Archives par mot-clé : Arkhip Kouïndji

LA POÉSIE DE VIATCHESLAV IVANOV – Поэзия Вячеслава Иванова

Sergueï Svetoslavski,  Сергей Иванович Светославский , Vue de la fenêtre de l’Académie des Beaux-Arts de Moscou, 1878

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LITTÉRATURE RUSSE
POÉSIE RUSSE
Русская литература
Русская поэзия
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VIATCHESLAV IVANOV
Вячеслав Иванович Иванов

16 février 1866 Moscou – 16 juillet 1949 Rome
16 февраля 1866 г. Москва – 16 июля 1949 г. Рим

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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
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Poésie de Viatcheslav Ivanov

Поэзия Вячеслава Иванова

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1890

L’ESPRIT RUSSE
Русский ум

Своеначальный, жадный ум, —
L’esprit russe puissant et avide,
Как пламень, русский ум опасен
Dangereux comme une flamme

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Ivan Aïvazovski, Иван Айвазовский, Chaîne du Caucase vue de la mer,Кавказская цепь с моря, 1894

1891

VAGABONDS ET STATUES
Странник и Статуи

« Дети Красоты невинной!
« Enfants à l’innocente beauté !
В снежной Скифии, у нас,
Dans la Scythie enneigée, avec nous,

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Peigne gréco-scythe en or
Kourgane de Soloha
IVe siècle avant J.-C.
Musée de l’Ermitage

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Панацея
PANACÉE

Кто — скорбит по езуите,
Qui pleurent un Ésus ,
Кто — зовет в страну царей:
Qui appellent le pays des rois :

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Taranis avec roue et foudre
Musée d’Archéologie nationale
Saint-Germain en Laye

1901

Любовь
AMOUR

Мы — два грозой зажженные ствола,
Nous sommes deux troncs éclairés par l’orage,
Два пламени полуночного бора;
Au cœur de la forêt, deux flammes de minuit ;

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1902

L’ESPRIT
Дух

Над бездной ночи Дух, горя,
L’Esprit, au-dessus de l’abîme misérable de la nuit,
Миры водил Любви кормилом;
Sur les mondes laisse conduire l’Amour ;

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1906

LA PÊCHE
Улов

Обнищало листье златое.
Dorée se trouvait la feuille mendiante et appauvrie.
Просквозило в сенях осенних
A travers la canopée d’automne

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Arkhip Kouïndji, Архип Куинджи, Coucher de soleil rouge, Красный закат ou Красный закат на Днепре, 1908

1909

APOLLON
APOLLINI

Когда вспоит ваш корень гробовой
Quand ta racine s’est nourrie
Ключами слез Любовь, и мрак суровый,
De lourdes larmes d’Amour et de sombres ténèbres,

Apollon et Daphné, Piero Pollaiuolo, 1470, 1480, National Gallery, Londre
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Вячеслав Иванов с Лидией Зиновьевой-Аннибал. Фото из Римского архива Вяч. Иванова
Ivanov avec Lydia Zinovieva-Annibal
Photo de l’archive romaine Vyach. Ivanova
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LA PÊCHE- Poème de Viatcheslav Ivanov – 1906 – Поэзия Вячеслава Иванова – Улов

Arkhip Kouïndji, Архип Куинджи, Coucher de soleil rouge, Красный закат ou Красный закат на Днепре, 1908

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LITTÉRATURE RUSSE
POÉSIE RUSSE
Русская литература
Русская поэзия
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Poésie de Viatcheslav Ivanov
Поэзия Вячеслава Иванова


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VIATCHESLAV IVANOV
Вячеслав Иванович Иванов

16 février 1866 Moscou – 16 juillet 1949 Rome
16 февраля 1866 г. Москва – 16 июля 1949 г. Рим

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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
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LA PÊCHE
1906
Улов

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Обнищало листье златое.
Dorée se trouvait la feuille mendiante et appauvrie.
Просквозило в сенях осенних
A travers la canopée d’automne
Ясной синью тихое небо.
Brillait le calme ciel bleu.
Стала тонкоствольная роща
Le mince bosquet devenait les colonnes
Иссеченной церковью из камня;
D’une église en pierre efflanquée ;
Дым повис меж белыми столпами;
De la fumée s’échappait de ses blancs piliers ;
Над дверьми сквозных узорочий
Au-dessus de la porte pendaient
Завесы — что рыбарей Господних
Les filets des pêcheurs du Seigneur
Неводы, раздранные ловом,–
Arrachés et déchirés par la pêche, –
Что твои священные лохмотья
Comme tes haillons sacrés
У преддверий белого храма,
À l’entrée du temple blanc,
Золотая, нищая песня!
Ô Pauvre chanson dorée !




