Archives par mot-clé : poème russe

ÉPITAPHE – SERGUEÏ ESSÉNINE (1925) Гори, звезда моя, не падай

Littérature Russe
SERGUEÏ ESSÉNINE 1925

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русский поэт- Poète Russe
русская литература

***
стихотворение  – Poésie

***

 

 

Sergueï Essénine
Сергей Александрович Есенин

3 octobre 1895 Konstantinovo (Rybnov) – 28 décembre 1925 à Leningrad
3 октября 1895, Константиново – 28 декабря 1925, Ленинград
TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

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LA POÉSIE DE SERGUEÏ ESSÉNINE


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Не ветры осыпают пущи 
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ÉPITAPHE
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17 августа 1925
17 août 1925
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Гори, звезда моя, не падай.
Étoile, mon étoile, ne tombe pas
Роняй холодные лучи.
Laisse tomber tes froids rayons.
Ведь за кладбищенской оградой
Après tout, regarde la clôture du cimetière
Живое сердце не стучит.
Les cœurs morts ne battent plus.

*

Ты светишь августом и рожью
Toi étincelant seigle gorgé de la lumière d’août
И наполняешь тишь полей
Dans la sérénité silencieuse de ton champ
Такой рыдалистою дрожью
Noyé au milieu des ondes lumineuses
Неотлетевших журавлей.
Tu es triste pour les grues qui couvent.

*

И, голову вздымая выше,
Moi, je lève ma tête et je regarde loin
Не то за рощей — за холмом
Au-delà des bois au-delà des collines
Я снова чью-то песню слышу
J’entends – J’entends une chanson
Про отчий край и отчий дом.
Qui vient de la maison de mon père.

*

И золотеющая осень,
Et à l’automne doré,
В березах убавляя сок,
Monte la sève des bouleaux ;
За всех, кого любил и бросил,
Tous ceux que j’ai quittés et que j’ai aimés
Листвою плачет на песок.
Leur feuillage les pleure sur le sable.

*

Я знаю, знаю. Скоро, скоро
Je sais, je sais. Bientôt, bientôt
Ни по моей, ни чьей вине
Plus de soucis ni de blâmes
Под низким траурным забором
Couché sous une petite clôture
Лежать придется так же мне.
Au-dessus de moi.

*

Погаснет ласковое пламя,
Ma douce flamme sortira
И сердце превратится в прах.
Et mon cœur vers la poussière se tournera.
Друзья поставят серый камень
Les amis poseront une stèle grise
С веселой надписью в стихах.
Avec une joyeuse épitaphe en vers.

*

Но, погребальной грусти внемля,
Mais prends garde tristesse funèbre
Я для себя сложил бы так:
J’écrirai moi-même ce qui suit :
Любил он родину и землю,
« Il aimait sa patrie et il aimait sa terre
Как любит пьяница кабак.
Il aimait comme saoul on aime sa taverne. »

17 августа 1925
17 août 1925

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Бабушкины сказки
C. А. Есенин

LES POEMES DE SERGUEÏ ESSÉNINE

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LA POESIE DE SERGUEÏ ESSÉNINE
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LES PSAUMES DES ÉTOILES FILANTES – SERGUEÏ ESSÉNINE 1914 – Не ветры осыпают пущи

Littérature Russe
SERGUEÏ ESSÉNINE 1914

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русский поэт- Poète Russe
русская литература

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стихотворение  – Poésie

***

 

 

Sergueï Essénine
Сергей Александрович Есенин

3 octobre 1895 Konstantinovo (Rybnov) – 28 décembre 1925 à Leningrad
3 октября 1895, Константиново – 28 декабря 1925, Ленинград
TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

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LA POESIE DE SERGUEÏ ESSÉNINE


