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LE PASSE Poème de CYPRIAN NORWID – Przeszłość

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Dzieła Cyprjana Norwida

Traduction Jacky Lavauzelle*******

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Cyprian Norwid poèmes
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LITTERATURE POLONAISE
POESIE POLONAISE

CYPRIAN NORWID
1757-1841
Traduction Jacky Lavauzelle

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Traduction Jacky Lavauzelle


LES POEMES POLONAIS

Przeszłość
LE PASSE

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Traduction Jacky Lavauzelle


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Cyprian Norwid Traduction Jacky Lavauzelle
La bataille de Grunwald, Jan Matejko

 

Nie Bóg stworzył przeszłość, i śmierć, i cierpienia,
Dieu n’a pas créé le passé, la mort et la souffrance,
Lecz ów, co prawa rwie;
Qui sont l’œuvre du destructeur des lois ;
Więc nieznośne mu dnie,
Des journées insupportables à vivre,
Więc, czując złe, chciał odepchnąć spomnienia.
Alors, il désira le mal, désirant cacher les souvenirs.

Acz nie byłże, jak dziecko, co wozem leci,
Mais n’était-il pas cet enfant dans cette voiture qui vole,
Powiadając: „O, dąb
En disant : « Oh, un chêne
Ucieka w lasu głąb!”
 Qui s’enfuit dans la forêt ! « 
Gdy dąb stoi, wóz z sobą unosi dzieci.
Mais quand le chêne se dresse, la voiture soulève l’enfant avec elle.

Przeszłość jest to dziś, tylko cokolwiek dalej:
Le passé c’est aujourd’hui, et c’est à peu près tout :
Za kołami to wieś,
Derrière les roues, un village,
Nie jakieś tam coś, gdzieś,
Ni quelque chose, ni quelque part,
Gdzie nigdy ludzie nie bywali!…
Où personne ne fut jamais ! …

 

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Complément ANALYSE
Se reporter à l’analyse du poème :

Cyprian Kamil Norwid „Przeszłość” – interpretacja i analiza wiersza

« Według Norwida świat jest niczym platońska jaskinia – składa się z pozorów i ukrytej pod pozorami prawdy. Podobnie w sposób dwoisty widział on czas…
Nie przypadkowo to dęby są symbolem czasu. Wielowiekowe drzewa kojarzą się ze stałością, niezmiennością. Dzieci z kolei są płoche, naiwne, łatwo ulegają pozorom.

Grzech popełniony przez człowieka, złamanie Boskich praw sprawiły, że poczuł „złe”. Ciążyło mu poczucie winy, świadomość popełnionego grzechu, dlatego chciał: „odepchnąć s p o m n i e n i a” i wymyślił przeszłość. Odsyłając swe winy w przeszłość, chciał je usunąć, skazać na zapomnienie i niebyt. Jak wynika z drugiej strofy, taki zabieg jest naiwny i dziecinny. »
« Selon Norwid, le monde est comme une caverne platonicienne – il se compose d’apparences et reste caché sous l’apparence de la vérité

 Ce n’est pas un hasard si les chênes sont un symbole du temps. Des arbres centenaires sont associés à la stabilité, l’invariance. Les enfants, à leur tour, sont pauvres, naïfs et cèdent facilement aux apparences
….
Le péché commis par l’homme, en brisant les lois de Dieu l’a fait se sentir « mauvais ». Il se sentait coupable, conscient du péché qu’il avait commis, et donc il voulait «repousser» et inventer le passé. En renvoyant ses fautes au passé, il a voulu les nier, les condamner à l’oubli et à la non-existence. Comme il ressort de la deuxième strophe, une telle procédure est naïve et puérile. »

A lire sur :

http://wypracowania24.pl/jezyk-polski/4919/cyprian-kamil-norwid-przeszlosc?strona=2

 

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Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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Traduction Jacky Lavauzelle

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La Pologne est la Niobé des nations

« Il est un peuple, de nos jours, qui trouve dans l’alliance du patriotisme et de la religion le principe et comme la garantie de son existence. La compression étrangère n’a fait que l’affermir dans ce double culte. Sous cette douloureuse, mais féconde influence, s’est développée toute une poésie énergique et neuve, empreinte d’un mysticisme étrange, et qui puise ses inspirations dans ce qu’il y a de plus sacré, de plus vivace au cœur de l’homme. Ce peuple, c’est le peuple polonais. Depuis bien des années déjà, il travaille à la réédification de sa nationalité. Son courage est infatigable. S’il s’affaisse un moment sous le nombre, c’est pour se relever bientôt plus ardent à la lutte. Prêtres et vieillards, guerriers et poètes, tous marchent ici dans une même pensée, tous combattent et meurent sous un même drapeau. Héroïque infortune ! persévérance plus héroïque encore ! La Pologne est la Niobé des nations, mais c’est une Niobé qui ne connaît pas le désespoir. Ses victoires, ses crises intestines, ses déceptions sanglantes, rien n’a encore pu entamer sa robuste foi dans l’avenir. Du milieu des ruines qui l’entourent se dresse indestructible sa confiance en ses destinées, et sa littérature contemporaine, littérature active et militante, bulletin magnifique de ses défaites, est l’expression vivante de son martyre et de son espérance.