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1906
Cor Ardens

Вячеслав Иванов с Лидией Зиновьевой-Аннибал. Фото из Римского архива Вяч. Иванова
Ivanov avec Lydia Zinovieva-Annibal
Photo de l’archive romaine Vyach. Ivanova
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CURIEUX Poème de POUCHKINE de 1814 – Любопытный

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Alexandre Pouchkine
Александр Сергеевич Пушкин
1799-1837

русский поэт- Poète Russe
русская литература
Littérature Russe
poemes-de-alexandre-pouchkine-artgitatopushkin-alexander
TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

Любопытный
1814
Curieux






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Arkhip Kouïndji, Архип Иванович Куинджи, Clair de lune sur le Dniepr,1880




LA POESIE D’ALEXANDRE POUCHKINE – поэзия Александра Пушкина



— Что ж нового? «Ей-богу, ничего».
  – Quoi de neuf ? « Par Dieu, rien. »
— Эй, не хитри: ты верно что-то знаешь.
  « Hé, quoi ! tu sais que quelque chose ! »
Не стыдно ли, от друга своего,
  N’est-ce pas dommage mon ami ?
  Как от врага, ты вечно все скрываешь.
Comme un ennemi, tu me caches toujours tout.
Иль ты сердит: помилуй, брат, за что?
  Ou alors tu es en colère : aie pitié, mon frère, pourquoi ?
Не будь упрям: скажи ты мне хоть слово…
  Ne sois pas si têtu : dis-moi au moins un mot …
«Ох! отвяжись, я знаю только то,
  “Oh! sors, je sais seulement
  Что ты дурак, да это уж не ново».
Que tu es un imbécile, mais ce n’est pas nouveau. « 

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1814



AU CLAIR DE LUNE – Poème de Marina Tsvétaïeva – Марина Ивановна Цветаева- 1916 – Соперница, а я к тебе приду

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LITTÉRATURE RUSSE
POÉSIE RUSSE
Русская литература

Русская поэзия


TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE


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Marina Tsvétaïeva – photo de Pierre Choumoff ( Пётр Ива́нович Шу́мов )

Marina Ivanovna Tsvetaïeva
Марина Ивановна Цветаева

poétesse russe
русская поэтесса
Moscou 26 septembre 1892 – Ielabouga 31 août 1941
26 сентября 1892, Москва — 31 августа 1941, Елабуга

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AU CLAIR DE LUNE
1916
Соперница, а я к тебе приду
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Arkhip Kouïndji, Архип Иванович Куинджи,
Clair de lune sur le Dniepr, Місячна ніч на Дніпрі, 1880

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Соперница, а я к тебе приду
Rivale, je viendrai à toi
Когда-нибудь, такою ночью лунной,
Un jour, par une nuit au clair de lune,
Когда лягушки воют на пруду
Quand les grenouilles font vibrer l’étang
И женщины от жалости безумны.
Et quand les femmes sont folles de pitié.

*

И, умиляясь на биенье век
Et, touchée par le battement des paupières
И на ревнивые твои ресницы,
Et jalouse de tes longs cils,
Скажу тебе, что я — не человек,
Je te dirai que je ne suis personne,
А только сон, который только снится.
Seulement un rêve qui ne fait que rêver.

*

И я скажу: — Утешь меня, утешь,
Et je dirai : – Réconforte-moi, réconforte-moi,
Мне кто-то в сердце забивает гвозди!
Quelqu’un m’enfonce des clous dans le cœur !
И я скажу тебе, что ветер — свеж,
Et je te dirai que le vent est frais,
Что горячи — над головою — звёзды…
Et que sont brûlantes – au-dessus de ma tête – les étoiles …

*****

8 сентября 1916
8 septembre 1916

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Marina Tsvétaïeva – Marina Tsvetaeva – en 1924

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Poésie de Marina Tsvétaïéva
Поэзия Марины Чветаевой

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LE PLUS IMPORTANT DES MOTS – Poème de Marina Tsvétaïeva – Марина Ивановна Цветаева- 1912 – Он приблизился, крылатый

