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MON FLEUVE – Poème de Eduard MÖRIKE – Mein Fluß

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Mörike
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Traduction Jacky Lavauzelle

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LITTÉRATURE ALLEMANDE
Deutsch Literatur

Gedichte – Poèmes

EDUARD MÖRIKE

8. September 1804  Ludwigsburg- 4. Juni 1875 Stuttgart
8 septembre 1804 – 4 juin 1875

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Mein Fluß
MON FLEUVE

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Isaac Levitan, L’Appel du soir, 1892

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O Fluß, mein Fluß im Morgenstrahl!
Ô fleuve, mon fleuve dans le rayon du matin !
Empfange nun, empfange
Reçois maintenant, reçois
Den sehnsuchtsvollen Leib einmal,
Mon corps impatient tout entier,
Und küsse Brust und Wange!
Et baise ma poitrine et baise ma joue !
– Er fühlt mir schon herauf die Brust,
– Il monte déjà à ma poitrine,
Er kühlt mit Liebesschauerlust
Sa fraîcheur déjà m’apporte un frisson d’amour
Und jauchzendem Gesange.
Et des doux chants.

*


Es schlüpft der goldne Sonnenschein
Les raies dorées du soleil
In Tropfen an mir nieder,
Glissent en gouttes sur mon corps,
Die Woge wieget aus und ein
La vague qui va et vient caresse
Die hingegebnen Glieder;
Mes membres dévoués ;
Die Arme hab ich ausgespannt,
J’étends mes bras,
Sie kommt auf mich herzugerannt,
La vague arrive en courant vers moi
Sie faßt und läßt mich wieder.
M’attrape et, à nouveau, me quitte.

*


Du murmelst so, mein Fluß, warum?
Tu marmonnes ainsi, mon fleuve, ô pourquoi ?
Du trägst seit alten Tagen
Tu portes depuis le temps
Ein seltsam Märchen mit dir um,
Un étrange conte de fées en toi
Und mühst dich, es zu sagen;
Et tu luttes pour le conter ;
Du eilst so sehr und läufst so sehr,
Tu te dépêches tant et tu cours tant,
Als müßtest du im Land umher,
Comme si tu devais faire le tour du pays
Man weiß nicht wen, drum fragen.
Sans que tu saches à qui parler.

*


Der Himmel, blau und kinderrein,
Le ciel, bleu et pur, comme un enfant,
Worin die Wellen singen,
Où les vagues chantent,
Der Himmel ist die Seele dein:
Le ciel est ton âme :
O laß mich ihn durchdringen!
Ô laisse-moi le pénétrer !
Ich tauche mich mit Geist und Sinn
Je plonge avec mon esprit et mes sens
Durch die vertiefte Bläue hin,
À travers le bleu profond,
Und kann sie nicht erschwingen!
Sans pouvoir vibrer !

*


Was ist so tief, so tief wie sie?
Quoi de si profond, d’aussi profond que lui ?
Die Liebe nur alleine.
Seulement l’amour, l’amour seul.
Sie wird nicht satt und sättigt nie
Il n’emplit pas, ni ne sature jamais
Mit ihrem Wechselscheine.
Avec ses changements d’impression.
– Schwill an, mein Fluß, und hebe dich!
– Gonfle-toi, ô mon fleuve, et lève-toi!
Mit Grausen übergieße mich!
Enveloppe-moi d’horreur !
Mein Leben um das deine!
Ma vie contre la tienne !

*

Du weisest schmeichelnd mich zurück
Tu me rejettes d’une façon si douce
Zu deiner Blumenschwelle.
À ton seuil fleuri.
So trage denn allein dein Glück,
Alors porte seul ta chance,
Und wieg auf deiner Welle
Et reflète sur ta vague
Der Sonne Pracht, des Mondes Ruh:
La splendeur du soleil, la paix de la lune :
Nach tausend Irren kehrest du
Tu reviens après mille détours
Zur ewgen Mutterquelle!
A ta maternelle source éternelle !


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MARIANA – Poème d’Alfred Tennyson – LA MOUCHE BLEUE

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Dante Gabriel Rossetti, The Day Dream, 1880, Londres, Victoria and Albert Museum                                                                (source: http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Dante_Gabriel_Rossetti_-_The_Day_Dream_-_Google_Art_Project.jpg)

 

 

LITTERATURE ANGLAISE
POESIE ANGLAISE
EPOQUE VICTORIENNE


Alfred Tennyson par Julia Margaret Cameron

Alfred Tennyson

6 août 1809 – 6 octobre 1892 

 

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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
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MARIANA
LA MOUCHE BLEUE

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John Everett Millais, Mariana,1851

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« Mariana in the Moated Grange »
(Shakespeare, Measure for Measure)
(William Shakespeare, Mesure pour mesure)

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With blackest moss the flower-plots
D’une mousse si noire, les parcelles de fleurs
Were thickly crusted, one and all:
Se recouvraient comme d’une croûte épaisse :
The rusted nails fell from the knots
Les clous rouillés tombaient des nœuds
That held the pear to the gable-wall.
Qui retenaient l’ensemble contre le mur de la baie.
The broken sheds look’d sad and strange:
Les remises délabrées semblaient si tristes et étranges,
Unlifted was the clinking latch;
Que fermait un vieux verrou cliquetant ;
Weeded and worn the ancient thatch
Fatiguée et usée l’ancienne chaume recouvrait
Upon the lonely moated grange.
La grange solitaire des douves.
She only said, « My life is dreary,
Elle dit seulement : « Ma vie est triste,
He cometh not, » she said;
Il ne vient pas « , dit-elle ;
She said, « I am aweary, aweary,
Elle dit : « Je suis inquiète, si inquiète,
I would that I were dead! »
Je voudrais être morte ! « 

