Archives par mot-clé : traduction

Antão Vasques de Almada – OS LUSIADAS IV-25 LES LUSIADES LUIS DE CAMOES

*

OS LUSIADAS CAMOES CANTO IV
Os Lusiadas Les Lusiades
OS LUSIADAS IV-25 LES LUSIADES IV-25
LITTERATURE PORTUGAISE

Os Lusiadas Traduction Jacky Lavauzelle Les Lusiades de Luis de Camoes




Os Lusiadas Traduction Jacky Lavauzelle Les Lusiades de Luis de Camoes

literatura português

Luis de Camões
[1525-1580]

Tradução – Traduction
texto bilingue




Luis de Camoes Les Lusiades Trad Jacky Lavauzelle

 Obra Poética  (1556)




OS LUSIADAS IV-25
A Epopeia Portuguesa

 

Traduction Jacky Lavauzelle

Camoes Traduction Jacky Lavauzelle
Vasco de Gama

 

Traduction Jacky Lavauzelle

 

******




******

Les préparatifs au combat
L’aile gauche des troupes
Antão Vasques de Almada

*******

« E da outra ala, que a esta corresponde,
« Et sur l’autre aile, à l’aile opposée,
Antão Vasques de Almada é capitão,
  Antão Vasques de Almada est le capitaine,
Que depois foi de Abranches nobre Conde,
  Qui plus tard fut le Comte d’Avranches,
  Das gentes vai regendo a sestra mão.
 Qui dirige tout le côté gauche.
    Logo na retaguarda não se esconde
 A sa traîne, l’arrière brandit
 Das quinas e castelos o pendão,
  Des quinas arborant les tours de châteaux,
Com Joane, Rei forte em toda parte,
  Avec Jean, roi si fort en toute part
   Que escurecendo o preço vai de Alarte.
Qu’il en assombrit même le nom de Mars.

**

Traduction Jacky Lavauzelle
Nuno Álvares Pereira

****

OS LUSIADAS CANTO IV

****

Traduction Jacky Lavauzelle

Vasco de Gama par Gregorio Lopes

**************

**

LA MORT DU VETERAN CAMOES

Et puis, pour qu’un royaume ait des gens de lettres, il lui faut de l’argent pour les pensionner. Le Portugal, qui épuisait son épargne en flottes, en armées, en constructions de citadelles, ne pouvait avoir dans son budget un chapitre d’encouragemens aux lettres et aux arts. Bientôt même l’état ruiné par ses conquêtes, obéré par la victoire, n’eut plus de quoi suffire aux besoins de ses armées : il finit par ne pouvoir plus nourrir ceux qui l’avaient servi. Camoens mourut à l’hôpital, ou à-peu-près ; mais ce ne fut pas comme poète ; ce ne fut pas comme Gilbert et Maifilâtre à côté d’autres écrivains largement rentes: ce fut comme un vétéran dont la solde manque, ou dont la pension de retraite est suspendue.il mourut comme beaucoup de ses compagnons d’armes, comme mouraient les vice-rois eux-mêmes, qui n’avaient pas toujours (témoin dom Joâo de Castro) de quoi acheter une pouie dans leur dernière maladie.

« Qu’y a-t-il de plus déplorable que de voir un si grand génie si mal récompensé ? Je l’ai vu mourir dans un hôpital de Lisbonne, sans avoir un drap pour se couvrir, lui qui avait si bravement combattu dans l’Inde orientale et qui avait fait cinq mille cinq cents lieues en mer. Grande leçon pour ceux qui se fatiguent à travailler nuit et jour et aussi vainement que l’araignée qui ourdit sa toile pour y prendre des mouches. »
Il peut résulter de cette apostille que José Indio a vu Camoens à l’hôpital, sans qu’il faille prendre à la lettre les mots je l’ai vu mourir.
Ce fut dans ces circonstances que le désastre d’AIkacer Kébir (4 août 1578) frappa de mort le Portugal. Il restait encore à Camoens une larme pour sa patrie : Ah ! s’écria-t-il, du moins je meurs avec elle ! Il répéta la même pensée dans la dernière lettre qu’il ait écrite. « Enfin, disait-il, je vais sortir de la vie, et il sera manifeste à tous que j’ai tant aimé ma patrie, que non-seulement je me trouve heureux de mourir dans son sein, mais encore de mourir avec elle. »
Il ne survécut que peu de mois à ce désastre, et mourut au commencement de 1579, à l’âge de cinquante-cinq ans.
Il fut enterré très pauvrement dans l’église de Santa Anna, dit Pedro de Mariz, à gauche en entrant et sans que rien indiquât sa sépulture. Ses malheurs firent une impression si profonde, que personne ne voulut plus occuper la maison qu’il avait habitée. Elle est restée vide depuis sa mort. Les prévisions de Camoens ne tardèrent pas à s’accomplir. Le Portugal, ce royaume né d’une victoire et mort dans une défaite, tomba bientôt sous le joug de Philippe IL Ce monarque visitant ses nouvelles provinces, s’informa du poète, et, en apprenant qu’il n’existait plus, il témoigna un vif regret….

Charles Magnin
Luiz de Camoëns
Revue des Deux Mondes
Période Initiale, tome 6

*********************

Traduction Jacky Lavauzelle

ARTGITATO
*********************


Camoes Os Lusiadas IV Traduction Jacky Lavauzelle

 OS LUSIADAS IV

LUIS DE CAMOES LES LUSIADES

Camoes Canto III

Mem Rodrigues de Vasconcelos – OS LUSIADAS IV-24 LES LUSIADES LUIS DE CAMOES – Dom Nuno Alvares digo, verdadeiro

*

OS LUSIADAS CAMOES CANTO IV
Os Lusiadas Les Lusiades
OS LUSIADAS IV-24 LES LUSIADES IV-24
LITTERATURE PORTUGAISE

Os Lusiadas Traduction Jacky Lavauzelle Les Lusiades de Luis de Camoes




Os Lusiadas Traduction Jacky Lavauzelle Les Lusiades de Luis de Camoes

literatura português

Luis de Camões
[1525-1580]

Tradução – Traduction
texto bilingue




Luis de Camoes Les Lusiades Trad Jacky Lavauzelle

 Obra Poética  (1556)




OS LUSIADAS IV-24
A Epopeia Portuguesa

 

Traduction Jacky Lavauzelle

Camoes Traduction Jacky Lavauzelle
Vasco de Gama

 

Traduction Jacky Lavauzelle

 

******




******

Les préparatifs au combat
L’aile droite des troupes
Mem Rodrigues de Vasconcelos

*******

« Dom Nuno Alvares digo, verdadeiro
« Je parle de Nuno Álvares Pereira ici, 
Açoute de soberbos Castelhanos
  Malédiction des Castillans altiers,
   Como já o fero Huno o foi primeiro
Comme le féroce Hun le fut jadis
 Para Franceses, para Italianos.
 Pour les Italiens et pour les Français.
Outro também famoso cavaleiro,
Tout aussi célèbre, un autre chevalier,
Que a ala direita tem dos Lusitanos,
A l’aile droite des Lusitaniens,
 Apto para mandá-los, e regê-los,
  Apte pour les commander et les gouverner,
 Mem Rodrigues se diz de Vasconcelos. 
  Mem Rodrigues de Vasconcelos se tient. 

**

Traduction Jacky Lavauzelle
Nuno Álvares Pereira

****

OS LUSIADAS CANTO IV

****

Traduction Jacky Lavauzelle

Vasco de Gama par Gregorio Lopes

**************

**

LA MORT DU VETERAN CAMOES

Et puis, pour qu’un royaume ait des gens de lettres, il lui faut de l’argent pour les pensionner. Le Portugal, qui épuisait son épargne en flottes, en armées, en constructions de citadelles, ne pouvait avoir dans son budget un chapitre d’encouragemens aux lettres et aux arts. Bientôt même l’état ruiné par ses conquêtes, obéré par la victoire, n’eut plus de quoi suffire aux besoins de ses armées : il finit par ne pouvoir plus nourrir ceux qui l’avaient servi. Camoens mourut à l’hôpital, ou à-peu-près ; mais ce ne fut pas comme poète ; ce ne fut pas comme Gilbert et Maifilâtre à côté d’autres écrivains largement rentes: ce fut comme un vétéran dont la solde manque, ou dont la pension de retraite est suspendue.il mourut comme beaucoup de ses compagnons d’armes, comme mouraient les vice-rois eux-mêmes, qui n’avaient pas toujours (témoin dom Joâo de Castro) de quoi acheter une pouie dans leur dernière maladie.

« Qu’y a-t-il de plus déplorable que de voir un si grand génie si mal récompensé ? Je l’ai vu mourir dans un hôpital de Lisbonne, sans avoir un drap pour se couvrir, lui qui avait si bravement combattu dans l’Inde orientale et qui avait fait cinq mille cinq cents lieues en mer. Grande leçon pour ceux qui se fatiguent à travailler nuit et jour et aussi vainement que l’araignée qui ourdit sa toile pour y prendre des mouches. »
Il peut résulter de cette apostille que José Indio a vu Camoens à l’hôpital, sans qu’il faille prendre à la lettre les mots je l’ai vu mourir.
Ce fut dans ces circonstances que le désastre d’AIkacer Kébir (4 août 1578) frappa de mort le Portugal. Il restait encore à Camoens une larme pour sa patrie : Ah ! s’écria-t-il, du moins je meurs avec elle ! Il répéta la même pensée dans la dernière lettre qu’il ait écrite. « Enfin, disait-il, je vais sortir de la vie, et il sera manifeste à tous que j’ai tant aimé ma patrie, que non-seulement je me trouve heureux de mourir dans son sein, mais encore de mourir avec elle. »
Il ne survécut que peu de mois à ce désastre, et mourut au commencement de 1579, à l’âge de cinquante-cinq ans.
Il fut enterré très pauvrement dans l’église de Santa Anna, dit Pedro de Mariz, à gauche en entrant et sans que rien indiquât sa sépulture. Ses malheurs firent une impression si profonde, que personne ne voulut plus occuper la maison qu’il avait habitée. Elle est restée vide depuis sa mort. Les prévisions de Camoens ne tardèrent pas à s’accomplir. Le Portugal, ce royaume né d’une victoire et mort dans une défaite, tomba bientôt sous le joug de Philippe IL Ce monarque visitant ses nouvelles provinces, s’informa du poète, et, en apprenant qu’il n’existait plus, il témoigna un vif regret….