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LITTÉRATURE RUSSE
POÉSIE RUSSE
Русская литература

Русская поэзия


TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE


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Marina Tsvétaïeva – photo de Pierre Choumoff ( Пётр Ива́нович Шу́мов )

Marina Ivanovna Tsvetaïeva
Марина Ивановна Цветаева

poétesse russe
русская поэтесса
Moscou 26 septembre 1892 – Ielabouga 31 août 1941
26 сентября 1892, Москва — 31 августа 1941, Елабуга

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LE PLUS IMPORTANT DES MOTS
1912
Он приблизился, крылатый 
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Arkhip Kouïndji, Архип Іванович Куїнджі, Coucher de soleil rouge,Красный закат, 1905, 1908

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Он приблизился, крылатый,
Il s’est approché, ailé,
И сомкнулись веки над сияньем глаз.
Et a fermé tes paupières sur l’éclat de tes yeux.
Пламенная — умерла ты
Ardents – tu es mort
В самый тусклый час.
Aux heures les plus sombres.

*

Что искупит в этом мире
Qui rachètera donc dans ce monde
Эти две последних, медленных слезы?
Ces deux dernières larmes fugitives ?
Он задумался. — Четыре
Pensa-t-il – quatre
Выбили часы.
Heures sonnèrent à l’horloge.

*

Незамеченный он вышел,
Furtivement, il sortit,
Слово унося важнейшее из слов.
Emportant le plus important des mots.
Но его никто не слышал —
Mais personne n’entendit –
Твой предсмертный зов!
Ce dernier appel !

*

Затерялся в море гула
Dans le fracas de la mer s’est perdu
Крик, тебе с душою разорвавший грудь.
Un cri, déchirant et ton cœur et ton âme.
Розовая, ты тонула
Rose, tu te noies
В утреннюю муть…
Au petit matin…

*********

Москва, 1912
Moscou, 1912

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Marina Tsvétaïeva – Marina Tsvetaeva – en 1924

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Poésie de Marina Tsvétaïéva
Поэзия Марины Чветаевой

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LA FENÊTRE — Poème de Marina Tsvétaïeva – Марина Ивановна Цветаева- 1916 – Вот опять окно

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LITTÉRATURE RUSSE
POÉSIE RUSSE
Русская литература

Русская поэзия


TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE


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Marina Tsvétaïeva – photo de Pierre Choumoff ( Пётр Ива́нович Шу́мов )

Marina Ivanovna Tsvetaïeva
Марина Ивановна Цветаева

poétesse russe
русская поэтесса
Moscou 26 septembre 1892 – Ielabouga 31 août 1941
26 сентября 1892, Москва — 31 августа 1941, Елабуга

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LA FENÊTRE
1916
Вот опять окно
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Arkhip Kouïndji, Архип Іванович Куїнджі, Soir en Ukraine, Вечір на Україні 1878, Musée Russe, Saint-Pétersbourg

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Вот опять окно,
Voici une fenêtre, encore
Где опять не спят.
Où personne ne dort.
Может — пьют вино,
Peut-être y boit-on du vin,
Может — так сидят.
Peut-être y est-on juste assis.
Или просто — рук
Ou simplement – des mains
Не разнимут двое.
S’enlacent tendrement.
В каждом доме, друг,
Dans chaque maison, ami,
Есть окно такое.
Il y a une fenêtre comme ça.

*

Крик разлук и встреч —
Des cris et des réunions –
Ты, окно в ночи́!
Toi, la fenêtre dans la nuit !
Может — сотни свеч,
Peut-être des centaines de bougies
Может — три свечи…
Peut-être trois bougies …
Нет и нет уму
Non et pas d’esprit
Моему — покоя.
Ma paix.
И в моём дому
Et chez moi
Завелось такое.
C’était ainsi.

*

Помолись, дружок, за бессонный дом,
Priez, mon ami, pour une maison sans sommeil,
За окно с огнём!
A la fenêtre près du feu !

