Archives par mot-clé : 1918

TRISTIA – POÈME DE OSSIP MANDELSTAM – Русский поэт Осип Эмильевич Мандельштам – 1918

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LITTÉRATURE RUSSE
POÉSIE RUSSE
Русская литература
Русская поэзия
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Poésie de Ossip Mandelstam
Поэзии Осип Мандельштам
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Ossip Emilievitch Mandelstam
О́сип Эми́льевич Мандельшта́м
2/3 janvier 1891 Varsovie – 27 décembre 1938 Vladivostok
2/3 января 1891 Варшава — 27 декабря 1938

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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
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TRISTIA
1918

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Henri Fantin-Latour, Nyx, 1897

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Я изучил науку расставанья
J’ai étudié la science de la séparation
В простоволосых жалобах ночных.
Dans de nocturnes plaintes ébouriffées.
Жуют волы, и длится ожиданье —
Les bœufs mâchouillent et l’attente s’éternise-
Последний час вигилий городских,
C’est la dernière heure du vigile de la ville,
И чту обряд той петушиной ночи,
Et je révère le rite des coqs cette nuit,
Когда, подняв дорожной скорби груз,
Quand, ayant levé le poids du chagrin vagabond,
Глядели вдаль заплаканные очи
Les yeux larmoyants regardent au loin
И женский плач мешался с пеньем муз.
Et que le cri féminin au chant des muses se confond.

*


Кто может знать при слове «расставанье»
Qui peut savoir quand le mot «séparation» est dit
Какая нам разлука предстоит,
Quelle véritable séparation nous attend,
Что нам сулит петушье восклицанье,
Qui peut savoir ce que nous promet le chant du coq,
Когда огонь в акрополе горит,
Quand le feu dévore l’Acropole ?
И на заре какой-то новой жизни,
Et, à l’aube d’une nouvelle vie,
Когда в сенях лениво вол жуёт,
Quand, dans sa stalle, le bœuf paresseux mâchouille,
Зачем петух, глашатай новой жизни,
Pourquoi le coq, annonciateur d’une nouvelle vie,
На городской стене крылами бьёт?
Bat ses ailes sur le mur de la ville ?

*


И я люблю обыкновенье пряжи:
Comme j’aime la coutume monotone du filage :
Снуёт челнок, веретено жужжит.
Le fil y fait la navette et le fuseau bourdonne.
Смотри, навстречу, словно пух лебяжий,
Regardez ! vers nous comme un duvet de cygne
Уже босая Делия летит!
Déjà pieds nus, Délie s’envole !
О, нашей жизни скудная основа,
Oh ! comme notre vie possède de mauvaises fondations,
Куда как беден радости язык!
Son langage se trouve si démuni en évoquant la joie !
Всё было встарь, всё повторится снова,
Tout était là, tout se reproduit, encore et encore,
И сладок нам лишь узнаванья миг.
Et seul le moment de la reconnaissance nous est doux.

*


Да будет так: прозрачная фигурка
Qu’il en soit ainsi : une figure transparente
На чистом блюде глиняном лежит,
Sur un plat d’argile immaculé se trouve là,
Как беличья распластанная шкурка,
Comme la peau de l’écureuil écartelée,
Склонясь над воском, девушка глядит.
Penchée sur la cire, la fille regarde.
Не нам гадать о греческом Эребе,
Ce n’est pas à nous de deviner tel un Érèbe grec,
Для женщин воск, что для мужчины медь.
Pour les femme la cire, pour les hommes le bronze.
Нам только в битвах выпадает жребий,
Les hommes ne connaissent leur sort que dans le combat,
А им дано гадая умереть.
Et les femmes meurent par divination.


