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POÉSIE DE ALMEIDA GARRETT

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traduction Jacky Lavauzelle
LITTERATURE PORTUGAISE
literatura português

Os Lusiadas Traduction Jacky Lavauzelle Les Lusiades de Luis de Camoes

João Baptista da Silva Leitão
vicomte de Almeida Garrett 

Porto, 4 février 1799 – Lisbonne, 9 décembre 1854
Porto, 4 de fevereiro de 1799 – Lisboa, 9 de dezembro de 1854

Almeida Garrett par Pedro Augusto Guglielmi 

Portrait de Garrett, daté de 1843, avec les insignes de Commandeur de l’Ordre de Notre-Dame de la Conception de Vila Viçosa

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Traduction Jacky Lavauzelle

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LA POÉSIE DE ALMEIDA GARRETT
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Recueil
« Les Feuilles mortes »
‘Folhas Caídas’
Livro primeiro
Recueil publié à Lisbonne en 1853

LES CINQ SENS
Os Cinco Sentidos

São belas – bem o sei, essas estrelas,
Qu’elles sont belles ! je sais bien, ces étoiles,
Mil cores – divinais têm essas flores;
Aux mille couleurs et les divines couleurs de ces fleurs ;

Hans Makart, 1872-1879, collection Österreichische Galerie Belvedere,
Palais du Belvédère, Vienne

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 Não te amo
JE NE T’AIME PAS

Não te amo, quero-te: o amar vem d’alma.
Je ne t’aime pas, je te veux ! l’amour vient de l’âme.
E eu n’alma – tenho a calma,
Et moi dans l’âme – quel calme,

Valentin Serov, La princesse Zénaïde Youssoupoff

Quando Eu Sonhava
LE RÊVE

Quando eu sonhava, era assim
Quand je rêvais, c’était ainsi
Que nos meus sonhos a via;
Que dans mes rêves je la vis ;

Pierre Puvis de Chavannes, Le Rêve,1883, Paris, musée d’Orsay

CET ENFER D’AIMER
Este Inferno de Amar

 Este inferno de amar – como eu amo! –
Cet enfer d’aimer – comme je l’aime ! –
  Quem mo pôs aqui n’alma… quem foi?
Qui m’a mis ça dans l’âme … qui  ?

Ramon Casas, Madeleine au moulin de la galette, 1892, musée de Montserrat

Recueil
« Les Feuilles mortes »
‘Folhas Caídas’
Livro segundo
Recueil publié à Lisbonne en 1853

ALLÉGEANCE
PREITO

É lei do tempo, Senhora,
C’est la loi du moment, Madame,
Que ninguém domine agora
Que personne ne domine maintenant

Ramon Casas, Jeune Décadente,1899, musée de Montserrat

BARCA BELA
LA BELLE BARQUE

Pescador da barca bela,
Pêcheur de la belle barque,
Onde vás pescar com ela,

Où pars-tu pêcher avec elle,

Le pêcheur, Charles Napier Hemy, 1888

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Passos Manuel, Almeida Garrett, Alexandre Herculano, José Estêvão de Magalhães nos Passos Perdidos, Assembleia da República Portuguesa.

ALLÉGEANCE – POÈME DE ALMEIDA GARRETT – PREITO

 

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traduction Jacky Lavauzelle
LITTERATURE PORTUGAISE
literatura português

Os Lusiadas Traduction Jacky Lavauzelle Les Lusiades de Luis de Camoes

João Baptista da Silva Leitão
vicomte de Almeida Garrett 

Porto, 4 février 1799 – Lisbonne, 9 décembre 1854
Porto, 4 de fevereiro de 1799 – Lisboa, 9 de dezembro de 1854

Almeida Garrett par Pedro Augusto Guglielmi 

Portrait de Garrett, daté de 1843, avec les insignes de Commandeur de l’Ordre de Notre-Dame de la Conception de Vila Viçosa

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Traduction Jacky Lavauzelle

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ALLÉGEANCE
PREITO
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Recueil
« Les Feuilles mortes »

 ‘Folhas Caídas’
Livro segundo

Recueil publié à Lisbonne en 1853
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Ramon Casas, Jeune Décadente,1899, musée de Montserrat


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É lei do tempo, Senhora,
C’est la loi du moment, Madame,
Que ninguém domine agora
Que personne ne domine maintenant
E todos queiram reinar.
Mais tout le monde veut régner.
Quanto vale nesta hora
Combien à cette heure
Um vassalo bem sujeito,
Un vassal bien assujetti,
Leal de homenage e preito
Loyal en hommage et en honneur
E fácil de governar
Est-il aisé à gouverner ?

*

Pois o tal sou eu, Senhora:
C’est mon cas, Madame :
E aqui juro e firmo agora
Et ici je le jure et signe maintenant
Que a um despótico reinar
Qu’à un règne despotique
Me rendo todo nesta hora,
J’abandonne tout à cette heure,
Que a liberdade sujeito…
Et que je soumets ma liberté …
Não a reis! – outro é meu preito:
Pas à des rois ! – un autre a mon respect :
Anjos me hão-de governar.
Les anges me dirigeront.


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‘Folhas Caídas’
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Passos Manuel, Almeida Garrett, Alexandre Herculano e José Estêvão de Magalhães nos Passos Perdidos, Assembleia da República Portuguesa.

JE T’AIME COMME…POÈME DE MIRRA LOKHVITSKAÏA – Мирра Лохвицкая- 1899 – Я люблю тебя

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LITTÉRATURE RUSSE
POÉSIE RUSSE
Русская литература

Русская поэзия
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Poésie de Mirra Lokhvitskaïa
Поэзия Мирры Лохвицкой
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Mirra Lokhvitskaïa
Мирра Лохвицкая

Maria Alexandrovna Lokhvitskaïa
Мария Александровна Лохвицкая
19 novembre 1869 Saint-Pétersbourg – 27 août 1905 Saint-Pétersbourg

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JE T’AIME COMME…
1899
Я люблю тебя
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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
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Я люблю тебя, как море любит солнечный восход,
Je t’aime, comme la mer aime son lever de soleil,
Как нарцисс, к волне склоненный, — блеск и холод сонных вод.
Comme une jonquille, encline à la vague – aime le brillant et le froid des eaux endormies.
Я люблю тебя, как звезды любят месяц золотой,
Je t’aime comme les étoiles aiment leur croissant de lune,
Как поэт — свое созданье, вознесенное мечтой.
Comme le poète aime sa création, exaltée par le rêve.
Я люблю тебя, как пламя — однодневки-мотыльки,
Je t’aime comme cette flamme qui aveugle les papillons de nuit,
От любви изнемогая, изнывая от тоски.
D’un amour total, languissant de nostalgie.
Я люблю тебя, как любит звонкий ветер камыши,
Je t’aime, comme les roseaux aiment le vent sinueux,
Я люблю тебя всей волей, всеми струнами души.
Je t’aime de toute ma volonté, de toutes les cordes de mon âme.
Я люблю тебя, как любят неразгаданные сны:
Je t’aime, comme des rêves non résolus:
Больше солнца, больше счастья, больше жизни и весны.
Plus que le soleil, plus que le bonheur, plus que la vie et plus que le printemps.



