Archives par mot-clé : littérature espagnole

LA PASTOURELLE DU PETIT BERGER – POESIE JEAN DE LA CROIX- Un pastorcico solo está penado – JUAN DE LA CRUZ

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Saint Jean de la Croix Traduction Jacky Lavauzelle
musée diocésain de Valladolid Espagne

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LITTERATURE ESPAGNOLE
Literatura española
JEAN DE LA CROIX
Juan de la Cruz
1542 – 1591

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Saint Jean de la Croix Trad Jacky Lavauzelle




Literatura española
Traduction Jacky Lavauzelle
JEAN DE LA CROIX
Juan de la Cruz

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LA PASTOURELLE DU PETIT BERGER
Un pastorcico solo está penado

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Un pastorcico solo está penado,
Un petit berger a de la peine, seul,
ajeno de placer y de contento,
étranger au plaisir et au bonheur,
y en su pastora puesto el pensamiento,
et la pensée toute à sa bergère,
y el pecho del amor muy lastimado.
et le cœur par l’amour si blessé.
*
No llora por haberle amor llagado,
D’être meurtri d’amour, il ne pleure pas,
que no le pena verse así afligido,
être si affligé, ne le peine pas,
 aunque en el corazón está herido;
bien que son cœur soit blessé ;
mas llora por pensar que está olvidado.
mais il pleure à la pensée d’être oublié.
*
Que sólo de pensar que está olvidado
C’est seulement en pensant qu’il est oublié
de su bella pastora, con gran pena
de sa belle bergère, avec grand chagrin,
se deja maltratar en tierra ajena,
qu’il se laisse maltraiter dans une étrangère terre,
el pecho del amor muy lastimado.
le cœur tant blessé par l’amour.
*
Y dice el pastorcito: ¡Ay, desdichado
Et le petit berger dit : Ah ! misérable
de aquel que de mi amor ha hecho ausencia
celui qui a déserté mon amour
y no quiere gozar la mi presencia,
et ne veut pas profiter de ma présence,
y el pecho por su amor muy lastimado!
et de mon cœur par son amour si blessé !
*
Y a cabo de un gran rato se ha encumbrado
Et après un long moment, il s’éleva
sobre un árbol, do abrió sus brazos bellos,
sur un arbre, ouvrit ses beaux bras,
y muerto se ha quedado asido dellos,
et mourut, les bras suspendus,
el pecho del amor muy lastimado
le cœur si blessé par l’amour.

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Literatura española – Littérature Espagnole
Siècle d’or espagnol -Siglo de Oro

Juan de la Cruz


Saint Jean de la Croix
1542-1591

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SUR
LA PASTOURELLE

La poésie des troubadours est essentiellement lyrique. Écoles de poésie? Le culte de la forme. Le « trobar clus »; admiration de Dante et de Pétrarque pour Arnaut Daniel. La musique des troubadours. Les genres la chanson, le sirventés, la tenson, la pastourelle, l’aube. Autres genres. 

Avec la pastourelle, nous arrivons à un genre qui paraît, au premier abord, être resté plus près de son origine populaire. Voici en quoi il consiste. Le poète, pendant un voyage, rencontre une bergère; elle est jeune, avenante, chante ou tresse des fleurs en gardant son troupeau. Le poète la salue courtoisement, et, après quelques compliments, lui offre son amour. La conversation s’engage et elle se développe suivant la fantaisie du poète. Le début et le dénouement sont seuls conventionnels. Un exemple emprunté à un des plus anciens troubadours, Marcabrun, montrera ce que peut donner ce genre. Le troubadour, à cheval, a rencontré une bergère.

Je pousse mon cheval vers elle

« Que ne puis-je arrêter, la belle,
La bise qui vous échevèle!

Sire, me répond la vilaine,
Si le vent souffle et me hérisse,
Je dois au lait de ma nourrice
De ne point trop m’en mettre en peine.

Sans médire de votre mère,
La belle, il pourrait bien se faire
Que quelque chevalier fût père
D’une aussi courtoise vilaine
Votre regard est un sourire
Plus je vous vois, plus je soupire
Mais vous être trop inhumaine.

Non, non, sire, je suis la fille
De gens dont toute la famille
N’a manié que la faucille
Ou le hoyau, dit la vilaine.

J’en sais un qui vante sa race,
Et qui devrait suivre leur trace
Six jours ou sept dans la semaine.
Fille aussi farouche que belle,
Je sais un peu, quand je m’en mêle,
Apprivoiser une rebelle.
On peut, avec telle vilaine,
Faire amour loyal et sincère,

Et vous m’êtes déjà plus chère
Que la plus noble châtelaine.
Quand un homme a perdu la tète
Est-ce un vain serment qui l’arrête?

Un mot, et votre bouche est prête,
A baiser mes pieds de vilaine.
Mais pensez-vous que je désire
Perdre, pour vous plaire, beau sire,
Ma richesse la plus certaine?

