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FANATISME – Poème de FLORBELA ESPANCA – FANATISMO -1923

Traduction Jacky Lavauzelle João da Cruz e Sousa
João da Cruz e Sousa Traduction Jacky Lavauzelle

LITTÉRATURE PORTUGAISE
POÉSIE PORTUGAISE
LITERATURA PORTUGUESA
POESIA PORTUGUESA

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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
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Florbela Espanca
Flor Bela de Alma da Conceição
Poétesse portugaise
8 décembre 1894 – 8 décembre 1930
Vila Viçosa, 8 de dezembro de 1894 — Matosinhos, 8 de dezembro de 1930

________________________________________________________________

FANATISME
FANATISMO
Poème paru dans « 
Livro de Sóror Saudade« 
1923 

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Caspar David Friedrich, Le Voyageur contemplant une mer de nuages, 1818, Hambourg Kunsthalle

********************


Minh’alma, de sonhar-te, anda perdida.
Mon âme, rêvant de toi, s’est perdue.
Meus olhos andam cegos de te ver.
Mes yeux sont devenus aveugles de te voir.
Não és sequer razão do meu viver
Tu n’es même pas la raison de ma vie.
Pois que tu és já toda a minha vida!
Car déjà tu es toute ma vie !

*

Não vejo nada assim enlouquecida…
Je ne vois rien d’aussi fou …
Passo no mundo, meu Amor, a ler
Entrez dans le monde, mon Amour, à lire
No misterioso livro do teu ser
Dans le livre mystérieux de ton être
A mesma história tantas vezes lida!…
La même histoire si souvent lue ! …

*

« Tudo no mundo é frágil, tudo passa… »
« Tout dans le monde est fragile, tout va …« 
Quando me dizem isto, toda a graça
Quand on me dit ça, toute la grâce
Duma boca divina fala em mim!
D’une bouche divine parle de moi !

*

E, olhos postos em ti, digo de rastros:
Et, les yeux posés sur toi, je dis en me traînant :
« Ah! podem voar mundos, morrer astros,
« Ah, les mondes peuvent voler, les étoiles mourir,
Que tu és como Deus: princípio e fim!… »
Que te es comme Dieu : l’alpha et l’oméga ! …  »

* *******************
LA POÉSIE DE FLORBELA ESPANCA – POESIA DE FLORBELLA ESPANCA
*******************

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João da Cruz e Sousa Traduction Jacky Lavauzelle

LES COPLAS DE AUGUSTO FERRAN Y FORNIES – LAS COPLAS – Augusto Ferrán – LA SOLEDAD – LA SOLITUDE -1861

Traduction Jacky Lavauzelle João da Cruz e Sousa

Una copla es una composición poética que, por lo general, consiste en cuatro versos (usualmente octosílabos).
Une copla est une composition poétique composée généralement de quatre versets (généralement octosyllabique).
La copla se retrouve dans de nombreuses chansons populaires espagnoles ainsi que dans la littérature de langue espagnole.

João da Cruz e Sousa Traduction Jacky Lavauzelle

LITTÉRATURE ESPAGNOLE
POÉSIE ESPAGNOLE
LITERATURA ESPAÑOLA
POESÍA ESPAÑOLA


*****************
TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
*****************

Augusto Ferrán
AUGUSTO FERRAN Y FORNIES
poeta español
Madrid 27 juillet 1835 – Madrid 2 avril 1880
Madrid, 27 de julio de 1835 – Madrid, 2 de abril de 1880
******************

Le Greco, El Greco
Vue de Tolède sous l’orage, 1596-1600, Metropolitan Museum of Art, New York

LA SOLEDAD
LA SOLITUDE
Recueil
1860 – 1861

I

Las fatigas que se cantan
Les fatigues que l’on chante
son las fatigas más grandes,
sont les plus grandes fatigues,
porque se cantan llorando
car on chante en pleurant
y las lágrimas no salen.
sans que les larmes ne sortent.

II

Al ver en tu sepultura
Voir sur ta tombe
las siemprevivas tan frescas,
ce feuillage persistant si frais,
me acuerdo, madre del alma,
me rappelle, mère de l’âme,
que estás para siempre muerta.
que tu es mort pour toujours.

III

Los mundos que me rodean
Les mondes qui m’entourent
son los que menos me extrañan:
sont les moins étranges :
el que me tiene asombrado
celui qui m’a le plus étonné
es el mundo de mi alma.
reste le monde de mon âme.

IV

Los que la cuentan por años
Nombreux depuis des années
dicen que la vida es corta;
disent que la vie est courte ;
a mí me parece larga
à moi, elles me semblent longues
porque la cuento por horas.
car je les compte pendant des heures.

VI

Pasé por un bosque y dije:
J’ai traversé la forêt et dis :
«aquí está la soledad…»
« la voici la solitude... »
y el eco me respondió
et l’écho me répondit
con voz muy ronca: «aquí está.»
d’une voix enrouée : « la voici. »

Y me respondió «aquí está»
et me répondant « la voici« 
y sentí como un temblor,
j’ai ressenti un tremblement,
al ver que la voz salía
de voir que la voix qui sortait
de mi propio corazón.
de mon propre cœur venait.

VII

Dos males hay en el mundo
Deux maux dans le monde
que es necesario vencer:
doivent être surmontés
el amor de uno a sí mismo
l’amour de soi
y el rencor de la mujer.
et la rancune de la femme.

IX

Yo me marché al campo santo
Je suis allé au cimetière
y a voces llamé a los muertos,
et appelé les morts
y para castigo mío
et pour ma punition
los vivos me respondieron.
les vivants me répondirent.

XV

La muerte ya no me espanta;
La mort ne me fait plus peur ;
tendría más que temer
j’aurais plus à craindre
si en el cielo me dijeran:
si le ciel me condamnait
has de volver a nacer.
à naître de nouveau.

XVI

Si mis ojos no te dicen
Si mes yeux ne te disent pas
todo lo que el pecho siente,
tout ce que mon cœur ressent
no es porque se están callados;
ce n’est pas qu’ils se taisent ;
es porque no los comprendes.
c’est que tu ne les comprends pas.

XVIII

Yo no sé lo que yo tengo,
Je ne sais ce que je veux
ni sé lo que me hace falta,
ni ce dont j’ai besoin,
que siempre espero una cosa
mais j’espère toujours une chose
que no sé cómo se llama.
sans savoir comme elle se nomme.

