Archives par mot-clé : Arkhip Kouïndji

L’INCONSCIENT – POEME DE ANTERO DE QUENTAL – O INCONSCIENTE

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Symbole-Artgitato-6.jpg.

*

traduction Jacky Lavauzelle
LITTERATURE PORTUGAISE
literatura português

Os Lusiadas Traduction Jacky Lavauzelle Les Lusiades de Luis de Camoes

Antero de Quental

18 avril 1842 – Ponta Delgada (Les Açores)-  11 septembre 1891 Ponta Delgada
 18 de abril de 1842 – Ponta Delgada, 11 de setembro de 1891

______________________________________ 

Traduction Jacky Lavauzelle

 _______________________________________

L’INCONSCIENT
O INCONSCIENTE
_______________________________________

Arkhip Kouïndji, Архип Іванович Куїнджі,Архип Иванович Куинджи, La Cathédrale Saint-Isaac,1869

*********

O Espectro familiar que anda comigo,
Le Spectre familier qui m’accompagne,
Sem que pudesse ainda ver-lhe o rosto,
Sans que je puisse voir son visage,
Que umas vezes encaro com desgosto
Parfois, je le considère avec répulsion
E outras muitas ansioso espreito e sigo.
Et souvent, impatient, je le guette et je le suis.

*

É um espectro mudo, grave, antigo,
C’est un spectre silencieux, grave et ancien,
Que parece a conversas mal disposto…
Qui semble fuir les conversations …
Ante esse vulto, ascético e composto
Devant cette figure, ascétique et réservée
Mil vezes abro a boca… e nada digo.
Mille fois j’ouvre la bouche … mais je reste muet.

*


Só uma vez ousei interrogá-lo:
Une seule fois j’ai osé le questionner :
Quem és (lhe perguntei com grande abalo)
Qui es-tu (ai-je demandé avec effroi),
Fantasma a quem odeio e a quem amo?
Fantôme que je déteste et que j’aime ?

*

Teus irmãos (respondeu) os vãos humanos,
Tes frères (répondit-il), les vains humains,
Chamam-me Deus, ha mais de dez mil anos…
M’appellent Dieu, depuis plus de dix mille ans …
Mas eu por mim não sei como me chamo…
Mais moi-même, je ne sais quel est mon nom …


**************

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Symbole-Artgitato-6.jpg.

LE CONVERTI – POEME DE ANTERO DE QUENTAL – O CONVERTIDO

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Symbole-Artgitato-6.jpg.

*

traduction Jacky Lavauzelle
LITTERATURE PORTUGAISE
literatura português

Os Lusiadas Traduction Jacky Lavauzelle Les Lusiades de Luis de Camoes

Antero de Quental

18 avril 1842 – Ponta Delgada (Les Açores)-  11 septembre 1891 Ponta Delgada
 18 de abril de 1842 – Ponta Delgada, 11 de setembro de 1891

______________________________________ 

Traduction Jacky Lavauzelle

 _______________________________________

LE CONVERTI
O CONVERTIDO
_______________________________________

Arkhip Kouïndji, Архип Куинджи, Reflets de soleil sur givre,1876-1890

****************

Entre os filhos dum século maldito
Parmi les enfants d’un siècle maudit
Tomei também lugar na ímpia mesa,
J’ai aussi pris place à la table des impies,
Onde, sob o folgar, geme a tristeza
Où, sous le plaisir, la tristesse gémit
Duma ânsia impotente de infinito.
D’un désir impuissant d’infini.

*


Como os outros, cuspi no altar avito
Comme les autres, j’ai craché sur l’autel
Um rir feito de fel e de impureza…
Un rire de fiel et d’impureté …
Mas um dia abalou-se-me a firmeza,
Mais un jour ma rudesse m’a ébranlé,
Deu-me um rebate o coração contrito!
Le cœur contrit m’a lancé une alarme !

*


Erma, cheia de tédio e de quebranto,
Aride, pleine d’ennui et brisée,
Rompendo os diques ao represo pranto,
Rompant les digues à ses larmes retenues,
Virou-se para Deus minha alma triste!
Ma triste âme s’est tournée vers Dieu !

*


Amortalhei na Fé o pensamento,
J’ai enveloppé ma pensée dans la Foi,
E achei a paz na inércia e esquecimento…
Et j’ai trouvé la paix dans l’inertie et l’oubli …
Só me falta saber se Deus existe!
J’ai juste besoin de savoir si Dieu existe !