L’auteur de cette traduction remarque que la vilaine, mise ainsi en scène, a « terriblement d’esprit » pour une femme des champs. « Ce n’est pas le long des haies, môme en Gascogne, que fleurit une ironie si légère et si perçante à la fois. » C’est une réflexion qu’on peut faire à propos de la plupart des pastourelles. C’est un genre qui a pu être populaire; mais il a perdu ce caractère de très bonne heure.
Comment d’ailleurs ce genre, s’il avait gardé la simplicité primitive que nous pouvons lui supposer, aurait-il eu des chances de plaire à la société raffinée pour laquelle écrivaient les troubadours? Aussi les bergères qu’ils mettent en scène ressemblent étrangement, du début à la fin de leur littérature, à celle de Marcabrun. C’est leur aïeule. Ce sont en général de vertueuses coquettes. Elles écoutent les compliments, acceptent les galanteries, mais finissent toujours par berner leur interlocuteur. Là encore règne la convention. Le charme de la plupart de ces compositions ne vient pas des tableaux champêtres qu’elles peuvent présenter, ni de la naïveté et de la simplicité des sentiments exprimés; il vient surtout de la forme dialoguée qui a permis aux auteurs de pastourelles de leur donner un tour dramatique. Elles se rapprochent à ce point de vue des débats que sont les tensons.
De la pastourelle on rapproche ordinairement la romance…

Joseph Anglade
Les Troubadours, leurs vies, leurs œuvres, leur influence
Chapitre III
L’Art des Troubadours
Les Genres

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LA PASTOURELLE DU PETIT BERGER
JEAN DE LA CROIX

Saint Jean de la Croix Trad Jacky Lavauzelle

L’Elan Amoureux – JEAN DE LA CROIX – Tras de un amoroso lance – Juan de la Cruz (Otras del mismo a lo divino)

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Saint Jean de la Croix Traduction Jacky Lavauzelle
musée diocésain de Valladolid Espagne

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LITTERATURE ESPAGNOLE
Literatura española
JEAN DE LA CROIX
Juan de la Cruz
1542 – 1591

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Saint Jean de la Croix Trad Jacky Lavauzelle

 




Literatura española
Traduction Jacky Lavauzelle
Juan de la Cruz

Otras del mismo a lo divino

L’ELAN AMOUREUX
Tras de un amoroso lance

Tras de un amoroso lance,
Dans un élan amoureux,
y no de esperanza falto,
non sans espoir,
volé tan alto, tan alto,
j’ai volé si haut, si haut,
que le di a la caza alcance.
que j’ai atteint ce que je pourchassais.
*

Para que yo alcance diese
Pour que je l’atteigne,
a aqueste lance divino,
ce divin élan,
tanto volar me convino
J’ai tant volé
que de vista me perdiese;
que je me suis perdu de vue ;
y, con todo, en este trance
et, par dessus tout, dans cette transe,
en el vuelo quedé falto;
je défaillis sur ce vol ;
mas el amor fue tan alto,
mais l’amour était si haut,
que le di a la caza alcance.
que j’ai atteint ce que je pourchassais.

*
Cuanto más alto subía
Plus haut je montais
deslumbróseme la vista,
plus ma vue en était éblouie,
y la más fuerte conquista
et la plus forte conquête
en oscuro se hacía;
dans l’obscurité c’était faite ;
mas, por ser de amor el lance
mais, l’élan étant d’amour,
di un ciego y oscuro salto,
Je bondis d’un saut aveugle et sombre,
y fui tan alto, tan alto,
et je partis si haut, si haut,
que le di a la caza alcance.
que j’ai atteint ce que je pourchassais.
*
Cuanto más alto llegaba
Plus j’étais dans les hautes sphères
de este lance tan subido,
de cet élan si grandiose,
 tanto más bajo y rendido
à la fois démuni, affligé
 y abatido me hallaba;
et abattu je me trouvais ;
dije: ¡No habrá quien alcance!
je dis :  personne ne pourra l’atteindre !
y abatíme tanto, tanto,
et je m’affligeais tant et tant,
que fui tan alto, tan alto,
que je me projetais si haut, si haut,
que le di a la caza alcance.
que j’ai atteint ce que je pourchassais.
*
Por una extraña manera
D’une manière étrange
mil vuelos pasé de un vuelo,
mille vols devinrent un seul vol,
 porque esperanza del cielo
car l’espoir de ciel
tanto alcanza cuanto espera;
est pour celui qui tant espère ;
esperé solo este lance,
j’ai espéré cet élan,
y en esperar no fui falto,
et je n’ai jamais manqué d’espérance,
pues fui tan alto, tan alto,
je partis si haut, si haut,
que le di a la caza alcance.
que j’ai atteint ce que je pourchassais.