*

Her tears fell with the dews at even;
Ses larmes tombèrent dans la rosée du soir ;
Her tears fell ere the dews were dried;
Ses larmes coulèrent avant que les rosées ne sèchent ;
She could not look on the sweet heaven,
Elle ne pouvait plus regarder le doux ciel,
Either at morn or eventide.
Ni le matin ni le soir.
After the flitting of the bats,
Après le battement d’ailes des chauves-souris,
When thickest dark did trance the sky,
Quand l’obscurité la plus épaisse enveloppe tout à fait le ciel,
She drew her casement-curtain by,
Elle tira son rideau à battants,
And glanced athwart the glooming flats.
Et jeta un coup d’œil à travers les appartements sombres.
She only said, « The night is dreary,
Elle dit seulement : « La nuit est triste,
He cometh not, » she said;
Il ne vient pas « , dit-elle ;
She said, « I am aweary, aweary,
Elle dit : « Je suis inquiète, si inquiète,
I would that I were dead! »
Je voudrais être morte ! « 

*

Upon the middle of the night,
Au cœur de la nuit,
Waking she heard the night-fowl crow:
En se réveillant, elle entendit le chant des oiseaux de nuit :
The cock sung out an hour ere light:
Le coq chanta une heure avant la première lueur :
From the dark fen the oxen’s low
De la sombre tourbière, le mugissement des bœufs
Came to her: without hope of change,
Parvint jusqu’à elle : sans espoir de changement,
In sleep she seem’d to walk forlorn,
Dans le sommeil, elle semblait marcher désespérée,
Till cold winds woke the gray-eyed morn
Jusqu’à ce que des vents froids réveillent le matin aux yeux gris
About the lonely moated grange.
Près de la grange solitaire des douves.
She only said, « The day is dreary,
Elle dit seulement : « La journée est triste,
He cometh not, » she said;
Il ne vient pas « , dit-elle ;
She said, « I am aweary, aweary,
Elle dit : « Je suis inquiète, si inquiète,
I would that I were dead! »
Je voudrais être morte ! « 

*

About a stone-cast from the wall
À un jet de pierre du mur
A sluice with blacken’d waters slept,
  Une écluse aux eaux noircies dormait,
 And o’er it many, round and small,
Et tout au-dessus, rondes et petites,
The cluster’d marish-mosses crept.
  Les mousses marécageuses en grappes glissaient.
Hard by a poplar shook alway,
 Tout à côté, un peuplier toujours s’agitait,
  All silver-green with gnarled bark:
Tout vert argenté avec son écorce noueuse :
  For leagues no other tree did mark
Sur des lieux, aucun autre arbre ne marquait
The level waste, the rounding gray.
  La vaste étendue, le gris environnant.
 She only said, « My life is dreary,
Elle dit seulement : « Ma vie est triste,
He cometh not, » she said;
Il ne vient pas « , dit-elle ;
She said, « I am aweary, aweary,
Elle dit : « Je suis inquiète, si inquiète,
I would that I were dead! »
Je voudrais être morte !

*

And ever when the moon was low,
Et quand la lune fut basse,
And the shrill winds were up and away,
  Et que les vents aigus vinrent de si haut et d’ailleurs,
 In the white curtain, to and fro,
Dans le rideau blanc, de long en large,
 She saw the gusty shadow sway.
Elle vit l’ombre en rafale se balancer.
But when the moon was very low
  Mais quand la lune fut au plus bas
  And wild winds bound within their cell,
Et que les vents sauvages furent engouffrés dans leur cellule,
The shadow of the poplar fell
  L’ombre du peuplier tomba
Upon her bed, across her brow.
  Sur son lit, sur son front.
She only said, « The night is dreary,
Elle dit seulement : « La nuit est triste,
He cometh not, » she said;
Il ne vient pas « , dit-elle ;
She said, « I am aweary, aweary,
Elle dit : « Je suis inquiète, si inquiète,
I would that I were dead! »
Je voudrais être morte ! « 

*

All day within the dreamy house,
Toute la journée dans la maison de rêve,
    The doors upon their hinges creak’d;
Les portes sur leurs gonds grinçaient à l’envi ;
The blue fly sung in the pane; the mouse
  La mouche bleue chantait sur la vitre ; la souris
Behind the mouldering wainscot shriek’d,
  Derrière le lambris s’époumonait,
 Or from the crevice peer’d about.
Ou espionnait de la crevasse où elle se trouvait.
Old faces glimmer’d thro’ the doors
  De vieux visages scintillaient à travers les portes,
Old footsteps trod the upper floors,
  De vieux pas foulaient les étages du dessus,
  Old voices called her from without.
De vieilles voix l’appelaient de l’extérieur.
She only said, « My life is dreary,
Elle dit seulement : « Ma vie est triste,
He cometh not, » she said;
Il ne vient pas « , dit-elle ;
She said, « I am aweary, aweary,
Elle dit : « Je suis inquiète, si inquiète,
I would that I were dead! »
Je voudrais être morte ! « 

*

The sparrow’s chirrup on the roof,
Plus le gazouillement du moineau sur le toit,
 « The slow clock ticking, and the sound
Le tic-tac lent de l’horloge et le son
  Which to the wooing wind aloof
Que le vent produisait au loin
The poplar made, did all confound
  A travers le peuplier, se confondaient
Her sense; but most she loathed the hour
  Dans tous les sens, plus elle maudissait l’heure
When the thick-moted sunbeam lay
  Où le rayon du soleil gisait
  Athwart the chambers, and the day
A travers les chambres et maudissait le jour
Was sloping toward his western bower.

