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POEME DE NIKOLAUS LENAU – AUS ! DEHORS !

LITTERATURE ALLEMANDE
Deutsch Literatur

 AUS !
DEHORS !
NIKOLAUS LENAU

NIKOLAUS LENAU
Poète Autrichien
Österreichische Dichter
1802-1850

 

 

Traduction Jacky Lavauzelle

——–

die Gedichte
Les Poèmes


AUS !
DEHORS !

Nikolaus LENAU

**

Ob jeder Freude seh’ ich schweben
Alors que la joie flotte sereine
Den Geier bald, der sie bedroht:
Aussitôt les vautours bientôt menacent :
Was ich geliebt, gesucht im Leben,
Tout ce que j’ai aimé ou voulu dans la vie,
Es ist verloren oder todt.
Est soit perdu soit mort.

*

Fort riß der Tod in seinem Grimme
La mort déchire dans sa colère
Von meinem Glück die letzte Spur;
Les dernières traces de mes félicités ;
Das Menschenherz hat keine Stimme
Le cœur humain n’a pas de voix
Im finstern Rathe der Natur.
Dans le sombre conseil de la nature.

*

Ich will nicht länger thöricht haschen
Je ne veux plus être arraché
Nach trüber Fluten hellem Schaum,
Aux turpitudes des eaux écumantes,
Hab’ aus den Augen mir gewaschen
J’ai lavé mes yeux
Mit Thränen scharf den letzten Traum.
Avec les larmes vives de mon dernier rêve.

 NIKOLAUS LENAU

**

**************************

NIKOLAUS LENAU
AUS !
DEHORS !

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(EXTRAIT)
LE MARTYRE D’UN POETE
d’ADOLPHE BOSSERT

 L’amour n’a point de paroles, parce qu’il est supérieur à toute pensée… O Sophie, il faut que tu m’aimes comme ton meilleur ouvrage. Mes joies et mes espérances, qui étaient mortes, se sont relevées en s’appuyant sur toi ; elles ont pris une vie nouvelle et plus belle. Tu es ma consolation, le foyer où je me réchauffe. Tu es ma révélation ; je te dois ma réconciliation avec ce monde-ci et ma paix dans l’autre. » Sa religion, déclare-t-il, est devenue inséparable de son amour. Il ne peut penser à Sophie sans penser à Dieu.
Il croit maintenant à un Dieu personnel. « Il est impossible que les forces rigides et insensibles de la nature produisent un être tel que toi. Tu es l’œuvre de prédilection d’un dieu personnel et aimant. » Il se sent uni avec Dieu dans un même sentiment : c’est le dernier degré de cette élévation mystique. « Je me suis réveillé cette nuit avec de délicieuses pensées pour toi. La volonté de Dieu sur nous m’est apparue tout d’un coup, claire comme le soleil. Notre amour n’est qu’une partie de son propre amour. » Et il ajoute mystérieusement : « Je t’expliquerai cela un jour. »

Le martyre d’un poète
Nicolas Lenau et Sophie Lœwenthal
Adolphe Bossert
Revue des Deux Mondes
Tome 37
1907

NIKOLAUS LENAU Poème DAS KREUZ LA CROIX 1841

LITTERATURE ALLEMANDE
Deutsch Literatur

Das KREUZ LA CROIX NIKOLAUS LENAU

NIKOLAUS LENAU
Poète Autrichien
Österreichische Dichter
1802-1850

 

 

Traduction Jacky Lavauzelle

——–

die Gedichte
Les Poèmes


LA CROIX
Das Kreuz
1841
Nikolaus LENAU

 

**

 

Caspar David Friedrich
Das Kreuz im Gebirge
1812

**

Ich seh ein Kreuz dort ohne Heiland ragen,
Je distingue une croix là-bas sans son Sauveur,
Als hätte dieses kalte Herbsteswetter,
Comme si ce temps d’automne glacial,
Das stürmend von den Bäumen weht die Blätter,
En soufflant les feuilles dérobées aux arbres,
Das Gottesbild vom Stamme fortgetragen.
Y avait dérobé l’image de Dieu.
Soll ich dafür den Gram, in tausend Zügen
Dois-je m’effrayer de ces mille éclats
Rings ausgebreitet, in ein Bildnis kleiden?
Sur le sol répartis et recomposer une image ?
Soll die Natur ich und ihr Todesleiden
Dois-je clouer la nature et sa douleur
Dort an des Kreuzes leere Stätte fügen?
En lieu et place de mon Sauveur sur la croix  ?

