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LES COPLAS DE AUGUSTO FERRAN Y FORNIES – LAS COPLAS – Augusto Ferrán – LA SOLEDAD – LA SOLITUDE -1861

Traduction Jacky Lavauzelle João da Cruz e Sousa

Una copla es una composición poética que, por lo general, consiste en cuatro versos (usualmente octosílabos).
Une copla est une composition poétique composée généralement de quatre versets (généralement octosyllabique).
La copla se retrouve dans de nombreuses chansons populaires espagnoles ainsi que dans la littérature de langue espagnole.

João da Cruz e Sousa Traduction Jacky Lavauzelle

LITTÉRATURE ESPAGNOLE
POÉSIE ESPAGNOLE
LITERATURA ESPAÑOLA
POESÍA ESPAÑOLA


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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
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Augusto Ferrán
AUGUSTO FERRAN Y FORNIES
poeta español
Madrid 27 juillet 1835 – Madrid 2 avril 1880
Madrid, 27 de julio de 1835 – Madrid, 2 de abril de 1880
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Le Greco, El Greco
Vue de Tolède sous l’orage, 1596-1600, Metropolitan Museum of Art, New York

LA SOLEDAD
LA SOLITUDE
Recueil
1860 – 1861

I

Las fatigas que se cantan
Les fatigues que l’on chante
son las fatigas más grandes,
sont les plus grandes fatigues,
porque se cantan llorando
car on chante en pleurant
y las lágrimas no salen.
sans que les larmes ne sortent.

II

Al ver en tu sepultura
Voir sur ta tombe
las siemprevivas tan frescas,
ce feuillage persistant si frais,
me acuerdo, madre del alma,
me rappelle, mère de l’âme,
que estás para siempre muerta.
que tu es mort pour toujours.

III

Los mundos que me rodean
Les mondes qui m’entourent
son los que menos me extrañan:
sont les moins étranges :
el que me tiene asombrado
celui qui m’a le plus étonné
es el mundo de mi alma.
reste le monde de mon âme.

IV

Los que la cuentan por años
Nombreux depuis des années
dicen que la vida es corta;
disent que la vie est courte ;
a mí me parece larga
à moi, elles me semblent longues
porque la cuento por horas.
car je les compte pendant des heures.

VI

Pasé por un bosque y dije:
J’ai traversé la forêt et dis :
«aquí está la soledad…»
« la voici la solitude... »
y el eco me respondió
et l’écho me répondit
con voz muy ronca: «aquí está.»
d’une voix enrouée : « la voici. »

Y me respondió «aquí está»
et me répondant « la voici« 
y sentí como un temblor,
j’ai ressenti un tremblement,
al ver que la voz salía
de voir que la voix qui sortait
de mi propio corazón.
de mon propre cœur venait.

VII

Dos males hay en el mundo
Deux maux dans le monde
que es necesario vencer:
doivent être surmontés
el amor de uno a sí mismo
l’amour de soi
y el rencor de la mujer.
et la rancune de la femme.

IX

Yo me marché al campo santo
Je suis allé au cimetière
y a voces llamé a los muertos,
et appelé les morts
y para castigo mío
et pour ma punition
los vivos me respondieron.
les vivants me répondirent.

XV

La muerte ya no me espanta;
La mort ne me fait plus peur ;
tendría más que temer
j’aurais plus à craindre
si en el cielo me dijeran:
si le ciel me condamnait
has de volver a nacer.
à naître de nouveau.

XVI

Si mis ojos no te dicen
Si mes yeux ne te disent pas
todo lo que el pecho siente,
tout ce que mon cœur ressent
no es porque se están callados;
ce n’est pas qu’ils se taisent ;
es porque no los comprendes.
c’est que tu ne les comprends pas.

XVIII

Yo no sé lo que yo tengo,
Je ne sais ce que je veux
ni sé lo que me hace falta,
ni ce dont j’ai besoin,
que siempre espero una cosa
mais j’espère toujours une chose
que no sé cómo se llama.
sans savoir comme elle se nomme.

XXI

De mirar con demasía
A trop chercher
se me han cegado los ojos,
je me suis aveuglé,
y ahora que ciego me encuentro
et maintenant que je suis aveugle
es cuando lo veo todo.
je vois tout.

Y ahora que lo veo todo,
Et maintenant que je vois tout,
estoy viendo de continuo
je vois en permanence
el mundo y sus desengaños
le monde et ses déceptions
pasar dentro de mí mismo.
me pénétrer.

XXII

Si me quieres como dices,
Si tu me veux, comme tu le dis
¿por qué te apartas de mí?
pourquoi de moi tu te détournes ?
agua que va río abajo,
l’eau qui vient de la rivière
en la mar viene a morir.
dans la mer s’en va mourir.

XXIII

No os extrañe, compañeros,
Ne soyez pas surpris, mes amis,
que siempre cante mis penas,
que je chante toujours mes peines,
porque el mundo me ha enseñado

car le monde m’a appris
que las mías son las vuestras.
que les miennes sont aussi les vôtres.

XXIV

Hace ya muy largos años
Depuis longtemps
que en todas partes te veo,
partout je te vois,
pero no tal como eres,
non comme tu es,
sino según mi deseo.
mais selon mon désir.

XXVI

Mirando al cielo juraste
En regardant le ciel, tu as juré
no me engañarías nunca,
de ne jamais me tromper
y desde entonces el cielo
et, depuis, le ciel
sólo con verte se nubla.
en te voyant s’obscurcit.

XXIX

Tu aliento es mi única vida,
Ton souffle est ma seule vie,
y son tus ojos mi luz;
et tes yeux ma seule lumière ;
mi alma está donde tu pecho,
mon âme est dans ton cœur,
mi patria donde estás tú.
ma patrie, là où tu es.

XXX

Del fuego que por tu gusto
Du feu que pour toi
encendimos hace tiempo,
nous avons allumé jadis,
las cenizas sólo quedan,
il ne reste que des cendres
y en el corazón las llevo.
et dans le cœur je les porte.

XXXI

Pobre me acosté, y en sueños
pauvre je me suis endormi et dans mes rêves
vi lleno de oro mi cuarto:
j’ai vu une chambre remplie d’or :
más pobre me levanté
mais plus pauvre je me suis levé
que antes de haberme acostado.
qu’avant de me coucher.