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Literatura española – Littérature Espagnole
Siècle d’or espagnol -Siglo de Oro

Juan de la Cruz


San Juan de la Cruz- Saint Jean de la Croix
1542-1591

 

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Saint Jean de la Croix Trad Jacky Lavauzelle

 

SONNET DE QUEVEDO : Hoy cumple amor en mis ardientes venas Soneto de FRANCISCO DE QUEVEDO

Francisco de Quevedo
Villegas y Santibáñez Cevallos
Literatura
española – Littérature Espagnole
Siècle d’or espagnol -Siglo de Oro 

poesia de francisco de Quevedo poésie de Francisco de Quevedo artgitato
 

 Francisco de Quevedo y Villegas
1580-1645
Sonnet de Quevedo Francisco de Quevedo hoy cumple amor artgitato Aujourd’hui Amour coule dans mes veines brûlantes








Hoy cumple amor
en mis ardientes venas

Soneto de Quevedo
Sonnet de Quevedo

 Aujourd’hui Amour coule dans mes veines brûlantes

 

 

*****

Hoy cumple amor en mis ardientes venas
Aujourd’hui Amour coule dans mes veines brûlantes
 veinte y dos años, Lisi, y no parece
depuis vingt-deux ans, Lisi, et ne semble pas
que pasa día por él; y siempre crece
que pour lui est passé un jour ; et croît toujours
 el fuego contra mí, y en mí las penas.
le feu contre moi, et en moi les peines.

*

Veinte y dos años ha que estas cadenas
Vingt-deux ans voilà que ces chaînes
el corazón idólatra padece;
le cœur idolâtre les souffre;
  y si tal vez el pie las estremece,
et si peut-être le pied les bouge,
oigo en sus eslabones mis sirenas.
J’entends mes sirènes de leurs liens.

*

Si Amor presume que su fuerza dura
Si Amour présume que sa rigide force
  tiene mi liberad en tal estado,
tient ma liberté dans un tel état,
 véngase a mí sin tu belleza pura;
qu’il vienne à moi sans ta beauté pure ;

*

que yo le dejaré desengañado
que je lui montre son erreur
 de que el poder asiste en tu hermosura,
que le pouvoir assiste en ta beauté,
y en él un nombre ocioso y usurpado.
et qu’en lui un nom vain et usurpé.

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Soneto de Quevedo
Sonnet de Quevedo

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A comparer avec les sonnets de Pétrarque, son amour pour Laure :

CANZONIERE Petrarca LE CHANSONNIER Pétrarque Texte Bilingue -sommario-Sommaire – Table des Matières

 

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La Poésie de Francisco de Quevedo – La poesía de Francisco de Quevedo

Francisco de Quevedo
Villegas y Santibáñez Cevallos
Literatura
española – Littérature Espagnole
Siècle d’or espagnol -Siglo de Oro 

poesia de francisco de Quevedo poésie de Francisco de Quevedo artgitato
 

 Francisco de Quevedo y Villegas
1580-1645

La Poésie de Francisco de Quevedo

La poesía de Francisco de Quevedo

“¡Ah de la vida!” … ¿Nadie me responde?
 » Eh la vie! » … Personne ne me répond?

 “¡Ah de la vida!” … ¿Nadie me responde? 
» Eh la vie! » … Personne ne me répond?
¡Aquí de los antaños que he vivido!
Ici, les antans que j’ai vécus !

**

Cerrar podrá mis ojos la postrera
Mes yeux pourront être fermés par la dernière ombre

 Cerrar podrá mis ojos la postrera
Mes yeux pourront être fermés par la dernière
 sombra, que me llevare el blanco día,
ombre, que m’apportera la blancheur du jour,

Cerrar podrá mis ojos la postrera Quevedo Traduction Artgitato

**

EN LOS LAUSTROS DEL ALMA LA HERIDA
La Blessure dans les cloîtres de l’âme

 En los claustros del alma la herida
Dans les cloîtres de l’âme, la blessure
 yace callada; mas consume hambrienta
trouve le silence ; mais consume, par la faim,
**

Es hielo abrasador, es fuego helado
Glace brûlante, feu gelé

Es hielo abrasador, es fuego helado,
Glace brûlante, feu gelé,
es herida, que duele y no se siente,
plaie qui fait mal et que l’on ne sent pas,
es un soñado bien, un mal presente,
un bien fantasmé, un mal présent,
es un breve descanso muy cansado.
un bref repos d’une grande fatigue.

Es hielo abrasador es fuego helado de Quevedo Traduction Artgitato

**

Fue sueño ayer mañana será tierra
Glace brûlante, feu gelé

Fue sueño ayer, mañana será tierra:
Ce qui fut rêve hier, demain sera poussière :
poco antes nada, y poco después humo;
rien peu de temps avant, et fumée peu de temps après

**
Hoy cumple amor  en mis ardientes venas
Aujourd’hui amour coule dans mes veines brûlantes
Soneto – Sonnet

Hoy cumple amor en mis ardientes venas
Aujourd’hui amour coule dans mes veines brûlantes
 veinte y dos años, Lisi, y no parece
depuis vingt-deux ans, Lisi, et ne semble pas

Sonnet de Quevedo Francisco de Quevedo hoy cumple amor artgitato Aujourd’hui Amour coule dans mes veines brûlantes

**

Huye sin percibirse, lento, el día,
Le jour fuit sans s’en apercevoir, lentement,

