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ENTHOUSIASME DE LA HAINE -Poème de Miguel Hernández – Entusiasmo del odio – 1938/1941

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Miguel Hernández
(30 octobre 1910 Orihuela, province d’Alicante – 28 mars 1942 Alicante)
(Orihuela, 30 de octubre de 1910-Alicante, 28 de marzo de 1942)

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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

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Cancionero y romancero de ausencias
1938-1941


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ENTUSIASMO DEL ODIO
ENTHOUSIASME DE LA HAINE

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Francisco de Goya, La Procession à l’ermitage Saint-Isidore,1819-1823 (détail)

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Entusiasmo del odio,
Enthousiasme de la haine
ojos del mal querer.
volonté des yeux du mal.
Turbio es el hombre,
Nuageux est l’homme
turbia la mujer.
nuageuse est la femme.

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POEMES DE MIGUEL HERNANDEZ
POEMAS DE MIGUEL HERNANDEZ

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TON VENTRE -Poème de Miguel Hernández – Menos tu vientre – 1938/1941

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Miguel Hernández
(30 octobre 1910 Orihuela, province d’Alicante – 28 mars 1942 Alicante)
(Orihuela, 30 de octubre de 1910-Alicante, 28 de marzo de 1942)

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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

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Cancionero y romancero de ausencias
1938-1941


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MENOS TU VIENTRE
TON VENTRE


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Francisco de Goya, La Maja desnuda, 1790-1800



Menos tu vientre,
En dehors de ton ventre,
todo es confuso.
tout est confusion.
Menos tu vientre,
En dehors de ton ventre,
todo es futuro
tout est futur
fugaz, pasado
fugace, passé
baldío, turbio.
vide, nuageux.
Menos tu vientre,
En dehors de ton ventre,
todo es oculto.
tout est caché.
Menos tu vientre,
En dehors de ton ventre
todo inseguro,
Tout est insécurité,
todo postrero,
tout est fini,
polvo sin mundo.
poussière sans monde.
Menos tu vientre,
En dehors de ton ventre
todo es oscuro.
tout est obscur.
Menos tu vientre
En dehors de ce ventre
claro y profundo.
clair et profond.

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POEMES DE MIGUEL HERNANDEZ
POEMAS DE MIGUEL HERNANDEZ

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L’OLIVIER – Sonnet de Miguel Hernández – SONREÍR CON LA ALEGRE TRISTEZA DEL OLIVO

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Miguel Hernández
(30 octobre 1910 Orihuela, province d’Alicante – 28 mars 1942 Alicante)
(Orihuela, 30 de octubre de 1910-Alicante, 28 de marzo de 1942)

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POEMAS ÚLTIMOS
(1939-1941?)

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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

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SONREÍR CON LA ALEGRE TRISTEZA DEL OLIVO
L’OLIVIER


SONETO- SONNET

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Ramón CasasFlores deshojadas – 1894

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Sonreír con la alegre tristeza del olivo.
Sourire semblable à la tristesse joyeuse de l’olivier.
Esperar. No cansarse de esperar la alegría.
Attendre. Ne jamais se fatiguer d’attendre la joie.
Sonriamos. Doremos la luz de cada día
Sourions. Nous allumerons la lumière de chaque jour
en esta alegre y triste vanidad del ser vivo.
dans cette joyeuse et triste vanité de l’être vivant.

*

Me siento cada día más libre y más cautivo
Je me sens plus libre chaque jour et plus captif
en toda esta sonrisa tan clara y tan sombría.
dans ce sourire si clair et si sombre.
Cruzan las tempestades sobre tu boca fría
Les tempêtes traversent ta bouche froide
como sobre la mía que aún es un soplo estivo.
comme la mienne, qui encore agite ce souffle estival.

*

Una sonrisa se alza sobre el abismo: crece
Un sourire se lève sur l’abîme : il grandit
como un abismo trémulo, pero valiente en alas.
comme un abîme tremblant, mais aux vaillantes ailes.
Una sonrisa eleva calientemente el vuelo.
Un sourire prend chaleureusement son envol.

*

Diurna, firme, arriba, no baja, no anochece.
Ferme, il se dresse, dans le jour, toujours, éloignant la nuit.
Todo lo desafías, amor: todo lo escalas.
Défiant tout, amour, surmontant tout.
Con sonrisa te fuiste de la tierra y del cielo.
D’un sourire tu as quitté la terre et le ciel.

