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ODE à la mort de Jean-Baptiste Rousseau (1670-1741)- Lefranc de Pompignan

Jean-Jacques Lefranc de Pompignan
(1709 à Montauban – 1784 à Pompignan)


ODE À
LA MORT DE
Jean-Baptiste ROUSSEAU
(poète et dramaturge français)

Portrait de Jean-Baptiste Rousseau
par Nicolas de Largillière

 
Quand le premier chantre du monde
Expira sur les bords glacés,
Où l’Ebre effrayé dans son onde
Reçut ses membres dispersés,
Le Thrace errant sur les montagnes,
Remplit les bois et les campagnes
Du cri perçant de ses douleurs :
Les champs de l’air en retentirent,
Et dans les antres qui gémirent,
Le lion répandit des pleurs.

La France a perdu son Orphée ;
Muses, dans ces moments de deuil,
Elevez le pompeux trophée
Que vous demande son cercueil :
Laissez par de nouveaux prodiges,
D’éclatants et dignes vestiges
D’un jour marqué par vos regrets.
Ainsi le tombeau de Virgile
Est couvert du laurier fertile
Qui par vos soins ne meurt jamais.

D’une brillante et triste vie
Rousseau quitte aujourd’hui les fers,
Et loin du ciel de sa patrie,
La mort termine ses revers.
D’où ses maux ont-ils pris leur source ?
Quelles épines dans sa course
Etouffaient les fleurs sous ses pas ?
Quels ennuis ! Quelle vie errante,
Et quelle foule renaissante
D’adversaires et de combats !

Vous, dont l’inimitié durable
L’accusa de ces chants affreux,
Qui méritaient, s’il fût coupable,
Un châtiment plus rigoureux ;
Dans le sanctuaire suprême,
Grâce à vos soins, par Thémis même
Son honneur est encore terni.
J’abandonne son innocence ;
Que veut de plus votre vengeance ?
Il fut malheureux et puni.

Jusques à quand, mortels farouches,
Vivrons-nous de haine et d’aigreur ?
Prêterons-nous toujours nos bouches
Au langage de la fureur ?
Implacable dans ma colère,
Je m’applaudis de la misère
De mon ennemi terrassé ;
Il se relève, je succombe,
Et moi-même à ses pieds je tombe
Frappé du trait que j’ai lancé.

Songeons que l’imposture habite
Parmi le peuple et chez les grands ;
Qu’il n’est dignité ni mérite
A l’abri de ses traits errants ;
Que la calomnie écoutée,
A la vertu persécutée
Porte souvent un coup mortel,
Et poursuit sans que rien l’étonne,
Le monarque sous la couronne,
Et le pontife sur l’autel.

Du sein des ombres éternelles
S’élevant au trône des dieux,
L’envie offusque de ses aîles
Tout éclat qui frappe ses yeux.
Quel ministre, quel capitaine,
Quel monarque vaincra sa haine,
Et les injustices du sort !
Le temps à peine les consomme ;
Et jamais le prix du grand homme
N’est bien connu qu’après sa mort.

Oui, la mort seule nous délivre
Des ennemis de nos vertus,
Et notre gloire ne peut vivre
Que lorsque nous ne vivons plus.
Le chantre d’Ulysse et d’Achille
Sans protecteur et sans asile,
Fut ignoré jusqu’au tombeau :
Il expire, le charme cesse,
Et tous les peuples de la Grèce
Entr’eux disputent son berceau.

Le Nil a vu sur ses rivages
De noirs habitants des déserts,
Insulter par leurs cris sauvages
L’astre éclatant de l’univers.
Crimes impuissants ! Fureurs bizarres !
Tandis que ces monstres barbares
Poussaient d’insolentes clameurs,
Le dieu poursuivant sa carrière,
Versait des torrents de lumière
Sur ses obscurs blasphémateurs.

Souveraine des chants lyriques,
Toi que Rousseau dans nos climats
Appela des jeux olympiques,
Qui semblaient seuls fixer tes pas ;
Par qui ta trompette éclatante
Secondant ta voix triomphante,
Formera-t-elle des concerts ?
Des héros, Muse magnanime,
Par quel organe assez sublime
Vas-tu parler à l’univers ?