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7 марта 1899
7 mars 1899

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Poésie de Mirra Lokhvitskaïa
Поэзия Мирры Лохвицкой
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LES LAURIERS-ROSES – Poème de Manuel MACHADO -ADEFLOS – 1899

Juan Gris -Vue sur la baie (1921)
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Manuel Machado Ruiz
(Sevilla, 29 de agosto de 1874-Madrid, 19 de enero de 1947)
(Séville, 29 août 1874-Madrid, 19 janvier 1947)

A Miguel de Unamuno

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Juan Gris – Pierrot (1919)

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ADELFOS
LES LAURIERS-ROSES
1899


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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
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Yo soy como las gentes que a mi tierra vinieron
Je suis comme ceux qui vinrent sur ma terre
—soy de la raza mora, vieja amiga del Sol—,
-Je suis de race maure, vieille amie du soleil-,
que todo lo ganaron y todo lo perdieron.
qui gagnèrent tout, pour tout perdre ensuite.
Tengo el alma de nardo del árabe español.
J’ai l’âme de nard de l’arabe espagnol.

*

Mi voluntad se ha muerto una noche de luna
Ma volonté est morte une nuit au clair de lune,
en que era muy hermoso no pensar ni querer…
comme c’était beau de ne pas penser ni vouloir …
Mi ideal es tenderme, sin ilusión ninguna…
Mon idéal est de m’allonger sans nulle illusion …
De cuando en cuando, un beso y un nombre de mujer.
De temps en temps, un baiser et un nom de femme.

*

En mi alma, hermana de la tarde, no hay contornos…;
Dans mon âme, sœur du soir, il n’y a plus de contours …;
y la rosa simbólica de mi única pasión
et la rose, symbole de mon unique passion,
es una flor que nace en tierras ignoradas
est une fleur qui naît sur des terres ignorées
y que no tiene aroma, ni forma, ni color.
et qui n’a pas ni arôme, ni forme, ni couleur.

*

Besos ¡pero no darlos! Gloria…. ¡la que me deben!
Baisers, n’en donner guère ! Gloire… ce qui m’est dû !
¡Que todo como un aura se venga para mí!
Que tout comme un souffle s’en vienne à moi !
¡Que las olas me traigan y las olas me lleven,
Puissent les vagues me porter, puissent les vagues m’emporter
y que jamás me obliguen el camino a elegir!
et que jamais ne m’obligent à choisir le chemin !

*

¡Ambición! No la tengo. ¡Amor! No lo he sentido.
Ambition ! Je n’en ai nullement. Amour ! Je ne l’ai ressenti.
No ardí nunca en un fuego de fe ni gratitud.
Je n’ai jamais brûlé dans un feu de foi ou de gratitude.
Un vago afán de arte tuve… Ya lo he perdido.
J’avais un vague désir d’art … je l’ai déjà perdu.
Ni el vicio me seduce ni adoro la virtud.
Ni le vice ne me séduit ni la vertu ne me tente.

*

De mi alta aristocracia dudar jamás se pudo.
De ma haute aristocratie, le doute ne pouvait exister. Jamais.
No se ganan, se heredan, elegancia y blasón…
Rien ne se gagne, ils héritent de l’élégance et du blason …
Pero el lema de casa, el mote del escudo,
Mais la devise de ma maison, l’emblème de mon blason,
es una nube vaga que eclipsa un vano sol.
c’est un vague nue qui éclipse un vain soleil.

*

Nada os pido. Ni os amo ni os odio. Con dejarme,
Je ne demande rien. Je n’aime ni ne hais. À me quitter,
lo que hago por vosotros, hacer podéis por mí…
ce que je fais pour toi, tu peux le faire pour moi …
¡Que la vida se tome la pena de matarme,
Laisse la vie prendre la peine de me tuer,
ya que yo no me tomo la pena de vivir! …
puisque je n’ai pas pris la peine de vivre ! …

*

Mi voluntad se ha muerto una noche de luna
Ma volonté est morte une nuit au clair de lune,
en que era muy hermoso no pensar ni querer…
comme c’était beau de ne pas penser ni vouloir …
De cuando en cuando un beso, sin ilusión ninguna.
De temps en temps un baiser, sans aucune illusion.
¡El beso generoso que no he de devolver!
Le baiser généreux que je ne rendrai pas !


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POEME de João da Cruz e Sousa – POEMAS João da Cruz e Sousa – Poésie de Cruz e Sousa

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Traduction Jacky Lavauzelle João da Cruz e Sousa

João da Cruz e Sousa Traduction Jacky Lavauzelle Literatura Brasileira




Traduction du Brésilien Jacky Lavauzelle
João da Cruz e Sousa


João da Cruz e Sousa
poète brésilien

Dante Negro – Cisne Negro




 Obra Poética 





 

João da Cruz e Sousa
POEMAS
POEMES

 

Traduction Jacky Lavauzelle

 

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HUMILIDADE SECRETA
HUMILITE SECRETE
1900

Fico parado, em êxtase suspenso,
Je reste immobile, en suspens extatique,
  Às vezes, quando vou considerando
Parfois, quand je considère

*

DIVINA
DIVINE
1900

Eu não busco saber o inevitável
Je ne cherche pas à connaître l’inévitable
Das espirais da tua vi matéria.
Des spirales de ta vie matérielle.

**




**

Visão
VISION
1900

Noiva de Satanás, Arte maldita,
Epouse de Satan, Art maudit,
Mago Fruto letal e proibido,
 Fruit mortel magique et interdit,

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O SONETO
LE SONNET
1905

Nas formas voluptuosas o Soneto
Des formes voluptueuses, le Sonnet
Tem fascinante, cálida fragrância
A cette douce et fascinante fragrance

Traduction Jacky Lavauzelle

**
DE ALMA EM ALMA
D’ÂME EN ÂME
1905

Tu andas de alma em alma errando, errando,
Errant, tu marches d’âme en âme, errant,
Como de santuario em santuario.
Comme de sanctuaire en sanctuaire.