Charles Magnin
Luiz de Camoëns
Revue des Deux Mondes
Période Initiale, tome 6

*********************

Traduction Jacky Lavauzelle

ARTGITATO
*********************


Camoes Os Lusiadas IV Traduction Jacky Lavauzelle

 OS LUSIADAS IV

LUIS DE CAMOES LES LUSIADES

Camoes Canto III

LE DEPART DE JEAN Ier D’ABRANTES – OS LUSIADAS IV-23 LES LUSIADES LUIS DE CAMOES – Com toda esta lustrosa companhia

*

OS LUSIADAS CAMOES CANTO IV
Os Lusiadas Les Lusiades
OS LUSIADAS IV-23 LES LUSIADES IV-23
LITTERATURE PORTUGAISE

Os Lusiadas Traduction Jacky Lavauzelle Les Lusiades de Luis de Camoes




Os Lusiadas Traduction Jacky Lavauzelle Les Lusiades de Luis de Camoes

literatura português

Luis de Camões
[1525-1580]

Tradução – Traduction
texto bilingue




Luis de Camoes Les Lusiades Trad Jacky Lavauzelle

 Obra Poética  (1556)




OS LUSIADAS IV-23
A Epopeia Portuguesa

 

Traduction Jacky Lavauzelle

Camoes Traduction Jacky Lavauzelle
Vasco de Gama

 

Traduction Jacky Lavauzelle

 

******




******

Les préparatifs au combat
Le départ de Jean Ier d’Abrantes

*******

« Com toda esta lustrosa companhia
« Avec toute cette compagnie brillante,
Joane forte sai da fresca Abrantes,
  Le noble Jean quitte la fraîche Abrantes,
Abrantes, que também da fonte fria
  Abrantes, qui, aussi des froides sources
   Do Tejo logra as águas abundantes.
Du Tage, reçoit ses abondantes eaux.
Os primeiros armígeros regia
  Les premiers guerriers suivaient
  Quem para reger era os mui possantes
 Un seigneur qui aurait pu guider les puissantes
 Orientais exércitos, sem conto,
  Armées orientales, sans conteste,
   Com que passava Xerxes o Helesponto.
Quand le grand Xerxès traversa l’Hellespont.   

**

Traduction Jacky Lavauzelle
Nuno Álvares Pereira

****

OS LUSIADAS CANTO IV

****

Traduction Jacky Lavauzelle

Vasco de Gama par Gregorio Lopes

**************

**

LA MORT DU VETERAN CAMOES

Et puis, pour qu’un royaume ait des gens de lettres, il lui faut de l’argent pour les pensionner. Le Portugal, qui épuisait son épargne en flottes, en armées, en constructions de citadelles, ne pouvait avoir dans son budget un chapitre d’encouragemens aux lettres et aux arts. Bientôt même l’état ruiné par ses conquêtes, obéré par la victoire, n’eut plus de quoi suffire aux besoins de ses armées : il finit par ne pouvoir plus nourrir ceux qui l’avaient servi. Camoens mourut à l’hôpital, ou à-peu-près ; mais ce ne fut pas comme poète ; ce ne fut pas comme Gilbert et Maifilâtre à côté d’autres écrivains largement rentes: ce fut comme un vétéran dont la solde manque, ou dont la pension de retraite est suspendue.il mourut comme beaucoup de ses compagnons d’armes, comme mouraient les vice-rois eux-mêmes, qui n’avaient pas toujours (témoin dom Joâo de Castro) de quoi acheter une pouie dans leur dernière maladie.

« Qu’y a-t-il de plus déplorable que de voir un si grand génie si mal récompensé ? Je l’ai vu mourir dans un hôpital de Lisbonne, sans avoir un drap pour se couvrir, lui qui avait si bravement combattu dans l’Inde orientale et qui avait fait cinq mille cinq cents lieues en mer. Grande leçon pour ceux qui se fatiguent à travailler nuit et jour et aussi vainement que l’araignée qui ourdit sa toile pour y prendre des mouches. »
Il peut résulter de cette apostille que José Indio a vu Camoens à l’hôpital, sans qu’il faille prendre à la lettre les mots je l’ai vu mourir.
Ce fut dans ces circonstances que le désastre d’AIkacer Kébir (4 août 1578) frappa de mort le Portugal. Il restait encore à Camoens une larme pour sa patrie : Ah ! s’écria-t-il, du moins je meurs avec elle ! Il répéta la même pensée dans la dernière lettre qu’il ait écrite. « Enfin, disait-il, je vais sortir de la vie, et il sera manifeste à tous que j’ai tant aimé ma patrie, que non-seulement je me trouve heureux de mourir dans son sein, mais encore de mourir avec elle. »
Il ne survécut que peu de mois à ce désastre, et mourut au commencement de 1579, à l’âge de cinquante-cinq ans.
Il fut enterré très pauvrement dans l’église de Santa Anna, dit Pedro de Mariz, à gauche en entrant et sans que rien indiquât sa sépulture. Ses malheurs firent une impression si profonde, que personne ne voulut plus occuper la maison qu’il avait habitée. Elle est restée vide depuis sa mort. Les prévisions de Camoens ne tardèrent pas à s’accomplir. Le Portugal, ce royaume né d’une victoire et mort dans une défaite, tomba bientôt sous le joug de Philippe IL Ce monarque visitant ses nouvelles provinces, s’informa du poète, et, en apprenant qu’il n’existait plus, il témoigna un vif regret….

Charles Magnin
Luiz de Camoëns
Revue des Deux Mondes
Période Initiale, tome 6

*********************

Traduction Jacky Lavauzelle

ARTGITATO
*********************


Camoes Os Lusiadas IV Traduction Jacky Lavauzelle

 OS LUSIADAS IV

LUIS DE CAMOES LES LUSIADES

Camoes Canto III

AUSSI LONGTEMPS QUE TU LE PEUX – Poème de Constantin Cavafis Όσο Mπορείς

Grèce – Ελλάδα

***

Traduction Jacky Lavauzelle*******

**
Constantin Cavafy poèmes
**

LITTERATURE GRECQUE
POESIE GRECQUE

Ελληνική λογοτεχνία
Ελληνική ποίηση

**

Constantin Cavafy
Καβάφης
1863 – 1933

Traduction Jacky Lavauzelle

**

Traduction Jacky Lavauzelle


LES POEMES GRECS

 AUSSI LONGTEMPS QUE TU LE PEUX
Όσο Mπορείς
**
1913

**

Périclès Pantazis, Περικλής Πανταζής, Χιονισμένο τοπίο, Paysage enneigé , E. Galerie Averoff, Musée Averoff,, Pinacothèque E. Averoff, Metsovo, Epire

**

Κι αν δεν μπορείς να κάμεις την ζωή σου όπως την θέλεις,
Et si tu ne peux pas avoir la vie que tu désires,
τούτο προσπάθησε τουλάχιστον
tout du moins, essaie
όσο μπορείς: μην την εξευτελίζεις
aussi longtemps que tu le peux de l’avoir : ne te perds pas
μες στην πολλή συνάφεια του κόσμου,
Dans la confusion du monde,
μες στες πολλές κινήσεις κι ομιλίες.
dans des gestes et discours inutiles.

*

Μην την εξευτελίζεις πηαίνοντάς την,
Ne t’égare pas dans des aventures fiévreuses,
γυρίζοντας συχνά κ’ εκθέτοντάς την
en participant à tout et en t’exposant
στων σχέσεων και των συναναστροφών
à d’inutiles relations et contacts
την καθημερινήν ανοησία,
jusqu’à la folie quotidienne,
 ώς που να γίνει σα μια ξένη φορτική.
jusqu’à ce que tu deviennes à toi-même un étrange étranger.

**********************
Καβάφης
Traduction Jacky Lavauzelle

ARTGITATO
**********************

LA POESIE GRECQUE EN GRECE 

Le langage est ce qu’il y a en Grèce de plus antique. C’est un grand charme pour celui qui a voué un culte à l’antiquité grecque d’entendre parler grec autour de lui, de reconnaître dans les conversations d’un guide ou d’un marinier tel mot qu’il n’avait jusque-là rencontré que dans Homère. Il semble alors qu’on est réellement transporté dans la Grèce antique ; on est tenté de dire aux passans, comme Philoctète à ses compatriotes retrouvés dans Lemnos : je veux vous entendre, et de s’écrier comme lui, ô langage bien aimé ! Mais, pour se livrer à ce transport, il faudrait, dira-t-on, que ce langage fût celui des anciens Hellènes, et non pas un dérivé imparfait que défigure une prononciation bizarre. A cela on peut répondre : Quant à la prononciation, il n’y a pas de raison pour que les descendans de Périclès adoptent le système qu’un savant Hollandais a imaginé au XVIe siècle. Du reste la question est délicate et ne saurait être traitée ici. Qu’il suffise d’affirmer que plusieurs règles de prononciation, adoptées par les Grecs modernes, remontent à la plus haute antiquité, et que l’on trouve déjà dans le second siècle de notre ère des exemples de l’iotacisme, c’est-à-dire de ê, ei, oi, prononcés i, bien que l’iotacisme ne paraisse avoir été définitivement et complètement constituée qu’au Xe ou XIe siècle.

Dans le langage populaire de certaines parties de la Grèce, on retrouve quelques vestiges des dialectes qui y furent parlé autrefois. En général, les anciens dialectes grecs ont péri par suite de la conquête, qui les a éteints avec la vie locale des pays subjugués. Cependant ils n’ont pas disparu entièrement ; on retrouve des traces assez nombreuses du dialecte œolien dans la Béotie et la Phocide, et dans un canton montagneux du Péloponèse, la Tzaconie, le dialecte dorien s’est merveilleusement conservé un certain nombre de mots grecs oubliés par le temps ont été remplacés dans l’usage par une autre expression : ainsi, trecho, courir, au lieu de dremo ; au lieu d’artos, pain, psomi. Eh bien ! il arrive que le vieux mot grec oublié se retrouve dans un coin de la Grèce, par exemple dremo dans les villages du Parnasse…

Jean-Jacques Ampère
La poésie grecques en Grèce
Seconde Partie
Revue des Deux Mondes, tome 7, 1844

***

Καβάφης
Constantin Cavafy
Έλληνα ποιητή
Cavafy Poèmes

Constantin Cavafy – En attendant les barbares – Περιμένοντας τους Βαρβάρους

Grèce – Ελλάδα

***

Traduction Jacky Lavauzelle*******

**
Constantin Cavafy poèmes
**

LITTERATURE GRECQUE
POESIE GRECQUE

Ελληνική λογοτεχνία
Ελληνική ποίηση

**

Constantin Cavafy
1863 – 1933

Traduction Jacky Lavauzelle

**

Traduction Jacky Lavauzelle


LES POEMES GRECS

 Περιμένοντας τους Βαρβάρους 

En attendant les Barbares
1904

**

Traduction Jacky Lavauzelle
Les Huns à la bataille de Chalons, Alphonse de Neuville

***

-Τι περιμένουμε στην αγορά συναθροισμένοι;
-Ensemble, qu’attendons-nous sur l’agora ?
 Είναι οι βάρβαροι να φθάσουν σήμερα.
Aujourd’hui, il paraît qu’une bande de barbares bientôt déferlera.

*

-Γιατί μέσα στην Σύγκλητο μιά τέτοια απραξία;
-Pourquoi rien ne vient du Sénat ?
Τι κάθοντ’ οι Συγκλητικοί και δεν νομοθετούνε;
Pourquoi nos sénateurs ne légifèrent donc pas ?