 Qui inondait la tonnelle, celle qui se trouve vers le soleil couchant.
Then said she, « I am very dreary,

Puis elle dit : « Je suis si triste,
He will not come, » she said;
Il ne viendra pas, » dit-elle ;
She wept, « I am aweary, aweary,

Elle pleura, « Je suis inquiète, si inquiète,
Oh God, that I were dead! »

Ô Dieu, comme je voudrais être morte ! « 



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POUR ELLE – ALEXANDRE POUCHKINE – К НЕЙ – 1817

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poemes-de-alexandre-pouchkine-artgitatopushkin-alexander
                                    TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

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POUR ELLE
1817 
К НЕЙ

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Constantin Korovine, Константин Алексеевич Коровин, Gourzouf, Гурзуф, 1914

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В печальной праздности я лиру забывал,
Dans ma triste oisiveté, j’en ai oublié ma lyre,
Воображение в мечтах не разгоралось,
L’imagination dans mes rêves s’est éteinte,
С дарами юности мой гений отлетал,
Avec les dons de la jeunesse, mon génie s’est envolé,
И сердце медленно хладело, закрывалось
Et le cœur s’est refroidit lentement, se refermant ;
Вас вновь я призывал, о дни моей весны,
Je vous ai rappelés, vous, les jours de mon printemps,
Вы, пролетевшие под сенью тишины,
Volant dans l’ombre du silence
Дни дружества, любви, надежд и грусти нежной,
Jours d’amitié, d’amour, d’espoir et de tendre tristesse,
Когда, поэзии поклонник безмятежный,
Quand, adorateur serein de la poésie,
На лире счастливой я тихо воспевал
Sur la lyre heureuse, je scandais intensément
Волнение любви, уныние разлуки —
Les promesses d’amour, les larmes de l’absence –
И гул дубрав горам передавал
  Et le mugissement des forêts dans les montagnes
Мои задумчивые звуки…
Avec mes émouvantes sonorités…
Напрасно! Я влачил постыдной лени груз,
En vain ! J’ai porté cette lourde paresse honteuse,
В дремоту хладную невольно погружался,
Plongé dans un glacial sommeil involontaire,
Бежал от радостей, бежал от милых муз
Fuyant les joies et les ravissantes muses
И — слезы на глазах — со славою прощался!
Et – les larmes aux yeux – dit adieu à la gloire !
Но вдруг, как молнии стрела,
Mais soudain, comme un éclair,
Зажглась в увядшем сердце младость,
  Jeunesse illuminée dans un cœur flétri,
Душа проснулась, ожила,
  Mon âme s’est réveillée, revenant à la vie,
Узнала вновь любви надежду, скорбь и радость.
J’ai retrouvé l’amour, l’espoir, le chagrin et la joie.
Всё снова расцвело! Я жизнью трепетал;
Tout s’est à nouveau épanoui ! J’étais en admiration devant la vie ;
Природы вновь восторженный свидетель,
   Témoin enthousiaste de la nature,
Живее чувствовал, свободнее дышал,
Je me sentais plus vivant, respirais plus librement,
Сильней пленяла добродетель…
Puissamment captivité par toutes ces vertus …
Хвала любви, хвала богам!
   Gloire à l’amour, gloire aux dieux !
Вновь лиры сладостной раздался голос юный,
A nouveau, ma douce lyre accompagne la divine voix,
И с звонким трепетом воскреснувшие струны
Et avec les puissants frémissements des cordes ressuscitées
Несу к твоим ногам!..
Je la porte à tes pieds ! ..

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CET ENFER D’AIMER – POEME DE ALMEIDA GARRETT – Este Inferno de Amar

*

traduction Jacky Lavauzelle
LITTERATURE PORTUGAISE
literatura português

Os Lusiadas Traduction Jacky Lavauzelle Les Lusiades de Luis de Camoes

João Baptista da Silva Leitão
vicomte de Almeida Garrett 

Porto, 4 février 1799 – Lisbonne, 9 décembre 1854
Porto, 4 de fevereiro de 1799 – Lisboa, 9 de dezembro de 1854

Almeida Garrett par Pedro Augusto Guglielmi 

Portrait de Garrett, daté de 1843, avec les insignes de Commandeur de l’Ordre de Notre-Dame de la Conception de Vila Viçosa

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Traduction Jacky Lavauzelle

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CET ENFER D’AIMER
Este Inferno de Amar
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Recueil
« Les Feuilles mortes »
 ‘Folhas Caídas’
Livro primeiro
Recueil publié à Lisbonne en 1853

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Ramon Casas, Madeleine au moulin de la galette, 1892, musée de Montserrat


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Este inferno de amar – como eu amo! –
Cet enfer d’aimer – comme je l’aime ! –
  Quem mo pôs aqui n’alma… quem foi?
Qui m’a mis ça dans l’âme … qui ?
Esta chama que alenta e consome,
  Cette flamme qui encourage et consume,
  Que é a vida – e que a vida destrói –
Qui est la vie – et que cette vie détruit –
 Como é que se veio a atear,
Comment tout cela a commencé,
 Quando – ai quando se há-de ela apagar?
Et quand, quand cela finira-t-il ?

*


Eu não sei, não me lembra: o passado,
Je ne sais ! je ne m’en souviens pas ! le passé,
A outra vida que dantes vivi
  L’autre vie que j’ai vécue avant,
  Era um sonho talvez… – foi um sonho –
Tout cela n’était peut-être qu’un rêve ? … – c’était un rêve !-
Em que paz tão serena a dormi!
  Dans quelle sereine paix j’ai dormi !
Oh! que doce era aquele sonhar…
  Oh ! comme ce rêve était doux…
  Quem me veio, ai de mim! despertar?
Qui est venu, hélas ! me réveiller ?

