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UN BIEN TROP PRÉCIEUX – SONNET DE SHAKESPEARE LXXXVII – SONNET 87 – Farewell! thou art too dear for my possessing

SONNET de SHAKESPEARE
THE SONNETS
THE SONNETS – LES SONNETS

Illustration du Phénix par Friedrich Justin Bertuch
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WILLIAM SHAKESPEARE
[1564 – 1616]

Traduction JACKY LAVAUZELLE




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SONNET 87
LXXXVII

The Sonnets SHAKESPEARE
Les Sonnets de SHAKESPEARE


 

Farewell! thou art too dear for my possessing
UN BIEN TROP PRÉCIEUX

 

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Farewell! thou art too dear for my possessing,
Adieu ! tu es trop précieux pour que tu sois en ma possession,
And like enough thou know’st thy estimate,
Et comme je pense que tu connais ta juste estimation,
The charter of thy worth gives thee releasing;
La certificat de ta valeur te permet une totale liberté ;
My bonds in thee are all determinate.
Mes liens avec toi sont eux déjà complètement périmés.

*

For how do I hold thee but by thy granting?
Car quels sont mes droits sinon ceux que tu m’accordes ?
And for that riches where is my deserving?
Et pour ces richesses, où est mon propre mérite ?
The cause of this fair gift in me is wanting,
La cause de ce beau cadeau n’est en moi nullement justifiée,
And so my patent back again is swerving.
Et donc cette patente que je possédais m’est désormais enlevée.

*

Thy self thou gavest, thy own worth then not knowing,
Quand tu t’es donné à moi, soit tu ne connaissais pas ta valeur,
Or me to whom thou gav’st it else mistaking;
Soit tu t’es mépris sur mon propre compte ;
So thy great gift, upon misprision growing,
Ainsi ton grand don, qui provient d’une simple erreur d’appréciation,

*

Comes home again, on better judgement making.
Tu le reprends par un bien meilleur jugement.
Thus have I had thee, as a dream doth flatter,
Ainsi je t’ai eu, comme un rêve flatteur,
In sleep a king, but waking no such matter.
Comme un roi ensommeillé, mais au réveil un roi sans couronne.

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SHAKESPEARE SONNET
SONNET LXXXVII

LES SONNETS DE SHAKESPEARE THE SONNETS

LE POÈTE RIVAL – SONNET DE SHAKESPEARE LXXXVI – SONNET 86 -Was it the proud full sail of his great verse

SONNET de SHAKESPEARE
THE SONNETS
THE SONNETS – LES SONNETS

Illustration du Phénix par Friedrich Justin Bertuch
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WILLIAM SHAKESPEARE
[1564 – 1616]

Traduction JACKY LAVAUZELLE




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SONNET 86
LXXXVI

The Sonnets SHAKESPEARE
Les Sonnets de SHAKESPEARE


 

Was it the proud full sail of his great verse
LE POÈTE RIVAL

 

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Was it the proud full sail of his great verse,
Était-ce l’orgueil, voiles toutes déployées, de ces grands vers,
Bound for the prize of all too precious you,
Faits pour conquérir vos biens les plus précieux,
That did my ripe thoughts in my brain inhearse,
Qui a fait alors entendre les pensées mûries dans mon cerveau,
Making their tomb the womb wherein they grew?
Les enterrant dans la matrice maternelle où elles avaient grandi ?

*

Was it his spirit, by spirits taught to write
Était-ce son esprit, qui a appris par d’autres esprits à écrire
Above a mortal pitch, that struck me dead?
Au-dessus des choses mortelles, qui m’a frappé à mort ?
No, neither he, nor his compeers by night
Non, ni lui, ni ses compères qui, la nuit,
Giving him aid, my verse astonished.
Lui apportent de l’aide, ont stupéfié mon vers.

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He, nor that affable familiar ghost
Ni lui, ni cet affable fantôme familier
Which nightly gulls him with intelligence,
Qui le nourrit tous les soirs de son intelligence,
As victors of my silence cannot boast;
Ne peuvent se vanter de m’avoir imposé le silence ;

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I was not sick of any fear from thence:
Je n’étais pas malade de ces peurs-là :
But when your countenance filled up his line,
Mais dès que ton visage a fait vivre sa poésie,
Then lacked I matter; that enfeebled mine.
La matière m’a manqué et mes vers sont devenus pauvres.

