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LA VIE – Poème de FLORBELA ESPANCA – A VIDA – 1923

Traduction Jacky Lavauzelle João da Cruz e Sousa
João da Cruz e Sousa Traduction Jacky Lavauzelle

LITTÉRATURE PORTUGAISE
POÉSIE PORTUGAISE
LITERATURA PORTUGUESA
POESIA PORTUGUESA

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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
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Florbela Espanca
Flor Bela de Alma da Conceição
Poétesse portugaise
8 décembre 1894 – 8 décembre 1930
Vila Viçosa, 8 de dezembro de 1894 — Matosinhos, 8 de dezembro de 1930

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LA VIE
A VIDA
Poème paru dans
« 
Livro de Sóror Saudade« 
1923 

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Mikhaïl Vroubel, Михаил Александрович Врубель, Утро, Matin, Manhã, 1897

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É vão o amor, o ódio, ou o desdém;
Vains sont l’amour, la haine ou le dédain ;
Inútil o desejo e o sentimento…
Inutiles sont le désir et le sentiment …
Lançar um grande amor aos pés d’alguém
Jeter un grand amour aux pieds de quelqu’un
O mesmo é que lançar flores ao vento!
C’est jeter des fleurs au vent !

*

Todos somos no mundo « Pedro Sem »,
Nous sommes tous dans le misérable monde,
Uma alegria é feita dum tormento,
Une joie est faite de tourment,
Um riso é sempre o eco dum lamento,
Un rire est toujours l’écho d’une lamentation,
Sabe-se lá um beijo donde vem!
Qui sait d’où vient le baiser !

*

A mais nobre ilusão morre… desfaz-se…
L’illusion la plus noble meurt … s’effrite …
Uma saudade morta em nós renasce
Une nostalgie ardente en nous renaît
Que no mesmo momento é já perdida…
Qui, au même moment, est déjà perdue …

*

Amar-te a vida inteira eu não podia…
T’aimais toute ma vie, je ne le pouvais …
A gente esquece sempre o bem dum dia.
Nous oublions toujours le bien d’une journée.
Que queres, ó meu Amor, se é isto a Vida!…
Que veux-tu, mon Amour, si tout cela c’est la Vie !

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LA POÉSIE DE FLORBELA ESPANCA
POESIA DE FLORBELLA ESPANCA
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João da Cruz e Sousa Traduction Jacky Lavauzelle

LES MAGIQUES FATIGUES – Poème de Florbela Espanca – Se tu viesses ver-me hoje à tardinha

Traduction Jacky Lavauzelle João da Cruz e Sousa
João da Cruz e Sousa Traduction Jacky Lavauzelle

LITTÉRATURE PORTUGAISE
POÉSIE PORTUGAISE
LITERATURA PORTUGUESA
POESIA PORTUGUESA

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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
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Florbela Espanca
Flor Bela de Alma da Conceição
Poétesse portugaise
8 décembre 1894 – 8 décembre 1930
Vila Viçosa, 8 de dezembro de 1894 — Matosinhos, 8 de dezembro de 1930

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LES MAGIQUES FATIGUES

Se tu viesses ver-me hoje à tardinha
Poème paru dans

« Charneca em Flor » 
1931

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Konstantin Alexeyevich Korovin, Константин Алексеевич Коровин, Gourzouf, Gurzuf, Коровин К. « Гурзуф », 1914

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Se tu viesses ver-me hoje à tardinha,
Si tu venais me voir ce soir,
A essa hora dos mágicos cansaços,
En cette heure des magiques fatigues,
Quando a noite de manso se avizinha,
Quand la douce nuit s’approche,
E me prendesses toda nos teus braços…
Et que tu me tiennes toute entière dans tes bras …

*

Quando me lembra: esse sabor que tinha
Quand je me rappelle cette saveur qu’avait
A tua boca… o eco dos teus passos…
Ta bouche … l’écho de tes pas …
O teu riso de fonte… os teus abraços…
Ton rire jaillissant … Tes étreintes…
Os teus beijos… a tua mão na minha…
Tes baisers … ta main dans la mienne …

*

Se tu viesses quando, linda e louca,
Si tu venais quand, belle et folle,
Traça as linhas dulcíssimas dum beijo
Traçant les plus douces lignes d’un baiser
E é de seda vermelha e canta e ri
De soie rouge et qui chante et rit

*

E é como um cravo ao sol a minha boca…
Et ma bouche comme un œillet au soleil …
Quando os olhos se me cerram de desejo…
Quand les yeux se ferment de désir …
E os meus braços se estendem para ti…

Et quand mes bras se tendent vers toi …

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LA POÉSIE DE FLORBELA ESPANCA
POESIA DE FLORBELLA ESPANCA
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João da Cruz e Sousa Traduction Jacky Lavauzelle

La Haine ? – Poème de Florbela Espanca – 1923

Traduction Jacky Lavauzelle João da Cruz e Sousa
João da Cruz e Sousa Traduction Jacky Lavauzelle

