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AVEC L’AIDE DE DIEU – OS LUSIADAS CAMOES CANTO III-112 LES LUSIADES – Desta arte o Mouro pérfido despreza

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OS LUSIADAS CAMOES CANTO IIIOs Lusiadas Traduction Jacky Lavauzelle Les Lusiades de Luis de Camoes Os Lusiadas Les Lusiades
OS LUSIADAS III-112 LES LUSIADES III-112
LITTERATURE PORTUGAISE

Os Lusiadas Traduction Jacky Lavauzelle Les Lusiades de Luis de Camoes




Os Lusiadas Traduction Jacky Lavauzelle Les Lusiades de Luis de Camoes

literatura português

Luis de Camões
[1525-1580]

Tradução – Traduction
texto bilingue




Luis de Camoes Les Lusiades

 

Obra Poética

(1556)

LES LUSIADES III-112




OS LUSIADAS III-112
A Epopeia Portuguesa

 

CHANT III
Canto Terceiro

Traduction Jacky Lavauzelle

verso 112
Strophe 112

III-112

Camoes Canto III

Vasco de Gama

Vasco da Gama signature almirante.svg

 

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Luís de Camões Os Lusiadas
OS LUSIADAS III-112
LES LUSIADES III-112
OS LUSIADAS CANTO III

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« Desta arte o Mouro pérfido despreza
« De cette façon, le perfide Maure méprise
O poder dos Cristãos, e não entende
Le pouvoir des Chrétiens, sans savoir qu’ils sont sous l’emprise
Que está ajudado da Alta Fortaleza,
Salvatrice d’une Haute Forteresse,
A quem o inferno horrífico se rende.
Où le terrible enfer lui-même perd toute hardiesse.
Co ela o Castelhano, e com destreza
Avec celle-ci, le Castillan avec dextérité
De Marrocos o Rei comete e ofende.
A affronter le Roi du Maroc se trouve fin prêt.
O Português, que tudo estima em nada,
Le Portugais, ne craignant aucune algarade,
Se faz temer ao Reino de Granada.
Se fait craindre du Royaume de Grenade.  

 

****

OS LUSIADAS CANTO III

***
ALPHONSE XI DE CASTILLE
(13 août 1311 Salamanque – 26 mars 1350 Gibraltar)
Le Justicier – El Justiciero

Os Lusiadas Canto III Camoes Canto IIIAlphonse XI de Castille
Alfonso XI
Peinture de Francisco Cerdá de Villarestan
Musée du Prado  – Madrid

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Camoes Canto IIIMarie-Constance de Portugal
Femme d’Alphonse XI de Castille (1328)
Fille d’Alphonse IV du Portugal et de Béatrice de Castille
(1313 – 1357)
Alphonse XI préférait sa maîtresse Leonor de Guzmán à Marie-Constance (celle-ci assassina Leonor à la mort d’Alphonse XI)

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Alphonse IV Le Brave
( Lisbonne – )
Roi de Portugal et de l’Algarve par la grâce de dieu

Alphonse IV
Alfonso IV
Peinture du XVIIIe siècle

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OS LUSIADAS III

*
Précisions historiques
et
Retour sur les versets précédents


Sonnet 1 à Sonnet 94 : la naissance du Portugal – Règnes d’Alphonse I, Sanche I, Alponse II et Sanche II. Le sonnet 94 évoque la passation de pouvoir de Sanche II à Alphonse III en 1247, un an avant la mort de Sanche II.
Sonnet 94 : nous partons pour les 32 années de règne d’Alphonse III qui nous conduirons jusqu’en 1279, date du nouveau règne de Denis Ier.
Sonnet 95 : Camoes évoque les prises guerrières d’Alphonse III en Algarve sur les Maures.
Sonnet 96 : le règne de Denis Ier-  Second fils d’Alphonse III. Son règne s’étalera de 1279 à sa mort, le 7 janvier 1325. Il nomme déjà son successeur Alphonse IV Le Brave qui règnera 32 ans de 1325 à 1357. Denis Ier va pacifier son pays – Poète et troubadour, il laissera de nombreux cantigas : cantigas de amor, cantigas de amigo, cantigas de escarnio y maldecir.
Sonnet 97 : création de l’Université de Coimbra sur les bords du Mondego -A Leiria, Denis Ier signera le Scientiae thesaurus mirabilis. L’université de Coimbra est créée en 1290.
Sonnet 98 : Denis Ier reconstruit et renforce son pays. Atropos, une des trois Moires, coupe son fil de vie en 1325. (les 3 Moires : Clotho, celle qui tisse le fil de la vie, Lachésis, celle qui déroule et qui répare le fil et la dernière Atropos, celle qui coupe). Voici venu le règne d’Alphonse IV.

Les Moires
Francisco de Goya
1820-1823
Musée du Prado – Madrid

Sonnet 99 : la traditionnelle opposition entre les Castillans et les Lusitaniens. Mais celle-ci n’empêche pas la solidarité et l’entraide, notamment lors de l’invasion Mauritanienne en terre Castillane.
Sonnet 100 : Les troupes d’invasion sont énormes. Camoes évoque la reine légendaire de Babylone, Sémiramis, celle qui créa Babylone et ses fameux jardins suspendus. L’Hydapse décrit est l’actuel Jhelum (Inde & Pakistan). Les Sarrasins se rassemblent dans le Tartèse (Andalousie).
Sonnet 101 : Alphonse XI de Castille est dépassé par l’armée imposante de l’ennemi sarrasin. Il envoie Marie-Constance, sa femme, pour avoir le soutien d’Alphonse IV du Portugal, qui n’est autre que sa propre fille (que celui-ci a eu avec Béatrice de Castille). Ce n’était pas tout à fait « a caríssima consorte » d’Alphonse XI puisqu’il lui préférait sa maîtresse, Leonor de Guzmán.
Sonnet 102 : Arrivée de la belle Marie-Constance en sanglots devant son père Alphonse IV.
Sonnet 103 : Un rassemblement gigantesque d’armées venues d’Afrique sont derrière le grand Roi du Maroc.
Sonnets 104 & 105 : La supplique de Marie-Constance à son père Alphonse IV. S’il ne vient pas à l’aide d’Alphonse XI de Castille, Marie aura tout perdu.
Sonnet 106 : Camoes compare la demande de Marie à celle de Vénus pour Énée devant Jupiter.
Sonnet 107 : Alphonse IV accepte et regroupe ses forces dans les plaines d’Évora.
Sonnet 108 : Alphonse IV à la tête des troupes lusitaniennes pénètre en Castille avec sa fille Marie-Constance.
Sonnet 109 : 1340 La bataille de Tarifa (Province de Cadix) ou bataille du Salado (30 octobre 1340) se prépare entre les deux Alphonse (IV du Portugal et XI de Castille) face aux armées menées par Abu al-Hasan ben Uthman et Yusuf Ier de Grenade.
Sonnet 110 : Camoes évoque les troupes agaréenne (des descendants d’Agar). Agar, servante d’Abraham donne naissance à Ismaël considéré comme Prophète par les musulmans (Cf. la Sourate Ibrahim). Camoes fait un rapprochement audacieux et fallacieux entre les termes Sarrasins et Sarah. On retrouve couramment cette méprise, par exemple chez  Isidore de Séville (VIe et VIIe siècle, Étymologies, IX,2,57.
Sonnet 111 : Comparaison avec David et Goliath. La foi supérieure à la force.
Sonnet 112 : Avec l’aide de Dieu, les Castillans et les Portugais sont prêts à affronter les armées du Roi du Maroc (Abu al-Hasan ben Uthman) et du Souverain de Grenade (Yusuf Ier de Grenade).

