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LA COLLISION DES PLANETES – GALAKTION TABIDZE -ეჯახებიან პლანეტები ერთი მეორეს

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POÈME DE GALAKTION TABIDZE
გალაკტიონ ტაბიძე
LITTÉRATURE GÉORGIENNE
ქართული ლიტერატურა
POÉSIE GÉORGIENNE
ქართული პოეზია

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Géorgie
საქართველო

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

 

Poème de Ilia Tchavtchavadze

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GALAKTION TABIDZE
გალაკტიონ ტაბიძე

17 novembre 1891 – 17 mars 1959
17 ნოემბერი 1891 – 17 მარტი 1959

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COLLISION DES PLANETES
ეჯახებიან პლანეტები ერთი მეორეს
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რბიან დღეები. სული დაეძებს უშორეს ხაზებს,
Courent les jours. L’âme cherche les plus lointaines lignes,
სივრცეებს მზეთა უშორესთა სპექტრო ანაზებს,
Et le spectre spectaculaire de la lumière du soleil,
მე ვცხოვრობ გულით შფოთიანად მცემარეთ შორის,
Je vis dans un palpitant émerveillement,
რომელმაც დაგმო სიმშვიდეთა მკრთალი სახება…
Qui condamne le nom même de tranquillité …
იქ სიმძაფრეა და შეძახება:
Il y a là que tremblements et sentiments :
ეჯახებიან პლანეტები ერთი მეორეს.
Les planètes entrent en collision les unes avec les autres.


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LA VIE – Poème de FLORBELA ESPANCA – A VIDA – 1923

Traduction Jacky Lavauzelle João da Cruz e Sousa
João da Cruz e Sousa Traduction Jacky Lavauzelle

LITTÉRATURE PORTUGAISE
POÉSIE PORTUGAISE
LITERATURA PORTUGUESA
POESIA PORTUGUESA

*****
TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
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Florbela Espanca
Flor Bela de Alma da Conceição
Poétesse portugaise
8 décembre 1894 – 8 décembre 1930
Vila Viçosa, 8 de dezembro de 1894 — Matosinhos, 8 de dezembro de 1930

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LA VIE
A VIDA
Poème paru dans
« 
Livro de Sóror Saudade« 
1923 

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Mikhaïl Vroubel, Михаил Александрович Врубель, Утро, Matin, Manhã, 1897

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É vão o amor, o ódio, ou o desdém;
Vains sont l’amour, la haine ou le dédain ;
Inútil o desejo e o sentimento…
Inutiles sont le désir et le sentiment …
Lançar um grande amor aos pés d’alguém
Jeter un grand amour aux pieds de quelqu’un
O mesmo é que lançar flores ao vento!
C’est jeter des fleurs au vent !

*

Todos somos no mundo « Pedro Sem »,
Nous sommes tous dans le misérable monde,
Uma alegria é feita dum tormento,
Une joie est faite de tourment,
Um riso é sempre o eco dum lamento,
Un rire est toujours l’écho d’une lamentation,
Sabe-se lá um beijo donde vem!
Qui sait d’où vient le baiser !

*

A mais nobre ilusão morre… desfaz-se…
L’illusion la plus noble meurt … s’effrite …
Uma saudade morta em nós renasce
Une nostalgie ardente en nous renaît
Que no mesmo momento é já perdida…
Qui, au même moment, est déjà perdue …

*

Amar-te a vida inteira eu não podia…
T’aimais toute ma vie, je ne le pouvais …
A gente esquece sempre o bem dum dia.
Nous oublions toujours le bien d’une journée.
Que queres, ó meu Amor, se é isto a Vida!…
Que veux-tu, mon Amour, si tout cela c’est la Vie !

***

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LA POÉSIE DE FLORBELA ESPANCA
POESIA DE FLORBELLA ESPANCA
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João da Cruz e Sousa Traduction Jacky Lavauzelle

La Haine ? – Poème de Florbela Espanca – 1923

Traduction Jacky Lavauzelle João da Cruz e Sousa
João da Cruz e Sousa Traduction Jacky Lavauzelle

LITTÉRATURE PORTUGAISE
POÉSIE PORTUGAISE
LITERATURA PORTUGUESA
POESIA PORTUGUESA

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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
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Florbela Espanca
Flor Bela de Alma da Conceição
Poétesse portugaise
8 décembre 1894 – 8 décembre 1930
Vila Viçosa, 8 de dezembro de 1894 — Matosinhos, 8 de dezembro de 1930

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LA HAINE ?
Ódio?
Poème paru dans « 
Livro de Sóror Saudade« 
1923 

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L’Enlèvement de Psyché, William Bouguereau

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Ódio por Ele? Não… Se o amei tanto,
De la haine pour lui ? Non … Si je l’ai aimé autant,
Se tanto bem lhe quis no meu passado,
Si tant de bien dans mon passé je lui voulais,
Se o encontrei depois de o ter sonhado,
Si je l’ai rencontré après l’avoir rêvé,
Se à vida assim roubei todo o encanto,
Si à la vie j’ai volé tout le charme,

*

Que importa se mentiu? E se hoje o pranto
Qu’importe qu’il ait menti ? Et si aujourd’hui les pleurs
Turva o meu triste olhar, marmorizado,
Troublent mon regard mélancolique, marbré,
Olhar de monja, trágico, gelado
Regard de religieuse, tragique, froid
Com um soturno e enorme Campo Santo!
Comme une immense et maussade nécropole !

*

Nunca mais o amar já é bastante!
Ne plus jamais l’aimer c’est déjà assez !
Quero senti-lo doutra, bem distante,
Je veux le sentir d’un autre, très loin,
Como se fora meu, calma e serena!
Comme s’il était mien, calme et sereine !

*

Ódio seria em mim saudade infinda,
La haine serait en moi une mélancolie infinie,
Mágoa de o ter perdido, amor ainda!
Chagrin de t’avoir perdu, amour encore !
Ódio por Ele? Não… não vale a pena…
La haine pour lui ? Non … ça ne vaut pas la peine …

*

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LA POÉSIE DE FLORBELA ESPANCA – POESIA DE FLORBELLA ESPANCA
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João da Cruz e Sousa Traduction Jacky Lavauzelle

QU’IMPORTE ? – Poème de FLORBELA ESPANCA – Que Importa?… – 1923

Traduction Jacky Lavauzelle João da Cruz e Sousa
João da Cruz e Sousa Traduction Jacky Lavauzelle

LITTÉRATURE PORTUGAISE
POÉSIE PORTUGAISE
LITERATURA PORTUGUESA
POESIA PORTUGUESA

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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
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Florbela Espanca
Flor Bela de Alma da Conceição
Poétesse portugaise
8 décembre 1894 – 8 décembre 1930
Vila Viçosa, 8 de dezembro de 1894 — Matosinhos, 8 de dezembro de 1930

QU’IMPORTE ?…
QUE IMPORTA ?…
Poème paru dans « 
Livro de Sóror Saudade« 
1923 

Albert Flamm, Abendstimmung am Rhein, Ambiance du soir sur le Rhin

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Eu era a desdenhosa, a indif’rente.
J’étais la méprisante, l’indifférente.
Nunca sentira em mim o coração
Je n’avais jamais senti mon cœur en moi
Bater em violências de paixão
Battre en violence de passion
Como bate no peito à outra gente.
Comme il peut battre dans la poitrine d’autrui.