On ne s’explique bien cette toute-puissance que lorsqu’on se rend compte de l’action qu’a exercée de tout temps la poésie en Pologne. Nous ne nous arrêterons pas à cette poésie primitive de contes et de légendes, à cette littérature que Michiewicz a appelée fossile ou latente, « parce qu’elle est déposée tout entière dans l’ame du peuple et n’apparaît que rarement à la surface de la publicité. » Nous ne ferons que mentionner en passant le chant de Boga Rodzica, Dziwica (Vierge, mère de Dieu). Ce chant, que les soldats entonnaient avant les batailles et qui témoigne de l’alliance qui existait dès-lors entre l’esprit religieux et l’esprit militaire, est regardé comme le plus ancien monument de la langue polonaise. La véritable littérature pour la Pologne commence avec la renaissance des lettres en Europe. L’époque jagellonienne (1386-1572), appelée l’âge d’or de la poésie et de la science, voit naître alors de grands écrivains dans les trois frères Kochanowski, dont Jean porte à juste titre le nom de prince des poètes. Les deux autres, Nicolas et Pierre, ont laissé, le premier des poésies légères, le second la plus parfaite traduction qu’on ait en langue polonaise des poèmes de l’Arioste et du Tasse. Cette époque donne également naissance à Gornicki, l’historien publiciste, à Rey, le Montaigne de la Pologne, à Szymonowicz, et à quelques autres écrivains qui se distinguent surtout par l’élégance de la diction. Dès-lors, la langue se fixe dans toutes ses parties. Néanmoins c’est sous la dynastie élective des Waza (1587-1669) que la littérature polonaise devait rencontrer son plus glorieux représentant. Pierre Skarga, tribun religieux, sermonnaire politique, nous offre l’idéal du prêtre et du patriote. Ses ouvrages respirent une véhémente éloquence. Venu dans l’épanouissement d’un siècle de prospérité, il ne se laissa point éblouir ; son génie, au milieu des splendeurs du présent, prévoyait les malheurs qui, deux cents ans plus tard, devaient fondre sur la Pologne. Il sentait que la société était minée dans ses fondemens, et qu’elle perdait l’avenir en perdant les anciennes vertus. L’égoïsme et l’orgueil, en effet, avaient remplacé le dévouement et le sacrifice ; l’enthousiasme, cette ame de la nation, allait s’éteignant dans les coeurs. A ce spectacle, saisi de colère, de douleur, et comme pénétré de l’esprit de prophétie, Skarga se lève et annonce les désastres futurs ; il se lamente et maudit ; il exalte le patriotisme ; il rappelle le passé ; il parle de la patrie, non de cette patrie dont l’amour ne consiste que dans l’attachement au sol natal, mais de la patrie selon les idées slaves, de cette société idéale et fraternelle dont la divine pensée a été déposée dans le sein d’un peuple pour être un jour par lui fécondée et réalisée… »

Revue des Deux Mondes
Tome 15, 1846
A. L.
De la poésie polonaise

Cyprian Kamil Norwid
Dzieło Cyprian Kamil Norwid
Œuvre de Cyprian Kamil Norwid

Traduction Jacky Lavauzelle
Cyprian Norwid par Józef Łoskoczyński (1857-1928)

Traduction – Texte Bilingue

Poésie Polonaise – Polish poetry
poezja polska

 

LITTERATURE POLONAISE – literatura polska

Cyprian Norwid

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CIEL ET TERRE Poème de CYPRIAN NORWID – NIEBO I ZIEMIA

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Dzieła Cyprjana Norwida

Traduction Jacky Lavauzelle*******

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Cyprian Norwid poèmes
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LITTERATURE POLONAISE
POESIE POLONAISE

CYPRIAN NORWID
1757-1841
Traduction Jacky Lavauzelle

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Traduction Jacky Lavauzelle


LES POEMES POLONAIS

NIEBO I ZIEMIA
CIEL ET TERRE

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Traduction Jacky Lavauzelle


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Cyprian Norwid Traduction Jacky Lavauzelle
Copernic par Jan Matejko

 

 

„Rzeczywistym bądź! Co ci się wciąż o niebie troi,
« Sois vrai ! Ne pense pas au ciel,
Podczas gdy grób prądami nieustannemi
  Alors que la tombe est là
   Kości twoich, prochów twych pożąda!»
 Qui attend tes os et tes cendres ! »

— Oh! tak! — Wszelako, gdziekolwiek człowiek stoi,
Oh! oui! – Cependant, partout où l’homme se tient,
O wielekroć więcej niebios ogląda,
Plus de cieux s’offrent à lui,
Niżeli ziemi.
Que de terre.