Jacky Lavauzelle
Camoes Les Lusiades

OS LUSIADAS CANTO III

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Vasco de Gama par Gregorio Lopes

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Luís Vaz de Camões Os Lusiadas Les Lusiades
OS LUSIADAS III-112 CAMOES LUSIADES III-112
Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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Camoes Canto III

 OS LUSIADAS III
LA BATAILLE DE TARIFA
LUIS DE CAMOES LES LUSIADES

Camoes Canto III

A Ópera DOM CASMURRO MACHADO DE ASSIS CHAPITRE IX CAPITULO

A Ópera
DOM CASMURRO MACHADO DE ASSIS

L’Œuvre de Joaquim Maria Machado de Assis

Poema & Prosa de Machado de Assis




Dom Casmurro Machado de Assis

Littérature Brésilienne
Literatura Brasileira

Joaquim Maria Machado de Assis
 Rio de Janeiro 1839 – 1908 Rio de Janeiro


joaquim-maria-machado-de-assis-artgitato




 




L’Œuvre de Machado de Assis

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A Ópera
Dom Casmurro Machado de Assis

 DOM CASMURRO
IX
Roman – Romance

1899

Traduction Jacky Lavauzelle

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dom-casmurro-machado-de-assis-artgitato-joaquin-sorolla-paseo-par-la-playa-1909-museo-sorolla-madridJoaquin Sorolla
Paseo par la playa
1909
Museo Sorolla Madrid

 

Capítulo IX – Neuvième Chapitre

A Ópera




Já não tinha voz, mas teimava em dizer que a tinha.
Il n’avait déjà plus de voix, mais il persistait à dire qu’il en avait encore.
« O desuso é que me faz mal », acrescentava.
«Le désoeuvrement, cela me rend malade», ajouta-t-il.
Sempre que uma companhia nova chegava da Europa, ia ao empresário e expunha-lhe todas as injustiças da Terra e do Céu;
Chaque fois qu’une nouvelle société arrivait d’Europe, il retrouvait l’imprésario et lui comptait toutes les injustices de la terre et du ciel ;
o empresário cometia mais uma, e ele saía a bradar contra a iniquidade.
l’imprésario en commettait une de plus, et alors il sortait en criant contre l’iniquité.
Trazia ainda os bigodes dos seus papéis.
Il portait encore des moustaches de ses différents rôles.
Quando andava, apesar de velho, parecia cortejar uma princesa de Babilônia.
Quand il marchait, bien qu’âgé, il avait toujours l’air de courtiser une princesse de Babylone.
Às vezes, cantarolava, sem abrir a boca, algum trecho ainda mais idoso que ele ou tanto;
Parfois il fredonnait sans ouvrir la bouche, une certain répertoire encore plus ancien que lui, ou tout autant du moins ;
vozes assim abafadas são sempre possíveis.
chanter d’une voix aussi étouffée, c’est toujours possible.
Vinha aqui jantar comigo algumas vezes.
Il venait dîner avec moi parfois.
Uma noite, depois de muito Chianti, repetiu-me a definição do costume, e como eu lhe dissesse que a vida tanto podia ser uma ópera como uma viagem de mar ou uma batalha, abanou a cabeça e replicou:
Une nuit, après beaucoup de Chianti, il m’a répété sa définition coutumière, et comme je le lui rétorquais que la vie pouvait être un opéra tout comme elle aurait pu être un voyage en mer ou une bataille, il secoua la tête et répondit:







— A vida é uma ópera e uma grande ópera.
– La vie est un opéra et un grand opéra !
O tenor e o barítono lutam pelo soprano, em presença do baixo e dos comprimários, quando não são o soprano e o contralto que lutam pelo tenor, em presença do mesmo baixo e dos mesmos comprimários.
Le ténor et le baryton luttent pour le soprano en présence de la basse et des rôles secondaires, quand ce n’est pas le soprano et le contralto pour le ténor, en présence de la même basse et des rôles secondaires.
Há coros numerosos, muitos bailados, e a orquestração é excelente…
Il y a de nombreux chœurs, de nombreux ballets, et l’orchestration est excellente …

— Mas, meu caro Marcolini…
– Mais, mon cher Marcolini …

— Quê?…
– Quoi ?…

E, depois, de beber um gole de licor, pousou o cálice, e expôs-me a história da criação, com palavras que vou resumir.
Et après une gorgée de liqueur, il posa la tasse, et me rapporta l’histoire de la création, avec des mots que je vais vous résumer.

Deus é o poeta.
Dieu est le poète.
A música é de Satanás, jovem maestro de muito futuro, que aprendeu no conservatório do céu.
La musique est de Satan, jeune maestro pourvu d’un grand avenir, qui a appris sous la grande voûte céleste.
Rival de Miguel, Rafael e Gabriel, não tolerava a precedência que eles tinham na distribuição dos prêmios.
Rival de Michel, Raphaël et Gabriel, il ne tolérait pas leur primauté lors de la distribution des prix.
Pode ser também que a música em demasia doce e mística daqueles outros condiscípulos fosse aborrecível ao seu gênio essencialmente trágico.
Il se peut que la musique trop douce et mystique de ces autres associés était tout simplement odieuse à son génie essentiellement tragique.
Tramou uma rebelião que foi descoberta a tempo, e ele expulso do conservatório.
Il a fomenté une rébellion qui fut découverte dans le temps, et fut expulsé du conservatoire.
Tudo se teria passado sem mais nada, se Deus não houvesse escrito um libreto de ópera, do qual abrira mão, por entender que tal gênero de recreio era impróprio da sua eternidade.
Tout se serait passé sans bruit si Dieu n’avait pas écrit un livret d’opéra, qu’il y avait renoncé ensuite, comprenant que ce genre de loisirs était inapproprié à son éternité.
Satanás levou o manuscrito consigo para o inferno.
Satan déroba alors le manuscrit et l’emporta en enfer.
Com o fim de mostrar que valia mais que os outros, — e acaso para reconciliar-se com o céu, — compôs a partitura, e logo que a acabou foi levá-la ao Padre Eterno.
Afin de montrer qu’il valait plus que les autres – et pour probablement se réconcilier avec le ciel – il composa la partition, puis, une fois terminée, l’apporta au Père Eternel.

— Senhor, não desaprendi as lições recebidas, disse-lhe.
– Seigneur, je n’ai nullement oublié les leçons reçues, lui dit-il.
Aqui tendes a partitura, escutai-a, emendai-a, fazei-a executar, e se a achardes digna das alturas, admiti-me com ela a vossos pés…
Ici vous trouverez la partition, écoutez-là, modifiez-là et jouez-là, et si vous la trouvez digne des hauteurs, admettez-là avec elle à vos pieds …

— Não, retorquiu o Senhor, não quero ouvir nada.
– Non, répondit le Seigneur, je ne veux nullement entendre quoi que ce soit.

— Mas, Senhor…
– Mais, Seigneur…

— Nada! nada!
– Rien ! rien !







Satanás suplicou ainda, sem melhor fortuna, até que Deus, cansado e cheio de misericórdia, consentiu em que a ópera fosse executada, mas fora do céu.
Satan plaida encore sans obtenir de meilleure fortune, jusqu’à ce que Dieu, fatigué et plein de miséricorde, consenti à ce que l’opéra soit joué, mais hors du ciel.
Criou um teatro especial, este planeta, e inventou uma companhia inteira, com todas as partes, primárias e comprimárias, coros e bailarinos.
Il créa un théâtre spécial, cette planète qui est la nôtre, et inventa toute une entreprise, avec tous les rôles, les premiers et les seconds rôles, des chorales et des danseurs.

— Ouvi agora alguns ensaios!
– Écoutez quelques répétitions désormais !