Favoris, élèves dociles
De ce ministre d’Apollon,
Vous à qui ses conseils utiles
Ont ouvert le sacré vallon ;
Accourez, troupe désolée,
Déposez sur son mausolée
Votre lyre qu’il inspirait ;
La mort a frappé votre maître,
Et d’un souffle a fait disparaître
Le flambeau qui vous éclairait.

Et vous dont sa fière harmonie
Egala les superbes sons,
Qui reviviez dans ce génie
Formé par vos seules leçons ;
Mânes d’Alcé et de Pindare,
Que votre suffrage répare
La rigueur de son sort fatal.
Dans la nuit du séjour funèbre,
Consolez son ombre célèbre,
Et couronnez votre rival.

*****

JEAN-JACQUES LEFRANC DE POMPIGNAN
Élu en 1759 à l’Académie Française au fauteuil 8.


« Didon, tragédie qu’il donna à l’âge de vingt-cinq ans, fit concevoir des espérances qu’il n’a pas réalisées, car une petite comédie en vers libres représentée l’année suivante (1735) et quelques opéras qui n’ont pas été joués sont les seuls ouvrages qu’il ait composés ensuite pour la scène. Reçu à l’Académie française, Lefranc, dans son discours de réception, attaqua sans aucun ménagement tous les philosophes. Cette déclaration de guerre lancée contre ceux aux suffrages desquels il devait l’honneur de siéger à l’Académie lui fut fatale : pendant deux années on lui fit expier par les plus amers chagrins sa malencontreuse attaque : ce fut contre lui comme une conspiration générale. On ne se contenta pas de faire la satire du poète, on fit encore celle de l’homme et du chrétien. On le représenta comme un hypocrite qui s’affublait du manteau de la religion dans des vues d’intérêt purement humain. Lefranc, forcé de quitter Paris où il n’osait plus se présenter nulle part, alla ensevelir ses jours au fond d’une campagne ; il tomba dans un tel état de tristesse qu’il devint fou. Il était âgé de soixante-quinze ans lorsqu’il mourut. Dans ses odes et ses poésies sacrées se trouve de l’élévation, une hardiesse souvent poétique, et quelquefois même cette chaleur qui manque dans toutes ses autres compositions. La Harpe lui a rendu justice en disant que comme poète il méritait en plus d’un genre l’estime de postérité.
(Petits Poëtes Français depuis Malherbe jusqu’à nos jours –
Par Prosper Poitevin – Tome 1 – Paris –
Chez Firmin Didot Frères, fils et Cie, Libraires –
1870)

Sur la mort de Voltaire par Lebrun-Pindare

Ponce-Denis Écouchard-Lebrun,
dit Lebrun-Pindare
(11 août 1729 – 31 août 1807)

**

O Parnasse ! frémis de douleur et d’effroi !
Pleurez, muses ! brisez vos lyres immortelles ;
Toi, dont il fatigua les cent voix et les ailes,
Dis que Voltaire est mort, pleure et repose-toi.