********

NIKOLAUS LENAU

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(EXTRAIT)
LE MARTYRE D’UN POETE
d’ADOLPHE BOSSERT

 L’amour n’a point de paroles, parce qu’il est supérieur à toute pensée… O Sophie, il faut que tu m’aimes comme ton meilleur ouvrage. Mes joies et mes espérances, qui étaient mortes, se sont relevées en s’appuyant sur toi ; elles ont pris une vie nouvelle et plus belle. Tu es ma consolation, le foyer où je me réchauffe. Tu es ma révélation ; je te dois ma réconciliation avec ce monde-ci et ma paix dans l’autre. » Sa religion, déclare-t-il, est devenue inséparable de son amour. Il ne peut penser à Sophie sans penser à Dieu.
Il croit maintenant à un Dieu personnel. « Il est impossible que les forces rigides et insensibles de la nature produisent un être tel que toi. Tu es l’œuvre de prédilection d’un dieu personnel et aimant. » Il se sent uni avec Dieu dans un même sentiment : c’est le dernier degré de cette élévation mystique. « Je me suis réveillé cette nuit avec de délicieuses pensées pour toi. La volonté de Dieu sur nous m’est apparue tout d’un coup, claire comme le soleil. Notre amour n’est qu’une partie de son propre amour. » Et il ajoute mystérieusement : « Je t’expliquerai cela un jour. »

Le martyre d’un poète
Nicolas Lenau et Sophie Lœwenthal
Adolphe Bossert
Revue des Deux Mondes
Tome 37
1907

ANASTASIUS GRÜN Poème DIR ALLEIN ! A TOI SEULE !

LITTERATURE ALLEMANDE
Deutsch Literatur

Dir allein ! Anastasius Grün

Anastasius Grün
Anton Alexander Graf von Auersperg
Anton Alexander comte d’Auersperg
1806-1876

 

 

Traduction Jacky Lavauzelle

——–

die Gedichte
Les Poèmes


A toi seule !
Dir Allein !
Anastasius Grün

**

Möchte jedem gern die Stelle zeigen,
Je pourrais montrer à chacun le lieu,
Wo mein Herz so schwer verwundet worden;
Où mon cœur si grièvement a été blessé ;
Aber dir möcht’ ich mein Leid verschweigen,
Mais à toi, je cacherai mon chagrin,
Doch nur dir! denn du allein
Seulement à toi ! Car toi seule
  Hast den Dolch, der mich vermag zu morden.
Tiens la dague qui peut me faire disparaître.

*

Möchte keinem meine Leiden klagen,
Je préfère ne pas me plaindre de mes souffrances
Aber dir enthüllen alle Wunden,
Mais te révéler toutes ces blessures
Die gar tief mein Herz sich hat geschlagen;
Profondes dans mon cœur qui me tuent ;
Doch nur dir! denn du allein
Seulement à toi ! car toi seule
 Hast den Balsam, der mich macht gesunden.
As le baume pour me guérir.

********

ANASTASIUS GRÜN

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SUR ANASTASIUS GRÜN

SAINT-RENE TAILLANDIER
1844

Avant cette émeute dont j’ai à m’occuper aujourd’hui, avant cet avènement hautain de la poésie politique, il y a eu, dans l’histoire de ces vingt dernières années, une tentative assez semblable. Un esprit d’opposition, plein de jeunesse, de nouveauté, et animé d’une légitime audace, s’est produit avec éclat dans des vers que l’Allemagne n’a pas oubliés.
UNE NOUVELLE DIRECTION, UN NOUVEAU MOUVEMENT
La poésie, la vraie poésie, offensée trop souvent par les prétentions orgueilleuses de la nouvelle école, était toujours respectée hautement par ce chaste écrivain, et jamais, au plus fort de sa colère et de ses véhémentes apostrophes, jamais il n’avait laissé s’altérer le noble langage auquel il confiait l’expression de sa pensée. M. Anastasius Grün, car c’est de lui que je parle, a véritablement ouvert la direction nouvelle, le nouveau mouvement poétique qui, depuis quelques années, a transformé les lettres allemandes ; mais il a toujours évité les écueils où plus d’un, parmi ceux qui l’ont suivi, ont donné tête baissée.
L’ECOLE DE SOUABE
La langue que parle M. Grün est toujours la belle langue poétique d’Uhland ; il se rattache à cette charmante école de Souabe, si vraiment nationale, si bien parée de toutes les grâces de la nature germanique ; seulement il y fait apparaître un élément nouveau. Tandis qu’Uhland chante la patrie, tandis qu’il vit sur un fonds d’idées générales, M. Grün introduit dans l’école de Souabe quelque chose de plus particulier, il descend aux applications directes, aux problèmes les plus rapprochés, aux questions de chaque jour, et il appelle Rollet un fripon. Les Promenades d’un poète viennois sont le premier témoignage de la poésie politique si accréditée en ce moment, et on peut dire qu’elles en sont demeurées le modèle. Sans doute il y a dans Uhland plus d’une pièce qui semble aussi appartenir à cette direction ; le poète qui a chanté le bon vieux droit avec tant d’amour, le doux chanteur qui a réveillé dans l’esprit de son peuple tous les bons instincts, qui y a entretenu comme une défense le souvenir des anciennes vertus, ce poète peut être nommé parmi ceux qui ont essayé de créer une poésie politique. Toutefois, chez Uhland, cette poésie n’existe pas encore, et de ce fonds d’idées plus général, M. Grün, le premier, a fait sortir la vive et libre audace qui tente aujourd’hui tant de jeunes écrivains. On a remarqué que Béranger étudiait beaucoup La Fontaine ; on a dit qu’il était facile de retrouver dans son style et dans sa pensée maintes traces de la fine et franche tradition gauloise. Eh bien ! le rapport qui existe entre le chantre du roi d’Yvetot et la muse insouciante et hardie qui osait écrire, sous Louis XIV :