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SHAKESPEARE SONNET
SONNET LXXXVI

LES SONNETS DE SHAKESPEARE THE SONNETS

MES PENSÉES MUETTES – SONNET DE SHAKESPEARE LXXXV – SONNET 85 -My tongue-tied Muse in manners holds her still

SONNET de SHAKESPEARE
THE SONNETS
THE SONNETS – LES SONNETS

Illustration du Phénix par Friedrich Justin Bertuch
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WILLIAM SHAKESPEARE
[1564 – 1616]

Traduction JACKY LAVAUZELLE




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SONNET 85
LXXXV

The Sonnets SHAKESPEARE
Les Sonnets de SHAKESPEARE


 

My tongue-tied Muse in manners holds her still
MES PENSÉES MUETTES

 

1598 

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My tongue-tied Muse in manners holds her still,
Ma muse muette sobrement reste calme,
While comments of your praise richly compiled,
Alors que les commentaires de vos riches éloges sont compilés,
Reserve thy Character with golden quill,
Marqués pour toujours par une plume d’or,
And precious phrase by all the Muses filed.
Avec de précieuses phrases façonnées par toutes les muses.

*

I think good thoughts, whilst others write good words,
Je pense de bonnes pensées, quand d’autres écrivent de bons mots,
And like unlettered clerk still cry ‘Amen’
Et comme un clerc illettré, je crie toujours ‘Amen
To every Hymn that able spirit affords,
À chaque hymne qui émane de l’esprit habile,
In polished form of well-refined pen.
Sous la forme parfaite d’une plume ô combien raffinée.

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Hearing you praised, I say tis so, ’tis true,’
En vous entendant louer, je clame : « c’est ça ! c’est vrai !« 
And to the most of praise add something more;
Et à l’éloge, j’ajoute quelque chose de plus ;
But that is in my thought, whose love to you,
Mais c’est dans ma pensée, où l’amour que j’ai pour vous,

*

Though words come hindmost, holds his rank before.
Malgré les mots qui arrivent encore, tient son rang comme avant.
Then others, for the breath of words respect,
Des autres, respectez le souffle des mots,
Me for my dumb thoughts, speaking in effect.
De moi, appréciez mes pensées muettes qui s’expriment dans les actes.

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SHAKESPEARE SONNET
SONNET LXXXV

LES SONNETS DE SHAKESPEARE THE SONNETS

LA PLUME & SON SUJET- SONNET DE SHAKESPEARE LXXXIV – SONNET 84 – Who is it that says most

SONNET de SHAKESPEARE
THE SONNETS
THE SONNETS – LES SONNETS

Illustration du Phénix par Friedrich Justin Bertuch
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WILLIAM SHAKESPEARE
[1564 – 1616]

Traduction JACKY LAVAUZELLE




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SONNET 84
LXXXIV

The Sonnets SHAKESPEARE
Les Sonnets de SHAKESPEARE


 

Who is it that says most
LA PLUME ET SON SUJET

 

1598 

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Who is it that says most, which can say more,
Qui est celui qui en dit le plus ? qui peut dire plus
Than this rich praise, that you alone are you,
Que ce riche éloge, que vous seul vous êtes ?
In whose confine immured is the store
Dans quelle cachette se trouve le trésor
Which should example where your equal grew?
Qui montrerait où grandit votre égal ?

*

Lean penury within that Pen doth dwell
La pénurie indigente habite la Plume
That to his subject lends not some small glory;
Qui pour son sujet ne prête la moindre gloire ;
But he that writes of you, if he can tell
Mais celui qui écrit sur vous, s’il peut dire
That you are you, so dignifies his story.
Que vous êtes vous, rend alors digne son histoire.

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Let him but copy what in you is writ,
Laissez-le, mais qu’il copie qui est écrit en vous,
Not making worse what nature made so clear,
Sans dénaturer ce que la nature a rendu si clair,
And such a counterpart shall fame his wit,
Et une telle copie apportera la renommée à son esprit,

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Making his style admired every where.
Et son style sera alors admiré partout.
You to your beauteous blessings add a curse,
A vos belles bénédictions, ajoutez-y une malédiction,
Being fond on praise, which makes your praises worse.
Vous, friands de louanges, et vos louanges s’en trouveront dégradées.


