TRADUCTION HONGROIS JACKY LAVAUZELLE Magyar szövegek fordítása

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Traduction Hongrois Jacky Lavauzelle
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TRADUCTION HONGROIS
JACKY LAVAUZELLE
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Texte de Charles-Eugène Ujfalvy de Mezőkövesd
1872

LA LANGUE MAGYARE

I

Origines de la langue magyare.

Nous savons aujourd’hui que les peuplades des quatre migrations successives, les Thraco-Pélasges, les Celtes, les Germains et les Slaves, parlaient toutes des langues issues de la même souche. L’antique Aryah est la mère de tous ces idiomes, et nous comprenons ces différents peuples sous le nom collectif d’Indo-Germains. La langue sanscrite proprement dite n’est que la sœur aînée, qui se rapproche le plus de la langue mère. Quant aux langues autochtones de l’Europe, nous ne savons pas encore au juste si le basque et le finnois en font partie. Un grand savant a trouvé des points de contact entre le basque et le finnois, conséquemment entre le basque et le magyare. L’hypothèse que ces trois peuples auraient une origine commune s’affermit de jour en jour davantage. Les Basques et les Finnois peuvent être considérés comme les autochthones de l’Europe ou du moins comme descendants d’une migration de beaucoup antérieure à celle des Thraco-Pélasges.

Il est avéré aujourd’hui que les peuples finnois qui occupent maintenant le nord de l’Europe habitaient autrefois comme population puissante et laborieuse le centre de notre continent, et ce sont probablement les peuples venant de l’Asie qui les ont refoulés vers le Nord, où le climat a exercé une si grande influence sur leur constitution physique. Quelle difference n’y a-t-il pas encore aujourd’hui entre les Lapons et les Esthoniens? Ce qui n’empêche pas que leurs langues ne soient des idiomes nés de la même souche. Les Basques ont, d’après toute probabilité, encore précédé les Finnois ou du moins se sont séparés d’eux de très bonne heure. Leur langue ressemble probablement encore plus à la langue mère, car le parler basque est un type tout à fait isolé, et les langues finnoises ou tchoudes ne s’en rapprochent que médiocrement. Il n’est pas dans notre intention de discuter les ressemblances qui peuvent exister entre le magyare et le basque : un écrivain d’une grande érudition et d’une compétence incontestable en pareille matière, le prince Lucien Bonaparte, a traité victorieusement ce sujet et a fait valoir des raisons qui ont dû attirer la juste attention de tous les linguistes. Mais quant aux analogies qui existent entre le magyare et le finnois, elles sont si évidentes que nous nous proposons d’en faire ressortir plus tard les points capitaux.

Un savant philologue a jadis émis l’opinion suivante sur le magyare : « La langue magyare est une agglomération d’un grand nombre de débris d’autres langues, et il faudrait la dépouiller entièrement de ses éléments étrangers pour prouver le contraire. L’homme qui se vouerait à cet immense travail ne s’est pas encore trouvé, il se trouvera peut-être ! etc. » Toujours est-il que nous ne pouvons admettre cette singulière supposition. Il est facile de reconnaître de prime abord les mots d’origine étrangère, et encore plus aisé de constater les tournures de phrases venues par le contact avec les peuples limitrophes (comme les Turcs, les Allemands, etc.). Mais quant à la grammaire, elle est typique et ne se rapproche d’aucune autre langue, le finnois excepté. Etant prouvé que les Magyares n’ont pas eu de rapports avec les peuples tchoudes depuis plus de mille ans, cette ressemblance, si elle n’est pas accidentelle, doit trouver son explication dans une origine commune des deux langues. Toutes les recherches faites jusqu’à présent par de célèbres linguistes ont prouvé que cette ressemblance n’était pas et ne pouvait pas être l’effet d’un simple hasard. C’est pourquoi nous soutenons que le magyare, langue natale des descendants des Magyares qui habitent depuis le XIe siècle la Hongrie et la Transylvanie, est un rameau complètement isolé de la grande race des langues tchoudes, finnoises, tartares, touraniennes, ouraliennes ou altaïques.

Les Hongrois s’appellent eux-mêmes Magyar, dénomination qui a été confondue à tort dans leurs anciennes œuvres avec Mager, Moger, Meger, tandis que les plus antiques sources orientales, celles de l’empire byzantin, les appellent Turcs (Türken), et les sources occidentales Hungari. A plusieurs reprises déjà on a essayé de trouver la signification de cette dénomination sans arriver à un résultat certain.

Le finnois et le magyare sont les seules langues de cette souche qui possèdent une riche littérature, empreinte de la civilisation ; nous faisons abstraction du turc trop anéanti par les influences limitrophes. Le finnois jouissait encore d’un grand avantage sur le magyare, grâce à sa position géographique vraiment exceptionnelle. Comme dit Kellgrén, cette langue, protégée par la position de son pays, au sein de ses forêts vierges et au bord de ses lacs solitaires, entretenue par les chants sacrés de ses pères, pouvait facilement garder son originalité et développer à son gré sa riche organisation. Ce qui prouve jusqu’à l’évidence quelle est l’importance du finnois comparativement aux langues touraniennes et par cela même vis-à-vis du magyare.

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Charles-Eugène Ujfalvy de Mezőkövesd
La Hongrie
Son histoire, sa langue et sa littérature
1872