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LA NOTE DE L’OISEAU – EMILY DICKINSON (1884) UPON HIS SADDLE SPRUNG A BIRD

POEME D’EMILY DICKINSON
LITTERATURE AMERICAINE

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EMILY DICKINSON
December 10, 1830 – May 15, 1886
10 décembre 1830 – 15 mai 1886
Amherst, Massachusetts




Traduction – Translation

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

French and English text
texte bilingue français-anglais

UPON HIS SADDLE SPRUNG A BIRD
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LA NOTE DE L’OISEAU
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1884

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Upon his Saddle sprung a Bird
Sur sa selle a bondi l’Oiseau
And crossed a thousand Trees
S’en est allé traverser un milliers d’Arbres
  Before a Fence without a Fare
Avant qu’une Clôture sans Péage
  His Fantasy did please
N’égaie son Imagination
And then he lifted up his Throat
Et alors soulevant si bien sa Gorge
And squandered such a Note
Il en émit une telle Note
A Universe that overheard
Qu’un Univers qui entendait
Is stricken by it yet —
En reste aujourd’hui encore frappé –




 

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POEME D’EMILY DICKINSON

LE MANDARIN – Eça de Queiroz – O Mandarim – 1ère Partie – 2nde section

LITTERATURE PORTUGAISE
literatura português

Eça de Queiroz
(1845-1900)
Tradução – Traduction
texto bilingue

Eça de Queirós 1882 O Mandarim Le Mandarin

O Mandarim

(1880)

LE MANDARIN

I

Première Partie

Traduction Jacky Lavauzelle

Seconde Section

 

Ainda assim, eu não me considerava sombriamente um «pária».
Pourtant, je ne me considérais pas sinistrement comme un « paria ».
A vida humilde tem doçuras: é grato, numa manhã de sol alegre, com o guardanapo ao pescoço, diante do bife de grelha, desdobrar o «Diário de Notícias»;
La vie humble possède une certaine douceur : l’on est reconnaissant, d’un gai matin ensoleillé, d’une serviette autour de son cou, face à un steak grillé, en dépliant le « Diário de Notícias »;
pelas tardes de Verão, nos bancos gratuitos do Passeio, gozam-se suavidades de idílio;
par des après-midi d’été, au Passeio, sur des bancs gratuits, s’amuser de douceurs idylliques ;
é saboroso à noite no Martinho, sorvendo aos goles um café, ouvir os verbosos injuriar a pátria…
et savourer le soir au Martinho, en sirotant par petites gorgées son café, en écoutant injurier son pays …

 Depois, nunca fui excessivamente infeliz – porque não tenho imaginação:
Enfin, je n’ai jamais été trop malheureux – grâce à mon imagination :
não me consumia, rondando e almejando em torno de paraísos fictícios, nascidos da minha própria alma desejosa como nuvens da evaporação de um lago;
je ne me consumais pas, en tournant et en voulant atteindre des paradis fictifs, nés de ma propre âme jalouse comme des nuages le seraient de l’​​évaporation d’un lac ;
não suspirava, olhando as lúcidas estrelas, por um amor à Romeu ou por uma glória social à Camors.
je ne soupirais pas, regardant briller les étoiles, avec des amours à la Roméo ou une gloire sociale à la Camors.
Sou um positivo.
Je suis positif.
Só aspirava ao racional, ao tangível, ao que já fora alcançado por outros no meu bairro, ao que é acessível ao bacharel.
Seulement j’aspirais au rationnel, au tangible, à ce qui avait été réalisé par d’autres dans mon quartier, et accessible à un bachelier.
E ia-me resignando, como quem a uma table d’hôte mastiga a bucha de pão seco à espera que lhe chegue o prato rico da charlotte russe.
Et je me résignais,  comme celui qui, à une table d’hôte, mâche un quignon de pain sec dans l’attente d’un riche plat de charlotte russe.
As felicidades haviam de vir:
Les bonheurs allaient venir :
e para as apressar eu fazia tudo o que devia como português e como constitucional:
et pour que cela s’accélère, je faisais tout ce que je devais en honnête portugais et en juste constitutionnel :
– pedia-as todas as noites a Nossa Senhora das Dores, e comprava décimos da lotaria.
– je les demandais tous les soirs à Notre-Dame des Douleurs, et j’achetais des billets à la loterie des dixièmes.

No entanto procurava distrair-me.
Cependant, je cherchais toutefois à me distraire.
E como as circunvoluções do meu cérebro me não habilitavam a compor odes, à maneira de tantos outros ao meu lado que se desforravam assim do tédio da profissão;
Et comme les circonvolutions de mon cerveau ne me donnaient pas les moyens de composer des odes, à la manière de tant d’autres à mes côtés, atténuant l’ennui de la profession ;
como o meu ordenado, paga a casa e o tabaco, me não permitia um vício
que mon salaire, payé la maison et le tabac, ne me permettait nullement d’assouvir des vices
– tinha tomado o hábito discreto de comprar na Feira da Ladra antigos volumes desirmanados, e à noite, no meu quarto, repastava-me dessas leituras curiosas.
 j’avais pris l’habitude discrète d’acheter au marché aux puces de vieux volumes dépareillés, et le soir, dans ma chambre, je me contentais de ces curieuses lectures.
Eram sempre obras de títulos ponderosos:
C’étaient toujours des œuvres avec des titres pompeux :
«Galera da Inocência», «Espelho Milagroso», «Tristeza dos Mal-Deserdados»…
« La Galère de l’Innocence», «Le Miroir miraculeux« , « Tristesse des déshérités »
O tipo venerando, o papel amarelado com picadas de traça, a grave encadernação freirática, a fitinha verde marcando a página- encantavam-me!
L’aspect vénérable, le papier jauni avec des traces de morsures de vers, les graves reliures, le petit ruban vert comme marque-pages m’enchantaient !
Depois, aqueles dizeres ingénuos em letra gorda davam uma pacificação a todo o meu ser, sensação comparável à paz penetrante de uma velha cerca de mosteiro, na quebrada de um vale, por um fim suave de tarde, ouvindo o correr da água triste…
Ensuite, les écrits naïfs en gras donnaient la paix à tout mon être, comme si je pénétrais la paix d’un ancien monastère clôturé, oublié dans une vallée, pendant une douce fin de soirée, écoutant l’eau qui coule tristement ...

