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DANS LES YEUX – POÈMES HEINE GEDICHTE -LE LIVRE DES CHANTS XL – Wie der Mond sich leuchtend dränget

POÈMES HEINE
HEINRICH HEINE GEDICHTE
DIE HEIMKEHR HEINE
LE LIVRE DES CHANTS
LITTERATURE ALLEMANDE

Poèmes Heine Gedichte Buch der Lieder




Christian Johann Heinrich Heine


Deutsch Poesie
 Deutsch Literatur

Heinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich Heine GedichteHeinrich HeineHeinrich Heine

HEINRICH HEINE
1797- 1856

German poet
Poète Allemand
Deutsch Dichter

Poèmes Heine Gedichte Buch der Lieder Oeuvre Poèmes Poésie Gedichte Artgitato

Übersetzung
Traduction Jacky Lavauzelle




Buch der Lieder
Die Heimkehr
XL
LE LIVRE DES CHANTS
LE RETOUR
 
1823-1824

****
HEINRICH HEINE GEDICHTE

Wie der Mond sich leuchtend dränget
****

*****

DANS LES YEUX
***

*****

*

Wie der Mond sich leuchtend dränget
Comme la lune qui brille vivement
Durch den dunkeln Wolkenflor,
À travers cet amas de noirs nuages,
Also taucht aus dunkeln Zeiten
Émerge des sombres temps
Mir ein lichtes Bild hervor.
En moi, une éclatante image.

*

Saßen all auf dem Verdecke,
Sur le pont, assis,
Fuhren stolz hinab den Rhein,
Fièrement sur le Rhin, descendions avec défi
Und die sommergrünen Ufer
Et les rives estivales
Glühn im Abendsonnenschein.
Brillaient dans le soleil vespéral.

*

Sinnend saß ich zu den Füßen
Je me suis assis songeur aux pieds
Einer Dame, schön und hold;
D’une dame belle et douce ;
In ihr liebes, bleiches Antlitz
Dans son visage pâle et aimé
Spielt’ das rothe Sonnengold.
Jouait le doré soleil rouge.

*

Lauten klangen, Buben sangen,
Des bruits forts, les garçons chantaient,
Wunderbare Fröhlichkeit!
Bonheur merveilleux !
Und der Himmel wurde blauer,
Et le ciel devint encore plus bleu,
Und die Seele wurde weit.
Et mon âme s’épanouissait.

*

Mährchenhaft vorüberzogen
Devant nous défilaient
Berg und Burgen, Wald und Au’;
Montagnes et châteaux, prairies et forêts ;
Und das Alles sah ich glänzen
Et tout ce que je voyais si ardent
In dem Aug’ der schönen Frau.
Je le voyais dans les yeux de cette charmante enfant.

**


 

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POÈMES HEINE

HEINRICH HEINE GEDICHTE
*************

UNE HISTOIRE DE SOUFFRANCE

Les Mains & La Beauté musicale de Heine

Mais ce qui m’intéressait plus encore que les discours de Heine, c’était sa personne, car ses pensées m’étaient connues depuis longtemps, tandis que je voyais sa personne pour la première fois et que j’étais à peu près sûr que cette fois serait l’unique. Aussi, tandis qu’il parlait, le regardai-je encore plus que je ne l’écoutai. Une phrase des Reisebilder me resta presque constamment en mémoire pendant cette visite : « Les hommes malades sont véritablement toujours plus distingués que ceux en bonne santé. Car il n’y a que le malade qui soit un homme ; ses membres racontent une histoire de souffrance, ils en sont spiritualisés. » C’est à propos de l’air maladif des Italiens qu’il a écrit cette phrase, et elle s’appliquait exactement au spectacle qu’il offrait lui-même. Je ne sais jusqu’à quel point Heine avait été l’Apollon que Gautier nous a dit qu’il fut alors qu’il se proclamait hellénisant et qu’il poursuivait de ses sarcasmes les pâles sectateurs du nazarénisme : ce qu’il y a de certain, c’est qu’il n’en restait plus rien alors. Cela ne veut pas dire que la maladie l’avait enlaidi, car le visage était encore d’une singulière beauté ; seulement cette beauté était exquise plutôt que souveraine, délicate plutôt que noble, musicale en quelque sorte plutôt que plastique. La terrible névrose avait vengé le nazarénisme outragé en effaçant toute trace de l’hellénisant et en faisant reparaître seuls les traits de la race à laquelle il appartenait et où domina toujours le spiritualisme exclusif contre lequel son éloquente impiété s’était si souvent élevée. Et cet aspect physique était en parfait rapport avec le retour au judaïsme, dont les Aveux d’un poète avaient récemment entretenu le public. D’âme comme de corps, Heine n’était plus qu’un Juif, et, étendu sur son lit de souffrance, il me parut véritablement comme un arrière-cousin de ce Jésus si blasphémé naguère, mais dont il ne songeait plus à renier la parenté. Ce qui était plus remarquable encore que les traits chez Heine, c’étaient les mains, des mains transparentes, lumineuses, d’une élégance ultra-féminine, des mains tout grâce et tout esprit, visiblement faites pour être l’instrument du tact le plus subtil et pour apprécier voluptueusement les sinuosités onduleuses des belles réalités terrestres ; aussi m’expliquèrent-elles la préférence qu’il a souvent avouée pour la sculpture sur la peinture. C’étaient des mains d’une rareté si exceptionnelle qu’il n’y a de merveilles comparables que dans les contes de fées et qu’elles auraient mérité d’être citées comme le pied de Cendrillon, ou l’oreille qu’on peut supposer à cette princesse, d’une ouïe si fine qu’elle entendait l’herbe pousser. Enfin, un dernier caractère plus extraordinaire encore s’il est possible, c’était l’air de jeunesse dont ce moribond était comme enveloppé, malgré ses cinquante-six ans et les ravages de huit années de la plus cruelle maladie. C’est la première fois que j’ai ressenti fortement l’impression qu’une jeunesse impérissable est le privilège des natures dont la poésie est exclusivement l’essence. Depuis, le cours de la vie nous a permis de la vérifier plusieurs fois et nous ne l’avons jamais trouvée menteuse.