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SHAKESPEARE SONNET
SONNET LXXXIV

LES SONNETS DE SHAKESPEARE THE SONNETS

NUL BESOIN DE FARD – SONNET DE SHAKESPEARE LXXXIII – SONNET 83 -I never saw that you did painting need

SONNET de SHAKESPEARE
THE SONNETS
THE SONNETS – LES SONNETS

Illustration du Phénix par Friedrich Justin Bertuch
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WILLIAM SHAKESPEARE
[1564 – 1616]

Traduction JACKY LAVAUZELLE




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SONNET 83
LXXXIII

The Sonnets SHAKESPEARE
Les Sonnets de SHAKESPEARE


 

NUL BESOIN DE FARD
I never saw that you did painting need

 

1598 

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I never saw that you did painting need,
Je n’ai jamais vu que vous eussiez besoin de fard,
And therefore to your fair no painting set;
Et donc à votre beauté, l’ajout est inutile ;
I found, or thought I found, you did exceed
J’ai trouvé, ou j’ai pensé que vous dépassiez
The barren tender of a Poet’s debt:
L’offre stérile d’une quelconque dette de Poète :

*

And therefore have I slept in your report,
Et donc j’ai dormi en vous évoquant,
That you yourself, being extant, well might show
Afin que vous-même, étant là, puissiez démontrer
How far a modern quill doth come too short,
Jusqu’où une plume moderne est par trop restreinte
Speaking of worth, what worth in you doth grow.
A évoquer la valeur qui en vous fleurit.

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This silence for my sin you did impute,
Ce silence, en crime vous me l’avez imputé,
Which shall be most my glory being dumb;
Mais ce sera ma plus gloire d’être resté muet ;
For I impair not beauty being mute,
Car je n’altère pas votre beauté dans mon mutisme,

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When others would give life, and bring a tomb.
Quand d’autres voulant donner la vie ne porte que la tombe.
There lives more life in one of your fair eyes
Il y a plus de vie dans l’un de vos beaux yeux
Than both your Poets can in praise devise.
Que vos deux poètes ne peuvent en faire l’éloge.

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SHAKESPEARE SONNET
SONNET LXXXIII

LES SONNETS DE SHAKESPEARE THE SONNETS

PARFAIT EN CONNAISSANCE ET EN APPARENCE – SONNET DE SHAKESPEARE LXXXII – SONNET 82 – I grant thou wert not married to my Muse

SONNET de SHAKESPEARE
THE SONNETS
THE SONNETS – LES SONNETS

Illustration du Phénix par Friedrich Justin Bertuch
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WILLIAM SHAKESPEARE
[1564 – 1616]

Traduction JACKY LAVAUZELLE




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SONNET 82
LXXXII

The Sonnets SHAKESPEARE
Les Sonnets de SHAKESPEARE


 

PARFAIT EN
CONNAISSANCE ET EN APPARENCE
I grant thou wert not married to my Muse

 

1598 

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I grant thou wert not married to my Muse,
J’accorde que tu n’étais pas marié à ma Muse,
And therefore mayst without attaint o’erlook
Et donc peut-être sans être infidèle peux tu lire
The dedicated words which writers use
Les mots en dédicace que les écrivains utilisent
Of their fair subject, blessing every book.
Pour leur noble sujet, bénissant chaque livre.

*


Thou art as fair in knowledge as in hue,
Tu es aussi parfait en connaissance qu’en apparence,
Finding thy worth a limit past my praise;
La limite de tes mérites dépasse mes louanges ;
And therefore art enforced to seek anew
Et tu forces ainsi l’art à chercher à nouveau
Some fresher stamp of the time-bettering days.
Des touches plus fraîches qui s’améliorent avec le temps.

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And do so, love; yet when they have devis’d,
Et fais-le, amour ! pourtant, quand ils auront imaginé
What strained touches Rhetoric can lend,
Quelles touches peut donner la Rhétorique,
Thou truly fair, wert truly sympathiz’d
Tu ne trouveras de véritable sympathie,

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In true plain words, by thy true-telling friend;
En mots clairs, que de ton véritable ami fidèle ;
And their gross painting might be better used
Et leur peinture brute pourrait être mieux utilisée
Where cheeks need blood; in thee it is abused.
Là où les joues ont besoin de sang ; en toi, elle est inutile.