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Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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Traduction Jacky Lavauzelle

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La Pologne est la Niobé des nations

« Il est un peuple, de nos jours, qui trouve dans l’alliance du patriotisme et de la religion le principe et comme la garantie de son existence. La compression étrangère n’a fait que l’affermir dans ce double culte. Sous cette douloureuse, mais féconde influence, s’est développée toute une poésie énergique et neuve, empreinte d’un mysticisme étrange, et qui puise ses inspirations dans ce qu’il y a de plus sacré, de plus vivace au cœur de l’homme. Ce peuple, c’est le peuple polonais. Depuis bien des années déjà, il travaille à la réédification de sa nationalité. Son courage est infatigable. S’il s’affaisse un moment sous le nombre, c’est pour se relever bientôt plus ardent à la lutte. Prêtres et vieillards, guerriers et poètes, tous marchent ici dans une même pensée, tous combattent et meurent sous un même drapeau. Héroïque infortune ! persévérance plus héroïque encore ! La Pologne est la Niobé des nations, mais c’est une Niobé qui ne connaît pas le désespoir. Ses victoires, ses crises intestines, ses déceptions sanglantes, rien n’a encore pu entamer sa robuste foi dans l’avenir. Du milieu des ruines qui l’entourent se dresse indestructible sa confiance en ses destinées, et sa littérature contemporaine, littérature active et militante, bulletin magnifique de ses défaites, est l’expression vivante de son martyre et de son espérance.

On ne s’explique bien cette toute-puissance que lorsqu’on se rend compte de l’action qu’a exercée de tout temps la poésie en Pologne. Nous ne nous arrêterons pas à cette poésie primitive de contes et de légendes, à cette littérature que Michiewicz a appelée fossile ou latente, « parce qu’elle est déposée tout entière dans l’ame du peuple et n’apparaît que rarement à la surface de la publicité. » Nous ne ferons que mentionner en passant le chant de Boga Rodzica, Dziwica (Vierge, mère de Dieu). Ce chant, que les soldats entonnaient avant les batailles et qui témoigne de l’alliance qui existait dès-lors entre l’esprit religieux et l’esprit militaire, est regardé comme le plus ancien monument de la langue polonaise. La véritable littérature pour la Pologne commence avec la renaissance des lettres en Europe. L’époque jagellonienne (1386-1572), appelée l’âge d’or de la poésie et de la science, voit naître alors de grands écrivains dans les trois frères Kochanowski, dont Jean porte à juste titre le nom de prince des poètes. Les deux autres, Nicolas et Pierre, ont laissé, le premier des poésies légères, le second la plus parfaite traduction qu’on ait en langue polonaise des poèmes de l’Arioste et du Tasse. Cette époque donne également naissance à Gornicki, l’historien publiciste, à Rey, le Montaigne de la Pologne, à Szymonowicz, et à quelques autres écrivains qui se distinguent surtout par l’élégance de la diction. Dès-lors, la langue se fixe dans toutes ses parties. Néanmoins c’est sous la dynastie élective des Waza (1587-1669) que la littérature polonaise devait rencontrer son plus glorieux représentant. Pierre Skarga, tribun religieux, sermonnaire politique, nous offre l’idéal du prêtre et du patriote. Ses ouvrages respirent une véhémente éloquence. Venu dans l’épanouissement d’un siècle de prospérité, il ne se laissa point éblouir ; son génie, au milieu des splendeurs du présent, prévoyait les malheurs qui, deux cents ans plus tard, devaient fondre sur la Pologne. Il sentait que la société était minée dans ses fondemens, et qu’elle perdait l’avenir en perdant les anciennes vertus. L’égoïsme et l’orgueil, en effet, avaient remplacé le dévouement et le sacrifice ; l’enthousiasme, cette ame de la nation, allait s’éteignant dans les coeurs. A ce spectacle, saisi de colère, de douleur, et comme pénétré de l’esprit de prophétie, Skarga se lève et annonce les désastres futurs ; il se lamente et maudit ; il exalte le patriotisme ; il rappelle le passé ; il parle de la patrie, non de cette patrie dont l’amour ne consiste que dans l’attachement au sol natal, mais de la patrie selon les idées slaves, de cette société idéale et fraternelle dont la divine pensée a été déposée dans le sein d’un peuple pour être un jour par lui fécondée et réalisée… »