*

Agora, olhas-me tu altivamente,
Maintenant, tu me regardes fièrement,
Sem sombra de Desejo ou de emoção,
Sans ombre de Désir ou d’émotion,
Enquanto a asa loira da ilusão
Alors que l’aile blonde de l’illusion
Dentro em mim se desdobra a um sol nascente.
En moi, se déploie devant un soleil levant.

*

Minh’alma, a pedra, transformou-se em fonte;
Mon âme, de pierre est devenue source ;
Como nascida em carinhoso monte
Comme née dans une agréable montagne
Toda ela é riso, e é frescura, e graça!
Tout est rire, fraîcheur et grâce !

*

Nela refresca a boca um só instante…
Par elle, se rafraîchit la bouche un instant …
Que importa?… Se o cansado viandante
Qu’importe ? … Si la fatigue vagabonde
Bebe em todas as fontes… quando passa?…
Boit à toutes les fontaines … quand elle passe ? …

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LA POÉSIE DE FLORBELA ESPANCA – POESIA DE FLORBELLA ESPANCA
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João da Cruz e Sousa Traduction Jacky Lavauzelle

FANATISME – Poème de FLORBELA ESPANCA – FANATISMO -1923

Traduction Jacky Lavauzelle João da Cruz e Sousa
João da Cruz e Sousa Traduction Jacky Lavauzelle

LITTÉRATURE PORTUGAISE
POÉSIE PORTUGAISE
LITERATURA PORTUGUESA
POESIA PORTUGUESA

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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
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Florbela Espanca
Flor Bela de Alma da Conceição
Poétesse portugaise
8 décembre 1894 – 8 décembre 1930
Vila Viçosa, 8 de dezembro de 1894 — Matosinhos, 8 de dezembro de 1930

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FANATISME
FANATISMO
Poème paru dans « 
Livro de Sóror Saudade« 
1923 

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Caspar David Friedrich, Le Voyageur contemplant une mer de nuages, 1818, Hambourg Kunsthalle

********************


Minh’alma, de sonhar-te, anda perdida.
Mon âme, rêvant de toi, s’est perdue.
Meus olhos andam cegos de te ver.
Mes yeux sont devenus aveugles de te voir.
Não és sequer razão do meu viver
Tu n’es même pas la raison de ma vie.
Pois que tu és já toda a minha vida!
Car déjà tu es toute ma vie !

*

Não vejo nada assim enlouquecida…
Je ne vois rien d’aussi fou …
Passo no mundo, meu Amor, a ler
Entrez dans le monde, mon Amour, à lire
No misterioso livro do teu ser
Dans le livre mystérieux de ton être
A mesma história tantas vezes lida!…
La même histoire si souvent lue ! …

*

« Tudo no mundo é frágil, tudo passa… »
« Tout dans le monde est fragile, tout va …« 
Quando me dizem isto, toda a graça
Quand on me dit ça, toute la grâce
Duma boca divina fala em mim!
D’une bouche divine parle de moi !

*

E, olhos postos em ti, digo de rastros:
Et, les yeux posés sur toi, je dis en me traînant :
« Ah! podem voar mundos, morrer astros,
« Ah, les mondes peuvent voler, les étoiles mourir,
Que tu és como Deus: princípio e fim!… »
Que te es comme Dieu : l’alpha et l’oméga ! …  »

* *******************
LA POÉSIE DE FLORBELA ESPANCA – POESIA DE FLORBELLA ESPANCA
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João da Cruz e Sousa Traduction Jacky Lavauzelle

ÊTRE POÈTE – Poème de FLORBELA ESTANCA – SER POETA – 1930

Traduction Jacky Lavauzelle João da Cruz e Sousa
João da Cruz e Sousa Traduction Jacky Lavauzelle

LITTÉRATURE PORTUGAISE
POÉSIE PORTUGAISE
LITERATURA PORTUGUESA
POESIA PORTUGUESA

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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
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Florbela Espanca
Flor Bela de Alma da Conceição
Poétesse portugaise
8 décembre 1894 – 8 décembre 1930
Vila Viçosa, 8 de dezembro de 1894 — Matosinhos, 8 de dezembro de 1930

Poème paru dans
« Charneca em Flor »
1930

***************

Ser Poeta é ser mais alto, é ser maior
Être poète, c’est être plus haut, c’est être plus grand
Do que os homens! Morder como quem beija!
Que les hommes ! Mordre comme l’on donne un baiser !
É ser mendigo e dar como quem seja
C’est être mendiant et donner comme en étant
Rei do Reino de Aquém e de Além Dor!
Roi du royaume de l’Au-dessus et de l’Au-delà de la Douleur !

*

É ter de mil desejos o esplendor
C’est avoir mille désirs de splendeur
E não saber sequer que se deseja!
sans savoir ce que l’on veut !
É ter cá dentro um astro que flameja,
C’est avoir à l’intérieur d’une étoile enflammée,
É ter garras e asas de condor!
Et des griffes et des ailes de condor !

*

É ter fome, é ter sede de Infinito!
C’est avoir faim, avoir soif d’infini !
Por elmo, as manhãs de oiro e de cetim…
C’est avoir pour casque des matinées d’or et de satin …
É condensar o mundo num só grito!
C’est condenser le monde en un seul cri !

*

E é amar-te, assim, perdidamente…
Et c’est t’aimer, ainsi, sauvagement …
É seres alma e sangue e vida em mim
C’est être des êtres d’âme et de sang et de vie en moi
E dizê-lo cantando a toda gente!
Et dites-le en chantant à la terre entière !