**************

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Symbole-Artgitato-6.jpg.

LA POÉSIE DE VIATCHESLAV IVANOV – Поэзия Вячеслава Иванова

Sergueï Svetoslavski,  Сергей Иванович Светославский , Vue de la fenêtre de l’Académie des Beaux-Arts de Moscou, 1878

*

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est salamandre-1024x536.jpg.

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Symbole-Artgitato.jpg.

__________________________________
LITTÉRATURE RUSSE
POÉSIE RUSSE
Русская литература
Русская поэзия
___________________________________
___________________________________


___________________________________

VIATCHESLAV IVANOV
Вячеслав Иванович Иванов

16 février 1866 Moscou – 16 juillet 1949 Rome
16 февраля 1866 г. Москва – 16 июля 1949 г. Рим

__________________________________
TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
__________________________________

_______________________________________________

Poésie de Viatcheslav Ivanov

Поэзия Вячеслава Иванова

_________________________________________________

*

1890

L’ESPRIT RUSSE
Русский ум

Своеначальный, жадный ум, —
L’esprit russe puissant et avide,
Как пламень, русский ум опасен
Dangereux comme une flamme

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Aivasovsky_Ivan_Constantinovich_caucasus_from_sea_1899_IBI.jpg.
Ivan Aïvazovski, Иван Айвазовский, Chaîne du Caucase vue de la mer,Кавказская цепь с моря, 1894

1891

VAGABONDS ET STATUES
Странник и Статуи

« Дети Красоты невинной!
« Enfants à l’innocente beauté !
В снежной Скифии, у нас,
Dans la Scythie enneigée, avec nous,

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Scythian_comb.jpg.
Peigne gréco-scythe en or
Kourgane de Soloha
IVe siècle avant J.-C.
Musée de l’Ermitage

**

Панацея
PANACÉE

Кто — скорбит по езуите,
Qui pleurent un Ésus ,
Кто — зовет в страну царей:
Qui appellent le pays des rois :

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Panacée-707x1024.jpg.
Taranis avec roue et foudre
Musée d’Archéologie nationale
Saint-Germain en Laye

1901

Любовь
AMOUR

Мы — два грозой зажженные ствола,
Nous sommes deux troncs éclairés par l’orage,
Два пламени полуночного бора;
Au cœur de la forêt, deux flammes de minuit ;

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est 1920px-Bonaparte_ante_la_Esfinge_por_Jean-Léon_Gérôme-1024x553.jpg.

1902

L’ESPRIT
Дух

Над бездной ночи Дух, горя,
L’Esprit, au-dessus de l’abîme misérable de la nuit,
Миры водил Любви кормилом;
Sur les mondes laisse conduire l’Amour ;

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Costume_of_Cleopatra_for_Ida_Rubinstain-815x1024.jpg.

1906

LA PÊCHE
Улов

Обнищало листье златое.
Dorée se trouvait la feuille mendiante et appauvrie.
Просквозило в сенях осенних
A travers la canopée d’automne

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est La-Pêche-1024x750.jpg.
Arkhip Kouïndji, Архип Куинджи, Coucher de soleil rouge, Красный закат ou Красный закат на Днепре, 1908

1909

APOLLON
APOLLINI

Когда вспоит ваш корень гробовой
Quand ta racine s’est nourrie
Ключами слез Любовь, и мрак суровый,
De lourdes larmes d’Amour et de sombres ténèbres,

Apollon et Daphné, Piero Pollaiuolo, 1470, 1480, National Gallery, Londre
L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Ivanov-3.jpg.
Вячеслав Иванов с Лидией Зиновьевой-Аннибал. Фото из Римского архива Вяч. Иванова
Ivanov avec Lydia Zinovieva-Annibal
Photo de l’archive romaine Vyach. Ivanova
L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Symbole-Artgitato.jpg.

LA PÊCHE- Poème de Viatcheslav Ivanov – 1906 – Поэзия Вячеслава Иванова – Улов

Arkhip Kouïndji, Архип Куинджи, Coucher de soleil rouge, Красный закат ou Красный закат на Днепре, 1908

*

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est salamandre-1024x536.jpg.

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Symbole-Artgitato.jpg.

