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ISOLEMENT – Poème de Eduard MÖRIKE – Verborgenheit

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Mörike
Traduction Jacky Lavauzelle


LITTERATURE ALLEMANDE
Deutsch Literatur

Gedichte – Poèmes

EDUARD MÖRIKE

8. September 1804  Ludwigsburg- 4. Juni 1875 Stuttgart
8 septembre 1804 – 4 juin 1875

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ISOLEMENT
Verborgenheit
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Laß, o Welt, o laß mich sein!
Laisse, ô monde, ô laisse-moi !
Locket nicht mit Liebesgaben,
Oublie sa vie amoureuse,
Laßt dies Herz alleine haben
Laisse à ce cœur solitaire
Seine Wonne, seine Pein!
Son bonheur, sa douleur !…

DER SCHEMEL HEINE INTERMEZZO LYRIQUE XXXIII LE TABOURET

INTERMEZZO LYRIQUE
Heinrich Heine
der Schemel – Le Tabouret

 

INTERMEZZO LYRIQUE HEINE
LITTERATURE ALLEMANDE
intermezzo-lyrique-heine-artgitato-lyrisches-intermezzo-heine-willem-van-aelst-bloemenstilleven-met-horloge



Christian Johann Heinrich Heine
der Schemel – le Tabouret




Deutsch Poesie
 Deutsch Literatur

Heinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich Heine

HEINRICH HEINE
1797- 1856

German poet
Poète Allemand
Deutsch Dichter

Heinrich Heine Oeuvre Poèmes Poésie Gedichte Artgitato

Übersetzung – Traduction
Jacky Lavauzelle




INTERMEZZO LYRIQUE HEINE
XXXIII

der Schemel

 

Lyrisches Intermezzo
XXXIII
LE TABOURET

1823

INTERMEZZO LYRIQUE
der Schemel Le Tabouret
Heinrich Heine

*

XXXIII

   (Der Kopf spricht:)
La tête parle et dit :

Ach, wenn ich nur der Schemel wär’,
Ah, si j’étais le tabouret, seulement,
Worauf der Liebsten Füße ruhn!
Où les pieds de ma tendre aimée reposent !
Und stampfte sie mich noch so sehr,
Et elle pourrait à sa guise me piétiner,
Ich wollte doch nicht klagen thun.
Aucune plainte ne sortirait.

*

 (Das Herz spricht:)
Le cœur parle et dit :

Ach, wenn ich nur das Kißchen wär’,
Ah, si j’étais la pelote, seulement,
Wo sie die Nadeln steckt hinein!
Où elle plante les aiguilles !
Und stäche sie mich noch so sehr,
Elle pourrait à sa guise me piquer,
Ich wollte mich der Stiche freu’n.
Que du point je me réjouirais.

*

  (Das Lied spricht:)
La chanson parle et dit :

Ach, wär’ ich nur das Stück Papier,
Ah, si j’étais le morceau de papier, seulement
Das sie als Papillote braucht!
Qu’elle prend pour ses papillotes !
Ich wollte heimlich flüstern ihr
Je lui murmurerais en secret
In’s Ohr, was in mir lebt und haucht.
Dans l’oreille, ce qui vit et ce qui respire en moi.

 

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XXXIII
der Schemel
HEINRICH HEINE
INTERMEZZO LYRIQUE

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LA POESIE DE HEINRICH HEINE

A ce point de vue, Heine est traité en privilégié. Les Allemands peuvent bien maudire le pamphlétaire, ils savent par cœur les vers du poète. Éditeurs, biographes, critiques d’outre-Rhin lui ont consacré d’importans travaux. Chez nous, seul entre les poètes allemands, il bénéficie de ce privilège d’avoir un public. Je ne nie pas que nous n’ayons pour quelques autres, et pour Goethe par exemple, un juste respect. Nous admirons Gœthe, nous ne l’aimons pas. Au contraire, l’auteur de l’Intermezzo est pour quelques Français de France un de ces écrivains qui sont tout près du cœur. Cela tient à plusieurs raisons parmi lesquelles il en est d’extérieures. Heine a vécu pendant de longues années parmi nous ; il parlait notre langue, quoique avec un fort accent ; il l’écrivait, quoique d’une façon très incorrecte ; il nous a loués, quoique avec bien de l’impertinence ; il a été mêlé à notre société ; il a été en rapports avec nos écrivains, nos artistes et même nos hommes politiques. Nous nous sommes habitués à le considérer comme un des nôtres, et sa plaisanterie, fortement tudesque, passe encore pour avoir été une des formes authentiques de l’esprit parisien. Notre sympathie pour Heine se fonde d’ailleurs sur des motifs plus valables. Il a quelques-unes des qualités qui nous sont chères : son style est clair ; ses compositions sont courtes. Nous aimons ces lieds dont quelques-uns durent le temps d’un soupir, l’espace d’un sanglot. Leur pur éclat nous semble celui de la goutte de rosée que le soleil taille en diamant, ou d’une larme qui brille dans un sourire. C’est par eux que le meilleur de la sentimentalité allemande est parvenu jusqu’à nous. Ou, pour parler plus exactement, la poésie de Heine représente une nuance particulière de sensibilité, qu’il a créée et que nous avons accueillie. Aussi doit-elle avoir sa place dans une histoire de la poésie lyrique en France. De même qu’il y a une « critique allemande » de l’œuvre de Heine, il convient qu’il y en ait parallèlement une « critique française ».

