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POEME DE FERNANDO PESSOA Falas de civilização Tu parles de civilisation

 Falas de civilização
Tu Parles de Civilisation

Poème de Fernando Pessoa
Alberto Caeiro
Poemas Inconjuntos
Poèmes Désassemblés





Traduction – Texte Bilingue
tradução – texto bilíngüe

Traduction Jacky Lavauzelle


LITTERATURE PORTUGAISE
POESIE PORTUGAISE

Literatura Português

FERNANDO PESSOA
1888-1935
Fernando Pesso Literatura Português Poesia e Prosa Poésie et Prose Artgitato

 





Poema de Fernando Pessoa
por Alberto Caeiro
Poemas Inconjuntos

Poème de Fernando Pessoa
Alberto Caeiro
POEMES DESASSEMBLES
1913-1914-1915

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Falas de civilização
Tu parles de civilisation

****

Falas de civilização, e de não dever ser,
Tu parles de la civilisation, et de ce qui ne devrait pas être,
Ou de não dever ser assim.
Ou ne devrait pas être ainsi.
 Dizes que todos sofrem, ou a maioria de todos,
Tu dis que tous souffrent, ou la plupart,
Com as cousas humanas postas desta maneira.
Avec les choses humaines positionnées de cette façon.
Dizes que se fossem diferentes, sofreriam menos.
Tu dis que si elles étaient différentes, nous souffririons moins.
 Dizes que se fossem como tu queres, seria melhor.
Tu dis que si elles étaient comme tu voulais, ce serait mieux.
Escuto sem te ouvir.
J’écoute sans t’entendre.
 Para que te quereria eu ouvir?
Pourquoi donc voudrais-je t’entendre ?
Ouvindo-te nada ficaria sabendo.
T’entendrais-je  que je n’en saurais pas plus.
Se as cousas fossem diferentes, seriam diferentes: eis tudo.
Si les choses étaient différentes, elles seraient différentes : voilà tout.
Se as cousas fossem como tu queres, seriam só como tu queres.
Si les choses étaient comme tu voulais, elles seraient seulement comme tu le veux.
Ai de ti e de todos que levam a vida
Malheur à toi et tous ceux qui occupent leur vie
A querer inventar a máquina de fazer felicidade!
A vouloir inventer la machine à faire le bonheur!

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 Falas de civilização

Die Kürze Hölderlin Texte & Traduction La brièveté

DIE KÜRZE HÖLDERLIN
LITTERATURE ALLEMANDE
Deutsch Literatur

Friedrich Hölderlin

1770-1843

 

Die Kürze Hölderlin La brièveté Friedrich holderlin Artgitato Texte et Traduction

Traduction Jacky Lavauzelle

——–

DIE KÜRZE

La Brièveté

„Warum bist du so kurz? liebst du, wie vormals, denn
« Pourquoi es-tu si bref ? aimes-tu, comme jadis
„Nun nicht mehr den Gesang? fandst du, o Jüngling, doch

 « Encore aujourd’hui, le chant ? tu te souviens, ô jeunesse, encore
„In den Tagen der Hoffnung
« De ces jours prometteurs
„Wenn du sangest, das Ende nie!
«Où quand tu chantais, tu ne finissais jamais !

Wie mein Glük, ist mein Lied. – Willst du im Abendroth
Comme mon bonheur est dans ma chanson. Veux-tu dans ce soir rougeoyant
Froh dich baden? hinweg ists! und die Erd’ ist kalt,

Joyeux te baigner ? Il est parti ! et la terre est froide,
Und der Vogel der Nacht schwirrt

Et l’oiseau de la nuit tumultueux
Unbequem vor das Auge dir.

Gêné par ton regard.

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Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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Die Kürze Hölderlin

SI TU M AS AIME PARDONNE Valse Chantée Paroles de Jack CAZOL & Musique de Eugène Rosi

SELECTION ARTGITATO
CHANSON FRANCAISE
 

PAROLES de Jack CAZOL  (1874-1935)
MUSIQUE de EUGENE ROSI (18xx-1928)

 Si tu m'as aimé pardonne Chanson sélection Artgitato Watteaucousines


SI TU M’AS AIME …
PARDONNE !

Valse Chantée

REFRAIN
Si tu m’as aimé, pardonne
Oui, je fus parjure d’amour,
Près de toi mon cœur frissonne,
Comme une feuille au vent d’automne.
Vois mon repentir, mes larmes
Ma douleur et mes alarmes,
Si tu m’as aimé, pardonne
A toi je m’abandonne
Toujours.

Si tu m'as aimé pardonnne Refrain Selection Artgitato

1er COUPLET
Je t’en prie garde moi,
J’ai connu près de toi
Tous les bonheurs et toutes les ivresses,
Oubliant ton baiser,
J’ai voulu me griser
En cherchant d’autres caresses.