__________________________________
LITTÉRATURE RUSSE
POÉSIE RUSSE
Русская литература
Русская поэзия
___________________________________
___________________________________

Poésie de Viatcheslav Ivanov
Поэзия Вячеслава Иванова


___________________________________

VIATCHESLAV IVANOV
Вячеслав Иванович Иванов

16 février 1866 Moscou – 16 juillet 1949 Rome
16 февраля 1866 г. Москва – 16 июля 1949 г. Рим

__________________________________
TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
__________________________________

_______________________________________________

LA PÊCHE
1906
Улов

_________________________________________________

*


****************


Обнищало листье златое.
Dorée se trouvait la feuille mendiante et appauvrie.
Просквозило в сенях осенних
A travers la canopée d’automne
Ясной синью тихое небо.
Brillait le calme ciel bleu.
Стала тонкоствольная роща
Le mince bosquet devenait les colonnes
Иссеченной церковью из камня;
D’une église en pierre efflanquée ;
Дым повис меж белыми столпами;
De la fumée s’échappait de ses blancs piliers ;
Над дверьми сквозных узорочий
Au-dessus de la porte pendaient
Завесы — что рыбарей Господних
Les filets des pêcheurs du Seigneur
Неводы, раздранные ловом,–
Arrachés et déchirés par la pêche, –
Что твои священные лохмотья
Comme tes haillons sacrés
У преддверий белого храма,
À l’entrée du temple blanc,
Золотая, нищая песня!
Ô Pauvre chanson dorée !




**************************

1906
Cor Ardens

Вячеслав Иванов с Лидией Зиновьевой-Аннибал. Фото из Римского архива Вяч. Иванова
Ivanov avec Lydia Zinovieva-Annibal
Photo de l’archive romaine Vyach. Ivanova
L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est salamandre-1024x536.jpg.
L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Symbole-Artgitato.jpg.

_________________________________________________

*

CURIEUX Poème de POUCHKINE de 1814 – Любопытный

**

Alexandre Pouchkine
Александр Сергеевич Пушкин
1799-1837

русский поэт- Poète Russe
русская литература
Littérature Russe
poemes-de-alexandre-pouchkine-artgitatopushkin-alexander
TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

Любопытный
1814
Curieux






*******

Arkhip Kouïndji, Архип Иванович Куинджи, Clair de lune sur le Dniepr,1880




LA POESIE D’ALEXANDRE POUCHKINE – поэзия Александра Пушкина



— Что ж нового? «Ей-богу, ничего».
  – Quoi de neuf ? « Par Dieu, rien. »
— Эй, не хитри: ты верно что-то знаешь.
  « Hé, quoi ! tu sais que quelque chose ! »
Не стыдно ли, от друга своего,
  N’est-ce pas dommage mon ami ?
  Как от врага, ты вечно все скрываешь.
Comme un ennemi, tu me caches toujours tout.
Иль ты сердит: помилуй, брат, за что?
  Ou alors tu es en colère : aie pitié, mon frère, pourquoi ?
Не будь упрям: скажи ты мне хоть слово…
  Ne sois pas si têtu : dis-moi au moins un mot …
«Ох! отвяжись, я знаю только то,
  “Oh! sors, je sais seulement
  Что ты дурак, да это уж не ново».
Que tu es un imbécile, mais ce n’est pas nouveau. « 

*********

1814



AU CLAIR DE LUNE – Poème de Marina Tsvétaïeva – Марина Ивановна Цветаева- 1916 – Соперница, а я к тебе приду

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est salamandre-1024x536.jpg.
L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Symbole-Artgitato.jpg.

LITTÉRATURE RUSSE
POÉSIE RUSSE
Русская литература

Русская поэзия


TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE


L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Par-Pierre-Choumoff.jpg.
Marina Tsvétaïeva – photo de Pierre Choumoff ( Пётр Ива́нович Шу́мов )

Marina Ivanovna Tsvetaïeva
Марина Ивановна Цветаева

poétesse russe
русская поэтесса
Moscou 26 septembre 1892 – Ielabouga 31 août 1941
26 сентября 1892, Москва — 31 августа 1941, Елабуга

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est 1911-Photo-de-Maximilian-Voloshin-801x1024.jpeg.