XXI

De mirar con demasía
A trop chercher
se me han cegado los ojos,
je me suis aveuglé,
y ahora que ciego me encuentro
et maintenant que je suis aveugle
es cuando lo veo todo.
je vois tout.

Y ahora que lo veo todo,
Et maintenant que je vois tout,
estoy viendo de continuo
je vois en permanence
el mundo y sus desengaños
le monde et ses déceptions
pasar dentro de mí mismo.
me pénétrer.

XXII

Si me quieres como dices,
Si tu me veux, comme tu le dis
¿por qué te apartas de mí?
pourquoi de moi tu te détournes ?
agua que va río abajo,
l’eau qui vient de la rivière
en la mar viene a morir.
dans la mer s’en va mourir.

XXIII

No os extrañe, compañeros,
Ne soyez pas surpris, mes amis,
que siempre cante mis penas,
que je chante toujours mes peines,
porque el mundo me ha enseñado

car le monde m’a appris
que las mías son las vuestras.
que les miennes sont aussi les vôtres.

XXIV

Hace ya muy largos años
Depuis longtemps
que en todas partes te veo,
partout je te vois,
pero no tal como eres,
non comme tu es,
sino según mi deseo.
mais selon mon désir.

XXVI

Mirando al cielo juraste
En regardant le ciel, tu as juré
no me engañarías nunca,
de ne jamais me tromper
y desde entonces el cielo
et, depuis, le ciel
sólo con verte se nubla.
en te voyant s’obscurcit.

XXIX

Tu aliento es mi única vida,
Ton souffle est ma seule vie,
y son tus ojos mi luz;
et tes yeux ma seule lumière ;
mi alma está donde tu pecho,
mon âme est dans ton cœur,
mi patria donde estás tú.
ma patrie, là où tu es.

XXX

Del fuego que por tu gusto
Du feu que pour toi
encendimos hace tiempo,
nous avons allumé jadis,
las cenizas sólo quedan,
il ne reste que des cendres
y en el corazón las llevo.
et dans le cœur je les porte.

XXXI

Pobre me acosté, y en sueños
pauvre je me suis endormi et dans mes rêves
vi lleno de oro mi cuarto:
j’ai vu une chambre remplie d’or :
más pobre me levanté
mais plus pauvre je me suis levé
que antes de haberme acostado.
qu’avant de me coucher.

XXXII

¿Cómo quieres que yo queme
comment veux-tu que je brûle
las prendas que me has devuelto,
les vêtements que tu m’as rendu ?
si el corazón me lo has dado
si ton cœur me les a donnés
tú misma cenizas hecho?
il en a déjà fait des cendres.

XXXIII

El pájaro que me diste,
L’oiseau que tu m’as donné,
preso lo tengo en su jaula,
je l’ai dans sa cage,
y el pobre de día y noche
et le pauvre, de jour comme de nuit,
se muere, y por eso canta.
se meurt, et c’est pour ça qu’il chante.

XXXVI

Si os encontráis algún día
Si un jour tu te trouves
dentro de la soledad,
plongé dans la solitude
no pidáis consuelo al mundo,
ne demande pas au monde de consolation,
porque él no os lo puede dar.
car il ne pourra te la donner.

XXXVII

Sé que me voy a perder
Je sais que je vais me perdre
y ya sé que estoy perdido,
et je sais que je suis perdu,
y solamente me pesa
et ce qui me pèse uniquement
que no te pierdas conmigo.
c’est que tu ne te perdes avec moi.

XXXXVIII

Tengo deudas en la tierra,
J’ai des dettes sur terre,
y deudas tengo en el cielo:
et des dettes dans le ciel :
pagaré allá con mi alma;
je paierai la-bas avec mon âme
ya pago aquí con mi cuerpo.
et je paierai ici avec mon corps.

XXXIX

En sueños te contemplaba
Dans mes rêves, je t’ai contemplée
dentro de la oscuridad,
au cœur de l’obscurité,
y cuando abriste los ojos
et quand tes yeux se sont ouverts
todo comenzó a brillar.
tout a commencé à briller.


Todo comenzó a brillar,
Tout a commencé à briller
y entonces te llamé yo:
et puis quand je t’ai appelée
cerraste al punto los ojos,
tu as refermé les yeux,
y la oscuridad volvió.
et l’obscurité est revenue.

XLI

Antes piensa y después habla,
Penser avant et parler après,
y después de haber hablado,
et après avoir parlé,
vuelve a pensar lo que has dicho,
repenser à ce que vous avez dit,
y verás si es bueno o malo.
vous verrez alors si cela est bien ou mal.

XLII

Entre un rosal y una zarza
Entre un rosier et un buisson
nació una flor amarilla,
une fleur jaune est née,
con tantas y tantas penas
avec tant et tant de peine
que se murió el mismo día.
que le même jour elle mourut.

XLIV

Cuando se llama a una puerta
Quand on appelle à une porte
y ninguna voz responde,
et que personne ne répond,
es señal de que en la casa
c’est le signe que dans cette maison
son muy ricos o muy pobres.
ils sont ou très riches ou très pauvres.

LII

El querer es una hoguera
La volonté est un feu de joie
que en nuestro pecho se enciende;
qui incendie notre poitrine ;
por eso cuando queremos
ainsi quand nous voulons
toda nuestra sangre hierve.
tout notre sang rentre en ébullition.

LIII

«Desde Granada a Sevilla,
« De Grenade à Séville,
y desde Sevilla al cielo…»
et de Séville au ciel… »
pero no tú, desalmada;
mais pas toi, sans cœur ;
tú irás antes al infierno.
tu iras avant en enfer.

LIX

¡Ay pobre de mí, que a fuerza
Ah ! Pauvre de moi, qui à force
de pensar en mis vecinos,
de penser à mes voisins,
me he salido de mi casa
ai quitté ma maison
olvidándome a mí mismo!
en m’oubliant moi-même !

LX

Ánimo, corazoncito,
Courage, mon cœur,
vuelve a recobrar la vida,
reviens à la vie,
que aún te quedan en el mundo
il te reste encore dans ce monde
muchas penas escondidas.
tant de péchés cachés.

Muchas penas escondidas,
Tant de péchés cachés,
y entre ellas ¡ay! la más negra:
et parmi eux, ah ! le plus noir :
la de hallarte día y noche
te trouver jour et nuit
a solas con tu conciencia
seul avec ta conscience

LVI

En el cielo hay una estrella
Il y a dans le ciel une étoile
que corre hacia todas partes,
qui court de toutes parts,
mirando si hay en el mundo
regardant s’il existe de par le monde
dos corazones iguales.
deux cœurs égaux.