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FLORE ET BELLONE Poème de Erik-Axel KARLFELDT – 1918- Flora och Bellona

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Diktsamlingen Fridolins visor och andra dikter
karlfeldt dikter
Dikter av Erik Axel Karlfeldt

Traduction – Texte Bilingue
Erik Axel Karlfeldts dikter
Karlfeldt poet
Poesi
Poésie


LITTERATURE SUEDOISE
POESIE SUEDOISE

Svensk litteratur
svensk poesi –

Traduction Jacky Lavauzelle

Erik Axel Karlfeldt 1864 – 1931

översättning – Traduction

 

 

Flora och Bellona
FLORE ET BELLONE

1918

Nils von Dardel, Begravning i Senlis, Enterrement à Senlis, 1913

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Om själv jag bor i en vårlig dal,
Si je vivais dans une vallée printanière,
så låt mig bjuda dig dit!
alors, laissez-moi vous y inviter !
I susande hymner går Flora
Flore chante ses hymnes
och strör av sin doftande fora,
et disperse ses chants parfumés,
och Psyche vill med i den ljusa koral
et Psyché veut rejoindre la claire chorale
och med i den fladdrande svit.
et entrer dans cette suite aérienne.

*


Om själv jag bor på det kala berg,
Si je vivais sur la montagne nue,
så kom och gästa mig där!
alors, venez me rendre visite !
De höstliga stormarna dåna,
Les tempêtes automnales sont en marche,
på molnvagnen åker Bellona,
sur le nuage chevauche Bellone,
och havet är stort i sin vredes färg,
et la mer est vaste dans la couleur de sa colère,
sitt böljande, djupa begär.
ses désirs gonflés et profonds.

*


Om själv jag går i det friska liv,
Si je déambulais dans une vie saine,
så kom och dela min färd!
alors, venez partager mon voyage !
För mycket jag har som mig bränner,
J’ai trop de choses qui me brûle,
för mycket jag saknar och känner;
trop qui me manque et que je sens ;
så läs i mitt hjärta och tag och giv,
alors lisez dans mon cœur et prenez et donnez,
så länge du finner mig värd.
tant que vous me trouvez digne.

*


Om själv jag gått till den stilla död,
Si je pénétrais dans la suave mort,
så låt mig vänta dig där!
alors, laissez-moi vous y attendre !
Som skimrande skuggor vi glida
Comme des ombres chatoyantes nous glissons
på vindarna sida vid sida
sur les vents côte à côte
och tala en stund om vår jäktan och glöd
et parler de nos désirs pendant un instant
och den heliga svalka som är.
et de la fraîcheur dans laquelle nous sommes.


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Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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Karlfeldt poesi
karlfeldt dikter

 Erik_Axel_KarlfeldtErik_Axel_KarlfeldtErik_Axel_KarlfeldtErik_Axel_KarlfeldtErik_Axel_KarlfeldtErik_Axel_KarlfeldtErik_Axel_KarlfeldtErik_Axel_KarlfeldtErik_Axel_KarlfeldtErik_Axel_KarlfeldtErik_Axel_KarlfeldtErik_Axel_KarlfeldtErik_Axel_KarlfeldtErik_Axel_Karlfeldt

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Pour la fille de Karađorđe – Pour la fille de Karageorges – ALEXANDRE POUCHKINE – Дочери Карагеоргия – 1820

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poemes-de-alexandre-pouchkine-artgitatopushkin-alexander
                                    TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

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Pour la fille de Karađorđe
ou
Pour la fille de Karageorges 
Дочери Карагеоргия
1820

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Stevan Todorović, La bataille de Negotin et la mort de Hajduk Veljko


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Note sur Karageorges et sa dynastie
Georges Pétrovitch 
Đorđe Petrović 
Karađorđe 
Karageorges 
 Viševac -14 septembre 1752- Radovanje 24 juillet 1817
Militaire et homme d’état serbe
Chef de la première révolte serbe contre les Turcs
 (du 14 février 1804 au 7 octobre 1813)
Prélude à l’autonomie de la Serbie
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Fondateur de la dynastie Dynastie Karađorđević
1842 à 1858 Principauté de Serbie
1903 à 1918 : Royaume de Serbie
A partir de 1918 : Yougoslavie

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Note sur le poème

Впервые напечатано в сборнике стихотворений 1826 г. Написано в Кишиневе 5 октября 1820. Семья сербского вождя Карагеоргия (Георгия Черного, см. «Песни Западных славян») жила в Хотине, недалеко от Кишинева.
Publié pour la première fois dans un recueil de poèmes de 1826.
Écrit à Chisinau le 5 octobre 1820.
La famille du chef serbe Karageorgi (voir «Chants des Slaves occidentaux») vivait à Khotin, non loin de Chisinau.


