Archives par mot-clé : littérature anglaise

WALTER SCOTT POÈME- LE PAUVRE PÉCHEUR – ROKEBY CANTO I – 2 – Those towers, which in the shif’tin gleam

LITTÉRATURE ANGLAISE
ROCKEBY

WALTER SCOTT POÈME

*******

 

Sir Walter Scott
Édimbourg – Abbotsford

Traduction – Translation

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

French and English text
texte bilingue français-anglais


LES POÈMES
DE SIR WALTER SCOTT

Walter Scott’s poems

ROKEBY
1813

*
CANTO I
*

walter scott poemeII

 

Those towers, which in the shif’tin gleam
Ces tours, sur les mouvants flots scintillants,
Throw murky shadows on the stream,
Jettent d’obscures ombres,
Those towers of Barnard hold a guest,
Ces tours de Barnard qui abritent un invité,
 The emotions of whose troubled breast,
Troublé par les émotions de son cœur,
In wild and strange confusion driven,
Dans une une sauvage et étrange confusion,
Rival the flitting rack of heaven.
Qui rivalisent aux désordres du ciel.
Ere sleep stern Oswald’s senses tied,
Avant que le sommeil ne prenne le fier Oswald,
Oft had he changed his weary side,
Il s’était tourné et se retourné bien des fois,
Composed his limbs, and vainly sought
Repositionné, et avait vainement recherché
By effort strong to banish thought.
Par l’effort à bannir ses obscures pensées.
Sleep came at length, but with a train
Le sommeil fut enfin trouvé, mais à sa traîne demeuraient
Of feelings real and fancies vain,
Des sentiments réels et fantastiques,
Mingling, in wild disorder cast,
Mêlant, dans un sauvage désordre,
The expected future with the past.
Le futur attendu avec le passé.
Conscience, anticipating time,
La conscience, anticipant le futur,
Already rues the unacted crime,
Déjà évoque un crime non réalisé,
And calls her furies forth, to shake
Et appelle les furies, à secouer
The sounding scourge and hissing snake;
Le bruyant fléau et le serpent sifflant ;
While her poor victim’s outward throes
Alors que sur la pauvre victime affiche
Bear witness to his mental woes,
Les témoignages de ses malheurs,
And show what lesson may be read
Et montre la leçon à retenir
Beside a sinner’s restless bed.
A côté du lit agité d’un pécheur.

 

****************

walter scott poeme**************************

Walter Scott Poème

*************************

 

WALTER SCOTT
vu par
VICTOR HUGO

Walter Scott a su puiser aux sources de la nature et de la vérité un genre inconnu, qui est nouveau parce qu’il se fait aussi ancien qu’il le veut. Walter Scott allie à la minutieuse exactitude des chroniques la majestueuse grandeur de l’histoire et l’intérêt pressant du roman ; génie puissant et curieux qui devine le passé ; pinceau vrai qui trace un portrait fidèle d’après une ombre confuse, et nous force à reconnaître même ce que nous n’avons pas vu ; esprit flexible et solide qui s’empreint du cachet particulier de chaque siècle et de chaque pays, comme une cire molle, et conserve cette empreinte pour la postérité comme un bronze indélébile.
Peu d’écrivains ont aussi bien rempli que Walter Scott les devoirs du romancier relativement à son art et à son siècle ; car ce serait une erreur presque coupable dans l’homme de lettres que de se croire au-dessus de l’intérêt général et des besoins nationaux, d’exempter son esprit de toute action sur les contemporains, et d’isoler sa vie égoïste de la grande vie du corps social. Et qui donc se dévouera, si ce n’est le poète ? Quelle voix s’élèvera dans l’orage, si ce n’est celle de la lyre qui peut le calmer ? Et qui bravera les haines de l’anarchie et les dédains du despotisme, sinon celui auquel la sagesse antique attribuait le pouvoir de réconcilier les peuples et les rois, et auquel la sagesse moderne a donné celui de les diviser ?
Ce n’est donc point à de doucereuses galanteries, à de mesquines intrigues, à de sales aventures, que Walter Scott voue son talent. Averti par l’instinct de sa gloire, il a senti qu’il fallait quelque chose de plus à une génération qui vient d’écrire de son sang et de ses larmes la page la plus extraordinaire de toutes les histoires humaines. Les temps qui ont immédiatement précédé et immédiatement suivi notre convulsive révolution étaient de ces époques d’affaissement que le fiévreux éprouve avant et après ses accès. Alors les livres les plus platement atroces, les plus stupidement impies, les plus monstrueusement obscènes, étaient avidement dévorés par une société malade ; dont les goûts dépravés et les facultés engourdies eussent rejeté tout aliment savoureux ou salutaire. C’est ce qui explique ces triomphes scandaleux, décernés alors par les plébéiens des salons et les patriciens des échoppes à des écrivains ineptes ou graveleux, que nous dédaignerons de nommer, lesquels en sont réduits aujourd’hui à mendier l’applaudissement des laquais et le rire des prostituées. Maintenant la popularité n’est plus distribuée par la populace, elle vient de la seule source qui puisse lui imprimer un caractère d’immortalité ainsi que d’universalité, du suffrage de ce petit nombre d’esprits délicats, d’âmes exaltées et de têtes sérieuses qui représentent moralement les peuples civilisés. C’est celle-là que Scott a obtenue en empruntant aux annales des nations des compositions faites pour toutes les nations, en puisant dans les fastes des siècles des livres écrits pour tous les siècles. Nul romancier n’a caché plus d’enseignement sous plus de charme, plus de vérité sous la fiction. Il y a une alliance visible entre la forme qui lui est propre et toutes les formes littéraires du passé et de l’avenir, et l’on pourrait considérer les romans épiques de Scott comme une transition de la littérature actuelle aux romans grandioses, aux grandes épopées en vers ou en prose que notre ère poétique nous promet et nous donnera.