LVII

Levántate si te caes,
Relève-toi si tu tombes
y antes de volver a andar
mais avant de repârtir
mira dónde te has caído
regarde où tu es tombé
y pon allí una señal.
et mets-y un signal.

LIX

Por la noche pienso en ti,
La nuit je pense à toi
y en ti pienso a todas horas;
et à toi je pense toutes les heures ;
y mientras tanto yo viva,
et tant que je vivrai,
vivirá en mí tu memoria.
ta mémoire vivra en moi.

Vivirá en mí tu memoria,
Ta mémoire vivra en moi,
a la vez triste y alegre,
à la fois triste et joyeux,
pues has sido mujer buena,
tu as été si bonne,
lo cual rara vez sucede.
ce qui est si rare, ma foi.

LX

Me desperté a media noche,
Je me suis réveillé à minuit,
abrí los ojos, y al ver
j’ai ouvert les yeux, et quand j’ai vu
que tú estabas a mi lado,
que tu étais à mes côtés
volví a dormirme y soñé.
je me suis rendormi et j’ai rêvé.

LXI

Yo me asomé a un precipicio
J’ai regardé un précipice
por ver lo que había dentro,
pour y voir l’intérieur,
y estaba tan negro el fondo,
le fond était si noir
que el sol me hizo daño luego.
que le soleil plus tard m’a blessé.

LXII

Me han dicho que hay una flor,
On m’a dit qu’il existait une fleur,
de todas la más humilde:
parmi toute la plus humble :
flor que quisiera yo darte,
cette fleur que je veux te donner,
flor llamada «no me olvides.»
cette fleur s’appelle : « ne m’oublie pas !« 

LXIII

Las pestañas de tus ojos
Les cils de tes yeux
son más negras que la mora,
sont plus noirs que les mûres,
y entre pestaña y pestaña
et entre tes cils
una estrellita se asoma.
une étoile apparaît.

LXI

Yo no podría sufrir
Je ne pourrais souffrir
tantas fatigas y penas,
tant de fatigues et tant de peine
si no tuviera presente
si je ne gardais pas à l’esprit
que la causa ha sido ella.
qu’elle en était la cause.

LXVI

Los cantares que yo canto
Les chansons que je chante
se los regalo a los vientos,
je les donne au vent,
y uno no más, uno solo,
et une seule, pas plus,
guardo hace tiempo en secreto.
je la conserve secrètement.

Y aquí lo guardo en secreto,
Je la garde ici en secret,
para cantárselo a solas
pour la chanter à celui
al que me quiera explicar
qui m’expliquera
el por qué de muchas cosas.
le pourquoi de tant de choses.

LXVII

No vayas tan a menudo
Ne pars pas si souvent
a buscar agua a la fuente,
chercher de l’eau à la source,
que si a la orilla resbalas
car si par malheur tu glissais
se enturbiará la corriente.
le courant serait troublé.

LXVIIII

Niño, moriste al nacer;
Enfant, mort à la naissance ;
yo envidio el destino tuyo:
j’envie ton destin :
tú no sabes lo que hay
tu ne sauras pas ce qu’il y a
desde la cuna al sepulcro.
du berceau à la tombe.

LXX

Cada vez que sale el sol
Chaque fois que le soleil se lève
me acuerdo de mis hermanos,
je pense à mes frères,
que sin pan y con fatigas
qui sans pain et fatigués
van a empezar su trabajo.
partent à leur labeur.

Fatíganse en el trabajo
Ils s’usent par leur labeur
mientras el sol los alumbra,
pendant que le soleil les brûle,
y del trabajo descansan
et du travail ils se reposent
cuando se quedan a oscuras.
quand dans l’obscurité ils se retrouvent.

LXXIV

Te he vuelto a ver, y no creas
Je t’ai revue et je ne crois pas
que el verte me ha sorprendido:
avoir été surpris de te revoir :
mis ojos ya no se asustan
mes yeux ne craignent plus
de ver lo que otros han visto.
de voir ce que les autres ont vu

LXXV

Sé que me vas a matar
Je sais que tu vas me tuer
en vez de darme la vida:
au lieu de me donner la vie :
el morir nada me importa,
mourir m’importe peu,
pues te dejo el alma mía.
car je te laisse mon âme.

LXXVI

Yo me he querido vengar
Je voulais me venger
de los que me hacen sufrir,
de ceux qui m’ont fait souffrir,
y me ha dicho mi conciencia
mais ma conscience m’a dit
que antes me vengue de mí.
qu’avant je devais me venger de moi.

LXXVIII

En lo profundo del mar
Dans les profondeurs de la mer
hay un castillo encantado,
se trouve un château enchanté,
en el que no entran mujeres,
dans lequel les femmes ne peuvent entrer,
para que dure el encanto.
pour que le charme dure.

LXXXI

Escuchadme sin reparo;
Ecoute bien ceci :
mis palabras son verdades:
mes mots sont des vérités :
nunca miréis con desprecio
ne regarde jamais avec mépris
al que mendiga en la calle.
celui qui dans la rue mendie.

El que mendiga en la calle
Celui qui mendie dans la rue
es el más digno de lástima,
est le plus digne de pitié,
porque además de ser pobre
car en plus d’être pauvre
lo va diciendo en voz alta.
il le dit à voix haute.

LXXXII

Ni en la muerte he de encontrar
Même dans la mort je ne trouve
la quietud que me hace falta;
la quiétude que je cherche ;
por eso, cuando me miro,
c’est pour cela, quand je me regarde,
tengo de mí mismo lástima.
que j’ai pitié de moi.

LXXXIII

En verdad, dos son las cosas
En vérité, deux choses
que el mundo entero gobiernan:
règnent dans le monde :
el oro, por lo que vale,
l’or, pour ce qu’il vaut,
y el amor, por lo que cuesta.
et l’amour, pour ce qu’il coûte.

LXXXV

Cuando el reloj da las horas,
Quand l’horloge donne les heures,
dice a todos sin reparo:
elle dit à tous sans hésiter :
al rico, que ande deprisa;
au riche, de se hâter ;
al pobre, que ande despacio.
au pauvre, de marcher lentement.

Y el pobre que anda despacio,
Et le pauvre, qui lentement marche,
con sed y hambre en el camino,
avec la soif et la faim sur la route,
suele a veces llegar antes,
généralement arrive avant,
mucho antes que el más rico.
bien avant le plus riche.