Émile Montégut
Esquisses littéraires – Henri Heine
Revue des Deux Mondes
Troisième période
Tome 63
1884

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POÈMES HEINE
HEINRICH HEINE GEDICHTE
DIE HEIMKEHR HEINE

Poèmes Heine Gedichte

JADIS – HEINRICH HEINE GEDICHTE -LE LIVRE DES CHANTS XXXIX – Das Herz ist mir bedrückt, und sehnlich

HEINRICH HEINE POÈMES
HEINRICH HEINE GEDICHTE
DIE HEIMKEHR HEINE
LE LIVRE DES CHANTS
LITTERATURE ALLEMANDE

Heinrich Heine Gedichte Buch der Lieder




Christian Johann Heinrich Heine


Deutsch Poesie
 Deutsch Literatur

Heinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich Heine GedichteHeinrich HeineHeinrich Heine

HEINRICH HEINE
1797- 1856

German poet
Poète Allemand
Deutsch Dichter

Heinrich Heine Gedichte Buch der Lieder Oeuvre Poèmes Poésie Gedichte Artgitato

Übersetzung
Traduction Jacky Lavauzelle




Buch der Lieder
Die Heimkehr
XXXIX
LE LIVRE DES CHANTS
LE RETOUR
 
1823-1824

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HEINRICH HEINE GEDICHTE

Das Herz ist mir bedrückt, und sehnlich
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JADIS
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Das Herz ist mir bedrückt, und sehnlich
Mon cœur est opprimé et pesant
Gedenke ich der alten Zeit;
Car je me souviens de l’ancien temps ;
Die Welt war damals noch so wöhnlich,
Le monde s’organisait paisiblement,
Und ruhig lebten hin die Leut’.
Et les gens vivaient tranquillement.

*

Doch jetzt ist alles wie verschoben,
Mais maintenant, tout est bouleversé,
Das ist ein Drängen! eine Noth!
Quelle misère ! quelle pitié !
Gestorben ist der Herrgott oben,
Le Seigneur est mort en haut,
Und unten ist der Teufel todt.
Et le Diable en bas aussi s’en est allé.

*

Und Alles schaut so grämlich trübe,
Et tout est si sombre partout,
So krausverwirrt und morsch und kalt,
Si confus, froid et pourri,
Und wäre nicht das bischen Liebe,
Et si ce n’était qu’il subsiste un peu d’amour,
So gäb’ es nirgends einen Halt.
Il n’y aurait aucun intérêt à rester ici.

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HEINRICH HEINE POEMES
HEINRICH HEINE GEDICHTE
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UNE HISTOIRE DE SOUFFRANCE

Les Mains & La Beauté musicale de Heine

Mais ce qui m’intéressait plus encore que les discours de Heine, c’était sa personne, car ses pensées m’étaient connues depuis longtemps, tandis que je voyais sa personne pour la première fois et que j’étais à peu près sûr que cette fois serait l’unique. Aussi, tandis qu’il parlait, le regardai-je encore plus que je ne l’écoutai. Une phrase des Reisebilder me resta presque constamment en mémoire pendant cette visite : « Les hommes malades sont véritablement toujours plus distingués que ceux en bonne santé. Car il n’y a que le malade qui soit un homme ; ses membres racontent une histoire de souffrance, ils en sont spiritualisés. » C’est à propos de l’air maladif des Italiens qu’il a écrit cette phrase, et elle s’appliquait exactement au spectacle qu’il offrait lui-même. Je ne sais jusqu’à quel point Heine avait été l’Apollon que Gautier nous a dit qu’il fut alors qu’il se proclamait hellénisant et qu’il poursuivait de ses sarcasmes les pâles sectateurs du nazarénisme : ce qu’il y a de certain, c’est qu’il n’en restait plus rien alors. Cela ne veut pas dire que la maladie l’avait enlaidi, car le visage était encore d’une singulière beauté ; seulement cette beauté était exquise plutôt que souveraine, délicate plutôt que noble, musicale en quelque sorte plutôt que plastique. La terrible névrose avait vengé le nazarénisme outragé en effaçant toute trace de l’hellénisant et en faisant reparaître seuls les traits de la race à laquelle il appartenait et où domina toujours le spiritualisme exclusif contre lequel son éloquente impiété s’était si souvent élevée. Et cet aspect physique était en parfait rapport avec le retour au judaïsme, dont les Aveux d’un poète avaient récemment entretenu le public. D’âme comme de corps, Heine n’était plus qu’un Juif, et, étendu sur son lit de souffrance, il me parut véritablement comme un arrière-cousin de ce Jésus si blasphémé naguère, mais dont il ne songeait plus à renier la parenté. Ce qui était plus remarquable encore que les traits chez Heine, c’étaient les mains, des mains transparentes, lumineuses, d’une élégance ultra-féminine, des mains tout grâce et tout esprit, visiblement faites pour être l’instrument du tact le plus subtil et pour apprécier voluptueusement les sinuosités onduleuses des belles réalités terrestres ; aussi m’expliquèrent-elles la préférence qu’il a souvent avouée pour la sculpture sur la peinture. C’étaient des mains d’une rareté si exceptionnelle qu’il n’y a de merveilles comparables que dans les contes de fées et qu’elles auraient mérité d’être citées comme le pied de Cendrillon, ou l’oreille qu’on peut supposer à cette princesse, d’une ouïe si fine qu’elle entendait l’herbe pousser. Enfin, un dernier caractère plus extraordinaire encore s’il est possible, c’était l’air de jeunesse dont ce moribond était comme enveloppé, malgré ses cinquante-six ans et les ravages de huit années de la plus cruelle maladie. C’est la première fois que j’ai ressenti fortement l’impression qu’une jeunesse impérissable est le privilège des natures dont la poésie est exclusivement l’essence. Depuis, le cours de la vie nous a permis de la vérifier plusieurs fois et nous ne l’avons jamais trouvée menteuse.

Émile Montégut
Esquisses littéraires – Henri Heine
Revue des Deux Mondes
Troisième période
Tome 63
1884

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HEINRICH HEINE POÈMES
HEINRICH HEINE GEDICHTE
DIE HEIMKEHR HEINE

Heinrich Heine Gedichte

NOS JEUX D’ENFANTS – HEINRICH HEINE POÉSIE GEDICHTE -LE LIVRE DES CHANTS XXXVIII – Mein Kind, wir waren Kinder

HEINRICH HEINE POÉSIE
HEINRICH HEINE GEDICHTE
DIE HEIMKEHR HEINE
LE LIVRE DES CHANTS
LITTERATURE ALLEMANDE

Heinrich Heine Poésie Gedichte Buch der Lieder




Christian Johann Heinrich Heine


Deutsch Poesie
 Deutsch Literatur

Heinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich Heine GedichteHeinrich HeineHeinrich Heine

HEINRICH HEINE
1797- 1856

German poet
Poète Allemand
Deutsch Dichter

Heinrich Heine Poésie Gedichte Buch der Lieder Oeuvre Poèmes Poésie Gedichte Artgitato

Übersetzung
Traduction Jacky Lavauzelle




Buch der Lieder
Die Heimkehr
XXXVIII
LE LIVRE DES CHANTS
LE RETOUR
 
1823-1824

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HEINRICH HEINE GEDICHTE

Mein Kind, wir waren Kinder
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NOS JEUX D’ENFANTS
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Mein Kind, wir waren Kinder,
Mon enfant, nous étions
Zwei Kinder, klein und froh;
Deux enfants, petits et joyeux ;
Wir krochen in’s Hühnerhäuschen
Nous entrions dans le poulailler, radieux
Und steckten uns unter das Stroh.
Et sous la paille nous nous dissimulions.

