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PIAZZA CAVOUR – PLACE CAVOUR – Rome – Roma

Les Places de Rome
le Piazze di Roma
ROME – ROMA

Armoirie de Rome

 Photos Jacky Lavauzelle

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Flag_of_Lazio

le piazze di Roma
Les places de Rome
Rione Prati – Quartier Prati

PIAZZA CAVOUR
Monumento a Cavour

Piazza Cavour Place Cavour Rome Roma artgitato 0

CAMILLE CAVOUR
Camillo Paolo Filippo Giulio Benso
comte de Cavour
1810-1861
premier Président du conseil du royaume d’Italie

Camillo Cavour Camille Cavour Piazza Cavour artgitato

JARDIN DE LA PLACE CAVOUR
il giardino di Piazza Cavour
Réalisé par Nicodemo Severi entre 1895 et 1911
realizzato tra il 1895 e il 1911

Piazza Cavour Place Cavour Rome Roma artgitato 1 Piazza Cavour Place Cavour Rome Roma artgitato 3

« Le comte de Cavour n’était pas encore sorti de ces graves difficultés et déjà il en surgissait une nouvelle qu’il avait toujours redouté d’aborder. L’esprit provincial n’avait pas abdiqué devant l’élan patriotique qui avait envahi l’Italie entière. A Milan, à Florence, à Naples, on ne s’inclinait pas aisément devant la prépondérance de Turin. En cessant d’être Lombards, Toscans, Napolitains, les hommes du parti national ne se souciaient pas de devenir des Piémontais, et ils se demandaient quelle serait désormais la capitale du Royaume. Une seule ville pouvait faire taire ou concilier toutes ces rivalités. La question de Rome naquit ainsi de la constitution même de toutes les contrées en un État unique. Les groupes révolutionnaires l’avaient posée et résolue de tout temps : le siège du gouvernement italien, selon eux, devait être établi au Quirinal.  »
COMTE BENEDETTI
Le comte de Cavour et le prince de Bismarck
LA REVUE DES DEUX MONDES
TOME 137 – 1896

Piazza Cavour Place Cavour Rome Roma artgitato 4 Piazza Cavour Place Cavour Rome Roma artgitato 7 Piazza Cavour Place Cavour Rome Roma artgitato 8 Piazza Cavour Place Cavour Rome Roma artgitato 10 Monumento a Cavour Piazza Cavour Place Cavour Rome Roma artgitato 11 Monumento a Cavour Piazza Cavour Place Cavour Rome Roma artgitato 12 Monumento a Cavour

Monument à Cavour
Monumento a Cavour
Statue de bronze
statua bronzea

plateforme en granit et piédestal en marbre
piattaforma in granito e un piedistallo in marmo
allégorie de l’Italie et de Rome, de la Pensée et de l’Action
allegorie dell’Italia e di Roma, del Pensiero e dell’Azione
Stefano Galletti

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LE THEÂTRE ADRIANO
Il Teatro Adriano
« Politeama Adriano »
1898
7 juin 1898 : Mise en scène de la Bohème de Puccini
7 giugno – La bohème di PucciniPiazza Cavour Place Cavour Rome Roma artgitato 5 LE THEÂTRE ADRIANO Teatro Adriano

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Chiesa Valdese di Roma

Piazza Cavour Place Cavour Rome Roma artgitato 61 Chiesa Valdese di Roma Piazza Cavour Place Cavour Rome Roma artgitato 6 Chiesa Valdese di Roma

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Le Fontane Gemelle – Les Fontaines jumelles
Palazzo di Giustizia – Palais de Justice
il più grandioso tra gli edifici dell’epoca umbertina
La plus grand édifice du règne du roi Humbert
Fu voluto dal ministro Giuseppe Zanardelli
Commandé par le ministre Giuseppe Zanardelli
1889 -1911

Piazza Cavour Place Cavour Rome Roma artgitato 2 La Fontaine du Palais de Justice Piazza Cavour Place Cavour Rome Roma artgitato 9 Palazzo di Giustizia Piazza Cavour Place Cavour Rome Roma artgitato 91 Palazzo di Giustizia Piazza Cavour Place Cavour Rome Roma artgitato 92 Palazzo di Giustizia