Revue des Deux Mondes
Tome 15, 1846
A. L.
De la poésie polonaise

Cyprian Kamil Norwid
Dzieło Cyprian Kamil Norwid
Œuvre de Cyprian Kamil Norwid

Traduction Jacky Lavauzelle
Cyprian Norwid par Józef Łoskoczyński (1857-1928)

Traduction – Texte Bilingue

Poésie Polonaise – Polish poetry
poezja polska

 

LITTERATURE POLONAISE – literatura polska

Cyprian Norwid

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TERRE – Federico García Lorca -Tierra (Suites – Suite des miroirs)

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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

Federico García Lorca

1898 – 1936

SUITES

Suite de los espejos
Suite des miroirs



Poèmes de Federico García Lorca
Poesía
*****
Tierra
*

Terre
*

 

Andamos
Nous marchons
sobre un espejo
Sur un miroir
sin azogue,
Sans mercure,
sobre un cristal
Sur un cristal
sin nubes.
Sans nuages.
Si los lirios nacieran
Si les lys sont nés
al revés,
à l’envers,
si las rosas nacieran
Si les roses sont nées
al revés,
à l’envers,
si todas las raíces
Si toutes les racines
miraran las estrellas,
Regardaient les étoiles,
y el muerto no cerrara
Et la mort ne fermait pas
sus ojos,
ses yeux,
seríamos como cisnes.
Nous serions comme des cygnes.

***

Federico García Lorca
Suite de los espejos
Suite des miroirs

LE COQUELICOT DANS LE NUAGE -EMILY DICKINSON (1877) IT WAS A QUIET SEEMING DAY

POEME D’EMILY DICKINSON
LITTERATURE AMERICAINE

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EMILY DICKINSON
December 10, 1830 – May 15, 1886
10 décembre 1830 – 15 mai 1886
Amherst, Massachusetts




Traduction – Translation

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

French and English text
texte bilingue français-anglais

IT WAS A QUIET SEEMIND DAY

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****

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LE COQUELICOT DANS LE NUAGE

 

*****

1877

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It was a quiet seeming Day —
C’était un Jour en apparence calme –
There was no harm in earth or sky —
Il n’y avait aucun mal ni sur terre ni dans le ciel –
Till with the closing sun
Jusqu’au coucher du soleil
There strayed an accidental Red
Il y eut alors un Rouge accidentel
  A Strolling Hue, one would have said
Un teinte errante, aurait-on dit
To westward of the Town —
À l’ouest de la Ville –

But when the Earth began to jar
Mais quand la Terre a commencé à s’ébranler
And Houses vanished with a roar
Et que les Maisons disparurent dans un rugissement
And Human Nature hid
Et que la Nature Humaine se terra
  We comprehended by the Awe
Nous avons compris par la Crainte
As those that Dissolution saw
Comme ceux qui virent la Dissolution
The Poppy in the Cloud
Le Coquelicot dans le Nuage




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POEME D’EMILY DICKINSON

LA RAISON & LA FOLIE – EMILY DICKINSON (1873) HAD WE OUR SENSES

POEME D’EMILY DICKINSON
LITTERATURE AMERICAINE

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EMILY DICKINSON
December 10, 1830 – May 15, 1886
10 décembre 1830 – 15 mai 1886
Amherst, Massachusetts




Traduction – Translation

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

French and English text
texte bilingue français-anglais

HAD WE OUR SENSES
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LA RAISON & LA FOLIE
*****

1873

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Had we our senses
Avons-nous notre raison ?
 
But perhaps ’tis well they’re not at Home
Mais peut-être vaut-il mieux que non
 So intimate with Madness
Elle a tant d’intimité avec la Folie
 He’s liable with them
Les deux sont liées




Had we the eyes without our Head —
Avons-nous les yeux en face des trous ?
How well that we are Blind —
Comme il est bon que nous soyons Aveugles –
We could not look upon the Earth —
Il ne serait pas possible de regarder la Terre –
So utterly unmoved —
Si complètement immobile –

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POEME D’EMILY DICKINSON

A se stesso GIACOMO LEOPARDI Mon cœur épuisé 1836

A se stesso
Giacomo Leopardi

Traduction – Texte Bilingue
LITTERATURE ITALIENNE

 

Letteratura Italiana

giacomo-leopardi-poesie-poesia-artgitato-ferrazzi-casa-leopardi

ritratto A Ferrazzi
Portrait de Ferrazzi
casa Leopardi
Recanati
Via Giacomo Leopardi

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GIACOMO LEOPARDI
29 juin 1798 Recanati 14 juin 1837 Naples
Recanati 29 giugno 1798 –
Napoli 14 giugno 1837