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LA POÉSIE DE FLORBELA ESPANCA – POESIA DE FLORBELLA ESPANCA
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João da Cruz e Sousa Traduction Jacky Lavauzelle

LES COPLAS DE AUGUSTO FERRAN Y FORNIES – LAS COPLAS – Augusto Ferrán – LA SOLEDAD – LA SOLITUDE -1861

Traduction Jacky Lavauzelle João da Cruz e Sousa

Una copla es una composición poética que, por lo general, consiste en cuatro versos (usualmente octosílabos).
Une copla est une composition poétique composée généralement de quatre versets (généralement octosyllabique).
La copla se retrouve dans de nombreuses chansons populaires espagnoles ainsi que dans la littérature de langue espagnole.

João da Cruz e Sousa Traduction Jacky Lavauzelle

LITTÉRATURE ESPAGNOLE
POÉSIE ESPAGNOLE
LITERATURA ESPAÑOLA
POESÍA ESPAÑOLA


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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
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Augusto Ferrán
AUGUSTO FERRAN Y FORNIES
poeta español
Madrid 27 juillet 1835 – Madrid 2 avril 1880
Madrid, 27 de julio de 1835 – Madrid, 2 de abril de 1880
******************

Le Greco, El Greco
Vue de Tolède sous l’orage, 1596-1600, Metropolitan Museum of Art, New York

LA SOLEDAD
LA SOLITUDE
Recueil
1860 – 1861

I

Las fatigas que se cantan
Les fatigues que l’on chante
son las fatigas más grandes,
sont les plus grandes fatigues,
porque se cantan llorando
car on chante en pleurant
y las lágrimas no salen.
sans que les larmes ne sortent.

II

Al ver en tu sepultura
Voir sur ta tombe
las siemprevivas tan frescas,
ce feuillage persistant si frais,
me acuerdo, madre del alma,
me rappelle, mère de l’âme,
que estás para siempre muerta.
que tu es mort pour toujours.

III

Los mundos que me rodean
Les mondes qui m’entourent
son los que menos me extrañan:
sont les moins étranges :
el que me tiene asombrado
celui qui m’a le plus étonné
es el mundo de mi alma.
reste le monde de mon âme.

IV

Los que la cuentan por años
Nombreux depuis des années
dicen que la vida es corta;
disent que la vie est courte ;
a mí me parece larga
à moi, elles me semblent longues
porque la cuento por horas.
car je les compte pendant des heures.

VI

Pasé por un bosque y dije:
J’ai traversé la forêt et dis :
«aquí está la soledad…»
« la voici la solitude... »
y el eco me respondió
et l’écho me répondit
con voz muy ronca: «aquí está.»
d’une voix enrouée : « la voici. »

Y me respondió «aquí está»
et me répondant « la voici« 
y sentí como un temblor,
j’ai ressenti un tremblement,
al ver que la voz salía
de voir que la voix qui sortait
de mi propio corazón.
de mon propre cœur venait.

VII

Dos males hay en el mundo
Deux maux dans le monde
que es necesario vencer:
doivent être surmontés
el amor de uno a sí mismo
l’amour de soi
y el rencor de la mujer.
et la rancune de la femme.

IX

Yo me marché al campo santo
Je suis allé au cimetière
y a voces llamé a los muertos,
et appelé les morts
y para castigo mío
et pour ma punition
los vivos me respondieron.
les vivants me répondirent.

XV

La muerte ya no me espanta;
La mort ne me fait plus peur ;
tendría más que temer
j’aurais plus à craindre
si en el cielo me dijeran:
si le ciel me condamnait
has de volver a nacer.
à naître de nouveau.

XVI

Si mis ojos no te dicen
Si mes yeux ne te disent pas
todo lo que el pecho siente,
tout ce que mon cœur ressent
no es porque se están callados;
ce n’est pas qu’ils se taisent ;
es porque no los comprendes.
c’est que tu ne les comprends pas.

XVIII

Yo no sé lo que yo tengo,
Je ne sais ce que je veux
ni sé lo que me hace falta,
ni ce dont j’ai besoin,
que siempre espero una cosa
mais j’espère toujours une chose
que no sé cómo se llama.
sans savoir comme elle se nomme.

XXI

De mirar con demasía
A trop chercher
se me han cegado los ojos,
je me suis aveuglé,
y ahora que ciego me encuentro
et maintenant que je suis aveugle
es cuando lo veo todo.
je vois tout.

Y ahora que lo veo todo,
Et maintenant que je vois tout,
estoy viendo de continuo
je vois en permanence
el mundo y sus desengaños
le monde et ses déceptions
pasar dentro de mí mismo.
me pénétrer.

XXII

Si me quieres como dices,
Si tu me veux, comme tu le dis
¿por qué te apartas de mí?
pourquoi de moi tu te détournes ?
agua que va río abajo,
l’eau qui vient de la rivière
en la mar viene a morir.
dans la mer s’en va mourir.

XXIII

No os extrañe, compañeros,
Ne soyez pas surpris, mes amis,
que siempre cante mis penas,
que je chante toujours mes peines,
porque el mundo me ha enseñado

car le monde m’a appris
que las mías son las vuestras.
que les miennes sont aussi les vôtres.

XXIV

Hace ya muy largos años
Depuis longtemps
que en todas partes te veo,
partout je te vois,
pero no tal como eres,
non comme tu es,
sino según mi deseo.
mais selon mon désir.

XXVI

Mirando al cielo juraste
En regardant le ciel, tu as juré
no me engañarías nunca,
de ne jamais me tromper
y desde entonces el cielo
et, depuis, le ciel
sólo con verte se nubla.
en te voyant s’obscurcit.

XXIX

Tu aliento es mi única vida,
Ton souffle est ma seule vie,
y son tus ojos mi luz;
et tes yeux ma seule lumière ;
mi alma está donde tu pecho,
mon âme est dans ton cœur,
mi patria donde estás tú.
ma patrie, là où tu es.

XXX

Del fuego que por tu gusto
Du feu que pour toi
encendimos hace tiempo,
nous avons allumé jadis,
las cenizas sólo quedan,
il ne reste que des cendres
y en el corazón las llevo.
et dans le cœur je les porte.

XXXI

Pobre me acosté, y en sueños
pauvre je me suis endormi et dans mes rêves
vi lleno de oro mi cuarto:
j’ai vu une chambre remplie d’or :
más pobre me levanté
mais plus pauvre je me suis levé
que antes de haberme acostado.
qu’avant de me coucher.

XXXII

¿Cómo quieres que yo queme
comment veux-tu que je brûle
las prendas que me has devuelto,
les vêtements que tu m’as rendu ?
si el corazón me lo has dado
si ton cœur me les a donnés
tú misma cenizas hecho?
il en a déjà fait des cendres.