 Huye sin percibirse, lento, el día,
Le jour fuit sans s’en apercevoir, lentement,
y la hora secreta y recatada
et l’heure secrète et habile

**

MIRE LOS MUROS DE LA PATRIA MIA
1613 (?)
J’ai regardé les murs de ma patrie 

Miré los muros de la patria mía,
J’ai regardé les murs de ma patrie,
si un tiempo fuertes ya desmoronados
Avant imposants et maintenant croulants

Miré los muros de la patria mía Quevedo J'ai regardé les murs de ma patrie ARtgitato

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Muy discretas y muy feas …
Très discrètes et très laides…

Muy discretas y muy feas,
Très discrètes et très laides,
mala cara y buen lenguaje,
moches figures et langue châtiée,

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Vivir es caminar breve jornada,
Glace brûlante, feu gelé

Vivir es caminar breve jornada,
Vivre c’est cheminer une courte journée,
y muerte viva es, Lico, nuestra vida,
et c’est une mort qui vit, Lice, notre vie


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NOTICE SUR QUEVEDO-VILLEGAS

Don Francisco de QUEVEDO-VILLEGAS, l’un des littérateurs espagnols les plus féconds et les plus spirituels, et le seul que l’on puisse comparer à Cervantès, quoiqu’il ne l’ait point égalé, naquit en 1580, à Madrid, de parents nobles et attachés à la cour par d’honorables emplois.

Orphelin dès son enfance, il fut envoyé, par son tuteur, à l’université d’Alcalà, où il fit de grands et rapides progrès dans toutes les sciences. Il s’attacha d’abord à la théologie ; ensuite il étudia les belles-lettres, la philosophie, la jurisprudence et la médecine, avec un égal succès. Outre le latin et le grec, il possédait l’hébreu, l’arabe, l’italien et le français ; et il passait les jours et les nuits à lire les meilleurs ouvrages dans ces différentes langues.

Quevedo n’avait cependant point négligé les arts d’agrément ; il avait trouvé le loisir de cultiver la musique, et, malgré la difformité de ses pieds, qui devait lui rendre plus pénibles les exercices du corps, aucun cavalier de son âge ne le surpassait dans les armes et dans la danse. Aimé de ses camarades, souvent ils le prenaient pour juge de leurs querelles, et presque toujours il parvenait à réconcilier les deux adversaires, en ménageant leur délicatesse et leur susceptibilité.

Jouissant d’une grande fortune et de la considération générale, il vivait heureux, quand une aventure singulière vint changer sa destinée. Un jour il vit dans une église, à Madrid, un cavalier qui maltraitait une femme. Il prit la défense de l’inconnue, et eut le malheur de tuer son adversaire, qui était également inconnu. C’était un grand seigneur. Craignant les poursuites de sa famille, Quevedo suivit, en Sicile, le duc d’Ossone, qui venait d’en être nommé vice-roi. La capacité qu’il montra pour les affaires lui mérita bientôt toute la confiance de son protecteur. Il fut chargé de l’inspection générale des finances dans la Sicile et dans le royaume de Naples, et il remplit cet emploi difficile avec une rare intégrité.

Ayant enfin obtenu sa grâce par le crédit du duc d’Ossone, il fut employé dans plusieurs négociations, dans différentes ambassades à la cour d’Espagne et près des papes, et il déploya partout beaucoup d’habileté, de prudence et de courage. Il se trouvait à Venise lors de la découverte de la conspiration de Bedmar ; mais il réussit à se dérober à toutes les recherches et revint en Espagne.

La disgrâce du duc d’Ossone ne pouvait manquer d’entraîner celle de son favori. Quevedo fut arrêté en 1620 et transporté dans sa terre de la Torre de Juan Abad, où on le retint prisonnier pendant trois ans et demi, sans vouloir lui permettre, pendant les deux premières années, de faire venir, de la ville voisine, un médecin pour lui donner les soins que réclamait sa santé. Son innocence fut enfin reconnue ; mais, ayant eu l’imprudence de réclamer le paiement des arrérages de ses pensions et en outre un dédommagement pour les maux qu’il avait soufferts, il fut exilé de nouveau.

Ce fut alors que, cherchant des consolations à ses peines dans la culture des lettres, dont ses occupations politiques l’avaient depuis longtemps détourné, il composa la plupart de ses poésies, qu’il publia sous le nom du bachelier de La Torre.

Ses ennemis se lassèrent à la fin de le persécuter ; il obtint la permission de revenir à la cour, et en 1632 il fut revêtu de la charge de secrétaire du roi ; mais il se contenta du titre, et refusa de rentrer dans les affaires, malgré les instances du duc d’Olivarès, qui lui proposa l’ambassade de Gênes. Éclairé par son expérience sur le néant des grandeurs, il avait résolu de se vouer sans partage à l’étude de la philosophie et à la culture des lettres. Ses ouvrages étendaient chaque jour sa réputation dans toute l’Europe ; il entretenait une correspondance suivie avec les hommes les plus savants de l’Italie et des Pays-Bas, et ses compatriotes eux-mêmes rendaient justice à son mérite.