*

-Γιατί οι βάρβαροι θα φθάσουν σήμερα.
– Car les barbares aujourd’hui arriveront.
Τι νόμους πια θα κάμουν οι Συγκλητικοί;
Quelles lois peut-on faire maintenant ?
Οι βάρβαροι σαν έλθουν θα νομοθετήσουν.
Les barbares à leur tour légiféreront.

*

-Γιατί ο αυτοκράτωρ μας τόσο πρωί σηκώθη,
-Pourquoi notre empereur s’est-il ce matin levé,
και κάθεται στης πόλεως την πιο μεγάλη πύλη
et est parti à la plus grande porte et s’est assis tout devant,
  στον θρόνο επάνω, επίσημος, φορώντας την κορώνα;
sur le trône,  avec sa tête couronnée ?

*

-Γιατί οι βάρβαροι θα φθάσουν σήμερα.
– Car les barbares arriveront aujourd’hui.
Κι ο αυτοκράτωρ περιμένει να δεχθεί
Et l’empereur attend de recevoir ici
τον αρχηγό τους. Μάλιστα ετοίμασε
avec les honneurs leur chef. Il a rédigé pour l’occasion
για να τον δώσει μια περγαμηνή. Εκεί
un parchemin à lui remettre. Là s’y trouvent les fonctions
 τον έγραψε τίτλους πολλούς κι ονόματα.
et les titres des dignitaires.

*

-Γιατί οι δυό μας ύπατοι κ’ οι πραίτορες εβγήκαν
-Nos deux consuls et nos préteurs se sont présentés
σήμερα με τες κόκκινες, τες κεντημένες τόγες·
aujourd’hui accoutrés de leurs toges rouges brodées ;
γιατί βραχιόλια φόρεσαν με τόσους αμεθύστους,
les bracelets avec grande ostentation étaient par eux portés ,
και δαχτυλίδια με λαμπρά γυαλιστερά σμαράγδια·
et des anneaux avec des émeraudes brillantes par eux affichés ;
γιατί να πιάσουν σήμερα πολύτιμα μπαστούνια
des bâtons de valeur aujourd’hui sont présentés
 μ’ ασήμια και μαλάματα έκτακτα σκαλισμένα;
d’argent et d’or extraordinairement sculptés ?

*

Γιατί οι βάρβαροι θα φθάσουν σήμερα·
Car ils arriveront aujourd’hui les barbares
και τέτοια πράγματα θαμπόνουν τους βαρβάρους.
et de telles choses impressionneront nos barbares.

*

-Γιατί κ’ οι άξιοι ρήτορες δεν έρχονται σαν πάντα
-Pourquoi ne viennent-ils pas comme toujours, nos orateurs de renom
να βγάλουνε τους λόγους τους, να πούνε τα δικά τους;
faire leurs propres sermons ?

*

Γιατί οι βάρβαροι θα φθάσουν σήμερα·
Car les barbares arriveront aujourd’hui
κι αυτοί βαριούντ’ ευφράδειες και δημηγορίες.
et  leur éloquence et de leur sermon les ennuient.

*

-Γιατί ν’ αρχίσει μονομιάς αυτή η ανησυχία
-Pourquoi cette inquiétude d’emblée
κ’ η σύγχυσις. (Τα πρόσωπα τι σοβαρά που έγιναν).
et cette confusion. Que de personnes tracassées !
Γιατί αδειάζουν γρήγορα οι δρόμοι κ’ οι πλατέες,
Pourquoi les rues et les places se vident-elles si précipitamment,
κι όλοι γυρνούν στα σπίτια τους πολύ συλλογισμένοι;
et pourquoi tous rentrent-ils dans leurs maisons comme absents ?

*

Γιατί ενύχτωσε κ’ οι βάρβαροι δεν ήλθαν.
Cette nuit, en fait, les barbares ne sont pas venus.
Και μερικοί έφθασαν απ’ τα σύνορα,
Et certains, qui venaient de la frontière,
και είπανε πως βάρβαροι πια δεν υπάρχουν.
ont dit que les barbares n’existaient plus.

*

Και τώρα τι θα γένουμε χωρίς βαρβάρους.
Et maintenant, qu’arrivera-t-il sans les barbares ?
Οι άνθρωποι αυτοί ήσαν μιά κάποια λύσις.
Eux qui étaient une solution !

**********************
Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
**********************

LA POESIE GRECQUE EN GRECE 

Le langage est ce qu’il y a en Grèce de plus antique. C’est un grand charme pour celui qui a voué un culte à l’antiquité grecque d’entendre parler grec autour de lui, de reconnaître dans les conversations d’un guide ou d’un marinier tel mot qu’il n’avait jusque-là rencontré que dans Homère. Il semble alors qu’on est réellement transporté dans la Grèce antique ; on est tenté de dire aux passans, comme Philoctète à ses compatriotes retrouvés dans Lemnos : je veux vous entendre, et de s’écrier comme lui, ô langage bien aimé ! Mais, pour se livrer à ce transport, il faudrait, dira-t-on, que ce langage fût celui des anciens Hellènes, et non pas un dérivé imparfait que défigure une prononciation bizarre. A cela on peut répondre : Quant à la prononciation, il n’y a pas de raison pour que les descendans de Périclès adoptent le système qu’un savant Hollandais a imaginé au XVIe siècle. Du reste la question est délicate et ne saurait être traitée ici. Qu’il suffise d’affirmer que plusieurs règles de prononciation, adoptées par les Grecs modernes, remontent à la plus haute antiquité, et que l’on trouve déjà dans le second siècle de notre ère des exemples de l’iotacisme, c’est-à-dire de ê, ei, oi, prononcés i, bien que l’iotacisme ne paraisse avoir été définitivement et complètement constituée qu’au Xe ou XIe siècle.

Dans le langage populaire de certaines parties de la Grèce, on retrouve quelques vestiges des dialectes qui y furent parlé autrefois. En général, les anciens dialectes grecs ont péri par suite de la conquête, qui les a éteints avec la vie locale des pays subjugués. Cependant ils n’ont pas disparu entièrement ; on retrouve des traces assez nombreuses du dialecte œolien dans la Béotie et la Phocide, et dans un canton montagneux du Péloponèse, la Tzaconie, le dialecte dorien s’est merveilleusement conservé un certain nombre de mots grecs oubliés par le temps ont été remplacés dans l’usage par une autre expression : ainsi, trecho, courir, au lieu de dremo ; au lieu d’artos, pain, psomi. Eh bien ! il arrive que le vieux mot grec oublié se retrouve dans un coin de la Grèce, par exemple dremo dans les villages du Parnasse…

Jean-Jacques Ampère
La poésie grecques en Grèce
Seconde Partie
Revue des Deux Mondes, tome 7, 1844

***

Constantin Cavafy
Έλληνα ποιητή
Cavafy Poèmes

Constantin Cavafy La Ville – Η Πόλις – Κωνσταντίνος Πέτρου Καβάφης

Grèce – Ελλάδα

***

Traduction Jacky Lavauzelle*******

**
Constantin Cavafy poèmes
**

LITTERATURE GRECQUE
POESIE GRECQUE

Ελληνική λογοτεχνία
Ελληνική ποίηση

**

Constantin Cavafy
1863 – 1933

Traduction Jacky Lavauzelle

**

Traduction Jacky Lavauzelle


LES POEMES GRECS

 Η Πόλις 

La Ville
Από τα Ποιήματα 1897-1933

**

Traduction Jacky Lavauzelle
Ioannis Altamouras – Ιωάννης Αλταμούρας  (1852-1878) Marine (1875)

Είπες· «Θα πάγω σ’ άλλη γη, θα πάγω σ’ άλλη θάλασσα.
Tu as dit ceci : « Je vais vers un autre pays, vers une autre mer.
 « Μια πόλις άλλη θα βρεθεί καλλίτερη από αυτή.
Où, une ville différente, une ville meilleure, je trouverai.
Κάθε προσπάθεια μου μια καταδίκη είναι γραφτή·
 Une peine et une douleur, chaque effort que je fais ;
κ’ είν’ η καρδιά μου — σαν νεκρός — θαμένη.
mon cœur est mort – mort et enterré.
Ο νους μου ως πότε μες στον μαρασμόν αυτόν θα μένει.
Mon esprit quand je suis ici se retrouve au cœur de ce lieu désolé.
Όπου το μάτι μου γυρίσω, όπου κι αν δω
Partout où mon œil se pose, partout je vois
ερείπια μαύρα της ζωής μου βλέπω εδώ,
les tristes et sombres ruines de ma vie, où ma foi
που τόσα χρόνια πέρασα και ρήμαξα και χάλασα.»
j’ai passé tant d’années, où je l’ai ruinée, où je l’ai brisée. »

*

Καινούριους τόπους δεν θα βρεις, δεν θάβρεις άλλες θάλασσες.
D’autres lieux, d’autres mers, tu ne trouveras.
Η πόλις θα σε ακολουθεί. Στους δρόμους θα γυρνάς
La ville te poursuivra. Au travers des rues, tu erreras
τους ίδιους. Και στες γειτονιές τες ίδιες θα γερνάς·
Et dans tes quartiers tu vieilliras ;
και μες στα ίδια σπίτια αυτά θ’ ασπρίζεις.
et dans ces mêmes maisons, grisonnant, tu deviendras.
Πάντα στην πόλι αυτή θα φθάνεις. Για τα αλλού — μη ελπίζεις—
Toujours, dans cette ville, tu reviendras. Pour les autres villes, n’espère pas –
 δεν έχει πλοίο για σε, δεν έχει οδό.
car de bateau pour toi, de traversée, pour toi, il n’y aura.
Έτσι που τη ζωή σου ρήμαξες εδώ
Alors ta vie, celle que tu as brisée en ce lieu,
στην κώχη τούτη την μικρή, σ’ όλην την γη την χάλασες.
dans cette petite maison, tu l’as brisée en tout lieu.

**********************
Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
**********************

LA POESIE GRECQUE EN GRECE 

Le langage est ce qu’il y a en Grèce de plus antique. C’est un grand charme pour celui qui a voué un culte à l’antiquité grecque d’entendre parler grec autour de lui, de reconnaître dans les conversations d’un guide ou d’un marinier tel mot qu’il n’avait jusque-là rencontré que dans Homère. Il semble alors qu’on est réellement transporté dans la Grèce antique ; on est tenté de dire aux passans, comme Philoctète à ses compatriotes retrouvés dans Lemnos : je veux vous entendre, et de s’écrier comme lui, ô langage bien aimé ! Mais, pour se livrer à ce transport, il faudrait, dira-t-on, que ce langage fût celui des anciens Hellènes, et non pas un dérivé imparfait que défigure une prononciation bizarre. A cela on peut répondre : Quant à la prononciation, il n’y a pas de raison pour que les descendans de Périclès adoptent le système qu’un savant Hollandais a imaginé au XVIe siècle. Du reste la question est délicate et ne saurait être traitée ici. Qu’il suffise d’affirmer que plusieurs règles de prononciation, adoptées par les Grecs modernes, remontent à la plus haute antiquité, et que l’on trouve déjà dans le second siècle de notre ère des exemples de l’iotacisme, c’est-à-dire de ê, ei, oi, prononcés i, bien que l’iotacisme ne paraisse avoir été définitivement et complètement constituée qu’au Xe ou XIe siècle.