*


Só me lembra que um dia formoso
Ça me rappelle juste une belle journée…
Eu passei… dava o sol tanta luz!
 Je passais … le soleil intensément brillait !
E os meus olhos, que vagos giravam,
  Et mes yeux nonchalants,
Em seus olhos ardentes os pus.
Sont venus se poser sur ses yeux ardents.
Que fez ela? eu que fiz? – Não no sei;
  Qu’a-t-elle fait ? qu’ai-je fait ? – Je ne sais…
Mas nessa hora a viver comecei…
Mais à cette heure, j’ai commencé à vivre …


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Passos Manuel, Almeida Garrett, Alexandre Herculano, José Estêvão de Magalhães nos Passos Perdidos, Assembleia da República Portuguesa.
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A NATACHA – 1814 – Poème de POUCHKINE – К Наташе

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poemes-de-alexandre-pouchkine-artgitatopushkin-alexander
                                    TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

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A NATACHA 
1814
К Наташе

 

*

 

Ilia Répine, Илья́ Ефи́мович Ре́пин, Bouquet d’automne, 1892


Вянет, вянет лето красно;
L’été écarlate se flétrit ;
Улетают ясны дни;
Les beaux jours désormais s’envolent ;
Стелется туман ненастный
Le brouillard se glisse imperceptible
Ночи в дремлющей тени;
Comme une ombre dans le sommeil de la nuit ;
Опустели злачны нивы,
Les champs de maïs s’étendent désolés,
Хладен ручеек игривый;
Le vif ruisseau se glace peu à peu ;
Лес кудрявый поседел;
La forêt bouclée est devenue grise ;
Свод небесный побледнел.
Sous cette voûte du ciel qui pâlit.

*

Свет-Наташа! где ты ныне?
Lumineuse Natacha ! où es-tu maintenant ?
Что никто тебя не зрит?
Quelqu’un t’a-t-il aperçu ?
Иль не хочешь час единый
Ne veux-tu pas pendant une heure seulement
С другом сердца разделить?
Partager ton cœur avec un ami ?
Ни над озером волнистым,
Nous ne nous sommes pas rencontrés au lac,
Ни под кровом лип душистым
Ni sous le couvert des aromatiques tilleuls,
Ранней — позднею порой
Dans cette saison qui s’étire
Не встречаюсь я с тобой.
Je ne t’ai pas encore rencontrée.

*

Скоро, скоро холод зимный
Bientôt l’hiver sera là
Рощу, поле посетит;
Qui habillera les champs ;
Огонек в лачужке дымной
Une lumière dans la cabane enfumée
Скоро ярко заблестит;
Bientôt brillera ;
Не увижу я прелестной
Je ne verrai pas ma tendre
И, как чижик в клетке тесной,
Et, comme une petite fille dans une cage étroite,
Дома буду горевать
Je vais pleurer dans ma maison
И Наташу вспоминать.
Et me souvenir de Natacha.


1814

L’AUBE – AKAKI TSERETELI – აკაკი წერეთელი – Poème Géorgien – განთიადი – 1892

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akaki tsereteli
akaki tsereteli

POEME DE AKAKI TSERETELI
აკაკი წერეთელი

ნიკოლოზ ბარათაშვილი
LITTERATURE GEORGIENNE
ქართული ლიტერატურა
POESIE GEORGIENNE
ქართული პოეზია

GEORGIE – DECOUVERTE DE LA GEORGIE – საქართველოს აღმოჩენა

POEME DE POESIE GEORGIENNE D'AKAKI TSERETELI
Géorgie
საქართველო

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

PPOESIE GEORGIENNE D'AKAKI TSERETELI

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POESIE GEORGIENNE
ქართული პოეზია

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აკაკი წერეთელი
Akaki Tsereteli
Акакий Церетели

9 ივნისი 1840 – 26 იანვარი 1915
9 juin 1840 – 26 janvier 1915
9 июня 1840 – 26 янвье 1915

ქართველი პოეტი
Poète géorgien
Поэт Грузии

Akaki Tsereteli

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

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განთიადი
L’AUBE
1892

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Akaki Tsereteli est honoré au Panthéon de Mtatsminda, le Panthéon National Géorgien, მთაწმინდის პანთეონი

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L'aube Akaki Tsereteli
Photo Jacky Lavauzelle

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მთაწმინდა ჩაფიქრებულა,
mtats’minda chapikrebula,
Pensive, la colline Mtatsminda,
შეჰყურებს ცისკრის ვარსკვლავსა;
shehq’urebs tsisk’ris varsk’vlavsa;
Regarde l’étoile de l’aube.
მნათობი სხივებს მაღლით ჰფენს
mnatobi skhivebs maghlit hpens
Les rayons de la lune illuminent
თავდადებულის საფლავსა.
tavdadebulis saplavsa.
La tombe du cavalier sacré.

დადუმებულა მთაწმინდა,
dadumebula mtats’minda,
Silencieuse, la colline Mtatsminda,
ისმენს დუდუნსა მტკვრისასა:
ismens dudunsa mt’k’vrisasa:
Écoute les eaux du Mtkvari :
მდინარე ნანას უმღერის
mdinare nanas umgheris
La rivière troublée chante
რაინდსა, ურჩსა მტრისასა…
raindsa, urchsa mt’risasa…
Notre cavalier, émue…

მთაწმინდა გულში იხუტებს
mtats’minda gulshi ikhut’ebs
Mtatsminda, contre son cœur,
საშვილიშვილო სამარეს,
sashvilishvilo samares,
Place cette sépulture, tendrement,
მამადავითსა ავედრებს,
mamadavitsa avedrebs,
Elle prie pour tous ceux tombés
აბარებს ქვეყნის მოყვარეს…
abarebs kveq’nis moq’vares…
Par amour pour le pays…

