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EFFRAYANT ! POÈME DE ZINAÏDA HIPPIUS – 1916 – Поэзия Зинаиды Гиппиус – Страшное

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LITTÉRATURE RUSSE
POÉSIE RUSSE
Русская литература
Русская поэзия
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Poésie de Zinaïda Hippius
Поэзия Зинаиды Гиппиус
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Zinaïda Nicolaïevna Hippius
Зинаи́да Никола́евна Ги́ппиус

8 novembre 1869 Beliov Russie – 9 septembre 1945 Paris,
8 ноября 1869 Белёв, Российская империя — 9 сентября 1945 Париж Франция

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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
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EFFRAYANT !
1916
Страшное

 

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Страшно оттого, что не живется – спится…
C’est terrible parce que ça ne vit pas – ça dort …
И все двоится, все четверится.
Et tout double, tout quadruple.
В прошлом грехов так неистово-много,
Il y a tellement de péchés dans le passé
Что и оглянуться страшно на Бога.
Que cela jette un regard terrible sur Dieu.

*

Да и когда замолить мне грехи мои?
Oui, et quand prier pour mes péchés ?
Ведь я на последнем склоне круга…
Après tout, je suis sur la dernière pente du cercle …
А самое страшное, невыносимое,
Et le pire, le plus insupportable
Это что никто не любит друг друга…
C’est que personne ne s’aime …


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1916

L’OMBRE DES CÈDRES – Poème de SOPHIA PARNOK – 1921 – стихи Софии Парнок -В те дни младенческим напевом

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LITTÉRATURE RUSSE
POÉSIE RUSSE
Русская литература
Русская поэзия
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Poésie de Sophia Parnok
Поэзия офии Парнок
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Sophia Parnok
Софи́я Я́ковлевна Парно́к

30 juillet 1885, Taganrog- 26 août 1933, Karinskoïe
30 июля 1885, Таганрог – 26 августа 1933, Каринское, Московская область
русская поэтесса, переводчица
Poétesse russe

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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
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L’OMBRE DES CEDRES
1921
В те дни младенческим напевом
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В те дни младенческим напевом
En ces jours, d’une mélodie infantile
Звучали первые слова,
Les premiers mots ont résonné,
Как гром весенний, юным гневом
Comme un tonnerre de printemps, la colère de jeunesse
Гремел над миром Егова,
De Jéhovah rugissait,

*

И тень бросать учились кедры,
Et les cèdres apprirent à jeter leur première ombre,
И Ева — лишь успела пасть,
Et Ève – venait seulement de tomber,
И семенем кипели недра,
Et de la graine bouillaient les entrailles,
И мир был — Бог, и Бог — был страсть.
Et le monde était Dieu, et Dieu était passion.

*

Своею ревностью измаял,
Il la portait jalousement,
Огнем вливался прямо в кровь…
Le feu coulait directement dans le sang …
Ужель ты выпил всю, Израиль,
As-tu tout bu, Israël,
Господню первую любовь?
Le premier amour du Seigneur ?


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3 июня 1921
3 juin 1921

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Poésie de Sophia Parnok
Поэзия офии Парнок
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LA CRÉATION DU MONDE- Iakob Gogebashvili – იაკობ გოგებაშვილი- ქვეყნის შექმნა

Littérature Géorgienne
ქართული ლიტერატურა


HISTOIRE BIBLIQUE
ბიბლიური ისტორია

LA CRÉATION DU MONDE
ქვეყნის შექმნა

Le Premier Jour de la création, Chronique de Nuremberg, 1493

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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

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Iakob Gogebashvili
იაკობ გოგებაშვილი

15 octobre 1840 Variani (Gori)– 1er juin 1912 Tbilissi
15 ოქტომბერი 1840, სოფ. ვარიანი, ახლანდელი გორის რაიონი ― 14 ივნისი 1912, თბილისი

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ჩვენ ვიცით, რომ ყველა ადამიანი დედ-მამისაგან იბადება.
Nous savons que chaque personne est née d’une mère et d’un père.

აგრეთვე ვხედავთ, რომ ცხოველები ცხოველებისაგან ჩნებიან, მცენარეები მცენარებიიდან მრავლდებიან.
Nous voyons également que les animaux sont des dérivés d’autres animaux, les plantes poussent à partir d’autres plantes.

მაგრამ პირველი დედ-მამა როგორღა გაჩნდა?
Mais comment sont venus au monde les premiers pères et les premières mères ?