Notre ennemi c’est notre maître,
Je vous le dis en bon français ;

ce même rapport est celui qui, toute proportion gardée, unit M. Grün à Uhland. Je tiens à établir nettement cette idée : si M. Anastasius Grün a conservé, selon moi, une supériorité incontestable sur ses jeunes et ardents successeurs, c’est en grande partie à cette position littéraire qu’il en est redevable. Cette filiation poétique, ces relations avec l’école d’Uhland et de Justin Kerner, l’ont préservé de bien des écarts. En conduisant sa muse dans les routes périlleuses, il a pris soin que ses pieds ne fussent pas déchirés par les ronces et qu’elle gardât toujours son chaste vêtement.
UNE CHASTETE D’IDEAL, UN RESPECT RELIGIEUX DE LA FORME
Peut-être même a-t-il poussé trop loin la tendresse de ses scrupules ; il a redoublé d’attention et de vigilance, il a surveillé sa pensée et son langage avec une pudeur inquiète, tant il apercevait les périls de la carrière où il s’engageait ! On lui a reproché, et avec raison, une certaine afféterie, un soin trop minutieux des parures de la muse ; mais la langue souvent un peu grossière de ses successeurs est venue justifier ses craintes et absoudre ses fautes. Une grande chasteté d’idéal, un respect religieux de la forme, n’étaient pas un grand mal pour celui qui ouvrait une route où les erreurs contraires sont si fréquentes. M. Grün prenait ses précautions avec une louable intention d’artiste. J’oserais le comparer à l’auteur de Stello pour ce soin exquis et pur, et je m’assure que M. de Vigny, s’il eût hasardé sa muse dans cette direction dangereuse, n’aurait pas eu pour elle moins de respect et de sollicitude. Ce souci de M. Grün s’explique très bien et par son amour de l’art, par son attachement filial à l’école d’Uhland, et aussi peut-être par un sentiment élevé qui est propre à sa nature et au nom qu’il porte.
LES HARDIESSES DU LIBRE PENSEUR PROTEGEES PAR CETTE FORME PURE
On sait, en effet, qu’Anastasius Grün est un pseudonyme, et que le poète chaste et hardi qui a donné à l’Allemagne la poésie politique est un gentilhomme autrichien, M. le comte d’Auersperg. Le succès des Promenades d’un poète viennois fut immense. L’audace inattendue des idées saisit énergiquement les âmes ; en même temps, comme il y avait là un sentiment exquis de l’art, comme ce n’étaient point des dissertations rimées, mais bien de la vraie poésie, toutes les hardiesses du libre penseur, protégées par cette forme pure, pénétrèrent partout avec une merveilleuse promptitude. Je ne crains pas d’affirmer que la publication de ce livre fut un événement pour l’Allemagne. On eut beau le proscrire et le défendre, le coup était porté ; l’expérience avait réussi ; la muse allemande, si dédaigneuse autrefois du monde réel, savait désormais qu’elle pouvait se hasarder dans les rues de la ville, et quitter l’empyrée pour la terre.

LONGTEMPS LE SEUL REPRESENTANT DE LA POESIE POLITIQUE
Pendant longtemps M. Anastasius Grün fut le seul représentant de la poésie politique. Il y a quatre ans seulement qu’une jeune et active phalange s’est formée tout à coup, les uns pleins de gaieté, les autres plus sévères, ceux-ci agitant leurs grelots, ceux-là sonnant des fanfares. Les bruits de guerre que provoqua le traité du 15 juillet 1840, et l’hostilité passagère ranimée un instant entre la France et l’Allemagne, en furent la première occasion. Tant que M. Grün avait été seul, comme la direction de sa pensée était le produit d’une réflexion austère, d’une étude calme et désintéressée, l’art sérieux l’avait adoptée sans réserve. Au contraire, la poésie, chez les écrivains dont je vais parler, se ressentira de la commotion brusque et rapide d’où elle est née. Lors même qu’ils n’auraient pas renié insolemment leur habile devancier, il eût été facile de voir qu’ils ne suivaient pas la même route, et que bien des différences littéraires les séparaient. Ils n’ont d’ailleurs voulu nous laisser aucun doute à cet égard, et M. Grün a été plus d’une fois traité par eux avec un incroyable dédain. C’est donc une chose bien entendue : nos nouveau-venus ne relèvent que d’eux-mêmes ; ils sont seuls responsables de leurs œuvres ; soit, nous ne demandons pas mieux si l’arrogance de leur début et le talent même dont ils ont fait preuve nous autorisent à les juger avec une entière franchise…

Saint-René Taillandier
LA POESIE ET LES POETES DEMOCRATIQUES
De la littérature politique en Allemagne
Revue des Deux Mondes
Période Initiale
Tome 6
1844

POEME DE HÖLDERLIN Die Aussicht La Perspective

LITTERATURE ALLEMANDE
Deutsch Literatur

Poème de Hölderlin
Die Aussicht
La Perspective

Friedrich Hölderlin
1770-1843

 