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23 декабря 1916
23 décembre 1916

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Marina Tsvétaïeva – Marina Tsvetaeva – en 1924

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Poésie de Marina Tsvétaïéva
Поэзия Марины Чветаевой

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Aus alten Mährchen HEINE INTERMEZZO LYRIQUE XLIV

INTERMEZZO LYRIQUE
Heinrich Heine
Aus alten Mährchen
DES CONTES ANCIENS

INTERMEZZO LYRIQUE HEINE
LITTERATURE ALLEMANDE
intermezzo-lyrique-heine-artgitato-lyrisches-intermezzo-heine-willem-van-aelst-bloemenstilleven-met-horloge



Christian Johann Heinrich Heine
Aus alten Mährchen
DES CONTES ANCIENS




Deutsch Poesie
 Deutsch Literatur

Heinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich Heine

HEINRICH HEINE
1797- 1856

German poet
Poète Allemand
Deutsch Dichter

Heinrich Heine Oeuvre Poèmes Poésie Gedichte Artgitato

Übersetzung – Traduction
Jacky Lavauzelle




INTERMEZZO LYRIQUE HEINE
XLIV

Aus alten Mährchen

 

 

Lyrisches Intermezzo
XLIV
DES CONTES ANCIENS

1823

INTERMEZZO LYRIQUE
Aus alten Mährchen
Heinrich Heine

*

aus-alten-mahrchen-heine-artgitato-arc-en-ciel-arkhip-kouindji-1900-1905 Arc en ciel Arkhip Kouïndji 1900 1905

*

XLIV

Aus alten Mährchen winkt es
Des contes anciens, me fait signe
  Hervor mit weißer Hand,
Une blanche main,
Da singt es und da klingt es
ça chante et ça sonne
Von einem Zauberland’:
D’une terre enchantée :

*

Wo bunte Blumen blühen
Où fleurissent des fleurs colorées
Im goldnen Abendlicht’,
Dans un crépuscule doré,
Und lieblich duftend glühen,
Une douce incandescence parfumée,
Mit bräutlichem Gesicht;
Avec le visage des fiancées ;

*

Und grüne Bäume singen
Et les arbres verts chantent
Uralte Melodein,
Des mélodies primitives,
Die Lüfte heimlich klingen,
Les brises sonnent discrètement,
Und Vögel schmettern drein;
Et les oiseaux gazouillent de concert ;

*

Und Nebelbilder steigen
Et des écrans de brouillards s’élèvent
Wohl aus der Erd’ hervor,
Harmonieusement de la terre,
Und tanzen luft’gen Reigen,
Et dansent une ronde aérienne,
Im wunderlichen Chor;
En chœur capricieux ;

*

Und blaue Funken brennen
Et les étincelles bleues brûlent
An jedem Blatt und Reis,
A chaque feuille à chaque rameau,
Und rothe Lichter rennen
Et des lumières rouges s’échappent
 Im irren, wirren Kreis;
Dans un cercle chaotique débridé ;

*

Und laute Quellen brechen
Et se brisent les sources tonitruantes
Aus wildem Marmorstein,
Aux pierres de marbre sauvages,
Und seltsam in den Bächen
Et étrangement dans les cours d’eau
 Stralt fort der Wiederschein.
Scintille la réflexion.

*

Ach! könnt’ ich dorthin kommen,
Ah ! si je pouvais y arriver,
Und dort mein Herz erfreu’n,
Comme mon cœur, là-bas, se réjouirait
Und aller Qual entnommen,
Privé de tous soucis,
Und frey und selig seyn!
Je serais libre et béni !

*

Ach! jenes Land der Wonne,
Ah ! cette terre dé félicité,
Das seh’ ich oft im Traum,
Je la vois souvent dans mes rêves,
Doch kommt die Morgensonne
Mais dès le soleil du matin
   Zerfließt’s wie eitel Schaum.
Elle part en fumée.

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XLIV
Aus alten Mährchen
HEINRICH HEINE
INTERMEZZO LYRIQUE