XXXII

¿Cómo quieres que yo queme
comment veux-tu que je brûle
las prendas que me has devuelto,
les vêtements que tu m’as rendu ?
si el corazón me lo has dado
si ton cœur me les a donnés
tú misma cenizas hecho?
il en a déjà fait des cendres.

XXXIII

El pájaro que me diste,
L’oiseau que tu m’as donné,
preso lo tengo en su jaula,
je l’ai dans sa cage,
y el pobre de día y noche
et le pauvre, de jour comme de nuit,
se muere, y por eso canta.
se meurt, et c’est pour ça qu’il chante.

XXXVI

Si os encontráis algún día
Si un jour tu te trouves
dentro de la soledad,
plongé dans la solitude
no pidáis consuelo al mundo,
ne demande pas au monde de consolation,
porque él no os lo puede dar.
car il ne pourra te la donner.

XXXVII

Sé que me voy a perder
Je sais que je vais me perdre
y ya sé que estoy perdido,
et je sais que je suis perdu,
y solamente me pesa
et ce qui me pèse uniquement
que no te pierdas conmigo.
c’est que tu ne te perdes avec moi.

XXXXVIII

Tengo deudas en la tierra,
J’ai des dettes sur terre,
y deudas tengo en el cielo:
et des dettes dans le ciel :
pagaré allá con mi alma;
je paierai la-bas avec mon âme
ya pago aquí con mi cuerpo.
et je paierai ici avec mon corps.

XXXIX

En sueños te contemplaba
Dans mes rêves, je t’ai contemplée
dentro de la oscuridad,
au cœur de l’obscurité,
y cuando abriste los ojos
et quand tes yeux se sont ouverts
todo comenzó a brillar.
tout a commencé à briller.


Todo comenzó a brillar,
Tout a commencé à briller
y entonces te llamé yo:
et puis quand je t’ai appelée
cerraste al punto los ojos,
tu as refermé les yeux,
y la oscuridad volvió.
et l’obscurité est revenue.

XLI

Antes piensa y después habla,
Penser avant et parler après,
y después de haber hablado,
et après avoir parlé,
vuelve a pensar lo que has dicho,
repenser à ce que vous avez dit,
y verás si es bueno o malo.
vous verrez alors si cela est bien ou mal.

XLII

Entre un rosal y una zarza
Entre un rosier et un buisson
nació una flor amarilla,
une fleur jaune est née,
con tantas y tantas penas
avec tant et tant de peine
que se murió el mismo día.
que le même jour elle mourut.

XLIV

Cuando se llama a una puerta
Quand on appelle à une porte
y ninguna voz responde,
et que personne ne répond,
es señal de que en la casa
c’est le signe que dans cette maison
son muy ricos o muy pobres.
ils sont ou très riches ou très pauvres.

LII

El querer es una hoguera
La volonté est un feu de joie
que en nuestro pecho se enciende;
qui incendie notre poitrine ;
por eso cuando queremos
ainsi quand nous voulons
toda nuestra sangre hierve.
tout notre sang rentre en ébullition.

LIII

«Desde Granada a Sevilla,
« De Grenade à Séville,
y desde Sevilla al cielo…»
et de Séville au ciel… »
pero no tú, desalmada;
mais pas toi, sans cœur ;
tú irás antes al infierno.
tu iras avant en enfer.

LIX

¡Ay pobre de mí, que a fuerza
Ah ! Pauvre de moi, qui à force
de pensar en mis vecinos,
de penser à mes voisins,
me he salido de mi casa
ai quitté ma maison
olvidándome a mí mismo!
en m’oubliant moi-même !

LX

Ánimo, corazoncito,
Courage, mon cœur,
vuelve a recobrar la vida,
reviens à la vie,
que aún te quedan en el mundo
il te reste encore dans ce monde
muchas penas escondidas.
tant de péchés cachés.

Muchas penas escondidas,
Tant de péchés cachés,
y entre ellas ¡ay! la más negra:
et parmi eux, ah ! le plus noir :
la de hallarte día y noche
te trouver jour et nuit
a solas con tu conciencia
seul avec ta conscience

LVI

En el cielo hay una estrella
Il y a dans le ciel une étoile
que corre hacia todas partes,
qui court de toutes parts,
mirando si hay en el mundo
regardant s’il existe de par le monde
dos corazones iguales.
deux cœurs égaux.

LVII

Levántate si te caes,
Relève-toi si tu tombes
y antes de volver a andar
mais avant de repârtir
mira dónde te has caído
regarde où tu es tombé
y pon allí una señal.
et mets-y un signal.

LIX

Por la noche pienso en ti,
La nuit je pense à toi
y en ti pienso a todas horas;
et à toi je pense toutes les heures ;
y mientras tanto yo viva,
et tant que je vivrai,
vivirá en mí tu memoria.
ta mémoire vivra en moi.

Vivirá en mí tu memoria,
Ta mémoire vivra en moi,
a la vez triste y alegre,
à la fois triste et joyeux,
pues has sido mujer buena,
tu as été si bonne,
lo cual rara vez sucede.
ce qui est si rare, ma foi.

LX

Me desperté a media noche,
Je me suis réveillé à minuit,
abrí los ojos, y al ver
j’ai ouvert les yeux, et quand j’ai vu
que tú estabas a mi lado,
que tu étais à mes côtés
volví a dormirme y soñé.
je me suis rendormi et j’ai rêvé.

LXI

Yo me asomé a un precipicio
J’ai regardé un précipice
por ver lo que había dentro,
pour y voir l’intérieur,
y estaba tan negro el fondo,
le fond était si noir
que el sol me hizo daño luego.
que le soleil plus tard m’a blessé.

LXII

Me han dicho que hay una flor,
On m’a dit qu’il existait une fleur,
de todas la más humilde:
parmi toute la plus humble :
flor que quisiera yo darte,
cette fleur que je veux te donner,
flor llamada «no me olvides.»
cette fleur s’appelle : « ne m’oublie pas !« 

LXIII

Las pestañas de tus ojos
Les cils de tes yeux
son más negras que la mora,
sont plus noirs que les mûres,
y entre pestaña y pestaña
et entre tes cils
una estrellita se asoma.
une étoile apparaît.

LXI

Yo no podría sufrir
Je ne pourrais souffrir
tantas fatigas y penas,
tant de fatigues et tant de peine
si no tuviera presente
si je ne gardais pas à l’esprit
que la causa ha sido ella.
qu’elle en était la cause.