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Гроза луны, свободы воин,
Guerrier de la liberté, foudroyant la lune des Turcs,
Покрытый кровию святой,
Couvert du sang d’un saint,
Чудесный твой отец, преступник и герой,
Voilà ton merveilleux père, criminel et héros
И ужаса людей, и славы был достоин.
Digne tant de l’horreur que de la gloire.
Тебя, младенца, он ласкал
Il t’a caressé petit enfant
На пламенной груди рукой окровавленной;
Sur une poitrine ardente, d’une main ensanglantée ;
Твоей игрушкой был кинжал,
Ton jouet : un poignard,
Братоубийством изощренный…
Par un fratricide sophistiqué …
Как часто, возбудив свирепой мести жар,
Combien de fois, provoquant une fièvre de vengeance féroce,
Он, молча, над твоей невинной колыбелью
Silencieusement, au-dessus de ton innocent berceau,
Убийства нового обдумывал удар
Il ruminait un nouveau coup dur
И лепет твой внимал, и не был чужд веселью!
Et le babillage qu’il entendait n’était pas étranger à son plaisir !
Таков был: сумрачный, ужасный до конца.
Ainsi était-il : sombre et terrible, jusqu’à la fin.
Но ты, прекрасная, ты бурный век отца
Mais toi, ô belle, l’âge orageux de ce père
Смиренной жизнию пред небом искупила:
Avec cette vie humble devant le ciel, tu as racheté :
С могилы грозной к небесам
De la tombe menaçante au paradis
Она, как сладкий фимиам,

Un doux nuage d’encens,
Как чистая любви молитва, восходила.

Comme une prière d’amour pur, s’est exhaussé.

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5 октября 1820
5 octobre 1820


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LES JOURS – POÈME DE ZINAÏDA HIPPIUS – 1918- Поэзия Зинаиды Гиппиус – Дни

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LITTÉRATURE RUSSE
POÉSIE RUSSE
Русская литература
Русская поэзия
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Poésie de Zinaïda Hippius
Поэзия Зинаиды Гиппиус
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Zinaïda Nicolaïevna Hippius
Зинаи́да Никола́евна Ги́ппиус

8 novembre 1869 Beliov Russie – 9 septembre 1945 Paris,
8 ноября 1869 Белёв, Российская империя — 9 сентября 1945 Париж Франция


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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
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LES JOURS
1918
Дни

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Все дни изломаны, как преступлением,
Tous les jours sont brisés, comme par un crime,
Седого Времени заржавел ход.
Temps gris rouille la marche.
И тело сковано оцепенением,
Et le corps se tient dans un vertige
И сердце сдавлено, и кровь — как лед.
Et le cœur est serré et le sang glacé.

*

Но знаю молнии: всё изменяется…
Mais arrive la foudre : tout change …
Во сне пророческом иль наяву?
En rêve, rêve prophétique ou réalité ?
Копье Архангела меня касается
La lance de l’archange me transperce
Ожогом пламенным — и я живу.
D’une brûlure de feu – mais je vis.

*

Пусть на мгновение, — на полмгновения,
Pour un bref instant, un moment,
Одним касанием растоплен лед…
La glace fond avec cette seule touche …
Я верю в счастие освобождения,
Et je crois alors au bonheur de la libération
В Любовь, прощение, в огонь — в полет!
A l’Amour, au pardon, en feu – en vol !


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Ноябрь 1918, С.-Петербург
Novembre 1918 – Saint-Pétersbourg

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NON-SENS – Poème de Marina Tsvétaïeva – 1918 -Мой день беспутен и нелеп

Traduction Jacky Lavauzelle João da Cruz e Sousa
João da Cruz e Sousa Traduction Jacky Lavauzelle

LITTÉRATURE RUSSE
POÉSIE RUSSE
Русская литература

Русская поэзия


TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE


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Marina Tsvétaïeva – photo de Pierre Choumoff ( Пётр Ива́нович Шу́мов )

Marina Ivanovna Tsvetaïeva
Марина Ивановна Цветаева

poétesse russe
русская поэтесса
Moscou 26 septembre 1892 – Ielabouga 31 août 1941
26 сентября 1892, Москва — 31 августа 1941, Елабуга