მგოსანი გრძნობამორევით
mgosani grdznobamorevit
Une sombre inquiétude
თვალს ავლებს არემარესა.
tvals avlebs aremaresa.
Plane au-dessus des cimes.
და გულის-პასუხს ნარნარად
da gulis-p’asukhs narnarad
Une voix serpente
უმღერის ტურფა მხარესა:
umgheris t’urpa mkharesa:
Et clame sa supplique :

“ცა-ფირუზ, ხმელეთ-ზურმუხტო,
“tsa-piruz, khmelet-zurmukht’o,
« Ciel turquoise, Terre éclatante,
ჩემო სამშობლო მხარეო,
chemo samshoblo mkhareo,
Ô tendre patrie,
სნეული დავბრუნებულვარ,
sneuli davbrunebulvar,
Tu soulages les désespérés,
მკურნალად შემეყარეო!…
mk’urnalad shemeq’areo!…
Et tu réchauffes les cœurs !…

“ვერ ავიტანე ობლობა,
“ver avit’ane obloba,
« Qu’il est dur d’être loin de toi,
სისხლის ცრემლები ვღვარეო;
siskhlis tsremlebi vghvareo;
A verser des larmes de sang ;
წამძლია სულმა და გულმა,
ts’amdzlia sulma da gulma,
L’âme et le cœur désemparés,
შენს ნახვას დავეჩქარეო.
shens nakhvas davechkareo.
N’espèrent qu’un retour rapide.

“წინ მომეგებენ ღიმილით
“ts’in momegeben ghimilit
« En attendant de retrouver
შენი მზე, შენი მთვარეო,
sheni mze, sheni mtvareo,
Ton soleil, ta lune,
გუნდი და გუნდი ვარსკვლავი,
gundi da gundi varsk’vlavi,
Je parcours les étoiles,
მოკაშკაშ-მოელვარეო.
mok’ashk’ash-moelvareo.
A la recherche d’un peu de ta lumière.

“გულში იფეთქა სიამემ,
“gulshi ipetka siamem,
« Les joies dans mon cœur,
სევდები უკუვყარეო, –
sevdebi uk’uvq’areo, –
Ont balayé les tristesses,
ია და ვარდი დამჭკნარი
ia da vardi damch’k’nari
Si jamais elles ne reviennent
ხელახლად გამიხარეო!…
khelakhlad gamikhareo!…
Que ma Patrie vienne à mon secours…

“ცა-ფირუზ, ხმელეთ-ზურმუხტო,
“tsa-piruz, khmelet-zurmukht’o,
« Ciel turquoise, Terre éclatante,
სულის ჩამდგმელო მხარეო,
sulis chamdgmelo mkhareo,
Mon âme s’échappe vers vous,
შენი ვარ, შენთვის მოვკვდები,
sheni var, shentvis movk’vdebi,
Je suis à vous, prêt à mourir,
შენზედვე მგლოვიარეო!…
shenzedve mgloviareo!…
En attendant, je pleure !

“ნურც მკვდარს გამწირავ, ნურც ცოცხალს,
“nurts mk’vdars gamts’irav, nurts tsotskhals,
« N’oublie pas tes morts et ceux qui espèrent,
ზე კალთა დამაფარეო…
ze k’alta damapareo…
Porte-les à ton sommet…
და, რომ მოვკვდები, გახსოვდეს,
da, rom movk’vdebi, gakhsovdes,
Et si je meurs, rappelle-toi,
ანდერძი დავიბარეო:
anderdzi davibareo:
Ma dernière volonté :

“დედა-შვილობამ, ბევრს არ გთხოვ:
“deda-shvilobam, bevrs ar gtkhov:
« Ô mère Patrie, je ne te demande pas grand chose :
 შენს მიწას მიმაბარეო!…
shens mits’as mimabareo!…
Me coucher dans ta terre !
ცა-ფირუზ, ხმელეთ-ზურმუხტო,
tsa-piruz, khmelet-zurmukht’o,
Ciel turquoise, Terre éclatante,
ჩემო სამშობლო მხარეო!”
chemo samshoblo mkhareo!”
Tendre patrie ! « 

1892 წ.

***

MONUMENT ILIA & AKAKI
SCULPTURE DEVALENTIN TOPURIDZE  ილიასა და აკაკის ძეგლი 
TBILISSI – თბილისი

Ilia & Akiki – Monument à Tbilissi – Akiki Tsereteli à droite

VALENTIN TOPURIDZE : ILIA & AKAKI – ილიასა და აკაკის ძეგლი – TBILISSI – თბილისი

*****
POEME DE AKAKI TSERETELI
აკაკი წერეთელი

ნიკოლოზ ბარათაშვილი
LITTERATURE GEORGIENNE
ქართული ლიტერატურა
POESIE GEORGIENNE
ქართული პოეზია

GEORGIE – DECOUVERTE DE LA GEORGIE – საქართველოს აღმოჩენა

POEME DE POESIE GEORGIENNE D'AKAKI TSERETELI
Géorgie
საქართველო

LITTERATURE GEORGIENNE – LA POESIE GEORGIENNE ქართული პოეზია


LITTERATURE GEORGIENNE - LA POESIE GEORGIENNE

 *****
LITTÉRATURE GÉORGIENNE
LA POÉSIE GÉORGIENNE

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Géorgie
საქართველო

GEORGIE – DECOUVERTE DE LA GEORGIE – საქართველოს აღმოჩენა

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

LITTERATURE GEORGIENNE - LA POESIE GEORGIENNE

____________________________________________________________


LITTERATURE GEORGIENNE
ქართული ლიტერატურა
Kartuli Literaturi

LES POETES GEORGIENS
ქართველი პოეტები
Kartveli Poetebi
LA POESIE GEORGIENNE
ქართული პოეზია
Kartuli Poezia


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LADO ASATIANI
ვლადიმერ ასათიანი