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Dilacerações
Déchirements

Ó carnes que eu amei sangrentamente,
Ô chairs que j’aimais ensanglantées,
  ó volúpias letais e dolorosas,
O voluptés mortelles et douloureuses,

*

Siderações
Sidérations
1893

Para as Estrelas de cristais gelados
Pour les étoiles de cristaux glacés
  As ânsias e os desejos vão subindo,
Les envies et les désirs croissent,

*

OCASO NO MAR
COUCHER DE SOLEIL EN MER
1893

Num fulgor d’ouro velho o sol tranqüilamente desce para o ocaso, no limite extremo do mar, d’águas calmas, serenas, dum espesso verde pesado, glauco, num tom de bronze.
Dans une lueur de vieil or, le soleil descend tranquillement pour un coucher à la limite extrême de la mer, sur des eaux calmes, sereines, d’un épais et pesant vert, glauque, d’un ton de bronze.

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O simbolismo no Brasil

« No Brasil, a lírica simbolista sente diretamente as influências da França, sem passar pela experiência portuguesa, como aconteceu nas escolas literárias anteriores. Em 1891, um grupo de poetas do Rio de Janeiro, reunido em torno da Folha Popular, introduz a nova moda poética. Entre eles se destaca a figura de João da Cruz e Sousa (1861–1897). Podemos distinguir duas fases no seu itinerário poético: com a publicação de Missal e Broquéis (1893), Cruz e Sousa imita o gosto baudelairiano pelo erotismo e o satanismo; mais tarde, na fase da maturidade, ele repudia a atitude decadente, estranha à realidade brasileira, enveredando pelo filão do lirismo metafísico, místico, religioso. Simbolista mais fecundo é o mineiro Alphonsus de Guimaraens (1870–1921). Ele soube conciliar o anseio de transcendência, característica essencial do Simbolismo, com a sua fé católica, sublimizando o esoterismo no cristianismo. Usando com uma certa parcimônia as inovações técnicas da estética simbolista — rimas internas, aliterações, assonâncias, extrema preocupação com o ritmo do verso, léxico requintado, frouxidão sintática, metáfora sinestética —, Guimaraens constrói uma poesia altamente melódica. Antológico é o seu poema Ismália, onde a « Lua », a « torre », a « loucura » são símbolos da alma humana, dividida entre o mundo da realidade, da sombra, e o mundo do sonho, da verdade transcendental. »

Dicionário de Cultura Básica por Salvatore D’ Onofrio
Simbolismo
Symbolisme

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Cruz e Sousa & Alphonsus Guimaraens
LA LITTERATURE SYMBOLISTE AU BRESIL

Au Brésil, les symbolistes tirent directement leurs influences de la France, sans passer par une expérience portugaise, comme cela est arrivé dans les écoles littéraires précédentes. En 1891, un groupe de poètes de Rio de Janeiro, se réunissent autour de la Folha Popular, la « Feuille Populaire », qui représente cette nouvelle mode poétique. Parmi eux se trouve la figure de João da Cruz e Sousa (1861-1897). On peut distinguer deux phases dans son parcours poétique : avec la publication du Missal et Broquéis (1893), Cruz e Sousa imite le goût baudelairien pour l’érotisme et le satanisme ; plus tard, dans sa maturité, il répudiera cette attitude décadente, étrangère à la réalité brésilienne en se lançant dans un lyrisme métaphysique, mystique, religieux.
Un symbolisme plus fécond se retrouve chez Alphonsus Guimaraens (1870-1921). Il savait concilier la transcendance du désir, caractéristique essentielle du symbolisme, avec sa foi catholique, en sublimant l’ésotérisme dans le christianisme. Il utilisa certaines innovations techniques de l’esthétique symboliste : rime interne, allitération, assonance, extrême préoccupation au rythme des vers, lexique raffiné, le laxisme syntaxique, métaphore synesthésique – Guimaraens construit une poésie très mélodique. Anthologique est son poème Ismaïlia, où la « Lua« , la « torre« , la « loucura » (« Lune », la « tour », la « folie ») sont des symboles de l’âme humaine, séparant monde de la réalité, obscur, et le monde du rêve, de la vérité transcendantale.
Dictionnaire de la culture de base par Salvatore D ‘Onofrio
Symbolisme

Trad. (JL) du texte de Salvatore D’ Onofrio

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POEMAS  João da Cruz e Sousa
Poésie de Cruz e Sousa

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Traduction Jacky Lavauzelle João da Cruz e Sousa

João da Cruz e Sousa Traduction Jacky Lavauzelle Literatura Brasileira

A Promessa DOM CASMURRO XI MACHADO DE ASSIS

A Promessa
DOM CASMURRO MACHADO DE ASSIS

L’Œuvre de Joaquim Maria Machado de Assis

Poema & Prosa de Machado de Assis




Dom Casmurro Machado de Assis

Littérature Brésilienne
Literatura Brasileira

Joaquim Maria Machado de Assis
 Rio de Janeiro 1839 – 1908 Rio de Janeiro


joaquim-maria-machado-de-assis-artgitato




 

L’Œuvre de Machado de Assis

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DONA GLORIA
Dom Casmurro Machado de Assis

 DOM CASMURRO
XI
Roman – Romance

1899
A Promessa

Traduction Jacky Lavauzelle

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dom-casmurro-machado-de-assis-artgitato-joaquin-sorolla-paseo-par-la-playa-1909-museo-sorolla-madridJoaquin Sorolla
Paseo par la playa
1909
Museo Sorolla Madrid

 

Capítulo XI – Onzième Chapitre

A Promessa




Tão depressa vi desaparecer o agregado no corredor, deixei o esconderijo, e corri à varanda do fundo.
Aussitôt qu’il disparut dans le couloir, je quittai ma cachette, et couru sur le balcon à l’étage.
Não quis saber de lágrimas nem da causa que as fazia verter a minha mãe.
Je ne voulais pas connaître la cause des larmes que versait ma mère.
A causa eram provavelmente os seus projetos eclesiásticos, e a ocasião destes é a que vou dizer, por ser já então história velha;
La cause devait être probablement les projets ecclésiastiques, et c’est l’occasion de vous parler de cette si vieille histoire ;
datava de dezesseis anos.
cela remonte à seize ans.



