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LA VIE – Poème de FLORBELA ESPANCA – A VIDA – 1923

Traduction Jacky Lavauzelle João da Cruz e Sousa
João da Cruz e Sousa Traduction Jacky Lavauzelle

LITTÉRATURE PORTUGAISE
POÉSIE PORTUGAISE
LITERATURA PORTUGUESA
POESIA PORTUGUESA

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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
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Florbela Espanca
Flor Bela de Alma da Conceição
Poétesse portugaise
8 décembre 1894 – 8 décembre 1930
Vila Viçosa, 8 de dezembro de 1894 — Matosinhos, 8 de dezembro de 1930

______________________________

LA VIE
A VIDA
Poème paru dans
« 
Livro de Sóror Saudade« 
1923 

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Mikhaïl Vroubel, Михаил Александрович Врубель, Утро, Matin, Manhã, 1897

*************


É vão o amor, o ódio, ou o desdém;
Vains sont l’amour, la haine ou le dédain ;
Inútil o desejo e o sentimento…
Inutiles sont le désir et le sentiment …
Lançar um grande amor aos pés d’alguém
Jeter un grand amour aux pieds de quelqu’un
O mesmo é que lançar flores ao vento!
C’est jeter des fleurs au vent !

*

Todos somos no mundo « Pedro Sem »,
Nous sommes tous dans le misérable monde,
Uma alegria é feita dum tormento,
Une joie est faite de tourment,
Um riso é sempre o eco dum lamento,
Un rire est toujours l’écho d’une lamentation,
Sabe-se lá um beijo donde vem!
Qui sait d’où vient le baiser !

*

A mais nobre ilusão morre… desfaz-se…
L’illusion la plus noble meurt … s’effrite …
Uma saudade morta em nós renasce
Une nostalgie ardente en nous renaît
Que no mesmo momento é já perdida…
Qui, au même moment, est déjà perdue …

*

Amar-te a vida inteira eu não podia…
T’aimais toute ma vie, je ne le pouvais …
A gente esquece sempre o bem dum dia.
Nous oublions toujours le bien d’une journée.
Que queres, ó meu Amor, se é isto a Vida!…
Que veux-tu, mon Amour, si tout cela c’est la Vie !

***

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LA POÉSIE DE FLORBELA ESPANCA
POESIA DE FLORBELLA ESPANCA
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João da Cruz e Sousa Traduction Jacky Lavauzelle

LES MAGIQUES FATIGUES – Poème de Florbela Espanca – Se tu viesses ver-me hoje à tardinha

Traduction Jacky Lavauzelle João da Cruz e Sousa
João da Cruz e Sousa Traduction Jacky Lavauzelle

LITTÉRATURE PORTUGAISE
POÉSIE PORTUGAISE
LITERATURA PORTUGUESA
POESIA PORTUGUESA

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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
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Florbela Espanca
Flor Bela de Alma da Conceição
Poétesse portugaise
8 décembre 1894 – 8 décembre 1930
Vila Viçosa, 8 de dezembro de 1894 — Matosinhos, 8 de dezembro de 1930

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LES MAGIQUES FATIGUES

Se tu viesses ver-me hoje à tardinha
Poème paru dans

« Charneca em Flor » 
1931

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Konstantin Alexeyevich Korovin, Константин Алексеевич Коровин, Gourzouf, Gurzuf, Коровин К. « Гурзуф », 1914

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Se tu viesses ver-me hoje à tardinha,
Si tu venais me voir ce soir,
A essa hora dos mágicos cansaços,
En cette heure des magiques fatigues,
Quando a noite de manso se avizinha,
Quand la douce nuit s’approche,
E me prendesses toda nos teus braços…
Et que tu me tiennes toute entière dans tes bras …

*

Quando me lembra: esse sabor que tinha
Quand je me rappelle cette saveur qu’avait
A tua boca… o eco dos teus passos…
Ta bouche … l’écho de tes pas …
O teu riso de fonte… os teus abraços…
Ton rire jaillissant … Tes étreintes…
Os teus beijos… a tua mão na minha…
Tes baisers … ta main dans la mienne …

*

Se tu viesses quando, linda e louca,
Si tu venais quand, belle et folle,
Traça as linhas dulcíssimas dum beijo
Traçant les plus douces lignes d’un baiser
E é de seda vermelha e canta e ri
De soie rouge et qui chante et rit

*

E é como um cravo ao sol a minha boca…
Et ma bouche comme un œillet au soleil …
Quando os olhos se me cerram de desejo…
Quand les yeux se ferment de désir …
E os meus braços se estendem para ti…

Et quand mes bras se tendent vers toi …

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LA POÉSIE DE FLORBELA ESPANCA
POESIA DE FLORBELLA ESPANCA
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João da Cruz e Sousa Traduction Jacky Lavauzelle

QU’IMPORTE ? – Poème de FLORBELA ESPANCA – Que Importa?… – 1923

Traduction Jacky Lavauzelle João da Cruz e Sousa
João da Cruz e Sousa Traduction Jacky Lavauzelle

LITTÉRATURE PORTUGAISE
POÉSIE PORTUGAISE
LITERATURA PORTUGUESA
POESIA PORTUGUESA

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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
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Florbela Espanca
Flor Bela de Alma da Conceição
Poétesse portugaise
8 décembre 1894 – 8 décembre 1930
Vila Viçosa, 8 de dezembro de 1894 — Matosinhos, 8 de dezembro de 1930

QU’IMPORTE ?…
QUE IMPORTA ?…
Poème paru dans « 
Livro de Sóror Saudade« 
1923 

Albert Flamm, Abendstimmung am Rhein, Ambiance du soir sur le Rhin

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Eu era a desdenhosa, a indif’rente.
J’étais la méprisante, l’indifférente.
Nunca sentira em mim o coração
Je n’avais jamais senti mon cœur en moi
Bater em violências de paixão
Battre en violence de passion
Como bate no peito à outra gente.
Comme il peut battre dans la poitrine d’autrui.

*

Agora, olhas-me tu altivamente,
Maintenant, tu me regardes fièrement,
Sem sombra de Desejo ou de emoção,
Sans ombre de Désir ou d’émotion,
Enquanto a asa loira da ilusão
Alors que l’aile blonde de l’illusion
Dentro em mim se desdobra a um sol nascente.
En moi, se déploie devant un soleil levant.

*

Minh’alma, a pedra, transformou-se em fonte;
Mon âme, de pierre est devenue source ;
Como nascida em carinhoso monte
Comme née dans une agréable montagne
Toda ela é riso, e é frescura, e graça!
Tout est rire, fraîcheur et grâce !