Victor Hugo
Œuvres complètes de Victor Hugo
A PROPOS DE QUENTIN DURWARD
Juin 1823
Littérature et philosophie mêlées
Texte établi par Cécile Daubray
Imprimerie Nationale, Ollendorff
Editions Albin Michel
1934 – Hors séries – Philosophie I

*********

******************

SIR WALTER SCOTT POÈME

walter scott poeme

Sur les tours de Barnard – WALTER SCOTT – ROKEBY CANTO I – 1 The Moon is in her summer glow

LITTÉRATURE ANGLAISE
ROCKEBY

WALTER SCOTT POÈME

*******

 

Sir Walter Scott
Édimbourg – Abbotsford

Traduction – Translation

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

French and English text
texte bilingue français-anglais


LES POÈMES
DE SIR WALTER SCOTT

Walter Scott’s poems

ROKEBY
1813

*
CANTO I
*

I

 

The Moon is in her summer glow,
La lune est là dans sa lumière d’été,
But hoarse and high the breezes blow,
Mais rauques et forts soufflent les brises,
And, racking o’er her face, the cloud
Et, changeant de formes, le nuage
Varies the tincture of her shroud;
Varie la teinte de son voile ;
On Barnard’s towers, and Tees’s stream,
Sur les tours de Barnard et les flots de la Tees,
She changes as a guilty dream,
La lumière change comme un rêve coupable,
When Conscience, with remorse and fear,
Quand la conscience, avec remords et avec peur,
Goads sleeping Fancy’s wild career.
Envahit d’aiguillons le sommeil.
Her light seems now the blush of shame,
La lune rougit comme remplie de honte,
Seems now fierce anger’s darker flame,
Pour devenir plus sombre que la colère,
Shifting that shade, to come and go,
Déplaçant cette ombre, qui va et vient,
Like apprehension’s hurried glow;
Dans les teintes mouvantes de la peur ;
Then sorrow’s livery dims the air,
Alors les airs semblent disparaître derrière un voile de chagrin,
And dies in darkness, like despair.
Et meurent dans l’obscurité, comme le désespoir.
Such varied hues the warder sees
La sentinelle voit tant de nuances variées
Reflected from the woodland Tees.
Refléter des forêts qui bordent la Tees.
Then from old Baliol’s tower looks forth,
Puis, de l’antique tour de Baliol,
Sees the clouds mustering in the north,
Il regarde les nuages se rassembler vers le nord,
Hears, upon turret, roof and wall,
Écoute sur les tourelles, les toits et les parois,
By fits the plashing rain-drop fall,
La chute des gouttes de pluie,
Lists to the breeze’s boding sound,
Frémissant aux sons inquiétants de la brise,
And wraps his shaggy mantle round.
Et s’enveloppe dans son manteau hirsute.

****************

**************************

WALTER SCOTT
vu par
VICTOR HUGO

Walter Scott a su puiser aux sources de la nature et de la vérité un genre inconnu, qui est nouveau parce qu’il se fait aussi ancien qu’il le veut. Walter Scott allie à la minutieuse exactitude des chroniques la majestueuse grandeur de l’histoire et l’intérêt pressant du roman ; génie puissant et curieux qui devine le passé ; pinceau vrai qui trace un portrait fidèle d’après une ombre confuse, et nous force à reconnaître même ce que nous n’avons pas vu ; esprit flexible et solide qui s’empreint du cachet particulier de chaque siècle et de chaque pays, comme une cire molle, et conserve cette empreinte pour la postérité comme un bronze indélébile.
Peu d’écrivains ont aussi bien rempli que Walter Scott les devoirs du romancier relativement à son art et à son siècle ; car ce serait une erreur presque coupable dans l’homme de lettres que de se croire au-dessus de l’intérêt général et des besoins nationaux, d’exempter son esprit de toute action sur les contemporains, et d’isoler sa vie égoïste de la grande vie du corps social. Et qui donc se dévouera, si ce n’est le poète ? Quelle voix s’élèvera dans l’orage, si ce n’est celle de la lyre qui peut le calmer ? Et qui bravera les haines de l’anarchie et les dédains du despotisme, sinon celui auquel la sagesse antique attribuait le pouvoir de réconcilier les peuples et les rois, et auquel la sagesse moderne a donné celui de les diviser ?
Ce n’est donc point à de doucereuses galanteries, à de mesquines intrigues, à de sales aventures, que Walter Scott voue son talent. Averti par l’instinct de sa gloire, il a senti qu’il fallait quelque chose de plus à une génération qui vient d’écrire de son sang et de ses larmes la page la plus extraordinaire de toutes les histoires humaines. Les temps qui ont immédiatement précédé et immédiatement suivi notre convulsive révolution étaient de ces époques d’affaissement que le fiévreux éprouve avant et après ses accès. Alors les livres les plus platement atroces, les plus stupidement impies, les plus monstrueusement obscènes, étaient avidement dévorés par une société malade ; dont les goûts dépravés et les facultés engourdies eussent rejeté tout aliment savoureux ou salutaire. C’est ce qui explique ces triomphes scandaleux, décernés alors par les plébéiens des salons et les patriciens des échoppes à des écrivains ineptes ou graveleux, que nous dédaignerons de nommer, lesquels en sont réduits aujourd’hui à mendier l’applaudissement des laquais et le rire des prostituées. Maintenant la popularité n’est plus distribuée par la populace, elle vient de la seule source qui puisse lui imprimer un caractère d’immortalité ainsi que d’universalité, du suffrage de ce petit nombre d’esprits délicats, d’âmes exaltées et de têtes sérieuses qui représentent moralement les peuples civilisés. C’est celle-là que Scott a obtenue en empruntant aux annales des nations des compositions faites pour toutes les nations, en puisant dans les fastes des siècles des livres écrits pour tous les siècles. Nul romancier n’a caché plus d’enseignement sous plus de charme, plus de vérité sous la fiction. Il y a une alliance visible entre la forme qui lui est propre et toutes les formes littéraires du passé et de l’avenir, et l’on pourrait considérer les romans épiques de Scott comme une transition de la littérature actuelle aux romans grandioses, aux grandes épopées en vers ou en prose que notre ère poétique nous promet et nous donnera.