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Не ветры осыпают пущи 
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LES PSAUMES DES ÉTOILES FILANTES
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1914
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Не ветры осыпают пущи,
Ce ne sont pas les vents qui fouettent les forêts,
Не листопад златит холмы.
Ce ne sont pas les feuilles qui dorent les vallées.
С голубизны незримой кущи
Mais dans l’immense voûte bleue
Струятся звездные псалмы.
Ce sont les psaumes des étoiles filantes.
*
Я вижу — в просиничном плате,
Je vois – en soie bleu-azur
  На легкокрылых облаках,
Sur des lumineux nuages ailés,
Идет возлюбленная Мати
La venue de la Mère Bien-Aimée
С Пречистым Сыном на руках.
Avec son Saint Fils dans ses bras.
*
Она несет для мира снова
Elle porte au monde à nouveau
Распять воскресшего Христа:
A crucifier le Christ ressuscité :
«Ходи, мой сын, живи без крова,
« Marche, mon Fils, sans abri ,
Зорюй и полднюй у куста».
Pars t’abriter sous le buisson« .
*
И в каждом страннике убогом
Et dans chaque marcheur misérable
Я вызнавать пойду с тоской,
Avec panique je me demande,
Не Помазуемый ли Богом
S’il ne s’agit du Dieu Miséricordieux
Стучит берестяной клюкой.
Frappant de son bâton d’écorce.
*
И может быть, пройду я мимо
Je vais peut-être en partant manquer
И не замечу в тайный час,
Sans les voir à l’heure secrète,
Что в елях — крылья херувима,
Au cœur des sapins – les ailes des chérubins,
А под пеньком — голодный Спас.
Et adossé à une souche – notre Sauveur affamé.
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1914

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Бабушкины сказки
C. А. Есенин

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LES POEMES DE SERGUEÏ ESSÉNINE

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LA POESIE DE SERGUEÏ ESSÉNINE
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JE SUIS UN PAUVRE PELERIN – ESSENINE SERGUEÏ – 1915 – Я странник убогий

Littérature Russe
SERGUEÏ ESSÉNINE POEME 1915

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русская литература

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стихотворение  – Poésie

***

 

 

Sergueï Essénine
Сергей Александрович Есенин

3 octobre 1895 Konstantinovo (Rybnov) – 28 décembre 1925 à Leningrad
3 октября 1895, Константиново – 28 декабря 1925, Ленинград
TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

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LA POESIE DE SERGUEÏ ESSÉNINE


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Я странник убогий 
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JE SUIS UN PAUVRE PELERIN

1915


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Я странник убогий.
Je suis un pauvre pèlerin.
С вечерней звездой
Suivant l’étoile du soir
Пою я о Боге
Je chante Dieu
Касаткой степной.
Au cœur de la steppe.

*

На шелковом блюде
Au sol en tapis de soie
Опада осин,
S’effeuille le tremble,
Послухайте, люди,
Ecoutez, écoutez
Ухлюпы трясин.
Le souffle des marais.

*

Ширком в луговины,
L’oiseau dans les prés,
Целуя сосну,
Embrasse les pins,
Поют быстровины
chante en louant à pleins poumons
Про рай и весну.
Tant le paradis que le printemps.
*
Я, странник убогий,
Moi, pauvre errant,
Молюсь в синеву.
Je prie dans le bleu du ciel.
На палой дороге
Sur la morne route
Ложуся в траву.
Je me couche sur l’herbe.

*

Покоюся сладко
Joyeux et serein
Меж росновых бус;
Au milieu des perles de rosée ;
На сердце лампадка,
Au cœur une petite lampe,
А в сердце Исус.
Et au cœur de mon cœur : Jésus.
1915

 

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LES PELERINS RUSSES
Par
DOSTOÏEVSKI