LXVI

Los cantares que yo canto
Les chansons que je chante
se los regalo a los vientos,
je les donne au vent,
y uno no más, uno solo,
et une seule, pas plus,
guardo hace tiempo en secreto.
je la conserve secrètement.

Y aquí lo guardo en secreto,
Je la garde ici en secret,
para cantárselo a solas
pour la chanter à celui
al que me quiera explicar
qui m’expliquera
el por qué de muchas cosas.
le pourquoi de tant de choses.

LXVII

No vayas tan a menudo
Ne pars pas si souvent
a buscar agua a la fuente,
chercher de l’eau à la source,
que si a la orilla resbalas
car si par malheur tu glissais
se enturbiará la corriente.
le courant serait troublé.

LXVIIII

Niño, moriste al nacer;
Enfant, mort à la naissance ;
yo envidio el destino tuyo:
j’envie ton destin :
tú no sabes lo que hay
tu ne sauras pas ce qu’il y a
desde la cuna al sepulcro.
du berceau à la tombe.

LXX

Cada vez que sale el sol
Chaque fois que le soleil se lève
me acuerdo de mis hermanos,
je pense à mes frères,
que sin pan y con fatigas
qui sans pain et fatigués
van a empezar su trabajo.
partent à leur labeur.

Fatíganse en el trabajo
Ils s’usent par leur labeur
mientras el sol los alumbra,
pendant que le soleil les brûle,
y del trabajo descansan
et du travail ils se reposent
cuando se quedan a oscuras.
quand dans l’obscurité ils se retrouvent.

LXXIV

Te he vuelto a ver, y no creas
Je t’ai revue et je ne crois pas
que el verte me ha sorprendido:
avoir été surpris de te revoir :
mis ojos ya no se asustan
mes yeux ne craignent plus
de ver lo que otros han visto.
de voir ce que les autres ont vu

LXXV

Sé que me vas a matar
Je sais que tu vas me tuer
en vez de darme la vida:
au lieu de me donner la vie :
el morir nada me importa,
mourir m’importe peu,
pues te dejo el alma mía.
car je te laisse mon âme.

LXXVI

Yo me he querido vengar
Je voulais me venger
de los que me hacen sufrir,
de ceux qui m’ont fait souffrir,
y me ha dicho mi conciencia
mais ma conscience m’a dit
que antes me vengue de mí.
qu’avant je devais me venger de moi.

LXXVIII

En lo profundo del mar
Dans les profondeurs de la mer
hay un castillo encantado,
se trouve un château enchanté,
en el que no entran mujeres,
dans lequel les femmes ne peuvent entrer,
para que dure el encanto.
pour que le charme dure.

LXXXI

Escuchadme sin reparo;
Ecoute bien ceci :
mis palabras son verdades:
mes mots sont des vérités :
nunca miréis con desprecio
ne regarde jamais avec mépris
al que mendiga en la calle.
celui qui dans la rue mendie.

El que mendiga en la calle
Celui qui mendie dans la rue
es el más digno de lástima,
est le plus digne de pitié,
porque además de ser pobre
car en plus d’être pauvre
lo va diciendo en voz alta.
il le dit à voix haute.

LXXXII

Ni en la muerte he de encontrar
Même dans la mort je ne trouve
la quietud que me hace falta;
la quiétude que je cherche ;
por eso, cuando me miro,
c’est pour cela, quand je me regarde,
tengo de mí mismo lástima.
que j’ai pitié de moi.

LXXXIII

En verdad, dos son las cosas
En vérité, deux choses
que el mundo entero gobiernan:
règnent dans le monde :
el oro, por lo que vale,
l’or, pour ce qu’il vaut,
y el amor, por lo que cuesta.
et l’amour, pour ce qu’il coûte.

LXXXV

Cuando el reloj da las horas,
Quand l’horloge donne les heures,
dice a todos sin reparo:
elle dit à tous sans hésiter :
al rico, que ande deprisa;
au riche, de se hâter ;
al pobre, que ande despacio.
au pauvre, de marcher lentement.

Y el pobre que anda despacio,
Et le pauvre, qui lentement marche,
con sed y hambre en el camino,
avec la soif et la faim sur la route,
suele a veces llegar antes,
généralement arrive avant,
mucho antes que el más rico.
bien avant le plus riche.

XCI

Dices que hablo mal de ti,
Tu dis que je parle mal de toi,
y esa noticia no es cierta;
mais cela n’est pas vrai ;
si quiero, puedo hablar mal,
si je veux, je peux mal parler de toi,
mas no lo hago por pereza.
mais par paresse, je ne le fais.

XCIII

Morid contentos, vosotros
Meurs heureux, toi
que tenéis por compañeras
qui as pour compagnes
dos madres que os acarician:
deux mères qui te cajolent :
la Humildad y la Pobreza.
L’Humilité et la Pauvreté.

XCVIII

Cuanto más pienso en las cosas,
Plus je pense aux choses
mucho menos las comprendo;
moins je les comprends ;
por eso cuando te miro
c’est pour cela quand je te regarde
te estoy viendo y no lo creo.
je te vois mais je ne pense pas.

CV

Cuando te mueras te haré
Quand tu mourras je te ferai
un cantar de muchas coplas,
une chanson aux multiples coplas,
para que aprendan los vivos
pour que les vivants apprennent
a respetar tu memoria.
à respecter ta mémoire.

Y si alguno no creyera
Si quelqu’un ne croit pas
lo que en mi cantar yo ponga,
à ce que je chante,
le mandaré al otro mundo
je l’enverrai dans l’autre monde
para que allí te conozca.
pour qu’il apprenne à te connaître.

CXVII

Ahora que me estás queriendo,
Maintenant que tu m’aimes
yo no te puedo querer:
je ne t’aime plus :
las cosas buenas no llegan
les bonnes choses n’arrivent
a tiempo ninguna vez.
jamais à la bonne heure.

CXVIII

La noche oscura ya llega;
La nuit noire arrive ;
todo en el sueño descansa,
tout dans le rêve repose,
y tan sólo el corazón
et seul le coeur
dentro del pecho trabaja.
dans la poitrine travaille.

CXXV

A la luz de las estrellas
A la lumière des étoiles
yo te vi, cara de cielo;
je t’ai vue face au ciel ;
por eso cuando te miro,
depuis, quand je te regarde,
de las estrellas me acuerdo.
je me rappelle des étoiles.