*

Wir krähten wie die Hähne,
Nous imitions le coq,
Und kamen Leute vorbei –
Et quand les gens passaient :
Kikereküh! sie glaubten,
« Cocorico ! » et eux croyaient,
Es wäre Hahnengeschrei.
Que c’était le cri du coq.

*

Die Kisten auf unserem Hofe,
Dans des boîtes dans notre cour,
Die tapezirten wir aus,
Nous y posions des tapis partout,
Und wohnten drin beisammen,
Et nous y logions majestueux,
Und machten ein vornehmes Haus.
Comme s’il s’agissait d’un lieu prestigieux.

*

Des Nachbars alte Katze
Le vieux chat du voisin
Kam öfters zum Besuch;
Venait nous voir souvent ;
Wir machten ihr Bückling’ und Knixe
Nous lui faisions une grande réception
Und Complimente genug.
Et des compliments à profusion.

*

Wir haben nach ihrem Befinden
Nous portions sur son état
Besorglich und freundlich gefragt;
Attention et gentillesse ;
Wir haben seitdem dasselbe
Et nous avions les mêmes délicatesses
Mancher alten Katze gesagt.
Pour de nombreux autres chats.

*

Wir saßen auch oft und sprachen
Nous nous asseyions et parlions souvent
Vernünftig, wie alte Leut’,
Comme de vieilles personnes raisonnées,
Und klagten, wie Alles besser
Et nous regrettions les temps d’avant
Gewesen zu unserer Zeit;
Où tout était si parfait ;

*

Wie Lieb’ und Treu’ und Glauben
Comme l’amour, la foi et la foi avaient
Verschwunden aus der Welt,
Disparu de cette terre,
Und wie so theuer der Kaffee,
Et combien le café était cher,
Und wie so rar das Geld!
Et combien rare l’argent devenait !

*

Vorbei sind die Kinderspiele
Finis sont nos jeux d’enfants
Und Alles rollt vorbei, –
Et tout se dissipe, tout est oublié…
Das Geld und die Welt und die Zeiten,
L’argent et le monde et le temps,
Und Glauben und Lieb’ und Treu’.
La foi, l’amour et la fidélité.


 

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HEINRICH HEINE POÉSIE
HEINRICH HEINE GEDICHTE
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UNE HISTOIRE DE SOUFFRANCE

Les Mains & La Beauté musicale de Heine

Mais ce qui m’intéressait plus encore que les discours de Heine, c’était sa personne, car ses pensées m’étaient connues depuis longtemps, tandis que je voyais sa personne pour la première fois et que j’étais à peu près sûr que cette fois serait l’unique. Aussi, tandis qu’il parlait, le regardai-je encore plus que je ne l’écoutai. Une phrase des Reisebilder me resta presque constamment en mémoire pendant cette visite : « Les hommes malades sont véritablement toujours plus distingués que ceux en bonne santé. Car il n’y a que le malade qui soit un homme ; ses membres racontent une histoire de souffrance, ils en sont spiritualisés. » C’est à propos de l’air maladif des Italiens qu’il a écrit cette phrase, et elle s’appliquait exactement au spectacle qu’il offrait lui-même. Je ne sais jusqu’à quel point Heine avait été l’Apollon que Gautier nous a dit qu’il fut alors qu’il se proclamait hellénisant et qu’il poursuivait de ses sarcasmes les pâles sectateurs du nazarénisme : ce qu’il y a de certain, c’est qu’il n’en restait plus rien alors. Cela ne veut pas dire que la maladie l’avait enlaidi, car le visage était encore d’une singulière beauté ; seulement cette beauté était exquise plutôt que souveraine, délicate plutôt que noble, musicale en quelque sorte plutôt que plastique. La terrible névrose avait vengé le nazarénisme outragé en effaçant toute trace de l’hellénisant et en faisant reparaître seuls les traits de la race à laquelle il appartenait et où domina toujours le spiritualisme exclusif contre lequel son éloquente impiété s’était si souvent élevée. Et cet aspect physique était en parfait rapport avec le retour au judaïsme, dont les Aveux d’un poète avaient récemment entretenu le public. D’âme comme de corps, Heine n’était plus qu’un Juif, et, étendu sur son lit de souffrance, il me parut véritablement comme un arrière-cousin de ce Jésus si blasphémé naguère, mais dont il ne songeait plus à renier la parenté. Ce qui était plus remarquable encore que les traits chez Heine, c’étaient les mains, des mains transparentes, lumineuses, d’une élégance ultra-féminine, des mains tout grâce et tout esprit, visiblement faites pour être l’instrument du tact le plus subtil et pour apprécier voluptueusement les sinuosités onduleuses des belles réalités terrestres ; aussi m’expliquèrent-elles la préférence qu’il a souvent avouée pour la sculpture sur la peinture. C’étaient des mains d’une rareté si exceptionnelle qu’il n’y a de merveilles comparables que dans les contes de fées et qu’elles auraient mérité d’être citées comme le pied de Cendrillon, ou l’oreille qu’on peut supposer à cette princesse, d’une ouïe si fine qu’elle entendait l’herbe pousser. Enfin, un dernier caractère plus extraordinaire encore s’il est possible, c’était l’air de jeunesse dont ce moribond était comme enveloppé, malgré ses cinquante-six ans et les ravages de huit années de la plus cruelle maladie. C’est la première fois que j’ai ressenti fortement l’impression qu’une jeunesse impérissable est le privilège des natures dont la poésie est exclusivement l’essence. Depuis, le cours de la vie nous a permis de la vérifier plusieurs fois et nous ne l’avons jamais trouvée menteuse.