პირველი ცხოველები და მცენარეები როგორღა დაიბადნენ ქვეყანაზედ?
Comment sont nés les premiers animaux et les premières plantes sur la terre ?

ისინი შექმნა ღმერთმა.
lls ont été créés par Dieu.

ღმერთი არის ყოვლის შემოქმედი, ყველაფრის დამბადებელი.
Dieu est le Créateur de toutes choses, le Créateur de toutes choses.

მან გააჩინა ცა, მან შექმნა დედამიწა და მან დაბადა ყველაფერი, რასაც კი ქვეყნიერებაზედ ვხედავთ.
Il a créé le ciel, il a créé la terre et il a donné naissance à tout ce que nous voyons dans le monde.

თვითონ ღმერთი კი არავისგან არ შექმნილა და არავისგან არ დაბადებულა.
Mais Dieu lui-même n’a été créé par personne et n’est né de personne.

იგი ყოველთვის იყო, არის და იქნება.
Il a toujours été, est et sera.

ამიტომ ღმერთს ჩვენ ვუწოდებთ საუკუნო არსებას.
Nous appelons donc Dieu : l’Être éternel.

კაცი როცა რაიმე ნივთს აკეთებს, მასალასა ხმარობს.
Quand une personne fait quelque chose, elle utilise du matériel.

ღმერთმა კი ქვეყანა არაფრისაგან შექმნა.
Mais Dieu a créé la terre à partir de rien.

უფალმა კი მთელი ქვეყანა შექმნა მარტო სიტყვით, ბრძანებით.
Et le Seigneur a fait le pays entier par le Verbe.

ამიტომ ღმერთს ვუწოდებთ ყოვლისშემძლებელსა.
Par conséquent, nous l’appelons Dieu Tout-Puissant.

უფალს შეეძლო ყველაფერი ერთ წამს გაეჩინა, მაგრამ სხვაფრივ ინება: ცისა და დედამიწის შექმნას ექვსი დღე მოანდომა.
Le Seigneur aurait pu tout faire en une seconde, mais il en a décidé autrement : il avait six jours pour créer les cieux et la terre.

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FANATISME – Poème de FLORBELA ESPANCA – FANATISMO -1923

Traduction Jacky Lavauzelle João da Cruz e Sousa
João da Cruz e Sousa Traduction Jacky Lavauzelle

LITTÉRATURE PORTUGAISE
POÉSIE PORTUGAISE
LITERATURA PORTUGUESA
POESIA PORTUGUESA

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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
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Florbela Espanca
Flor Bela de Alma da Conceição
Poétesse portugaise
8 décembre 1894 – 8 décembre 1930
Vila Viçosa, 8 de dezembro de 1894 — Matosinhos, 8 de dezembro de 1930

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FANATISME
FANATISMO
Poème paru dans « 
Livro de Sóror Saudade« 
1923 

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Caspar David Friedrich, Le Voyageur contemplant une mer de nuages, 1818, Hambourg Kunsthalle

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Minh’alma, de sonhar-te, anda perdida.
Mon âme, rêvant de toi, s’est perdue.
Meus olhos andam cegos de te ver.
Mes yeux sont devenus aveugles de te voir.
Não és sequer razão do meu viver
Tu n’es même pas la raison de ma vie.
Pois que tu és já toda a minha vida!
Car déjà tu es toute ma vie !

*

Não vejo nada assim enlouquecida…
Je ne vois rien d’aussi fou …
Passo no mundo, meu Amor, a ler
Entrez dans le monde, mon Amour, à lire
No misterioso livro do teu ser
Dans le livre mystérieux de ton être
A mesma história tantas vezes lida!…
La même histoire si souvent lue ! …

*

« Tudo no mundo é frágil, tudo passa… »
« Tout dans le monde est fragile, tout va …« 
Quando me dizem isto, toda a graça
Quand on me dit ça, toute la grâce
Duma boca divina fala em mim!
D’une bouche divine parle de moi !