LITTÉRATURE PORTUGAISE
POÉSIE PORTUGAISE
LITERATURA PORTUGUESA
POESIA PORTUGUESA

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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
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Florbela Espanca
Flor Bela de Alma da Conceição
Poétesse portugaise
8 décembre 1894 – 8 décembre 1930
Vila Viçosa, 8 de dezembro de 1894 — Matosinhos, 8 de dezembro de 1930

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LA HAINE ?
Ódio?
Poème paru dans « 
Livro de Sóror Saudade« 
1923 

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L’Enlèvement de Psyché, William Bouguereau

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Ódio por Ele? Não… Se o amei tanto,
De la haine pour lui ? Non … Si je l’ai aimé autant,
Se tanto bem lhe quis no meu passado,
Si tant de bien dans mon passé je lui voulais,
Se o encontrei depois de o ter sonhado,
Si je l’ai rencontré après l’avoir rêvé,
Se à vida assim roubei todo o encanto,
Si à la vie j’ai volé tout le charme,

*

Que importa se mentiu? E se hoje o pranto
Qu’importe qu’il ait menti ? Et si aujourd’hui les pleurs
Turva o meu triste olhar, marmorizado,
Troublent mon regard mélancolique, marbré,
Olhar de monja, trágico, gelado
Regard de religieuse, tragique, froid
Com um soturno e enorme Campo Santo!
Comme une immense et maussade nécropole !

*

Nunca mais o amar já é bastante!
Ne plus jamais l’aimer c’est déjà assez !
Quero senti-lo doutra, bem distante,
Je veux le sentir d’un autre, très loin,
Como se fora meu, calma e serena!
Comme s’il était mien, calme et sereine !

*

Ódio seria em mim saudade infinda,
La haine serait en moi une mélancolie infinie,
Mágoa de o ter perdido, amor ainda!
Chagrin de t’avoir perdu, amour encore !
Ódio por Ele? Não… não vale a pena…
La haine pour lui ? Non … ça ne vaut pas la peine …

*

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LA POÉSIE DE FLORBELA ESPANCA – POESIA DE FLORBELLA ESPANCA
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João da Cruz e Sousa Traduction Jacky Lavauzelle

QU’IMPORTE ? – Poème de FLORBELA ESPANCA – Que Importa?… – 1923

Traduction Jacky Lavauzelle João da Cruz e Sousa
João da Cruz e Sousa Traduction Jacky Lavauzelle

LITTÉRATURE PORTUGAISE
POÉSIE PORTUGAISE
LITERATURA PORTUGUESA
POESIA PORTUGUESA

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Florbela Espanca
Flor Bela de Alma da Conceição
Poétesse portugaise
8 décembre 1894 – 8 décembre 1930
Vila Viçosa, 8 de dezembro de 1894 — Matosinhos, 8 de dezembro de 1930

QU’IMPORTE ?…
QUE IMPORTA ?…
Poème paru dans « 
Livro de Sóror Saudade« 
1923 

Albert Flamm, Abendstimmung am Rhein, Ambiance du soir sur le Rhin

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Eu era a desdenhosa, a indif’rente.
J’étais la méprisante, l’indifférente.
Nunca sentira em mim o coração
Je n’avais jamais senti mon cœur en moi
Bater em violências de paixão
Battre en violence de passion
Como bate no peito à outra gente.
Comme il peut battre dans la poitrine d’autrui.

*

Agora, olhas-me tu altivamente,
Maintenant, tu me regardes fièrement,
Sem sombra de Desejo ou de emoção,
Sans ombre de Désir ou d’émotion,
Enquanto a asa loira da ilusão
Alors que l’aile blonde de l’illusion
Dentro em mim se desdobra a um sol nascente.
En moi, se déploie devant un soleil levant.

*

Minh’alma, a pedra, transformou-se em fonte;
Mon âme, de pierre est devenue source ;
Como nascida em carinhoso monte
Comme née dans une agréable montagne
Toda ela é riso, e é frescura, e graça!
Tout est rire, fraîcheur et grâce !

*

Nela refresca a boca um só instante…
Par elle, se rafraîchit la bouche un instant …
Que importa?… Se o cansado viandante
Qu’importe ? … Si la fatigue vagabonde
Bebe em todas as fontes… quando passa?…
Boit à toutes les fontaines … quand elle passe ? …

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LA POÉSIE DE FLORBELA ESPANCA – POESIA DE FLORBELLA ESPANCA
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João da Cruz e Sousa Traduction Jacky Lavauzelle

FANATISME – Poème de FLORBELA ESPANCA – FANATISMO -1923

Traduction Jacky Lavauzelle João da Cruz e Sousa
João da Cruz e Sousa Traduction Jacky Lavauzelle

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Flor Bela de Alma da Conceição
Poétesse portugaise
8 décembre 1894 – 8 décembre 1930
Vila Viçosa, 8 de dezembro de 1894 — Matosinhos, 8 de dezembro de 1930

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FANATISME
FANATISMO
Poème paru dans « 
Livro de Sóror Saudade« 
1923 

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Caspar David Friedrich, Le Voyageur contemplant une mer de nuages, 1818, Hambourg Kunsthalle

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Minh’alma, de sonhar-te, anda perdida.
Mon âme, rêvant de toi, s’est perdue.
Meus olhos andam cegos de te ver.
Mes yeux sont devenus aveugles de te voir.
Não és sequer razão do meu viver
Tu n’es même pas la raison de ma vie.
Pois que tu és já toda a minha vida!
Car déjà tu es toute ma vie !