Traduction Jacky Lavauzelle

——–


A se stesso Giacomo LeopardI
« Canti » XXVIII

1836

Mon cœur épuisé
« Les Chants » XXVIII

OEUVRE DE GIACOMO LEOPARDI

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a-se-stesso-giacomo-leopardi-artgitato-caspar-david-friedrich-herbstabend-am-see-1805Caspar David Friedrich
Herbstabend am See
1805

***

XXVIII
A se stesso

Or poserai per sempre,
Repose-toi éternellement,
Stanco mio cor. Perì l’inganno estremo,
Mon cœur épuisé. Périt l’extrême méprise,
Ch’eterno io mi credei. Perì. Ben sento,
Qu’éternelle je croyais. Elle périt. Je sens bien
In noi di cari inganni,
Qu’en nous les chers égarements,
Non che la speme, il desiderio è spento.
L’espoir, le désir sont éteints.
Posa per sempre. Assai
Gisant à jamais. Toujours
Palpitasti. Non val cosa nessuna
Palpitant. Elle ne vaut aucun
I moti tuoi, nè di sospiri è degna
De tes mouvements, elle n’est digne de soupirs
La terra. Amaro e noia
La terre. Amertume et ennui
 La vita, altro mai nulla; e fango è il mondo
La vie, n’a jamais rien été d’autre ; et le monde une boue
T’acqueta omai. Dispera
Qui t’apaise désormais. Disparaît
  L’ultima volta. Al gener nostro il fato
Une dernière fois. Ce que donne le destin
   Non donò che il morire. Omai disprezza
N’est que le don de mourir. Désormais méprise
  Te, la natura, il brutto
Toi-même, la nature, le laid
  Poter che, ascoso, a comun danno impera
Qui ordonne, caché, le mal
E l’infinita vanità del tutto
Et la vanité infinie de tout.

——–


ALFRED DE MUSSET GRAND LECTEUR DE GIACOMO LEOPARDI
DEUX ÂMES SOEURS

Outre les sonnets de Michel-Ange, Alfred relisait sans cesse, jusqu’à les savoir par cœur, les poésies de Giacomo Leopardi, dont les alternatives de sombre tristesse et de douce mélancolie répondaient à l’état présent de son esprit. Lorsqu’il frappait sur la couverture du volume, en disant : « Ce livre, si petit, vaut tout un poème épique, » il sentait que l’âme de Leopardi était sœur de la sienne. Les Italiens ont la tête trop vive pour aimer beaucoup la poésie du cœur. Il leur faut du fracas et de grands mots. Plus malheureux qu’Alfred de Musset, Leopardi n’a pas obtenu justice de ses compatriotes, même après sa mort. Alfred en était révolté. Il voulut d’abord écrire un article, pour la Revue des Deux-Mondes, sur cet homme qu’il considérait comme le premier poète de l’Italie moderne. Il avait même recueilli quelques renseignements biographiques, dans ce dessein ; mais, en y rêvant, il préféra payer en vers son tribut d’admiration et de sympathie au Sombre amant de la Mort. De là sortit le morceau intitulé Après une lecture, qui parut le 15 novembre 1842.
En faisant la part de son exagération naturelle et de son excessive sensibilité, il faut pourtant reconnaître que, dans cette fatale année 1842, les blessures ne furent pas épargnées à Alfred de Musset. Il se plaignait que, de tous les côtés à la fois, lui venaient des sujets de désenchantement, de tristesse et de dégoût. « Je ne vois plus, disait-il, que les revers de toutes les médailles. »

Paul de Musset
Biographie de Alfred de Musset
Troisième partie
1837-1842
Charpentier, 1888
pp. 185-284

Warum sind denn die Rosen so blaß HEINE INTERMEZZO LYRIQUE XX

  Warum sind denn die Rosen so blaß

INTERMEZZO LYRIQUE HEINE
LITTERATURE ALLEMANDE
intermezzo-lyrique-heine-artgitato-lyrisches-intermezzo-heine-willem-van-aelst-bloemenstilleven-met-horloge



Christian Johann Heinrich Heine
Warum sind denn die Rosen so blaß




Deutsch Poesie
 Deutsch Literatur

Heinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich Heine

HEINRICH HEINE
1797- 1856

German poet
Poète Allemand
Deutsch Dichter

Heinrich Heine Oeuvre Poèmes Poésie Gedichte Artgitato

Übersetzung – Traduction
Jacky Lavauzelle




INTERMEZZO LYRIQUE HEINE
XX

 Warum sind denn die Rosen so blaß

 

 

Lyrisches Intermezzo XX
Pourquoi pâles sont les roses

1823

             Warum sind denn die Rosen so blaß

*

XX

Warum sind denn die Rosen so blaß,
Pourquoi pâles sont les roses,
O sprich, mein Lieb, warum?
Oh, dis-moi, mon cœur, pourquoi ?
 Warum sind denn im grünen Gras
Pourquoi dans la verte prairie
 Die blauen Veilchen so stumm?
Les violettes semblent muettes ?