REFRAIN
Si tu m’as aimé, pardonne
Oui, je fus parjure d’amour,
Près de toi mon cœur frissonne,
Comme une feuille au vent d’automne.
Vois mon repentir, mes larmes
Ma douleur et mes alarmes,
Si tu m’as aimé, pardonne
A toi je m’abandonne
Toujours.

2nd  COUPLET
Pour la joie d’un moment,
Brandissant mon serment
Que de regrets j’ai trouvé
Dans la vie, Je reviens t’implorer
Laisse-moi t’adorer
Ce n’était qu’une folie.

Si tu m'as aimé pardonnne 1er & 2nd couplet Selection Artgitato

REFRAIN
Si tu m’as aimé, pardonne
Oui, je fus parjure d’amour,
Près de toi mon cœur frissonne,
Comme une feuille au vent d’automne.
Vois mon repentir, mes larmes
Ma douleur et mes alarmes,
Si tu m’as aimé, pardonne
A toi je m’abandonne
Toujours.

—-

Si tu m as aimé pardonne

LES GRANDS PAROLIERS DE LA CHANSON FRANCAISE

LES GRANDS COMPOSITEURS DE LA CHANSON FRANCAISE

LES PLUS BELLES OMBRES – GONGORA SONNET – VARIA IMAGINACION QUE EN MIL INTENTOS

Luis de Góngora y Argote
Literatura
española – Littérature Espagnole
Siècle d’or espagnol -Siglo de Oro 

 

Luis de Góngora y Argote
1561-1627

Sonetos – Sonnets

 Varia imaginación que en mil intentos
1584

Traduction Jacky Lavauzelle
GONGORA SONNET

Varia imaginación que en mil intentos Luis de Góngora y Argote Artgitato Soneto Sonnet

 

 

Varia imaginación que en mil intentos

Variante imagination que par mille tentatives

*

Varia imaginación, que en mil intentos,
Variante imagination que, par mille tentatives,
a pesar, gastas, de tu triste dueño
tu dépenses, malgré ton triste maître
la dulce munición del blando sueño,
la douce provision du sommeil,
alimentando vanos pensamientos,
à alimenter de vaines pensées,

 **

pues traes los espíritus atentos
si tu peux rendre mes esprits attentifs
solo a representarme el grave ceño
à me représenter le sourcil grave
del rostro dulcemente zahareño,
de la douce et rebelle figure,
gloriosa suspensión de mis tormentos:
glorieuse accalmie à mes tourments :

 **

el sueño, autor de representaciones,
le sommeil, auteur des représentations,
en su teatro, sobre el viento armado,
en son théâtre, construit sur le vent,
sombras suele vestir de vulto bello.
qui s’habille des plus belles ombres.

 **

Síguelo; mostraráte el rostro amado
Suis le ; il te montrera le visage aimé
y engañarán un rato tus pasiones
et seront séduire un moment tes passions
dos bienes, que serán dormir y vello.
deux bonheurs qui seront dormir et voir.

************
Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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BONJOUR TRISTESSE (PREMINGER) LE NOIR SOUS LE BLEU DE LA RIVIERA

  • OTTO PREMINGER
    Bonjour Tristesse
    (1958)

  • Bonjour Tristesse 1958 Otto Preminger Artgitato
    Le Noir sous
    le Bleu
    de la Riviera

  • TU N’EST PAS TOUT A FAIT LA MISERE

    « Adieu tristesse, Bonjour tristesse » (Paul Eluard, à peine défigurée). La tristesse comme un ami qui connait la maison. A qui dit-on adieu ? A un ami, un proche, à quelqu’un de la famille. Nous accueillons cette tristesse. Nous lui ouvrons la porte. Elle n’est pas en nous, elle ne naît pas de nous. Nous la laissons entrer. Elle vient, elle sort. Peut-être parce que « Tu n’es pas tout à fait la misère » (Paul Eluard).  Peut-être parce que elle nous fait vraiment comprendre ce qu’est, ce qu’a été, le bonheur, le vrai, celui qui reste dans nos têtes. Comme ce gris qui rend plus bleus les moments heureux.

    UNE ILLUSION DU BONHEUR

    Qu’est-ce que le bonheur ? Est-ce une danse, un cocktail, une ivresse ?  En tout cas, le décor fastueux est là : Paris, les quartiers chics, Notre-Dame, les hôtels particuliers, les voitures de sport décapotables, la vitesse, Saint-Tropez, des plages privées, des ciels bleus et sans nuage, le soleil. Des danses, encore des danses, des exhibitions de peinture, des exhibitions de richesse, de corps, d’ivresse. La mer, la plongée, le ski nautique. Des rires, du champagne. La vie est légère. Des amourettes, des embrassades, des corps pleins de soleil. La seule question se résume à savoir éviter les coups de soleil. Que de l’idéal. Le champ du voisin ne peut pas être plus vert. Nous sommes dans le vert. Dans le bleu. Mais nous sommes dans l’illusion du bonheur.