René Doumic
Revue littéraire
La poésie de Henri Heine d’après un livre récent
Revue des Deux Mondes
4e période
tome 140
1897
pp. 457-468

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INTERMEZZO LYRIQUE
XXXIII
der Schemel – le Tabouret
HEINRICH HEINE

Der Neckar Hölderlin – Le Neckar de Friedrich Hölderlin


LITTERATURE ALLEMANDE
Deutsch Literatur

Friedrich Hölderlin
der neckar hölderlin

1770-1843

 

Traduction Jacky Lavauzelle

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die Gedichte
Les Poèmes
Стихи Фридриха Гельдерлина
荷尔德林诗
Friedrich_hoelderlin


Friedrich Hölderlin
Der Neckar
Le Neckar

 

 Der Neckar Hölderlin

In deinen Tälern wachte mein Herz mir auf
Dans tes vallées, mon cœur se réveilla
Zum Leben, deine Wellen umspielten mich,
A la vie, tes vagues jouaient tout autour de moi,
Und all der holden Hügel, die dich
Et toutes ces belles collines, qui,
Wanderer! kennen, ist keiner fremd mir.
Voyageur ! te connaissent, ne m’étaient pas étrangères.

Auf ihren Gipfeln löste des Himmels Luft
Sur les cimes, l’air du ciel
Mir oft der Knechtschaft Schmerzen; und aus dem Tal,
M’a souvent allégé la douleur de la servitude ; et dans la vallée,
Wie Leben aus dem Freudebecher,
Comme la vie dans la coupe de joie,
Glänzte die bläuliche Silberwelle.
Brillait l’onde argentée bleutée.

Der Berge Quellen eilten hinab zu dir,
Les sources des montagnes se précipitèrent vers toi,
Mit ihnen auch mein Herz und du nahmst uns mit,
Avec elles mon cœur et tu nous guidas,
Zum stillerhabnen Rhein, zu seinen
Vers le paisible Rhin , vers ses
Städten hinunter und lustgen Inseln.
Villes en-deçà et ses îles bienheureuses.

Noch dünkt die Welt mir schön, und das Aug entflieht
Pourtant, le monde me semble beau, et mon regard fuit
Verlangend nach den Reizen der Erde mir,
Avec délectation vers les charmes de la terre,
Zum goldenen Paktol, zu Smyrnas
Vers le pactole d’or, à Smyrne
Ufer, zu Ilions Wald. Auch möcht ich
Sur sa côte, vers la forêt d’Ilion. Aussi je voudrais

Bei Sunium oft landen, den stummen Pfad
Débarquer au Cap Sounion souvent, au chemin silencieux
Nach deinen Säulen fragen, Olympion!
Prendre des nouvelles de tes colonnades, Olympiéion !
Noch eh der Sturmwind und das Alter
Avant la tempêtes et avant l’âge
Hin in den Schutt der Athenertempel
Dans les décombres des temples athéniens

Und ihrer Gottesbilder auch dich begräbt,
Et leurs images de Dieu ne t’enterrent, aussi,
Denn lang schon einsam stehst du, o Stolz der Welt,
Toi dressé-là depuis longtemps déjà, ô orgueil du monde,
Die nicht mehr ist. Und o ihr schönen
Qui n’est plus. Et ô vous, belles
Inseln Ioniens! wo die Meerluft
Îles Ioniennes ! où l’air de la mer

Die heißen Ufer kühlt und den Lorbeerwald
Refroidit les chauds rivages et dans la forêt de lauriers
Durchsäuselt, wenn die Sonne den Weinstock wärmt,
Susurre quand le soleil réchauffe la vigne,
Ach! wo ein goldner Herbst dem armen
Ah ! où un automne doré pour les pauvres
Volk in Gesänge die Seufzer wandelt,
Gens convertit en chant le soupir,

Wenn sein Granatbaum reift, wenn aus grüner Nacht
Quand son grenadier arrive à maturité, quand dans la nuit verte
Die Pomeranze blinkt, und der Mastixbaum
L’orange illumine et le lentisque
Von Harze träuft und Pauk und Cymbel
Pleure sa sève et que tambour et cymbale
Zum labyrinthischen Tanze klingen.
Résonnent pour des danses labyrinthiques.

Zu euch, ihr Inseln! bringt mich vielleicht, zu euch
Vers vous, les îles ! m’amènera peut-être à vous
Mein Schutzgott einst; doch weicht mir aus treuem Sinn
Mon dieu tutélaire ; mais fidèle toujours
Auch da mein Neckar nicht mit seinen
Mon Neckar m’accompagnera avec ses
Lieblichen Wiesen und Uferweiden.
Prairies, pâturages et saules riverains.

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der neckar hölderlin

Alte Brücke Heidelberg - Le Vieux Pont de Heidelberg Artgitato (3)

Le Neckar sous le Pont-Vieux d’Heildeberg

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Der Neckar Hölderlin

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La Poésie païenne en Allemagne au XIXe siècle – Frédéric Hœlderlin
P-A Challemel-Lacour
Revue des Deux Mondes T.69
15 juin 1867

Frédéric Hœlderlin était né dans le Wurtemberg, en 1770, à Lauffen, sur les bords du Neckar. Son père, simple pasteur de campagne, était mort deux ans après sa naissance, laissant une femme et deux enfans sans fortune. Celle-ci s’était remariée, et bientôt après, devenue veuve une seconde fois, elle s’était retirée avec sa mère dans la petite ville champêtre de Nurtingen, où elle dut pourvoir, à force de privations, à l’éducation de quatre enfans mineurs. Cette éducation rustique sous la conduits de deux femmes distinguées par l’élévation des sentimens et par un tour poétique dans l’imagination, exerça sur Hoelderlin une influence décisive ; il y prit quelque chose de la délicatesse féminine…

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der neckar Hölderlin