CXXII

Tenía los labios rojos,
Ses lèvres étaient rouges,
tan rojos como la grana;
d’un rouge écarlate ;
labios ¡ay! que fueron hechos
des lèvres, ah ! qui étaient faites
para que alguien los besara.
pour être embrassées.

Yo un día quise… la niña
Un jour j’ai voulu… la fille
al pie de un ciprés descansa:
au pied d’un cyprès repose :
un beso eterno la muerte
la mort posa un éternel baiser
puso en sus labios de grana.
sur ses lèvres écarlates.

CXXXI

Si yo pudiera arrancar
Si je pouvais arracher
una estrellita del cielo,
une petite étoile dans le ciel,
te la pondría en la frente
je te la mettrais sur ton front
para verte desde lejos.
pour te voir de loin.

CXXXIII

¡Ay de mí! Por más que busco
Pauvre de moi ! Plus je cherche
la soledad, no la encuentro;
la solitude, moins je la trouve ;
mientras yo la voy buscando,
pendant que je la cherche
mi sombra me va siguiendo.
mon ombre me suit.

CXXXVIII

Guárdate del agua mansa,
Méfiez-vous de l’eau douce,
y guárdate de los hombres
et méfiez-vous des hommes
que, sin conocerte a ti,
qui, sans vous connaître,
a todo el mundo conocen.
connaissent tout le monde.

CXL

Caminando hacia la muerte
En marchant vers la mort
me encontré con tu querer,
j’ai trouvé ton amour,
y por morir más a gusto
et pour mourir plus heureux
seguí el camino con él.
j’ai continué le chemin avec lui.

CXLII

Todo hombre que viene al mundo
Tout homme qui vient au monde
trae un letrero en la frente,
porte un signe sur le front,
con letras de fuego escrito,
avec des lettres de feu
que dice: ¡reo de muerte!
qui disent : condamné à mort !

CXLIV
dernier copla

Los que quedan en el puerto
Ceux qui restent au port
cuando la nave se va,
quand part le navire,
dicen, al ver que se aleja:
disent, le voyant s’éloigner :
¡quién sabe si volverá!
« qui sait s’il reviendra !« 

Y los que van en la nave
Et ceux qui se trouvent sur le navire
dicen, mirando hacia atrás:
disent, en regardant derrière eux :
¡Quién sabe, cuando volvamos,
« Qui sait, quand nous reviendrons,
si se habrán marchado ya!
s’ils ne seront déjà partis !
« 

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TRADUCTION LITTÉRATURE ESPAGNOLE
TRADUCCIÓN DE TEXTOS EN ESPAÑOL





João da Cruz e Sousa Traduction Jacky Lavauzelle

En los claustros del alma la herida de QUEVEDO Texte et Traduction

 

Francisco Gómez de Quevedo
Villegas y Santibáñez Cevallos
Literatura
española – Littérature Espagnole
Siècle d’or espagnol -Siglo de Oro 

 

 Francisco de Quevedo y Villegas
1580-1645

Sonetos Líricos

EN LOS LAUSTROS DEL ALMA LA HERIDA

 

En los claustros del alma la herida Quevedo Traduction Artgitato

En los claustros del alma la herida
La Blessure dans les cloîtres de l’âme

 

En los claustros del alma la herida
Dans les cloîtres de l’âme, la blessure
 yace callada; mas consume hambrienta
trouve le silence ; mais consume, par la faim,
 la vida, que en mis venas alimenta
la vie, car dans mes veines elle alimente
llama por las medulas extendida.
un feu qui se répand par la moelle.

 **

Bebe el ardor hidrópica mi vida,
Elle est bue par l’ardeur hydropique de ma vie,
que ya ceniza amante y macilenta,
qui déjà cendre amante et hagarde,
cadáver del incendio hermoso, ostenta
cadavre du magnifique incendie, elle montre
su luz en humo y noche fallecida.
sa lumière, en fumée et en nuit, morte.

**

La gente esquivo, y me es horror el día;
J’esquive les gens et je déteste le jour ;
dilato en largas voces negro llanto,
je prolonge d’une voix large et lugubre les pleurs,
 que a sordo mar mi ardiente pena envía.
que vers un sourd océan mon ardente douleur envoie.

**

A los suspiros di la voz del canto,
Aux soupirs de le voix du chant,
la confusión inunda l’alma mía:
La confusion a inondé mon âme:
mi corazón es reino del espanto.
mon cœur est un royaume de terreur.

 

**********************
Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
************************

 

 

DON QUICHOTTE CHAPITRE 2 Traduction Que trata de la primera salida que de su tierra hizo el ingenioso Don Quijote

  DON QUICHOTTE CHAPITRE 2

Don Quijote Don Quichotte Chapitre 2 Miguel de Cervantes Capitulo secundo Chapitre Premier Artgitato Traduction Française

 DON QUIJOTE DE LA MANCHA
El ingenioso hidalgo don Quijote de la Mancha
DON QUICHOTTE de la Manche

Miguel de Cervantès

Capítulo segundo
Chapitre 2

Que trata de la primera salida que de su tierra hizo el ingenioso Don Quijote
Qui traite de la première sortie de sa terre que fit l’ingénieux don Quichotte