XCI

Dices que hablo mal de ti,
Tu dis que je parle mal de toi,
y esa noticia no es cierta;
mais cela n’est pas vrai ;
si quiero, puedo hablar mal,
si je veux, je peux mal parler de toi,
mas no lo hago por pereza.
mais par paresse, je ne le fais.

XCIII

Morid contentos, vosotros
Meurs heureux, toi
que tenéis por compañeras
qui as pour compagnes
dos madres que os acarician:
deux mères qui te cajolent :
la Humildad y la Pobreza.
L’Humilité et la Pauvreté.

XCVIII

Cuanto más pienso en las cosas,
Plus je pense aux choses
mucho menos las comprendo;
moins je les comprends ;
por eso cuando te miro
c’est pour cela quand je te regarde
te estoy viendo y no lo creo.
je te vois mais je ne pense pas.

CV

Cuando te mueras te haré
Quand tu mourras je te ferai
un cantar de muchas coplas,
une chanson aux multiples coplas,
para que aprendan los vivos
pour que les vivants apprennent
a respetar tu memoria.
à respecter ta mémoire.

Y si alguno no creyera
Si quelqu’un ne croit pas
lo que en mi cantar yo ponga,
à ce que je chante,
le mandaré al otro mundo
je l’enverrai dans l’autre monde
para que allí te conozca.
pour qu’il apprenne à te connaître.

CXVII

Ahora que me estás queriendo,
Maintenant que tu m’aimes
yo no te puedo querer:
je ne t’aime plus :
las cosas buenas no llegan
les bonnes choses n’arrivent
a tiempo ninguna vez.
jamais à la bonne heure.

CXVIII

La noche oscura ya llega;
La nuit noire arrive ;
todo en el sueño descansa,
tout dans le rêve repose,
y tan sólo el corazón
et seul le coeur
dentro del pecho trabaja.
dans la poitrine travaille.

CXXV

A la luz de las estrellas
A la lumière des étoiles
yo te vi, cara de cielo;
je t’ai vue face au ciel ;
por eso cuando te miro,
depuis, quand je te regarde,
de las estrellas me acuerdo.
je me rappelle des étoiles.

CXXII

Tenía los labios rojos,
Ses lèvres étaient rouges,
tan rojos como la grana;
d’un rouge écarlate ;
labios ¡ay! que fueron hechos
des lèvres, ah ! qui étaient faites
para que alguien los besara.
pour être embrassées.

Yo un día quise… la niña
Un jour j’ai voulu… la fille
al pie de un ciprés descansa:
au pied d’un cyprès repose :
un beso eterno la muerte
la mort posa un éternel baiser
puso en sus labios de grana.
sur ses lèvres écarlates.

CXXXI

Si yo pudiera arrancar
Si je pouvais arracher
una estrellita del cielo,
une petite étoile dans le ciel,
te la pondría en la frente
je te la mettrais sur ton front
para verte desde lejos.
pour te voir de loin.

CXXXIII

¡Ay de mí! Por más que busco
Pauvre de moi ! Plus je cherche
la soledad, no la encuentro;
la solitude, moins je la trouve ;
mientras yo la voy buscando,
pendant que je la cherche
mi sombra me va siguiendo.
mon ombre me suit.

CXXXVIII

Guárdate del agua mansa,
Méfiez-vous de l’eau douce,
y guárdate de los hombres
et méfiez-vous des hommes
que, sin conocerte a ti,
qui, sans vous connaître,
a todo el mundo conocen.
connaissent tout le monde.

CXL

Caminando hacia la muerte
En marchant vers la mort
me encontré con tu querer,
j’ai trouvé ton amour,
y por morir más a gusto
et pour mourir plus heureux
seguí el camino con él.
j’ai continué le chemin avec lui.

CXLII

Todo hombre que viene al mundo
Tout homme qui vient au monde
trae un letrero en la frente,
porte un signe sur le front,
con letras de fuego escrito,
avec des lettres de feu
que dice: ¡reo de muerte!
qui disent : condamné à mort !

CXLIV
dernier copla

Los que quedan en el puerto
Ceux qui restent au port
cuando la nave se va,
quand part le navire,
dicen, al ver que se aleja:
disent, le voyant s’éloigner :
¡quién sabe si volverá!
« qui sait s’il reviendra !« 

Y los que van en la nave
Et ceux qui se trouvent sur le navire
dicen, mirando hacia atrás:
disent, en regardant derrière eux :
¡Quién sabe, cuando volvamos,
« Qui sait, quand nous reviendrons,
si se habrán marchado ya!
s’ils ne seront déjà partis !
« 

************************************

TRADUCTION LITTÉRATURE ESPAGNOLE
TRADUCCIÓN DE TEXTOS EN ESPAÑOL





João da Cruz e Sousa Traduction Jacky Lavauzelle

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(崔健)

Huāfáng Gūniáng 花房姑娘
崔健 不插电
(Cuijian Unplugged 插电)

希腊
Αύγουστος (août – august)
Níkos Papázoglou – Νίκος Παπάζογλου

美国
Fever
Peggy Lee




美国
New-York New-York
Frank Sinatra

英国
Another Brick In The Wall

Pink Floyd

以色列
Over my head

Asaf Avidan




美国
Hotel California
The Eagles

美国
For Your Precious Love
Otis Redding

英国
Let it be
The Beatles




英国
Rolling in the Deep
Adele

澳大利亚
Big Jet Plane
Angus & Julia Stone

德国
Irgendwie Anders
Tonbandgerät

美国
Moon River

Audrey Hepburn (Breakfast at Tiffany’s )

德国
Lili Marleen
Marlène Dietrich

法国
La Mer
Charles Trenet

美国
Walk On The Wild Side
Lou Reed

越南
Cuối cùng cho một tình yêu Vũ Thanh Xuân
(à la verticale de l’été)

阿根廷
Solo le Pido a Dios
Mercedes Sosa

波兰
Piesn O Szczesciu
Czeslaw Spiewa & Mela Koteluk

美国
Its Raining Men
Weather Girls

英国
You’re Beautiful
James Blunt

中国台湾
邓丽君
Teresa Teng
月亮代表我的心
The Moon Represents My Heart
La Lune représente mon cœur

北爱尔兰
Parisienne Walkways

Gary Moore

美国
We Are The World (USA for Africa – 1985)
Lionel Richie & Michael Jackson

日本
いつも何度でも
Kimura Yumi 木村弓

美国
The Rose
Bette Midler

爱尔兰
One
U2

美国
I Will Always Love You
Whitney Houston

美国
Hurt
Johnny Cash

美国
Good vibrations
Beach Boys





越南
Sắc Màu
Trần Thu hà

美国
Simply The Best
Tina Turner

美国
Jailhouse Rock
Elvis Presley

丹麦
Just So
Agnes Obel

美国
Like a Rolling Stone
Bob Dylan

美国
Kinda outta luck
Lana Del Rey

英国
Father and Son
Cat Stevens

加拿大
Heart Of Gold

Neil Young





俄罗斯
Кольщик (Фрагмент из фильма Легенды о Круге)
Mihail Krug – Михаил Владимирович Круг

美国
The River
Bruce Springsteen

美国
ÜBerlin
R.E.M.