*

Nela refresca a boca um só instante…
Par elle, se rafraîchit la bouche un instant …
Que importa?… Se o cansado viandante
Qu’importe ? … Si la fatigue vagabonde
Bebe em todas as fontes… quando passa?…
Boit à toutes les fontaines … quand elle passe ? …

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LA POÉSIE DE FLORBELA ESPANCA – POESIA DE FLORBELLA ESPANCA
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João da Cruz e Sousa Traduction Jacky Lavauzelle

LES COPLAS DE AUGUSTO FERRAN Y FORNIES – LAS COPLAS – Augusto Ferrán – LA SOLEDAD – LA SOLITUDE -1861

Traduction Jacky Lavauzelle João da Cruz e Sousa

Una copla es una composición poética que, por lo general, consiste en cuatro versos (usualmente octosílabos).
Une copla est une composition poétique composée généralement de quatre versets (généralement octosyllabique).
La copla se retrouve dans de nombreuses chansons populaires espagnoles ainsi que dans la littérature de langue espagnole.

João da Cruz e Sousa Traduction Jacky Lavauzelle

LITTÉRATURE ESPAGNOLE
POÉSIE ESPAGNOLE
LITERATURA ESPAÑOLA
POESÍA ESPAÑOLA


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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
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Augusto Ferrán
AUGUSTO FERRAN Y FORNIES
poeta español
Madrid 27 juillet 1835 – Madrid 2 avril 1880
Madrid, 27 de julio de 1835 – Madrid, 2 de abril de 1880
******************

Le Greco, El Greco
Vue de Tolède sous l’orage, 1596-1600, Metropolitan Museum of Art, New York

LA SOLEDAD
LA SOLITUDE
Recueil
1860 – 1861

I

Las fatigas que se cantan
Les fatigues que l’on chante
son las fatigas más grandes,
sont les plus grandes fatigues,
porque se cantan llorando
car on chante en pleurant
y las lágrimas no salen.
sans que les larmes ne sortent.

II

Al ver en tu sepultura
Voir sur ta tombe
las siemprevivas tan frescas,
ce feuillage persistant si frais,
me acuerdo, madre del alma,
me rappelle, mère de l’âme,
que estás para siempre muerta.
que tu es mort pour toujours.

III

Los mundos que me rodean
Les mondes qui m’entourent
son los que menos me extrañan:
sont les moins étranges :
el que me tiene asombrado
celui qui m’a le plus étonné
es el mundo de mi alma.
reste le monde de mon âme.

IV

Los que la cuentan por años
Nombreux depuis des années
dicen que la vida es corta;
disent que la vie est courte ;
a mí me parece larga
à moi, elles me semblent longues
porque la cuento por horas.
car je les compte pendant des heures.

VI

Pasé por un bosque y dije:
J’ai traversé la forêt et dis :
«aquí está la soledad…»
« la voici la solitude... »
y el eco me respondió
et l’écho me répondit
con voz muy ronca: «aquí está.»
d’une voix enrouée : « la voici. »

Y me respondió «aquí está»
et me répondant « la voici« 
y sentí como un temblor,
j’ai ressenti un tremblement,
al ver que la voz salía
de voir que la voix qui sortait
de mi propio corazón.
de mon propre cœur venait.

VII

Dos males hay en el mundo
Deux maux dans le monde
que es necesario vencer:
doivent être surmontés
el amor de uno a sí mismo
l’amour de soi
y el rencor de la mujer.
et la rancune de la femme.

IX

Yo me marché al campo santo
Je suis allé au cimetière
y a voces llamé a los muertos,
et appelé les morts
y para castigo mío
et pour ma punition
los vivos me respondieron.
les vivants me répondirent.

XV

La muerte ya no me espanta;
La mort ne me fait plus peur ;
tendría más que temer
j’aurais plus à craindre
si en el cielo me dijeran:
si le ciel me condamnait
has de volver a nacer.
à naître de nouveau.

XVI

Si mis ojos no te dicen
Si mes yeux ne te disent pas
todo lo que el pecho siente,
tout ce que mon cœur ressent
no es porque se están callados;
ce n’est pas qu’ils se taisent ;
es porque no los comprendes.
c’est que tu ne les comprends pas.

XVIII

Yo no sé lo que yo tengo,
Je ne sais ce que je veux
ni sé lo que me hace falta,
ni ce dont j’ai besoin,
que siempre espero una cosa
mais j’espère toujours une chose
que no sé cómo se llama.
sans savoir comme elle se nomme.

XXI

De mirar con demasía
A trop chercher
se me han cegado los ojos,
je me suis aveuglé,
y ahora que ciego me encuentro
et maintenant que je suis aveugle
es cuando lo veo todo.
je vois tout.

Y ahora que lo veo todo,
Et maintenant que je vois tout,
estoy viendo de continuo
je vois en permanence
el mundo y sus desengaños
le monde et ses déceptions
pasar dentro de mí mismo.
me pénétrer.

XXII

Si me quieres como dices,
Si tu me veux, comme tu le dis
¿por qué te apartas de mí?
pourquoi de moi tu te détournes ?
agua que va río abajo,
l’eau qui vient de la rivière
en la mar viene a morir.
dans la mer s’en va mourir.

XXIII

No os extrañe, compañeros,
Ne soyez pas surpris, mes amis,
que siempre cante mis penas,
que je chante toujours mes peines,
porque el mundo me ha enseñado

car le monde m’a appris
que las mías son las vuestras.
que les miennes sont aussi les vôtres.

XXIV

Hace ya muy largos años
Depuis longtemps
que en todas partes te veo,
partout je te vois,
pero no tal como eres,
non comme tu es,
sino según mi deseo.
mais selon mon désir.

XXVI

Mirando al cielo juraste
En regardant le ciel, tu as juré
no me engañarías nunca,
de ne jamais me tromper
y desde entonces el cielo
et, depuis, le ciel
sólo con verte se nubla.
en te voyant s’obscurcit.

XXIX

Tu aliento es mi única vida,
Ton souffle est ma seule vie,
y son tus ojos mi luz;
et tes yeux ma seule lumière ;
mi alma está donde tu pecho,
mon âme est dans ton cœur,
mi patria donde estás tú.
ma patrie, là où tu es.

XXX

Del fuego que por tu gusto
Du feu que pour toi
encendimos hace tiempo,
nous avons allumé jadis,
las cenizas sólo quedan,
il ne reste que des cendres
y en el corazón las llevo.
et dans le cœur je les porte.