    LA SALLE D’ATTENTE, PIECE CENTRALE DU BONHEUR

    « Si l’on bâtissait la maison du bonheur, la plus grande pièce serait la salle d’attente. » disait Jules Renard. Mais personne ne souhaite ici attendre. Tout le monde court et danse comme dans la ronde endiablée des nuits de Saint-Tropez. Nous sentons déjà la main de Méphistophélès, dans la ronde du Faust de Gounod.  «  Au bruit sombre des écus, dansent une ronde folle, autour de son piédestal! Et Satan conduit le bal! » 

     Il faut bouger. Vivre. Se sentir vivant. Les êtres sont libres. Ils ne savent pas qu’ils pourraient-être heureux, qu’ils ont tout pour être heureux. Le mouvement incessant ne permet pas d’y goûter. Alors à quoi bon ?

    JE NE VEUX PLUS ÊTRE TRAITEE EN ENFANT !

    Sont-ils désœuvrés ?  « Nous ne sommes pas désœuvrés.  Nous faisons du tennis, du bateau, de la nage. Des choses saines. »  Les corps courent dans tous les sens, à l’image de ce caveau endiablé de Saint-Germain des Prés. Les êtres sont dans une tourmente temporelle. Comme dans une lessiveuse ou une yaourtière. Ils sont en décalage. Cécile (Jean Seberg) souligne qu’elle voudrait être plus jeune ou plus vieille, « je ne veux plus être traitée en enfant. ». Son âge ne lui convient pas. Elle n’a plus l’insouciance de l’enfance.  Elle copie les attitudes de son père, Raymond (David Niven), son modèle « Ce n’est pas ma faute si j’imite Raymond ? »

    FUIR ! MAIS Où ?

    Il y a la fuite. D’abord. Aller ailleurs. Ne pas se satisfaire du présent. Fuir. Vite. Ne pas supporter l’attente. Essayer de dépasser le temps. « -Rien ne t’intéresse donc ? – Si. Aller ailleurs. – Où ? -Je ne sais pas. »

    Il y a surtout ce sentiment indéfini de gâcher quelque chose. « Que de temps gâché, cher Jacques. Que de temps désespérément gâché. » … «- Vous ne pouvez gâcher votre vie.  – Gâchez-vous la vôtre ? » 

    QUE DE TEMPS DESEPEREMENT GÂCHE

    Il y a la peur de l’ennui. Si le mouvement s’arrête, que faire ? comment vivre ? La peur de connaître aussi ce que le mouvement nous apporte. De ne plus être étonné.  De savoir ce qui nous attend. Tout ce mouvement, rend l’avenir tellement prévisible. Il n’y a plus d’étonnement. Plus de surprise. Plus de frayeur. «  Après les courses, il m’emmènera dîner et danser. Et jeudi, au tennis. Et dimanche, à la campagne. Que de temps gâché, cher Jacques. Que de temps désespérément gâché. Il est gentil ce garçon. Je voudrais l’avertir, mais il ne comprendrait pas. »… « Ainsi les Lombard. Ils nous invitent à dîner mardi. Nous irons. C’est l’associé de votre père. Ils raconteront des histoires scabreuses devant vous  et Hélène Lombard plaisantera à propos de ses amis. Leurs seuls souvenirs seront les cuites. » 

    VERS UNE MISE A MORT

    C’est Anne (Deborah Kerr) qui brisera cette relation œdipienne. C’est Anne qui lui interdira de voir son petit ami. C’est Anne encore qui lui dira que le temps de la fête est terminé et qu’il est grand temps de reprendre ces études de philosophie. C’est cette Anne qui lui donnera des ordres et cherchera à la discipliner. Cette Anne qui vient de lui voler son père. Qui vient de le changer. Lui qui ne voulait plus entendre parler de mariage. Anne est de trop. Il faut qu’elle parte. C’est une mise à mort. Involontaire, certes. Mais une mise à mort quand même. Le ciel intérieur se noircit. 

    ATTEINDRE L’INACCESSIBLE. ET APRES ?