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POEMES DE MIGUEL HERNANDEZ
POEMAS DE MIGUEL HERNANDEZ

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LATIFF MOHIDIN KERIS (KRISS) KUALA LUMPUR 1987 MENARA MAYBANK

‘Keris’ arca yang telah dihasilkan oleh Lattif Mohidin

Malaysia
Voyage en Malaisie
PHOTO JACKY LAVAUZELLE




 

 

LATIFF MOHIDIN
KERIS
1987


 Visiter Kuala Lumpur
Meneroka kota Kuala Lumpur
Melawat Kuala Lumpur
吉隆坡
Куала-Лумпур

 

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LATIFF MOHIDIN
KERIS
KRISS
1987

Pengarca – Sculpteur – Sculptor
Ecrivain et Peintre

Né le 20 août 1941 à Seremban
20 Ogos 1941 di Seremban

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Année – Year – Tahun 1987
Hauteur – Height – Tinggi 17 m
Poids – Weight – Berat 2024kg
Métal inoxydable – Stainless metal – Keluli Berkilat
Fabrique – Fabricator – Fabrikator Tajima Metalwork

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Le sculpteur Latiff Mohidin a travaillé l’espace d’une manière remarquable. Il s’est intégré totalement dans le décor de la modernité de la ville de Kuala Lumpur en habillant de son Kriss/Keris traditionnel une des tours les plus emblématiques de Kuala Lumpur : la MayBank, reconnaissable de très loin, posée entre la modernité des quartiers d’affaires et ChinaTown.

Mais la sculpture ne s’offre pas ainsi au passant. Il faut rentrer dans les jardins de la MayBank où nous attendent de multiples restaurants d’entreprise dans un cadre de verdure et de tranquillité propice à la pause méridienne des secrétaires, des comptables et commerciaux.

Latiff Mohidin a marié ce métal inoxydable avec la brillance de la tour et ainsi personnifie la Menara Maybank comme un chevalier ou noble Malais qui porterait à la ceinture son Keris / Kriss traditionnel.

Le pourpoint du guerrier vient moins rappeler le côté combattant que l’esprit de la tradition. Il glorifie la Menara, la sacralise en sorte et donne un prestige à l’ensemble.

Cette fusion dans ce cœur de la ville, dans l’écrin de verdure ne donne pas son sens non plus dans l’immédiateté. Cette tour ressemble plus à une Tour Eiffel quand on l’aborde la première fois. Mais le Kriss/Keris n’est plus une arme depuis longtemps mais un des symboles fondamentaux de la culture et de la vie Malaise.

En ce sens son œuvre se pose en une structure classique, c’est-à-dire globalisante, assertive, une somme en somme. Il interprète l’objet dans un esprit de totalité : modernité et tradition, symbole et concept, légèreté et massification, fonctionnalité de la tour et esthétisme de la sculpture, identité nationale et mondialisation, lignes courbes et lignes droites, la souplesse et la rigidité…

Charles Baudelaire précisait que “La modernité, c’est le transitoire, le fugitif, le contingent, la moitié de l’art, dont l’autre moitié est l’éternel et l’immuable. Il y a eu une modernité pour chaque peintre ancien.” (Le Peintre de la vie moderne). Latiff Mohidin, en intégrant tant d’éléments qui constituent en partie l’âme Malaise, dans cette voie largement ouverte sur la modernité, dans ce respect profond et sincère de la tradition, construit ce pont vers l’éternel et l’immuable.

Jacky Lavauzelle

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« This sculpture inspired by Malay Keris symbolises the fusion of tradition, strengh and vitality which are reflected in Menara Maybank. »
« Arca yang diilhamkan dari keris ini melambangkan gabunkan unsur tradisional, kekuatan dan daya hidup sepertimana tercemin di Menara Maybank. »
« Cette sculpture inspirée du Kriss Malay symbolise la fusion de la tradition, de la force et de la vitalité qui se reflètent dans la Tour  Maybank ».