XXXIII

El pájaro que me diste,
L’oiseau que tu m’as donné,
preso lo tengo en su jaula,
je l’ai dans sa cage,
y el pobre de día y noche
et le pauvre, de jour comme de nuit,
se muere, y por eso canta.
se meurt, et c’est pour ça qu’il chante.

XXXVI

Si os encontráis algún día
Si un jour tu te trouves
dentro de la soledad,
plongé dans la solitude
no pidáis consuelo al mundo,
ne demande pas au monde de consolation,
porque él no os lo puede dar.
car il ne pourra te la donner.

XXXVII

Sé que me voy a perder
Je sais que je vais me perdre
y ya sé que estoy perdido,
et je sais que je suis perdu,
y solamente me pesa
et ce qui me pèse uniquement
que no te pierdas conmigo.
c’est que tu ne te perdes avec moi.

XXXXVIII

Tengo deudas en la tierra,
J’ai des dettes sur terre,
y deudas tengo en el cielo:
et des dettes dans le ciel :
pagaré allá con mi alma;
je paierai la-bas avec mon âme
ya pago aquí con mi cuerpo.
et je paierai ici avec mon corps.

XXXIX

En sueños te contemplaba
Dans mes rêves, je t’ai contemplée
dentro de la oscuridad,
au cœur de l’obscurité,
y cuando abriste los ojos
et quand tes yeux se sont ouverts
todo comenzó a brillar.
tout a commencé à briller.


Todo comenzó a brillar,
Tout a commencé à briller
y entonces te llamé yo:
et puis quand je t’ai appelée
cerraste al punto los ojos,
tu as refermé les yeux,
y la oscuridad volvió.
et l’obscurité est revenue.

XLI

Antes piensa y después habla,
Penser avant et parler après,
y después de haber hablado,
et après avoir parlé,
vuelve a pensar lo que has dicho,
repenser à ce que vous avez dit,
y verás si es bueno o malo.
vous verrez alors si cela est bien ou mal.

XLII

Entre un rosal y una zarza
Entre un rosier et un buisson
nació una flor amarilla,
une fleur jaune est née,
con tantas y tantas penas
avec tant et tant de peine
que se murió el mismo día.
que le même jour elle mourut.

XLIV

Cuando se llama a una puerta
Quand on appelle à une porte
y ninguna voz responde,
et que personne ne répond,
es señal de que en la casa
c’est le signe que dans cette maison
son muy ricos o muy pobres.
ils sont ou très riches ou très pauvres.

LII

El querer es una hoguera
La volonté est un feu de joie
que en nuestro pecho se enciende;
qui incendie notre poitrine ;
por eso cuando queremos
ainsi quand nous voulons
toda nuestra sangre hierve.
tout notre sang rentre en ébullition.

LIII

«Desde Granada a Sevilla,
« De Grenade à Séville,
y desde Sevilla al cielo…»
et de Séville au ciel… »
pero no tú, desalmada;
mais pas toi, sans cœur ;
tú irás antes al infierno.
tu iras avant en enfer.

LIX

¡Ay pobre de mí, que a fuerza
Ah ! Pauvre de moi, qui à force
de pensar en mis vecinos,
de penser à mes voisins,
me he salido de mi casa
ai quitté ma maison
olvidándome a mí mismo!
en m’oubliant moi-même !

LX

Ánimo, corazoncito,
Courage, mon cœur,
vuelve a recobrar la vida,
reviens à la vie,
que aún te quedan en el mundo
il te reste encore dans ce monde
muchas penas escondidas.
tant de péchés cachés.

Muchas penas escondidas,
Tant de péchés cachés,
y entre ellas ¡ay! la más negra:
et parmi eux, ah ! le plus noir :
la de hallarte día y noche
te trouver jour et nuit
a solas con tu conciencia
seul avec ta conscience

LVI

En el cielo hay una estrella
Il y a dans le ciel une étoile
que corre hacia todas partes,
qui court de toutes parts,
mirando si hay en el mundo
regardant s’il existe de par le monde
dos corazones iguales.
deux cœurs égaux.

LVII

Levántate si te caes,
Relève-toi si tu tombes
y antes de volver a andar
mais avant de repârtir
mira dónde te has caído
regarde où tu es tombé
y pon allí una señal.
et mets-y un signal.

LIX

Por la noche pienso en ti,
La nuit je pense à toi
y en ti pienso a todas horas;
et à toi je pense toutes les heures ;
y mientras tanto yo viva,
et tant que je vivrai,
vivirá en mí tu memoria.
ta mémoire vivra en moi.

Vivirá en mí tu memoria,
Ta mémoire vivra en moi,
a la vez triste y alegre,
à la fois triste et joyeux,
pues has sido mujer buena,
tu as été si bonne,
lo cual rara vez sucede.
ce qui est si rare, ma foi.

LX

Me desperté a media noche,
Je me suis réveillé à minuit,
abrí los ojos, y al ver
j’ai ouvert les yeux, et quand j’ai vu
que tú estabas a mi lado,
que tu étais à mes côtés
volví a dormirme y soñé.
je me suis rendormi et j’ai rêvé.

LXI

Yo me asomé a un precipicio
J’ai regardé un précipice
por ver lo que había dentro,
pour y voir l’intérieur,
y estaba tan negro el fondo,
le fond était si noir
que el sol me hizo daño luego.
que le soleil plus tard m’a blessé.

LXII

Me han dicho que hay una flor,
On m’a dit qu’il existait une fleur,
de todas la más humilde:
parmi toute la plus humble :
flor que quisiera yo darte,
cette fleur que je veux te donner,
flor llamada «no me olvides.»
cette fleur s’appelle : « ne m’oublie pas !« 

LXIII

Las pestañas de tus ojos
Les cils de tes yeux
son más negras que la mora,
sont plus noirs que les mûres,
y entre pestaña y pestaña
et entre tes cils
una estrellita se asoma.
une étoile apparaît.

LXI

Yo no podría sufrir
Je ne pourrais souffrir
tantas fatigas y penas,
tant de fatigues et tant de peine
si no tuviera presente
si je ne gardais pas à l’esprit
que la causa ha sido ella.
qu’elle en était la cause.

LXVI

Los cantares que yo canto
Les chansons que je chante
se los regalo a los vientos,
je les donne au vent,
y uno no más, uno solo,
et une seule, pas plus,
guardo hace tiempo en secreto.
je la conserve secrètement.

Y aquí lo guardo en secreto,
Je la garde ici en secret,
para cantárselo a solas
pour la chanter à celui
al que me quiera explicar
qui m’expliquera
el por qué de muchas cosas.
le pourquoi de tant de choses.