Victor Hugo
Œuvres complètes de Victor Hugo
A PROPOS DE QUENTIN DURWARD
Juin 1823
Littérature et philosophie mêlées
Texte établi par Cécile Daubray
Imprimerie Nationale, Ollendorff
Editions Albin Michel
1934 – Hors séries – Philosophie I

*********

******************

SIR WALTER SCOTT POÈME

LE TRISTE CHANGEMENT – Walter Scott – THE DREARY CHANGE

LITTÉRATURE ANGLAISE
WALTER SCOTT POÈME

*******

 

Sir Walter Scott
Édimbourg – Abbotsford

Traduction – Translation

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

French and English text
texte bilingue français-anglais


LES POÈMES
DE SIR WALTER SCOTT

Walter Scott’s poems

THE DREARY CHANGE

 

*
LE TRISTE CHANGEMENT
*


The sun upon the Weirdlaw Hill,
Le soleil sur la colline Weirdlaw,
 In Ettrick’s vale, is sinking sweet;
    Dans la vallée d’Ettrick, coule paisiblement ;
The westland wind is hush and still,
Le vent des terres de l’ouest reste silencieux,
  
The lake lies sleeping at my feet.
Le lac se couche à mes pieds.
 Yet not the landscape to mine eye
Pourtant, le paysage à mes yeux
 
Bears those bright hues that once it bore;
N’a plus ces teintes éclatantes qu’il arborait jadis,
  Though evening, with her richest dye,
Même ce soir, avec de si riches couleurs,
 Flames o’er the hills of Ettrick’s shore.
Qui embrase les collines du rivage d’Ettrick.

*

With listless look along the plain
Avec un regard quelconque le long de la plaine,
  I see Tweed’s silver current glide,
Je vois le glissement des flots argentés de la Tweed,
And coldly mark the holy fane
Et froidement, je remarque le saint temple
 
Of Melrose rise in ruin’d pride.
  De Melrose qui s’élève dans sa fierté ruinée.
The quiet lake, the balmy air,
Le lac tranquille, l’air doux,
  
The hill, the stream, the tower, the tree, –
La colline, le ruisseau, la tour, l’arbre, –
   Are they still such as once they were,
Sont-ils toujours comme jadis,
  
Or is it the dreary change in me?
Ou ce changement mystérieux vient-il de moi ?

*

Alas, the warp’d and broken board,
Hélas, le tableau enroulé et brisé,  
  How can it bear the painter’s dye!
  Comment supporterait-il les couleurs du peintre ?
The harp of strain’d and tuneless chord,
La harpe aux cordes déformées et limées,
 
How to the minstrel’s skill reply!
  Comment répondrait-elle à la maîtrise du ménestrel !
To aching eyes each landscape lowers,
Aux yeux douloureux, chaque paysage est affadi ,
To feverish pulse each gale blows chill;
À l’impulsion fiévreuse, chaque souffle se glace ;
  And Araby’s or Eden’s bowers
Et les bosquets d’Arabie ou d’Éden
    
Were barren as this moorland hill.
Deviendraient aussi stériles que cette colline des landes.

