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INVASIONS SARRASINES EN CASTILLE – OS LUSIADAS III-100 LES LUSIADES CAMOES – Nunca com Semirâmis gente tanta

* Os Lusiadas Les Lusiades
OS LUSIADAS III-100 LES LUSIADES III-100
LITTERATURE PORTUGAISE





Luis de Camoes Oeuvres obras Artgitato

literatura português

Luis de Camões
[1525-1580]

Tradução – Traduction
texto bilingue




Luis de Camoes Les Lusiades

 

Obra Poética

(1556)

LES LUSIADES III-100




OS LUSIADAS III-100
A Epopeia Portuguesa

 

CHANT III
Canto Terceiro

Traduction Jacky Lavauzelle

verso 100
Strophe 100

III-100

Image illustrative de l'article Vasco de Gama

Vasco de Gama

Vasco da Gama signature almirante.svg

 

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Luís de Camões Os Lusiadas
OS LUSIADAS III-100
LES LUSIADES III-100

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Sémiramis
Reine Légendaire de Babylone
Semmiramide Regina di Babillone
XVIIIe

*****

« Nunca com Semirâmis gente tanta
« Jamais tant de guerriers avec Semiramis
Veio os campos idáspicos enchendo,
N’avaient pénétré les rivages de l’Hydaspe,
 
Nem Atila, que Itália toda espanta,
Jamais Attila, qui effraya toute l’Italie,
Chamando-se de Deus açoute horrendo,
Se nommant le terrible Fléau de Dieu,
 
Gótica gente trouxe tanta, quanta
Ne fut accompagné d’autant de soldats
 
Do Sarraceno bárbaro estupendo,
Que les barbares Sarrasins,
Co’o poder excessivo de Granada,
Renforcés par les armées de Grenade,
Foi nos campos Tartésios ajuntada.
Assemblés sur les plaines du Tartèse. 

****

Invasion of the Barbarians or The Huns approaching Rome – Color Painting

Les Huns  déferlant sur l’Italie menés par Attila
Upiano Checa y Sanz
1887

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Alphonse IV Le Brave
( Lisbonne – )
Roi de Portugal et de l’Algarve par la grâce de dieu

Alphonse IV
Alfonso IV
Peinture du XVIIIe siècle

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Précisions historiques
et
Retour sur les versets précédents


Sonnet 1 à Sonnet 94 : la naissance du Portugal – Règnes d’Alphonse I, Sanche I, Alponse II et Sanche II. Le sonnet 94 évoque la passation de pouvoir de Sanche II à Alphonse III en 1247, un an avant la mort de Sanche II.
Sonnet 94 : nous partons pour les 32 années de règne d’Alphonse III qui nous conduirons jusqu’en 1279, date du nouveau règne de Denis Ier.
Sonnet 95 : Camoes évoque les prises guerrières d’Alphonse III en Algarve sur les Maures.
Sonnet 96 : le règne de Denis Ier-  Second fils d’Alphonse III. Son règne s’étalera de 1279 à sa mort, le 7 janvier 1325. Il nomme déjà son successeur Alphonse IV Le Brave qui règnera 32 ans de 1325 à 1357. Denis Ier va pacifier son pays – Poète et troubadour, il laissera de nombreux cantigas : cantigas de amor, cantigas de amigo, cantigas de escarnio y maldecir.
Sonnet 97 : création de l’Université de Coimbra sur les bords du Mondego -A Leiria, Denis Ier signera le Scientiae thesaurus mirabilis. L’université de Coimbra est créée en 1290.
Sonnet 98 : Denis Ier reconstruit et renforce son pays. Atropos, une des trois Moires, coupe son fil de vie en 1325. (les 3 Moires : Clotho, celle qui tisse le fil de la vie, Lachésis, celle qui déroule et qui répare le fil et la dernière Atropos, celle qui coupe). Voici venu le règne d’Alphonse IV.

Les Moires
Francisco de Goya
1820-1823
Musée du Prado – Madrid

Sonnet 99 : la traditionnelle opposition entre les Castillans et les Lusitaniens. Mais celle-ci n’empêche pas la solidarité et l’entraide, notamment lors de l’invasion Mauritanienne en terre Castillane.
Sonnet 100 : Les troupes d’invasion sont énormes. Camoes évoque la reine légendaire de Babylone, Sémiramis, celle qui créa Babylone et ses fameux jardins suspendus. L’Hydapse décrit est l’actuel Jhelum (Inde & Pakistan). Les Sarrasins se rassemblent dans le Tartèse (Andalousie).

Jacky Lavauzelle
Camoes Les Lusiades

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Vasco de Gama par Gregorio Lopes

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Luís Vaz de Camões Os Lusiadas Les Lusiades
OS LUSIADAS III-100 CAMOES LUSIADES III-100
Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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White_Fawn_Drawing Faon Diane

 OS LUSIADAS
LES LUSIADES CAMOES

UN DISCOURS MAJESTUEUX – WILLIAM WORDSWORTH POEMS RÉSOLUTION & INDÉPENDANCE XIV

 ** 
Poésie anglaise
William Wordsworth
7 April 1770 – 23 April 1850
7 avril 1770 – 22 avril 1850
*

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

French and English Text
texte bilingue français-anglais

 


LES POEMES
DE WILLIAM WORDSWORTH

*******

William Wordsworth’s poems
POEMS
POEMES

*******
*

 RESOLUTION AND INDEPENDENCE

*
RÉSOLUTION & INDÉPENDANCE

 

XIV
UN DISCOURS MAJESTUEUX

 
 His words came feebly, from a feeble chest,
Ses paroles sortaient faiblement d’une faible poitrine,
But each in solemn order followed each,
Mais chacun des mots se suivait dans un ordre solennel,
With something of a lofty utterance drest—
Avec quelque chose de ces grands discours,
Choice word and measured phrase, above the reach
Choix des mots et phrases mesurées, hors de portée
Of ordinary men; a stately speech;
Des hommes ordinaires ; Un discours majestueux;
Such as grave Livers do in Scotland use,
Comme l’utilisent certains en Écosse,
Religious men, who give to God and man their dues. 
Hommes religieux par excellence, qui rendent à Dieu et à l’homme leurs dus.
 