Émile Montégut
Esquisses littéraires – Henri Heine
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Troisième période
Tome 63
1884

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HEINRICH HEINE POÉSIE
HEINRICH HEINE GEDICHTE
DIE HEIMKEHR HEINE

Heinrich Heine Gedichte

LES TROIS ROIS -HEINRICH HEINE POÉSIE -LE LIVRE DES CHANTS XXXVII – Die heil’gen drei Könige aus Morgenland

HEINRICH HEINE POÉSIE
HEINRICH HEINE GEDICHTE
DIE HEIMKEHR HEINE
LE LIVRE DES CHANTS
LITTERATURE ALLEMANDE

Heinrich Heine Poésie Gedichte Buch der Lieder




Christian Johann Heinrich Heine


Deutsch Poesie
 Deutsch Literatur

Heinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich Heine GedichteHeinrich HeineHeinrich Heine

HEINRICH HEINE
1797- 1856

German poet
Poète Allemand
Deutsch Dichter

Heinrich Heine Poésie Gedichte Buch der Lieder Oeuvre Poèmes Poésie Gedichte Artgitato

Übersetzung
Traduction Jacky Lavauzelle




Buch der Lieder
Die Heimkehr
XXXVII
LE LIVRE DES CHANTS
LE RETOUR
 
1823-1824

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HEINRICH HEINE GEDICHTE

Die heil’gen drei Könige aus Morgenland
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LES TROIS ROIS
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Die heil’gen drei Könige aus Morgenland,
Les trois Rois saints de l’est,
Sie frugen in jedem Städtchen:
Demandaient dans chaque ville :
Wo geht der Weg nach Bethlehem,
« Où se trouve la route de Bethléem,
 Ihr lieben Buben und Mädchen?
Chers garçons et filles ?

*

Die Jungen und Alten, sie wußten es nicht,
Ni les jeunes ni les vieux ne savaient,
Die Könige zogen weiter;
Les rois continuèrent à marcher ;
Sie folgten einem goldenen Stern,
Ils suivirent une étoile dorée,
Der leuchtete lieblich und heiter.
Qui charmante et joyeuse brillait.

*

Der Stern blieb stehn über Josehs Haus,
L’étoile se posa au-dessus de la maison de Joseph,
 Da sind sie hineingegangen;
C’est là qu’ils pénétrèrent ;
Das Oechslein brüllte, das Kindlein schrie,
Le veau beugla, l’enfant pleurait,
Die heil’gen drei Könige sangen.
Les trois Rois saints chantèrent.


 

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HEINRICH HEINE POÉSIE
HEINRICH HEINE GEDICHTE
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UNE HISTOIRE DE SOUFFRANCE

Les Mains & La Beauté musicale de Heine

Mais ce qui m’intéressait plus encore que les discours de Heine, c’était sa personne, car ses pensées m’étaient connues depuis longtemps, tandis que je voyais sa personne pour la première fois et que j’étais à peu près sûr que cette fois serait l’unique. Aussi, tandis qu’il parlait, le regardai-je encore plus que je ne l’écoutai. Une phrase des Reisebilder me resta presque constamment en mémoire pendant cette visite : « Les hommes malades sont véritablement toujours plus distingués que ceux en bonne santé. Car il n’y a que le malade qui soit un homme ; ses membres racontent une histoire de souffrance, ils en sont spiritualisés. » C’est à propos de l’air maladif des Italiens qu’il a écrit cette phrase, et elle s’appliquait exactement au spectacle qu’il offrait lui-même. Je ne sais jusqu’à quel point Heine avait été l’Apollon que Gautier nous a dit qu’il fut alors qu’il se proclamait hellénisant et qu’il poursuivait de ses sarcasmes les pâles sectateurs du nazarénisme : ce qu’il y a de certain, c’est qu’il n’en restait plus rien alors. Cela ne veut pas dire que la maladie l’avait enlaidi, car le visage était encore d’une singulière beauté ; seulement cette beauté était exquise plutôt que souveraine, délicate plutôt que noble, musicale en quelque sorte plutôt que plastique. La terrible névrose avait vengé le nazarénisme outragé en effaçant toute trace de l’hellénisant et en faisant reparaître seuls les traits de la race à laquelle il appartenait et où domina toujours le spiritualisme exclusif contre lequel son éloquente impiété s’était si souvent élevée. Et cet aspect physique était en parfait rapport avec le retour au judaïsme, dont les Aveux d’un poète avaient récemment entretenu le public. D’âme comme de corps, Heine n’était plus qu’un Juif, et, étendu sur son lit de souffrance, il me parut véritablement comme un arrière-cousin de ce Jésus si blasphémé naguère, mais dont il ne songeait plus à renier la parenté. Ce qui était plus remarquable encore que les traits chez Heine, c’étaient les mains, des mains transparentes, lumineuses, d’une élégance ultra-féminine, des mains tout grâce et tout esprit, visiblement faites pour être l’instrument du tact le plus subtil et pour apprécier voluptueusement les sinuosités onduleuses des belles réalités terrestres ; aussi m’expliquèrent-elles la préférence qu’il a souvent avouée pour la sculpture sur la peinture. C’étaient des mains d’une rareté si exceptionnelle qu’il n’y a de merveilles comparables que dans les contes de fées et qu’elles auraient mérité d’être citées comme le pied de Cendrillon, ou l’oreille qu’on peut supposer à cette princesse, d’une ouïe si fine qu’elle entendait l’herbe pousser. Enfin, un dernier caractère plus extraordinaire encore s’il est possible, c’était l’air de jeunesse dont ce moribond était comme enveloppé, malgré ses cinquante-six ans et les ravages de huit années de la plus cruelle maladie. C’est la première fois que j’ai ressenti fortement l’impression qu’une jeunesse impérissable est le privilège des natures dont la poésie est exclusivement l’essence. Depuis, le cours de la vie nous a permis de la vérifier plusieurs fois et nous ne l’avons jamais trouvée menteuse.

Émile Montégut
Esquisses littéraires – Henri Heine
Revue des Deux Mondes
Troisième période
Tome 63
1884

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HEINRICH HEINE POÉSIE
HEINRICH HEINE GEDICHTE
DIE HEIMKEHR HEINE

Heinrich Heine Poésie Gedichte

LE GARDIEN SHAKESPEARE SONNET 61 – Is it thy will, thy image should keep open

SONNET de SHAKESPEARE
SHAKESPEARE SONNET
THE SONNETS
THE SONNETS – LES SONNETS

shakespeare sonnet William Shakespeare Sonnets

Illustration du Phénix par Friedrich Justin Bertuch
*

William Shakespeare Sonnets


WILLIAM SHAKESPEARE
[1564 – 1616]

Traduction JACKY LAVAUZELLE

William Shakespeare Sonnet Traduction Jacky Lavauzelle des Sonnets de Shakespeare


**

SONNET 61

The Sonnets SHAKESPEARE
Les Sonnets de SHAKESPEARE
***
Is it thy will, thy image should keep open
****

LE GARDIEN
***

1598 

**

*

Is it thy will, thy image should keep open
Est-ce ta volonté que ton image garde ouvertes
My heavy eyelids to the weary night?
Mes lourdes paupières toute la nuit ?
Dost thou desire my slumbers should be broken,
Souhaites-tu que mon sommeil soit ébranlé
While shadows like to thee do mock my sight?
Avec des ombres semblables à toi se moquant ainsi de ma vision ?