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LA POESIE DE HEINRICH HEINE

A ce point de vue, Heine est traité en privilégié. Les Allemands peuvent bien maudire le pamphlétaire, ils savent par cœur les vers du poète. Éditeurs, biographes, critiques d’outre-Rhin lui ont consacré d’importans travaux. Chez nous, seul entre les poètes allemands, il bénéficie de ce privilège d’avoir un public. Je ne nie pas que nous n’ayons pour quelques autres, et pour Goethe par exemple, un juste respect. Nous admirons Gœthe, nous ne l’aimons pas. Au contraire, l’auteur de l’Intermezzo est pour quelques Français de France un de ces écrivains qui sont tout près du cœur. Cela tient à plusieurs raisons parmi lesquelles il en est d’extérieures. Heine a vécu pendant de longues années parmi nous ; il parlait notre langue, quoique avec un fort accent ; il l’écrivait, quoique d’une façon très incorrecte ; il nous a loués, quoique avec bien de l’impertinence ; il a été mêlé à notre société ; il a été en rapports avec nos écrivains, nos artistes et même nos hommes politiques. Nous nous sommes habitués à le considérer comme un des nôtres, et sa plaisanterie, fortement tudesque, passe encore pour avoir été une des formes authentiques de l’esprit parisien. Notre sympathie pour Heine se fonde d’ailleurs sur des motifs plus valables. Il a quelques-unes des qualités qui nous sont chères : son style est clair ; ses compositions sont courtes. Nous aimons ces lieds dont quelques-uns durent le temps d’un soupir, l’espace d’un sanglot. Leur pur éclat nous semble celui de la goutte de rosée que le soleil taille en diamant, ou d’une larme qui brille dans un sourire. C’est par eux que le meilleur de la sentimentalité allemande est parvenu jusqu’à nous. Ou, pour parler plus exactement, la poésie de Heine représente une nuance particulière de sensibilité, qu’il a créée et que nous avons accueillie. Aussi doit-elle avoir sa place dans une histoire de la poésie lyrique en France. De même qu’il y a une « critique allemande » de l’œuvre de Heine, il convient qu’il y en ait parallèlement une « critique française ».

René Doumic
Revue littéraire
La poésie de Henri Heine d’après un livre récent
Revue des Deux Mondes
4e période
tome 140
1897
pp. 457-468

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INTERMEZZO LYRIQUE
XLIV
Aus alten Mährchen
HEINRICH HEINE

ARKHIP KOUÏNDJI ou LA SENTINELLE DES RÊVES poème de Jacky Lavauzelle

PEINTURE UKRAINIENNE

Arkhip Kouïndji
Куїнджі Архип Іванович
Архип Иванович Куинджи
1842-1910

arkhip-kouindji-poeme-jacky-lavauzelle-portrait-de-viktor-vasnetsov-1869-la-sentinelle-des-reves

LA PEINTURE D’ARKHIP KOUÏNDJI

LA SENTINELLE DES RÊVES
poème de Jacky Lavauzelle




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arkhip-kouindji-nuit-de-lune-1890-1895-elbrus
Эльбрус. Лунная ночь L’Elbrouz
(1890—1895)

La mort a fait son lit
Ce matin
Sans lumières
J’ai vu l’Elbrouz apparaître
disparaître
Le mont comme un baiser recevait la mort
Il est temps de partir
A la recherche des neiges
En quête de couleurs et de rien
Une ombre m’a suivi ce matin
Je ne lui demandais rien

Un matin
Dans la ville
Frappé dans un cœur vide
Au seuil de la ville
Je quittais à galop
Les bruits sourds de ces pâles couleurs
Qui partout nous frappent
Un matin
La valise à la main
Jeté dans le silence des routes
Tristement je vais

arkhip-kouindji-vue-sur-le-pont-de-la-moskova-moskvoretsky-1882
ARKHIP KOUÏNDJI
Vue sur le pont de la Moskova (Moskvoretsky) (1882)

Une voix inconnue et paisible vide les rêves
A la sortie de la ville
Le pont de la Moskova si fin
On entend et les vagues et les vies
Des deux rives de la ville
En attendant l’orage du monde
En attendant la lune n’est plus
Sans lutte dans le bas du ciel aux portes du cœur
Elle est partie

Moscou au loin brillait
Un nouveau désert dans le monde
Moscou résigné s’effaçait
A chaque seconde une éternité de plus

arkhip-kouindji-moscou-vue-depuis-les-monts-des-moineaux
Moscou vue depuis les monts des moineaux

Le ciel est devenu noir
jusqu’aux os
Le vert saisit son moment de grâce
Les muses en cercle s’affairent
L’enfer dans l’attente ne se voit plus
La lune a-t-elle été ?

arkhip-kouindji-apres-la-pluie-1879ARKHIP KOUÏNDJI  Після дощу – После дождя
Après la pluie
1879

Une corde se tend dans la chair du ciel
Des tonnes de cantiques
Et le mal se dénoue sur les lacs et les êtres
Les choses sont dans l’ordre
Et la maison et le ciel et les arbres
Le noir encore dévore
Un soleil s’étend et la clairière s’enchante
Au bord des morts
Qui s’aiment encore
Comme ces bleus sont trompeurs
Pourquoi la terre ne gronde-t-elle plus

arkhip-kouindji-nuit-de-lune-les-gorges-daryal-1890-1895
ARKHIP KOUÏNDJI  Дарьяльська ущелина. Місячна ніч
Дарьяльское ущелье. Лунная ночь
Nuit de pleine lune
(1890—1895)