    

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LATIFF MOHIDIN

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Markus Lüpertz JUDITH BILBAO

Markus Lüpertz JUDITH BILBAO
markus-lupertz-judith-bilbao-espagne-artgitato-2

« Mais Judith reste là, l’épiant en silence,
Ecoutant s’affaiblir les élans de ce cœur ;
Elle est là, se courbant jusqu’au lit du vainqueur,
La main droite crispée au cuivre de sa lance. »
Jean Bertheroy – Judith

 Markus Lüpertz JUDITH BILBAO

Euskal Herria






Pays Basque
EUSKADI

BILBAO
毕尔巴鄂
ビルバオ
билбао
——

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Photos Jacky Lavauzelle




Estatua Statue 雕像 статуя 彫像

Judith
Markus Lüpertz
1995

Paseo de la Memoria
Oroitzapenaren Ibilbidea
Route de la Mémoire
Parque de Ribera
Bilbao

Bronce modelado
Bronze

markus-lupertz-judith-bilbao-espagne-artgitato-1

« Ce n’est plus cette femme ondoyante et soumise
Qui se pâmait aux bras de son maître d’un jour ;
C’est l’héroïne au sein glacial, sans amour,
Méditant avec Dieu la vengeance promise  »
Jean Bertheroy – Judith

markus-lupertz-judith-bilbao-espagne-artgitato-3

« Il la voit maintenant, debout, près de sa couche,
Telle qu’elle accourut des hauteurs du Liban :
Les cheveux dénoués, le front ceint du turban,
Belle d’une beauté surprenante et farouche « 
Jean Bertheroy – Judith

markus-lupertz-judith-bilbao-espagne-artgitato-2

« Elle a gagné le faîte ; et dominant la ville,
Les temples, les palais qui sommeillent sans bruit,
Dans la vapeur sereine et pâle de la nuit
Son corps drapé de blanc nettement se profile. »
Jean Bertheroy – Judith

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Markus Lüpertz
né le 25 avril 1941 à Reichenberg – Liberec
jaio April 25, 1941 Reichenberg-Liberec hasi
Nacido el 25 de abril de 1941 en Reichenberg – Liberec

 

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Markus Lüpertz JUDITH BILBAO

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Poème de Jean Bertheroy
Judith

I

Sous le haut pavillon tendu d’or et de soies,
Dont l’éclat à son front jette un reflet vermeil,
Holopherne, dormant d’un fébrile sommeil,
Rêve à l’heure passée en d’accablantes joies.

Sur son lit large et bas, son corps aux tons bronzés
Repose maintenant dans la paix de sa force
Et ses muscles, saillant aux contours nus du torse,
Vibrent au souvenir des transports apaisés.

Lui que, jusqu’à ce jour, les filles d’Hyrcanie
Ont vainement bercé de leur lente chanson,
Pour la première fois a connu le frisson,
Le long frisson d’amour et l’extase infinie,

Aussi comme il frémit, le rude Assyrien !
Un soupir, par instans, soulève sa poitrine,
Et sa lèvre, où se joue une ombre purpurine,
Sourit à la clarté du songe aérien.

Loin, bien loin, par-delà les tremblantes étoiles,
Par-delà les flots verts des océans sans fond,
Il rêve de voguer dans cet azur profond
Dont la main d’une femme a déchiré les voiles ;

Il rêve… et sur sa chair il croit sentir encor,
Dans l’engourdissement des pesantes ivresses,
Voltiger les baisers et courir les caresses
De la Juive, — qu’encadre un triomphant décor.

Il la voit maintenant, debout, près de sa couche,
Telle qu’elle accourut des hauteurs du Liban :
Les cheveux dénoués, le front ceint du turban,
Belle d’une beauté surprenante et farouche ;

Son bras, pour la saisir, se tend avec effort ;
Un souffle parfumé vient effleurer sa face…
Enfin la vision se confond et s’efface,
Et d’un sommeil plus lourd, Holopherne s’endort.

II

Mais Judith reste là, l’épiant en silence,
Ecoutant s’affaiblir les élans de ce cœur ;
Elle est là, se courbant jusqu’au lit du vainqueur,
La main droite crispée au cuivre de sa lance.

Son regard inquiet, se voilant à demi,
S’arrête sur le front du soldat qui repose :
L’amour lui fait un nimbe ardent d’apothéose ;
Et surprise, Judith songe à son ennemi ;

Pendant quelques instans, morne, elle le contemple.
— Qu’il est tranquille et beau ! — Dans le calme du soir
Il dort ; — et sur lui flotte un parfum d’encensoir
Comme sur la victime au pronaos du temple.

— Adonaï le veut ! « Pour sauver Israël
Tu répandras le sang, fécondante rosée. »
Et froidement sur lui son arme s’est posée
Interrogeant la mort en un défi cruel.