XXXI

Pobre me acosté, y en sueños
pauvre je me suis endormi et dans mes rêves
vi lleno de oro mi cuarto:
j’ai vu une chambre remplie d’or :
más pobre me levanté
mais plus pauvre je me suis levé
que antes de haberme acostado.
qu’avant de me coucher.

XXXII

¿Cómo quieres que yo queme
comment veux-tu que je brûle
las prendas que me has devuelto,
les vêtements que tu m’as rendu ?
si el corazón me lo has dado
si ton cœur me les a donnés
tú misma cenizas hecho?
il en a déjà fait des cendres.

XXXIII

El pájaro que me diste,
L’oiseau que tu m’as donné,
preso lo tengo en su jaula,
je l’ai dans sa cage,
y el pobre de día y noche
et le pauvre, de jour comme de nuit,
se muere, y por eso canta.
se meurt, et c’est pour ça qu’il chante.

XXXVI

Si os encontráis algún día
Si un jour tu te trouves
dentro de la soledad,
plongé dans la solitude
no pidáis consuelo al mundo,
ne demande pas au monde de consolation,
porque él no os lo puede dar.
car il ne pourra te la donner.

XXXVII

Sé que me voy a perder
Je sais que je vais me perdre
y ya sé que estoy perdido,
et je sais que je suis perdu,
y solamente me pesa
et ce qui me pèse uniquement
que no te pierdas conmigo.
c’est que tu ne te perdes avec moi.

XXXXVIII

Tengo deudas en la tierra,
J’ai des dettes sur terre,
y deudas tengo en el cielo:
et des dettes dans le ciel :
pagaré allá con mi alma;
je paierai la-bas avec mon âme
ya pago aquí con mi cuerpo.
et je paierai ici avec mon corps.

XXXIX

En sueños te contemplaba
Dans mes rêves, je t’ai contemplée
dentro de la oscuridad,
au cœur de l’obscurité,
y cuando abriste los ojos
et quand tes yeux se sont ouverts
todo comenzó a brillar.
tout a commencé à briller.


Todo comenzó a brillar,
Tout a commencé à briller
y entonces te llamé yo:
et puis quand je t’ai appelée
cerraste al punto los ojos,
tu as refermé les yeux,
y la oscuridad volvió.
et l’obscurité est revenue.

XLI

Antes piensa y después habla,
Penser avant et parler après,
y después de haber hablado,
et après avoir parlé,
vuelve a pensar lo que has dicho,
repenser à ce que vous avez dit,
y verás si es bueno o malo.
vous verrez alors si cela est bien ou mal.

XLII

Entre un rosal y una zarza
Entre un rosier et un buisson
nació una flor amarilla,
une fleur jaune est née,
con tantas y tantas penas
avec tant et tant de peine
que se murió el mismo día.
que le même jour elle mourut.

XLIV

Cuando se llama a una puerta
Quand on appelle à une porte
y ninguna voz responde,
et que personne ne répond,
es señal de que en la casa
c’est le signe que dans cette maison
son muy ricos o muy pobres.
ils sont ou très riches ou très pauvres.

LII

El querer es una hoguera
La volonté est un feu de joie
que en nuestro pecho se enciende;
qui incendie notre poitrine ;
por eso cuando queremos
ainsi quand nous voulons
toda nuestra sangre hierve.
tout notre sang rentre en ébullition.

LIII

«Desde Granada a Sevilla,
« De Grenade à Séville,
y desde Sevilla al cielo…»
et de Séville au ciel… »
pero no tú, desalmada;
mais pas toi, sans cœur ;
tú irás antes al infierno.
tu iras avant en enfer.

LIX

¡Ay pobre de mí, que a fuerza
Ah ! Pauvre de moi, qui à force
de pensar en mis vecinos,
de penser à mes voisins,
me he salido de mi casa
ai quitté ma maison
olvidándome a mí mismo!
en m’oubliant moi-même !

LX

Ánimo, corazoncito,
Courage, mon cœur,
vuelve a recobrar la vida,
reviens à la vie,
que aún te quedan en el mundo
il te reste encore dans ce monde
muchas penas escondidas.
tant de péchés cachés.

Muchas penas escondidas,
Tant de péchés cachés,
y entre ellas ¡ay! la más negra:
et parmi eux, ah ! le plus noir :
la de hallarte día y noche
te trouver jour et nuit
a solas con tu conciencia
seul avec ta conscience

LVI

En el cielo hay una estrella
Il y a dans le ciel une étoile
que corre hacia todas partes,
qui court de toutes parts,
mirando si hay en el mundo
regardant s’il existe de par le monde
dos corazones iguales.
deux cœurs égaux.

LVII

Levántate si te caes,
Relève-toi si tu tombes
y antes de volver a andar
mais avant de repârtir
mira dónde te has caído
regarde où tu es tombé
y pon allí una señal.
et mets-y un signal.

LIX

Por la noche pienso en ti,
La nuit je pense à toi
y en ti pienso a todas horas;
et à toi je pense toutes les heures ;
y mientras tanto yo viva,
et tant que je vivrai,
vivirá en mí tu memoria.
ta mémoire vivra en moi.

Vivirá en mí tu memoria,
Ta mémoire vivra en moi,
a la vez triste y alegre,
à la fois triste et joyeux,
pues has sido mujer buena,
tu as été si bonne,
lo cual rara vez sucede.
ce qui est si rare, ma foi.

LX

Me desperté a media noche,
Je me suis réveillé à minuit,
abrí los ojos, y al ver
j’ai ouvert les yeux, et quand j’ai vu
que tú estabas a mi lado,
que tu étais à mes côtés
volví a dormirme y soñé.
je me suis rendormi et j’ai rêvé.

LXI

Yo me asomé a un precipicio
J’ai regardé un précipice
por ver lo que había dentro,
pour y voir l’intérieur,
y estaba tan negro el fondo,
le fond était si noir
que el sol me hizo daño luego.
que le soleil plus tard m’a blessé.

LXII

Me han dicho que hay una flor,
On m’a dit qu’il existait une fleur,
de todas la más humilde:
parmi toute la plus humble :
flor que quisiera yo darte,
cette fleur que je veux te donner,
flor llamada «no me olvides.»
cette fleur s’appelle : « ne m’oublie pas !« 

LXIII

Las pestañas de tus ojos
Les cils de tes yeux
son más negras que la mora,
sont plus noirs que les mûres,
y entre pestaña y pestaña
et entre tes cils
una estrellita se asoma.
une étoile apparaît.