— Não, não quero saber de ensaios.
– Non, je ne veux pas gérer les répétitions.
Basta-me haver composto o libreto;
C’est assez que d’avoir composé le livret ;
estou pronto a dividir contigo os direitos de autor.
je suis prêt à partager avec toi les droits d’auteur.

Foi talvez um mal esta recusa;
Ce refus fut certainement une erreur ;
dela resultaram alguns desconcertos que a audiência prévia e a colaboração amiga teriam evitado.
et ainsi le résultat donna des fausses notes qu’une audition préalable et une collaboration amicale auraient pu éviter.
Com efeito, há lugares em que o verso vai para a direita e a música, para a esquerda.
En effet, il y a des endroits où le verset allaient vers la droite et la musique, elle, portait à gauche.
Não falta quem diga que nisso mesmo está a beleza da composição, fugindo à monotonia, e assim explicam o terceto do Éden, a ária de Abel, os coros da guilhotina e da escravidão.
Il y a ceux qui disent que c’est justement cela qui donnait de la beauté à la composition, qui permettait d’échapper à la monotonie, et donc expliquer le trio d’Eden, l’aria d’Abel, les chœurs de la guillotine et l’esclavage.
Não é raro que os mesmos lances se reproduzam, sem razão suficiente.
Il est fréquent que les mêmes passages se reproduisaient sans raison particulière.
Certos motivos cansam à força de repetição.
Certains motifs étaient même fatigants à force d’être répéter.
Também há obscuridades;
Il y avait aussi bien des obscurités ;
o maestro abusa das massas corais, encobrindo muita vez o sentido por um modo confuso.
le maître abuse des lourdeurs de la chorale, couvrant le sens avec beaucoup de confusion.
As partes orquestrais são aliás tratadas com grande perícia.
Les parties orchestrales sont en effet traitées avec une grande habileté.
Tal é a opinião dos imparciais.
Telle est l’opinion des jugements impartiaux.

Os amigos do maestro querem que dificilmente se possa achar obra tão bem acabada.
Les amis du maestro pensent qu’il est difficile de trouver un travail si bien fini.
Um ou outro admite certas rudezas e tais ou quais lacunas, mas com o andar da ópera é provável que estas sejam preenchidas ou explicadas, e aquelas desapareçam inteiramente, não se negando o maestro a emendar a obra onde achar que não responde de todo ao pensamento sublime do poeta.
Certains admettent des grossièretés et quelques lacunes, mais, dans la suite de l’opéra, il est probable que cela soit attenué ou expliqué, et elles disparaîtront complètement, le maître ne niant pas devoir modifier son oeuvre, estimant qu’elle ne répond pas totalement à la sublime réflexion du poète.
Já não dizem o mesmo os amigos deste.
Mais ce n’est pas ce que disent les amis de celui-ci.
Juram que o libreto foi sacrificado, que a partitura corrompeu o sentido da letra, e, posto seja bonita em alguns lugares, e trabalhada com arte em outros, é absolutamente diversa e até contrária ao drama.
Ils jurent que le livret a été sacrifié, que la partition a corrompu le sens du texte, et, il est entendu qu’elle était belle à certains endroits, et travaillée avec art dans d’autres, mais qu’elle était absolument différente, voire contraire au drame.
O grotesco, por exemplo, não está no texto do poeta;
Le grotesque, par exemple, ne figure pas dans le texte du poète ;
é uma excrescência para imitar as Mulheres Patuscas de Windsor.
Il s’agit d’une excroissance pour imiter les Joyeuses Commères de  Windsor.
Este ponto é contestado pelos satanistas com alguma aparência de razão.
Ce point est contesté par les satanistes avec quelques apparences de raison.
Dizem eles que, ao tempo em que o jovem Satanás compôs a grande ópera, nem essa farsa nem Shakespeare eram nascidos.
Ils disent que, au moment où le jeune Satan composa son grand opéra, ni cette farce ni Shakespeare n’étaient nés.
Chegam a afirmar que o poeta inglês não teve outro gênio senão transcrever a letra da ópera, com tal arte e fidelidade, que parece ele próprio o autor da composição;
Ils affirment même que le poète anglais n’a pas d’autre génie, sinon celui de transcrire les paroles de l’opéra, avec un tel art et une telle fidélité, qu’il pouvait passer pour être l’auteur de la composition ;
mas, evidentemente, é um plagiário.
mais, bien sûr, c’était un plagiaire.








— Esta peça, concluiu o velho tenor, durará enquanto durar o teatro, não se podendo calcular em que tempo será ele demolido por utilidade astronômica.
– Cette pièce, conclu le vieux ténor, durera aussi longtemps que le théâtre, et on n’est pas en mesure de calculer l’heure à laquelle il sera démoli par l’utilité astronomique.
O êxito é crescente.
Le succès est grandissant.
Poeta e músico recebem pontualmente os seus direitos autorais, que não são os mesmos, porque a regra da divisão é aquilo da Escritura:
Poète et musicien reçoivent ponctuellement leurs droits d’auteur, ils ne touchent pas la même chose, car la règle est que la division de l’Écriture :
« Muitos são os chamados, poucos os escolhidos ».
«Beaucoup sont appelés, peu sont élus. »
Deus recebe em ouro, Satanás em papel.
Dieu reçoit de l’or, Satan du papier.

— Tem graça…
– Vous êtes drôle …

— Graça?
– Drôle ?
bradou ele com fúria;
cria-t-il avec fureur ;
mas aquietou-se logo, e replicou:
mais se calmant aussitôt, il répondit :
Caro Santiago, eu não tenho graça, eu tenho horror à graça.
Cher Santiago, je ne suis pas drôle, j’ai horreur du comique.
Isto que digo é a verdade pura e última.
Ce que je dis est la vérité pure et ultime.
Um dia, quando todos os livros forem queimados por inúteis, há de haver alguém, pode ser que tenor, e talvez italiano, que ensine esta verdade aos homens.
Un jour, tous les livres seront brûlés car sans valeur, quelqu’un viendra, peut-être un ténor, peut-être un italien, pour enseigner cette vérité aux hommes.
Tudo é música, meu amigo.
Tout est musique, mon ami.
No princípio era o dó, e do dó fez-se ré, etc.
Au commencement était le do, et le do est devenu ré, etc.
Este cálice (e enchia-o novamente), este cálice é um breve estribilho.
Cette coupe (et il la remplissait à nouveau), cette coupe est un bref refrain.
Não se ouve?
Vous n’entendez pas ?
Também não se ouve o pau nem a pedra, mas tudo cabe na mesma ópera…
De même, vous n’entendez pas le bâton, ni la pierre, mais tout cela se trouve dans le même opéra …

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A Ópera
DOM CASMURRO MACHADO DE ASSIS

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dom-casmurro-machado-de-assis-la-denonciation-artgitato-victor-meirelles-de-lima-la-premiere-messe-au-bresil-1861Victor Meirelles de Lima
La Première messe au Brésil
A Primeira Missa no Brasil
1861
Museu Nacional de Belas Artes – MnBA
Rio de Janeiro

CAMOES OS LUSIADAS II-112 LES LUSIADES

Luís Vaz de Camões Les Lusiades
OS LUSIADAS II-112 LES LUSIADES II-112
LITTERATURE PORTUGAISE

Luis de Camoes Oeuvres obras Artgitato

literatura português

Luis de Camões
[1525-1580]

Tradução – Traduction
texto bilingue

Luis de Camoes Les Lusiades

 

Obra Poética

(1556)

LES LUSIADES II-112

OS LUSIADAS II-112

A Epopeia Portuguesa

 

CHANT II
Canto Segundo

Traduction Jacky Lavauzelle

verso  112
Strophe 112

II-112

Image illustrative de l'article Vasco de Gama

Vasco de Gama

Vasco da Gama signature almirante.svg

 

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Luís Vaz de Camões Les Lusiades
OS LUSIADAS II-112  
LES LUSIADES II-112

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« Cometeram soberbos os Gigantes,
« Remplis de superbe, les Géants
Com guerra vã, o Olimpo claro e puro;
Firent une vaine guerre à la claire et pure Olympe ;
Tentou Pirítoo e Teseu, de ignorantes,
Pirithoos et Thésée tentèrent de pénétrer, ignorants,
O Reino de Plutão horrendo e escuro.
Le Royaume de Pluton, horrible et obscure.
 Se houve feitos no mundo tão possantes,
Il ne peut se trouver dans le monde une si grande puissance,
 Não menos é trabalho ilustre e duro,
Et une œuvre si illustre et si ardue,
Quanto foi cometer Inferno o Céu,
Comme, pour eux, d’affronter l’Enfer et le ciel,
  Que outrem cometa a fúria de Nereu.
Que, pour vous, de lutter contre la fureur de Nérée.