Uma noite, há anos, eu começara a ler, num desses in-fólios vetustos, um capítulo intitulado «Brecha das Almas»;
Une nuit, autrefois, je commençais à lire dans un de ces in-folio vétuste, un chapitre intitulé «Brèche des âmes »;
e ia caindo numa sonolência grata, quando este período singular se me destacou do tom neutro e apagado da página, com o relevo de uma medalha de ouro nova brilhando sobre um tapete escuro:
et je suis tombé dans une somnolence, quand une période singulière me réveilla par rapport au ton neutre de la page avec le scintillement d’une médaille d’or brillant sur un tapis sombre :
copio textualmente:
je copie textuellement :

«No fundo da China existe um mandarim mais rico que todos os reis de que a fábula ou a história contam.
« Au plus profond de la Chine, il est un riche mandarin plus riche que tous les rois des contes ou tous les rois historiques.
« Dele nada conheces, nem o nome, nem o semblante, nem a seda de que se veste.
De cet homme tu ne connais ni visage, ni la soie qui le vêt.
Para que tu herdes os seus cabedais infindáveis, basta que toques essa campainha, posta a teu lado, sobre um livro.
Pour que tu puisses hériter de ses bienfaits sans fin, tu dois juste toucher cette cloche, posée à tes côtés, sur un livre.
Ele soltará apenas um suspiro, nesses confins da Mongólia.
Il  lâchera alors un soupir, aux extrémités de la Mongolie.
Será então um cadáver:
Ensuite, ce ne sera plus qu’un cadavre:
e tu verás a teus pés mais ouro do que pode sonhar a ambição de um avaro.
et tu verras alors à tes pieds plus d’or que ne peut en rêver la cupidité d’un avare.
Tu, que me lês e és um homem mortal, tocarás tu a campainha?»
Toi qui me lis et qui est un homme mortel, toucheras-tu à la cloche ?

Estaquei, assombrado, diante da página aberta:
Je m’immobilisai, hanté, devant la page ouverte :
aquela interrogação «homem mortal, tocarás tu a campainha?»
Cette interrogation «homme mortel, toucheras-tu la cloche ?»
parecia-me faceta, picaresca, e todavia perturbava-me prodigiosamente.
me semblait facétieuse, picaresque, et pourtant me dérangeait prodigieusement.
Quis ler mais;
Je voulais en savoir plus ;
mas as linhas fugiam, ondeando como cobras assustadas, e no vazio que deixavam, de uma lividez de pergaminho, lá ficava, rebrilhando em negro, a interpelação estranha
mais les lignes ont fui, ondulant comme des serpents effrayés, et du vide qu’elles laissèrent d’une pâleur de parchemin, il restait, en noir brillant, le questionnement étrange
– «tocarás tu a campainha?»
– « toucheras-tu à la cloche ? »

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Traduction Jacky Lavauzelle
Artgitato
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Portugal
Eça de Queiroz

LES PLUS BELLES OMBRES – GONGORA SONNET – VARIA IMAGINACION QUE EN MIL INTENTOS

Luis de Góngora y Argote
Literatura
española – Littérature Espagnole
Siècle d’or espagnol -Siglo de Oro 

 

Luis de Góngora y Argote
1561-1627

Sonetos – Sonnets

 Varia imaginación que en mil intentos
1584

Traduction Jacky Lavauzelle
GONGORA SONNET

Varia imaginación que en mil intentos Luis de Góngora y Argote Artgitato Soneto Sonnet

 

 

Varia imaginación que en mil intentos

Variante imagination que par mille tentatives

*

Varia imaginación, que en mil intentos,
Variante imagination que, par mille tentatives,
a pesar, gastas, de tu triste dueño
tu dépenses, malgré ton triste maître
la dulce munición del blando sueño,
la douce provision du sommeil,
alimentando vanos pensamientos,
à alimenter de vaines pensées,

 **

pues traes los espíritus atentos
si tu peux rendre mes esprits attentifs
solo a representarme el grave ceño
à me représenter le sourcil grave
del rostro dulcemente zahareño,
de la douce et rebelle figure,
gloriosa suspensión de mis tormentos:
glorieuse accalmie à mes tourments :

 **

el sueño, autor de representaciones,
le sommeil, auteur des représentations,
en su teatro, sobre el viento armado,
en son théâtre, construit sur le vent,
sombras suele vestir de vulto bello.
qui s’habille des plus belles ombres.

 **

Síguelo; mostraráte el rostro amado
Suis le ; il te montrera le visage aimé
y engañarán un rato tus pasiones
et seront séduire un moment tes passions
dos bienes, que serán dormir y vello.
deux bonheurs qui seront dormir et voir.

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Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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