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E, olhos postos em ti, digo de rastros:
Et, les yeux posés sur toi, je dis en me traînant :
« Ah! podem voar mundos, morrer astros,
« Ah, les mondes peuvent voler, les étoiles mourir,
Que tu és como Deus: princípio e fim!… »
Que te es comme Dieu : l’alpha et l’oméga ! …  »

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LA POÉSIE DE FLORBELA ESPANCA – POESIA DE FLORBELLA ESPANCA
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João da Cruz e Sousa Traduction Jacky Lavauzelle

AIMER ! Poème de Florbela ESPANCA – AMAR ! – 1931

Traduction Jacky Lavauzelle João da Cruz e Sousa
João da Cruz e Sousa Traduction Jacky Lavauzelle

LITTÉRATURE PORTUGAISE
POÉSIE PORTUGAISE
LITERATURA PORTUGUESA
POESIA PORTUGUESA

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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
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Florbela Espanca
Flor Bela de Alma da Conceição
Poétesse portugaise
8 décembre 1894 – 8 décembre 1930
Vila Viçosa, 8 de dezembro de 1894 — Matosinhos, 8 de dezembro de 1930

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AIMER !

AMAR!
Poème paru dans

« Charneca em Flor » 
1931

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Henrique Pousão, Senhora Vestida de Negro, 1882, Museu Nacional de Soares dos Reis, Porto

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Eu quero amar, amar perdidamente!
Je veux aimer, aimer sauvagement !
Amar só por amar: Aqui… além…
Aimer juste pour aimer : Ici … au-delà …
Mais Este e Aquele, o Outro e toda a gente…
Lui et Celui-là, l’Autre et tout le monde …
Amar! Amar! E não amar ninguém!
Aimer ! Aimer ! Et n’aimer personne!

*

Recordar? Esquecer? Indiferente!…
Se souvenir ? Oublier ? Être indifférente ! …
Prender ou desprender? É mal? É bem?
Tenir ou desserrer ? Est-ce mal ? Est-ce bien ?
Quem disser que se pode amar alguém
Celui qui dit qu’il peut aimer quelqu’un
Durante a vida inteira é porque mente!
Tout au long de la vie entière ment !

*

Há uma Primavera em cada vida:
Il y a un Printemps dans chaque vie :
É preciso cantá-la assim florida,
Il faut le chanter ainsi fleuri,
Pois se Deus nos deu voz, foi pra cantar!
Car si Dieu nous a donné une voix, c’est pour chanter !

*

E se um dia hei de ser pó, cinza e nada
Et si un jour je dois être poussière, cendre et néant
Que seja a minha noite uma alvorada,
Que ma nuit soit une aube,
Que me saiba perder… pra me encontrar…
Que je sache me perdre … pour me retrouver …

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LA POÉSIE DE FLORBELA ESPANCA – POESIA DE FLORBELLA ESPANCA
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João da Cruz e Sousa Traduction Jacky Lavauzelle

POUR UNE HEURE D’AMOUR – Poésie de Lope de Vega – No sabe qué es amor quien no te ama

Littérature espagnole
Literatura española
Poésie espagnole
Poesía española

BNE Biblioteca Nacional de España Biblitothèque Nationale d'Espagne Artgitato Madrid Lope de Vega
Lope de Vega, La Bibliothèque d’Espagne – Biblioteca de españa – Photo Jacky Lavauzelle

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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
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LOPE DE VEGA
Félix Lope de Vega y Carpio
Madrid 25 novembre 1562 – Madrid 27 août 1635

RIMES SACRÉES
Rimas sacras


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POUR UNE HEURE D’AMOUR
No sabe qué es amor quien no te ama

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Ramon Casas, Sífilis, affiche, 1900, Barcelone, musée national d’art de Catalogne

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No sabe qué es amor quien no te ama,
Il ne sait pas ce qu’est l’amour celui qui ne t’aime pas,
celestial hermosura, esposo bello;
beauté céleste, bel époux ;
tu cabeza es de oro, y tu cabello
ta tête est d’or et tes cheveux
como el cogollo que la palma enrama.
comme le bourgeon que le palmier recouvre.

*

Tu boca como lirio que derrama
Ta bouche, un lis d’où se répand
licor al alba; de marfil tu cuello;
une liqueur à l’aube ; ton cou un bel ivoire ;
tu mano el torno y en su palma el sello
ta main une tour et dans sa paume le sceau
que el alma por disfraz jacintos llama.
que l’âme porte pour protéger les jacinthes.

*

¡Ay, Dios!, ¿en qué pensé cuando, dejando
Ô mon Dieu ! qu’ai-je pensé quand, laissant
tanta belleza y las mortales viendo,
tant de beauté au regard des mortels,
perdí lo que pudiera estar gozando?
j’ai perdu ce que j’aurai dû apprécier ?