Dans le langage populaire de certaines parties de la Grèce, on retrouve quelques vestiges des dialectes qui y furent parlé autrefois. En général, les anciens dialectes grecs ont péri par suite de la conquête, qui les a éteints avec la vie locale des pays subjugués. Cependant ils n’ont pas disparu entièrement ; on retrouve des traces assez nombreuses du dialecte œolien dans la Béotie et la Phocide, et dans un canton montagneux du Péloponèse, la Tzaconie, le dialecte dorien s’est merveilleusement conservé un certain nombre de mots grecs oubliés par le temps ont été remplacés dans l’usage par une autre expression : ainsi, trecho, courir, au lieu de dremo ; au lieu d’artos, pain, psomi. Eh bien ! il arrive que le vieux mot grec oublié se retrouve dans un coin de la Grèce, par exemple dremo dans les villages du Parnasse…

Jean-Jacques Ampère
La poésie grecques en Grèce
Seconde Partie
Revue des Deux Mondes, tome 7, 1844

***

Constantin Cavafy
Έλληνα ποιητή
Cavafy Poèmes

LA PESTE DE BERGAME – Pesten i Bergamo – DE JENS PETER JACOBSEN – 1882

Denmark– Danemark – Danmark
arbejde Jens Peter JACOBSEN

***

Traduction Jacky Lavauzelle*******

Traduction – Texte Bilingue

Jens Peter JACOBSEN

Poésie
Poesi


LITTERATURE DANOISE
POESIE DANOISE

dansk litteratur
dansk poesi
danske digte

Jens Peter JACOBSEN
1847-1885

Traduction Danois Jacky Lavauzelle

Traduction Jacky Lavauzelle


LES POEMES & NOUVELLES
DE JENS PETER JACOBSEN

LA PESTE DE BERGAME
Pesten i Bergamo
1882
(Mogens og andre Noveller)

KJØBENHAVN – GYLENDALSKE BOGHANDELS FORLAG (F HEGEL & SØN) – THIELES BOGTRYKKERI

**

Traduction Jacky Lavauzelle
Nicolas Poussin, La Peste à Ashdod, 1630-1631, Musée du Louvre

**

Der var Gammel-Bergamo oppe paa Toppen af et lavt Bjærg, i Hegn bag Mure og Porte, og der var det nye Bergamo nede ved Bjærgets Fod, aabent for alle Vinde.
Si le vieux Bergame se dressait au sommet d’un vallon, derrière une muraille, le nouveau Bergame tapissait le pied d’une colline offerte à tous les vents.

En Dag brød Pesten ud dernede i den nye By og greb frygteligt om sig;
Un jour, la peste s’est abattue terriblement sur la nouvelle ville ;
der døde en Mængde Mennesker og de andre flygtede bort udover Sletten, ad alle Verdens fire Hjørner til.
Nombreux périrent et d’autres fuirent au delà de la plaine, aux quatre coins du monde.
Og Borgerne i Gammel-Bergamo stak Ild paa den forladte By for at rense Luften, men det hjalp ikke, de begyndte ogsaa at dø oppe hos dem, først en om Dagen, saa fem, saa ti og saa en Snes, og da det var paa sit Højeste mange fler endnu.
Et les citoyens du Vieux Bergame incendièrent la ville abandonnée afin d’y purifier l’air, mais cela fit rien, car ils commencèrent à leur tour à mourir, d’abord au rythme d’un par jour, puis de cinq à dix, et puis plus encore les jours qui suivirent.

Og de kunde ikke flygte saadan som de i den nye By havde gjort.
Et eux ne pouvaient pas s’échapper comme l’avaient fait ceux de la ville nouvelle.

Der var jo de, der forsøgte det, men de kom til at leve et Liv som det jagede Dyrs, med Skjul i Grøfter og Stenkister, under Hegn og inde i de grønne Marker;
Il y avait ceux qui le tentèrent, mais vécurent une vie d’animal traqué, se cachant dans les fossés et les grottes, derrière les barrières et errant à travers les verts pâturages ;
for Bønderne, der baade det ene Sted og det andet havde faaet Pesten bragt i Gaarde af de første Flygtninge, de stenede hver fremmed Sjæl, de traf, bort fra deres Enemærker, eller slog dem ned som gale Hunde uden Naade eller Barmhjærtighed, i retfærdigt Nødværge som de mente.
car les paysans les pourchassaient inlassablement en les battant comme des chiens enragés, sans aucune pitié ni humanité.

De maatte blive hvor de var de Folk fra Gammel-Bergamo, og Dag for Dag blev det varmere i Vejret og Dag for Dag blev den gruelige Smitte gridskere og gridskere i sit Tag.
Ils devaient donc rester là, dans le vieux Bergame, où de jour en jour la température devenait plus chaude et l’horrible contamination s’étendait inéxorablement.
Forfærdelsen steg op som til Galenskab, og hvad der havde været af Orden og ret Regimente, det var som om Jorden havde slugt det og sendt det Værste istedet.
La panique et la déraison régnaient, et tout ce qui ressemblait à de la justice et à de la raison semblait avoir été avalé et échangé à la place par le pire mal de la pire espèce.

Lige i Begyndelsen, da Pesten kom paa, havde Folk sluttet sig sammen i Enighed og Samdrægtighed, havde været paa Vagt efter at Ligene blev ordenlig og godt begravede, og havde hver Dag sørget for, at der blev tændt store Baal af Ild paa Torve og Pladser, at den sunde Røg kunde drive gjennem Gaderne.
Au début de la peste, les gens étaient unis et raisonnés, vigilants à bien enterrer corps, et organisaient chaque jour de grands feux à travers les rues.
Enebær og Eddike var der bleven delt ud til de Fattige, og fremfor Alting havde Folk søgt til Kirkerne aarle og silde, enkeltvis og i Optog, hver Dag havde de været inde for Gud med deres Bønner, og hver Aften, naar Solen gik i Bjærge, havde alle Kirkernes Klokker raabt klagende imod Himlen fra deres hundrede svingende Svælg. 
Des mûres et du vinaigre étaient distribués aux plus pauvres, mais surtout, les gens se ruaient dans les églises, seuls ou en groupe, chaque jour, pour prier Dieu et chaque soir, quand le soleil déclinait derrière les montagnes, toutes les cloches de l’église claironnaient vigoureusement comme des suppliques qu’elles adressaient au ciel.
Og Faster var der bleven paabudt og Relikvierne havde hver Dag staaet stillet frem paa Altrene.
Et désormais le jeûne était de rigueur, et de nouvelles reliques étaient présentées tous les jours sur les autels.

Endelig en Dag, de ikke vidste mere at gjøre, havde de fra Raadhusets Altan, under Basuners og Tubers Klang, udraabt den hellige jomfru til Podesta eller Borgmester over Byen, nu og evindelig.
Enfin, un jour, ne sachant plus quoi faire de plus, à l’hôtel de ville, du balcon, au son des trompettes et des tambours, ils proclamèrent la sainte Vierge grande protectrice de la cité, maintenant et pour toujours.

Men det hjalp Altsammen ikke; der var Ingenting der hjalp.
Mais cela resta sans effets ; Il n’y avait donc plus rien à espérer.

Og da Folk fornam det og efterhaanden blev faste i den Tro, at Himlen enten ikke vilde hjælpe eller ikke kunde, da ikke blot lagde de Hænderne i Skjødet, sigende, at Alting maatte komme som det komme skulde, nej, men det var som om Synden fra en dulgt og snigende Sot var bleven en ond og aabenbar, rasende Pest, der Haand i Haand med den legemlige Farsot higed efter at slaa Sjælen ihjel, ligesom denne efter at lægge deres Kroppe øde.
Mais quand les gens comprirent que l’aide ne viendrait pas du ciel, peut-être parce qu’il ne pouvait rien y faire ou bien parce qu’il ne le voulait pas, ils décidèrent de prendre leur destinée en main ; et alors, tout le péché enseveli et hideux ressurgit et devint un fléau si furieux et une peste nouvelle si violente qu’elle ravagea les âmes aussi bien que la première avait détruit leurs corps.
Saa utrolige vare deres Gjerninger, saa uhyre deres Forhærdelse.
La malédiction planait sur chacune de leurs œuvres .
Luften var fuld af Bespottelse og Ugudelighed, af Fraadseres Stønnen og Drankeres Hyl, og den vildeste Nat var ikke sortere af Uteerlighed end deres Dage var det.
L’air s’emplissait de moquerie blessante et de méchanceté, de gémissements orgiaques et du beuglement des ivrognes, et la nuit la plus folle et insensée n’était rien en comparaison de ces jours.

« Idag ville vi æde, thi imorgen skulle vi dø! » 
« Aujourd’hui ripaillons, car demain nous allons mourir ! »
— Det var som havde de sat det ud efter Noder, at spille paa mangfoldige Instrumenter i een uendelig Helvedeskoncert.
Cette ritournelle s’entendait constamment dans un interminable et infernal concert.
 Ja, havde ikke alle Synder forud været opfundne, saa var de blevet det her, for der var ikke den Vej, de jo vendte sig hen i deres Forkerthed.
Oui, si tous les péchés n’avaient pas été inventés auparavant, ils auraient été inventés pendant cette trouble période.
De unaturligste Laster florerede iblandt dem, og selv saadanne sjældne Synder som Nekromantia, Troldom og Djævlepaakaldelse var dem velbekjendte, thi de vare mange, som tænkte hos Helvedes Magter at faa den Beskyttelse, Himlen ikke havde villet yde.
Les pratiques surnaturelles fleurissaient parmi eux, et même des péchés aussi rares que la nécromancie, la sorcellerie et le satanisme leur étaient désormais bien connus, car nombreux se soumettaient aux pouvoirs de l’enfer afin d’avoir la protection que le ciel leur refusait.

Alt hvad der hed Hjælpsomhed eller Medlidenhed var forsvundet af Sindene, Enhver havde kun Tanke for sig selv.
Tout ce qu’on appelait bienveillance ou compassion avait disparu des esprits, tout le monde ne pensait qu’à lui-même.
Den Syge blev set paa som Alles fælles Fjende, og hændte det en Stakkel, at han faldt om paa Gaden, mat af Pestens første Febersvimmel, der var ikke en Dør, der aabnede sig for ham, men med Spydestik og med Stenkast blev han tvungen til at slæbe sig bort fra de Sundes Vej.
Le malade était considéré comme un ennemi commun, et si un malheureux tombait dans la rue, ressentant la première fièvre de la peste, plus une porte ne s’ouvrait à lui ; bien au contraire, il se trouvait écarté à l’aide d’une lance et par un jet de pierre forcé à faire demi-tour.