Dès que le peuple russe fut baptisé, des pèlerins russes commencèrent à visiter les Lieux saints, le sépulcre de N.-S. Jésus-Christ, le Mont-Athos, etc. Déjà, pendant les croisades, les supérieur d’un couvent russe visita Jérusalem et fut bien reçu par le roi Beaudoin. Les pèlerinages en Orient n’ont jamais cessé jusqu’à nos jours. Beaucoup de moines russes aussi ont habité le Mont-Athos. Si bien que le peuple russe, illettré et ignorant de toute géographie, sait parfaitement que les Lieux saints sont depuis longtemps aux mains des Turcs mahométans, et qu’un Chrétien a une vie pénible en Orient, Aussi le peuple russe est-il toujours plein d’admiration pour les hauts faits des pèlerins, dans cette région, et sent-il son cœur attiré vers Jérusalem. C’est un trait historique connu. De pauvre vieillards, d’anciens soldats, de vieilles femmes qui ne savent pas un mot de géographie ont été de village en village, le sac au dos, mendiants, vers les Lieux saints, qu’ils n’atteignaient parfois qu’après des calamités sans nombre. Quand ils rentraient au pays natal, leur récits étaient écoutés pieusement. En général, le peuple aime extrêmement ce qui a trait «  au divin  ». Qui a lu La Vie des Saints ? Si le peuple ne l’a pas lu, et pour cause, il le connaît, il est imprégné de son esprit. Et comment cela ? Parce que de nombreux pèlerins récitent, souvent d’une façon superbe, des passages entiers de ce livre, sans changer un mot du texte, et qu’on les écoute avidement. Moi-même, tout enfant, avant d’avoir appris à lire, j’ai assisté à ces récitations. Plus tard, au bagne, en Sibérie, j’ai entendu des bandits qui, eux aussi, récitaient ce livre, et vu d’autres bandits qui les écoutaient avec recueillement. Tout cela avait été appris, non dans un volume, mais oralement. Le peuple y trouve comme quelque chose qui se fait repentir. Il est arrivé que des êtres affreusement corrompus, des exploiteurs, des oppresseurs aient été pris, en entendant ces récits, du désir de partie pour un pèlerinage, et de rechercher par le travail et la peine vaillamment supportée ; parfois, ils se rappelaient un vœux, — oublié depuis longtemps — de s’en aller vers les Lieux saints, sinon jusqu’à Jérusalem, du moins jusqu’aux Lieux saints Russe, à Kiev, au couvent Solovetzsky. Nekrassov, en créant son type de Vlass, n’a pu se l’imaginer autrement que portant des chaines dans un pèlerinage expiatoire. Ce trait n’existe chez aucun autre peuple européen. Tout cela durera-t-il ? L’instruction semble changer beaucoup notre moujik, mais en attendant, c’est ce trait seul qui peut expliquer cette énigme du caractère conscient, du mouvement populaire de l’année dernière. Un, sur mille de nos moujiks, comme dit Lévine, savait peut-être qu’il existait des Serbes, des Bulgares, des Monténégrins, qui étaient nos coreligionnaires ; mais tout notre peuple avait entendu dire qu’il y avait des chrétiens orthodoxes sous le joug mahométan. Lors de la guerre avec la Turquie, guerre vieille de vingt ans, qui se termina par Sébastopol, on lui avait parlé des chrétiens martyrisés en Orient et, avant que notre peuple ne prit feu pour la cause des Slaves orientaux, il n’ignorait pas que ces Slaves avaient été torturés par les Turcs. J’ai entendu, moi-même, des gens du peuple se demander : « Est-il vrai que le Turc se lève de nouveau contre les chrétiens ? »

Fédor Mikhaïlovitch Dostoïevski
Journal d’un écrivain
Chapitre X
COMME QUOI LE PEUPLE SANS INSTRUCTION NE SE TROMPE PAS SUR LE FOND DE LA QUESTION D’ORIENT
Traduction par J.-Wladimir Bienstock et John-Antoine Nau
Editions Charpentier
1904

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Бабушкины сказки
C. А. Есенин

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LES POEMES DE SERGUEÏ ESSÉNINE

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LA POESIE DE SERGUEÏ ESSÉNINE
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LA MAISON DE MON PERE – Poème de SERGUEÏ ESSENINE (1917) – Где ты, где ты, отчий дом

Littérature Russe
SERGUEÏ ESSÉNINE POEME 1917

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русская литература

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стихотворение  – Poésie

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Sergueï Essénine
Сергей Александрович Есенин

3 octobre 1895 Konstantinovo (Rybnov) – 28 décembre 1925 à Leningrad
3 октября 1895, Константиново – 28 декабря 1925, Ленинград
TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

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LA POESIE DE SERGUEÏ ESSÉNINE


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Где ты, где ты, отчий дом
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LA MAISON DE MON PERE
1917

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Где ты, где ты, отчий дом,
Où es-tu, où es-tu, maison de mon père,
Гревший спину под бугром?
Qui te réchauffait en retrait sous la colline ?
Синий, синий мой цветок,
Bleue, bleue, ma fleur bleue
Неприхоженный песок.
Et mon sable vierge.
Где ты, где ты, отчий дом?
Où es-tu, où es-tu, maison de mon père ?