*

Mas si del tiempo que perdí me ofendo,
Mais si le temps que j’ai perdu me peine,
tal prisa me daré, que una hora amando
je vais me presser pour qu’une heure d’amour
venza los años que pasé fingiendo.
détruise toutes les années passées à faire semblant.

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LA POÉSIE de LOPE DE VEGA
LA POESIA DE LOPE DE VEGA

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LA PREMIÈRE FOIS QU’IL A VU LA MER – Poème de LOPE DE VEGA La primera vez que vio la mar

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Littérature espagnole
Literatura española
Poésie espagnole
Poesía española

BNE Biblioteca Nacional de España Biblitothèque Nationale d'Espagne Artgitato Madrid Lope de Vega
Lope de Vega, La Bibliothèque d’Espagne – Biblioteca de españa – Photo Jacky Lavauzelle

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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
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LOPE DE VEGA
Félix Lope de Vega y Carpio
Madrid 25 novembre 1562 – Madrid 27 août 1635

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LA PREMIÈRE FOIS QU’IL A VU LA MER
La primera vez que vio la mar

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L’Invincible Armada, Philippe-Jacques de Loutherbourg

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¡Válate Dios, el charco, el que provocas
Avec l’aide de Dieu, flaque d’eau, tu provoques
con verte a helar el alma de las venas,
à voir geler l’âme dans les veines,
Adán de tirubones y ballenas,
Adam des requins et des baleines,
almejas viles y estupendas focas!
des viles palourdes et des prodigieux phoques !

*

Cerúleo sorbedor por tantas bocas
Buveur céruléen par tant de bouches
de más naves que vio tu centro arenas;
de plus de navires que tes profondeurs n’ont vu de grains de sable ;
teatro en quien oyó trágicas scenas,
théâtre dans lequel lors des scènes les plus tragiques
sentada la Fortuna entre estas rocas.
la Fortune se tient toujours assise parmi ces rochers.

*

Tú, que enseñaste al Draque, a Magallanes
Toi, toi qui as enseigné à Drake et à Magellan
lo más estrecho de tu campo oblico,
la plus étroite ligne sur ton horizon oblique,
a pesar de sirenas y caimanes,
malgré les sirènes et malgré les caïmans,

*

en España nací con solo el pico,
en Espagne je suis né avec seulement ma faim,
cansado estoy de trajinar desvanes,
je suis épuisé dans l’agitation des greniers,
dime, ¿por dónde van a Puerto Rico?
dis-moi, par où va-t-on à Porto Rico ?

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LA POÉSIE de LOPE DE VEGA
LA POESIA DE LOPE DE VEGA

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JEANNE D’ARC – Poème de Friedrich SCHILLER – 1810 – Das Mädchen von Orleans

***
Friedrich von Schiller
1759-1805

friedrich von schiller
Friedrich von Schiller Allegorie des Tanzes, Allégorie de la Danse, William Bouguereau Der Tanz Schiller Jacky Lavauzelle

*


Jacky Lavauzelle Traduction

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DAS MÄDCHEN VON ORLEANS
JEANNE D’ARC – 1810

POÈME DE FRIEDRICH VON SCHILLER

Jeanne d’Arc à cheval. Enluminure du manuscrit d’Antoine Dufour, Les vies des femmes célèbres, Nantes, musée Dobrée, 1504

Das edle Bild der Menschheit zu verhöhnen,
Moquant la noble image de l’humanité,
Im tiefsten Staube wälzte dich der Spott,
Dans la poussière la plus infâme, la moquerie t’a roulée,
Krieg führt der Witz auf ewig mit dem Schönen,
Continuant son éternelle guerre contre le beau
Er glaubt nicht an den Engel und den Gott,
Ne croyant ni à l’ange ni à Dieu,
Dem Herzen will er seine Schätze rauben,
Au cœur, il veut lui voler ses idéaux,
Den Wahn bekriegt er und verletzt den Glauben.
Combattant l’illusion, il viole la foi.

*

Doch, wie du selbst, aus kindlichem Geschlechte,
Mais, comme toi, d’une juvénile candeur,
Selbst eine fromme Schäferin wie du,
Simple et pieuse bergère comme toi,
Reicht dir die Dichtkunst ihre Götterrechte,
La poésie t’offre ses droits divins
Schwingt sich mit dir den ewgen Sternen zu,
Se porte avec toi vers les astres éternels,
Mit einer Glorie hat sie dich umgeben,
D’une scintillante gloire elle te couronne,
Dich schuf das Herz, du wirst unsterblich leben.
T’irradie le cœur, pour devenir immortelle.