Une fortune suffisante pour ses besoins s’était accrue de quelques bénéfices ecclésiastiques qui lui formaient un revenu de huit cents ducats. Il y renonça pour épouser, à l’âge de cinquante-quatre ans (en 1634), une femme d’une haute naissance, qui lui avait inspiré la plus vive passion. Après quelques années d’une union paisible, il eut la douleur de perdre son épouse, et revint à Madrid demander des consolations à l’amitié.

Ses ennemis l’accusèrent bientôt d’être l’auteur d’un libelle contre le ministère. Il fut arrêté, en 1641, et jeté dans un noir cachot, où il languit oublié pendant vingt-deux mois. Tous ses biens furent saisis, et il fut réduit à vivre d’aumônes dans la prison, où il ne put obtenir un chirurgien pour panser les plaies dont tout son corps était couvert. Il écrivit enfin au comte-duc d’Olivarès, pour lui exposer sa situation et demander justice. On trouva que l’auteur du libelle qu’on lui avait faussement attribué subissait déjà sa peine dans une autre prison, et il recouvra sa liberté. L’erreur dont il était la victime l’avait entièrement ruiné ; mais il savait que ses plaintes ne seraient point écoutées, et il retourna malade dans sa terre de La Torre, où il mourut le 8 septembre 1645.

Pendant sa dernière détention, les manuscrits de Quevedo furent dispersés, et entre autres ses pièces de théâtre et ses ouvrages historiques.

« Quevedo, dit Sismondi, est de tous les écrivains de l’Espagne, celui qui offre le plus de rapports avec Voltaire, non par le génie, mais par l’esprit. Il avait, comme lui, cette universalité de connaissances et de facultés, ce talent pour manier la plaisanterie, cette gaîté un peu cynique lors même qu’elle était appliquée à des objets sérieux, cette ardeur pour tout entreprendre et pour laisser des monuments de son génie dans tous les genres à la fois, cette adresse à manier l’arme du ridicule, et cet art de faire comparaître les abus de la société au tribunal de l’opinion. Mais Quevedo écrivait sous un gouvernement soupçonneux, et il avait en outre à lutter contre le mauvais goût de son siècle, à l’influence duquel il n’a pas entièrement échappé. Quevedo, en évitant l’enflure et l’exagération, qu’il reprochait avec raison aux disciples de Gongora, n’a pas su se garantir de l’affectation de l’esprit ; peu d’écrivains en ont eu plus que lui, mais aucun n’a tant affecté d’en montrer. Il a porté cet abus de l’esprit plus loin qu’aucun de ses compatriotes, et il pourrait fournir, à lui seul, un immense recueil de concetti, de rébus, de jeux de mots et de calembours. »

Ses œuvres ont été réimprimées plusieurs fois en Espagne et dans les Pays-Bas, au dix-septième siècle. Outre des traductions espagnoles de l’Introduction à la vie dévote, de la Vie de Brutus par Plutarque, de Romulus de Malvezzi, des Sentences de Phocylide, et du Manuel d’Épictète, ce recueil contient un grand nombre d’ouvrages, parmi lesquels on citera : Politica de Dios, la Vie de l’Apôtre Paul, la Vie de Thomas de Villeneuve, Mémorial per el Patronato de sant Iago, Les Visions, le Libro de todas las cosas, le Cuento de Cuentos, et enfin la Historia y vida del gran tacano del Buscon, roman dans lequel les mœurs nationales sont peintes d’une manière très divertissante, et que Quevedo laissa inachevé. Ce livre célèbre a été traduit en français sous le titre de l’Aventurier Buscon, par de La Geneste, Paris, 1633 ; sous celui de Coureur de nuit ou l’Aventurier nocturne, par Raclot, Amsterdam, 1731 ; et enfin sous celui de Fin matois ou Histoire du grand taquin Pablo de Ségovie, par Rétif de La Bretonne et d’Hermilly, La Haye, 1776.

Quevedo
Don Pablo de Ségovie
Traduction par Retif de La Bretonne.
À l’enseigne du pot cassé — Collection Scripta Manent N°45
1929 – pp. 9-14
Notice sur Quevedo

La Poésie de Luis de Góngora – La poesía de Luis de Góngora

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LITTERATURE ESPAGNOLE
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Luis de Góngora y Argote
Literatura
española
Siècle d’or espagnol -Siglo de Oro 

 




Luis de Góngora y Argote
1561-1627

 




Poésie de Luis de Góngora
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La poesía de Luis de Góngora


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Traduction Jacky Lavauzelle

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A una Rosa
A une Rose
Soneto-Sonnet

Ayer naciste, y morirás mañana.
Née hier et morte demain.
Para tan breve ser, ¿quién te dio vida ?
Pour être aussi brève, qui t’as donnée la vie?