*

Não vejo nada assim enlouquecida…
Je ne vois rien d’aussi fou …
Passo no mundo, meu Amor, a ler
Entrez dans le monde, mon Amour, à lire
No misterioso livro do teu ser
Dans le livre mystérieux de ton être
A mesma história tantas vezes lida!…
La même histoire si souvent lue ! …

*

« Tudo no mundo é frágil, tudo passa… »
« Tout dans le monde est fragile, tout va …« 
Quando me dizem isto, toda a graça
Quand on me dit ça, toute la grâce
Duma boca divina fala em mim!
D’une bouche divine parle de moi !

*

E, olhos postos em ti, digo de rastros:
Et, les yeux posés sur toi, je dis en me traînant :
« Ah! podem voar mundos, morrer astros,
« Ah, les mondes peuvent voler, les étoiles mourir,
Que tu és como Deus: princípio e fim!… »
Que te es comme Dieu : l’alpha et l’oméga ! …  »

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LA POÉSIE DE FLORBELA ESPANCA – POESIA DE FLORBELLA ESPANCA
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João da Cruz e Sousa Traduction Jacky Lavauzelle

FUMÉE – Poème de FLORBELA ESPANCA – FUMO – 1923

Traduction Jacky Lavauzelle João da Cruz e Sousa
João da Cruz e Sousa Traduction Jacky Lavauzelle

LITTÉRATURE PORTUGAISE
POÉSIE PORTUGAISE
LITERATURA PORTUGUESA
POESIA PORTUGUESA

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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
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Poème paru dans
« 
Livro de Sóror Saudade »
1923

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Flor Bela de Alma da Conceição
Poétesse portugaise
8 décembre 1894 – 8 décembre 1930
Vila Viçosa, 8 de dezembro de 1894 — Matosinhos, 8 de dezembro de 1930

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FUMÉE
FUMO

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William Turner, Hannibal traversant les Alpes, 1810-1812, détail

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Longe de ti são ermos os caminhos,
Loin de toi sont les chemins,
Longe de ti não há luar nem rosas;
Loin de toi pas de clair de lune ni de roses ;
Longe de ti há noites silenciosas,
Loin de toi des nuits silencieuses,
Há dias sem calor, beirais sem ninhos!
Des jours sans chaleur, des toits sans nids !

*

Meus olhos são dois velhos pobrezinhos
Mes yeux sont deux pauvres vieillards
Perdidos pelas noites invernosas…
Perdus dans les nuits d’hiver …
Abertos, sonham mãos cariciosas,
Ouverts, ils rêvent de mains caressantes,
Tuas mãos doces plenas de carinhos!
A tes douces mains pleines d’affection !

*

Os dias são Outonos: choram… choram…
Les jours sont des Automnes : ils pleurent … pleurent …
Há crisântemos roxos que descoram…
Les chrysanthèmes violets blanchissent…
Há murmúrios dolentes de segredos…
Il y a ces murmures endeuillés de secrets …

*

Invoco o nosso sonho! Estendo os braços!
J’invoque notre rêve ! J’écarte les bras !
E ele é, ó meu amor pelos espaços,
Qui est, ô mon amour pour les espaces,
Fumo leve que foge entre os meus dedos…
Une fumée qui fuit entre mes doigts …

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João da Cruz e Sousa Traduction Jacky Lavauzelle

DANS TES YEUX – Poème de FLORBELA ESPANCA – O Teu Olhar – 1915

Traduction Jacky Lavauzelle João da Cruz e Sousa
João da Cruz e Sousa Traduction Jacky Lavauzelle

LITTÉRATURE PORTUGAISE
POÉSIE PORTUGAISE
LITERATURA PORTUGUESA
POESIA PORTUGUESA

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Flor Bela de Alma da Conceição
Poétesse portugaise
8 décembre 1894 – 8 décembre 1930
Vila Viçosa, 8 de dezembro de 1894 — Matosinhos, 8 de dezembro de 1930

DANS TES YEUX
O TEU OLHAR
Poème paru dans
« 
O Livro D’Ele« 
1915

La vallée du Douro – Photo Jacky Lavauzelle

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Quando fito o teu olhar,
Quand je te regarde,
Duma tristeza fatal,
D’une tristesse fatale,
Dum tão íntimo sonhar,
Dans un rêve si intime,
Penso logo no luar
Je pense au clair de lune
Bendito de Portugal!
Bienheureux du Portugal !

*

O mesmo tom de tristeza,
Le même ton de tristesse,
O mesmo vago sonhar,
Le même rêve vague,
Que me traz a alma presa
Qui me porte l’âme en proie
Às festas da Natureza
aux fêtes de la Nature
E à doce luz desse olhar!
Dans la douce lumière de ce regard !