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COMTE BENEDETTI
Le comte de Cavour et le prince de Bismarck
1ère Partie
LA REVUE DES DEUX MONDES
TOME 137 – 1896

« Les premières impressions de Cavour, ses premières manifestations furent d’une tout autre nature. Il était encore enfant que déjà il se révoltait contre un état de choses qui blessait tous ses instincts. Entré fort jeune et sans préparation littéraire à l’école militaire de Turin, il y fit de brillantes études scientifiques. Il fut choisi, parmi les cadets, pour faire partie du corps des pages ; cette faveur froissa son âme éprise déjà de liberté. Attaché en cette qualité à la maison du prince de Carignan, depuis le roi Charles-Albert, il se montra réfractaire aux devoirs de sa charge. Il déplut à ce prince et fut rayé du cadre des jeunes favorisés. Il a, depuis, révélé lui-même les sentimens qu’il apportait à la cour. A quelqu’un qui lui demandait comment les pages étaient habillés : « Parbleu, répondait-il, comment voulez-vous que nous fussions habillés, si ce n’est comme des laquais que nous étions ; j’en rougissais de honte. » Sorti de l’école dans les premiers rangs, il fut incorporé dans le génie ; il avait seize ans. Envoyé en garnison à Gênes, il s’y montra actif, laborieux, faisant preuve d’aptitudes qui le signalèrent à l’attention de ses chefs. Il s’y trouvait encore quand éclata la révolution de 1830 ; il y applaudit sans retenue, ne dissimulant pas des opinions libérales qui s’étaient affermies et développées dans un milieu que de vieilles traditions rendaient accessible aux mouvemens patriotiques. Dès ce moment, il eut, de la liberté ou plutôt des doctrines qui l’ont engendrée, une conception large et impérieuse. On envisageait à Turin autrement qu’à Gênes les événemens dont Paris avait été le théâtre. Charles-Albert n’avait rien oublié, et après son avènement au trône, en 1831, Cavour fut envoyé au fort de Bard qu’on jugeait opportun de mettre en bon état de défense. Cette disgrâce le blessa ; six mois après il donnait sa démission et il rentrait dans ses foyers. »

HANA-BI (Kitano) …au bord de la mort

Takeshi KITANO
北野 武
HANA-BI
はなび
1997

Hana Bi Kitano Takeshi Artgitato
Une lumière
au bord de la mort

 LA RENAISSANCE DE NISHI

Une étrange solitude pèse sur Les êtres. Qu’ils soient flics ou yakusa. La solitude est aussi sur la ville. Nishi (Takeshi Kitano) perd sa fille. Il va perdre sa femme. Son ami est perdu ; sur un fauteuil roulant, lui aussi lui parle de solitude. Il comprend, il l’écoute : « même quand on est mari et femme, chacun ne pense qu’à soi. Quand je suis revenu chez moi, ma femme et ma fille m’avaient tourné le dos. La lumière n’était même pas allumée. Elles m’ont juste dit adieu ! Je n’étais plus qu’une épave. Elles sont parties sans hésiter. En fait, c’est peut-être mieux comme ça. Mais je n’ai rien à faire. Ma mère m’a dit de me trouver un passe-temps. Elle voudrait m’inscrire à un club de poésie. A croire qu’elle se moque de moi. Je n’ai rien fait d’autre que bosser. Comme j’habite au bord de la mer, je pourrais essayer de peindre. Mais, je n’ai jamais rien peint, je ne sais pas par où commencer. Et puis, le matériel coûte cher. Mais, t’en fais pas ! Tu y es pour rien ! Je vais m’acheter un béret d’artiste. »
 Il va commencer par la fin et se laisser submerger par la mer, le fauteuil ensablé. Nous commençons aussi par la fin. Mais tout s’emboite comme les casse-tête fait tout au long du film. Hana-bi est composé sous cette forme et non celle du puzzle. Dans le puzzle, chaque pièce a une place et une seule. Unique. Tout est pré déterminé. Le casse-tête se réfléchit en fonction d’un objectif, d’un but. Et chaque pièce vivra dans plusieurs figures, pleinement. Chaque pièce a plusieurs vies, comme Nishi.