****************

**************************

WALTER SCOTT
vu par
VICTOR HUGO

Walter Scott a su puiser aux sources de la nature et de la vérité un genre inconnu, qui est nouveau parce qu’il se fait aussi ancien qu’il le veut. Walter Scott allie à la minutieuse exactitude des chroniques la majestueuse grandeur de l’histoire et l’intérêt pressant du roman ; génie puissant et curieux qui devine le passé ; pinceau vrai qui trace un portrait fidèle d’après une ombre confuse, et nous force à reconnaître même ce que nous n’avons pas vu ; esprit flexible et solide qui s’empreint du cachet particulier de chaque siècle et de chaque pays, comme une cire molle, et conserve cette empreinte pour la postérité comme un bronze indélébile.
Peu d’écrivains ont aussi bien rempli que Walter Scott les devoirs du romancier relativement à son art et à son siècle ; car ce serait une erreur presque coupable dans l’homme de lettres que de se croire au-dessus de l’intérêt général et des besoins nationaux, d’exempter son esprit de toute action sur les contemporains, et d’isoler sa vie égoïste de la grande vie du corps social. Et qui donc se dévouera, si ce n’est le poète ? Quelle voix s’élèvera dans l’orage, si ce n’est celle de la lyre qui peut le calmer ? Et qui bravera les haines de l’anarchie et les dédains du despotisme, sinon celui auquel la sagesse antique attribuait le pouvoir de réconcilier les peuples et les rois, et auquel la sagesse moderne a donné celui de les diviser ?
Ce n’est donc point à de doucereuses galanteries, à de mesquines intrigues, à de sales aventures, que Walter Scott voue son talent. Averti par l’instinct de sa gloire, il a senti qu’il fallait quelque chose de plus à une génération qui vient d’écrire de son sang et de ses larmes la page la plus extraordinaire de toutes les histoires humaines. Les temps qui ont immédiatement précédé et immédiatement suivi notre convulsive révolution étaient de ces époques d’affaissement que le fiévreux éprouve avant et après ses accès. Alors les livres les plus platement atroces, les plus stupidement impies, les plus monstrueusement obscènes, étaient avidement dévorés par une société malade ; dont les goûts dépravés et les facultés engourdies eussent rejeté tout aliment savoureux ou salutaire. C’est ce qui explique ces triomphes scandaleux, décernés alors par les plébéiens des salons et les patriciens des échoppes à des écrivains ineptes ou graveleux, que nous dédaignerons de nommer, lesquels en sont réduits aujourd’hui à mendier l’applaudissement des laquais et le rire des prostituées. Maintenant la popularité n’est plus distribuée par la populace, elle vient de la seule source qui puisse lui imprimer un caractère d’immortalité ainsi que d’universalité, du suffrage de ce petit nombre d’esprits délicats, d’âmes exaltées et de têtes sérieuses qui représentent moralement les peuples civilisés. C’est celle-là que Scott a obtenue en empruntant aux annales des nations des compositions faites pour toutes les nations, en puisant dans les fastes des siècles des livres écrits pour tous les siècles. Nul romancier n’a caché plus d’enseignement sous plus de charme, plus de vérité sous la fiction. Il y a une alliance visible entre la forme qui lui est propre et toutes les formes littéraires du passé et de l’avenir, et l’on pourrait considérer les romans épiques de Scott comme une transition de la littérature actuelle aux romans grandioses, aux grandes épopées en vers ou en prose que notre ère poétique nous promet et nous donnera.

Victor Hugo
Œuvres complètes de Victor Hugo
A PROPOS DE QUENTIN DURWARD
Juin 1823
Littérature et philosophie mêlées
Texte établi par Cécile Daubray
Imprimerie Nationale, Ollendorff
Editions Albin Michel
1934 – Hors séries – Philosophie I

*********

******************

SIR WALTER SCOTT POÈME

La Poésie de WALTER SCOTT

LITTÉRATURE ANGLAISE

*******

 

Sir Walter Scott
Édimbourg – Abbotsford.

Traduction – Translation

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

French and English text
texte bilingue français-anglais


LES POÈMES
DE SIR WALTER SCOTT

Walter Scott’s poems

*

THE BRIDE OF LAMMERMOOR
LA FIANCÉE DE LAMMERMOOR
Lucy Ashton’s Song
La Chanson de Lucy Ashton

Look not thou on beauty’s charming,
Ne regarde pas la charmante beauté,
Sit thou still when kings are arming,
Reste apaisé quand les rois préparent leurs armées,

*

THE DREARY CHANGE
LE TRISTE CHANGEMENT

The sun upon the Weirdlaw Hill,
Le soleil sur la colline Weirdlaw,
 In Ettrick’s vale, is sinking sweet;
    Dans la vallée d’Ettrick, coule paisiblement ;

*

THE HEART OF MIDLOTHIAN
LE CŒUR DU MIDLOTHIAN

Chap. XVI
Proud Maisie is in the wood

Proud Maisie is in the wood,
La fière Maisie est dans les bois,
Walking so early;
Dès potron-minet marchant ;

*

ROKEBY
CANTO I

1
The Moon is in her summer glow,
La lune est là dans sa lumière d’été,
But hoarse and high the breezes blow,
Mais rauques et forts soufflent les brises,

2
Those towers, which in the shif’tin gleam
Ces tours, sur les mouvants flots scintillants,
Throw murky shadows on the stream,
Jettent d’obscures ombres,