Se algum dia, por meu mal,
Si un jour, pour mon mal,
A doce luz me faltar
La douce lumière me manque
Desse teu olhar ideal,
De ton regard idéal,
Não se esqueça Portugal
N’oublie pas Portugal
De dizer ao seu luar
De dire au clair de lune

Que à noite, me vá depor
Que la nuit, je témoignerai
Na campa em que eu dormitar,
Dans le champ où je m’endors,
Essa tristeza, essa dor,
De cette tristesse, de cette douleur,
Essa amargura, esse amor,
De cette amertume, de cet amour,
Que eu lia no teu olhar!
Que j’ai lu dans tes yeux !

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LA POÉSIE DE FLORBELA ESPANCA – POESIA DE FLORBELLA ESPANCA
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João da Cruz e Sousa Traduction Jacky Lavauzelle

MA DOULEUR – Poème de Florbela ESPANCA – A MINHA DOR – 1919

Traduction Jacky Lavauzelle João da Cruz e Sousa
João da Cruz e Sousa Traduction Jacky Lavauzelle

LITTÉRATURE PORTUGAISE
POÉSIE PORTUGAISE
LITERATURA PORTUGUESA
POESIA PORTUGUESA

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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
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Flor Bela de Alma da Conceição
Poétesse portugaise
8 décembre 1894 – 8 décembre 1930
Vila Viçosa, 8 de dezembro de 1894 — Matosinhos, 8 de dezembro de 1930

MA DOULEUR
A MINHA DOR
Poème paru dans « Livro de Mágoas« 
1919 

AUGUSTO SANTO escultor português ISMAËL – Bronze 1889 Musée national
Soares dos Reis 
Photo Jacky Lavauzelle

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A minha Dor é um convento ideal
Ma douleur est un couvent idéal
Cheio de claustros, sombras, arcarias,
Plein de cloîtres, d’ombres, d’arches,
Aonde a pedra em convulsões sombrias
Où la pierre dans de sombres convulsions
Tem linhas dum requinte escultural.
A les lignes d’un raffinement sculptural.

*

Os sinos têm dobres de agonias
Les cloches clament leurs agonies
Ao gemer, comovidos, o seu mal …
En gémissant, émues, leur mal …
E todos têm sons de funeral
Et tous délivrent des sons funéraires
Ao bater horas, no correr dos dias …
En battant les heures, au cours des jours …

*

A minha Dor é um convento. Há lírios
Ma douleur est un couvent. Il y a des lys
Dum roxo macerado de martírios,
Du violet macéré de martyres,
Tão belos como nunca os viu alguém!
Si beaux comme personne jamais ne les a vus !

*

Nesse triste convento aonde eu moro,
Dans ce triste couvent où je vis,
Noites e dias rezo e grito e choro,
Nuits et jours je prie et je crie et je pleure,
E ninguém ouve … ninguém vê … ninguém …
Et personne n’entend … personne ne voit … personne …

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LA POÉSIE DE FLORBELA ESPANCA – POESIA DE FLORBELLA ESPANCA
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João da Cruz e Sousa Traduction Jacky Lavauzelle

AJOURNEMENT POEME DE FERNANDO PESSOA (ÁLVARO DE CAMPOS – 1928) ADIAMENTO

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Poème de Fernando Pessoa





Traduction – Texte Bilingue
tradução – texto bilíngüe

Traduction Jacky Lavauzelle


LITTERATURE PORTUGAISE
POESIE PORTUGAISE

Literatura Português

FERNANDO PESSOA
1888-1935

ÁLVARO DE CAMPOS
( heterónimo – hétéronyme)
Tavira ou Lisboa, 13 ou 15 de Outubro de 1890 — 1935
******


Fernando Pesso Literatura Português Poesia e Prosa Poésie et Prose Artgitato

 





Poesia de Fernando Pessoa




ADIAMENTO
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AJOURNEMENT

 

14 de abril de 1928
14 avril 1928
Primeira publicação in Solução Editora, nº1. Lisboa 1929
Première Publication 1929

*****

Depois de amanhã, sim, só depois de amanhã…
Après-demain, oui, juste après-demain …
 Levarei amanhã a pensar em depois de amanhã,
Je vais prendre tout demain rien que pour penser à après-demain,
E assim será possível; mas hoje não…
Et là ce sera possible ; mais pas aujourd’hui …
Não, hoje nada; hoje não posso.
Non, rien aujourd’hui ; aujourd’hui, je ne peux pas.
  A persistência confusa da minha subjetividade objetiva,
La persistance confus de ma subjectivité objective,
  O sono da minha vida real, intercalado,
Le sommeil de ma vie réelle, intercalé,
O cansaço antecipado e infinito,
Une précoce et infinie fatigue,
Um cansaço de mundos para apanhar um elétrico…
Une fatigue démesurée pour attraper un tramway…
Esta espécie de alma…
Ce genre d’âme …
Só depois de amanhã…
Seulement après-demain …
  Hoje quero preparar-me,
Aujourd’hui, je veux me préparer,
Quero preparar-rne para pensar amanhã no dia seguinte…
Je veux me préparer pour demain pour que je puisse penser à son lendemain …
 Ele é que é decisivo.
C’est ce dernier qui est décisif.
 Tenho já o plano traçado; mas não, hoje não traço planos…
J’ai déjà un plan ; mais aujourd’hui aucune trace des plans …
 Amanhã é o dia dos planos.
Demain sera le jour des plans.