LXI

Yo no podría sufrir
Je ne pourrais souffrir
tantas fatigas y penas,
tant de fatigues et tant de peine
si no tuviera presente
si je ne gardais pas à l’esprit
que la causa ha sido ella.
qu’elle en était la cause.

LXVI

Los cantares que yo canto
Les chansons que je chante
se los regalo a los vientos,
je les donne au vent,
y uno no más, uno solo,
et une seule, pas plus,
guardo hace tiempo en secreto.
je la conserve secrètement.

Y aquí lo guardo en secreto,
Je la garde ici en secret,
para cantárselo a solas
pour la chanter à celui
al que me quiera explicar
qui m’expliquera
el por qué de muchas cosas.
le pourquoi de tant de choses.

LXVII

No vayas tan a menudo
Ne pars pas si souvent
a buscar agua a la fuente,
chercher de l’eau à la source,
que si a la orilla resbalas
car si par malheur tu glissais
se enturbiará la corriente.
le courant serait troublé.

LXVIIII

Niño, moriste al nacer;
Enfant, mort à la naissance ;
yo envidio el destino tuyo:
j’envie ton destin :
tú no sabes lo que hay
tu ne sauras pas ce qu’il y a
desde la cuna al sepulcro.
du berceau à la tombe.

LXX

Cada vez que sale el sol
Chaque fois que le soleil se lève
me acuerdo de mis hermanos,
je pense à mes frères,
que sin pan y con fatigas
qui sans pain et fatigués
van a empezar su trabajo.
partent à leur labeur.

Fatíganse en el trabajo
Ils s’usent par leur labeur
mientras el sol los alumbra,
pendant que le soleil les brûle,
y del trabajo descansan
et du travail ils se reposent
cuando se quedan a oscuras.
quand dans l’obscurité ils se retrouvent.

LXXIV

Te he vuelto a ver, y no creas
Je t’ai revue et je ne crois pas
que el verte me ha sorprendido:
avoir été surpris de te revoir :
mis ojos ya no se asustan
mes yeux ne craignent plus
de ver lo que otros han visto.
de voir ce que les autres ont vu

LXXV

Sé que me vas a matar
Je sais que tu vas me tuer
en vez de darme la vida:
au lieu de me donner la vie :
el morir nada me importa,
mourir m’importe peu,
pues te dejo el alma mía.
car je te laisse mon âme.

LXXVI

Yo me he querido vengar
Je voulais me venger
de los que me hacen sufrir,
de ceux qui m’ont fait souffrir,
y me ha dicho mi conciencia
mais ma conscience m’a dit
que antes me vengue de mí.
qu’avant je devais me venger de moi.

LXXVIII

En lo profundo del mar
Dans les profondeurs de la mer
hay un castillo encantado,
se trouve un château enchanté,
en el que no entran mujeres,
dans lequel les femmes ne peuvent entrer,
para que dure el encanto.
pour que le charme dure.

LXXXI

Escuchadme sin reparo;
Ecoute bien ceci :
mis palabras son verdades:
mes mots sont des vérités :
nunca miréis con desprecio
ne regarde jamais avec mépris
al que mendiga en la calle.
celui qui dans la rue mendie.

El que mendiga en la calle
Celui qui mendie dans la rue
es el más digno de lástima,
est le plus digne de pitié,
porque además de ser pobre
car en plus d’être pauvre
lo va diciendo en voz alta.
il le dit à voix haute.

LXXXII

Ni en la muerte he de encontrar
Même dans la mort je ne trouve
la quietud que me hace falta;
la quiétude que je cherche ;
por eso, cuando me miro,
c’est pour cela, quand je me regarde,
tengo de mí mismo lástima.
que j’ai pitié de moi.

LXXXIII

En verdad, dos son las cosas
En vérité, deux choses
que el mundo entero gobiernan:
règnent dans le monde :
el oro, por lo que vale,
l’or, pour ce qu’il vaut,
y el amor, por lo que cuesta.
et l’amour, pour ce qu’il coûte.

LXXXV

Cuando el reloj da las horas,
Quand l’horloge donne les heures,
dice a todos sin reparo:
elle dit à tous sans hésiter :
al rico, que ande deprisa;
au riche, de se hâter ;
al pobre, que ande despacio.
au pauvre, de marcher lentement.

Y el pobre que anda despacio,
Et le pauvre, qui lentement marche,
con sed y hambre en el camino,
avec la soif et la faim sur la route,
suele a veces llegar antes,
généralement arrive avant,
mucho antes que el más rico.
bien avant le plus riche.

XCI

Dices que hablo mal de ti,
Tu dis que je parle mal de toi,
y esa noticia no es cierta;
mais cela n’est pas vrai ;
si quiero, puedo hablar mal,
si je veux, je peux mal parler de toi,
mas no lo hago por pereza.
mais par paresse, je ne le fais.

XCIII

Morid contentos, vosotros
Meurs heureux, toi
que tenéis por compañeras
qui as pour compagnes
dos madres que os acarician:
deux mères qui te cajolent :
la Humildad y la Pobreza.
L’Humilité et la Pauvreté.

XCVIII

Cuanto más pienso en las cosas,
Plus je pense aux choses
mucho menos las comprendo;
moins je les comprends ;
por eso cuando te miro
c’est pour cela quand je te regarde
te estoy viendo y no lo creo.
je te vois mais je ne pense pas.

CV

Cuando te mueras te haré
Quand tu mourras je te ferai
un cantar de muchas coplas,
une chanson aux multiples coplas,
para que aprendan los vivos
pour que les vivants apprennent
a respetar tu memoria.
à respecter ta mémoire.

Y si alguno no creyera
Si quelqu’un ne croit pas
lo que en mi cantar yo ponga,
à ce que je chante,
le mandaré al otro mundo
je l’enverrai dans l’autre monde
para que allí te conozca.
pour qu’il apprenne à te connaître.

CXVII

Ahora que me estás queriendo,
Maintenant que tu m’aimes
yo no te puedo querer:
je ne t’aime plus :
las cosas buenas no llegan
les bonnes choses n’arrivent
a tiempo ninguna vez.
jamais à la bonne heure.

CXVIII

La noche oscura ya llega;
La nuit noire arrive ;
todo en el sueño descansa,
tout dans le rêve repose,
y tan sólo el corazón
et seul le coeur
dentro del pecho trabaja.
dans la poitrine travaille.