Hechas, pues, estas prevenciones, no quiso aguardar más tiempo a poner en efecto su pensamiento, apretándole a ello la falta que él pensaba que hacía en el mundo su tardanza, según eran los agravios que pensaba deshacer, tuertos que enderezar, sinrazones que enmendar, y abusos que mejorar, y deudas que satisfacer;
Ayant fini ses préparatifs, il ne souhaitait pas attendre plus longtemps pour mettre à exécution son idée, sachant que tout retard peinerait le monde, tant il pensait redresser les torts, corriger les injustices et les abus, et honorer les dettes ;
y así, sin dar parte a persona alguna de su intención, y sin que nadie le viese, una mañana, antes del día (que era uno de los calurosos del mes de Julio), se armó de todas sus armas, subió sobre Rocinante, puesta su mal compuesta celada, embrazó su adarga, tomó su lanza, y por la puerta falsa de un corral, salió al campo con grandísimo contento y alborozo de ver con cuánta facilidad había dado principio a su buen deseo.
et ainsi, sans informer personne de son intention, et sans que personne ne le vît, un matin avant le jour (un matin qui était l’un des plus chauds de juillet), il rassembla tout son armure, monta sur Rossinante, assembla son heaume mal composée, embrassa son écu, saisit sa lance, et par la porte arrière d’une basse-cour, pris la clé des champs avec une grande satisfaction et une joie de voir avec quelle facilité tout commençait selon son bon désir.
Mas apenas se vió en el campo, cuando le asaltó un pensamiento terrible, y tal, que por poco le hiciera dejar la comenzada empresa: y fue que le vino a la memoria que no era armado caballero, y que, conforme a la ley de caballería, ni podía ni debía tomar armas con ningún caballero;
Mais à peine était-il à l’extérieur, qu’il fut frappé par une pensée terrible, et une pensée telle qu’il fut à deux doigts de renoncer à son entreprise car il lui était venu à l’esprit qu’il n’avait pas été fait chevalier, et qu’en vertu de la loi cavalerie, ni ne pourrait ni ne devrait prendre les armes contre un chevalier ;
y puesto qeu lo fuera, había de llevar armas blancas, como novel caballero, sin empresa en el escudo, hasta que por su esfuerzo la ganase.
que, même s’il l’avait été, il devrait ne porter qu’un couteau, comme tout chevalier novice, sans armoirie sur le bouclier jusqu’à ce que la victoire ne soit gagné par l’effort.
Estos pensamientos le hicieron titubear en su propósito; mas pudiendo más su locura que otra razón alguna, propuso de hacerse armar caballero del primero que topase, a imitación de otros muchos que así lo hicieron, según él había leído en los libros que tal le tenían.
Ces pensées le firent hésiter dans son dessein ; mais sa folie, étant plus fort que sa raison, il se proposa de le devenir par le premier chevalier qu’il rencontra, en imitant par là ce que beaucoup d’autres avaient fait, comme il l’avait lu dans ses livres.
En lo de las armas blancas pensaba limpiarlas de manera, en teniendo lugar, que lo fuesen más que un armiño:
En ce qui concerne les armes blanches, il pensait les faire luire à la toute première occasion qu’elles deviendraient plus blanches qu’une hermine :
y con esto se quietó y prosiguió su camino, sin llevar otro que el que su caballo quería, creyendo que en aquello consistía la fuerza de las aventuras.
et ce fut ainsi qu’il continua son chemin, sans prendre un autre que celui que son cheval  voulu, croyant que cela constituait la force des aventures.

 Yendo, pues, caminando nuestro flamante aventurero, iba hablando consigo mismo, y diciendo: 
En avançant ainsi, notre aventurier flamboyant, se parlait à lui-même, en disant :
¿Quién duda sino que en los venideros tiempos, ciando salga a luz la verdadera historia de mis famosos hechos, que el sabio que los escribiere, no ponga, cuando llegue a contar esta mi primera salida tan de mañana, de esta manera?
Qui peut douter que, dans le temps à venir, quand viendra au grand jour la véritable histoire de mes actes chevaleresques, le sage qui écrira, parlera de ma première sortie matinale, de cette manière ?
« Apenas había el rubicundo Apolo tendido por la faz de la ancha y espaciosa tierra las doradas hebras de sus hermosos cabellos, y apenas los pequeños y pintados pajarillos con sus arpadas lenguas habían saludado con dulce y meliflua armonía la venida de la rosada aurora que dejando la blanda cama del celoso marido, por las puertas y balcones del manchego horizonte a los mortales se mostraba, cuando el famoso caballero D. Quijote de la Mancha, dejando las ociosas plumas, subió sobre su famoso caballo Rocinante, y comenzó a caminar por el antiguo y conocido campo de Montiel. »
« A peine le  rutilant Apollo offrait-il à la face de la vaste terre les mèches d’or de ses beaux cheveux, et à peine les petits oiseaux multicolores avaient-ils accueillis dans une douce et harmonieuse mélodie la venue de l’aube rosée, qui, laissant la couche moelleuse d’un mari jaloux, se découvraient aux mortels par les portes et les balcons de l’horizon castillan, lorsque le célèbre chevalier don Quichotte de la Manche, abandonna sa demeure douillette, montant son célèbre cheval Rossinante, et a commencé à parcourir l’antique et célèbre plaine de Montiel. « 
(Y era la verdad que por él caminaba) y añadió diciendo:
(Et, en vérité,  c’est là qu’il chevauchait) et a ajouté en disant:
« dichosa edad, y siglo dichoso aquel adonde saldrán a luz las famosas hazañas mías, dignas de entallarse en bronce, esculpirse en mármoles y esculpirse en mármoles y pintarse en tablas para memoria en lo futuro.
« Heureux âge et heureux siècle qui va voir à la lumière mes célèbres œuvres, dignes d’être immortalisées dans le bronze, sculptées dans le marbre et peintes sur le bois afin qu’elles restent à jamais dans la mémoires des générations futures.
¡Oh tú, sabio encantador, quienquiera que seas, a quien ha de tocar el ser coronista de esta peregrina historia! Ruégote que no te olvides de mi buen Rocinante compañero eterno mío en todos mis caminos y carreras. »
Ô toi, sage enchanteur, qui que tu sois, qui sera le chroniqueur de cette étrange histoire ! Je t’en prie, n’oublie pas mon bon Rossinante éternel compagnon dans mes aventures sur tous les chemins parcourus« .
Luego volvía diciendo, como si verdaderamente fuera enamorado: Puis de nouveau il dit, comme s’il était totalement éperdu :
« ¡Oh, princesa Dulcinea, señora de este cautivo corazón! Mucho agravio me habedes fecho en despedirme y reprocharme con el riguroso afincamiento de mandarme no parecer ante la vuestra fermosura.
« Oh,  princesse Dulcinée, dame de ce cœur captif ! C’est avec une peine immense que vous me fîtes en me renvoyant et me reprochant avec la plus grande rigueur de ne plus me présenter au-devant de votre beauté.
Plégaos, señora, de membraros de este vuestro sujeto corazón, que tantas cuitas por vuestro amor padece. »
Daignez, madame, vous souvenir du cœur de votre sujet, qui dans son amour éprouve tant de souffrances. « 

Description de cette image, également commentée ci-après

Con estos iba ensartando otros disparates, todos al modo de los que sus libros le habían enseñado, imitando en cuanto podía su lenguaje;
Avec ces propos, il débita d’autres absurdités, le tout dans la manière de ses livres qu’il avait appris, en imitant autant leur langue qu’il le pouvait ;
y con esto caminaba tan despaico, y el sol entraba tan apriesa y con tanto ardor, que fuera bastante a derretirle los sesos, si algunos tuviera.
et il continuait son chemin si lentement, et le soleil cognait tellement avec une telle ferveur, que cela aurait suffi à lui fondre la cervelle s’il en eût possédé une.
Casi todo aquel día caminó sin acontecerle cosa que de contar fuese, de lo cual se desesperaba, poerque quisiera topar luego, con quien hacer experiencia del valor de su fuerte brazo.
Presque toute la journée il  voyagea sans rien de remarquable à raconter, ce dont il désespérait, car il aurait tant aimé rencontrer quelqu’un avec qui il eût pu démontrer la valeur de son bras puissant.