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SHAKESPEARE SONNET
SONNET LXXXII

LES SONNETS DE SHAKESPEARE THE SONNETS

L’ÉPITAPHE – SONNET DE SHAKESPEARE LXXXI – SONNET 81 – Or I shall live your Epitaph to make

SONNET de SHAKESPEARE
THE SONNETS
THE SONNETS – LES SONNETS

Illustration du Phénix par Friedrich Justin Bertuch
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WILLIAM SHAKESPEARE
[1564 – 1616]

Traduction JACKY LAVAUZELLE




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SONNET 81
LXXXI

The Sonnets SHAKESPEARE
Les Sonnets de SHAKESPEARE


 

L’ÉPITAPHE
Or I shall live your Epitaph to make

 

1598 

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Or I shall live your Epitaph to make,
Ou je vivrai pour rédiger votre Épitaphe,
Or you survive when I in earth am rotten,
Ou vous me survivrez quand je pourrirai sur terre,
From hence your memory death cannot take,
La mort ne peut effacer votre mémoire,
Although in me each part will be forgotten.
Alors qu’en moi chaque partie sera oubliée.

*

Your name from hence immortal life shall have,
Ici, votre nom désormais deviendra immortel,
Though I (once gone) to all the world must die:
Alors que moi (une fois parti) pour le monde entier, je doive mourir :
The earth can yield me but a common grave,
La terre ne peut me donner qu’une tombe commune,
When you entombed in men’s eyes shall lie.
Quand vous vous serez enterrez dans les yeux des hommes.

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Your monument shall be my gentle verse,
Votre monument sera mon doux vers,
Which eyes not yet created shall o’er-read;
Que les yeux, non encore créés, liront ;
And tongues to be, your being shall rehearse,
Et les langues à venir parleront de votre être,

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When all the breathers of this world are dead;
Quand tous ce qui respirent en ce monde seront morts ;
You still shall live (such virtue hath my Pen)
Vous vivrez toujours (telle est la vertu de ma Plume)
Where breath most breathes, even in the mouths of men.
Là où le souffle est le plus grand : dans la bouche même des hommes.



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SHAKESPEARE SONNET
SONNET LXXXI

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AUSSI VASTE QUE L’OCÉAN – SONNET DE SHAKESPEARE LXXX – SONNET 80 -O! how I faint when I of you do write

SONNET de SHAKESPEARE
THE SONNETS
THE SONNETS – LES SONNETS

Illustration du Phénix par Friedrich Justin Bertuch
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WILLIAM SHAKESPEARE
[1564 – 1616]

Traduction JACKY LAVAUZELLE




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SONNET 80
LXXX

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Les Sonnets de SHAKESPEARE


 

AUSSI VASTE QUE L’OCÉAN
O! how I faint when I of you do write

 

1598 

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O! how I faint when I of you do write,
Oh ! comme je défaille quand j’écris sur vous,
Knowing a better spirit doth use your name,
Depuis que je sais qu’un meilleur esprit utilise votre nom,
And in the praise thereof spends all his might,
Et, dans l’éloge de celui-ci, montre toute sa puissance,
To make me tongue-tied speaking of your fame.
Nouant ma langue quand j’évoque votre gloire.

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But since your worth, wide as the ocean is,
Mais puisque votre valeur est aussi vaste que l’océan,
The humble as the proudest sail doth bear,
Portant autant la frêle que la plus fière voile,
My saucy bark, inferior far to his,
Ma barque impertinente, bien inférieure à la sienne,
On your broad main doth wilfully appear.
Sur votre large surface apparaît volontaire.

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Your shallowest help will hold me up afloat,
Votre aide la plus insignifiante me maintiendra à flot,
Whilst he upon your soundless deep doth ride;
Alors qu’il se trouve sur votre route profonde et silencieuse ;
Or, being wracked, I am a worthless boat,
Et, si je coule, je ne suis qu’un bateau sans valeur,

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He of tall building, and of goodly pride:
Lui, il est de grande hauteur et d’une haute fierté :
Then if he thrive and I be cast away,
Alors s’il prospère et que moi je sois coulé,
The worst was this, my love was my decay.
C’est que mon amour m’a conduit à ma perte.