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POESIE DE WILLIAM WORDSWORTH
WORDSWORTH POEMS

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UN STYLE SANS ARTIFICE

Une poésie sans cesse recommencée

Son style populaire et sans artifice s’est débarrassé d’une fois de toutes les friperies usées de la vieille versification. Les tours couronnées de nuages, les temples solennels, les palais majestueux, tout cela a été balayé du sol. C’a été comme l’édifice sans fondements d’une vision ; il n’est pas même resté un débris de ruines. Toutes les traditions du savoir, toutes les superstitions du passé, ont disparu sous un trait de plume. Nous avons fait table rase ; nous recommençons toute poésie. Le manteau de pourpre, le panache ondoyant de la tragédie, sont rejetés ainsi que de vains oripeaux de pantomime. Voici que nous en sommes revenus à la simple vérité de la nature. Rois, reines, nobles, prêtres, trône, autel, distinction des rangs, naissance, richesse, pouvoir, ne cherchez plus rien de tout cela, ni la robe du juge, ni le bâton du maréchal, ni le faste des grands. L’auteur foule aux pieds plus fièrement encore l’antique forme dont s’enorgueillissait l’art ; il se rit de l’ode, de l’épode, de la strophe et de l’antistrophe. Vous n’entendrez plus résonner la harpe d’Homère, ni retentir la trompette de Pindare et d’Alcée. Point de merci pour le costume éclatant, pour la décoration splendide. Tout cela n’est que spectacle vide, barbare, gothique. Les diamants parmi les cheveux tressés, le diadème sur le front brillant de la beauté, ne sont que parure vulgaire, joyaux de théâtre et de prostituée. Le poète dédaigneux ne peut plus des couronnes de fleurs ; il ne se prévaudra pas non plus des avantages que le hasard lui aura offerts ; il lui plait que son sujet soit tout entier de son invention, afin de ne devoir rien qu’à lui-même ; il recueille la manne dans le désert ; il frappe le rocher de sa baguette et en fait jaillir la source. A son souffle, le brin de paille qui gisait dans la poussière monte au soleil dans un rayon lumineux ; il puisera dans ses souvenirs assez de grandeur et de beauté pour en revêtir le tronc nu du vieux saule. Son vers ne s’embaume point du parfum des bosquets, mais son imagination prête une joie intime aux arbres dépouillés sur la montagne dépouillée, à l’herbe verte du pré vert :

To the bare trees and mountains bare.
And grass in the green field.

Plus de tempête, ni de naufrage, dont l’horreur nous épouvante. C’est l’arc-en-ciel qui attache aux nuages son ruban diapré. C’est la brise qui soupire dans la fougère fanée. Point de triste vicissitude du sort, point de menaçante catastrophe de la nature qui assombrisse ses pages. C’est la goutte de rosée qui se suspend aux cils de la fleur penchée ; ce sont les pleurs qui s’amassent dans l’œil brillant.

Antoine Fontaney
(poète romantique français ())
Cinquième Partie
WILLIAM WORDSWORTH
Poètes et Romanciers de la Grande-Bretagne
Revue des Deux Mondes
Tome 3 – 1835

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WORDSWORTH POEMS
RÉSOLUTION ET INDÉPENDANCE
RESOLUTION AND INDEPENDENCE

LUIS DE CAMOES – OS LUSIADAS III-82 LES LUSIADES – Logo todo o restante se partiu De Lusitânia

*Luís de Camões Os Lusiadas Les Lusiades
OS LUSIADAS III-82 LES LUSIADES III-82
LITTERATURE PORTUGAISE









Luis de Camoes Oeuvres obras Artgitato

literatura português

Luis de Camões
[1525-1580]

Tradução – Traduction
texto bilingue








Luis de Camoes Les Lusiades

 

Obra Poética

(1556)

LES LUSIADES III-82








OS LUSIADAS III-82

A Epopeia Portuguesa

 

CHANT III
Canto Terceiro

Traduction Jacky Lavauzelle

verso 82
Strophe 82

III-82

Image illustrative de l'article Vasco de Gama

Vasco de Gama

Vasco da Gama signature almirante.svg

 

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Luís de Camões Os Lusiadas
OS LUSIADAS III-82
LES LUSIADES III-82

 *****

Sancho Primeiro
Sanche Ier
Succède à son père Alphonse Ier sur le trône, devenant ainsi le second Roi du Portugal
Règne de 1185 – 1211
Sancho I de Portugal, quarto filho de Afonso Henriques
Sucedeu o seu pai no trono, tornando-se assim no segundo Rei de Portugal

******

« Logo todo o restante se partiu
« Bientôt, les restes de l’armée brisée
De Lusitânia, postos em fugida;
Furent mis en fuite hors de Lusitanie ;
O Miralmomini só não fugiu,
L’Amir al Mouminine seul n’a pas fui,
Porque, antes de fugir, lhe foge a vida.
Car c’est sa vie qui a fui.
A quem lhe esta vitória permitiu
Et celui qui a permis cette victoire
Dão louvores e graças sem medida:
Reçoit des louanges sans mesure :
Que em casos tão estranhos claramente
Visiblement, dans certains cas étranges,
Mais peleja o favor de Deus que a gente.
La faveur de Dieu combat plus que les guerriers.

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Précisions historiques
et
Retour sur les versets précédents



Sonnet 73 : suite du sonnet 72 et des victoires de Pompée sur Mithridate. Pour la Chaîne du Taurus Scythique, la Scythie où habitait les Scythes s’étendait de l’Ukraine à l’Altaï. Les Monts Taurus est une chaîne montagneuse au sud-est du plateau de l’Anatolie. « Taurus, (Geog. anc.) nom commun à quelques montagnes ; mais la principale de ce nom est le Taurus d’Asie, & c’est la plus grande montagne que nous connoissons, d’où vient aussi qu’on l’a nommée Taurus, car la coutume des Grecs étoit d’appeller ταῦροι, tauri, ce qui étoit d’une grandeur démesurée. Le plus grand nombre des auteurs, entr’autres Strabon, Pline & Pomponius Mela font commencer cette montagne au promontoire Sacrum ou Chelidonium, quoiqu’elle traverse toute la Carie jusqu’à la Perée, mais ses branches de ce côté-là n’ont pas semblé mériter le nom de Taurus. » (L’Encyclopédie, Première édition 1751-Tome 15). L’Imathie se trouve dans l’actuelle Macédoine-Centrale.
Le Sonnet 74 termine la séquence des batailles d’Alphonse avec la bataille de Santarém et le retour des reliques du martyr Vincent. La retraite n’a pas encore sonnée définitivement puisque nous le retrouverons au Sonnet 80, suivi par les Sonnets 81, 82 et 83, venant en aide à son fils Sanche en difficulté.
Sonnet 75 : cette nouvelle séquence concerne la passation de pouvoir d’Alphonse Ier à son fils Sanche, dit le Laboureur, le Fondateur, le Colonisateur, le Populaire. et qui deviendra Sanche Ier ou Sancho Primeiro, second roi du Portugal à la mort d’Alphonse en 1185.
Sonnet 76 : le prince Sanche, fort de ses victoires, continue le combat sur Béja. Les Maures vaincus s’organisent.
Sonnet 77 : Les forces Maures se regroupent et viennent de tous les sites d’Afrique du Nord : les musiciens sont mauritaniens, les soldats viennent de Ceuta (Tingis) de Péluse en Egypte (Ampelusa), du Royaume du Grand Juba (Namibie).
Sonnet 78 : C’est L’Amir al Mouminine, le Commandeur des croyants maures, qui fédère les troupes maures autour de dix rois. Il pénètre au Portugal et encercle Sanche à Santarém.
Sonnet 79 : Sanche subit les assauts des maures. Tout est utilisé par ces derniers : catapultes, béliers, mines creusées pour faire écrouler les murailles. Mais les Portugais résistent courageusement.
Sonnet 80 : nous retrouvons le vieux Roi Alphonse Ier en repos dans la ville de Coimbra et qui quitte sa demeure pour voler au secours de son fils Sanche encerclé à Santarém.
Sonnet 81 : les Portugais rassemblés mettent en déroute les Maures devant Santarém. Il n’y a plus que des cadavres d’hommes et de chevaux qui jonchent la prairie.
Sonnet 82 : Défaite de L’Amir al Mouminine et victoire d’Alphonse Ier et se son fils, le Prince Sanche.