Ce n’est plus cette femme ondoyante et soumise
Qui se pâmait aux bras de son maître d’un jour ;
C’est l’héroïne au sein glacial, sans amour,
Méditant avec Dieu la vengeance promise ;

Dans le marbre luisant ses membres sont sculptés.
Telle qu’une hautaine et mouvante statue,
Elle semble évoquer l’Esprit maudit qui tue
Et les démons épais des sombres voluptés.

Aux veines où sa vie étroitement s’infiltre
A-t-elle assez versé le magique poison ? ..
Et dans les baisers lents qui troublent la raison
A-t-elle assez offert son âme comme un philtre ? ..

— Oui, sans doute, — il est temps d’agir ; — d’un geste court,
Saisissant les cheveux d’Holopherne, elle frappe ;
Un flot rouge l’aveugle ; et le corps du satrape
Vient rouler à ses pieds avec un écho sourd.

III

Promptement, à travers les plaines, elle emporte
Le ruisselant trophée enfoui dans son sein.
Il faut, pour consommer son tragique dessein,
Rentrer à Béthulie : « Ouvrez, ouvrez la porte !

« Le dieu que nous servons, le grand dieu Jéhova
« A, cette fois encor, manifesté sa gloire :
« Aux enfans d’Abraham il donne la victoire ;
« Contre ses ennemis sa Droite se leva.

« Or, pour vous assurer le jour des représailles,
« Voici que j’ai conquis un précieux butin :
« Demain, les fils d’Assur, dans les feux du matin,
« Verront pendre une tête aux créneaux des murailles.

— Et rapide, passant devant les chefs anciens,
Les bras serrés au cœur, impassible prêtresse,
Seule, elle va gravir la haute forteresse ;
D’en bas tous les regards sont suspendus aux siens.

Elle a gagné le faîte ; et dominant la ville,
Les temples, les palais qui sommeillent sans bruit,
Dans la vapeur sereine et pâle de la nuit
Son corps drapé de blanc nettement se profile.

Et déjà ses deux mains ont fixé sans trembler
A la tige de fer la dépouille sanglante.
Mais horreur ! elle croit entendre une voix lente,
Comme un râle de mort par son nom l’appeler.

Est-ce un rêve ? ô seigneur d’Israël, est-ce un rêve ? ..
La tête se retourne et parle en frissonnant ; —
Dans l’orbite les yeux se meuvent, maintenant ;
En un rictus amer la bouche se relève.

Holopherne s’éveille : au fond de son cerveau
Palpitent les derniers battemens de la vie ;
Et la voix dit : « Ma soif ne s’est pas assouvie ;
Juive, de ton baiser endors-moi de nouveau. »

Alors, obéissant à ce vouloir suprême,
Inconsciente, ainsi qu’un fantôme hagard,
On crut voir sous le ciel la fille de Mérar
Aux lèvres de l’époux coller sa lèvre blême.

Jean Bertheroy
Judith
Revue des Deux Mondes
3e période, tome 97
1890 pp. 463-466

Eckhard Schembs die Ziege La Chèvre Ladenburg

Allemagne
Deutschland
Германия – 德国 – ドイツ

LADENBURG
Altstadt

Eckhard Schembs

 

—-
Sculptures Allemandes
Deutsch Bildhauer
Eckhard Schembs

né en 1941

——

 

 

Photo Jacky Lavauzelle

*

 


die Ziege
La Chèvre
Eckhard Schembs

 

Eckhard Schembs die ziege la chevre ladenburg artgitato (1) Eckhard Schembs die ziege la chevre ladenburg artgitato (2)


LA CHÈVRE

Ma bonne chèvre limousine,
Gentille bête à l’œil humain,
J’aime à te voir sur mon chemin,
Loin de la gare et de l’usine.

Toi que la barbe encapucine,
Tu gambades comme un gamin,
Ma bonne chèvre limousine,
Gentille bête à l’œil humain.

 Je vais à la ferme voisine,
Mais je te jure que demain
Tu viendras croquer dans ma main
Du sucre et du sel de cuisine,
Ma bonne chèvre limousine.