Os projetos vinham do tempo em que fui concebido.
Les projets remontent du moment de ma conception.
Tendo-lhe nascido morto o primeiro filho, minha mãe pegou-se com Deus para que o segundo vingasse, prometendo, se fosse varão, metê-lo na igreja.
Ayant eu d’abord un premier enfant mort-né , ma mère s’attacha la volonté de Dieu afin que le deuxième soit bien vivant, promettant, si c’était un garçon, de le faire rentrer dans les ordres.
Talvez esperasse uma menina.
Elle espérait peut-être une fille.
Não disse nada a meu pai, nem antes, nem depois de me dar à luz;
Elle ne dit rien à mon père, ni avant ma naissance, ni après m’avoir mis au monde ;
contava fazê-lo quando eu entrasse para a escola, mas enviuvou antes disso.
Elle devait le lui dire dès que je serai rentré à l’école, mais elle fut veuve avant.
Viúva, sentiu o terror de separar-se de mim;
Veuve, elle fut terrorisée à l’idée de se séparer de moi ;
mas era tão devota, tão temente a Deus, que buscou testemunhas da obrigação, confiando a promessa a parentes e familiares.
mais elle était si pieuse, si dévote, qu’elle cherchait des témoins de son obligation, confiant sa promesse à ses parents et à la famille. Unicamente, para que nos separássemos o mais tarde possível, fez-me aprender em casa primeiras letras, latim e doutrina, por aquele padre Cabral, velho amigo do tio Cosme, que ia lá jogar às noites.
Seulement, afin que nous nous séparions le plus tard possible, elle me fit apprendre à la maison mes premières lettres, le latin et le catéchisme par le père Cabral, vieil ami de l’oncle Cosme, qui jouait le soir à la maison.




Prazos largos são fáceis de subscrever;
Les engagements généraux sont faciles à souscrire ;
a imaginação os faz infinitos.
l’imagination les repousse infiniment.
Minha mãe esperou que os anos viessem vindo.
Ma mère a attendu des années.
Entretanto, ia-me afeiçoando à ideia da igreja;
Cependant, elle continuait à me sensibiliser à l’idée de l’église ;
brincos de criança, livros devotos, imagens de santos, conversações de casa, tudo convergia para o altar.
Boucles d’oreilles d’enfants, livres pieux, images saintes, les conversations quotidiennes, tout convergeait vers l’autel.
Quando íamos à missa, dizia-me sempre que era para aprender a ser padre, e que reparasse no padre, não tirasse os olhos do padre.
Quand nous allions à la messe, elle me disait chaque fois que c’était pour apprendre à être un prêtre, il me fallait observer le prêtre, ne pas le quitter un moment des yeux.
Em casa, brincava de missa,
À la maison, je jouais à la messe,
— um tanto às escondidas, porque minha mãe dizia que missa não era coisa de brincadeira.
– un peu en secret, parce que ma mère soulignait à chaque fois que la messe ne pouvait être une chose avec laquelle on pouvait plaisanter.
Arranjávamos um altar, Capitu e eu.
Nous arrangions un autel, Capitou et moi.
Ela servia de sacristão, e alterávamos o ritual, no sentido de dividirmos a hóstia entre nós;
Elle servait comme sacristain, et nous altérions le rituel en divisant l’hostie ;
a hóstia era sempre um doce.




l’hostie était toujours un gâteau.
No tempo em que brincávamos assim, era muito comum ouvir à minha vizinha:
Au moment où nous étions dans notre jeu, il était très fréquent d’entendre par Capitou :
« Hoje há missa? »
« Y-a-t-il une messe aujourd’hui ? »
Eu já sabia o que isto queria dizer, respondia afirmativamente, e ia pedir hóstia por outro nome.
Je savais ce que cela signifiait, je répondais alors par l’affirmative, et je partais à la quête de l’hostie sous un autre nom.
Voltava com ela, arranjávamos o altar, engrolávamos o latim e precipitávamos as cerimônias.
Je revenais avec mon offrande et alors nous commencions à arranger l’autel, écorchant le latin et accélérant la cérémonie.
Dominus non sum dignus …
Isto, que eu devia dizer três vezes, penso que só dizia uma, tal era a gulodice do padre e do sacristão.
Cela, je devais le dire trois fois, mais je pense que je ne le disais qu’une seule fois, à cause de la faim du prêtre et du sacristain.
Não bebíamos vinho nem água;
Nous ne buvions ni du vin ni de l’eau ;
não tínhamos o primeiro, e a segunda viria tirar-nos o gosto do sacrifício.
nous n’avions pas du premier et le second aurait effacé le goût du sacrifice.



Ultimamente não me falavam já do seminário, a tal ponto que eu supunha ser negócio findo.
Dernièrement, je n’entendais plus parler du séminaire, au point que je croyais que l’entreprise n’était plus d’actualité.
Quinze anos, não havendo vocação, pediam antes o seminário do mundo que o de São José.
Quinze ans, sans vocation, orientaient plus vers le séminaire du monde que vers celui de Sao José.
Minha mãe ficava muita vez a olhar para mim, como alma perdida, ou pegava-me na mão, a pretexto de nada, para apertá-la muito.
Ma mère passait beaucoup de temps à me regarder comme une âme perdue, ou prenait parfois ma main, sous un quelconque prétexte, en la serrant très fort.

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A Promessa
DOM CASMURRO MACHADO DE ASSIS

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dom-casmurro-machado-de-assis-la-denonciation-artgitato-victor-meirelles-de-lima-la-premiere-messe-au-bresil-1861Victor Meirelles de Lima




La Première messe au Brésil
A Primeira Missa no Brasil
1861
Museu Nacional de Belas Artes – MnBA
Rio de Janeiro

LA FEROCITE DES PIRATES MALAIS Charles de Varigny 1887

 Charles de Varigny 

Ecrivain & diplomate








L’Océanie moderne
1887

La Revue des Deux Mondes

LA FEROCITE DES PIRATES MALAIS

(extrait)