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NON-SENS
1918
 Мой день беспутен и нелеп 
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Paul Signac, Portrait de Félix Fénéon, Museum of Modern Art,New York

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Мой день беспутен и нелеп:
Ma journée est insensée et ridicule :
У нищего прошу на хлеб,
Je demande à un mendiant du pain,
Богатому даю на бедность,
Aux riches, je donne généreusement

*

В иголку продеваю — луч,
Dans le chas d’une aiguille – un rayon de lumière,
Грабителю вручаю — ключ,
Je donne ma clé – au voleur,
Белилами румяню бледность.
Je maquille de blanc mes joues.

*

Мне нищий хлеба не даёт,
Le mendiant ne me donne pas de pain
Богатый денег не берёт,
Le riche ne prend pas mon argent,
Луч не вдевается в иголку,
Le rayon ne rentre pas dans l’aiguille,

*

Грабитель входит без ключа,
Le voleur entre sans clé,
А дура плачет в три ручья —
L’idiote pleure dans ces trois ruisseaux –
Над днём без славы и без толку.
Au cours de sa journée sans gloire et vaine.

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27 июля 1918
27 juillet 1918

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Poésie de Marina Tsvétaïéva
Поэзия Марины Чветаевой

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Marina Tsvétaïeva en 1924
João da Cruz e Sousa Traduction Jacky Lavauzelle

LA SÉPARATION – Poème de Marina Tsvétaïeva – Марина Ивановна Цветаева – 1918 – Я — есмь. Ты — будешь

Traduction Jacky Lavauzelle João da Cruz e Sousa
João da Cruz e Sousa Traduction Jacky Lavauzelle

LITTÉRATURE RUSSE
POÉSIE RUSSE
Русская литература

Русская поэзия


TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE


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Marina Tsvétaïeva – photo de Pierre Choumoff ( Пётр Ива́нович Шу́мов )

Marina Ivanovna Tsvetaïeva
Марина Ивановна Цветаева

poétesse russe
русская поэтесса
Moscou 26 septembre 1892 – Ielabouga 31 août 1941
26 сентября 1892, Москва — 31 августа 1941, Елабуга

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LA SÉPARATION
1918
Я — есмь. Ты — будешь
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Alexej von Jawlensky, Алексей Георгиевич Явленский, Nature morte avec bouteille, pain et papier peint rouge aux hirondelles,1915, Musée Albertina, Vienne

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Я — есмь. Ты — будешь. Между нами — бездна.
Je suis. Toi – tu seras. Entre nous – l’abîme.
Я пью. Ты жаждешь. Сговориться — тщетно.
Je bois. Tu as soif. S’accepter – en vain.
Нас десять лет, нас сто тысячелетий
Nous avons dix ans, nous avons cent mille ans
Разъединяют. — Бог мостов не строит.
Qui nous séparent- Dieu ne construit pas de ponts.

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Будь! — это заповедь моя. Дай — мимо
Existe !- ceci est mon commandement. Donne-
Пройти, дыханьем не нарушив роста.
Passe, respire sans perturber la croissance.
Я — есмь. Ты будешь. Через десять вёсен
Je suis. Tu seras. Après dix printemps
Ты скажешь: — есмь! — а я скажу: — когда-то…
Tu diras : – Je suis ! – et moi je dirai : – jadis …

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6 июня 1918
6 juin 1918

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Poésie de Marina Tsvétaïéva
Поэзия Марины Чветаевой

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Marina Tsvétaïeva en 1924
João da Cruz e Sousa Traduction Jacky Lavauzelle

LA PAGE BLANCHE ET LA TERRE NOIRE – Poème de Marina Tsvétaïeva -Марина Ивановна Цветаева – 1918 – Я — страница твоему перу

Traduction Jacky Lavauzelle João da Cruz e Sousa
João da Cruz e Sousa Traduction Jacky Lavauzelle

LITTÉRATURE RUSSE
POÉSIE RUSSE
Русская литература

Русская поэзия


TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE


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Marina Tsvétaïeva – photo de Pierre Choumoff ( Пётр Ива́нович Шу́мов )