Le blanc et le noir s’affrontent
ça se sent
Le vent balaye les premiers réveils et le premier bruit
ça s’entend
La visite des anges et le retour du jour
La planète semble avoir changé de mains
vraiment
La lune signe encore sa place éternelle
Sur le monde en béquilles
Qui prend l’eau
vainement







arkhip-kouindji-nuit-de-lune-sur-le-dniepr-1880
Лунная ночь на Днепре
Nuit de lune sur le Dniepr
(1880)

Le noir est au-dessus et en-dedans
Une vague rivière semble serpenter
Et la lune…
Elle souffle siffle ou se sauve
La noir ou la folie
Tout s’éteint
Une ombre encore se promène
Derrière la mort
Et la lune

arkhip-kouindji-une-soiree-en-ukraine-1878
Вечір на Україні
Вечер на Украине
Nuit en Ukraine
1878

S’aspergent les feux et les fleuves de feuilles
Pas une couleur ne s’étale et toutes glissent
Le point du temps se met à table et s’endort
La nature a vécu
En oubliant ses luttes

Plus de vœux de salut plus de vie en attente
Se délasse et se traîne un rêve
Puis un autre
Puis un autre
Encore

Le noir est superflu
Une chose simple
Indivisible
Le noir s’est pendu
Les couleurs ne peuvent plus partir

Derrière le soleil
Au loin
On l’a jeté à la mer
Avec le noir avec la nuit
Avec les faubourgs et les passants

Le noir n’est plus

arkhip-kouindji-automne-1890
«Осінь», до
Automne
1890

L’infini s’est montré pour se faire oublier
Et des pages et des clartés se sont perdues
Sans bruit
Un drame a marché
Ne l’entendez-vous bramer

Là le troupeau des hivers a bousculé la paix
Et du gris au noir c’est le noir qui dévore
Tout étouffe sans un bruit sans un seul
Et des peuples et des vies à jamais disparus

Le noir en force
Revient

arkhip-kouindji-clair-de-lune-dans-une-foret-en-hiver-1898-1908
Плями місячного сяйва у лісі. Зима
Пятна лунного света в лесу. Зима
 Clair de lune dans une forêt, en hiver

Du gris du blanc au blanc du bleu
Se donne et se jette du haut des falaises
Qui s’arrêtent dans la fuite
J’entends un cri qui monte du rivage
Dans le blanc qui s’efface
Le ciel n’est jamais si tendre
Les dieux se jouent de nous
Sur l’instant

arkhip-kouindji-reflets-de-soleil-sur-givre-1876-1890
ARKHIP KOUÏNDJI  Reflets de soleil sur givre (1876-1890) мороз

Dans le blanc qui revient
Un salut nous répond
Sur la pierre qui se casse
Une réponse se livre
Des pas dans la neige
Une femme une flamme
Un duvet sur le cœur des neiges
Un duvet sourd
Avide

Le bleu semble vaincre
Les vieillards sont couchés
Le jour a faim
Du haut de la falaise
Le jour dévore tout

arkhip-kouindji-falaise-1898-1908стрімчак – утес
 Falaise
1898-1908

Au-delà
Une route se dessine
Sans rien
Sans appel
Une ombre nous prend la main
Pour une visite lascive
Des rois sont passés par ici
Je crois

arkhip-kouindji-la-volga
La Volga [Musée national de l’Azerbaïdjan à Bakou]
Волга [Национальный музей искусств Азербайджана, Баку]

Une voie
Une autre encore
Au bout
Nous commande de marcher
Et nous marchons
Mon ombre
Et moi

arkhip-kouindji-le-dniepr-au-petit-matin-1881
Днепр утром (1881 г.)  Дніпро вранці 
Le Dniepr au petit matin

arkhip-kouindji-lac-ladoga-1873

La route s’achève
Affamés debout
Encore
Un sentiment rêvé
Est-ce la lueur au loin
Près du but
Au-dessus des taches de fleurs
Le point entre et ne veut plus sortir
J’ai perdu mon ombre
Je crois

arkhip-kouindji-foret-1887 ліс – Forêt – лес
1887

Le bleu
Plus menaçant encore
Un bateau nous attend
Qui répond à nos premiers désirs
C’est là que les âmes s’échangent
Venues du fond de la mer
La mer est dans le ciel
C’est là qu’elles se vengent aussi
Et la terre s’est oubliée
Le bleu nage
Dans des restes d’Enfer
Le bleu se noie
Nous ne le reverrons plus

arkhip-kouindji-la-cathedrale-saint-isaac-1869 Исаакиевский собор
Ісаакіївський собор
La Cathédrale Saint-Isaac
1869