****************

**************************

WALTER SCOTT
vu par
VICTOR HUGO

Walter Scott a su puiser aux sources de la nature et de la vérité un genre inconnu, qui est nouveau parce qu’il se fait aussi ancien qu’il le veut. Walter Scott allie à la minutieuse exactitude des chroniques la majestueuse grandeur de l’histoire et l’intérêt pressant du roman ; génie puissant et curieux qui devine le passé ; pinceau vrai qui trace un portrait fidèle d’après une ombre confuse, et nous force à reconnaître même ce que nous n’avons pas vu ; esprit flexible et solide qui s’empreint du cachet particulier de chaque siècle et de chaque pays, comme une cire molle, et conserve cette empreinte pour la postérité comme un bronze indélébile.
Peu d’écrivains ont aussi bien rempli que Walter Scott les devoirs du romancier relativement à son art et à son siècle ; car ce serait une erreur presque coupable dans l’homme de lettres que de se croire au-dessus de l’intérêt général et des besoins nationaux, d’exempter son esprit de toute action sur les contemporains, et d’isoler sa vie égoïste de la grande vie du corps social. Et qui donc se dévouera, si ce n’est le poète ? Quelle voix s’élèvera dans l’orage, si ce n’est celle de la lyre qui peut le calmer ? Et qui bravera les haines de l’anarchie et les dédains du despotisme, sinon celui auquel la sagesse antique attribuait le pouvoir de réconcilier les peuples et les rois, et auquel la sagesse moderne a donné celui de les diviser ?
Ce n’est donc point à de doucereuses galanteries, à de mesquines intrigues, à de sales aventures, que Walter Scott voue son talent. Averti par l’instinct de sa gloire, il a senti qu’il fallait quelque chose de plus à une génération qui vient d’écrire de son sang et de ses larmes la page la plus extraordinaire de toutes les histoires humaines. Les temps qui ont immédiatement précédé et immédiatement suivi notre convulsive révolution étaient de ces époques d’affaissement que le fiévreux éprouve avant et après ses accès. Alors les livres les plus platement atroces, les plus stupidement impies, les plus monstrueusement obscènes, étaient avidement dévorés par une société malade ; dont les goûts dépravés et les facultés engourdies eussent rejeté tout aliment savoureux ou salutaire. C’est ce qui explique ces triomphes scandaleux, décernés alors par les plébéiens des salons et les patriciens des échoppes à des écrivains ineptes ou graveleux, que nous dédaignerons de nommer, lesquels en sont réduits aujourd’hui à mendier l’applaudissement des laquais et le rire des prostituées. Maintenant la popularité n’est plus distribuée par la populace, elle vient de la seule source qui puisse lui imprimer un caractère d’immortalité ainsi que d’universalité, du suffrage de ce petit nombre d’esprits délicats, d’âmes exaltées et de têtes sérieuses qui représentent moralement les peuples civilisés. C’est celle-là que Scott a obtenue en empruntant aux annales des nations des compositions faites pour toutes les nations, en puisant dans les fastes des siècles des livres écrits pour tous les siècles. Nul romancier n’a caché plus d’enseignement sous plus de charme, plus de vérité sous la fiction. Il y a une alliance visible entre la forme qui lui est propre et toutes les formes littéraires du passé et de l’avenir, et l’on pourrait considérer les romans épiques de Scott comme une transition de la littérature actuelle aux romans grandioses, aux grandes épopées en vers ou en prose que notre ère poétique nous promet et nous donnera.

Victor Hugo
Œuvres complètes de Victor Hugo
A PROPOS DE QUENTIN DURWARD
Juin 1823
Littérature et philosophie mêlées
Texte établi par Cécile Daubray
Imprimerie Nationale, Ollendorff
Editions Albin Michel
1934 – Hors séries – Philosophie I

*********

 

LA CHANSON DE LUCY ASHTON – Poème WALTER SCOTT (La Fiancée de Lammermoor) Lucy Ashton’s Song

LITTÉRATURE ANGLAISE
WALTER SCOTT POÈME


*******

 

Sir Walter Scott
Édimbourg – Abbotsford

Traduction – Translation

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

French and English text
texte bilingue français-anglais


LES POÈMES
DE SIR WALTER SCOTT

Walter Scott’s poems

THE BRIDE OF LAMMERMOOR
*
LA FIANCEE DE LAMMERMOOR


*
Lucy Ashton’s Song
La Chanson de Lucy Ashton


****************

Look not thou on beauty’s charming,
Ne regarde pas la charmante beauté,
Sit thou still when kings are arming,
Reste apaisé quand les rois préparent leurs armées,
Taste not when the wine-cup glistens,
Ne bois pas ta coupe quand le vin scintille,
Speak not when the people listens,
Ne parle pas quand les gens écoutent,
Stop thine ear against the singer,
Pose ton oreille contre le chanteur,
From the red gold keep thy finger;
Loin de l’or vermeil, tu garderas ton doigt ;
Vacant heart and hand and eye,
Le cœur, les mains et les yeux vacants,
Easy live and quiet die.
Vis simplement et meurs tranquillement.