Amanhã sentar-me-ei à secretária para conquistar o mundo;
Demain, je siégerai devant mon bureau pour conquérir le monde ;
 
Mas só conquistarei o mundo depois de amanhã…
Mais seulement je conquerrai le monde après-demain …
Tenho vontade de chorar, 
Je veux pleurer,
  Tenho vontade de chorar muito de repente, de dentro…
Cette envie de pleurer me prend soudainement, de l’intérieur…
 Não, não queiram saber mais nada, é segredo, não digo.
Non, vous n’en saurez pas plus, c’est un secret, je n’en parlerai pas.
 Só depois de amanhã…
Seulement après-demain …
Quando era criança o circo de domingo divertia-rne toda a semana.
Comme enfant, le cirque du dimanche pour toute la semaine m’amusait.
Hoje só me diverte o circo de domingo de toda a semana da minha infância…
Aujourd’hui, seul me divertit le cirque du dimanche de toute la semaine de mon enfance …





Depois de amanhã serei outro,
Après-demain, je serai un autre,
A minha vida triunfar-se-á,
Ma propre vie d’elle-même triomphera,
Todas as minhas qualidades reais de inteligente, lido e prático
Toutes mes vraies qualités d’intelligence, de savoir et de pratique
  Serão convocadas por um edital…
Seront convoquées par un édit…
  Mas por um edital de amanhã…
Mais par un édit de demain …
Hoje quero dormir, redigirei amanhã…
Aujourd’hui, je veux dormir, demain je rédigerai …
Por hoje, qual é o espetáculo que me repetiria a infância?
Aujourd’hui, quel spectacle pourrait me renvoyer dans l’enfance ?
Mesmo para eu comprar os bilhetes amanhã,
Même pour m’acheter des billets, ce sera demain,
  Que depois de amanhã é que está bem o espetáculo…
Car c’est après-demain que le spectacle aura lieu…

 Fernando Pessoa et Costa Brochado
Café Martinho da Arcada
6 juin 1914

*

 




Antes, não…
Avant, non …
 Depois de amanhã terei a pose pública que amanhã estudarei.
Après demain, j’aurai la pose publique que je n’étudierai que demain.
Depois de amanhã serei finalmente o que hoje não posso nunca ser.
Après-demain, enfin je serai ce que maintenant ne peut pas être.
 Só depois de amanhã…
Seulement après-demain …







 Tenho sono como o frio de um cão vadio.
J’ai sommeil à présent comme le froid tombe sur un chien errant.
Tenho muito sono.
Je suis très fatigué.
Amanhã te direi as palavras, ou depois de amanhã…
Demain, je dirai les mots… ou après-demain …
  Sim, talvez só depois de amanhã…
Oui, peut-être seulement après-demain …

O porvir…
L’avenir…
Sim, o porvir…
Oui, l’avenir…









 


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ÁLVARO DE CAMPOS

 

********

ADDIAMENTO
AJOURNEMENT

********
FERNANDO PESSOA
POESIA

Opiário (Fumerie) Fernando Pessoa Traduction Française

LITTERATURE PORTUGAISE
Literatura Português
Poésie Portugaise- poesia português
FERNANDO PESSOA
1888-1935

 

Opiário Fumerie Fernando Pessoa Artgitato Traduction Française

 

Opiário
FUMERIE

Álvaro de Campos
(Heterónimo de Fernando Pessoa
Hétéronyme de Pessoa)

**
Mars 1914

***

Opiário

É antes do ópio que a minh’alma é doente.
C’était bien avant l’opium que mon âme était malade.
Sentir a vida convalesce e estióla
Sentir la vie convalescent et faible
E eu vou buscar ao ópio que consóla
Et je vais chercher la consolation dans l’opium
Um Oriente ao oriente do Oriente.
Un Orient à l’orient de l’Orient.

*

Esta vida de bórdo há-de matar-me.
Cette vie de bord va me tuer.
São dias só de febre na cabeça
Ce ne sont que des jours enfiévrés dans la tête
E, por mais que procure até que adoeça,
Et, je recherche jusqu’à m’en rendre malade,
já não encontro a móla pra adaptar-me. 
Je n’ai pas trouvé ce quelque chose pour m’adapter.

*

Em paradoxo e incompetência astral
Dans le paradoxe et l’incompétence astral
Eu vivo a vincos de ouro a minha vida,
Je vis le plissement d’or de ma vie,
Onda onde o pundonor é uma descida
l’onde de l’orgueil est une descente
E os próprios gozos gânglios do meu mal.
Et les noeuds de mon mal sont une joie.