Traduction Jacky Lavauzelle

——–

die Gedichte
Les Poèmes
Стихи Фридриха Гельдерлина
荷尔德林诗
Friedrich_hoelderlin


Friedrich Hölderlin

Die Aussicht
La Perspective
Poème de Hölderlin

**

 Die Aussicht

 

If geht in die Ferne der Menschen wohnend Leben,
Si vous allez loin de la grouillante vie des hommes,
Wo Ferne in sterben Šich erglänzt Zeit der Reben sterben,
Où au loin luit la vigueur des vignes,
Ist auch dabei von Sommers Gefilde leer,
Reposent aussi les champs vides de l’été,
Der Wald Erscheint mit Seinem dunklen Bilde.
La forêt apparaît alors avec sa sombre image.
Dass sterben Natur ergänzt das Bild der Zeiten,
Si la nature anéantit l’image des temps,
Dass sterben verweilt, sie schnell vorübergleiten,
Qui résistent et rapidement glissent,
Ist aus Vollkommenheit, Höhe des Himmels glänzet
C’est par perfection, la hauteur du ciel resplendit
Dann den Menschen, Bäume Wie Blut umkränzet.
Sur les hommes, arbres couronnés de sang.

Mit Untertänigkeit
Respectueusement
d. 24 Mai 1748.
Scardanelli

**

Poème de Hölderlin

der Sarg HEINE INTERMEZZO LYRIQUE LXVI LE CERCUEIL

der Sarg Heine
Lyrisches Intermezzo

INTERMEZZO LYRIQUE
Heinrich Heine

der Sarg Heine

INTERMEZZO LYRIQUE HEINE
Lyrisches Intermezzo
LITTERATURE ALLEMANDE
intermezzo-lyrique-heine-artgitato-lyrisches-intermezzo-heine-willem-van-aelst-bloemenstilleven-met-horloge



Christian Johann Heinrich Heine
der Sarg Heine
LE CERCUEIL




der-sarg-heine-artgitato-gaspar-david_friedrich-graveyard-under-snow-museum-der-bildenden-kunste Caspar_David_Friedrich
Friedhof im Schnee
1826

Cimetière sous la neige
Graveyard under Snow
Museum der bildenden Künste
Leipzig

*

1823

INTERMEZZO LYRIQUE
Lyrisches Intermezzo
der Sarg HEINE

Die alten, bösen Lieder,
Les vieilles et vilaines chansons,
Die Träume schlimm und arg,
Les nocifs et mauvais rêves,
Die laßt uns jetzt begraben,
Nous devons les ensevelir maintenant,
 Holt einen großen Sarg.
Dans un grand cercueil.

*

Hinein leg’ ich gar manches,
J’y mettrai tant de choses,
Doch sag’ ich noch nicht was;
Mais je ne dis pas tout encore ;
 Der Sarg muß seyn noch größer
Le cercueil doit être plus large encore
Wie’s Heidelberger Faß.
Que ne l’est la tonne de Heidelberg.

*

Und holt eine Todtenbahre,
Et prenez aussi une civière,
  Von Brettern fest und dick;
Aux planches fermes et épaisses ;
  Auch muß sie seyn noch länger
Mais plus longue
 Als wie zu Maynz die Brück’.
Que le pont de Mayence.

*

Und holt mir auch zwölf Riesen,
Et apportez-moi douze géants,
Die müssen noch stärker seyn
Plus forts encore
Als wie der starke Christoph,
Que le saint Christophe,
Im Dom zu Cöln am Rhein.
De la cathédrale de Cologne sur le Rhin.

*

Die sollen den Sarg forttragen,
Ils porteront le cercueil,
Und senken in’s Meer hinab;
Et le feront couler dans la mer ;
Denn solchem großen Sarge
Un si grand cercueil
Gebührt ein großes Grab.
Demande une bien grande tombe.

*

Wißt Ihr warum der Sarg wohl
Savez-vous pourquoi le cercueil
  So groß und schwer mag seyn?
Est si gros, si lourd ?
Ich legt’ auch meine Liebe
J’y mettrai amour
Und meinen Schmerz hinein.
A l’intérieur et toute ma douleur.