     ____________________________________________

AU CLAIR DE LUNE
1916
Соперница, а я к тебе приду
____________________________________________

Arkhip Kouïndji, Архип Иванович Куинджи,
Clair de lune sur le Dniepr, Місячна ніч на Дніпрі, 1880

*******************

Соперница, а я к тебе приду
Rivale, je viendrai à toi
Когда-нибудь, такою ночью лунной,
Un jour, par une nuit au clair de lune,
Когда лягушки воют на пруду
Quand les grenouilles font vibrer l’étang
И женщины от жалости безумны.
Et quand les femmes sont folles de pitié.

*

И, умиляясь на биенье век
Et, touchée par le battement des paupières
И на ревнивые твои ресницы,
Et jalouse de tes longs cils,
Скажу тебе, что я — не человек,
Je te dirai que je ne suis personne,
А только сон, который только снится.
Seulement un rêve qui ne fait que rêver.

*

И я скажу: — Утешь меня, утешь,
Et je dirai : – Réconforte-moi, réconforte-moi,
Мне кто-то в сердце забивает гвозди!
Quelqu’un m’enfonce des clous dans le cœur !
И я скажу тебе, что ветер — свеж,
Et je te dirai que le vent est frais,
Что горячи — над головою — звёзды…
Et que sont brûlantes – au-dessus de ma tête – les étoiles …

*****

8 сентября 1916
8 septembre 1916

*******************

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Signature-2.png.
L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est En-1924.jpg.
Marina Tsvétaïeva – Marina Tsvetaeva – en 1924

__________________________________________
Poésie de Marina Tsvétaïéva
Поэзия Марины Чветаевой

__________________________________________

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Symbole-Artgitato.jpg.

LE PLUS IMPORTANT DES MOTS – Poème de Marina Tsvétaïeva – Марина Ивановна Цветаева- 1912 – Он приблизился, крылатый

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est salamandre-1024x536.jpg.
L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Symbole-Artgitato.jpg.

LITTÉRATURE RUSSE
POÉSIE RUSSE
Русская литература

Русская поэзия


TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE


L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Par-Pierre-Choumoff.jpg.
Marina Tsvétaïeva – photo de Pierre Choumoff ( Пётр Ива́нович Шу́мов )

Marina Ivanovna Tsvetaïeva
Марина Ивановна Цветаева

poétesse russe
русская поэтесса
Moscou 26 septembre 1892 – Ielabouga 31 août 1941
26 сентября 1892, Москва — 31 августа 1941, Елабуга

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est 1911-Photo-de-Maximilian-Voloshin-801x1024.jpeg.

 ____________________________________________

LE PLUS IMPORTANT DES MOTS
1912
Он приблизился, крылатый 
____________________________________________

Arkhip Kouïndji, Архип Іванович Куїнджі, Coucher de soleil rouge,Красный закат, 1905, 1908

**********************

Он приблизился, крылатый,
Il s’est approché, ailé,
И сомкнулись веки над сияньем глаз.
Et a fermé tes paupières sur l’éclat de tes yeux.
Пламенная — умерла ты
Ardents – tu es mort
В самый тусклый час.
Aux heures les plus sombres.

*

Что искупит в этом мире
Qui rachètera donc dans ce monde
Эти две последних, медленных слезы?
Ces deux dernières larmes fugitives ?
Он задумался. — Четыре
Pensa-t-il – quatre
Выбили часы.
Heures sonnèrent à l’horloge.

*

Незамеченный он вышел,
Furtivement, il sortit,
Слово унося важнейшее из слов.
Emportant le plus important des mots.
Но его никто не слышал —
Mais personne n’entendit –
Твой предсмертный зов!
Ce dernier appel !

*

Затерялся в море гула
Dans le fracas de la mer s’est perdu
Крик, тебе с душою разорвавший грудь.
Un cri, déchirant et ton cœur et ton âme.
Розовая, ты тонула
Rose, tu te noies
В утреннюю муть…
Au petit matin…

*********

Москва, 1912
Moscou, 1912

**********************

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Signature-2.png.
L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est En-1924.jpg.
Marina Tsvétaïeva – Marina Tsvetaeva – en 1924

__________________________________________
Poésie de Marina Tsvétaïéva
Поэзия Марины Чветаевой

__________________________________________

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Symbole-Artgitato.jpg.

LA FENÊTRE — Poème de Marina Tsvétaïeva – Марина Ивановна Цветаева- 1916 – Вот опять окно

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est salamandre-1024x536.jpg.
L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Symbole-Artgitato.jpg.