Jacky Lavauzelle
Camoes Les Lusiades

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Vasco de Gama par Gregorio Lopes

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Luís Vaz de Camões Os Lusiadas Les Lusiades
OS LUSIADAS III-82 CAMOES LUSIADES III-82
Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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White_Fawn_Drawing Faon Diane

LUIS DE CAMOES OS LUSIADAS LES LUSIADES

YEATS SAILING TO BYZANTIUM III- LA TRAVERSEE VERS BYZANCE – O sages standing in God’s holy fire

*

YEATS
**************

William Butler Yeats
Irish poet – Poète Irlandais
English literature English poetry


SAILING TO BYZANTIUM

 

WILLIAM BUTTLER YEATS
1865-1939


LA TRAVERSEE DE BYZANCE
SAILING TO BYZANTIUM
***********
III
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O sages standing in God’s holy fire
********

O sages, debout devant le saint feu de Dieu
*********



O sages standing in God’s holy fire
O sages, debout devant le saint feu de Dieu
As in the gold mosaic of a wall,
Comme une mosaïque d’or sur un mur,
Come from the holy fire, perne in a gyre,
Sortez du feu sanctifié, rentrez dans le gyre océanique ,
And be the singing-masters of my soul.
Et soyez les maîtres-chanteurs de mon âme.
Consume my heart away; sick with desire
Consumez mon cœur ; malade par le désir
And fastened to a dying animal
Et attaché à un animal mourant
It knows not what it is; and gather me
Il ne sait pas ce que qu’il est ; et prenez-moi
Into the artifice of eternity.
Dans l’artifice de l’éternité.



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Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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LA POESIE DE YEATS
VUE
PAR OSCAR WILDE

Les livres de poésie des jeunes écrivains sont d’ordinaire des billets qui ne sont jamais payés.
Néanmoins, on rencontre de temps en temps un volume si supérieur à la moyenne, qu’on résiste à grand’peine à la tentation attrayante de prophétiser étourdîment un bel avenir pour son auteur.
Le livre de M. Yeats : Les Voyages d’Oisin est certainement un de ceux-là.
Ici nous trouvons un noble sujet noblement traité, la délicatesse de l’instinct poétique, et la richesse d’imagination.
Une bonne partie de l’œuvre est inégale, peu soutenue, il faut le reconnaître.
M. Yeats n’essaie pas de dépasser Wordworth en enfance, nous sommes heureux de le dire, mais de temps à autre il réussit à « surpasser Keats en brillant » et il y a, çà et là, dans son livre des choses d’une étrange crudité, des endroits d’une recherche irritante. Mais dans les meilleurs passages, il est excellent.
S’il n’a pas la grandiose simplicité de la facture épique, il a au moins quelque chose de la largeur de vision qui appartient au caractère épique.
Il ne diminue point la stature des grands héros de la mythologie celtique.
Il est très naïf, très primitif et parle de ses géants de l’air d’un enfant.
Voici un passage caractéristique du récit où Oisin revient de l’Île de l’oubli.
  Et je suivis les bords de la mer, où tout est nu et gris,
    sable gris sur le vert des gazons, et sur les arbres imprégnés d’eau,
    qui suintent et penchent du côté de la terre, comme s’ils avaient hâte de partir,
    comme une armée de vieillards soupirant après le repos loin de la
      plainte des mers.
    Les flocons d’écume fuirent longtemps autour de moi ; les vents fuirent loin de l’étendue
    emportant l’oiseau dans leurs plis, et je ne sus point, plongé dans mes
      pensées à l’écart,
    quand ils gelèrent l’étoffe sur mon corps comme une cuirasse fortement rivée,
    Car la Souvenance, dressant sa maigreur, gémit dans les portes de mon cœur,
    jusqu’à ce que chargeant les vents du matin, une odeur de foin fraîchement coupé,
    arriva, mon front s’inclina très bas, et mes larmes tombèrent comme des baies.
    Plus tard ce fut un son, à demi perdu dans le son d’un rivage lointain.
    C’était la grande barnacle qui appelait, et plus tard les bruns vents de la côte.
    Si j’étais comme je fus jadis, les fers d’or écrasant le sable et les coquillages,
venant de la mer, comme le matin avec des lèvres rouges murmurant un chant,
    ne toussant pas, ma tête sur les genoux, et priant, et irrité contre les cloches,
    je ne laisserais à aucun saint sa tête sur son corps, lors même que ses terres seraient grandes et fortes.
     M’éloignant des houles qui s’allumaient, je suivis un sentier de cheval,
    m’étonnant beaucoup de voir de tous côtés, faites de roseaux et de charpentes
    des églises surmontées d’une cloche, et le cairn sacré et la terre sans gardiens,
    et une petite et faible populace courbée, le pic et la bêche à la main.

Dans un ou deux endroits, la mélodie est fautive, la construction est parfois trop embrouillée, et le mot de populace du dernier vers est mal choisi, mais quand tout cela est dit, il est impossible de ne pas sentir dans ces stances la présence du véritable esprit poétique.