L’être lui-même est un casse-tête. En fonction de son rapport à la vie, il se donnera, ou non, un destin différent.

L’être ne redevient humain, chez Kitano, qu’après une catastrophe. Comme ceux qui, après avoir touché la mort dans un grave accident, se mettent à dévorer la vie. En face de la mort, Nishi redécouvre la sienne et retrouve sa femme dans d’intenses moments, entre jeux et partages. Il redevient lui-même. Il se retrouve enfant, jouant aux casse-tête, au cerf-volant, aux feux d’artifice, à faire sonner la cloche, qu’on venait d’interdire à un garçon quelques secondes auparavant. Son ami, lui, découvre la peinture. Un colis de tubes, un béret ; une peinture naïve et pointilliste qui illumine l’écran. Des yeux-fleurs, des têtes-fleurs. Des fleurs et des mots sur la neige : « Neige », « Lumière », « Suicide ». Rouge sur blanc. Parfois, trop de vie si vite…

Ces collègues policiers sont, comme nous, témoins de cette renaissance et s’en émerveille : « Sa femme n’en a plus pour très longtemps. Mais, en un sens, il est plus heureux que moi !». Ou à la fin, le constat net : « je ne saurai jamais vivre comme ça! »

Sa femme, dans cette spirale de bonheur, oublie sa souffrance. Un sourire trône sur ses lèvres. Plus que la vie, il s’agit d’un fluide, d’une énergie. Pourquoi des fleurs séchées ne pourraient-elles donc pas repartir aussi ? « Pourquoi vous leur donnez de l’eau ? Elles sont fanées ! Dites donc, ça ne sert à rien d’arroser des fleurs mortes ! Ton mec t’a plaquée et ça t’a rendue zinzin ! » Malheureusement son « mec », c’est Nishi qui clôturera rapidement cette discussion.

Deux phrases. « Merci ! » « Merci pour tout ! »…

…Deux balles. La musique s’arrête. Revient le bruit des vagues.

本当にありがとうございます

Jacky Lavauzelle

PAYBACK (Helgeland) PETIT GUIDE PRATIQUE DU PASSAGE A L’ACTION

Brian Helgeland

Payback (1999)

 Le Petit guide
pratique du passage
à l’action

Enlevez la mauvaise conscience de vos caboches, le sentiment de faute de vos nuits, éliminez les remords aussi. Nous entrons dans la dimension de l’action.

NE LAISSEZ SORTIR PERSONNE !

Laissez-les à l’entrée. Le moi va s’unifier. L’action va partir sans aucune hésitation. Porter, notre héros, va se rendre insupportable aux autres. Il va devenir leur plus beau cauchemar. Sans honte et sans morale. Refermez  la porte. Ne laissez sortir personne. Porter va passer à la caisse. Le spectacle va commencer.

70.000$ ! PAS PLUS, MAIS PAS MOINS NON PLUS !

Porter hante la ville ;  il marche dans ces rues noires, profondes et si peu lumineuses. Dans ces rues où s’entassent des colis, des poubelles, où les pneus crissent maladivement. Porter traîne le visage dégoulinant de sang, des balles dans la peau, un visage fracassé par les mises à tabac du jour, démembré, christique. Pourtant, il avance. Toujours.  Il est l’homme qui marche vers sa résolution intangible : 70.000$ !

OUBLIONS LA VISION INTELLECTUALISTE

70.000 $ ! Pas 140.000, ni 100.000$.Porter veut son argent. Il va tout mettre en œuvre pour récupérer son argent. Il l’aura. Il casse le cou à la vision intellectualiste qui fait transiter la volonté par le jugement. Il est la volonté pure. Le jugement n’est qu’une aide pour lui afin de brouiller les pistes. Il ne juge pas les autres. Ils n’ont qu’à être sur le bon chemin ; c’est-à-dire pas le sien. Ce qui l’intéresse, c’est son oseille.   

NUL N’EST MECHANT VOLONTAIREMENT ?