*

За рекой поет петух.
De l’autre côté du fleuve chante un coq.
Там стада стерег пастух,
Le berger garde son troupeau
И светились из воды
Et la lumière de l’eau se reflètent
Три далекие звезды.
Trois étoiles lointaines.
За рекой поет петух.
De l’autre côté du fleuve chante un coq.

*

Время — мельница с крылом
Le temps – ce moulin à une seule aile
   Опускает за селом
Qui abaisse non loin du village
Месяц маятником в рожь
Le balancier sous le seigle
  Лить часов незримый дождь.
Versant les heures en pluie invisible.
 Время — мельница с крылом.
Le temps – ce moulin à une seule aile.

*

Этот дождик с сонмом стрел
Cette pluie avec une multitude de flèches
В тучах дом мой завертел,
A fait tourbillonner ma maison dans les nuages,
 Синий подкосил цветок,
En écrasant ma fleur bleue,
Золотой примял песок.
Et en souillant le sable vierge.
Этот дождик с сонмом стрел.
Cette pluie avec une multitude de flèches.

1917

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Бабушкины сказки
C. А. Есенин

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LES POEMES DE SERGUEÏ ESSÉNINE

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LA POESIE DE SERGUEÏ ESSÉNINE
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L’ÉTINCELLE DES MOTS – ESSÉNINE (1918) Хорошо под осеннюю свежесть

Littérature Russe
ESSÉNINE POEME 1918

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стихотворение  – Poésie

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Sergueï Essénine
Сергей Александрович Есенин

3 octobre 1895 Konstantinovo (Rybnov) – 28 décembre 1925 à Leningrad
3 октября 1895, Константиново – 28 декабря 1925, Ленинград
TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

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LA POESIE DE SERGUEÏ ESSÉNINE


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Хорошо под осеннюю свежесть
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L’ÉTINCELLE DES MOTS
1918

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Хорошо под осеннюю свежесть
Comme il est bon dans la fraîcheur de l’automne
Душу-яблоню ветром стряхать
De laisser vaquer son âme comme une pomme au vent
И смотреть, как над речкою режет
Et regarder sur le ruisseau
Воду синюю солнца соха.
L’eau bleue se  jouer du soleil.

*

Хорошо выбивать из тела
Comme il est bon de faire sortir de son corps
Накаляющий песни гвоздь
L’étincelle des mots
И в одежде празднично белой
Et dans sa robe blanche de fête
Ждать, когда постучится гость.
Attendre que l’invité nous frappe.

*

Я учусь, я учусь моим сердцем
J’apprends, j’apprends mon âme
Цвет черемух в глазах беречь,
A conserver la couleur des cerisiers ;
Только в скупости чувства греются,
Comme sont pingres les sentiments qui s’échauffent,
Когда ребра ломает течь.
Avec des côtes cassées dans les flancs.

*

Молча ухает звездная звонница,
Silencieusement les étoiles claironnent,
Что ни лист, то свеча заре.
Sur une feuille blanche à l’aube d’une bougie.
Никого не впущу я в горницу,
Personne n’entrera dans la chambre,
Никому не открою дверь.
A personne je n’ouvrirai la porte.