Autores hay que dicen que la primera aventura que le avino fue la de Puerto Lápice;
Des auteurs disent que la première aventure qu’il rencontra fut celle de port-Lapice;
otros dicen que la de los molinos de viento; pero lo que yo he podido averiguar en este caso, y lo que he hallado escrito en los anales de la Mancha, es que él anduvo todo aquel día, y al anochecer, su rocín y él se hallaron cansados y muertos de hambre;
d’autres disent que ce sont les moulins à vent ; mais ce que je peux dire dans ce cas, et ce que j‘ai trouvé écrit dans les annales de La Manche, c’est qu’il marchait toute la journée, et qu’à la nuit tombée, son cheval et lui-même se trouvèrent fatigués et affamés ;
y que mirando a todas partes, por ver si descubriría algún castillo o alguna majada de pastores donde recogerse, y adonde pudiese remediar su mucha necesidad, vió no lejos del camino por donde iba una venta, que fue como si viera una estrella, que a los portales, si no a los alcázares de su redención, le encaminaba.
et en regardant tout autour, pour voir s’il ne découvrait pas un  château ou une cabane de berger pour le recueillir, et où il pourrait remédier à son grand besoin, il vit, non loin de la route où il était une auberge, ce fut comme s’il eût vu une étoile qui le guidait jusqu’au portail, sinon peut-être d’agissait-il du palais de sa rédemption.
Dióse priesa a caminar, y llegó a ella a tiempo que anochecía.
Il se pressa, et l’atteignit au crépuscule.
Estaban acaso a la puerta dos mujeres mozas, de estas que llaman del partido, las cuales iban a Sevilla con unos arrieros, que en la venta aquella noche acertaron a hacer jornada;
Ils y avaient à la porte deux jeunes filles, celles que l’on nomme de joie, qui se préparaient à partir vers  Séville avec certains transporteurs, qui s’étaient reposés ce soir-là à l’auberge dans l’attente du jour ;
y como a nuestro aventurero todo cuanto pensaba, veía o imaginaba, le parecía ser hecho y pasar al modo de lo que había leído, luego que vió la venta se le representó que era un castillo con sus cuatro torres y chapiteles de luciente plata, sin faltarle su puente levadizo y honda cava, con todos aquellos adherentes que semejantes castillos se pintan.
et comme tout ce que notre aventurier pensait, voyait ou imaginait, semblait être fait comme ce qu’il avait lu, il vit l’auberge  comme un château avec quatre tours et des flèches d’argent brillant, sans être dépourvu ni de son pont-levis ni de ses fossés creusés profondément à l’image des châteaux quant ils sont peints.

Fuese llegando a la venta (que a él le parecía castillo), y a poco trecho de ella detuvo las riendas a Rocinante, esperando que algún enano se pusiese entre las almenas a dar señal con alguna trompeta de que llegaba caballero al castillo;
Arrivant à l’auberge (qui lui semblait être un château), il arrêta court Rossinante, en espérant que certains nains sortissent d’entre les créneaux avec une trompette afin de signaler que monsieur arrivait au château ;
pero como vió que se tardaban, y que Rocinante se daba priesa por llegar a la caballeriza, se llegó a la puerta de la venta, y vió a las dos distraídas mozas que allí estaban, que a él le parecieron dos hermosas doncellas, o dos graciosas damas, que delante de la puerta del castillo se estaban solazando.
mais comme leurs arrivées tardaient, et que Rossinante se hâtait afin de rejoindre au plus vite l’écurie, il atteignit la porte de l’auberge, et vit les deux filles distraites qui étaient là, qui lui semblait deux belles demoiselles, ou deux gracieuses dames, qui devant la porte du château se délassaient.
En esto sucedió acaso que un porquero, que andaba recogiendo de unos rastrojos una manada de puercos (que sin perdón así se llaman), tocó un cuerno, a cuya señal ellos se recogen, y al instante se le representó a D. Quijote lo que deseaba, que era que algún enano hacía señal de su venida, y así con extraño contento llegó a la venta y a las damas, las cuales, como vieron venir un hombre de aquella suerte armado, y con lanza y adarga, llenas de miedo se iban a entrar en la venta;
arriva un porcher, rassemblant dans ses chaumes un troupeau de cochons (sans pardon, ils s’appellent ainsi),  qui joua du cor, dont le signal signifie qu’ils sont rassemblés ; instantanément, c’était ce que notre Don Quichotte souhaitait : que des nains signalent sa venue, et donc c’est avec contentement qu’il s’approcha de l’auberge et de ces dames, qui, ayant vu venir un homme ainsi armé, avec lance et bouclier, pleines de crainte se réfugièrent apeurées dans l’auberge ;
pero Don Quijote, coligiendo por su huida su miedo, alzándose la visera de papelón y descubriendo su seco y polvoso rostro, con gentil talante y voz reposada les dijo:
mais Don Quichotte, comprenant la peur par leur fuite, la hausse du carton en guise de visière et découvrit son visage sec et poussiéreux, avec douceur sa voix calme  déclara :
non fuyan las vuestras mercedes, nin teman desaguisado alguno, ca a la órden de caballería que profeso non toca ni atañe facerle a ninguno, cuanto más a tan altas doncellas, como vuestras presencias demuestran.
« Demoiselles, ne fuyez donc point, ne craignez nulle offense, car, dans l’ordre de la chevalerie dans lequel je professe, il ne convient dans faire à quiconque, et surtout pas à des demoiselles de votre grandeur, comme l’indique votre présence. »