*

Es liebt die Welt, das Strahlende zu schwärzen
Il aime, ce monde, noircir ce qui illumine
Und das Erhabne in den Staub zu ziehn,
Et tirer le sublime dans la poussière,
Doch fürchte nicht! Es gibt noch schöne Herzen,
Mais n’aie pas peur ! Il y a encore de belles âmes,
Die für das Hohe, Herrliche entglühn,
Qui, pour ce qui est grand et glorieux, s’enflamment,
Den lauten Markt mag Momus unterhalten,
Le marché bruyant peut divertir Momos,
Ein edler Sinn liebt edlere Gestalten.
Un esprit noble aime les figures nobles.

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Mômos critique les créations des dieux, toile de Maarten van Heemskerck (1561). De gauche à droite : Neptune, un cheval, Vénus, Vulcain, Minerve, Momus.


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Friedrich von Schiller


Gedicht -Poème
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L’ORIGINE DE L’HOMME – Jacky Lavauzelle

L’ORIGINE DE L’HOMME

L'Origine de l'Homme Jacky Lavauzelle
Francisco Franco O GIL, 1923, Musée du Chiado, Lisbonne

*L'Origine de l'Homme Jacky Lavauzelle





Jacky Lavauzelle Poème

*
SERIE L’HYPOTHESE DE L’HOMME


****
L’ORIGINE DE L’HOMME

 


Poème

**

L’ORIGINE DE L’HOMME

NON
Je n’ai pas connu le grand commencement
Les Cieux, la terre et tout le pataquès
Si telle est la question
Non
Je n’ai pas connu les nuages de la grande aurore primaire
Je n’ai pas connu mais je sais

Je sais

 La terre n’était plus informe
A cette heure
Même si personne ne savait
Quelle forme elle pouvait bien avoir
Vraiment
Des âmes sans corps, un vieux cercueil d’Egypte sans morts, un potage de lentilles sans lentilles
Tout ça était bien là
La terre n’était plus vide
Pleine de lumières et de ténèbres
De ténèbres et encore de ténèbres
Comme dans le cul du premier jour du monde
Là-bas
Les loups divins marchaient la tête basse
La queue invisible dans un brouillard du diable
Les derniers monstres qui trainaient lamentablement
Finissaient de rogner d’innommables charognes

 Les statues du ciel arrachèrent les planches qui tenaient les nuages
Les anges traversaient dans les barques brinquebalantes du temps
Les archers terrorisés décochaient leurs ultimes flèches
Sur les fesses des nymphes callipyges totalement effrayées
De voir ainsi tant de vaillants archers bander des arcs si puissants

 Là-bas
Le vacarme se tut, vint le silence
Le silence de la nuit
De la plus profonde nuit
En pleine journée

 Là-bas
Dieu est sorti
Seul

 A découvert son éternel abîme
A repassé sa main une dernière fois
Dans ses longs cheveux bleus de feu
Il est parti triste

 Ainsi fut cette journée mémorable
Du moins c’est ce que raconte le taulier du Jardin d’Eden
Il eut marmonné des mots historiques
Paraît-il
Qui se sont perdus depuis

 La légende s’écrivait alors seule dans un marbre lunaire
De son unique regard
Tant de choses venaient
La science, la dignité, une planète, le grand
Et le petit art
Une planète encore
Des coques vides et des coques pleines
La sensiblerie et le pair et l’impair
Les multiples déterrages de topic qui s’enchaînent
Une planète et l’héroïsme moderne
Et ainsi de suite

 Tant et tant de choses
Tant et tant de planètes
Tant que durait son infini voyage
Sa masse générale s’emplissait de boue
De cendres et de feu