Marina Ivanovna Tsvetaïeva
Марина Ивановна Цветаева

poétesse russe
русская поэтесса
Moscou 26 septembre 1892 – Ielabouga 31 août 1941
26 сентября 1892, Москва — 31 августа 1941, Елабуга

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LA PAGE BLANCHE ET LA TERRE NOIRE
1918
Я — страница твоему перу
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Mikhaïl Klodt, Михаил Константинович Клодт фон Юргенсбург, Vue le soir sur le village. Gouvernement d’Orlov, 1874

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Я — страница твоему перу.
Je suis la page sous ta plume.
Всё приму. Я белая страница.
Prête à tout accueillir. Je suis une page blanche.
Я — хранитель твоему добру:
Je suis le gardien de ton bien :
Возращу и возвращу сторицей.
Je reviendrai et reviendra au centuple.

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Я — деревня, черная земля.
Je suis un village, une terre noire.
Ты мне — луч и дождевая влага.
Tu es le rayon de soleil et la pluie pour moi.
Ты — Господь и Господин, а я —
Tu es Seigneur et Maître, et je suis
Чернозем — и белая бумага!
Cette riche terre noire* – et ce papier blanc !

***

(* le tchernoziom)

10 июля 1918
10 juillet 1918

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Poésie de Marina Tsvétaïéva
Поэзия Марины Чветаевой

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Marina Tsvétaïeva en 1924
João da Cruz e Sousa Traduction Jacky Lavauzelle

TSAR OU VOLEUR – Poème de Marina Tsvétaïéva Марина Ивановна Цветаева – Каждый стих — дитя любви…

Traduction Jacky Lavauzelle João da Cruz e Sousa
João da Cruz e Sousa Traduction Jacky Lavauzelle

LITTÉRATURE RUSSE
POÉSIE RUSSE
Русская литература

Русская поэзия


TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE


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Marina Tsvétaïeva – photo de Pierre Choumoff ( Пётр Ива́нович Шу́мов )

Marina Ivanovna Tsvetaïeva
Марина Ивановна Цветаева

poétesse russe
русская поэтесса
Moscou 26 septembre 1892 – Ielabouga 31 août 1941
26 сентября 1892, Москва — 31 августа 1941, Елабуга

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TSAR ou VOLEUR
1918
Каждый стих — дитя любви
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Mikhaïl Vroubel, Михаил Александрович Врубель, Le Démon assis,Демон сидящий, 1890, Galerie Tretiakov, Государственная Третьяковская галерея, Moscou

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Каждый стих — дитя любви,
Chaque vers est un enfant d’amour
Нищий незаконнорожденный
Mendiant illégitime
Первенец — у колеи
Premier-né – à l’ornière
На поклон ветрам — положенный.
A la proue des vents – couché.

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Сердцу ад и алтарь,
Au cœur de l’enfer et de l’autel,
Сердцу — рай и позор.
Au cœur : le ciel et la honte.
Кто отец? — Может — царь.
Qui est le père ? – Peut-être – un tsar.
Может — царь, может — вор.
Peut-être tsar, peut-être voleur.

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14 августа 1918
14 août 1918

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Poésie de Marina Tsvétaïéva
Поэзия Марины Чветаевой

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Marina Tsvétaïeva en 1924
João da Cruz e Sousa Traduction Jacky Lavauzelle

BLANC – Sonnet de Fernando de Herrera – Ahora, que cubrió de blanco hielo

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Littérature espagnole
Literatura española
Poésie espagnole
Poesía española
Soneto
Sonnet

FERNANDO DE HERRERA
Séville 1534 – Séville 1597

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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
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BLANC
AHORA, QUE CUBRIO DE BLANCO HIELO

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Kasimir Malevitch, Carré blanc sur fond blanc, White on White, 1918

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Ahora, que cubrió de blanco hielo
Maintenant, la blanche glace couvre
el oro la hermosa aurora mía,
l’or de la belle mine de l’aurore
blanco es el puro sol y blanco el día,
blanc est le pur soleil et blanc est le jour,
y blanco el color lúcido del cielo.
et blanc la couleur lucide du ciel.