Au nord de Java et à l’est de Sumatra s’étend l’île de Bornéo, mesurant 1,280 kilomètres de longueur sur 1,200 de largeur, et contenant plus de trois millions d’habitants. Découverte en 1521 par les Portugais, occupée en partie par les Hollandais en 1604, cette lie, l’une des plus vastes du monde, est peu connue, sauf sur les côtes. Dans cet immense archipel d’Asie, la barbarie lutte encore énergiquement contre la civilisation. Les pirates y pullulaient, et ce n’est guère que depuis 1876 que les Espagnols ont réussi à traquer et à détruire ces écumeurs de mer. Bornéo en abritait un grand nombre ; la férocité de ces Malais, leur mépris de la mort, ont, pendant des siècles, inspiré la terreur aux navigateurs qui se hasardaient dans ses parages. On a peu de renseignements sur l’intérieur de cette terre massive et compacte, aux contours fermes et arrêtés. Ni golfes profonds, ni anses sinueuses ; les fleuves au cours lent et paresseux charrient des matières végétales en décomposition, obstruant leur parcours de troncs d’arbres et leurs embouchures de bancs de vase. Aucune issue navigable par laquelle la civilisation puisse s’infiltrer ; une côte de grès adossée à des marais et à d’inextricables forêts. On sait que ces forêts abritent une vie animale intense, une incomparable végétation, et des tribus sauvages réfractaires à tout contact avec les Européens. Les orangs outangs ou mias y abondent ; on ne les rencontre qu’à Sumatra et à Bornéo ; en quelques jours, M. Alfred Russel-Wallace en tua plus de dix. Le tigre, le léopard, le rhinocéros, l’éléphant, le tapir, peuplent ces forêts où fourmillent des millions d’insectes, des chauves-souris-vampires, des crapauds volants.

On sait aussi que le sol est riche en mines d’or, d’étain, de fer, de gisements de diamants ; que sur les côtes existent de nombreuses pêcheries de perles ; mais, sauf sur un très petit nombre de points, ces richesses ne sont pas exploitées. L’Européen a peine à pénétrer dans cet inextricable massif, gigantesque et mystérieuse corbeille de verdure vénéneuse, fragment de l’Inde radieuse, meurtrière et brûlante jeté comme une sentinelle avancée entre l’Océanie et la presqu’île de Malacca.

Ici la vie est trop intense, le climat trop extrême pour notre race. L’équateur coupe en. deux parties égales cette terre humide et fiévreuse où le climat est cruel comme l’indigène, où la nature, d’une merveilleuse beauté, étouffe et tue l’homme par ses parfums violons, brise son énergie et sa volonté, et le livre sans défense, comme sans résistance, aux miasmes putrides de ses marais diaprés de fleurs étincelantes, peuplés de reptiles et d’animaux redoutables. Seuls, les Dayaks, les Malais, les Soulonans et quelques Négritos peuvent impunément respirer cet air empoisonné. Comme eux et mieux qu’eux, les Chinois y vivent, y prospèrent et s’y multiplient. Ici encore, comme à Java et à Sumatra, cette race étonnante et prolifique travaille et s’enrichit, insouciante des conditions climatologiques, dédaigneuse de la souffrance physique, de la maladie, de la mort, bravant tout pour l’amour du gain.

L’Océanie moderne
Charles de Varigny
Revue des Deux Mondes
tome 83
1887

DOM CASMURRO MACHADO DE ASSIS CHAPITRE II DU LIVRE Capítulo II Do Livro

DOM CASMURRO MACHADO DE ASSIS

L’Œuvre de Joaquim Maria Machado de Assis

Poema & Prosa de Machado de Assis




Littérature Brésilienne
Literatura Brasileira

Joaquim Maria Machado de Assis
 Rio de Janeiro 1839 – 1908 Rio de Janeiro


joaquim-maria-machado-de-assis-artgitato




 

L’Œuvre de Machado de Assis

 DOM CASMURRO
II
Roman – Romance
1899

Traduction Jacky Lavauzelle

*****

dom-casmurro-machado-de-assis-artgitato-joaquin-sorolla-paseo-par-la-playa-1909-museo-sorolla-madridJoaquin Sorolla
Paseo par la playa
1909
Museo Sorolla Madrid

*******

DOM CASMURRO MACHADO DE ASSIS

Capítulo II- Second Chapitre
Do Livro
Du Livre





Agora que expliquei o título, passo a escrever o livro.
Maintenant que j’ai expliqué le titre, je passe à l’étape suivante qui est d’écrire le livre.
Antes disso, porém, digamos os motivos que me põem a pena na mão.
Avant, cependant, je souhaite donner les raisons pour lesquelles j’ai pris un stylo dans les mains.

Vivo só, com um criado.
Je vis seul avec un domestique.
A casa em que moro é própria;
Dans une maison qui m’appartient ;
fi-la construir de propósito, levado de um desejo tão particular que me vexa imprimi-lo, mas vá lá.
Je la fis construire avec, en tête, un dessin particulier qui me gêne d’expliciter, mais je vais le faire quand même.
Um dia, há bastantes anos, lembrou-me reproduzir no Engenho Novo a casa em que me criei na antiga Rua de Mata-cavalos, dando-lhe o mesmo aspecto e economia daquela outra, que desapareceu. 
Un jour, il y a plusieurs années, j’ai souhaité reproduire à Engenho Novo la maison dans laquelle j’ai grandi, dans une vieille rue de Mata-Cavalos, de lui donner le même aspect et les mêmes fonctions.
Construtor e pintor entenderam bem as indicações que lhes fiz:
Le constructeur et peintre ont bien compris les demandes que je formulais :
é o mesmo prédio assobradado, três janelas de frente, varanda ao fundo, as mesmas alcovas e salas.
c’était le même bâtiment d’un étage, trois fenêtres devant, une  véranda derrière, les mêmes chambres et les mêmes salles.
Na principal destas, a pintura do teto e das paredes é mais ou menos igual, umas grinaldas de flores miúdas e grandes pássaros que as tomam nos bicos, de espaço a espaço.
Dans la pièce principale, la peinture du plafond et des murs sont à peu près semblables, quelques guirlandes de fleurs fines et des grands oiseaux qui  les attrapent par le bec, approximativement.
Nos quatro cantos do teto as figuras das estações, e ao centro das paredes os medalhões de César, Augusto, Nero e Massinissa, com os nomes por baixo…
Dans les quatre coins, les saisons, et au centre des murs, des médaillons de César, Auguste, Néron et Masinissa, avec les noms en-dessous …
Não alcanço a razão de tais personagens.
Je ne comprends toutefois pas le présence de tels personnages.
Quando fomos para a casa de Mata-cavalos, já ela estava assim decorada;
Quand nous sommes arrivés à Mata-Cavalos, elle était déjà décorée ainsi ;
vinha do decênio anterior.
ça provenait de la décennie précédente.
Naturalmente era gosto do tempo meter sabor clássico e figuras antigas em pinturas americanas.
Bien sûr, c’était dans l’air du temps d’imiter les saveurs classiques et les figures antiques dans les peintures américaines.
O mais é também análogo e parecido.
L’ensemble est également similaire.
Tenho chacarinha, flores, legume, uma casuarina, um poço e lavadouro.
Je possède de la terre, des fleurs, des légumes, un casuarina, un puits et un lavoir.
Uso louça velha e mobília velha.
J’ai aussi de la vieille vaisselle et des meubles anciens.
Enfim, agora, como outrora, há aqui o mesmo contraste da vida interior, que é pacata, com a exterior, que é ruidosa.
Quoi qu’il en soit, maintenant, comme jadis, nous avons le même contraste entre la vie intérieure, qui est calme, et celle de l’extérieure, qui est bruyante.