Oscar Wilde
Derniers essais de littérature et d’esthétique
Trois Nouveaux Poètes
1913

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YEATS SAILING TO BYZANTIUM

LUIS DE CAMOES OS LUSIADAS III-72 LES LUSIADES – Posto que a rica Arábia e que os ferozes

*Luís de Camões Os Lusiadas Les Lusiades
OS LUSIADAS III-72 LES LUSIADES III-72
LITTERATURE PORTUGAISE









Luis de Camoes Oeuvres obras Artgitato

literatura português

Luis de Camões
[1525-1580]

Tradução – Traduction
texto bilingue








Luis de Camoes Les Lusiades

 

Obra Poética

(1556)

LES LUSIADES III-72








OS LUSIADAS III-72

A Epopeia Portuguesa

 

CHANT III
Canto Terceiro

Traduction Jacky Lavauzelle

verso 72
Strophe 72

III-72

Image illustrative de l'article Vasco de Gama

Vasco de Gama

Vasco da Gama signature almirante.svg

 

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Luís de Camões Os Lusiadas
OS LUSIADAS III-72
LES LUSIADES III-72

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Le siège de Lisbonne
O Cerco de Lisboa

Alfredo Roque Gameiro
1917

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« Posto que a rica Arábia e que os ferozes
« Depuis que la riche Arabie et que les féroces
 Eníocos e Colcos, cuja fama
  Hénioques et Colchidiens, rendus célèbres
  O Véu dourado estende, e os Capadoces,
Par la Toison d’Oret les Capadociens,
  E Judeia, que um Deus adora e ama,
Et les gens de Judée, où un Dieu est adoré et aimé,
E que os moles Sofenos, e os atroces
  Et que les amorphes Sophènes, et les atroces
   Cilícios, com a Arménia, que derrama
Ciliciens, avec l’Arménie, qui déverse
   As águas dos dous rios, cuja fonte
Les eaux des deux rivières, dont la source
Está noutro mais alto e santo monte;
  Se situe sur une autre montagne plus haute et plus sacrée ;

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Précisions historiques
et
Retour sur les versets précédents

Camoes a évoqué du verset 42 au verset 54 la bataille d’Ourique qui sera gagné par le premier roi de Portugal sous le nom d’Alphonse Ier – Alfonso I – Afonso Henriques (1109 Guimarães /Viseu-1185  Coimbra) –
Alfonso sera couronné roi de Portugal en 1139 après la bataille d’Ourique.
Dans le sonnet, Camoes évoque la séquence suivante à partir de la bataille de Leiria. Cette bataille n’a pas la même portée symbolique d’Ourique qui méritait une dizaine de sonnets, il s’agissait de la Grande Victoire, grão vitória. Nous nous trouvons à 7 kilomètres du Campo de Ourique. Nous sommes ici à la limite entre le nouveau royaume et les possessions des musulmans Almohades. D’où les premiers vers de Camoes sur la conquête récente de la ville par les Mahométans. Paio Guterres da Cunha, un noble portugais, se fera remarquer à plusieurs reprises dans la défense du château de Leiria Nous le retrouverons aussi dans le siège par les maures de Lisbonne.
Les autres villes citées dans le sonnet 55 sont Arronches, petite ville de l’Alentejo, située à proximité de l’actuelle frontière avec l’Espagne et Scabelicastro – nommée Scalabis par les Romains, puis Shantarin par les Maures – s’appelle aujourd’hui Santarém et se trouve au nord de Lisbonne, dans le Ribatejo.
Sonnet 56, Alphonse Ier continue ses conquêtes avec Sintra et Mafra situées à une vingtaine de kilomètres au nord de Lisbonne. Sintra tombe en 1147. Les Monts de Sintra sont nommés les Montagnes de la Lune, serras da Lua ; lien fait entre Sintra et Cynthie. Cynthie est associée à Diane, la déesse de la Lune (Première Encyclopédie – Diderot – 1751 – Tome 4 : CYNTHIUS & CYNTHIA, surnoms d’Apollon & de Diane, ainsi appelés du mont Cynthie situé au milieu de l’île de Délos où ils avoient pris naissance.)








 
Sonnet 57, voici la ville de Lisbonne et des références à sa fondation par Ulysse. Dans la Première Encyclopédie, en 1765 (Tome 11), Louis de Jaucourt souligne à la définition Olysippo : « c’est ainsi que plusieurs auteurs écrivent le nom d’une ville très-ancienne, située à l’embouchure du Tage, & qui est aujourd’hui Lisbonne. Elle est si ancienne, que Solin a cru qu’elle avoit été fondée par Ulysse ; & Strabon même ne juge pas impossible qu’Ulysse ait été en Espagne. Dans le passage de Solin on lit : Ibi oppidum Olysipone Ulyxi conditum. Solin met ici un ablatif pour un nominatif ; car, selon l’usage de son tems, les noms de ville se mettoient à l’ablatif, & étoient regardés comme indéclinables. Ainsi Vopiscus dans la vie d’Aurelien dit, Copto & Plotemaïde urbes cepit. Dans Antonin, les noms sont de même à l’ablatif, tandis que chez les Grecs ils sont au génitif. » »
La Dardanie d’Asie Mineure est dans l’actuelle Anatolie du nord-ouest. Les Dardaniens et les Troyens sont ici confondus.
Les troupes qui viennent des régions boréales sont les troupes croisées des régions nordiques venues à la rescousse d’Alphonse Ier.
Sonnet 58 : 1147- Siège de Lisbonne -O Cerco de Lisboa –  précisions sur les troupes venues en renfort du nord de l’Europe, notamment la Germanie et la Grande-Bretagne actuelle, « la froide Bretagne« .




Sonnet 59 : 1147 – Siège de Lisbonne – précisions sur la durée du siège avec les indications lunaires – Le siège a duré presque cinq mois du 1er juillet au 25 octobre 1147.

 
Sonnet 60 – Lisbonne est libérée – Rappel de la résistance de cette courageuse cité. Nous parlons ici des guerriers Scythes. « On donna anciennement le nom de Scythes à tous les peuples du septentrion, principalement à ceux du septentrion de l’Asie ; car quoique plusieurs auteurs marquent des Scythes en Europe, & que Pline les donne pour des peuples limitrophes du Pont, conjointement avec les Dardaniens, les Triballiens, les Mœsiens & les Thraces ; ces Scythes sont plus souvent appelés Getes ou Sarmates, quand on veut les prendre dans un sens plus étendu. Presque toujours par le nom de Scythes, on entend des peuples Asiatiques. Aussi Pomponius Mela, lib. III. c. iv. après avoir dit que la Sarmatie était limitrophe de la Germanie, dont elle était séparée par la Vistule, ajoute, chap. v. que les confins de l’Asie se prennent à la Sarmatie, si ce n’est dans les pays perpétuellement couverts de neige, & où il faisait un froid insupportable ; pays qui étaient habités par les Scythes. » (Louis de Jaucourt & Diderot -L’Encyclopédie, Première Edition de 1751 Tome 14)
Le Bætis, ou Betis est le Guadalquivir d’aujourd’hui et représente, par extension, la province de l’Andalousie. Le texte suggère un rapprochement entre le nom Andalousie et Vandalie. C’est la thèse d’André de Resende, restaurateur des études classiques du Portugal.




Sonnet 61 – Nous restons dans la même séquence de la conquête d’Alphonse avec l’aide des troupes étrangères du nord de l’Europe. Après Lisbonne, les autres villes de l’Estrémadure, au nord de Lisbonne, moins protégées, ne pouvaient que succomber :
Óbidos (District de Leiria), Alenquer (District de Lisbonne) et Torres Vedras (District de Lisbonne).