*

Warum singt denn mit so kläglichem Laut
Pourquoi chante un air si pathétique
Die Lerche in der Luft?
L’alouette dans l’air ?
Warum steigt denn aus dem Balsamkraut
Pourquoi de la grande balsamite
Hervor ein Leichenduft?
Sort un parfum de cadavre ?

*

Warum scheint denn die Sonn’ auf die Au’
Pourquoi brille le soleil sur la lande
So kalt und verdrießlich herab?
Si froide et si triste ?
Warum ist denn die Erde so grau,
Pourquoi tant de gris sur cette Terre
Und öde wie ein Grab?
Funeste comme une tombe ?

*

Warum bin ich selbst so krank und so trüb’,
Pourquoi suis-je aussi si malade et austère
Mein liebes Liebchen, sprich?
Ma chère amie, dis ?
O sprich, mein Herzallerliebstes Lieb,
Oh, dis-moi, mon cher petit amour,
Warum verließest du mich?
Pourquoi m’as-tu abandonné ?

*******

XX   
Warum sind denn die Rosen so blaß

********

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LA POESIE DE HEINE

A ce point de vue, Heine est traité en privilégié. Les Allemands peuvent bien maudire le pamphlétaire, ils savent par cœur les vers du poète. Éditeurs, biographes, critiques d’outre-Rhin lui ont consacré d’importans travaux. Chez nous, seul entre les poètes allemands, il bénéficie de ce privilège d’avoir un public. Je ne nie pas que nous n’ayons pour quelques autres, et pour Goethe par exemple, un juste respect. Nous admirons Gœthe, nous ne l’aimons pas. Au contraire, l’auteur de l’Intermezzo est pour quelques Français de France un de ces écrivains qui sont tout près du cœur. Cela tient à plusieurs raisons parmi lesquelles il en est d’extérieures. Heine a vécu pendant de longues années parmi nous ; il parlait notre langue, quoique avec un fort accent ; il l’écrivait, quoique d’une façon très incorrecte ; il nous a loués, quoique avec bien de l’impertinence ; il a été mêlé à notre société ; il a été en rapports avec nos écrivains, nos artistes et même nos hommes politiques. Nous nous sommes habitués à le considérer comme un des nôtres, et sa plaisanterie, fortement tudesque, passe encore pour avoir été une des formes authentiques de l’esprit parisien. Notre sympathie pour Heine se fonde d’ailleurs sur des motifs plus valables. Il a quelques-unes des qualités qui nous sont chères : son style est clair ; ses compositions sont courtes. Nous aimons ces lieds dont quelques-uns durent le temps d’un soupir, l’espace d’un sanglot. Leur pur éclat nous semble celui de la goutte de rosée que le soleil taille en diamant, ou d’une larme qui brille dans un sourire. C’est par eux que le meilleur de la sentimentalité allemande est parvenu jusqu’à nous. Ou, pour parler plus exactement, la poésie de Heine représente une nuance particulière de sensibilité, qu’il a créée et que nous avons accueillie. Aussi doit-elle avoir sa place dans une histoire de la poésie lyrique en France. De même qu’il y a une « critique allemande » de l’œuvre de Heine, il convient qu’il y en ait parallèlement une « critique française ».

René Doumic
Revue littéraire
La poésie de Henri Heine d’après un livre récent
Revue des Deux Mondes
4e période
tome 140
1897
pp. 457-468

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XX   
Warum sind denn die Rosen so blaß

ON TEACHING KHALIL GIBRAN SUR L’ENSEIGNEMENT

The Prophet
On Teaching
Sur l’Enseignement

The Prophet XVIII
KHALIL GIBRAN
Littérature Libanaise
Lebanese literature
le-prophete-khalil-gibran-fred-holland-day-1898Photographie de Fred Holland Day
1898



جبران خليل جبران
Gibran Khalil Gibran
1883–1931
le-prophete-khalil-gibran-the-prophete-n

Traduction Jacky Lavauzelle

 

THE PROPHET XVIII
On Teaching
SUR L’ENSEIGNEMENT

 

1923


*

on-teaching-khalil-gibran-sur-lenseignement-artgitato-hippolyte-flandrin-jeune-homme-assisJeune homme nu assis
Hippolyte Flandrin
1855 musée du Louvre

*


Then said a teacher, « Speak to us of Teaching. »
Puis un professeur demanda : « Parle-nous de l’Enseignement. »
And he said:
Et il dit :
No man can reveal to you aught but that which already lies half asleep in the dawning of our knowledge.
Aucun homme ne peut vous révéler autre chose que ce qui est déjà à moitié endormi dans l’aube de notre connaissance.