*

É por um mecanismo de desastres,
Il existe un mécanisme de catastrophes,
Uma engrenagem com volantes falsos,
Un engrenage de volants faussés,
Que passo entre visões de cadafalsos
Je passe entre les visions d’échafauds
Num jardim onde há flores no ar, sem hastes.
Un jardin avec des fleurs dans l’air sans tiges.

*

Vou cambaleando através do lavôr
Je vais en zigzaguant au travers
Duma vida-interior de renda e laca.
D’une vie-intérieure de de vie et de laque.
Tenho a impressão de ter em casa a fáca
J’ai l’impression d’avoir à la maison le couteau
 Com que foi degolado o Precursôr.
Avec lequel le Précurseur a été décapité.

*

Ando expiando um crime numa mala,
J’expédie un crime dans une valise,
Que um avô meu cometeu por requinte.
Qu’un grand-père a commis avec raffinement.
Tenho os nervos na forca, vinte a vinte,
J’ai les nerfs sur la potence, en paquets de vingt,
  E caí no ópio como numa vala.
Et je suis tombé dans l’opium comme on tombe dans un fossé.

*

Ao toque adormecido da morfina
Dans les bras endormi de la morphine
Perco-me em transparências latejantes
Je me perds dans de transparentes secousses
  E numa noite cheia de brilhantes,
Et une nuit pleine d’éclats,
Ergue-se a lua como a minha Sina.
Se lève la lune comme se lève mon destin.

*

Eu, que fui sempre um mau estudante, agora
Moi, qui fus toujours un mauvais élève, maintenant
Não faço mais que ver o navio ir
Je ne fais plus que regarder le navire aller
Pelo canal de Suez a conduzir
Par le  Canal de Suez qui conduit
A minha vida, cânfora na aurora.
Ma vie, camphre dans l’aurore.

*

Perdi os dias que já aproveitara
Je perdis les jours que j’avais amassés
 Trabalhei para ter só o cansaço
A travailler pour avoir seulement de la fatigue
Que é hoje em mim uma espécie de braço
Qui est maintenant en moi une sorte de bras
Que ao meu pescôço me sufoca e ampara.
A mon cou qui m’étouffe et me soutient.

*

E fui criança como toda a gente.
Et je fus un enfant comme tout le monde.
Nasci numa província portuguêsa
Je suis né dans une province portugaise
 E tenho conhecido gente inglêsa
Et les anglais que je connais
Que diz que eu sei inglês perfeitamente.
disent que je sais parfaitement l’anglais.

*

 Gostava de ter poemas e novelas
Je voudrais avoir des poèmes et des romans
Publicados por Plon e no Mercure,
Publiés chez Plon et au Mercure,
Mas é impossível que esta vida dure.
Mais il est impossible que cette vie dure.
Se nesta viagem nem houve procelas!
Si dans ce voyage je ne trouvais pas de tempête !

*

A vida a bordo é uma coisa triste,
La vie à bord est une chose triste,
Embora a gente se divirta às vezes.
Bien que nous nous amusions parfois.
Falo com alemães, suecos e ingleses
Je parle l’allemand, le suédois et l’anglais
  E a minha mágoa de viver persiste.
Et ma douleur de vivre persiste.

*

Eu acho que não vale a pena ter
Je ne crois pas utile d’avoir
Ido ao Oriente e visto a índia e a China.
A voyager à l’Est et voir l’Inde et la Chine.
A terra é semelhante e pequenina
La terre est semblable et petite
E há só uma maneira de viver.
Et il n’y a qu’une seule façon de vivre.

*

Por isso eu tomo ópio. É um remédio
Donc, je prends de l’opium. C’est un remède
Sou um convalescente do Momento.
Je suis un convalescent du Moment.
Moro no rés-do-chão do pensamento
Je vis au rez-de-chaussée de la pensée
E ver passar a Vida faz-me tédio.
Et voir passer la vie m’ennuie.

*

Fumo. Canso. Ah uma terra aonde, enfim,
Je fume. Je fatigue. Ah ! une terre où, enfin,
Muito a leste não fosse o oeste já!
Très à l’est, je ne suis pas tout à fait à l’ouest !
Pra que fui visitar a Índia que há
Pourquoi suis-je allé visiter l’Inde
Se não há Índia senão a alma em mim?
S’il n’y a pas d’Inde sinon dans l’âme en moi ?

*

Sou desgraçado por meu morgadio.
Je suis déshonoré par mon antériorité de naissance.
Os ciganos roubaram minha Sorte.
Les tsiganes ont volé ma Chance.
Talvez nem mesmo encontre ao pé da morte
Peut-être même ne trouverai-je pas au pied de la mort
Um lugar que me abrigue do meu frio.
Un endroit qui m’abritera de mon froid.

*

 Eu fingi que estudei engenharia.
Je prétendais étudier le génie.
Vivi na Escócia. Visitei a Irlanda.
Je vécu en Ecosse. Je suis allé en Irlande.
Meu coração é uma avòzinha que anda
Mon cœur est comme une marche de grand-mère
 Pedindo esmola ás portas da Alegria.
Mendiant aux portes de la Joie.