***

La Vie de Lebrun-Pindare

« Le Brun naquit à Paris en 1729. Ses dispositions poétiques se révélèrent de très bonne heure. Le prince de Conti, voyant qu’il s’annonçait avec éclat, voulut se l’attacher, et lui donna le titre de secrétaire de ses commandements, avec deux mille livres d’honoraires ; mais une protection qui lui fut plus utile ce fut celle de Louis Racine, qui ne lui épargna ni les avis ni les encouragements.
À vingt-six ans, Le Brun s’était déjà placé au premier rang parmi nos poètes lyriques.
L’amour le fit poète élégiaque.
Il épousa en 1760, la femme qu’il avait chanté sous le nom de Fanny. C’est dans le premier temps de cette union qu’il conçut l’idée de son poème de la Nature, poème que ses malheurs domestiques lui firent abandonner plus tard.
De maladroites attaques de Fréron forcèrent notre poète à s’essayer dans l’épigramme, où il y excella.
Une horrible banqueroute mit le comble à la misère de Le Brun, qui trouva dans M. de Vandreuil un protecteur intelligent et dévoué.
La révolution ayant éclaté, Le Brun en éprouva les principes et en embrassa les espérances. Lors de la formation de l’Institut, il fut l’un des premiers membres choisis par le directoire. Napoléon récompensa avec magnificence ses travaux et son patriotisme en lui accordant une pension de 6000 livres, dont il ne jouit pas très longtemps : il mourut pendant l’été de 1807. »
(Petits Poëtes Français depuis Malherbe jusqu’à nos jours –
Par Prosper Poitevin – Tome 1 – Paris –Chez Firmin Didot Frères, fils et Cie, Libraires – 1870)

ODE VII DE JEAN-JACQUES LEFRANC DE POMPIGNAN – À Louis Racine, sur la mort de son fils

Jean-Jacques Lefranc de Pompignan
(1709 à Montauban – 1784 à Pompignan)


ŒUVRE DE LEFRANC DE POMPIGNAN

***

Il n’est donc plus, et sa tendresse
Aux derniers jours de ta vieillesse
N’aidera point tes faibles pas !
Ami, ses vertus, ni les tiennes,
Ni ses mœurs douces et chrétiennes,
N’ont pu le sauver du trépas.

Cet objet des vœux les plus tendres
N’ira point déposer tes cendres
Sous ce marbre rongé des ans,
Où son aïeul et ton modèle
Attend la dépouille mortelle
De l’héritier de ses talents.

Loin de tes yeux, loin de sa mère,
Au sein d’une plage étrangère,
Son corps est le jouet des flots ;
Mais son âme du Ciel chérie,
N’en doute point, dans sa patrie
Jouit d’un éternel repos.

Quand l’infortune suit tes traces,
Autant que mes propres disgrâces
Mon amitié sent tes malheurs.
Mais que pourrait son assistance ?
Dieu te donnera la constance.
Tu n’auras de moi que des pleurs.

Tu sais trop qu’un chrétien fidèle,
Du sang et de la chair rebelle
Brave en héros l’assaut cruel.
Il étouffe, leur triste guerre,
Et tout ce qu’il perd sur la terre,
Il le regagne pour le Ciel.

Mais vous, dont l’orgueilleuse vie,
De l’humaine philosophie
Tire sa force et son secours :
Si dans ce monde périssable
Un revers soudain vous accable,
Parlez, quel est votre recours ?

Qui vous soutiendra dans vos pertes?
Quelles ressources sont offertes
À votre audace de géant ?
Point d’avenir qui vous console ;
Un système impie et frivole,
Et l’espérance du néant.

Croyons, c’est là notre partage.
Que la foi dissipe ou soulage
Nos chagrins, nos ennuis mortels ;
Et n’attendons dans cette vie
Qu’une fin qui sera suivie
De biens ou de maux éternels.

*****

Élu en 1759 à l’Académie Française au fauteuil 8.

*****


« Didon, tragédie qu’il donna à l’âge de vingt-cinq ans, fit concevoir des espérances qu’il n’a pas réalisées, car une petite comédie en vers libres représentée l’année suivante (1735) et quelques opéras qui n’ont pas été joués sont les seuls ouvrages qu’il ait composés ensuite pour la scène. Reçu à l’Académie française, Lefranc, dans son discours de réception, attaqua sans aucun ménagement tous les philosophes. Cette déclaration de guerre lancée contre ceux aux suffrages desquels il devait l’honneur de siéger à l’Académie lui fut fatale : pendant deux années on lui fit expier par les plus amers chagrins sa malencontreuse attaque : ce fut contre lui comme une conspiration générale. On ne se contenta pas de faire la satire du poète, on fit encore celle de l’homme et du chrétien. On le représenta comme un hypocrite qui s’affublait du manteau de la religion dans des vues d’intérêt purement humain. Lefranc, forcé de quitter Paris où il n’osait plus se présenter nulle part, alla ensevelir ses jours au fond d’une campagne ; il tomba dans un tel état de tristesse qu’il devint fou. Il était âgé de soixante-quinze ans lorsqu’il mourut. Dans ses odes et ses poésies sacrées se trouve de l’élévation, une hardiesse souvent poétique, et quelquefois même cette chaleur qui manque dans toutes ses autres compositions. La Harpe lui a rendu justice en disant que comme poète il méritait en plus d’un genre l’estime de postérité.
(Petits Poëtes Français depuis Malherbe jusqu’à nos jours –
Par Prosper Poitevin – Tome 1 – Paris –
Chez Firmin Didot Frères, fils et Cie, Libraires –
1870)