O meu fim evidente era atar as duas pontas da vida, e restaurar na velhice a adolescência.
Mon but évident était de lier les deux extrémités de ma vie, et de restaurer ma vieillesse dans mon adolescence.
Pois, senhor, não consegui recompor o que foi nem o que fui.
Pour vous, lecteur, je n’ai pu ni retrouver qui j’étais ni ce qui fut.
Em tudo, se o rosto é igual, a fisionomia é diferente.

En tout état de cause, si le visage est le même, la physionomie, elle, est différente.
Se só me faltassem os outros, vá;
Si seulement il ne manquait que les autres, va ;
um homem consola-se mais ou menos das pessoas que perde;
Les hommes se consolent plus ou moins de ce qu’ils perdent ;
mas falto eu mesmo, e esta lacuna é tudo.

mais là, c’est moi qui manque, et cette absence est tout.
O que aqui está é, mal comparando, semelhante à pintura que se põe na barba e nos cabelos, e que apenas conserva o hábito externo, como se diz nas autópsias;
Ce qui est ici, je reconnais qu’il s’agit d’une mauvaise comparaison, ressemble à la teinture qui se met sur la barbe et les cheveux, et qui ne retient que l’aspect externe, comme on dit dans les autopsies ;
o interno não aguenta tinta.
l’intérieur ne se teinte pas d’encre.
Uma certidão que me desse vinte anos de idade poderia enganar os estranhos, como todos os documentos falsos, mas não a mim.
Un certificat me donnant vingt ans pourrais tromper les étrangers, comme tous les faux papiers, mais pas moi.
Os amigos que me restam são de data recente;
Les amis qui me restent sont récents ;
todos os antigos foram estudar a geologia dos campos-santos.
les plus vieux étudient la géologie des cimetières.
Quanto às amigas, algumas datam de quinze anos, outras de menos, e quase todas crêem na mocidade.
Quant aux amies, certaines datent de quinze ans, d’autres moins, et presque toutes croient en la jeunesse.
Duas ou três fariam crer nela aos outros, mas a língua que falam obriga muita vez a consultar os dicionários, e tal frequência é cansativa.
Deux ou trois voudraient le faire croire à d’autres, mais la langue qu’elles parlent demande beaucoup de temps ensuite en consultation des dictionnaires, et cette fréquence est fatigante.





Entretanto, vida diferente não quer dizer vida pior;
Cependant, une vie différente ne signifie pas une vie plus mauvaise ;
é outra coisa.
c’est autre chose.
A certos respeitos, aquela vida antiga aparece-me despida de muitos encantos que lhe achei;
A certains égards, cette vieille vie me semble dépouillée aujourd’hui de nombreux charmes que je percevais jadis ;
mas é também exato que perdeu muito espinho que a fez molesta, e, de memória, conservo alguma recordação doce e feiticeira.
mais il est également vrai qu’elle a perdu de nombreuses épines qui la rendait détestable, et j’en garde des souvenirs doux et suave.
Em verdade, pouco apareço e menos falo.
En fait, je sors et je parle peu.
Distrações raras.
Les distractions sont rares.
O mais do tempo é gasto em hortar, jardinar e ler;
La majeure partie de mon temps se passe à jardiner et à lire ;
como bem e não durmo mal.
je mange et je dors plutôt bien.

Ora, como tudo cansa, esta monotonia acabou por exaurir-me também.
Maintenant, comme tout me fatigue, cette monotonie m’a finalement épuisé aussi.
Quis variar, e lembrou-me escrever um livro.
Je voulais un changement, et m’est venu l’idée d’écrire un livre.
Jurisprudência, filosofia e política acudiram-me, mas não me acudiram as forças necessárias.
La jurisprudence, la philosophie et la politique se sont présentées à moi, mais je n’avais pas la force nécessaire.
Depois, pensei em fazer uma História dos Subúrbios, menos seca que as memórias do padre Luís Gonçalves dos Santos, relativas à cidade;
Alors je pensais faire une Histoire des Faubourgs, moins sèches que les mémoires du père Luís Gonçalves dos Santos [Padre Perereca 1767-1844], relatifs à la ville ;
era obra modesta, mas exigia documentos e datas, como preliminares, tudo árido e longo.
Le travail était modeste, mais la recherche des documents requis et ses dates demandaient un travail aride et long.
Foi então que os bustos pintados nas paredes entraram a falar-me e a dizer-me que, uma vez que eles não alcançavam reconstituir-me os tempos idos, pegasse da pena e contasse alguns.
Ce fut alors que les bustes peints sur les murs sont venus me parler et me dire que, étant donné qu’ils ne parvenaient pas à reconstituer pour moi les temps anciens, je me devais de prendre la plume et d’en conter quelques-uns.
Talvez a narração me desse a ilusão, e as sombras viessem perpassar ligeiras, como ao poeta, não o do trem, mas o do Fausto:
Peut-être que l’histoire me donnerait l’illusion, et les ombres envahiraient-elles légères, comme au poète, pas le nôtre du train, mais celui du Faust,
« Aí vindes outra vez, inquietas sombras? »…
« Là, vous voilà, ombres agitées ? » …

Fiquei tão alegre com esta ideia, que ainda agora me treme a pena na mão.
J’étais si joyeux à cette idée, que la plume tremble, même encore maintenant, dans la main.
Sim, Nero, Augusto, Massinissa, e tu, grande César, que me incitas a fazer os meus comentários, agradeço-vos o conselho, e vou deitar ao papel as reminiscências que me vierem vindo.
Oui, Neron, Auguste, Masinissa, et toi, grand César, qui m’incitent pour faire mes commentaires, je vous remercie de vos conseils, et je pose sur le papier les souvenirs qui viennent à moi.
Deste modo, viverei o que vivi, e assentarei a mão para alguma obra de maior tomo.
Par conséquent, je vivrai ce que j’ai vécu, et ainsi ma main travaillera pour réaliser demain une œuvre encore plus magistrale.
Eia, comecemos a evocação por uma célebre tarde de novembro, que nunca me esqueceu.
Allons, commençons en évoquant une célèbre fin de novembre, que je n’ai jamais oubliée.
Tive outras muitas, melhores, e piores, mas aquela nunca se me apagou do espírito.
J’ai eu bien d’autres, mieux, et des pires encore, mais celle-ci n’est jamais sortie de mon esprit.
É o que vais entender, lendo.
Tu comprendras pourquoi à la lecture de ce qui suit.