 

  Sonnet 62 – Les troupes avancent sur les terras Transtaganas, les terres Transtaganes, autrement dit au-delà du Tage ; il s’agit de terres fertiles placées sous la protection de la déesse Cérès, la déesse de l’agriculture, des moissons et de la fécondité. Les villes citées ici sont Elvas (district de Portalegre- on peut y admirer un édifice majestueux construit à partir de 1498 à 1622 : l’aqueduc des Amoreiras), Moura et Serpa (district de Beja), plus au sud, Alcácer do Sal (district de Setúbal) plus à l’ouest.
Sonnet 63 : après Viriatus, Quintus Sartorius (122 av J.-C. – 72 av J.-C.) est un véritable héros au Portugal.  Camoes continue la conquête et nous conduit ici dans la plaine d’Évora . Gérald sans peur , « Geraldo Sem Pavor, » mort vers 1173, aussi repris cette ville d’Evora aux maures en 1164 et ensuite Cáceres.
Sonnet 64 : 1162 -Trancoso, dans le district actuel de Guarda, qui est détruite, est vengée par la ville de Beja (30 septembre 1162), dans l’Alentejo. Cet Alentejo sera conquis entièrement en 1168.
Sonnet 65 : la conquête continue avec Sesimbra et Palmela, dans l’actuel district de Setúbal (au sud de Lisbonne) – Il s’agit de bataille contre le Taïfa de Badajoz. Le Taifa sera contrôlé par les Portugais en 1169 et 1170, avant de revenir sous le contrôle des Almohades.  C’est en 1227 que le Taifa sera définitivement perdu par les Almohades lors de la conquête chrétienne.
Sonnet 66 : les forces et le caractère du Taïfa de Badajoz.




Sonnets 67 & 68: Alphonse avec une soixantaine de cavaliers fonce sur le Roi Maure. C’est la débandade. Le Roi s’enfuit suivi par son armée. Badajoz rejoint la longue liste des villes saisit aux Maures.

Sonnet 69 : un revers attend Alphonse dans la ville de Badajoz. Camoes parle de Thérèse de León , sa mère, décédée bien des années auparavant en 1130.

Sonnet 70 : Alphonse se brise des jambes au combat contre les troupes du Léon à Badajoz. Il est capturé et fait prisonnier.

Sonnet 71 : Camoes compare Alphonse à Pompée. Même battu par son ex-beau-père César [Julia Caesaris, la fille de Jules César et femme de Pompée meurt en 54 avant J.-C., donc avant l’opposition des deux protagonistes- L’année -53 verra déjà le rapprochement de Pompée avec le Sénat et l’année suivante, en -52, la rupture sera totalement consommée] il n’en reste pas craint et admiré.

Sonnet 72 : ce sonnet est relié au précédent et au suivant par le même « Posto que » utilisé, d’où une interprétation de la dernière ponctuation dans le Sonnet 71. Suit donc une énumération des sites conquis par Pompée : les Hénioques (peuple de Colchide) et les Colchidiens sont des peuples qui se retrouvent autour de la Mer Noire (actuelle Géorgie), le peuple de Sophène, royaume Arménien, situé dans l’actuelle Turquie (à l’est de la Colchide), la Cilicie est une région de l’Anatolie. Les «    As águas dos dous rios » sont le Tigre et l’Euphrate qui naissent dans le haut-plateau arménien. Pompée sera vainqueur définitivement de Mithridate VI Eupator en -66 sur l’Euphrate.

Jacky Lavauzelle
Camoes Les Lusiades

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Vasco de Gama par Gregorio Lopes

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Luís Vaz de Camões Os Lusiadas Les Lusiades
OS LUSIADAS III-72 CAMOES LUSIADES III-72
Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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White_Fawn_Drawing Faon Diane

LUIS DE CAMOES OS LUSIADAS LES LUSIADES

EMILY DICKINSON (1860) A little East of Jordan – UN PEU A L’EST DU JOURDAIN

LITTERATURE AMERICAINE

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EMILY DICKINSON
December 10, 1830 – May 15, 1886
10 décembre 1830 – 15 mai 1886
Amherst, Massachusetts




Traduction – Translation

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

French and English text
texte bilingue français-anglais

 






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A LITTLE EAST OF JORDAN




UN PEU A L’EST DU JOURDAIN

1860

 




A little East of Jordan,
Un peu à l’est du Jourdain,
Evangelists record,
Les Evangélistes enregistrent,
A Gymnast and an Angel
Un Gymnase et un Ange
Did wrestle long and hard –
Après un long et dur combat –

** 




Till morning touching mountain –
Jusqu’à ce que le matin éclaire la montagne –
And Jacob, waxing strong,
Et Jacob, rechargeant ses forces,
The Angel begged permission
L’Ange demanda la permission
To Breakfast – to return!
Pour Déjeuner – de repartir !




Not so, said cunning Jacob!
Il ne peut en être ainsi, dit le rusé Jacob!
 « I will not let thee go
« Je ne te laisserai pas partir
Except thou bless me » – Stranger!
Sauf si tu me bénis « – Étranger!
The which acceded to –
L’Ange accepta –




Light swung the silver fleeces
La lumière fit frétiller les toiles d’argent
 
« Peniel » Hills beyond,
Au-delà des montagnes » Peniel »,
And the bewildered Gymnast
Et le Gymnaste déconcerté
Found he had worsted God!
Compris qu’il avait triomphé de Dieu!

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EMILY DICKINSON

EMILY BRONTË (1846) No Coward Soul Is Mine – L’ÂME ARDENTE

LITTERATURE ANGLAISE -English Literature – English poetry

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EMILY BRONTË
30 July 1818 – 19 December 1848
30 Juillet 1818 – 19 décembre 1848

Traduction – Translation

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

French and English text
texte bilingue français-anglais

 


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No Coward Soul Is Mine

L’ÂME ARDENTE

1846

 




No coward soul is mine
Mon âme n’est pas lâche
No trembler in the world’s storm-troubled sphere
Elle ne tremble pas dans ce tumultueux monde troublé
I see Heaven’s glories shine
Je vois scintiller les gloires du Ciel
And Faith shines equal arming me from Fear
Et la Foi brille tout autant en m’apaisant contre la Peur

*

O God within my breast
O Dieu dans ma poitrine
Almighty ever-present Deity
Déité omnipotente, omniprésente
Life, that in me hast rest,
La vie, en moi, s’apaise,
As I Undying Life, have power in Thee
Comme, Immortelle Vie, j’ai force en Toi






*

Vain are the thousand creeds
Vaines sont les mille croyances
That move men’s hearts, unutterably vain,
Qui chamboulent les cœurs des hommes, inutilement vaines,
Worthless as withered weeds
Inutiles comme des mauvaises herbes séches
Or idlest froth amid the boundless main
Ou l’écume fougueux des mers sans bornes

*

To waken doubt in one
Pour immiscer le doute en une âme
Holding so fast by thy infinity,
Collée à son infinité,
So surely anchored on
Aussi sûrement ancrée sur
The steadfast rock of Immortality.
Le ferme rocher de l’Immortalité

*

 





*

With wide-embracing love
Avec cet amour si large,
Thy spirit animates eternal years
Ton esprit anime les éternelles années
Pervades and broods above,
Au sommet, au-dessus, tout en haut,
Changes, sustains, dissolves, creates and rears
Il change, soutient, dissout, il crée, il s’ouvre

*

Though earth and moon were gone
Même si la terre et la lune étaient parties
And suns and universes ceased to be
Et les soleils et les univers avaient cessé d’être
And Thou wert left alone
Et qu’il ne resterait que Toi
Every Existence would exist in thee
Toute existence existerait en toi




There is not room for Death
Il n’y a pas de place pour la Mort
Nor atom that his might could render void
Ni atome que sa puissance pourrait éclater
Since thou art Being and Breath
Puisque tu es Être et Souffle
And what thou art may never be destroyed.
Et que ce que tu es ne peut jamais être détruit.