LXVII

No vayas tan a menudo
Ne pars pas si souvent
a buscar agua a la fuente,
chercher de l’eau à la source,
que si a la orilla resbalas
car si par malheur tu glissais
se enturbiará la corriente.
le courant serait troublé.

LXVIIII

Niño, moriste al nacer;
Enfant, mort à la naissance ;
yo envidio el destino tuyo:
j’envie ton destin :
tú no sabes lo que hay
tu ne sauras pas ce qu’il y a
desde la cuna al sepulcro.
du berceau à la tombe.

LXX

Cada vez que sale el sol
Chaque fois que le soleil se lève
me acuerdo de mis hermanos,
je pense à mes frères,
que sin pan y con fatigas
qui sans pain et fatigués
van a empezar su trabajo.
partent à leur labeur.

Fatíganse en el trabajo
Ils s’usent par leur labeur
mientras el sol los alumbra,
pendant que le soleil les brûle,
y del trabajo descansan
et du travail ils se reposent
cuando se quedan a oscuras.
quand dans l’obscurité ils se retrouvent.

LXXIV

Te he vuelto a ver, y no creas
Je t’ai revue et je ne crois pas
que el verte me ha sorprendido:
avoir été surpris de te revoir :
mis ojos ya no se asustan
mes yeux ne craignent plus
de ver lo que otros han visto.
de voir ce que les autres ont vu

LXXV

Sé que me vas a matar
Je sais que tu vas me tuer
en vez de darme la vida:
au lieu de me donner la vie :
el morir nada me importa,
mourir m’importe peu,
pues te dejo el alma mía.
car je te laisse mon âme.

LXXVI

Yo me he querido vengar
Je voulais me venger
de los que me hacen sufrir,
de ceux qui m’ont fait souffrir,
y me ha dicho mi conciencia
mais ma conscience m’a dit
que antes me vengue de mí.
qu’avant je devais me venger de moi.

LXXVIII

En lo profundo del mar
Dans les profondeurs de la mer
hay un castillo encantado,
se trouve un château enchanté,
en el que no entran mujeres,
dans lequel les femmes ne peuvent entrer,
para que dure el encanto.
pour que le charme dure.

LXXXI

Escuchadme sin reparo;
Ecoute bien ceci :
mis palabras son verdades:
mes mots sont des vérités :
nunca miréis con desprecio
ne regarde jamais avec mépris
al que mendiga en la calle.
celui qui dans la rue mendie.

El que mendiga en la calle
Celui qui mendie dans la rue
es el más digno de lástima,
est le plus digne de pitié,
porque además de ser pobre
car en plus d’être pauvre
lo va diciendo en voz alta.
il le dit à voix haute.

LXXXII

Ni en la muerte he de encontrar
Même dans la mort je ne trouve
la quietud que me hace falta;
la quiétude que je cherche ;
por eso, cuando me miro,
c’est pour cela, quand je me regarde,
tengo de mí mismo lástima.
que j’ai pitié de moi.

LXXXIII

En verdad, dos son las cosas
En vérité, deux choses
que el mundo entero gobiernan:
règnent dans le monde :
el oro, por lo que vale,
l’or, pour ce qu’il vaut,
y el amor, por lo que cuesta.
et l’amour, pour ce qu’il coûte.

LXXXV

Cuando el reloj da las horas,
Quand l’horloge donne les heures,
dice a todos sin reparo:
elle dit à tous sans hésiter :
al rico, que ande deprisa;
au riche, de se hâter ;
al pobre, que ande despacio.
au pauvre, de marcher lentement.

Y el pobre que anda despacio,
Et le pauvre, qui lentement marche,
con sed y hambre en el camino,
avec la soif et la faim sur la route,
suele a veces llegar antes,
généralement arrive avant,
mucho antes que el más rico.
bien avant le plus riche.

XCI

Dices que hablo mal de ti,
Tu dis que je parle mal de toi,
y esa noticia no es cierta;
mais cela n’est pas vrai ;
si quiero, puedo hablar mal,
si je veux, je peux mal parler de toi,
mas no lo hago por pereza.
mais par paresse, je ne le fais.

XCIII

Morid contentos, vosotros
Meurs heureux, toi
que tenéis por compañeras
qui as pour compagnes
dos madres que os acarician:
deux mères qui te cajolent :
la Humildad y la Pobreza.
L’Humilité et la Pauvreté.

XCVIII

Cuanto más pienso en las cosas,
Plus je pense aux choses
mucho menos las comprendo;
moins je les comprends ;
por eso cuando te miro
c’est pour cela quand je te regarde
te estoy viendo y no lo creo.
je te vois mais je ne pense pas.

CV

Cuando te mueras te haré
Quand tu mourras je te ferai
un cantar de muchas coplas,
une chanson aux multiples coplas,
para que aprendan los vivos
pour que les vivants apprennent
a respetar tu memoria.
à respecter ta mémoire.

Y si alguno no creyera
Si quelqu’un ne croit pas
lo que en mi cantar yo ponga,
à ce que je chante,
le mandaré al otro mundo
je l’enverrai dans l’autre monde
para que allí te conozca.
pour qu’il apprenne à te connaître.

CXVII

Ahora que me estás queriendo,
Maintenant que tu m’aimes
yo no te puedo querer:
je ne t’aime plus :
las cosas buenas no llegan
les bonnes choses n’arrivent
a tiempo ninguna vez.
jamais à la bonne heure.

CXVIII

La noche oscura ya llega;
La nuit noire arrive ;
todo en el sueño descansa,
tout dans le rêve repose,
y tan sólo el corazón
et seul le coeur
dentro del pecho trabaja.
dans la poitrine travaille.

CXXV

A la luz de las estrellas
A la lumière des étoiles
yo te vi, cara de cielo;
je t’ai vue face au ciel ;
por eso cuando te miro,
depuis, quand je te regarde,
de las estrellas me acuerdo.
je me rappelle des étoiles.

CXXII

Tenía los labios rojos,
Ses lèvres étaient rouges,
tan rojos como la grana;
d’un rouge écarlate ;
labios ¡ay! que fueron hechos
des lèvres, ah ! qui étaient faites
para que alguien los besara.
pour être embrassées.

Yo un día quise… la niña
Un jour j’ai voulu… la fille
al pie de un ciprés descansa:
au pied d’un cyprès repose :
un beso eterno la muerte
la mort posa un éternel baiser
puso en sus labios de grana.
sur ses lèvres écarlates.