*

Is it thy spirit that thou send’st from thee
Est-ce ton esprit que tu envoies
So far from home into my deeds to pry,
Si loin de toi pour épier mes actes,
To find out shames and idle hours in me,
Pour trouver des heures honteuses et oisives,
The scope and tenure of thy jealousy?
Dans le cadre et le mandat de ta jalousie ?

*


*

O, no! thy love, though much, is not so great:
Ô, non ! Quelque soit ton amour, il n’est pas assez grand :
It is my love that keeps mine eye awake:
C’est mon amour qui garde mes yeux éveillés ;
Mine own true love that doth my rest defeat,
C’est mon propre amour véritable qui me détruit,

*

To play the watchman ever for thy sake:
Jouant au gardien à ton intention :
For thee watch I, whilst thou dost wake elsewhere,
Pour toi je veille, tandis que tu vis ailleurs,
From me far off, with others all too near.
Si loin de moi, et pour tant d’autres si proche.

*


 

*****************

SHAKESPEARE SONNETS
SONNET LXI

LES SONNETS DE SHAKESPEARE SONNETS

shakespeare sonnet

LA BATAILLE DE TARIFA LES LUSIADES CHANT III 113 – Eis as lanças e espadas retiniam

*
LES LUSIADES CHANT 3Os Lusiadas Traduction Jacky Lavauzelle Les Lusiades de Luis de Camoes Os Lusiadas Les Lusiades
OS LUSIADAS III-113 LES LUSIADES III-113
LITTERATURE PORTUGAISE

Os Lusiadas Traduction Jacky Lavauzelle Les Lusiades de Luis de Camoes




Os Lusiadas Traduction Jacky Lavauzelle Les Lusiades de Luis de Camoes

literatura português

Luis de Camões
[1525-1580]

Tradução – Traduction
texto bilingue




Luis de Camoes Les Lusiades

 

Obra Poética

(1556)

LES LUSIADES III-113




OS LUSIADAS III-113
A Epopeia Portuguesa

 

CHANT III
Canto Terceiro

Traduction Jacky Lavauzelle

verso 113
Strophe 113

III-113

Camoes Canto III

Vasco de Gama

Vasco da Gama signature almirante.svg

 

******




Luís de Camões Os Lusiadas
OS LUSIADAS III-113
LES LUSIADES III-113
OS LUSIADAS CANTO III

******

« Eis as lanças e espadas retiniam
« Voici que les lances et les épées se heurtent
Por cima dos arneses: bravo estrago!
Au-dessus des harnais : dégâts magistraux !
Chamam (segundo as leis que ali seguiam)
Ils appellent (selon les lois qu’ils suivent)
Uns Mafamede, e os outros Santiago.
Certains Mahomet, et Saint-Jacques pour d’autres.
Os feridos com grita o Céu feriam,
Les cris des blessés dans les Cieux se fracassent,
Fazendo de seu sangue bruto lago,
Faisant de leur sang un terrible lac,
Onde outros meios mortos se afogavam,
Où ceux qui ne sont pas encore morts se noient,
Quando do ferro as vidas escapavam.
Lorsque le fer a épargné la vie.

****

LES LUSIADES CHANT 3

***
ALPHONSE XI DE CASTILLE
(13 août 1311 Salamanque – 26 mars 1350 Gibraltar)
Le Justicier – El Justiciero

Os Lusiadas Canto III Camoes Canto IIIAlphonse XI de Castille
Alfonso XI
Peinture de Francisco Cerdá de Villarestan
Musée du Prado  – Madrid

****

Camoes Canto IIIMarie-Constance de Portugal
Femme d’Alphonse XI de Castille (1328)
Fille d’Alphonse IV du Portugal et de Béatrice de Castille
(1313 – 1357)
Alphonse XI préférait sa maîtresse Leonor de Guzmán à Marie-Constance (celle-ci assassina Leonor à la mort d’Alphonse XI)

*******

Alphonse IV Le Brave
( Lisbonne – )
Roi de Portugal et de l’Algarve par la grâce de dieu

Alphonse IV
Alfonso IV
Peinture du XVIIIe siècle

********************

LES LUSIADES CHANT 3

*
Précisions historiques
et
Retour sur les versets précédents


Sonnet 1 à Sonnet 94 : la naissance du Portugal – Règnes d’Alphonse I, Sanche I, Alponse II et Sanche II. Le sonnet 94 évoque la passation de pouvoir de Sanche II à Alphonse III en 1247, un an avant la mort de Sanche II.
Sonnet 94 : nous partons pour les 32 années de règne d’Alphonse III qui nous conduirons jusqu’en 1279, date du nouveau règne de Denis Ier.
Sonnet 95 : Camoes évoque les prises guerrières d’Alphonse III en Algarve sur les Maures.
Sonnet 96 : le règne de Denis Ier-  Second fils d’Alphonse III. Son règne s’étalera de 1279 à sa mort, le 7 janvier 1325. Il nomme déjà son successeur Alphonse IV Le Brave qui règnera 32 ans de 1325 à 1357. Denis Ier va pacifier son pays – Poète et troubadour, il laissera de nombreux cantigas : cantigas de amor, cantigas de amigo, cantigas de escarnio y maldecir.
Sonnet 97 : création de l’Université de Coimbra sur les bords du Mondego -A Leiria, Denis Ier signera le Scientiae thesaurus mirabilis. L’université de Coimbra est créée en 1290.
Sonnet 98 : Denis Ier reconstruit et renforce son pays. Atropos, une des trois Moires, coupe son fil de vie en 1325. (les 3 Moires : Clotho, celle qui tisse le fil de la vie, Lachésis, celle qui déroule et qui répare le fil et la dernière Atropos, celle qui coupe). Voici venu le règne d’Alphonse IV.