1918

 

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Бабушкины сказки
C. А. Есенин

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LES POEMES DE SERGUEÏ ESSÉNINE

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LA POESIE DE SERGUEÏ ESSÉNINE
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поэзия есенина
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LA NUÉE DE PAPILLONS – POEME DE SERGUEÏ ESSÉNINE (1918) Закружилась листва золотая

Littérature Russe
ESSÉNINE POEME 1918

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русская литература

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стихотворение  – Poésie

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Sergueï Essénine
Сергей Александрович Есенин

3 octobre 1895 Konstantinovo (Rybnov) – 28 décembre 1925 à Leningrad
3 октября 1895, Константиново – 28 декабря 1925, Ленинград
TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

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LA POESIE DE SERGUEÏ ESSÉNINE


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Закружилась листва золотая
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LA NUÉE DE PAPILLONS

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1918

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Закружилась листва золотая.
La feuille d’or file
В розоватой воде на пруду
Sur l’eau rosée du bassin
Словно бабочек лёгкая стая
Comme une nuée de papillons
С замираньем летит на звезду.
Vole naufragée vers les étoiles.
*
Я сегодня влюблён в этот вечер,
Aujourd’hui, j’adore ce soir qui vient
Близок сердцу желтеющий дол.
Au cœur de ce blondissant val.
Отрок-ветер по самые плечи
Le vent passant caresse longuement
Заголил на берёзке подол.
Le bouleau qui se dénude lentement.
*
И в душе и в долине прохлада,
Et dans la fraîcheur de l’âme et de la vallée,
Синий сумрак как стадо овец.
Le bleu crépuscule traverse comme un troupeau.
За калиткою смолкшего сада
Le silence se fait derrière la porte du jardin,
Прозвенит и замрёт бубенец.
Où s’estompe le tintement des cloches.
*
Я ещё никогда бережливо
Je ne me suis jamais tant délecté
Так не слушал разумную плоть.
D’écouter la chair si raisonnable.
Хорошо бы, как ветками ива,
Qu’il serait bon, comme une branche de saule,
Опрокинуться в розовость вод.
De se laisser aller dans l’eau rosée.
*
Хорошо бы, на стог улыбаясь,
Qu’il serait bon de sourire
Мордой месяца сено жевать…
A la lune en mâchant des brindilles de foin…
 Где ты, где, моя тихая радость —
Où es-tu, ma joie, jadis sereine –
Всё любя, ничего не желать?
A tout aimer et ne rien vouloir ?
1918

 

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Бабушкины сказки
C. А. Есенин

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LES POEMES DE SERGUEÏ ESSÉNINE

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LA POESIE DE SERGUEÏ ESSÉNINE
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поэзия есенина
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LES RÊVES BLEUS – Poème de Sergueï ESSENINE – 1925 – Вижу сон

Littérature Russe
ESSENINE POEME 1925

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русская литература

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стихотворение  – Poésie

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Sergueï Essénine
Сергей Александрович

 

3 octobre 1895 Konstantinovo (Rybnov) – 28 décembre 1925 à Leningrad
3 октября 1895, Константиново – 28 декабря 1925, Ленинград
TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

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LA POESIE DE SERGUEÏ ESSÉNINE
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Вижу сон
LES RÊVES BLEUS
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2 июля 1925
2 juillet 1925

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Вижу сон. Дорога чёрная.
Je rêve. La route est noire.
Белый конь. Стопа упорная.
Le cheval blanc. Il avance.
И на этом на коне
Et sur ce cheval
Едет милая ко мне.
Mon aimée qui vient me retrouver.
Едет, едет милая,
Là voilà, là voilà qui arrive
Только не любимая.
Mais je ne l’aime plus.
*
Эх, берёза русская!
Ah ! bouleau russe !
Путь-дорога узкая.
Sur les sentiers étroits.
Эту милую как сон
Je rêve que doucement
Лишь для той, в кого влюблён,
Pour cette autre que j’aime,
Удержи ты ветками,
Tes branches la retiennent,
Как руками меткими.
Comme des mains assurées.
*
Светит месяц. Синь и сонь.
La lune brille. Rêves bleus.
Хорошо копытит конь.
J’entends les sabots.
Свет такой таинственный,
Dans une mystérieuse lumière,
Словно для Единственной —
Pour elle, pour la seule, pour l’unique –
Той, в которой тот же свет
Qui est elle-même lumière
И которой в мире нет.
Mais qui n’est pas de ce monde.
*
Хулиган я, хулиган.
Vaurien ! je suis un vaurien !
От стихов дурак и пьян.
Fou et ivre de vers !
Но и всё ж за эту прыть,
Mais tous s’agitent tant,
Чтобы сердцем не остыть,
Mon cœur n’est pas mort,
За берёзовую Русь
Pour le bouleau-Russie,
С нелюбимой помирюсь.
Qu’avec  ma mal-aimée je vais me réconcilier.