Maurice Rollinat
Dans les brandes, poèmes et rondels
Charpentier, 1883
pp. 202-203
LXVII – La chèvre

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LA CHÈVRE ET L’ÂNE

Un homme nourrissait une chèvre et un âne. Or la chèvre devint envieuse de l’âne, parce qu’il était trop bien nourri. Et elle lui dit : « Entre la meule à tourner et les fardeaux à porter, ta vie est un tourment sans fin, » et elle lui conseillait de simuler l’épilepsie, et de se laisser tomber dans un trou pour avoir du repos. Il suivit le conseil, se laissa tomber et se froissa tout le corps. Son maître ayant fait venir le vétérinaire, lui demanda un remède pour le blessé. Le vétérinaire lui prescrivit d’infuser le poumon d’une chèvre ; ce remède lui rendrait la santé. En conséquence on immola la chèvre pour guérir l’âne.

Quiconque machine des fourberies contre autrui devient le premier artisan de son malheur.

Fables d’Ésope
Traduction d’Émile Chambry

Gernot Rumpf – Heidelberger Brückenaffe- Affe Skulptur – Affe an der alten Brücke – Le Singe du Vieux-Pont- Heidelberg – 海德堡 – 1979

Allemagne
Deutschland
Германия – 德国 – ドイツ

Heidelberg
海德堡 – ハイデルベルク

Affe Skulptur
Heidelberger Brückenaffe
Alte Brücke – Le Vieux Pont

—-
Sculptures Allemandes
Deutsch Skulpturen
Gernot Rumpf

né le 17 avril 1941 à Kaiserslautern
17 April 1941

 

——

 

 

Photo Jacky Lavauzelle

*

 


Heidelberger Brückenaffe
Affe
Skulptur
Affe an der alten Brücke Le Singe du Vieux Pont
Affe mit Spiegel, Gedicht und zwei Mäusen
Le Singe au miroir, la Poésie et les deux Souris
1979

Gernot Rumpf

Heidelberger Brückenaffe

Gernot Rumpf Heidelberger Brückenaffe Affe Skulptur Affe an der alten Brücke Le Singe du Vieux-Pont Heidelberg Artgitato (1) Gernot Rumpf Heidelberger Brückenaffe Affe Skulptur Affe an der alten Brücke Le Singe du Vieux-Pont Heidelberg Artgitato (2)

Texte de
Martin Zeiller
Martin Zeiller17 Avril 1589-6 Octobre, 1661
17 avril 1589-6 octobre 1661

Gernot Rumpf Heidelberger Brückenaffe Affe Skulptur Affe an der alten Brücke Le Singe du Vieux-Pont Heidelberg Artgitato (4)

« Was thustu
Mich hie angaffen?
 Hastu nicht gesehen
Den alten Affen
 Zu Heydelberg
Sich dich hin unnd her 
 Da findestu wol
Meines gleichen mehr »

Martin Zeiller
Werk Itinerarium Germaniae
1632

Que faites-vous
Ebahis ainsi devant moi ?
N’avez-vous pas vu
Le vieux singe
de Heidelberg
Regardez ici et là
Vous trouverez bien
de fortes ressemblances

Gernot Rumpf Heidelberger Brückenaffe Affe Skulptur Affe an der alten Brücke Le Singe du Vieux-Pont Heidelberg Artgitato (5)

La main droite forme avec ses doigts le symbole qui doit combattre le mauvais œil
L’index et l’auriculaire sont tendus
Position appelée le Signe des Cornes ou les Cornes du Diable 

Gernot Rumpf Heidelberger Brückenaffe Affe Skulptur Affe an der alten Brücke Le Singe du Vieux-Pont Heidelberg Artgitato (7) Gernot Rumpf Heidelberger Brückenaffe Affe Skulptur Affe an der alten Brücke Le Singe du Vieux-Pont Heidelberg Artgitato (8) Gernot Rumpf Heidelberger Brückenaffe Affe Skulptur Affe an der alten Brücke Le Singe du Vieux-Pont Heidelberg Artgitato (9)

Zwei kleine Mausfiguren erinnern an das kurfürstliche Kornhaus
Deux petites souris se trouvent à la gauche du chat à l’endroit où se trouvait l’ancienne halle aux grains

Gernot Rumpf Heidelberger Brückenaffe Affe Skulptur Affe an der alten Brücke Le Singe du Vieux-Pont Heidelberg Artgitato (10)