*

*******

LXVI

der Sarg Heine

Heinrich Heine
INTERMEZZO LYRIQUE
Lyrisches Intermezzo

********

Lyrisches Intermezzo

*********
LA POESIE DE HEINRICH HEINE

A ce point de vue, Heine est traité en privilégié. Les Allemands peuvent bien maudire le pamphlétaire, ils savent par cœur les vers du poète. Éditeurs, biographes, critiques d’outre-Rhin lui ont consacré d’importans travaux. Chez nous, seul entre les poètes allemands, il bénéficie de ce privilège d’avoir un public. Je ne nie pas que nous n’ayons pour quelques autres, et pour Goethe par exemple, un juste respect. Nous admirons Gœthe, nous ne l’aimons pas. Au contraire, l’auteur de l’Intermezzo est pour quelques Français de France un de ces écrivains qui sont tout près du cœur. Cela tient à plusieurs raisons parmi lesquelles il en est d’extérieures. Heine a vécu pendant de longues années parmi nous ; il parlait notre langue, quoique avec un fort accent ; il l’écrivait, quoique d’une façon très incorrecte ; il nous a loués, quoique avec bien de l’impertinence ; il a été mêlé à notre société ; il a été en rapports avec nos écrivains, nos artistes et même nos hommes politiques. Nous nous sommes habitués à le considérer comme un des nôtres, et sa plaisanterie, fortement tudesque, passe encore pour avoir été une des formes authentiques de l’esprit parisien. Notre sympathie pour Heine se fonde d’ailleurs sur des motifs plus valables. Il a quelques-unes des qualités qui nous sont chères : son style est clair ; ses compositions sont courtes. Nous aimons ces lieds dont quelques-uns durent le temps d’un soupir, l’espace d’un sanglot. Leur pur éclat nous semble celui de la goutte de rosée que le soleil taille en diamant, ou d’une larme qui brille dans un sourire. C’est par eux que le meilleur de la sentimentalité allemande est parvenu jusqu’à nous. Ou, pour parler plus exactement, la poésie de Heine représente une nuance particulière de sensibilité, qu’il a créée et que nous avons accueillie. Aussi doit-elle avoir sa place dans une histoire de la poésie lyrique en France. De même qu’il y a une «critique allemande » de l’œuvre de Heine, il convient qu’il y en ait parallèlement une «critique française ».

René Doumic
Revue littéraire
La poésie de Henri Heine d’après un livre récent
Revue des Deux Mondes
4e période
tome 140
1897
pp. 457-468

***************************

INTERMEZZO LYRIQUE
Lyrisches Intermezzo
LXVI
der Sarg Heine
Poésie HEINRICH HEINE

Die Erde war so lange geitzig HEINRICH HEINE INTERMEZZO LYRIQUE XXVI

INTERMEZZO LYRIQUE
Heinrich Heine
Die Erde war so lange geitzig

INTERMEZZO LYRIQUE HEINE
LITTERATURE ALLEMANDE
intermezzo-lyrique-heine-artgitato-lyrisches-intermezzo-heine-willem-van-aelst-bloemenstilleven-met-horloge



Christian Johann Heinrich Heine
Die Erde war so lange geitzig




Deutsch Poesie
 Deutsch Literatur

Heinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich Heine

HEINRICH HEINE
1797- 1856

German poet
Poète Allemand
Deutsch Dichter

Heinrich Heine Oeuvre Poèmes Poésie Gedichte Artgitato

Übersetzung – Traduction
Jacky Lavauzelle




INTERMEZZO LYRIQUE HEINE
XXVI

Die Erde war so lange geitzig

 

 

Lyrisches Intermezzo
XXVI
LA TERRE LONGTEMPS AVARE

1823

INTERMEZZO LYRIQUE
Die Erde war so lange geitzig
Heinrich Heine

*

XXVI

Die Erde war so lange geitzig,
La terre, longtemps avare,
 Da kam der May, und sie ward spendabel,
Avec le mois de mai redevient généreuse,
 Und alles lacht, und jauchzt, und freut sich,
Et tout rit, se réjouit et s’enflamme
  Ich aber bin nicht zu lachen kapabel.
mais moi, je n’ai plus le cœur à rire.

*

Die Blumen sprießen, die Glöcklein schallen,
Les fleurs éclosent et les clochettes tintent,
Die Vögel sprechen wie in der Fabel;
Les oiseaux parlent comme dans la fable ;
Mir aber will das Gespräch nicht gefallen,
Mais je n’aime pas la conversation,
Ich finde Alles miserabel.
Je trouve tout misérable.

*

Das Menschenvolk mich ennuyiret,
Le monde des hommes m’ennuie,
Sogar der Freund, der sonst passabel; –
Même l’ami me paraît passable ; –
Das kömmt, weil man Madame tituliret
Cela vient qu’on la nomme Madame
 Mein süßes Liebchen, so süß und aimabel.
Ma douce aimée, si douce, si aimable.

 

 