CXXV

A la luz de las estrellas
A la lumière des étoiles
yo te vi, cara de cielo;
je t’ai vue face au ciel ;
por eso cuando te miro,
depuis, quand je te regarde,
de las estrellas me acuerdo.
je me rappelle des étoiles.

CXXII

Tenía los labios rojos,
Ses lèvres étaient rouges,
tan rojos como la grana;
d’un rouge écarlate ;
labios ¡ay! que fueron hechos
des lèvres, ah ! qui étaient faites
para que alguien los besara.
pour être embrassées.

Yo un día quise… la niña
Un jour j’ai voulu… la fille
al pie de un ciprés descansa:
au pied d’un cyprès repose :
un beso eterno la muerte
la mort posa un éternel baiser
puso en sus labios de grana.
sur ses lèvres écarlates.

CXXXI

Si yo pudiera arrancar
Si je pouvais arracher
una estrellita del cielo,
une petite étoile dans le ciel,
te la pondría en la frente
je te la mettrais sur ton front
para verte desde lejos.
pour te voir de loin.

CXXXIII

¡Ay de mí! Por más que busco
Pauvre de moi ! Plus je cherche
la soledad, no la encuentro;
la solitude, moins je la trouve ;
mientras yo la voy buscando,
pendant que je la cherche
mi sombra me va siguiendo.
mon ombre me suit.

CXXXVIII

Guárdate del agua mansa,
Méfiez-vous de l’eau douce,
y guárdate de los hombres
et méfiez-vous des hommes
que, sin conocerte a ti,
qui, sans vous connaître,
a todo el mundo conocen.
connaissent tout le monde.

CXL

Caminando hacia la muerte
En marchant vers la mort
me encontré con tu querer,
j’ai trouvé ton amour,
y por morir más a gusto
et pour mourir plus heureux
seguí el camino con él.
j’ai continué le chemin avec lui.

CXLII

Todo hombre que viene al mundo
Tout homme qui vient au monde
trae un letrero en la frente,
porte un signe sur le front,
con letras de fuego escrito,
avec des lettres de feu
que dice: ¡reo de muerte!
qui disent : condamné à mort !

CXLIV
dernier copla

Los que quedan en el puerto
Ceux qui restent au port
cuando la nave se va,
quand part le navire,
dicen, al ver que se aleja:
disent, le voyant s’éloigner :
¡quién sabe si volverá!
« qui sait s’il reviendra !« 

Y los que van en la nave
Et ceux qui se trouvent sur le navire
dicen, mirando hacia atrás:
disent, en regardant derrière eux :
¡Quién sabe, cuando volvamos,
« Qui sait, quand nous reviendrons,
si se habrán marchado ya!
s’ils ne seront déjà partis !
« 

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TRADUCTION LITTÉRATURE ESPAGNOLE
TRADUCCIÓN DE TEXTOS EN ESPAÑOL





João da Cruz e Sousa Traduction Jacky Lavauzelle

LES DÉSIRS D’UNE FEMME – Poème de LOPE DE VEGA – Si el padre universal de cuanto veo (Sonnet – Soneto)

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Littérature espagnole
Literatura española
Poésie espagnole
Poesía española

LOPE DE VEGA
Félix Lope de Vega y Carpio
Madrid 25 novembre 1562 – Madrid 27 août 1635

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BNE Biblioteca Nacional de España Biblitothèque Nationale d'Espagne Artgitato Madrid Lope de Vega
Lope de Vega, La Bibliothèque d’Espagne – Biblioteca de españa – Photo Jacky Lavauzelle

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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
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LES DÉSIRS D’UNE FEMME
SI EL PADRE UNIVERSAL DE CUANTO VEO

Bethsabée recevant la lettre de David, Willem Drost, 1654

*********


Si el padre universal de cuanto veo 
Si le père universel de tout ce que je vois
en la naturaleza nuestra humana, 
dans la nature de notre humanité,
despreció la sentencia soberana, 
a méprisé la loi souveraine,
obedeciendo un femenil deseo; 
la laissant soumise aux désirs d’une femme ;

*


si un rey David y un nazareno hebreo, 
si un roi David et un hébreu nazaréen,
a Bersabé y a Dálida tirana, 
à Bethsabée, tout comme à la cruelle Dalida,
la fuerza y la vitoria rinde llana, 
ont cédé et la force et la victoire aisément,
que no pudo el león ni el filisteo, 
plus vite que le lion ou le philistin,

*


¿en qué valor mis ojos se fiaron, 
en quoi donc mes yeux peuvent-ils se fier,
y presumió mi ingenio saber tanto 
et en quoi alors mon esprit présumé pense pouvoir connaître
que no le hiciera tu hermosura agravio? 
quand ta beauté, mon aimée, se joue si bien de moi ?

*


Pues con fuerza, virtud y ciencia erraron 
Car avec force, vertu et science se sont tant égarés
Adán el primer hombre, David santo, 
Adam le premier homme, David le saint,
Sansón el fuerte y Salomón el sabio. 
Samson le fort et Salomon le sage.

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LA POÉSIE de LOPE DE VEGA
LA POESIA DE LOPE DE VEGA

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TIME KHALIL GIBRAN SUR LE TEMPS – The Prophet XXI

time-khalil-gibran-sur-le-temps-artgitato-les-vieilles-francisco-de-goyaTIME Khalil Gibran The Prophet
Sur Le Temps

The Prophet XXI
TIME KHALIL GIBRAN
Littérature Libanaise
Lebanese literature
le-prophete-khalil-gibran-fred-holland-day-1898Photographie de Fred Holland Day
1898



جبران خليل جبران
Gibran Khalil Gibran
1883–1931
le-prophete-khalil-gibran-the-prophete-n

Traduction Jacky Lavauzelle

 

THE PROPHET XXI
 TIME
LE TEMPS

1923


*

time-khalil-gibran-sur-le-temps-artgitato-les-vieilles-francisco-de-goya

Les Vieilles – Le Temps
1808-1812
Francisco de Goya
Palais des beaux-arts – Lille

******

TIME KHALIL GIBRIL

And an astronomer said, « Master, what of Time? »
Et un astronome demanda : « Maître, que peux-tu nous dire sur le Temps ? »

And he answered:
Et il répondit :

You would measure time the measureless and the immeasurable.
Vous souhaitez mesurer le temps sans mesure et incommensurable.

You would adjust your conduct and even direct the course of your spirit according to hours and seasons.
Vous souhaitez adapter votre conduite et même diriger le cours de votre esprit selon les heures et les saisons.