 Mais sans pour autant arrêter sa création
Son volume amplifiait tant
Qu’en planète on aurait pu le confondre aussi
Une fissure apparu
Et le premier pet du monde sortit
Un pet si lourd
Quintessence  de peines et de malheurs
Concentré d’ombres venimeuses et de spectres assassins
Tomba
Cette nouvelle substance tomba si longtemps
Que l’éternel d’elle enleva ses ailes
Seul le chaos pouvait encore couler sur son cou
Sans un unique rayon de gaité
Sans oreilles et avec une âme si lâche qu’aucune larme
Ne lui aurait pris la main
Il continua sa course
Jusqu’à s’effondrer dans un excrément repoussant
Que l’on appelait là-bas un gros tas de merde
Il y arriva
En s’y mêlant totalement
Quand il toucha la terre
Un pâle éclair nauséabond  salua l’apparition
Comme un pet mouillé que l’air du petit matin chasse d’un unique coup d’air
C’est le gros tas qui lui servit de ferment
M’a t-on dit
Il retourna brièvement la tête
Observant sa dernière création
Qui déjà montait sur un talus
Crier sa grandeur
Qu’il ferait de ce talus le lieu de mémoire
Par excellence
Pour des générations et des générations

 Dieu se dit qu’il venait de faire une connerie
La plus grosse qui soit
Mais ce qui était fait, était fait
Que ce nain aux prétentions de géants
N’en aurait pas pour très longtemps

 Il repartit si vite
Que rien ne bougea
Seule une lumière brillante raya le ciel
Il est reparti se coucher
Dans l’épais ciel du soir
Du premier soir de l’homme

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L’ORIGINE DE L’HOMME

(CONTE CROATE)


Au commencement, il n’y avait rien que Dieu ; or Dieu dormait et rêvait. Ce sommeil dura des siècles. Le moment fixé pour son réveil arriva. Il s’éveilla brusquement, regarda autour de lui, et chacun de ses regards créa une étoile. Dieu s’étonna et se mit à voyager pour voir ce que ses yeux avaient créé. Il voyagea ; il voyagea, sans terme et sans fin. Il arriva à notre terre ; mais il était déjà las ; la sueur lui dégouttait du front. Une goutte de sueur tomba sur la terre ; cette goutte s’anima et ce fut le premier homme.

Ainsi l’homme est né de Dieu ; mais il n’a pas été créé pour le plaisir, il est né de la sueur divine, et, dès l’origine, il a été destiné à peiner et à travailler.

Recueil de contes populaires slaves
Traduction par Louis Léger
Ernest Leroux, 
****************

L’ORIGINE DE L’HOMME

*L'Origine de l'Homme Jacky Lavauzelle

LÉNORE – LENORE (I) Poème de GOTTFRIED AUGUST BÜRGER

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Gottfried August Bürger Trad Jacky Lavauzelle
Heinrich Christoph Kolbe, Bildnis einer jungen Dame, Portrait d’une jeune dame,1826


LITTERATURE ALLEMANDE

Gottfried August Bürger Jacky Lavauzelle Leonore

Gottfried August Bürger Jacky Lavauzelle Leonore









*

Entstehungsdatum – 1773
Ecrit en 1773
Erscheinungsdatum – 1778
Publié en 1778

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Les 112 premiers vers

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     Lenore fuhr um’s Morgenrot
Lénore échappe, avec la venue de l’aube,
Empor aus schweren Träumen:
Au convoi de ces pesants rêves :
„Bist untreu, Wilhelm, oder todt?
« Es-tu infidèle, Wilhelm, ou mort ?
Wie lange wilst du säumen?“
T’absenteras-tu longtemps ? « –
Er war mit König Friedrichs Macht
Il est parti, avec les troupes du roi Frédéric,
Gezogen in die Prager Schlacht,
Combattre à la bataille de Prague,
Und hatte nicht geschrieben:
Et n’a rien écrit depuis ce temps :
Ob er gesund geblieben.
Est-il encore vivant ?

*

Der König und die Kaiserin,
Le Roi et l’Impératrice,
Des langen Haders müde,
Fatigués par ces interminables combats,
Erweichten ihren harten Sin,
Souhaitant adoucir leur lourd péché,
 Und machten endlich Friede;
Finalement acceptèrent la paix ;
  Und jedes Heer, mit Sing und Sang,
Et toutes les armées, en grandes fanfares,
Mit Paukenschlag und Kling und Klang,
Et puissantes musiques,
Geschmükt mit grünen Reisern,
Épicées et fleuries,
Zog heim zu seinen Häusern.
Retournèrent dans leurs pénates.