Nul n’est méchant volontairement, disait Socrate. Peut-être que Socrate n’avait-il pas regardé les ennemis de Porter dans les yeux. Il y aurait vu de la haine, du sadisme, de la morale pervertie et une société abjecte. Il aurait vu cette volonté de faire souffrir. Je pense que Socrate aurait revu son jugement. Mais il n’a pas connu ces loubards patibulaires. Enfin, je crois…Car Porter ne va pas être vraiment gentil avec ceux qui ne veulent pas lui rendre la monnaie de sa pièce. Mais il est vrai que lui ne cherche pas à faire souffrir inutilement. Ce n’est sûrement pas un méchant.  Il préfère la balle entre les yeux à la torture sadique et sanguinolente. En fait, Socrate avait raison. Porter est son messager.

RIEN NE SERT DE COURIR,
IL FAUT PARTIR A TEMPS !

Il n’y a pas non plus d’impulsion hâtive de sa part. Il ne court jamais. Il attend, se positionne, prend son temps. Tiens, j’ai oublié mon paquet de cigarettes. Ça tombe bien, mon amie est en train de passer un mauvais quart d’heure. Un passage à tabac en règle. Cigarettes, tabac,…Un quart d’heure plus tard, un cadavre gît dans la chambre. Ce n’est pas Porter. Il ramasse le chien en morceaux. Entre bêtes…

L’ATOMISATION DES THESES HORMIQUES

Il ne correspond pas non plus à la thèse hormique de Mc Dougall. Dans le comportement de Porter aucune impulsion aveugle. Bien au contraire. Porter a la vision de son projet, pleine et entière. Sa décision est prise au premier instant quand il sort de ce parking quasi mort. Il ne s’énerve jamais et garde toujours le contrôle de ses émotions. Il prendra même le temps de brouiller les pistes, avec le badge de la police, précédemment dérobé et remis délicatement dans les mains de son ex-compagnon qu’il vient juste de refroidir.

PORTER, L’HOMME QUI MARCHE  !

Pas de routine chez Porter, pas de lassitude. Il est l’homme qui avance, sans peurs et sans reproches. Sa volonté est hors du commun, quasi surhumaine. Elle lui permettre de rendre possible l’impensable. De soulever et de déplacer des montagnes. On lui rit au nez. On ne le prend pas au sérieux. Tous les intéressés ont du mal à se rappeler de ce nom, Porter, de cet homme sans prénom. Lui résiste, seul devant l’incompréhension générale.

DES MORTS POUR LE PRIX D’UN COSTUME !

Les flics ripoux et le syndicat, pardon, l’Organisation, tentaculaire et quasi-abstraite, ne le comprennent pas. Ils ne comprennent pas sa demande. 70.000$, dit l’un des chefs, c’est pas le prix de mon costume !

Les autres, flics ou membres de l’Organisation, sont dans le développement de leurs affaires. Les sommes s’enchaînent et s’accroissent. Les chiffres sont pris dans des vitesses exponentielles, suivant des logiques de développement de leurs business.

Lui, reste sur cette somme, intangiblement. Et il dégomme méthodiquement l’architecture de cette mafia petit à petit jusqu’à la tête. Il refuse cette croissance du nombre incontrôlable. Porter est une sorte de décroissant, ou plutôt une croissance raisonnable et humaine.

QUAND ON A TOUT PERDU

Porter a tout perdu. C’est un homme seul. Un homme qui a presque perdu sa vie. Son tueur l’a laissé choir, agonisant, dans un parking anonyme, plusieurs balles dans le corps. Cette vie s’enfuyait. Il ne lui restait plus rien. Plus de famille, plus d’amis, plus de boulot et même de prénom. Il s’appelle Porter, c’est tout. Il se plonge dans ce monde qui perd ses identités, lui aussi. Les flics n’ont pas de noms. Les membres de notre organisation, sont des membres sans tête. Lui, Porter, le sait encore, toute organisation a une tête, un homme aux commandes. Il la trouvera et décapitera et les flics et l’organisation.

 Porter a pris ses responsabilités. Il a rendu la monnaie et ficeler le cadeau. Tout est propre. Nettoyé. Et encore,  Porter  avance. Ouvrez-lui les portes ! Le spectacle est terminé.

Jacky Lavauzelle