*******

XXVI
Die Erde war so lange geitzig
HEINRICH HEINE
INTERMEZZO LYRIQUE

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LA POESIE DE HEINRICH HEINE

A ce point de vue, Heine est traité en privilégié. Les Allemands peuvent bien maudire le pamphlétaire, ils savent par cœur les vers du poète. Éditeurs, biographes, critiques d’outre-Rhin lui ont consacré d’importans travaux. Chez nous, seul entre les poètes allemands, il bénéficie de ce privilège d’avoir un public. Je ne nie pas que nous n’ayons pour quelques autres, et pour Goethe par exemple, un juste respect. Nous admirons Gœthe, nous ne l’aimons pas. Au contraire, l’auteur de l’Intermezzo est pour quelques Français de France un de ces écrivains qui sont tout près du cœur. Cela tient à plusieurs raisons parmi lesquelles il en est d’extérieures. Heine a vécu pendant de longues années parmi nous ; il parlait notre langue, quoique avec un fort accent ; il l’écrivait, quoique d’une façon très incorrecte ; il nous a loués, quoique avec bien de l’impertinence ; il a été mêlé à notre société ; il a été en rapports avec nos écrivains, nos artistes et même nos hommes politiques. Nous nous sommes habitués à le considérer comme un des nôtres, et sa plaisanterie, fortement tudesque, passe encore pour avoir été une des formes authentiques de l’esprit parisien. Notre sympathie pour Heine se fonde d’ailleurs sur des motifs plus valables. Il a quelques-unes des qualités qui nous sont chères : son style est clair ; ses compositions sont courtes. Nous aimons ces lieds dont quelques-uns durent le temps d’un soupir, l’espace d’un sanglot. Leur pur éclat nous semble celui de la goutte de rosée que le soleil taille en diamant, ou d’une larme qui brille dans un sourire. C’est par eux que le meilleur de la sentimentalité allemande est parvenu jusqu’à nous. Ou, pour parler plus exactement, la poésie de Heine représente une nuance particulière de sensibilité, qu’il a créée et que nous avons accueillie. Aussi doit-elle avoir sa place dans une histoire de la poésie lyrique en France. De même qu’il y a une « critique allemande » de l’œuvre de Heine, il convient qu’il y en ait parallèlement une « critique française ».

René Doumic
Revue littéraire
La poésie de Henri Heine d’après un livre récent
Revue des Deux Mondes
4e période
tome 140
1897
pp. 457-468

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INTERMEZZO LYRIQUE
XXVI
HEINRICH HEINE

LORELEY HEINRICH HEINE LORELEI

loreley-heinrich-heine-lorelei-artgitatoLITTERATURE ALLEMANDE






Christian Johann Heinrich Heine
LORELEY LORELEI




Deutsch Poesie
 Deutsch Literatur

Heinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich Heine

HEINRICH HEINE
1797- 1856

German poet
Poète Allemand
Deutsch Dichter

Heinrich Heine Oeuvre Poèmes Poésie Gedichte Artgitato

Übersetzung – Traduction
Jacky Lavauzelle




LORELEI

LORELEY

 

*

Loreley

Ich weiß nicht, was soll es bedeuten,
Je ne sais pourquoi
Daß ich so traurig bin;
Je suis si triste ?
Ein Märchen aus alten Zeiten,
Une fable des temps anciens,
Das kommt mir nicht aus dem Sinn.
Occupe mon esprit.

*

Die Luft ist kühl und es dunkelt,
L’air est frais et s’obscurcit,
Und ruhig fließt der Rhein;
Et coule paisible le Rhin ;
 
Der Gipfel des Berges funkelt
Les pics scintillent
Im Abendsonnenschein.
 Dans le noir soleil du soir.

*

Die schönste Jungfrau sitzet
La plus belle des filles est assise
  Dort oben wunderbar,
Là-bas, merveilleuse,
Ihr goldnes Geschmeide blitzet,
Ses bijoux dorés brillent,
Sie kämmt ihr goldnes Haar.
Elle coiffe ses cheveux d’or.

*

Sie kämmt es mit goldnem Kamme,
Elle se peigne avec un peigne d’or,
Und singt ein Lied dabey;
Et chante tout autant ;
Das hat eine wundersame,
Mystérieuse,
Gewaltige Melodey.
Formidable mélodie.

*

Den Schiffer, im kleinen Schiffe,
Le marin, dans son petit navire,
Ergreift es mit wildem Weh;
Est saisi de malheur;
Er schaut nicht die Felsenriffe,
 Il ne voit plus les roches,
 
Er schaut nur hinauf in die Höh’.
 Les yeux dans les cimes.

*

Ich glaube, die Wellen verschlingen
Il me semble que les vagues engloutissent
  Am Ende Schiffer und Kahn;
Au final le marin et le bateau;
Und das hat mit ihrem Singen
Et cela, avec son chant
 
Die Loreley getan.
La Lorelei la fait.

********

Sonnets traduits du portugais XV Sonnets from the Portuguese XV (Elizabeth Barrett Browning) Sonette aus dem Portugiesischen XV (RILKE) Sonnets du Portugais XV

Sonnets traduits du Portugais

Rainer Maria Rilke
1875-1926
Rainer Maria Rilke Portrait de Paula Modersohn-Becker 1906

Elizabeth Barrett Browning
1806-1861

 

 

Elizabeth Barrett Browning

*




Sonnets from the Portuguese
1850

XV


Rainer Maria Rilke
Sonette aus dem Portugiesischen
1908
XV

Traduction Française
Jacky Lavauzelle
Sonnets Portugais
Sonnets traduits du Portugais
XV

 

*

Elizabeth-Barrett-Browning Sonnets from the Portuguese Elizabeth Barrett Browning Sonette aus dem Portugiesischen RILKE

XV
Quinzième Sonnet

***




XV Sonnets traduits du portugais XV Sonnets from the Portuguese XV (Elizabeth Barrett Browning) Sonette aus dem Portugiesischen V. Kandinsky Automne en Bavière 1908

Vassily Kandinsky Automne en Bavière 1908

***

Accuse me not, beseech thee, that I wear
Klag mich nicht dessen an, daß ich dem deinen
Ne m’accuse pas, je t’en prie, de porter
Too calm and sad a face in front of thine;
mein Antlitz traurig still entgegentrage.
Un trop calme et triste visage devant toi ;
For we two look two ways, and cannot shine
Wir sehen so verschieden in die Tage,
Nous regardons de deux façons, et nous ne pouvons pas éclairer
With the same sunlight on our brow and hair.
daß Haar und Stirne nicht bei beiden scheinen.
Par la même lumière nos fronts et nos cheveux.