*

Und überal al überal,
Et tout le long, continuellement,
Auf Wegen und auf Stegen,
Sur les chemins et sur les passerelles,
Zog Alt und Jung dem Jubelschall
Les vieux comme les jeunes les acclamaient
Der Kommenden entgegen.
Et venaient à leur rencontre.
Gottlob! rief Kind und Gattin laut,
« Dieu merci ! » disait l’enfant et priait la femme,
 Wilkommen! manche frohe Braut.
« Bienvenue ! » ajoutait l’heureuse mariée.
  Ach! aber für Lenoren
Hélas ! pour Lénore
  War Grus und Kus verloren.
Toujours dans attente de doux baisers.

*

Sie frug den Zug wol auf und ab,
Elle le réclame en remontant le flot des régiments,
Und frug nach allen Namen;
Elle les interroge impatiemment ;
Doch keiner war, der Kundschaft gab,
Mais personne n’a de nouvelles,
Von allen, so da kamen.
Elle n’obtient rien de plus finalement.
 Als nun das Heer vorüber war,
Quand l’armée repart,
Zerraufte sie ihr Rabenhaar,
Elle se tire les cheveux,
Und warf sich hin zur Erde,
Et se jette à terre,
Mit wütiger Geberde.
Avec une terrible colère.

*

     Die Mutter lief wol hin zu ihr: –
Sa mère est venue la voir :
« Ach, daß sich Gott erbarme!
« Ah, Dieu ! Aie pitié !
Du trautes Kind, was ist mit dir? » –
  Ma pauvre chérie, qu’as-tu donc ? « –
 Und schloß sie in die Arme. –
Et elle l’embrassa. –
« O Mutter, Mutter! hin ist hin!
« Oh mère, mère ! il n’y a plus d’espoir !
Nun fahre Welt und alles hin!
Que le monde et tout le reste s’écroulent !
 Bei Gott ist kein Erbarmen.
 Dieu n’a aucune pitié !
 O weh, o weh mir Armen! »–
 Hélas, hélas, malheur à moi ! « –

*

« Hilf Gott, hilf! Sieh uns gnädig an!
« Dieu aide-nous ! Rends-nous grâce !
Kind, bet’ ein Vaterunser!
Mon enfant, prie le Seigneur !
Was Gott thut, das ist wolgethan.
  Ce que Dieu fait est toujours bien fait.
Gott, Gott erbarmt sich Unser! »-
  Dieu, Dieu ait pitié de nous ! « –
 « O Mutter, Mutter! Eitler Wahn!
« Oh mère, mère ! Quelle vaine illusion !
 Gott hat an mir nicht wolgethan!
  Dieu ne voulait pas de moi !
  Was half, was half mein Beten?
A quoi mes prières ont-elles aidé ?
Nun ist’s nicht mehr vonnöten. » –
  Maintenant, elles ne sont plus nécessaires ! « –

*




« Hilf Gott, hilf! wer den Vater kent,
« Dieu aide-nous! qui connaît le Père,
 Der weis, er hilft den Kindern.
Sait qu’il aide ses enfants.
 Das hochgelobte Sakrament
Le saint Sacrement
Wird deinen Jammer lindern.“ –
Va soulager ton malheur. « –
 « O Mutter, Mutter! was mich brent,
« Oh mère ! mère ! ce que je regrette
Das lindert mir kein Sakrament!
C’est que tout sacrement est impuissant !
 Kein Sakrament mag Leben
Aucun sacrement n’apporte la vie
 Den Todten wiedergeben.“ –
A ceux qui sont morts ! « –

*

« Hör, Kind! wie, wenn der falsche Man,
« Écoute, mon enfant ! peut-être le mauvais homme,
    Im fernen Ungerlande,
Dans une lointain contrée,
Sich seines Glaubens abgethan,
A abandonné sa foi,
Zum neuen Ehebande?
Pour un nouveau lien de mariage ?
  Las fahren, Kind, sein Herz dahin!
Va, mon enfant, son coeur est ailleurs !
Er hat es nimmermehr Gewin!
  Il n’y gagnera rien !
Wann Seel’ und Leib sich trennen,
Quand l’âme et le corps se sépareront,
Wird ihn sein Meineid brennen.“ –
Il brûlera alors ! « –

*

« O Mutter, Mutter! Hin ist hin!
« Oh mère ! mère !
Verloren ist verloren!
Ce qui est perdu est perdu !
Der Tod, der Tod ist mein Gewin!
  La mort, la mort est mon seul gain !
 O wär’ ich nie geboren! –
 Oh, si je n’étais pas né ! –
Lisch aus, mein Licht, auf ewig aus!
Eteins-toi, Ô ma lumière, pour toujours !
Stirb hin, stirb hin in Nacht und Graus!
  Meurs, meurs dans la nuit et dans l’horreur !
Bei Gott ist kein Erbarmen.
  Dieu n’a aucune pitié !
  O weh, o weh mir Armen! »–
Hélas, hélas, malheur à moi, pauvre de moi ! « –