LITTÉRATURE RUSSE
POÉSIE RUSSE
Русская литература

Русская поэзия


TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE


L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Par-Pierre-Choumoff.jpg.
Marina Tsvétaïeva – photo de Pierre Choumoff ( Пётр Ива́нович Шу́мов )

Marina Ivanovna Tsvetaïeva
Марина Ивановна Цветаева

poétesse russe
русская поэтесса
Moscou 26 septembre 1892 – Ielabouga 31 août 1941
26 сентября 1892, Москва — 31 августа 1941, Елабуга

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est 1911-Photo-de-Maximilian-Voloshin-801x1024.jpeg.

     ____________________________________________

LA FENÊTRE
1916
Вот опять окно
____________________________________________

Arkhip Kouïndji, Архип Іванович Куїнджі, Soir en Ukraine, Вечір на Україні 1878, Musée Russe, Saint-Pétersbourg

**************

Вот опять окно,
Voici une fenêtre, encore
Где опять не спят.
Où personne ne dort.
Может — пьют вино,
Peut-être y boit-on du vin,
Может — так сидят.
Peut-être y est-on juste assis.
Или просто — рук
Ou simplement – des mains
Не разнимут двое.
S’enlacent tendrement.
В каждом доме, друг,
Dans chaque maison, ami,
Есть окно такое.
Il y a une fenêtre comme ça.

*

Крик разлук и встреч —
Des cris et des réunions –
Ты, окно в ночи́!
Toi, la fenêtre dans la nuit !
Может — сотни свеч,
Peut-être des centaines de bougies
Может — три свечи…
Peut-être trois bougies …
Нет и нет уму
Non et pas d’esprit
Моему — покоя.
Ma paix.
И в моём дому
Et chez moi
Завелось такое.
C’était ainsi.

*

Помолись, дружок, за бессонный дом,
Priez, mon ami, pour une maison sans sommeil,
За окно с огнём!
A la fenêtre près du feu !

****************

23 декабря 1916
23 décembre 1916

**************

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Signature-2.png.
L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est En-1924.jpg.
Marina Tsvétaïeva – Marina Tsvetaeva – en 1924

__________________________________________
Poésie de Marina Tsvétaïéva
Поэзия Марины Чветаевой

__________________________________________

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Symbole-Artgitato.jpg.

Aus alten Mährchen HEINE INTERMEZZO LYRIQUE XLIV

INTERMEZZO LYRIQUE
Heinrich Heine
Aus alten Mährchen
DES CONTES ANCIENS

INTERMEZZO LYRIQUE HEINE
LITTERATURE ALLEMANDE
intermezzo-lyrique-heine-artgitato-lyrisches-intermezzo-heine-willem-van-aelst-bloemenstilleven-met-horloge



Christian Johann Heinrich Heine
Aus alten Mährchen
DES CONTES ANCIENS




Deutsch Poesie
 Deutsch Literatur

Heinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich Heine

HEINRICH HEINE
1797- 1856

German poet
Poète Allemand
Deutsch Dichter

Heinrich Heine Oeuvre Poèmes Poésie Gedichte Artgitato

Übersetzung – Traduction
Jacky Lavauzelle




INTERMEZZO LYRIQUE HEINE
XLIV

Aus alten Mährchen

 

 

Lyrisches Intermezzo
XLIV
DES CONTES ANCIENS

1823

INTERMEZZO LYRIQUE
Aus alten Mährchen
Heinrich Heine

*

aus-alten-mahrchen-heine-artgitato-arc-en-ciel-arkhip-kouindji-1900-1905 Arc en ciel Arkhip Kouïndji 1900 1905

*

XLIV

Aus alten Mährchen winkt es
Des contes anciens, me fait signe
  Hervor mit weißer Hand,
Une blanche main,
Da singt es und da klingt es
ça chante et ça sonne
Von einem Zauberland’:
D’une terre enchantée :

*

Wo bunte Blumen blühen
Où fleurissent des fleurs colorées
Im goldnen Abendlicht’,
Dans un crépuscule doré,
Und lieblich duftend glühen,
Une douce incandescence parfumée,
Mit bräutlichem Gesicht;
Avec le visage des fiancées ;