14 janvier 1917 – 23 juin 1943  

IMAGES D’AUTOMNE
ლეჩხუმური შემოდგომის სურათები

Natela IANKOSHVILI , ნათელა იანქოშვილი, Paysage , 1987, photo Jacky Lavauzelle

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LE MONUMENT A NIKOLOZ BARATASHVILI – ნიკოლოზ ბარათაშვილი par Boris Tsibadze – 1976 à Tbilissi

NIKOLOZ BARATASHVILI
NIKOLOZ BARATACHVILI
ნიკოლოზ ბარათაშვილი

1817 წლის 4 დეკემბერი – 1844 წლის 21 ოქტომბერი
4 décembre 1817 – 21 octobre 1844

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Prince RAPHAËL ERISTAVI
რაფიელ ერისთავი

1824 – 1901

Raphaël Eristavi – Raphiel Eristavi

LA TERRE
Pensées de Sessia
სესიას ფიქრები

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VALERIAN GAPRINDASHVILI
ვალერიან გაფრინდაშვილი

21 décembre 1888 – 31 janvier 1941
21 დეკემბერი, 1888 – 31 იანვარი, 1941

TRIOLET SENTIMENTAL
სენტიმენტალური ტრიოლეტი
santimentaluri trioleti   

ვარ მოწყენილი, ვით ზამთარში ნაზი ბეღურა,
var mots’q’enili, vit zamtarshi nazi beghura,
Je suis triste, comme le doux moineau d’hiver,

**

IAKOB GOGEBASHVILI
იაკობ გოგებაშვილი

LA CRÉATION DU MONDE
ქვეყნის შექმნა

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Berceuse géorgienne
Iavnana
1890
იავნანამ რა ჰქმნა?!

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 PAOLO IASHVILI
პაოლო იაშვილი

29 juin 1894 – 22 juillet 1937
29 ივნისი 1894 –  22 ივლისი 1937

TBILISSI
თბილისი

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GIORGI LEONIDZE
გიორგი ლეონიძე

27 დეკემბერი, 1899 – 9 აგვისტო, 1966
27 septembre 1899 – 9 août 1966

 

LES NOTES DE VOYAGE
მოგზაურობა სამშობლოში
mogzauroba samshobloshi

2. ანანური
2. ananuri

6. თემურის ხანძართ ნატისუსალი…
6. temuris khandzart nat’isusali…
6. Les massacres de Tamerlan …

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poésie Jacky Lavauzelle

 VAJA-PCHAVELA
ვაჟა ფშაველა

LA POÉSIE DE VAJA PCHAVÉLA

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CHOTA ROUSTAVÉLI
SHOTA RUSTAVELI

შოთა რუსთაველი
vers 1172 – vers 1216

http://artgitato.com/le-chevalier-a-la-peau-de-tigre-chota-roustaveli-3/

Le Chevalier à la peau de panthère
ვეფხისტყაოსანი

De Mihály Zichy, Shota Rustavéli présente son poème à la reine Tamar, vers 1880

****

Galaktion TABIDZE
გალაკტიონ ტაბიძე

17 novembre 1891 – 17 mars 1959
17 ნოემბერი 1891 – 17 მარტი 1959

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 Ilia TCHAVTCHAVADZE
ილია ჭავჭავაძე

გაზაფხული
Le Printemps
1861

*

ელეგია
Elégie
1859

*

ბაზალეთის ტბა
Le Lac Bazaleti
1883

ბაზალეთისა ტბის ძირას
Au pied du lac Bazaleti
ოქროს აკვანი არისო,
Le berceau d’or se trouve,

**

აკაკი წერეთელი
AKAKI TSERETELI
1840-1915

 გაზაფხული
Le Printemps

*

განთიადი
L’AUBE
 1892

*

თორნიკე ერისთავი
LE SABLE DE LA MER

(ისტორიული პოემა)
(poème historique)

ვინ დასთვალოს ზღვაში ქვიშა
vin dastvalos zghvashi kvisha
Qui va calculer le nombre de grains de sable dans la mer ?

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MONUMENT ILIA & AKIKI à TBILISSI
(ილია ჭავჭავაძე Ilia Tchavtchavadze & აკაკი წერეთელი Akaki Tsereteli)

Ilia & Akiki – Ilia Tchavtchavadze à gauche & Akaki Tsereteli à droite

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LA GEORGIE
UNE TERRE QUI FASCINE LES POETES

Comme le soulignait Eugène-Melchior de Vogüé, en 1884, la Géorgie a été une terre aimée des grands poètes russes :

« Durant la première moitié de ce siècle, le Caucase fut pour la Russie ce que l’Afrique était pour nous, une terre d’aventures et de rêves, où les plus fous et les plus forts allaient jeter leur gourme de jeunesse. Mais tandis qu’Alger ne nous renvoyait que de bons officiers, Tiflis rendait des poètes. On comprend la fascination de ce pays merveilleux ; il offrait aux jeunes Russes ce qui leur manquait le plus : des montagnes, du soleil, de la liberté. Là-bas, tout au bout de l’accablante plaine de neige, l’Elbrouz, « la cime des bienheureux, » dressait dans l’azur ses glaciers étincelans. Par-delà la montagne, c’était l’Asie et ses féeries, nature superbe, peuples pittoresques, torrens chantans sous les platanes, filles de Kabarda dansant dans les aouls du Térek ; la large vie des bivouacs dans la forêt, la gloire ramassée sous le drapeau des héros légendaires : Paskévitch, Yermolof, Rariatinsky. Tous ceux qui étaient blasés ou croyaient l’être dans les ennuis de Pétersbourg couraient là-bas ; à tous on pouvait appliquer le vers de Musset :
Ils avaient la Lara, Manfred et le Corsaire ;
et l’obsession de Byron était si forte sur cette génération que leurs yeux prévenus voyaient l’Orient, où ils vivaient, à travers la fantaisie du poète. Tous jouaient au Childe-Harold et rapportaient des vers dont quelques-uns seront immortels. Ce fut au Caucase que débutèrent Pouchkine, Griboyédof, Lermontof ; mais, dans le Prisonnier du Caucase de Pouchkine comme dans le Démon de Lermontof, la leçon apprise transfigure les paysages et les hommes, les sauvages Lesghiennes sont de touchantes héroïnes, sœurs d’Haïdée et de la Fiancée d’Abydos. »