Og Dag for Dag tog Pesten til, Sommersolen brændte ned over Byen, der faldt ikke en Regndraabe, der rørte sig ikke en Vind, og af Lig, der laa og raadnede i Husene, og af Lig, der var ilde skjult i Jorden, avledes der en kvælende Stank, som blandede sig med Gadernes stillestaaende Luft og lokked Ravne og Krager til i Sværme og i Skyer, saa der var sort af dem paa Mure og paa Tage.
Et de jour en jour, la peste croissait et faisait des ravages, le soleil d’été inondait et brûlait la ville, il ne pleuvait plus depuis bien longtemps, le vent ne soufflait plus, la lumière pénétrait dans les maisons sur des corps qui jonchaient à même la terre. Il y avait une puanteur incommensurable qui se mêlait à l’air fétide des ruelles et attirait des nuées d’innombrables corbeaux, noircissant les toits des maisons.
Og rundt omkring paa Stadens Ringmur sad der enkeltvis underlige, store, udenlandske Fugle, langvejs fra, med rovlystne Næb og forventningsfuldt krummede Kløer, og de sad og saae med deres rolige, gridske Øjne indover, som biede de kun paa, at den ulykkelige By skulde blive een stor Aadselkule.
Autour des murailles de la ville, il y avait des d’étranges oiseaux, immenses, venus de loin, aux becs démesurés et aux puissantes serres largement incurvées, et ils regardaient, les yeux déterminés et songeurs, comme s’ils attendaient que tombe cette malheureuse ville comme tomberait un fruit totalement pourri.

Saa var det Elleveugersdagen efter at Pesten var udbrudt, at Taarnvægterne og andre Folk, der var tilvejrs paa høje Steder, kunde se et sælsomt Tog bugte sig fra Sletten ind igjennem den nye Byes Gader, mellem de røgsværtede Stenmure og Træskurenes sorte Askedynger.
Puis, onze semaines après, la peste régnait encore, les vigiles, qui se trouvaient sur les hauteurs, aperçurent un étrange phénomène qui rampait de la plaine à travers les rues de la nouvelle ville, entre les murs de pierre calcinés et les restes de déchets noircis.
En Mængde Mennesker!
Une foule de gens !
vist henved de sekshundrede eller fler, Mænd og Kvinder, Gamle og Unge, og de havde store, sorte Kors imellem sig og brede Bannere over sig, røde som Ild og Blod.
Peut-être six cents personnes, voire plus, hommes, femmes, vieux et jeunes, et qui portaient de grandes croix noires et de larges bannières rouges, comme peintes de feu et de sang.
De synger imens de gaar, og sære fortvivlelsesfuldt klagende Toner bæres op igjennem den stille, lummervarme Luft.
Ils chantaient d’étranges et tragiques complaintes qui se faisaient entendre dans ce pesant air silencieux et torride.

Brune, graa, sorte er deres Dragter, men Alle har de et rødt Mærke paa Brystet.
Marrons, gris, noirs étaient leurs costumes, mais tous portaient une marque rouge sur leur poitrine.
Et Kors er det da de kommer nærmere.
Une croix se dessinait à mesure qu’ils se rapprochaient.
For de kommer stadigt nærmere.
Ils se rapprochaient toujours et encore de la vieille ville.
De presser sig op ad den stejle, murindhegnede Vej, som fører op til den gamle By.
Ils se faufilaient sur la route escarpée qui y mène.
Der er et Mylder af deres hvide Ansigter, de har Svøber i Hænderne, der er en Ildregn malet af paa deres røde Faner.
Il y avait une multitude de visages livides et pâles, qui tenaient dans leurs mains des fanions rouges où figuraient des torrents de feu.
Og de sorte Kors svinger til den ene Side og til den anden i Trængslen.
Et des croix noires se balançaient d’un côté et de l’autre en détresse au-dessus des têtes.

En Lugt stiger op fra den sammenstuvede Hob, af Sved, af Aske, af Vejstøv og gammel Kirkerøgelse.
Une odeur émergeait de ce bloc compact, une odeur de sueur et de cendres, de poussière et des fragrances d’église.
De synger ikke mer, de taler ikkeheller, blot den samlede trippende, hjordeagtige Lyd af deres nøgne Fødder.
Ils ne chantaient plus, ils ne parlaient pas, ils s’étaient tus et il ne restait que le bruit de leurs pieds nus sur la terre.

Ansigt ved Ansigt dukker ind i Taarnportens Mørke, og kommer ud i Lyset igjen paa den anden Side, med lystrætte Miner og halvvejs lukkede Laag.
Un face à face se fit entre l’obscurité de la porte de la tour d’un côté et la lumière des torches de l’autre côté.

Saa begynder Sangen igjen:
Puis la chanson recommença :
et Miserere, og de knuger Svøben og gaar stærkere til som ved en Krigssang.
un Miserere, et ils serraient leur fléau fermement et marchaient comme s’il s’agissait d’une chanson guerrière.

Som de kom fra en udhungret By ser de ud, Kinderne er hule paa dem, deres Kindben staar frem, der er ingen Blod i deres Læber og de har mørke Ringe under Øjnene.
Comme s’ils venaient d’une ville surpeuplée, joues creuses et pommettes décharnées, le sang ne semblait plus couler dans leurs lèvres, au-dessus desquels se dessinaient de larges yeux noirs creusés.

De fra Bergamo er stimlet sammen og ser paa dem med Forundring og med Uro.
Ceux de Bergame tremblaient et les regardaient avec effroi et agitation.
Røde, forsvirede Ansigter staa mod disse blege;
Leurs visages rouges et avinés s’opposaient à l’extrême à ces pâles visages carnassiers ;
sløve, utugtsmatte Blikke sænkes for disse hvasse, flammende Øjne;
Leurs yeux fatigués et repus se baissaient devant ces yeux pâles et intenses ;
grinende Bespottere glemme Munden aaben over disse Hymner.
Leurs rires bâtards s’évanouissaient devant ces hymnes pleines de foi.

Og der er Blod paa alle de Svøber af deres!
Et il y avait du sang sur tous les fléaux !

Folk blev ganske underlig tilmode over disse Fremmede.
Les deux populations ne pouvaient pas être plus étranges l’une à l’autre.

Men det varede ikke længe, før man fik det Indtryk rystet af sig.
Mais il ne fallut pas longtemps avant que le calme ne soit ébranlé. Der var Nogle, der havde kjendt en halvgal Skomager fra Brescia igjen iblandt Korsdragerne, og straks var den hele Skare bleven til Latter ved ham.
On reconnu un cordonnier de Brescia parmi ceux qui portaient les croix, et tout de suite la foule devint moqueuse.
Imidlertid var det jo dog noget Nyt, en Adspredelse fra det dagligdags, og da de Fremmede marcherede afsted efter Domkirken, saa fulgte man efter, som man vilde fulgt efter en Bande Gjøglere eller efter en tam Bjørn.
Cependant, comme il s’agissait d’un spectacle bien étrange, ils suivirent des yeux les étrangers qui marchaient pour se rendre à la cathédrale, ils les suivaient, comme s’il s’agissait de forains ou de montreur d’ours apprivoisé.

Men alt som man gik og skubbedes, blev man forbitret, man følte sig saa nøgtern overfor disse Menneskers Højtidelighed, og man forstod jo meget godt, at disse Skomagere og Skrædere var kommet her for at omvende En, bede for En, og tale de Ord, man ikke vilde høre.
Mais comme chacun se bousculait, le foule de la vieille ville semblait insatisfaite et démunie devant la sobre assurance, la solennité de ces personnes et ils comprirent bien que ces cordonniers et ces tailleurs étaient venus ici pour les convertir, prier pour eux, pour prononcer des mots qu’ils ne voulaient pas entendre
Og der var to magre, graahaarede Filosofer, som havde sat Ugudeligheden i System, de hidsede Mængden og æggede den ret af deres Hjærters Ondskab, saa for hvert Skridt det gik mod Kirken, blev Mængdens Holdning mere truende, deres Vredesudbrud vildere, og der var kun lidt igjen, saa havde de lagt voldsom Haand paa disse fremmede Svøbeskrædere.

Et il y avait deux philosophes maigres aux cheveux gris, qui avaient pensé l’impiété en système, et avec toute  leur noire malice qui logeait dans leur cœur, excitèrent la populace de sorte qu’à mesure qu’ils approchaient de l’église l’attitude des habitants de la vieille ville devenait de plus en plus menaçante, prête à exploser dans une noire et sauvage colère, qu’il se fallut de rien pour que cela ne tourne au drame.
Men saa aabnede, ikke hundrede Skridt fra Kirkedøren, et Værtshus sine Døre, og en hel Flok Svirebrødre styrtede ud, den ene paa Ryggen af den anden, og de satte sig i Spidsen for Processionen og førte den syngende og vrælende med de naragtigst andægtige Gebærder, undtagen en af dem, som vendte Mølle indtil helt op ad Kirketrappens græsgroede Trin.
A cent pas de la porte de l’église, s’ouvrit la porte de la taverne, et un groupe de compagnons avinés se précipita en s’asseyant devant la procession en imitant leur chant et beuglant des gestes solennels de manière grotesque.
Saa lo man jo, og Alle kom fredeligt ind i Helligdommen.
Alors l’atmosphère se détendit, et tout vint plus paisible dans le sanctuaire.

Det var underligt at være der igjen, at skride hen igjennem dette store, kølige Rum, i denne Luft, der var ram af gammel Os fra Vokslystander, over disse indsunkne Fliser, Foden kjendte saa godt, og over disse Sten, hvis slidte Ornamenter og blanke Inskriptioner Tanken saa tidt havde trættet sig med.
Comme cela paraissait étrange d’être encore là, d’être là pour traverser cet espace large et frais, de baigner dans cet air saturé de vieux parfums de cire fondue, de marcher sur ces pierres où les pieds foulaient les ornements et inscriptions effacés.
Og medens nu Øjet halvt nysgjerrigt, halvt uvilligt lod sig lokke til Hvile i det bløde Halvlys under Hvælvingerne, eller gled hen over den dæmpede Brogethed af støvet Guld og tilrøgede Farver, eller kom til at fordybe sig i Alterkrogenes sære Skygger, saa kom der et Slags Længsel op, der ikke var til at holde nede.
L’œil curieux tentait soit de se reposer dans cette douce pénombre sous les voûtes, soit de parcourir les peintures aux couleurs estompées, soit de s’immerger dans les ombres particulières de l’autel.

