,
Rais celestial que met de mèl sus nostro lengo,
Per nous cassa del cor lou pèssoment, l’imour !

Dabans lous ennemics,
Qual t’a bist, raço mèjournalo,
Bira toun esquino à la balo ?
I a pas issam irous ni raujousos fourmics
Mai qu’elo afalcounats, quand la Franco s’amalo.

Ana dins lous traucasses
Ount maulhèroun lou bèrs gourmands ;
Cercas, demès lous Alemands
Mescladis as del Nord e del Païs des Casses :
A que recounestrès l’osso des Francimands ?

Laissas lou bièl garric
Flouri dins sa gigantario !
Sario loungo la litanio
De sous gaissous que bous an pourtat, ric-à-rac,
L’engin subre-mannat de nostro Occitanio.

Que d’estelos guerrièros
Trimfaloment planoun denaut !
Lour propro glorio es lour defaut.
Jansemin, Gambetta, Fermat, Ingres, Falguièros,
Sans gloup de sang, an mes lou noum francès tant naut !

L’anglès es recercat,
A l’alemand dièrboun las portos,
Rebiscoloun de lengos mortos ;
Mesprèsoun lou fruch d’or que rullo sul mercat,
E las bèlos flours d’Oc moroun dins nostros ortos !

O ma lengo adourado,
Noble parauli des arrès,
Quand dabans tu tout se barrès,
Se troubabos enloc abric ni retirado
Dins mon cor afougat auras toutjourn un brès.

Que lous cranto immourtals
Te decrètoun morto, iscarioto !
Soui e restarai patrioto ;
Mès parlarai patouès a mous darriers badals,
E la lengo del brès, soulo, oundrara ma cloto.