*

Não chegues a Port-Said, navio de ferro!
Ne viens pas près de Port-Saïd, navire de fer !
Volta à direita, nem eu sei para onde.
Tourne à droite,  je ne sais pas par où.
Passo os dias no smokink-room com o conde –
Je passe les jours dans le fumoir avec le comte
Um escroc francês, conde de fim de enterro.
Un escroc français, un comte de fin d’enterrement.

*

Volto à Europa descontente, e em sortes
Je rentre en Europe malheureux, et prêt
  De vir a ser um poeta sonambólico.
A devenir un poète somnambule.
  Eu sou monárquico mas não católico
Je ne suis pas catholique, mais monarchique
E gostava de ser as coisas fortes.
Et je souhaite être comme les choses fortes.

*

Gostava de ter crenças e dinheiro,
Je souhaite avoir des croyances et de l’argent,
Ser vária gente insípida que vi.
Être les insipides personnes que j’ai vues.
Hoje, afinal, não sou senão, aqui,
Aujourd’hui, après tout, je ne suis ici,
Num navio qualquer um passageiro.
Sur un navire quelconque qu’un passager.

*

Não tenho personalidade alguma.
Je n’ai aucune personnalité qui soit.
É mais notado que eu esse criado
Il est plus remarquable que moi ce garçon
De bordo que tem um belo modo alçado
De bord  qui a une belle manière élégante
  De laird escocês há dias em jejum.
De lord écossais pendant des jours à jeun.

*

Não posso estar em parte alguma.
Je ne peux pas être partout.
A minha Pátria é onde não estou. Sou doente e fraco.
Ma patrie est là où je ne suis pas. Je suis malade et faible.
O comissário de bordo é velhaco.
Le commissaire de bord est un voyou.
Viu-me co’a sueca… e o resto ele adivinha.
Il m’a vu avec la suédoise et le reste il le devine.

*

Um dia faço escândalo cá a bordo,
Un jour, je vais faire un scandale ici à bord,
Só para dar que falar de mim aos mais.
Juste pour vous entendiez parler de moi un peu plus.
Não posso com a vida, e acho fatais
Je n’en peux plus de la vie, et je pense que sont fatales
As iras com que às vezes me debórdo.
Les colères qui parfois me débordent.

*

Levo o dia a fumar, a beber coisas,
Je passe la journée à fumer, à boire des choses,
Drogas americanas, que entontecem,
Des drogues américaines, qui enivrent,
E eu jà taõ bêbado sem nada ! Déssem
Et je suis déjà tellement ivre avec rien ! Pour cela
Melhor cérebro aos meus nervos como rosas.
Pas de meilleur cerveau à mes nerfs de rose.

*

Escrevo estas linhas. Parece impossível
J’écris ces lignesIl semble impossible
Que mesmo ao ter talento eu mal o sinta!
Qu’avec autant de talent, je le sente à peine !
  O fato é que esta vida é uma quinta
Le fait est que cette vie est une béance
Onde se aborrece uma alma sensível.
 se perd une âme sensible.

*

 Os inglêses são feitos pra existir.
Les Anglais sont destinés à exister.
Não há gente como esta pra estar feita
Il n’y a pas de gens comme cela à fricoter
Com a Tranquilidade. A gente deita
Avec la Tranquillité. Une personne laisse
Um vintém e sai um deles a sorrir.
Une pièce et sort, une autre rentre en souriant.

*

Pertenço a um gênero de portuguêses
Je fais partie de ces Portugais
Que depois de estar a Índia descoberta
Qui, l’Inde ayant été découverte
Ficaram sem trabalho. A morte é certa.
Se retrouvèrent sans travail. La mort est certaine.
Tenho pensado nisto muitas vezes.
J’y ai pensé plusieurs fois.

*

Leve o diabo a vida e a gente tê-la!
Donnez au diable la vie et ce que les gens en font !
Nem leio o livro à minha cabeceira.
Je ne lis pas le livre à mon chevet.
Enoja-me o Oriente. É uma esteira
L’Orient me dégoûte. C’est une natte
Que a gente enróla e deixa de ser béla.
Que nous avons roulée et qui en oubliera d’être belle.

*

Caio no ópio por força. Lá querer
Par force, je tombe dans l’opiumLà, vouloir
Que eu leve a limpo uma vida destas
Que je mette au propre une vie de cette sorte
Não se pode exigir. Almas honestas
On ne peut l’exiger. Âmes honnêtes
Com horas pra dormir e pra comer,
Avec des heures pour dormir et pour manger,

*

Que um raio as parta! E isto afinal é inveja.
Quelle distance la pause ! Et cela n’est finalement que de l’envie.
Porque estes nervos são a minha morte.
Parce que ces nerfs sont ma mort.
Não haver um navio que me transporte
N’y-a-t-il pas un navire qui me transporterai
Para onde eu nada queira que o não veja!
Là où je ne souhaite rien que je ne vois pas!