Vasco de Gama par Gregorio Lopes

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Luís Vaz de Camões Les Lusiades
OS LUSIADAS II-112 LES LUSIADES II-112

Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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White_Fawn_Drawing Faon Diane

LA VIE DE LUIS DE CAMOES
par Charles Magnin

( Extrait )
Par En cherchant à montrer la différence qui sépare la vie aventureuse et active des écrivains portugais, notamment celle de Camoens, de la vie casanière et posée de la plupart de nos gens de lettres, je ne prétends pas élever par-là les œuvres des uns, ni déprimer les productions des autres. Je n’en crois pas les élégies de Camoens plus touchantes parce qu’elles sont datées d’Afrique, de la Chine et de l’Inde ; je n’en estime pas Polyeucte et Cinna moins admirables, parce que le grand Corneille n’a guère fait de plus longues pérégrinations que le voyage de Paris à Rouen. Je ne conseille à personne de louer un cabinet d’étude à Macao ; mais je crois que, généralement, si les ouvrages écrits au milieu des traverses et au feu des périls ne sont pas plus beaux, les vies de leurs auteurs sont plus belles. Indépendamment de la variété des aventures, on y trouve plus d’enseignements. J’admire et j’honore infiniment La Fontaine et Molière, mais j’honore et j’admire encore plus, comme hommes, Cervantès et Camoens. A mérite de rédaction égal, une histoire littéraire du Portugal serait un meilleur et plus beau livre qu’une histoire littéraire de notre dix-septième ou dix-huitième siècle. C’est une chose bonne et sainte que la lecture de ces vies d’épreuves, que ces passions douloureuses des hommes de génie, Je ne sache rien de plus capable de retremper le cœur. C’est pour cela que dans ce temps de souffrances oisives, de désappointements frivoles, de molles contrariétés et de petites douleurs, j’ai cru bon d’écrire l’étude suivante sur la vie de Luiz de Camoens.
….

OS LUSIADAS II-112
Luís Vaz de Camões Les Lusiades

Cortille della Pigna – La Cour de la Pomme de Pin – Musées du Vatican – Musei Vaticani – La Città del Vaticano

ROME – ROMA
La Città del Vaticano
LES MUSEES DU VATICAN
Musei Vaticani

 

 Photos Jacky Lavauzelle

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La Cour de la Pomme de Pin
Il Cortille della Pigna

Cour supérieure

Cortille della Pigna La Cour de la Pomme de Pin Vatican Musei Vaticani artgitato 1 Cortille della Pigna La Cour de la Pomme de Pin Vatican Musei Vaticani artgitato 2

Dictionnaire raisonné de
l’architecture française du XIe au XVIe siècle
Définition FLEURON
 » La célèbre pomme de pin en bronze qui se voit dans les jardins du Vatican est un véritable fleuron terminant un grand monument antique. L’idée n’est donc pas neuve, et, en cela comme en beaucoup d’autres choses, les architectes gothiques ont suivi une tradition fort ancienne qui leur avait été transmise par les maîtres de l’école romane. »

Cortille della Pigna La Cour de la Pomme de Pin Vatican Musei Vaticani artgitato 3

DANTE
LA DIVINE COMEDIE
Divina Commedia
Chant 31
Traduction par Félicité Robert de Lamenais
« La faccia sua mi parea lunga e grossa
«Son visage me semblait long  et épais
… come la pina di San Pietro a Roma,
comme la Pomme de Pin de Saint-Pierre à Rome,
 e a sua proporzione eran l’altre ossa;… »
 et en même proportion étaient les autres os; .. »
 

Cortille della Pigna La Cour de la Pomme de Pin Vatican Musei Vaticani artgitato 4 Cortille della Pigna La Cour de la Pomme de Pin Vatican Musei Vaticani artgitato 5 Cortille della Pigna La Cour de la Pomme de Pin Vatican Musei Vaticani artgitato 6 Cortille della Pigna La Cour de la Pomme de Pin Vatican Musei Vaticani artgitato 7 Cortille della Pigna La Cour de la Pomme de Pin Vatican Musei Vaticani artgitato 8

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Пред бюста на Данте в Пинчио Иван Вазов SONNET (сонет) BULGARE D’IVAN VAZOV :Devant le buste de Dante à Pincio

 

България – Български – Bulgarie
Ivan Vazov
Иван Вазов

Traduction – Texte Bilingue
Превод – показване на два текста


LITTERATURE BULGARE
POESIE BULGARE

българската поезия
българска литература

IvanVazovIvanVazovIvanVazovIvanVazovIvanVazovIvanVazov

Иван Вазов
IVAN VAZOV
1850-1921

български поет
Poète Bulgare

Пред бюста на Данте в Пинчио

 [Rome -1884]

Devant le buste de Dante à Pincio

сонет

 О, мисъл, твойте вихрени крила
Ô, Pensée, aux ailes redoutables
 не знаят бездни, висоти, прегради!
je n’en connais ni les profondeurs, ni les cimes, ni les frontières !
Кометата, гръмовната стрела
Les comètes, la foudre du tonnerre
полетът твой оставя ги назади.
ton vol les laisse loin derrière.

*

Пространства, тайни, векове, числа –
Les espaces, les secrets, les siècles, les mystères
във твойта власт съдбата ги отдаде,
sont soumis à ton pouvoir,
вдън-ада пъплиш и щом чуйш: ела!
-du profond de l’enfer tu rampes et tu entends :  « viens ! »
Фърчиш, летиш с небесните лампади.
Et tu pars, volant la torche céleste.

*

Алигиери, де се взираш ти?
Alighieri, que scrutes-tu ?
Що гони твойта мисъл – демон бесен!
Comment parcourt ta pensée ce furieux démon !
Какви там гледаш духове, мечти?
Contemples-tu des fantômes, des rêves?

*

На Беатриче лика ли чудесен?
Beatrice : son merveilleux portrait ?
На ада грозните ли тъмноти?
L’Enfer : sa laideur et son opacité ?
Или се вслушваш в някой химн небесен?
Ou écoutes-tu un hymne céleste ?

**********************
Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
**********************

Ivan Vazov
Иван Вазов
Пред бюста на Данте в Пинчио

IvanVazovIvanVazovIvanVazovIvanVazovIvanVazovIvanVazov

THE CLOD AND THE PEBBLE -W. Blake- Texte & Traduction- LA MOTTE ET LE CAILLOU

LITTERATURE ANGLAISE

Poésie anglaise – English poetry
Songs of Innocence and of Experience
SONGS OF EXPERIENCE
The Clod and The Pebble
poèmes – poems
1794
WILLIAM BLAKE
1757-1827

The Clod and The Pebble La motte et le caillou William Blake par Thomas Phillips Traduction Artgitato française

THE CLOD and THE PEBBLE
La Motte et le Caillou

« Love seeketh not itself to please,
«L’amour ne cherche pas à se plaire à lui-même ,
Nor for itself hath any care, 
Pas pour lui-même, il n’a aucune inquiétude,
But for another gives its ease,
Mais pour les autres, il se prive de son repos,
And builds a Heaven in Hell’s despair. »
Et construit un Ciel dans le désespoir de l’Enfer « .