La terre ne nous fait plus peur
Le regard se promène
Dans l’ordre des lumières
Les couleurs n’en peuvent plus
De tant toucher de ténèbres
Les odeurs sont de retour
Pleines de moisis et de pourritures passagères
La terre ne nous fait plus peur
Dans le vert éternel
Tout s’est arrêté
Tombe une écorce des peupliers en ligne
Tombe un cri Tombe un instant
Que personne ne peut entendre

arkhip-kouindji-la-foret-de-bouleau-1901 Les peupliers – Берёзовая роща -1901 – Березовий гай

arkhip-kouindji-les-bouleaux-1879

Des pierres comme des os
Nul ici n’échappe
Les rêves sont trop fins et nous pensons courir
Qu’importe le temps
Qu’importe l’océan
Qu’importe le désir
Les nuages sont trop grands
Des lames dans le ciel
Nous tailladerons en pièces
Des flammes et des orages
Se sont-ils perdus

 

 

  arkhip-kouindji-mer-1898-1908  arkhip-kouindji-nuit-1905-1908    arkhip-kouindji-paysage-de-crimee-1885-1890

Au loin
Qui y a-t-il
Au loin
Un point plus loin que l’horizon

   arkhip-kouindji-voilier-en-mer-1876-1890 парусник в море- Voilier en mer  – парусник в море
(1876-1890)

Il n’y a que l’horizon

arkhip-kouindji-steppe-1890-1895

Sans ombre

Уединение INTIMITE POUCHKINE 1919

 Уединение Пушкин – INTIMITE 1819 
Alexandre Pouchkine
русский поэт- Poète Russe
русская литература
Littérature Russe

poemes-de-alexandre-pouchkine-artgitatopushkin-alexander

ALEXANDRE POUCHKINE 1819
pushkin poems
стихотворение  – Poésie
 Уединение INTIMITE

 

 

POUCHKINE – Пу́шкин
Алекса́ндр Серге́евич Пу́шкин
1799-1837

[создатель современного русского литературного языка]

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

LA POESIE DE POUCHKINE

СТИХИ АЛЕКСАНДРА СЕРГЕЕВИЧА ПУШКИНА
Уединение

INTIMITE
1819

intimite-pouchkine-poeme-1819-artgitato-arkhip-kouindji-1901-les-bouleaux

Les Bouleaux
Берёзовая роща
Arkhip Kouïndji
Архип Иванович Куинджи
1901

**********

 Уединение Intimité

Блажен, кто в отдаленной сени,
Béni soit celui qui, sous l’ombre d’un porche,
Вдали взыскательных невежд,
Loin des sagaces ignorants,
 Дни делит меж трудов и лени,
Divise le jour entre travail et paresse,
Воспоминаний и надежд;
Entre souvenirs et espoirs ;
Кто скрыт, по милости Творца,
Béni le sort qui lui donne des amis,
Кому Судьба друзей послала,
Et , par la grâce du Créateur,
От усыпителя глупца,
L’éloigne du fou qui endort
От пробудителя нахала.
Et de l’imbécile qui réveille.

 

********

LES JUGEMENTS DE Tolstoï
SUR LES POEMES DE POUCHKINE

Ayons donc pleine confiance dans le jugement du comte Tolstoï sur les poèmes de Pouchkine, son compatriote ! Croyons-le, encore, quand il nous parle d’écrivains allemands, anglais, et scandinaves : il a les mêmes droits que nous à se tromper sur eux. Mais ne nous trompons pas avec lui sur des œuvres françaises dont le vrai sens, forcément, lui échappe, comme il échappera toujours à quiconque n’a pas, dès l’enfance, l’habitude de penser et de sentir en français ! Je ne connais rien de plus ridicule que l’admiration des jeunes esthètes anglais ou allemands pour tel poète français. Verlaine, par exemple, ou Villiers de l’Isle-Adam. Ces poètes ne peuvent être compris qu’en France, et ceux qui les admirent à l’étranger les admirent sans pouvoir les comprendre. Mais il ne résulte pas de là, comme le croit le comte Tolstoï, qu’ils soient absolument incompréhensibles. Ils ne le sont que pour lui, comme pour nous Lermontof et Pouchkine. Ce sont des artistes : la valeur artistique de leurs œuvres résulte de l’harmonie de la forme et du fond : et si lettré que soit un lecteur russe, si parfaite que soit sa connaissance de la langue française, la forme de cette langue lui échappe toujours.