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SUPPLEMENT

LES SOEURS BRONTË
EN 1846
LA CONDUITE DE BRANWELL
LE TERRIBLE HIVER 1846

« 3 mars 1846. J’entrai dans la chambre de Branwell pour lui parler, une heure environ après mon retour : ce fut peine perdue. J’aurais pu m’épargner cet embarras : il ne fit pas attention à moi ; et ne me répondit pas ; il était stupéfié. Mes craintes n’étaient pas vaines. J’apprends que pendant mon absence il s’est procuré un souverain sous prétexte de payer une dette ; il est sorti immédiatement, a fait changer le souverain à la première taverne, et en a fait l’emploi que vous pouvez supposer. *** a conclu son rapport en disant que c’était un être désespéré, ce qui n’est que trop vrai. Dans son état présent, il est presque impossible de rester dans la même chambre que lui. Ce que l’avenir nous réserve, je ne le sais pas. »

« 31 mars 1846. Papa continue d’aller assez bien, sauf les fréquents chagrins que lui cause la misérable conduite de Branwell. Ici il n’y a de changement qu’en pis… »

 






« 19 décembre 1846…… J’espère que vous n’êtes pas complètement gelée ; le froid est ici terrible. Je ne me rappelle pas un tel hiver ; il est digne du pôle. L’Angleterre, dirait-on, a glissé dans la zone arctique ; le ciel semble couvert de glace, la terre est gelée, le vent est pénétrant comme une lame à double tranchant. Nous avons eu, en conséquence de cette température, des rhumes et des toux terribles. La pauvre Anne a souffert cruellement de son asthme ; maintenant elle va beaucoup mieux. Il y a eu deux nuits la semaine dernière où sa toux et sa difficulté de respirer faisaient peine à voir et à entendre, et où elle a dû beaucoup souffrir ; elle supporte cela comme elle supporte toutes les afflictions, sans se plaindre, en se contentant de soupirer de temps à autre, lorsque la douleur est trop vive. Elle a un héroïsme de résignation extraordinaire ; je l’admire, mais je ne saurais l’imiter.

Vous dites que je dois avoir des masses de choses à vous raconter que voulez-vous que je vous raconte ; il ne se passe rien ici, rien qui soit d’une nature agréable à raconter. Un petit incident est venu la semaine dernière nous rappeler à la vie ; mais s’il ne vous donne pas plus de plaisir qu’il ne nous en a donné, vous n’aurez pas à me remercier de vous en avoir fait part. Cet incident était tout simplement l’arrivée d’un officier du shérif qui était venu rendre une visite à B… pour l’inviter à payer ses dettes, ou à faire un tour à York. Nécessairement il a fallu payer ses dettes. Il n’est pas agréable de perdre ainsi de l’argent de temps à autre ; mais à quoi servirait-il d’insister sur ce sujet ? Cela ne le rendra pas meilleur. »

Émile Montégut
critique français (1825 – 1895)
Miss Brontë, sa Vie et ses Œuvres
II. — La Vie littéraire et la Mort de Miss Brontë
Revue des Deux Mondes
2e, tome 10, 1857






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LES TROIS SOEURS BRONTË
par/by Branwell Brontë
From left to right: Anne, Emily and Charlotte
De gauche à droite : Anne, Emily et Charlotte

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LETTRES DE L’ARETIN Lettera di Pietro Aretino a Michelangelo Lettre à Michel-Ange

 LETTERE – Libro III – LETTRES -LIVRE III


1545

Traduction – Texte Bilingue
LITTERATURE ITALIENNE
Letteratura Italiana

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

Pietro Aretino
Pierre l’Arétin
Arezzo, 20 aprile 1492 – Venezia, 21 ottobre 1556
Arezzo 20 avril 1492 – Venise 21 octobre 1556

——–











 L’ARETIN

LETTERE – Libro III
LETTRES -LIVRE III
Lettera al grande Michelangelo Buonarroti
Lettre au grand MICHEL-ANGE BUONARROTI

Novembre 1545

 

Tiziano – Le Titien
Vers 1548 circa 1548
Frick Collection New York












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Notes

La lettre de L’Arétin est écrite en 1545, alors que l’œuvre de Michel-Ange, le Jugement Dernier, est terminé depuis quatre ans. Il attaque sa liberté de création dans un lieu sacré. Michel-Ange est critiqué non pour ses dons artistiques, «  perfettion di pittura », mais pour ne pas avoir conçu une iconographie avec des poses plus retenues, nous ne sommes pas dans un bordel, « il postribolo« .

L’Arétin parle de La Nanna. Il s’agit d’un personnage de ses Ragionamenti où une prostituée raconte ses expériences argumentant à la mode des dialogues platoniciens. Les Ragionamenti sont publiés en 1534. Nous trouvons notamment le fameux Dialogue entre la Nanna et la Pippa : Dialogo nel quale la Nanna insegna a la Pippa. [« Eccovi là i Salmi, eccovi la Istoria di Cristo, eccovi le Comedie, eccovi il Dialogo, eccovi i volumi divoti e allegri, secondo i subietti; e ho partorito ogni opera quasi in un dì… »]

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 Lettera al grande Michelangelo Buonarroti

Lettre au grand Michel-Ange Buonarroti

Le Jugement Dernier – Il Giudizio Universale
Fresque de Michel-Ange Buonarroti
Affresco di Michelangelo di Lodovico Buonarroti
La Chapelle Sixtine – Cappella Sistina
Le Vatican – Città del Vaticano
1535-1541

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Signor mio.
Mon Seigneur

Nel rivedere lo schizzo intiero di tutto il vostro dì del Giudicio, ho fornito di conoscere la illustre gratia di Rafaello ne la grata bellezza de la inventione.
Lors de ma dernière vision générale de votre Jugement, j’ai retrouvé l’illustre grâce de Raphaël dans la beauté de l’invention.
Intanto io, come battezzato, mi vergogno de la licentia, sì illecita a lo spirito, che havete preso ne lo isprimere i concetti u’ si risolve il fine al quale aspira ogni senso de la veracissima credenza nostra.
Cependant, comme baptisé, j’ai honte de la licence, si illicite à l’esprit, que vous avez prise dans l’expression des aspirations de notre vraie foi.