**************************

WALTER SCOTT
vu par
VICTOR HUGO

Walter Scott a su puiser aux sources de la nature et de la vérité un genre inconnu, qui est nouveau parce qu’il se fait aussi ancien qu’il le veut. Walter Scott allie à la minutieuse exactitude des chroniques la majestueuse grandeur de l’histoire et l’intérêt pressant du roman ; génie puissant et curieux qui devine le passé ; pinceau vrai qui trace un portrait fidèle d’après une ombre confuse, et nous force à reconnaître même ce que nous n’avons pas vu ; esprit flexible et solide qui s’empreint du cachet particulier de chaque siècle et de chaque pays, comme une cire molle, et conserve cette empreinte pour la postérité comme un bronze indélébile.
Peu d’écrivains ont aussi bien rempli que Walter Scott les devoirs du romancier relativement à son art et à son siècle ; car ce serait une erreur presque coupable dans l’homme de lettres que de se croire au-dessus de l’intérêt général et des besoins nationaux, d’exempter son esprit de toute action sur les contemporains, et d’isoler sa vie égoïste de la grande vie du corps social. Et qui donc se dévouera, si ce n’est le poète ? Quelle voix s’élèvera dans l’orage, si ce n’est celle de la lyre qui peut le calmer ? Et qui bravera les haines de l’anarchie et les dédains du despotisme, sinon celui auquel la sagesse antique attribuait le pouvoir de réconcilier les peuples et les rois, et auquel la sagesse moderne a donné celui de les diviser ?
Ce n’est donc point à de doucereuses galanteries, à de mesquines intrigues, à de sales aventures, que Walter Scott voue son talent. Averti par l’instinct de sa gloire, il a senti qu’il fallait quelque chose de plus à une génération qui vient d’écrire de son sang et de ses larmes la page la plus extraordinaire de toutes les histoires humaines. Les temps qui ont immédiatement précédé et immédiatement suivi notre convulsive révolution étaient de ces époques d’affaissement que le fiévreux éprouve avant et après ses accès. Alors les livres les plus platement atroces, les plus stupidement impies, les plus monstrueusement obscènes, étaient avidement dévorés par une société malade ; dont les goûts dépravés et les facultés engourdies eussent rejeté tout aliment savoureux ou salutaire. C’est ce qui explique ces triomphes scandaleux, décernés alors par les plébéiens des salons et les patriciens des échoppes à des écrivains ineptes ou graveleux, que nous dédaignerons de nommer, lesquels en sont réduits aujourd’hui à mendier l’applaudissement des laquais et le rire des prostituées. Maintenant la popularité n’est plus distribuée par la populace, elle vient de la seule source qui puisse lui imprimer un caractère d’immortalité ainsi que d’universalité, du suffrage de ce petit nombre d’esprits délicats, d’âmes exaltées et de têtes sérieuses qui représentent moralement les peuples civilisés. C’est celle-là que Scott a obtenue en empruntant aux annales des nations des compositions faites pour toutes les nations, en puisant dans les fastes des siècles des livres écrits pour tous les siècles. Nul romancier n’a caché plus d’enseignement sous plus de charme, plus de vérité sous la fiction. Il y a une alliance visible entre la forme qui lui est propre et toutes les formes littéraires du passé et de l’avenir, et l’on pourrait considérer les romans épiques de Scott comme une transition de la littérature actuelle aux romans grandioses, aux grandes épopées en vers ou en prose que notre ère poétique nous promet et nous donnera.

Victor Hugo
Œuvres complètes de Victor Hugo
A PROPOS DE QUENTIN DURWARD
Juin 1823
Littérature et philosophie mêlées
Texte établi par Cécile Daubray
Imprimerie Nationale, Ollendorff
Editions Albin Michel
1934 – Hors séries – Philosophie I

*********

SIR WALTER SCOTT POÈME

LE CŒUR DU MIDLOTHIAN Poème de Sir Walter Scott – Chap. XVI – THE HEART OF MIDLOTHIAN

LITTÉRATURE ANGLAISE
WALTER SCOTT POÈME


*******

 

Sir Walter Scott
Édimbourg – Abbotsford.

Traduction – Translation

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

French and English text
texte bilingue français-anglais

 


LES POÈMES
DE SIR WALTER SCOTT

Walter Scott’s poems

THE HEART OF MIDOLTHIAN
*
LE CŒUR DE MIDLOTHIAN

[Midlothian -Meadhan Lodainn – est un des 32 council areas d’Écosse – Le Midlothian jouxte la ville d’Édimbourg ]

Chapter XVI Chapitre
Proud Maisie is in the wood


****************

Proud Maisie is in the wood,
La fière Maisie est dans les bois,
Walking so early;
Dès potron-minet marchant ;
Sweet Robin sits on the bush,    
Le doux Rouge-gorge sur un buisson attend,
Singing so rarely.
Chantant à pleine voix.

*

‘Tell me, thou bonny bird,    
«Dis-moi, mon bel oiseau,
 When shall I marry me?’-
Quand dois-je me marier tout de bon ? »-
 
‘When six braw gentlemen
«Quand six beaux damoiseaux
Kirkward shall carry ye.’
Vers l’église te porteront. »

*

Who makes the bridal bed,
«Qui fait le lit de mariée,
Birdie, say truly?’-
Mon bel Oiseau, parle franchement ? « –
‘The grey-headed sexton    
«Le sacristain à la tête cendrée
That delves the grave duly.
Qui creuse la tombe proprement.