Ode III de Jean-Jacques Lefranc de Pompignan – L’autre jour sans inquiétude

Jean-Jacques Lefranc de Pompignan
(1709 à Montauban – 1784 à Pompignan)

ŒUVRE DE LEFRANC DE POMPIGNAN

****

L’autre jour sans inquiétude
Respirant la fraîcheur de l’air,
J’errais dans une solitude
Sur le rivage de la mer.

J’aperçus de loin des statues,
De vieux débris d’arcs triomphaux,
Et des colonnes abattues ;
J’approchai : je vis des tombeaux.

C’était d’abord le mausolée
D’un de ces conquérants vantés,
Par qui la terre désolée
Vit détruire champs et cités.

On y voyait trente batailles,
Des rois, des peuples mis aux fers,
Des triomphes, des funérailles,
Et les tribus de l’univers.

Au pied de deux cyprès antiques,
Un monument plus gracieux,
Par ses ornements symboliques,
Attirait l’œil du curieux.

C’était la tombe d’un poète
Admiré dans le monde entier.
Le luth, la lyre et la trompette
Pendaient aux branches d’un laurier.

Tout auprès en humble posture
Un pécheur était enterré ;
Un filet pour toute parure
Couvrait son cercueil délabré.

Ah ! dis-je, quel art déplorable !
Cet objet aux passants offert
Leur apprend que ce misérable
A moins vécu qu’il n’a souffert.

Et pourquoi ? reprit en colère
Un voyageur qui m’entendit.
La pêche avait l’art de lui plaire :
C’était son métier, il le fit.

Tu vois par là ce que nous sommes ;
Le poète fait des chansons,
Le guerrier massacre des hommes,
Et le pêcheur prend des poissons.

Élu en 1759 à l’Académie Française au fauteuil 8.

*****


« Didon, tragédie qu’il donna à l’âge de vingt-cinq ans, fit concevoir des espérances qu’il n’a pas réalisées, car une petite comédie en vers libres représentée l’année suivante (1735) et quelques opéras qui n’ont pas été joués sont les seuls ouvrages qu’il ait composés ensuite pour la scène. Reçu à l’Académie française, Lefranc, dans son discours de réception, attaqua sans aucun ménagement tous les philosophes. Cette déclaration de guerre lancée contre ceux aux suffrages desquels il devait l’honneur de siéger à l’Académie lui fut fatale : pendant deux années on lui fit expier par les plus amers chagrins sa malencontreuse attaque : ce fut contre lui comme une conspiration générale. On ne se contenta pas de faire la satire du poète, on fit encore celle de l’homme et du chrétien. On le représenta comme un hypocrite qui s’affublait du manteau de la religion dans des vues d’intérêt purement humain. Lefranc, forcé de quitter Paris où il n’osait plus se présenter nulle part, alla ensevelir ses jours au fond d’une campagne ; il tomba dans un tel état de tristesse qu’il devint fou. Il était âgé de soixante-quinze ans lorsqu’il mourut. Dans ses odes et ses poésies sacrées se trouve de l’élévation, une hardiesse souvent poétique, et quelquefois même cette chaleur qui manque dans toutes ses autres compositions. La Harpe lui a rendu justice en disant que comme poète il méritait en plus d’un genre l’estime de postérité.
(Petits Poëtes Français depuis Malherbe jusqu’à nos jours –
Par Prosper Poitevin – Tome 1 – Paris –
Chez Firmin Didot Frères, fils et Cie, Libraires –
1870)