Imidlertid drev de fra Værtshuset deres Uvæsen oppe ved selve Hovedalteret, og en stor og kraftig Slagter iblandt dem, en ung Mand, havde løst sit hvide Forklæde af og bundet sig det om Halsen, saa det hang som en Kaabe nedad hans Ryg, og saaledes holdt han Messe deroppe med de vildeste, vanvittigste Ord, fulde af Utugt og af Bespottelse;
Cependant, parmi ceux qui sortirent précédemment de la taverne, un grand et puissant jeune homme, avait dressé son tablier blanc de boucher et l’avait attaché au cou, de sorte qu’il pendait comme un chasuble dans son dos, et se tenait là qui, dans une mascarade, clamait les mots les plus fous, pleins de malice et de blasphème ;
 og en halvgammel lille Tyksak vims og væver, skjønt han var saa tyk, med et Ansigt som et flaaet Græskar;
et un petit homme plus âgé l’accompagnait et répondait à ses litanies grotesques par des chants plus odieux encore ;
 han var Degn og responderede med alle de liderligste Viser, der drev over Lande, og han knælede og han knigsede og vendte Bagdelen til Alteret og ringede med Klokken, som med en Narrebjælde, og slog Hjul om sig med Røgelsekarret;
il répondait tout en marchant de long en large, s’agenouillant, se retournant, sonnant la cloche comme un fléau de terreur, et tournant largement l’encensoir qui décrivait des volutes de fumée ;
og de andre Drukne laa langs ad Knæfaldet saa lange de var, brølende af Latter, hikkende af Drik.
et les autres, avinés, se tordaient de rire tout en beuglant des mots incompréhensibles.

Og hele Kirken lo og hujede, og hoverede over de Fremmede, og raabte til dem om at se godt efter, at de kunde blive kloge paa, hvad man regnede deres Vorherre for her i Gammel-Bergamo.
Et toute l’église se moquait devant les étrangers, les appelant à voir comment, dans le vieux Bergame, le bon Dieu était bien servi.
For det var jo ikke saa meget fordi man vilde Gud noget, at man jublede over Optøjerne, som fordi man glædede sig ved, hvad for en Braad i Hjærtet paa disse Hellige hver Bespottelse maatte være.
Ce n’était pas tellement contre Dieu qu’on en voulait et qu’étaient dirigées ces pitreries, mais on souhaitait toucher le moral et le cœur de ces saints qui venaient en pèlerinage.

Midt i Skibet holdt de Hellige sig, og de stønnede af Kvide, deres Hjærter kogte i dem af Had og Hævntørst, og de bad med Øjne og Hænder op til Gud, at han dog vilde hævne sig for al den Haan, der blev vist ham her i hans eget Hus, de vilde saa gjærne gaa til Grunde sammen med disse Formastelige, blot han vilde vise sin Magt;
Au milieu de la nef, les saints hommes se tenaient debout, gémissant, et dans leurs cœurs bouillonnaient en eux la haine et le ressentiment, et ils priaient avec des yeux et des mains levés vers Dieu, demandant à être vengé de toutes ces impiétés, ici, dans sa propre maison, afin de montrer sa toute puissance ;
med Vellyst vilde de knuses under hans Hæl, blot han vilde triumfere, og at Forfærdelse og Fortvivlelse og Anger, der var for silde, maatte komme til at skrige ud ad alle disse ugudelige Munde.
c’est avec félicité, qu’ils acceptaient eux aussi d’être écrasés sous son talon, car ainsi il triompherait, et ainsi l’horreur et le désespoir sortiraient en vociférant de ces bouches mauvaises.

Og de istemte et Miserere, der i hver Tone klang som et Raab efter den Ildregn, der kom ned over Sodoma, efter den Magt Samson havde, da han tog om Filisterhusets Søjler.
Et, quand ils entonnèrent un Miserere, chaque note sonnait comme un appel, une supplique à cette pluie de feu semblable à celle qui était descendue sur Sodome, avec la puissance de Samson quand il détruisit les colonnes du temple Philistin.
De bad med Sang og med Ord, de blottede Skuldrene og bad med deres Svøber.
Ils priaient autant avec des chants qu’avec des paroles, découvrant leurs épaules.
Der laa de knælende Række for Række, blottede til Bæltestedet, og svang de braaddede Rebknuder mod deres blodstrimede Rygge.
Là s’étendaient des rangées de pèlerins agenouillés, flagellant avec des cordes acérées et ferrées leurs dos nus.
Vilde og rasende huggede de til, saa Blodet stod i Stænk fra de hvinende Svøber.
Sauvages et furieux, alors qu’ ils intensifiaient leurs frappes, le sang coulait de plus en plus fort tintant de rouge vif les tourbillons des lannières.
Hvert Slag var et Offer til Gud.
Chaque frappe était un sacrifice à Dieu.
At de anderledes kunde slaa, at de kunde rive sig i tusinde blodige Stykker her for hans Øjne!
S’ils avaient pu se découper en des milliers de morceaux sanglants ici-même devant leurs yeux !

 Dette Legeme, hvormed de havde syndet imod hans Bud, det skulde straffes, pines, gjøres til Intet, at han kunde se, hvor de hadede det, at han kunde se, hvor de var Hunde for at tækkes ham, ringere end Hunde under hans Vilje, det laveste Kryb, der aad Støv under hans Fodsaal!
Que ce corps avec lequel ils avaient péché contre sa loi soit puni, torturé, annihilé, afin qu’il voit combien ils le détestaient, qu’il voit à quel point ils n’étaient plus que des chiens, moins que des chiens en réalité, et qu’ils ne valaient pas plus que le misérable insecte qui rampait dans cette poussière sous leur tabouret !

Og Slag paa Slag, til Armene faldt ned eller Krampen knytted dem i Knude. 
Et des coups aux coups répondaient, jusqu’à ce que les bras retombent comme retombent leurs fouets repus de sang.
Der laa de Række for Række, med vanvidsfunklende Øjne, med Fraadeskyer for deres Munde, med Blodet rislende ned ad deres Kjød.
Ils restaient immobiles, les yeux hagards, des filets de baves retombant de leurs bouches entrouvertes, avec ce sang qui recouvrait leur chair.

 Og de, som saae paa dette, følte med Et deres Hjærter banke, mærkede Varmen stige op i deres Kinder, og havde tungt ved at aande.
Et, ceux qui regardaient sentirent leur cœur battre, ressentant la chaleur monter sur leurs joues et devant faire de plus en plus d’effort pour respirer.
Det var ligesom om noget Koldt strammede sig hen under deres Hovedhud, og deres Knæ blev saa svage.
Quelque chose de froid parcourut leur tête, et leurs faibles genoux chancelèrent.
For dette greb dem;
Quelque chose se passait ;
der var et lille Vanvidspunkt i deres Hjærner, som forstod denne Galskab.
leur cœur comprenait cette folie.

Dette at føle sig som den vældige haarde Guddoms Træl, at sparke sig selv hen for hans Fødder, at være Hans, ikke i stille Fromhed, ikke i blide Bønners Uvirksomhed, men være det rasende, i en Selvfornedrelsens Rus, i Blod og Hyl og under vædeblinkende Svøbetunger, det var de oplagt til at forstaa, selv Slagteren blev stille, og de tandløse Filosofer dukkede deres graa Hoveder for de Øjne, de saae omkring sig.
Tout ceci pour ressentir ce Dieu ardent et puissant, ceci pour se soumettre à lui et à sa volonté, pour être sien, non pas dans le silence, non dans l’affliction des douces prières, mais au travers d’une furieuse souffrance, afin de trouver un abandon dans le sang et dans les chants, rougis sous les coups répétés de ces flagellations, même le boucher restait silencieux, et les philosophes édentés inclinèrent leurs têtes grises devant les yeux qui les observaient.

Og der blev ganske stille derinde i Kirken, kun en sagte Bølgen gik igjennem Hoben.
Alors le calme régna à nouveau dans l’église, seule une douce vague ondulante la traversa.

Da stod en iblandt de Fremmede, en ung Munk, op over dem og talte.
Puis, parmi les étrangers, un jeune moine se leva et parla.
Han var bleg som et Lagen, hans sorte Øjne glødede som Kul, der er ved at slukkes, og de mørke, smertehærdede Træk om hans Mund var som var de skaaret med en Kniv i Træ og ikke Folder i et Menneskes Ansigt.
Il était pâle comme un linceul, ses yeux noirs brillaient comme du charbon, et les traits sombres et douloureux de sa bouche étaient comme marqués profondément par un couteau de bois.

Han strakte de tynde, forlidte Hænder op mod Himlen i Bøn, og de sorte Kutteærmer gled ned om hans hvide, magre Arme.
Il étendit ses fines mains vers le ciel, et les manches noires de sa tenues glissèrent tout autour laissant apparaître de malingres bras blancs cadavériques.

Saa talte han.
Puis il parla.

Om Helvede, talte han, om at det var uendeligt som Himlen er uendelig, om den ensomme Verden af Pine, hver af de Fordømte har at gjennemlide og at fylde med sine Skrig, Søer af Svovl var der, Marker af Skorpioner, Flammer, der lagde sig om ham, som en Kaabe den lægger sig, og stille, hærdede Flammer, der borede sig ind i ham som et Spydsblad, der drejes rundt i et Saar.
Il parla de l’Enfer, il dit combien il était infini car le ciel lui-même est infini, il ajouta que chaque damné devra y pénétrer et se remplir, jusqu’au dégoût, de ses cris, traverser des lacs de soufre, marcher sur des nuées de scorpions, bloqué entre de gigantesques flammes qui prendront bien soin de lui, et le brûleront tout doucement et le perceront comme des lances qui s’enfoncent tranquillement mais profondément dans les plaies toujours ouvertes.

Der var ganske stille, aandeløse lyttede de efter hans Ord, for han talte, som havde han set det med sine egne Øjne, og de spurgte sig selv, er ikke denne en af de Fordømte, som er sendt til os op af Helvedes Gab for at vidne for os.
Ils restaient silencieux, écoutaient ses paroles, car, quand il parlait, il semblait avoir vécu ça de ses propres yeux, et ils se demandaient, s’il ne s’agissait pas en fait de l’un des damnés, renvoyé par l’Enfer, afin de porter témoignage au peuple.

Saa prædikede han længe om Loven og Lovens Strænghed, om at hver Tøddel i den skulde opfyldes, og om at hver Overtrædelse, hvori de havde gjort sig skyldig, skulde regnes dem lige indtil Lod og til Unze. 
Puis il a prêché longuement sur la loi et sur le pouvoir de la loi, qu’en tous points, elle devait être respectée, et que toute transgression serait condamnée.
Men Kristus er død for vore Synder, sige I, vi ere ikke mere under Loven.
-Mais Christ est mort pour nos péchés, vous dites vous, nous ne sommes plus sous le coup de sa Loi.
Men jeg siger Eder, at Helvede skal ikke blive bedraget for een af Eder og ikke een af Jærntænderne paa Helvedes Marterhjul skal gaa udenfor Eders Kjød.
– Mais, je vous le dis que l’enfer ne trichera pour aucun d’entre vous, et aucune des dents de la roue de la torture de l’Enfer n’oubliera aucune partie de votre chair.
I stoler paa Golgathas Kors,
– Vous faites confiance à la croix du Golgotha.
kom, kom! kom at se det!
– Venez ! venez ! venez la voir!
jeg skal føre Jer lige til dets Fod.
– Je vais vous y amener, je vais vous conduire directement à ses pieds.