Les Moires
Francisco de Goya
1820-1823
Musée du Prado – Madrid

Sonnet 99 : la traditionnelle opposition entre les Castillans et les Lusitaniens. Mais celle-ci n’empêche pas la solidarité et l’entraide, notamment lors de l’invasion Mauritanienne en terre Castillane.
Sonnet 100 : Les troupes d’invasion sont énormes. Camoes évoque la reine légendaire de Babylone, Sémiramis, celle qui créa Babylone et ses fameux jardins suspendus. L’Hydapse décrit est l’actuel Jhelum (Inde & Pakistan). Les Sarrasins se rassemblent dans le Tartèse (Andalousie).
Sonnet 101 : Alphonse XI de Castille est dépassé par l’armée imposante de l’ennemi sarrasin. Il envoie Marie-Constance, sa femme, pour avoir le soutien d’Alphonse IV du Portugal, qui n’est autre que sa propre fille (que celui-ci a eu avec Béatrice de Castille). Ce n’était pas tout à fait « a caríssima consorte » d’Alphonse XI puisqu’il lui préférait sa maîtresse, Leonor de Guzmán.
Sonnet 102 : Arrivée de la belle Marie-Constance en sanglots devant son père Alphonse IV.
Sonnet 103 : Un rassemblement gigantesque d’armées venues d’Afrique sont derrière le grand Roi du Maroc.
Sonnets 104 & 105 : La supplique de Marie-Constance à son père Alphonse IV. S’il ne vient pas à l’aide d’Alphonse XI de Castille, Marie aura tout perdu.
Sonnet 106 : Camoes compare la demande de Marie à celle de Vénus pour Énée devant Jupiter.
Sonnet 107 : Alphonse IV accepte et regroupe ses forces dans les plaines d’Évora.
Sonnet 108 : Alphonse IV à la tête des troupes lusitaniennes pénètre en Castille avec sa fille Marie-Constance.
Sonnet 109 : 1340 La bataille de Tarifa (Province de Cadix) ou bataille du Salado (30 octobre 1340) se prépare entre les deux Alphonse (IV du Portugal et XI de Castille) face aux armées menées par Abu al-Hasan ben Uthman et Yusuf Ier de Grenade.
Sonnet 110 : Camoes évoque les troupes agaréenne (des descendants d’Agar). Agar, servante d’Abraham donne naissance à Ismaël considéré comme Prophète par les musulmans (Cf. la Sourate Ibrahim). Camoes fait un rapprochement audacieux et fallacieux entre les termes Sarrasins et Sarah. On retrouve couramment cette méprise, par exemple chez  Isidore de Séville (VIe et VIIe siècle, Étymologies, IX,2,57.
Sonnet 111 : Comparaison avec David et Goliath. La foi supérieure à la force.
Sonnet 112 : Avec l’aide de Dieu, les Castillans et les Portugais sont prêts à affronter les armées du Roi du Maroc (Abu al-Hasan ben Uthman) et du Souverain de Grenade (Yusuf Ier de Grenade).
Sonnet 113 : Au cœur du combat. 30 octobre 1340, bataille de Tarifa.

Jacky Lavauzelle
Camoes Les Lusiades

LES LUSIADES CHANT 3

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Les Lusiades Chant 3

Vasco de Gama par Gregorio Lopes

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Luís Vaz de Camões Os Lusiadas Les Lusiades
OS LUSIADAS III-113 CAMOES LUSIADES III-113
Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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Les Lusiades Chant 3 Camoes Canto III

 OS LUSIADAS III
LA BATAILLE DE TARIFA
LUIS DE CAMOES LES LUSIADES

Camoes Canto III

LA MAIN CRUELLE DU TEMPS – William Shakespeare Sonnets – 60 – LX – Like as the waves make towards the pebbled shore

SONNET de SHAKESPEARE
SHAKESPEARE SONNETS
THE SONNETS
THE SONNETS – LES SONNETS

William Shakespeare Sonnets

Illustration du Phénix par Friedrich Justin Bertuch
*

William Shakespeare Sonnets


WILLIAM SHAKESPEARE
[1564 – 1616]

Traduction JACKY LAVAUZELLE

William Shakespeare Sonnets Traduction Jacky Lavauzelle des Sonnets de Shakespeare


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SONNET 60

The Sonnets SHAKESPEARE
Les Sonnets de SHAKESPEARE
***
Like as the waves make towards the pebbled shore
****

LA MAIN CRUELLE DU TEMPS
***

1598 

**

*

Like as the waves make towards the pebbled shore,
Comme les vagues avancent sur les galets,
So do our minutes hasten to their end;
Nos minutes se hâtent vers leur terme ;
Each changing place with that which goes before,
Chacune succède à celle qui la précède,
In sequent toil all forwards do contend.
Et toutes se suivent dans ce pénible labeur.

*

Nativity, once in the main of light,
La nativité, une fois en pleine lumière,
Crawls to maturity, wherewith being crown’d,
S’achemine jusqu’à la maturité, où elle se voit couronnée ;
Crooked eclipses ‘gainst his glory fight,
Les éclipses malignes s’opposent à sa gloire,
And Time that gave doth now his gift confound.
Et le temps dévore les dons qu’il avait offerts.

*


*

Time doth transfix the flourish set on youth
Le temps pétrifie la floraison de la jeunesse,
And delves the parallels in beauty’s brow,
Creuse des lignes sur le front de la beauté,
Feeds on the rarities of nature’s truth,
Et se nourrit des merveilles de la nature.

*

And nothing stands but for his scythe to mow:
Rien ne reste que sa faux ne puisse couper :
And yet to times in hope, my verse shall stand.
Et pourtant dans le temps mes versets eux subsisteront.
Praising thy worth, despite his cruel hand.

Louant ta valeur, malgré sa main cruelle.

*


 

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SHAKESPEARE SONNETS
SONNET LX

LES SONNETS DE SHAKESPEARE SONNETS

William Shakespeare Sonnets 60

NE TE MOQUE PAS DU DIABLE – HEINRICH HEINE GEDICHTE -LE LIVRE DES CHANTS XXXVI – Mensch, verspotte nicht den Teufel

HEINRICH HEINE POÈMES
HEINRICH HEINE GEDICHTE
DIE HEIMKEHR HEINE
LE LIVRE DES CHANTS
LITTERATURE ALLEMANDE

Heinrich Heine Gedichte Buch der Lieder




Christian Johann Heinrich Heine


 

Mensch, verspotte nicht den Teufel,
Homme, ne te moque pas du diable,
Kurz ist ja die Lebensbahn,
Bref est le cours de la vie,
Und die ewige Verdammniß
Et la damnation éternelle
Ist kein bloßer Pöbelwahn.
N’est pas une simple illusion.

*

Mensch, bezahle deine Schulden,
Homme, paie tes dettes,
Lang ist ja die Lebensbahn,
Long est la ligne de vie,
Und du mußt noch manchmal borgen,
Et tu devras emprunter encore,
Wie du es so oft gethan.
Comme souvent tu le fis.