le syndrome de minuit – roman pataquès – jacky lavauzelle

Il s’agit du premier roman « pataquès », avec une narration sous influence qui peut se transformer en roman quand la nuit seulement le permet. L’intérieur et l’extérieur sont des protagonistes, comme la nuit, l’air, le chat du voisin, Satan, le sable, le temps, le poisson-rouge… Le roman pataquès n’est pas un livre ouvert (ni fermé), il est entrouvert comme une voiture accidenté après les manipulations d’usage des anges. »

… « J’ai brûlé tant de matins tristes que des ombres sont venues…Avant, j’admirais les étendues des légèretés des lieux. Avant les lèvres s’appelaient des lèvres et les fleurs se nommaient des fleurs. Maintenant les fleurs envahissent le dernier coin de mon monde où jamais aucun pas ne passe.
Quand nait la pluie, le thé servi attend froid sur la table froide. La belle se contemple et mêle son âme aux choses les plus laides qui soient. La toison à foison dans les fonds des tréfonds s’enfonce, mais les fleurs sont là qui poussent dans mes membres…Les gouttes pendues à sa jambe tendue se pendent après s’être pendues dix fois… toujours quand vient la nuit…Des fleurs ! encore des fleurs ! Les lanternes se fanent aussi vite que le cri qui dans le fond s’attarde. Les lumières rendues à un ciel fendu se rendent toujours les premières à l’ennemi ! Toujours !… »



« Je ne suis pas bien dans la présence du désordre des boutiques des centres villes…la vache des fronts de mer se perd tout le temps hors de son champ et je ne la comprends plus. Elle est malade, la vache, de ne plus voir son train, les sabots plantés dans la boue. J’y pense tout le temps. Je roule jusqu’à la plage, mais j’ai laissé passer tant de nuits difficiles… dans le train, les nuits. Malades aussi les nuits, comme sont malades les plages et les coquillages… Je n’ai jamais digéré les coquillages et les bulots ! Je n’ai jamais digéré la nuit et les étoiles, ni les poissons volants qui glacent les cormorans affairés dans leur pêche quotidienne… demain, j’achèterai une chèvre rose ! … Où tu vas chercher des trucs pareils, me crie Paul ! …Arrête de rêver ! ….Minuit repassera demain. Ce soir, il est pris ! Bonne chance !… J’ai décidé de ne plus jamais lire…ce qu’il y a de plus beau, dans un livre, ce sont les traces d’usure sur la couverture… lire, c’est tomber dans le vide, sans que personne ne vous donne la main… L’auteur restera toujours un traître… La main que l’auteur te tend est toujours une ruse ou un piège…la main de ton pire ennemi… en tout cas, cela n’obère rien de bon… Il te laisse à l’orée de la nuit, sans que tu ne puisses plus pénétrer dans la nuit, ni revenir dans la vie ! Avec un livre, tu restes toujours dans cet entre-deux, qui n’est rien! Même pas le simple vide… »

La Sainte Foi en terres Mauritaniennes – OS LUSIADAS VI-83- LES LUSIADES – Luís de Camões -Ó ditosos aqueles que puderam

*

Ferdinand de Portugal traduction Jacky Lavauzelle

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OS LUSIADAS CAMOES CANTO VI
CANTO SEXTO

Os Lusiadas Les Lusiades
OS LUSIADAS VI-83 LES LUSIADES VI-83

*
LITTERATURE PORTUGAISE

Ferdinand de Portugal Os Lusiadas Traduction Jacky Lavauzelle Les Lusiades de Luis de Camoes

literatura português
Luis de Camões
[1525-1580]
Tradução – Traduction
Jacky Lavauzelle
texto bilingue

Traduction Jacky Lavauzelle

*

« Ó ditosos aqueles que puderam
« Ô bienheureux ceux qui purent,
Entre as agudas lanças Africanas
Frappés par les fines lances Africaines,…