*

Und grüne Bäume singen
Et les arbres verts chantent
Uralte Melodein,
Des mélodies primitives,
Die Lüfte heimlich klingen,
Les brises sonnent discrètement,
Und Vögel schmettern drein;
Et les oiseaux gazouillent de concert ;

*

Und Nebelbilder steigen
Et des écrans de brouillards s’élèvent
Wohl aus der Erd’ hervor,
Harmonieusement de la terre,
Und tanzen luft’gen Reigen,
Et dansent une ronde aérienne,
Im wunderlichen Chor;
En chœur capricieux ;

*

Und blaue Funken brennen
Et les étincelles bleues brûlent
An jedem Blatt und Reis,
A chaque feuille à chaque rameau,
Und rothe Lichter rennen
Et des lumières rouges s’échappent
 Im irren, wirren Kreis;
Dans un cercle chaotique débridé ;

*

Und laute Quellen brechen
Et se brisent les sources tonitruantes
Aus wildem Marmorstein,
Aux pierres de marbre sauvages,
Und seltsam in den Bächen
Et étrangement dans les cours d’eau
 Stralt fort der Wiederschein.
Scintille la réflexion.

*

Ach! könnt’ ich dorthin kommen,
Ah ! si je pouvais y arriver,
Und dort mein Herz erfreu’n,
Comme mon cœur, là-bas, se réjouirait
Und aller Qual entnommen,
Privé de tous soucis,
Und frey und selig seyn!
Je serais libre et béni !

*

Ach! jenes Land der Wonne,
Ah ! cette terre dé félicité,
Das seh’ ich oft im Traum,
Je la vois souvent dans mes rêves,
Doch kommt die Morgensonne
Mais dès le soleil du matin
   Zerfließt’s wie eitel Schaum.
Elle part en fumée.

*******

XLIV
Aus alten Mährchen
HEINRICH HEINE
INTERMEZZO LYRIQUE

********

*********
LA POESIE DE HEINRICH HEINE

A ce point de vue, Heine est traité en privilégié. Les Allemands peuvent bien maudire le pamphlétaire, ils savent par cœur les vers du poète. Éditeurs, biographes, critiques d’outre-Rhin lui ont consacré d’importans travaux. Chez nous, seul entre les poètes allemands, il bénéficie de ce privilège d’avoir un public. Je ne nie pas que nous n’ayons pour quelques autres, et pour Goethe par exemple, un juste respect. Nous admirons Gœthe, nous ne l’aimons pas. Au contraire, l’auteur de l’Intermezzo est pour quelques Français de France un de ces écrivains qui sont tout près du cœur. Cela tient à plusieurs raisons parmi lesquelles il en est d’extérieures. Heine a vécu pendant de longues années parmi nous ; il parlait notre langue, quoique avec un fort accent ; il l’écrivait, quoique d’une façon très incorrecte ; il nous a loués, quoique avec bien de l’impertinence ; il a été mêlé à notre société ; il a été en rapports avec nos écrivains, nos artistes et même nos hommes politiques. Nous nous sommes habitués à le considérer comme un des nôtres, et sa plaisanterie, fortement tudesque, passe encore pour avoir été une des formes authentiques de l’esprit parisien. Notre sympathie pour Heine se fonde d’ailleurs sur des motifs plus valables. Il a quelques-unes des qualités qui nous sont chères : son style est clair ; ses compositions sont courtes. Nous aimons ces lieds dont quelques-uns durent le temps d’un soupir, l’espace d’un sanglot. Leur pur éclat nous semble celui de la goutte de rosée que le soleil taille en diamant, ou d’une larme qui brille dans un sourire. C’est par eux que le meilleur de la sentimentalité allemande est parvenu jusqu’à nous. Ou, pour parler plus exactement, la poésie de Heine représente une nuance particulière de sensibilité, qu’il a créée et que nous avons accueillie. Aussi doit-elle avoir sa place dans une histoire de la poésie lyrique en France. De même qu’il y a une « critique allemande » de l’œuvre de Heine, il convient qu’il y en ait parallèlement une « critique française ».

René Doumic
Revue littéraire
La poésie de Henri Heine d’après un livre récent
Revue des Deux Mondes
4e période
tome 140
1897
pp. 457-468

***************************

INTERMEZZO LYRIQUE
XLIV
Aus alten Mährchen
HEINRICH HEINE