Of time you would make a stream upon whose bank you would sit and watch its flowing.
Du temps, vous souhaitez qu’il soit un ruisseau sur la rive de laquelle vous vous asseyez et regardez son écoulement.

Yet the timeless in you is aware of life’s timelessness,
Pourtant, l’intemporel qui se trouve en vous est conscient de l’intemporalité de la vie,

And knows that yesterday is but today’s memory and tomorrow is today’s dream.
Et il sait qu’hier est la mémoire d’aujourd’hui et demain est le rêve d’aujourd’hui.

And that that which sings and contemplates in you is still dwelling within the bounds of that first moment which scattered the stars into space.
Et que ce qui chante et contemple en vous, demeure dans les limites de ce premier moment qui dispersera les étoiles dans l’espace.

Who among you does not feel that his power to love is boundless?
Qui parmi vous ne sent pas que son pouvoir d’aimer est illimité?

And yet who does not feel that very love, though boundless, encompassed within the centre of his being, and moving not from love thought to love thought, nor from love deeds to other love deeds?
Et pourtant, qui ne sent pas que l’amour même, quoique sans bornes, englobe le centre de son être, et ne passe pas de pensée d’amour en pensée d’amour, ni d’actions d’amour à d’autres actions d’amour?

And is not time even as love is, undivided and spaceless?
Et le temps n’est-il pas comme l’amour : indivisible et sans espace ?

But if in your thought you must measure time into seasons, let each season encircle all the other seasons,
Mais si dans votre pensée vous souhaitez mesurer le temps en saisons, que chaque saison englobe toutes les autres saisons,

And let today embrace the past with remembrance and the future with longing.
Et laissez le présent embrasser le passé avec le souvenir et laissez le présent embrasser l’avenir avec le désir.

*********

TIME KHALIL GIBRIL

La Poésie de Mihai Eminescu – Poezia lui Mihai Eminescu

România – textul în limba română
Mihai Eminescu

EminescuEminescu

Traduction – Texte Bilingue
Traducerea Text bilingvă

Traduction Jacky Lavauzelle


LITTERATURE ROUMAINE
POESIE ROUMAINE

Literatura Română
Romanian Poetry

Mihai Eminescu
1850 – 1889

poet roman
Poète Roumain

Poésie de Mihai Eminescu

 Poezia lui Mihai Eminescu

Când amintirile
Quand les souvenirs …

Când amintirile-n trecut
Lorsque les souvenirs au passé
Încearcă să mă cheme,
se connectent,
Când amintirile Quand les souvenirs Mihai Eminescu Artgitato Caspar David Friedrich Falaises de craie sur l'île de Rügen 1818
**

Ce-ţi doresc eu ţie, dulce Romanie
Douce Roumanie, ce que je te souhaite

Ce-ţi doresc eu ţie, dulce Românie, 
Ce que je te souhaite, douce Roumanie,
Ţara mea de glorii, ţara mea de dor?
Pays de gloire, pays langoureux ?

Mihai Eminescu Douce Roumanie Ce que je te souhaiteStefan Luchian Intérieur 1913

**
De ce nu-mi vii ?
Pourquoi ne reviens-tu pas ?

Vezi, rândunelele se duc,
Les hirondelles vont,
 Se scutur frunzele de nuc,
Se décrochent les feuilles de noyer,

Stefan Luchian Portrait d'une femme 1901
**

Despărţire
Séparation

Să cer un semn, iubito, spre-a nu te mai uita? 
Exiger un signe, chérie, pour me souvenir de toi ?
Te-aş cere doar pe tine, dar nu mai eşti a ta;
Je voudrais juste te le demander, mais tu n’es plus à toi ;

Separation Mihai Eminescu Artgitato Nicolae Tonitza Nicolae Tonitza - Jardin à Valeni Musée d'Art de Targu Mures
**

Diana
Diane
1884

Ce cauți unde bate luna
Que fais-tu là où la lune
Pe-un alb izvor tremurător
laisse un rayon fragile sur l’onde

Diane Diana Mihai Eminescu Artgitato Diane chasseresse et ses nymphes Pierre Paul Rubens Madrid.
**

Din valurile vremii…
Des Flots du temps

Din valurile vremii, iubita mea, răsai
Les flots du temps, mon amour, se montrent
Cu braţele de marmur, cu părul lung, bălai –
Avec tes bras de marbre, avec ta longue blonde chevelure  –

Din valurile vremii... Des Flots du Temps Mihai Eminescu Artgitato la-verità-bernini-La-Vérité-Bernin-Villa-Borghese-galleria-galerie-borghese-artgitato
**

Dorinţa
Désir

Vino-n codru la izvorul
Viens à la source au cœur de la forêt
Care tremură pe prund,
Sur les graviers tremblant,

Désir Mihai Eminescu Artgitato Nicolae Grigorescu

**

Floare albastra
Fleur Bleue

« Iar te-ai cufundat în stele
« Dans les étoiles, es-tu
Si în nori si-n ceruri nalte ?
Et dans les nuages et dans le haut du ciel ?

Floare albastra Fleur Bleue Mihai Eminescu Artgitato Van Gogh Saint-Rémy Les Iris mai 1889

**

Împărat şi proletar
Empereur et Prolétaire

I – prima parte

Pe bănci de lemn, în scunda tavernă mohorâtă,
Sur les bancs de bois, dans la profonde et basse taverne,
Unde pătrunde ziua printre fereşti murdare,
Les rayons du jour se fraient un passage à travers la crasse des fenêtres,

 II – a doua parte

Pe malurile Senei, în faeton de gală,
En phaéton de gala, sur les rives de la Seine
Cezarul trece palid, în gânduri adâncit;
César va pâle, seul dans ses pensées ;

 III – terță parte

Parisul arde-n valuri, furtuna-n el se scaldă,
Brûle Paris dans les ondes, s’y baigne la tempête,
Turnuri ca facle negre trăsnesc arzând în vânt –
Des torches noires tournoient dans le vent –

IV – părții a patra

Scânteie marea lină, şi placele ei sure
Lisse, la mer étincelle, et des plaques
Se mişc una pe alta ca pături de cristal
Se déplacent les unes sur les autres comme du cristal

MIHAI EMINESCU Împarat si proletar Empereure et Prolétaire Artgitato Gustave_Moreau_-_Phaeton,_1878
**
Înger de pază
Ange Gardien

Când sufletu-mi noaptea veghea în estaze,
Quand mon âme en extase veillait ,
Vedeam ca în vis pe-al meu inger de paza,
Mon ange gardien je voyais ,