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UNE VUE ANGÉLIQUE ET SEREINE – LE CHANSONNIER PÉTRARQUE SONNET 276 (2ème Partie) CANZONIERE CCLXXVI – Poi che la vista angelica

*

FRANCESCO PETRARQUE
LE CHANSONNIER

Francesco PETRARCA
1304 – 1374

Traduction Jacky Lavauzelle

——–

Canzoniere Petrarca 
Sonetto 276

LE CHANSONNIER PÉTRARQUE
Sonnet 276
CCLXXVI

Dante Boccace Petrarque Guido Cavalvanti Cino da Pistoia Guittone dArezzo Trecento Italien 1544 Giorgio Vasari

Rerum vulgarium fragmenta

Fragments composés en vulgaire

SECONDA PARTE
Deuxième Partie

276/366

*

***************


Poi che la vista angelica, serena,
Car la vue angélique et sereine,
per súbita partenza in gran dolore
Par son prompt départ dans une si grande douleur
lasciato à l’alma e ’n tenebroso horrore,
a laissé mon âme et dans cet effroyable horreur,…


********************
Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
*********************

Ritratto_di_francesco_petrarca,_altichiero,_1376_circa,_padova

canzoniere Petrarca 276
le chansonnier Pétrarque Sonnet 276
canzoniere poet

FRANCESCO PETRARQUE CHANSONNIER

*

L’ŒUVRE DE ANDRE MAUROIS

*
LITTERATURE FRANCAISE
ANDRE MAUROIS

André Maurois
Émile Salomon Wilhelm Herzog

26 juillet 1885 Elbeuf – 9 octobre 1967 Neuilly-sur-Seine

 

L’ŒUVRE DE 
ANDRE MAUROIS

par Jacky Lavauzelle

_______________________
Claude Monet, La Promenade, La Femme à l’ombrelle, 1875

*********************

LA FRAGMENTATION DU MOI
&
LA DERIVE DU TEMPS et DES ÊTRES

LES THEMES MAJEURS d’André Maurois

DE LA SOUDAINE JEUNESSE AUX SOLEILS DEFUNTS

UNE RECOMPOSITION DES TRAITS
ORIGINAUX DE MON MOI

UN PROUST CHIRURGIEN ET UN MAUROIS ARCHEOLOGUE

UN COMPOSITEUR MYSTERIEUX
QUI ORCHESTRE NOTRE EXISTENCE

NOS EMOTIONS LES PLUS FORTES
SONT-ELLES LES PLUS RESISTANTES ?

ET QUE MEUVENT NOS HUMEURS

UN MOI PRESENT ET UN MOI DISPARU

« NOUS RECONNAISSONS LEUR VERITE
PASSE A LA FORCE PRESENTE
DE LEURS EFFETS« 

CREER UN PASSE QUI NE FUT POINT

AU MOINS UN AIR DE VERITE,
JUSTE UN AIR

TIRER DE CHAQUE MOMENT
CE QU’IL PEUT CONTENIR D’INTENSITE

ANDRE MAUROIS
UNE CERTAINE IDEE DU MONDE

« ON SENT TOUT DE MÊME QU’ILS NE SONT PAS DE NOTRE MONDE« 

LES MALHEURS DE LA NAISSANCE

CE NE SONT PAS DES GENS
COMME NOUS

S’ELEVER DU SENTIMENT DE CASTE
AU SENTIMENT NATIONAL

ANDRE MAUROIS
OU LA MUSIQUE DANS LA NATURE

Le charme d’une musique rode, habille ou se jette sur les protagonistes dans l’œuvre d’André Maurois.