Signature de Miguel de Cervantes

Mirábanle las mozas y andaban con los ojos buscándole el rostro que la mala visera le encubría; mas como se oyeron llamar doncellas, cosa tan fuera de su profesión, no pudieron tener la risa, y fue de manera, que Don Quijote vino a correrse y a decirles:
Les filles l’examinèrent et tentèrent de chercher ses yeux que la mauvaise visière cachait ; mais comme elles furent appelées demoiselles, un nom si éloigné de leur profession, qu’elles partirent dans un éclat de rire, et il en fut ainsique Don Quichotte en vint à se fâcher et dit :
Bien parece la mesura en las fermosas, y es mucha sandez además la risa que de leve causa procede; pero non vos lo digo porque os acuitedes ni mostredes mal talante, que el mío non es de al que de serviros.
« 
Il semble que la mesure sied aux belles, et c’est également beaucoup de désagrément le rire qui est provoqué par des choses légères ;  mais ces propos n’ont pas pour objet de vous mettre de mauvaise humeur, car mon seul devoir est de vous servir. »

El lenguaje no entendido de las señoras, y el mal talle de nuestro caballero, acrecentaba en ellas la risa y en él el enojo;
Cette langue que ne comprenaient pas ces dames, et la dégaine de notre chevalier, augmentaient leur rire et sa colère à lui;
y pasara muy adelante, si a aquel punto no saliera el ventero, hombre que por ser muy gordo era muy pacífico, el cual, viendo aquella figura contrahecha, armada de armas tan desiguales, como eran la brida, lanza, adarga y coselete, no estuvo en nada en acompañar a las doncellas en las muestras de su contento;
et cela aurait mal tourné, si à ce moment n’était pas sorti l’aubergiste, un homme qui était si gros qu’il ne pouvait qu’être très calme, qui, voyant que la figure difforme, fagoté de ces armes inégales, comme l’étaient la bride, la lance,  le bouclier et le corselet, qu’un rien aurait suffi pour qu’il accompagne les jeunes filles dans leur fou rire ;
mas, en efecto, temiendo la máquina de tantos pertrechos, determinó de hablarle comedidamente, y así le dijo:
De plus, en fait, craignant toute cette machinerie, il se résolu à lui parler poliment, et ainsi il dit:
si vuestra merced, señor caballero, busca posada, amén del lecho (porque en esta venta no hay ninguno), todo lo demás se hallará en ella en mucha abundancia.
si votre grâce, seigneur chevalier, recherche un gîte, à l’exception du lit (parce que dans cette auberge il n’y a plus rien), tout le reste sera pour lui en grande abondance.
Viendo Don Quijote la humildad del alcaide de la fortaleza (que tal le pareció a él el ventero y la venta), respondió: para mí, señor castellano, cualquiera cosa basta, porque mis arreos son las armas, mi descanso el pelear, etc.
Don Quichotte voyant l’humilité du gardien de la forteresse (c’est ainsi qui lui semblaient être l’aubergiste et l’auberge), lui répondit ; « seigneur châtelain, cela me suffira parce que mes parures sont mes armes, mon repos le combat, etc. »

Pensó el huésped que el haberle llamado castellano había sido por haberle parecido de los senos de Castilla, aunque él era andaluz y de los de la playa de Sanlúcar, no menos ladrón que Caco, ni menos maleante que estudiante o paje.
L’aubergiste pensa que celui qu’il avait appelé le châtelain car il semblait venir de Castille, bien qu’il dut andalous et de la plage Sanlúcar, pas moins voleur que Cacus ou moins voyou qu’un  étudiant ou un page.
Y así le respondió:
Et il répondit:
según eso, las camas de vuestra merced serán duras peñas, y su dormir siempre velar; y siendo así, bien se puede apear con seguridad de hallar en esta choza ocasión y ocasiones para no dormir en todo un año, cuanto más en una noche.
« après cela, vos lits de votre grâce ne sont que de durs rochers, et votre sommeil toujours en veille ;  et s’il en est ainsi, vous trouverez la sécurité de pouvoir dormir pendant une année entière, et non pas une nuit seulement.
Y diciendo esto, fue a tener del estribo a D. Quijote, el cual se apeó con mucha dificultad y trabajo, como aquel que en todo aquel día no se había desayunado. Dijo luego al huésped que le tuviese mucho cuidad de su caballo, porque era la mejor pieza que comía pan en el mundo.
Ce disant, il alla prendre l’étrier à Don Quichotte, qui descendit avec beaucoup de difficulté et d’efforts, comme celui qui, toute la journée, n’avait pas eu de petit déjeuner. Il dit à l’aubergiste qu’il se devait d’avoir de nobles intentions pour son cheval, parce que c’était la meilleure bête qui mangeait du foin de par ce monde.

Miróle el ventero, y no le pareció tan bueno como Don Quijote decía, ni aun la mitad;
L’aubergiste l’examina, et il ne semblait pas aussi bon que ne le disait Don Quichotte, ni même la moitié ;
y acomodándole en la caballeriza, volvió a ver lo que su huésped mandaba;
et le conduit à l’écurie, puis retourna voir son invité ;
al cual estaban desarmando las doncellas (que ya se habían reconciliado con él), las cuales, aunque le habían quitado el peto y el espaldar, jamás supieron ni pudieron desencajarle la gola, ni quitarle la contrahecha celada, que traía atada con unas cintas verdes, y era menester cortarlas, por no poderse queitar los nudos;
que les filles se pressaient de désarmer (qui s’étaient déjà réconciliées avec lui), qui, bien qu’elles aient enlevé le plastron et le dos, ne savaient pas venir à bout du hausse-col de la gorge, ou lui faire quitter son semblant de casque, tenu par un ruban vert qu’il devenait nécessaire de couper, car impossible à dénouer ;
mas él no lo quiso consentir en ninguna manera; y así se quedó toda aquella noche con la celada puesta, que era la más graciosa y extraña figura que se pudiera pensar;
mais il n’y consentait pas du tout ; et il resta toute la nuit avec son casque, ce qui était des plus drôles et des plus étranges qu’on ne puisse penser ;
y al desarmarle (como él se imaginaba que aquellas traídas y llevadas que le desarmaban, eran algunas principales señoras y damas de aquel castillo), les dijo con mucho donaire:
et tandis qu’elle le désarmait (comme il imaginait encore que celles  qui le désarmaient, étaient de grandes dames du château), dit avec beaucoup de grâce :

Nunca fuera caballero
de damas tan bien servido,
como fuera D. Quijote
cuando de su aldea vino;
doncellas curaban dél,
princesas de su Rocino.
Il n’a jamais été de chevalier
par des dames ainsi choyé,
comme ne le fut Don Quichotte
lorsque de son village il arriva;
des demoiselles en prenaient grand soin,
les princesses de son Roussin.