 

1925

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Бабушкины сказки
C. А. Есенин

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LES POEMES DE SERGUEÏ ESSENINE

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LA POESIE DE SERGUEÏ ESSÉNINE
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поэзия есенина
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LE TRAÎNEAU – ESSENINE Poème 1925 Слышишь – мчатся сани, слышишь – сани мчатся

Littérature Russe
ESSENINE POEME 1925

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стихотворение  – Poésie

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Sergueï Essénine
Сергей Александрович Есенин

3 octobre 1895 Konstantinovo (Rybnov) – 28 décembre 1925 à Leningrad
3 октября 1895, Константиново – 28 декабря 1925, Ленинград
TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

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LA POESIE DE SERGUEÏ ESSÉNINE
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LE TRAÎNEAU

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Слышишь – мчатся сани, слышишь – сани мчатся

1925
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Слышишь – мчатся сани, слышишь – сани мчатся.
Écoute ! Écoute le chant du traîneau dans sa course.
Хорошо с любимой в поле затеряться.
Partons nous perdre là-bas au loin !
*
Ветерок веселый робок и застенчив,
La brise timide nous caresse,
По равнине голой катится бубенчик,
Laissant tinter la cloche dans les airs,

*

Эх вы, сани, сани! Конь ты мои буланый!
Va, traîneau, va traîneau ! Toi ma jument isabelle!
Где-то на поляне клен танцует пьяный.
Va rejoindre dans le pré l’érable ivre qui danse.

*

Мы к нему подъедем, спросим – что такое?
Allons lui demander- quelle est donc cette danse ?
И станцуем вместе под тальянку трое.
Et nous danserons tous les trois ensemble.

1925

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C. А. Есенин

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LES POEMES DE SERGUEÏ ESSENINE

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LA POESIE DE SERGUEÏ ESSÉNINE
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LE VIEIL ÉRABLE – ESSÉNINE POÈME 1918 – Я покинул родимый дом

Littérature Russe
ESSENINE POEME 1918

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русская литература

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стихотворение  – Poésie

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Sergueï Essénine
Сергей Александрович Есенин

3 octobre 1895 Konstantinovo (Rybnov) – 28 décembre 1925 à Leningrad
3 октября 1895, Константиново – 28 декабря 1925, Ленинград
TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

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LA POESIE DE SERGUEÏ ESSÉNINE
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LE VIEIL ERABLE
покинул родимый дом

 

1918
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Я покинул родимый дом,
Je t’ai quittée, ma chère maison,
Голубую оставил Русь.
Russie azurée, je t’ai quittée .
В три звезды березняк над прудом
Les trois étoiles au-dessus du bouleau de l’étang,
Теплит матери старой грусть.
Tempérez la peine de ma tendre mère !
*
Золотою лягушкой луна
La lune comme une grenouille dorée,
Распласталась на тихой воде.
Eclaire l’eau calme et sereine.
Словно яблонный цвет, седина
Le gris des fleurs du pommier
У отца пролилась в бороде.
Poivre la barbe du père.
*
 
Я не скоро, не скоро вернусь.
Bientôt, reviendrais-je bientôt ?
Долго петь и звенеть пурге.
Combien de fois chantera le blizzard ?
Стережет голубую Русь
Au-delà de la Russie azurée, tu m’observes
Старый клен на одной ноге,
Vieil érable posé sur ton unique jambe.
*
И я знаю, есть радость в нем
Je sais que de la joie se trouve
Тем, кто листьев целует дождь,
Dans autant de pleurs,
Оттого что тот старый клен
Le vieil érable doucement
Головой на меня похож.
Recouvre ma tête.
1918