牙买加
One Love
Bob Marley

匈牙利
A szerelemnek múlnia kell
Zorán Sztevanovity

阿根廷
Flaca
Andres Calamaro

美国
Blowin’ In The Wind
Bob Dylan

美国
Perhaps Perhaps Perhaps
Doris Day

马来西亚
Nak Dara Rindu
P. Ramlee

美国
What A Wonderful World
Louis Armstrong
ou dans le film indien Guzaarish (2010)

 

挪威
Masken
Ole Paus

英国
Nude
Radiohead

美国
Friends of mine
Adam Green

美国 加拿大
Wake Up
Arcade Fire

牙买加
No Woman no cry
Bob Marley

阿尔及利亚
Khalouni
Souad Massi

西班牙
Por qué te vas
Janette

墨西哥
La Llorona
Chavela Vargas

巴西
Toda Menina Bahiana
Gilberto Gil

芬兰
Jope Ruonansuu
Enkeleitä toisillemme

美国
All of Me

John Legend

世界上最动听的歌曲

 

HÖLDERLIN BUONAPARTE GEDICHT – Poème de Hölderlin – BONAPARTE

HÖLDERLIN BUONAPARTE
LITTERATURE ALLEMANDE
Deutsch Literatur

Friedrich Hölderlin

1770-1843

 

Traduction Jacky Lavauzelle

——–

 BUONAPARTE

Gedicht

BONAPARTE

poème

Heilige Gefäße sind die Dichter,
Les poètes sont des vases sacrés,
Worin des Lebens Wein, der Geist
Où le vin de la vie, l’esprit
Der Helden, sich aufbewahrt,
Des héros se conserve,

Aber der Geist dieses Jünglings,
Mais l’esprit de cette jeunesse,
    Der schnelle, müßt er es nicht zersprengen,
L’impatient, ne doit-il pas briser,
Wo es ihn fassen wollte, das Gefäß?
ce vase qui voudrait le prendre ?

Der Dichter laß ihn unberührt wie den Geist der Natur,
Que le poète le laisse intact comme l’esprit de la Nature,
An solchem Stoffe wird zum Knaben der Meister.
        De telles questions font du maître un apprenti.

Er kann im Gedichte nicht leben und bleiben,
Il ne peut pas vivre dans les poèmes et y rester,
       Er lebt und bleibt in der Welt. 
Il vit et restera dans le monde.

********************
Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
*******************
Hölderlin Buonaparte
Bonaparte Hölderlin

HYMNEN AN DIE NACHT 1 Novalis Texte & Traduction Hymnes à la Nuit 1ère partie

LITTERATURE ALLEMANDE
Deutsch Literatur

NOVALIS
1772-1801

 

Hymnen an die nacht Erste Teil Première partie Novalis L'Hymne à la nuit Texte Traduction Artgitato

Traduction Jacky Lavauzelle

——–

HYMNEN AN DIE NACHT

Hymnes à la Nuit

1799-1800

1
Erste Teil
Première Partie

Welcher Lebendige, Sinnbegabte, liebt nicht vor allen Wundererscheinungen des verbreiteten Raums um ihn, das allerfreuliche Licht 
Quel vivant, je veux dire quel être sensible, n’est-il attiré par des manifestations miraculeuses, réparties dans l’espace, tout autour de lui, par cette lumière nocturne qui se répand 
– mit seinen Farben, seinen Stralen und Wogen;
avec ses couleurs, ses lumières et ses vagues;
seiner milden Allgegenwart, als weckender Tag.
sa douce omniprésence que par le jour qui se lève.
Wie des Lebens innerste Seele athmet es der rastlosen Gestirne Riesenwelt, und schwimmt tanzend in seiner blauen Flut
Comme l’âme, dans son intimité profonde, aime à aspirer le moindre des rayons des astres agités du monde incommensurable, elle flotte en dansant dans ses flots bleus 
– athmet es der funkelnde, ewigruhende Stein, die sinnige, saugende Pflanze, und das wilde, brennende, vielgestaltete Thier –
ses rayons font scintiller la pierre, éternelle et impassible, fait circuler la sève ingénieuse de la plante, et fait de l’animal sauvage une bête fougueuse et multiforme
vor allen aber der herrliche Fremdling mit den sinnvollen Augen, dem schwebenden Gange, und den zartgeschlossenen, tonreichen Lippen.
mais avant tout, l’étranger aux regards ardents, à la démarche hésitantes et aux lèvres palpitantes.
Wie ein König der irdischen Natur ruft es jede Kraft zu zahllosen Verwandlungen, knüpft und löst unendliche Bündnisse, hängt sein himmlisches Bild jedem irdischen Wesen um.
Comme un monarque de la nature terrestre, elle gouverne toutes les forces pour d’innombrables transformations, construisant et recomposant des alliances sans fin, enveloppant de son image céleste toutes les créatures terrestres.
– Seine Gegenwart allein offenbart die Wunderherrlichkeit der Reiche der Welt.
Sa seule présence révèle la splendeur merveilleuse des royaumes du monde.