La tête du singe est creuse
Elle permet a chacun de l’utiliser comme un masque grecque à la LeonidasGernot Rumpf Heidelberger Brückenaffe Affe Skulptur Affe an der alten Brücke Le Singe du Vieux-Pont Heidelberg Artgitato (11)

Heidelberger Brückenaffe

Kurt Gebauer – Mozart – Zelný trh v Brně- Brno

TCHEQUIE
Česká republika
捷克共和国
République tchèque
BRNO

—-
Sculptures Tchèques
Kurt Gebauer
Mozart – Zelný trh v Brně- Brno

 

——

 

 

Photo Jacky Lavauzelle

*

 


Zelný trh
Marché aux Légumes
Vegetable Market
kapucínské náměstí

Mozart
Mozart au piano
Mozart on a piano
2006-2007
Kurt Gebauer

Divadlo Reduta
Theâtre de Brno

Kurt Gebauer
18. srpna 1941 Hradec nad Moravicí
Né le 18 août 1941 à Hradec nad Moravicí

 

Kurt Gebauer - Mozart - Zelný trh v Brne- Brno Artgitato 2 Kurt Gebauer - Mozart - Zelný trh v Brne- Brno Artgitato

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MOZART & SALIERI
PAR POUCHKINE

 Par une persévérance obstinée, pleine d’efforts, j’atteignis enfin un haut degré dans l’art infini. La gloire vint me sourire. Je trouvai dans le cœur des hommes un écho à mes créations. J’étais heureux ; je jouissais paisiblement de mes travaux, de mes succès, de ma gloire, ainsi que des travaux et des succès de mes amis, de mes compagnons dans l’art éternel. Non, jamais je n’avais connu l’envie, jamais ; ni lorsque Piccini sut enchanter l’oreille des sauvages Parisiens, ni même quand j’entendis les premiers accents de l’Iphigénie. Qui aurait pu dire que le fier Salieri deviendrait un misérable envieux, un serpent foulé aux pieds, qui, dans son abaissement, n’a plus de force que pour mordre la poussière et le sable ? Personne… Et maintenant, c’est moi-même qui le dis, je suis un envieux ; oui, j’envie profondément, cruellement. O ciel ! où donc est ta justice, quand le don sacré, le génie immortel, n’est pas envoyé en récompense de l’amour brûlant, de l’abnégation, du travail, de la patience, des supplications enfin, mais quand il illumine le front d’un viveur insouciant ! O Mozart ! Mozart !… (Entre Mozart.)

je suis choisi pour l’arrêter. Sans cela nous sommes tous perdus, nous les prêtres de la musique, non pas moi seulement avec ma sourde renommée. À quoi peut-il servir que Mozart vive encore, et atteigne des hauteurs nouvelles ? Élèvera-t-il par là notre art ? Non, l’art tombera dès que Mozart aura disparu sans laisser d’héritier. Comme un chérubin, il nous aura apporté quelques chants du paradis, pour, après avoir ému en nous, fils de la poussière, le désir sans ailes, s’envoler de nouveau. Envole-toi donc… plus tôt ce sera, et mieux ce sera…
Voici ce poison, dernier présent de mon Isaure. Il y a dix-huit ans que je le porte constamment sur moi. Et bien souvent, depuis cette époque, la vie m’a paru comme une plaie insupportable ; et bien souvent je me suis assis à la même table avec un ennemi sans défiance. Mais jamais je ne me suis laissé aller aux murmures de la tentation, quoique je ne sois pas un lâche, quoique je ressente profondément toute offense, quoique j’estime peu la vie. J’hésitais toujours. Quand la soif de la mort venait me prendre : mourir, me disais-je ! mais peut-être la vie m’apportera des dons inattendus ; peut-être l’enthousiasme viendra me visiter ; une nuit créatrice et l’inspiration… peut-être un nouveau Haydn fera-t-il quelque chose de grand, et j’en jouirai. Ou bien, quand j’étais assis dans un repas avec un convive détesté : peut-être, me disais-je, trouverai-je un ennemi encore plus mortel ; peut-être une offense viendra fondre sur moi d’une hauteur plus orgueilleuse… En ce cas, tu ne te perdras pas en vain, présent de mon Isaure. Et j’avais raison, j’ai trouvé enfin l’ennemi auquel je ne puis pardonner. Un bien autre que Haydn m’a abreuvé de jouissances ineffables. Il est temps. Dernier legs de l’amour, passe aujourd’hui dans la coupe de l’amitié !