Léon Tolstoï
Qu’est-ce que l’art ?
Traduction par T. de Wyzewa.
 Perrin, 1918
pp. i-XII

*****

Уединение Пушкин

Эхо Пушкин L’ECHO Poème de Pouchkine 1831

Эхо Пушкин – L’ECHO 1831 
Alexandre Pouchkine 1820
русский поэт- Poète Russe
русская литература
Littérature Russe

poemes-de-alexandre-pouchkine-artgitatopushkin-alexander

ALEXANDRE POUCHKINE 1820
pushkin poems
стихотворение  – Poésie
 Эхо Пушкин

 

 

POUCHKINE – Пу́шкин
Алекса́ндр Серге́евич Пу́шкин
1799-1837

[создатель современного русского литературного языка]

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

LA POESIE DE POUCHKINE

СТИХИ АЛЕКСАНДРА СЕРГЕЕВИЧА ПУШКИНА
Эхо

L’ECHO
1831

 

lecho-pouchkine-artgitato-arkhip-kouindji-clair-de-lune-dans-une-foret-en-hiverArkhip Kouïndji
Архип Иванович Куинджи
Clair de lune dans une forêt, en hiver
Пятна лунного света в лесу. Зима
(1898—1908)

*****

Ревёт ли зверь в лесу глухом,
Que ce soit à travers le rugissement de la forêt,
Трубит ли рог, гремит ли гром,
Du son du cor ou du tonnerre,
Поёт ли дева за холмом —
Que ce soit le chant de la fille sur la colline –
На всякий звук
Un seul son
Свой отклик в воздухе пустом
Et ta réponse à travers l’air
Родишь ты вдруг.
Soudainement prend naissance.

*

Ты внемлешь грохоту громов,
Tu entends le grondement du tonnerre,
И гласу бури и валов,
La voix de la tempête et des arbres,
И крику сельских пастухов —
Et le cri des bergers dans la vallée –
И шлёшь ответ;
Et tu réponds,
Тебе ж нет отзыва… Таков
Jusqu’au dernier rappel…
 И ты, поэт!
Et toi, poète !

**********

СЕРГЕЕВИЧА ПУШКИНА
Эхо Пушкин
 

L’ECHO
 
1831

********

LES JUGEMENTS DE Tolstoï
SUR LES POEMES DE POUCHKINE

Ayons donc pleine confiance dans le jugement du comte Tolstoï sur les poèmes de Pouchkine, son compatriote ! Croyons-le, encore, quand il nous parle d’écrivains allemands, anglais, et scandinaves : il a les mêmes droits que nous à se tromper sur eux. Mais ne nous trompons pas avec lui sur des œuvres françaises dont le vrai sens, forcément, lui échappe, comme il échappera toujours à quiconque n’a pas, dès l’enfance, l’habitude de penser et de sentir en français ! Je ne connais rien de plus ridicule que l’admiration des jeunes esthètes anglais ou allemands pour tel poète français. Verlaine, par exemple, ou Villiers de l’Isle-Adam. Ces poètes ne peuvent être compris qu’en France, et ceux qui les admirent à l’étranger les admirent sans pouvoir les comprendre. Mais il ne résulte pas de là, comme le croit le comte Tolstoï, qu’ils soient absolument incompréhensibles. Ils ne le sont que pour lui, comme pour nous Lermontof et Pouchkine. Ce sont des artistes : la valeur artistique de leurs œuvres résulte de l’harmonie de la forme et du fond : et si lettré que soit un lecteur russe, si parfaite que soit sa connaissance de la langue française, la forme de cette langue lui échappe toujours.

Léon Tolstoï
Qu’est-ce que l’art ?
Traduction par T. de Wyzewa.
 Perrin, 1918
pp. i-XII

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Эхо Пушкин