*

Abwärts wend ich mich zu der heiligen, unaussprechlichen, geheimnißvollen Nacht.
Je m’incline devant le sacré, l’ineffable, le mystère de la Nuit.
Fernab liegt die Welt
Le monde se trouve loin
– in eine tiefe Gruft versenkt –
qui a sombré dans une fosse profonde
wüst und einsam ist ihre Stelle.
dépouillé et solitaire est alors devenu le lieu qu’il occupait.
In den Sayten der Brust weht tiefe Wehmuth.
Dans ma poitrine souffle une profonde tristesse.
In Thautropfen will ich hinuntersinken und mit der Asche mich vermischen.
Dans les gouttes de rosée je veux pénétrer et dans la cendre me mélanger.
Fernen der Erinnerung, Wünsche der Jugend, der Kindheit Träume, des ganzen langen Lebens kurze Freuden und vergebliche Hoffnungen kommen in grauen Kleidern, wie Abendnebel nach der Sonne Untergang. 
Les souvenirs lointains, les désirs de la jeunesse, les rêves de l’enfance, courtes joies et vains espoirs  d’une longue vie, se présentent en habits gris, comme le brouillard du soir après le coucher du soleil.
– In andern Räumen schlug die lustigen Gezelte das Licht auf.
En d’autres lieux, la lumière impressionne  les chapiteaux de la joie.
Sollte es nie zu seinen Kindern wiederkommen, die mit der Unschuld Glauben seiner harren?
Mais ne doit-elle donc jamais revenir vers ses enfants, qui l’attendent avec la foi de l’innocence ?

*

Was quillt auf einmal so ahndungsvoll unterm Herzen, und verschluckt der Wehmuth weiche Luft?
Comment le chagrin présent dans mon cœur s’est-il si vite évaporé dans l’air ?
Hast auch du ein Gefallen an uns, dunkle Nacht?
As-tu également plaisir d’être avec nous, nuit noire ?
Was hältst du unter deinem Mantel, das mir unsichtbar kräftig an die Seele geht?
Que mets-tu sous ta veste, invisible mais qui agite si vigoureusement mon âme ?
Köstlicher Balsam träuft aus deiner Hand, aus dem Bündel Mohn.
De délicieuses gouttes de baume sort de ta main, des coquelicots en bouquet.
Die schweren Flügel des Gemüths hebst du empor.
Les lourdes ailes de l’esprit, tu te plais à les soulever.
Dunkel und unaussprechlich fühlen wir uns bewegt
Sombre et indicible nous nous sentons déplacé
– ein ernstes Antlitz seh ich froh erschrocken, das sanft und andachtsvoll sich zu mir neigt, und unter unendlich verschlungenen Locken der Mutter liebe Jugend zeigt.
un visage sérieux, je le vois,  serein, qui s’incline doucement et avec respect vers moi, c’est l’amour infini sous les baisers d’une mère, voici le spectacle de ma jeunesse.
Wie arm und kindisch dünkt mir das Licht nun
Combien pauvre et puérile me semble la lumière du jour désormais
– wie erfreulich und gesegnet des Tages Abschied –
combien me semble agréable et béni son départ
Also nur darum, weil die Nacht dir abwendig macht die Dienenden, säetest du in des Raumes Weiten die leuchtenden Kugeln, zu verkünden deine Allmacht- deine Wiederkehr -in den Zeiten deiner Entfernung.
Alors seulement parce que la nuit fait ressentir à tes serviteurs plus d’impressions que ces  sphères incandescentes qui se doivent d’annoncer en fanfare ton omnipotence
Himmlischer, als jene blitzenden Sterne, dünken uns die unendlichen Augen, die die Nacht in uns geöffnet.
Les célestes étoiles, clignotant, nous semblent des yeux infinis qui nous ouvrent la nuit.
Weiter sehn sie, als die blässesten jener zahllosen Heere
Ils’élèvent bien plus loin que ces astres
– unbedürftig des Lichts durchschaun sie die Tiefen eines liebenden Gemüths –
Nous n’avons pas besoin de tant de lumière pour voir à travers les profondeurs d’un amour
was einen höhern Raum mit unsäglicher Wollust füllt. 
qui occupe un espace supérieur avec un plaisir indicible.
sie sendet mir dich – zarte Geliebte –
l’amour t’envoie vers moi tendre amant
liebliche Sonne der Nacht, 
comme le doux soleil de la nuit,
 – nun wach ich –
maintenant je veille
denn ich bin Dein und Mein –
car je suis toi et moi
du hast die Nacht mir zum Leben verkündet – 
tu m’as annoncé que la nuit était ma vie
mich zum Menschen gemacht –
Tu m’as fait homme
zehre mit Geisterglut meinen Leib, daß ich luftig mit dir inniger mich mische und dann ewig die Brautnacht währt.
afin que, quand mon corps sera consumé par les forces de l’esprit, je puisse m’envoler pour me mêler à toi et consacrer pour toujours notre nuit de noces.

***********************
Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
***********************

INTO THE TWILIGHT Yeats Texte & Traduction – DANS LE CREPUSCULE

ARTGITATO

William Butler Yeats
English literature English poetry
Littérature Anglaise – Poésie Anglaise

 

YEATS
1865-1939

[The Wind Among The Reed –  1899]


INTO THE TWILIGHT
poem
Dans le Crépuscule
[Poème]

Into The Twilight Yeats Traduction Artgitato & Texte anglais

————————–

Out -worn heart, in a time out-worn,  
Cœur délabré dans un temps délabré,
Come clear of the nets of wrong and right;  
Emancipe-toi des filets du bien et du mal ;
Laugh heart again in the gray twilight,  
Ris de nouveau, cœur, dans le crépuscule gris,
Sigh, heart, again in the dew of the morn.  
Soupire, coeur, à nouveau dans la rosée du matin.

Your mother Eire is always young,
Ta mère Eire est toujours jeune,
Dew ever shining and twilight gray;   
Rosée toujours brillante et gris crépuscule;
Though hope fall from you and love decay,  
Bien que l’espoir te quitte et l’amour s’étiole,
Burning in fires of a slanderous tongue.   
Brûlés dans les feux d’une langue diffamante.

Come, heart, where hill is heaped upon hill:   
Viens, cœur, où la montagne s’ajoute à la montagne :
For there the mystical brotherhood   
Car la confrérie mystique
Of sun and moon and hollow and wood  
Du soleil et de la lune et des vallées et des bois
And river and stream work out their will;
Et des rivières et des ruisseaux travaillent sur leur volonté ;

And God stands winding His lonely horn,  
Et Dieu souffle dans Son cor solitaire,
And time and the world are ever in flight;  
Et le temps et le monde s’envolent pour toujours ;
And love is less kind than the gray twilight,  
Et l’amour est moins suave que le crépuscule gris,
And hope is less dear than the dew of the morn.
Et l’espoir est moins nécessaire que la rosée du matin.