A una rosa Gongora Luis de Góngora y Argote Artgitato Soneto Sonnet

**

¿ Cuál del Ganges marfil, o cuál de Paro
 
Quel est cet ivoire du Gange, ou de Paros
Soneto – Sonet- 1583

¿ Cuál del Ganges marfil, o cuál de Paro
Par quel ivoire du Gange, ou de Paros
blanco mármol, cuál ébano luciente,
le marbre blanc, par quel brillant ébène,


**
Cual parece al romper de la mañana
Elles semblent rompre le matin
Soneto – Sonnet-1582

Cual parece al romper de la mañana
Elles semblent rompre le matin
aljófar blanco sobre frescas rosas,
ces perlières blanches sur les fraîches roses,

**

De Pura honestidad templo sagrado
BELLE IDOLE
Soneto – Sonnet

De pura honestidad templo sagrado,
De pure honnêteté temple sacré,
Cuyo bello cimiento y gentil muro
Avec doux ciment et agréable mur

**

Descaminado, enfermo, péregrino
Epuisé et malade, pèlerin
Soneto – Sonnet – 1594

Descaminado, enfermo, péregrino
Epuisé et malade, pèlerin
en tenebrosa noche, con pie incierto
dans la nuit sombre, incertaine à pied

**
En el cristal de tu divina mano
LE PLUS DOUX DES POISONS

Soneto-Sonnet
1609

En el cristal de tu divina mano  
Dans le cristal de ta divine main
de Amor bebí el dulcísimo veneno,
de l’Amour j’ai bu le plus doux poison,

**
Este, a Pomona cuando ya no sea
Consacré à Pomone, cet édifice

Soneto -Sonnet-1609
LE GRAND PASTEUR DES FLEURS

Este, a Pomona cuando ya no sea,
Consacré à Pomone, cet édifice
edificio al silencio dedicado 
qui n’est pas dédié au silence

Este a Pomona cuando ya no sea Luis de Góngora y Argote Artgitato Soneto Sonnet**

**

Fábula de Polifemo y Galatea –Fable de Polyphème et Galatée
1612 :
Introduction
Première partie- 1
Seconde partie – 2 

Fábula de Polifemo y Galatea Luis de Góngora y Argote Artgitato Soneto Sonnet

**

Grandes, más que elefantes y que abadas
Grands, mais
plus que les éléphants et les abbayes Sonato- Sonnet -1588

Grandes, más que elefantes y que abadas,
Grands, mais plus que les éléphants et les abbayes,
 títulos liberales como rocas,
titres libéraux comme les roches,

Grandes más que elefantes y que abadas Luis de Góngora y Argote Artgitato Soneto Sonnet**

Hermosas damas, si la pasión ciega
LE TOREADOR ANDALOU
Soneto – Sonnet – 1603

Hermosas damas, si la pasión ciega
Belles dames, si l’aveugle passion
     
no os arma de desdén, no os arma de ira,
Ne vous arme ni de dédain ni de colère,

**

Inscripción para el sepulcro de Dominico Greco
Inscription pour le sépulcre du Greco (Soneto- Sonnet- ~1614)

Esta en forma elegante, oh peregrino,
C’est dans cette forme élégante, Ô pèlerin,
de pórfido luciente dura llave,
brille la clef du dur porphyre,

**


Mariposa no solo no cobarde
Le papillon non seulement n’est pas un lâche
Soneto-Sonnet-1623

Mariposa, no solo no cobarde,
Le papillon non seulement n’est pas un lâche,
 mas temeraria, fatalmente ciega,
mais il est téméraire, fatalement aveugle,

Mariposa no solo no cobarde Luis de Góngora y Argote Artgitato Soneto Sonnet

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Mientras por competir con tu cabello
Pour rivaliser avec ta chevelure
Soneto- Sonnet-1582

Mientras por competir con tu cabello,
Pour rivaliser avec ta chevelure
oro bruñido al sol relumbra en vano;
Le soleil d’or bruni brille en vain

Mientras por competir con tu cabello Luis de Góngora y Argote Artgitato Soneto Sonnet

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No enfrene tu gallardo pensamiento
Aucun frein à ta gaillarde pensée
Soneto – Sonnet – 1584
LA MER DE LA PEUR

No enfrene tu gallardo pensamiento
Aucun frein à ta gaillarde pensée
 del animoso joven mal logrado
d’une fougueuse jeunesse mal maîtrisée

No enfrene tu gallardo pensamiento Luis de Góngora y Argote Artgitato Soneto Sonnet

**
Oh marinero, tú que, cortesano
Ô Matelot, toi qui, courtisan
Soneto – Sonnet -1609
LA SECONDE MER NAPOLITAINE

Oh marinero, tú que, cortesano,
Ô Matelot, toi qui, courtisan,
al palacio le fías tus entenas,
au palais ta voile tu négocies,

Oh marinero Luis de Góngora y Argote Artgitato Soneto Sonnet Oh marinero tú que cortesano

**
Peinaba al sol Belisa sus cabellos
Bélise peignait
ses cheveux au soleil
Soneto-Sonnet-1620

Peinaba al sol Belisa sus Cabellos
Bélise peignait ses cheveux au soleil
con peine de marfil, con mano bella,
avec un peigne en ivoire, de sa belle main,