 The teacher who walks in the shadow of the temple, among his followers, gives not of his wisdom but rather of his faith and his lovingness.
 Le maître qui marche dans l’ombre du temple, parmi ses disciples, ne donne pas de sa sagesse, mais plutôt de sa foi et de son amour.  
  If he is indeed wise he does not bid you enter the house of wisdom, but rather leads you to the threshold of your own mind.
S’il est sage, il ne vous fera pas entrer dans la maison de la sagesse, mais il vous conduira au seuil de votre propre esprit.
The astronomer may speak to you of his understanding of space, but he cannot give you his understanding.
L’astronome peut vous parler de sa compréhension de l’espace, mais il ne peut vous donner sa compréhension elle-même.
The musician may sing to you of the rhythm which is in all space, but he cannot give you the ear which arrests the rhythm nor the voice that echoes it.
  Le musicien peut vous jouer le rythme qui est dans tout espace, mais il ne peut pas vous donner l’oreille qui capte le rythme ni la voix qui lui fait écho.
 And he who is versed in the science of numbers can tell of the regions of weight and measure, but he cannot conduct you thither.
Et celui qui est versé dans la science des nombres peut dire des correspondances des poids et mesures, mais il ne peut vous y conduire.
For the vision of one man lends not its wings to another man.
Car la vision d’un homme ne prête pas ses ailes à un autre homme.
      And even as each one of you stands alone in God’s knowledge, so must each one of you be alone in his knowledge of God and in his understanding of the earth.
Et comme chacun de vous se tient seul dans la connaissance de Dieu, il faut que chacun d’entre vous soit seul dans sa connaissance de Dieu et dans sa compréhension de la terre.  

***

Sur l’Enseignement
Khalil Gibran
On Teaching

CONTRE LES VÊTEMENTS THE PROPHET KHALIL GIBRAN LE PROPHETE X CLOTHES

contre-les-vetements-khalil-gibran-clothes-artgitato-the-prophet-le-propheteCONTRE LES VÊTEMENTS
The Prophet
 CLOTHES
Le Prophète

The Prophet X
KHALIL GIBRAN
Littérature Libanaise
Lebanese literature
le-prophete-khalil-gibran-fred-holland-day-1898Photographie de Fred Holland Day
1898





جبران خليل جبران
Gibran Khalil Gibran
1883–1931
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Traduction Jacky Lavauzelle

 

THE PROPHET X
CLOTHES
CONTRE LES VÊTEMENTS

1923




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The Prophet
Contre les vêtements

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And the weaver said, « Speak to us of Clothes. »
Et le tisserand dit : «Parle-nous des vêtements. »

And he answered:
Et il répondit :

Your clothes conceal much of your beauty, yet they hide not the unbeautiful.
Vos vêtements cachent une grande partie de votre beauté, mais ils ne cachent pas le laid.

And though you seek in garments the freedom of privacy you may find in them a harness and a chain.
Et si vous cherchez dans les vêtements de la liberté de votre intimité, vous pouvez trouver en eux un harnais et une chaîne.

Would that you could meet the sun and the wind with more of your skin and less of your raiment,
Quel plaisir de rencontrer le soleil et le vent avec plus de votre peau et moins de votre vêtement,

For the breath of life is in the sunlight and the hand of life is in the wind.
En effet, le souffle de la vie est dans la lumière du soleil et la main de la vie est dans le vent.

Some of you say, « It is the north wind who has woven the clothes to wear. »
Certains d’entre vous disent: «C’est le vent du nord qui a filé les vêtements que nous portons. »

But shame was his loom, and the softening of the sinews was his thread.
Mais la honte était son métier à tisser, et le ramollissement du nerf son fil.

And when his work was done he laughed in the forest.
Et quand son travail a été fait, il se mit à rire dans la forêt.

Forget not that modesty is for a shield against the eye of the unclean.
N’oubliez pas que la pudeur est un bouclier contre l’œil de l’impur.

And when the unclean shall be no more, what were modesty but a fetter and a fouling of the mind?
Et quand l’impur ne sera plus, que sera la pudeur sinon une entrave et un encrassement de l’esprit ?

And forget not that the earth delights to feel your bare feet and the winds long to play with your hair.
Et n’oubliez pas que la terre se plaît à sentir vos pieds nus et les vents à jouer avec vos cheveux.