***

DOM CASMURRO MACHADO DE ASSIS

DOM CASMURRO MACHADO DE ASSIS 1899

DOM CASMURRO

L’Œuvre de Joaquim Maria Machado de Assis

Poema & Prosa de Machado de Assis




Littérature Brésilienne
Literatura Brasileira

Joaquim Maria Machado de Assis
 Rio de Janeiro 1839 – 1908 Rio de Janeiro


joaquim-maria-machado-de-assis-artgitato




 

L’Œuvre de Machado de Assis

 DOM CASMURRO
Roman – Romance
1899

Traduction Jacky Lavauzelle

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dom-casmurro-machado-de-assis-artgitato-joaquin-sorolla-paseo-par-la-playa-1909-museo-sorolla-madrid

Joaquin Sorolla
Paseo par la playa
1909
Museo Sorolla Madrid

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SOMMAIRE – Capítulos

I
Capítulo Primeiro – Chapitre Premier

Do Título
Du Titre
Uma noite destas, vindo da cidade para o Engenho Novo, encontrei no trem da Central um rapaz aqui do bairro, que eu conheço de vista e de chapéu.
Du train qui m’amenait de la Gare Centrale de la ville à Engenho Novo, un soir, je trouvais dans le train un jeune garçon de mon quartier que je connais de vue et nous nous saluons du chapeau quand nous nous croisons.

***




II
Capítulo II – Chapitre II
Do Livro
Du Livre
Agora que expliquei o título, passo a escrever o livro.
Maintenant que j’ai expliqué le titre, je passe à l’étape suivante qui est d’écrire le livre.
Antes disso, porém, digamos os motivos que me põem a pena na mão.
Avant, cependant, je souhaite donner les raisons pour lesquelles j’ai pris un stylo dans les mains.

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III
 Capítulo III – Chapitre III
A Denúncia – La Dénonciation




Ia a entrar na sala de visitas, quando ouvi proferir o meu nome e escondi-me atrás da porta.
J’allais entrer dans le salon quand j’entendis prononcer mon nom ; je me cachais derrière la porte.
dom-casmurro-machado-de-assis-la-denonciation-artgitato-victor-meirelles-de-lima-la-premiere-messe-au-bresil-1861

***




 IV
Capítulo IV- Chapitre IV
Um Dever Amaríssimo !
UN DEVOIR TRES AMER

José Dias amava os superlativos.
José Dias aimait les superlatifs.
Era um modo de dar feição monumental às idéias;
C’était un moyen pour donner de la force aux idées ;

***

V
Capítulo V- Chapitre V
O Agregado
L’Habitué




Nem sempre ia naquele passo vagaroso e rígido.
Ce pas lent, il ne l’avait pas toujours.

Também se descompunha em acionados, era muita vez rápido e lépido nos movimentos, tão natural nesta como naquela maneira.
Aussi pouvait-il s’agiter en de rapides et agiles mouvements, aussi naturels que le premier.

**




VI
Capítulo VI- Chapitre VI
Tio Cosme
Oncle Cosme

Tio Cosme vivia com minha mãe, desde que ela enviuvou. 
Oncle Cosme a vécu avec ma mère, depuis qu’elle est devenue veuve.
Já então era viúvo, como prima Justina;
Il était alors veuf, la cousine Justina aussi ;

dom-casmurro-machado-de-assis-alfred-de-dreux-africain-tenant-un-cheval-au-bord-dune-mer

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VII
Capítulo VI- Chapitre VI
Dona Gloria




Minha mãe era boa criatura.
Ma mère était une bonne créature.
Quando lhe morreu o marido, Pedro de Albuquerque Santiago, contava trinta e um anos de idade, e podia voltar para Itaguaí.
Quand son mari, Pedro de Albuquerque Santiago, est mort, elle avait trente et un ans, et aurait pu revenir à Itaguai.

***

VIII
Capítulo VIII- Chapitre VIII
É Tempo
Il est temps

Mas é tempo de tornar àquela tarde de novembro, uma tarde clara e fresca, sossegada como a nossa casa e o trecho da rua em que morávamos.
Mais il est temps de reparler de cet après-midi de novembre, un après-midi tranquille, clair et frais comme notre maison et comme ce coin de la rue dans lequel nous avons vécu.

***

IX
Capítulo IX – Chapitre IX
A Ópera
L’Opéra




Já não tinha voz, mas teimava em dizer que a tinha.
Il n’avait déjà plus de voix, mais il persistait à dire qu’il en avait encore.
« O desuso é que me faz mal », acrescentava.
«Le désoeuvrement, cela me rend malade», ajouta-t-il.

***

X
Capítulo X – Dixième Chapitre 
Aceito a Teoria
J’accepte la théorie

Que é demasiada metafísica para um só tenor, não há dúvida;
C’est trop de métaphysique pour un ténor, sans aucun doute ;
mas a perda da voz explica tudo, e há filósofos que são, em resumo, tenores desempregados.
mais la perte de la voix explique tout, et il y a des philosophes qui sont des ténors chômeurs.

***








XI
Capítulo XI – Onzième chapitre
A Promessa
La Promesse

Quando íamos à missa, dizia-me sempre que era para aprender a ser padre, e que reparasse no padre, não tirasse os olhos do padre.
Quand nous allions à la messe, elle me disait chaque fois que c’était pour apprendre à être un prêtre, il me fallait observer le prêtre, ne pas le quitter un moment des yeux.
Em casa, brincava de missa,
À la maison, je jouais à la messe,




**

Capítulo XII – Douzième chapitre
Na Varanda
Sur la Véranda

Um coqueiro, vendo-me inquieto e adivinhando a causa, murmurou de cima de si que não era feio que os meninos de quinze anos andassem nos cantos com as meninas de quatorze;
Un cocotier, me voyant aussi anxieux et en devinant la cause, me murmura par dessus moi que ce n’était pas immoral que des garçons de quinze cherchent à se cacher dans les coins avec des jeunes filles de quatorze ans ;




**

Capítulo XIII – Treizième chapitre
Capitu
Capitou

Então eu coçava o queixo, como o doutor, e acabava mandando aplicar-lhe umas sanguessugas ou dar-lhe um vomitório:
 Alors, je me grattais le menton, à l’instar du docteur, et je finissais toujours par lui appliquer quelques sangsues ou lui donner un vomitif :
era a terapêutica habitual do médico.
 c’était le traitement médical habituel.