*

So sung a little Clod of Clay 
Ainsi chantait une petite Motte de Terre
Trodden with the cattle’s feet,
Foulée par les sabots du troupeau,
But a Pebble of the brook
Mais un Caillou du ruisseau
Warbled out these metres meet:
Gazouillait ces vers à son encontre :

*

« Love seeketh only self to please,
«L’amour ne cherche qu’à se plaire à lui-même,
To bind another to its delight, 
Qu’à lier les autres à son plaisir,
Joys in another’s loss of ease, 
Il jouit quand les autres perdent leur repos,
And builds a Hell in Heaven’s despite. »
Et construit un Enfer dans le dépit du Ciel« .

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Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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THE UNAPPEASABLE HOST Poem Yeats Texte & Traduction du poème de Yeats – L’IMPLACABLE HÔTE

William Butler Yeats
English literature
English poetry
Littérature Anglaise – Poésie Anglaise
 

YEATS
1865-1939

[The Wind Among the Reeds
1899]


THE UNAPPEASABLE HOST
poem
L’IMPLACABLE HÔTE
poème

THE UNAPPEASABLE HOST Yeats Traduction Artgitato & Texte anglais L'IMPLACABLE HÔTE

 

————————–

The Danaan children laugh, in cradles of wrought gold,
Les enfants des dieux grecs rient dans des berceaux d’or forgé,
And clap their hands together, and half close their eyes,
Et frappent leurs mains ensemble, et à moitié ferment leurs yeux,
For they will ride the North when the ger-eagle flies,
Car ils chevaucheront vers le Nord quand les faucons voleront,
With heavy whitening wings, and a heart fallen cold:
Avec des lourdes ailes blanchies, et un cœur devenu glacial :
I kiss my wailing child and press it to my breast,
Je baise mon enfant en pleurs et l’appuie contre ma poitrine,
And hear the narrow graves calling my child and me.
Et j’entends les tombes étroites nous appelant mon enfant et moi.
Desolate winds that cry over the wandering sea;
Vents désolées qui pleurent sur la mer instable ;
Desolate winds that hover in the flaming West;
Vents désolées qui planent dans l’Ouest flamboyant ;
Desolate winds that beat the doors of Heaven, and beat
Vents désolées qui frappent aux portes du Ciel, et frappent
The doors of Hell and blow there many a whimpering ghost;
Aux portes de l’Enfer et soufflent un fantôme gémissant;
O heart the winds have shaken, the unappeasable host
Ô cœur que les vents ont ébranlél’implacable hôte 
Is comelier than candles at Mother Mary’s feet.
est plus superbe que les bougies aux pieds de la Vierge Marie.

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Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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 The Unappeasable Host poem Yeats

 

SPIRITUS d’Ismail KADARE

Ismail Kadaré SPIRITUS

Ismail Kadare Spiritus Artgitato

ENTENDRE L’INAUDIBLE

Dans Spiritus, Ismail Kadaré utilise les mouvements qui vont vers l’intérieur, qu’est-ce que la chose, qui est l’être en face de moi, est-il mon ennemi ? Et ces mouvements qui vont vers le bas, vers ce qui est enfoui, caché. Nous rentrons en Albanie, quand le Guide encore montrait le chemin. Chacun regarde chacun. « Depuis les villas gouvernementales, des dizaines de regards suivaient à coup sûr leur promenade. Avec des jumelles, si ce n’était à l’œil nu, on pouvait se rendre compte de leur silence ».

  • L’ART DE LA PENETRATION
    DU DEHORS VERS LE DEDANS

Pénétrer dans un des pays les plus fermés du monde, « nous pénétrâmes sur le sol albanais par la frontière orientale »

Pénétrer dans l’une des langues les plus complexes et atypiques d’Europe. « L’angoisse de la langue albanaise cherchant à se protéger de la tourmente » ; « Nous pensions qu’il n’aurait jamais osé s’attaquer au difficile parler des Albanais…Dieu sait où il avait débusqué certaines locutions intraduisibles et surtout un mode verbal qui les sous-tendait et n’avait cours qu’en albanais, peut-être aussi en grec ancien. D’après lui, ce mode servait à charger les verbes albanais d’une intention, autrement dit à leur conférer un pouvoir soit bénéfique, soit maléfique »

LES OREILLES DU PARTI

Pénétrer l’intimité de l’autre par les écoutes par la pose des princes, « réussir à percer leurs intentions ». Les ennemis sont partout. Tout le monde peut être coupable. Une dotation pour les « oreilles du Parti » des « princes », des « frelons », écouteurs nouvelle génération sont arrivés. « La pression des ennemis du dehors et du dedans s’accentuaient ».

RIEN N’EST OUVERT

Pénétrer car tout est difficile d’accès, le pays, les âmes, le brouillard, « tout était enveloppé d’un épais brouillard. La tombe même de Shpend Guraziu était restée inaccessible … ». On ne peut rentrer facilement nulle part. Rien n’est ouvert. Le regard scrute partout.

Pénétrer dans le noir, dans la nuit, dans les tréfonds de la Terre.

L’ART DE LA DESCENTE
DU HAUT VERS LE BAS, LA STRUCTURE DE LA PHRASE

 « CETTE NEIGE EST BON SIGNE. JE CROIS AUX BIENFAITS DE TOUT CE QUI VIENT DU CIEL »

Le mouvement vers le bas, les morts, parti d’en haut, du ciel, domaine des esprits. C’est la structure même de la phrase de Kadaré dans Spiritius. On écoute les esprits pour savoir ce que les morts cachent et ce qu’il y a à connaître chez les vivants.

PAREIL A UN DEMON

Toujours un mouvement de haut en bas, de droite à gauche (ils rentrent en Albanie par la frontière Orientale, donc de l’Est vers l’Ouest, de la droite vers la gauche), de l’extérieur vers l’intérieur (il faut rentrer dans, pénétrer, quand, parfois, il se fait vers l’extérieur, il y a malaise : « Tout en parlant, il remarqua que la plupart de ces auditeurs ne le regardaient pas en face. Leur position, la tête plutôt penchée, le regard tourné vers l’extérieur, lui parut tout aussi bizarre »), parfois un arrêt au centre, puis, pour finir, une impossibilité, une impuissance, une interdiction, une séparation, un inaccessible infini, voire la mort : « Quiconque descend aux enfers, là où tout est différent, où les formes, les sons, les mots mêmes sont transfigurés. Pareil à un démon, il parcourait ces espaces pied à pied… Sans doute émanait-elle de la zone interdite ».

ENTENDRE L’INAUDIBLE

Ou encore : « Il allait être amené à descendre dans les abîmes de la vie. Là où il faisait si froid, si noir. Il entendrait l’inaudible, les turpitudes, les râles amoureux, les prières secrètes à des saints depuis longtemps interdits ».

A L’EXTERIEUR DE L’ECORCE

Ou : « Nous étions encore en haut, tout en haut, à la surface de la Terre, alors que le mystère, lui, était tapi en bas, au-dessous d’horribles et infranchissables crevasses. Nous étions, si l’on peut dire, à l’extérieur de l’écorce qui enveloppait l’évènement, et des couches entières de boue, de pierraille, de craie, peut-être aussi de charbon, nous en séparaient… »

DECOUVRIR LA FAILLE

Ou « Nous sentions bien qu’il nous manquait peu de chose pour découvrir la faille par laquelle nous pourrions nous glisser sous l’écorce terrestre. Peut-être un flair analogue à celui des chevaux pour deviner un mort enfoui sous terre, ou celui des rats pour pressentir les secousses, un sixième sens dont le Créateur n’avaient pas équipé les humains pour une raison qu’Il était seul à connaître »

Ou « Un mystère qui concernait une sphère supérieure, donc à eux inaccessible. Leur pouvoir s’arrêtait ici-bas. …Alors que les forces du Mal qui le poursuivaient restaient à terre. Eux aussi, hagards, demeuraient au bord de l’infini ».