*

Ora! Eu cansava-me o mesmo modo.
Maintenant ! Je me fatiguerais de la même façon.
Qu’ria outro ópio mais forte pra ir de ali
Je voudrais un autre opium, plus fort, envisager
Para sonhos que dessem cabo de mim
Des rêves qui donnent une fin de moi
E pregassem comigo nalgum lôdo.
Et me jettent dans la boue.

*

Febre! Se isto que tenho não é febre,
Fièvre ! Si cela n’est pas de la fièvre,
Não sei como é que se tem febre e sente.
Je ne sais pas comment vous avez de la fièvre et ce que vous sentez.
O fato essencial é que estou doente.
Le fait essentiel est que je suis malade.
Está corrida, amigos, esta lebre. 
C’en est fini, les amis, pour ce lièvre.

*

Veio a noite. Tocou já a primeira
Elle est venue, la nuit. A la première
Corneta, pra vestir para o jantar.
Cloche, pour qu’ils s’habillent pour le dîner.
Vida social por cima! Isso! E marchar
La vie sociale en plus ! Eh oui! et marcher
Até que a gente saia pla coleira!
Comme ces gens qui sortent par le collier !

*

Porque isto acaba mal e há-de haver
Parce que tout cela se terminera mal et il y aura
(Olá!) sangue e um revólver lá pró fim
(Bonjour!) Du sang et un révolver, là pour la fin
Deste desassossego que há em mim
De cette agitation en moi
E não há forma de se resolver.
Et il n’y a pas moyen de s’y résoudre.

*

E quem me olhar, há-de-me achar banal,
Et qui me regarde, doit me trouver banal,
 A mim e à minha vida… Ora! um rapaz…
Moi et ma vie Regarde ! un garçon …
O meu próprio monóculo me faz
Mon propre monocle me fait
Pertencer a um tipo universal.
Appartenir à un type universel.

*

Ah quanta alma viverá, que ande metida
Ah ! Combien d’âme vivront, qui marchent nichés
Assim como eu na Linha, e como eu mística!
Tout comme moi sur la Ligne, et comme moi mystiques !
Quantos sob a casaca característica
Combien sous le manteau caractéristique
Não terão como eu o horror à vida?
N’auront pas, comme moi, l’horreur de la vie?

*

Se ao menos eu por fora fosse tão
Si seulement j’étais du dehors
Interessante como sou por dentro!
Intéressant comment je le suis à l’intérieur!
Vou no Maelstrom, cada vêz mais pró centro.
Je suis dans le Maelstrom, chaque fois plus près du centre.
Não fazer nada é a minha perdição.
Ne rien faire, voici ma perte.

*

Um inútil. Mas é tão justo sê-lo!
Un inutile. Mais il est si juste de l’être !
Pudesse a gente desprezar os outros
Nous pourrions regarder de haut les autres
E, ainda que co’os cotovêlos rôtos,
Et, tandis qu’avec nos coudes troués,
Ser herói, doido, amaldiçoado ou bélo!
Être héros, loufoque, maudit ou beau !

*

Tenho vontade de levar as mãos
Je veux lever les mains
À boca e morder nelas fundo e a mal.
Dans la bouche et les mordre à fond et me faire mal.
Era uma ocupação original
Ce serait une occupation originale
E distraía os outros, os tais sãos.
Et distrayant les autres, ceux qui se disent en bonne santé.

*

O absurdo, como uma flor da tal Índia
L’absurdité, comme une fleur d’une telle Inde
Que não vim encontrar na Índia, nasce
Je ne suis pas allé trouver en Inde, est
No meu cérebro farto de cansar-se.
Dans mon cerveau fatigué d’être fatigant.
A minha vida mude-a Deus ou finde-a… 
Ma vie qu’il la change, Dieu, où qu’il en finisse…

*

Deixe-me estar aqui, nesta cadeira,
Qu’Il me laisse ici, dans ce fauteuil,
Até virem meter-me no caixão.
Jusqu’à ce qu’ils viennent me chercher avec le cercueil.
Nasci pra mandarim de condição,
Je suis né pour avoir une condition de mandarin,
Mas falta-me o sossego, o chá e a esteira.
Mais je manque de calme, de thé et de natte.

*

Ah que bom que era ir daqui de caída
Oh ! Combien ce serait bon de courir 
Prá cova por um alçapão de estouro!
Dans des trous par un piège  !
A vida sabe-me a tabaco louro.
La vie a le goût du tabac blond.
Nunca fiz mais do que fumar a vida.
Je n’ai rien fait de plus que de fumer la vie.

*

E afinal o que quero é fé, é calma,
Et après tout ce que je veux, c’est la foi, et calmement,
E não ter estas sensações confusas.
Et ne pas avoir ces sentiments confus.
Deus que acabe com isto! Abra as eclusas —
Dieu, qu’Il en finisse avec çà ! Ouvrez les verrous
E basta de comédias na minh’alma!
Et assez de comédies dans mon âme!

**
TRADUCTION Jacky Lavauzelle
ARTGITATO