Mihai Eminescu Artgitato Ange gardien Pietro da Cortona, 1656

 **
Lacul
Le Lac

Lacul codrilor albastru
Au lac des forêts bleus
Nuferi galbeni îl încarcă,
Scintillent de jaunes nénuphars,

Lacul Le LacMihai Eminescu Artgitato Claude Monet Les Nymphéas 1904

**
La Steaua
A l’Etoile
1886

La steaua care-a rasarit
L’étoile qui a jailli
E-o cale-atât de lunga, 
Depuis une longue route a parcouru ,

La Steaua L'étoile Poésie Mihai Eminescu Artgitato Van Gogh nuit étoilée

 **
Lubind in taina
T’aimer en secret

 Iubind în taina am pastrat tacere,
T’aimer en secret, garder le silence,
Gindind ca astfel o să-ti placa tie,
Penser ce que tu pensais en lisant,

Lubind in taina T'aimer en secret Mihai Eminescu Artgitato Nicolae Tonitza Femme

 **
Noaptea
La Nuit

Noaptea potolit și vânăt arde focul în cămin;
Pendant la nuit calme le feu crépite;
Dintr-un colț pe-o sofă roșă eu în fața lui privesc,
Lové dans mon canapé je l’observe.

Noaptea La Nuit Mihai Eminescu Artgitato Rembrandt Paysage d'Orage

**
Oda în metru antic
Ode en mètre antique

Nu credeam sa-nvat a muri vrodata;
Pour apprendre à mourir, jamais je ne fis d’étude;
Pururi tânar, înfasurat în manta-mi, 
Toujours jeune, enveloppé dans ma toile,

Oda în metru antic Ode en mètre antique Mihai Eminescu Artgitato Nicolae Tonitza

**
Şi dacă…
Et si…

Şi dacă ramuri bat în geam
Si la fenêtre par les branches est frappée 
Şi se cutremur plopii,
Si les peupliers ont frissonné,

Et si Poésie de Mihai Eminescu Artgitato Stefan Luchian Salciile de la Chiajna

********
LE PLUS GRAND POETE DE SA GENERATION

La civilisation tout entière des Roumains continua cependant à subir une influence française, qui se mélangeait de plus en plus heureusement au propre fonds national, plein d’originalité et de vigueur. Si le plus grand poète de cette génération, Michel Eminescu, n’a rien de français dans ses morceaux lyriques si profondément vibrants ni dans ses envolées philosophiques — il a traduit cependant du français sa pièce Laïs, — si la seule note populaire distingue les nouvelles du grand conteur Jean Creanga et de Jean Slavici, le principal dramaturge de l’époque, Jean L. Caragiale, fut, jusque vers la fin de sa vie, un lecteur passionné des modèles français, auxquels il emprunta sa délicate analyse psychologique, son inimitable sens de la précision et de la mesure.

Histoire des relations entre la France et les Roumains
La guerre de Crimée et la fondation de l’Etat roumain

Dorinţa Mihai EMINESCU – Poème Roumain – DESIR

România – textul în limba română
Mihai Eminescu

EminescuEminescu

Traduction – Texte Bilingue
Traducerea Text bilingvă


LITTERATURE ROUMAINE
POESIE ROUMAINE

Literatura Română
Romanian Poetry

Mihai Eminescu
1850 – 1889

poet roman
Poète Roumain

Dorinţa

Désir

 

*

Désir Mihai Eminescu Artgitato Nicolae GrigorescuNicolae Grigorescu
Portrait de Femme

*

Vino-n codru la izvorul
Viens à la source au cœur de la forêt
Care tremură pe prund,
Sur les graviers tremblant,
Unde prispa cea de brazde
Où la vie pousse délicate
Crengi plecate o ascund.
Cachée sous les branches.

*

Şi în braţele-mi întinse
Et dans mes bras levé
 Să alergi, pe piept să-mi cazi,
Tu cours contre ma poitrine,
  Să-ţi desprind din creştet vălul,
Permets-moi de détacher ton voile
 Să-l ridic de pe obraz.
Au moins de libérer ta joue.

*

 Pe genunchii mei şedea-vei,
Sur mes genoux, tu t’assieds,
 Vom fi singuri-singurei,
Nous serons seul,
  Iar în păr înfiorate
Du tilleul, émues
 Or să-ţi cadă flori de tei.
Te caresseront les fleurs.

*

 Fruntea albă-n părul galben
Ton pâle front et ta blondeur
Pe-al meu braţ încet s-o culci,
Lentement tu les poseras sur mon bras,
Lăsând pradă gurii mele
Laissant ma bouche en proie
  Ale tale buze dulci…
A de si douces lèvres

*

 Vom visa un vis ferice,
Nous aurons un rêve heureux,
 Îngâna-ne-vor c-un cânt
Où une mélodieuse chanson
Singuratece izvoare,
Aux origines singulières
Blânda batere de vânt;
Qu’un doux vent fouette ;

*

 Adormind de armonia
L’harmonie nous endormira
Codrului bătut de gânduri,
Dans la forêt pesante de pensées
Flori de tei deasupra noastră
Les fleurs de tilleul se libérant
Or să cadă rânduri-rânduri.
A l’automne nous draperont.

**********************
Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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România – textul în limba română
Mihai Eminescu

EminescuEminescu

NO SECOND TROY Yeats Texte et Traduction PAS DE DEUXIEME TROIE

William Butler Yeats
English literature
English poetry
Littérature Anglaise – Poésie Anglaise
 

YEATS
1865-1939

 

No Second Troy
Pas de deuxième Troie

No Second Troy Yeats_Boughton

 

————————–

Why should I blame her that she filled my days
Pourquoi devrais-je la blâmer qu’elle ait rempli mes jours
With misery, or that she would of late
De misère, ou qu’elle ait jadis
Have taught to ignorant men most violent ways,
enseigné aux hommes ignorants les moyens les plus violents,
Or hurled the little streets upon the great,
Ou jeté ceux qui vivaient dans les petites rues sur les grandes,
Had they but courage equal to desire?
Mais leur courage égalait-il leur désir ?
What could have made her peaceful with a mind
Ce qui aurait fait d’elle un esprit paisible avec
That nobleness made simple as a fire,
Cette noblesse de faire aussi simple que le feu,
With beauty like a tightened bow, a kind
Avec la beauté d’un arc tenducette espèce
That is not natural in an age like this,
qui n’est pas naturelle dans un âge comme ça,
Being high and solitary and most stern?
Etant noble et solitaire et la plus austère ?
Why, what could she have done, being what she is?
Pourquoi, qu’aurait t-elle pu faire, étant ce qu’elle est?
Was there another Troy for her to burn?
Y avait-il une autre Troie à brûler pour elle ?
***************
Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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LA FEMME AU GARDENIA (F. Lang) – La Chasse des prédateurs est ouverte

Fritz LANG

LA FEMME AU GARDENIA
(The Blue Gardenia – 1953)

La Femme au gardénia The Blue Gardenia Fritz Lang Artgitato
La Chasse des prédateurs est ouverte !