*****************
Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
****************

Into the Twilight Yeats

A FAERY SONG Yeats Texte & Traduction – UNE CHANSON DE FEE

ARTGITATO

William Butler Yeats
English literature English poetry
Littérature Anglaise – Poésie Anglaise
 

 

YEATS
1865-1939

[The Rose –  1893]


A FAERY SONG
poem
Une Chanson de Fée
poème

A Faery Song Yeats Traduction Artgitato & Texte anglais

————————–

We who are old, old and gay,
Nous qui sommes vieilles, vieilles et gaies,
O so old!
O si vieilles !
Thousands of years, thousands of years,
Des milliers d’années, des milliers d’années,
 If all were told:
Si tout était dit :
Give to these children, new from the world,
Donnons à ces enfants, qui viennent au monde,
Silence and love;
Silence et amour;
And the long dew-dropping hours of the night,
Et les longues heures de la nuit quand tombe la rosée,
And the stars above:
Et les étoiles au-dessus :
Give to these children, new from the world,
Donnons à ces enfants, qui viennent au monde,
Rest far from men.
Le repos loin des hommes.
Is anything better, anything better?
Y a-t-il quelque chose de mieux, quelque chose de mieux ?
Tell us it then:
Dites-le nous alors :
Us who are old, old and gay,
Nous qui sommes vieilles, vieilles et gaies,
O so old!
O si vieilles !
Thousands of years, thousands of years,
Des milliers d’années, des milliers d’années,
If all were told.
Si tout était dit.

*****************
Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
****************

A Faery Song Yeats

THE ROSE OF THE WORLD Yeats Texte & Traduction LA ROSE DU MONDE

ARTGITATO

William Butler Yeats
English literature English poetry
Littérature Anglaise – Poésie Anglaise
 

 

YEATS
1865-1939

[The Rose –  1893]


THE ROSE OF THE WORLD
poem
La Rose du Monde
poème

The Rose of the World Yeats Traduction Artgitato & Texte anglais la Rose du Monde

————————–

Who dreamed that beauty passes like a dream?
 Qui rêvait que la beauté passe comme un rêve ?
 For these red lips, with all their mournful pride,
Pour ces lèvres rouges, avec toute leur fierté lugubre,
Mournful that no new wonder may betide,
Il est triste qu’aucune nouvelle merveille ne puisse advenir,
 Troy passed away in one high funeral gleam,
Troie s’en est allé dans l’une des hautes lueurs funéraires,
And Usna’s children died.
Et les enfants de Usna sont morts.

We and the labouring world are passing by:
Nous et ce monde qui travaille nous passons :
Amid men’s souls, that waver and give place
Au milieu de l’âme des hommes, qui vacillent et qui dévalent
Like the pale waters in their wintry race,
Comme les eaux pâles dans leur course hivernale,
Under the passing stars, foam of the sky,
Sous les étoiles fuyantes, écume du ciel,
Lives on this lonely face.
Habitant sur cette face solitaire.

Bow down, archangels, in your dim abode:
Prosternez-vous, archanges, dans votre trouble demeure !
Before you were, or any hearts to beat,
Avant que nous ne passiez, ou avant que plus un cœur ne batte,
Weary and kind one lingered by His seat;
Lasse et bienfaisante, elle s’attardait près de Son siège ;
He made the world to be a grassy road
Il a fait le monde comme un chemin herbeux
Before her wandering feet. 
Devant ses pieds errants.

*****************
Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
****************

The Rose of the world Yeats

LES PLUS BELLES CHANSONS DU MONDE CHANTEES PAR DES ENFANTS

ARTGITATO RANKING 2015
THE MOST BEAUTIFUL SONGS SUNG BY CHILDREN
LES PLUS BELLES CHANSONS CHANTEES PAR DES ENFANTS
1-
CHINE
草原孤兒 烏達木 – 中國達人秀
Uudam – Mother in the dream – 梦中的额吉




2-
Afghanistan
Jurabek Juraev
 Chante Chak chaki baran (chanson tadjik)چک چک باران

3-
Danemark – Îles Féroé – Føroyar
Eg eigi vakrar dreymar

4-
Mexique
SOMOS EL MUNDO CORO INSTITUTO VIVIR
Coro del Instituto Vivir, de Saltillo Coahuila Mexico

5-
Mongolie
Хүүхдийн дуу Багш заяа

6-
Indonésie
TEGAR KETEMU
Kemana Kasih Sayang

7-
Moldavie Roumanie
Cleopatra Stratan
Cand voi creste mare

8-
Indonésie
Tegar Ketemu
Pantaskah Surga Untukku

9-
France
Les Poppys
Non, Non, Rien N’a Changé !

10-
Mongolie
Huuhdiin Duu
Minii Henz Hurga

 11-
Moldavie Roumanie
Cleopatra Stratan
Budak comel nyanyi lagu

  12-
MALAISIE
New Boyz
Sejarah Mungkin Berulang

 13-
DANEMARK – ÎLES FEROE
Kular Røtur – Vov vov

André MAUROIS Une certaine idée du Monde

 ANDRE MAUROIS

André Maurois une certaine idée du monde Artgitato

LES IDEES DE SON MONDE
ou
UNE CERTAINE IDEE DU MONDE

1/ LES IDEES DE SON MONDE

Le « monde », la classe dirigeante, ses codes, ses idées. En être. En être, c’est accepter et se plier à l’ensemble du protocole, même, et peut-être surtout, du plus insignifiant, vu de l’extérieur : « Surtout je crois que j’ai de l’influence sur lui. Au début, je lui ai dit que je détestais les idées de son monde. Il m’a répondu que ce n’était pas son monde. » (Les Roses de septembre)

Une noblesse qui s’affirme, s’entraide, se coopte. Un monde qui s’est dessiné depuis de très longues années et qui prospère. Du mariage aux amitiés, les intérêts sont protégés, développés, analysés. Bakounine disait dans un numéro de l’Egalité de 1869 : « Car toute politique bourgeoise, quels que soient sa couleur et son nom, ne peut avoir au fond qu’un seul but : le maintien de la domination bourgeoise ». André Maurois nous décrit au fil de ses romans, une caste de nobles coupée du monde. Peu, voire pas, de description du monde ouvrier ; le monde bourgeois lui-même est regardé avec soit de la curiosité, soit du dégoût.