 

 

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HEINRICH HEINE POEMES
HEINRICH HEINE GEDICHTE
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UNE HISTOIRE DE SOUFFRANCE

Les Mains & La Beauté musicale de Heine

Mais ce qui m’intéressait plus encore que les discours de Heine, c’était sa personne, car ses pensées m’étaient connues depuis longtemps, tandis que je voyais sa personne pour la première fois et que j’étais à peu près sûr que cette fois serait l’unique. Aussi, tandis qu’il parlait, le regardai-je encore plus que je ne l’écoutai. Une phrase des Reisebilder me resta presque constamment en mémoire pendant cette visite : « Les hommes malades sont véritablement toujours plus distingués que ceux en bonne santé. Car il n’y a que le malade qui soit un homme ; ses membres racontent une histoire de souffrance, ils en sont spiritualisés. » C’est à propos de l’air maladif des Italiens qu’il a écrit cette phrase, et elle s’appliquait exactement au spectacle qu’il offrait lui-même. Je ne sais jusqu’à quel point Heine avait été l’Apollon que Gautier nous a dit qu’il fut alors qu’il se proclamait hellénisant et qu’il poursuivait de ses sarcasmes les pâles sectateurs du nazarénisme : ce qu’il y a de certain, c’est qu’il n’en restait plus rien alors. Cela ne veut pas dire que la maladie l’avait enlaidi, car le visage était encore d’une singulière beauté ; seulement cette beauté était exquise plutôt que souveraine, délicate plutôt que noble, musicale en quelque sorte plutôt que plastique. La terrible névrose avait vengé le nazarénisme outragé en effaçant toute trace de l’hellénisant et en faisant reparaître seuls les traits de la race à laquelle il appartenait et où domina toujours le spiritualisme exclusif contre lequel son éloquente impiété s’était si souvent élevée. Et cet aspect physique était en parfait rapport avec le retour au judaïsme, dont les Aveux d’un poète avaient récemment entretenu le public. D’âme comme de corps, Heine n’était plus qu’un Juif, et, étendu sur son lit de souffrance, il me parut véritablement comme un arrière-cousin de ce Jésus si blasphémé naguère, mais dont il ne songeait plus à renier la parenté. Ce qui était plus remarquable encore que les traits chez Heine, c’étaient les mains, des mains transparentes, lumineuses, d’une élégance ultra-féminine, des mains tout grâce et tout esprit, visiblement faites pour être l’instrument du tact le plus subtil et pour apprécier voluptueusement les sinuosités onduleuses des belles réalités terrestres ; aussi m’expliquèrent-elles la préférence qu’il a souvent avouée pour la sculpture sur la peinture. C’étaient des mains d’une rareté si exceptionnelle qu’il n’y a de merveilles comparables que dans les contes de fées et qu’elles auraient mérité d’être citées comme le pied de Cendrillon, ou l’oreille qu’on peut supposer à cette princesse, d’une ouïe si fine qu’elle entendait l’herbe pousser. Enfin, un dernier caractère plus extraordinaire encore s’il est possible, c’était l’air de jeunesse dont ce moribond était comme enveloppé, malgré ses cinquante-six ans et les ravages de huit années de la plus cruelle maladie. C’est la première fois que j’ai ressenti fortement l’impression qu’une jeunesse impérissable est le privilège des natures dont la poésie est exclusivement l’essence. Depuis, le cours de la vie nous a permis de la vérifier plusieurs fois et nous ne l’avons jamais trouvée menteuse.

Émile Montégut
Esquisses littéraires – Henri Heine
Revue des Deux Mondes
Troisième période
Tome 63
1884

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HEINRICH HEINE POÈMES
HEINRICH HEINE GEDICHTE
DIE HEIMKEHR HEINE

Heinrich Heine Gedichte

AVEC L’AIDE DE DIEU – OS LUSIADAS CAMOES CANTO III-112 LES LUSIADES – Desta arte o Mouro pérfido despreza

*
OS LUSIADAS CAMOES CANTO IIIOs Lusiadas Traduction Jacky Lavauzelle Les Lusiades de Luis de Camoes Os Lusiadas Les Lusiades
OS LUSIADAS III-112 LES LUSIADES III-112
LITTERATURE PORTUGAISE

Os Lusiadas Traduction Jacky Lavauzelle Les Lusiades de Luis de Camoes




Os Lusiadas Traduction Jacky Lavauzelle Les Lusiades de Luis de Camoes

literatura português

Luis de Camões
[1525-1580]

Tradução – Traduction
texto bilingue




Luis de Camoes Les Lusiades

 

Obra Poética

(1556)

LES LUSIADES III-112




OS LUSIADAS III-112
A Epopeia Portuguesa

 

CHANT III
Canto Terceiro

Traduction Jacky Lavauzelle

verso 112
Strophe 112

III-112

Camoes Canto III

Vasco de Gama

Vasco da Gama signature almirante.svg

 

******




Luís de Camões Os Lusiadas
OS LUSIADAS III-112
LES LUSIADES III-112
OS LUSIADAS CANTO III

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« Desta arte o Mouro pérfido despreza
« De cette façon, le perfide Maure méprise
O poder dos Cristãos, e não entende
Le pouvoir des Chrétiens, sans savoir qu’ils sont sous l’emprise
Que está ajudado da Alta Fortaleza,
Salvatrice d’une Haute Forteresse,
A quem o inferno horrífico se rende.
Où le terrible enfer lui-même perd toute hardiesse.
Co ela o Castelhano, e com destreza
Avec celle-ci, le Castillan avec dextérité
De Marrocos o Rei comete e ofende.
A affronter le Roi du Maroc se trouve fin prêt.
O Português, que tudo estima em nada,
Le Portugais, ne craignant aucune algarade,
Se faz temer ao Reino de Granada.
Se fait craindre du Royaume de Grenade.  

 

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OS LUSIADAS CANTO III

***
ALPHONSE XI DE CASTILLE
(13 août 1311 Salamanque – 26 mars 1350 Gibraltar)
Le Justicier – El Justiciero

Os Lusiadas Canto III Camoes Canto IIIAlphonse XI de Castille
Alfonso XI
Peinture de Francisco Cerdá de Villarestan
Musée du Prado  – Madrid

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Camoes Canto IIIMarie-Constance de Portugal
Femme d’Alphonse XI de Castille (1328)
Fille d’Alphonse IV du Portugal et de Béatrice de Castille
(1313 – 1357)
Alphonse XI préférait sa maîtresse Leonor de Guzmán à Marie-Constance (celle-ci assassina Leonor à la mort d’Alphonse XI)

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Alphonse IV Le Brave
( Lisbonne – )
Roi de Portugal et de l’Algarve par la grâce de dieu