    Anne la tant attendue. L’inaccessible. « Mais bien que je lui en veuille,  j’étais fière qu’il ait gagné Anne, l’inaccessible. Cela durerait-il ? » Anne qui trône dans le Panthéon de Cécile. Mais Anne prend le rôle de la mère. Elle n’est plus l’image idéalisée, elle est aussi l’autorité. Ce changement passe par la crainte du changement : «Je craignais que vous ayez peur de moi. C’était vrai jusqu’à cet instant », puis par une acceptation résignée : « Le croyais-je vraiment ? Du moins, j’essayais de le croire et de vivre comme si c’était vrai, comme si les changements qu’Anne apportait à notre vie me rendaient heureuse aussi. » Enfin par la révolte : « Mon père peut me donner des ordres. Pas vous ! »

    ENTOUREE PAR UN MUR INVISIBLE DE SOUVENIRS

    Des enceintes apparaissent Déjà le poids d’un passé « Je suis entourée  par un mur, un mur invisible fait de souvenirs que je ne puis oublier »Le lent cheminement vers cette fin d’enfance. Le paradis perdu qui jamais ne se retrouvera. Uniquement par intermittence. Les limbes de l’enfer apparaissent. « Tu sais où j’habite ? En enfer, avec mon père. »

    SEPT, UN CHIFFRE PORTE-BONHEUR

    L’accident d’Anne est le septième à cet endroit de la route depuis le début de l’année. « Sept, mon chiffre porte-bonheur…Anne nous faisait à tous deux ce cadeau somptueux. Elle nous laissait croire que sa mort était un accident… Mon père et moi, nous partageons toujours cet appartement, nos soirées, nos amis. Cet été, nous passerons encore nos vacances dans le sud. Mais cette fois, sur la côté italienne. ‘Pour changer’ nous disons nous. Mais nous ne disons pas pourquoi nous voulons changer.» Rien n’est changé, mais plus rien n’est comme avant. Le temps est là. Les êtres sont fatigués. La relation avec le père perdure. Mais l’innocence est partie. A jamais. Les êtres continuent à vivre…

    « Si tu veux comprendre le mot bonheur, il faut l’entendre comme récompense et non comme but. »  (Antoine de Saint-Exupéry) On n’atteint pas le bonheur. Le bonheur n’est pas au bout du chemin. Il vient et il va. Délicatement il se pose sur nous. Nous ressentons parfois le velouté de ses ailes. C’est déjà ça !

    Mais Cécile pleure en ce moment devant sa glace. Elle a retrouvé son père. Mais elle sait qu’elle a perdu sa fraîcheur, sa jeunesse. Alors, elle pleure. Elle voit cette fille en face qui n’est plus tout à fait la même, ni tout à fait une autre, comme le dirait le poète. Elle est devenue adulte. Enfin! Mais à quel prix ? Elle n’a pas seulement perdu Anne. Elle dit bye-bye à ces anciens rêves. Elle dit adieu Jeunesse. Elle dit adieu Insouciance.

     

    Jacky Lavauzelle

PUBLILIUS SYRUS – SENTENCES SUR L’AVARICE, L’AVIDITE et L’ARGENT

PUBLILIUS SYRUS
SENTENCES – SENTENTIAE
Sur l’avarice, l’avidité et l’argent

Publilius Syrus Sentences Sententiae Sur l'argent l'avidité l'avarice Artgitato

Avarus ipse miseriae causa est suae.
L’avare est lui-même la cause de sa misère.

Avarus, nisi quum moritur, nil recte facit.

L’avare, sauf quand il meurt, ne fait rien de bien.

Avidum esse oportet neminem, minime senem.

Personne ne devrait être avide, pas même un vieil homme.

Auro suadente nil potest oratio.

L’or persuade, là où le discours est impuissant.

Avaro quid mali optes, ni ut vivat diu ?

Que souhaiter à l’homme cupide, si ce n’est qu’il vive longtemps ?

Avarum facile capias, ubi non sis idem.

L’avare peut être une proie facile, si vous n’en n’êtes pas un vous-même.

Avarum irritat, non satiat pecunia.

L’argent ne satisfait pas l’avare, il l’irrite.

Avarus damno potius quam sapiens dolet.

L’avare pleure les pertes, pas le sage.

Auferri et illud, quod dari potuit, potest.

Ce qui a été accordé peut être repris.

An dives, omnes quaerimus : nemo, an bonus.

Est-il riche, demandent-ils tous ; personne ne demande : est-il bon ?

Amissum quod nescitur, non amittitur.

Ce qui est perdu sans qu’on le sache, n’est pas perdu.

Alterius damnum, gaudium haud facias tuum.

Ne fais pas ton bonheur sur le malheur des autres.

Alienum aes homini ingenuo acerba servitus.

Une dette pour l’homme libre est un amer esclavage.

Alienum est omne, quicquid optando evenit.

Le bien que nous obtenons par la volonté ne nous appartient pas en propre.

Alienum nobis, nostrum plus aliis placet.

Le bien des autres nous plaît, le nôtre plaît aux autres.

Aes debitorem leve, grave inimicum facit.

Un petit débiteur fait un obligé, un grand débiteur fait un ennemi sérieux.

 

Traduction Jacky Lavauzelle