 

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Бабушкины сказки
C. А. Есенин

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SERGUEÏ ESSENINE POEME

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LA POESIE DE SERGUEÏ ESSÉNINE
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поэзия есенина
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ALEXANDRE POUCHKINE (1830) AU POETE – Поэту

*

Alexandre Pouchkine
русский поэт- Poète Russe
русская литература
Littérature Russe

poemes-de-alexandre-pouchkine-artgitatopushkin-alexander

ALEXANDRE POUCHKINE 1830
pushkin poems
стихотворение  – Poésie
 Пушкин 

 

 

POUCHKINE – Пу́шкин
Алекса́ндр Серге́евич Пу́шкин
1799-1837

[создатель современного русского литературного языка]

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

 

LA POESIE DE POUCHKINE

СТИХИ АЛЕКСАНДРА СЕРГЕЕВИЧА ПУШКИНА
Пушкин 


1830
AU POETE

  1830
Поэту
*****

***

 

Поэт! не дорожи любовию народной.
Poète ! Détache-toi de l’amour d’autrui
Восторженных похвал пройдет минутный шум;
Les louanges ne sont qu’un bruit que la minute efface
Услышишь суд глупца и смех толпы холодной,
Tu entendras la moquerie et tu sentiras la foule glaciale
Но ты останься тверд, спокоен и угрюм.
Mais tu resteras fort, calme et pensif.

*

Ты царь: живи один. Дорогою свободной
Tu es roi. Ta voie est libre,
Иди, куда влечет тебя свободный ум,
Va où le désir libère ton esprit,
Усовершенствуя плоды любимых дум,
Goûte aux fruits qui poussent sur le malheur,
Не требуя наград за подвиг благородный.
Sans exiger jamais nulle récompense.

 

*

Они в самом тебе. Ты сам свой высший суд;
Tu es toi-même ta seule cour suprême ;
Всех строже оценить умеешь ты свой труд.
Evalue justement le fruit de ton travail.
Ты им доволен ли, взыскательный художник?
As-tu la satisfaction exigeante de l’artiste ?

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Доволен? Так пускай толпа его бранит
Satisfait ? Laisse la cohue te balloter
И плюет на алтарь, где твой огонь горит,
Laisse cracher sur l’autel où le feu brûle,
И в детской резвости колеблет твой треножник.
Et, dans leur espiègleries d’enfant, laisse-les secouer ton trépied.

 июля 1830
Juillet 1830

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Поэту
AU POETE
ALEXANDRE POUCHKINE
1830  

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LES JUGEMENTS DE Tolstoï
SUR LES POEMES DE POUCHKINE

Ayons donc pleine confiance dans le jugement du comte Tolstoï sur les poèmes de Pouchkine, son compatriote ! Croyons-le, encore, quand il nous parle d’écrivains allemands, anglais, et scandinaves : il a les mêmes droits que nous à se tromper sur eux. Mais ne nous trompons pas avec lui sur des œuvres françaises dont le vrai sens, forcément, lui échappe, comme il échappera toujours à quiconque n’a pas, dès l’enfance, l’habitude de penser et de sentir en français ! Je ne connais rien de plus ridicule que l’admiration des jeunes esthètes anglais ou allemands pour tel poète français. Verlaine, par exemple, ou Villiers de l’Isle-Adam. Ces poètes ne peuvent être compris qu’en France, et ceux qui les admirent à l’étranger les admirent sans pouvoir les comprendre. Mais il ne résulte pas de là, comme le croit le comte Tolstoï, qu’ils soient absolument incompréhensibles. Ils ne le sont que pour lui, comme pour nous Lermontof et Pouchkine. Ce sont des artistes : la valeur artistique de leurs œuvres résulte de l’harmonie de la forme et du fond : et si lettré que soit un lecteur russe, si parfaite que soit sa connaissance de la langue française, la forme de cette langue lui échappe toujours.

Léon Tolstoï
Qu’est-ce que l’art ?
Traduction par T. de Wyzewa.
 Perrin, 1918
pp. i-XII

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