CXXXI

Si yo pudiera arrancar
Si je pouvais arracher
una estrellita del cielo,
une petite étoile dans le ciel,
te la pondría en la frente
je te la mettrais sur ton front
para verte desde lejos.
pour te voir de loin.

CXXXIII

¡Ay de mí! Por más que busco
Pauvre de moi ! Plus je cherche
la soledad, no la encuentro;
la solitude, moins je la trouve ;
mientras yo la voy buscando,
pendant que je la cherche
mi sombra me va siguiendo.
mon ombre me suit.

CXXXVIII

Guárdate del agua mansa,
Méfiez-vous de l’eau douce,
y guárdate de los hombres
et méfiez-vous des hommes
que, sin conocerte a ti,
qui, sans vous connaître,
a todo el mundo conocen.
connaissent tout le monde.

CXL

Caminando hacia la muerte
En marchant vers la mort
me encontré con tu querer,
j’ai trouvé ton amour,
y por morir más a gusto
et pour mourir plus heureux
seguí el camino con él.
j’ai continué le chemin avec lui.

CXLII

Todo hombre que viene al mundo
Tout homme qui vient au monde
trae un letrero en la frente,
porte un signe sur le front,
con letras de fuego escrito,
avec des lettres de feu
que dice: ¡reo de muerte!
qui disent : condamné à mort !

CXLIV
dernier copla

Los que quedan en el puerto
Ceux qui restent au port
cuando la nave se va,
quand part le navire,
dicen, al ver que se aleja:
disent, le voyant s’éloigner :
¡quién sabe si volverá!
« qui sait s’il reviendra !« 

Y los que van en la nave
Et ceux qui se trouvent sur le navire
dicen, mirando hacia atrás:
disent, en regardant derrière eux :
¡Quién sabe, cuando volvamos,
« Qui sait, quand nous reviendrons,
si se habrán marchado ya!
s’ils ne seront déjà partis !
« 

************************************

TRADUCTION LITTÉRATURE ESPAGNOLE
TRADUCCIÓN DE TEXTOS EN ESPAÑOL





João da Cruz e Sousa Traduction Jacky Lavauzelle

POUR UNE HEURE D’AMOUR – Poésie de Lope de Vega – No sabe qué es amor quien no te ama

Littérature espagnole
Literatura española
Poésie espagnole
Poesía española

BNE Biblioteca Nacional de España Biblitothèque Nationale d'Espagne Artgitato Madrid Lope de Vega
Lope de Vega, La Bibliothèque d’Espagne – Biblioteca de españa – Photo Jacky Lavauzelle

************************
TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
*************************

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est La-Poésie-de-Lope-de-Vega-849x1024.jpg.

LOPE DE VEGA
Félix Lope de Vega y Carpio
Madrid 25 novembre 1562 – Madrid 27 août 1635

RIMES SACRÉES
Rimas sacras


******************

POUR UNE HEURE D’AMOUR
No sabe qué es amor quien no te ama

******************

Ramon Casas, Sífilis, affiche, 1900, Barcelone, musée national d’art de Catalogne

**********


No sabe qué es amor quien no te ama,
Il ne sait pas ce qu’est l’amour celui qui ne t’aime pas,
celestial hermosura, esposo bello;
beauté céleste, bel époux ;
tu cabeza es de oro, y tu cabello
ta tête est d’or et tes cheveux
como el cogollo que la palma enrama.
comme le bourgeon que le palmier recouvre.

*

Tu boca como lirio que derrama
Ta bouche, un lis d’où se répand
licor al alba; de marfil tu cuello;
une liqueur à l’aube ; ton cou un bel ivoire ;
tu mano el torno y en su palma el sello
ta main une tour et dans sa paume le sceau
que el alma por disfraz jacintos llama.
que l’âme porte pour protéger les jacinthes.

*

¡Ay, Dios!, ¿en qué pensé cuando, dejando
Ô mon Dieu ! qu’ai-je pensé quand, laissant
tanta belleza y las mortales viendo,
tant de beauté au regard des mortels,
perdí lo que pudiera estar gozando?
j’ai perdu ce que j’aurai dû apprécier ?

*

Mas si del tiempo que perdí me ofendo,
Mais si le temps que j’ai perdu me peine,
tal prisa me daré, que una hora amando
je vais me presser pour qu’une heure d’amour
venza los años que pasé fingiendo.
détruise toutes les années passées à faire semblant.

*************************************
LA POÉSIE de LOPE DE VEGA
LA POESIA DE LOPE DE VEGA

*************************************

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Lope_de_Vega_firma.png.

LE NUAGE EN PANTALON (MAÏAKOVSKI – 1915) DEUXIEME PARTIE

****

Владимир Маяковский

русский поэт- Poète Russe
русская литература
Littérature Russe
 

 





 

Владимир Владимирович Маяковский
Vladimir Maïakovski

1893-1930

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
стихотворение Лермонтова

 




 Théâtre de Vladimir Maïakovski

VLADIMIR MAÏAKOVSKI
1915
Облако в штанах
LE NUAGE EN PANTALON

Тетраптих – Tétraptyque

II


DEUXIEME PARTIE



**

Славьте меня!
Grâce !
Я великим не чета.
Je ne fais pas le poids.
Я над всем, что сделано,
Moi, sur tout ce qui est fait,
ставлю «nihil».
Je mets un «nihil».

Никогда
Jamais !
ничего не хочу читать.
Je ne veux pas lire.
Книги?
Des livres ?
Что книги!
Quoi, les livres !

Я раньше думал —
Je pensais –
книги делаются так:
que livres étaient faits comme ça :
 пришел поэт,
le poète arrive,
легко разжал уста,
il desserre sa bouche,
и сразу запел вдохновенный простак —
et immédiatement il entame, le simplet, un couplet à chanter-
пожалуйста!
C’est fait !
А оказывается —
Et il se trouve qu’en réalité –
прежде чем начнет петься,
avant qu’il ne commence à chanter,
долго ходят, размозолев от брожения,
il lui faille une longue marche, une longue fermentation,
и тихо барахтается в тине сердца
et qu’il laisse son cœur patauger tranquillement dans sa boue
глупая вобла воображения.
la stupide imagination du gardon.
Пока выкипячивают, рифмами пиликая,
Alors que l’on cuisine, en grattant des rimes,
из любвей и соловьев какое-то варево,
Une fricassée d’amour au rossignol
улица корчится безъязыкая —
la rue  se tortille sans langue-
ей нечем кричать и разговаривать.
Elle n’a rien à crier et elle n’a rien à dire.