Blancas todas tus viras, que recelo,
Blanches toutes tes flèches, que je redoute,
es blanco el arco y rayos de alegría,
blanc est l’arc et les expressions de joie,
Amor, con que me hieres a porfía;
Amour, par lequel tu me blesses ;
blanco tu ardiente fuego y frío hielo.
blanc est ton feu brûlant et blanc ta froide glace.

Mas, ¿qué puedo esperar de esta blancura,
Mais que puis-je espérer de cette blancheur,
pues tiene en blanca nieve el pecho tierno
de cette neige blanche qui recouvre ta tendre poitrine
contra mi fiera llama defendido?
pour éteindre ma sauvage flamme défendue ?

¡Oh, beldad sin amor! ¡Oh, mi ventura!
Ô beauté sans amour ! Ô ma fortune !
Que abrasado en rigor de fuego eterno,
Brûlant dans la rigueur du feu éternel,
muero en un blanco hielo convertido.
je meurs transformé en une dure glace blanche.

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LA POÉSIE DE FERNANDO DE HERRERA – LA POESIA DE FERNANDO DE HERRERA

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LA POÉSIE DE FERNANDO DE HERRERA – LA POESIA DE FERNANDO DE HERRERA

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Littérature espagnole
Literatura española
Poésie espagnole
Poesía española
Soneto
Sonnet

FERNANDO DE HERRERA
Séville 1534 – Séville 1597

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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
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LA POESIA DE FERNANDO DE HERRERA
LA POÉSIE DE FERNANDO DE HERRERA

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LES VAGUES DE LA MER
DEL MAR LAS ONDAS QUEBRANTARSE VIA

William Turner, Le Naufrage du Minotaure, 1810

Del mar las ondas quebrantarse vía
Je voyais les vagues de la mer se briser
en las desnudas peñas, desde el puerto;
 sur les rochers dénudés, depuis le port

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DANS UN PROFOND DÉTROIT
AL MAR DESIERTO EN EL PROFUNDO ESTRECHO

William Turner, Pêcheurs en mer, 1796

Al mar desierto en el profundo estrecho
Vers la mer désertique, dans un profond détroit
entre las duras rocas, con mi nave
entre les sévères rochers, avec mon navire

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BLANC
Ahora, que cubrió de blanco hielo

Kasimir Malevitch, Carré blanc sur fond blanc, White on White, 1918


Ahora, que cubrió de blanco hielo
Maintenant, la blanche glace couvre
el oro la hermosa aurora mía,
l’or de la belle mine de l’aurore

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MA PURE LUMIERE
MI PURA LUZ

Caspar David Friedrich, Lever de lune sur la mer, 1821
Musée de l’Ermitage de Saint-Pétersbourg

Mi pura Luz, si olvida el fértil suelo
Ma pure Lumière, si tu oublies le sol fertile
que Betis enriquece en Occidente,
 que le Guadalquivir enrichit à l’Ouest,

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SOLEIL ROUGE
Rojo sol que con hacha luminosa

(Sonnet – Soneto)

Fernando de Herrera Artgitato Soleil Rouge Rojo Sol que scarlet-sunset-1830 Turner

Rojo sol que con hacha luminosa
Soleil rouge qui, d’une torche flamboyante,
coloras el purpúreo alto cielo,
colore d’une couleur pourpre les hauteurs des cimes,

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AQUI YO VI EL LUCIENTE Y PURO VELO
LE VOILE

Antonio Palomino, Alegoría del aire, Musée du Prado, Madrid

Aquí yo vi el luciente y puro velo
Ici j’ai vu le voile brillant et pur
por los hermosos hombros esparcido,
par de belles épaules dispersé,

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LAS HEBRAS DE ORO PURO
LES BRINS D’OR PUR

Santiago Rusiñol, Le patio bleu

Las hebras de oro puro que la frente
Les brins d’or pur, ton front
cercan en ricas vueltas, do el tirano
les abrite en abondantes volutes, le tyran

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POR ESTRECHO CAMINO
PAR UN CHEMIN ÉTROIT

Albert Bierstadt, Estes Park, Colorado, Whyte’s Lake, 1877

Por estrecho camino, al sol abierto
Par un chemin étroit, offert au soleil,
de espinas y de abrojos mal sembrado,
d’épines et des ronciers parsemé,

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LA FORCE DU DESIR
¿Quién rompe mi reposo?