Adunque quel Michelagnolo stupendo in la fama, quel Michelagnolo notabile in la prudentia, quel Michelagnolo ammiranno nei costumi ha voluto mostrare a le genti non meno impietà di irreligione che perfettion di pittura?
Pourquoi donc ce Michel-Ange merveilleux en pleine gloire, ce Michel-Ange apprécié pour sa prudence, pourquoi ce Michel-Ange admiré a-t-il voulu montrer au moins autant d’impiété en religion que de perfection en peinture ?

È possibile che voi, che per essere divino non degnate il consortio degli huomini, haviate ciò fatto nel maggior tempio di Dio?
Et est-il possible que vous, être divin dédaignant la compagnie humaine, ayez commis cette chose dans le temple de Dieu ?
sopra il primo altare di Giesù?
De plus, au-dessus du premier autel de Jésus ? 

ne la più gran capella del mondo, dove i gran Cardini de la Chiesa, dove i Sacerdoti reverendi, dove il Vicario di Christo con cerimonie catholiche, con ordini sacri e con orationi divine confessano, contemplano et adorano il suo corpo, il suo sangue e la sua carne?
Dans cette la plus grande chapelle du monde, où les grands Cardinaux de l’Eglise, où les prêtres vénérables, où le Vicaire du Christ lors des cérémonies catholiques, avec les ordres sacrés et prières divines, confessent, contemplent et adorent Son corps, Son sang et Sa chair ?

Se non fusse cosa nefanda lo introdurre de la similitudine, mi vanterei di bontade nel trattato de la Nanna, proponendo il savio mio avedimento a la indiscreta vostra conscienza, avengaché io in materia lasciva et impudica non pure uso parole avertite e costumate, ma favello con detti irreprensibili e casti;
S’il n’y avait pas quelque chose d’infâme dans la similitude, je vanterais les qualités de mon traité de la Nanna, afin de mettre en regard mes sages manières à votre indiscrète conscience, utilisant des mots de circonstance et acceptable à une situation lascive et impudique mais je m’appuis sur une tonalité irréprochable et pure ;
et voi nel suggetto di sì alta historia mostrate gli angeli e i santi, questi senza veruna terrena honestà, e quegli privi d’ogni celeste ornamento.
et vous qui, pour un sujet où vous montrez les anges et les saints, n’offrez à nos yeux aucune décence terrestre, sans même aucun ornement céleste.

Ecco, i Gentili ne lo iscolpire, non dico Diana vestita, ma nel formare Venere ignuda, le fanno ricoprire con la mano le parti che non si scoprono;
Ici, les Gentils, qui ne sont pas vêtus en Diane mais en Vénus nue, positionnent leurs mains sur les attributs à ne pas découvrir ;
et chi pur è christiano, per più stimare l’arte che la fede, tiene per reale ispettacolo tanto il decoro non osservato nei martiri e ne le vergini, quanto il gesto del rapito per i membri genitali, che anco serrarebbe gli occhi il postribolo, per non mirarlo.
et un chrétien, qui estime l’art plus que la foi, reste le spectateur d’un véritable décorum où se montrent les martyrs et les vierges, avec le geste d’un damné retenu par ses membres génitaux, scène que, même dans un bordel, nos yeux ne pourraient regarder en face.
In un bagno delitioso, non in un choro supremo si conveniva il far vostro!
Dans une délicieuse salle de bain peut-être, mais pas dans un chœur suprême, votre œuvre à merveille conviendrait !

Onde saria men vitio che voi non credeste, che, in tal modo credendo, iscemare la credenza in altrui.
Il me semble préférable de ne pas croire que de croire en méprisant la croyance des autres.
Ma sino a qui la eccellenza di sì temerarie maraviglie non ne rimane impunita, poiché il miracolo di loro istesse è morte de la vostra laude.
Mais jusqu’ici l’excellence des merveilles téméraires ne reste pas impunie, car dans le miracle se meurt votre louange.
Sì che risuscitatele il nome col fare di fiamme di fuoco le vergogne dei dannati, et quelle dei beati di raggi di sole, o imitate la modestia fiorentina, la quale sotto alcune foglie auree sotterra quelle del suo bel colosso;
Oui, ressuscitez votre gloire en jetant dans les flammes  la honte damnés, et en inondant des rayons du soleil les bienheureux, ou imitez la modestie florentine qui, sous quelques feuilles d’or, cache les attributs de leur magnifique colosse ;
et pure è posto in piazza publica et non in luogo sacrato.
qui pourtant se place sur la place publique et non dans un lieu consacré.
Hor così ve lo perdoni Iddio, come non ragiono ciò per isdegno ch’io habbi circa le cose desiderate;
Que Dieu vous le pardonne, car je ne parle pas dans l’indignation de ne pas avoir trouvé ce que je désirais ;
perché il sodisfare al quanto vi obligaste mandarmi deveva essere procurato da voi con ogni sollecitudine, da che in cotale atto acquetavate la invidia, che vuole che non vi possin disporre se non Gherardi et Tomai.
car satisfaire ce que vous vous étiez obligé à m’envoyer devait être réalisé avec toute la diligence possible, afin que l’on ne puisse pas dire que les Gherardo et les Tomasso disposaient de vous.

Ma se il thesoro lasciatovi da Giulio acciò si collocassero le sue reliquie nel vaso dei vostri intagli non è stato bastante a far che gli osserviate la promessa, che posso però isperar io?
Mais si le trésor laissé par Jules II pour que ses reliques reposent dans le sépulcre de votre sculpture ne suffit pas à vos yeux à tenir votre promesse, que puis-je donc espérer ?


Benché non la ingratitudine, non l’avaritia di voi, pittor magno, ma la gratia et il merito del Pastor massimo è di ciò cagione;
Bien que l’ingratitude, bien que l’avarice, peintre magnifique, et la grâce et le mérite du souverain Pasteur ne soient pas ici en question ;
avengaché Iddio vuole che la eterna fama di lui viva in semplice fattura di deposito in l’essere di se stesso, et non in altiera machina di sepoltura in vertù del vostro stile.
car Dieu veut que Sa gloire éternelle vive dans une facture simple et non dans une hautaine sépulture de votre style.
In questo mezzo il mancar voi del debito vi si attribuisce per furto.
Cela signifie que manquer son devoir revient à réaliser un vol.
Ma con ciò sia che le nostre anime han più bisogno de lo affetto de la devotione che de la vivacità del disegno, inspiri Iddio la Santità di Paolo come inspirò la Beatitudine di Gregorio, il quale volse imprima disornar Roma de le superbe statue degli idoli che torre, bontà loro, la riverentia a l’humili imagini dei santi.
Mais comme nos âmes ont plus besoin de l’affection pour la dévotion que de la vivacité dans le dessin, Dieu inspire Sa Sainteté Paul comme il inspira le Bienheureux Grégoire en lui faisant enlever les ornements des superbes statues des idoles de Rome, avant de comprendre que cela nuisait au respect que l’on devait aux images des saints.