Peinaba al sol Belisa sus cabellos Luis de Góngora y Argote Artgitato Soneto Sonnet

**
Sacros, altos, dorados capiteles
Sacrés, élévés, chapitaux dorés
Soneto-Sonnet-1589
CE SECOND SALOMON
L’Escurial

Sacros, altos, dorados capiteles,
Sacrés, élévés, chapitaux dorés
que a las nubes borráis sus arreboles,
qu’aux nuages dérobent la lumière,

SACROS ALTOS DORADOS CAPITELES Luis de Góngora y Argote Artgitato Soneto Sonnet**

¿Son de Tolú, o son de Puerto Rico
Sont-elles de Tolu ou de Porto-Rico
Soneto – Sonnet – 1609

¿Son de Tolú, o son de Puerto Rico 
Sont-elles de Tolu ou de Porto-Rico
ilustre y hermosísima María,
illustre et belle Marie,

Son de Tolú, o son de Puerto Rico Luis de Góngora y Argote Artgitato Soneto Sonnet

**
Tres veces de Aquilón el soplo airado
Trois fois de l’Aquilon le souffle enragé
Soneto – Sonnet – 1585
CENT MILLE COULEURS

Tres veces de Aquilón el soplo airado
Trois fois de l’Aquilon le souffle enragé
del verde honor privó las verdes plantas,
de leur verdure a privé les plantes vertes,

Tres veces de Aquilón 1585 Luis de Góngora y Argote Artgitato Soneto Sonnet

**
Varia imaginación, que en mil intentos
Variante imagination que, par mille tentatives Soneto – Sonnet – 1584

Varia imaginación, que en mil intentos,
Variante imagination que, par mille tentatives,
a pesar, gastas, de tu triste dueño
tu dépenses, malgré ton triste maître

Varia imaginación que en mil intentos Luis de Góngora y Argote Artgitato Soneto Sonnet



 

 

 

**********************

 

Jacinto Benavente obras : Los intereses creados – Les intérêts créés – Théâtre Espagnol – Sommaire – Indice

Jacinto Benavente obras
Jacinto Benavente y Martinez
Traduction – Texte Bilingue
Traducción – texto bilingüe


la literatura española
Teatro español


LITTERATURE ESPAGNOLE
Théâtre Espagnol

JACINTO BENAVENTE

 

1866-1954


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Traduction Jacky Lavauzelle

——–

LOS INTERESES CREADOS

LES INTERÊTS CREES

1907

Indice – Table des Matières

ACTO I
Acte I

Prologo
Prologue

Cuadro primero
Premier Tableau

Escena I
Scène 1

Escena II
Scène 2

Escena III
Scène 3

Escena IV
Scène 4

Cuadro segundo

********************
Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
*********************

JACINTO BENAVENTE Los intereses creados 
JACINTO BENAVENTE Les intérêts créés
Jacinto Benavente obras


 

Ah de la vida Nadie me responde? de QUEVEDO Texte Bilingue Traduction

Francisco Gómez de Quevedo
Villegas y Santibáñez Cevallos
Literatura
española – Littérature Espagnole
Siècle d’or espagnol -Siglo de Oro 

 

 Francisco de Quevedo y Villegas
1580-1645

Sonetos Líricos

Ah de la vida

Ah de la vida Nadie me responde Quevedo Traduction Artgitato

 

“¡Ah de la vida!” … ¿Nadie me responde?
 » Eh la vie! » … Personne ne me répond?

 

“¡Ah de la vida!” … ¿Nadie me responde? 
 » Eh la vie! » … Personne ne me répond?
¡Aquí de los antaños que he vivido!
Ici, les antans que j’ai vécus !
La Fortuna mis tiempos ha mordido;
Mon temps a mordu la Fortune;
las Horas mi locura las esconde.
Ma folie a caché les Heures.

**

¡Que sin poder saber cómo ni adónde,
Incapable de savoir ni comment ni où,
La salud y la edad se hayan huido!
la santé et mon âge ont fui !
Falta la vida, asiste lo vivido,
Manque la vie, passe le vécu,
Y no hay calamidad que no me ronde.
Et aucune calamité ne m’encercle.

**

Ayer se fue; mañana no ha llegado;
Hier est parti ; demain n’est pas arrivé;
Hoy se está yendo sin parar un punto;
Aujourd’hui s’en va sans arrêt;
Soy un fue, y un será, y un es cansado.
Je suis ce qui fut, ce qui est, ce qui sera, et j’en suis fatigué.

**

En el hoy y mañana y ayer, junto
En ce jour, en demain et en hier, ensemble
Pañales y mortaja, y he quedado
Couches et linceul, et je reste
Presentes sucesiones de difunto.
Des présentes successions de défunts.