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SHAKESPEARE SONNET
SONNET LXXX

LES SONNETS DE SHAKESPEARE THE SONNETS

LE VOL DE VERTU ET DE BEAUTÉ – SONNET DE SHAKESPEARE LXXVIII – SONNET 79 – Whilst I alone did call upon thy aid

SONNET de SHAKESPEARE
THE SONNETS
THE SONNETS – LES SONNETS

Illustration du Phénix par Friedrich Justin Bertuch
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WILLIAM SHAKESPEARE
[1564 – 1616]

Traduction JACKY LAVAUZELLE




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SONNET 79
LXXIX

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Les Sonnets de SHAKESPEARE


 

LE VOL DE VERTU ET DE BEAUTÉ
Whilst I alone did call upon thy aid

 

1598 

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Whilst I alone did call upon thy aid,
Quand moi seul j’ai demandé ton aide,
My verse alone had all thy gentle grace;
Mon vers seul avait toute ta douce grâce ;
But now my gracious numbers are decayed,
Mais maintenant mes nombres gracieux sont fanés,
And my sick Muse doth give an other place.
Et ma muse malade à une autre donne la place.

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I grant, sweet love, thy lovely argument
J’accorde que, doux amour, ton aimable sujet
Deserves the travail of a worthier pen;
Mérite le travail d’une plume plus digne ;
Yet what of thee thy poet doth invent
Et ce que ton poète invente sur toi,
He robs thee of, and pays it thee again.
Il te le vole simplement pour te le rapporter ensuite.

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He lends thee virtue, and he stole that word
Il te prête la vertu, mais il a volé ce mot
From thy behaviour; beauty doth he give,
De ton comportement ; la beauté qu’il te donne,
And found it in thy cheek: he can afford
C’est sur ta joue qu’il l’a trouvée : il ne peut se permettre

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No praise to thee, but what in thee doth live.
D’autres louanges à ton sujet que celles que tu as en toi.
Then thank him not for that which he doth say,
Alors ne le remercie pas pour ce qu’il te dit,
Since what he owes thee, thou thyself dost pay.
Car ce qu’il te doit, tu le paies avec toi-même.

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SHAKESPEARE SONNET
SONNET LXXIX

LES SONNETS DE SHAKESPEARE THE SONNETS

TU ES TOUT MON ART – SONNET DE SHAKESPEARE LXXVIII – SONNET 78 -So oft have I invoked thee for my Muse

SONNET de SHAKESPEARE
THE SONNETS
THE SONNETS – LES SONNETS

Illustration du Phénix par Friedrich Justin Bertuch
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WILLIAM SHAKESPEARE
[1564 – 1616]

Traduction JACKY LAVAUZELLE




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SONNET 78
LXXVIII

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Les Sonnets de SHAKESPEARE


 

So oft have I invoked thee for my Muse
TU ES TOUT MON ART

 

1598 

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So oft have I invoked thee for my Muse,
Ainsi, je t’ai souvent invoqué pour ma Muse,
And found such fair assistance in my verse
Et j’y ai trouvé une aide la plus précieuse sur ma page,
As every alien pen hath got my use
que chaque autre plume a voulu suivre mon usage
And under thee their poesy disperse.
Et sous ton aura leur poésie se diffuse.

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Thine eyes, that taught the dumb on high to sing
Tes yeux, qui ont appris au muet à chanter un chant si édifiant
And heavy ignorance aloft to fly,
Et, dans les airs, à cette lourde ignorance à voler,
Have added feathers to the learned’s wing
Ont ajouté des plumes à l’aile du savant
And given grace a double majesty.
Et à la grâce une double majesté.

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Yet be most proud of that which I compile,
Pourtant, sois le plus fier de ce que je compile,
Whose influence is thine, and born of thee:
Dont l’influence vient de toi et est née de toi :
In others’ works thou dost but mend the style,
Dans les œuvres des autres tu améliores le style,

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And arts with thy sweet graces graced be;
Et les arts par tes grâces douces tu honores ;
But thou art all my art, and dost advance
Mais tu es pour moi tout mon art, et tu élèves vers la connaissance
As high as learning, my rude ignorance.
Si haut ma grossière ignorance.


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SHAKESPEARE SONNET
SONNET LXXVIII

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