**

Capítulo XIV – Quatorzième chapitre
A Inscrição
L’Inscription

Tudo o que contei no fim do outro capítulo foi obra de um instante.
Tous mes propos du précédent chapitre ne durèrent qu’un instant.
O que se lhe seguiu foi ainda mais rápido.
Ce qui s’ensuivit fut encore plus rapide.

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Capítulo XV – Quinzième chapitre
Outra Voz Repentina
Une autre voix

Meu desejo era ir atrás de Capitu e falar-lhe agora do mal que nos esperava;
Mon désir était d’aller rejoindre Capitou et de lui parler du malheur qui nous attendait ;

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DOM CASMURRO

DOM CASMURRO CHAPITRE I DU TITRE Capítulo Primeiro Do Título

DOM CASMURRO

L’Œuvre de Joaquim Maria Machado de Assis

Poema & Prosa de Machado de Assis




Littérature Brésilienne
Literatura Brasileira

Joaquim Maria Machado de Assis
 Rio de Janeiro 1839 – 1908 Rio de Janeiro


joaquim-maria-machado-de-assis-artgitato




 

L’Œuvre de Machado de Assis

 DOM CASMURRO
I
Roman – Romance
1899

Traduction Jacky Lavauzelle

*****

dom-casmurro-machado-de-assis-artgitato-joaquin-sorolla-paseo-par-la-playa-1909-museo-sorolla-madridJoaquin Sorolla
Paseo par la playa
1909
Museo Sorolla Madrid

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Capítulo Primeiro – Chapitre Premier
Do Título
Du Titre

***

Uma noite destas, vindo da cidade para o Engenho Novo, encontrei no trem da Central um rapaz aqui do bairro, que eu conheço de vista e de chapéu.
Du train qui m’amenait de la Gare Centrale de la ville à Engenho Novo, un soir, je trouvais dans le train un jeune garçon de mon quartier ; je le connais de vue et nous nous saluons du chapeau à chaque fois que nous nous croisons.
Cumprimentou-me, sentou-se ao pé de mim, falou da Lua e dos ministros, e acabou recitando-me versos. 
Il me salua et s’assis à mes côtés, me parla de la Lune et des ministres et finit par me réciter des vers.
A viagem era curta, e os versos pode ser que não fossem inteiramente maus.
Le voyage a été court et les vers n’étaient donc peut-être pas si mauvais.
Sucedeu, porém, que, como eu estava cansado, fechei os olhos três ou quatro vezes;
Comme j’étais fatigué, j’ai fermé mes yeux trois ou quatre fois ;
tanto bastou para que ele interrompesse a leitura e metesse os versos no bolso.
cela suffit à interrompre sa lecture et à ranger ses vers dans sa poche.

— Continue, disse eu acordando.
– Continuez, lui dis-je, en me réveillant.

— Já acabei, murmurou ele.
– J’ai fini, murmura-t-il.

— São muito bonitos.
– Ils sont très beaux.




Vi-lhe fazer um gesto para tirá-los outra vez do bolso, mas não passou do gesto;
Je le vis faire un geste pour les sortir à nouveau de la poche, mais il s’arrêta-là ;
estava amuado.
Il boudait.
No dia seguinte entrou a dizer de mim nomes feios, e acabou alcunhando-me Dom Casmurro.
Le lendemain, il me traita de tous les noms et m’appela Dom Casmurro.
Os vizinhos, que não gostam dos meus hábitos reclusos e calados, deram curso à alcunha, que afinal pegou.
Les voisins, qui ne supportaient pas mes tranquilles habitudes et indépendantes, ont adopté ce surnom, qui a fini par me rester.
Nem por isso me zanguei.
Cela ne me dérangeais pas plus que ça.
Contei a anedota aos amigos da cidade, e eles, por graça, chamam-me assim, alguns em bilhetes: 
J’ai conté cette anecdote à mes amis de la ville, qui, depuis, me nomme de la sorte, jusqu’à me le noter sur certains billets ;
« Dom Casmurro, domingo vou jantar com você. »
« Dom Casmurro, dimanche, je dînerai avec vous. »
  — « Vou para Petrópolis, Dom Casmurro;
-« Je vais à Petrópolis, Dom Casmurro ;
a casa é a mesma da Renânia;
la même maison de Renania ;,
vê se deixas essa caverna do Engenho Novo, e vai lá passar uns quinze dias comigo. »
quitte ta caverne d’Engenho Novo, et viens passer quinze jours avec moi. »
— « Meu caro Dom Casmurro, não cuide que o dispenso do teatro amanhã; 
– « Mon cher Dom Casmurro, ne croyez pas que je vous dispense du théâtre demain ;
venha e dormirá aqui na cidade;
venez ! vous dormirez ici, en ville.
dou-lhe camarote, dou-lhe chá, dou-lhe cama;
je vous trouve une loge et je vous offre le thé, et un lit aussi ;
 só não lhe dou moça. »
mais je ne vous offre pas de fille. »
Não consultes dicionários.
Ne regardez pas le dictionnaire.
Casmurro não está aqui no sentido que eles lhe dão, mas no que lhe pôs o vulgo de homem calado e metido consigo.
Casmurro, n’a pas le sens que nous lui donnons ici, mais celui plus ordinaire du bourru : un homme silencieux et taciturne.
Dom veio por ironia, para atribuir-me fumos de fidalgo.
« Dom » a été posé de manière ironique, en ajoutant une dimension distinguée et noble.
Tudo por estar cochilando!
Tout ça pour avoir fermé les yeux un moment !
Também não achei melhor título para a minha narração;
Aussi, je n’ai pas trouvé de meilleur titre à mon récit ;
se não tiver outro daqui até ao fim do livro, vai este mesmo.
et il restera le même si je n’en trouve pas d’autres avant la fin du livre.
O meu poeta do trem ficará sabendo que não lhe guardo rancor.
Mon poète du train constatera que je ne lui en garde aucune rancune.
 E com pequeno esforço, sendo o título seu, poderá cuidar que a obra é sua.
Et avec un peu d’effort, et comme le titre est le sien, il pourra penser que cet œuvre est la sienne.
Há livros que apenas terão isso dos seus autores; 
Il y a en effet des livres qui ne doivent pas autre chose à leurs auteurs ;
alguns nem tanto.
certains, même pas cela.




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DOM CASMURRO I