O Rocinante, que este es el nombre, señoras mías, de mi caballo, y Don Quijote de la Mancha el mío;
« Ou Rossinante, tel est le nom, dames,  de mon cheval, et Don Quichotte de la Manche est le mien ;
que puesto que no quisiera descubrirme fasta que las fazañas fechas en vuestro servicio y pro me descubrieran, la fuerza de acomodar al propósito presente este romance viejo de Lanzarote, ha sido causa que sepáis mi nombre antes de toda sazón;
que je ne me suis pas découvert avant que la force de mes exploits pour vous servir ne s’imposent à moi-même, ainsi je suis la ligne que chante cette vieille romance de Lancelot, qui vous a fait connaître mon nom qu’après tout ce temps ;
pero tiempo vendrá en que las vuestras señorías me manden, y yo obedezca, y el valor de mi brazo descubra el deseo que tengo de serviros.
mais le temps viendra où vos Seigneuries me manderont, et je obéirai, et la valeur de mon bras découvrira le désir que j’ai à vous servir. »
Las mozas, que no estaban hechas a oír semejantes retóricas, no respondían palabra;
Les filles, qui n’étaient pas habituées à entendre ce genre de discours, restèrent muettes ;
sólo le preguntaron si quería comer alguna cosa.
Elles lui demandèrent seulement s’il voulais manger quelque chose.
Cualquiera yantaría yo, respondió D. Quijote, porque a lo que entiendo me haría mucho al caso.
« Tout me conviendra« , répondit Don Quichotte, « parce tout fera mon affaire. »
A dicha acertó a ser viernes aquél día, y no había en toda la venta sino unas raciones de un pescado, que en Castilla llaman abadejo, y en Andalucía bacalao, y en otras partes curadillo, y en otras truchuela.
Ce jour-là, par bonheur un vendredi,  il n’y avait en tout et pour tout dans l’auberge, que quelques portions de poisson qu’en Castille on appelle l’aiglefin, la morue en Andalousie, et ailleurs truitelle et autres merluche.
Preguntáronle si por ventura comería su merced truchuela, que no había otro pescado que darle a comer.
On lui demanda si par hasard sa grâce ce contenterait de truitelles, puisqu’il n’y avait pas d’autres poissons à lui donner.
Como haya muchas truchuelas, respondió D. Quijote, podrán servir de una trueba;
« Comme il y a beaucoup de truitelles« , répondit don Quichotte, « si vous me serviez une truite » ;
porque eso se me da que me den ocho reales en sencillos, que una pieza de a ocho. Cuanto más, que podría ser que fuesen estas truchuelas como la ternera, que es mejor que la vaca, y el cabrito que el cabrón.
« car que l’on me donne huit réaux en piécettes ou une pièce de huit réaux, cela m’est égal. Et même, il se pourrait que les truitelles aient le même avantage qu’avec le veau, plus goûteux et tendre que le bœuf, ou le chevreau par rapport au bouc. »
Pero sea lo que fuere, venga luego, que el trabajo y peso de las armas no se puede llevar sin el gobierno de las tripas.
« Mais quoi qu’il en soit, servez vite, le travail et le poids des armes ne peuvent être supportés sans nourrir le gouvernement des tripes. »
Pusiéronle la mesa a la puerta de la venta por el fresco, y trájole el huésped una porción de mal remojado, y peor cocido bacalao, y un pan tan negro y mugriento como sus armas.
On installa sa table à la porte de l’auberge pour sa fraicheur, et l’aubergiste lui apporta  de la merluche mal détrempée et plus mal, encore assaisonnée et du pain aussi noir et crasseux que ses armes.
Pero era materia de grande risa verle comer, porque como tenía puesta la celada y alzada la visera, no podía poner nada en la boca con sus manos, si otro no se lo daba y ponía;
Mais c’était à éclater de rire de le voir manger avec son casque et visière levée, car il ne pouvait rien mettre dans sa bouche avec ses mains, si un autre ne l’aidât ;
y así una de aquellas señoras sería de este menester;
et ainsi l’une de ces dames s’en chargea ;
mas el darle de beber no fue posible, ni lo fuera si el ventero no horadara una caña, y puesto el un cabo en la boca, por el otro, le iba echando el vino.
lui donner un verre n’était de même pas possible, si le propriétaire n’avait coupé un roseau afin de mettre une extrémité dans sa bouche, et  l’autre plongée dans le vin.
Y todo esto lo recibía en paciencia, a trueco de no romper las cintas de la celada.
Et il supporta tout cela avec beaucoup de patience, tout plutôt que de couper les rubans de son casque.

Estando en esto, llegó acaso a la venta un castrador de puercos, y así como llegó sonó su silbato de cañas cuatro o cinco veces, con lo cual acabó de confirmar Don Quijote que estaba en algún famoso castillo, y que le servían con música, y que el abadejo eran truchas, el pan candeal, y las rameras damas, y el ventero castellano del castillo;
Là-dessus arriva un châtreur de porcs, et comme il souffla à quatre à cinq reprises dans son sifflet de roseaux qui termina de confirmer à Don Quichotte qu’il demeurait bien dans quelque célèbre château, et qu’on lui servait le repas en musique, et que la morue était de la truite, le vieux pain du pain blanc, les dames pour les prostituées, et le châtelain pour l’aubergiste ;
y con esto daba por bien empleada su determinación y salida.
et cela a été bien utile tant pour sa résolution que pour sa sortie.
Mas lo que más le fatigaba era el no verse armado caballero, por parecerle que no se podría poner legítimamente en aventura alguna sin recibir la órden de caballería.
Mais ce qui l’inquiétait bien le plus profondément était de ne pas être armé chevalier, car il lui semblait qu’il ne pouvait pas légitimement avoir des aventures sans recevoir l’ordre de chevalerie.

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Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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