Городов вавилонские башни,
Des tours de Babel se dressent dans nos villes
возгордясь, возносим снова,
Elles grimpent  à nouveau,
а бог
et dieu
 города на пашни
plante des villes sur les terres arables
 рушит,
qu’elles détruisent,
мешая слово.
confusion des mots.

Улица муку молча пёрла.
En silence, la rue avale sa peine.
Крик торчком стоял из глотки.
Un cri se glace dans sa gorge.
Топорщились, застрявшие поперек горла,
Coincés dans la gorge irritée,
пухлые taxi и костлявые пролетки
De gras taxis et d’osseux fiacres
грудь испешеходили.
Et une poitrine piétinée.
Чахотки площе.
Infectée.
Город дорогу мраком запер.
La route de la ville est verrouillée par l’obscurité.

И когда —
Et quand –
все-таки!—
après tout ! –
выхаркнула давку на площадь,
Elle a écrasé les badauds sur la zone,
спихнув наступившую на горло паперть,
Ecartant le porche  qui encombrait sa gorge,
думалось:
faisant penser à
 в хорах архангелова хорала
un chant par des chorales d’archanges,
бог, ограбленный, идет карать!
Dieu, dépouillé, venait pour punir !

А улица присела и заорала:
La rue s’est accroupie et a crié :
 
«Идемте жрать!»
« Allons manger! »

Гримируют городу Круппы и Круппики
Les gros Krupps et les maigres Krupps maquillent sur la ville
грозящих бровей морщь,
de menaçant sourcils froncés
а во рту
et dans la bouche
умерших слов разлагаются трупики,
des mots morts décomposés cadavériques,
 только два живут, жирея —
Seulement deux mots survivent, et profitent –
«сволочь»
« bâtard »
и еще какое-то,
et un autre,
кажется, «борщ».
Il me semble : «borchtch».

Поэты,
Poètes,
 размокшие в плаче и всхлипе,
Affadis par les pleurs et encore les pleurs,
бросились от улицы, ероша космы:
se sont précipités dans la rue, ébouriffantes crinières :
«Как двумя такими выпеть
« Comment avec ces deux uniques mots
и барышню,
pouvoir évoquer la jeune femme,
и любовь,
et l’amour
и цветочек под росами?»
et la floraison sous la rosée? « 
 А за поэтами —
Et après le poète –
уличные тыщи:
des milliers se sont retrouvés dans la rue :
студенты,
les étudiants
проститутки,
les prostituées,
подрядчики.
les entrepreneurs.

Господа!
Seigneur!
Остановитесь!
Stop!
Вы не нищие,
Vous n’êtes pas des gueux,
вы не смеете просить подачки!
ne demandez pas l’aumône !

Нам, здоровенным,
Pour nous, les costauds,
с шаго саженьим,
avec nos grandes enjambées,
надо не слушать, а рвать их —
il n’est nullement nécessaire de les écouter, il faut les réduire en miettes-
их,
oui, eux
присосавшихся бесплатным приложением
qui bénéficient de gratuité
  к каждой двуспальной кровати!
pour chaque lit double!

 





Их ли смиренно просить:
Est-ce que humblement nous allons nous abaisser à dire :
«Помоги мне!»
« Aidez-nous ! »
Молить о гимне,
Demandez-leur un hymne,
 об оратории!
un oratorio !
Мы сами творцы в горящем гимне —
Nous sommes les créateurs de l’hymne ardent –
шуме фабрики и лаборатории.
le bruit des usines et des laboratoires.

Что мне до Фауста,
Que m’importe Faust,
феерией ракет
d’extravagants missiles
скользящего с Мефистофелем в небесном паркете!
se déplaçant avec Méphistophélès sur la piste de danse céleste !
Я знаю —
Je sais –
гвоздь у меня в сапоге
qu’un seul clou dans ma botte
кошмарней, чем фантазия у Гете!
est plus cauchemardesque encore que toute la fantaisie réunie de Goethe !

Я,
Moi
златоустейший,
Bouche dorée,
 чье каждое слово
dont chaque mot
 душу новородит,
renforce mon âme,
 именинит тело,
nettoie le corps,
говорю вам:
je vous le dis :
мельчайшая пылинка живого
le plus petit grain de poussière vivant
 ценнее всего, что я сделаю и сделал!
est chose plus précieuse que ce que je fais, et ce que j’ai fait !

Слушайте!
Ecoutez !
Проповедует,
Le prêche,
мечась и стеня,
nerveux, murmurant,
  сегодняшнего дня крикогубый Заратустра!
aujourd’hui de Zarathoustra !
Мы
Nous
с лицом, как заспанная простыня,
avec un visage comme une couette somnolente,
с губами, обвисшими, как люстра,
avec des lèvres tombantes comme un lustre,
 мы,
nous,
каторжане города-лепрозория,
les déclarés coupable, les condamnés de la ville léproserie,
 где золото и грязь изъязвили  проказу,—
où l’or et la saleté se posent sur la lèpre –
мы чище венецианского лазорья,
Nous sommes plus propres que la Venise bleue,
морями и солнцами омытого сразу!
par la mer et le soleil à la fois baignée !

Плевать, что нет
Je ne me soucie pas de trouver chez
  
у Гомеров и Овидиев
Homère et Ovide
людей, как мы,
des gens comme nous,
от копоти в оспе.
variolés de suie.
Я знаю —
Je sais –
солнце померкло б, увидев
que le soleil s’assombrirait, voyant
наших душ золотые россыпи!
dans nos âmes cette mine d’or !

Жилы и мускулы — молитв верней.
Veines et muscles – valent mieux que les prières des fidèles.
Нам ли вымаливать милостей времени!
Nous ne demandons pas les faveurs de temps !
 Мы —
Nous –
 каждый —
Chacun d’entre nous –
держим в своей пятерне
nous gardons dans nos cinq doigts
миров приводные ремни!
les rênes du mondes !

 





Это взвело на Голгофы аудиторий
J’ai gravi le Golgotha des auditoires
Петрограда, Москвы, Одессы, Киева,
de Petrograd, Moscou, Odessa, Kiev,
 и не было ни одного,
et il n’y avait rien, personne
  который
qui
не кричал бы:
a crié :
 «Распни,
« Crucifiez,
 распни его!»
Crucifiez-le! « 
Но мне —
A moi-
люди,
les gens
 и те, что обидели —
et ceux qui m’ont offensé, aussi –
вы мне всего дороже и ближе.
vous êtes ce qu’il y a de plus précieux pour moi et de plus intime.