Det var en Fredag, som I vide, at de stødte ham ud igjennem en af deres Porte og lagde den tungeste Ende af et Kors paa hans Skuldre, og lod ham bære det til en gold og nøgen Lerbanke udenfor Byen, og de fulgte hobetals med og rørte Støvet med deres mange Fødder, saa der stod som en rød Sky der over Stedet.
– Ce fut un vendredi, comme vous le savez tous qu’ils le chassèrent par l’une de leurs portes et posèrent à la fin la lourde croix sur ses épaules, ils l’ont laissé la porter sur cette colline aride et inféconde en dehors de la ville, et la foule a suivi et leurs pieds ont soulevé une telle poussière qu’un nuage rouge recouvrit les lieux.
Og de rev hans Klæder af ham og blottede hans Legeme, saaledes som Lovens Herrer lader en Misdæder blotte for Alles Blikke, at Alle kan se det Kjød, som skal overantvordes til Pine, og de slængte ham ned paa hans Kors at ligge, og strakte ham der paa og hug en Nagle af Jærn gjennem hver af hans modstridende Hænder og en Nagle gjennem hans korslagte Fødder, med Køller hug de Naglerne i lige til Hovedet.
-Et ils déchirèrent ses vêtements et mirent son corps à nu, comme les font les juges exposant un brigand à la vue du public, afin que tous voient la chair qui allait être mise à mal par la torture et ils le jetèrent de force sur la croix de mentir, et l’étendirent et lui clouèrent un clou de fer à travers chacune de ses mains et un clou à travers ses pieds croisés.
Og de rejste Korset i et Hul i Jorden, men det vilde ikke staa fast og lige, og de rokkede det til og fra og drev Kiler og Pløkke ned rundt om det, og de, som gjorde det, slog deres Hatte ud, at Blodet fra hans Hænder ikke skulde dryppe dem i Øjnene.
-Et ils soulevèrent la croix dans un trou creusé dans le sol, mais, comme elle ne tenait pas droite, et ils la secouèrent et la fixèrent en y apposant des coins et des chevilles tout autour de l’assise, et ceux qui œuvraient se couvrirent d’un couvre-chef afin de ne pas être souillé par le sang qui dégoulinait de ses mains sur leurs yeux.
Øg han deroppe saae ned for sig paa Soldaterne, som spillede om hans usyede Kjortel, og paa hele denne hujende Hob, som han led for, at den kunde frelses, og der var ikke et medlidende Øje i den hele Hob,
En ouvrant ses yeux, il vit les soldats jouer pour savoir qui gagnerait sa tunique, et sur la colline cette foule qui le conspuait, foule pour laquelle il souffrait afin qu’elle soit sauvée , et il ne trouva pas un seul œil compatissant dans toute cette assemblée.
Og de dernede saae igjen paa ham, som hang der lidende og svag, de saae paa det Brædt over hans Hoved, hvorpaa der var skrevet Jødernes Konge, og de spottede ham og raabte op til ham: 
-Et ils regardèrent celui qui souffrait et qui s’affaiblissait, et regardèrent l’inscription qui précisait qu’il s’agissait du Roi des Juifs et il lui crièrent moqueur :
« Du som nedbryder Templet og bygger det op paa tre Dage, frels nu Dig selv;
« Sauve-toi toi-même désormais ! Sauve-toi, toi qui détruisis le Temple et le reconstruisis en trois seuls jours? Sauve-toi maintenant;
er Du Guds Søn, da stig ned fra dette Kors. »
et descends de ta Croix !  »
Da fortørnedes Guds højbaarne Søn i sit Sind, og saae de var ikke Frelse værd, de Hobe, der opfylder jorden, og han rev sine Fødder ud over Naglens Hoved, og han knytted sine Hænder om Hændernes Nagler og drog dem ud, saa Korsets Arme spændtes som en Bue, og han sprang ned paa Jorden og rev sin Kjortel til sig, saa Terningerne raslede nedover Golgathas Skrænt, og han slyngede den om sig med en Konges Vrede og foer op til Himlen.
– Alors le Fils de Dieu constata que ces hommes qui peuplaient la terre ne méritaient pas le salut et il déposa le clous de ses pieds et ceux qui retenaient ses mains, si bien que ses bras se tendirent  comme un arc, et il sauta à terre et reprit sa tunique aux soldats, et les dés qu’il jeta comme un roi courroucé, dévalèrent la colline de Golgotha.
Og Korset stod tomt tilbage, og det store Forsoningens Værk blev aldrig fuldbragt.
– Dans sa colère, il monta au ciel, et la croix resta vide, et le grand travail de Rédemption ne fut jamais achevé.
Der er ingen Mægler mellem Gud og os; der er ingen Jesus død for os paa Korset, der er ingen Jesus død for os paa Korset, der er ingen Jesus død for os paa Korset. »
– Il n’y a pas de médiateur entre Dieu et nous ! Il n’y a pas de Jésus-Christ mort sur la croix pour nous, non, il n’y a pas de Christ mort pour nous sur la croix !

an tav.
Il resta silencieux.

Ved de sidste Ord havde han bøjet sig frem over Mængden og baade med Læber og Hænder ligesom kastet sit Udsagn ned over deres Hoveder, og der var gaaet en Stønnen af Angst igjennem Kirken, og i Krogene var de begyndt at hulke.
Aux derniers mots, il s’était penché sur la foule et porta ses lèvres et ses mains comme si sa proclamation était tombée sur leurs têtes, et il y eut un bruit de peur qui traversa l’église, et dans les coins certains commencèrent à se blottir les uns contre les autres.

Da trængte Slagteren sig frem med opløftede, truende Hænder, bleg som et Lig, og han raabte:
Puis le boucher se leva, les mains levées et menaçantes, et il s’écria : « Munk, Munk, vil Du nagle ham til Korset igjen, vil Du. »
«¨Moine, moine, veux-tu donc encore le clouer à la croix, c’est ce que tu veux ?»
 Og bagved ham lød det hvæsende hæst: 
Et derrière lui, plus fort encore, on entendit :
« ja, ja, korsfæst, korsfæst ham! »
«Oui, oui, crucifiez-le, crucifiez-le !  »
Og fra alle Munde igjen truende, tryglende, rungede det i en Storm af Raab op imod Hvælvingerne:
Et de toutes les bouches enfin, menaçantes, déchaînèrent en chœur dans une tempête de râles sous les voûtes de l’église la même demande :
« korsfæst, korsfæst ham. »
 » Crucifiez-le, crucifiez-le ! « .

Og klart og lyst en enkelt bævende Røst:
Et, clairement, d’une voix tremblante, on entendit :
« korsfæst ham! »
« Crucifiez-le ! »

Men Munken saae ned over dette Flagr af opstrakte Hænder, mod disse fortrukne Ansigter, med de raabende Mundes mørke Aabninger, hvor Tandrækkerne lyste hvidt som Tænderne paa tirrede Rovdyr, og han bredte Armene i et Øjebliks Ekstase op mod Himlen og lo.
Mais le moine regardait cette marée de mains tendues contre ces visages désespérés, observant les ouvertures sombres de ces bouches enragées, où les dents luisantes brillaient comme celles des prédateurs ; il écarta les bras dans un moment d’exaltation vers le ciel et souriant descendit vers la foule.
Saa steg han ned, og hans Folk løftede deres Ildregnsbannere og deres tomme, sorte Kors, og trængte ud af Kirken, og atter drog de syngende henover Torvet og atter hen gjennem Taarnportens Gab.
Et ses gens levèrent leurs bannières de feu, et leur croix noires et vides, et sortirent de l’église, et de nouveau reprirent leurs chants à travers les chemins qui mènent aux portes de la ville.

Og de fra Gammel-Bergamo stirrede efter dem, mens de gik ned ad Bjærget.
Et ceux du Vieux Bergame les virent alors redescendre la colline.
Den stejle, murindhegnede Vej var taaget af Lys fra Solen, som sank derude over Sletten, og de var halvt at se kun nu for alt det Lys, men paa Byens røde Ringmur tegned Skyggerne sig sort og skarpt af deres store Kors, der svinged fra den ene Side og til den anden Side i Trængslen.
La route escarpée était inondée par un puissant soleil qui recouvrait la plaine, et qui, dans éblouissement, effaçait de nombreux détails, mais sur les murs rouges de la ville, les ombres noires et contrastées de leurs grandes croix, qui se balançaient d’un côté et de l’autre de la foule, permettaient de bien suivre l’avancée du cortège.

Fjærnere blev Sangen;
Au loin désormais s’entendait une chanson ;
rødt glimted endnu et Banner eller to fra den nye Byes brandsorte Tomt, saa blev de borte i den lyse Slette.
Le rouge des bannières scintillait des braises de la ville, puis tout disparu dans l’éclatant effacement lumineux du coucher de soleil.

**************************

Jens Peter Jacobsen

Le peuple fourbit ses armes – OS LUSIADAS IV-22 LES LUSIADES LUIS DE CAMOES – Das gentes populares

*

OS LUSIADAS CAMOES CANTO IV
Os Lusiadas Les Lusiades
OS LUSIADAS IV-22 LES LUSIADES IV-22
LITTERATURE PORTUGAISE

Os Lusiadas Traduction Jacky Lavauzelle Les Lusiades de Luis de Camoes




Os Lusiadas Traduction Jacky Lavauzelle Les Lusiades de Luis de Camoes

literatura português

Luis de Camões
[1525-1580]

Tradução – Traduction
texto bilingue




Luis de Camoes Les Lusiades Trad Jacky Lavauzelle

 Obra Poética  (1556)




OS LUSIADAS IV-22
A Epopeia Portuguesa

 

Traduction Jacky Lavauzelle

Camoes Traduction Jacky Lavauzelle
Vasco de Gama

 

Traduction Jacky Lavauzelle

 

******




******

Les préparatifs au combat
Le peuple fourbit ses armes

*******

« Das gentes populares, uns aprovam
« Du peuple, certains réclament à l’envi
A guerra com que a pátria se sustinha;
Une guerre qui revivifiera la patrie ;
 Uns as armas alimpam e renovam,
  D’autres nettoient et fourbissent leurs armes ,
 Que a ferrugem da paz gastadas tinha;
Enlevant la rouille qui les entourait avec flamme ;
Capacetes estofam, peitos provam,
Il y a ceux qui réparent les casques, réajustent les cuirasses,
 Arma-se cada um como convinha;
Et qui s’arment ainsi pour combattre la menace ;
 Outros fazem vestidos de mil cores,
  D’autres vêtissent de mille couleurs leurs atours,
   Com letras e tenções de seus amores.
Avec des mots et des devises évoquant leurs amours.