*

On me thou lookest with no doubting care,
Du kannst um mich so ruhig sein wie um
Tu peux me regarder sans douter,
As on a bee shut in a crystalline;
die Biene, die in ein Kristall geriet,
Comme sur une abeille enfermée dans un cristallin ;
Since sorrow hath shut me safe in love’s divine,
seit deine Liebe meinen Schmerz ringsum
Depuis que la tristesse qui m’enferme dans le divin amour,
And to spread wing and fly in the outer air
umschlossen hat mit Herrlichkeit. Mich zieht
Qui agite mon aile et qui vole dans les airs

*

Were most impossible failure, if I strove
nach draußen nichts, und wenn mich etwas riefe,
Serait impossible  si je ne persévérais
To fail so. But I look on thee—on thee—
so wär es Wahnsinn. Doch, in dich verloren,
Sans cesse. Mais je te regarde … toi…
Beholding, besides love, the end of love,
seh ich die Liebe und der Liebe Ende.
Contemplant, outre l’amour, la fin de l’amour,

*

Hearing oblivion beyond memory;
Und das Vergessen rauscht in meine Ohren.
Entendant l’oubli au-delà de la mémoire ;
As one who sits and gazes from above,
So sieht, wer hoch sitzt, aller Ströme Wende
Comme celui qui est assis et regarde en haut,
Over the rivers to the bitter sea.
und Ausgang in des Meeres bittre Tiefe.
Les rivières qui cheminent  jusqu’à la mer amère. 

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Sonnets de la Portugaise

Sonnets from the Portuguese Elizabeth Browning
Sonnets Traduits du Portugais

Elizabeth Barrett Browning Robert Browning 1865 photogravure Julia Margaret Cameron

Robert Browning
photogravure de 1865
De Julia Margaret CameronAlbert Chevallier Tayler Elizabeth Barrett Browning 1909
Peinture d’Elizabeth Barrett Browning
Par Albert Chevalier Tayler
1909

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SONNETS DE LA PORTUGAISE XIV Sonnets from the Portuguese XIV (Elizabeth Barrett Browning) Sonette aus dem Portugiesischen XIV (RILKE) Sonnets du Portugais XIV

SONNETS DE LA PORTUGAISE

Rainer Maria Rilke
1875-1926
Rainer Maria Rilke Portrait de Paula Modersohn-Becker 1906

Elizabeth Barrett Browning
1806-1861
Elizabeth Barrett Browning

 

 

Elizabeth Barrett Browning

*

Sonnets from the Portuguese
1850

XIV


Rainer Maria Rilke
Sonette aus dem Portugiesischen
1908
XIV




Traduction Française
Jacky Lavauzelle
Sonnets de la Portugaise
Sonnets Portugais
XIV

 

*

Elizabeth-Barrett-Browning Sonnets from the Portuguese Elizabeth Barrett Browning Sonette aus dem Portugiesischen RILKE

XIV
Quatorzième Sonnet
Sonnet de la Portugaise

*
Sonnets from the Portuguese XIV Elizabeth Barrett Browning Artgitato Sonette aus dem Portugiesischen Vassily Kandinsky Composition n° 4

В. Кандинский Композиция IV».
1911
Vassily Kandinsky Composition n°4

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Sonnets de la Portugaise
XIV

If thou must love me, let it be for nought
Wenn du mich lieben mußt, so soll es nur
Si tu dois m’aimer, que ce soit pour rien
Except for love’s sake only. Do not say
der Liebe wergen sein. Sag nicht im stillen:
Sauf par amour de l’amour seulement. Ne dis pas
‘I love her for her smile—her look—her way
»Ich liebe sie um ihres Lächelns willen,
«Je l’aime pour son sourire — son regard — sa manière
Of speaking gently,—for a trick of thought
für ihren Blick, ihr Mildsein, für die Spur,
De parler délicate, — pour son tour d’esprit

*

That falls in well with mine, and certes brought
die ihres Denkens leichter Griff in mir
Qui correspond bien au mien, et qui apporte
A sense of pleasant ease on such a day’—
zurückläßt, solche Tage zu umrändern«. –
Ce sentiment d’aisance agréable un instant.
For these things in themselves, Beloved, may
Denn diese Dinge wechseln leicht in dir,
Voilà des choses en elles-mêmes, Bien-Aimé, qui peuvent
Be changed, or change for thee,—and love, so wrought,
Geliebter, wenn sie nicht sich selbst verändern.
Être changées ou te changer, — et l’amour, ainsi forgé, 