August Macke, Arbre dans un champ de blé, 1907

¿Quién rompe mi reposo? ¿Quién desata
Qui brise mon repos ? Qui délie
el dulce sueño al corazón cansado?
Le doux rêve de mon cœur fatigué ?

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GUADALQUIVIR
Alegre, fértil, vario, fresco prado

Alegre, fértil, vario, fresco prado,
Joyeuse, fertile, variée, fraîche prairie,
tú monte, y bosque d’ árboles hermoso,
toi, la montagne, toi, la forêt d’arbres jolis

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MA TRISTE MEMOIRE
Si a mi triste memoria en hondo olvido

Francisco de Zurbarán, Saint François en extase,1658, Alte Pinakothek, Munich

Si a mi triste memoria en hondo olvido
Si, dans un oubli profond, ma triste mémoire
desierta sepultase sombra oscura,
avait enterré la déserte ombre noire,

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LE TRAVAIL DE PHIDIAS
un capitán valeroso

(El trabajo de Fidia ingenioso)
(Le travail de l’ingénieux Phidias)

Statue chryséléphantine de Zeus à Olympie
Le Jupiter olympien ou l’art de la sculpture antique, Gravure, Quatremère de Quincy, 1815

El trabajo de Fidia ingenioso,
Le travail de l’ingénieux Phidias,
que a Júpiter Olimpio dio la gloria,
que le Jupiter Olympien a rendu célèbre,

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LÀ OÙ LA BEAUTÉ FLEURIT
Aquí donde florece la belleza

Cupidon, William Adolphe Bouguereau

Aquí donde florece la belleza,
Là où la beauté fleurit,
en cuyo dulce fuego el Amor prueba
dans le feu où l’amour éprouve

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LA CRUAUTÉ DE L’AMOUR
Después que en mí tentaron su crudeza

Joaquín Sorolla
Joaquín Sorolla y Bastida
Académie d’homme, musée des beaux-arts de Valence, Espagne

1887
Academia de los Hombres, Museo de Bellas Artes de Valencia, España

Después que en mí tentaron su crudeza
Après qu’en moi j’ai subi la cruauté
de Amor y vos las flechas y los ojos,
 de l’Amour et ses flèches et ses yeux,

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LA POESIA DE FERNANDO DE HERRERA
LA POÉSIE DE FERNANDO DE HERRERA

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L’AMITIÉ ENTRE CERVANTÈS ET FERNANDO DE HERRERA

Au milieu d’occupations si peu dignes de lui, Cervantès cependant n’avait pas dit aux muses le dernier adieu ; il leur conservait un culte secret, et entretenait soigneusement le feu sacré de son génie. La maison du célèbre peintre Francisco Pacheco, maître et beau-père du grand Velazquez, s’ouvrait alors à tous les genres de mérites ; l’atelier de ce peintre, qui cultivait aussi la poésie, était, au dire de Rodrigo Caro, l’académie ordinaire de tous les beaux-esprits de Séville. Cervantès comptait parmi les plus assidus visiteurs, et son portrait figura dans cette précieuse galerie de plus de cent personnages distingués qu’avait tracés et réunis le pinceau du maître. Il se lia d’amitié, dans cette académie, avec l’illustre poëte lyrique Fernando de Herrera, dont ses compatriotes ont presque laissé périr la mémoire, puisqu’on ne connaît ni la date de sa naissance, ni celle de sa mort, ni aucune particularité de sa vie, et dont les œuvres, ou plutôt celles qui restent, furent trouvées par fragments dans les portefeuilles de ses amis. Cervantès, qui fit un sonnet sur la mort d’Herrera, était également l’ami d’un autre poëte, Juan de Jauregui, l’élégant traducteur de l’Aminta du Tasse, dont la copie, égalant l’original, a le rare privilége d’être aussi comptée parmi les œuvres classiques. Le peintre Pacheco cultivait la poésie ; le poëte Jauregui cultivait la peinture, et fit également le portrait de son ami Cervantès.

Miguel de Cervantes Saavedra
L’Ingénieux Hidalgo Don Quichotte de la Manche
Notice sur la vie et les ouvrages de Cervantès
Traduction par Louis Viardot
J.-J. Dubochet
1836 Tome 1


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