*

‘The glow-worm o’er grave and stone
«Le ver luisant sur la tombe et la dalle
Shall light thee steady;
Consciencieusement, t’éclairera ;
The owl from the steeple sing,
Le chouette du clocher chantera :
« 
Welcome, proud lady! »’
‘Bienvenue, fière dame !’ « 

**************************

WALTER SCOTT
vu par
VICTOR HUGO

Walter Scott a su puiser aux sources de la nature et de la vérité un genre inconnu, qui est nouveau parce qu’il se fait aussi ancien qu’il le veut. Walter Scott allie à la minutieuse exactitude des chroniques la majestueuse grandeur de l’histoire et l’intérêt pressant du roman ; génie puissant et curieux qui devine le passé ; pinceau vrai qui trace un portrait fidèle d’après une ombre confuse, et nous force à reconnaître même ce que nous n’avons pas vu ; esprit flexible et solide qui s’empreint du cachet particulier de chaque siècle et de chaque pays, comme une cire molle, et conserve cette empreinte pour la postérité comme un bronze indélébile.
Peu d’écrivains ont aussi bien rempli que Walter Scott les devoirs du romancier relativement à son art et à son siècle ; car ce serait une erreur presque coupable dans l’homme de lettres que de se croire au-dessus de l’intérêt général et des besoins nationaux, d’exempter son esprit de toute action sur les contemporains, et d’isoler sa vie égoïste de la grande vie du corps social. Et qui donc se dévouera, si ce n’est le poète ? Quelle voix s’élèvera dans l’orage, si ce n’est celle de la lyre qui peut le calmer ? Et qui bravera les haines de l’anarchie et les dédains du despotisme, sinon celui auquel la sagesse antique attribuait le pouvoir de réconcilier les peuples et les rois, et auquel la sagesse moderne a donné celui de les diviser ?
Ce n’est donc point à de doucereuses galanteries, à de mesquines intrigues, à de sales aventures, que Walter Scott voue son talent. Averti par l’instinct de sa gloire, il a senti qu’il fallait quelque chose de plus à une génération qui vient d’écrire de son sang et de ses larmes la page la plus extraordinaire de toutes les histoires humaines. Les temps qui ont immédiatement précédé et immédiatement suivi notre convulsive révolution étaient de ces époques d’affaissement que le fiévreux éprouve avant et après ses accès. Alors les livres les plus platement atroces, les plus stupidement impies, les plus monstrueusement obscènes, étaient avidement dévorés par une société malade ; dont les goûts dépravés et les facultés engourdies eussent rejeté tout aliment savoureux ou salutaire. C’est ce qui explique ces triomphes scandaleux, décernés alors par les plébéiens des salons et les patriciens des échoppes à des écrivains ineptes ou graveleux, que nous dédaignerons de nommer, lesquels en sont réduits aujourd’hui à mendier l’applaudissement des laquais et le rire des prostituées. Maintenant la popularité n’est plus distribuée par la populace, elle vient de la seule source qui puisse lui imprimer un caractère d’immortalité ainsi que d’universalité, du suffrage de ce petit nombre d’esprits délicats, d’âmes exaltées et de têtes sérieuses qui représentent moralement les peuples civilisés. C’est celle-là que Scott a obtenue en empruntant aux annales des nations des compositions faites pour toutes les nations, en puisant dans les fastes des siècles des livres écrits pour tous les siècles. Nul romancier n’a caché plus d’enseignement sous plus de charme, plus de vérité sous la fiction. Il y a une alliance visible entre la forme qui lui est propre et toutes les formes littéraires du passé et de l’avenir, et l’on pourrait considérer les romans épiques de Scott comme une transition de la littérature actuelle aux romans grandioses, aux grandes épopées en vers ou en prose que notre ère poétique nous promet et nous donnera.

Victor Hugo
Œuvres complètes de Victor Hugo
A PROPOS DE QUENTIN DURWARD
Juin 1823
Littérature et philosophie mêlées
Texte établi par Cécile Daubray
Imprimerie Nationale, Ollendorff
Editions Albin Michel
1934 – Hors séries – Philosophie I

*********

SIR WALTER SCOTT POÈME

LE CERISIER EN FLEUR Poème de Alfred Edward Housman (1896) Loveliest of trees, the cherry now

LITTERATURE ANGLAISE
HOUSMAN POÈME

*******

 

Alfred Edward Housman

26 mars 1859 Bromsgrove – 30 avril 1936 Cambridge

Traduction – Translation

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

French and English text
texte bilingue français-anglais

 


LES POEMES
DE Alfred Edward HOUSMAN

Housman’s poems

A SHROPSHIRE LAD
Un Gars du Shropshire
1896

II
LE CERISIER EN FLEUR

****************

Loveliest of trees, the cherry now
Le plus bel arbre, le cerisier, ce jour
Is hung with bloom along the bough,
Étale sa floraison sur ses branches,
 And stands about the woodland ride
Aux abords de la forêt
Wearing white for Eastertide.
Revêtu de blanc et prêt pour les Pâques.

*

Now, of my threescore years and ten,
Au jour de mes soixante-dix ans,
 Twenty will not come again,
Vingt ne reviendront pas,
 And take from seventy springs a score,
Et enlevés à soixante-dix,
It only leaves me fifty more.
Il n’en reste que cinquante seulement.

*

And since to look at things in bloom
Et pour admirer les choses en fleurs
 Fifty springs are little room,
Cinquante printemps sont si peu,
About the woodlands I will go
Par les sentiers de la forêt, j’irai
To see the cherry hung with snow.
Voir couvert de neige le cerisier.