In ultimo, se vi fuste consigliato, nel comporre e l’Universo e l’Abisso e ‘l Paradiso, con la gloria, con l’honore et con lo spavento abbozzatovi da la istruttione, da lo essempio e da la scienza de la lettera che di mio legge il secolo, ardisco dire che non pure la natura e ciascuna benigna influenza non si pentirieno del datovi intelletto sì chiaro, che hoggi in vertù suprema favvi simolacro de la maraviglia, ma la providentia di chi regge il tutto terrebbe cura di opera cotale, sin che si servasse il proprio ordine in governar gli emisperi.
Enfin, si vous vous étiez fait conseillé pour cette composition et sur l’Univers, et l’Abîme et le Paradis, avec gloire, honneur, et terreur par l’exemple et la science de la lettre que de moi l’on connaît, j’ose dire que la nature et ses influences n’auraient pas entravé la si claire intelligence qui vous pare aujourd’hui, ainsi que la providence qui soutiendrait l’ouvrage, puisqu’elle assure la gouvernement des hémisphères.

Di novembre, in Vinetia, MDLXV.Servitore l’Aretino.
Novembre 1645 – Venise – Votre serviteur l’Arétin

Hor ch’io mi sono un poco isfogato la colera contro la crudeltà vostra usa a la mia divotione, et che mi pare havervi fatto vedere che, se voi siate divino, io non so’ d’acqua, stracciate questa, che anch’io l’ho fatta in pezzi, et risolvetevi pur ch’io son tale che anco i Re et gli Imperadori rispondano a le mie lettere.
P.S. Depuis que j’ai calmé ma colère contre la cruauté de votre réponse à ma dévotion, et vous avoir dit que, si vous êtes divin, moi, je ne suis pas d’eau, alors, déchirez cette missive en morceaux comme je l’ai fait, je suis ainsi fait que les rois et les empereurs répondent à mes lettres.

Al gran Michelagnolo Buonarroti. A Roma.
Au grand Michel-Ange Buonarroti. A Rome

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LETTRES DE L’ARETIN

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HÉLAS ! OSCAR WILDE Poème – Poem 1881

LA Hélas !
Hélas OSCAR WILDE




Traduction – Texte Bilingue

Traduction Jacky Lavauzelle

OSCAR WILDE
1854-1900

Photos Napoléon Sarony

 





Poem by Oscar Wilde


Poems in Prose

Poème d’Oscar Wilde
 Hélas !

Poème en Prose

 1881

Hélas Oscar Wilde 

Bouffon au luth
Luitspelende nar
1624-1626
Frans Hals
Musée du Louvre Paris

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To drift with every passion till my soul
Dériver avec chaque passion jusqu’à ce que mon âme
 Is a stringed lute on which all winds can play,
Soit un luth sur lequel tous les vents pourraient jouer sur chacune de mes cordes,
Is it for this that I have given away
Est-ce pour ça que j’ai donné
Mine ancient wisdom, and austere control?
Mon antique sagesse et mon austère réserve ?
Methinks my life is a twice-written scroll
Je pense que ma vie est un palimpseste
Scrawled over on some boyish holiday
Gribouillé par une main enfantine désinvolte,
With idle songs for pipe and virelay,
Plein de chansons oisives pour pipe et virelai,
Which do but mar the secret of the whole.
Transformant ainsi le mystère de l’ensemble.

*

Surely there was a time I might have trod
Sûrement, il fut un temps où j’aurais foulé
The sunlit heights, and from life’s dissonance
Les hauteurs ensoleillées, et de la dissonance de la vie
Struck one clear chord to reach the ears of God:
J’aurais frappé un accord clair pour atteindre les oreilles de Dieu :
Is that time dead? lo! with a little rod
Ce temps est-il mort ? Hélas ! A l’aide d’une petite tige
I did but touch the honey of romance—
Je n’aurais pas dû toucher le miel de la romance –
And must I lose a soul’s inheritance?
Mais dois-je perdre pour cela l’héritage d’une âme ?

****

Hélas OSCAR WILDE

CAMOES OS LUSIADAS III-33 LES LUSIADES

Luís Vaz de Camões Les Lusiades
OS LUSIADAS III-33 LES LUSIADES III-33
LITTERATURE PORTUGAISE

Luis de Camoes Oeuvres obras Artgitato

literatura português

Luis de Camões
[1525-1580]

Tradução – Traduction
texto bilingue

Luis de Camoes Les Lusiades

 

Obra Poética

(1556)

LES LUSIADES III-33

OS LUSIADAS III-33

A Epopeia Portuguesa

 

CHANT III
Canto Terceiro

Traduction Jacky Lavauzelle

verso 33
Strophe 33

III-33

Image illustrative de l'article Vasco de Gama

Vasco de Gama

Vasco da Gama signature almirante.svg

 

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Luís Vaz de Camões Les Lusiades
OS LUSIADAS III-33
LES LUSIADES III-33

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Précisions

Camoes évoque, par l’intermédiaire de la voix de Vasco de Gama, la guerre entre Thérèse de León – Teresa Alfónsez de León (1080-1130) et son fils Afonso Henriques (1109 Guimarães /Viseu-1185  Coimbra) -Alfonso deviendra le premier roi de Portugal sous le nom d’Alphonse Ier – Alfonso I
Il s’agit ici de la bataille de São Mamede qui s’est déroulée en 1128.
Afonso Henriques sera couronné roi de Portugal en 1139 après la bataille d’Ourique.

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« Mas já o Príncipe claro o vencimento
« Mais déjà le Prince éclairé gagnait
Do padrasto e da iníqua mãe levava;
Le combat contre son inique mère ;
 Já lhe obedece a terra num momento,
Déjà se soumet la terre,
Que primeiro contra ele pelejava.
Qui la première avait combattu contre lui.
  Porém, vencido de ira o entendimento,
Cependant, gagné par une incoercible rage,
A mãe em ferros ásperos atava;
 Il emprisonna sa mère dans de terribles fers ;
  Mas de Deus foi vingada em tempo breve:
Mais Dieu la vengea en peu de temps :
  Tanta veneração aos pais se deve!
 Car on se doit de toujours garder vénération pour ses parents !

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Vasco de Gama par Gregorio Lopes

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Luís Vaz de Camões Les Lusiades
OS LUSIADAS III-33 LES LUSIADES III-33
Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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White_Fawn_Drawing Faon Diane

LUIS DE CAMOES

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