1/ « ON SENT TOUT DE MÊME QU’ILS NE SONT PAS DE NOTRE MONDE« 

Le sentiment de sa classe reste le plus fort, tout oriente l’enfant à reproduire certains schémas prédéfinis, de l’école, de la famille ou des relations. L’œil de Maurois dans cette mondalogie de classe regarde les autres avec l’œil du colonial regardant un monde étrange, parfois grotesque et souvent vulgaire.

 « -Curieuses gens, pensa t’elle, ces Romilly…Affectueux, déférents, mais curieux…On sent tout de même qu’ils ne sont pas de notre monde. » (L’Instinct du bonheur)

La beauté de certaines personnes hors castes, permet de rapides écarts, le temps d’une brève rencontre et d’un rapide assouvissement ;  « Les belles boulangères et marchandes de Venise étaient pourtant d’une espèce très différentes de la sienne. Mais la comtesse Guiccioli unissait une reposante et affectueuse sottise aux grâces d’une femme bien née. » (Ariel ou la vie de Shelley)

3/ LES MALHEURS DE LA NAISSANCE

Les classes dirigeantes acceptent, à de rares exceptions, une possible intégration ; mais il va falloir que l’accédant montre ténacité, et surtout empressement mesuré. Les codes sont souvent complexes et toujours douloureux pour tout nouvel élu.

« Il a toujours été un si grand admirateur de la jeunesse et la sienne a été gaspillée parce que le point de départ était trop bas ; il lui a fallu quarante ans pour atteindre le niveau d’où sont partis un Peel, un Gladstone, un Manners. Malheur de la naissance, le plus dur peut-être de tous, parce que le plus injuste. Maintenant « c’est venu trop tard. »  (La vie de Disraeli)

Celles, qui par leur mariage, passe le pont-levis, s’en souviendront toute leur vie. Car ce sont le plus souvent des belles bourgeoises, de part l’effet combiné de leur beauté et de leur richesse, qui arrivent à rentrer dans le cœur de la forteresse.

« Les Saviniac, dit Valentine, voudront pour leur fils une fille bien née. – Ma chère, dit Mme de Guichardie, j’ai souvent parlé de cela avec Xavier ; il est beaucoup trop intelligent et moderne pour s’attacher à la naissance quand il s’agit d’une femme… S’il avait une fille à marier, ce serait une autre histoire…» (L’Instinct du bonheur)

« ELLE S’EXCUSAIT INUTILEMENT DE SA NAISSANCE RICHE ET BOURGEOISE« 

« Elle essaya de parler d’elle-même, de sa vie triste chez ses parents, de ce qu’elle eût aimé à faire pour les ouvriers de son père. Elle s’excusait inutilement de sa naissance riche et bourgeoise. » (Ni Ange ni bête)

 « -Eh bien ! On dit surtout que, si vous accepté à votre retour de Paris d’épouser un homme qui n’était pas en somme de votre monde…c’est que vous ne pouviez faire autrement. » (Ni Ange ni bête)

 4/ CE NE SONT PAS DES GENS
COMME NOUS

Mais la raison doit reprendre ses droits. La récréation est terminée. Ils ne sont pas nous. Ils nous amusent un peu, mais leur place n’est pas ici. Qu’ils retournent rapidement dans leur quartier malsain.

« ‘Ce ne sont pas des gens pour nous’ était une phrase Marcenat et une terrible condamnation » (Climats)

« Un visage nouveau surprenait, dans ce milieu fermé, comme un chien inconnu dans les rues de Combray » (Les Roses de septembre)

La caste dirigeante avec ses codes, devient un territoire apaisant, serein, charmant.

Tout est si simple pour qui y est né.

« Les deux hommes furent contents l’un de l’autre ; Byron trouvait en Shelley un homme de sa classe qui, malgré une vie difficile, avait conservé l’aisance charmante des jeunes gens de bon sang. » (Ariel ou la vie de Shelley)

« LES QUALITES DE CARACTERE DE SA RACE »

« Elle (Mathilde de La Mole) possède à un très haut degré les qualités de caractère de sa race pour n’être pas heurtée par les faiblesses de son monde. » (Sept visages de l’amour)

Des compositions séculaires, rodées, huilées, telles que des rencontres pourraient s’opérer naturellement, sans aucun dysfonctionnement ou incompréhension, entre des époques différentes. Un continuum sans faille, où la vie s’écoule aux rythmes des soirées mondaines.

« On pourrait dire que les personnages d’A la Recherche du temps perdu sont descendants directs de ceux de la Princesse de Clèves. Ils appartiennent au même monde ; ils vivent dans les mêmes salons et M. de Nemours fut certainement, au dix-septième siècle, cousin des Guermantes. » (Sept visage de l’amour)

5/ S’ELEVER DU SENTIMENT DE CASTE
AU SENTIMENT NATIONAL

Seul un séisme pourrait remettre en branle un tel édifice. Une évolution ne serait suffire. Certains en appellent à un sentiment plus large, notamment à l’écoute des bottes et des guerres qui se préparent…

« Sa grande tâche était l’éducation du parti ; il avait à le sortir de la protection ; à l’élever du sentiment de caste au sentiment national ; à lui apprendre le souci du confort populaire et de la solidité de l’Empire » (La vie de Disraeli) … ou d’une révolution qui rebattra les cartes.  « Tout le monde a envie de quitter une famille, un groupe social. On reste par lâcheté, par habitude. Une révolution donne à chacun sa liberté. » (Le cercle de Famille)

UNE CLASSE CONDAMNEE ?

« Pensez, à notre époque…Elle va vers un complet bouleversement. La classe à laquelle nous appartenons, Pauline et moi, est aussi condamnée que l’était la noblesse ne 1788 » (Les Roses de septembre)

Déjà de nombreuses voix se font entendre qui refusent cet état :  « As-tu compris qu’entre le prolétariat et la bourgeoisie, il existe un antagonisme qui est irréconciliable, parce qu’il est une conséquence nécessaire de leurs positions respectives ?  Que la prospérité de la classe bourgeoise est incompatible avec le bien-être et la liberté des travailleurs, parce que cette prospérité exclusive n’est et ne peut être fondée que sur l’exploitation et l’asservissement de leur travail, et que, pour la même raison la prospérité et la dignité humaine des masses ouvrières exigent absolument l’abolition de la bourgeoisie comme classe séparée ? Que par conséquent la guerre entre le prolétariat et la bourgeoisie est fatale et ne peut finir que par la destruction de cette dernière ? » (Bakounine,  L’Égalité, 7-28 août 1869, la Politique de l’Internationale)

Jacky Lavauzelle