**

Traduction Jacky Lavauzelle
Nuno Álvares Pereira

****

OS LUSIADAS CANTO IV

****

Traduction Jacky Lavauzelle

Vasco de Gama par Gregorio Lopes

**************

**

LA MORT DU VETERAN CAMOES

Et puis, pour qu’un royaume ait des gens de lettres, il lui faut de l’argent pour les pensionner. Le Portugal, qui épuisait son épargne en flottes, en armées, en constructions de citadelles, ne pouvait avoir dans son budget un chapitre d’encouragemens aux lettres et aux arts. Bientôt même l’état ruiné par ses conquêtes, obéré par la victoire, n’eut plus de quoi suffire aux besoins de ses armées : il finit par ne pouvoir plus nourrir ceux qui l’avaient servi. Camoens mourut à l’hôpital, ou à-peu-près ; mais ce ne fut pas comme poète ; ce ne fut pas comme Gilbert et Maifilâtre à côté d’autres écrivains largement rentes: ce fut comme un vétéran dont la solde manque, ou dont la pension de retraite est suspendue.il mourut comme beaucoup de ses compagnons d’armes, comme mouraient les vice-rois eux-mêmes, qui n’avaient pas toujours (témoin dom Joâo de Castro) de quoi acheter une pouie dans leur dernière maladie.

« Qu’y a-t-il de plus déplorable que de voir un si grand génie si mal récompensé ? Je l’ai vu mourir dans un hôpital de Lisbonne, sans avoir un drap pour se couvrir, lui qui avait si bravement combattu dans l’Inde orientale et qui avait fait cinq mille cinq cents lieues en mer. Grande leçon pour ceux qui se fatiguent à travailler nuit et jour et aussi vainement que l’araignée qui ourdit sa toile pour y prendre des mouches. »
Il peut résulter de cette apostille que José Indio a vu Camoens à l’hôpital, sans qu’il faille prendre à la lettre les mots je l’ai vu mourir.
Ce fut dans ces circonstances que le désastre d’AIkacer Kébir (4 août 1578) frappa de mort le Portugal. Il restait encore à Camoens une larme pour sa patrie : Ah ! s’écria-t-il, du moins je meurs avec elle ! Il répéta la même pensée dans la dernière lettre qu’il ait écrite. « Enfin, disait-il, je vais sortir de la vie, et il sera manifeste à tous que j’ai tant aimé ma patrie, que non-seulement je me trouve heureux de mourir dans son sein, mais encore de mourir avec elle. »
Il ne survécut que peu de mois à ce désastre, et mourut au commencement de 1579, à l’âge de cinquante-cinq ans.
Il fut enterré très pauvrement dans l’église de Santa Anna, dit Pedro de Mariz, à gauche en entrant et sans que rien indiquât sa sépulture. Ses malheurs firent une impression si profonde, que personne ne voulut plus occuper la maison qu’il avait habitée. Elle est restée vide depuis sa mort. Les prévisions de Camoens ne tardèrent pas à s’accomplir. Le Portugal, ce royaume né d’une victoire et mort dans une défaite, tomba bientôt sous le joug de Philippe IL Ce monarque visitant ses nouvelles provinces, s’informa du poète, et, en apprenant qu’il n’existait plus, il témoigna un vif regret….

Charles Magnin
Luiz de Camoëns
Revue des Deux Mondes
Période Initiale, tome 6

*********************

Traduction Jacky Lavauzelle

ARTGITATO
*********************


Camoes Os Lusiadas IV Traduction Jacky Lavauzelle

 OS LUSIADAS IV

LUIS DE CAMOES LES LUSIADES

Camoes Canto III

LA FORCE DE CONVICTION DE Nuno Álvares Pereira -OS LUSIADAS IV-21 LES LUSIADES LUIS DE CAMOES – Destarte a gente força e esforça Nuno

*

Nuno Álvares Pereira
OS LUSIADAS CAMOES CANTO IV

Os Lusiadas Les Lusiades
OS LUSIADAS IV-21 LES LUSIADES IV-21
LITTERATURE PORTUGAISE

Os Lusiadas Traduction Jacky Lavauzelle Les Lusiades de Luis de Camoes




Os Lusiadas Traduction Jacky Lavauzelle Les Lusiades de Luis de Camoes

literatura português

Luis de Camões
[1525-1580]

Tradução – Traduction
texto bilingue




Luis de Camoes Les Lusiades Trad Jacky Lavauzelle

 Obra Poética  (1556)




OS LUSIADAS IV-21
A Epopeia Portuguesa

 

Traduction Jacky Lavauzelle

Camoes Traduction Jacky Lavauzelle
Vasco de Gama

 

Traduction Jacky Lavauzelle

 

******




******

Les préparatifs au combat
La force de conviction de Nuno Álvares Pereira

*******

« Destarte a gente força e esforça Nuno,
« C’est ainsi que Nuno donne force et énergie,
   Que, com lhe ouvir as últimas razões,
A ceux qui, entendant ses ultimes litanies,
Removem o temor frio, importuno,
  Ravalent cette froide et importune peur
  Que gelados lhe tinha os corações.
 Qui avait durablement glacé leur cœur.
 Nos animais cavalgam de Neptuno,
Les animaux de Neptune sont sellés,
 Brandindo e volteando arremessões;
 Les armes sont brandies et levées ;
    Vão correndo e gritando a boca aberta:
Les voici se ruant et craint à gorges déployées :
 – « Viva o famoso Rei que nos liberta! »-
  « Vive le célèbre Roi qui va nous libérer ! » –

Traduction Jacky Lavauzelle
Nuno Álvares Pereira

**

Nuno Álvares Pereira
OS LUSIADAS CANTO IV

****

Traduction Jacky Lavauzelle

Vasco de Gama par Gregorio Lopes

**************

**

LA MORT DU VETERAN CAMOES

Et puis, pour qu’un royaume ait des gens de lettres, il lui faut de l’argent pour les pensionner. Le Portugal, qui épuisait son épargne en flottes, en armées, en constructions de citadelles, ne pouvait avoir dans son budget un chapitre d’encouragemens aux lettres et aux arts. Bientôt même l’état ruiné par ses conquêtes, obéré par la victoire, n’eut plus de quoi suffire aux besoins de ses armées : il finit par ne pouvoir plus nourrir ceux qui l’avaient servi. Camoens mourut à l’hôpital, ou à-peu-près ; mais ce ne fut pas comme poète ; ce ne fut pas comme Gilbert et Maifilâtre à côté d’autres écrivains largement rentes: ce fut comme un vétéran dont la solde manque, ou dont la pension de retraite est suspendue.il mourut comme beaucoup de ses compagnons d’armes, comme mouraient les vice-rois eux-mêmes, qui n’avaient pas toujours (témoin dom Joâo de Castro) de quoi acheter une pouie dans leur dernière maladie.

« Qu’y a-t-il de plus déplorable que de voir un si grand génie si mal récompensé ? Je l’ai vu mourir dans un hôpital de Lisbonne, sans avoir un drap pour se couvrir, lui qui avait si bravement combattu dans l’Inde orientale et qui avait fait cinq mille cinq cents lieues en mer. Grande leçon pour ceux qui se fatiguent à travailler nuit et jour et aussi vainement que l’araignée qui ourdit sa toile pour y prendre des mouches. »
Il peut résulter de cette apostille que José Indio a vu Camoens à l’hôpital, sans qu’il faille prendre à la lettre les mots je l’ai vu mourir.
Ce fut dans ces circonstances que le désastre d’AIkacer Kébir (4 août 1578) frappa de mort le Portugal. Il restait encore à Camoens une larme pour sa patrie : Ah ! s’écria-t-il, du moins je meurs avec elle ! Il répéta la même pensée dans la dernière lettre qu’il ait écrite. « Enfin, disait-il, je vais sortir de la vie, et il sera manifeste à tous que j’ai tant aimé ma patrie, que non-seulement je me trouve heureux de mourir dans son sein, mais encore de mourir avec elle. »
Il ne survécut que peu de mois à ce désastre, et mourut au commencement de 1579, à l’âge de cinquante-cinq ans.
Il fut enterré très pauvrement dans l’église de Santa Anna, dit Pedro de Mariz, à gauche en entrant et sans que rien indiquât sa sépulture. Ses malheurs firent une impression si profonde, que personne ne voulut plus occuper la maison qu’il avait habitée. Elle est restée vide depuis sa mort. Les prévisions de Camoens ne tardèrent pas à s’accomplir. Le Portugal, ce royaume né d’une victoire et mort dans une défaite, tomba bientôt sous le joug de Philippe IL Ce monarque visitant ses nouvelles provinces, s’informa du poète, et, en apprenant qu’il n’existait plus, il témoigna un vif regret….

Charles Magnin
Luiz de Camoëns
Revue des Deux Mondes
Période Initiale, tome 6

*********************

Traduction Jacky Lavauzelle

ARTGITATO
*********************


Camoes Os Lusiadas IV Traduction Jacky Lavauzelle

Nuno Álvares Pereira
OS LUSIADAS IV

LUIS DE CAMOES LES LUSIADES

Camoes Canto III

TOUTES LES OMBRES – Alle de voksende Skygger – JENS PETER JACOBSEN

Denmark– Danemark – Danmark
arbejde Jens Peter JACOBSEN

***

Traduction Jacky Lavauzelle*******

Traduction – Texte Bilingue

Jens Peter JACOBSEN

Poésie
Poesi


LITTERATURE DANOISE
POESIE DANOISE

dansk litteratur
dansk poesi
danske digte

Jens Peter JACOBSEN
1847-1885

Traduction Danois Jacky Lavauzelle

Traduction Jacky Lavauzelle


LES POEMES
DE JENS PETER JACOBSEN

Alle de voksende Skygger
TOUTES LES OMBRES

**

Alle de voksende Skygger
Toutes les ombres croissantes
Har vævet sig sammen til en,
Se sont tissées ensemble une à une,
Ensom paa Himmelen lyser
Solitaire dans le brillant du ciel
  En Stjærne saa straalende ren,
Une étoile pure illumine,
Skyerne have saa tunge Drømme,
Les nuages rêvent profondément,
Blomsternes Øjne i Duggraad svømme,
Les yeux des fleurs flottent dans des larmes de rosée,
Underligt Aftenvinden
Le vent étrange du soir, lui,
Suser i Linden.
Chante dans le tilleul.

**********************
Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
***********************

BERNHARD KELLERMANN & JACOBSEN

Qu’on songe maintenant aux fosses de Germinal ou à l’alambic de l’Assommoir. C’est le même art, les mêmes procédés, la même personnification de la matière, la même vue par l’énorme, la même poésie grandiloquente, qui confine à l’épopée et à l’amphigouri. Cet exemple suffit ; on pourrait en réunir beaucoup d’autres, sans, par là, vouloir autrement s’exagérer les analogies entre deux œuvres aussi différentes. Il y a entre elles l’abîme qui sépare le génie latin du génie germanique, et c’est chez les plus septentrionaux des écrivains allemands et jusque dans les littératures danoises et scandinaves, chez les J. V. Jensen et les Jacobsen, qu’il faudrait probablement aller chercher les origines de la lignée intellectuelle à laquelle appartient Kellermann.

Gaston Monod
L’Œuvre de Bernhard Kellermann
La Revue Mondiale, 1914

 

**************************

Jens Peter Jacobsen