 » De la musique avant toute chose » 
(Verlaine, Art poétique)


« Prends l’éloquence et tords-lui son cou ! »

 » C’est des beaux yeux derrière des voiles »
(Verlaine, Art poétique)

ANDRE MAUROIS
LA LENTE DERIVE VERS LA MER

C’est le destin, maître de tout qui dirige le mouvement. Sans libération avec lassitude, oubli, parfois résignation attendue et sereine, toujours dans l’abandon de toute volonté : « The weariest river, répétait-elle souvent, la rivière la plus lasse, j’aime bien ça…C’est moi, Dickie, la rivière la plus lasse… Et je m’en vais tout doucement vers la mer. » (Climats)

LA FEMME CAMELEON

Une femme dans l’œuvre d’André Maurois n’a aucune personnalité, ou plutôt les a toutes ; elle a la personnalité de l’homme aimé, totalement. La femme se retrouve véritable caméléon.  Elle n’est, bien entendu, plus avec Maurois déjà ce qu’elle pouvait être du temps de Molière, par exemple. Les temps ont changé.

ANDRE MAUROIS
LE CHEVALIER & LA PRINCESSE

 A l’origine était l’amour parfait, un héros, fort et titanesque, et sa belle, fragile, douce et tendre, voire larmoyante.
Le héros, Cavalier d’or, magnifique, serait le défenseur, armé et bataillant contre tous les ennemis. Comme dans toute l’œuvre de Maurois, la belle serait là, à attendre ou prisonnière, point fixe, dans sa chambre, sa tour ou son château aimantant le cavalier errant et tournoyant, défendant dans des contrées interlopes, lointaines ou non, l’honneur de sa dame.

ANDRE MAUROIS
ET LA MUSIQUE DU SENTIMENT AMOUREUX

Une vie amoureuse et symphonique
où les thèmes s’entremêlent    

L’ŒUVRE
DE
ANDRE MAUROIS

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AVEC LES MORTS – POEME DE ANTERO DE QUENTAL – COM OS MORTOS

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*

traduction Jacky Lavauzelle
LITTERATURE PORTUGAISE
literatura português

Os Lusiadas Traduction Jacky Lavauzelle Les Lusiades de Luis de Camoes

Antero de Quental

18 avril 1842 – Ponta Delgada (Les Açores)-  11 septembre 1891 Ponta Delgada
 18 de abril de 1842 – Ponta Delgada, 11 de setembro de 1891

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Traduction Jacky Lavauzelle

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AVEC LES MORTS
COM OS MORTOS

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Ary Scheffer, Les ombres de Francesca da Rimini et de Paolo Malatesta apparaissent à Dante et à Virgile, Le Louvre, 1855

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Os que amei, onde estão? Idos, dispersos,
Ceux que j’aimais, où sont-ils ? Disparus, dispersés,
arrastados no giro dos tufões,
entraînés par de violents typhons,
Levados, como em sonho, entre visões,
Pris, comme en un rêve, entre visions,
Na fuga, no ruir dos universos…
Fuites, dans l’effondrement des univers …

*

E eu mesmo, com os pés também imersos
Et moi, avec mes pieds aussi emportés
Na corrente e à mercê dos turbilhões,
Dans le courant et à la merci des tourbillons,
Só vejo espuma lívida, em cachões,
Je ne vois que la blême écume,
E entre ela, aqui e ali, vultos submersos…
Et en elle, ici et là, des ombres immergées …

*

Mas se paro um momento, se consigo
Mais si je m’arrête un instant, si je peux
Fechar os olhos, sinto-os a meu lado
Fermer les yeux, je les sens à mes côtés
De novo, esses que amei vivem comigo,
A nouveau, ceux que j’aimais vivent avec moi,

*

Vejo-os, ouço-os e ouvem-me também,
Je les vois, je les entends et ils m’entendent aussi,
Juntos no antigo amor, no amor sagrado,
Ensemble dans cet ancien amour, dans cet amour sacré,
Na comunhão ideal do eterno Bem.
Dans la communion idéale du Bien éternel.