Eugène-Melchior de Vogüé
Les Grands écrivains russes contemporains
Revue des Deux Mondes
Troisième Période
Tome 64
1884

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LITTERATURE GEORGIENNE
LA POESIE GEORGIENNE

LITTERATURE GEORGIENNE - LA POESIE GEORGIENNE
Géorgie
საქართველო

La fontaine Bartholdi – place des Terreaux-Frédéric Auguste Bartholdi 1892 – LYON

FRANCE
LA FONTAINE BARTHOLDI
Montaigu de Quercy Jacky Lavauzelle

 


 PHOTOS JACKY LAVAUZELLE

Photo Jacky Lavauzelle

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LYON

 

LA FONTAINE BARTHOLDI
*
Le Char Triomphal de la Garonne
*
Place des Terreaux
Ier Arrondissement de Lyon

**

Photo Jacky Lavauzelle

LE QUADRIGE DE BARTHOLDI FUMAIT DES NASEAUX

« Place des Terreaux, devant le vieux palais noir qui vit mourir Cinq-Mars, mademoiselle Dax s’arrêta encore pour regarder si le quadrige de Bartholdi fumait des naseaux. Les énormes chevaux de plomb bondissent au milieu d’une cascade, et un artifice du fondeur a fait jaillir des bouches et des narines un souffle visible d’eau pulvérisée. La machine jouait ; le quadrige fumait ; enfantine, mademoiselle Dax contempla une grande minute. Plantée ainsi devant la cascade, sa silhouette de grande fille robuste attira un passant, qui vint la frôler. »
Claude Farrère
Mademoiselle Dax
Première Partie
Paris, Henri Jonquières et Cie, éditeurs, 1922

Photo Jacky Lavauzelle

Photo Jacky Lavauzelle

Photo Jacky Lavauzelle

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Photo Jacky Lavauzelle

Photo Jacky Lavauzelle

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Photo Jacky Lavauzelle

*****

BARTHOLDI
LE GENIE DU GRAND SCULPTEUR
par
PIERRE DE COUBERTIN

Elle reçut à cet égard communication d’un projet dû au génie du grand sculpteur Bartholdi. Deux ans avant j’avais pensé à commémorer par un monument approprié le renouveau de la gymnastique et des sports — et c’est à lui que j’en avais parlé. Bartholdi s’était passionné pour cette idée et dans une lettre, après l’avoir creusée, il me disait peu de temps avant sa mort : « Je placerai au centre la Meta, la borne fatidique autour de laquelle, dans le Stade, la lutte, s’avivant, devenait plus audacieuse et plus âpre — cette borne où la terreur superstitieuse des anciens installait une divinité subalterne, méchante et sournoise, empressée à tromper et à perdre les concurrents. Contre le marbre poli viendra se ruer la cohue des sports : escrime et football, patinage et boxe, hippisme et cyclisme, jusqu’à une auto dernier modèle ; car la tempête musculaire change d’aspect avec les âges mais l’âme en est identique, l’expression similaire — et toujours la Meta domine, silhouette rude, inexorable et par là même attachante et compréhensible. » Bartholdi voulait cette Meta en porphyre, haute et large, avec de blanches images d’ephèbes et d’athlètes s’enroulant autour. « Ce serait, disait-il encore, une leçon d’histoire en même temps que de philosophie — un ressouvenir de l’Hellade éternelle, mère de toute civilisation et un avertissement que le heurt de l’effort et du destin demeure la loi suprême de la vie. »

 Pierre de Coubertin
Une Campagne de vingt-et-un ans
Librairie de l’Éducation Physique, 1909 

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LA FONTAINE BARTHOLDI
FRANCE
Montaigu de Quercy Jacky Lavauzelle

Friendship KHALIL GIBRAN SUR L’AMITIE

Friendship The Prophet
Sur l’Amitié

The Prophet XIX
FRIENDSHIP KHALIL GIBRAN
Littérature Libanaise
Lebanese literature
le-prophete-khalil-gibran-fred-holland-day-1898Photographie de Fred Holland Day
1898



جبران خليل جبران
Gibran Khalil Gibran
1883–1931
le-prophete-khalil-gibran-the-prophete-n

Traduction Jacky Lavauzelle

 

THE PROPHET XIX
 Friendship
SUR L’AMITIE

1923


*

friendship-khalil-gibran-sur-lamitie-arearea-paul-gauguin-1892

Arearea Paul Gauguin 1892

*

And a youth said, « Speak to us of Friendship. »
Et un jeune homme demanda : « Parle-nous de l’amitié. »

And he answered, saying:
Et il répondit en disant :

Your friend is your needs answered.
Votre ami répond à vos besoins.

He is your field which you sow with love and reap with thanksgiving.
Il est votre champ que vous semez avec amour et récoltez avec remerciement.

And he is your board and your fireside.
Et il est votre conseil et votre foyer.

For you come to him with your hunger, and you seek him for peace.
Car vous venez à lui avec votre faim, et vous le cherchez pour la paix.

When your friend speaks his mind you fear not the « nay » in your own mind, nor do you withhold the « ay. »
Quand votre ami parle de sa pensée, vous ne craignez pas le «non» dans votre propre esprit, ni ne retenez le «oui».