Ou  « si les avions avaient pour précurseur le tapis volant, la télévision, le miroir magique des contes permettant de voir chaque recoin du globe, et, ainsi de suite, ces répugnants frelons, eux, ne pouvaient avoir été préfigurés que par les voix des fantômes et des esprits, l’occultisme, la magie noire, le spiritisme, tous ces vestiges poussiéreux de ce vieux monde ».

UN SUSPECT ENTERRE VIVANT

L’envol, la magie, les fantômes, la poussière, la terre. « L’un des plus éminents avait perdu l’ouïe en espionnant des aviateurs là où ceux-ci s’étaient justement sentis le plus en sûreté : à proximité du moteur en marche. Près de lui se trouvait Lulla Bella qui avait consenti à se couler dans une fosse, à côté d’un suspect enterré vivant. »

 L’ART DE L’ECLAIRAGE 
DU NOIR, DU NOIR ET UN PEU DE LUMIERE LUGUBRE

L’affaire est « ténébreuse », l’histoire « vraiment obscure », « la nuit semblait avoir avalé le rai de lumière qui avait tout juste filtré », « cette nuit terrible, inoubliable dans laquelle son esprit s’était englué », « les sombres capotes des sentinelles de la cour », « le visage de l’homme s’était assombri »…

AU COEUR DES TENEBRES

…Le noir, constamment. Même la lumière reste noire, « les rares lampadaires paraissaient osciller tristement », « l’escalier faiblement éclairé par une ampoule unique », « les petites flammes des bougies tremblotaient comme apeurées », « l’obscurité tomba lugubrement, quasiment comme un coup, jusqu’à ce qu’au cœur des ténèbres une fraction de la lumière perdue ne réapparût encore que très faiblement »

Jusqu’au Guide suprême qui rentre peu à peu dans le noir, « Le Guide devenait aveugle…Jamais il n’aurait imaginé entendre prononcer la condamnation de sa vue ».

UNE CELEBRATION FUNEBRE

La mort, donc n’est jamais loin et se tapisse partout, dans chaque intervalle. « A nouveau il revit, comme pour une célébration funèbre, les princes étendus sur leur velours rouge. Ce n’était pas pour rien qu’ils paraissaient avoir été placés dans un cercueil. Ils allaient bel et bien répandre la mort », « l’atmosphère était si lugubre qu’un mort inhumé depuis trois ans avait réussi à envoyer un message sur terre » ; « la peur immémoriale, primaire, celle des fantômes, de l’enfer, de la mort » ; « les dents, les orbites, tout cela baignant dans l’ombre de la mort », « à voix feutrées comme pour une visite de condoléances »,

UN MOT ENTERRE

Le noir et la mort, puis l’oubli. La peur du Chaos pour remonter comme le noyé qui remonte vers la lumière d’un seul coup de pied. Le noir et la mort, puis le silence. « Au fond ce qu’on cherche, c’est avant tout à empêcher les gens de parler », « ce mot depuis si longtemps enterré, tombé en désuétude »

LE CHAOS TOURNOYANT

Les mouvements, l’arrière et l’avant, L’avant et l’après (« Notre erreur avait été de ne pas avoir fait la distinction entre l’avant et l’après »),  le noir. C’est donc un aller-retour entre ombres et lumières noircies. Entre le chaos et la révélation avortée et banale, incertaine encore. « Le chaos tournoyant qui se déployait devant nous paraissait parfois s’apaiser, mais pour bientôt s’exaspérer, enfler à nouveau »

LA RECHERCHE DE LA VERITE

Bien sûr il y a le chaud, le lumineux, le clair. Mais il fait mal. Il pénètre dans notre chair. Il nous ouvre. « Chaque fois qu’il y pensait, une bouffée de chaleur l’envahissait, comme traversée par un poignard»

Bien sûr, il y a parfois la vérité. Mais comment est-elle ? Il y a si longtemps, que pour l’heure, elle fait peur. « A l’évidence, nous cherchions la vérité et la redoutions tout autant »

Jacky Lavauzelle

Hommage à Théophile Viau

Hommage à Théophile de Viau

enfer Dante Doré

La Balade
aux Enfers

Echantillon et composition libre à partir des poèmes de Théophile de Viau

Chacun à son plaisir doit gouverner son âme et sa peine.
Moi, j’ai vécu longtemps par le feu animal
Je vivais de poison et je distillais mon mal
Un jour, enfin, j’ai su échafauder la feinte
Et de ce triste vallon ouvrir la nuit à des milliers de plaintes
Y laissant à jamais et la poudre et la haine.

Maintenant mon cœur se chauffe au devant de la gloire
Quand, hier, épuisé, il se consumait encore.
Sur mes pas languissaient les pluies de la mort
Sans forces plombé d’une voûte large et noire
Ne respirant brutal que la flamme et le fer,
Je croyais alors que mon ombre étonnerait l’enfer,
Employant au carnage, et le sang, et les charmes.
Je n’étais qu’un pantin sans fortune ni armes.

Hier encore je m’engourdissais dans l’idolâtrie
Depuis longtemps déjà j’oubliais ma patrie
Sans plus se souvenir de ce que j’étais jadis,
Je croyais fermement que ce sort résumait ma vie
Mon esprit enragé y voulait voir la guerre
Pour son contentement, et le Ciel, et la terre,
Plongés dans la froidure des tréfonds du Chaos
Quand des flèches plantées rougissaient tout mon dos
Dans cet entonnoir que je croyais narguer,
Je me voulais régent, je n’étais que laquais.

De ce monde tout entier j’en attendais la ruine.
De cette histoire ici je souhaite vous conter
Sans amitiés dans cette tempête que j’ai su dompter.
Du désordre comment j’ai bifurqué par la voie divine.

J’ai joui toute la nuit et j’ai joué tout le jour,
M’admirant du plus près dans des actes délictueux,
Mais n’étais-je point dans le sombre tombeau sinueux
En croyant aimer sous un épais voile, aveuglé pour toujours.

C’est alors enfin que je descendis voir la vicieuse Créature
Qui en ces lieux régnait sans feux ni habits
Qui fit pis que m’arracher les couleurs de la vie
Se pavanant sous les lustres de frénétiques peintures.

Je traînais mille fois ma prison, la glace dans mes os mutilés
Ce nid m’enchaînait et mon âme toute déchirée
N’avait pas encore goûté ni usé aux joies fécondes
En tournant sans cesse dans la funeste ronde.

Ô mort, si vous le voulez je suis prêt à partir ;
J’étais à ce point démuni de raison pour pouvoir réussir
Assuré que si je mourrai je ne perdrai qu’un cœur éméché, 
Abîmes ! Vous savez mal ce qu’est un cœur asséché
Quand dépouillé, dévidé, il ne reste que la bile.

Les pas qui me portaient toutefois tremblaient malhabiles.