**************

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KETI DANDUROVI – LE ROMANTISME AUX REFLETS D’INFINI – ქეთი დანდუროვი – Aux sources obscures de l’Être

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____________________________________________________________


ARTISTE GEORGIEN
ქართველი მხატვარი

KETI DANDUROVI
ქეთი დანდუროვი

 

Aux sources obscures de l’Être
LE ROMANTISME AUX
REFLETS D’INFINI

Texte Jacky Lavauzelle

*****

 

Huile sur papier
50×70

« Après des siècles de déchirement de l’âme, à l’heure de l’agonie des grandes religions établies, se dressant contre les faciles et déplorablement stériles philosophies de progrès, nées de la jobardise de l’homme émerveillé par ses petites découvertes, voici la réclamation de l’enfant sevré du lait maternel, l’appel de l’homme assoiffé, qui veut retourner aux sources obscures de l’Être : la protestation profonde du Romantisme. Là où certains ne voient que fatras sentimental, nous voyons, nous, l’un des plus grands retournements de l’esprit humain. Le plus sûr mérite à nos yeux du Romantisme, c’est d’avoir contraint l’homme à se tenir à l’extrême-pointe de lui-même. En ouvrant les portes des puissances de l’âme aux profondes inspirations du Rêve, de l’Amour et de la Mort, le Romantisme a rendu à l’homme sa noblesse primitive. « Quand je donne aux choses communes un sens auguste, aux réalités ordinaires un aspect mystérieux, aux objets connus, aux êtres finis un reflet d’infini, je les romantise » (Novalis). »
Le Romantisme allemand
Roger Gilbert-Lecomte
Revue Comœdia n°54 du 4 juillet 1942

From love letters
De lettres d’amour
150×110
huile sur toile

Keti Dandurovi marche ainsi constamment à l’extrême pointe de la réalité, toujours proche de l’infini. Elle marche un pied dans le néant et l’autre dans la passion. Entre le rouge et le noir. Un long et fragile balancement continu où les êtres se rencontrent et s’accrochent désespérément.
Elle porte le plus vieux secret du monde et la plus lourde histoire des hommes. Elle plonge dans les failles quand le monde croit s’évader dans la technique et le divertissement. Elle plonge dans les failles, au creux de l’arbre que tout le monde croit mort mais qui ne fait que se poser un peu dans la folie du présent.
Il lui faut une grande maîtrise pour ne pas plonger un peu plus dans les arcanes de l’infini et de ses rivières longues et pénétrantes et de ces arbres qui longent son entrée magistrale.
Mais elle en revient avec le noir qu’un soleil fulgurant lui a dévoilé.

« une synthèse des deux états précédents et éclairer ainsi le devenir de l’humanité, célébrer à nouveau les épousailles mystiques de l’homme et de la nature, non plus dans l’innocence primitive, mais avec l’expérience douloureuse de l’enfantement de la conscience. » Roger Gilbert-Lecomte

« La Poésie est le réel absolu…Le sens de la poésie est proche parent de la divination et, d’une façon générale, du sens religieux, de l’intuition du voyant. » soulignait Novalis. La peinture de Keti Dandurovi est aussi essentiellement poétique. Elle écrit avec les plaies du monde, les absences et les manques. Elle écrit comme elle peint et peint comme elle souffre. Elle rentre dans ce monde où elle aperçoit la réalité augmentée, non fractionnée mais unifiée. Dans l’absolu de cette vision, elle se regarde en nous regardant. Elle peint comme un moine en transe peindrait son ultime icône, source et océan à la fois, l’alpha et l’oméga.

Farewell – Adieu
Acrylique
150×150

 » La seule liberté possible pour un homme lucide jusqu’à la voyance étant d’agir dans le sens du devenir du monde. » (Le Romantisme allemand
Roger Gilbert-Lecomte)
Aux premières lueurs de l’aube, Keti Dandurovi arrache peu à peu les secrets des mondes et nous les montre dans leur vérité nue. Les danses redoutables des morceaux de vie continuent devant nos yeux étonnés. Des restes de voyages que nous continuons alors. Nous les gardons longtemps comme les trésors qu’un explorateur du lointain a bien voulu nous laisser en témoignage.

JL

Keti Dandurovi dans son atelier
My depressed daughters
Mes filles déprimées
Huile sur toile

200×200
Mistake
Erreur
130×90
Self-love