Видели,
Avez-vous vu
 как собака бьющую руку лижет?!
un chien battu lécher la main qui le bat !

Я,
Moi,
обсмеянный у сегодняшнего племени,
vilipendé par la tribu d’aujourd’hui,
как длинный
comme une interminable
скабрезный анекдот,
anecdote indécente,
вижу идущего через горы времени,
Je vois venir à travers les montagnes du temps
которого не видит никто.
celui que personne ne voit.

Где глаз людей обрывается куцый,
Où les yeux des gens s’arrêtent,
главой голодных орд,
à la tête des hordes affamées,
в терновом венце революций
munie d’une couronne d’épines de révolutions,
 грядет шестнадцатый год.
la seizième année de notre siècle arrive.

А я у вас — его предтеча;
Et moi- son prédécesseur ;
 я — где боль, везде;
moi- partout où la douleur se trouve ;
на каждой капле слёзовой течи
sur chacun des pleurs
  распял себя на кресте.
je me suis crucifié.
   Уже ничего простить нельзя.
Rien ne peut plus être pardonné .
Я выжег души, где нежность растили.
J’ai brûlé les âmes où la tendresse existait.
 Это труднее, чем взять
Ceci est plus difficile que de prendre
тысячу тысяч Бастилий!
mille milliers de Bastille !

И когда,
Et quand,
приход его
lors de sa venue
мятежом оглашая,
dans le vacarme des rébellions,
выйдете к спасителю —
viendra le sauveur –
вам я
Pour vous, moi,
душу вытащу,
je m’arracherai la langue,
растопчу,
je la foulerai aux pieds,
чтоб большая!—
afin qu’elle grandisse ! –
и окровавленную дам, как знамя.
Et, sanglante, elle deviendra votre bannière.

*******

VLADIMIR MAÏAKOVSKI
1915




YEATS SAILING TO BYZANTIUM III- LA TRAVERSEE VERS BYZANCE – O sages standing in God’s holy fire

*

YEATS
**************

William Butler Yeats
Irish poet – Poète Irlandais
English literature English poetry


SAILING TO BYZANTIUM

 

WILLIAM BUTTLER YEATS
1865-1939


LA TRAVERSEE DE BYZANCE
SAILING TO BYZANTIUM
***********
III
*************

O sages standing in God’s holy fire
********

O sages, debout devant le saint feu de Dieu
*********



O sages standing in God’s holy fire
O sages, debout devant le saint feu de Dieu
As in the gold mosaic of a wall,
Comme une mosaïque d’or sur un mur,
Come from the holy fire, perne in a gyre,
Sortez du feu sanctifié, rentrez dans le gyre océanique ,
And be the singing-masters of my soul.
Et soyez les maîtres-chanteurs de mon âme.
Consume my heart away; sick with desire
Consumez mon cœur ; malade par le désir
And fastened to a dying animal
Et attaché à un animal mourant
It knows not what it is; and gather me
Il ne sait pas ce que qu’il est ; et prenez-moi
Into the artifice of eternity.
Dans l’artifice de l’éternité.



.

*********************
Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
*********************

LA POESIE DE YEATS
VUE
PAR OSCAR WILDE

Les livres de poésie des jeunes écrivains sont d’ordinaire des billets qui ne sont jamais payés.
Néanmoins, on rencontre de temps en temps un volume si supérieur à la moyenne, qu’on résiste à grand’peine à la tentation attrayante de prophétiser étourdîment un bel avenir pour son auteur.
Le livre de M. Yeats : Les Voyages d’Oisin est certainement un de ceux-là.
Ici nous trouvons un noble sujet noblement traité, la délicatesse de l’instinct poétique, et la richesse d’imagination.
Une bonne partie de l’œuvre est inégale, peu soutenue, il faut le reconnaître.
M. Yeats n’essaie pas de dépasser Wordworth en enfance, nous sommes heureux de le dire, mais de temps à autre il réussit à « surpasser Keats en brillant » et il y a, çà et là, dans son livre des choses d’une étrange crudité, des endroits d’une recherche irritante. Mais dans les meilleurs passages, il est excellent.
S’il n’a pas la grandiose simplicité de la facture épique, il a au moins quelque chose de la largeur de vision qui appartient au caractère épique.
Il ne diminue point la stature des grands héros de la mythologie celtique.
Il est très naïf, très primitif et parle de ses géants de l’air d’un enfant.
Voici un passage caractéristique du récit où Oisin revient de l’Île de l’oubli.
  Et je suivis les bords de la mer, où tout est nu et gris,
    sable gris sur le vert des gazons, et sur les arbres imprégnés d’eau,
    qui suintent et penchent du côté de la terre, comme s’ils avaient hâte de partir,
    comme une armée de vieillards soupirant après le repos loin de la
      plainte des mers.
    Les flocons d’écume fuirent longtemps autour de moi ; les vents fuirent loin de l’étendue
    emportant l’oiseau dans leurs plis, et je ne sus point, plongé dans mes
      pensées à l’écart,
    quand ils gelèrent l’étoffe sur mon corps comme une cuirasse fortement rivée,
    Car la Souvenance, dressant sa maigreur, gémit dans les portes de mon cœur,
    jusqu’à ce que chargeant les vents du matin, une odeur de foin fraîchement coupé,
    arriva, mon front s’inclina très bas, et mes larmes tombèrent comme des baies.
    Plus tard ce fut un son, à demi perdu dans le son d’un rivage lointain.
    C’était la grande barnacle qui appelait, et plus tard les bruns vents de la côte.
    Si j’étais comme je fus jadis, les fers d’or écrasant le sable et les coquillages,
venant de la mer, comme le matin avec des lèvres rouges murmurant un chant,
    ne toussant pas, ma tête sur les genoux, et priant, et irrité contre les cloches,
    je ne laisserais à aucun saint sa tête sur son corps, lors même que ses terres seraient grandes et fortes.
     M’éloignant des houles qui s’allumaient, je suivis un sentier de cheval,
    m’étonnant beaucoup de voir de tous côtés, faites de roseaux et de charpentes
    des églises surmontées d’une cloche, et le cairn sacré et la terre sans gardiens,
    et une petite et faible populace courbée, le pic et la bêche à la main.

Dans un ou deux endroits, la mélodie est fautive, la construction est parfois trop embrouillée, et le mot de populace du dernier vers est mal choisi, mais quand tout cela est dit, il est impossible de ne pas sentir dans ces stances la présence du véritable esprit poétique.

Oscar Wilde
Derniers essais de littérature et d’esthétique
Trois Nouveaux Poètes
1913

****************

YEATS SAILING TO BYZANTIUM