Le monstre devenu noir pressait sans cesse mon mal,
La douleur d’alors d’un seul coup par miracle s’en alla.
A force de pression plus un cri ne sortit par ce poing brutal

 

Une porte alors s’ouvrit, un rayon, l’au-delà.
Je sentis alors un feu enfin me prendre, me soulever
Je jurais, chavirais et tremblait de toute mon âme diminuée,
Par cette flèche d’or que vous m’aviez tirée.
Le Mal s’acharnait, gesticulait fort encore
Jamais dans sa poigne je ne sentis autant la mort

Par le renfort de ses sbires assoiffés en nuées.
Poussé par une délicieuse ardeur je frémissais
Bien loin encore du port où le glas s’éteignait
Ce vent rejetait et ce voile et la nuit mise à bas
Je m’élevais abandonnant un peu plus les sévères frimas.
Et les doigts du Malin desserrant ses filets
Ne purent que se résoudre à ouvrir les collets.

Aux accents apeurés et tremblants de ma voix
J’ai vu alors et les fleuves et les bois
Des couleurs en nombre et des étoiles partout
Mes yeux riaient dansaient croyant m’en rendre fou
Mon corps s’embrasait comme l’avait fait mon âme.
Le lieu sombre cacha sous la lune son venin et sa lame.

Ce nouveau Ciel de son plus doux flambeau
Inspira dans son sein ce qu’il a de plus beau.
Mes sens retrouvèrent leur raison et ma vie la joie,
Enfin si libre sans devoir une fois encore me lever dans l’effroi.
D’une chute si longue aux tourments sans visages
J’ai trouvé depuis la grâce aux traits si doux et sages.

Jacky LAVAUZELLE

FOERSTER : L’EFFROI DE LA BANDE-DESSINEE – du malheur à la terreur

BD
FOERSTER

Foerster La petite maison dans la clairière FG260_Insectes détailDu Malheur…
…A la Terreur

Foerster Momie G225 détail avec la mort

 

 

 

 

 

 

 

 

La métamorphose
d’une vengeance

Foerster la planque FG130 Saturne dévorant son fils (2)

LE CYCLE DES MALEDICTIONS

Les métamorphoses de Foerster ne sont pas des camouflages. Pas de volonté de tromper
a
utrui. Ils peuvent comme les dieux se faire passer pour un autre en substituant les formes et les apparences. Les Dieux se transformaient pour séduire et tromper les êtres à conquérir. Dans Foerster, la séduction n’existe pas ! Dans La Planque, Saturne prend la place du Christ en croix, non pour séduire mais pour se cacher et dévorer sa progéniture. Il ne se métamorphose pas, il se planque. Il est là, Saturne dans sa nature divine déchue. L’histoire reste monstrueuse. Mais souvent dans Foerster, la vie n’est qu’une lutte atroce, à l’écart des autres, prise dans un cycle de malédictions.

Foerster La forteresse volante FG292 L'ogre
Par contre, Foerster n’aurait rien contre placer ses personnages dans une des cercles de l’Enfer. Car tous ces faussaires qui singeaient le monde (‘com’io fui di natura buona scimia’ (« Comme je fus bon singe de la nature »

– Dante, l’Enfer, XXIX, 139, trad. Jacqueline Risset)), la ‘Mira scellerata’, ‘l’anima trista de Guido’, ‘falso Sinon greco di Troia’, se retrouvent ‘par febbre aguta gittan tanto leppo’ (« par fièvre aiguë, ils fument en puant » XXX, 98), dans ce lieu où ils s’entredéchirent : ‘e in sul nodo del collo l’assanno, si che, tirando, grattar li fece il ventre al fondo sodo’ (« Et lui planta ses crocs au nœud du cou, si fort qu’elle lui fit gratter le sol avec le ventre » (XXX, 28-30). Cette anthropophagie a tout d’une description foersterienne.

UN DELUGE D’ATROCITES

Ces personnages sont déjà déformés dès le commencement de l’histoire : les yeux, les dents, le haut du crâne sont amplifiés, exorbitants. La métamorphose n’a pourtant pas commencé. Elle n’en sera que plus marquante. Le challenge est de faire d’une situation glauque et malheureuse un véritable enfer avec un déluge d’atrocités.

Pourtant dans autant de laideurs, la beauté existe. Dans La Planque (Fluide Glacial 130), la mère dans son ravissement devant tant de créatures merveilleusement laides, les compare : « Ah !…Mon petit Eugène ! Que tu es dodu ! Que tu es beau !…Potelé à souhait ! Une vraie merveille ! Papa

Foerster La Planque FG130 personnages

sera ravi !! Vous deux aussi !…Mais c’est Eugène le plus beau !! Et le plus laid, c’est toujours toi, Alphonse…Toujours aussi maigre ! ». Bien sûr les enfants sont élevés comme des cochons pour être mangés, mais par le Père, un Saturne qui prend les pauses du Christ afin de ne pas être découvert par les humains, comme Jupiter « qui se cache dans une centrale électrique…Quant à Vénus, je ne te dis pas ce qu’elle fait ce serait indécent…Neptune a trouvé une cachette au Musée de la Marine…Il y est déguisé en figure de proue… »

BIENVENUE AU MUSEE DES HORREURS

Les personnages de Foerster sont, avant la métamorphose, dans le sommeil, possédant une imagination forte, délirante et débridée, dans un cadre sordide et répugnant, carcéral. Souvent une rencontre inquiétante, un endroit isolé, un sorcier rencontré, une magie ancestrale, une histoire de famille mal cicatrisée, des rapports haineux…. Ces univers nous plongent dans des vengeances, toujours plus terribles chez Foerster, implacables, multiplicatrices, exponentielles. La haine et la rancœur  se nourrissant elles-mêmes des fureurs engendrées.
Le pouvoir magique ou maléfique est à peine sous contrôle au départ. Puis tout déraille, laissant le mouvement s’accélérer et arriver une absence de contrôle, tel un train partant de la gare et accélérant toujours plus pour enfin exploser et se désintégrer.

Foerster La Maladie de la Mouche Folle FG253 (2)

La transformation subie immédiate comme celle de Grégoire Samsa en bousier un matin dans sa chambre arrive dans La Maladie de la Mouche Folle (Fluide Glacial 253). Une transformation sans raison apparente. L’homme s’est couché comme tous les soirs. Ce matin là tout a changé sans raisons ni causes. Grégoire est là avec sa transformation achevée, grotesque dans ce lieu inapproprié. C’est cette métamorphose qui ouvre le roman.

 « Un matin, au sortir d’un rêve agité, Grégoire Samsa s’éveilla transformé dans son lit en une véritable vermine…les pattes de Grégoire, pitoyablement minces pour son gros corps, papillotaient devant ses yeux…Ce n’était pourtant pas un rêve … Il avait beau essayer de se jeter violemment sur le flanc, il revenait toujours sur le dos avec un petit mouvement de balançoire. Il essaya bien cent fois, en fermant les yeux pour ne pas voir les vibrations de ses jambes, et n’abandonna la partie qu’en ressentant au côté une sorte de douleur sourde qu’il n’avait jamais éprouvée. » (Franz Kafka, La Métarmophose). Kafka nous place dans ce comique de situation qui dédramatise d’emblée l’histoire. Les mouvements répétés de cette balançoire disproportionnée et déplacée dans cette chambre précède le traumatisme de la douleur et la découverte des sensations intimes de Grégoire. Chez Foerster, une identique dérision de l’horreur devant le cri strident de sa femme : « Oh, ça va, on le sait que j’ai mauvaise haleine au réveil ! »

 

Foerster Le Jour où Charlotte plut FG211, le retour des limaces

Foerster Le Jour où Charlotte plut FG211, transformationEXTRAIT PUANT DE
FLATULENCE DE CAFARD !