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Khalil Gibran
Contre les Vêtements

SOUVENIR D’UNE NUIT D’ETE -Poème d’Endre Ady – Emlékezés egy nyár-éjszakára

La Poésie d’Endre Ady
Ady Endre költészete
Emlékezés egy nyár-éjszakára
      




Littérature Hongroise
 Magyar Irodalom

Endre Ady
1877 – 1919
Ady Endre Poésie Poèmes d'Ady Endre Versek Artgitato




Souvenir d’une nuit d’été

Un poème d’Endre Ady

Ady Endre költészete

Emlékezés egy nyár-éjszakára

Traduction Jacky Lavauzelle
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Ady Endre Souvenir nuit d'été Emlékezés egy nyár-éjszakára Tivadar Kosztka Csontváry A keleti palyaudvar ejjel 1902 La Gare de l'Est à Budapest

Tivadar Kosztka Csontváry
A Keleti pályaudvar éjjel – Gare de l’Est à Budapest 1902

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Az Égbõl dühödt angyal dobolt
En colère, l’Ange du ciel tambourinait
 Riadót a szomoru Földre,
Une alarme pour la funèbre Terre,
 Legalább száz ifjú bomolt,
Des centaines d’angelots déboulèrent,
 Legalább száz csillag lehullott,
Des centaines d’étoiles plongèrent,
 Legalább száz párta omolt:
Des centaines de voiles se déchirèrent :
 Különös,
Étrange,
  Különös nyár-éjszaka volt.
Étrange, cette nuit d’été.

Kigyúladt öreg méhesünk,
Notre vieux rucher s’enflamma,
Legszebb csikónk a lábát törte,
La jambe de notre beau poulain se cassa,
Álmomban élõ volt a holt,
Je rêvais que les morts vivaient.
Jó kutyánk, Burkus, elveszett
Notre bon chien, Burkus, s’enfuya
S Mári szolgálónk, a néma,
Et notre servante, Marie, la muette,
Hirtelen hars nótákat dalolt:
Soudain sortit un cri primitif :
Különös,
Étrange,
  Különös nyár-éjszaka volt.
Étrange, cette nuit d’été.

Csörtettek bátran a senkik
Des combattants bravaient
És meglapult az igaz ember
Les justes qui se recroquevillaient
S a kényes rabló is rabolt:
Et les voleurs méticuleusement volaient :
Különös,
Étrange,
  Különös nyár-éjszaka volt.
Étrange, cette nuit d’été.

Tudtuk, hogy az ember esendõ
Nous le savions : l’homme est faillible
S nagyon adós a szeretettel:
Il a du mal avec l’amour :
Hiába, mégis furcsa volt
Eh bien, que c’était étrange
Fordulása élt s volt világnak.
Ce retournement du monde.

Csúfolódóbb sohse volt a Hold:
La Lune jamais si grosse ne fut :
Sohse volt még kisebb az ember,
L’homme jamais si petit ne fut
Mint azon az éjszaka volt:
Voilà ce que cette nuit fut :
Különös,
Étrange,
  Különös nyár-éjszaka volt.
Étrange, cette nuit d’été.

Az iszonyuság a lelkekre
Les âmes sur l’horreur de leurs missions
Kaján örömmel ráhajolt,
S’y penchèrent avec malice,
Minden emberbe beköltözött
Chaque être humain déplaça
Minden õsének titkos sorsa,
Tout le destin secret des aïeuls,
Véres, szörnyû lakodalomba
Sanglant, terrible banquet de mariage
Részegen indult a Gondolat,
Où, ivre, la Pensée s’envola,
Az Ember büszke legénye,
Ce fier compagnon de l’Homme,
Ki, íme, senki béna volt:
Qui, ici, n’était qu’un boiteux :
Különös,
Étrange,
  Különös nyár-éjszaka volt.
Étrange, cette nuit d’été.

Azt hittem, akkor azt hittem,
Ce que je pensais, voilà alors à quoi je pensais :
Valamely elhanyagolt Isten
Certains dieux négligés
Életre kap s halálba visz
Revenaient à la vie et vers la mort me conduisaient
S, íme, mindmostanig itt élek
Et, voici, jusqu’à maintenant je vis
Akként, amaz éjszaka kivé tett
Ainsi, dans cette nuit exceptionnelle
S Isten-várón emlékezem
Et je reste, dans la salle d’attente de Dieu,
Egy világot elsüllyesztõ,
Dans le souvenir de ce monde enfoui,
Rettenetes éjszakára:
dans cette terrible nuit :
Különös,
Étrange,
Különös nyár-éjszaka volt.
Étrange, cette nuit d’été.

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Ady Endre Souvenir nuit d'été Emlékezés egy nyár-éjszakára Tivadar Kosztka Csontváry A keleti palyaudvar ejjel 1902 La Gare de l'Est à Budapest