*

May be unwrought so. Neither love me for
Wer also nährt, der weiß auch, wie man trennt.
Peut-être sous une forme brute. Ne m’aime pas pour
Thine own dear pity’s wiping my cheeks dry,—
Leg auch dein Mitleid nicht zu Grund, womit
Cette chère pitié qui assécha mes larmes,
A creature might forget to weep, who bore
du meine Wangen trocknest; wer den Schritt
Une créature peut oublier de pleurer et plonger

*

Thy comfort long, and lose thy love thereby!
aus deinem Trost heraus nicht tut, verkennt
Dans ton aisance et perdre ainsi ton amour!
But love me for love’s sake, that evermore
die Tränen schließlich und verliert mit ihnen
Mais aime-moi par amour de l’amour, qu’éternellement
Thou mayst love on, through love’s eternity.
der Liebe Ewigkeit: ihr sollst du dienen.
Tu puisses aimer à travers l’éternité de l’amour.  

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Sonnets de la Portugaise

Sonnets from the Portuguese Elizabeth Browning

Elizabeth Barrett Browning Robert Browning 1865 photogravure Julia Margaret Cameron

Robert Browning
photogravure de 1865
De Julia Margaret CameronAlbert Chevallier Tayler Elizabeth Barrett Browning 1909
Peinture d’Elizabeth Barrett Browning
Par Albert Chevalier Tayler
1909

 

Sonnets from the Portuguese Elizabeth Browning 42 Sonnets Portugais – Rainer Maria Rilke

Sonnets from the Portuguese Elizabeth Browning

Rainer Maria Rilke
1875-1926
Rainer Maria Rilke Portrait de Paula Modersohn-Becker 1906

Elizabeth Barrett Browning
1806-1861

 

 

Elizabeth Barrett Browning

*

Sonnets from the Portuguese
1850

XLII


Rainer Maria Rilke
Sonette aus dem Portugiesischen
1908
XLII

Traduction Française
Jacky Lavauzelle
Sonnets Portugais
XLII

 

*

Sonnets from the Portuguese Elizabeth Browning





Elizabeth-Barrett-Browning Sonnets from the Portuguese Elizabeth Barrett Browning Sonette aus dem Portugiesischen RILKE

XLII
Douzième Sonnet

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Sonnets from the Portuguese Elizabeth Browning

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Sonnets from the Portuguese Elizabeth Browning 42 Sonnets Portugais - Rainer Maria Rilke Artgitato Vassily Kandinsky Composition n° 217

Vassily Kandinsky – Composition n°217
В.В. Кандинский. Композиция № 217
1917

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‘My future will not copy fair my past’—
Nicht eine Reinschrift von Gewesenem wird
«Mon avenir ne copiera pas seulement mon passé ‘—
I wrote that once; and thinking at my side
mir meine Zukunft sein, so schrieb ich, glaubend
Je l’ai déjà écrit ; et à mes côtés
My ministering life-angel justified
der Engel stünde da, mir dies erlaubend
Mon ange-gardien a justifié
The word by his appealing look upcast
durch sein zu Gott unendlich unbeirrt
Ce mot par son séduisant regard

*

To the white throne of God, I turned at last,
gewandtes Antlitz. Aber schließlich wandte
Vers le trône blanc de Dieu, je me suis retourné enfin,
And there, instead, saw thee, not unallied
ich mich und fand an seiner Stelle dich,
Et là, à sa place je t’ai vu, l’allié
To angels in thy soul! Then I, long tried
der Umgang hat mit Engeln. Plätzlich wich
Des anges en ton âme ! Alors j’ai, moi qui longtemps ai essayé
By natural ills, received the comfort fast,
Siechtum von mir, da ich den Trost erkannte;
Par de mauvaise voies, reçu un réconfort rapide,

*

While budding, at thy sight, my pilgrim’s staff
mein Pilgerstab schlug aus in deinem Blick
Tandis que bourgeonnent, à tes yeux, les bienfaits de mon pèlerinage
Gave out green leaves with morning dews impearled.
und stand im Morgentau. Und mein Geschick
et perlent les feuilles vertes dans les rosées matinales.
I seek no copy now of life’s first half:
wird künftig nicht des alten Abschrift werden:
Je ne cherche plus à copier  maintenant la première moitié de ma vie :

*

Leave here the pages with long musing curled,
laß das zerlesene Buch, das mich betrifft,
Laisse ici les pages de cette longue rêverie,
And write me new my future’s epigraph,
und schreib mir meiner Zukunft Überschrift,
Et écris-moi la nouvelle épigraphe de mon avenir,
New angel mine, unhoped for in the world!
mein neuer Engel, unverhofft auf Erden.
Mon nouvel ange inespéré de ce monde !

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Sonnets from the Portuguese Elizabeth Browning

Elizabeth Barrett Browning Robert Browning 1865 photogravure Julia Margaret Cameron

Robert Browning
photogravure de 1865
De Julia Margaret CameronAlbert Chevallier Tayler Elizabeth Barrett Browning 1909
Peinture d’Elizabeth Barrett Browning
Par Albert Chevalier Tayler
1909