And when he is silent your heart ceases not to listen to his heart;
Et quand il est silencieux, alors votre cœur ne cesse d’écouter son cœur ;

For without words, in friendship, all thoughts, all desires, all expectations are born and shared, with joy that is unacclaimed.
Car sans mots, en amitié, toutes les pensées, tous les désirs, toutes les attentes naissent et sont partagés, dans une joie muette.

When you part from your friend, you grieve not;
Quand vous vous séparez de votre ami, ne vous affligez pas ;

For that which you love most in him may be clearer in his absence, as the mountain to the climber is clearer from the plain.
Car ce que vous aimez le plus en lui peut être plus clair en son absence, comme la montagne pour l’alpiniste parait plus claire de la plaine.

And let there be no purpose in friendship save the deepening of the spirit.
Et qu’il n’y ait aucun but dans l’amitié que l’approfondissement de l’esprit.

For love that seeks aught but the disclosure of its own mystery is not love but a net cast forth: and only the unprofitable is caught.
Car l’amour qui cherche autre chose que la révélation de son propre mystère n’est pas de l’amour, mais un filet jeté qui ne prendra que de l’inutile.

And let your best be for your friend.
Et que le meilleur soit pour votre ami.

If he must know the ebb of your tide, let him know its flood also.
S’il doit connaître le reflux de votre marée, faites-lui connaître son flux tout autant.

For what is your friend that you should seek him with hours to kill?
Qu’est-ce que votre ami si vous le cherchez pour tuer le temps ?

Seek him always with hours to live.
Cherchez-le toujours avec des heures intenses.

For it is his to fill your need, but not your emptiness.
Car il est là pour combler vos besoins, mais pas pour votre vacuité.

And in the sweetness of friendship let there be laughter, and sharing of pleasures.
Et dans la douceur de l’amitié, qu’il y ait du rire et du partage des plaisirs.

For in the dew of little things the heart finds its morning and is refreshed.
Car dans la rosée des petites choses, le cœur trouve son matin et il en est rafraîchi.

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SUR L’AMITIE
FRIENDSHIP KHALIL GIBRAN

ROMANCES SANS PAROLES Paul VERLAINE (1874)

POESIE FRANCAISE
ROMANCES SANS PAROLES (Edition Vanier – 1902)

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PAUL VERLAINE
1844-1896

Oeuvre de Paul Verlaine Artgitato Frédéric_Bazille_-_Portrait_de_Paul_Verlaine_comme_une_Troubadour

Portrait de Paul Verlaine en troubadour
Frédérique Bazille
1868
Museum of Art – Dallas

 

*

Œuvres de Paul Verlaine
 


ROMANCES SANS PAROLES

1874

PAUL VERLAINE Son Oeuvre Texte Poésie Artgitato

Tableaux et Caricatures
Gustave Courbet – Eugène Carrière – Frédérique Bazille
Paterne Berrichon – Félix Vallotton – Félix Régamey

*

Romances sans paroles Paul Verlaine Mikhaïl Vroubel Démon assis 1890
Mikhaïl Vroubel Démon Assis 1892

ROMANCES SANS PAROLES

ARIETTES OUBLIEES

I
C’est l’extase langoureuse,
C’est la fatigue amoureuse,
II
Je devine, à travers un murmure,
Le contour subtil des voix anciennes
III
Il pleure dans mon cœur
Comme il pleut sur la ville,
IV
Il faut, voyez-vous, nous pardonner les choses
De cette façon nous serons bien heureuses
V
Le piano que baise une main frêle
Luit dans le soir rose et gris vaguement,
VI
C’est le chien de Jean de Nivelle
Qui mord sous l’œil même du guet
VII
Ô triste, triste était mon âme
À cause, à cause d’une femme.
VIII
Dans l’interminable
Ennui de la plaine
IX
L’ombre des arbres dans la rivière embrumée
Meurt comme de la fumée,

1 Ariettes Oubliées Romances sans paroles Paul Verlaine Mikhaïl Vroubel Démon assis 1890

*

PAYSAGES BELGES

WALCOURT
Briques et tuiles,
Ô les charmants

CHARLEROI
Dans l’herbe noire
Les Kobolds vont.

BRUXELLES, SIMPLES FRESQUES
I
La fuite est verdâtre et rose
Des collines et des rampes,

II
L’allée est sans fin
Sous le ciel, divin

BRUXELLES, CHEVAUX DE BOIS
Tournez, tournez, bons chevaux de bois,
Tournez cent tours, tournez mille tours,

MALINES
Vers les prés le vent cherche noise
Aux girouettes, détail fin

Paysages Belges Romances sans paroles Paul Verlaine Mikhaïl Vroubel Démon assis 1890

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BIRDS IN THE NIGHT

Vous n’avez pas eu toute patience,
Cela se comprend par malheur, de reste ;

Birds in the night Romances sans paroles Paul Verlaine Mikhaïl Vroubel Démon assis 1890

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AQUARELLES

*

GREEN

Voici des fruits, des fleurs, des feuilles et des branches,
Et puis voici mon cœur, qui ne bat que pour vous.

SPLEEN

Les roses étaient toutes rouges
Et les lierres étaient tout noirs.

STREETS
I

Dansons la gigue !

STREETS
II

Ô la rivière dans la rue !
Fantastiquement apparue

 CHILD WIFE

Vous n’avez rien compris à ma simplicité,
Rien, ô ma pauvre enfant !

A POOR YOUNG SHEPHERD

J’ai peur d’un baiser
Comme d’une abeille.

BEAMS

Elle voulut aller sur les flots de la mer,
Et comme un vent bénin soufflait une embellie,

Aquarelles Green Spleen Streets Child Wife A Poor Young Shepherd Beams Romances sans paroles Paul Verlaine Mikhaïl Vroubel Démon assis 1890