***************
Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
***************

Las mujeres sabias de Quevedo Muy discretas y muy feas TEXTE BILINGUE & TRADUCTION

 

Francisco Gómez de Quevedo
Villegas y Santibáñez Cevallos
Literatura
española – Littérature Espagnole
Siècle d’or espagnol -Siglo de Oro 

 

 Francisco de Quevedo y Villegas
1580-1645

Las mujeres sabias
Les Femmes savantes

Muy discretas y muy feas

Muy discretas y muy feas Les Femmes Savantes Las Mujeres Sabias Quevedo Traduction Artgitato

 

Muy discretas y muy feas …
Très discrètes et très laides…

 

Muy discretas y muy feas,
Très discrètes et très laides,
mala cara y buen lenguaje,
moches figures et langue châtiée,
pidan cátedra y no coche,
à préférer la chaire à la chaise,
tengan oyente y no amante.
un auditeur plutôt qu’un amant.
No las den sino atención,
Ne leur prêtez pas attention,
por más que pidan y parlen,
elles ne demandent qu’à parler,
y las joyas y el dinero,
et nos bijoux et notre argent,
para las tontas se guarde.
gardez-les pour les idiotes.
Al que sabia y fea busca,
A celui qui recherche une laide,
el Señor se la depare:
le Seigneur en est d’accord :
a malos conceptos muera,
par de tels concepts erronés trépasse,
malos equívocos pase.
dans de mauvaises passes équivoques.
Aunque a su lado la tenga,
Bien qu’il la tienne à ses côtés,
y aunque más favor alcance,
et bien qu’il ait plus de faveurs,
un catedrático goza,
il trouvera un professeur avisé,
y a Pitágoras en carnes.
un Pythagore en chair et en os.
Muy docta lujuria tiene,
C’est avoir moult docte luxure,
muy sabios pecados hace,
avoir de bien savants péchés
gran cosa será de ver
la grande chose sera de voir
cuando a Platón requebrare.
Quand Platon sera nommé.
En vez de una cara hermosa,
Au lieu d’un beau visage,
una noche, y una tarde,
une nuit, et un après-midi,
¿qué gustos darán a un hombre
Que donne à un homme de goûts
dos cláusulas elegantes?
de si élégantes amphigouris ?
¿Qué gracia puede tener
Quelle grâce peut avoir
mujer con fondos de fraile,
femme avec des sciences monacales,
que de sermones y chismes,
que de sermons et de logorrhées,
sus razonamientos hace?
ses arguments font ?
Quien deja lindas por necias,
Qui délaisse les jolies ignorantes,
y busca feas que hablen,
et bade ces disgracieuses-là,
por sabias, como las zorras,
invitera des renards,
por simples deje las aves.
plutôt que de belles poules.
Filósofos amarillos
Ou philosophes jaunis
con barbas de colegiales,
à barbes collégiales,
o duende dama pretenda,
ou dame à la beauté elfique,
que se escuche, no ose halle.
ce qui est entendu d’un côté, ne sera pas touché.
Échese luego a dormir
Allongez-vous puis dormez
entre bártulos y abades,
entre le coryphée des interprètes de droit et les abbés,
y amanecerá abrazado
et l’aube s’encombrera
de Zenón y de Cleantes.
d’un Zénon et d’un Cléanthe.
Que yo para mi traer,
Que l’on m’apporte dans ma couche,
en tanto que argumentaren
tandis qu’argumenteront
los cultos con sus arpías,
nos doctes avec leurs harpies,
algo buscaré que palpe.
quelque chose que je puisse palper.

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Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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Huye sin percibirse lento el día DE QUEVEDO Texte & Traduction Le jour fuit sans s’en apercevoir, lentement,

 

Francisco Gómez de Quevedo
Villegas y Santibáñez Cevallos
Literatura
española – Littérature Espagnole
Siècle d’or espagnol -Siglo de Oro 

 

 Francisco de Quevedo y Villegas
1580-1645

Sonetos Líricos

Huye sin percibirse, lento, el día,

Huye sin percibirse QuevedoTraduction Artgitato

 

Huye sin percibirse, lento, el día,
Le jour fuit sans s’en apercevoir, lentement,

 

Huye sin percibirse, lento, el día,
Le jour fuit sans s’en apercevoir, lentement,
y la hora secreta y recatada
et l’heure secrète et habile
con silencio se acerca, y, despreciada,  
silencieusement s’approche, et,  méprisante,
lleva tras sí la edad lozana mía.
attire à elle la verdeur qui est mienne.

**

La vida nueva, que en niñez ardía,
La nouvelle vie, qui, dans l’enfance, brûle,
la juventud robusta y engañada,
suit la jeunesse robuste et trompée,
en el postrer invierno sepultada,
qui finit enterrée au dernier hiver,
yace entre negra sombra y nieve fría.
mensonge entre ombre noire et neige froide.

**

No sentí resbalar, mudos, los años;
Aucun glissement des ans, muets, ne s’est fait ressentir ;
hoy los lloro pasados, y los veo  
Aujourd’hui je les pleure, et je les vois
riendo de mis lágrimas y daños.
rire à mes larmes et mes problèmes.

**

Mi penitencia deba a mi deseo,
Ma pénitence devrait venir de mon désir,
pues me deben la vida mis engaños,
puisque j’ai donné la vie à mes déceptions,
y espero el mal que paso, y no le creo.
et j’attends le mal et je n’y crois pas.

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Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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