*

**************************

HOUSMAN POÈME

POÈMES D’ALFRED EDWARD HOUSMAN’S POEMS

LITTERATURE ANGLAISE

*******

 

Alfred Edward Housman

26 mars 1859 Bromsgrove – 30 avril 1936 Cambridge

Traduction – Translation

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

French and English text
texte bilingue français-anglais

 


LES POEMES
DE Alfred Edward HOUSMAN

Housman’s poems

A SHROPSHIRE LAD
Un Gars du Shropshire
1896

****************

II
LE CERISIER EN FLEUR

Loveliest of trees, the cherry now
Le plus bel arbre, le cerisier, ce jour
Is hung with bloom along the bough,
Étale sa floraison sur ses branches,

**

XV
LE MIROIR DE MES YEUX

 Look not in my eyes, for fear
Ne me regarde pas dans les yeux, de peur
They mirror true the sight I see,
Qu’ils ne reflètent ce que réellement je vois,

**

 XVI
L’ORTIE

It nods and curtseys and recovers    
Elle s’incline, se rétracte quand le vent
When the wind blows above,    
Souffle juste au-dessus,

**

XVIII
A MILLE LIEUES A LA RONDE

Oh, when I was in love with you,    
O quand amoureux de toi je me trouvais,
  Then I was clean and brave,    
J’étais parfait et courageux,

**

 XXII
LE SOLDAT

The street sounds to the soldiers’ tread,    
La rue résonne du roulement des soldats,
And out we troop to see:    
Et nous sortons pour les voir :

**

XXXII
MON FIL DE VIE

From far, from eve and morning    
De loin, du soir au matin,
And yon twelve-winded sky
Par les douze vents célestes

**

XXXV
CHAIR A CANON

On the idle hill of summer,
Sur la colline plongée dans un soleil d’été,
Sleepy with the flow of streams,
Assoupi par le flux de ruisseaux,

**

XL
LE PARADIS PERDU

 Into my heart on air that kills
Dans mon cœur un air qui tue,
 From yon far country blows:
Qui vient de là-bas, de très loin, souffle :

**

LIX
AUX AMIS PERDUS

With rue my heart is laden    
Mon cœur est lourd
 For golden friends I had,    
Des amis chers que j’ai perdus,

**************************

HOUSMAN POÈMES
UN GARS DU SHROPSHIRE

LE SOLDAT Poème de Alfred Edward Housman (1896) THE STREET SOUNDS TO THE SOLDIER’S TREAD

LITTÉRATURE ANGLAISE
HOUSMAN POÈME

*******

 

Alfred Edward Housman

26 mars 1859 Bromsgrove – 30 avril 1936 Cambridge

Traduction – Translation

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

French and English text
texte bilingue français-anglais

 


LES POEMES
DE Alfred Edward HOUSMAN

Housman’s poems

A SHROPSHIRE LAD
Un Gars du Shropshire
1896

 XXII
LE SOLDAT

****************

The street sounds to the soldiers’ tread,    
La rue résonne du roulement des soldats,
And out we troop to see:    
Et nous sortons pour les voir :
A single redcoat turns his head,    
Un seul manteau rouge tourne la tête,
 He turns and looks at me.    
Il se tourne et me regarde.

*

My man, from sky to sky’s so far,
Mon ami, du ciel au ciel il y a une éternité,
We never crossed before;    
Nous ne nous sommes avant jamais croisés ;
 Such leagues apart the world’s ends are,  
Les extrémités du monde sont si écartées,
We ’re like to meet no more;    
Nous n’allons plus nous rencontrer ;

*

What thoughts at heart have you and I    
Quelles pensées avez-vous et quelles pensées ai-je ?
We cannot stop to tell;
Nous ne pouvons pas nous arrêter pour en parler ;
But dead or living, drunk or dry,    
Mais mort ou vivant, ivre ou non,
Soldier, I wish you well.
Soldat, je te souhaite bonne chance.

 

*

 

**************************

HOUSMAN POÈMES

L’ORTIE Poème de Alfred Edward Housman (1896) It nods and curtseys and recovers

LITTÉRATURE ANGLAISE
HOUSMAN POÈME

*******

 

Alfred Edward Housman

26 mars 1859 Bromsgrove – 30 avril 1936 Cambridge

Traduction – Translation

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

French and English text
texte bilingue français-anglais

 


LES POEMES
DE Alfred Edward HOUSMAN

Housman’s poems

A SHROPSHIRE LAD
Un Gars du Shropshire
1896

 XVI
L’ORTIE

****************

It nods and curtseys and recovers    
Elle s’incline, se rétracte quand le vent
When the wind blows above,    
Souffle juste au-dessus,
The nettle on the graves of lovers    
L’ortie sur les tombes des amants
That hanged themselves for love.
Qui par amour se sont pendus.

*

The nettle nods, the winds blows over,       
Quand les vents soufflent s’incline l’ortie,
The man, he does not move,    
L’homme ne bouge pas, lui,
 The lover of the grave, the lover    
L’amant de la tombe, l’ami
That hanged himself for love.
Qui par amour se pendit.

*

*

**************************

HOUSMAN POÈMES