Alexandre Pouchkine
Poèmes dramatiques
Traduction par Ivan Tourgueniev et Louis Viardot.
 Hachette, 1862
1, pp. 180-195
Mozart et Salieri

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Kurt Gebauer – Mozart – Zelný trh v Brně- Brno

I mörkret Karin BOYE Traduction du poème Suèdois DANS L’OBSCURITE

Dikter av Karin Boye

Traduction – Texte Bilingue
Karin Boye dikter
Boye poet
I mörkret BOYE Poesi
DANS L’OBSCURITE Karin Boye Poésie


LITTERATURE SUEDOISE
POESIE SUEDOISE

svensk litteratur
svensk poesi

KARIN BOYE
1900-1941

Traduction Jacky Lavauzelle


I mörkret

Dans l’Obscurite

I mörkret ligger jag och hör,
Dans l’obscurité, je me couche et j’entends,
hur klockor dånar utanför
le son des cloches
med långa, tunga, jämna slag,
avec de longues, de lourdes, de régulières ondes,
som mörkrets djupa andetag.
comme la profonde respiration des ténèbres.

*

De dövar allt och söver allt
Qui amortit tout et assoupit tout
och löser tingens dimgestalt
et résout les choses imbriquées
i långa, tunga, jämna dån,
dans de longs, de lourds, de réguliers rugissements ;
 som tanken aldrig lossnar från.
dont la pensée ne se détache plus.

*

Jag är bland dem som knappast finns
Je suis parmi eux à peine
och bara vet och bara minns
et il me suffit de savoir et de me rappeler seulement
det gamla mörkrets hjärteslag,
le battement de cœur de l’ancienne ombre,
som väntar ingen morgondag.
n’attendant pas de lendemain.

*

som fruktar ingen morgondag.
et ne craignant pas le lendemain.

**************************
Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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I mörkret Karin Boye
Dans l’Obscurité Karin Boye

VERDUN ON NE PASSE PAS 1916 Chanson de Jack Cazol & Eugène Joullot Musique de René Mercier

SELECTION ARTGITATO
CHANSON FRANCAISE
 

PAROLES de Jack CAZOL  (1874-1935)
& Eugène JOULLOT (1872-1941)
MUSIQUE de René MERCIER (1867-1945)

 

Verdun on ne passe pas Chanson Militaire Sélection Artgitato


Verdun ! On ne passe pas!

Chanson Militaire
1916

Un aigle noir a plané sur la ville,
Il a juré d’être victorieux,
De tous côtés, les corbeaux se faufilent
Dans les sillons et dans les chemins creux.
Mais tout à coup, le coq gaulois claironne :
Cocorico, debout petits soldats !
Le soleil luit, partout le canon tonne,
Jeunes héros, voici le grand combat.

Et Verdun, la victorieuse,
Pousse un cri que portent là-bas
Les échos des bords de la Meuse,
Halte là ! on ne passe pas…
Plus de morgue, plus d’arrogance,
Fuyez barbares et laquais,
C’est ici la porte de France,
Et vous ne passerez jamais.

Les ennemis s’avancent avec rage,
Énorme flot d’un vivant océan,
Semant la mort partout sur son passage,
Ivres de bruit, de carnage et de sang;
Ils vont passer… quand relevant la tête,
Un officier dans un suprême effort,
Quoique mourant, crie : À la baïonnette
Hardi les gars, debout, debout les morts !

Et Verdun, la victorieuse,
Pousse un cri que portent là-bas
Les échos des bords de la Meuse,
Halte là ! on ne passe pas…
Plus de morgue, plus d’arrogance,
Fuyez barbares et laquais,
C’est ici la porte de France,
Et vous ne passerez jamais.

Mais nos enfants, dans un élan sublime,
Se sont dressés; et bientôt l’aigle noir,
La rage au cœur impuissant en son crime,
Vit disparaître son suprême espoir.
Les vils corbeaux devant l’âme française
Tombent sanglants, c’est le dernier combat
Pendant que nous chantons la Marseillaise,
Les assassins fuient devant les soldats.

Et Verdun, la victorieuse,
Pousse un cri que portent là-bas
Les échos des bords de la Meuse,
Halte là ! on ne passe pas…
Plus de morgue, plus d’arrogance,
Fuyez barbares et laquais,
C’est ici la porte de France,
Et vous ne passerez jamais.

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verdun on ne passe pas

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