*

« Hilf Gott, hilf! Geh nicht ins Gericht
« Aidez-nous, Ô Dieu, aidez-nous ! Ne jugez pas
  Mit deinem armen Kinde!
Ma pauvre enfant !
Sie weis nicht, was die Zunge spricht.
  Elle ne sait pas ce que dit sa langue !
 Behalt ihr nicht die Sünde!
 Ne regardez pas ça comme un péché !
 Ach, Kind, vergis dein irdisch Leid,
 Ah  mon enfant, oublie ta souffrance terrestre,
Und denk an Gott und Seligkeit!
  Et pense à Dieu et au salut !
So wird doch deiner Seelen
  Ton âme choisira
Der Bräutigam nicht felen. » –
 Un époux dans l’au-delà ! « –

*

« O Mutter! Was ist Seligkeit?
« O mère, qu’est-ce que le bonheur ?
 O Mutter! Was ist Hölle?
 O mère ! Qu’est-ce que l’enfer ?
  Bei ihm, bei ihm ist Seligkeit,
Avec lui, avec lui : voici la félicité,
  Und ohne Wilhelm Hölle! –
Et l’enfer se trouve sans Wilhelm ! –
Lisch aus, mein Licht, auf ewig aus!
Éteins-toi, ma lumière, pour toujours !
  Stirb hin, stirb hin in Nacht und Graus!
Meurs, meurs dans la nuit et dans l’horreur !
Ohn’ ihn mag ich auf Erden,
Sans lui, sur terre,
  Mag dort nicht selig werden. »–
Rien ne peut être sauvé. « –

*

So wütete Verzweifelung
Alors le désespoir rageur
Ihr in Gehirn und Adern.
Gonflait dans son cerveau et ses veines.
Sie fuhr mit Gottes Fürsehung
Elle blâmait la providence de Dieu,
Vermessen fort zu hadern;
Ne cherchant qu’à se quereller;
Zerschlug den Busen, und zerrang
Elle se frappa le sein, jusqu’à se meurtrit
Die Hand, bis Sonnenuntergang,

La main, jusqu’au coucher du soleil,
Bis auf am Himmelsbogen
Jusqu’à ce que sur l’arche du ciel
Die goldnen Sterne zogen.
Volent les étoiles dorées.

*

     Und aussen, horch! ging’s trap trap trap,
Et dehors, écoute ! Qu’est ce « trap, trap, trap »,
Als wie von Rosseshufen;
On dirait des bruits de sabots de chevaux ;
Und klirrend stieg ein Reiter ab,
Et ce tintement, n’est-ce pas un cavalier qui descend,
An des Geländers Stufen;
Les marches de la balustrade ;
Und horch! und horch! den Pfortenring
Et écoutez ! et écoutez ! l’anneau de porte
Ganz lose, leise, klinglingling!
Doucement, calmement, « klinglingling » !
Dann kamen durch die Pforte
Puis sont arrivés à travers la porte
Vernemlich diese Worte:
Les mots que voici :

*

« Holla, Holla! Thu auf, mein Kind!
« Holà ! Holà ! ouvre, mon enfant !
Schläfst, Liebchen, oder wachst du?
Dors-tu, ma chérie, ou es-tu éveillé ?
Wie bist noch gegen mich gesint?
Pour qui chantes-tu ?
 Und weinest oder lachst du? » –
Pleures-tu ou ris-tu ? « –
 « Ach, Wilhelm, du? – – So spät bei Nacht? – –
 « Ah ! Wilhelm, c’est toi ? – – Si tard dans la nuit ? –
Geweinet hab’ ich und gewacht;
J’ai attendu si longtemps ;
Ach, grosses Leid erlitten!
Ah ! j’ai tant souffert ! J’ai tant de chagrin !
Wo komst du hergeritten? » –
 Mais d’où viens-tu ? « –  

 

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FIN DES PREMIERS VERS
LENORE

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SUITE ET FIN
DE LENORE

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GOTTFRIED AUGUST BÜRGER

Gottfried August Bürger Jacky Lavauzelle Leonore



 





Gottfried August Bürger