Dans Le jour où Charlotte plut (Fluide Glacial n°211), Charlotte a ingurgité « une potion qui, d’après lui (un sorcier indien), lui garantissait que la mort n’aurait de prise sur elle ». D’abord, l’enfant qu’il a avec Charlotte, Josiane. Elle finit par ressembler tellement à sa mère que Maurice s’aperçoit que Josiane et Charlotte sont une seule et même personne .
Maurice, le mari en est certain : « Josiane n’était pas ma fille. C’était Charlotte elle-même !! Cette idée m’était insupportable…J’en arrivai à la seule solution envisageable… ». Après avoir été découpée, trempée dans l’acide, son squelette suspendu dans le placard,  Charlotte se remet à vivre.
N
ouvelle apparition, nouveau découpage, acide double dose.
A nouveau Maurice « reprend sa besogne de boucher. »
Rien n’y fait, elle revient de plus en plus déformée, effrayante, vengeresse sous forme de milliers de limaces gorgées de l’acide ingéré, qui finiront par tuer Maurice qui laissera son squelette dans l’armoire.
« Sacré Charlotte toujours le dernier mot !!! »

Jojo, le petit enfant d’Œil pour Œil (Fluide Glacial n°213) est terrorisé dans son lit. Pour ses parents, bien entendu, il ne peut s’agir que d’un cauchemar, « Jojo ! Sois sage ! Si on te dit qu’il n’y a rien, c’est qu’il n’y a rien ! Un point c’est tout !!…Fais de beaux rêves ! ».Jojo terrorisé voit apparaître un œil avec un lambeau de peau.

Foerster Oeil pour Oeil FG 213 le départ de l'oeil


C’est certain, il est en plein mauvais rêve!

Sa mère nous confie alors le terrible secret de famille que le père semble avoir confiné dans un coin sombre de sa mémoire :
« tu sais bien…que son jumeau a encore survécu quelques heures après leur naissance…parce qu’il était doté d’un 
minuscule résidu d’organisme qui le lui permettait…S’il avait survécu !? »
C’est certain, nous sommes dans une nouvelle réalité.
L’œil vient se venger sur Jojo qui l’a

Foerster Oeil pour Oeil FG 213 Final

abandonné. Jojo et l’œil : « Mais j’y peux rien, moi ! J’étais un bébé !!…J’ai besoin de compagnie. Frérot ! Faudra m’excuser si ça fait un peu mal !! ».

Jojo meurt.
Le bruit réveille les parents. Les deux yeux font la révérence devant les deux parents médusés :

« Fallait pas vous déranger pour moi ! Je fais que passer ! J’avais juste un truc à prendre !… Que la nuit vous apporte de beaux rêves !»

TU SOUFFRIRAS MILLE MORTS !

La femme, battue par un mari qui « voulait voir personne… (et) vivre dans l’ancien temps », de Mille Morts (Fluide Glacial 217) a aussi eu un carnet par une sorcière, sa mère elle-même, « J’étudie chaque jour en cachette…Et un d’ces quat’, tu verras que je saurai m’y prendre, moi aussi ! Alors, ton père, il verra ce que je peux faire…Il n’osera plus m’ toucher…’Encore un peu de patience’ elle disait…Mais en attendant, elle prenait dérouillée sur dérouillée…Et, un jour, se réserve de patience se trouva épuisée… »…elle se pendit.Elle laisse une lettre de vengeance

Foerster Mille Morts FG 217 les pendus P'pas (2)

ferme et terrible : « Jeannot, t’as jamais été qu’un immonde salopard ingrat…Mais tu paieras…Tu souffriras mille morts. On te le promet, moi, la mémé et ses amis de derrière les choses !! » et c’est maintenant au tour du fils de prendre les fortes trempées du père… « en attendant, c’est sûr que les rossées, maintenant c’est pour moi… » Puis plein de petits arbustes se mettent à pousser dans la clairière autour de la maison… « En quelques jours, ils sont devenus très grands…de vrais arbres c’est dev’nu…avec des sortes de lianes…C’est au bout d’la semaine qu’on a pigé… » Les lianes tendent des pièges au pépé qui est maintenant le chassé. Un jour arriva… « Avec P’pa qui s’balançait…Puis les p’tits oiseaux sont arrivés… » Du pendu au squelette. Le petit, seul, l’enterre avec une croix fabriqué avec des vieilles branches pourries. Mais la croix se transforme en un arbre puissant et fort qui portera bientôt des fruits qui seront autant de papis par centaines… « Bientôt, tous ces P’pas se sont mis à gigoter et à faire toutes sortes de bruits pour que je les détache…Nan ! j’vous touch’rai pas, saletés ! ». Ces fruits se feront becqueter par les oiseaux…jusqu’à l’année prochaine…indéfiniment…la vengeance sera éternelle.

LA REALITE TE RATTRAPERA TOUJOURS !

Popol, (Fluide Glacial n°220) est un petit garçon « d’un naturel rêveur mais aussi craintif que peu énergique », est le souffre-douleur des

Foerster Popol FG 220 les dents

autres garçons bagarreurs. Une petite fille lui propose une sucette magique « suce-là deux fois en pensant très fort à deux dents …et à ce que te dit ton papa !!! » Arrivé à la maison, son papa lui dit : « je vais devoir te répéter le même refrain : c’est de toi et de toi seul que peut venir la réaction…la réalité te rattrapera toujours… » Les dents de Popol se mirent à pousser, devenant de vraies défenses d’éléphants. Les autres enfants, bien entendu, se moquent de ce bébé-éléphant. Il se rebiffe en fonçant tête-bêche…et tuant l’un d’entre eux… Il revient dans la maison où l’avait emmené la petite fille. Il rencontre son père, devant le porche d’une maison abandonnée en ruine :  « Popol, voyons. Il n’y a jamais eu de Jocelyne ici…t’as toujours eu beaucoup trop d’imagination, fiston ! Tu prends tes désirs pour des réalités !! » Popol se cache dans cette maison avec sens dents qui ne cessent de pousser, de pousser. « Notre joie fut de courte durée…les dents continuaient de pousser…toujours et toujours…Popol se mettait dans l’incapacité de nuire…Il s’incarcérait lui-même…Popol un petit garçon qui avait une dent contre lui-même… »

Foerster Histoire Belge FG236 arbre

 

Foerster Histoire Belge FG236 maison

Foerster La forteresse volante FG292 L'ogre et la lune (2)

Foerster La petite maison dans la clairière FG260_Insectes le phasme

Foerster Pub! FG318 _lapin

VERS L’ETERNELLE MALEDICTION DANS D’ATROCES SOUFFRANCES

Le personnage foerstien dans sa métamorphose, et cela est vrai de toutes les métamorphoses, un autre avec la même identité, révèle sa véritable entité par la révélation de l’atrocité qui l’empêche d’être réellement.
La différence dans la continuité.
Mais la vengeance entraînera tout. Et le malheur qui ouvre l’histoire finira  dans la terreur et la désolation.

Notre métamorphose est une dégradation de l’individu qui en appelle à ses instincts les plus profonds et refoulés.
L’homme devient insecte, œil, lambeau, vers, limace.

Le filtre qui aidera le personnage dans sa vengeance, le poison, la dent, etc. le possédera à son tour.

TANT BIEN QUE MAL

Il y aura souvent la mort, mais une mort renouvelée et incessante au bout du bout. Ta dernière seconde sera sans cesse vécue, encore et encore.

Foerster utilisera le monde végétal et encore plus souvent le monde animal, les insectes notamment. Foerster 13 002

Périr, souffrir, manger, être manger. Un cadre de violence et d’instinct de la famille ou de l’intime, par nature sécurisant…

 Les personnages tentent de faire, de se faire, justice, avec les moyens du bord, tant bien que mal.  

« Ca paraît un peu bébête si on ne se donne pas la peine d’approfondir. Ca veut dire la justice mais c’est plutôt que tous se mangent les uns les autres. Et en fin de compte c’est la vie ni plus ni moins. C’est en forgeant qu’on devient forgeron. Il a des yeux au bout des doigts. » (James Joyce, Ulysse, trad. Auguste Morel)

Jacky Lavauzelle