  Le loup est là, le loup est là, mais l’oiseau ne le voit pas.
Le loup observe dès le début, attablé et scrutateur devant toutes ces opératrices attablées comme dans un poulailler, occupées  à pailler et à caqueter.

UN LOUP DANS LE POULAILLER

Elles sont en rang, de dos, à remuer légèrement, juste ce qu’il faut, travaillant comme dans une ruche,  et le loup, Harry (Raymond Burr),  s’amuse avec ces crayons et ses dessins pour mieux les croquer, au sens premier comme au figuré. Il les surveille sous toutes les coutures pour savoir laquelle sera sa prochaine victime, son prochain plat. Laquelle tombera dans ses filets. Laquelle donnera le blanc-seing : leur numéro de téléphone. Un pied posé dans leur intimité.

Norah (Anne Baxter), passe à côté de ce prédateur. Sa colocataire, pourtant, la met en garde.

SEULE AU COEUR DES COMMUNICATIONS DE LOS ANGELES

Elle s’en moque, elle a la tête ailleurs. Elle se laissera prendre toutefois la main. Norah est amoureuse, totalement. Elle sera donc sauvée. Norah, est une de ces standardistes du central téléphonique de l’interurbain de Los Angeles, qui passe sa vie à mettre en relation des hommes et des femmes. A faciliter des contacts. A permettre les rencontres. Sauf que Norah, ce soir, restera seule. Plus que seule dans quelques heures.

GRANITE 1466

Abandonnée, désespérée. Elle se retrouvera seule devant la photo de son Prince parti sauver le monde libre, entourée de deux locataires qui attendent elles aussi de tomber sur la perle rare. Un seul numéro, le Granite 1466, pour trois âmes seules. Une lettre, un abandon et des larmes. Un coup de fil qui tombe. Elle accepte l’invitation. Bien entendu, elle ne souhaite que se changer les idées. L’agneau se prépare à son propre sacrifice. Ravie.

DES PÊCHEURS DE PERLES POLYNESIENNES AU CHASSEUR D’ÂMES EGAREES

Il a préparé le piège. Le repas est commandé, ainsi que les Pêcheurs de Perles Polynésienne, « vous ne lésinerez pas sur le rhum.» Table 14, côté corail.

Il pensait recevoir Crystal, la colocataire, mais c’est Norah qui se présente. Ça ne le trouble pas. Peu importe. Une proie reste une proie, et l’animal a faim. Elle aussi  a faim, mais elle ne sait pas qu’elle s’apprête à  être dévorée. Les boissons sont servies enroulées d’une poésie romantique appropriée. Le filet se resserre. « La croix du Sud reflétée dans les coraux. De belles naïades se baignant dans une cascade. » Il lui annonce pourtant la couleur. Mais elle en rit. Elle a tort. Il s’amuse même à lui dire que c’est elle qui le saoule. « J’aurai été navré que vous ayez bu un verre de trop ».  « C’est le problème avec les hommes modernes, c’est que vous ne tenez pas l’alcool. »

IL FAUT QU’UNE FILLE SOUHAITE SON ANNIVERSAIRE !

Quand il lui attrape la main, c’est d’abord en riant. Elle ne le sent pas encore, mais ce sont ses crocs qui se sont refermés. « Il faut qu’une fille fête le jour de son anniversaire ! » Harry n’est pas contre. Loin de là. Il sait qu’il sera de la fête.

MEILLEURS VOEUX POUR TON FUTUR !

Nat King Cole enroule de sa voix suave et fleurie les amoureux qui se retrouvent au Blue Gardenia. Parmi eux, ce couple mal assorti. Les fragrances du gardénia bleu déjà enivrent l’innocente Norah comme ces cocktails polynésiens fortement charpentés de rhum. Petit oiseau désappointée à la suite de sa rupture avec son soldat, loin là-bas, dans une Corée où il a trouvé refuge auprès d’une infirmière à Tokyo. « Meilleurs vœux pour ton futur ». Elle se livre, comme pour rattraper son retard, comme soulagée de pouvoir plaire encore, à l’avide appétit d’Harry le dessinateur. A l’instant même où la proie se livre, l’œil du fauve s’entrouvre exorbitant, démesuré, comme si à lui seul, il allait la dévorer. A ce moment-là, il avale la chanson, Nat King Cole, le restaurant tout entier, jusqu’à la caméra.

 « Gardénia Bleu
Nous voilà seuls tous les deux
Et je suis si désolé
Qu’elle nous ait rejetés
Comme toi, Gardénia
J’ai été dans son cœur et ses pensées
Quand mes larmes ont séché
Où pouvaient-elles aller ?
Que puis-je dire de plus
L’amour s’est épanoui comme une fleur
Mais ses pétales sont se sont répandus
Gardénia bleu
Happés par une brise passagère
Je les conserve dans mon livre
De souvenirs éphémères.
Je n’ai vécu qu’une heure
 »

« La soirée commence maintenant. »

IDEALEMENT ! VRAIMENT ?

La caméra glisse sur l’un puis sur l’autre, comme s’entoure le velouté incandescent du crooner autour des tourtereaux. Elle trouve la soirée magnifique. Elle a réussi à oublier sa rupture. Elle trouve la soirée merveilleuse. Alcool, poème, lagunes, crooner, décapotable. « Idéalement »

Norah a tant attendu, tant espéré de son chevalier. Non contente de se faire inviter à sa table, comme pour être cannibalisée, elle se laisse conduire dans la tanière du grand fauve, qui continue à la saouler un peu plus, jusque dans ce dernier café. Le disque qu’il trouve doit marquer le début de leur relation et elle, s’installe dans le canapé. Le disque doit  continuer le faux rêve du restaurant. L’alcool doit gommer les craintes, jusqu’à l’ultime danse pour atteindre le tant attendu relâchement et le dernier abandon face à la bête.  

 « Bon anniversaire Norah »

Jacky Lavauzelle