Alphonse IV
Alfonso IV
Peinture du XVIIIe siècle

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OS LUSIADAS III

*
Précisions historiques
et
Retour sur les versets précédents


Sonnet 1 à Sonnet 94 : la naissance du Portugal – Règnes d’Alphonse I, Sanche I, Alponse II et Sanche II. Le sonnet 94 évoque la passation de pouvoir de Sanche II à Alphonse III en 1247, un an avant la mort de Sanche II.
Sonnet 94 : nous partons pour les 32 années de règne d’Alphonse III qui nous conduirons jusqu’en 1279, date du nouveau règne de Denis Ier.
Sonnet 95 : Camoes évoque les prises guerrières d’Alphonse III en Algarve sur les Maures.
Sonnet 96 : le règne de Denis Ier-  Second fils d’Alphonse III. Son règne s’étalera de 1279 à sa mort, le 7 janvier 1325. Il nomme déjà son successeur Alphonse IV Le Brave qui règnera 32 ans de 1325 à 1357. Denis Ier va pacifier son pays – Poète et troubadour, il laissera de nombreux cantigas : cantigas de amor, cantigas de amigo, cantigas de escarnio y maldecir.
Sonnet 97 : création de l’Université de Coimbra sur les bords du Mondego -A Leiria, Denis Ier signera le Scientiae thesaurus mirabilis. L’université de Coimbra est créée en 1290.
Sonnet 98 : Denis Ier reconstruit et renforce son pays. Atropos, une des trois Moires, coupe son fil de vie en 1325. (les 3 Moires : Clotho, celle qui tisse le fil de la vie, Lachésis, celle qui déroule et qui répare le fil et la dernière Atropos, celle qui coupe). Voici venu le règne d’Alphonse IV.

Les Moires
Francisco de Goya
1820-1823
Musée du Prado – Madrid

Sonnet 99 : la traditionnelle opposition entre les Castillans et les Lusitaniens. Mais celle-ci n’empêche pas la solidarité et l’entraide, notamment lors de l’invasion Mauritanienne en terre Castillane.
Sonnet 100 : Les troupes d’invasion sont énormes. Camoes évoque la reine légendaire de Babylone, Sémiramis, celle qui créa Babylone et ses fameux jardins suspendus. L’Hydapse décrit est l’actuel Jhelum (Inde & Pakistan). Les Sarrasins se rassemblent dans le Tartèse (Andalousie).
Sonnet 101 : Alphonse XI de Castille est dépassé par l’armée imposante de l’ennemi sarrasin. Il envoie Marie-Constance, sa femme, pour avoir le soutien d’Alphonse IV du Portugal, qui n’est autre que sa propre fille (que celui-ci a eu avec Béatrice de Castille). Ce n’était pas tout à fait « a caríssima consorte » d’Alphonse XI puisqu’il lui préférait sa maîtresse, Leonor de Guzmán.
Sonnet 102 : Arrivée de la belle Marie-Constance en sanglots devant son père Alphonse IV.
Sonnet 103 : Un rassemblement gigantesque d’armées venues d’Afrique sont derrière le grand Roi du Maroc.
Sonnets 104 & 105 : La supplique de Marie-Constance à son père Alphonse IV. S’il ne vient pas à l’aide d’Alphonse XI de Castille, Marie aura tout perdu.
Sonnet 106 : Camoes compare la demande de Marie à celle de Vénus pour Énée devant Jupiter.
Sonnet 107 : Alphonse IV accepte et regroupe ses forces dans les plaines d’Évora.
Sonnet 108 : Alphonse IV à la tête des troupes lusitaniennes pénètre en Castille avec sa fille Marie-Constance.
Sonnet 109 : 1340 La bataille de Tarifa (Province de Cadix) ou bataille du Salado (30 octobre 1340) se prépare entre les deux Alphonse (IV du Portugal et XI de Castille) face aux armées menées par Abu al-Hasan ben Uthman et Yusuf Ier de Grenade.
Sonnet 110 : Camoes évoque les troupes agaréenne (des descendants d’Agar). Agar, servante d’Abraham donne naissance à Ismaël considéré comme Prophète par les musulmans (Cf. la Sourate Ibrahim). Camoes fait un rapprochement audacieux et fallacieux entre les termes Sarrasins et Sarah. On retrouve couramment cette méprise, par exemple chez  Isidore de Séville (VIe et VIIe siècle, Étymologies, IX,2,57.
Sonnet 111 : Comparaison avec David et Goliath. La foi supérieure à la force.
Sonnet 112 : Avec l’aide de Dieu, les Castillans et les Portugais sont prêts à affronter les armées du Roi du Maroc (Abu al-Hasan ben Uthman) et du Souverain de Grenade (Yusuf Ier de Grenade).

Jacky Lavauzelle
Camoes Les Lusiades

OS LUSIADAS CANTO III

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Vasco de Gama par Gregorio Lopes

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Luís Vaz de Camões Os Lusiadas Les Lusiades
OS LUSIADAS III-112 CAMOES LUSIADES III-112
Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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Camoes Canto III

 OS LUSIADAS III
LA BATAILLE DE TARIFA
LUIS DE CAMOES LES LUSIADES

Camoes Canto III

LA VILLE ENCHANTÉE DE CUENCA – LORCA SONNETS DE L’AMOUR OBSCUR – EL POETA PREGUNTA A SU AMOR POR LA CIUDAD ENCANTADA DE CUENCA

***
FREDERICO GARCIA LORCA SONNETS DE L’AMOUR OBSCUR

lorca sonnets de l'amour obscur

Frederico Garcia Lorca sonnets de l'amour obscur

sonetos del amor oscuro

*******

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

Federico García Lorca

1898 – 1936

Sonetos del amor oscuro
Sonnets de l’amour obscur



Poèmes de Federico García Lorca
Poesía
*****
EL POETA PREGUNTA A SU AMOR
POR LA CIUDAD ENCANTADA DE CUENCA
LA VILLE ENCHANTÉE DE CUENCA
****

¿Te gustó la ciudad que gota a gota
As-tu aimé la ville que, goutte à goutte,
labró el agua en el centro de los pinos?
Traverse l’eau au centre des pins ?
¿Viste sueños y rostros y caminos
As-tu vu des rêves, des visages et des chemins
y muros de dolor que el aire azota?
Et les murs de la douleur que l’air fouette ?

*

¿Viste la grieta azul de luna rota
As-tu vu la fissure bleue de la lune brisée
que el Júcar moja de cristal y trinos?
Que le Júcar mouille de cristal et de sons ?
¿Han besado tus dedos los espinos
Les épines ont-elles embrassé tes doigts
que coronan de amor piedra remota?
Que couronnent de vieux rochers d’amour ?

[Júcar – Fleuve dans la région de Valence]

*

Te acordaste de mí cuando subías
T’es-tu rappelé de moi quand tu montais
al silencio que sufre la serpiente,
Au silence que souffre le serpent,
prisionera de grillos y de umbrías?
Prisonnier des grillons et des ombres ?

*

*

¿No viste por el aire transparente
N’as-tu pas vu à travers l’air transparent
una dalia de penas y alegrías
Un dahlia de douleurs et de joies
que te mandó mi corazón caliente?
Qui t’envoyait mon cœur ardent ?

***

Federico García Lorca Sonetos del amor oscuro
Sonnet de l’amour obscur

lorca sonnets de l'amour obscur